"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 16 décembre 2015

ILS VONT REPUBLIER MEIN KAMPF ET ON S'EN F...



Dans l'« Avertissement des éditeurs », Sorlot relève les menaces très lourdes à l'endroit de la France et souligne que « [ce] livre qui, répandu en Allemagne à plus d'un million d'exemplaires, a eu sur l'orientation soudaine de tout un peuple une influence telle, qu'il faut, pour en trouver l'analogue, remonter au Coran »

En 2007, il a été présenté à la Foire internationale du livre du Caire par une maison d’édition syro-égyptienne, al-Kitab al-Arabi, dont le représentant, Mahmoud Abdallah, a déclaré : « il [ce livre] représente une grande partie de notre succès, en particulier parmi le public des 18 à 25 ans ».



Peut-on imaginer que Mein Kampf va être lu de nos jours du fait qu'il peut être réédité en 2016 sans plus de droits d'auteur que de toute façon Hitler n'eût pas touché outre-tombe ? Voyez ce combat picrocholin entre universitaires allemands, leur gouvernement et des associations de déportés, à l'occasion du terme des droits d'auteur de feu Hitler – l'arsouille avait conservé ses droits depuis 70 ans, subtilité comique du droit éternel bourgeois - pour surseoir ou annuler la republication du « livre qui a causé le plus de morts au monde »(dixit Ach Arte!).

Le lire constituerait un effort d'abnégation considérable sur soi-même pour s'intéresser à un amas de fabulations aussi indigestes que le coran ou la bible. Je dois en posséder un exemplaire au fond d'une de mes bibliothèques, délaissé à la critique rongeuse des termites. J'avoue avoir essayé d'en lire plus de trois pages en sautant les chapitres, mais rien n'y faisait, non pas parce que je pense comme tout le monde que Hitler était un sacré salaud, mais parce que, intellectuellement et politiquement, c'est bête, confus et imbitable. Il y a a tant d'auteurs classiques plongés dans l'oubli qui mériteraient d'être réédités – d'un niveau autrement supérieur et structurant que ce vulgaire compilateur délirant – qu'on peut s'interroger sur le pourquoi d'une polémique internationale pour éditer, même annotée, cette merde ? Alors même qu'on peut le trouver chez plusieurs bouquinistes depuis la guerre ou en édition intégrale sur le web ? 1

Evidemment qu'il s'agit d'une séduction démoniaque démocratique, mâtinée de solides rails conceptuels du professorat de l'institut de Munich (qui veulent arrondir leurs fins de mois), d'un épiphénomène littéraire destiné à ressortir les increvables et répétitifs mensonges sur la guerre mondiale, à une époque où elle se repose à peu près dans les mêmes termes. C'est pourquoi la propagandastaffel Arte, après tout le monde, y a consacré une soirée, tape à l'oeil et superficielle comme d'hab. Vous pouvez lire les explications de wikipédia et, non seulement vous aurez le canevas qui a servi aux scénaristes d'Arte, mais vous en saurez même plus sur le monstrueux « Mein Kampf ».
Je ne m'en excuse pas, mais je vais vous dire mon avis sur un livre que je n'ai pas lu, que je n'ai pas lu lire et que je ne lirai pas, me fiant aux divers résumés pour le contenu mais pas pour l'interprétation ; on me dira que ce n'est pas bien, qu'il faut lire les écrits de ses adversaires et du principal Belzébuth contemporain avant de les critiquer, mais Hitler, ou plutôt le nazisme est un livre ouvert depuis longtemps pour la plupart des gens sensés, qui ont potassé moult livres d'histoire et qui ont réfléchi aux données historiques sur le déroulement de la seconde boucherie capitaliste mondiale. Pas besoin non plus de visiter les camps de la mort pour comprendre comment c'était horrible.

