"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 3 février 2010



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MARC LAVERNE



« INEDITS »



Tome III







Textes de Marc Chiric (dit Marc Laverne),


Recueillis, choisis et annotés par Jean-Louis Roche


(dit Pierre Hempel)












Les Editions du Pavé


Janvier 2010





TABLE DES MATIERES



Présentation



Première partie : le théoricien du parti moderne



A propos du programme (Internationalisme n°2, 1945)



Le mouvement ouvrier en France (conférence d’avril 1945)



La tâche de l’heure : construction du parti ou formation des cadres ? (1946)



Problèmes actuels du mouvement ouvrier (1ère suite)



Signification de la grève Renault et quelques enseignements (mai 1947)



Une conférence des groupes révolutionnaires (juillet 1947)



« Bravo Abdel-Krim » ou la petite histoire du trotskisme (1947)



Problèmes actuels du mouvement ouvrier (2e suite)



Problèmes actuels du mouvement ouvrier : la conception du chef génial (3e suite)



Deuxième partie : vers la construction d’une organisation mondiale



Rapport de la commission d’organisation (1974)



Une incompréhension de la nature de la classe ouvrière, la tendance Bérard (1974)



Réponse à la section de Rouen sur la question des divergences (mai 1978)



A propos de la Revue Internationale, en réponse à Chénier (décembre 1979)



La gauche dans l’opposition ou la droite au pouvoir (octobre 1979)



A propos des démissions (juillet 1981)



Lettre au camarade Juan MacIver (1981)



Un révolutionnaire peut être atteint de paranoïa… ((1981)



Intervention complémentaire à la conférence extraordinaire (1981)



Brèves notes et réflexions sur les derniers événements dans le CCI (octobre 1982)



Les bulletins internes, cahiers de récriminations ? (mars 1982)



Sur la conférence extraordinaire


Remarques à l’article de M.Roux sur les fractions



Remarques à l’article de Gieller sur le parti



Si le cours historique se renversait, réponse à Max



Jalons de quoi ? la revue de Camoin (juillet 1984)



Jalons n’est plus…



Baisse tendancielle du taux de profit et recul (1984)



DEBAT SUR LES « RESERVISTES »



Réflexions en marge du bilan du dernier Bureau international plénier


(sur l’opportunisme et le centrisme)



MARXISME REVOLUTIONNAIRE ET CENTRISME DANS LA REALITE PRESENTE ET LE DEBAT ACTUEL DANS LE CCI (mars 1984)



Michel Lazare polémiste et théoricien



Centrisme, conseillisme et susbtitutionnisme (intervention orale, 1985)



Reponse à la lettre du Noyau de Galice.



POSTFACE : L’enfant de Marc, le CCI, une épave.









PRESENTATION




L’éminence grise du maximalisme marxiste de la fin du siècle dernier





Marc Chiric est certainement le militant et théoricien qui a le plus écrit sur l’organisation révolutionnaire au XXème siècle après Lénine. Il est resté méconnu des éditions officielles et des historiens professionnels du fait de l’incapacité du courant dont il a été porteur à rappeler vraiment son rôle considérable – quoique dans un milieu restreint de militants maximalistes – pour plusieurs générations successives de jeunes éléments révoltés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Rôle éminent, non pas tant « éminence grise » comme on dit d’un comploteur de l’ombre que parce qu’ignoré plus involontairement que volontairement des « spécialistes »[1], et surtout conchié par la plupart des groupes qui n’ont pas voulu être ses héritiers.



