"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 6 avril 2026

COMMENT TRUMP MASQUE SA DEFAITE

 

Femme voilée en France mais pas en Iran

GUERRE voilée ou dévoilée ?


Le conflit militaire exacerbé qui dure contre l'Iran a au moins une qualité, comparé aux guerres précédentes : tout le monde est concerné. C'est la conscience du fond aléatoire du réservoir de ma petite voiture. Sans oublier des conséquences très graves pour le niveau de vie de chacun. L'inquiétude a gagné manifestement les couches gouvernantes les plus responsables des Etats-Unis, en particulier les financiers qui bottent le cul à Trump à l'heure actuelle. Mais on se rassure vite ici : « c'est loin et ça ne peut pas nous arriver »...La concience de classe est, elle aussi, loin.



Pourtant le capitalisme, dans les faits, se remet en cause lui-même, ne cessant de détruire tout en éliminant toute chance de reconstruire à court terme ; le plus intéressant tout de même, et ce que personne ne semble remarquer, est l'atteinte aux bijoux pétroliers des sinistres monarchies du golfe, et cette disparition de la protection sécuritaire américaine qui fait trembler désormais les milliardaires.

L'article du CCI – La boite de Pandore d'un mode de production en voie de putréfaction1 – décrit le mieux l'état actuel du capitalisme, avec, hélas et toujours, ces conclusions en coup de clairon eschatologique2 « seul le prolétariat peut sauver l'humanité », ce qui reste encore à démontrer et qu'ils ânonnent sans se questionner ou questionner le prolétariat sur cette possibilité ou éventualité. Poser les questions urgentes, centrales, imaginer des solutions autres que la sempiternelle et invisible grève générale, en comparant avec les méthodes dépassées du passé.

Souligner aussi les critères d'optimisme : l'embrasement militariste ne peut toujours pas prendre en Europe. Macron s'est cassé les dents en croyant qu'il suffisait d'appeler au volontariat pour recruter massivement. Le chancelier allemand joue une partition aussi faiblarde en prétendant que les hommes de 17 a 45 ans devront avoir l'autorisation de l'armée en cas d'« un long séjour » à l'étranger, pas les femmes ?

Pourquoi le défaitisme révolutionnaire apparaît dépassé ou impossible de nos jours ? Avec la prise en otage du détroit d'Ormuz, lutter contre qui ? Contre Macron qui n'en est pas directement responsable ? Contre les nazislamiques au risque de se faire traiter par Mélenchon de fachos amis de Trump et deTF1 ? Imaginer un retour ringard des gilets jaunes tout justes bon à favoriser un chaos sans solution (le quoiqu'il en coûte n'est plus qu'une caisse vide) ? Ou compréhension de l'impuissance croissante de chaque Etat capitaliste à offrir un avenir au monde et expliquer ou comprendre que le choc des classes sera forcément violent mais pas que.

Le déclin de la puissance américaine est patent avec cette guerre qu'elle n'a pas contrôlé et ne contrôle toujours pas. Leur hypocrite appel aux ex-alliés européens confirme cette perte de puissance. Ce déclin aura-t-il seulement des conséquences géopolitiques et pas sociales ? L'ampleur de la crise économique va-t-elle précipiter la marche à la guerre mondiale ou générer des explosions sociales un peu partout ?

La situation sociale pourrait-elle s'embraser partout ? Bien sûr que oui, et de New York à Vladivostok où la paupérisation se répand, de manière accélérée comme conséquence majeure de cette guerre.

Tarzan échappe à la pieuvre

Phénomène outrageusement médiatisé et confiture à journalistes désoeuvrés, la récupération d'un pilote de chasse militaire (un seul) a été exhibée comme un acte héroïque, voire LE tournant essentiel d'une guerre où on est indifférent à ses millers de victimes, et précieusement bienvenue pour faire cesser l'inexorable chute du « fou Trump » zéro des mangas iraniennes, lequel se fiche parfaitement, comme ses concurrents nazislamistes de la vie de milliers d'otages civils de cette guerre sans fin crédible et même de celle du pilote s'il avait dû y passer.

