"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 10 novembre 2013

ECOTAXE : LA FIN DE L’ETAT NOUNOU ET LA DEFENSE PERVERSE DE LA NATION



Le poujadisme breton menacerait l’Etat français de fragmentation. Le risque de sécession de la Savoie, de l’Alsace, de la Corse et des territoires d’Outre mer ne se profilerait-il pas non plus derrière une vulgaire jacquerie de bobos en bonnets rouges à la faveur de la contestation d’une taxe supplémentaire pour les gros culs qui abîment nos autoroutes ? Comme en tant d’autres pays européens ? Ou plutôt le prétexte écologique de tous les gouvernements successifs d’austérité « librement consentie » ne serait-il pas en train de s’effondrer face à la crise des « transferts publics à la solidarité nationale » ?
Dans un ouvrage publié il y a un an – La crise qui vient la nouvelle fracture territoriale -Laurent Davezies soulignait que la crise des finances publiques remettait en cause les « mécanismes redistributifs » qui avaient contribué pendant trente ans à réduire les inégalités de revenus entre les territoires de la nation. La France, comme les autres pays, connait rétroactivement en effet les conséquences du développement inégal de la machinerie capitaliste, si bien connue au niveau mondial par les marxistes chevronnés, mais non plus par l’empirisme et le hasard ses implantations industrielles mais du fait du déclin industriel des zones fragilisées par la compétition mondiale. Ainsi existent désormais des territoires « non marchands » en difficulté dans le nord-est du pays, qui dépendent essentiellement des « transferts sociaux ». Un Ouest qui vit de la combinaison du tourisme, des retraites et de salaires publics. Face à une dizaine de métropoles région parisienne en tête qui concentrent les emplois productifs.
Régentant l’Etat en faillite légué par la droite bourgeoise, mère de la fameuse écotaxe (approuvée par la gauche bourgeoise en opposition à l’époque), l’actuelle gauche au pouvoir n’a pour solution que d’augmenter les taxes de toute sorte. La protestation cacophonique des patrons artisans apparaît naturellement comme une resucée du poujadisme, mais à mettre sur le même plan que l’action concomitante tous ces syndicalistes radicaux qui brament auprès de Monsieur redressement productif dit Monsieur Produisons français, le sieur Arnaud Montebourg, afin qu’il sauve telle ou telle entreprise en faillite. Ce qui est donc plus frappant pour tout esprit réfléchi, c’est bien cet espèce d’assentiment à l’Etat, d’appel à un Etat nounou de la part de la petite bourgeoisie marchande comme de la part des syndicalistes, comme s’en moque si bien Claude Bitot dans son ouvrage « Repenser la révolution ». Le niveau de conscience des masses est assez affligeant et il n’est pas simplement le reflet de l’idéologie dominante : « … les masses en « république démocratique » délèguent volontiers leur pouvoir à des « représentants », votent et continuent de voter sachant très bien qu’ils ne tiendront pas leurs promesses (celles-ci n’engageant que ceux qui les écoutent ») mais aussi qui vont les débarrasser de ce qu’elles estiment être une charge trop lourde et encombrante à porter pour elles »[1]. La grogne anti-fiscalité est typique de la petite bourgeoisie casanière et provinciale. N’est-ce pas l’Etat bourgeois, méchamment anti-prolétarien, qui vous assure éducation, santé, sécurité sociale, allocations chômage, services publics, retraites. Pour violentes et contestataires qu’elles soient les diverses jacqueries et même grèves réclament au « père étatique » protection alors que ledit père est criblé de dettes, ne peut plus jouer à « l’Etat providence », qui pousse le bouchon jusqu’au ridicule de « pénaliser les clients des prostituées », qui prétend assimiler sans compter les immigrés du monde entier et même trouver un logement et un job à tous les pauvres roms… bref un « Etat-nounou » (qui) infantilise ses sujets »[2]. Mais la grogne des bonnets rouges ne menace pas d'éclatement ou de coagulation la nation, elle rend service au contraire aux tenants actuels de l'Etat pour faire passer au second plan les "plans sociaux" (en Bretagne en particulier) et arrimer les victimes prolétaires au char hétéroclite des réacs paysans et petits patrons bornés et violents. Preuve par contre de la vacuité protestataire de cette clientèle ulcérée, le soutien apporté par les deux fofolles de l'hexagone: Royal et Le Pen.

COMMENT ROMPRE LE CORDON OMBILICAL DE LA BOURGEOISIE « NOUNOU »?

