"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 10 juin 2008

Brochure contre l’anti-travail et l'anti-consommation

(la voici complète, alors qu'elle n'allait pas au-delà du chapitre 1 dans le message-blog précédent)

réalisée en 1975, elle n'a pas pris une ride contre nos imposteurs modernes vieillis.

NOTA BENE: PARUTION DU PRECIS DE DECOMPOSITION DE L'ULTRA-GAUCHE FRANCAISE LA SEMAINE PROCHAINE

____________________________________________________________________

CONTRIBUTION A

LA CRITIQUE DU

ROMANTISME DE

L’ANTI-TRAVAIL, DE

L’ANTI-CONSOMMATION

ET AUTRE

Ou

La maladie infantile du nouveau

mouvement révolutionnaire, considérée

sous ses aspects idéologiques et

pratique, non violent et violent

et comment y remédier

BROCHURE ANONYME DE 1975

(correspondance : A.Trillaud poste restante

Paris 17)

AVERTISSEMENT

« Le vieil Hegel avait coutume de dire : immédiatement avant que surgisse quelque chose de qualitativement nouveau, l’ancien état qualitatif se ressaisit dans son essence originaire purement générale, dans sa totalité simple, dépassant et reprenant en lui-même toutes les différences et particularités marquées qu’il avait déposées tant qu’il était viable ». Marx





Avant sa disparition, le capitalisme donne en spectacle son histoire passée dans un ultime tour de piste. La « vie culturelle » ressemble exactement à la parade finale d’un spectacle de cirque : après les années 20 puis 30 revoici les années 50 et les années 60.

Pourtant le problème se pose de savoir si le capitalisme en s’écroulant n’entraînera pas dans sa chute tout le reste, dans un réflexe de désespoir. La contamination mentale industrielle n’est-elle pas trop avancée ?

Voici en tout cas quelques aspects de cette contamination et quelques remèdes pour en sortir.

Tout ce que nous avons voulu montrer dans cette brochure, c’est que le terrorisme actuel – surtout dans les pays « industriellement développés » - n’est que la 2e forme (par ordre chronologique après le mouvement « hippie ») du romantisme de l’anti-travail, et donc aussi peu subversif.

Le capitaliste, comme le prolétaire est aliéné. Mais le capitaliste, comme le terroriste, est à l’aise dans son aliénation. Alors que le prolo, comme le guerillero (dans le sens où nous l’entendons) y est mal à l’aise et tend à la dépasser, à se nier en tant que tel et à nier toutes les conditions actuelles d’inexistence. En termes plus banals, le terroriste, c'est-à-dire le capitaliste inversé, aime poser des bombes, mettre le feu, voler, etc. au point qu’il ne vise pas du tout , malgré ce qu’il dit et ce qu’on dit de lui, à renverser ce monde de la marchandise mais à le conserver ; car détruire ce monde est devenu une fin en soi. D’où l’ambiguïté de propositions encore très répandues dans ce genre : «çà ma fait jouir donc c’est révolutionnaire ». S’il est vrai que ce qui est emmerdant est rarement tel, la jouissance doit être non moins sûrement reliée au but final et ne pas être considérée isolément. Cela peut paraître une nuance sans importance ; pourtant en la négligeant on risque fort de s eretrouver à l’opposé de ce qu’on croyait.

Eté 75

« Il faut se débarrasser aussi bien

du crétinisme du travail que du

romantisme de l’anti-travail ».

Si on ne parle bien que de ce que l’on connaît, alors cette brochure risque de présenter un certain intérêt ; nous avons en effet plus ou moins pataugé un certain temps dans ce que nous avons appelé « le romantisme de l’anti-travail » et de l’anti-consommation », et il est difficile d’affirmer qu’on en est définitivement sorti, pratiquement sinon théoriquement.

Ce romantisme est nettement une maladie du nouveau mouvement révolutionnaire, une réaction contre le travail à tout prix. Ce romantisme doit être surmonté et l’est sûrement par tout mouvement parvenu à sa maturité.

Les considérations tactiques, le « détachement intérieur » dont parme Lukacs n’entraînent pas un amoindrissement de la haine des formes capitalistes, de la volonté de les détruire. Car la véritable supériorité (en pensée, en actes) telle qu’elle peut s’exercer dès maintenant ne consiste pas plus dans une constante agressivité maniaque qu’en une obéissance aveugle vis-à-vis des valeurs bourgeoises, mais en une attitude dialectique, délivrée – autant que faire se peut – de la contagion idéologique du capitalisme.

Le romantisme de l’anti-travail et de l’anti-consommation va souvent de pair avec le romantisme de l’illégalité[1] déjà décrit par Lukacs dès 1920 et avec bien d’autres idéologies.

