"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 6 janvier 2013

PRINTEMPS DISPARU : REVOLTEZ-VOUS ! Vous êtes filmés !





Le printemps arabe une manipulation ?
De Naoufel Brahimi El Mili (ed Max Milo)


Heureuse surprise fin 2012. Le livre qu’on attendait depuis deux ans… qui nettoient la plupart des sornettes sur la spontanéité des soi-disant « révolutions arabes » et explique comment la bourgeoisie américaine a pris immédiatement en marche le train de la révolte dès 2010 puis comment « … début 2011 la dramaturgie des Révolutions arabes (est) formidablement orchestrée par la chaîne qatarie Al-Jazeera ».
Dans les coulisses d'Al-Jazeera, commencent la fabrication d'une icône : Mohamed Bouazizi, et la création d'un mythe labélisé "printemps arabe". L'Occident relaye cette dynamique printanière. Le strory telling qatari fonctionne. Est diffusé à partir de Doha, en continue, le soap-opera, "plus belle, la révolution". A titre d'exemple, les héroïques insurgés libyens sont filmés en continu sans préciser toutefois qu'ils sont protégés par la puissance de feu de l'OTAN. Le registre émotionnel - la colère, l'indignation et la révolte - remplace tout contenu informatif. Il était une fois la télé-révolution. Al-Jazeera est l'instrument de tricotage d'une histoire sur mesure, d'où sont expurgées toute ingérence étrangère et toute visée économique. Le Qatar va être le bras armé de la remise en cause populaire des dictatures vieillissantes. Disposant d'énormes fonds, ce petit État entretient des relais au sein des mouvances islamistes modernistes supposées "modérées"….

MORCEAUX CHOISIS 

LA DRAMATURGIE EN TUNISIE 

« Il est nécessaire pour les ‘spin doctors’ qataris de faire croire aux masses arabes que le régime Ben Ali s’est effondré s’est effondré sous la pression des protestations populaires. L’intervention de militaires tunisiens, avalisée par les Américcains, ne doit à aucun prix être évoquée. Al-Jazeera prend un malin plaisir à pointer du doigt le soutien complice des Saoudiens qui accueillent chez eux le président tunisien déchu. L’occasion est trop belle pour Doha de ramener son voisin wahhabite au même plan que Kadhafi, grand supporter jusqu’au bout de Ben Ali. Une certitude, le divorce entre le commandement militaire tunisien et le Palais de Carthage a joué un rôle clé dans l’effondrement du régime ».

L’ECOLE DE LA REPRESSION 

(La répression plutôt que la fuite) : « Diplomate en Pologne de 1980 à 1984, Ben Ali en a conservé une profonde admiration pour le général Jaruzelski. Dans les analyses fort pertinentes qu’il livre dans son livre ‘L’an I des révolutions arabes’, Bernard Guetta confirme la vénération de Ben Ali pour le dernier général polonais : « Je me suis souvenu du couscous qu’il m’avait offert, en 1982, lorsqu’il était ambassadeur à Varsovie où j’étais correspondant du Monde. Le général Jaruzelski venait de proclamer « l’état de guerre ». Tous les cadres et dirigeants de Solidarité étaient en détention. Le téléphone était coupé. L’armée quadrillait les villes. La nuit était tombée sur la Pologne et, lorsque je lui avais expliqué que la violence ne parviendrait pas à normaliser ce pays, car le rejet du communisme était trop massif, il avait ri : « Voyons, m’avait-il dit, les Polonais n’ont pas d’armes. Ils devront se soumettre. Soyez réaliste : ils sont battus ». A titre anecdotique, Ben Ali, de Varsovie, fait un rapport à son ministère de tutelle sur Solidarnosc et Lech Walesa, en les décrivant comme des phénomènes éphémères et passagers ».

AL TAHRIR STORY

« Les journalistes vedettes d’Al-Jazeera se transforment en autant de Shahrazade ! Ce personnage central des contes des mille et une nuits, fille d’un grand vizir, raconte au Sultan une histoire dont la suite est reportée au lendemain. Il en est de même pour la chaîne qatarie qui tient en haleine ses cinquante millions de téléspectateurs par un feuilleton qui donne ses mythes fondateurs à la révolution (…) Invariablement Al-Jazeera construit le grand récit du soulèvement version populaire (…) Les Frères musulmans deviennent le moteur de la place Al-Tahrir. (…) A la tombée de la nuit, sur un des ponts menant à Al-Tahrir, des camions déchargent des milliers de morceaux de marbre brisé. Les hommes de main du régime déclenchent un caillassage massif, provoquant dix-huit morts. (…) De cette journée particulière apparaissent deux héros : l’imam (Al Qaradawi) et Al-Jazeera ».

BENGHAZI MON AMOUR
« L’imam sunnite tire le premier en promulguant sur Al-Jazeera une fatwa au ton sentencieux et déclamatoire : il faut tuer Kadhafi ».

LE LOGICIEL OTTOMAN
En réalité c’est plus tôt que je ne croyais que la manip est partie des USA (je ne la faisais partir que du fameux discours d’Obama) : « Dès le 4 février 2004, la déclaration de Deorges W. Bush devant le Congrès marque le virage de la diplomatie américaine à l’égard du monde arabe ».
« Ankara doit, à la fois peser sur le printemps arabe, prévenir ses explosions et veiller à ce que ses propres minorités ne tirent pas profit de cette vague de révoltes pour revendiquer, à leur tour, leurs spécificités ethniques et religieuses. C’est l’Orient compliqué ».

APRES LA GUERRE LES AFFAIRES
« D’énormes enjeux commerciaux attendent une Libye débarrassée de Kadhafi, ce dictateur ingrat qui signe des accords colossaux avec la France, mais vite oubliés. (…) La ville de Tripoli libérée, une course aux airs de chasse au trésor, commence entre la Turquie et la France… »

LE GAZ face cachée du printemps arabe
DU PETROLE DES FUSILS ET DES URNES
TOUS UNIS CONTRE BACHAR AL-ASSAD
Appétits financiers de l’armée...

UN ACCORD SECRET AVEC LES FRANGINS
« Les Frères musulmans ont su admirablement récupérer les martyres  de la place Al-Tahrir. Alors que, dès que sur  cette place, la contestation avait pris de l’ampleur, les dirigeants des Frères ont négocié un accord secret avec les proches de Hosni Moubarak pour tout faire afin que ce soulèvement échoue, en échange de la libération des responsables islamiques détenus dans les prisons du Raïs ».

RYAD AU CŒUR DU PRINTEMPS SYRIEN
« … bien que tardive, l’implication de Ryad dans le dossier syrien est totale. Les Saoudiens oeuvrent moins à la démocratisation du pouvoir à Damas qu’à l’éradication du régime alaouite, allié de l’Iran et du Hezbollah libanais ».

CITATION ECLAIRANTE DE BOUTEFLIKA
Il faut rappeler le commentaire de Bouteflika, alors élu président pour la première fois en 1999, sur les événements d’octobre 1988 : « en 1988, on a donné la démocratie aux gens alors qu’ils avaient manifesté pour le lait et la semoule », il ajoute : « On a traité les problèmes économiques et sociaux par la thérapie miraculeuse et salvatrice des abstractions, pompeusement appelées « pluralisme », c'est-à-dire effritement de la société, et « démocratie », c'est-à-dire tapage et bavardage ».