Il s'est agi pourtant, avec ces si remarquables moyens électroniques (et LIA, cette bonne fée destinée à supplanter l'intelligence humaine?) de récupérer un des ces criminels de guerre de haut vol, qu'on nomme pudiquement « pilote de chasse ». Or ces types de militaires, qu'on dit chargés de « frappes ciblées » sont indifférents aux morts collatérales que leur lâche appui sur un simple bouton cause. C'est pourquoi, dans toutes les guerres depuis 1945, chaque fois que les populations d'en bas en saisissent un, il est lynché. Ce que les médias capitalistes ont évité de mentionner, maquillant en Tarzan innocent le petit colonel éjecté, regretté puis sauvé après avoir craint qu'il ne soit dévoré par la « pieuvre iranienne ».

On ne cesse de souligner la résilience des nazislamistes, voire leur « intelligence », comme de feindre ne pas savoir les objectifs du fou Trump. Or, et hélas, les gardiens de la pire réaction religieuse sont plus intelligents que le fou éructant. Ils ne font certes pas le poids militairement dans cette guerre dite asymétrique, mais c'est sur le plan idéologique qu'ils ridiculisent le vieux fou, en se servant de ses propres conneries d'impuissant er surtout des critiques de ce vieux gaga en Occident.

En toute concision, le quotidien britannique The Telegraph avait totré : «Tired-looking Trump has run out of things to say» (Fatigué, Donald Trump ne sait plus quoi dire).

Un des kapos de l'Etat musulmaniaque, le général Ali Abdollahi, n'a eu qu'à résumer la fuite en avant du milliardaire à casquette prolo3, alors le début il n'était question que de fuite en avant des mollahs:

«Le président américain agressif et belliqueux, après avoir subi des défaites successives, a entrepris, de façon impuissante, instable, énervée et stupide, de menacer les infrastructures et les biens de l’Iran »4.

En effet l'armada américaine qui n'a cessé de piétiner, sous prétexte de récupérer quatre cent kilos d'uranium (pourquoi seulement quatre cent?), de tuer (d'avion) des milliers d'êtres humains, quoique fort heureusement dans le tas des dizaines de kapos, en est venue, comme n'importe que Etat voyou, à détruire les infrastuctures économiques, industrielles et même universitaires qui conditionnent la « vie  civile » de n'importe quelle nation ! Avec cette méthode la vertueuse démocratie américaine s'est alignée sur le terrorisme nazislamique !

Le sauvetage du Tarzan ailé ne peut aucunement effacer cette infamie, même s'il recourt à l'ordalie : gloire à dieu !

LA FUITE EN AVANT DE « L'ADMINISTRATION TRUMP »

L'idéologie dominante nous promène gentiment avec cette personnalisation de la politique, en particulier avec l'exhibition permanente du sinistre pitre Trump. On ne peut l'attribuer seulement à la décomposition du système. En réalité c'est la comédie du pouvoir qui s'adapte. La masse des populations est dégoûtée des partis politiques. Elle joue sur l'aura du leader « mal élevé » (si possible avec une casquette) ; en France, dans la campagne municipale, la plupart des partis se sont présentés « sans étiquette ». Mais, par derrière, la classe bourgeoise reste une classe aux intérêts collectifs. Si Trump a fermé sa gueule quelques jours, c'est que les financiers affolés lui tiraient les oreilles et qu'il pissait dans sa culotte si les gardiens de la réaction avaient pu s'emparer du pilote.

La récupération spectaculaire du pilote éjecté est devenue, plus qu'un épisode forfuit d'une guerre de massacres, une affaire personnelle pour Trump, plus même : un triomphe sans lendemain.

Bien plus grave que le sauvetage d'un pilote galonné, est cette dernière, ou avant-dernière stratégie de l'impérialisme américain : cibler les infrastructures industrielles et civiles, et même nucléaire (preuve de l'irresponsabilité des grandes puissances, cf. même méthode de projection contre le nucléaire iranien). Preuve surtout de leur échec militaire et preuve de leur bêtise d'avoir cru qu'il suffisait de bombarder en haute altitude sans se salir les mains. D'abord preuve d'impuissance donc. Double impuissance face aux simples drônes alors que le Trump se vantait d'avoir un contrôle total du ciel. Gloire à dieu ?

