"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 20 avril 2018

SNCF BASHING, épisode 6: LA GRANDE ABSENTE LA CLASSE OUVRIERE


et les nullités syndicalo-gauchistes
« Je vois bien que, quand les peuples sont mal conduits, ils conçoivent volontiers le désir de se gouverner eux-mêmes ; mais cette sorte d'amour de l'indépendance, qui ne prend naissance que dans certains maux particuliers et passagers que le despotisme amène, n'est jamais durable : elle passe avec l'accident qui l'avait fait naître ; on semblait aimer la liberté, il se trouve qu'on ne faisait que haïr le maître ».
Tocqueville (L'ancien régime et la révolution, Chap 3, « Comment les français ont voulu des réformes avant de vouloir des libertés »).


La détestation de Macron peut-elle mener à la révolution ? Tocqueville écrit aussi dans un chapitre bourré de rébus et pas toujours clairvoyant: «  l'expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d'ordinaire celui où il commence à se réformer ».Le gouvernement Macron ne se réforme pas – il ne peut pas réformer l'Etat bourgeois en l'espèce – mais il prétend réformer, c'est à dire accélérer le processus d'ubérisation d'un capitalisme mondial hyper endetté. Il prétend mettre fin aux lenteurs et au laxisme des gouvernements précédents. Avec une arrogance certaine,le président Macron prétend foncer, sans se calfeutrer, vers une consécration européenne. Tous les gouvernements précédents avaient fait l'objet d'un état de grâce. Celui-ci fait l'objet d'une particulière disgrâce comme on peut le constater par toutes les agitations qu'il suscite.

MACRON BONAPARTISTE

Difficultés cycliques et récurrentes de la bourgeoisie française ou coup de pied dans la fourmilière ? Prenons les choses à l'envers du décor en gardant en tête que pour bien gouverner tout Etat doit disposer d'une opposition conséquente, faire-valoir ou alternative.
Mettons que Macron se casse les dents. Le pays est gagné par la paralysie, une chienlit pire que celle qui déstabilisa De Gaulle. Quelle alternative ? Macron obligé de dissoudre l'assemblée à sa botte pour de nouvelles élections, chose jamais vue en début de mandat... Quels partis pour séduire un électorat hétéroclite et un prolétariat absent ? Ou plutôt quels programmes de la part de la myriade de micros partis soit pour endiguer le libéralisme « en folie » soit pour préserver un changement dans la continuité ? Voire quel inimaginable nouveau mai 68 porteur de changements sociétaux mais surtout pas de bouleversement révolutionnaire de la société capitaliste ?
Résultat, la détestation de Macron, du fait de sa surexposition, ne mène à rien. On peut même faire la déduction de nombre de journalistes « analystes » ou « chef du service politique », et proches du pouvoir : les divers mécontentements empilés rendent service à Macron ; ils oublient d'ajouter que c'est aussi pourquoi il mise sur la lenteur à solutionner des contestations qui servent à revaloriser la fonction autoritaire de l'Etat. Mais pas seulement. Le problème est qu'il n'y a plus d'opposition crédible, ni aucun « cabinet fantôme » en France avec l'écroulement de la fausse opposition droite/gauche. Il y faudra des années... De la gauche unie on est passé à la gauche plus rien, et surtout à la gauche n'importe quoi. De la droite « qui rassemble » on est tombé dans une droite qui tremble dans ses casemates dispersées.
En France, en réaction à la déshérence des partis, le bonapartisme a toujours été une solution transitoire et nécessaire, avec les quelques grandes lignes suivantes :
. la conception hiérarchique de la société impliquant la constitution d'une élite fondée sur le mérite ;
  • la prééminence de l'exécutif gouvernemental sur les assemblées parlementaires ;
  • le bien-fondé d'une administration centralisée ;
  • la volonté de réconciliation nationale par-delà les partis diviseurs ;
  • la grandeur de la Patrie ;
  • redonner de l'importance au clergé ;
  • construction de logements sociaux, grands boulevards, livrets d'Epargne pour les ouvriers, accent mis sur l'éducation populaire, etc
  • politique sociale audacieuse mais visant à favoriser émulation et arrivisme
Le bonapartisme introduit aussi des réformes sociales novatrices, au nom du « bien de tous » mais en réalité pour dissoudre le prolétariat comme le lui reproche, sous Badinguet, l'AIT. Le bonapartisme réapparaît toujours dans les périodes d'instabilité politique, mais n'explique pas tout ni ne résout toutes les contradictions contrairement à l'analyse qu'en fait Trotsky1 ; il ne signifie pas à tous les coups que c'est le prolétariat qui est menaçant.