LES ISLAMISTES C’EST COMME LES RHUMATISMES
« Les élites tunisiennes sont prêtes à faire place à un courant islamiste, s’il est cautionné par les Etats-Unis et le Qatar. Béji Caid Essebsi confie parfois avec humour : « Les islamistes, c’est comme les rhumatismes en vieillissant, il faut apprendre à vivre avec ».
« Les islamistes prennent le pouvoir sans triomphalisme. Tranquilliser une population éduquée par le système Ben Ali à considérer les barbus comme le mal absolu, telle est la priorité d’Ennhada ».
« Le monde arabe ne vit pas une « movida » comme en Espagne… à la mort de Franco le 20 novembre 1975… ».

BONNE LECTURE. VOUS POUVEZ COMMANDER LE LIVRE RAPIDOS SUR PRICE OU AMAZONE avant qu’il ne soit épuisé.

POUR APPROFONDIR...

Les services secrets américains ont longtemps soutenu la confrérie, née en 1928 en Égypte.
Le fonds E 4320, conservé aux archives fédérales à Berne, concerne Saïd Ramadan, le gendre d'Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens. Poursuivi par le régime nassérien, réfugié en Suisse en 1959, Saïd Ramadan a créé le Centre islamique de Genève, le premier institut de ce genre en Europe. Il est par ailleurs l'un des fondateurs de la Ligue islamique mondiale inspirée par les Saoudiens.
Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la "sympathie" de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l'État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute : "Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains."
Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un "agent d'information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu'il a rendu des services - sur le plan d'informations - à la BUPO." Toujours est-il qu'une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d'accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967. Les raisons de cette tolérance ? La possibilité "que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l'un ou l'autre État aujourd'hui qualifié de progressiste ou socialiste".
Saïd Ramadan et le président américain
Ces documents déclassés vont dans le même sens que l'ouvrage publié en septembre dernier par le journaliste américain Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident (*), on découvre que les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont utilisé les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks, les musulmans vivant en URSS contre les communistes athées. Les Américains ont ensuite pris le relais, soutenant les islamistes contre le bloc communiste et ses satellites. En juillet 1953, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis, et reçue à la Maison-Blanche, parmi eux Saïd Ramadan.
Le 28 octobre dernier, dans un article intitulé "Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan", le site francophone Oumma.com montre la photo du président Dwight Eisenhower entouré des membres de la délégation. Saïd Ramadan est à sa droite. Le président américain estime que, dans ses relations avec les dirigeants arabes, "notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme", relève Ian Johnson. Quelques années plus tard, Saïd Ramadan, réfugié en Europe, traite avec Bob Dreher, un agent de la CIA installé à Munich.
Une thèse sur la charia
Saïd Ramadan vient d'obtenir en 1959 un doctorat en droit de l'université de Cologne pour sa thèse La charia, le droit islamique, son envergure et son équité. Il brûle d'envie d'étendre son influence à l'Europe entière. "Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l'endroit idéal où établir une sorte de base avancée", lit-on dans Une mosquée à Munich. La CIA finançait-elle directement Saïd Ramadan et les Frères musulmans en Europe ?
Ian Johnson reste prudent, dans la mesure où une partie des archives de l'agence de renseignements ne peut être consultée. "Tout indique que Dreher et l'Amcomlib eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe", écrit-il. L'Amcomlib, ou American Committee for Liberation from Bolshevism, était un faux nez des services américains.
Il roulait en Cadillac
René Naba, ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'AFP, penche davantage pour une sous-traitance par la Jordanie et l'Arabie saoudite. Pour preuve, Saïd Ramadan, de nationalité égyptienne, voyageait à cette époque avec un passeport diplomatique jordanien. Apparemment, le gendre d'Hassan el-Banna ne manquait pas de subsides, Une mosquée à Munich raconte ainsi qu'il roulait en Cadillac...
Décédé en 1995 à Genève, Saïd Ramadan est notamment le père de l'islamologue Tariq Ramadan, et de Hani Ramadan, qui lui a succédé à la tête du Centre islamique de Genève. Interrogé sur les liens éventuels de son père avec les services secrets américains et européens, ce dernier n'a pas souhaité nous répondre.
(*) Ian Johnson, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident, JC Lattès
Ian Hamel  
Lu sur le Point.fr
2/10/2012, 13:39 Par Giuliettalasubversive
«L’impérialisme et le colonialisme ont fourni armes et argent aux Frères Musulmans. Lors d’un de mes entretiens avec le dirigeant de la confrérie, l’homme à barbe m’a déclaré que le socialisme est contre la religion. …
Réponse de Nasser: Mais la religion prescrit elle que le pouvoir soit détenu exclusivement par une seule famille , que cette famille dispose de toutes les ressources du pays et de réduire l’ensemble de la population au statut d’esclaves?
Un des aspects de la question, notamment la collaboration avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite a été traité dans «Les Révolutions arabes et la malédiction de Camp David» René Naba, Editions Bachari Mai 2011 (1).


Dieu a bon dos... Et sans l'islam politique,  vendu  après les révolutions, comme le meilleur des mondes, et comme une identité obligatoire,    pour les pays liés à la religion musulmane.
Comme alibi suprême  pour ne pas séparer la religion du pouvoir... et continuer à  commander les  peuples par les  dictats et des fatwas en direct des Emirats et" des rois"..  grands amis des anglos-saxons.

Les pauvres, les seuls pour qui l'argent est un péché.. n'iraient plus  déposer de l'argent dans les banques des Émirats...chapeautées par les banques anglos saxonnes..
La finance est concentrée entre les mêmes mains, chacun son    terrain de chasse ...et sa part du gâteau...Les révolutions et la victoire des islamistes fais grossir la part de gâteau de 40%...
Alors que 25% de la population mondiale est de confession musulmane, certains estiment que 40 % à 50% de leur épargne sera gérée par la finance islamique d'ici 8 à 10 ans, contre 10 % vers 200715.
Les principales banques islamiques dans le monde sont, par ordre de taille décroissante d'encours en 200615 : Al Rajhi Bank (Arabie saoudite), la Kuwait Finance House (Koweït), la Dubai Islamic Bank (Dubaï, Émirats arabes unis), l'Abu Dhabi Islamic Bank (Abou Dabi, Émirats arabes unis), et la Bank Al Jazira (Arabie saoudite). En Algérie, Al Baraka Bank est une banque islamique. Meezan Bank est une des banques islamiques du Pakistan. En Tunisie, Banque Zitouna est une ébauche de banque islamique



Son capital de départ s’élève à 14 millions de livres (20,8 millions d’euros). Il a été souscrit par des investisseurs du Proche-Orient (Abu Dhabi, Qatar, Barheïn et Arabie Saoudite) et par un groupe de millionnaires anglais. A sa tête : Abdul Rahman Abdul Malik, ancien directeur de la Banque islamique d’Abu Dhabi. Son directeur du management : Michael Hanlon, ancien directeur regional de la banque de détail au sein de Barclays.
 Banque Populaire et Qatar Islamic Bank s’unissent pour la Finance Islamique en France
Le développement de la coopération entre les secteurs public et privé dans le domaine de la finance islamique a été au centre d'une rencontre tenue, vendredi 21 septembre 2012, à Tunis, entre le ministre des Finances par intérim Slim Besbès et les représentants de la Banque française BNP Paribas.
L’arrivée des islamistes au pouvoir attire les fonds d’investissement spécialisés en finance islamique au Maroc. Un projet de banque et de société d’assurance conformes aux préceptes de l’Islam, ont été proposés samedi au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane par un fonds d’investissement qatari.
Le Groupe Qatar National Bank (QNB), l'une des plus grandes institutions financières au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, a signé un accord pour prendre une participation majoritaire dans l’Union Marocaine des Banques (UMB) qui est sous administration provisoire depuis 1967.