Au XXe siècle, on a pu mesurer l’importance d’un homme politique révolutionnaire pour la postérité un nombre de scissions qu’il a suscitées. Lénine avait bien commencé ; même si on ne peut lui attribuer toutes les scissions, le « schisme » était la voie du salut pour lui. Trotsky a été et reste imbattable pour le nombre de scissions trotskiennes qui se sont égrenées tout au long de la dernière moitié du siècle. Bordiga peut se prévaloir d’un score honorable en troisième position. Sur cette dernière marche du podium peut monter également Marc Chiric. Pas moins de cinq groupes maximalistes peuvent se réclamer peu ou prou de ses enseignements, sans compter de multiples succursales réduites du Venezuela à la Turquie et affiliées au réseau centralisé pourtant très modeste qui se qualifie de CCI (courant communiste international). Vingt ans après sa disparition il n’a jamais fait l’objet ni d’une biographie, alors que son ami Malaquais a été porté au pinacle dans des éditions certes marginales, ni été célébré ou au moins remémoré par des articles ou études des groupes qui pouvaient prétendre se réclamer de lui. Curieux non ? Enterrement de première classe ou simple décadence de son courant, mais pas du maximalisme marxiste tout entier ?


Punition de Dame Histoire pour son « école » ? il y a eu des « léninistes », des « trotskystes », des « bordiguistes », mais pas de « chiriquistes »… et tant mieux pourtant, il n’aimait pas les « ismes » autour du nom d’une personne sauf pour « marxisme ».



L’activiste Grandizio Munis, éclectique et touffus, voit son oeuvre pas à pas reproduite dans une édition propre et luxueuse par les camarades de Balance à Barcelone. Tant mieux, il le mérite comme le mériteraient les Gaston Davoust, Lucien Laugier, Ottorino Perrone, etc., mais il y a une certaine injustice à laisser à la critique rongeuse des souris l’œuvre de Marc Chirik. Doit-on le classer parmi les relaps, les diaboliques d’un néo-stalinisme supposé, comme n’hésitent pas à le faire les petits intellectuels égarés, militants fondateurs dégrisés du prolétariat et petits profs dogmatiques de la dernière heure ?



Excepté la réalisation à 100 exemplaires ( !) de deux tomes successifs des écrits de « M.C. » par mes soins, aucun effort de mise à disposition d'un des meilleurs analystes et polémistes du mouvement révolutionnaire marxiste, n’a été produit, rien d'important n'a été fait au moment où je termine ce troisième tome qui ne sera même pas publié sous forme livre, faute de moyens, mais restera à l’état de « fichier-texte ». Rien de la part de l'organisation qu'il avait patiemment contribué à faire naître, le CCI, rien de ses multiples épigones dispersés. Depuis près de quinze ans je me suis mis à la tâche, de 1994 à aujourd'hui, tâche parfois délaissée puis remise dernièrement sur le métier.



Je n’ai pas raclé tous les textes au fond de mes tiroirs[2], ni tapé l’intégralité. J’ai voulu faire ressortir enfin le théoricien et l’homme d’organisation, aussi rigoureux en 1945 qu’en 1980. Ce tome III contient deux grandes parties :



- ses textes d'analyse de l'immédiat après-guerre, très lucides, dont je ne disposais pas pour le tome I mais où, en filigrane – qu’il traite des événements internationaux ou des grèves en France – apparaît et se développe une notion du parti pour la révolution qui va au plus près des nécessités modernes et du rôle de cet organisme dans le monde contemporain. La Gauche italienne n’a pas voulu le reconnaître pour maître, tout à son dieu Bordiga, mais ce dernier n’était déjà plus qu’un souvenir comme Blanqui ;



- la plupart de ses textes polémiques sont flamboyants dans le CCI jusqu'à la fin des années 1980, même s’ils comportent souvent des craintes (exagérées : l’épée de Damoclès de la 3e guerre mondiale, sans doute vieux relents de son angoisse au moment de la guerre de Corée), un immédiatisme effréné scolastique (« la reprise des luttes » sans cesse agitée), une propension en toujours dire « nous » et à être cruel dans la polémique ; ils sont flamboyants dans l’argumentation, Marc développe l’idée d’un vrai parti communiste qui ne prend pas le pouvoir à la place des masses, un parti pour classe ouvrière « développée ».



Oralement il était plus percutant et convaincant que par écrit, avec sa voix nasale et des gestes avec des bras courts qui inspiraient confiance. Il parlait simple comme un vrai prolétaire, même si au fond il était très érudit et disposait d’une capacité intellectuelle à aller à l’essentiel qui lui permettait de contrer les meilleurs universitaires.