Avec sa lourdeur pachydermique, la chaîne teutonne bétonne et déconne d'entrée, en reprenant la méthode (très hitlérienne) des idées simples. Cela débute par l'évocation des migrants actuels qui marchent dans la nuit noire. Cette introduction se flatte elle-même de rappeler que le suc du danger hitlérien réside dans le refus des étrangers, pas dans les guerres capitalistes incessantes. On est en terrain connu et bordé pour tout lycéen antifa. On est prévenu que le livre du petit moustachu à casquette de postier de base, non syndiqué à Sud, exsude agressivité et haine.L'actualisation historique possède ses limites hystériques.

On nous cite ensuite des éléments : Hitler regrette un manque d'homogénéité de la nation et estime que « nous devons nous battre pour la multiplication de notre race ». Une vieille potiche fardée jusqu'aux yeux, genre sexagénaire gauchiste qui veut se croire encore jeune, filmée en gros plan pour qu'on voit bien des rides accumulées par les soucis de 14 et de 39, nous fournit une explication psychologique, sans doute pour remettre à sa place le non-lecteur inconscient comme moi :  « On a tendance à se moquer de Hitler... c'est pas peur de trouver ce qui sommeille en nous ».
Alors, ainsi averti, j'ai ensuite essayé de savoir ce qui sommeille en moi quand je vois de telles émissions : le fou-rire ou le dégoût ? Je vous le dirai à la fin.

Coupable parce que coupable, l'Etat allemand, pétri de honte, a interdit la republication du best-seller de Hitler depuis 1946... par peur de la contagion ! Ouf ce n'était qu'un propos d'estrade, car, heureusement le Manifeste communiste de 1848 – qui reste plus utile et contagieux pour le prolétariat que pour feu Brejnev – a continué à être édité au pays meurtri de Karl Marx.
Suivent les intermittents des interviews qui rythment le scénario. Celle-là nous assure que le lecteur comprend immédiatement que Hitler appelle à l'extermination des juifs, comme le tueur coranien appelle à tuer tous les mécréants de nos jours, ou les pacréants du tout. Il s'agit d'une ancienne déportée juive, on comprend que son jugement puisse être très affecté par une interprétation littéraire très mauvaise. En voici une autre qui témoigne que ce projet n'apparaît pas à la lecture du brouet.
Voici depuis un laboratoire de la génétique antifasciste, sis à Munich la salope, nos professeurs d'explication du texte maudit, 150 exégètes du navet nazi, qui ont planché trois ans durant pour « expliquer », « démystifier », « mettre en garde » contre la nocivité perverse d'oncle Adolf, avec ce résumé subliminal : « faut l'expliquer aux jeunes ».
Un autre combat, et pas des moindres en notre époque de misère galopante (plus que le fascisme), le notoire mérite des augustes professeurs de Munich, en osmose avec l'Etat des länders, est naturellement d'empêcher l'exploitation idéologique et commerciale de MK, « car son idéologie raciste continue de séduire aujourd'hui ».

La vieille décatie gauchiste, poudrée et rouge à lèvres criard (il y en a certaines qui mériteraient d'être voilées, foi de macho ridé), revient nous donner la clé : « avec Mein Kampf, tout s'explique » (entendez : pour les pauvres d'esprit... racistes et anti-migrants). Le reste est très accessible à un spectateur débile comme moi. Tout s'enchaîne : Hitler est en prison, remâche sa haine après un putsch minable et un jour, tilt ! Il se dit « je vais écrire un livre, ce sera un best-seller et je pourrai rembourser mes dettes », « c'est un mélange de biographie, de programme politique et d'obsessions ». Bien, plus j'avance dans mon écoute de l'émission, plus je me persuade qu'on me donne bien le résumé ad hoc du brouet et cela me confirme dans mon absence d'intérêt pour le lire de fond en comble, de nullité en caducité2 .

Les commentateurs de Arte font preuve d'un incontestable racisme intellectuel en traitant Hitler comme une vulgaire racaille de nos banlieues expulsée de l'école à l'âge ingrat : « Hitler a quitté l'école très tôt et ne sait pas écrire », « mais il n'est pas bête » (on respire ! Comment, autrement, un idiot aurait-il pu entraîner dans une guerre mondiale un peuple aussi cultivé et lecteur assidu de MK?).
La mémère décatie revient nous offrir la deuxième clé, l'ambiance du roman hitlériste : « il se voit investi d'une mission mais il n'est animé que par la haine ».