Libye : Qatar National Bank prend 49% de Bank of Commerce and Development
La banque libyenne Bank of Commerce and Development (BCD) a accepté de céder 49% de son capital à Qatar National Bank contrôlée à 50% par le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA). Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.
« Non seulement les États-Unis ont livré à Kadhafi ses ennemis sur un plateau, mais il semble que la CIA avait d’abord torturé bon nombre d’entre eux», a déclaré Laura Pitter, conseillère pour les questions d’antiterrorisme à Human Rights Watch et auteur du rapport. «L’étendue des violations des droits humains commises par l’administration Bush apparaît bien plus grande que précédemment admis et cela illustre combien il importe d’ouvrir une enquête complète sur ce qui s’est réellement passé.»
Le rapport est également fondé sur des documents – dont certains sont rendus publics pour la première fois – que Human Rights Watch a découverts abandonnés, le 3 septembre 2011, dans les bureaux de l’ancien chef des services libyens de renseignement, Musa Kusa, après la prise de Tripoli par les forces rebelles.
Les entretiens et les documents permettent d’établir qu’après les attentats commis sur leur sol le 11 septembre 2011, les États-Unis, avec l’aide du Royaume-Uni et de pays du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie, ont arrêté et détenu sans chef d’accusation un certain nombre de membres du GICL vivant hors de Libye et les ont ensuite livrés au gouvernement libyen.
Le rapport décrit aussi les mauvais traitements subis, selon eux, par cinq des anciens membres du GICL dans deux centres de détention en Afghanistan gérés par les États-Unis, selon toute probabilité par la CIA. Cela inclut de nouvelles accusations de simulacre de noyade et d’autres actes de torture par l’eau. Les détails cadrent avec les rares autres témoignages directs disponibles sur les pratiques observées dans ces installations gérées par les États-Unis.
Ces anciens détenus ont également raconté avoir été parfois enchaînés à un mur entièrement nus – ou avec juste une couche-culotte – dans des cellules obscures et sans fenêtre, pendant des semaines ou des mois; maintenus dans des positions douloureuses et stressantes pendant de longues périodes, entassés de force dans des espaces réduits; battus et projetés violemment contre des murs; empêchés de sortir pendant près de cinq mois sans pouvoir se laver; et privés de sommeil par la diffusion continuelle de musique occidentale à plein volume.
« J’ai subi des interrogatoires sévères pendant trois mois lors de la première période et chaque jour, ils me soumettaient à un type différent de torture. Parfois ils utilisaient de l’eau, parfois non.… Parfois ils me déshabillaient entièrement, parfois ils me laissaient mes vêtements», a déclaré Khalid al-Sharif, qui a affirmé avoir été détenu pendant deux ans en Afghanistan dans deux centres de détention contrôlés par les États-Unis et dont on présume qu’ils étaient gérés par la CIA. Khalid Al-Sharif commande désormais la Garde nationale libyenne. L’une de ses responsabilités est d’assurer la sécurité des lieux où sont incarcérés les détenus libyens importants.
Les témoignages des détenus libyens figurant dans le rapport de Human Rights Watch étaient pour l’essentiel restés inconnus car la plupart de ceux qui ont été extradés en Libye sont restés emprisonnés jusqu’à l’année dernière, avant que la révolte populaire libyenne ne conduise à leur libération. D’autre part, le gouvernement américain a toujours été réticent à rendre publics des détails concernant les centres de détention secrets de la CIA. Les témoignages d’anciens détenus, les documents de la CIA découverts en Libye et certains mémorandums du gouvernement américain retirés de la liste des documents classés « secrets », viennent ainsi éclairer d’un jour nouveau les pratiques de l’administration Bush en matière de détention, mais aussi illustrer le fait que de grandes quantités d’information demeurent secrètes.
Malgré l’existence d’éléments de preuves convaincants que des sévices nombreux et systématiques étaient infligés aux suspects détenus par les États-Unis à la suite des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis n’ont toujours pas fait rendre de comptes au moindre haut responsable. Seuls quelques militaires de rang subalterne ont été punis.
Le 30 août 2012, le ministre de la Justice américain, Eric Holder, a annoncé que la seule enquête criminelle entreprise par le Département de la Justice sur les allégations de mauvais traitements infligés à des personnes détenues par la CIA, dirigée par le procureur spécial John Durham, allait se conclure sans que quiconque soit inculpé de crimes. Eric Holder avait déjà réduit le champ d’investigation du procureur Durham le 30 juin 2011, le limitant à seulement deux cas d’individus dont on présume qu’ils avaient été détenus par la CIA, alors qu’à l’origine l’enquête devait porter sur le sort réservé à 101 personnes.
Dans ces deux cas, les détenus sont décédés, l’un en Afghanistan, l’autre en Irak. L’enquête a également été limitée en ce qu’elle n’a examiné que les abus excédant ce que l’administration Bush avait autorisé. Ainsi, elle ne pouvait couvrir des actes de torture, tels que les simulacres de noyade, ou d’autres mauvais traitements que les avocats de l’administration Bush avaient approuvés, même si ces actes constituaient des violations de la loi américaine et du droit international.
« Les récits des Libyens détenus par les États-Unis, puis extradés vers la Libye, établissent clairement que la politique consistant à infliger des mauvais traitements aux détenus, y compris certains sévices non spécifiquement autorisés par des responsables de l’administration Bush, était d’une portée considérable»,a ajouté Laura Pitter. « Le fait que l’enquête du procureur Durham va s’achever sans qu’aucune inculpation ne soit prononcée, revient à signaler au monde que les mauvais traitements, tels que ceux qui ont été infligés aux détenus libyens, continueront à être tolérés.»
La Commission du renseignement du Sénat américain (Senate Select Committee on Intelligence, SSCI) a effectué pendant trois ans des recherches sur les pratiques de la CIA en matière de détention et d’interrogatoire et aurait produit un rapport. Human Rights Watch a appelé cette commission à rendre public son rapport sans tarder et en l’amendant le moins possible, et à recommander qu’une commission indépendante et non partisane effectue une enquête sur tous les aspects de la politique des États-Unis en matière de traitement des détenus.
« Le gouvernement américain continue d’exiger, à juste titre, que des pays comme la Libye, la Syrie ou Bahreïn fassent rendre des comptes aux responsables accusés d’avoir commis de graves violations des droits humains, dont des actes de torture»,a relevé Laura Pitter. « Ces appels auraient beaucoup plus d’impact si le gouvernement ne protégeait pas en même temps contre toute forme de poursuite d’anciens responsables américains qui ont autorisé des actes de torture.»
Depuis la chute du régime Kadhafi, des diplomates et des parlementaires américains ont rencontré certains des anciens prisonniers de la CIA qui sont actuellement en Libye, et les États-Unis ont soutenu les efforts du gouvernement et de la société civile libyens pour surmonter le lourd héritage que représente le passé autoritaire de leur pays. Human Rights Watch a exhorté le gouvernement américain à reconnaître le rôle qu’il a lui-même joué dans les sévices subis par les détenus et dans l’aide apportée à Kadhafi pour s’emparer de ses opposants en exil, à fournir réparation aux victimes et à poursuivre en justice les responsables des tortures qu’elles auraient subies lors de leur détention par les États-Unis.
L’un des cas déjà connus du public au sujet desquels Human Rights Watch a découvert des informations nouvelles est celui d’Ibn al-Sheikh al-Libi. L’administration Bush a fondé en partie sa justification de l’invasion de l’Irak en 2003 sur des déclarations faites par al-Libi alors qu’il était soumis à des sévices et des mauvais traitements aux mains de la CIA. La CIA a reconnu que ces déclarations n’étaient pas crédibles. Plusieurs années plus tard, les États-Unis ont effectué le transfèrement extrajudiciaire d’al-Libi en Libye, où il est mort en prison en mai 2009. Des témoignages de codétenus d’al-Libi en Afghanistan et en Libye, des informations fournies par sa famille et des photos visionnées par Human Rights Watch, apparemment prises le jour de sa mort, fournissent un éclairage sur le traitement qu’il a subi et sur sa mort, que les autorités libyennes ont enregistrée comme un suicide.
De nombreux documents découverts par Human Rights Watch en Libye font aussi apparaître un haut niveau de coopération entre le gouvernement de Kadhafi en Libye et les États-Unis et le Royaume-Uni dans le programme de transfèrements extrajudiciaires décrit dans le rapport.
Les États-Unis ont joué le rôle principal dans les transfèrements extrajudiciaires vers la Libye. Toutefois d’autres pays, notamment le Royaume-Uni, étaient également impliqués, même si leurs gouvernements savaient et reconnaissaient que la torture était monnaie courante sous le régime de Kadhafi. Parmi les pays cités dans les témoignages concernant ces transfèrements extrajudiciaires, se trouvent l’Afghanistan, le Tchad, la Chine et Hong Kong, la Malaisie, le Mali, la Mauritanie, le Marocles Pays-Bas, le Pakistan, le Soudan, la Thaïlande et le Royaume-Uni. Certaines des victimes interrogées pour la rédaction du rapport ont affirmé que des personnels de certains de ces pays – et d’autres pays dont la France - leur avaient également fait subir des sévices avant de les transférer vers la Libye.
Le droit international, qui a force contraignante pour les États-Unis et les autres pays, interdit la torture et les autres mauvais traitements en toutes circonstances, ainsi que le transfèrement extrajudiciaire de personnes vers des pays où elles courraient un risque sérieux de torture ou de persécution.
« L’implication de nombreux pays dans les violations des droits humains des ennemis de Kadhafi indique que les ramifications du programme de détention et d’interrogatoire des États-Unis allaient bien plus loin qu’on ne le croyait auparavant»,a conclu Laura Pitter. « Les gouvernements des États-Unis et des autres pays qui ont prêté assistance aux mauvais traitements de ces détenus devraient rendre compte pleinement de leurs rôles respectifs. »
Vous pouvez télécharger le rapport complet (en anglais) ici.
Mais que veut le Qatar ?
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/international/mais-que-veut-le-qatar-37433