Avec les générations qui se succèdent après 1968, il n’a pas de chance. Est-il resté aveugle devant la petite bourgeoisie sémillante ?


Il a ouvert grands les bras aux étudiants qui ont constitués majoritairement les jeunes sections affiliées un peu partout, lesquelles ont plus ou moins assimilé le marxisme dans sa version « chiriquiste » (décadence du capitalisme) mais ont été happées régulièrement par les vents d’ouest modernistes ou séduits par les aventuriers Bérard, Chénier, Albar… Marc a voulu se servir des éléments de la petite bourgeoisie au profit de la classe ouvrière, mais la classe intermédiaire, qui n’a pas la reconnaissance du ventre, a eu raison de lui parce que la rencontre n’a pas eu lieu avec le prolétariat ; réveillé en 1968, malgré quelques insomnies, il s’est rendormi à nouveau jusqu’au siècle dit de la fin du monde par les sorcières, les roturiers et les couturiers.



Ce tome III, malgré des textes qui n’ont pu se retrouver dans leur ordre chronologique dans les tomes I et II, peut se suffire à lui-même, pour l’insistance qui transparaît, à la fois novatrice et classique, sur la nécessité du parti politique du prolétariat. Il transparaît un combat d’arrache-pied, âpre et obstiné de la part de Marc pour « faire vivre » le marxisme – étant entendu que le marxisme ne pouvait être pour lui que l’organisation, un « mode de vie et de penser organisationnel » (dont il était le capitaine au long cours ou le timonier indomptable), pas une idéologie. Il se sera battu comme un lion pour éviter les dérives de l’organisation… jusqu’au ridicule. Tous les statuts (certes les meilleurs du monde), toutes les résolutions (certes les meilleures du monde) qu’il aura inspirés n’auront pas empêcher la décadence de « son » œuvre, son lent étiolement à coups de procès et d’exclusions déguisées, sa survie à l’état de secte grandiloquente.


Cette grandiloquence, les derniers bédouins du CCI la tiennent certes du « vieux » qui trônait comme à la tête d’un parti de masse avec « organes centraux », « commissions d’orga » et autres « bureaux », s’arrogeait de dire « nous » même s’il parlait pour sa pomme. Sa démarche était honnête, rectiligne, mais valable pour une autre époque – devant nous encore – et il n’a pas vu le décalage avec la réalité de la luttes des « classes » ; j’insiste sur ce pluriel car il écrivit et fit toujours écrire à ses plus suivistes admirateurs « lutte de classe ». Or dans la lutte « des » classes, le prolétariat n’est pas la seule classe à lutter, il fût, au cours des trente dernières années, largement devancé et dominé par les désiratas conservateurs d’une énorme petite bourgeoisie, aisée et encore épargnée par la crise, aussi mercantile qu’elle est ambiguë (car pour partie elle est constituée de la partie haute des salariés). Cette immense couche moyenne a produit des dilettantes, des comètes militantes qui ont vite trouvé que cela salissait les mains de s’occuper du cambouis politique de la classe ouvrière. Pourtant, en fil de votre lecture, vous pourrez le voir solide comme un roc face à tous ces petits intellectuels « conseillistes », « centristes », « anarchistes », « individualistes ». Il resta vigilant face aux enfants des « couches moyennes », sans craindre de les choquer parfois, et en se moquant franchement.



« Je n’ai pas usé mes fonds de culottes


sur les bancs


de l’université »



Lors du débat dans le CCI de 1984 sur la signification du « centrisme » était apparu pour la première fois de son histoire un grave clivage dans l’organe central ampoulé, le bureau international d’un tout petit groupe ramifié sur deux ou trois continents en quelques agences postales grosses comme un timbre. Des doutes sur l’orientation militante de « parti de masse » (fictif) du CCI s’étaient emparés de certains honorables composants de l’organe central, et pas des moindres : Judith Allen et Raoul Victor, Lazare pas encore en cendres, les Mac Intosh et Iver pas encore en fibrillation, ci-devant membres fondateurs quoique « formés » au biberon par « le vieux ».