A cette étape du scénario, vous en avez déjà marre comme moi. Que signifie cette personnalisation de l'histoire ou plutôt de la barbarie capitaliste ? Qui défie toute chronologie historique, à la manière du brouet d'Hitler d'ailleurs. On a commencé par nous refiler la comparaison des migrants actuels et des juifs du passé avec un zozo emprisonné qui s'est mis dans la tête de faire un best-seller !
Rien sur le traité humiliant de 1918 ! Rien sur le véritable ennemi intérieur : le prolétariat qui s'était mis en révolution contre la guerre en Russie et avait « contaminé » les « frères de classe » jusqu'en Allemagne ! Rien sur la contre-révolution ! Hitler est tombé du ciel et on se magne de promettre la réédition de son navet plutôt que de faire lire aux masses des historiens intelligents comme Kershaw ou les écrits subtils et profonds des Bordiga et Trotsky !

Le lecteur aura intérêt à lire la notice de wikipédia assez complète sur Mein Kampf, bien que le sujet soit vaste, non exhaustif et même parfois aux limites du discernement humain. On y apprend que le jeune auteur Adolf a débité ses délires, compilations d'un autodidacte aigri après plein de lectures ésotériques et d'écrivaillons racistes des deux côtés du Rhin, et que des conseillers et un curé ont ordonnancé de flot hétéroclite3. L'historien Kershaw explique très bien aussi comme l'armée a instrumentalisé le nouveau petit caporal, sans oublier les appuis financiers du capital international.

MEIN KAMPF : UN LIVRE POUR ANNONCER LA GUERRE

C'est un livre de guerre, pas un livre pour annoncer le massacre des juifs, c'est pourquoi il n'en est pas question comme le confirment les divers lecteurs, sauf ceux qui supputent ou auscultent les intentions du zigoto pris comme instrument plénipotentiaire du Mal.

Enfin des intermittents de l'interview du scénario sans queue ni tête autre que l'ombre du fascisme et les fantasmes inconsistants pour l'époque actuelle que la classe dominante fait débiter à ses intellectuels de gouvernement (et de partis soliloques), viennent au moins reconnaître que Mein Kampf, en écartant fatras de commentaires hétéroclites et nombriliques ou digressions invraisemblables, contient deux projets essentiels :
  1. permettre à l'Allemagne de retrouver son rang impérialiste en écrasant la France, son principal ennemi (Hitler fait expurger un tiers du livre qui attaque ce pays pour l'édition française, mais pas ses digressions sur les juifs) ;
  2. le but concomitant (pour le capital allemand et pas pour Hitler en soi) est de conquérir « l'espace vital », c'est à dire la Russie et les pays de l'Est (comme aujourd'hui d'ailleurs, cf. la situation en Ukraine orchestrée par la bourgeoisie US pour empêcher un nouveau Barbarossa économique...).

Les juifs ne sont traités qu'en troisième lieu, et la chronologie et l'ordonnancement de l'argumentation a peu d'importance dans l'écrit de tout gourou qui « ne fait pas de politique » mais « parle aux sentiments » ; le liant dans ce magma plus belliciste que raciste (mais en même temps racisme et bellicisme font toujours bon ménage) est bien sûr le juif, bouc-émissaire tout trouvé, traditionnel depuis le 19 ème siècle, impeccable remplaçant du prolétariat. Nos cuistres d'Arte n'ont même pas osé invoquer la haine de la bourgeoisie allemande contre les « juifs bolcheviques », pour ne pas mécontenter l'un de leurs patrons, Poutine, antifasciste confirmé qui ne veut plus entendre parler des youpins du Kremlin... en 1917.