Après la disparition du Califat en 1924, la conquête du pouvoir en 1932 et l'exploitation des gisements pétrolifères d'Arabie à partir de mars 1938, la famille des Saoud et le wahhabisme prennent leur essor suite au pacte « pétrole contre protection » qui est conclu sur le croiseur USS Quincy le 14 février 1945 entre le roi Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal Al Saoud et le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt3. Ce pacte permet la protection militaire du régime wahhabite des saouds par les Etats Unis en échange du pétrole. Ainsi, le wahhabisme se développe avec l'apport des pétrodollars et la protection militaire des États-Unis. Ce mouvement se propage alors à l’extérieur du royaume via les médias (télévision, ouvrages, radio cassettes et sites internet)4.


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jeudi 3 janvier 2013

CES BONS VIEUX PONCIFS SUR LA MISERE SEXUELLE GENERALISEE





Le viol et le massacre à la barre de fer d’une jeune étudiante indoue à la mi-décembre 2012 dans la mégapole New Delhi a suscité un peu partout, amplifié par le simplisme de la presse mondiale, un sentiment d’horreur et de réprobation. Comme si ce viol était unique, soudain, inexplicable et typique des pays sous-développés « culturellement », et n’avait pour justice que la « vengeance populaire » bien saignante et castratrice. Une dizaine d’années plus tôt,  le 26 avril 1998, un homme de 35 ans avait été brûlé vif par les habitants d’un village de Chennai, la capitale du Tamil Nadu. Il était soupçonné d’appartenir à une bande qui répandait la terreur dans la banlieue ouest de la métropole. Quelques jours auparavant, les membres du gang avaient été arrêtés par la police puis relâchés, ce qui avait provoqué la colère des hommes et des femmes de la localité. Ce groupe de trois hommes était accusé de commettre des viols et d’injecter du sang infecté par le virus du sida. Dans l’après-midi, la foule s’était emparée dudit coupable, puis le lyncha avant de l’immoler après l’avoir arrosé de kérosène (genre de vindicte populaire plus courante en Afrique). Les manifestants des couches moyennes de New Delhi ont dû se contenter d’affiches appelant au meurtre des coupables comme si la société capitaliste indienne pouvait se racheter de ses mœurs ambigus sous le bric à brac hindouiste, et se laver dans le Gange de ses relations tarifaires de castes et de classes, et des coups de bâtons policiers. Partout dans la presse et dans les blogs rejaillirent les sempiternelles questions : « pourquoi le viol ? », « en quoi est-il un crime ? », « doit-on interdire la prostitution et les films pornos ? » comme le brament les bourges féministes, « faut leur couper les couilles », etc. Les appels à la vengeance ressortent le même disque rayé des curetons : à bas les pulsions malsaines, foin des « mentalités » de sous-développés, vive la justice impitoyable ! Vivement des mœurs régulées par une population mieux surveillée et éduquée ! Le discours féministe a remplacé celui des curés et les lesbiennes de l’élite peuvent expliquer aux moches frustrés et aux pue-la-sueur  que les femmes en général peuvent vivre sans homme, et qu’au moins leurs coreligionnaires homosexuels ne sont pas de la graine de violeur de femmes, pendant que le chœur des anarchistes et des gauchistes brame en faveur du mariage des minorités sexuelles et prie nuit et jour pour que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne soit pas mis au monde par les parrains de la gauche caviar.
Tout le monde n’a pas besoin ou peu besoin de sexe. Certains et certaines s’accommodent parfaitement bien d’une vie sans sexe – ce ne sont pas les plus intéressants ni les plus conviviaux – mais les besoins ne sont pas les mêmes pour tous. On est bien obligé d’en convenir.

LES SOURCES VERITABLES DE LA MISERE SEXUELLE

A partir des écrits de Karl Marx, le fameux Wilhem Reich mettait en parallèle le besoin alimentaire et le besoin de satisfaction sexuelle.  Il n’a jamais existé un «besoin » automatique de procréation, ni une loi divine de maintien de l’espèce pour ne forniquer que tous les neuf mois. Dans tous les cas l’attirance de l’homme pour la femme (et « vice » vers çà) repose sur la quête du plaisir. De même que l’on parle d’économie de l’alimentation il y a lieu de parler « d’économie sexuelle ». L’économie sexuelle de l’individu dépend de l’économie sexuelle  et hiérarchique de la société. Elle peut être « ordonnée » c'est-à-dire permettre la satisfaction génitale ou «désordonnée » (névrotique). Le besoin sexuel ne peut être écarté de la vie sociale comme interaction des rapports humains sensuels plus souvent que sociaux. Les besoins sexuels comme les autres en général sont faussés dans une société de compétition à mort. Reich est un original qui poussera un peu loin le bouchon plus tard avec sa filandreuse théorie de l’orgone et sa théorisation bizarre de la « capacité de travail » conçue comme essentiellement de l’énergie sexuelle transformée. Non monsieur Reich tout ne se ramène pas au cul ! Mais au départ, sur la base du marxisme vous étiez dans le vrai.  La société autoritaire (certes pas très permissive en ce qui concerne les perversions généralisées par les faux besoins capitalistes) règle le problème de la satisfaction des besoins sexuels en fonction de certains intérêts économiques. Pour l’ordre bourgeois un contrat est indispensable à l’ordre social et sexuel: le mariage monogame permanent imposé et la famille patriarcale. La famille patriarcale est ainsi, dans tous les pays (de l’Inde à l’Algérie) la fabrique d’idéologie la plus importante, le mur de protection juridique et armé contre d’autres désirs « bestiaux » qu’aucune religion n’a réussi à éradiquer. Problème autrement pervers : la sphère de production de la morale appartient au groupe des puissants, qui sont eux-mêmes hédonistes reconnus et maquereaux à leurs heures. La peur de la punition sexuelle n’est plus alors suffisante pour retenir le « retour du refoulé »…

Un problème de mentalité ?

