"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 24 janvier 2026

LA LUTTE DE CLASSE MEILLEURE ARME CONTRE LE POUVOIR ISLAMIQUE

 



interview de Yashar1





En Iran en grève il vaut mieux être photographiéde dos!



JLR : Tu es bien plus jeune que moi, quand as-tu entendu parler de cette « révolution religieuse « ? Quel âge avais-tu ?

YASHAR : Je suis un enfant de la « révolution »... mais c'était pas une révolution « religieuse ».

JLR : dis-moi plutôt comment tu as été plongé dans la politique ?

Y: j'ai été plongé dans la politique pluôt en France. Adolescent je me suis approché de la Fédération anarchiste. J'avais seize ans. Je pensais que la révolution internationale était en train de commencer. Et que la France était déjà préparée vers 1996. J'ai dit à mes parents : « la révolution intenationale c'est pour demain, donc je dois partir en Iran, pour la préparer en Iran ». Car dans mes souvenirs il fallait se souvenir de 1979. Là-bas j'ai commencé à diffuser des tracts dans les rues sous forme de lettre clandestine qui se concentraient sur la présence impérialiste américaine du moment. ; la jeunesse anarchiste iranienne condamnait vivement cette présence impérialiste. J'avais déjà vécu jusqu'à l'âge de sept ans en Iran. Juste après , avec mes parents, nous avons été vivre en Angleterre pendant quatre ans au moment de la guerre Iran/Irak.

JLR : tes parents étaient des intellectuels.

Y: oui mes parents étaient des intellectuels de gauche athées. Ma grand-mère paternelle, sous l'influence de Ali Shariati était devenue militante. Ce militant politique iranien, sociologue spécialiste des religions, philosophe avec cravate qui avait fait ses études en Angleterre dans les années soixante, avait entraîné de nombreux étudiants, les emmenant vers la religion avec le discours démocratique du chiisme. Le chiisme peut se présenter comme en faveur de la lutte pour la liberté. Les grands immams chiites étaient des martyrs de la lutte contre les califes Omavites et Abassid. Chaque chef religieux possède sa paroisse et ne dépend pas d'une hiérarchie cléricale. Chaque religieux étant le guide de sa propre paroisse.

Lorsqu'un curé écrit un livre de questions et de réponses idéologiques, il devient « guide ». Pour nombre de personnes qui achètent son livre, il devient aussitôt un personnage important. Le livre lui rapporte de l'argent, sans compter tous les gens qui lui garantissent un revenu annuel, en tant qu'impôt religieux. Or, pour gagner du succès auprès de ses lecteurs, il faut qu'il aille dans le sens du peuple.

Il faut savoir que, après « la révolution », les curés sont devenus employés d'Etat, avec une portion réservée dans le budget national. Une partie a pensé ensuite qu'ils n'avaient plus à suivre et compatir avec la population une fois logés dans leur poste étatique. D'autres sont estés fidèles à ce souci du peuple. Ce qui explique pourquoi on a aujourd'hui autant de mollahs en prison que de miilitants « rouges ».

La différence entre Khomeini et Khameini c'est qu'en 1979 Khomeini est un grand guide. Pas sorti de nulle part ; avant de résider en France les Américains le rétribuaient déjà. On le sait aujourd'hui parce que depuis les dossiers de la CIA sont sortis au grand jour. La Savak du Shah lui fournissait aussi une dotation parce qu'il estimait que les religieux lui devaient allégeance. Je le répète ce n'est pas une révolution mais une révolte religieuse, mais aussi une révolution de gauche. D'ailleurs le Shah avait dit  aux mollahs: « vous êtes en train de vous tromper parce que si les rouges sont pour l'instant avec vous, demain ils vont vous anéantir et prendre le pouvoir ». En 1960. une gendarmerie a été prise d'assaut par la jeunesse communiste, les « Fedayins du peuple » 19 ans avant la révolution ; ceci fut l'acte fondateur de la lutte armée contre le régime du Shah. Le Shah réprima dans le sang cette action insurrectionnelle ; cinq jeunes furent tués lors des échanges de tirs et onze autres fusillés par des pelotons d'exécution.

JLR : mais où est la place des conseeils ouuvriers, comment ça se passe, ce ne sont pas des conseils ouvriers comme en Russie et en Allemagne au début du siècle dernier ?

Y: Il y avait de tout petits partis de gauche, souvent surtout composés d'étudiants qui ont constitué par après des milices composées d'une trentaine de personnes, pour faire avancer la révolution. Ce sont surtout des étudiants qui abandonnent leurs études pour alleer se joindre aux ouvriers dans les usines et leur apporter leur aide politique intellectuelle. Des mouvements des gauches palestiniennes et libanaises leur faisaient parvenir des armes. Tous pensaient favoriser la venue de la guerre sociale pour qu'elle soit vraiment une révolution de classe.

JLR : mais il y a des grèves, des manifestations ? Les armes c'est pas tout.

Y: absolument. Là où le Shah sent que c'est foutu, c'est quand les grèves se généralisent dans le secteur pétrolier, c'est même une grève généralisée qui commence et elle est lancée par ce secteur pétrolier.

JLR : mais pourqoui les souvriers se sont-ils fait baiser par les religieux ?

Y: A ce moment-là Khomeini apparaît surtout en tant que religieux. Il faut préciser que dans la charte des miliciens maoïstes (ce qu'ils critiquent aujourd'hui) on interdisait aux femmes d'avoir des relations sexuelles danas l'organisation parce que nous sommes certes communistes (sic) et laïcs, athéistes, etc. mais nous sommes aussi le peuple musulman d'Iran ; nous ne devons pas donc contrebattre leurs valeurs religieuses (des mollahs).

Khomeini est alors un chef religieux au plus haut niveau et qui peut entraîner par ce statut clérical toute une population largement croyante. (description du pouvoir d'un Shah au 19ème siècle).

Le pouvoir finit par se détruire lui-même si on prend l'exemple suivant. Il y avait des milliers de prisonniers en opposition absolue au régime. Comme aujourd'hui il y a de nombreus « guides » emprisonnés ou en résidence surveillée. Le principal guide opposant au régime est actuellement en Irak et il est un des pires opposants à Khameini. Il est la plus haute autorité religieuse du monde chiite. Il est contre la participation des curés au pouvoir. Le pouvoir appartient uniquement aiu messie. Donc jusqu'à l'arrivée du messie, les religieux doivent se maintenir hors des affaires du pouvoir. Khomeini a réformé cette conception en faveur du pouvoir des guides et a brandi une nouvelle philosophie, qu'on appelle « vélaya faghig », assurant qu'en l'absence du messie, la haute autorité du clergé peut occupsr la place du roi. C'est pourtant un courant ultra-minoritaire dans la théologie.

Il faut se resituer dans l'ambiance de l'époque où nous avions la plupart des jeunes révoltés dans le monde admiraient le principal symbôle de la révolution moderne, le Che en Amérique latine, mais aussi le rétif anti-américain Castro, d'autres avaient les yeux tournés vers les mouvements de gauche politique libanaise, ces factions qui faisaient le lien avec la gauche palestinienne. Cerains s'étaient liés avec des chinois. On est surtout dans une période ou la lutte des classes est en première ligne.

JLR : alors après, si j'ai bien compris, il y a l'opportunisme des maoïstes qui finalement servent de marche-pied aux curés ? Que se passe-t-il après ?

Y: C'est l'intelligence des curés avec leurs réseaux des mosquées. Ils envoyaient dans chaque ville leurs guides les plus importants. Un cinquième de l'impôt religieux allait à chaque guide, et en plus des croyants lui envoyaient de l'argent pour qu'ils puissent voyager jusque dans les petits paroisses.

Khomeini a pu utiliser des guides à très haut niveau avec l'argent nécessaire.

Après la « révolution », nous avons trois grands courants : la gauche (avec les maoïstes, dans le sens contre le stalinisme) la secte islamo-marxiste, les Moudjahidins du peuple. Des gendarmeries ont été prises par ces trois courants et l'armement fût répandu dans la population. Cependant les bandes armées religieuses ont utilisé leurs réseaux pour s'établir au niveau national plus rapidement que ces trois courants. Mais très rapidement, à partir de 1980, une grande répression va forcer à l'exil les Moudjahidins et les autres partis de gauche.

