"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

lundi 24 février 2014

UNE POURRITURE PEUT-ELLE REVENIR AU POUVOIR ?



Le coup de la chaise roulante à la tribune personne ne l’avait commis aussi crapuleusement que la mère Timochenko. Même si une manifestante désabusée a glissé « la prison change les gens », personne ne se faisait d’illusion sur la place Maïdan. Voici notre select ambiance d’un bon article du Figaro.






Le retour de Timochenko, étoile ternie de la révolution

Pour beaucoup d'Ukrainiens, l'image de l'égérie de la révolution orange, en 2004, reste liée à
L'étoile de la «révolution orange» a beaucoup pâli dans le regard de ses compatriotes. Aussitôt libérée de sa prison hospitalière de Kharkov, dans l'est du pays, Ioulia Timochenko, 53 ans, est apparue samedi soir à la tribune du Maïdan. Assise sur un fauteuil roulant à cause d'une hernie discale, diminuée, l'ancienne première ministre n'en a pas perdu de sa pugnacité oratoire. Mais la foule n'en a pas pour autant chaviré. «Les hommes politiques ne valent pas une seule goutte de sang que vous avez versé. Quand les snipers tiraient leurs balles, elles se sont fichées dans le cœur de chacun d'entre nous. Et à chaque minute que des gens tombaient, je me suis sentie coupable de ne pas être avec vous», a-t-elle lancé à l'adresse des meneurs de barricades. Avant d'ajouter, dans un geste d'humilité: «Je m'incline devant vous et vous demande pardon.»
Le discours a suscité une indifférence polie, à l'exception de la seule consigne qu'elle ait lancée à la foule et qui a fait mouche: «Vous n'avez pas le droit de quitter Maïdan avant que tout soit fini.» Pour le reste, «elle a versé dans un pathos dont les gens, qui attendent des choses concrètes, sont fatigués. Elle a cherché à les flatter, mais ce n'est pas ce qu'ils attendent», estime Viktor, un professeur de philosophie quinquagénaire. «Ioulia est allée en prison pour ses pêchés, et c'est normal», ajoute ­Bogdan, un jeune manifestant qui contrôle les accès à la place.

Corruption et sens des affaires

Depuis le début du mouvement, en novembre dernier, plusieurs manifestants exigent le retrait de son portrait géant qui trône sur le sapin artificiel érigé sur le Maïdan. D'autres - c'est également le cas au sein des chancelleries européennes - lui reprochent d'avoir exacerbé la crise en exigeant, sans relâche, du fond de sa cellule, la mise à mort politique d'Ianoukovitch.
Ils se plaignent, enfin, d'avoir assisté à une aggravation de la corruption durant son mandat de six ans à la tête du gouvernement, ce qui lui a valu, en partie, sa défaite aux élections de 2010, face à son ennemi aujourd'hui déchu. Ironie du sort, celle qui aspire à incarner le désir d'intégration européenne de ses concitoyens a été condamnée à sept ans de prison pour avoir, en 2009, signé, avec la Russie, un accord gazier «outrepassant ses pouvoirs», selon l'acte d'accusation officiel. Moscou, et en particulier Vladimir Poutine, s'était toujours accommodé de cette dame, rebelle certes, mais qui a toujours gardé le sens des affaires. Une fois réintégrée dans le jeu politique ukrainien, Ioulia Timochenko pourrait reprendre le contrôle de sa formation politique, Batkivtchina, qu'assure aujourd'hui Arseni Iatseniouk, et ceci en prévision des élections présidentielles anticipées. Son charisme oratoire suffira à la distinguer du pâlot Vitali Klitschko, ex-boxeur et leader de la formation Oudar. Mais ce ne sera pas suffisant pour effacer son image, qu'elle conserve, y compris chez ses anciens supporteurs, de «femme du passé».


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