"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

lundi 11 janvier 2010



ORACLE ô désespoir !


AVEZ-VOUS LU LE DERNIER PRESAGE D’EDGAR MORIN ?[1]


Non et vous n’avez rien perdu. Edgar Morin, oracle patenté du principal journal bourgeois francofaune, est toujours consulté tous les quarante ans pour ne rien dire. La dernière fois, souvenez-vous c’était la « révolution introuvable » en 1968. Edgar Morin c’est l’encyclopédie réduit à l’état de marmelade, la sodomisation des avoirs multiples, la codification du néant vieillissant. Vieille relique stalinienne des années lamentables et simplement antifascistes, passé à l’élite bourgeoise alcoolique via son versant sociologique, Edgar Morin est surtout connu pour avoir inventé le fil à couper le beurre. Avant lui le beurre durcissait, après lui il fond.


Par son « éloge de la métamorphose » en Une du mondain du 10 janvier, le vieux rat de la sociologie agita la boule de cristal acquise dans une vieille brocante parisianiste, avec un langage heurté de verbes qui s’entrechoquent à l’imparfait comme au présent sans pouvoir se servir du futur, conjugaison forcément diabolique: « L'aspiration multimillénaire de l'humanité à l'harmonie (paradis, puis utopies, puis idéologies libertaire /socialiste/communiste, puis aspirations et révoltes juvéniles des années 1960). Cette aspiration renaît dans le grouillement des initiatives multiples et dispersées qui pourront nourrir les voies réformatrices, vouées à se rejoindre dans la voie nouvelle. L'espérance était morte. Les vieilles générations sont désabusées des faux espoirs. Les jeunes générations se désolent qu'il n'y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l'humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd'hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s'agit de sauver l'humanité. L'espérance vraie sait qu'elle n'est pas certitude. C'est l'espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L'origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine ». Le pauvre Edgar Morin n’est plus que le reflet du monde politique bourgeois déliquescent, dont les sous-produits bobos se raccrochent en vain au mirage écologiste et aux trips élitaires, avec ou sans paradis artificiels.


Revenons au début de la prévision de ce soulographe qui se prenait pour un dieu : « Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s'organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s'aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l'arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation. L'amplification et l'accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d'un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système. Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible est la métamorphose ».


La méthode de Morin c’est le grand n’importe quoi. Célèbre pour ses reportages hippies dans Paris Match il y a un demi-siècle, on regrette que sa métamorphose n’ait pas été retenue par « Gala », nul doute que les ménagères de plus de cinquante balais n’eussent intensément frémi aux papillonnements morinesques que les froids lecteurs intellectuels du Monde. La méthode de Morin peut être appliquée à toutes les questions généralistes, à la mode féminine, aux randonnées pédestres, à l’observation des étoiles et des fourmis, mais pas pour la réparation du moteur de votre auto ni pour faire fonctionner la traite automatique du lait dans votre étable. Adoptons si vous le voulez bien, lecteur suiviste et inculte, la méthode morinesque à un concept qui paraît fort luxueux et décalé en ces temps de crise systémique (autrement dit crise économique systématiquement masquée) : la critique de la hiérarchie. Vous allez sur le site gauchiste « Rue 89 », haut lieu de la pensée morinesque, et vous lisez ceci :


Un aspect du discours de la « métamorphose ».


« Et si on se passait de la hiérarchie en entreprise ? »[2]


« Marre de devoir rendre des comptes à des supérieurs qu'on ne voit jamais ? De poursuivre des objectifs irréalisables fixés par des chefs qui n'ont jamais travaillé sur le terrain ? Sirènes populistes ou délires d'anarchie, le désir d'en finir avec la hiérarchie fait partie de l'esprit national. « La France a longtemps été l'un des pays où la chaîne de commandes au sein de l'entreprise était la plus longue », rappelle le professeur Alain d'Iribarne de la fondation Maison des sciences de l'homme. Avec Mai-68, les choses ont commencé à bouger. Mais le vrai virage a eu lieu lorsqu'il a fallu répondre aux exigences de compétitivité et de flexibilité des marchés mondiaux : « Les entreprises ont alors décidé d'adopter des “organigrammes plats” en réduisant les niveaux hiérarchiques et la division du travail en faveur d'une meilleure qualification des personnels d'exécution ». « Organigrammes plats » : l'expression n'est guère séduisante dans sa formulation si abstraite. Pour en avoir une idée plus concrète, le mieux est de se rendre à Hallencourt, Picardie. C'est là-bas qu'en 1957 est née Favi, entreprise spécialisée dans le travail du cuivre et du laiton. A sa tête des années 1980 à janvier 2009, Jean-François Zobrist a fait de cette entreprise le fournisseur de fourchettes d'embrayage de 65% du marché automobile européen. Son « secret » : le travail en équipe, avec une totale absence de cadres et des ouvriers libres de décider eux-mêmes comment mettre en place la stratégie fixée par le directeur.