La même personne doit être capable d’employer le travail et de lutter contre le travail simultanément et alternativement (pas de travailleurs ou d’anti-travailleurs professionnels). On ne doit pas plus hésiter à se couper les tifs qu’à bosser ou à se procurer un gadget si la tactique/plaisir l’exige. C’est la meilleure façon, en dépit des apparences, d’affirmer tout de suite son indépendance d’esprit et autre vis-à-vis de l’idéologie bourgeoise.

Le guérillero professionnel, version moderne du « révolutionnaire professionnel » à la Lénine (mais avec un moins bel avenir) s’enferme dans la clandestinité comme un malade dans ses médicaments. C’est une des nombreuses façons actuelles de se suicider – en beauté. Le terroriste de métier est un gladiateur volontaire des nouveaux jeux du cirque, à l’échelle mondiale que sont la plupart des prises d’otages, des affrontements armés avec les flics, des procès, etc. JUST A SHOW THE LAST BUT NOT THE LEAST. Nous ne sommes pas pour la guerrilla à temps partiel mais pour l’emploi dialectique de tous les moyens, légaux et illégaux, armés et non armés en vue du but final: la révolution et la vie (non la mort).

CHAPITRE I

« America says : Don’t.

Yippies say : do it » Rubin

Les yippies n’ont pas plus dépassé les hippies que les weathermen les yippies: tous sont restés sur le terrain de la bourgeoisie dont la plupart sinon tous étaient d’ailleurs issus.

C’est dans le bouquin de Rubin : We are every Where (Nous sommes partout) que s’exprime le plus naïvement le romantisme de l’anti-travail, de l’anti-conaosmmation, de l’illégalité et autre. Rubin écrit sans rire qu’il est fou de joie en apprenant qu’il vient d’être inculpé et ainsi de suite. Rubin a consciencieusement inversé toutes les valeurs bourgeoises :

« Aimez vos parents » devient « Tuez vos parents »

« Mariez-vous » ……….. « Ne vous mariez jamais »

« Respectez la loi » ………… « Violez la loi »

« Achetez » ……….. « Volez »

« Travaillez » ………. « Ne travaillez jamais ».

Ce qu’on peut lui reprocher, c’est non seulement d’en rester aux paroles sans passer aux actes – ce que feront les Weathermen – mais aussi de substituer à l’idéologie dominante une autre idéologie exactement inverse, donc à éterniser le capitalisme.

Un humoriste disait déjà : « Je suis pour tout ce qui est contre, contre tout ce qui est pour ». Les yipppies ne vont pas plus loin : puisque le FLN, L.Oswald, Cuba sont opposés aux USA, ils sont révolutionnaires : inversement tout ce qui est prôné par le système devient tabou.

Quant à l’utilisation des media et l’apologie de la jeunesse (en âge), on voit que c’est Giscard d’Estaing qui en est, en France, le meilleur adepte. « Don’t beleive anybody above 30 » est aussi la devise en informatique : « La moyenne d’âge de nos ingénieurs est et restera de 32 ans ; avant ils sont un peu verts, après c’est le déclin » (cité dans Les ordinateurs, col. Idées).

Le coup de guitare qu’a reçu Hoffman à Woodstock, évidemment gommé par le film du même nom, n’a pas réussi à le tirer de sa fausse conscience.

Le romantisme de l’anti-consommation, ou art d’utiliser les restes, est le bienvenu en ces temps où l’économie, dans tous les sens du terme, est à la une (qu’elle n’a en fait jamais quittée).

Cela va des joies de l’autostop aux charmes de « l’architecture spontanée ». On lit dans un guide que « l’autostop est un sport complet, source d’économie, apprend à être patient, à vaincre sa timidité, à quitter son confort douillet »[2]. Ah ! faire soi-même sa nourriture (non souillée), ses vêtements (non standardisés), et même sa maison et ses meubles : « Aux USA on construit de plus en plus sa maison de ses propres mains avec des matériaux de récupération » (Elle).

Si les hippies ignorent ostensiblement le supermarché, le supermarché ne les ignore pas, s’en sert. Indispensables dans les conseils municipaux en Hollande, ils vont devenir nécessaires pour renouveler le « milieu » (politique).

La France semble spécialisée dans l’idéologie anti-étudiant, qui va souvent de pair avec l’idéologie anti-militant. La fameuse brochure « De la misère en milieu étudiant » en est directement responsable, bien que son auteur ait toujours voulu garder le point de vue de la totalité, il s’est quand même placé sur le terrain de la pensée dominante en en décrivant une partie[3] à la différence des autres écrivains situationnistes.

A l’idéologie anti-mec, anti-militariste, anti-pollution, anti-mites, anti-normes (folie, drogue, délinquance, etc.) correspondent autant de boutiques spécialisées pourvues de stands ambulants juxtaposés en particulier lors de fêtes organisées de temps en temps[4]. Quant à l’idéologie anti-groupe, anti-couple, elle semble être soit le fait de néo-stirnériens, soit de lecteurs ayant mal assimilé certains écrits sur les groupes.

