"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

lundi 11 février 2013

MISERE DE L’EUROPE ET EUROPE DE LA MISERE




Dans la queue de la caisse n°13 du Supermarché j’évite, moi le retraité planqué, de croiser le regard du jeune papa qui a étalé devant la caissière une flopée de pièces jaunâtres, comme si cet adulte avait cassé la tirelire de la petite gosse près de lui, pour payer ce misérable petit bibelot en plastique. Mon caddie est heureusement pourtant moitié plein aujourd’hui. La caissière ricane. Je suis gêné pour le jeune papa et je ne fais pas écho à ce gloussement désagréable. Ce n’est pas la première fois que je remarque la pauvreté honteuse dans mon supermarché habituel. Depuis longtemps j’en ai observé les signes, les comportements furtifs ou les excroissances provocatrices – le caddie débordant le jour de la perception des « allocs » - mais je suis simplement effaré par sa caractéristique majeure : elle est exponentielle. C'est-à-dire qu’elle existe bien, se développe mais on ne sait pas trop bien si elle est la conséquence de « trop d’Etat » ou de « moins d’Etat », ces deux mamelles que secouent politiciens de gauche et de droite, où tous sont d’accord pour refuser que l’Etat soit la « vache à lait » d’une société d’assistés. Mais où le sein droit hurle qu’il y en a marre qu’on pompe tant patrons, investisseurs, concepteurs, héritiers et milliardaires et qu'il vaut mieux se répandre, en guise d'option politique, en attaques odieuses ad hominem sur la personne de Hollande. En clair la gauche bourgeoise voudrait bien toujours le beurre et l’argent du beurre du temps du capital bien portant quand la droite bourgeoise voudrait faire croire qu'à la place chaude, dans la tempête mondiale, elle ferait miracle en faisant produire le beurre low cost les prolétaires et en crachant sur les chômeurs; par exemple  à la manière teutonne, 6 euros de l'heure pour le jeune immigré "non assisté"! La solution à la crise selon les internautes de droite connards, artisans et petits patrons, est nette : « Réduisons les acquis sociaux.... et payons nos dettes ». Mais les dettes de qui ? Il existe une vieille tradition en France de célébrer l’Allemagne comme le grand exemple, les collabos pétainistes ne sont pas tous morts. La « fortune » économique du capitalisme allemand est toute récente, elle date de l’époque du chancelier Schröder qui, même quitte à y perdre sa place de chancelier « socialiste », prit une série de mesures de « dégraissage » de l’Etat qui est censée encore de nos jours être la potion miracle exemplaire que devraient suivre tous les traînards de l’Europe du Sud et la France, dispendieuse avec son lourd « mammouth » de fonctionnaires et d’assistés !
Je perçois un peu ce que signifie l’Europe et ses produits en compétition chaque fois que j’arpente les couloirs épiciers de la grande surface commerciale. Le Conseil européen, le budget européen, les conciles bruxellois sont aussi loin de mes préoccupations que les petites querelles entre les fainéants de l’élite parlementaire nationale. Quand on me perle d’Europe j’ai plutôt tendance à sortir mon revolver, comme quand on me parle de la France. Ces sujets sont tellement abstraits pour mon pauvre esprit que lorsqu’on m’informa récemment, comme à des millions d’  «  européens » que les élites européennes et nos chefs d’Etat s’étaient querellés toute une nuit, et n’avaient résisté au sommeil que par la grâce du Coca citron, sur le « budget », je me suis demandé à quoi servait un budget européen. Etait-il un budget supranational ? Un budget dans le budget, un Etat dans l’Etat en quelque sorte ?