Mise en pratique : « Je crois que l'homme est bon ! Il n'est donc ni voleur, ni fainéant », s'exclame Jean-François Zobrist pour justifier sa méthode de gestion. Au quotidien, cela signifie des magasins en libre service, la suppression du pointage, les portes ouvertes et surtout la réduction drastique des niveaux hiérarchiques.


Répartis au sein de 21 mini-usines, une pour chaque client (Fiat, PSA, Audi…), les 500 salariés sont encadrés par des « leaders », ouvriers plus expérimentés qui prennent toutes les décisions concernant la production, les approvisionnements, la gestion du personnel (salaires compris) et de l'entreprise. Ils remplacent ainsi les services administratifs qui gèrent habituellement ces tâches dans les entreprises et se substituent aux nombreux échelons d'agents de maîtrise (chefs d'équipes, contremaîtres et chef d'ateliers). Résultat : une vision plus globale pour une meilleure compréhension et une prise de décision plus réactive car au plus près du terrain. D'ailleurs, les bureaux des 13 commerciaux de l'entreprise sont installés au milieu des machines, pour toujours avoir un œil sur le baromètre de la situation. A en croire Jean-François Zobrist, chez Favi tout se passe étonnamment bien du point de vue relationnel. « Je n'ai pas d'explication. Je constate simplement qu'en trente ans il n'y a jamais eu de tensions ». Impossible d'avoir l'avis des délégués syndicaux pour une seule et bonne raison : il n'y en a pas (tant mieux, JLR). Les élections ont systématiquement été désertées (du maximalisme à l’état pur, JLR). Peut-être est-ce grâce à l'esprit d'équipe qui s'instaure dans chaque mini-usine et qui pousse les salariés à coopérer. Dans le documentaire de François Maillart, tourné au cœur de l'entreprise pendant plusieurs mois et diffusé sur France 3 en mai 2009, on voit des salariés épanouis et satisfaits du modèle mis en place[3]. Cependant ce type d'organisation peut générer un climat de pression sociale à l'intérieur du groupe. Olivier Torrés, professeur à l'Université de Montpellier et à l'EM Lyon, spécialiste des PME, le confirme : « Si la proximité qui se crée dans les PME et les petites équipes réduit le risque de conflit, l'attachement et l'affectivité qui découlent de ce lien direct peuvent rendre plus pénibles les moments difficiles qui font partie de la vie d'une entreprise. » [4] Pour lui, l'enjeu serait donc de trouver le juste équilibre entre management à distance et « modèle PME ». Cela passerait par un retour à des formes de management direct, verbal et affectif au dépit d'un « management à distance » basé sur des données chiffrées et des reportings abstraits. A noter tout de même que si une organisation en mini-usine peut s'appliquer aisément à d'autres secteurs de l'industrie manufacturière, elle est beaucoup plus complexe à mettre en œuvre dans les entreprises du tertiaire. Il semblerait que l'idée d'un bureau sans hiérarchie où tout le monde travaille en « mode projet » dans des « business units » n'ait pas que des avantages. C'est en tout cas ce que laissent entendre Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, co-auteurs de « L'Open space m'a tuer » (éd. Hachette Littératures, 2008). Thomas Zuber constate : « Aujourd'hui, 65% des entreprises françaises travaillent en open space, ce qui est le symbole le plus marquant de ce qu'on appelle le néomanagement participatif. » Censée rendre effective la démocratisation du travail, la disparition des petits chefs autoritaires ne s'accompagne pas automatiquement d'une réelle autonomie des salariés : « On vous dit que vous êtes autonome mais on ne vous en donne pas les moyens, notamment le pouvoir de décider le budget et les ressources. Sans marge de manœuvre, votre stress monte. » Dans des équipes où personne ne peut rien attendre des autres car on est tous au même niveau, la pression est de nature affective et s'exerce de façon très subtile : « Ce n'est pas le chef qui met la pression mais le client que l'on n'a pas le droit de décevoir. » [5]


