"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 1 avril 2012

En finir avec les «sales cons» au travail



Par Christine Lagoutte (Le Figaro) 

Dans son livre volontairement provocateur, «Objectif zéro sale con», un professeur de management de Stanford, Robert Sutton, livre ses recettes pour venir à bout des pourrisseurs d'ambiance au bureau.

http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif
Que font les entreprises pour gérer les «sales cons» qui pourrissent la vie des autres salariés? Elles ont les yeux rivés sur leur performance économique, elles prônent le dynamisme et l'innovation pour se développer, mais elles se montrent bien peu «attentives à ces personnalités toxiques», qui s'avèrent être un coût inutile mais bien réel pour les finances des boîtes?
Volontairement provocateur, Objectif zéro sale con, le livre de Robert Sutton, professeur de management à Stanford, fixe en tout cas un cap à des dirigeants qui seraient bien avisés de regarder les choses en face. «Les sales cons sont des coûts qui n'apparaissent pas dans les comptabilités analytiques, mais faire l'inventaire de leurs dégâts n'est pas si difficile», explique-t-il.
Pour Robert Sutton, il y a urgence à agir car «ils pullulent». «Toutes les entreprises doivent adopter l'objectif zéro sale con parce que ces personnes infligent des dommages considérables à leurs victimes directes, à la performance organisationnelle, mais aussi à elles-mêmes.» Augmentation du stress et des risques de crise cardiaque chez ceux qui en sont victimes, hausse de l'absentéisme et envolée de la rotation du personnel. Le professeur de Stanford s'est même livré à un calcul de ce que coûte ce genre de salarié à une entreprise: il arrive à une addition «par sale con» de 160.000 dollars par an! Mais comment agir pour atteindre cet «objectif zéro sale con»? Voici les cinq recettes de Robert Sutton.
Choisir les bons collaborateurs. Partant du principe que «des sales cons embaucheront d'autres sales cons», Robert Sutton suggère de les écarter des processus de recrutement ou d'impliquer aussi des «gens civilisés».
Identifier les salariés pourrisseurs d'ambiance et qui passent leur temps à brimer et harceler les autres. Pour y parvenir, Robert Sutton a listé ce qu'il appelle «leurs douze vacheries» quotidiennes. On y trouve pêle-mêle «insultes personnelles», «menaces ou intimidations», «humiliations ou remontrances publiques», «attaques hypocrites»…
Limiter leur pouvoir de nuisance. Par exemple en réduisant les frontières hiérarchiques ou les écarts de salaires trop importants qui leur donnent un sentiment de pouvoir et l'impression d'être des superstars.
Se protéger. «Le meilleur moyen et le plus sûr est de vous tenir aussi loin que possible des gens et des endroits contaminés par le virus», écrit Robert Sutton. Si c'est impossible, car c'est du patron qu'il s'agit, une seule solution: changer de boîte.
Attention à ne pas devenir «sale con» soi-même. Pour Robert Sutton, nous sommes tous des «sales cons» en puissance. Il faut alors essayer de ne pas considérer ses collègues comme des concurrents et de construire plutôt une relation «gagnant-gagnant dans les échanges au travail».
À l'évidence, la méthode prônée par Robert Sutton a trouvé son public. Publié pour la première fois aux États-Unis en 2007, il s'est vendu à plus de 475.000 exemplaires (toutes langues confondues). Il vient d'être réédité, preuve qu'il y a encore du travail pour venir à bout des sales cons au bureau.

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