A quoi sert le budget européen ?
Jean-Luc Sauron : « Le budget européen vise principalement deux objectifs : le renforcement de la compétitivité (innovation, recherche, développement des réseaux de transports et des interconnections énergétiques) et de la cohésion (les fonds structurels pour venir en aide aux régions les moins développées) pour près de 45% des dépenses ; les aides à l'agriculture et au développement rural (Politique agricole commune -PAC-) pour près de 43% des dépenses. Le reste concerne les dépenses liées aux questions de sécurité intérieure (un peu plus de 1%), de sécurité extérieure (l'UE comme acteur mondial pour plus de 5%) et près de 6% pour les dépenses administratives relatives au fonctionnement des institutions européennes. Le total de ces sommes représente, pour une année, environ 145 milliards d'euros soit 1% du RNB de l'UE. C'est un chiffre vraiment très faible: 244 euros par citoyen et par an pour les 502 millions d'Européens. A titre de comparaison, le coût annuel du chômage des jeunes en Europe (18/35 ans) revient à 150 milliards d'euros (soit 1,2% du RIB)[1]. Surtout, 64% de ces dépenses sont effectués au bénéfice des Etats membres de l'Union européenne, et seuls 6% pour le fonctionnement de l'administration de l'UE. Quel budget d'un des 27 Etats membres pourrait se prévaloir d'un tel pourcentage consacré aux investissements et d'une si faible part utilisée pour son fonctionnement ? La vraie difficulté provient de l'origine des recettes utilisées : elles sont à près de 90% d'origine nationale (contributions nationales, pourcentage de TVA). Les Etats gagnent même de l'argent en recouvrant les droits de douane au bénéfice de l'Union. Ils gardent 25% des droits recouvrés pour leurs frais administratifs ! Mais surtout, l'origine nationale des recettes conduit les Etats à faire prédominer les préoccupations nationales (PAC notamment) sur des objectifs réellement européens, c'est-à-dire conçus au regard des besoins du continent européen tout entier. L'effet levier, favorable à la croissance, est gommé par cette myopie quant aux objectifs. Le budget européen est daté. Il ne vise qu'à prolonger les priorités nationales, ou plutôt du tiers (7 ou 8 Etats) le plus politiquement influent, sans être pensé pour le développement de la totalité. En réalité, la bataille sur son chiffrage n'est qu'un leurre pour empêcher les opinions publiques de s'intéresser à la seule question qui vaille : son efficacité investissements/résultats ».

Les sommes distribuées par le budget européens sont-elles plus importantes pour certains pays que pour d'autres ? 

« Il serait fastidieux de faire le pointage Etat par Etat. Il est possible de souligner que les plus gros contributeurs du budget (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne) sont des contributeurs nets (ils versent plus qu'ils ne reçoivent). Il s'agit des économies les plus importantes de l'Union européenne. Les Etats bénéficiaires sont principalement la Pologne, la Grèce, l'Espagne et le Portugal. Grande découverte de pointer que l'argent passe des économies développées aux économies en croissance ! Le budget européen répare les blessures de l'histoire. Il a commencé par panser les plaies de la Seconde guerre mondiale (France, Allemagne, Italie, Bénélux). Puis il a permis aux Etats soumis à la régression sociale des économies sous dictature militaire (Grèce, Espagne, et Portugal) ou communiste (pays d'Europe centrale et orientale) de reconstruire une société de progrès social par le partage économique. La source des économies n'est pas là. Elle doit être trouvée au sein des objectifs choisis et des financements nouveaux pour dénationaliser la définition et la conduite des priorités budgétaires ».

La Croix écrit : « Triste fin de semaine pour l’Europe. D’un côté, des marchandages sans ambition autour du budget de l’Union européenne. De l’autre, un spectaculaire pataquès autour de lasagnes à la viande de cheval révélant qu’en dépit de la crise de la vache folle, à la fin des années 1990, l’Europe ne dispose pas de règles suffisamment fiables en matière de « traçabilité » alimentaire ».