COMMENTAIRE D’UN FAINEANT MARGINAL


« Difficile pourtant d'imaginer que ce soit le modèle rêvé des patrons français… Dans les entreprises modernes, on aime la flexibilité. Depuis mon embauche, j'ai entendu ce mot assez souvent. Il faut être flexible et venir travailler le week-end. Il faut être flexible et faire des heures supplémentaires quand il y a des livraisons urgentes. Il faut être flexible et savoir déplacer ses vacances au bon vouloir des patrons ou des chefs. Il faut être flexible et être joignable par téléphone lorsqu'on est en vacances. Il faut être flexible et accepter de ne pas être payé pour un mois de travail. Il faut être flexible et accepter les retards dans le salaire. Bref, la flexibilité (je dirais même le contorsionisme) et une valeur primordiale de l'entreprise. Ayant adhéré avec joie aux valeurs de l'entreprise en signant mon contrat de travail, j'ai depuis développé mon amour de la flexibilité au sein de cette dernière. Comme il faut être créatif et avoir un sens de l'initiative dans le monde merveilleux du libéralisme, j'ai introduit une nouvelle flexibilité à la liste ci-dessus. Celle d'arriver à l'heure qui me plaît au travail, et cela de manière sinusoïdale entre 12:00 et 14:00. Mais voilà, étrangement, cette flexibilité ne plaît pas à mon chef. Alors ça fait un moment que ça le dérange, et que j'ai droit à des réunions en tête à tête pour parler du problème. La première stratégie a été la menace du chômage "Il ne faudrait pas que ton accident de réveil se transforme en accident de chômage". Ne voyant pas forcément la perspective du chômage comme quelque chose de négatif, ça n'a pas vraiment fonctionné. À vrai dire, ça à eu l'effet inverse. Réaction basique à l'autorité... La deuxième phase a consisté à "médicaliser" cette flexibilité. "Tu devrais consulter pour tes problèmes de sommeil". "Tiens, lis donc cet article, ça explique comment devenir un lève-tôt". Nouvel échec. C'est vrai que la flexibilité salariale est une pandémie capitaliste, mais bizarrement, celle-ci ne doit pas se faire soigner... Aujourd'hui, la troisième phase a commencé. Après avoir bien étudié mon cas, mon chef a décidé de s'attaquer à quelque chose d'important pour moi : mes vacances. Il m'a donc proposé que tout retard après l'heure de 11:30 soit compté en tant que vacances. C'est pervers. N'approuvant absolument pas la mesure, mais n'ayant pas grand pouvoir dans la décision, j'ai négocié 2 points. L'heure limite est déplacée à midi, et ne seront comptés en tant que vacances que les retards non prévenus. Si j'appelle à 11h59 pour dire "j'arrive à 13h", et bien la mesure ne s'applique pas. Malgré cette négociation, j'ai fait comprendre à mon chef que cette mesure s'appliquait sans mon consentement.


Dans la mesure où je peux prendre des congés sans solde, cette mesure pourrait finalement se transformer en réduction choisie du temps de travail... À suivre !