L’Inde est-elle le pire pays pour les femmes ?
Les rapports de la Commission nationale des femmes déjà en 1996 et 1997) témoignaient, suite à des enquêtes réalisées par d’ex-prostituées assistées de chercheurs, du taux élevé d’abus sexuels chez les jeunes filles indiennes. Une femme sur trois induite dans la prostitution aurait expérimenté dans sa jeunesse un harcèlement sexuel de longue durée, un inceste ou un viol . Un certain Christophe Jaffrelot – interrogé sur France-Inter - spécialiste de l’Inde dénonce un problème de mentalité : « Ce ne sont pas les lois qu’il faut changer, ce sont les mentalités. Ce sont les appareils judiciaire et policier qu’il faut mettre en phase avec l’esprit des lois. (…) La classe politique est presque victime ou complice de la situation actuelle ». Un journal provincial rapporte que Selon une étude publiée par la fondation Trust Law en juin dernier, l'Inde serait le pire pays pour les femmes : « Les difficultés pour ces dernières commencent avant la naissance, puisque l’avortement de fœtus féminin, malgré son interdiction, n’est pas rare. D’après un sondage de TrustLaw, publié en 2011, le nombre de petites filles âgées de 0 à 6 ans pour 1.000 garçons est passé de 976 en 1961 à 914 en 2011, le pire résultat depuis l’Indépendance en 1947. Parmi celles qui survivent, beaucoup seront négligées par leurs parents ou leur entourage et subiront des maltraitances de toutes sortes ».
Comment  une telle violence faite aux femmes est-elle possible au pays du Kâmasûtra, un traité classique de l'hindouisme qui dame largement le pion au bouddhisme pudibond ? Dans lequel l'homosexualité féminine et masculine sont des aspects jugés naturels de la vie sexuelle.  Et quand on admire la pornographie antique  des sculptures sur certains temples comme celui de Khajuraho ?  Dans les rues de Delhi des hommes se promènent en se tenant par la main, et personne n'y trouve rien à redire ni ne pense immédiatement qu'il s'agit d'un couple "gay". Quand on pense aux moeurs occidentaux et moyen orientaux si puritains par rapport à la sexualité  brûlante indienne, népalaise, thaïlandaise ou japonaise... Quoique que le comportement des hommes face en particulier aux femmes touristes occidentales tienne du comportement plouc, et que, à Calcutta, Bombay ou Delhi ou y trouve des maisons closes et un quartier entier de Bombay, comme dans les bordels climatisés allemands, dans lequel les prostituées sont au pas de la porte au nombre de 150.000. Sans oublier – le fond toujours – un système de castes, officiellement interdit, qui recoupent une hiérarchie extrême des classes sociales où la plus grande misère (économique) côtoie la plus grande richesse…
Non l’Inde n’est pas le pire pays pour les femmes. L’Egypte peut tout à fait arriver en tête pour le harcèlement et le viol des femmes. L’Argentine en second pour le nombre de tuées dans le cadre du mariage. Le Maroc en troisième pour l’interdiction des relations sexuelles hors mariage. La bourgeoisie française peut occuper la marche à côté du podium avec sa magnanimité pour les auteurs des « tournantes » et sa radinerie immobilière qui empêche les jeunes de trouver en banlieue des lieux décents pour avoir leurs relations sexuelles. Les podiums pour désigner les gagnants de la misère sexuelle peuvent être aussi nombreux et diversifiés que ceux qui honorent chaque type de compétition aux jeux olympiques. Mais ces podiums sont peu honorables et ne méritent que les sifflets et les quolibets de la foule humaine.

QU’EST-CE QUE LA MISERE SEXUELLE ?

La notion est courante. Elle est même très méprisante. Elle est d’ailleurs du même ordre que la misère tout court. C’est un mot des puissants, despotes, rois, curés et grands bourgeois ont toujours compati à la misère. La misère a longtemps été un phénomène dû au hasard. Le hasard fait si bien les choses pour les puissants. Or, grâce à notre ami antique Spartacus, aux jacqueries du Moyen Age et aux révolutions prolétariennes modernes du XIXe siècle nous, les pelés, les miséreux et les malheureux nous avons compris, et restons fermement persuadés que la misère a « des causes », qu’elle ne tombe pas du ciel. La misère a ses « fauteurs ». Ces fauteurs de misère sont les puissants et les structures étatiques complexes dont ils se sont entourés pour nous la reprocher la misère. Pour nous l’attribuer. La misère n’est donc pas en premier lieu un état de fait, elle est une conséquence, un produit du type de société dans laquelle nous vivons et mourrons. C’est la même chose pour ce qui concerne la misère sexuelle. Et, avec Charles Fourier, nous assurons que l’avenir de la société n’est aucunement dans les relations formalisées et figées du mariage et de l’élevage en batterie républicaine.
La misère sexuelle n’est pas une « qualité » de celui ou celle qui sont moches, trop pauvres, impuissants ou frigides, elle est une conséquence d’un mode de vie imposé où la rotation et diversité des rencontres ne sont réservées qu’à un petit nombre de « riches ». Aux protestataires bourgeoises féministes et aux politiciens pervers qui appellent au meurtre des violeurs comme dan un pays régi par la charia, il ne faut pas craindre de leur jeter à la figure les conditions de vie épouvantables qui sont réservées à la masse qui a du pain et des jeux mais à qui on dénie « d’avoir du sexe », ou ce droit naturel à la libido. En Somalie, la plupart des hommes doivent attendre l’âge de quarante ans, c'est-à-dire le nombre d’années suffisantes pour pouvoir prétendre constituer une dot suffisante pour épouser une femme. Avec le chômage endémique qui frappe de plus en plus les pays à réserve de main d’œuvre bridée, les jeunes hommes en Egypte, en Tunisie, etc., ne peuvent pas plus prétendre trouver « une nana » que n’importe quel chômeur en France. A ces populations d’hommes frustrés de la vraie vie, on fait la morale en leur jetant comme à des chiens en rut la pornographie gratuite sur internet. Masturbez-vous mais ne violez pas nos femmes !
Une autre explication s’ajoute immédiatement à celle que je viens de décrire – qui a aussi pour cause la société bourgeoise décadente. Les stéréotypes du colonialisme ont la vie dure concernant  par exemple les nombreux viols d’enfants en Afrique : l’idée selon laquelle les noirs auraient une sexualité débridée. Cette fable est née dans l’esprit des pillards colonisateurs, et a été trop longtemps érigée d’autorité en connaissance scientifique au XIXe siècle.
Constat pour l’Afrique d’aujourd’hui : 150 millions de filles et 73 millions de garçons de moins de18 ans ont subi des rapports sexuels forcés ou d'autres formes de violence sexuelle impliquant le contact physique. De toutes les formes de maltraitance d’enfant signalées en Afrique un nombre important ont été les cas d'abus sexuel. Quelque part en Afrique, 45% des enfants diagnostiqués comme ayant été abusées avaient été abusés sexuellement. Dans une certaine communauté d'Afrique orientale, 49% des filles sexuellement actives d’écoles primaire savaient été contraints à avoir des relations sexuelles. Une telle situation désastreuse ne peut plus être mise sur le dos de la société africaine traditionnelle. Dans la société traditionnelle africaine, l’abus sexuel des enfants n’existait quasiment pas. La société primitive avait créé un système où les enfants étaient protégés par de multiples façons, allant de tabous rigoureux centré sur les relations et les modes de vie et à un rôle prégnant des parents. Dans les sociétés traditionnelles, les parents n'étaient pas seulement les principaux agents de socialisation pour les enfants, mais ils étaient vigilants quand il y avait un risque que les enfants ne soient pas protégés. Avec le pachyderme capitaliste qui détruit toute vie au village, toute relation sociale et pousse les pères à émigrer, les parents ont abdiqué leurs responsabilités à des amis, des enseignants, des groupes religieux et dans certains cas, à des personnes qu'ils connaissaient très peu, eux-mêmes sans plus de repères et paupérisés. Les mères envoient leurs enfants faire les commissions de nuit ou à les confient à des étrangers, peu scrupuleux dans des zones où règne les cartels de la drogue et les sergents recruteurs pour les nombreux clans militaires et terroristes. Certains parents vendent leurs enfants à ces sergents recruteurs ou à des maquerelles, pensant ainsi leur préserver un avenir…
La misère sexuelle, qui suppose viol des femmes et des enfants, joue en même temps le rôle de révélateur de la « crise sexuelle » du capitalisme en Chine.

