"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 14 septembre 2020

CONTRE LA CRIMINOLOGIE ET CRIMINALITE (politique) DE LA CONTESTATION GAUCHISTE

 


Remarques introductives sur le lumpenprolétariat dans la phase ascendante du capitalisme

Les travaux des historiens Stuart Hall, Edward Thompson et Eric Hobsbawn avaient fort bien décrit la part de la population qui avait été surcriminalisée au cours de l'accumulation primitive. Avec la phase d'industrialisation quand les pauvres des villes ne pouvaient plus entrer dans les corporations de métier en voie de dissolution, se développa un lumpenprolétariat surcriminalisé. La classe ouvrière et le lumpenprolétariat se sont formés en Europe entre 1790 et 1830. Initialement le lumpenprolétariat est une composante du paupérisme. Ce lumpen que les médias bourgeois se refusent à qualifier comme tel, c'est aussi bien tel grand bourgeois corrompu que le fils d'un manœuvre et d'une femme de ménage. Ce qui le distingue ce n'est pas le fait qu'il est exclu du marché du travail mais qu'il n'a aucune conscience de classe, qu'il joue un rôle réactionnaire dans la lutte des classes. Déjà son utilité anti-ouvrière conduisait la bourgeoisie à renoncer à réprimer le crime et à empêcher les petits trafics (vols à la tire, prostitution, etc.)[1]. Le prolétariat a toujours été plus maltraité que les apaches dont certains, à la mentalité cynique, pouvaient se recycler dans la police à la manière du célèbre Vidocq. Placé en garde à vue, j'ai pu constater un langage commun et une complicité entre une racaille et les flics. Il est à peine besoin de mentionner que le romantisme de la déviance, qui la concevait comme l'expression d'une dissidence politique ou d'une diversité enrichissante, a définitivement buté contre l'austère réalité de la victimisation. La criminologie de gauche a toujours lourdement insisté sur le fait que la cible du contrôle social et de la punition était apparemment constitué par des personnes appartenant aux classes défavorisées ; elle a toutefois été beaucoup plus discrète sur cet autre fait, non moins décisif, que les victimes de la criminalité traditionnelle faisaient également partie de ces mêmes classes, et que la classe ouvrière n’était pas composée que d’honnêtes travailleurs[2]. La disqualification du lumpenprolétariat par les socialistes honnêtes de l'époque ne signifiait pas une répudiation des masses au chômage ou paupérisées. Pour Marx et Engels le sous-prolétariat, à un moment donné pouvait être amené à intégrer la lutte du prolétariat[3]. Les positions actuelles de la criminologie « gauche radicale » - ou en tout cas de ladite « pensée insoumise » - ne sont en aucun cas scientifiques, il n'en est aucune qui soit pleinement congruente avec l’ébauche du programme communiste de Marx, dont il importe de rappeler la sentence que le monde a davantage besoin d'être transformé que d'être interprété à nouveau. La « radicalité » de la gauche bobo et gauchiste se résume le plus souvent à dénoncer la police, ce qui sent le moisi anarchiste impuissant et l’incapacité théorique à intégrer des changements cruciaux pour l’avenir de la lutte des classes et la place de la violence[4].

Impunité des racailles et complaisance bourgeoise

Alors que le procès des attentats de « Charlie Hebdo », de Montrouge et de l’Hyper Cacher se poursuit, la seule violence reconnue par l’Etat bourgeois, celle illustrée par les faits divers, imprègne la société mais confirme que les forces mervenaires de cet Etat n’ont pas pour fonction de défendre la population ni surtout la classe ouvrière. Du point de vue du militant révolutionnaire, la violence est d’abord personnifiée par les forces juridiques et sociales de l’Etat – patrons, juges et flics – et à l’occasion il vous démontrera les mille formes insidieuses de la violence dans le capitalisme décadent, dans l’entreprise, le milieu carcéral, les hôpitaux psychiatriques ; s’il est d’obédience gauchiste, il exercera lui aussi cette même violence par un discours moral, qu’il se nomme antiraciste ou antifasciste.