En réalité les Etats bourgeois sont tous à peu près dans la même situation que l’Etat national français : aucune vision à long terme clientélismes dans tous les sens, impéritie financière. Ils sont tous plus ou moins en faillite, maquillent leurs comptes et "empruntent" pour repousser le dépôt de bilan; le gouvernement français actuel est un cas d'école: emprunter 4,5 milliards pour combler le trou géant de la banque véreuse Crédit Lyonnais, fallait le faire, il l'a fait! Tous les Etats bourgeois sont rament désormais sur une logique de comptabilité de caisse, un marketing politique insensé, multipliant les expédients : on pompe dans une caisse de retraite pour en renflouer une autre, quand la plupart fonctionnent avec des prêts bancaires dangereux à moyen terme, on engrange des revenus immédiats pour diminuer les déficits de l’année concernée, l’idéologie écologique sert à inventer tous les jours des impôts nouveaux au prétexte de « sauver la planète ». Cela rend malheureux les bobos des PME et de l'artisanat, mais c'est ainsi, et cette engeance ne se rapproche pas pour autant du prolétariat.
La moquerie quoditienne et la persécution par des sondages de popularité incessant à la baisse du président Hollande sert à cacher cette vérité que l’Etat national est devenu un grand corps malade impuissant à résoudre la crise capitaliste qui frappe toutes les nations, surtout la classe ouvrière et des couches dites moyennes qui elles voudraient bien conserver des privilèges étroits et locaux. Plus grave que la crise de l’immigration, qui servait jusque là d’exutoire confusionniste aux querelles des fractions bourgeoises la crise poujadiste contre les taxes du père indigne, révèle l’enfoncement de l’Etat national dans une crise où il mécontente la principale masse de l'électorat petit bourgeois. D’aucuns assurent que c’est la faute à Bruxelles qui accaparerait toutes les décisions gestionnaires au dépens des besoins et ressources de l’Etat national. D’autres, les fervents partisans d’un pouvoir plus grand aux édiles régionaux, militent au fond dans le sens de l’idéologie fédéraliste européenne, tout en criant comme les patrons bretons féodaux que l’Europe brade la France…[3]
L’ampleur de la crise étatique, masquée par la focalisation sur un président qui serait « mou », laissant l’indécision aux obscurs technocrates, méritent d’être comparée avec la situation économique et sociale en 1914. Sans attendre 2014, les plumitifs de la bourgeoisie commémorent et communient au souvenir de la triste « der des der »[4]. Leur commisération s’épanche dans le même mensonge planétaire : cette guerre aurait été due à l’horrible prurit des « nationalismes », pas à l’impérialisme capitaliste ni à la limitation des marchés ni à la crise du taux de profit. Paradoxal mon cher Watson, tous enterrent l’idée nationale au nom de vagues principes mondialistes (qui cachent une formidable volonté de constituer les futurs blocs militaires) quand chaque Etat national prétend encore défendre « son bifteck » et ses « ressortissants » plus souvent pris en otage par les « destructions d’emplois » que par les caravaniers terroristes.
Dans un article précédent j’ai rappelé que le Manifeste communiste de 1848 notait que « la classe ouvrière doit d’abord s’organiser dans le cadre de la nation », pas comme classe d’immigrés mais comme classe incluant les ouvriers nationaux et les immigrés. Lénine s’était déjà penché sur la question et on va voir que sa réflexion peut nous être encore utile. Excusez la longueur de la citation, mais il le faut pour la décortiquer et l’actualiser.
« La question de la patrie, répondrons‑nous aux opportunistes, ne peut pas être posée en ignorant le caractère historique concret de la guerre actuelle. C'est une guerre impérialiste, c'est‑à‑dire une guerre de l'époque du capitalisme le plus développé, de l'époque de la fin du capitalisme. La classe ouvrière doit d'abord « s'organiser dans le cadre de la nation », dit le « Manifeste communiste », qui indique à quelles conditions et dans quelles limites nous reconnaissons la nationalité et la patrie, comme des formes nécessaires de la société bourgeoise et aussi, par conséquent, de la patrie bourgeoise. Les opportunistes dénaturent cette vérité en prenant ce qui est juste à l'époque de la naissance du capitalisme, et en le rapportant à celle de la fin de ce régime. Or, à propos de cette époque, des tâches du prolétariat dans la lutte pour l'abolition, non pas de la féodalité, mais du capitalisme, le Manifeste communiste déclare nettement et sans ambiguïté : « Les ouvriers n'ont pas de patrie. » On comprend pourquoi les opportunistes craignent de reconnaître cette vérité du socialisme, et même le plus souvent de l'affronter au grand jour. Le mouvement socialiste ne peut pas vaincre dans l'ancien cadre de la patrie. Il crée des formes nouvelles, supérieures, de la société humaine, où les besoins légitimes et les aspirations progressistes des masses laborieuses de toutes les nationalités seront, pour la première fois, satisfaits dans l'unité internationale, les frontières nationales actuelles étant abolies. Aux efforts de la bourgeoisie contemporaine qui cherche à diviser et à désunir les ouvriers en alléguant hypocritement la « défense de la patrie », les ouvriers conscients répondront par des efforts renouvelés un vue d'unir les travailleurs des différentes nations dans la lutte pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie de toutes les nations.
La bourgeoisie trompe les masses en dissimulant le brigandage impérialiste sous la vieille idéologie de la « guerre nationale ». Le prolétariat dénonce cette duperie en proclamant le mot d'ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. C'est précisément ce mot d'ordre qui est indiqué par les résolutions de Stuttgart et de Bâle, qui prévoyaient non pas la guerre en général, mais bien la guerre actuelle, et parlaient non pas de « défendre la patrie », mais de « précipiter la chute de la domination capitaliste », d'utiliser à cette fin la crise suscitée par la guerre, de suivre l'exemple de la Commune. La Commune a été la transformation d'une guerre de peuples en guerre civile.
Une transformation de ce genre n'est évidemment pas facile et ne peut pas s'accomplir « au gré » de tels ou tels partis. Mais elle s'inscrit dans les conditions objectives du capitalisme en général, et de l'époque de la fin du capitalisme en particulier. C'est dans cette direction exclusivement que doit s'orienter l'activité des socialistes. Ne pas voter les crédits militaires, né pas encourager le chauvinisme de « son propre » pays (et des pays qui lui sont alliés), combattre au premier chef le chauvinisme de « sa propre » bourgeoisie, sans se borner aux formes légales de lutte lorsque survient une crise et que la bourgeoisie abroge elle-même lit légalité qu'elle a créée, voilà la ligne d'action qui conduit à la guerre civile et qui y amènera, à un moment donné de la conflagration européenne »[5].