UNE CLASSE OUVRIERE ABSENTE DANS TOUTES CES AGITATIONS PROFESSIONNELLES ET CATEGORIELLES

Désolé pour les adeptes d'un prolétariat invariable ou toujours sur les charbons ardents, mais il faut bien le noter, pas seulement face aux faibles mobilisations dans la rue, mais la classe ouvrière ne suit pas les bobos en ébullition. Le Nouvel Obs voudrait bien dissoudre cette notion de bobos, mais la réalité est là : au mètre carré de manifestants ce sont surtout les bobos syndicaux qui agitent les fanions de leur chapelle syndicale ; d'ordinaire plus il y a de drapeaux syndicaux concentrés moins il y a de prolétaires réellement en lutte. La minorité « bloqueuse » de bobos étudiants du NPA n'abuse pas la majorité des braves étudiants inquiets pour leurs examens qui risquent pourtant de ne plus leur assurer un statut de cadres ni même de cadres du prolétariat. Les glands de la croizade marginale en Bretagne servent de repoussoirs à toute lutte sérieuse de classe.
L'absence d'un engouement ou d'une pression tangible de la masse de la classe ouvrière n'est pas simplement liée à sa méfiance vis à vis des agitations dispersées et creuses, mais plus fondamentalement un questionnement sur les revendications des uns et des autres. A Air France ils ne se battent pas contre un salaire de misère. A la SNCF, où beaucoup n'y croient plus et sont conscients qu'on les a parqués dans une grève archi bidonnante, la notion de « bastion ouvrier », vieille resucée stalinienne, appliquée naguère aux grosses usines automobiles, a du plomb dans l'aile. Le mensonge des oppositionnels (site en construction) de la gauche dite radicale et de ses suivistes trotskiens repose toujours dur l'OUBLI, l'oubli des trahisons successives et récurrentes des syndicats2, l'oubli que les nationalisations c'est fini et que cela n'a jamais été un acquis ouvrier n'en déplaise aux falsificateurs trotskistes de toute secte3.
A la défense des nationalisations on a substitué la « défense du service public ». Douce plaisanterie ! Comme si on pouvait placer sur le même plan une gestion très capitaliste et très hiérarchisée des entreprises publiques et les coopératives ouvrières de naguère !
OUBLI aussi de la farce de 1995 du « tous ensemble » creux et mensonger ! Les gauchistes et leurs complices syndicalistes nous resservent cette année comme un mythe victorieux, alors que l'éviction de Juppé n'a rien changé au long terme et que, il faut le dire, la concession temporaire aux cheminots, a permis par la suite de Fillon à Macron, de faire passer toutes les réformes de retraite (qui ne sont jamais terminées...). Le bastion ouvrier, avec ses avantages (et inconvénients) peut bien devenir un bastion de la réaction, mais il ne concerne pas les intérêts de toute la classe ouvrière4 ni ne représente une option de gestion alternative au capitalisme.
Par contre, la bourgeoisie et Macron se sont moqués de la prétention à la « généralisation » affichée avec d'autres mots par les grands comédiens à la tête des centrales syndicales. Pas de « coagulation » en cours a pu remarquer, narquois, Macron. Evident mon cher Watson avec cette compil hétéroclite des mécontents, des abusés et des cocus ! « Convergence » a dit le moustachu de la CGT avec lunettes de soleil pour manifs maigriches le 19 avril, mais parce qu'il fallait bien qu'un syndicat joue au rassembleur de tous les mécontents quand les autres se pinçaient le nez (oubli quand tu nous tiens ! Ils ont fait exactement la même chose en 95 et à chaque épisode des défilés corbillards pour les retraites!). Convergence est d'ailleurs aussi creux que généralisation, et grève générale des brêles gauchistes. Généralisation de quoi ? Encadrés dans une grève cloisonnée non créée par les ouvriers eux-mêmes ni contrôlée par eux... généralisation de l'enfermement corporatif oui ! Et qu'est-ce qu'une généralisation qui ne mélange pas, qui ne permet pas de véritables AG inter-entreprises ?
Plus grave toute cette agitation est creuse et ne concerne en rien l'émancipation de la classe ouvrière. Elle n'est comparable en rien au surprenant et inclassable mai 68 où on n'entendit pas ces fadaises - « il faut faire reculer le gouvernement », « défense de notre statut », « augmentez les salaires » - où dominait un sentiment confus, peut-être romantique, mais prégnant qu'on pouvait changer la société pas en passant son temps à canarder les CRS, ni à bêler les slogans syndicaux, ni à planter des salades et fumer un joint à notre dame des glands !
ON OUBLIE finalement que c'est grâce à toutes ces inutiles balades syndicales que la plupart des « réformes » sont passées sous Sarkozy et prédécesseurs. Les bonzes professionnels savent si bien organiser confusion, dispersion et division.