Encart de presse :

DES « MANUELS DU PARFAIT TERRORISTE » EN VENTE LIBRE EN Grande-Bretagne

Londres – Deux manuels « secrets » publiés par l’état-major de l’armée américaine et consacrés aux aspects techniques de la fabrication de bombes, d’engins incendiaires et de colis piégés de toutes sortes, sont actuellement en vente libre en Grande-Bretagne » révèle le « Guardian ».

Dans un article publié sur quatre colonnes à la « Une », le journal londonien indique qu’une enquête vient d’être ouverte par Scotland Yard pour découvrir comment ces « manuels du parfait terroriste », dont la vente est interdite aux Etats-Unis, sont parvenus à la vitrine d’une librairie londonienne. Intitulés « Engins piégés » et « Dispositifs et techniques de guerre non classique », ces ouvrages permettent – au lecteur, grâce à de nombreux plans et schémas de montage extrêmement détaillés, de fabriquer plus de 150 types de bombes et de colis ou lettres piégés extrêmement détaillés, de fabriquer plus de 150 types de bombes et de colis ou lettres piégés en n’utilisant que des objets et produits chimiques qui sont en vente libre.

C’est ainsi qu’un lecteur désirant se perfectionner dans la fabrique de bombes improvisées peut apprendre à utiliser de simples épingles à linge pour constituer une « minuterie » pour un colis piégé.

Sous chaque série d’instructions, précise le « Guardian », figure le commentaire suivant : « ce matériel a été mis à l’épreuve. Il est efficace…. ».

CHAPITRE 2

A l’idéologie du travail, de la productivité, s’est opposée l’idéologie de l’anti-travail, de l’anti-consommation. Après 68 – en gros – au fétichisme de la non-violence ont succédé le fétichisme de la violence (verbale puis réelle) et le romantisme de l’illégalité.

Aux purs théoriciens ont succédé les activistes forcenés. Mais cela ne vaut guère mieux : les rapports dialectiques[5] entre théorie et pratique (historiques), l’aspect tactique de la légalité et de l’illégalité, du travail et de l’anti-travail, etc. ne sont pas mieux saisis.

Les hippies représentent (sous sa forme non violente) l’idéologie en actes de l’anti-travil et de l’anti-consommation, auxquels ont succédé en Amérique et en Europe l’idéologie et la pratique activistes.

Dans une analogie (Front de libération totale n°4) on a déjà comparé les partis et les syndicats à un « symptôme névrotique », compromis entre deux tendances en conflit (pouvoir/prolétariat = moi/libido). Les hippies représentent exactement ce que Freud nomme le « retour de la libido à des phases antérieures de son développement » (petit artisanat, petit commerce, petite entreprise ou exploitation).

Quant aux terroristes, ils sont les représentants de la « contrainte de répétition », obstacle au principe de plaisir.

Il se produit actuellement une course de vitesse entre le système et ses pseudos-opposants réellement contaminés (difficile d’échapper à la pollution mentale et autre) POUR FAIRE TOUT SAUTER, d’où la communication publique de recettes :

- pour fabriquer une bombe atomique (Express 75)

- pour faire des explosifs, etc. (voir encart du Guardian).

Celui qui exerce la terreur vis-à-vis de l’extérieur vit aussi bien dans la terreur (comme la bureaucratie stalinienne selon Debord). Hallucinations continuelles, obsessions du mouchard, du flic, du lynchage, cauchemars terribles[6]. Pour une « réussite » combien d’échecs, d’accidents (on se bousille la gueule ou on se trompe de cible ou les deux à la fois), combien de bavures ?

Le rapport du terroriste à l’Organisation est identique à celui du chrétien à Dieu. Il n’est question, dans la lettre de Sasonov[7], que de la « grandeur » de l’Organisation ou de sa « volonté ». Il lui demande « pardon » de ses « péchés ». Terrorisme et religion vont généralement ensemble. Même obsession du sacrifice, du martyre, de la mort (même chez le terroriste individuel).

Les grèves, manifs, etc. de 1904-1905 en Russie apparaissent de façon significative plutôt comme une gêne (et non comme une aide) pour les zigouilleurs du Grand Duc Serge, dans la mesure où cela les oblige à changer de plan.

Le terrorisme (« étranger », français ou international, en culotte courte ou non) remet en valeur la notion de sûreté :

« La sûreté est le plus haut concept social de la société bourgeoise ; le concept de Police, c’est l’idée que la société tout entière n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits, de sa propriété » (Marx).

Outre des poubelles, mettre au moins un flic au m2 (ou, à défaut, une caméra de télé sinon un micro) dans les aéroports, les stades, les bals, les magasins, les banques, les rues, le métro, etc. voilà l’exigence actuelle de l’« opinion publique ». La logique de la propriété privée, de l’égoïsme bourgeois atteint ici[8] un point difficilement dépassable et que le système peut non moins difficilement satisfaire. Ce dernier du reste ne se prive pas d’entrer plus ou moins en contradiction avec la sûreté privée (mise en fiche sur ordinateur entre autres). Sûreté de l’Etat oblige.