DEMASQUER LA BOURGEOISIE NATIONALE

Remplacez le terme guerre par crise économique et la validité de la réflexion de Lénine vous sautera aux yeux. Le Manifeste communiste ajoute à cette organisation des ouvriers « dans le cadre de la nation », « les ouvriers n’ont pas de patrie » comme le souligne en plus Lénine. Et il précise : « Le mouvement socialiste ne peut pas vaincre dans l’ancien cadre de la patrie. Il créée des formes nouvelles supérieures, de la société humaine, où les besoins légitimes et les aspirations progressistes des masses laborieuses de toutes les nationalités seront, pour la première fois satisfaits dans l’unité internationale, les frontières nationales actuelles étant abolies ». De nos jours  les frontières nationales sont encore plus renforcées idéologiquement, plus subtilement que par les vieilles barrières douanières. Quoique Hollande et son clan exaltent le « patriotisme » contre le « nationalisme ». Mais c’est le même mensonge bourgeois « qui cherche à diviser et à désunir les ouvriers en alléguant hypocritement la « défense de la patrie ». Parodions Lénine plus loin : La bourgeoisie trompe les masses en dissimulant son impéritie (le brigandage impérialiste) sous la vieille idéologie du « patriotisme économique ».
La formidable concentration des médias sur la crise de l’immigration (réelle et ingérable) jointe à cette idéologie du « produisons français », s’accompagne, fait plus détestable encore d’une régionalisation des conflits. Les syndicats se sont fait spontanément les porteurs de ce sale boulot en compagnie des gauchistes régionalistes, comme le remarque un journaliste bourgeois :
« Les syndicats ont prouvé avec l'affaire des bonnets rouges qu'en aucun cas ils ne cherchent à défendre les salariés mais qu'ils les utilisent et détournent leur cause. Les entrepreneurs, en revanche, ne devraient pas cesser de se révolter de sitôt. Pour la simple et bonne raison qu'ils sont méprisés par le pouvoir alors qu'ils sont les premiers créateurs de richesse dans le pays. Pigeons, poussins, moutons, tondus et plumés auraient donc tort d'arrêter de manifester leur colère »[6].
Contre ce journaliste à courte vue nous pouvons rappeler que la « régionalisation » des conflits par les bonzes syndicaux est une vieille tactique du syndicalisme d’Etat ; cf. La plupart des luttes de la classe ouvrière sont cloisonnées, parcellisées et régionalisées depuis… la Libération. Mai 68 avait déchiré ce compartimentage. La régionalisation obéit à un principe simple : empêcher l’extension nationale des conflits pour éviter de mettre en danger l’Etat national. On lutte dans sa région. On participe à des « journées européennes pour l’emploi ». D’autant que le cadre national n’est plus qu’un référent ringard, n’est-ce pas ?
Lénine sous-entendait une simultanéité extra-nationale des luttes ouvrières, qui s’est réellement manifestée pendant la guerre. En ce sens la guerre a été unifiante pour poser la question de l’insurrection dans chaque Etat national. Malheureusement la bourgeoisie sait faire pour éviter que la crise économique joue ce rôle de facteur unificateur paradoxal contre elle. Et elle procède de la même manière qu’en 1914, en faisant appel à l’esprit patriotique interclassiste. Elle y parvient fort bien, reconnaissons-le, en se servant de la crise de l’immigration pour favoriser un repli plus patriotique que raciste, mais il n’est pas de meilleur patriotisme que l’antiracisme tel qu’il est officialisé dans conclaves de technocrates et les chapelles gauchistes et anarchistes. L’union patriotique antiraciste permet, comme hier l’antisémitisme, de désigner un ennemi intérieur qui est cette fois le « petit blanc raciste », replié sur des coutumes nationales désuètes, pas du tout « internationaliste » au sens des bobos indignés et des marchands de canons électroniques. La bourgeoisie botte en touche chemin faisant en se délestant des problèmes posés par la crise de l’immigration et son déclin industriel, sur les victimes sans armes théoriques et sans alternative socialiste crédible ni affirmée. Les chantres de l’Etat national-patriotique, tenant des « idéaux universels » peuvent ainsi taxer les prolétaires non immigrés d’arriération, judiciariser leurs emportements et dénier toujours plus toute capacité au prolétariat à prétendre lui opposer une transformation de la crise des peuples vers la création « des formes nouvelles, supérieures de la société humaine ». « Une transformation de ce genre n’est évidemment pas facile »… Poursuivons la parodie : La crise n’est pas un accident, elle n’est pas un « péché » comme le pensent les édiles de toutes les religions (qui prêchent le patriotisme, l’humanitarisme, et la paix non moins bien que les socialos gouvernementaux), mais une étape finale du capitalisme, une forme aussi naturelle de la vie capitaliste que la guerre. De nos jours, la crise est une guerre des peuples. Cette vérité ne signifie pas qu’il faille se laisser emporter par le courant « populaire » du chauvinisme, mais elle signifie que les contradictions de classe qui déchirent les peuples persistent et se manifesteront également en temps de future guerre mondiale, dans le cadre de la crise mondiale.