1.     LE GRAND VAINQUEUR CAMERON ?

David Cameron, qui avait laissé croire vouloir pousser les anglais à quitter l’Europe, aurait réussi à faire basculer le vote en faveur d’un budget « austéritaire », le conditionnel est de mise car nous ne savons pas comment ces bourgeois européens discutent en coulisses[2]. Toute la médiocratologie de crier que Cameron rentre en vainqueur au 10, Downing Street, à la frustration des Français et des Italiens ! Le premier ministre quitte Bruxelles en gardant quasiment intact le fameux «rabais» de 4 milliards d'euros arraché en 1984 par Margaret Thatcher. La bourgeoisie anglaise se permet de ne pas honorer ses dettes tout en paraissant dicter les conditions de sa participation partielle à l’Etat européen virtuel. Le triomphalisme de Cameron semble tout à coup plus un coup de main de ses collègues européens pour sa politique intérieure. Via la presse people, Cameron conforte l’arrogance nationaliste de ses « europhobes » sa capacité à brider les ambitions d'une Europe jugée envahissante. Aux britanniques «europhiles», il démontre que le Royaume-Uni peut peser puissamment sur la décision, s'il se résout jamais à rester dans l'UE. «Travailler étroitement avec les Néerlandais, les Danois, les Suédois et travailler très étroitement avec Angela Merkel, ce n'est pas être isolé», lâchait David Cameron au sortir du sommet.
Cameron est aussi indispensable à Merkel que l’inverse. Le sommet était bien un bras de fer politique, l'opposition frontale de deux visions contradictoires de l'Europe. Hollande, promoteur d'un budget européen basé sur une croissance « imaginaire », aurait boudé David Cameron, ledit grand vainqueur du sommet des faux-culs. Cameron est le nouveau Chamberlain de la presse people, il a terrassé le petit coq Hollande ! En Angleterre, une caricature du Daily Telegraph, quotidien conservateur, a tempéré le triomphalisme de la presse populaire : Sur un tapis rouge, devant la presse mondiale : David Cameron, Angela Merkel et François Hollande.Tous les trois font le signe de la victoire sur le dessin. Mais pendant que le Premier ministre britannique, au milieu des deux, brandit une pancarte annonçant « budget réduit », le président français lui prend son argent dans sa poche revolver… Derrière la vantardise de chacun, le compromis jette un froid. Les Etats économes - en gros, l'Europe du Nord et surtout l'Allemagne - ont gagné contre les Etats « dépensiers ». Mais, au bout du compte, la contribution britannique va quand même augmenter. Et le baratin enveloppe la galette pourrie : « Ce n'était le budget parfait de personne », écrit pour sa part le Financial Times, mais « c'est une rare victoire de David Cameron en Europe, grâce à la chancelière allemande. Et surtout une victoire de l'Europe. Le message au reste du monde, c'est que malgré les frictions entre les Etats membres, l'Europe se parle et avance. Elle est capable de réforme quand cela ne marche pas, c'est un signe d'espoir. »
Ce dernier canard britannique veut faire croire qu’Angleterre et Allemagne sont plus européens que les autres. Mais tous chantent cette chanson, quand, en réalité c’est le chacun pour soi de chaque Etat national qui rythme l’hypocrite et flasque maillage européen. Chaque État membre a cherché d’abord à défendre ses intérêts sans se soucier d’un objectif commun. Pour la France, ce sont les crédits consacrés à ses agriculteurs. Pour l’Allemagne, les fonds destinés à l’ex-RDA (terre d’élection d’Angela Merkel). Quant à la Grande-Bretagne, sa « ristourne » ne diminue pas : ce que David Cameron veut pour l’Europe ne vaut pas pour son propre pays ! L'Europe, affaiblie par la crise, doit rogner sur son budget pour la première fois de son histoire. De 2014 à 2020, la baisse sera de 3 % sur les sept années précédentes. Mais le « message (européen) au reste du monde est bien pitoyable comme l’explique notre machin souverainiste.

