"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

lundi 7 décembre 2009



CREPUSCULE DE LA REVOLUTION



OU CREPUSCULE DU CAPITALISME ?





"Les hommes font l'histoire mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font". Marx


photo: Fort de Vanves, côté Malakoff


Après de longues années de militantisme, et un certain dégoût des militants, ex-militants ou aspirants militants, anarchistes indécrottables et marxistes non déstalinisés – tous des faux-culs - j’ai peu désormais pour habitude de prêcher pour l’an prochain l’inéluctabilité et la proximité de la révolution sous la responsabilité du prolétariat, ni la prétention d’oser imaginer qu’elle se produira de mon vivant. A observer le marasme capitaliste et le désarroi des thuriféraires de la classe dominante libérale et gangstériste, je me prends à croire quand même que des échéances dramatiques, pas pour toutes les classes, se profilent en observant poindre les inquiétudes savamment déguisées des bourgeois. Vivons-nous le Crépuscule de la révolution, à lire certains sonneurs de cloches, ou le renouvellement de la peur de son spectre ?

Décidément tous les commentateurs autorisés ou pas se grattent le crâne pour essayer de comprendre la crise actuelle. Et chacun de comparer avec simplisme, mais aussi avec désarroi, avec 1929. On a vu dans ces colonnes qu’un sondologue comme Pascal Perrineau voyait en partie les différences sans craindre vraiment d’éruptions révolutionnaires quoique avec des nuances d’angoisse.

L’hebdo marginal, mais très superficiel et très conservateur « Marianne » a donné la parole à son tour au philosophe Marcel Gauchet, personnage qui fait partie des pipoles régulièrement consultés et qui ne risque pas de casser la vaisselle dans le salon des bien-pensants. Ce philosophe post-aronien, et déformé par Aron, s’est pris la tête entre les mains, et bien qu’il connaisse bien tous les philosophes du passé, il est très ignorant en histoire de la lutte des classes, ou bien est-ce une forme d’autisme typique de son mode de pensée bourgeoise ?

Il s’est penché doctement sur un phénomène très dramatisé pour l’heure, comme la persécution au travail jadis : les suicides au travail. Il a trouvé la science infuse de cet inquiétant phénomène en titrant son blog (« Vent des blogs »…) : « L’arme symbolique du suicide au travail : expression de refus social ».Tout est dit et rien n’est dit. Quand il n’y a pas de mots pour expliquer un drame, les philosophes sont chargés d’en fabriquer, et si possible pour ajouter à la confusion. Gauchet, réactionnaire dès 1968, s’inspire des historiens du même acabit pour nous expliquer qu’il y avait une crise des régimes libéraux très antérieure à 1929 et que, immédiatement après 1918 s’était affirmé une « cristallisation d’une extrême droite radicale – et même révolutionnaire – à l’enseigne du nationalisme ». Première esquive, la Première Guerre mondiale et ses causes et conséquences. Il fait en même temps le parallèle avec « la cristallisation d’un révolutionnarisme d’extrême gauche armé d’une puissante analyse ». Il voit, au moment de cette crise, « le développement de la foi révolutionnaire » alors que, malheureusement elle serait en extinction ou plutôt en voie d’étouffement de nos jours.

Il saute gaillardement en 2009, sans se pencher sur ce qui s’est passé pendant les 80 ans intermédiaires, pour assurer : « Rien de pareil dans notre contexte. Nous vivons le crépuscule ou l’éclipse de l’idée de révolution », car :« Nous sommes dans le moment de clôture d’un grand cycle historique – qui se confond en gros avec le vingtième siècle – où ce dessein révolutionnaire, qui a été organisateur du camp politique sur le plan idéologique, est en repli. L’offre idéologique par rapport à la crise que nous vivons est à peu près nulle. En fait, elle se résume à des succédanés d’idéologies du passé dont les adeptes eux-mêmes mesurent bien le caractère peu adéquat à la situation, et qu’ils brandissent plutôt comme des symboles que comme des doctrines opératoires » ; tout ceci n’est pas faux concernant les figurines de la vitrine libérale les Cohn-Bendit, Mélenchon et Besancenot. Ils n’ont rien à proposer de sérieux et ils ne sont d’ailleurs guère pris au sérieux par les millions de sans-grade[1].

Ce monsieur philosophe rétribué, copain de « l’observateur attentif » Bourseiller, ne manque pas d’air. D’un trait magistral il se passe d’analyser la véritable « clôture de cycle » qui concerne la marche même du capitalisme et non pas les réflexions et colères montantes des centaines de millions d’opprimés et exploités. Il s’imagine sans doute que seuls les mandarins de l’intelligentsia sont aptes à réfléchir - certes inaptes intellectuels à tirer les leçons des « idéologies du passé » - mais surtout prompts à faire table rase des acquis historiques du marxisme à la suite des intellectuels défroqués du stalinisme et du maoïsme[2]. Les bourgeois, en particulier ceux qui se réunissent en ce moment à Copenhague, pensent qu’après eux ou sans eux, il ne peut y avoir que le déluge, pensée conforme à toutes les religions par nature contre-révolutionnaires[3].Bien que ni les minorités révolutionnaires ni les prolétaires conscients n’aient leur mot à dire dans les médias, bien qu’il ne se déroule pas encore de grèves vraiment dérangeantes ni d’affirmation de masse du prolétariat, le philosophe ne veut pas laisser passer que l’indignation est bien présente, mais ce n’est, assure-t-il que protestation et « la protestation n’est pas la révolution », car il faudrait, derrière la protestation « une offre idéologique mobilisatrice ». Avec les philosophes on demeure dans le domaine soft des idées, surtout quand les idées dominantes sont ready made pour conserver le système et disposent des relais intellectuels pour lui servir de garde-fous. La preuve de cette absence d’offre idéologique notre philosophe de gouvernement la trouve dans les récents suicides en France sur le lieu de travail. On peut déjà dire qu’il ne voit dans le suicide que le suicide et non pas son aspect révolutionnaire. Ceux qui se suicident ne se suicident pas pour l’heure du fait de l’absence d’offre idéologique et de révolution mais parce que le capitalisme leur a rendu la vie intolérable. Gauchet est comme son ancêtre Proudhon et ne voit dans la misère que la misère. Le suicide est « aux antipodes absolus de ce qu’est l’espérance révolutionnaire : la désespérance individuelle transportée dans l’espace public ».Certes ce n’est pas révolutionnaire que de se suicider pour soi, mais crois-tu philosophe bien nourri et respecté, que cette mise à mort no future n’est pas de nature à provoquer l’indignation et la réflexion des « survivants » ? La classe ouvrière ne se suicide pas en masse comme les pingouins jusqu’à preuve du contraire ! Il effleure pourtant le problème quand il tente de justifier sa vision nihiliste de toute alternative : « Le premier effet paradoxal de la crise est le renforcement inattendu des pouvoirs en place ». A première vue le discernement est correct et il explique en quoi les gouvernements, quels qu’ils soient, ne sont pas des gouvernements de 1929-1931 : « ils sont massivement interventionnistes ».

Définition de l’interventionnisme : « L'interventionnisme est une politique par laquelle l'État participe à l'économie du pays quand cela lui apparaît nécessaire pour protéger les intérêts des citoyens ou y développer des aspects de l'économie ou du social. On parle également d'interventionnisme lorsqu'un État s'ingère dans un conflit armé, de manière à y remédier. C'est aussi la théorie ou la doctrine politique selon laquelle l'Etat doit intervenir dans le secteur de l'économie. Apparu avec l'avènement des Etats modernes, l'interventionnisme s'est nettement effacé au cours du XIX siècle face au libéralisme, pour se développer à nouveau au cours du XXe siècle, se situant à un niveau intermédiaire entre le socialisme et le libéralisme ». Comme on le voit, par devers Gauchet l’inepte, la notion d’interventionnisme est très inquiétante et suppose la guerre. Gauchet a raison par ailleurs de rappeler l’ambiguïté de l'interventionnisme économique, qui était en net recul depuis la fin du XXe siècle avec le développement de l'ultralibéralisme et après la chute de l'URSS, mais qui est redevenu le credo de tous les gouvernements. C’est très intéressant, quoique comme il l’avoue lui-même il n’est pas assez calé sur la question pour en tirer les conséquences. Cela signifie pourtant simplement que les Etats sont en permanence en alerte sur les conséquences délétères de leurs politiques anti-sociales, et qu’ils jouent encore une variante de la comédie du « Welfare State » avec des mesurettes d’assistance, des promesses de protéger les « citoyens » en général sans que cela ne diminue la paupérisation et l’enflure du chômage. Ce mauvais économiste et piètre politique prend l’exemple type de la faillite du système : la retraite. Dans son langage abscons de philosophe, avec cet air de ne pas y toucher, une « bonne retraite » serait à la fois le seul espoir des masses et la « garantie d’une solidarisation avec les pouvoirs en place »[4]. Or la question des retraites est un aspect potentiellement révolutionnaire dans la mesure où elle touche, non pas à l’avenir de tel ou tel, de telle catégorie ou de telle autre, mais renvoie à l’absence d’avenir de ce système « en fin de cycle » !

La deuxième idée que pose notre philosophe vigilant pour ses maîtres est « la délégitimation des élites et le repli sur le privé », qui lui permet de révéler son inquiétude : « nous manquons d’indicateurs pour mesurer un tel phénomène » lequel se caractérise par « la désaffection à l’égard de l’engagement politique mais aussi de l’implication politique la plus élémentaires », et, le repli sur le privé n’en est pas moins troublant car « il peut être aussi bien l’occasion d’une protestation violente ».

La troisième idée qu’il est le dernier à déplorer est l’accentuation de la « crise idéologique de la gauche ». Il ajoute un charabia, qui confirme sa confusion : « Là, nous sommes aux antipodes des années 1930 où l’effet de la crise a été massivement en dehors du communisme et de la perspective révolutionnaire, de faire passer un consensus de l’opinion en direction du socialisme ». Ce qui est tout simplement faux une nouvelle fois, historiquement : l’alternative communiste écrasée en Russie et la guerre d’Espagne ont réussi à…faire passer un consensus de l’opinion en direction… de la guerre ! Par conséquent le fait que la gauche bourgeoise soit décrédibilisée et n’ait plus qu’une « dimension symbolique de protestation » est bien une troisième alerte sur les dangers qui guettent le système de domination bourgeois. Sibyllin, notre philosophe interloqué se dit prudent en conclusion. La « tranquillité de surface », etc., n’en est pas moins porteuse d’une « instabilité principielle du champ politique ». Gare aux gouvernements donc qui dorment sur leurs deux oreilles ! Pas de pot Gaucher, les révolutions n’ont jamais cru aux fossoyeurs de révolution ni attendu le programme de Robespierre ou de Lénine… ni pour attendre une votation démocratique pour mesurer l’utilité des projets de ces individus marginaux jusqu’à l’éclosion de leur hardiesse théorique ! Les commentateurs anonymes du blog de M.Gauchet sont des crétins à courte vue dans l’ensemble et n’ont pas compris les sagaces alertes du philosophe. Sauf deux

Pour le premier: « Des bouleversements majeurs sont à venir. Pour une raison très simple : les trajectoires actuelles sont insoutenables à un horizon d’une ou deux générations.
Trajectoire démographique. Même avec l’achèvement de la transition pour les régions retardataires il faut s’attendre à partager la planète avec 9 ou 10 milliards d’individus. Invivable !

Trajectoire écologique. Inutile de développer. On va dans le mur.

Trajectoire économique. Le capitalisme financier n’a aucune utilité sociale, contrairement à son ancêtre industriel, la finance n’est aujourd’hui que pure prédation. Elle se délégitime à vitesse grand V.

Trajectoire sociale. Le rétrécissement de l’espace public, le repli individualiste (que ne compenseront jamais les réseaux virtuels) atteindra bientôt un point de rupture. Les suicides que vous évoquez en sont peut-être aussi un point de rupture. L’être humain a besoin de dieux de convivialité bien réelle (au travail, en famille, au marché…). Il voudra les recréer. Ce sera une question de vie ou de mort.

Trajectoire politique. Le vide est-il soutenable ? J’ai moins de certitudes en ce domaine. Mais, même en l’absence d’ouvertures idéologiques, les autres trajectoires sont suffisamment catastrophiques pour dérider la surface bien lisse d’un monde politique libéralement homogène. Quand l’horizon semble bouché et désespérant, je repense à Stefan Zweig suicidé en 1942. Quelques mois plus tard, c’était la bataille d’El Alamein, suivie de Stalingrad »[5]

Le deuxième blogueur envoie sur les roses Gaucher : « Je pense bien au contraire qu’un mouvement révolutionnaire est très probable, n’en déplaise à M.Gaucher. Pas une révolution où l’entend M.Gauchet, mais une révolution car le système économique capitaliste est à bout, une fin de cycle comme dit M.Gaucher. Le but qui va probablement faire bouger les masses est la disparité beaucoup trop grande entre les élites et le peuple, et la consanguinité des élites françaises qui ont reconstitué une aristocratie républicaine. Cela est très perceptible dans la population. Je crois aussi que la désespérance est tellement grande actuellement que le dernier argument est la violence lorsqu’on n’est pas entendu, d’abord contre soi, puis lorsque celle-ci ne sera plus perçue comme efficace, la violence se retournera inéluctablement et à juste titre contre les élites, tenants du système actuel (…) Idem si vous relisez les prémices de la révolution russe ou française qui n’étaient pas attendues non plus pourtant… (…) Idem en Russie où pourtant Lénine n’était pas plus représentatif de l’opinion que la LCR l’est. A l’origine les russes avaient élu un conservateur genre Sarkozy, quelques mois avant Octobre 1917 sur des promesses mensongères, évidemment pas tenues. La brutalité et l’obstination de Nicolas II pour tenir les privilèges des riches ont déclenché la révolution russe, aussi après des vagues de suicides ».

Edifiant non ce cheminement de la « conscience de classe » chez ces individus anonymes ?

LA VERITABLE REPONSE SUR L'ACTEUR PRINCIPAL DE LA REVOLUTION A VENIR:

LA PERENNITE DU PROLETARIAT COMME CLASSE DELIMITEE ET UNIVERSELLE:

Sur l’excellent site Persee, j’ai retrouvé un texte de Yvon Bourdet de 1972 : « Prolétariat universel et cultures nationales » (lecteur tu peux t’y reporter). Yvon Bourdet n’était pas un révolutionnaire intransigeant ni marxiste. Il prétendait trouver des contradictions chez Marx sur la notion de prolétariat, sans comprendre que Marx, génialement définissait que le prolétariat ne pouvait plus être « national ». Son article pour le « centre national de la recherche scientifique » ne vaut rien dans l’ensemble. Par contre, je peux extraire le long passage où Bourdet présente la position de Marx, impeccable, sans être en mesure de la réfuter.

« Dans l’Idéologie allemande, Marx et Engels s’étaient exprimés à ce sujet sans aucune ambiguïté : « Tandis que la bourgeoisie de chaque nation garde encore des intérêts nationaux particuliers, la grande industrie créa une classe pour laquelle la nationalité est déjà abolie ». Et, dans un autre passage, trente page plus haut : « Le prolétariat ne peut (…) exister qu’à l’échelle de l’histoire universelle ». Il s’agit de la théorie fondamentale chez Marx de l’universalité nécessaire du prolétariat sans laquelle le marxisme semblerait vidé de tout contenu philosophique. Pour Marx, en effet, le prolétariat n’est pas une classe qui se situe sur le même plan que les autres classes, qui ferait partie de ces classes ou qui s’y ajouterait. « Il possède un caractère universel en raison de ses souffrances universelles, il ne revendique pas de droit particulier » (…) Le prolétariat ne revendique pas de « droit particulier », précise Marx « parce qu’on ne lui a pas fait une injustice particulière, mais une injustice absolue. De ce fait, lorsque le prolétariat revendique, il ne le fait pas à un titre historique quelconque » (en se fondant, par exemple, sur la langue, la littérature, la culture locale, la tradition, les vieilles victoires). Marx ajoute une formule obscure et peu althussérienne (il est vrai que le texte cité est de 1844) : « le prolétariat n’invoque que le titre humain. En effet, comme il est la privation absolue de tout droit, il ne peut reconquérir l’humanité qu’en supprimant radicalement (à la racine) toute exploitation et donc sans assurer une libération universelle ». Cette thèse fondamentale du jeune Marx est intégralement conservée, quatre ans plus tard, dans le Manifeste communiste où on lit : « Les particularités et contrastes nationaux » (nous disons aujourd’hui plus savamment : « Les spécificités culturelles ») des peuples s’effacent de plus en plus en même temps que se développent la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l’uniformité de la production industrielle et les conditions de vie qui en résultent ». On s’accorde encore aujourd’hui à ne voir là qu’une conséquence de la révolution bourgeoise et de l’impérialisme mondiale. Mais Marx ne verse pas de pleurs sur la disparition des spécificités culturelles, comme d’autres sur les charmes de la marine à voile. Il poursuit gaiement : ces particularités et contrastes nationaux « le prolétariat les fera disparaître plus radicalement encore. Une des premières conditions de son émancipation c’est l’action unifiée ». (…) « tout au moins en pays civilisés ». La conclusion de Marx est, en tout cas, parfaitement logique, peut-être même trop : « Dans la mesure où on supprime l’exploitation de l’homme par l’homme, on supprime l’exploitation d’une nation par une autre nation ». Et pour le cas où on douterait d’avoir bien compris, il répète : « En même temps que l’opposition des classes au sein des nations disparaît l’antagonisme des nations ».

Evidemment à une époque où le stalinisme était encore triomphant (début des 70) et que la contestation gauchiste intellectuelle pouvait tout se permettre, Y.Bourdet se moquait des analyses de Marx, de Lénine « et son disciple Koba » (Staline) en s’appuyant sur les écrits de la russe blanche Carrère d’Encausse pour décréter que Marx avait eu tout faux sur la question des nationalités. Or, Marx ne pouvait pas outrepasser les conditions « nationales » de son siècle, où la révolution ne pouvait être posée que par étapes ou à partir des grandes nations. Mais, déjà on peut estimer qu’il anticipait la simultanéité « inter-nationale », nécessaire à la révolution contemporaine, qui allait être posée aux XXe et au XXIe siècles. Vers la dissolution des encadrements nationaux par une révolution universelle qui supprimera l’exploitation en même temps que la nation et ses excroissances impérialistes possibles (la reformation de blocs pour la 3e guerre mondiale).

Si le crépuscule de capitalisme n’a pas le temps de se terminer en crépuscule de l’humanité.

Post Scriptum: Marx et Engels, mais aussi Rosa Luxemburg n'ont jamais fait dépendre la nécessité de la révolution pour sauvegarder l'humanité, contrairement à une bonne partie de nos obtus maximalistes, d'une guerre mondiale, mais d'une possible catastrophe; c'est évoqué dans un texte d'Engels que je n'ai pas retrouvé, voici ce que Rosa écrivait lors de l'éruption du mont Pelée en Martinique:

« Mont Pelée, géant au grand coeur, tu peux rire ; tu peux contempler avec dégoût ces assassins bienveillants, ces carnivores pleurnichards, ces monstres en habit de Samaritain. Mais un jour viendra où un autre volcan élèvera sa voix de tonnerre : un volcan qui écume et qui bouillonne, que vous le vouliez ou non, et qui balaiera de la terre cette société hypocrite et éclaboussée de sang. Et ce n’est que sur ses ruines que les nations se rassembleront dans la véritable humanité, qui ne connaîtra plus qu’un seul ennemi mortel : la force aveugle des éléments ». (Article de Rosa Luxemburg sur la catastrophe en Martinique en 1902 (traduit à ma demande par JM Kay dans un ancien numéro de PU papier, cf. article complet dans mes archives maximalistes).











[1] J’ai reçu à la boite aux lettres attendues une publicité pour « Le programme de la révolution communiste » par le groupe communiste mondiale, cercle étriqué qui utilise le mot communiste dans chaque phrase. Ce n’est pas non plus très sérieux. Le véritable programme de changement de la société n’existe pas et ne peut pas exister, c’est une fable bordiguiste religieuse. Dans ses grandes lignes existe le projet de renversement de la bourgeoisie par le prolétariat depuis 1848, mais tout reste à faire (et pas à refaire, il est impossible de ressortir le bolchevisme de son tombeau). Le GCI (groupe communiste internationaliste) aussi étriqué que le précédent a fait parvenir un texte qui voit de façon délirante l’explosion de la lutte du prolétariat se ranimer en Grèce. Ce n’est pas sérieux non plus. On ne peut remplacer la lutte de classes réelle par des épiphénomènes d’une contestation légitime du point de vue étudiant très faible politiquement, mais plus louche côté violence de rue. L'agitation est surtout orchestrée par des éléments marginaux foncièrement anarchistes, quelques adeptes de la propagande par le coup de revolver, au milieu d'un salmigondis de revendications aussi dingues que réactionnaires. Le GCI les reproduit d'ailleurs avec sa nouvelle théorie loufoque de la composition du prolétariat "avant-gardiste" grec: étudiants, taulards, marginaux, etc. L'attaque terroriste épisodique des commissariats devient ainsi le nec plus ultra de l'insurrection d'un lumpenprolétariat aveugle. Donc aucunement une action du vrai prolétariat, lequel est composé en partie par près de 2 millions d'irakiens, de bulgares, de pakistanais, d'albanais, qui ne sont en Grèce qu'en attendant de tenter leur chance en Angleterre, et n'ont pas de visées révolutionnaires. Le milieu maximaliste européen devrait prendre garde à ne pas se laisser emballer par cette agitation, bien plus dramatisée hors de Grèce que dans le pays même.

[2] Comme le triste Henri Lefebvre qui, dans un livre bouillie « Hegel, Marx, Nietzsche ou le royaume des ombres » (Casterman 1975), enterrait déjà Marx comme un charlatan de la boule de cristal : « Le sens du devenir, celui de l’histoire, Marx le pose sans le démontrer » (p.43).


[3] Le prix Nobel de la paix Obama, qui avait boudé l’idée de venir à Copenhague, va-t-il venir y défendre son « interventionnisme renforcé » en Afghanistan ?

[4] Cette fixation sur une question secondaire pour la masse des exploités loin de la retraite est révélatrice du rôle anticipateur des idéologues de gouvernement ; en effet en 2010 le gouvernemet Sarkozy-Fillon doit porter une nouvelle attaque contre les retraites !


[5] Bon la dernière phrase est plutôt discordante, mais si ce blogueur me lit, qu’il prenne contact avec PU.

« Les contradictions capitalistes provoqueront des explosions, des cataclysmes et des crises au cours desquels les arrêts momentanés de travail et la destruction d’une grande partie des capitaux ramèneront, « par la violence », le capitalisme à un niveau d’où il pourra reprendre son cours. Les contradictions créent des explosions, des crises, au cours desquelles tout travail s’arrête pour un temps, tandis qu’une partie importante du capital est détruite, ramenant le capital par la force à un point où, sans se suicider, il est à même d’employer de nouveau pleinement sa capacité productive. Cependant ces catastrophes qui le régénèrent régulièrement, se répètent à une échelle toujours plus vaste, et elles finiront par provoquer son renversement violent »

Marx (1858, Grundrisse), 1858, G

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