Par après c'est surtout les implications qui posent problème. C'est le peuple iranien tout entier qui, après les massacres de son propre régime, est à la fois spectateur et victime. Trump rend un fieffé service aux mollahs terroristes en provoquant volontairement ou involontairement, une résurgence du nationalisme5. Résurgence presque naturelle face aux exactions et desidératas de l'Etat juif contre ce pauvre Liban, parti pour être un nouveau Gaza. Quel iranien, antérieurement a-t-il été enthousiasmé par un criminel corrompu comme Netanyahou lorsque celui-ci appelle avec outrecuidance à une libération du peuple iranien, après avoir massacré celui de Gaza ? L'annonce répétée de négociations (secrètes) en cours est une réalité que nous avons du mal, nous grands naïfs, à imaginer or toujours il y a eu des négociations souterraines entre requins en guerre. Toujours avec la méthode de la projection, Trump a multiplié les vantardises et les chantages les plus grotesques – à l'Europe, à l'Ukraine, pour une intervention au sol -Trump a besoin de la complicité des nazislamiques, comme Hitler eût besoin (brièvement) de celle de Staline. Il aimerait présider une fausse paix les laissant au pouvoir avec des concessions lui permettant de brailler « j'ai gagné ». Chaque jour en revanche il apparaît un peu plus comme un charlatan.

Jamais une armée bourgeoise n'a libéré ni apporté une quelconque démocratie aux peuples floués des révolutions industrielles. L'invasion impérialiste est une humiliation nationale. La seule alternative dans ce cas c'est Pétain. Et lorsque l'impérialisme vainqueur se retire c'est pire, le chaos ou la pire religion s'installent comme en Afghanistan ou en Syrie. Au tout début Trump a failli nous faire croire qu'il militait pour installer une démocratie perse, et à nous donner espoir que cette armada et lescolons israéliens aboutiraient « au moins » à faire chuter le nazislamisme (même en catimini chez nos preux internationalistes). Le voile politique se déchire : les iraniens ne veulent pas du pétainisme israélien ni ne font plus confiance à la girouette Trump. La résilience iranienne rest bizarre, quelle est l'ampleur de l'aide russe et chinoise ?

En vérité, on le sait, l'administration Trump se fiche des peuples et de leur libération. En totale continuité avec l'héritage démocratique bourgeois, les Etats démocratiques dominant ont besoin des peuples spoliés et fournisseur de main-d'oeuvre malléable et corvéable ; jamis ils n'envisagent d'installer des démocraties aussi consensuelles que celles d'Occident pour continuer à puiser un prolétariat corvéable car ayant fuit le plus souvent la guerre, et avec peu d'engouement pour participer à une révolution forcément violente ; comme l'expliquent Guigou et son copain polonais dans leur excellent livre « Mai 68 et le mai rampant italien »6. Comme dans la guerre en Ukraine des milliers et des milliers sont jetés sur les routes , terrorisés ou massacrés sous la mitraille. Trump ne s'en cache pas, il a besoin de la continuité d'un régime dictatorial, comme ceux des milliardaires du pétrole au Moyen-Orient, qui permettent les plus grands profits pour les camarillas au pouvoir, sans partage... Les puissances démocratiques ont besoin des dictatures de fer dans les zones riches en matières premières ; si vous ne le saviez pas, maintenant vous le savez. Elles compatissent aux destructions généralisées, mais c'est la guerre, n'est-ce pas ?

Partout c'est table rase Koweït: deux centrales électriques et de dessalement attaquées. Une usine pétrochimique a été détruite. Idem un pont géant indispensable à l'économie du pays. 30 universités touchées par des frappes israélo-américaines depuis le début de la guerre. La liste s'allonge chaque jour avec le délirant Trump qui a promis un retour à l'age de pierre  (en bombardant leurs sites nucléaires)? Pour qui ? Pour 90 millions d'êtres humains ? Des armées « démocratiques » américaine et israélienne qui libèrent...cadavres, gravats et tirent dans le tas de la population civile.