LE SUIVISME DES RADIS GAUCHISTES derrière la « grève loto »
Septième, puis huitième journée de grève des cheminots, quatrième épisode du mouvement syndicrate commencé en avril (6e selon moi), lequel ne perturbe en rien l'Etat, reste cloisonné derrière les grilles SNCF et les cartels syndicaux. Les usagers peuvent crever et s'ils protestent c'est parce qu'ils sont complices de Macron. Cheminots syndiqués, fonctionnaires encartés, retraités du syndicalisme ou encore salariés CGT de l'énergie (EDF ubérisé) ont eu beau converger hier dans « une première tentative de construction d'un front commun » (sans blague) contre Emmanuel Macron, ils n'ont abusé personne sur la mascarade en cours et leur 133 mobilisations chétives dans toute la France avec l'invitation des gentils étudiants.
Penchons-nous sur le raisonnement torve du NPA, dans les « numéros » de l'Anti-capitaliste, cette antre à bobos se rend bien compte que la classe ouvrière ne suit pas mais lui propose toujours de se coller aux basques des grands syndicats traîtres et d'adhérer à ses gadgets politiques bourgeois :
« Pourtant le gouvernement, tout comme les patrons et directions d’entreprises, campent fermement sur leurs positions. Au grand dam des directions syndicales, ils n’offrent que des simulacres de « négociation ». Jamais il n’a été aussi clair que pour faire aboutir les revendications des mouvements en cours (rejet des contre-réformes, salaires, retraites, conditions de travail, statut, service public, accès à l’université…), la lutte secteur par secteur, entreprise par entreprise ne peut suffire. Les revendications sont diverses mais l’ennemi est commun. Divisés, éparpillés chacun dans son coin, aucun de nous ne sera en mesure de gagner. Unis dans un grand « Tous ensemble », nous pouvons mettre un coup d’arrêt à l’offensive macronienne et commencer à imposer nos exigences.
On le sait, ce ne sera ni simple ni facile. Plusieurs obstacles, qu’il est nécessaire d’identifier, se dressent sur la voie de la généralisation et de l’unification.
En premier lieu, même si le néolibéralisme que le gouvernement porte en étendard ne parvient pas à imposer son hégémonie idéologique dans la majorité de la population, les défaites et reculs du passé pèsent. Les divisions sont ainsi évidentes au sein de la classe des salariés, entre ceux et celles qui conservent encore certains acquis et les autres, déjà précarisés et corvéables à merci, ceux et celles qui sont attaqués et d’autres qui espèrent passer entre les gouttes. L’affaiblissement des traditions collectives de lutte et d’organisation, au profit de la recherche de solutions individuelles, est une réalité. Cette situation est illustrée par les sondages qui montrent, à la fois, le rejet croissant du macronisme au sein des classes populaires et la difficulté à réunir un soutien majoritaire à la grève des cheminots ».
Poursuivons la lecture du queuisme idéologique des militaires NPA, et sa façon d'exhiber à la classe ouvrière l'exemple suprême de radicalité anti-capitaliste anarchiste surprême de NDL... un secteur (?) en pointe de la lutte :
« Le gouvernement et le patronat, puissamment aidés de leur appareil médiatique, en jouent à fond pour tenter d’isoler et discréditer les secteurs en pointe de la lutte. A cela se combine une politique de répression que l’on a rarement vu se développer à un tel niveau – de l’offensive quasi militaire contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jusqu’aux expulsions violentes d’universités occupées, en passant par les persécutions de syndicalistes comme celle dont notre camarade Gaël Quirante est victime, sans parler du traitement toujours plus inhumain réservé aux réfugiés.La politique de la majorité des directions syndicales, qui ne se résignent pas à abandonner leurs illusions dans le « dialogue social » et à engager l’indispensable épreuve de force, continue de tirer en arrière. C’est le cas avec la forme de grève « perlée » imposée à la SNCF pour suivre le calendrier des prétendues négociations avec le pouvoir. Et que penser des organisations de la fonction publique qui, après la grève assez réussie du 22 mars, repoussent l’appel à une nouvelle journée au… 22 mai ? ».
Les vieux barbons syndicaux et la machinerie étatique syndicale et leurs « illusions » ! On se pâme devant tant de servilité du soldat trotskiste ! Poursuivons pour mesurer le degré de queuisme même en dénonçant au passage la supercherie mélenchonienne, et l'illusion entretenue d'un réveil de ce pauvre 1er mai voué aux minables processions du personnel syndicrate :