Pendant l'entretien, comme d'habitude, sont apparues quelques petites perles. Expliquant sans trop en faire, que ma matinée avait été un peu chaotique, entraînant mon arrivée à 13h30 j'ai eu droit à un "Le chaos de ta vie privée n'a pas à influencer ton travail.". Chiche? La prochaine fois qu'une livraison urgente viendra jouer la corde de la flexibilité, j'irai lui dire "le chaos de l'entreprise n'a pas à influencer ma vie privée". On verra ce que ça donne. Pour finir, une petite phrase qui m'a fait sourire : "Parfois c'est pénible d'être ton chef". Peine partagée. C'est pénible d'avoir un chef... Je n'aime pas la hiérarchie. Ça, mes patrons commencent à le comprendre, et mon chef aussi. Finalement, je pense que toute la hiérarchie "officielle" de l'entreprise a compris que toute expression ouverte de son autorité avait des conséquences négatives sur ma productivité et ma collaboration avec les intérêts capitalistes de l'entreprise. Mais depuis peu, je me suis retrouvé confronté à une nouvelle forme d'autoritarisme inattendu. Celle du petit lèche-cul qui veut devenir sous-chef. C'est une forme d'autorité qui est complexe à gérer au premier abord, lorsque l'on veut être solidaire de l'ensemble des salarié-es, dans un esprit marxiste old-school. Mais c'est finalement quelque chose d'assez facile à comprendre dans la logiquecapitaliste néo-libérale. Chacun-e, dans son esprit d'entreprise individuelle doit niquer les autres et montrer sa supériorité et ses avantages comparatifs. Certes, dans mon cas on a tous les deux un boulot, et pas de concurrence "à priori", mais à l'image des grandes entreprises qui ont réussi, le but c'est de niquer la concurrence, même si elle n'est pas une menace, parce qu'à terme, elle pourrait en devenir une. Voilà donc comment un collègue inoffensif à priori sort depuis quelques semaines son jeu pervers à chaque occasion. Il s'agit de corriger spontanément mon travail devant notre chef, puis de me donner des tâches qu'il serait bien que je fasse. Un petit peu les basses tâches dont il ne veut pas se charger. Plus pervers encore, il me demande de réaliser des tâches qui sont de sa compétence, pour le seul plaisir de les faire avant que je n'aie eu le temps de m'y atteler, parce que j'ai un autre métier malgré tout. Entrer dans une guerre froide avec ce collègue, comme je le fais avec ma hiérarchie officielle, ça n'est pas forcément la bonne stratégie, car ça me ferait passer de "chieur anti-chef" à "chieur tout court". Ma stratégie sera donc simplement d'entrer dans son jeu jusqu'à ce qu'il se lasse : lui laisser faire tout mon travail. Au bout d'un moment, il finira par arrêter de vouloir me donner des trucs à faire si il se rend compte que ça lui retombe sur la gueule. Au final, je me demande si il s'agit du syndrome simple du "lèche cul premier d'la classe", ou d'une manipulation perverse de mon chef, qui remarquant mon refus de son autorité, la fait passer par la voix d'un collègue » (Marcel).



HIERARCHIE ET COMMUNISME


Brave contempteur de son aliénation, le marginal Marcel rêve doucement, peut continuer à zigzaguer avec la fausse solidarité corporative et théoriser son dégoût de la hiérarchie sans alternative. Il ne dérange personne et restera au placard toute sa vie. C’est l’anarchiste de service. Il sait qu’il ne peut pas compter ni sur le bouffon Morin ni sur Marx et Engels, lesquels intellectuels ont défendu la hiérarchie comme progressiste (cf. l’image du capitaine de bateau par Engels), ni une quelconque égalité fallacieuse dans la société communiste. Engels écrivit un jour à Bebel : « Se représenter la société socialiste comme le règne de l’égalité est une conception unilatérale de français, conception s’appuyant sur la vieille devise ‘Liberté, égalité, fraternité’, et se justifiant en ses temps et lieu comme phase de développement ; mais de nos jours, elle devrait être dépassée comme toutes les visions unilatérales des vieilles écoles socialistes car elle ne fait qu’embrouiller les esprits et doit donc être remplacée par des formules plus précises et mieux adaptées aux choses »[6].


Marcel et les anarchistes en général devront s’y faire : tant que subsistera l’Etat capitaliste, subsistera la hiérarchie sous toutes ses formes : franche, déguisée, autogestionnaire, managériale, moderniste, sentimentale, familiale, etc.