« Si ce n'est aujourd'hui, cela sera demain, si ce n'est au cours de la présente guerre, cela sera dans la période qui suivra, si ce n'est durant cette guerre, cela sera pendant la prochaine, le drapeau de la guerre civile du prolétariat deviendra le point de ralliement non seulement de centaines de milliers d'ouvriers conscients, mais aussi de millions de semi-prolétaires et de petits bourgeois aujourd'hui bernés par le chauvinisme, et que les horreurs de la guerre, au lieu de les épouvanter et de les abrutir seulement, vont éclairer, instruire, éveiller, organiser, tremper et préparer à la guerre contre la bourgeoisie de « leur propre » pays et des pays « étrangers ».
Etonnante prescience du théoricien marxiste le plus fustigé du XXe siècle. La vague révolutionnaire des années 1916-1923 a confirmé peu après cette extraordinaire vision. Nous sommes, nous par contre, étonnamment aveugle à l’heure actuelle face à la gravité de la situation mondiale, qui reproduit les mêmes conditions de clash planétaire qu’en 1914 comme le notent de plus en plus d’observateurs bourgeois un peu plus sagaces. Lénine précise bien qu’il faut en passer par une confrontation avec l’Etat national. Il semblerait que les élites bourgeoises aient mieux compris Lénine que la plupart des révolutionnaires atomisés en lilliputiens groupes. Et la bourgeoisie a compris en tout cas qu’il fallait masquer la nation derrière l’Etat européen virtuel, ou toute autre zone américaine, arabe, asiatique ou russophone. Et en même temps qu’il fallait masquer l’Etat derrière la nation classique en tenant un discours de type « patriotique » intramuros. En favorisant tout ce qui rend impuissant, les litanies opaques sur la vieille France avec ses coutumes, l’immigré comme agent double, facteur de paupérisation mais brave travailleur taillable et corvéable, la faute au capitalisme teuton ou aux imposantes prérogatives américaines, etc.
C’est une évidence, soulignée dans plusieurs assemblées ouvrières où j’ai pu participer, que la crise économique actuelle, en soi, ne favorise pas la révolution internationaliste. Alors parodions encore une fois Lénine pour conclure : Si ce n’est aujourd’hui, cela sera demain si ce n’est au cours de la présente crise cela sera dans la période qui suivra, si ce n’est pendant la crise, cela sera pendant la prochaine », et :
« … le drapeau de la guerre civile du prolétariat deviendra le point de ralliement non seulement de centaines de milliers d'ouvriers conscients, mais aussi de millions de semi-prolétaires et de petits bourgeois aujourd'hui bernés par le chauvinisme, et que les horreurs de la guerre (ou de la crise avant, ndt), au lieu de les épouvanter et de les abrutir seulement, vont éclairer, instruire, éveiller, organiser, tremper et préparer à la guerre contre la bourgeoisie de « leur propre » pays et des pays « étrangers ». 

C'est loin d'être une situation à l'identique aujourd'hui les "millions de semi-prolétaires et de petits bourgeois" ne sont pas prêts à se mettre DERRIERE le prolétariat dans sa lutte historique contre la domination capitaliste; indignés bobos comme régionalistes bretons réacs sont encore devant, sèment la zizanie sans projet politique cohérent; ils n'ont pas pour but de faire tomber l'Etat nounou, tout au plus de changer de gouvernement. Lénine ne cachait pas miser sur la « simultanéité » - des luttes de la classe ouvrière pas d'un agglomérat de la population indistincte -  condition de toutes les révolutions, mais à condition que l’Etat national soit identifié comme le premier ennemi à faire tomber, dans un processus d’extension forcément mondial sinon voué à un nouvel échec.  Du point de vue du prolétariat, l’Etat national reste l’ennemi dans notre propre pays ! Mais tous les ennemis de l'Etat national ne sont pas nos amis.
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Première guerre mondiale et crise financière: des parallèles troublants
(cf. LA TRIBUNE)