Le terrorisme, tout comme l’auto-gestion par exemple, loin d’être les grands ennemis du système en sont plutôt ses principaux alliés (objectifs). S’ils n’existaient pas d’eux-mêmes, il faudrait que le capitalisme les invente, et c’est bien ce qui se passe : « propriété sociale » au Pérou (on sait les résultats), en France, énorme publicité faite aux terroristes, etc.

CHAPITRE 3

Prenons le mensonge : il est bien évident qu’il est tout aussi con de mentir à un pote ou à une amie que de ne pas mentir à un flic qui vous interroge.

Prenons maintenant le slogan fameux : Ne travaillez jamais[9] ; il est en un sens aussi absurde que la formule : Ne mentez jamais. Car si, comme beaucoup de jeunes et autres, on le prend au pied de la lettre, il risque de conduire à une attitude butée : au refus absolu de travailler, à un complexe de culpabilité en cas de travail, au gangstérisme simple, au marginalisme satisfait, à la manie de destruction.

Il est incontestable que le travail, la consommation peuvent offrir une utilité tactique momentanée (ou du moins certains travaux, certaines marchandises à certains moments). Obtenir par son boulot des renseignements précieux impossibles à avoir autrement, piquer ou détourner du fric ou des objets, rencontrer des gens chouettes, bloquer, détraquer (toujours en bossant), voilà ce qui s’appelle quasiment « passer du règne de la nécessité au règne de la liberté ».

Combien de fois ai-je regretté de ne pouvoir m’engager quelques temps au service informatique, dans une banque par exemple, pour frauder ou détraquer la machine. Un copain craignait d’avouer que c’est en travaillant qu’il « en avait fait le plus » ; un autre n’arrête pas de parler des quelques jours où il a bossé dans son existence.

IL ne faut pas confondre « intransigeance » avec attitude maniaque, et inversement « souplesse tactique » avec opportunisme.

Fidèles de « Pariscope » et ascètes, fétichistes et incendiaires systématiques, établis et zonards, voilà autant d’attitudes figées vis-à-vis du travail, de la consommation.

Ce qui doit déterminer l’attitude théorique et pratique envers le travail, etc., c’est le(s) meilleur(s) moyen(s) de le détruire à jamais. Mais il est faux de croire que pour détruire à jamais le travail, il ne faille jamais travailler.

Ce n’est pas non plus en détruisant un maximum de marchandises qu’on la détruira (la marchandise, ndt) pour toujours (usines à produire, à vendre, à rêver, etc.) ; au contraire, dans la mesure où cela force à renouveler les stocks, où cela fait de la publicité (la propagande par l’exemple est souvent le propre de l’utopie).

Ces considérations élémentaires de tactique sont tout à fait évidentes dans le cas des cheveux longs, fringues sales, etc. Une apparence hippie en général est encore la meilleure façon de se faire remarquer et donc de se faire pincer si on fait un truc dangereux. Il convient de faire preuve d’au moins autant de tactique que les flics qui – à l’inverse – bien qu’ils soient opposés aux cheveux longs, n’hésitent pas à employer des chevelus pour pouvoir mieux s’infiltrer dans certains milieux.

S’il est quand même inquiétant, lorsqu’on se proclame révolutionnaire de ne pas être traité en ennemi par le pouvoir, l’être n’est pas une preuve suffisante. Ainsi Baader et Cie semblent avoir cru que l’acharnement mis à les traquer est directement proportionnel à leur danger réel. En fait, ils semblent plutôt avoir servi au système à défouler un peu l’agressivité sadique qu’il impose à ses esclaves.

Faut-il alors se mettre à porter la tenue du « Français moyen » pour être « comme un poisson dans l’eau » (polluée) ? Faut-il négliger l’influence bénéfique que peut avoir le mépris des sapes, du peigne, etc. ?La destruction d’une usine ou d’un magasin n’est-elle pas un acte purificateur ?

O.K. vieux compagnons glandeurs, je vous entends de ma cambrousse parler de trahison des « principes ». Pourtant qui d’entre vous n’a pas envié le mec – en costard et cheveux courts – qui s’est pointé chez Rotschild et lui a bénévolement déménagé tous ses coffres (été 74) ?

Inversement c’est la manie, le goût du « jeu » qui perd souvent « l’escroc » ou le « saboteur ». Si vous n’éliminez pas le système en vous, c’est lui qui vous élimine.[10]

Si je prends des exemples personnels (ces exemples qu’on évite en général – et ce n’est pas dans la plupart des cas par refus du narcissisme ou par une élémentaire prudence – je constate que c’est grâce à des emplois occasionnels ou à des contacts avec des gens qui bossaient ou même grâce à des gadgets que j’ai connu parmi les meilleurs moments (voir A bas les groupes 74, etc.).