2.     UN BON COMPROMIS ?

Qu’en dit MARIANNE?
« Impossible de dissiper ce sentiment de honte. Poisseux. Ecoeurant. Les ministres ont beau se succéder aux micros pour tenter d’expliquer, après François Hollande, que l’accord sur le budget européen est « un bon compromis » et qu’au fond « c’est moins pire que si c’était pire», ça ne passe pas. Ce lâche soulagement des dirigeants politiques trop heureux de ne pas avoir ajouté une crise de la Communauté à la Crise économique, c’est le triomphe de la myopie et du « court-termisme ». Sans compter la faute morale qui consiste à accepter une diminution de l’aide alimentaire pour les plus pauvres, il y a dans cette réduction –une première !- des moyens accordés à l’Europe une erreur économique et une démission insupportable de ceux qui ont en charge le destinée de la Communauté, à commencer par la France. Même contrainte, celle-ci n’en a pas moins accepté, enfin son Président, que triomphent les égoïsmes nationaux plutôt que l’intérêt et le rêve européen.  Et sans même qu’on s’autorise un éclat, une divergence symbolique, une charge au panache…Le commandant en chef de la Nation tout auréolé du succès de sa geste guerrière,  avait pourtant l’opportunité de faire claquer les mots et le drapeau. « Papa hollande », le libérateur de Bamako pouvait parler fort au nom du peuple africain mais aussi français de l’impérieuse nécessité de faire croître une Europe puissante dont le besoin se fait si cruellement sentir non seulement dans le Monde mais sur notre territoire national. Il en avait d’ailleurs pris l’engagement pendant sa campagne électorale, puis après sa victoire électorale, lorsqu’il assurait que la rigueur en France serait compensée par une relance européenne à laquelle il accrochait son destin et le nôtre. Son silence ensuite face aux tergiversations de Merkel, puis aux provocations libérales de Cameron ne pouvait être qu’une promesse de fermeté future dont il ferait démonstration à Bruxelles. Le mâle du Mali serait celui de l’Europe qui n’attend qu’un projet ferme et une voix forte pour se ressaisir et stopper sa dégringolade aux abîmes de l’impopularité. La défense des seuls intérêts particulier mine toujours plus le collectif dont le principe même est atteint par des dirigeants qui devraient en être les garants et les pédagogues auprès des peuples déboussolés.  Car la Communauté réduite aux aguets et aux acquis du seul marché n’est plus qu’un machin techno monstrueux dont on voudrait qu’il fut protecteur mais qui ne cesse d’inquiéter chaque jour davantage. Or ce recul budgétaire fait passer de l’inquiétude à l’angoisse. En s’avouant sans projet, sans dessein, en se repliant au lieu de se déployer, les européens creusent leur propre tombe. Et que celui qui s’est toujours présenté comme le fils spirituel de Delors et quasi comme un fédéraliste européen consente à cette mise en bière anglo-allemande est plus cruel encore. Car cela montre que face aux antieuropéens nationalistes d’un côté qui ne cessent de se renforcer et de l’autre face aux euro-libéraux stricts il n’y a plus rien. Ou plus grand chose hélas : les références à une Europe sociale solidaire, à une civilisation humaniste commune ne semblent plus que des vieilles lunes célébrées par quelques boy scouts attardés le soir à la veillée. Sans même qu’ils puissent espérer qu’une croissance commune un jour ravive les couleurs de leurs chants et de leurs feux de camp ! ».

3.     Culpabiliser le prolétariat et favoriser le nationalisme :

La passe d'armes, plus ou moins arrangée et orchestrée en coulisses par tous ces chenapans, ne peut masquer toutefois, comme je l’ai déjà souvent souligné, le début de la fin de l'axe franco-allemand. L’Allemagne est tournée vers l’Est pour son approvisionnement en matières premières, et, ajouté à sa politique de bas prix pour des produits de qualité, était plus intéressée à ce que la troublante Angleterre reste à sa manière dans le jeu européen. Et tout diplomate sait que, comme au temps de Bricolo-Sarkozy c’est Merkel qui mène le jeu.
Avec la complicité des élites « socialistes » au gouvernement, à toute cette bagarre au premier plan - en faveur de « réduire» les « dépenses » de l’Etat (cf.de « nos administrations »), du souci de résorber le déficit de la « sécu » en ne refilant pas des allocs aux immigrés (puisque ce n’est pas le cas en Allemagne), en diminuant les charges pesant sur les entreprises – et d’un tas d’internautes anonymes qui reprennent en boucle ces arguties pourtant abstraites et loin des réalités quotidiennes de prolétaires - les Etats bourgeois européens visent à culpabiliser le prolétariat comme s’il était associé à la gestion des « dépenses » et soucieux de réduire « le montant de la dette » quand il a surtout du mal à joindre les deux bouts de son propre misérable budget…
Le « budget » de l’autocratie européenne lointaine et féodale, diminue d’une somme relativement faible un poste jugé inutile (Dans le budget qu’elle vient d’adopter pour la période 2014-2020, l’enveloppe consacrée aux pauvres en Europe passe de 3,5 milliards d’euros à 2,5 milliards pour la période 2007-2013, soit une réduction de 1 milliard d'euros) – l’aide aux organismes de secours contre la faim – mais en comparaison l’aide sur le poste chômage est encore plus ridicule et certains édiles bourgeois reconnaissent même leur impuissance face à la marée de dizaine de millions de chômeurs européens…
Avec le vacarme créé par la gloriole tressée à Cameron il fallait s’attendre aux cris de haine nationaliste, qui filtraient déjà sous Marianne, et qu’on retrouve naturellement dans le résidu du parti stalinien français (qui vient d’enlever du décor les antiques faucille et marteau, symbolique qui renvoyait trop à la dictature du parti sur le prolétariat ) :

« Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a dressé samedi un réquisitoire contre "l'Europe de l'égoïsme", "au service des milieux financiers et patronaux", et a appelé "les forces de progrès" à s'unir pour une Europe plus "solidaire", lors d'un discours au congrès de son parti. "La construction européenne, dans son mode ultralibéral, est aujourd'hui une machine extrêmement sophistiquée au service des milieux financiers et patronaux, et largement dominée par les intérêts des classes dirigeantes des pays les plus puissants, au premier rang desquels l'Allemagne", a lancé, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le patron du PCF. Face à la crise, "au lieu de changer de cap, les forces du +consensus libéral+ organisent la fuite en avant vers un fédéralisme centralisateur et autoritaire, seul capable à leurs yeux d'imposer l'austérité à des peuples qui la rejettent de plus en plus explicitement", a ajouté Pierre Laurent, qui dirige aussi la Gauche européenne, une alliance de partis communistes à travers le continent. Evoquant le budget de l'UE adopté vendredi, "qui, pour la première fois, attaque les maigres dispositifs de solidarité existants", il a affirmé que "leur Europe devient celle de l'égoïsme et non pas de la construction, mais de la déconstruction européenne". Les dirigeants européens se sont mis d'accord vendredi sur un budget d'austérité pour les sept prochaines années, en baisse pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne."Cela fait resurgir les replis nationalistes ou régionalistes, et prospérer de dangereux populismes racistes et xénophobes", a ajouté le numéro un du PCF »[3].

Or que signifie cet appel à « l’humain » et aux « forces de progrès » ? Que tous les petits rigolos gauchistes et débris de la gauche gouvernementale vont pouvoir pétitionner pour faire revenir les cyniques nobles européens sur leur suppression de l’aide minus aux petits frères des restos du cœur ? Phrases d’estrade ! En réalité la gauche bureaucratique avec tous ses plaqués syndicaux des administrations et milliers d’élus municipaux tient trop au capitalisme actuel dit ultra-libérale pour conserver ses « niches sociétales », et n’a aucune solution alternative, ni nationalisations bidons inutiles au niveau actuel des échanges mondiaux ni une vague autogestion plouc ! Les déclarations du PCF sont encore une fois toujours ambiguës quand il évoque les « replis nationalistes »… il connait bien le sujet puisqu’il a appelé à voter en vain contre l’Europe anti…nationale.

4.      Une note d’Click here to find out more!agoravox montre la « paupérisation de la pauvreté » qui débordera de fait (et déborde déjà) l’Europe de la misère :