EN CHINE LA MISERE SEXUELLE FAIT ECLATER LE MYTHE RELIGIEUX DU CHEF SUPREME

Ou la revanche de Confucius sur Mao. Dans le Confucianisme classique comme au vu des critères modernes, une bonne vie se caractérise par deux éléments : être bien nourri et être satisfait de sa vie sexuelle. Après avoir résolu le problème du pain, la Chine devrait donc mettre un terme à la répression sexuelle de ses citoyens. Au moment où l'Occident faisait sa révolution sexuelle, dans les années 1960, la Chine subissait de plein fouet une révolution peu culturelle vouée à éradiquer "tous les éléments capitalistes" de la société chinoise. Mao qui était un grand consommateur de femmes était soucieux par contre de la chasteté de son peuple dont il pensait dissoudre la libido par sa mystique politique stalinienne. Aujourd'hui, après des décennies de frustration, la libido chinoise a resurgi avec l’excitation de la croissance économique et de l’accumulation distributive. Les Chinois s'aperçoivent qu'au lieu d'aimer un totem ventru, ils peuvent très bien s'aimer entre eux. Le résultat, c'est une véritable explosion de l'énergie sexuelle, stimulée par l’ouverture vers le  « marché du mariage », lequel est un phénomène largement favorisé par la concentration des ressources (argent, pouvoir et prestige) entre les mains de quelques-uns depuis une vingtaine d'années, ainsi que par le déséquilibre hommes/femmes : aujourd'hui, il y a 120 hommes pour seulement 100 femmes en Chine. D'ici quinze ans, plusieurs dizaines de millions d'hommes seront dans l'incapacité de trouver une femme, ce qui fait craindre une guerre seule apte à légaliser les viols en masse. En attendant, le mariage est devenu un véritable "marché" où les femmes sont en position de marchandise dominante. La tentation pour elles d'utiliser le sexe ou le mariage pour s'élever socialement va grandissante, comme le montre un  sondage effectué par le site de rencontres hongniang.com : 43% des jeunes Chinoi(se)s placent la situation financière et l'environnement familial comme premier critère dans le choix d'un partenaire, devant les qualités personnelles.  Situation est d'autant plus grave que le sexe reste un sujet tabou dans la société chinoise, ce qui pèse sur l'épanouissement libidinal des individus. Des lois très répressives condamnent encore plusieurs pratiques sexuelles, comme l'orgie, passible de trois ans et demi de prison. Pourtant mariées près de 26% des femmes chinoises n'auraient jamais eu d'orgasme (pour une moyenne mondiale de 10%), le nombre moyen de partenaires sexuels au cours d'une vie est d'à peine 1,3 (contre 16 dans le monde), et, poids du maoïsme castrateur, à peine 30% des jeunes seraient favorables aux rapports avant le mariage. En général cependant les jeunes chinois sont prêts à se jeter sur la moindre petite annonce (fausse) prétendument envoyée par une jeune chinoise à la recherche de ce que les Occidentaux appellent "une aventure d'un soir".  Plus de 120 000 à consulteraient journellement ces sites. Le web est devenu le repère le plus frappant de la misère sexuelle de la jeunesse chinoise car dans le même temps, le régime continue de punir sévèrement la pornographie, en dépit de la liberté d'expression et de publication proclamée par la Constitution. Autre problème : le déficit d'éducation sexuelle des jeunes Chinois, qui pose des problèmes évidents. Selon ZeNews India, près de 14% des jeunes n'ont pas utilisé de contraceptif lors de leur première relation et sont assez brut de coffrage. Ce qui explique peut-être le taux élevé de contamination au VIH par voie sexuelle : 64%, selon le ministère de la santé. Nul doute, donc, que pour devenir un pays avancé, la Chine devrait mettre un terme à la répression sexuelle qu'elle exerce sur le peuple. En tout cas, elle conserve la solide tradition stalinienne de taire les faits divers, en particulier les viols, ce qui lui permet d’échapper au podium mondial de la maltraitance des femmes ; la Chine communiste accouplée avec le capitalisme ne peut cacher que son profit repose sur l’exploitation des enfants.