Il est difficile de « se décontaminer », tant que la bourgeoisie est au pouvoir (et même sans doute après). Même si à un moment donné on se sent décontaminé (d’où un certain « orgueil »), l’instant d’après on risque de se retrouver prisonnier des tares engendrées par le système. La décontamination théorique et pratique n’est jamais acquise une fois pour toutes.

L’attitude, ne disons pas « juste » mais dialectique vis-à-vis du travail doit être adoptée vis-à-vis du reste, en particulier des media. On trouve évidemment plus de trucs intéressants dans un seul numéro de Paris-Match ou France-Soir que dans la collection complète de tous les journaux gauchistes. Pourtant le danger est d’inverser de nouveau le mépris des média officiels en une idolâtrie qui n’a rien à envier à celle du consommateur ordinaire, selon la formule : plus c’est con, plus c’est beau.

Il ne faudrait quand même pas croire qu’on est abonné à toutes les merdes quotidiennes ou hebdomadaires, régionale, nationales ou internationales. C’est la plupart du temps par hasard que je suis tombé sur un truc intéressant (Regardez bien le papier qui enveloppe la viande du boucher ou les navets de l’épicier). De même pour le boulot : il faut savoir ne pas refuser certains boulots et en tirer parti au maximum – si c’est possible – mais avec un minimum de risque.

Ou bien, si je fais du stop, c’est vraiment par nécessité ; si je rencontre des gens chouettes, tant mieux. Mais faire du stop pour rencontrer des gens, non. Laissons cela aux bourgeoises oisives. Je me souviens d’un après-midi sur l’autoroute entre Los Angelès et San Francisco, un mec qui nous avait pris et nous avoua : « J’ai pris ma bagnole pour faire 200 ou 300 bornes, puis je rentre chez moi, et tous les gens c’est pareil ici ».

Ni passivité ni volontarisme . La passivité sinon la bêtise consiste à attendre qu’il vous tombe du ciel un trésor, à refuser de bosser, de parler à un travailleur, etc. Le volontarisme, à l’inverse consiste à faire par exemple tous les boulots où on peut foutre la merde.

Au contraire, l’attitude anti-dialectique qui éternise par fausse conscience un état historique donc passager, fait dégénérer la théorie en idéologie, l’action en manie, l’anti-groupe en groupe permanent, se perpétuant à lui-même – le VEREIN en GESELLSCHAFT[11]. Elle a conduit les deux tendances de l’ex-Internationale situationniste à des erreurs inverses mais semblables : à la réification du passé chez Debord et Cie, à la réification de l’avenir chez Vaneigem et Cie.

La contradiction de toute organisation est jusqu’à présent le dédoublement quasi schizophrénique entre ses vies « intérieure » et « extérieure », entre son mode d’organisation et son mode d’action. L’anti-groupe réalise l’unité de l’organisation et de la tactique ; on ne peut sans doute ainsi tomber dans les pièges symétriques du « roman de groupe » et des actions « immédiates ».

Religieux , les membres d’un groupe le sont par le dualisme entre la vie individuelle et la vie groupale, dans la mesure où ils considèrent leur vie groupale située en dehors de leur individualité, comme leur vraie vie. En dehors des réunions, cations, ses « membres » se retrouvent homme ou femme, comme le « citoyen » le soir des élections.

La peur (de se retrouver seul, de perdre son boulot, d’être mis en taule, d’être torturé, etc.) est rarement évoquée, toujours condamnée, mais la plupart du temps abstraitement. Dans la pratique c’est bien par peur (parce qu’ils n’arrivent pas à surmonter cette peur) que certains ne font pas tel ou tel truc, d’où un dégoût de soi, l’obsession du suicide, l’attente mystique d’une force extérieure qui viendra les délivrer.

On trouvera peut-être trop abondantes les citations de Lukacs , ce dialecticien qui a pourtant fait l’éloge du parti, de Lénine, ce tacticien qui n’a pas arrêté de se renier. Pourtant beaucoup des essais qui forment « Histoire et conscience de classe » restent très instructifs.

CHAPITRE 4

« Le fait indéniable de la modification

Se reflète pour les formes de conscience

De l’immédiateté, comme une catastrophe,

Changement brutal, soudain, venu de l’extérieur

Et excluant toute médiation ». Lukacs

Ce que nous voudrions montrer, dans cette dernière partie, c’est que l’attitude (« pensée »/ « action ») anti-dialectique signifie non seulement fausseté, impuissance[12], mais déplaisir ou plaisir illusoire, à l’inverse de l’attitude dialectique ; que finalement la tactique correcte n’est que la loi du plaisir réel.

Dans l’attitude anti-dialectique (ou schizophrénique) tout instant est vécu en dehors du temps et non comme un moment d’un processus, d’une totalité, non comme une médiation entre passé et avenir (historiques).