Communément jusqu’à la fin du siècle dernier, la pensée de gauche, présumée amie des exploités, pouvait se contenter de dire comprendre la violence en général comme un méfait du capitalisme, et, pour ce qui concernait les faits divers, la mettre sur le compte du chômage (marginalisation des jeunes au chômage), des problèmes de couple (mauvaise éducation), des cas particuliers non excusables ni explicables (viols, meurtres). Au plan politique, sans confondre tous les phénomènes liés à la violence, la gauche comme la droite, se relayant au pouvoir se sont longtemps contentés de promettre plus de policiers et « plus de justice ».

Il y a deux grandes approches – l’intervention, l’identification des groupes à risque de commettre des crimes et la prise de mesures pour limiter leur délinquance, et les approches communautaires – impliquant la communauté locale dans la lutte contre la criminalité. L’accumulation de faits divers honteux et criminels au cours de cet été a rappelé que tout est à la fois plus complexe et surtout que les politiques de tout bord sont impuissants à réfléchir le problème et pour tout dire s’en fichent.

Il y a un bon moment pourtant est apparu un « réalisme de gauche »  dans la criminologie de la criminologie critique comme une réaction contre ce qui était perçu comme l’échec de la gauche à s’intéresser concrètement à la criminalité quotidienne, permettant au réalisme de droite de monopoliser l’agenda politique sur la loi et l’ordre. Ce réalisme de gauche soutient que la criminalité affecte de façon disproportionnée les travailleurs, mais que des solutions qui ne font qu’accroître la répression servent à aggraver le problème de la criminalité. Ils soutiennent plutôt que les causes profondes de la criminalité résident dans la punition relative, bien que des mesures préventives et policières soient nécessaires, mais qu’elles devraient être contrôlées démocratiquement, c’est-à-dire par les mêmes politiciens qui s’en fichent avec en prime la négation de toute criminalité concernant l’immigration, une gauche taubiraresque en quelque sorte qui, in fine, a pour vocation à surtout criminaliser le travailleur blanc et à valoriser, via les délires féministes toutes sortes de genres, de communautés, de catégories sexuelles et en excuser tel ou tel dérapage[5].

De plus, il ne faut jamais oublier que la gauche bourgeoise, lorsqu’elle est au pouvoir, sait non seulement très bien se servir de la police contre grévistes ou manifestants en général, mais aussi que les mesures de prévention du crime et des exactions individualites coûtent cher. Avec un double langage marxiste de circonstance le radicaliste de la gauche bourgeoise au pouvoir vous assurera toujours qu’il faut rester dans le « réalisme » c’est-à-dire ne pas oublier que les réformes sont forcément bien intentionnées mais limitées et dépassées en permamence du fait des inégalités structurelles sous-jacentes au fonctionnement du système capitaliste. 

Premièrement, les criminologues « radicaux » se cachent donc derrière la loi dans les sociétés capitalistes comme un mécanisme de contrôle servant, hors de leur contrôle et compétence,  les intérêts de la classe dominante. Ils se permettaient même de mépriser une 'fausse conscience' de la classe ouvrière, avant d’inventer sa disparition pour flatter les « couches moyennes ». Deuxièmement, les criminologues radicaux attribuaient le crime aux problèmes socio-économiques intrinsèques à la société capitaliste, négligeant les problèmes d’explication du crime dans la société stalinienne. Troisièmement, de même que la publication des faits divers était interdite pendant le long règne du stalinisme[6], les criminologues mélenchoinistes et gauchistes considèrent comme secondaire voire normale la violence particulière de catégories de l’immigration inintégrable et de bondieuseries islamistes ; ils ne dénoncent pas les menaces de morts des lâches islamistes de clavier (cf. la jeune Mila) ni l’implantation islamiste dans le monde du travail mais une « zemmourisation » de la société[7]. Par conséquent, ils n’ont aucune crédibilité dans la majorité de la classe ouvrière, quelle que soit la couleur de peau des travailleurs. Quatrièmement, les criminologues gauchistes peuvent toujours invoquer le jugement dernier pour couvrir leur indulgence-complicité avec le « crime du pauvre » en renvoyant le critique à la chanson bien connue  que le passage d’une société capitaliste à une société socialiste finira par éliminer le crime et se traduira par la libération humaine. Cinquièmement, si, jadis, nos  radicaux criminologues distinguaient entre l’action révolutionnaire du prolétariat, motivée par la vraie conscience de classe, et les crimes du 'lumpenproletariat' avec son absence de conscience et ses accointances avec le système capitaliste, cette notion n’est même plus utilisée ; la gauche bourgeoise peau de chagrin s’est alignée sur le trotskisme le plus stupide : tout ce qui bouge est révolutionnaire.