« Les choix des partis politiques qui se situent dans le camp du mouvement ont également des répercussions. Comment à ce sujet ne pas être dubitatif devant l’appel de la France insoumise à une manifestation nationale le 5 mai, lancé sans concertation avec personne et sans lien avec le développement réel de la mobilisation sociale ? Alors qu’à l’évidence le 1er Mai prendra cette année une signification toute particulière ? D’autant que cet appel se double de l’intention de créer « partout en France » des « comités du 5 mai », au moment même où des collectifs unitaires de défense du service public commencent à se former dans une série de villes et quartiers. Ces dernières initiatives, qui reprennent une expérience positive du mouvement de 2003, peuvent en revanche s’avérer très utiles : avec toutes les organisations qui le souhaitent, que l’on appartienne ou non à un parti, un syndicat, une association, se regrouper pour soutenir concrètement les grèves et mobilisations en cours, les populariser, contrer la propagande gouvernementale – et pourquoi pas, décider de manifestations ».
Le préposé NPA, Jean-Philippe Divès n'a aucune honte à promettre la lune sous les oripeaux catégoriels et syndicaux, à imaginer une invisible extension, une généralisation creuse et une auto-organisation... de la syndicratie, avec pour flambeau les blocages d'une minorité d'activistes NPA déguisés en étudiants: « Mais l’essentiel se joue bien sûr dans et à partir des mouvements déjà engagés : l’extension et la généralisation, l’auto-organisation, l’unification – comme on en voit les premières expressions dans les facs occupées et les assemblées générales de cheminots – sont les tâches de l’heure. Macron et ses ministres répètent sur tous les tons qu’ils « ne croient pas à la convergence des luttes ». Tout l’enjeu est maintenant de leur donner tort ».
L'enjeu reste d'épuiser les grévistes obstinés, à tort ou à raison, et à ce titre les entraîneurs trotskiens sont forts. Un deuxième pigiste « accompagne les illusions syndicales » :
« L’affluence tombe généralement de moitié, du premier jour au deuxième, les responsables de la CGT étant les premiers à ne pas encourager aux AG du deuxième jour... à quoi bon, puisque le calendrier est fixé ? ».
Le calendrier trotskiste est lui aussi fixé par la trilogie exemplaire mouvement étudiant/NDDL/cheminots encadrés, mais tout ce potentiel colérique égrené par Stella Monot a fait plouf :
« Le mouvement étudiant continue à monter dans les facs. L’émotion grandit face aux brutalités policières, dont celles commises à NDDL. La manifestation de Marseille du 14 avril est apparue comme un succès. On peut donc s’attendre à ce que rien ne retombe chez les cheminotEs pour la prochaine séquence les 18 et 19 avril. Sans compter que le 19 avril est le prochain grand rendez-vous des colères, en grève et dans la rue ».
Macron provoque « mais il tremble », surtout face au top de la lutte anti-capitaliste :
« La répression et la violence touchent aussi les zadistes de Notre-Dame-des-Landes qui, après avoir gagné l’annulation d’un aéroport inutile et nuisible pour l’environnement, souhaitent rester sur place pour continuer à travailler la terre et à expérimenter un mode de vie alternatif à celui du capitalisme. Inacceptable pour le gouvernement. Mais quoi qu’il en dise, il ne parvient pas à mettre fin à cette occupation déterminée ».
L'expérimentation d'un mode de vie alternatif au capitalisme a pourtant déjà tournée court et descillé quelques-uns de ses plus naïfs admirateurs ploum-ploum5. La ridicule expérimentation anarchiste de marginaux désoeuvrés permet d'éviter de parler de réelle perspective révolutionnaire voire d'un programme de renversement de la bourgeoisie6. Après avoir rameuter depuis le début aux ordres des appareils syndicaux gouvernementaux, les gauchistes se hasardent à se découvrir critiques :
« La stratégie de « la grève loto » est ainsi remise en cause par celles et ceux qui sont déterminés à aller vers un mouvement d’ensemble. Il est désormais important de regrouper localement, régionalement, voire nationalement les grévistes qui défendent cette orientation avec des AG inter-gares, des coordinations de salariéEs des secteurs en grève, bref, de faire des pas concrets vers la convergence des luttes ».
Mieux, ils/elles surenchérissent alors que l'empilement des protestations se tasse et n'est plus qu'une « coïncidence » (Mélenchon) :
« Étendre les grèves et les faire converger ! Cette conscience qu’il faut aller vers le « touTEs ensemble » pour infliger une défaite au gouvernement et faire ravaler un tant soit peu leur morgue aux riches et aux patrons commence à se frayer un chemin dans les têtes. Il faut désormais bousculer le calendrier défini par les directions syndicales. C’est le moment d’y aller ! ».