Qui n’a pas senti un malaise physique en tenant une réunion séparée, en parlant de trucs abstraits, surtout en présence de gens qui se foutaient de votre gueule ? J’ai eu trop souvent la même sale impression, en sortant de certaines réunions anars, que lorsque je sortais du lycée : d’avoir été coupé de la réalité et d’y être brutalement ramené.

Est-ce un hasard si la plupart des écrits conseilleux ou anti ressemblent à des dissertations sans engagement précis pour l’avenir et permettant toutes les interprétations (en particulier sur le problème de l’organisation) ? Le pouvoir lui-même raffole de plus en plus de ces réunions « informelles » où on ne décide jamais rien.

Il ne s’agit pourtant pas de nier qu’une séparation, abstraction soient provisoirement nécessaires[13]. En pensée d’une part, car on ne peut parler de tout à la fois et cela évite les répétitions. Mais cette séparation, abstraction doivent rester un moyen vers la connaissance du tout et non une fin en soi. En actes d’autre part.

Inversement le passage à l’action concrète n’est pas un critère suffisant de vérité. L’activisme et le réformisme sont les deux manifestations symétriques de cette idéologie de la pratique : « faire quelque chose à tout prix » voilà la devise. Bref les activistes qui rejettent (concrètement) la pratique sont également bornés (cf. le « parti politique pratique » et le « parti politique théorique » (Marx).

La dialectique c’est la fluidité retrouvée et l’interaction continuelle[14]. L’anti-groupe est précisément basé sur ces 2 notions qu’il ne faut jamais séparer (la dialectique du devenir n’est rien sans la dialectique de la totalité, et réciproquement). Plus de tabous (la théorie pour l’activiste, la politique pour le syndicaliste, l’organisation pour le spontanéiste, etc.). Plus d’idées « fixes », mortes (vive ceci ou cela, à bas tel ou tel truc).

Si on prend l’exemple du coupe (a fortiori du groupe), il y a sans doute 2 choses « tabous » : parler de la fin du couple (« il y a eu de l’histoire mais il n’y en a plus »), de l’autre parler des relations extra-conjugales, en particulier sexuelles. Au couple s’oppose la relation vivante entre (par exemple) 2 personnes qui conçoivent leur liaison comme étant transitoire et totale à la fois. La rupture n’apparaît comme une catastrophe que si le couple est conçu comme éternel. Les relations en dehors du couple ne paraissent inconcevables que si le couple est vécu sur le mode de l’isolement.

Le fait de « vivre dans le présent », de « s’intéresser à l’actualité », de disserter sur la « vie quotidienne » plutôt que sur le passé n’est pas une preuve, au contraire en un sens[15]. Car tout dépend de la façon dont le présent est vécu, conçu : soit à la manière du journaliste englué dans l’immédiat, qui ne parle certes que du présent mais sans le comprendre, de façon purement contemplative ; soit de façon dialectique.

L’immédiateté est également le défaut congénital du « maniaque » (en particulier activiste). Le maniaque n’a pas une autre conception du temps que le journaliste[16]. Le maniaque activiste a tout un arsenal de slogans et de recettes éternels – l’idéal – (sabotage des élections, des entreprises, appel à la grève générale par exemple) à appliquer à tout moment sous peine de trahir les « principes ». Les maniaques de l’insurrection, en particulier, sont généralement sanctionnés par l’échec, sinon par la prison et même par la mort.

Le maniaque refait toujours la même action sans tenir compte des enseignements pratiques, de la situation présente. Son temps est une succession d’instants juxtaposés comme dans le rêve[17]. Il se peut toutefois que par hasard son action déclenche la révolution ou y contribue.

L’impatience, si elle accorde la préférence systématique à l’offensive, risque de tout compromettre (cf. Clausewitz).

APPENDICE

A propos de quelques slogans « révolutionnaires » :

La fin de l’école, de l’université et même des prisons est très sérieusement envisagée par le pouvoir lui-même qui va désormais chanter les vertus de l’autonomie, de l’autogestion, etc.

En dehors du fait qu’il est très économique de se passer de bâtiments scolaires et pénitentiaires, l’adaptation à l’économie actuelle risque d’être ainsi plus efficace. Les « étudiants » iront prendre des cours dans les entreprises[18], les « détenus » iront y travailler. Les possibilités de réaction collective, de « contagion » ne seront sans doute réduites (à moins que cela ne donne le résultat inverse).

Quant à l’autonomie et même l’autogestion, c’est, comme le souligne Töffler, un moyen d’économiser à la fois du temps et du personnel. En effet, en cas d’incident, si l’ouvrier ne prend pas de décisions, il faut :

a) qu’il demande au contremaître ce qu’il faut faire, le contremaître à son supérieur jusqu’en haut de l’échelle,

b) que l’information redescende du haut vers le bas. Au contraire, si l’ouvrier est autonome, il y a un gain de temps et le personnel bureaucratique devient superflu.

Ainsi donc l’entreprise seule restera, mais éclatée pour mieux passer inaperçue. Ne vous occupez pas d’occupation !