La théorie de l’anomie de Durheim, qui pouvait très bien servir d’explication tangible au dérèglement social confirmant la décadence du capitalisme, est récupérée en sens inverse comme référence pour excuser tous les comportements marginaux et criminels. Les jeunes dealers ne sont-ils pas  contraints de se procurer de façon illégitime les fonds dont ils ont besoin pour soutenir le style de vie exigé par nos sociétés de consommation, par suite de leur exclusion du monde du travail[8]. 

La gauche bourgeoise et sa queue dite extrême gauche ont été pendant un demi siècle, disons depuis la fin de la seconde boucherie mondiale, à la fois les principaux bonimenteurs de la classe ouvrière et les pires liquidateurs de toute possibilité de révolution. Mais ces fractions de la bourgeoisie libérale et stalinienne ont considérablement mué depuis les années 1980, plus exactement depuis l'effondrement du mur de Berlin. En France après l'expérience accidentelle et amère de la gauche au pouvoir avec le colonisateur Mitterrand, les élites de la gauche caviar (terra nova) avaient promus les immigrés de suppléants à remplaçants de cette vieille classe ouvrière blanche et forcément raciste. Non par simple charité chrétienne mais parce que les immigrés n'importe qui peut parler à leur place, et qu'ils ne constituent pas un danger politique. Ils sont exploitables par les élites comme les « pauvres » sont exhibés par les curés comme victimes à plaindre et à récompenser par l'aumône sociale. La pensée de gauche antiraciste et antifacho est d’ailleurs un condensé de pensée chrétienne et stalinienne. Appliqué au nazisme, cette pensée politique dissolvante est un mensonge et un crime contre l’histoire. Le nazisme n’est pas en premier lieu un racisme. Peut-on d’ailleusr vraiment intégrer l’antisémitisme dans le racisme ? A l’origine, l’utilisation de l’antisémtisme par les nazis est la grande théorie du bouc-émissaire communiste. Première cause de l’usage immodéré de la dénonciation du juif : la revanche pour la (fausse) défaite de 1918 et la désignation des juifs comme race bolchevique.

 

DES LUTTES PARCELLAIRES AUX PARTICULARISMES DISSOLVANTS

 

Il faut le rappeler pour l’honneur de l’histoire du réel mouvement révolutionnaire, c’est un tout petit groupe autour du titre de son journal « Révolution internationale » qui, au début des années 1970, dénonce l’intronisation des « luttes partielles » par le gauchisme (libérations nationales, féminisme, écologisme, etc.). A cinquante années de distance on peut mesurer comment cette diversification de la contestation a servi de laboratoire à l’idéologie multiculturaliste dissolvante qui domine de nos jours, et cette bouillie de chat absolument pas universaliste, était bien partie de la principale puissance impérialiste hippie.