Marcel et les marxistes en général devront s’y faire : tout parti quel qu’il soit, sous le capitalisme, ne peut fonctionner sans hiérarchie. L’expérience en Russie au début du siècle dernier a confirmé que si la révolution abhorrait les hiérarchies, le reflux les lui a resservies sur un plateau. Le parti bolchevik a été un véritable parti révolutionnaire tant que sa vie interne se foutait de toute préséance hiérarchique. Via l’idéologie frelatée de tous les gauchos de Lénine et des anarchistes crapoteux, la « guerre révolutionnaire », transmuée en « militarisation » a été le principal vecteur de la restauration de la hiérarchie étatique dans le parti, et Staline le menuisier de l’escalier. Tout l’honneur de Trotsky a été de refuser de s’appuyer sur la hiérarchie militaire pour monter un coup d’Etat.


Pour parodier Morin, je conclurai ainsi: L'amplification et l'accélération des processus de destruction d’emplois et de paupérisation absolue, peuvent être considérées complémentaires du déchaînement d'un formidable rejet des hiérarchies managériales, syndicales, politiques, religieuses et morales, processus par lequel se désintègre irrémédiablement le système capitaliste[7]. Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible, est non pas la métamorphose du plomb en or, ou du vent en pluie, mais la confrontation violente des classes.











[1] J’ai préféré garder ce titre, bien que tenté par cet autre « Edgar Morin est devenu communisateur », c'est-à-dire partisan du contenu et du contenant du capitalisme, mais c’était trop explicite pour mes lecteurs maximalistes.



[2] Par Andrea Paracchini Reporters d'espoir 18/11/2009 13H53




[3] Comme les ouvriers autogérés de Lip avant qu’ils ne se rendent compte qu’ils avaient été baisés par les syndicats et les gauchistes.



[4] On pense aux « Libres enfants de Summerhill », et à toutes les prétentions utopiques à éduquer ou à vivoter hors du capitalisme, toutes des échecs. Certains « libres enfants de Summerhill » sont devenus de compétents pilotes de bombardiers…



[5] Ce journaleux découvre à retardement l’univers capitaliste moderne ! Cf. dans mon ouvrage de 2008 « Dans quel Etat est la révolution ? » : « La hiérarchie est une invention des prêtres et des théologiens. Nietzsche est le premier à s’en moquer, avant Kafka. Il identifie le concept de devoir qui se présente comme un commandement sans commandant ; la monstruosité d’un commandement sans commandant est pourtant le fin fond de l’autogestion capitaliste, des « cercles de qualité », « réformes de structures » et des divers systèmes d’auto-régulation mis en place depuis l’éducation jusqu’aux besoins créés artificiellement de manière subliminale » (p. 135)



[6] Repris dans la brochure de « Le programme de la société communiste » du groupe communiste mondial (la question syndicale et le marxisme, page 7) numéro spécial, octobre 1976. Engels n’a pas pu ni inventer ni trouver ces « formules plus précises », mais nous renvoyons à la critique du programme de Gotha par Marx où celui-ci explique bien que l’égalité est impossible mais que cela ne peut pas fonder une nouvelle injustice ; Marx n’a pas vraiment eu les moyens de réfléchir à l’autre société succédant au capitalisme sans… hiérarchies, ou en tout cas, dans la transition, par une « rotation des tâches » dans laquelle les hiérarques marxistes intégristes voient fissa la réincarnation de Belzébuth et de ses deux horribles progénitures Proudhon et Bakounine!



[7] La remise en cause « primaire », « impulsive » de toutes les hiérarchies, de toutes les « autorités », « maîtres à penser » ou « directeurs de conscience » est patente dans les dramatiques « faits divers » que nous aligne la presse quotidiennement. Il faudrait se livrer ici à tout un développement dont sont incapables tous les oracles et sociologues pour expliquer l’avancée du néant : vague de suicides en entreprises, meurtres gratuits, etc. Le fait que dans un face à face absurde, d’homme à homme, deux automobilistes s’entretuent pour des motifs futiles, que des pères assassinent froidement leurs enfants par strangulation, que des lycéens s’égorgent à coups de couteaux sans raison crédible, cette série de constats dévoile le vide de l’humanité actuelle barbotant dans ce capitalisme no future. Les hommes ne pourront-ils désormais vivre que dans l’attente de tuer ou d’être tué ? La désintégration va-t-elle l’emporter sur la capacité de la classe des prolétaires à, non pas métamorphoser, mais transformer les rapports sociaux et politiques par la révolution la plus radicale qu’il soit?

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