"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 3 juillet 2010

L’EUROPE SERA-T-ELLE LA SUISSE DE LA 3ème GUERRE MONDIALE ?


Entre 1939 et 1945, deux pays européens sont passés à travers la boucherie planétaire : l’Espagne et la Suisse. L’Espagne avait amplement versé sa contribution de sang grâce à Franco et ne pouvait plus prolonger l’hémorragie. Son prolétariat avait été écrasé pour que triomphe l’idéologie de la guerre des démocraties contre les fascismes. Néanmoins, comme la Suisse, elle servit tout le long de lieu de passage des transactions financières. Les pays en guerre mondiale ont toujours eu besoin de no man ‘s land pour soit commercer entre eux, soit continuer à agioter au profit des grandes familles bourgeoises (les hiérarques nazis firent de bons placements qui ont profité à leur famille post 1945 sans qu’elles soient inquiétées).
Il y avait longtemps qu’on n’avait point évoqué la logique de guerre capitaliste dans les médias français – tout le monde restant le nez sur la crise sans évoquer la seule solution bourgeoisie possible à terme : la guerre – et voici que ce samedi 3 juin l’éditorial du Monde sonne l’alarme.
« Aux armes, citoyens européens ! » clame l’articulet : « Dans un monde qui s'arme, l'Europe désarme. Sous le choc de la crise et la nécessité d'assainir leurs finances publiques, les pays européens taillent dans les budgets de la défense - massivement. C'est dangereux ». Avec toute la roublardise du journaliste bourgeois, le pigiste anonyme stigmatise ce refus de « devenir une puissance qui compte dans le monde de demain », « un tropisme vers la neutralité, qui ferait d’une Europe vieillissante une sorte de Suisse à l’abri des tumultes du XXIe siècle – ce qui relève dAvec toute la roublardise du journaliste bourgeois, le pigiste anonyme stigmatise ce refus de « devenir une puissance qui compte dans le monde de demain », « un tropisme vers la neutralité, qui ferait d’une Europe vieillissante une sorte de Suisse à l’abri des tumultes du XXIe siècle – ce qui relève d’une conception angélique de l’histoire ». Les Européens se satisfont du « bouclier américain », or le scribouillard de service prévient – et au moins il est le premier à ne pas cacher les enjeux des « guerres lointaines » - « La défense, pour un continent comme l'Europe, c'est la capacité à justifier ses ambitions stratégiques (en a-t-elle encore ?) ; c'est l'aptitude à projeter sa puissance sur des théâtres éloignés où se joue une partie de son avenir économique ; c'est la possibilité d'intervenir pour s'interposer sur un autre continent, empêcher tentatives génocidaires et crimes contre l'humanité. Bref, tenir son rang parmi les puissances de l'époque ». Sous le bla-bla humanitaire et anti-génocide (ils ont bien laissé faire hier tous au Kirghizistan) vous avez bien lu « où se joue une partie de son avenir économique » !
Les chiffres de ce lamentable « abandon » des dépenses militaires ne trompent pas : « La majorité des pays européens consacre moins de 1,5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense. Tous, sans exception, taillent dans les crédits militaires des lois de finances des deux années à venir. C'est vrai pour les petits pays européens. Mais c'est aussi le cas pour les quatre ou cinq grandes puissances militaires du Vieux Continent que sont l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et, à un moindre degré, l'Espagne, l'Italie et la Pologne. Les Allemands et les Britanniques paraissent les plus radicaux dans les coupes demandées à leurs armées ; les Français semblent plus prudents, qui limitent la "casse" ou s'efforcent, comme ils disent élégamment, de "stabiliser" leurs dépenses militaires ».
Les Français (Sarkoziens ?) « limitent la casse » ? Oui car il y a chaque semaine un militaire français tué (certes un professionnel plutôt gradé) et bon pigiste ne saurait mentir complètement, l’Etat sarkozien donne un sérieux coup de pouce au maître dominant US. Evidemment tout ceci paraît ridicule comparé au plus de 4% des USA, au 5% de Poutine, au 6 à 7 % des Chinois. Alors notre pigiste va-t-en guerre de prier les Européens de « mutualiser leur effort militaire ».
Ce sergent recruteur pour des dépenses militaires accrues oublie volontairement (ou c’est un imbécile) de nous expliquer le pourquoi. Les dépenses militaires grèvent les budgets étatiques et sont improductives. Si les Etats rognent sur ces dépenses en Europe, ce n’est pas par laxisme, mais parce qu’en face les prolétariats européens sont déjà tellement pressurés (sans compter qu’ils se fichent de mourir pour les drapeaux nationaux ou même celui de l’Europe) qu’on ne va pas les pousser à l’insurrection pour quelques tanks de plus.
L’idée de l’Europe comme Suisse de la future 3e guerre mondiale me plaît bien. Imaginons une guerre entre les USA et la Chine + la Russie. Certes on verrait passer de drôles de drones au-dessus de nos têtes, de curieux réfugiés avec des brûlures inconnues. Nos banques européennes se rempliraient de milliards de dollars des généraux des camps adverses et des fortunes de guerre, tout comme leurs coffres s’empliraient des œuvres d’art mandchoue piquées en zone asiatique ou des trésors d’Hollywood détournés par sous-marins.
Pure rêverie, nous le savons bien, l’Europe est une vieille pute bourrée de bijoux qui restera encore au centre du cambriolage impérialiste planétaire si notre grand Robin des bois, le prolétariat universel, croit pouvoir tirer les marrons du festin génocidaire.

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