RECIT DU VOYAGE D’UNE FEMME SEULE EN INDE

« Voyager seule en Inde, c’est d’abord accepter d’aller dans un pays où les traditions sont omniprésentes et où la condition de la femme est loin d’être ce qu’elle est chez nous. Dans la majeure partie du pays, la femme est souvent reléguée aux tâches ménagères et autres travaux ingrats. Elle se marie à l’adolescence, avec un inconnu, intègre une famille tout aussi inconnue dès le mariage et rejoint le clan féminin de celle-ci. Elle devient, comme les autres, à la merci des envies et des désirs des hommes de la maison. Ces traditions évoluent lentement et on sent l’amorce d’un changement dans les grandes villes comme à Mumbay ou Delhi mais nous sommes encore loin du libre choix, même pour ceux qui partent étudier ou vivre à l’étranger et connaissent une vie à l’occidentale.
Passé l’âge de l’enfance ou de l’adolescence, la rencontre avec une indienne est quasi impossible sans la présence d’un père, d’un frère ou d’un mari. Au Rajasthan, j’ai été invitée par un homme, rencontré au hasard d’un thé, à un diner dans sa famille. Méfiante, j’ai voulu qu’il me la présente en pleine journée pour voir si je ne tombais pas dans un traquenard. Je suis arrivée au milieu du clan des femmes, elles étaient en train de faire la cuisine. Nous avons passé un moment sympathique et plus que rassurée, je dis Ok pour le diner. Le jour J arrivé, je n’ai diné qu’avec les hommes, sans en être prévenue à l’avance. Les femmes étaient soit disant végétariennes et donc n’avaient pas leur place autour du délicieux curry de mouton. Ce fût un moment très déstabilisant, d’autant que je n’étais pas tombée sur une famille d’une caste de bas niveau. Sans être ultra féministe, voir les femmes ainsi traitées, quelle ne puisse pas profiter d’une invitée au même titre que les hommes m’a dérangée voire révoltée. J’ai eu un sentiment identique lors de Holi, la fête des couleurs. A l’âge adulte, seuls les hommes participent. Le peu de femmes que vous voyez dans les rues, sont celles qui regardent l’animation depuis le pas de leur porte. En même temps, les hommes sont tellement frustrés, que cette fête est dangereuse pour elles.
Ne pas tenter les hommes frustrés
 Car oui, venons-en aux hommes. Comme la femme, un homme sait dès sa naissance qu’il ne choisira pas sa future épouse et sait que les rapports sexuels avec une indienne avant le mariage lui sont impossibles. La frustration est donc omniprésente et elle se lit facilement dans les yeux des hommes et dans leurs attitudes. Ils voient les petites occidentales comme de la chair et des filles faciles.  Même s’il vous arrivera rarement quelque chose de grave, mieux vaut être sur ses gardes. La vigilance reste la première des mises en garde vis-à-vis de ces hommes. Des regards insistants, des mains aux fesses, des hommes qui se grattent les couilles en vous regardant droit dans les yeux et sans aucune gêne, sont des choses que vous vivrez forcément à un moment ou un autre en Inde. C’est déstabilisant mais comme tout, on s’habitue et on ne fait plus attention. Mes premiers conseils sont donc de se fondre dans la masse et ne pas tenter. Toujours être habillée de façon à respecter les traditions et ne dévoiler aucun bout de chair interdit : épaules et genoux couverts et toujours avoir une écharpe ou une étole sur soi pour couvrir sa poitrine.
Difficile de marcher dans la rue sans se croire dans un métro aux heures de pointe. Difficile de s’isoler et de ne pas subir la misère, la saleté et toutes les impolitesses du pays : des crachats aux hommes qui pissent devant vous, de ceux qui se curent le nez à ceux qui trainent des pieds ou encore ceux qui tentent de vous arnaquer, les mendiants, il faut supporter tout ce que nous entoure, nous agresse, nous déroute et qui pourtant est de l’ordre de la normalité là-bas. Les villes sont grouillantes et souvent un piège pour le voyageur solitaire novice et en même temps une fois qu’on a vécu l’arnaque ou la fourberie une fois, on se durcit et on vit plus facilement les autres épreuves du voyage en solo.
Delhi fût l’une de mes plus mauvaises expériences en Inde. C’est la seule ville où je suis sortie de mes gonds (et il faut y aller pour me pousser à bout). De celui qui a essayé de m’arnaquer en me disant que le billet de train était acheté en surbooking au chauffeur de taxi qui ne trouve pas ma guesthouse pour m’emmener dans un hôtel où il touchera sa commission, en passant par le chauffeur de rickshaw qui te fait visiter tous les magasins de la ville. Bref, il faut être armé pour supporter les arnaques, la fourberie et la sournoiserie de l’Inde. Il faut savoir se créer une bulle tout en étant sur ses gardes et ferme car l’indien n’a peur de rien, n’a pas froid aux yeux. Il tente souvent le tout pour le tout. Il ne faut pas hésiter à le renvoyer dans ses buts ».

Sexualité et sociabilité en Inde du sud, de Frédéric Bourdier

La notion d’identité alternative :
« Par exemple, une femme qui s’adonne au commerce du sexe sera perçue comme une prostituée dans un milieu social restreint à ses collègues et clients, mais une fois retournée dans son quartier elle redevient mère de son enfant, femme de son mari, membre de sa belle-famille et rien dans son comportement ne la distingue des autres épouses. La notion d’identité alternative exprime aussi la possibilité d’une  échappatoire à une identité dominante qui doit, en quelque sorte, préfigurer. En témoignent les attitudes des étudiants issus des classes moyennes, des jeunes commerciaux et des jeunes femmes employées dans les firmes des villes qui adoptent un comportement conventionnel (vestimentaire, langagier, religieux) quand ils sont dans leurs familles mais qui s’affichent à la mode occidentale et se font fort de revendiquer des mœurs libertaires une fois hors de cet environnement familial immédiat. Ce phénomène de recomposition identitaire est plus complexe qu’il n’y paraît car si le jeu des perles de verre – une fois l’un, une fois l’autre – est bien réel, cela n’indique pas toujours la part de dissimulation et de sincérité. La notion d’identité alternative permet en fin de compte de saisir la différence entre deux attitudes similaires mais dont l’une reflète une certaine manière d’être, tandis que l’autre est une stratégie conventionnelle destinée à éviter le chaperonnage public. Il peut s’agir par exemple dans le cas d’une femme marchand seule dans la rue de dissimuler des signes qui pourraient être interprétés comme révélateurs d’une personne immorale. Significativement, plusieurs proverbes tamoules énoncent l’ambiguïté de rendre compte d’une continuité identitaire et induisent l’idée d’une identité flexible. Un d’entre eux stipule malicieusement que : « la femme karpu qui reste à la maison n’a que les apparences de la femme au foyer, alors que celle qui sort n’est pas toujours une prostituée ».
« On reste frappé par les tendances divergentes associées à la sexualité. Les valeurs oscillent entre deux modèles antithétiques : l’ascétisme et la sensualité. Les proverbes tamouls reconnaissent la noblesse du désir sexuel en même temps qu’ils vantent la continence ».
« Les représentations des sociétés indiennes a-sexualisées, dont la sexualité se canalise et se retreint à un partenaire unique, sont des représentations surfaites démenties par des contre-exemples anthropologiques. Il s’agit tout au plus d’une image idéalisée, jamais accomplie, peu différente finalement de celle à laquelle tend la vision chrétienne, musulmane et toute autre religion révélée en général. On est en droit de se demander s’il existe une spécificité hindoue – ou tamoule – de la notion de fidélité : elle est comme dans la plupart des sociétés, une valeur vers laquelle ont tend, constamment remise en question dans les pratiques quotidiennes, et dont l’irrespect est plus ou moins toléré suivant les circonstances. La première idée préconçue, fortement ancrée, venant à l’esprit de celui qui porte un regard sur l’Inde, dénonce que la sexualité ne peut exister en dehors de l’institution du mariage : seules des personnes en marge de la société osent mettre à l’épreuve la sacro-sainte règle ».
« On est intrigué au début de l’acceptation des prostituées dans le bidonville. On leur confie les enfants à garder, elles vont et viennent librement, discutent et plaisantent avec les autres femmes de tout âge. Tout le monde sait parfaitement qui elles sont et ce qu’elles font, mais une sorte de complicité mutuelle, ou plus exactement d’adoption consensuelle, s’établit. Les habitants issus d’un milieu pauvre se doutent des circonstances sociofamiliales dramatiques qui ont poussé ces femmes à séjourner en ces lieux et se gardent de jugements sévères, d’autant plus que le commerce profite à tout le monde ».
« … on doit réfuter l’idée que l’homme a le privilège de la quête du plaisir tandis que la femme reste contrainte d’assumer la position d’un être passif et inanimé. Bien au contraire, nos discussions patientes révèlent que l’insatisfaction sexuelle chez une femme constitue une des causes fréquentes de séparation (ou de menace de séparation), et encore plus de recherche de relation extramaritale. Chez les basses castes où le divorce est plus socialement aisé, les femmes n’hésitent pas à quitter le foyer quand y siège un mari impotent, un homme excessivement maladroit. Il est absurde de penser, comme certaines études le font croire que la Femme indienne sublime automatiquement sa sexualité et la reporte sur son amour maternel, dans l’alimentation et dans la religion. Des témoignages récents, ainsi que des travaux scientifiques aux résultats parus dans les revues féminines (Femina, Debonair) osent parler des relations extramaritales qui sont à l’initiative de la femme. En témoignent les réseaux d’épouses dont l’insatisfaction se mêle à l’ennui et qui n’hésitent pas à payer les services sexuels de jeunes hommes plus fringants que leur mari. Dans les villes du Tamil Nadu, existent des pseudo-cliniques qui reçoivent de fausses malades. La première consultation se restreint à la commande : la femme suggère le type d’homme qu’elle désire. Celui-ci sera disponible quelques jours après (…) Pour les jeunes désoeuvrés et les personnes esseulées, l’absence d’informations fiables et ouvertement disponibles ainsi que les possibilités réduites de rencontre, font que la pornographie devient une méthode d’initiation et d’apprentissage de la sexualité, plus qu’un moyen de satisfaction de leur libido ».