Mémère décatie revient nous expliquer que l'auteur Hitler voit le juif comme symbole d'un monde décadent, qui a intérêt au déclin de l'humanité ; peu lui chaut que les bandes d'Hitler et de la social-démocratie du « socialiste » Noske ait tiré plus qu'au Bataclan à la mitrailleuse contre des milliers d'ouvriers berlinois !
Un autre intermittent, peut-être ancien déporté, est chargé de nous glisser que le communisme pour Hitler est un grand danger ; mais cela apparaît comme anecdotique puisqu'on nous assure, et Hitler et le scénario de l'émission que le plus grand danger était « les juifs » ; mais personne ne nous démontre en quoi.

L'histoire est au niveau d'une émission de Bernard Pivot, on suit les chiffres de l'édition à la trace. Comme Sarkozy se rendant au Fouquet's au soir de sa première élection (et probablement la dernière) , Hitler relance la vente de son book au lendemain de sa victoire électorale de 1933 : « les ventes explosent ». Bingo ! Comme s'il devait arriver la même chose à Droopy Fillon s'il avait une chance quelconque de refiler son navet promotionnel en 2017; actualisation piège à ignorons!
 En 1935 le brouet n'intéresse déjà plus personne, aussi les apparatchiks nazis inventent de l'offrir en cadeau de mariage, idée reprise par Le Figaro lors de mon mariage en 1970; l'abonnement annuel pas le livret d'Hitler (ce journal me servit pour protéger mes pauvres meubles de la peinture); comme oncle Adolf j'ai tendance hélas dans cet article, vous le voyez, à mêler le subjectif à la grande histoire, que mes hautains lecteurs et lectrices me le pardonnent.

Un des supplétifs vient « combattre une idée tenace » ensuite : le fait que Mein Kampf n'était pas lu en général. C'est vrai pourtant et cela coule de source comme des historiens l'ont constaté il y a longtemps. D'une part les masses « populaires » ne lisent jamais les programmes et peu les livres en général. D'autre part, comme le rappelle la notice de wikipédia, le livre est offert en cadeau à tous les mariés non échangistes comme Mitterrand après 1935; c'est le genre de cadeau qui finit sur la cheminée ! Et ce cadeau est tiré à 12 millions d'exemplaires quand Hitler – se remplit les fouilles au point de refuser sa paye de premier ministre, échappant comme Xavier Bertrand à tout cumul compromettant de mandats. On nous assure qu'un allemand sur cinq a lu cette merde, ce qui fait beaucoup trop par rapport au petit temps libre dont disposent les ouvriers allemands, encore majoritaires et qui préfèrent une bonne bière au bistrot que lire à la bougie ou en polluant ses poumons près de la cheminée que Emmanuelle Cosse ou Ségolène Royal auraient fait ramoner par Nicolas Hulot si elles avaient été ministres d'Hitler en son époque.

Il y a suffisamment de journaux, la radio et les meetings pour « expliquer » et « lire » les idées nazies, qui sont avant tout un encouragement à la guerre, avec cette rouerie de fondre les classes dans une union défensive contre la personnalisation perverse du capital par les juifs ; ce que nos intermittents d'Arte définissent comme « montée du racisme » ; ce roc de la pensée moderne, germanopratine et décomplexée du stalinisme amoindrissant, qui oublie, même les mémères décaties, qu'il est surtout le bréviaire du réarmement, qui fait fi du niveau de terreur qui régissait de plus en plus la société en Allemagne, avec des bruits de botte croissants non pour aller combattre les juifs mais pour briser l'encerclement des compétiteurs capitalistes et relever le taux de profit par le pillage impérialiste.
Une nouvelle fois un autre intermittent reconnaît qu'il n'y a nul appel au meurtre massif des juifs. Malgré l'insistance grand-guignolesque sur l'ennemi juif, toute la promotion d'Hitler et l'avant-guerre ne reposent pas sur la chasse aux juifs en soi. La chasse aux juifs à l'approche de la guerre, c'est quoi ? C'est la fabrication d'un ennemi intérieur, qui fond ou unifie toutes les classes sociales tendues vers un seul but : la guerre externe. Admirable perversité de la bourgeoisie allemande, derrière sa marionnette Hitler : remplacer le dangereux prolétariat – liquidé en Russie par Staline et massacré par les social-démocrates et les corps francs avec le petit dernier Hitler, en 1919 et 1923 – par les « migrants » inoffensifs juifs, ou non migrants puisque qu'un grand nombre des prolétaires à l'Est étaient juifs ; comme aujourd'hui Daech est supposé être dans nos murs avec les millions de croyants musulmans. L'émission teutonne veut bien oser la comparaison historique mais sans oser la comparaison avec le subterfuge mystificateur ! Et pourtant le subterfuge est là aussi et fait dresser nos cheveux sur la tête : pour mener à bien une guerre mondiale, il faut être capable d'inventer un ennemi intérieur, du genre figurant comme les juifs  (qui s'excuseraient les bougres en général de vouloir prendre un pouvoir quelconque) , mais surtout pas une classe dangereuse historiquement et socialement comme la classe des classes : la classe ouvrière.