En concevant l’Entreprise comme objet du combat et non comme adversaire dans la lutte, beaucoup – tous ceux en particulier qui définissent mai 68 comme « mouvement des occupations » - se sont déjà placés, en esprit sinon en actes, sur le terrain de la bourgeoisie : ils ont ainsi perdu la bataille avant même de l’avoir commencée.

On n’est pas loin chez certains d’une attitude délirante où « on s’assimile l’objet de la perception au lieu d’accommoder la perception à sa manière d’être réelle » (Gabel). Aussi comment ne pas voir la répulsion croissante qu’inspire l’Entreprise, sous les diverses formes du sabotage, de l’incendie, de l’absentéisme ou des hold-up, cambriolages, escroqueries, etc., et comment ne pas en tirer les conclusions nécessaires ?

Il est aussi ridicule de cacher certains faits qui ne cadrent pas avec la « théorie » que, par exemple, de créer des Instituts de sondage, pour connaître la fausse conscience des individus. Pourquoi entreprendre d’éterniser l’entreprise ? Le repli sur l’usine et l’occupation (comme en Pologne fin 70) ne peut être que la conséquence de la défaite et non la cause de la victoire.

VIVE LA DICTATURE ANTI-USINE DU PROLETARIAT !

ANNEXE

Extraits de « Ce qui ne fut pas » de B.Savinkov (Payot 1921) disponible à la bibliothèque nationale, ou : sur la difficulté d’être clandestin et surtout cesser de l’être.

« … Bolotov[19] comprit alors qu’un nouvel état de choses remplaçait l’ancien désormais impossible en Russie. Pour la première fois il éprouva le sentiment heureux de la délivrance (…) Il semblait que la voie de la Terre promise était ouverte à l’organisation juste et libre de la Russie. Mais ce sentiment pur et noble ne parut pas seul. Une anxiété l’empoisonnait : comment s’adapter à la vie ? Comment vivre hors du souterrain ? En dehors du comité, de la conspiration ? (…) Il regrettait que tout fût fini si vite, que la révolution fût déjà victorieuse, le laissant seul et sans asile, comme un journalier qui a reçu son compte.

Le troisième sentiment qu’il éprouvait, le plus compliqué, qui faisait naître en lui à la fois l’espoir et la colère était une méfiance, dont il ne pouvait se défendre, envers cette liberté annoncée par le manifeste[20]… Il voyait tout d’un coup comment, indépendamment de son désir et de sa volonté, la grande grève avait éclaté, s’était élargie…. ».

(POUR COMPRENDRE SON EPOQUE : 2 F / Collection dialectique, tactique, tics, tics et tics).



[1] Tout ce qui tend à dégonfler la mythologie du clandestin est salutaire ; par exemple les livres de recettes montrant que désormais tout est à la portée de tous, les confessions non truquées d’anciens terroristes, etc. D’autre part, la légalité est relative, variable d’un pays à l’autre, d’une année à l’autre.

[2] A quand un brevet de 1000 heures d’autostop pour entrer à l’ENA ?

[3] C’était déjà le problème des derniers écrits « économiques » de Marx.

[4] Est-ce un hasard si Bakounine, dans ses lettres plus ou moins codées (à A.Richard, 1870) utilise le terme de « système commercial » pour désigner les organisations révolutionnaires ? (sectes blanquistes)

[5] Il ne s’agit pas « d’ajouter » la pratique à la théorie (ou vice-versa) ou encore d’établir un « juste milieu » entre l’une et l’autre, mais de saisir l’interaction continue entre les deux. C’est la même différence qu’entre baiser chacun pour soi (comme 2 choses juxtaposées) et d’autre part faire l’amour ensemble, entre déplaisir et plaisir (cf. chapitre 4).

[6] « Rêves d’angoisse qui mettent à la place de la réalisation inadmissible de désirs défendus… la réaction… de la conscience de culpabilité contre le penchant réprouvé » (Freud).

[7] Mémoires de Savinkov (Payot, 1931) chapitre I, 2.

[8] Particulièrement « révoltant » pour les humanistes du Figaro et Cie quand il prend la forme de l’indifférence aux blessés, malades qui crèvent sur les trottoirs des grandes villes ou les routes des campagnes. On s’insurge ici contre les conséquences tout en louant les présuppositions ; on veut éliminer le « mauvais côté » en gardant le bon.

[9] Voir en appendice (A propos de quelques slogans révolutionnaires). Voir aussi Sociologie d’une révolution de Fanon : le dévoilement puis le port du voile sont dictés par la tactique ; c’est tour à tour la meilleure façon de s’infiltrer.

[10] Ainsi cet informaticien au chômage (« l’escroc à la carte bleue ») qui s’est fait pincer parce qu’il est revenu 12 fois au même endroit.