C'est le moment d'y aller, mais où ? Les éditorialistes de l'Anti-capitaliste se succèdent à la vitesse du débit oratoire creux de Poutou mais alternant tout feu toute flamme et état dépressif :
«... il faut faire quelques constats politiques. Le premier est que, si la colère est très forte, il n’y a pas de secteur suffisamment puissant pour obtenir une victoire seul. Cela tient à la difficulté, dans un contexte de recul du mouvement ouvrier, à construire des mobilisations majoritaires, en raison, notamment, de la politique des directions syndicales, et à de la détermination du gouvernement ».
On a un résumé en creux du suivisme trotskiste et leur impuissance à encadrer « une classe ouvrière éclatée » (j'aime bien le lapsus politicien et militaire « nous avons besoin ») pour leur « camp social » malgré des quêtes racoleuses et leur fabrique de comitards prêts à relayer une « grève loto » de plus en plus nullissime :
«  C’est pour cela qu’en gardant en tête ce sur quoi insiste souvent LO avec raison, qu’il n’y a pas de convergence des luttes sans luttes, le NPA a initié les réunions unitaires des organisations politiques. Nous avons besoin d’un mouvement profond et interprofessionnel d’une classe ouvrière éclatée, fracturée, en recherche de stratégie, de projet de société. C’est pour cela que nous bataillons pour la constitution de collectifs unitaires de soutien à la grève des cheminotEs et aux services publics : il s’agit d’appuyer la mobilisation de notre camp social partout, au-delà des lieux de travail, pour construire des convergences, enrichir les débats ».
Où le NPA rend service au FN et à « l'opinion » en soutenant la pagaille des « zones de non-droit »
La « colère » des militaires du NPA se trouve des compensations face à l'ingratitude des « masses », cette branche krivinesque du trotskisme décati a toujours fait l'apologie de tout ce qui bouge, même les plus réactionnaires manifestations de la décomposition de la petite bourgeoisie, du violeur Ramadan au voyou de NDDL. La théorie du NPA c'est l'apologie de la populace et du grabuge : la révolution commence dans les « zones » qui échappent à l'Etat : glands de NDDL et glands du Mirail même combat !
Je vais citer enfin l'intégralité du communiqué de soutien toulousain aux « jeunes » émeutiers musulmaniaques des banlieues « défavorisées », ainsi vous verrez ce que signifie l'engagement trotskiste caméléon, un satisfecit complet à l'expansion de la religion musulmane, avec notions inventées de racisme d'Etat et un comique soutien aux très bourgeoises et très hypocrites « institutions internationales ». Que ce genre de communiqué fasse comprendre à ceux qui me lisent en étant dubitatifs sur la nature bourgeoise de cette clique, qu'ils font partie des pires ennemis de la classe ouvrière, et que, si un jour ils étaient au pouvoir ils interdiraient les grèves des cheminots tout comme ils enverraient la troupe dans les quartiers ! C'est avec le même raisonnement que leurs pères en trotskisme ont envoyé à l'abattoir des « libérations nationales » des millions d'ex-colonisés, qu'ils n'ont jamais remis en cause la nature capitaliste du stalinisme ; ils sont par conséquent des impotents coulés dans l'idéologie anarchiste sans principe et étrangers à la théorie marxiste toujours vivante.
« Depuis plus de 48h, des jeunes du quartier du Mirail à Toulouse s’affrontent à la Police. Les raisons de la révolte avancées dans la presse seraient liées à l’interpellation d’une femme voilée et à la mort d’un détenu de la prison de Seysses.
Au-delà des faits, la révolte des jeunes du Mirail exprime le ras-le-bol face à la répression quotidienne contre les habitants du quartier : contrôles au faciès, racisme d’Etat, islamophobie institutionnelle, violences en prison sur les détenus.
Les lois islamophobes donnent une légitimité à la Police pour harceler les musulmanes jugées trop voilées dans la rue. Parce qu’elles oppriment et stigmatisent une partie de la population, ces lois doivent être retirées.
Les conditions de détention en prison et les violences qui y sont associées sont intolérables et la France a été plusieurs fois épinglée sur cette question par des institutions internationales. La jeunesse des quartiers, qui vit sous pression policière et judiciaire permanente, le sait bien et ne supporte plus cette situation dans et hors de la prison.
Le NPA 31 exprime sa solidarité envers les jeunes et les habitantEs du Mirail qui subissent ces violences. Nous exigeons que les forces de répression se retirent immédiatement du quartier du Mirail et rentrent à la caserne.
Toulouse, le 18 avril 2018. 