JLR : Est-ce que les Moudjahidins sont prêts à revenir au pays ?

Y: Oui ils sont prêts à revenir. D'ailleurs ils sont soutenus en Iran par les américains et les israéliens. Ce sont eux qui ont donné les informations sur le nucléaire iranien au début des années 2000, contre le retrait de leurs noms sur la liste des organisations terroristes ; par contre ils n'ont aucune base populaire parmi les iraniens du fait de leur collaboration avec Saddam Hussein pendant la guerre Iran/Irak.

JLR : Excuse moi, avant de poursuivre, faisons une parenthèse, est-ce que tu estimes que si l'armada américaine intervient finalement …celaf avoriserait l'élimination des salauds islamistes et ouvrirait la voie à une reprise de la révolte et aussi sur le terrain de classe ?

Y: C'est ce qu'il dit Trump mais entre ce qu'il dit et fait...mais franchement il ne sait pas ce qu'il dit... Il a dit que c'était retardé et l'aide qu'il avait promise au peuple d'Iran il s'en fout.

JLR : Il ne faut pas se mentir, le régime est aux abois, et Trump pourait frapper.

Y: Bof le régime est mort depuis la révolution des femmes en 2022 (la révolution de Azadi/Femme, Vie, Liberté, suite à l'assassinat par le régime de la jeune Mahsa Amini pour un voile « mal porté »). C'est d'ailleurs la première révolution féministe de l'histoire, c'est important de le dire mais pas comme révolution de femmes en tant que telles mais de toute la société et aussi des hommes, mais les femmes ont été physiquement courageuses en étant devant lors des manifestations de rue.

Donc la république islamiste est morte. La situation est inverse de la fin du Shah, il y a une multitude de forces, de mafias qui ont des armes, de l'argent, qui ne sont pas unies, qui forment l'Etat. C'est un ensemble d'influence des caïds corrompus qui tient leur soi-disant république. Les gardiens de la révolution ne sont pas des gardiens d'une révolution. Ce sont des mafias dans le sud avec le pétrole, dans le nord avec l'importation de narcotrafics vers l'Europe et qui, à eux seuls, détiennent 60 % de l'économie de l'Etat dans un pays où l'économie est largement étatique.

JLR : Mais revenons à 1979, où sont les ouvriers ?

Y: Ils sont une des trois forces en présence. Il y a ce que j'appelle « les forces de gauche », des ouvriers qui deviennent révolutionnaires,. A l'époque, les ouvriers ont pris les armes et s'étaient mis en grève. Les grèves avaient commencé dans les raffineries de la ville d'Abadan dans le sud de l'Iran, ce qui avait déclenché la vague de protestation qui avait abouti à la révolution de 1979.

JLR : Mais ils sont vaincus.

Y: Ils sont vaincus là où le clergé avait ses réseaux. Et pas les ouvriers. La guerre sociale ira jusque dans les régions autonomes éloignées, le Turkistan et Turkmenistan iranien. D'abord c'est dans le Turkmenistan iranien que la révolte est matée dans le sang. Les religieux dénoncent les sectes marxistes comme sécessionnistes. Après la guerre, contre ce régime, se continue au Kurdistan où les forces ouvrières se joignent au combat du peuple kurde.

JLR : Mais c'est pas la classe ouvrière tes « forces de gauche ».

Y: Ce sont les iraniens, des ouvriers, des kurdes, etc. Tous veulent l'installation d'une république laïque. En même temps, chaque peuple veut avoir son autonomie. La dernière offensive contre l'Etat islamique se déroulait dans le Kurdistan. On est en 1981, et commence la guerre Iran/Irak. Forcément c'est une invasion étrangère (des irakiens de Saddam Hussein) . L'Irak a très rapidement envahi une grande partie du territoire iranien. Et l'union nationale iranienne fonctionne. Une partie des forces de gauche et des opposants abandonne le combat contre le régime pour aller au front. Des régions sont pourtant encore contrôlées par les opposants aux mollahs. Mais petit à petit le régime des religieux reprend le pouvoir partout. En 1987, des milliers de prisonniers jeunes, de 20 ans, 30 ans,sont assassinés en prison alors qu'ils n'étaient pas condamnés à mort. Au moins 6800. C'est le chiffre de Amnesty international. Avec la petite signature de Khomeini ou plutôt du procureur national qui lui demande : « que devons-nous faire de ces non-croyants présents dans nos prisons ? ». Il s'agit d'éliminer des « rouges ».

JLR : La répresion a eu lieu. Iil y a eu des miliers de morts mais qu'est-ce qui se pase après ?

Y: Bon il y a eu la grève de masse, pas vraiment cordooronée. Les partis commencent à quitter le pays à partir de 1982-83. les militants qui sont en prison sont, eux, exécutés. Cela décapite une génération enière de militants. Pour les partis cela signifie une coupure historique. Ce qui signifie qu'il faut tout recomencer à zéro.

JLR : Le long temps écoulé a-t-il permis l'apparition d'une nouvelle génération ?

Y: Alors le seul parti qui a plus de soixante ans d'existence et qui a subsisté, c'est le parti démocrate du Kurdistan. Ce n'est pas un parti de gauche mais un parti nationaliste. Aujourd'hui la plupart des maoïstes sont devenus des social-démocrates. C'était des jeunes qui étaient très radicaux quand ils avaient vingt ans et qui se découvrent social-démocrates à 60 ans.

La décapitation par la répresion a été fatale pour beaucoup de partis. Pour se reconstituer il a fallu en passer par des organismes neutres avec des associations comme les droits de l'homme, associations sous couleur humanitaire, etc.. Et puis dernièrement de nombreux étudiants ont rejoint les mouvements de gauche rennaissant. La politisation des étudiants étaient sous-jacente tout de même depuis 1997. Le premier mouvement d'opposition de gauche après la longue et terrible répression ; ce mouvement de redémarage commence avec ces étudiants. On a donc ce mouvement étudiant à partir de 1987, Il apparaît une soixantaine de journaux réformateurs. Trente cing ont été fermés en une seule journée.

Des journalistes ont été jetés en prison. En réaction les étudiants se lancent dans une grève, pendant quelques mois dans la cité universitaire de Perse. Un soir les forces de répresion entrent dans l'enceinte de l'Université tabassent ou tuent des étudiants. Or, dans toute l'histoire de l'Iran, ce genre de pénétration ne s'est produit que deux fois. Une enceinte universitaire était quelque chose de sacré. Par le pasé le Shah avait aussi maté une telle révolte à Téhéran au moment du voyage de Nixon. Les étudianta avaient jeté leurs chausures sur les voitures de Nixon et du Shah. Le Shah est sorti complètement de ses gonds. Les étudiants ont été battus jusqu'au sang et il y a eu plusieurs morts.

C'est pourquoi nous comémorons aujourd'hui, ce 22 janvier 2026, l'anniversaire de cete tuerie. Après, la deuxième fois fût celle du régime religieux iranien ; c'est donc les deux seules et uniques fois où ils ont violé l'espace universitaire. C'étaient les premières contestations de mase après l'installation de la république islamique. L

On peut mesurer ainsi à quelles échéances se déroulent les révoltes sucessives.Elles se déroulent en deux périodes, de 1996 à 2009 et de 2016 à 2018. En 2018 il y a une courte période de révolte, puis en 2022. Cela démontre que d'un espace de dix ans on est passé à six ans puis tous les deux ans ; ça se rapprochait ete cela se généralise. Le mouvement étudiant de 1996 se déroulait uniquement à Téhéran, à Ispahan et dans trois ou quatre grandes villes. Puis avec « femmes, vie, liberté », onn a eu 5000 personnes dans la rue dans une ville de 10.000 habitants. Ce qui veut dire que cela gagnait une majorité de la population. Maintenant ça s'est calmé mais des slogans sont entendus pendant la nuit. Mais une autre scission a eu lieu dans les forces de gauche. Beaucoup de gens ont dit que désormais l'avant-garde ce sont les syndicats. Cela démontre quand même une avancée du mouvement de classe.

JLR : Est-ce que avant et pendant la répression il y a eu des grèves, des manifestations de la classe ouvrière ?