[11] Voir pour position anti-groupe : Invariance N°2, série II ; Anarchy n°77 ; A bas les groupes (Anthologie 74). Il y a toutefois des différences entre le « réseau », l’organisation « ad hoc » et l’ « anti-groupe ». A ce qu’il nous semble, le réseau (les 2 trucs sont liés) d’une part exclut les relations immédiates avec des inconnus, et privilégie trop la théorie aux dépens de la pratique (« Refus de toute reconstitution de groupe même informel ; maintien d’un réseau de contacts personnels avec les éléments ayant réalisés – ou en voie de le faire – le degré le plus élevé de connaissance théorique : anti-suivisme et anti-pédagogie »). Quant à l’organisation ad hoc, elle paraît trop attachée à la notion de besoin et non de désir, et peut donc être facilement confonue avec ce que les cybernéticiens comme Töffler appelent « groupes de projet ou d’intervention » (task-force) : « The ad hoc group which springs up some particular NEED is usually a regrouping/people from existing networks with an increment drawn from people attracted by the particular function of ad hoc group (cf. Spies of peace) ; (trad : Le groupe ad hoc naît d’un besoin précis et rassemble d’ordinaire des personnes venant de réseaux déjà existants et d’autres qui sont attirées par la fonction précise du groupe ad hoc).

[12] Le pouvoir et ses idéologues salariés n’arrivent pas à comprendre l’époque actuelle donc à agir sur elle ; pour la saisir, il faudrait se suicider mentalement sinon physiquement. D’où le succès de tout ce qui est « incompréhensible » (du fantastique à la religion en passant par la magie) et « catastrophique ». Pour un dialecticien, les « faits » actuels n’ont rien de tel. De « L’exorciste » à « Tremblement de terre », en passant par « Dracula » (venus évidemment des USA ou du Japon) c’est toujours l’échec de la pensée non dialectique qui est mis en images et en sons, c’est l’annonce inconsciente de la chute imminente de ce monde et des forces « extérieures, transcendantes, irrationelles , etc. » (d’autant plus appelées en renfort que le capitalisme est en crise ouverte). Le mysticisme est inséparable de la non pensée (voir reproches de Marx à Proudhon dans « Misère de la philosophie »).

[13] « Quand nous parlons de production, c’est toujours à un stade déterminé du développement social. Mais toutes les époques ont certains caractères communs, certaines déterminations communes. La production en général est une abstraction, mais une abstraction rationnelle dans la mesure où, soulignant et précisant bien les traits communs, elle évite la répétition » (Marx).

[14] La nostalgie du « généraliste » en médecine, le « globalisme » ou « mondialisme » du Club de Rome et Cie, ne sont que des parodies de dialectique. L’enseignement précoce des mathématiques « modernes », mieux que le catéchisme, vise à accréditer une conception statique . Ici, tout n’est que juxtaposition (et non interaction) de choses immuables (et non transitoires). Des maths à la société, il n’y a qu’un pas qu’on franchit allègrement : « L’entreprise est un sous-ensemble » (rapport Sudreau). On ne nie d’ailleurs pas tout à fait l’évolution, mais dans certaines limites : « Une entreprise n’est pas une nature morte et figée mais un être ( !) vivant en mutation permanente ». Enfin, dans le même rapport, notons deux aveux plus ou moins conscients de passivité : « Les sociétés industrielles modernes subissent de grandes mutations (…) Plutôt que d’assister passivement…. ».

[15] Cf. Enquêtes de France-Soir sur la vie quotidienne des Français (début 75). C’est lorsque l’on croit être le plus près du concret que le système en est le plus éloigné : le concret est ici envisagé de façon abstraite, les « faits » ne sont pas conçus comme des « moments ». De même c’est lorsqu’il croit s’approcher de la fête, de la libération sexuelle, du dialogue, qu’il s’en éloigne le plus.

[16] Ce n’est pas tout à fait un hasard si les principaux membres de la « bande à Baader » sont d’anciens journalistes.

[17] Voir table des matières du livre de Savinkov, chapitre I : affaire Plheve ; chapitre 2 : affaire du Grand duc ; chapitre 3 : affaire Doubassov, etc.

[18] A Philadelphie (USA) un établissement public du 2e degré fonctionne sans locaux. Les élèves se déplacent dans la journée par leurs propres moyens pour se rendre dans les différents endroits où sont donnés les « cours ». Ce sont des professionnels qui, sur leur lieu de travail, en ont la charge : comptabilité des banques, etc.

[19] Bolotov, dans le roman, représente Savinkov lui-même, selon toute vraisemblance. Ceci se passe en 1905 avant et pendant l’insurrection de Moscou. Savinkov est l’organisateur (mais non l’exécutant) de plusieurs liquidations, avant et après 1905 de dirigeants tsariste ; il est le chef adjoint de l’Organisation de combat, liée au parti « socialiste-révolutionnaire » (le chef Azev, tout comme Gapone, était un flic).

[20] Il s’agit du manifeste tsariste du 17 octobre, publié pour arrêter la grève générale en créant en particulier la Douma.

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