Alors que la classe ouvrière pouvait représenter un danger de lutte indépendante au XX ème siècle, déniaisant toute pitié des gouvernants et de leurs élites, voilà qu’au XXI ème siècle elle n’est plus un objet d’inquiétude. D’autres concepts l’ont tétanisée : l’islam, la menace jaune (bis repetita), la covid 19, etc. La religion écologique et antiraciste écrase tout quand  les migrants (nouveaux saints) et les « races » opprimées sont un objet plus malléable et de nature à autoriser des leçons de morale qui évitent de penser politiquement. L’antiracisme vise à modifier la pensée politique de la classe ouvrière et à assimiler toute critique de cette idéologie à une soumission à la montée du nationalisme de droite dans les villes désaffectées et délabrées. Pourtant la montée de la droite dite extrême parmi la classe ouvrière (partiellement) a été inextricablement liée aux reniements successifs de la gauche bourgeoise au pouvoir et dans l’opposition amplifié par son œcuménisme migratoire qui singe un internationalisme frelaté, plus européen et pro-américain que véritablement. Le parti de la mère Le Pen est d’ailleurs frappé à son tour de la même désaffection que les autres partis bourgeois et ce n’est pas le beauf Bigard qui va rendre sa politesse à la politique de classe.

La victimisation était dans ses fonds baptismaux avant de devenir le principal bénitier de l'Etat bourgeois démocratique et européen. Je n'examinerai pas ici les influences américaines indéniables (esquissées par RI naguère), et amplifiées après la chute du mur berlinois, mais la cacophonie américaine s'est répandue naturellement et règne encore en maître à penser en Occident ; on peut le constater sur le web, les textes et livres sur la victimisation criminelle sont peu nombreux en langue française mais très nombreux et pertinents en langue anglaise/américaine. J'y ai trouvé matière abondante à une analyse rigoureuse des sources et des contradictions de la morale bourgeoise contemporaine.

Référence est faite largement à la criminologie marxiste, en général objet d'examen avant tout par les marxistes staliniens et par après par leurs dégénérés gauchistes comme Mucchielli et cie. Le marxisme stalinien jusqu'au début des années 1970, avait des difficultés à associer marxisme et criminologie, tout en contestant les formes juridiques de la punition. Pour résumer grossièrement : absence de solutions concrètes pour lutter contre les crimes, vu comme simple conséquence de la pourriture du système capitaliste (vous avez noté qu’en Russie stalinienne  le compte-rendu des faits divers était interdit, et la prison et les goulags ne concernaient que les « déviants » politiques). Avec la complicité de James Dean, l'époque inclinait à idéaliser la figure du délinquant, même dans un groupe qui avait rompu (en partie) avec le trotskisme (Socialisme ou Barbarie) on pouvait trouver des articles sur le « voyou révolutionnaire »

Comme frappée d'Alzheimer la gauche bobo dite insoumise en particulier a toujours tendance à minimiser la portée des actes terroristes islamistes (cf Charlie Hebdo), en brodant autour du thème de l’enfant perdu, victime de déterminismes sociaux. Le pervers sexuel Tariq Ramadan, qui a longtemps tenu meetings communs avec intellectuels de gauche et Besancenot a conjecturé plus d'une fois un problème d’ « égalité de droit et de chance » en plaidant que Mohamed Merah se serait « senti systématiquement renvoyé à ses origines ». Pour cette mouvance, qui prétend en référer au marxisme il ne s'agirait que de jusqu'auboutisme de jeunes sans avenir ni espoir, « parcours montrant la grande violence symbolique qui s'exerce sur les plus faibles dans une société comme la nôtre ». Le meurtre lâche de dizaines de civils est une violence pourtant pas très symbolique, sauf vérification généraliste de la pourriture de l’esprit capitaliste décadent, individualiste et bigot. Les lointains caciques de l'extrême gauche fervente du terrorisme de « libération nationale » ont les héritiers bobos qu'ils méritent, avec la même ornière meurtrière que ce con de Sartre[9]

La misère étudiante des militants gauchistes des années 80 devenus universitaires est qu’ils sont restés coincés dans cette idéologie qui croyait à l'émancipation des pauvres et des colonisés par le terrorisme nationaliste (contrairement à la génération de soixante-huit). L'arsouille Mucchielli consultant autorisé des médias, a même fini par croire que la science est d’extrême-gauche. Émerveillé par son statut de sociologue officiel, il place des paradoxes gentiment contestataires dans ses titres de livres ou d’articles tels : « Le Scandale des ‘tournantes’. Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique », « Délinquance et immigration : le sociologue face au sens commun », « Travailler sur la déviance. Problèmes méthodologiques et déontologiques des recherches en sciences sociales ». Pauvre tâche !