Y: Entre ces dates, de 96 à 2008 c'est à peu près calme mais à partir de 2009 on a des grèves qui sont plus importantes que d'autres. Celle des chaufeurs de bus par exemple parce qu'ils ont de grands syndicats, qui sont pourtant divers. Nous avons par exemple des syndicats islamistes

ou des syndicats du régime, complètement inutiles et à la solde du régime. Mais nous avons aussi, depuis une dizaine d'années, des syndicats libres, réprimés et interdits par le régime, qui engagent des luttes et organisent des grèves. Sans oublier le syndicat des chauffeurs de bus téhéranais, le syndicat des étudiants de gauche ou encore le syndicat des ouvriers de la canne à sucre « Haft Tapeh », dont le principal slogan – Pain, Travail, Liberté – comme organisation communale mutualiste démontre l'esprit communiste de ces organisations ouvrières.

JLR : de classe ?

Y: Oui et leurs leaders sont régulièrement emprisonnés. Mais d'autres leaders émergent. Après dans le sud de l'Iran nous avons les syndicats des producteurs de pétrole et des ouvriers des usines de cane à sucre. On a eu un grand syndicat qui est parvenu à bloquer deux ou trois petites villes. Leurs leaders sont pareillement emprisonnés mais d'autres émergent. Il y a encore des massacres localement. Après apparaît un syndicat des enseignants. Des syndicalistes français de FO ont joué un rôle dans sa constitution. Les syndicats des camionneurs, des transports, du sucre sont les plus dynamiques. Il y a un syndicat plus de classe dans le secteur du pétrole : ce sont des contractuels qui sont moins contrôlables. Mais ces syndicats n'ont pas un rayonnement national.

Les seuls syndicats qui ont une corrélation et influence nationale sont les syndicats islamiques. .En revanche les enseignants ont essayé de provoquer des grèves nationales. Mais la chaîne nationale n'est pas encore très solide. Les chauffeurs de bus arrivent à faire des grèves étendues à Téhéran mais elles restent encore corporatives. Les syndicats au niveau national sont ces fameux syndicats islamistes, syndicats du pouvoir. L'Etat islamiste sait donc dans quelle ou quelle usine on crée des syndicats indépendants, emprisonnant très rapidement leurs animateurs. Mais il y a une combativité exceptionnelle et d'un courage incroyable. Par exemple cette jeune ouvrière, Sepideh Gholian, qui avait passé un mois en prison où elle avait été tabassée. Elle sort de la prison, elle enlève son foulard et crie « à bas la dictature ! ». Ils la remettent en prison, après l'avoir ratrappée sur l'autoroute qui allait jusqu'à chez elle. Mais elle recommence la fois suivante où elle ressort de prison. Ou encore l'histoire des sept prisonnières de la prison de Evin, qui avaient scandé : « A bas Khameneyl ! A bas la dictature ! Et « Femme, Vie, Liberté », le 16 setembre 2023 pour commemorer l'assassinat de Mahsa Amini.

JLR : Y a-t-il des vieux dans les mouvements ?

Y: Oui mais dans la majorité ce sont des jeunes. Mais le mouvement des retraites ne désemplit pas ces dernières années dans les rues et leurs leaders sont aussi emprisonnés et torturés. Pour les viols massifs il faut revenir à 1987 où ils ont exécuté des jeunes filles mineures. Eles ont été systématiquement violées avant d'être exécutées. Parce que la religion interdit d'exécuter une vierge. On violait systématiquement les jeunes files avant de les tuer. Les viols ne sont pas systématiques car de nombreux soldats refusent de s'abaisser, mais sont aussi menacés de la peine de mort parce qu'ils ont refusé de tirer (c'est pourquoi ils ont fait venir des milices de tueurs des pays étrangers) Forcément les forces de l'ordre sont obligées de tenir compte des réactions de la population face aux crimes les plus horribles. En plus il y a une forte opposition du clergé de base. Il y a aussi une gradation dans les tortures de punition. On peut couper un membre encore aujour'hui ; si tu pêux payer une certaine somme on ne va te couper qu'une main. Cela se pase en prison où un juge ordonne qu'on te coupe un membre. Si tu payes bien on t'envoie à l'hôpital pour te faire recoudre le membre. On te fait payer les balles qui vont t'abattre. Sinon si les familes n'ont pas d'argent, l'Etat islamiste récupère les cadavres pour les jeter dans les foses comunes de ses sbires tués par les manifestants et ainsi augmentent leur nombre de victimes des « voyous ». Du coup beaucoup de familles se précipitent pour récupérer les cadavres de leurs êtres chers et les enterrer dans leur jardin pour qu'ils ne les récupèrent pas pour leur idéologie islamique ou ne le laissent pourrir à la morgue. La flagellation est un châtiment encore très couramment utilisé par les juges.

JLR : Est-ce que tu crois que de manière générale la religion a pris un coup dans la gueule ?

Y: En fait l'oppression ignoble de la dite république islamique a favorisé la laïcisation de l'Iran. En 1973, un sondage (d'une fondation néerlandaise) établissait que 80 % de la population disait être croyante et pratiquante. Un autre sondage derrièrement montrait qu'il n'y avait plus que 20% de la population qui était croyante et seulement 6% pratiquante.

JLR : Est-ce que j'ai exagéré en disant dernièrement dans un article que ce qui se passe était le début de la révolution mondiale ? Est-ce que la révolution pourrait partir d'un pays comme l'Iran et pas de l'Europe ? En tenant compte du combat contre la religion qui était, pour Marx, la première des critiques des critiques ?

Y: Question importante qu'il faut réfléchir. Je ne sais pas mais la France est importante parce que vous êtes le pays classique des révolutions. Est-ce que cela pourrait s'étendre. Prenons l'Afghanistan. Sur beaucoup de points l'Afghanistan est en avant-garde par rapport à l'Iran : Pas au niveau de la mise en cause de la religion, Mais sur la condition de femmes, de la liberté de la presse, etc. L'Afghanisatn reste un pays extrêmement pieux où les anciennes religions ont encore vraiment leur place. L'Iran est en avance par rapport à la critique de la religion, même par rapport à la Turquie ; Erdogan réussit à s'opposer à la laïcisation, sauf dans l'ïlot d' Ankara . En Iran l'islamisation forcée a favorisé la laïcisation. Sauf dans les régions sunnites, il n'y a qu'une minorité de chiites qui fait la prière dans les mosquées . Ou peut-être un pépé de 90 ans.

JLR : Tu ne vois pas sortir de cette société un vrai mouvement prolétarien mais la seule alternative d'un régime bourgeois démocratique ? Même si les Américains bombardent ou bien est-ce que cela ne va que générer la guere civile  interethnique ou chaos régional?

Y: Moi j'ai très peur que si les A méricains bombardent on voit un regain du nationalisme.

JLR : Je ne pense pas. Imagine si, en 1914, les ouvriers avaient été tués par milliers à la veille d'août 14... la mobilisatistion aurait foiré.

Y: Pas d'accord, L'Iran n'est pas la France et reste très particulière à ce niveau là. On l'a constaté avec la guerre Iran/Irak et avec la guerre des 12 jours, l'union nationale se ressoude presque automatiquement. Les forces de gauche et d'opposition cessent de critiquer le régime des mollahs et ils partent au front. C'est la différence avec la France où le fait d'être nationaliste ou patriote n'est pas un critère respectable.

JLR : Tu ne penses pas qu'en bombardant et en choisissant une solution intelligente de recruter des collabos sur place comme au Venezuela (ce que n'ont pas compris tous nos crétins anti-impérialistes) on peut envisager un renversement des mollahs sadiques ?

Y: ça c'est possible mais ce qui me fait peur c'est qu'en faisant un bombardement désordonné, les Américains restaurent l'union nationale. Mais c'est aussi pour çà que Trump lorgne vers les fractions libérales même en partie ou à moitié islamiques.

JLR : J'ai tendance à dire : vaut mieux n'importe quel autre régime que de conserver celui-ci. Même si la révolution doit attendre.