« Le vieux » avait-il réchauffé des serpents en son sein ? La contestation de tels « fondateurs» suivis par leurs « amis » belges et américains fût difficile à saisir dans sa nature initialement. « Le vieux » prit les devants comme toujours avec une rapidité intellectuelle fulgurante, fonçant comme un éléphant dans le magasin de porcelaine d’une petite bourgeoisie intellectuelle qui croyait avoir pris racine, et pension politique, définitivement dans l’organisation.



Le texte « Marxisme révolutionnaire et centrisme dans la réalité présente » (de 1984) commence par une étonnante et profonde analyse de la méthode marxiste[3]. La deuxième partie donne la leçon à la chef de file Judith[4] avec tout le brio et la cruauté dont MC était capable en polémique, au point malheureusement que « le vieux » se compare aux plus grands du passé, ce qui affaiblit la démonstration ; il cire un peu trop les pompes à un Marx hypocondriaque et dépressif dont hélas les épithètes pour « dézinguer » un adversaire ne m’apparaissent plus si reluisantes que naguère. Le lecteur qui n’a jamais été « dedans » comme les ex-militants, risque de n’y rien comprendre, en l’espèce à cette notion de «centrisme»; la reproduction de l’intervention orale titrée « Centrisme, conseillisme, substitutionnisme » apportera plus de lumières au lecteur lambda.



Le texte fit scandale à l’époque à l’intérieur du CCI. La majorité des militants étant constituée dans les groupes maximalistes d’intellectuels et de profs, la remarque de MC « je n’ai pas usé mes fonds de culotte sur les bancs de l’université » fit pousser de hauts cris. D’aucuns se dirent rouges de honte pour l’orga d’un tel « ouvriérisme », d’un tel mépris des honorables intellectuels passés à la classe ouvrière. Le « vieux » était-il devenu fou ? voire stalinien ?



Tous les aigris, tous les déconfis de leur « place » de dirigeants d’une organisation de généraux sans armée font dater le début de dégénérescence du CCI de cette époque : en vérité ce n’était que l’avant-garde de toute une série de contestations de couches successives d’éléments hostiles au fond au marxisme et à l’idée d’organisation politique. Comme les morts-vivants dans le fameux film de Romero, les petits bourgeois chancelants se mettront debout successivement pour quitter le CCI jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une épave.



C’est la faute au vieux cacique pas à nos diplômes ni à notre amour des colloques!



A la dernière réunion de Perspective Internationaliste, fin 2009, un désormais vieux petit prof, Greg salua ce cartel d’intellectuels déconfis d’un militantisme trop soixantehuitard à leur gré, comme « premières victimes » non des crimes des derniers sectateurs, mais du «vieux » qui les aurait poussés du haut de la falaise de leur confort intellectuel. Il résumait à lui seul l’argument bouclier de bonne conscience pour tous ces ex-étudiants, ex-militants qui ont tout renié, et comme les gosses crient : « c’est la faute à l’autre ! ». Minable.



Or, ce tournant dit « léniniste », était une gageure. Est-ce que le développement du petit cercle de 68 allait se confirmer comme une voie vers un réel parti du prolétariat ? Non. L’histoire en a décidé autrement. Les « années de vérité » n’ont pas permis au prolétariat de sortir de l’ornière et la petite bourgeoisie politique spontanéiste et idéaliste a repris le dessus. Cette « vieille salope » avait commencé à relever la tête à la fin de la vie du « vieux gardien » des principes. Il avait réussi à la contenir puis à l’éloigner de ses prétentions à « conseiller » le prolétariat bien au chaud et sans risques. La dernière partie du texte « scandaleux »[5] n’est ni léniniste ni kautskyste, quoique ni Lénine ni Kautsky n’aient eu entièrement tort, elle indique qu’il faut « une certaine éducation au socialisme », que la conscience ne tombe pas du ciel, et – scandale des scandales – que le prolétariat a besoin d’une « organisation de combat ». Il fallait du courage non seulement pour le défendre théoriquement mais pour l’assumer dans la rue face aux brutes CGT. C’est ce que je me flatte d’avoir fait aux côtés de Marc à l’époque.