« Ce vendredi 8 février 2013, l’Union Européenne a décidé de réduire l’aide alimentaire qu’elle donne aux démunis sur son propre territoire. On pouvait comprendre cette décision si le nombre de pauvres en Europe baissait. Or, ce nombre n’a jamais été aussi haut, surtout avec la crise systémique qu’elle connaît depuis 2008. En France où il y a officiellement 8 millions de pauvres, sans compter les citoyens de seconde zone des DOM-TOM et de Mayotte, les Restos du Coeur, qui distribuent chaque année des millions de repas, ont enregistré cette année une explosion des demandes d'aide. Plus largement, dans tout l’espace européen, les chiffres d’Eurostat parlent d’eux-mêmes. En 2010, selon ses statistiques, Eurostat disait qu’il y a 115 millions de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale. Ces chiffres ont évidemment augmenté avec la crise qui ne cesse de provoquer quotidiennement la fermeture de centaines voire de milliers de postes de travail dans l’espace européen où les plus grands patrons licencient et s’en mettent plein les poches. Les années à venir ne sont pas faites pour renverser radicalement cette tendance surtout lorsqu’on voit que c’est plutôt l’austérité qui est choisie comme porte de sortie. Comme on le voit, le nombre de pauvres augmente en Europe au moment même où l’Union Européenne décide de baisser les finances du programme qu’elle a institué depuis 1987 pour venir en aide aux plus démunis sur son sol. Dénommé Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), plusieurs pays européens notamment l’Allemagne, le Royaume Uni, les Pays-Bas désirent tout simplement le supprimer alors qu'il nourrit directement 18 millions de personnes chaque année, selon les chiffres officiels. La seule concession qui a été faite aujourd’hui est de le maintenir en vie dans le nouveau budget tout en lui réduisant les moyens.
Alors, se pose la question de savoir comment cette Europe qui ne veut pas aider ses propres pauvres sur son sol pourrait-elle aller aider les africains. La charité bien ordonnée commençant par soi-même, comment réduire les aides à ses propres enfants pour aller nourrir ceux des tiers ? A présent qu’on voit ce que l’Europe décide à propos de ses propres pauvres, telle doit être la question que chaque esprit averti doit se poser. Pendant des décennies et des décennies, la propagande a fait croire sur tous les toits que l’Europe, l’Occident plus largement aide les africains. Cette propagande largement diffusée et relayée par des laquais africains appelés abusivement « dirigeants africains » a non seulement augmenté le mépris et la haine que nombre d’occidentaux ont pour les africains, car se disant privés de ressources au profit de fainéants africains, éternels assistés, mais aussi et surtout elle a distillé dans des cerveaux africains l’idée qu’il existerait quelque part de bonbons samaritains qui se préoccupent de leur état. Ainsi, aussi souvent que possible, on entend de la part de beaucoup d’africains des phrases telles que : « nous demandons l’assistance de l’Union Européenne », « nous demandons l’aide de la communauté internationale », « nous appelons la communauté internationale au secours ». Cette communauté internationale étant l’Europe et ses fils que sont les Etats-Unis d’Amérique et le Canada ».

CONCLUSION
Les Etats bourgeois sont d’un machiavélisme à couper le souffle. Tant de souci d’économiser, tant de souci pour « éponger les dettes », dans l’espoir un jour du retour de la croissance, cette bête à concours qui se cache depuis 2008. Mais à côté de la fin des économies budgétaires, l’argument du vieillissement de la population est bien encore le meilleur credo « explicatif » de toutes les fractions bourgeoises. TERRIBLE LA DEMOGRAPHIE GALOPANTE, qui en fait serait le véritable aiguillon de la crise mortelle du capitalisme ![4] Ce malthusianisme européen certifié justifie toutes les attaques. Trop de jeunes inoccupés en France, trop de vieux en Allemagne, tiens mais la bourgeoisie teutonne ne souhaite-t-elle pas faire venir par milliers jeunes espagnols et italiens dans les années à venir, sans doute pour ralentir l’islamisation… La réforme des retraites est tellement écornée qu’on va pouvoir enfin l’appeler « la suppression obligatoire de la retraite dans l’intérêt de l’Europe ». ET puis les retraites sont si diversifiées inégales et parfois arbitraires que le gouvernement Hollande pourra fort bien retailler dans le tas à son tour sans avoir à mégoter comme Brico-Sarko qui au fond n’a pas « solutionné » la question comme il s’en vantait. L’Allemagne connaît un seuil de pauvreté de 15% et les prolétaires y travaillent dans les 36 heures, ou doivent faire deux jobs…bel exemple !
Nous avançons doucement mais sûrement vers une Europe de la misère dirigée par l'Allemagne qui va imposer ses règles aux restes des pays appartenant à l'Euro-dictature, et avec un président français si complaisant avec les puissants, il faut s'attendre à vivre désormais avec un salaire de misère, avec des prix qui s'envoleront, et une vie sans retraite. Bienvenue dans le monde de l'Europe du futur, où les citoyens ne sont plus que des esclaves au service du système économique.
Marx avait pronostiqué l’évolution du capitalisme vers la formation de grands ensembles régionaux. Cette tendance s’est en effet manifestée dans l’aire nord-américaine, puis en Europe ; il faut remarquer qu’elle est freinée dans l’aire asiatique et floue encore pour l’aire slave. Ces grands ensembles ne sont pas encore en état de se cristalliser en blocs impérialistes mais cela reste l’objectif.
L’Europe a été depuis 1945, comme je l’ai souligné il y a longtemps, une illusion libéraliste sans frontières opposée au communisme caricatural russe. Or, aujourd’hui, les masques tombent l’Europe n’est plus qu’une baudruche vide de technocrates qui croient pouvoir affamer les peuples sans que cela ne leur pète à la gueule. Ils peuvent en effet pour l’heure agiter tranquillement deux boucliers :
-          L’attaque contre les « couches démunies » n’est pas explosive, elle peut tranquillement tuer par la faim dans la mesure où ce n’est pas le prolétariat nommément qui est mis en cause mais « les pauvres » ; reste à savoir si le prolétariat aura au moins la dignité de monter au combat autrement qu’au cul de ses parasites syndicaux (à réfléchir sur notion pourrie d’aide et l’usage immodéré de la théorie de l’assistanat);
-          La haine suscitée par cette gouvernance féodale arrogante et méprisable n’encourage pas l’internationalisme prolétarien mais au contraire des réactions de chauvinisme, faible d’ailleurs car le chacun pour soi ne peut plus être que crever dans son coin.




[1] La carte européenne du chômage est marquée par les contrastes. Parmi les États membres, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés en  Autriche (4,5%), au Luxembourg (5,1%), en Allemagne (5,4%) ainsi qu'aux Pays-Bas (5,6%), et les plus élevés en Espagne (26,6%) et en Grèce (26,0% en septembre 2012). En France, le taux de chômage a très légèrement augmenté et s'élève à 10,5 %, alors qu'en Allemagne il est stable à 5,4 %, après une baisse en octobre.Derrière la dure réalité statistique de ces chiffres, les gouvernements s'inquiètent de la violence du chômage qui continue de toucher les jeunes. 23,7 % des moins de 25 ans (contre 22,2 en novembre 2011, soit 329 000 jeunes chômeurs en plus) sont ainsi à la recherche d'un emploi dans l'Union européenne, soit 5,799 millions de personnes. Ce qui laisse présager une génération perdue. La Grèce est l’exemple le plus frappant, enregistrant un taux catastrophique de 57% (en septembre 2012), tout comme l'Espagne (56,5% en novembre 2012). Alors que l'Allemagne n'enregistre un taux de chômage chez les moins de 25 ans "que" de 8,1%.

[2] En particulier avec la complicité du trouble Mario Monti, ex-consultant de la banque juive Goldman&Sachs de sinistre réputation.
[3] Le frère jumeau, plus lèche-botte vis ç vis du parti gouvernemental le Front de Gauche déclare : «  Dans un communiqué co-signé samedi avec trois autres députés Front de gauche du Parlement européen, Jean-Luc Mélenchon condamne un "mauvais compromis" des chefs d'Etat et de gouvernement, qui "approuvent maintenant l'austérité sur les rares programmes de solidarité existant en Europe". "Les agriculteurs, les pêcheurs, les régions, les chercheurs, les universitaires, les projets écologiques seront les premiers touchés. Les européens les plus dramatiquement touchés par la crise y perdent aussi: le budget dédié à l'aide alimentaire passe ainsi de 3,5 à 2,1 milliards d'euros! En revanche les aides aux grands de l'agroalimentaire et les intérêts des banques sont protégés", écrivent Jean-Luc Mélenchon, Younous Omarjee, Jacky Hénin et Marie-Christine Vergiat ».

[4] Mme Lagarde a réexpliqué que le vieillissement de la population modifie négativement l’équilibre entre la population active et les aînés. La proportion des Européens âgés de plus de 80 ans devrait presque tripler d'ici 2050 et les personnes âgées de 60 à 79 ans représenteront un quart de la population totale de l'UE. 3 personnes sur 10 auront 65 ans et plus en 2050. La dame n’a pas expliqué ce que la minorité des dominants cyniques va faire de tous ces centaines de milliers d’« ainés » sexagénaires, septuagénaires et octogénaires une fois que l’Etat et les patrons les auront jetés à la rue ? Elle a peur pour sa peau elle aussi ?

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