Harold James | 08/11/2013, Bientôt le 11 novembre 2013. L'occasion de penser, déjà, au centenaire de la guerre de 1914-1918, qui fera l'objet de nombreuses célébrations et manifestations en 2014. Notre contributeur, l'historien Harold James, y ajoute un regard particulier, celui du lien entre la crise financière de 1907 et la Première Guerre mondiale. Alors que cinq ans après la crise des subprimes aux États-Unis, le monde est à nouveau tenté par le nationalisme face au pouvoir sans limite de la finance, le parallèle est évidemment tentant.
L' approche du 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale en 1914 fait réagir les dirigeants politiques et les commentateurs inquiets de la situation politique et économique de la planète. Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a même déclaré récemment que la polarisation croissante entre le nord et le sud de l'Europe a fait reculer le continent d'un siècle.
Les leçons de 1914 ne portent pas seulement sur le danger des animosités nationales. La Grande Guerre est un précédent fascinant quant à la manière dont la mondialisation financière peut devenir l'équivalent d'une course aux armements qui menace l'ordre international. En 1907, une crise financière majeure née aux États-Unis a affecté le reste du monde et démontré la fragilité du système financier international. La réponse à la crise actuelle reproduit une dynamique similaire.(…)

Entre 1905 et 1908, l'amirauté britannique avait esquissé le plan d'une guérilla financière et économique contre la puissance montante en Europe, l'Allemagne. La guérilla économique, si elle avait été menée à fond, aurait coulé le système financier de l'Allemagne et l'aurait empêché de s'engager dans un conflit militaire, quel qu'il soit. Quand les visionnaires de l'amirauté britannique ont été confrontés à un rival sous la forme de l'Allemagne du Kaiser, ils ont compris comment le pouvoir pouvait prospérer sur la fragilité financière.

1914, une situation de rupture économique

La Grande-Bretagne d'avant 1914 avait anticipé le partenariat public-privé qui lie aujourd'hui les géants de la technologie comme Google, Apple ou Verizon aux services de renseignement américains. Les banques londoniennes garantissaient alors la plus grande partie du commerce mondial. Ces réseaux financiers fournissaient les informations qui ont permis au gouvernement britannique de découvrir les vulnérabilités stratégiques cachées de l'alliance à laquelle il faisait face.
Pour les rivaux de la Grande-Bretagne, la panique financière de 1907 montrait la nécessité de mobiliser les puissances financières elles-mêmes. Les États-Unis, de leur côté, reconnaissaient qu'il leur fallait une banque centrale analogue à la Banque d'Angleterre. Les financiers américains étaient persuadés que New York devait développer son propre système d'échanges commerciaux pour traiter les lettres de change de la même manière que le marché de Londres, et assurer leur monétisation (ou acceptation). (…)

Et maintenant, la crise ou la guerre ?

On voit réapparaître aujourd'hui certaines caractéristiques de la situation financière d'avant 1914. Après la crise financière de 2008, les institutions financières semblaient être à la fois des armes de destruction massive sur le plan économique et les instruments potentiels de la mise en oeuvre de la puissance nationale.
Dans la gestion de la crise de 2008, la dépendance des banques étrangères à l'égard du dollar était une faiblesse majeure qui a nécessité d'importantes « swap lines » de la Réserve fédérale. Y remédier nécessite la renationalisation des banques et la séparation des activités des grandes institutions financières.
Pour les banquiers européens et pour quelques gouvernements, le réexamen par les États-Unis du fonctionnement des filiales des banques étrangères chez eux souligne cet impératif. Ils considèrent qu'il s'agit d'un nouveau type de protectionnisme et menacent d'exercer des représailles.
La géopolitique intervient également ailleurs dans les pratiques bancaires. Les banques russes essayent d'acquérir des actifs en Europe centrale et en Europe de l'Est. Les banques européennes jouent un rôle bien moins important dans le financement du commerce international asiatique. Les banques chinoises sont poussées à étendre leur activité au commerce international. De nombreux pays envisagent de recourir au protectionnisme financier pour accroître leur influence politique.
Dans cette logique, l'étape suivante consiste à envisager la manière de mettre la puissance financière au service de l'intérêt national en cas de conflit diplomatique. On recourt entre autres à des sanctions (pas très efficaces) pour faire pression sur des États voyous, comme l'Iran ou la Corée du Nord. Mais la pression financière peut être beaucoup plus forte si elle s'applique à des pays très impliqués dans l'économie mondiale.
En 1907, après une crise financière marquante qui a failli entraîner un effondrement complet du système, plusieurs pays ont commencé à penser la finance avant tout comme un instrument du pouvoir brut qui peut et doit être mis au service de l'intérêt national. Ce genre d'idée a conduit à la guerre de 1914. Un siècle plus tard, en 2007-2008, le monde a subi un choc financier encore plus important qui a enflammé les passions nationalistes. Les stratégies destructrices ne sont peut-être pas loin derrière.
Copyright : Project Syndicate, 2013.
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Paru dans le n°33 du Social-Démocrate (1.11.1914)