Y: Moi aussi. On dit aussi que ce sont ces gardiens de la révolution qui pourraient se pointer en cravate pour une éventuelle transition, pas rassurante, comme l'autre con en Syrie, Ahmed al-Charaa. Mais on a bien vu pendant la guerre des 12 JOURS que la population était derrière le régime islamique. Cette guerre a retardé le mouvement de 2025 qui aurait pu d'ailleurs avoir lieu au moment de cette guerre, car à l'époque il y avait de grandes grèves des chauffeurs de bus. Les enseignants étaient aussi dans la rue, les retraités aussi. Mais le premier missile israélien nous est tombé dessus...


On reprendra cette discussion.


1Yashar est iranien, diplomé en graphisme, engagé politiquement dans le combat de classe, et ouvrier du bâtiment. Habitué des confrontations politiques publiques, il est intervenu durant des années dans plusieurs médias et a dernièrement polémiqué sur France Inter avec un royaliste iranien. Il nous éclaire sur les failles de cette « révolution religieuse ».

mercredi 21 janvier 2026

LE CAPITALISME QUI SE DECHAINE POUR SA SURVIE



Pour mesurer le degré de décomposition atteint par la bourgeoisie mondiale, il suffit d'observer la personnalisation délirante de la politique : le méchant Poutine, le fou Trump, le petit minet va-t-en guerre Macron . Cette personnalisation est en tant que telle un aveu de faiblesse. On fait croire que la déliquescence de tous les Etats capitalistes pourrait être stoppée par le volontarisme de personnages détonant, « piétinant les instances internationales de régulation » (CCI), voire nouveaux dictateurs capricieux et foldingues. La classe dominante agit toujours en tant que groupements d'intérêt en compétition. Le « dictateur » est dicté comme me le répondit il y a quelques années le PCI (bordiguiste). Donc ce ne sont pas des folies de Poutine ou de Trump mais bien des folies de toute la bourgeoisie qui n'a pour autre solution qu'une marche générale à la guerre même si des pans entiers de l'ordre mondial préfèrent fermer les yeux sur cette perspective inéluctable. Autre changement notable, le conclave de Davos avait été jusqu'à présent l'occasion pour les dirigeants des grandes multinationales de discuter entre eux dans une ambiance de vacances. Les vacances sont terminées. Place à la foire d'empoigne.

DECOMPOSITION DES DISCOURS ET DES COURS DES SATRAPES

Le sous-fifre taré de l'ayatollah Poutine, le minus Medvedev nous avait habitué à ses fracassantes et exhorbitantes menaces de détruire Londres ou Paris. Dans l'évocation du cataclysme l'individualisme autocratique met à jour la paranoïa des dictateurs. Récemment un autre sous-fifre de Poutine, avait argué que si son patron était zigouillé la terre entière occidentale serait rasée. C'est depuis un moment le tour de papy Khamenei. Cet autre sous-fifre du papy terroriste et tortionnaire, le général iranien Abolfazl Shekarchi a menacé hier matin l'ayatollah Trump de mort si Washington s'en prenait à la personne de l'ayatollah Ali Khamenei. «Trump sait que si on porte la main sur notre dirigeant, nous ne couperons pas seulement cette main, et ce ne sont pas des paroles en l'air». Trump égorgé par un curé islamiste ? Ils sont terribles ces barbus assassins, vivement qu'on leur bombarde la gueule. Dans la même cour de récréation, Trump avec sa casquette de chauffeur routier a immédiatement riposté avec sa sucette à la bouche que si on le tuait, même mort, les curés iraniens seraient tous occis : «J'ai donné des ordres très clairs. Si quoi que ce soit arrive, ils (ma CIA) les rayeront de la surface terrestre ».Quand il n'est pas un simple échange d'insultes, le discours bourgeois s'abaisse au niveau de chicaneries d'enfants.

Emmanuel Todd affiche de son côté une paranoïa anti-US. Il ne se cache pas d'être pro-russe et un fervent souteneur des mollahs assassins d'un « pays d'ingénieurs en pleine évolution mais toujours agressé par les Américains ». En revanche, il n'a pas tout à fait tort en insistant lui aussi sur la décompositon de la société libérale, américaine en particulier ; en décrivant une Europe qui n'existe pas et reste sous contrôle allemand ; en dévoilant la véritable stratégie « impériale » de l'Etat américain qui est non pas production mais prédation, vol du pétrole. Cette même politique de pillage sans fard est toujours justifiée par un mensonge. Au Venezuela la guerre aux cartels de la drogue, lubie sans fin. Au Groenland faire barrage à la menace russe, inexistante pour l'instant et déconcertante vu l'aimitié affichée des deux dictateurs. La focalisation sur le Groenland, assez ridicule d'autant que l'impérialisme américain le contrôle de toute manière depuis 1951, sert à faire oublier la suite des opérations vers l'Iran...

Le porte-parole de l'impérialisme US, contrairement à son discours électoral protectionniste s'est mis à foncer vers une nouvelle « colonisation impérialiste » parce qu'il continue à se faire baiser par Poutine qui n'a jamais renoncé à poursuivre sa sale guerre, au moins jusqu'à la prise d'Odessa. Il ne lui a pas été possible de faire plier Poutine alors il se redéploie ailleurs pour faire les gros bras. Il s'est fait trop longtemps des illusions sur la possibilté de faire plier l'Etat russe qui avait été humilié par l'Etat d'Obama.

Trump n'est pas tout puissant et ne peut pas enrayer le déclin américain1. Il fait peser sur ses alliés une apparence de puissance, mais il est déjà en situation de défaite face à la Russie et la Chine. En faisant croire depuis six mois que les USA seraient plus dangereux que l'impérialisme russe, le comportement erratique de Trump depuis des mois incline la Russie à taper plus fort en Ukraine, avec l'aide involontaire en outre d'une Europe impuissante. En réalité ce comportement erratique n'est pas le fait d'un Trump dictateur délirant mais la preuve de l'affolement de la bourgeoisie américaine. Cet affolement, c'est moi qui en parle, ne peut conduire qu'à une généralisation de la guerre. En plus le bordel interne, comme en France, se répand sur tous les plans à l'intérieur des Etats-Unis.

En revanche, Todd délire lui aussi avec son soutien à « la révolution religieuse » en Iran où le nationalisme serait gonflé par les menaces et attaques américaines. Comme le CCI, il n'y comprend rien. La situation en Iran est la clé de voute d'une future levée en masse contre les nationalismes. Le nationalisme en Iran est au degré zéro d'une dictature religieuse musulmane en train de s'effondrer. Vous n'imaginez pas, par exemple en France que, à la veille d'août 14, si la police avait procédé au massacre de milliers de personne, la mobilisation nationale aurait roulé comme sur des roulettes !

LES SILENCES DES MAXIMALISTES ET DE LA BOURGEOISIE DE GAUCHE

Outre d'en rester au niveau des analyses géopolitiques, ce minuscule milieu maximaliste (avec un maximum de généralités inoffensives) ne se rend pas compte que l'important ce n'est pas les grèves corporatives en Belgique où les manifs pépères sur les retraites en France ;; avec cette vision lointaine, alors qu'on approche de l'apocalypse : «  Il lui faudra (à la classe ouvrière) des années de luttes pour reconquérir son identité de classe et ses armes de combat ». En restant focalisés sur la grande géopolitique spéculative et le culot téméraire d'un Trump, en croyant aussi que celui-ci craint un éclatement militaire au Moyen Orient, ils occultent une autre menace de plus en plus probable que par contre voient poindre leurs ennemis trotskiens. J'ai déjà salué le bon tract-édito de Lutte Ouvrière2, mais je peux mentionner aussi celui d'une organisation qui se réclame du trotskisme, avec des orientations gauchistes assez délirantes3, mais qui ose (ont-ils tort?) en appeler à une révolution prolétarienne avec prise du pouvoir par les conseils ouvriers : (cf. groupemarxiste.info).