Il suffit d'égrener enfin les clichés convenus qui n'exigent plus d'explications, pour fossiliser le diable extra-terrestre Hitler. On évoque les gaz à Verdun, sans préciser que c'est une invention de l'armée française. Il est aussi convenu qu'ils sont d'accord avec l'affirmation d'Hitler « les juifs sont responsables de la défaite en 14 » ; on ne nous rappellera pas que c'était l'interprétation de l'état-major allemand, ni que Hitler savait très bien que c'était le prolétariat allemand qui avait « trahi » sa bourgeoisie ; c'est pourquoi il n'inquiéta jamais les chefs « socialistes » à la retraite, au contraire des collabos français qui s'en prirent au « juif Blum », alors que en France aussi les généraux avaient organisé la débâcle. On a compris après l'accumulation des clichés, science infuse de tous les potaches en politique, que ce salaud de Hitler était venu sur terre « prêt à tuer tous les êtres humains ». Churchill, Truman, Hiro-Hito n'étaient à côté qu'une nurserie bénévole sans nounou voilée.
On a donc compris le résumé de Mein Kampf : une incitation à la haine. Des juifs bien évidemment, espèce de lourdaud ! Mais aussi des français, des russes, des arabes mécréants, des témoins de Jéhovah pratiquants, etc.

Dégoût qui sommeille en moi devant cette propagande qui prend la tangente pour éviter de mettre en évidence la responsabilité du capitalisme dans la montée aux guerres mondiales, mais pas simplement. Cette actualité « littéraire » de peu d'importance en soi (vous n'attraperai ni la rougeole ni le virus du nazisme si toutefois vous lisez cette merde) comparée à l'enrichissement d'Amazone avec tous ceux qui revendront en vitesse cette vieillerie d'autodidacte ampoulé et dégénéré, illisible, surtout avec les commentaires de 150 ânes universitaires de Munich. Un conseil : lisez la notice de wikipédia, presque tout l'essentiel y est, sauf notre analyse marxiste du nazisme et du pion Hitler.

La conclusion de l'émission est aussi navrante que son contenu. La comparaison historique des juifs et des musulmans est bêtifiante. C'est faux les boucs-émissaires ne sont pas interchangeables, non parce que juifs et arabes n'auraient pas leurs « riches » exploiteurs du monde ou leurs terroristes marginaux, mais parce que nous vivons une période complètement différente que celle de la contre-révolution des années 1930 et d'une crise qui ne pouvaient mener qu'à la guerre par impuissance du prolétariat. Aujourd'hui, si les médias comparent facilement djihadisme et nazisme, cela reste incongru. Nous n'avons pas les mêmes dimensions entre le nazisme industriel et un islamisme armé avec un micro Etat régional qui n'est que le paillasson et le bourreau d'intérêts impérialistes rivaux. Le nazisme a trouvé sa force dans une homogénéité contrainte du nationalisme, sans commettre ses cruautés au début de son règne. L'islamisme marche à l'envers, il se veut mondialiste mais reste éclaté à ce niveau et commet ses atrocités maintenant sans avoir conquis une place-forte nationale.
Il n'est qu'une troupe d ' « éclaireurs » en vue de la guerre mondiale. Il peut compter sur l'idéologie interclassiste de l'antiracisme pour compléter la panoplie du futur épouvantable.