La situation et les tâches de l'Internationale Socialiste
Lénine



Ce qu'il y a de plus pénible dans la crise actuelle, c'est la victoire remportée par le nationalisme bourgeois, le chauvinisme, sur la plupart des représentants officiels du socialisme européen. Ce n'est pas sans raison que les journaux bourgeois de tous les pays distillent tour à tour, à leur égard, les sarcasmes et les flatteries condescendantes. Et rien n'est plus important, pour un socialiste qui désire rester tel, que de rechercher les causes de la crise socialiste et d'analyser les tâches de l'Internationale.
Certaines gens ont peur de reconnaître cette vérité que la crise ou, plus exactement, la faillite de la II° Internationale est celle de l'opportunisme.
Ils allèguent, par exemple, l'unanimité des socialistes français, le regroupement soi‑disant complet des anciennes fractions du socialisme à propos de la question de la guerre. Mais ces allégations sont inexactes.
La défense de la collaboration des classes, la répudiation de l'idée de la révolution socialiste et des méthodes révolutionnaires de lutte, l'adaptation au nationalisme bourgeois, l'oubli du caractère historiquement transitoire des frontières de nationalité et de patrie, la valeur de fétiche attribuée à la légalité bourgeoise, la renonciation au point de vue de classe et à la lutte de classe par  crainte de s'aliéner « la grande masse de la population » (lire : la petite bourgeoisie), tels sont incontestablement les fondements idéologiques de l'opportunisme. C'est sur ce terrain qu'a grandi le chauvinisme, le patriotisme actuel de la plupart des dirigeants de la II° Internationale. Il y a longtemps déjà que des observateurs de toutes opinions ont remarqué cette prédominance de fait des opportunistes parmi eux. La guerre n'a fait que révéler avec une rapidité et une force particulières les proportions réelles de cette prédominance. Que l'acuité extraordinaire de la crise ait provoqué divers regroupements des anciennes fractions, voilà qui n'a rien d'étonnant. Mais, d'une façon générale, ces regroupements n'ont touché que les personnalités. Les tendances au sein du socialisme sont restées les mêmes.
Il n'y a pas d'unanimité complète parmi les socialistes français. Vaillant lui‑même, qui suit la ligne chauvine avec Guesde, Plékhanov, Hervé, etc., doit convenir qu'il reçoit des lettres de protestation de socialistes français disant que la guerre est une guerre impérialiste, et que la bourgeoisie française n'en est pas moins responsable que les autres. N'oublions pas que ces voix sont étouffées, non seulement par l'opportunisme triomphant, mais aussi par la censure militaire. Chez les Anglais, le groupe Hyndman (les social‑démocrates anglais, le British Socialist Party) a entièrement versé dans le chauvinisme, tout comme la plupart des leaders semi‑libéraux des trade‑unions. Mac‑Donald et Keir Hardie, de l'Independent Labour Party opportuniste, repoussent le chauvinisme. C'est vraiment une exception. Mais certains social‑démocrates révolutionnaires, depuis longtemps adversaires de Hyndman, ont maintenant quitté le British Socialist Party [1]. Chez les Allemands, le tableau est net : les opportunistes ont vaincu, ils jubilent, ils sont « dans leur assiette ». Le « centre », Kautsky en tête, est tombé dans l'opportunisme, qu'il défend avec des sophismes particulièrement hypocrites, vulgaires et pleins de suffisance. Parmi les social‑démocrates révolutionnaires, on entend les protestations de Mehring, de Pannekoek, de Karl Liebknecht, ainsi que diverses voix anonymes provenant d'Allemagne et de Suisse allemande. En Italie, la démarcation est tout aussi nette : les ultra-opportunistes, Bissolati et Cie, sont pour la « patrie », pour Guesde‑Vaillant‑Plékhanov‑Hervé. Les social‑démocrates révolutionnaires (le « parti socialiste [2] »), l'Avanti ! en tête, combattent le chauvinisme et démasquent les intérêts égoïstes de la bourgeoisie camouflés derrière les appels à la guerre. Ils ont la sympathie de l'immense majorité des ouvriers avancés. En Russie, les ultra‑opportunistes du camp des liquidateurs [3] donnent déjà de la voix, dans les réunions et dans la presse, en faveur du chauvinisme. P. Maslov et E. Smirnov défendent le tsarisme sous prétexte de défendre la patrie (l'Allemagne, voyez‑vous, menace de « nous » imposer « par la force du glaive » des traités de commerce, tandis que le tsarisme, lui, s'abstiendrait sans doute, comme il l'a toujours fait, d'étouffer par le glaive, le knout et la potence, la vie économique, politique et nationale des neuf dixièmes de la population de la Russie !), et justifient l'entrée des socialistes dans les ministères réactionnaires bourgeois, le vote des crédits de guerre aujourd'hui et de nouveaux armements demain !! Plékhanov, qui teinte de francophilie son chauvinisme russe, et Alexinski ont aussi sombré dans le nationalisme. C'est Martov, à en juger par le Goloss [4] de Paris, qui a dans toute cette bande l'attitude la plus correcte : il combat le