Plus intéressants sont par contre les silences de la gauche bourgeoise. Ou quand elle exprime un avis, elle est toute ensemble, cette malheureuse idéologie pourrie, favorable à un réarmement conséquent de la France du RN à FI. Macron, lui, éjectable en puissance, se démène, car il lui reste peu de temps, pour que les écoliers soient formés, comme chez Poutine, à aimer couleur kaki et maniement des armes létales. Quand bien même c'est trop tard. Tout s'accélérant et si la guerre commençait vraiment à se généraliser, le nationalisme imprègnant si peu la population européenne que, vu cette inquiétude et ce désarroi qui règnent, la bourgeoisie peut se brosser à imaginer des unions nationales forcément très faibles. Ces factions bourgeoises se perdent même en conjectures et conjonctures. Il y a ceux qui, du RN à LFI, croient que c'est l'Europe qui nous désarme, et qu'une Europe plus intégrée nous aurait protégé des desideratas américains. Ceux qui pensent qu'on aurait évité cette calamité avec une Europe plus intégrée sont à côté de la plaque. Avec plus, autant, moins ou pas du tout d'Europe, nous aurions connu la même situation. Pourquoi ? Parce que l'Europe de l'Ouest est occupée et vassalisée par les USA depuis 1945. Ce qui se passe de nouveau confirme par contre le déclin américain. Il est dans la nature des empires déclinants d'essayer de vampiriser leurs vassaux soumis pour essayer de prolonger leur survie. Comme cette mère indigne qui frapppe ses enfants pour se venger des violences de son époux . L'Etat américain n'est pas en train de poignarder ses alliés européens (cf. CCI) mais de les mettre au pas, de les imposer de façon ignominieuse parcequ'ils sont le principal marché...de la Chine.

La Deuxième boucherie mondiale a surtout enrichi les Etats Unis. Vous avez oublié comment s'appelait l'opération du débarquement de Normandie du 6 juin 1944 ? C'était l'opération "Overlord". Et "Overlord", ça veut dire "suzerain" en anglais, ça ne veut pas dire libération des pays européens, destruction du nazisme (ils ont aidé à en faire immigrer des milliers, et pas seulement des scientifiques), ça voulait dire imposer leur hégémonie à l'Europe en lieu et place de l'hégémonie allemande. Ils ne sont jamais repartis, y compris après la chute du mur de Berlin, la dissolution du pacte de Varsovie et l'éclatement de l'URSS. Au contraire, depuis 30 ans, les USA n'ont cessé de resserrer leur étreinte sur les pays européens via les technologies de l'information et l'intégration systèmes militaires aux standards OTAN-USA. La plupart des pays européens qui ont acheté le matériel de guerre américain savent qu'il reste sous contrôle électronique et blocable à tout moment depuis la maison Trump.

Les gesticulations du petit minet Macron accompagnent le déclin américain plus qu'elles ne lui nuisent. Ridicule ce « noyau dur » de l'Europe. Lequel serait constitué de l'Allemagne, de la Grande Bretagne et de la France. La première est un pays vassalisé par les USA depuis 1945. La seconde, qui a délaissé cette pauvre Europe, reste un cheval de Troie américain. Enfin la France, pays ruiné, grosse de nombreuses exoplosions sociales à venir face à des appareils politiques d'encadrement affaiblis, n'a que peu de capacités militaires malgré sa possession de l'arme atomique ; tout au plus peut-elle se préparer à une nouvelle débandade comme en 1940. Les autres Etats, comme la Hollande et le Danemark ne vont pas non plus se rebeller contre leur « protecteur » car ils sont équipés d'avions 35 qui ne volent qu'avec l'accord du Pentagone . Donc pas très crédible ni inquiétant ce noyau dur des vassaux qui prétendent se rebeller contre leur protecteur !



NOTES


1Trump n’est pas dangereux. C’est juste un larbin de la bourgeoisie affolée. Il n'a pas tort concernant une immigration destructrice des rapports sociaux, mais il s'y casse les dents comme ses défenseurs humanitaristes ; de plus il laisse au second plan l'islamisation de la société qui est un cancer issu de la décomposition capitaliste, quand l'immense révolte en Iran montre la voie, il faudra passer sur le ventre du capitalisme et de cette religion très capitaliste (soumission, mépris des femmes, appel au meutre permanent de tout contradicteur) pour vraiment libérer l'humanité.

2« Le peuple en révolte peut déciser de l'avenir », posant la vraie question : « par quoi remplacer le régime ? » et y répondant : « par un régime dirigé par les travzailleuses et les travailleurs ».

3Sur l'agression US au Venezuela sans voir, comme le CCI, cette ingérence non massive, mais une opération limitée, populaire dans le monde (on rigole de lac capture d'un dictateur), et coordonnée avec la vice-présidente de Maduro et une partie de l'appareil chavien capable de mieux assurer la continuité sous parapluie américain, sans gros dommages comme le croyait leur adversaire, le CCI.

lundi 19 janvier 2026

MEGAPHONE EN PANNE: FAUT-IL armer le peuple iranien?


 « Si la rotation de la terre est immuable, l'histoire, elle, n'est jamais écrite. Il suffirait que le peuple perse renverse ses tortionnaires et tout basculerait. Je suis convaincu que les Iraniens montreront au monde le chemin de la sortie de la religion. J'attends ce moment depuis longtemps. Il finira bien par arriver. Tous les ingrédients sont réunis : une civilisation multimillénaire et largement préislamique, une alphabétisation massive, une longue tradition philosophiqueet laïque du chiisme, un rejet qui sera forcément violent de la tyrannie religieuse ».

Richard Malka (Après Dieu)


« Décidémment je n'ai pas de chance avec les mégaphones ! A quarante sept années de distance j'ai foiré mes prises de parole publique. Dans ma vie, je serai donc intervenu oralement deux fois à Paris par le même intervalle de 47 années pour deux dates historiques dont la deuxième va bouleverser le monde.

23 MARS1979 : à l'époque du début d'une révolution en Iran où les ouvriers constituent des conseils ouvriers, révolution immédiatement violée par les tarés islamistes, la situaoion sociale est si explosive que nous croyions que la révolution de classe était proche. Rétroactivement nous pouvons remarquer que la gauche bourgeoise a en tout cas éreint le début d'incendie deux ans plus tard. La faute à l'absence d'un vrai parti communiste, comme diraient les bordiguistes ? La descente violente des ouvriers sidérurgistes au centre de Paris. A été nprobablement la dernière manifestation d'une classe ouvrière classique. Epoque de manifs de chômeurs, de la lutte à Longwy, des grèves des ouvriers immigrés en usine, etc .

Pour la « descente à Paris », chapeautée par la CGT, le CCI m'avait chargé de prendre la parole place de l'opéra (dans la réunion de section de l'organisation j'avais gueulé qu'on ne pouvaitbrester de simple diistributeurs de tracts). J'avais escaladé un réverbère face à l'Opéra Garnier, mégaphone en main, avec un petit discours simpliste d'appel à une généralisation des luttes Sauf que les autonomes à mes pieds se battaient déjà avec avec les cordons policiers,qui se mirent à charger. Je me précipitai pour descendre de mon perchoioir et fuir moi aussi la charge policière a vec ce curieux seul souci, rapporter le mégaphone intact au magasin loueur sur les Champs Elysées ; le câble avait été arraché mais on avait récupéré le micro. On m'aperçoit un court instant sur le lampadaire d'un film qui a été retiré de l'excellent site 'Fragments d'histoire de la gauche radicale' (Marche des sidérurgistes à Paris - 23 mars 1979 - [Fragments d'Histoire de la gauche radicale] ).

17 JANVIER 2026 : première manifestation pas simplement iranienne (contrairement à la précédente) appelée par les syndicats, seulement 15 jours après le début des massacres et un silence assourdissant de toute la gauche bourgeoise, et de la petite bourgoisie gauchiste et maximaliste. La manif débute par l'attroupement face au Panthéon (coucou Voltaire!). Elle sera très hétéroclite et hétérogène. Beaucoup de vieux, pourtant on est samedi. Seule présence visible d'une référence à la classe ouvrière avec son large panneau, Lutte ouvrière ; je suis allé les féliciter pour leur tract-édito, rare publication qui ne se soit pas indignée outre mesure de la capture du truand Maduro. Je me suis approché de ceux qui entouraient Nathalie Artaud et je leur ai demandé ce qu'ils pensaient du silence du CCI et du milieu maximaliste, dit anciennement ultra-gauche. Ils sont partis d'un grand éclat de rire.