NOTES


1La bourgeoisie a à nouveau eu recours au bonapartisme en 1851, en raison de l'instabilité de la Deuxième république. C'est ce que Marx décrit dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, à propos du Second Empire de Napoléon III. Marx et Engels ont également qualifié de bonapartisme le régime de Bismarck. Dans La guerre civile en France (1871), Marx généralise le bonapartisme :
En réalité, c'était la seule forme de gouvernement possible, à une époque où la bourgeoisie avait déjà perdu, -  et la classe ouvrière n'avait pas encore acquis,  - la capacité de gouverner la nation.[1]
Le 12 avril 1890, Engels écrivait à Sorge: « Tout gouvernement actuel devient, nolens-volens, bonapartiste ». Trotsky et sa définition passe-partout du bonapartisme :
« Par bonapartisme, nous entendons un régime où la classe économiquement dominante, apte aux méthodes démocratiques de gouvernement, se trouve contrainte, afin de sauvegarder ce qu’elle possède, de tolérer au-dessus d’elle le commandement incontrôlé d’un appareil militaire et policier, d’un "sauveur" couronné. Une semblable situation se crée dans les périodes où les contradictions de classes sont devenues particulièrement aiguës : le bonapartisme a pour but d’empêcher l’explosion. »

2Que vous pouvez vous remémorer dans mon livre : « L'aristocratie syndicale », ed du pavé 2010.
3Lénine n'a jamais défendu les nationalisations. Elles servent à la bourgeoisie pour reconstruire le pays après guerre et en même temps à diviser la classe ouvrière entre privé et public (cf. mon livre sur le syndicalisme pourri p.223 et suivantes). La SNCF ou ce qu'il en reste est/était une boite extrêmement hiérarchisée et d'un culot monstre vis à vis de ses employés. Une boîte juste défendable par les bobos trotskiens ! Tout le monde a oublié que les grèves du mitan des années 1980 ont été non seulement réellement prolétariennes mais motivées par l'ignominie de la hiérarchie « nationalisée » ; par exemple à la suite de la série d'accidents atroces de 1985, la hiérarchie ne trouve pas mieux que de lancer un questionnaire humiliant sur la compétence des agents (cf. p.195 de mon livre, paragraphe : « des accidents sociaux à répétition à la SNCF »).
4Même avec l'argutie du syndicaliste moyen : « après les cheminots ce sera toi ! », or le toi est déjà passé à la casserole !
5Dénomination fort péjorative au cours des années 1960 et 1970 des anarchistes qui défiaient la police en fin de manif ou s'exerçaient à la casse gratuite de vitrines.
6Comme par exemple celui-ci : QUE VEUT LA LIGUE SPARTACUS ?

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