chauvinisme allemand et français, s'insurge contre le Vorwaerts, aussi bien que contre M. Hyndman et contre Maslov, mais n'ose pas déclarer résolument la guerre à l'opportunisme international et à son apologiste « le plus influent », le « centre » de la social‑démocratie allemande. Les tentatives de présenter le volontariat comme la réalisation de tâches socialistes (voir la déclaration du groupe des volontaires social‑démocrates et socialistes‑révolutionnaires russes de Paris, et aussi des social‑démocrates polonais, de Leder et Cie), n'ont trouvé de défenseur qu'auprès de Plékhanov. La majorité de la section parisienne de notre Parti les a condamnées. Le lecteur peut juger de la position du Comité central de notre Parti d'après l'éditorial du présent numéro. En ce qui concerne l'historique de la formulation des vues de notre Parti, nous devons, pour éviter tout malentendu, établir les faits suivants : un groupe de membres de notre Parti, surmontant les immenses difficultés qui s'opposent au rétablissement des liens d'organisation rompus par la guerre, a tout d'abord élaboré des « thèses », qu'il fit circuler parmi les camarades du 6 au 8 septembre (nouveau style). Puis, par l'intermédiaire des social‑démocrates suisses, il les fit parvenir à deux membres de la conférence italo‑suisse de Lugano (le 27 septembre). C'est seulement à la mi‑octobre que la liaison put être rétablie et que l'on parvint à formuler le point de vue du Comité central de notre Parti. L'éditorial de ce numéro est la rédaction définitive de ces « thèses ».
Telle est, en bref, la situation dans la social‑démocratie européenne et russe. La faillite de l'Internationale est évidente. La polémique de presse entre socialistes français et allemands en a apporté la preuve définitive. Le fait a été reconnu non seulement par les social‑démocrates de gauche (Mehring et la Bremer Bürger‑Zeitung), mais aussi par des organes suisses modérés (le Volksrecht). Les tentatives de Kautsky pour masquer cette faillite ne sont que des faux-fuyants de poltron. Et cette faillite, c'est très précisément celle de l'opportunisme, qui s'est révélé prisonnier de la bourgeoisie.
La position de la bourgeoisie est claire. Il n'est pas moins clair que les opportunistes se bornent à reprendre aveuglément ses arguments. On pourrait encore compléter l'éditorial de ce numéro en signalant simplement la cruelle dérision des articles de la Neue Zeit, pour qui l'internationalisme consiste précisément dans le fait que les ouvriers des différents pays s'entre‑tuent au nom de la défense de la patrie !
La guerre n'est pas un accident, elle n'est pas un « péché », comme le pensent les prêtres chrétiens (qui prêchent le patriotisme, l'humanitarisme et la paix non moins bien que les opportunistes), mais une étape inévitable du capitalisme, une forme aussi naturelle de la vie capitaliste que la paix. De nos jours, la guerre est une guerre de peuples. Cette vérité n'implique pas qu'il faille se laisser emporter par le courant « populaire » du chauvinisme, mais elle signifie que les contradictions de classe qui déchirent les peuples persistent et se manifesteront également en temps de guerre, à la guerre dans le cadre de la guerre. Le refus du service militaire, la grève contre la guerre, etc., ne sont que pures sottises, qu'un rêve misérable et craintif d'une lutte sans armes contre la bourgeoisie armée, qu'un vœu souhaitant la destruction du capitalisme sans une ou plusieurs guerres civiles acharnées. Dans l'armée aussi, un socialiste a pour devoir d'être le propagandiste de la lutte de classe ; l'action visant à transformer la guerre des peuples en guerre civile est la seule action socialiste à l'époque du conflit impérialiste armé des bourgeoisies de toutes les nations. A bas la niaise sentimentalité des vœux pieux sur « la paix à tout prix » ! Levons le drapeau de la guerre civile ! L'impérialisme met en jeu le destin de la civilisation européenne : d'autres guerres suivront bientôt celle‑ci, à moins qu'il ne se produise une série de révolutions victorieuses. La fable de la « dernière guerre » est un songe creux et nuisible ; c'est un « mythe » petit‑bourgeois, selon la juste expression du Goloss. La II° Internationale est morte, vaincue par l'opportunisme. A bas l'opportunisme, et vive la III° Internationale débarrassée non seulement des « transfuges » (comme le souhaite le Goloss), mais aussi de l'opportunisme !
La II° Inernationale a accompli, pour sa part, un utile travail préparatoire d'organisation des masses prolétariennes, pendant une longue époque « pacifique » qui a été celle de l'esclavage capitaliste le plus cruel et du progrès capitaliste le plus rapide : le dernier tiers du XIX° siècle et le début du XX°. A la III° Internationale revient la tâche d'organiser les forces du prolétariat en vue de l'assaut révolutionnaire contre les gouvernements capitalistes, de la guerre civile contre la bourgeoisie de tous les pays pour le pouvoir politique, pour la victoire du socialisme !