Je vois passer Jérôme Guedj, que j'imaginais plus petit. Par après j'ai vu à la télé que d'autres politiciens bourgeois étaient venus pointer leur nez : Glucksmann, les sinistres Valls et Retailleau, le grand dadet Yannick Jadot de la branche écolo-bourgeoise qui ne représente plus rien. Mais tout ce personnel politique n'est venu qu'à titre de voyeurs. Mon souci n'est pas d'apostropher un de ces clowns parlementaires ; comme mon interpellation, lors de période des jeux olympiques, du gentil Olivier Faure (qui par sa finesse et son élégance me faisait penser à Raoul Victor) à qui j'avais lancé « vous êtes l'otage de Mélenchon » ; quoique je n'ose pas prétendre que je suis le seul à avoir impulsé le revirement du PS contre Mélencon.

Ce premier attroupement est bon enfant, les anciens drapeaux iraniens sont peu nombreux sur le côté droit du Panthéon, les types qui l'arborent ont une tronche un peu patibulaire apparemment drivés par un vieux chefaillon. Les iraniennes sont toujours aussi jolies ; on comprend pourquoi les tarés mollahs les obligent à se voiler.

Mon discours était rangé dans ma tête. J 'allais d'abord clamer que le peuple iranien est seul, terriblement seul. Puis dénoncer le silence de la gauche bourgeoise et ses syndicats. Poser la question : pourquoi ce silence ? Mais parce que vous défendez des intérêts électoraux minables : je me fous du vote musulman comme du vote breton.

Trois, parce que, au nom des hypocrtites droits de l'homme, vous protégez une religion qui est devenue un des principaux paravents du capitalisme et qui enrichit les pieux mollahs. Marx a dit très justement que la critique qui conditionne toutes les autres (critiques) est la critique de la religion ! La révolution française n'est pas terminée : oui séparation des églises et des mosquées de l'Etat.

Quatre, vos bêlements démocratiques, syndicalistes apolitiques, féministes, sont de la foutaise ! Le régime des sadiques tueurs mollahs ne tombera pas grâce à cette pitié humanitaire. Il faut des armes comme il en fallait pour l'Espagne en 1936. Trump n'est pas là pour libérer le peuple iranien. D'autre part tous ces prétendus libérateurs du peuple ukrainien se plaignent de ne pas avoir d'interlocuteir connu et crédible, moi j'en connais un: le prolétariat qui avait constitué des conseils ouvriers en 1979.

Le roi des cons iraniens comme intermédiaire serait une supercherie pas du tout crédible. Oui il faut une intervention extérieure du prolétariat international...et je finirai par un appel à un sit-in quotidien devant l'ambasse iranienne au métro Iéna.

Manque de pot, le mégaphone était à l'agonie, après le bruit de la sirène qui avait fait se tourner des centaines de tête, j'étais là comme un con à manipuler en vain tous les boutons. Tout le monde s'était détourné vers les litanies démocrassouilles des animateurs folkloriques des bourgeois réfugiés.

Alors j'ai pris la parole à voix nue, ce qui m'a fait perdre une partie de la trame de mon discours, sachant le peu de portée d'une voix sans micro face à une foule..

Les premiers rangs ne m'entendaient pas vraiment et pouvaient légitimement se questionner : « qui c'est celui-là ? Il parle au nom de qui ? La prochaine fois je viendrai avec un panneau sur lequel sera écrit « Révolution internationale » car persionne n'est propriétaire de ce titre .

La comparaison avec « des armes pour l'Espagne » ne me satisfaisait pas car le recrutement des ouvriers au niveau mondial pour secourir « la révolution espagnole » avait servi à les embrigader dans un camp républicain bourgeois contre l'autre, certes fasciste, mais préfigurant la césure du peuple pour une avancée vers la guerre mondiale. Les armes en soi ne sont pas le seul moyen efficace « de classe » si toute la population est armée avec les objectifs différents des classes. En Iran la classe ouvrière n'est pas non plus l'ossature de l'indignation, malgré nombre de grèves effectives même malgré la terreur des nazis mollahs, comme nous l'ont appris des kurdes iraniens qui ont pu maintenir des liens télléphoniques. Plusieurs discussions m'ont semblé très intéressantes au point d'maginer une conférence conviant tous les petits groupes maximalistes pour qu'ils se prononcent enfin, s'informent et soient à l'écoute de ceux qui sont concernés directement par la sauvagerie en cours. Mais, réflexion faite, c'est impossible, ce sont des cons enfermés dans leurs sectes et injoignables. Je ferai circuler des informations passionnantes d'une autre manière.

Enfin le départ de la manif fût annoncé de façon débile : les femmes devant, les iraniens derrière et les va-nu-pieds du tout venant pour former un cordon aussi étiré et cloisonné qu'un enterrement syndical.. A part une petite intervention policière pour séparer deux zigotos de sectes iraniennes opposées, la promenade humanitaire poursuivit son chemin, sans moi. RAS. Rois, mollahs et présidents n'ont aucun souci à se faire.

Enfin voilà, je ne vais pas vous dire comme Trump que je suis le meilleur, même si je me défends pas mal, mais considérez mon curieux parallélisme. Parler de toute ma vie seulement deux fois à Paris avec des mégaphones en panne, cela pourrait vous déprimer, pas moi. Le temps n'est pas encore venu où comme en 68 on se parlera dans la rue, sans passer par les portables, et avec cette volonté révolutionnaire de passer de la parole aux actes. Il vient et la religion va prendre un sacré coup de vieux.




jeudi 15 janvier 2026

Condamner la dictature théocratique religieuse n'implique ni le silence ni la complaisance envers Trump


Khomeini exporté par VGE

Le soulèvement en cours, immobilisé par un carnage sans précédent depuis 2000 ; n'est ni une simple révolte féministe, ni un mouvement de fragmentation ethnique, ni une révolution identitaire, ni une lutte marxiste ou postcoloniale , ni un combat patriotique. Réduire le soulèvement à des sanctions ou à la hausse du coût de la vie est donc un mensonde de « campistes ».. Il ne s'agit pas d'une émeute dela faim. L'effondrement économique est un facteur déclencheur, non la seule cause. La cause est la barbarie de la théocratie religieuse.La gauche néo-anti-colonialiste, imbibée pendant des décennies par l'idéologie trotskienne des libérations nationales, s'est déculpabilisée avec des arguments plus sociologiques que politiques : libération des femmes mais liberté aussi prétendue de subir le foulard, dénonciation d'un racisme contre les afghans, persécution des minorités sexuelles, etc. mais pas de dénonciation de la théocratie « anti-impérialiste » mais très capitaliste.

LFI et PCF n'ont pas cessé de prétendre sans honte« C’est seulement un mouvement social contre la vie chère », ont-ils dit. Comme un défilé pour nos retraites. Rien à voir avec les appels au meurtre légitime par la population martyrisée des saints mollahs milliardaires au pouvoir. L'Huma relookée démocrate n'a toujours pas peur de mentir effrontément  quand les syndicrates se sont tus eux aussi jusqu'à présent, et, face aux massacres ininterrompus, il ne s'agirait que d'organiser une nouvelle manif du niveau gnangnan de celles sur les retraites, et surtout de ne pas parler d'armer la population décimée: « Palestine, Venezuela, et désormais Iran. Les syndicats n’en finissent pas de battre le pavé par internationalisme (sic). La CGT, la FSU, la CFDT, l’Unsa et Solidaires demandent la fin de la répression, la liberté d'organisation et de manifestation, la libération des prisonniers politiques et le respect des droits de l’homme en Iran ».