Sacré Marc ! A la relecture il dérange encore. Si le CCI est mort, Marc ne l’est toujours pas.



Voici avec le bouclage du Tome III de l'oeuvre de Marc Chirik un dernier aperçu de l'homme comme redoutable debater dans la défense du parti. L’avant-dernier texte, intervention orale - il parla une heure durant - date de 25 ans et n'a pas pris une ride. Tout ce qu'il a expliqué et pronostiqué dans la polémique s'est vérifié. Les grands intellectuels réservistes, y inclus d'augustes fondateurs, qui n'avaient ni compris la méthode ni tenté de comprendre des notions classiques du marxisme, ont abandonné la théorie révolutionnaire. Les Judith et Michel Lazare se sont rangés des voitures, Raoul Victor joue à l'ordi "lillipucien", les quelques anciens de la "tendance informelle" devenue Perspective internationaliste ne sont plus qu'un cercle de réception mondaine où de gentils professeurs viennent "approfondir", causer et étaler leur science... sociologique. La plupart des départs du CCI ont été contaminés tour à tour par le centrisme sous la forme du démocratisme petit-bourgeois sensible aux modes sociétales et désespéré de la "nullité" factuelle du prolétariat. Tous ces gens parlent de tout et de rien, comme la réunion lamentable de Smolny-Tumulteuse à Toulouse avec les pithécanthropes de PI et les vertes pousses de Controverses. On discute de tout et de rien, on sympathise. Dommage que le CCI ne soit plus qu’une épave. Un lot de consolation. Marc nous laisse un solide héritage théorique, pour ceux qui auront la chance de consulter ses écrits et d’y réfléchir.





























[1] Excepté le dilettante Bourseiller dans son histoire fantaisiste de la mouvance ultra-gauche, qui ne fait d’ailleurs que pomper sans méthode mes propres travaux ou remarques concernant Chirik. Consulter plutôt mon Histoire du maximalisme, ed du pavé 2009. Marc aura été le premier a tenter une histoire du CCI, « Rapide survol de la préhistoire du CCI », texte dont je ne dispose plus dans son entier.



[2] L'oeuvre ne sera pas complète hélas, avec ce tome III et sous ma seule égide, car il y manquera ses articles du journal L'étincelle dont j'ai confié la collection complète à la fois aux camarades du CCI en Allemagne (il y a 20 ans) et à Smolny (il y a deux ans) qui dort dessus et ne les reproduit pas dans son prétendu "fonds Chirik" ; sans compter nombre de textes que je n'ai pas retrouvé. La production théorique de cet homme, qu'on l'approuve ou qu'on le rejette, a été considérable et reste curieusement négligée (ou noyée sous la publication intégrale de la revue Internationalisme par la fraction exit du CCI). Les trois énormes fichiers-textes que j'ai réalisés permettront, je l'espère, un jour à un historien consciencieux de replacer l'ensemble des textes dans l'ordre chronologique et par périodes, et de restituer une pensée rigoureuse, toujours novatrice dans le sens de la tradition et qui savait se renouveler constamment dans la confrontation, la polémique, « en pompant » même le substance de l’adversaire dans la polémique. Lui ayant longtemps servi de secrétaire tapeur sur une bécane antique, je corrigeais parfois son mauvais français ou m’étonnais qu’il reprenne les mots mêmes de ses vis-à-vis pour les fondre dans une autre dimension…



[3] Pas un truc écrit à la va vite… Marc s’était mis à potasser partout dans sa bibliothèque et m’avait demandé de lui prêter le numéro jaune d’invariance « thèses… ».



[4] Qui fût longtemps sa fille spirituelle, mais aussi son amante, comme R.Victor fils spirituel reconverti après la césure de l’an 2000 dans la communisation « lillipucienne ».



[5] Comme d’ailleurs tous les textes de Marc (cf. du tome II) qui dénonçait les comportements petits bourgeois : clans d’amis, haschichins, etc. Toujours au nom d’une organisation « propre » qui devait des comptes au seul prolétariat…

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