Au terme de cette émission de hâbleurs superficiels, le commentaire en voix off ne dit pas le contraire : « les deux idées majeures de Mein Kampf étaient l'ultra-nationalisme et le racisme », « solution simple dans un monde complexe ». Comme celui d'aujourd'hui ?

Le pire était à venir, la pub pour cette merde : « étudier Mein kampf c'est étudier le monde actuel ».

Et étudier le programme communiste de Marx et Engels, c'est étudier la lune ? Et Hitler le plus grand sociologue de tous les temps ?

BORDIGA avait raison en 1945, disant paradoxalement que le fascisme avait finalement triomphé. Puisqu'on trouve la même méthode de raisonnement binaire certes à l'envers, chez nos abrutisseurs publics de télé-radio-web !

Big brother vous a parlé mes chers frères. L'humanité et son ennemie la haine, décrite par cet auteur exceptionnel oncle Adolf au mitan des années 1920, vivotent comme au temps des années folles, entre diable et bon dieu. Pourvu qu'elles ne s'identifient pas un de ces jours à ces deux classes pithécanthropes : le prolétariat et la bourgeoisie !





1En 2013, par suite à une campagne des courageux apparatchiks antifascistes de salon, F de gauche et PCF, une librairie de Berck a été sommée de retirer l'ouvrage de ses rayons. J'ai été bien entendu soutenir ce libraire qui n'était ni facho ni un fourrier du nazisme. On ne peut regretter finalement qu'une chose : ces crétins d'apparatchiks auront servi à faire de la pub pour cette merde, et je suis sûr que plusieurs personnes, émoustillée par un possible contenu dérangeant le système, aient par la suite passé commande et dépensé leurs sous en vain, pour une vraie merde !
2Refuser de lire un auteur du calibre lamentable d'Hitler ne peut pas être un péché, de même que ne pas perdre son temps à lire les grands auteurs bourgeois n'est pas une régression de la pensée ; Bordiga se vantait bien de n'avoir jamais lu une ligne de Benedetto Croce !
3Le plan fourni par wikipédia ne concerne que l'édition (tronquée) française, mais révèle bien dans l'ordre les préoccupations non du seul Hitler, mais de la bourgeoisie allemande revancharde, les ennemis : 1. la France, 2. le bolchevisme, 3 l'ennemi intérieur remplaçant : les juifs. Mein Kampf n'a fait que s'inspirer des recettes des best-seller américains, mélange de petite histoire personnelle et de grande histoire à la façon de Léon Zitrone, pour l'estimation la plus haute. Le sommaire le démontre. Les nègres de Hitler ont dû suer sang et eau pour mettre un semblant d'ordre dans ce fatras, mais le plan reste délirant en lui-même sauf pour une obsession : la guerre.

Tome I : bilan

Préface de l'auteur
  1. La Maison familiale
  2. Années d'études et de souffrance à Vienne
  3. Considérations politiques générales touchant mon séjour à Vienne
  4. Munich
  5. Propagande de guerre
  6. Le commencement de mon activité politique
  7. Les causes de la débâcle
  8. Le peuple et la race
  9. La première phase du développement du parti ouvrier allemand national-socialiste

Tome II : le mouvement national-socialiste

  1. Opinion philosophie et parti
  2. L'État
  3. Sujets de l'État et citoyens
  4. La personnalité et la conception raciste de l'État
  5. Conception philosophique et organisation
  6. Lutte des premiers temps - L'importance de la parole
  7. La lutte contre le front rouge
  8. Le fort est plus fort quand il reste seul
  9. Considérations sur le sens et l'organisation des sections d'assaut
  10. Le fédéralisme n'est qu'un masque
  11. Propagande et organisation
  12. La question corporative
  13. La politique allemande des alliances après la guerre
  14. Orientation vers l'Est ou politique de l'Est
  15. Le droit de légitime défense
Conclusion

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire