"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 12 novembre 2015

La question historique des réfugiés : IMMIGRANTS ET NATIONALISME : l'immigration juive avant-guerre

« Je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand ».
Missak Manouchian (à la veille de son exécution par les hordes nazies)






Le gouffre idéologique entre l'élite bourgeoise cosmopolite et le vécu des millions de prolétaires exploités comme précaires (y compris la masse paupérisée et hétéroclite des chercheurs de refuges) s'élargit un peu plus chaque jour. Autant les princes Attali, Lagarde et Cie s'ingénient à répercuter benoîtement l'appel oecuménique et irresponsable de maman Merkel à accueillir par millions les migrants, autant ces derniers sont confrontés au froid, à plus de murs barbelés, à plus de reconduites aux « frontières ». Ce drame ne laisse pas indifférents les millions de prolétaires qui n'ont pas envie d'être « envahis », non pas parce qu'ils seraient « racistes », mais parce qu'ils ne se voient pas « partager la misère ». Invoquer l'influence délétère du FN ou un racisme « petit blanc » c'est tout ce que la bien-pensance petite bourgeoise, Le Monde, Médiapart et les gauchistes réunis, n'ont pas trouvé de mieux pour justifier leurs récriminations politiques tout juste qualifiables de secouristes et charitables comme s'il pouvait exister un capitalisme humain, réformable radicalement sans révolution et sans action de la principale classe dangereuse1. Des murs sont dressés partout par des Etats secondaires face à des arrivées massives qui grèvent leurs budgets (ce ne sont tout de même pas des Etats « nazis »). Des champions du secourisme britannique ridicule, glorifiés par Libé, ont promis quelques caravanes de camping – qui ne suffiront pas à protéger les milliers du froid – et à nouveau des tonnes de patates, dont j'ai déjà signalés que les migrants ne consomment pas...
Les agités du bonnet No Border, marécage anarchiste très manipulé par les polices européennes, sont venus « aider » les migrants à jeter des pierres sur la police (il est vrai que, hors caméra, la police à Calais n'y va pas de main morte), quand la « gauche humanitaire » mais néanmoins impérialiste enjoint à ses flics de taper plus fort à quelques semaines d'élections qui terrorisent la gouvernance « antiraciste ».

Tout le monde s'accorde à constater que la question des migrants/réfugiés empoisonne l'air ambiant, sans relier ce problème à la question de la guerre en Syrie, à son arrêt, et, solution pas idiote, au retour de la plupart des syriens dans leur pays comme le propose M.Fillon. Holà, dira-t-on le raciste ! Le facho ! Le salaud d'européen barricadé derrière sa frontière...électorale. Tel ou tel politicien peut fort bien parler ponctuellement vrai, ainsi de Rocard, ainsi de Fillon sur l'endettement faramineux de l'Etat français il y a quelques années2.

L'immigration à notre époque n'est plus un phénomène concernant en soi la classe ouvrière, son expansion, sa diversification, son internationalisme. Elle est le reflet d'une situation de guerres permanentes du capitalisme et par cela même pervertie. Ce que je me tue à répéter dans le désert du maximalisme, pas sûr d'être compris même par mes anciens camarades. Comparaison n'est pas raison, la mobilisation secouriste des gauchistes et des gens bien du cinéma ne leur coûte pas aussi cher que d'aller se faire tuer aux ordres des chefaillons anars et staliniens des brigades internationales militarisées pour une guerre impérialiste et pas antifasciste, de même que les abrutis qui vont se faire tuer en Syrie au nom d'Allah ne supportent pas la comparaison avec les nombreux et généreux naïfs enrôlés dans les sinistres brigades internationales anti-ouvrières.

Aujourd'hui, nous essaierons d'aller plus loin, ensemble, à partir de la lecture d'une excellente étude du journaliste bénévole et historien Maurice Rajsfus : « L'an prochain la révolution, les communistes juifs immigrés dans la tourmente stalinienne, 1930-1945 »3.

L'histoire de l'immigration juive des années 1920 à la guerre est autrement passionnante et politique que celle de nos migrants syriens qui débarquent avec femmes voilées et catéchiseurs djihadistes. Les caractéristiques de l'immigration juive en 1930 par une officine du PCF, la MOE – Main-d'Oeuvre Etrangère – bien que d'obédience stalinienne sont plus politiques, analytiques et marxistes que les pleurnicheries hypocrites des Attali et Besancenot. En annexe I, Rajsfus nous reproduit des extraits du « Bulletin d'information de la section centrale de la MOE » (fin année 1930) :

« 
  1. L'immigration juive commença en 1919-1920. Elle est alors caractérisée par son côté prolétarien, constituée par des ouvriers juifs venus d'Allemagne, d'où la crise économique 4 les a mené en Belgique puis en France. Ils travaillent pour la plupart dans les mines et s'organisent facilement. Ils travaillent dans la grande industrie. Nous avons à cette époque des organisations solides à Lille, Valenciennes, Mont-Saint-Martin, Nancy. Cette première immigration s'est déprolétarisée rapidement et à la faveur de la période de reconstruction d'après-guerre, un grand nombre de ces ouvriers sont devenus petits commerçants.
  2. Au début de 1923 et pendant les deux années suivantes, 1924-1925, nouvelle immigration venant directement de Pologne, formée d'ouvriers qualifiés, tailleurs, casquettiers, ébénistes, quelques métallurgistes. Cette immigration avait plutôt l'Amérique comme destination et considérait la France comme pays de transit. Les barrières dressées par le gouvernement américain ont fixé, malgré elle, cette immigration en France. Les traditions d'organisation de ces ouvriers qualifiés permettent de lancer La Voix Ouvrière. C'est l'épanouissement du mouvement syndical dans l'immigration juive.
  3. La crise du chômage de 1926-1927 refoule directement ou indirectement l'immigration juive. Un petit nombre d'ouvriers retourne en Pologne . Une certaine catégorie de main-d'oeuvre non qualifiée demeure en France et s'adapte aux conséquences de la crise.
  4. En 1927, 1928 et 1929, troisième immigration mélangée, ouvriers non qualifiés, petits bourgeois et commerçants déclassés. La plupart sont concentrés en Belgique (mines t métallurgie). En France, ils sont manœuvres et un certain nombre travaillent dans l'agriculture. En 1929 apparaît l'immigration organisée par les contrats. Quelques centaines d'ouvriers agricoles sont ainsi envoyés avec contrat dans l'Est et le Midi.
  5. En général, la plupart des immigrés sont sous l'influence du parti. De plus, le fascisme polonais produit des immigrations politiques. Mais avec les déclassés de la dernière immigration le sionisme fait son apparition et tente de se développer en France. En 1924, le sionisme existait. La commission des minorités de la SDN l'a engendré. Mais il n'avait pu mordre en France en raison de la caractéristique de l'immigration, nettement prolétarienne et avec une tradition révolutionnaire. En 1929, les vieux immigrés se sont embourgeoisés, les nouveaux immigrés, en partie d'anciens petits bourgeois, prolétarisés. Ils constituent la base sociale indispensable pour le développement du sionisme en France.
  6. L'activité du sionisme s'est portée sur les couches déprolétarisées et les éléments déclassés. C'est ainsi que vers la mi-année 1929, une conférence a été organisée dans le Midi qui a groupé soixante-dix délégués dont 15% environ étaient sionistes militants. Mais la majorité de l'immigration reste sympathisante du mouvement révolutionnaire et plus particulièrement à l'URSS. Ce mouvement vers l'URSS qui directement et pratiquement s'oppose à l'utopie sioniste est soutenu dans les grands pays capitalistes par les sections du Guerth, société pour l'appui moral et matériel au développement de la colonisation juive en URSS.
  7. 1928-1929 marque la faillite du sionisme auprès des ouvriers éduqués de l'immigration, c'est le point de départ d'une offensive sioniste vers les couches les plus arriérées à qui la révolte arabe n'a pas permis de se ressaisir. Alors qu'il emprunte les méthodes social-fascistes pour combattre les ouvriers révolutionnaires (Belgique-France), le sionisme se fait appuyer en tant que mouvement impérialiste par la II ème Internationale qui y trouve une base de lutte contre le communisme et contre l'URSS. Vandervelde écrit un livre, Au pays d'Israël, Blum à Zurich déclare son appui à un « mouvement national supérieur ». Le Poale Sion, organisation social-démocrate, appuie, en dehors, le mouvement sioniste. Le Bund, qui prétend combattre le sionisme, le soutient objectivement, indirectement, en raison de sa liaison et de son soutien à la politique des partis socialistes.
  8. Les organisations sportives Macabit (héros national juif) sous la direction du général Weiler et de Rothschild accentuent leur propagande, font du recrutement. Leur activité est nettement tournée vers la préparation militaire et l'organisation de bataillons de volontaires pour la Palestine. Groupes d'autodéfense tournés contre les organisations ouvrières.
  9. Le clergé renforce sa lutte, développe ses manifestations en accord avec le mouvement sioniste. Dix journaux quotidiens ou hebdomadaires sont édités par le sionisme pour la Belgique et la France.

La situation actuelle dans l'immigration

Il n'y a pas de statistiques sur la répartition de l'immigration juive qui est intégrée dans les différentes nationalités. Fin 1929, l'immigration juive – forte de plus de quatre-vingt-dix-mille travailleurs – en groupe à Paris près de soixante mille. En raison du développement de la rationalisation et des formes supérieures du capitalisme français (développement de trusts et disparition progressive du petit commerce et de l'artisanat) le processus de déprolétarisation des premières vagues d'immigration a sensiblement diminué.
Les ouvriers juifs qualifiés forment un noyau autour duquel les éléments déclassés viendront se grouper. La radicalisation de l'immigration juive apparaît déjà nettement au travers des événements sociaux. Au 1er août, les boulangers juifs ont pris position et suivi les directives du parti et de la CGTU. Mais il n'en reste pas moins que la majeure partie de l'immigration se trouve en dehors des industries les plus importantes et surtout groupée dans le vêtement, les cuirs et peaux, le bois, l'alimentation et les ouvriers travaillant à domicile.
Un facteur important dans l'immigration juive, la jeunesse universitaire. De nombreux étudiants éloignés des universités de Pologne, de Hongrie, etc., en vertu du mumerus clausus, sont venus en France. On en compte près de deux mille à Paris. Une bonne moitié, étudiants pauvres, est obligée de travailler et reste sympathisante au PC.
Si de fortes sections ethniques syndicales existent dans la région parisienne, leur activité non dirigée, mal contrôlée par les directions syndicales qui n'ont pas suffisamment réagi contre les tendances autonomistes et ne se sont pas assez préoccupées des revendications particulières des immigrés (par exemple, la section juive du textile se trouve tournée vers un nationalisme dangereux) qui les entraînent souvent dans des actions isolées qui les vouent à un échec certain. La répercussion s'en fait sentir dans l'insuffisance du recrutement et le manque de confiance de la masse dans l'organisation.
La composition sociale du parti, dans l'immigration juive, est mauvaise. Bien que la plupart des membres travaillent mensuellement, ils appartiennent en majorité aux éléments déclassés (petite bourgeoisie prolétarisée sans attache sérieuse avec le prolétariat). On compte à peine une centaine de membres du Parti dans l'immigration (…) Nos fractions dans toutes ces organisations fonctionnent mal, ne sont pas contrôlées et dirigées par les comités du Parti. Notre bulletin n°3 (décembre 1929) a publié nos tâches dans l'immigration juive. Elles sont en voie d'exécution dans la région parisienne mais l'ensemble du Parti ne se rend pas compte de la situation et se met trop lentement au travail ».(pages 60 à 63)

C'est pas génial et argumenté ? Où trouverez-vous une capacité d'analyse de classe pareille à l'heure actuelle ? Nulle part !

Les immigrés révolutionnaires juifs en France n'en sont qu'au début de leurs souffrances, d'abord quand ils déboulent en Espagne, comme en témoigne Jacques Penczyna, où l'anarchisme sera aussi autoritaire que le stalinisme:

« Les premiers procès de Moscou sont intervenus alors que nous étions sur le front de Huesca. Les informations que nous recevions allaient dans un seul sens et puis, nous ne pouvions pas discuter. Si un camarade se mêlait de discuter quelque chose sur la ligne fixée par le Parti, il était aussitôt écarté comme trotskiste, ce qui représentait la pire des accusations. On ne pouvait pas discuter. C'était comme ça et pas autrement. Ainsi, dans les diverses unités où il y avait des combattants juifs, il y a de nombreux cas où des camarades , nullement opposants mais qui posaient des questions mal venues, se virent chassés des Brigades. Ensuite, on ne savait pas ce que devenaient ces camarades ; s'ils étaient envoyés à l'arrière, ils étaient aussitôt emprisonnés dans une prison communiste à Albacete. Il n'était donc pas question de donner son opinion en toute bonne foi car on était immédiatement catalogué comme suspect ou comme provocateur contre-révolutionnaire.
Comment avait-on pu en arriver là ? En Espagne, nous étions tous enthousiastes pour lutter contre le fascisme et nous avons pu constater que des camarades étaient venus de tous les pays d'Europe pour soutenir la cause de la révolution. Les militants juifs, toutes tendances confondues, avaient été les premiers dans cette lutte. Il y avait un climat fraternel extraordinaire mais tout a commencé à changer avec l'arrivée des « Sovietnicki » et la création des Brigades internationales en novembre 1936. Dans tous les services des Brigades, il y avait des commissaires politiques russes, particulièrement à Albacete, au quartier général d'André Marty et à Barcelone. C'était souvent assez pénible. Je me souviens qu'à la caserne centrale d'Albacete, il y avait un certain Lamottte, c'était un véritable bandit ; il marchait comme un cow-boy avec toujours un pistolet passé à la ceinture. Il ne fallait pas le contrarier faute de quoi il vous faisait matraquer dans le meilleur des cas. S'il lui semblait qu'il avait affaire à un opposant, la fusillade lui paraissait le meilleur remède. Le matériel humain était traité avec le plus grand mépris et les jeunes qui arrivaient aux Brigades étaient expédiés au front le plus souvent sans véritable entraînement, sans même savoir se servir d'une arme, sans être en mesure de se défende. D'où des pertes insensées, de véritables massacres parfois. Le pourcentage de morts et de blessés était énorme. En plus, parmi ceux qui n'étaient pas sacrifiés au front, il se trouvait encore des victimes à l'arrière. Lors de la répression contre le POUM et les anarchistes à Barcelone, en mai 1937, je me trouvais là. Le climat était explosif depuis plusieurs mois et il était devenu dangereux d'avoir même une conversation avec un poumiste car l'on pouvait être immédiatement catalogué comme contre-révolutionnaire. Ce qui fait que nous devions éviter nos camarades membres du POUM ou anarchistes car dans ces mouvements, il y avait également des militants juifs, tout comme il y en avait eu dans la Colonne Durruti. »
Ces communiste juifs vont être aussi grugés pendant la guerre, bluffés par leur obstination à rester fidèles au faux communisme stalinien, mais Rajsfus tente de les dédouaner :
« Comme le PCF, le groupe des communistes juifs devait faire un rude effort pour remonter la pente et rétablir la confiance (après le pacte Hitler-Staline). Les militants juifs étaient restés fortement imprégnés de l'esprit internationaliste, ce qui constituait un phénomène particulier face aux militants français qui avaient, depuis quelques années, sombré dans cette attitude social-patriote qu'ils avaient tant reproché aux socialistes dans le passé » (p.125)

« Citoyens de seconde zone, les combattants de l'Affiche rouge, qui tomberont sous les coups des nazis, en février 1944, auront surtout lutté pour la liberté, contre le nazisme, et non pas pour les trois couleurs d'une France qui les avait si souvent maltraités (…) Les travailleurs juifs dont nous allons évoquer la lutte n'étaient pas des patriotes français ; ils avaient tout simplement cru trouver un refuge sûr et ils combattaient, le dos au mur, dans ce pays dont on leur avait dit qu'il était une terre de liberté. La plupart d'entre eux avaient connu la menace de l'expulsion contenue dans les décrets-lois scélérats de 1938 »(p.126).

Las le « parti » (stalinien) ne fera rien pour défendre les juifs en tant que tels ni la plupart de ses militants vraiment « antifascistes ». La plupart succombent néanmoins au « combat patriotique » :
« C'est une ambiguïté dans laquelle les communistes juifs s'enfermeront au fur et à mesure que la guerre approchera de sa fin. Isolés dans le combat pour leur propre survie, ils sont peut-être persuadés qu'en appelant à la guerre patriotique, ils font acte d'internationalisme » (p.126).
« Embarqué dans le social-patriotisme, les communistes juifs immigrés participaient en effectivement à la croisade ultra-nationaliste que menait le PCF dans la clandestinité » (p232).

Jusque là Rajsfus nous a bien décrit le dévouement et la naïveté de la plupart des militants juifs embrigadés dans le stalinisme avant, et pendant la guerre. Mais pourquoi cette ignorance du maximalisme marxiste des héritiers de la Gauche italienne en Belgique et en France avec la fraction à Marseille puis la Gauche Communiste de France, qui avaient été en contact avec les RKD, la minorité révolutionnaire la plus culottée contre le règne nazi, et composée surtout de juifs autrichiens ? Pourquoi Rajsfus livre-t-il en simple annexe VII le superbe tract des RKD du 1er Mai 1943 « ouvriers juifs, camarades, Classe contre classe », sans préciser que ce petit groupe courageux n'a rien à voir avec le stalinisme, ni le PCF, qui osent écrire, ce qui est parfaitement anti-stalinien et anti-pleureuses anarchistes : « Ne croyez plus les menteurs nationalistes. Les ouvriers allemands et italiens sont comme nous des victimes, ils sont nos frères de classe. Les SS sont, pour eux comme pour nous, l'ennemi principal »(pages 264 à 266)5.

C'est donc idiot et totalement gratuit d'affirmer vers la fin, page 330 : « Il est sûr qu'il n'y avait pas eu de combat révolutionnaire mené par des militants juifs, au cours de cette guerre ». Ah bon ! Et bé non, il y avait aussi des militants juifs comme Marc Chiric, les RKD et d'autres, et – juifs ou non juifs – nous restons fiers de ce combat qu'ils ont mené, même dans l'ombre et avec l'absence de reconnaissance des historiens ignorants ou putes. Rajsfus est un suiviste sans principe en mal de reconnaissance officielle comme tout intellectuel anarchiste, lorsque – pitoyablement – il regrette qu'à la Libération les patriotes staliniens passent sous silence l'aide inconditionnelle et naïve des FTP-MOI.

Enfin, au survol de cette comparaison de deux époques différentes pour des moments d'importantes immigrations, comparaison n'est toujours pas raison, mais si le capitalisme n'est plus sous le drapeau nazi en Europe, il traite de la même façon que les hordes hitlériennes des populations fuyant les guerres dont il est responsable, à cette différence près qu'il se prétend humain, qu'il n'a pas encore ré-ouvert des camps de travail ni gazé telle ou telle ethnie6, et qu'il dispose d'une floppée de personnages d'élite de gauche caviar et de groupuscules contestataires niveau charité publique qui exigent qu'il « fasse bien son travail ».
Quand aux populations en fuite, elles n'apportent nulle richesse ou rajeunissement comme le prétendent les sociologues aux ordres – ni militantisme anti-capitaliste comme les réfugiés des années 20 et 30 - mais stupéfaction, misère et désarroi.





1Un article du CCI sur l'hypocrisie gauchiste a été sponsorisé dans ma colonne de gauche comme excellent ; il ne faut pas exagérer, il dénonce l'hypocrisie gauchiste, mais le raisonnement est plein de maillons et de nœuds qui ne percutent pas finalement au niveau de la démonstration : aucune réponse, peut-on soutenir les migrants ou pas, et sous quelles conditions, comment soutenir des gens qui veulent partir ailleurs, qui se fichent de politique de classe comme de solidarité inter-ethnique, voire simplement de classe, etc.
2Une excellente émission de la 5 « Le monde en face » est revenu hier sur l'histoire de la dette. Génial, Depuis 1974 la dette n'a pas cessé d'augmenter. Mieux, personne n'envisage de l 'éponger. Le prix Nobel d'économie 2001 nous expliqua qu'on rembourse perpétuellement les intérêts, et que le capitalisme a besoin de la dette, justement pour aller de l'avant. On appris beaucoup aussi sur le temps en économie. La bourgeoisie française a levé des emprunts à 50 ans et s'en félicite. Il faudrait parler aussi de la fluidité des capitaux extrêmement rapide, qui sautent en quelques secondes d'un continent à l'autre, qui en nanosecondes peuvent mettre en faillite des centaines d'entreprises. La crise pétrolière a rythmé crises économiques et guerres locales depuis 40 ans plus que la baisse tendancielle du taux de profit ! Marxistes orthodoxes à vos claviers !
3Publié aux éditions Mazarine en 1985. Rajsfus écrit pour la Fédération anarchiste depuis de longues années des articles clairs et concis. Il ne faut pas lui demander d'être marxiste, mais il est redouté dans la diaspora bourgeoise juive (les purs et innocents) pour son réservoir d'archives et de mémoire sur des clans juifs pas très victimes. Auteur respectable donc même s'il oublie le mouvement vraiment internationaliste pendant la guerre. J'ai eu l'occasion de le rencontrer en 2007 à Cachan lors de la sortie de mon livre « Dans quel « Etat » est la révolution ? » ; il avait été victime des mêmes manœuvres du nommé Louis Janover, que contre moi, pour empêcher la publication d'un livre. Janover est ce pitre phraseur auto-suffisant qui a épaté les « jeunots » de Smolny, au point de le laisser se pavaner cent pages sur son « moâ » en introduction à l'oeuvre de Rosa Luxemburg.
4Sic ! Pas le nazisme, comme le claironnent la majeure partie des historiens officiels et leurs lecteurs anarchistes et gauchistes.
5Lire ce tract sur mon deuxième site, Archives maximalistes. ET aussi voir le superbe recueil des articles et tracts des RKD dans la revue de François Langlet, Tempus Fugit.
6On invoque l'usage de gaz moutarde (ah 14-18 quand tu nous tiens!) par Assad comme hier des gaz incapacitants par Saddam Hussein... ou oubliant les fabricants !

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