Le ridicule PCF, qui réduit l'indignation féroce contre les massacreurs à une simple contstation, s'aligne ensuite sur l'idéologie féministe bourgeoise (sponsorisée par Israel lors de la vague d'émeutes précédentes, réduisant le mouvement à une révolte sexuelle de genre, lui évitant de parler de la théocratie religieuse : « les iraniennes invisibles »1

La distorsion narrative – seul l'impérialisme US est méchant (comme au temps du Vietnam) - ne se limite pas aux influenceurs gauchistes en France. Dans The New Republic, la journaliste Adrienne Mahsa Varkiani livre un réquisitoire implacable contre une partie de la gauche américaine qui, face aux soulèvements iraniens, oscille entre silence gêné et accusations délirantes de manipulation impérialiste. Elle rappelle que des millions d’Iraniens manifestent depuis des semaines contre un régime qui les opprime depuis 47 ans, au prix d’une répression militaire — tirs à balles réelles, hôpitaux saturés, morgues débordées. Wajsman observe une constante : les manifestations qui cadrent avec les obsessions de la gauche occidentale — anti-occidentales, anti-capitalistes ou anti-israéliennes — bénéficient d’un traitement empathique et soutenu. À l’inverse, lorsqu’un peuple se soulève contre un régime islamiste, rejette le Hamas, réclame la laïcité, l’égalité des femmes et une démocratie pluraliste, l’intérêt médiatique s’évapore. Il note l’ironie cruelle de progressistes « contre toutes les formes de suprématie », sauf lorsqu’elle est islamiste ; « contre la police », sauf lorsqu’il s’agit d’un État policier religieux2.

La théocratie islamiste n'est en rien une république (système politique où le pouvoir est élu par le peuple) pa plus que « les droits de l'homme » ne sont une réalité pour la classe ouvrière du monde entier. Au lieu d'en pleurnicher, il faut reconnaître que la capture de Maduro a constitué un coup dur pour cet Etat terroriste islamiste. Il faut savoir que près de 20 % du trafic mondial de cocaïne transite par des réseaux contrôlés conjointement par Téhéran et le Hezbollah, via le Venezuela. Depuis une décennie, les mollahs et les Gardiens de la réaction investissent massivement dans ce pays : rachat de chaînes de supermarchés, ouverture de comptes bancaires, acquisition de biens immobiliers. Autant de dispositifs destinés à exfiltrer leurs avoirs d’Iran en prévision du jour où il leur faudra fuir.

Le chaud et le froid des médias se poursuit au rythme des humeurs de Trump, avec toujours cette personnalisation des saloperies de l'Etat impérialiste US; avant-hier les médias du monde entier exhibaient la photo du premier manifestant destiné à être pendu. Trump n'avait-il pas déclaré qu'il se mettrait en colère si leur régime se mettait à pendre des gens innocents. Il déclare hier que la répression (les pendaisons aussi?) a cessé et que tout va bien. Passons sur les massacres et les milliers d'emprionnés voués à la torture. Ce jeudi matin l'Iran n'est plus à la une mais le Groenland et des soucis européens.

On nous apprend que la lenteur trumpienne serait dûe aux réticences de généraux américains et au refus de l'Arabie Saoudite de laisser survoler son territoire par l'armada américaine. Les Etats théocratiques, en choeur avec nos islamo-gauchistes, la main aussi sur le cœur, mettent en garde contre un risque de chaos dans la région3. Résumé : laissez nos collègues massacrer tranquillement, non pas les soldats du m échant impérialisme US mais leur propre population..

La gauche bourgeoise piégée par son soutien à l'islamisation : le campisme et pourquoi ils se taisent

Face à la nouvelle forme « d'ingérence ciblée » dans le désordre mondial intronisée parTrump au Venezuela, le « campisme » - inventé par le dictateur Fidel Castro, refait surface. C'est pourtant une théorie lamentable et de type nationaliste visant à « choisir un camp » dans les conflits militaires, et, en l'occurence les petits impérialismes contre les grands. Avec l'ingérence israélienne sans gêne et criminelle et sans limite (et pas du tout ciblée) à Gaza, en réponse aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023, le campisme a repris du poil de la bête, en partie justifié contre les massacres del'armée juive, mais qui aboutit sans nuance ou implicite au soutien des pires théocraties religieuses fliquant la région.

La dénonciation hystérique personnalisée de Trump sert de paravent à la gauche soumise aux électeurs hallal  ; même le commercial KFC a compris que pour ses clients, population pauvre des banlieues qui n'ont pas les moyens de se payer une nourriture convenable, il faut désormais servir hallal pour maximiser le profit

Les mobilisations pour protester conre les massacres israéliens à Gaza, qui ont explicitement présenté le Hamas comme un mouvement de résistance, ont dérapé sur un soutien total aux drapeaux palestiniens, simples cache-sexe du Hamas, lequel veut surtout la domination mondiale d'une théocratie religieuse et se fiche de la théorie gauchiste de « libération nationale » d'ailleurs totalement irréaliste et impossible. Leur meilleure marque de solidarité à la dictature religieuse iranienne est de se taire, car prendre position les mettrait à nu comme collabos d'un carnage du même ordre que ce que serait capable de faire la bourgeoisie moderne contre une véritable révolution prolétarienne. Silence bruyant cmme je l'ai dit la fois précédente , quand lesmédias de droite se taisaient aussi, pour finalement récupéer aussi par un bruit assourdissant une solidarité de confort éloigné en soutenant un « soulèvement national et identitaire ».

Quand les islamistes se présentent comme anti-occidentaux, ce sont des collègues en faveur de la révolution mondiale.

La violence islamiste est anti-impérialistte. Qu'on se le dise et le répète. Aujourd’hui, le scénario anti-impérialiste se répète. La « cause palestinienne » sert à nouveau de prétexte auxnationalistes islamistes : on prétend soutenir le peuple iranien, menacé par une ingérence impérialiste, afin de vouer celui-ci à être égorgé. Les meilleurs idiots utiles sont encore ces activistes minables de la gauche bourgeoise et petite bourgeoise, convaincus de sauver leurs électeurs musulmans, alors qu’ils ne font que servir à minimiser le carnage de la clique des tueurs aux ordres dAdolf Khameini. Avec pourtant toujours le mérite de combattre le fascisme inexistant ou ridicule en France.

Fumier sur le carnage, le petit faux communiste au poil ras, Ian Brossat, sénateur de l'ordre bourgeois, a banalisé ce régime assassin et terroriste en comparant, sans honte, la situation des femmes en Iran avec celles des femmes juives orthodoxes – qui ne risquent pourtant pas d’être lapidées pour adultère ou tuées pour un voile de travers. C'est pour se défendre d'être antisémite qu'il fait unclin d'oeil à ses électeurs musulmans parisiens ?

UNE REVOLTE RECUPEREE PAR L'IMPERIALISME ?

C'est sur les blogs de défense de l'islam qu'on trouve les meilleurs souteneurs de la gauche bourgeoise. On y apprend que la révolte populaire est « confisquée par la guerre idéologique ees occidentaux », mais prioritairement par rapport aux massacreurs islamistes qui, après tout, eux aussi, ne font que se défendre4.J'ai déjà expliqué que l'impérialisme américain instrumentalisait la révolte (quelque peu suicidaire hélas) mais pas pour sauver les milliers et milliers de victimes iraniennes mais pour ses cyniques objectifs géopolitiques. Mais actuellement qui massacre sauvagement ? Enfin il se fout totalement ce que pensent les martyrs révoltés !

Pour cet apôtre d'une lâche gauche bourgeoise, il n'y aurait pas eu silence de cette gauche (virtuelle dans son imaginaire) mais la fabrication d'une gauche occidentale aveugle . Que non elle n'est pas aveugle mais bien consentante ! Et son soutien au mouvement « femme, vie, libert é », était comme la corde qui soutient le pendu, indolore pour celui qui regarde et peu dérangeant pour les tortionnaires islamistes, leur évitant toute confrontation avec le prolétariat.

« Refus d'alignement » nous assure notre reprsentant de commerce d'un islamisme mou qui se tait lui aussi ? Mais au profit de quel autre alignement ? Suffit de lire par après :

« Le vrai cœur du discours : l’islam comme ennemi. Derrière la défense affichée des Iraniens se cache une thèse plus profonde : l’islam serait une civilisation intrinsèquement oppressive, incompatible avec la liberté. La révolte iranienne devient alors une preuve à charge contre une religion, une culture, des populations entières. C’est une falsification.
La révolte iranienne n’est pas une guerre contre l’islam. Elle est portée par des croyants, des non-croyants, des féministes musulmanes, des laïques, des athées. Elle vise un régime, pas une civilisation.Transformer cette lutte en argument islamophobe est une trahison pure et simple ».

C'est vrai que la plupart des manifestants ont conchié l'islam, cette religion capitaliste, et appelé à tuer ses assassins patentés et enturbannés, sans oublier les « mort à Khamenei », le principal curé assassin. C'est vrai que toutes les couches de la population et des religions étaient représentées, mais certainement pas les bigotes soumises – qualifiées, pauvre euphémisme, de féministes musulmanes - qu'on a vu lors des contre-manifestations manipulées par le régime théocratique. En résumé ce représentant d'un islamisme mou, qui, juridiquement, justifie les pendaisons, nous affirme son « refus de transformer une lutte populaire en argument de propagande civilisationnelle (qui légitime l’ordre géopolitique occidental). Notre pauvre représentant en est réduit à légitimer le nationalisme palestinien impuissant et culotte du Hamas...iranien

Indépendamment de la propagande « civilisationnelle » de l'impérialisme occidental, il y a bien une énorme propagande non civilisationnelle des bandits islamistes. Bien entendu nous ne choisissons pas non plus « la civilisation capitaliste » car il faut une autre civilisation pour l'humanité, passant d'abord, par l'arrêt des massacres islamistes et capitalistes.

Ce coup-ci évidemment que, comme toutes les véritables révolutions du passé,il faudra écraser la religion, surtout musulmane qui est devenue complètement complice du capitalisme et un moyen pour surtout enrichir une minorité d'exploiteurs idéologiques.

Une peite secte maximaliste assure qu'il ne faut jamais choisir un camp en bénissant la venue étenellement éloignée de la grande révolution universelle finale ; c'est une généralité qui ne coûte pas cher, mais on peut avoir des souhaits intermédiaires. Comme des millions de gens, j'espèreais (je l'avoue) une intervention de l'armée américaine, comme je l'a remercie d'avoir écrasé le nazisme. Cruelle illusion ! Trump et tous les dirigeants occidentaux se fichent des milliers de morts sous la mitraille de leurs compères gestionnaires du capitalisme.

Trump s'affirme enfin comme le pire des salauds, après son amitié confirmée avec l'autre salaud de Poutine, en parlant ce jour de désescalade, sut les tas de cadavres de son ami Khamenei. Et la preuve qu'il n'est qu'un mariole dépendant de ses vassaux Israël et Arabie Saoudite. Je persiste et signe: les événements en Iran posent les questions fondamentales pour une révolution universelle.


POSTFACE

A titre indicatif, je reproduis ici la prise de position intéressante d'un groupe trotskien, même s'il frôle la vérité en fin de compte en reprenant les mystifications éculées des autres cliques : « Les protestations en Iran assiégées par les ennemis intérieurs et extérieurs »5

« Un jour seulement avant l’agression impérialiste des États-Unis contre le Venezuela, Donald Trump, sous couvert de « soutien aux manifestant·es », lançait cet avertissement : « Si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours  ». C’est là le vocabulaire bien connu de l’impérialisme, qui prétend « sauver des vies » pour justifier ses interventions militaires – en Irak comme en Libye. Les États-Unis poursuivent aujourd’hui encore sur cette voie : rien qu’en 2025, sept pays ont été la cible d’attaques militaires directes de leur part ».

« ’État génocidaire d’Israël, qui avait mené avec cynisme son offensive de douze jours contre l’Iran sous la bannière de « Femme, Vie, Liberté », s’adresse cette fois en persan aux manifestant·es sur les réseaux sociaux pour déclarer : « Nous sommes à vos côtés »Toute honte bue, les monarchistes, allié·es iranien·nes du sionisme, se sont couvert·es d’infamie en assumant leur soutien à Israël durant la récente guerre et tentent désormais – par une mise en scène sélective et une manipulation de la réalité – de se présenter à leurs maîtres occidentaux comme la seule alternative possible. Ils ont ainsi lancé une campagne en ligne pour tenter de s’approprier les protestations, en déformant, altérant et parfois en falsifiant les slogans de la rue ».

« À ce paysage s’ajoutent les campistes se réclamant faussement de la gauche. Ces prétendus « anti-impérialistes » absolvent la dictature de la République islamique en lui prêtant, par pure imagination, un rôle anti-impérialiste. Ils remettent en cause la légitimité des protestations actuelles en affirmant que « se soulever dans les conditions présentes, c’est faire le jeu de l’impérialisme », ne percevant ce mouvement qu’à travers le prisme des conflits régionaux et comme un simple projet américano-israélien ».

«  les campistes apportent une réponse réactionnaire à une dynamique réactionnaire. Ils vont jusqu’à nous dire de ne pas mentionner, dans l’espace international, les récentes protestations, les massacres et la répression qui ont lieu en Iran dans une langue autre que le persan, de peur de « fournir un prétexte » aux impérialistes ».

« Celles et ceux qui descendent dans la rue sont las des analyses abstraites, simplificatrices et paternalistes. Ils luttent au cœur même des contradictions : ils subissent à la fois les sanctions et le pillage de l’oligarchie intérieure ; ils craignent à la fois la guerre et la dictature domestique. Mais ils et elles ne sont pas paralysé·es par la peur. Ils et elles veulent être des sujets actifs de leur propre destin, et leur objectif, au moins depuis décembre 2017, n’est plus la réforme, mais la chute de l’ensemble du régime ».

« Les slogans ont dès le départ ciblé l’ensemble du système. La progression du mouvement dépend aujourd’hui plus que jamais de la volonté des classes populaires, des jeunes, des chômeurs, des populations excédentaires, des travailleurs précaires et des étudiant·es.

Certains ont rejeté les protestations récentes de manière simpliste sous prétexte qu’elles avaient commencé dans le bazar – souvent perçu comme un allié du régime et une symbole du capitalisme marchand – et les ont déconsidérées en les étiquetant de « petite-bourgeoises » ou « pro-gouvernementales ».


«  Pourtant, le point de départ d’un soulèvement ne détermine ni son destin ni sa nature. L’étincelle initiale est souvent fortuite, et n’importe quel souffle peut rallumer les braises de luttes solidement ancrées dans le paysage politique iranien. De même, tout soulèvement peut évoluer vers une trajectoire éloignée de ses origines ».

« Avec les protestations récentes, l’étincelle a jailli du bazar mais s’est très vite propagée aux quartiers populaires urbains de Téhéran et à plusieurs provinces, notamment avec l’entrée en grève des travailleurs des marchés de fruits et légumes de Téhéran dès le cinquième jour ».

La faute à qui ? A la guerre des douze jours face à Israel, qui a contraint le régime à durcir la répresssion ! Plus l'intensification des sanctions occidentales ! Mais le pire, selon nos trotskiens inachevés, est que les devises d’exportation sont pratiquement prises en otage » !


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NOTES


1« L’Iran connaît depuis plusieurs semaines une nouvelle vague de contestation (sic). Les causes immédiates ne manquent pas de relais : hyperinflation, dévaluation de la monnaie, appauvrissement massif de la population. Près de 40 % des Iraniennes et des Iraniens vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté ». Le 12 janvier, finalement du même côté idéologique dissolvant, les féministes se réveillent après une longue indifférence et appellent au sit-in au Panthéon de « Solidarité féministe avec le peuple iranien » samedi prochain.

2cf .Le livre de Jean Birnbaum, Un silence religieux ; La gauche face au djihadisme 

3Marine Tondelier, Clémentine Autain, et même le chefaillon du PS nain, Olivier Faure, se sont inquiétés des frappes américano-israéliennes, une guerre « qui va provoquer le chaos ». Si le CCI prend position un jour, ce sera aussi cette mise en garde qui prévaudra plus le récurrent appel à la solution miracle bien connue.

4Blog de Kader Tahri Ouvrons le Débat: Iran : une révolte populaire confisquée par la guerre idéologique des Occidentaux: Mais c'est sûr que la récupération la plus puante est celle de l'impérialisme hébreux, larbin des USA, dont la presse « Actualités » a des arguments aussi simplistes et hypocrites que notre représetant de commerce de l'islam : Acte d'accusation contre l'ONU et l'Union européenne 12.000 morts!!! ». Soit un peu moins ou un peu plus que le carnage de tsahal à Gaza.

5Les protestations en Iran assiégées par les ennemis intérieurs et extérieurs - Gauche anticapitaliste


temps de réalisation: 5 heures