 LIRE LENINE : Sur le site Persée : Correspondance entre Lénine et Camille Huysmans, 1905-1914
DOCUMENT. CORRESPONDANCE. ENTRE LÉNINE ET CAMILLE HUYSMANS (1905-1914). Introduction. La présente correspondance, que M. Camille ...
www.persee.fr/web/revues/home/.../cmr_0008-0160_1962_num_3_4_1529



[1] Bitot, p.150 et suivantes. Je ne suis pas d’accord avec les conclusions et propositions de Bitot. J’ai fait d’ailleurs une critique détaillée de son ouvrage sur ce blog. Ses constats n’en restent pas moins très pertinents et gênant pour la gogoche critique et un certain maximalisme râleur et englué dans l’idéologie de l’Etat d’assistanat.
[2] Ibid p. 153.
[3] C’est au niveau de la magistrature que la nature régressive et délirante de l’Etat affolé apparaît la plus scandaleuse. Les condamnations totalement injustes et disproportionnées de prolétaires rivalisent avec un traitement clairement laxiste vis-à-vis de la voyoucratie, sous prétexte de tolérance et de réputation d’accueil du patronat français. Le voile musulman est défendu sans complexe par une ribambelle d’avocats gauchistes. On retire les enfants au père ou à la mère selon le bon vouloir de tel juge récemment nommé (les nouveaux juges comme les politiciens défont allégrement ce que leurs prédécesseurs ont fait ou commis avec une totale irresponsabilité et impunité). On assiste à un retour d’une juridiction pétainiste, comme La voix du nord le montre dans l’exemple suivant (il faut remonter à Pétain pour trouver d’aussi lourdes condamnations pour « vol d’électricité » en période de pénurie de … guerre mondiale. « Le 7 août 2012, un contrôle effectué par un agent de la société ErDF va permettre de découvrir que la locataire d’un appartement de Calais utilisait de l’électricité sans pour autant payer sa consommation. Les faits reprochés s’étalent sur une période allant de début janvier au 7 août 2012 et les kilowatts utilisés représentent une somme de 757,37 euros Lors de son audition elle déclare : « J’ai demandé à un ami de rétablir le courant. Je ne sais pas comment il a fait et comme depuis je ne l’ai plus revu, je ne peux pas vous en dire plus . » Sylvie B., 54 ans, connue des services de la police, absente à l’audience, a écopé d’une peine d’un mois de prison. Elle devra également dédommager ErDF à hauteur des impayés, soit 757,37 euros ».

[4] « La fable de la « dernière guerre » est un songe creux et nuisible ; c’est un mythe petit bourgeois », Lénine (Novembre 1914).
[5] Lénine, La situation et les tâches de l’Internationale communiste paru dans le n°33 du Social-démocrate, 1er novembre 1914.
[6] Cet olibrius dit une connerie plus grosse que lui cependant en nous affirmant que « les entrepreneurs sont les premiers créateurs de richesse » !? Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/horreur-vide-mais-qui-profite-faiblesse-francois-hollande-pour-imposer-decisions-tete-etat-david-valence-geoffroy-lejeune-894680.html#rH9YbUIur6RArOAj.99


1 commentaire:

  1. Je ne pensais que tu regardais ce "doc" de D8 diffusé le 5 novembre dernier... Ce ne fut pas mon cas, mais je t'ai lu avec plaisir :

    "UN COME BACK raté
    Soirée "intime" avec Sarkozy et famille reconstituée. Docu propagandiste mal ficelé. La chaîne D8 martelait partout sa pub depuis plusieurs jours partout, tout partout. Tout çà pour çà! Mal filmé, l'objectif navigue de travers entre l'Elysée, l'hôtel particulier et la madame la troubadour présidentielle. Le pouvoir c'est çà! Quel emmerdement doré! Quelle vie morose dans des décors vintage féodaux! Et dire que tant de grands bourgeois se battent pour la place! Pour le pognon du salaire oui (et la clientèle du futur cabinet d'avocat)plus que pour la gloire! Carla par ci, Carla par là avec sa tête de guinche et de morue siliconée. Nicolas le voilà avec le bébé de vieux puis qui cause au portable comme n'importe quel caillera; apparemment c'est la seule activité principale d'un président en République pour "défendre les français" et assurer "la présence de la France dans le monde". On devine une nuée de ronds de cuir et de poulagas qui eux s'occupent de l'intendance jour et nuit pendant que "l'élu" ne cache pas qu'il est resté un petit garçon capricieux. Fin de partie, le candidat baisé ramasse sa veste. Déménagement. Carla: on a dix jours pour remballer on a le temps. Bon débarras."

    Merci pour ce compte-rendu savoureux, Jean-Louis : ça fait du bien de rire de toutes ces bêtises !

    Amicalement,

    Hyarion.

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