LE DESIR DE VENGEANCE VIOLENTE DE LA PETITE BOURGEOISIE


Dans un article de The Telegraph repris par Le Courrier International du Monde, Manini Chatterjee fournit une analyse pertinente des réactions au viol ignoble dans le bus de New Delhi, suivi de la mort de l’étudiante, qui a ému le monde entier bien pensant, persuadé que l’Inde est le seul pays arriéré et en retard sur le plan de la sexualité.



Après une affaire de viol, une partie de la classe moyenne est descendue dans la rue pour réclamer les pires châtiments pour les coupables. En oubliant ses propres responsabilités.
New Delhi est une ville dure, aussi rude et extrême que son climat. Une ville où les plus riches et les plus misérables coexistent, avec, entre ces deux extrêmes, une importante et bouillonnante classe moyenne à laquelle nous appartenons, moi et tous les manifestants qui sont aujourd’hui rassemblés [pour protester contre le viol en réunion d’une jeune femme et l’agression de son ami le 16 décembre]. Mais cet événement atroce a dépassé la mesure, même pour New Delhi. Cette agression a déclenché quelque chose de fondamental en nous, elle a fait monter la peur et la colère, le mécontentement et le désespoir, le sentiment d’isolement et le désir de solidarité qui couvent inconsciemment et continuellement sous la surface de cette métropole gigantesque et complexe.  Il est donc naturel que la sauvagerie de ces actes, perpétrés dans le sud [plus chic] de la capitale, et non dans un bidonville parmi d’autres, sur un jeune couple qui rentrait à la maison après avoir vu un film en anglais dans un cinéma multiplexe – et non sur des villageois des Etats avoisinants, ait soulevé une profonde indignation au sein de la classe moyenne et fait descendre dans la rue les habitants des quartiers aisés de la ville. Ce sont des étudiants – surtout des étudiantes – des couches les plus riches de la société de New Delhi qui ont pris la tête du mouvement. Un événement très important, cathartique, semble se produire : une ville habituée à vivre dans la violence, l’intimidation et l’intolérance se cherche une nouvelle identité.

Nécessaire introspection

Alors pourquoi, quant à moi, je n’adhère plus à la mobilisation générale ? Pourquoi est-ce que je me sens plus déprimée par l’avenir de ma ville qu’au moment où la nouvelle du viol est tombée ? Pourquoi les manifestants suscitent-ils en moi plus de tristesse que d’espoir ? Parce qu’eux-mêmes ont affiché une haine, une rage et une attitude moralisatrice qui ne peuvent qu’aggraver – et non guérir – la blessure psychique subie par la ville. Il est parfaitement compréhensible que les gens réclament l’arrestation des coupables et un jugement rapide, qu’ils veuillent que la justice soit rendue dans les plus brefs délais pour dissuader de nouvelles agressions. Mais comment expliquer les répugnantes banderoles brandies par les manifestants et réclamant la pendaison, la lapidation ou la castration en public des violeurs, avec illustrations à l’appui ? Et les slogans scandés contre la police et le gouvernement comme s’ils étaient les seuls responsables des dérives de notre société et comme si nous-mêmes n’avions rien à nous reprocher ?

C’est regrettable à dire, mais les manifestations ont mis en lumière les aspects les plus sombres de notre classe moyenne citadine : son désir de vengeance plutôt que de justice, son sentiment de colère dépourvu de compassion, sa tendance à attaquer les autres sans jamais se remettre en question. C’est cette mentalité du “chacun pour soi” qui fait de New Delhi un endroit où il ne fait pas bon vivre, où les automobilistes roulent délibérément dans les flaques d’eau pour éclabousser les piétons, où les habitants des quartiers chics considèrent souvent les plombiers, les électriciens et les marchands ambulants quasi comme des criminels, où les serveuses et les employées des postes de péage sont régulièrement violées, voire abattues, par des hommes et des femmes plus riches et plus puissants qu’elles. New Delhi a besoin de transports plus performants et plus sûrs, de forces de l’ordre plus vigilantes et d’une justice plus efficace. Mais ce dont la ville a besoin avant tout, c’est de plus de compassion et de compréhension, de plus de partage et de moins d’inégalité, de plus d’introspection et de moins de mises à l’index.

EPILOGUE : LE VIOL N’EST PAS UNE CONSEQUENCE DE LA MISERE SEXUELLE

 Des chercheurs britanniques, ayant étudié des sujets masculins frappés de misère sexuelle et affective hétérosexuelle , ont déclaré que ceux ci étant tellement frustrés de n'avoir ni femmes ni sexe, ni affection, vivent une sorte d’autisme total et sont plongés dans de graves états dépressifs. De ce fait ils ne désirent nullement  chercher à compenser leur manque affectifs et sexuels par la consommation d' achats matériels ou par le viol. La plupart ont même refusé des produits de substitution comme de l'alcool, ou bien des médicaments chimiques.
Les hommes ne violent pas parce qu’ils sont dans un état de misère sexuelle (sinon tous les célibataires de longue durée seraient des violeurs), mais parce qu’ils se donnent le droit d’assouvir leurs désirs sur le corps d’un autre – ils peuvent être d’ailleurs mariés ou séducteurs sans problème. L’attitude du violeur est typique du « possédant » qui veut toujours plus et surtout ce qu’il n’a pas. Le violeur considère que son besoin est supérieur au bien être de celle qu’il viole, laquelle, comme victime soumise par sa violence, n’existe pas. Mentalité oui, mais pas de tribu, ni traditionnelle, mais typique de l’esprit du capitalisme, de la voyoucratie capitaliste moderne.
Le sexe conçu comme partie basse de l’amour suppose la gratuité pour les plus mal lotis comme pour les plus riches. Or la société bourgeoise propose un compromis tarifé : les bordels. Comment s’étonner alors que les riches violent plus que les pauvres. Car leur tirelire leur sera abondée.
Le viol est un acte d'anéantissement, il exprime la volonté de dominer l'autre et de le détruire, crient les féministes qui se taisent sur l’origine de cette « volonté de dominer l’autre ».
La prostitution serait indispensable aux moches et aux handicapés pour avoir des relations sexuelles. Faux,  les "clients" proviennent de tous milieux sociaux et ne sont pas de grands isolés. Les bourgeois sont aussi aliénés sexuellement que les prolétaires.


A partir des écrits de Karl Marx, Reich, on l’a vu, a mis le premier en parallèle le besoin alimentaire et le besoin de satisfaction sexuelle. Il n’existe pas de «besoin » de procréation, de maintien de l’espèce.» La société bourgeoise règle le problème de la satisfaction des besoins sexuels en fonction de ses intérêts économiques pour la reproduction des « proles », fils de prolétaires. Tout  les plaisirs du monde restent à découvrir. Mais ce sera pour d’autres générations.