Ces armées en guerre à but géopolitique, dont la plupart des journalistes se plaignent qu'on ne ne leur explique pas ce but géopolitique - Trump vient d'affirmer sans ambages que son but est de s'enrichir avec le pétrole iranien, dont acte - , n'ont pas à s'inquiéter des mouvements pacifistes, phagocytés par les clans de la gauche bourgeoise woke, multiethnique et islamophiles ; en gros des incapables à combattre réellement le capitalisme car bornés dans un anti-impérialisme US primaire. Les pacifistes non seulement ils ne proposent aucune alternative crédible sauf à soutenir de fait en fait n'importe que impérialisme minus et arriéré.

METTRE FIN A CETTE GUERRE A N'IMPORTE QUEL PRIX ?

Il est probable que c'est l'injonction des financiers à l'aventurier Trump. C'est plus grave et plus paralysant que la guerre en Ukraine.Le monde entier est tourneboulé, de l'Afrique à la Russie, et surtout aux Etats-Unis où une réelle paupérisation est de pllus en plus visible. La bourgeoisie intelligente devait penser à 1918 et à 1945.

Plus effarant dans toute cette guerre pleine de bruit et de fureur, sont oubliées les femmes iraniennes et cette majorité de la population perse (60 %) terrorisées et torturées par le nazislamisme triomphant, même de Trump

MONSIEUR ULTIMATUM va-t-il être le nouveau Cromagnon ?

«Le temps (financier) presse» : le Trump donne 48 heures à l’Iran pour conclure un accord avant de «déchaîner les enfers sur eux» (la bombe atomique?). Le Trump a donné samedi «48 heures» à l’Iran pour conclure un accord avec Washington ou rouvrir le détroit d’Ormuz, sans quoi les États-Unis déchaîneraient «les enfers sur eux».

«Vous vous souvenez quand j’ai donné 10 jours à l’Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DETROIT D’ORMUZ. Le temps presse - 48 heures avant de déchaîner les enfers sur eux. Gloire à DIEU!», a écrit loufoque président américain sur sa plateforme Truth Social en ce week-end pascal.

Le 26 mars, le Trump avait émis un ultimatum de 10 jours à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, voie maritime critique pour l’économie mondiale et bloquée par l’Iran depuis le début de la guerre. L’ultimatum avait alors été fixé au «lundi 6 avril à 20 heures, heure de Washington». En l’absence d’une réouverture du détroit, Jupiter 47 a menacé de détruire les centrales électriques en Iran, et les ponts. C'est à dire paralyser toute la population civile derrière ses amis gardiens de la contre révolution.


Rendez-vous demain 20 heures.



NOTES

2Leur marxisme serait-il plutôt religieux, et leurs partisans des guerriers de dieu ?

3C'est la marque de tous les autocrates, de Hitler à Kadhafi, ils ont besoin de s'afficher en casquette cette facette contestataire pour faire croire être du côté du bon peuple, en gros pour séduire le peuple révolté des bas-fonds : faire « mal élevé ».

4Un de ses autres collègues kapos, pas du tout agressif ni belliqueux avait simplement déclaré, humainement, quelques jours auparavant, en tenue kaki : « vos soldats on les massacrera, on les démembrera et on jettera leurs restes aux requins ». En toute amitié.

5Je ne crois pas vraiment à cette résurgence nationaliste quelques mois après le massacre de début janvier. C'est comme si en 1871, labourgeoisie avait déclaré, dès 1872, la guerre de 1914, après les 30.000 morts de la commune de Paris, voire plus. L'union nationale après un récent massacre du peuple est quasiment impossible. La bourgeoisie vfrançaise a d'ailleurs terdu la guerre peu après. Ce qui pend au nez du régime nazislamique.

6 L'immigration qui n'a plus rien à voir avec celle des années 1970. L'immigration interne italienne du sud vers le nord de l'Italie àcette époque a produit une critique et une lutte anti-travail que la « libre cirulation » des migrants et autres réfugiés d'aujourd'hui ne risquent pas de reproduire. Comme le disait la revue allemande d'onbédience opéraïste Kolinko, il n'y aura pas de nouvelle recomposition de classe avec les immigrés de l'extérieur qui sont de plus en plus nombreux , aujourd'hui à chercher, non pas un travail, comme venaient le chercher les anciens immigrés économiques, mais avant tout des moyens de survie dans une société capitalisée qui a détruit les anciennes communautés, la leur dans leur pays d'origine et la communauté ouvrière dans leur supposée terre d'accueil ».(p.342)

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