Pourtant déjà dans les années 1970, des « réalistes » de gauche remarquaient que les victimes de rue de la classe ouvrière étaient plus susceptibles d'être des membres de cette même classe, fallait-il se contenter de dire à cette même classe : « on ne peut pas s'en prendre à des individus quand même dépendants de votre classe, c'est la faute au capitalisme ! ». Les crimes « ordinaires » étaient caractérisés par trois critères : la punition relative, la marginalisation et l'inculture. Ces réalistes réformistes comprenaient qu'il faille sévir contre la criminalité mais surtout veiller à transformer des rapports sociaux délétères en combattant verbalement les inégalités sociales, tout en faisant croire que la justice pénale pourrait un jour favoriser la justice sociale. Un auteur soutint que la criminalité était passée à une échelle supérieure depuis la Seconde Guerre mondiale : hausse du niveau de vie et élaboration de dispositions sur l’aide sociale allaient de pair avec un taux de criminalité plus élevé. Comment oublier que la mafia italienne avait collaboré et aidé les « libérateurs » américains ? (cf. la famille Gucci) Et qu'elle est restée une institution aussi indispensable à la justice de classe que les marchands de canon.

Enfin dernier particularisme dissolvant, la prétention à l’égalité salariale promotionnelle des uns (noirs) et des autres (femmes). Après « Justice pour Adama », mais pas justice pour les prolétaires victimes des menaces des « barbus » ou des violences des petites frappes des « cités », les « réalistes de gauche » veulent nous jouer la musique d’une bonne hiérarchie des salaires pour les noirs et les femmes. Que les gauchistes salariés et syndiqués soient épris de leur propre promotion sociale et envisagent des strapontins pour deux autres catégories de l’espèce humaine, ne dérange en rien l’ordonnancement capitaliste[10]. Ce n’est qu’une apologie « radicale » de l’arrivisme !

La gauche bobo-écolo municipale qui aiment pédaler entre ses résidences secondaires et trinquer avec les parvenus du trafic de drogue, est en train de se ridiculiser avec sa promo des mosquées et l’interdiction des sapins de Noël (concession stupide à l’islamisation car la fête de Noël n’est nullement et n’a jamais été une fête religieuse, que je suis seul à remarquer) ; ces maires bobo-écolos élus de façon minoritaire sont en plus incultes[11].

 

COMMENT LES VICTIMES DE LA CLASSE OUVRIERE PEUVENT-ELLES SE DEFENDRE ?

 

Je l’ai dit et redit, la loi bourgeoise interdit de se défendre soi-même lors d’une agression, été elle est assortie du fameux « tout acte peut se retourner contre vous-même » et « la réaction doit être proportionnée ». Les flics, qui n’ont pas pour mission de nous défendre nous les prolétaires, les gens de peu, sont en position pour minimiser la responsabilité de l’agresseur surtout s’il est mineur. Depuis les années Taubira et Cie (la gauche antiraciste radicale) il écopera d’un rappel à la loi ou de trois mois avec sursis. J’ai tenté d’expliquer dans l’article précédent que cette règle foutage de gueule des victimes sert à paralyser toute idée de riposte naturelle ou juste, en gros à indiquer qu’il est interdit de se défendre soi-même. Au nom d’une éducation anti-autoritaire, masquant un laxisme volontaire de privilégiés au pouvoir, le voyou migrant est sponsorisé héros de la lutte primordiale anti-police (cf le bien nommé Les misérables et autres « la haine »). Finalement la voyoucratie remplit très bien le rôle de la police dans les quartiers qu’elle contrôle. Elle est un ferment de contrôle social tout autant et même un plus car n’est-elle pas anti-police ? N’est-ce pas enfin la faute à l’Etat qui n’a pas su créer le nombre d’emplois nécessaire à résorber le chômage des jeunes de cette banlieue ?

Les français ouvriers et racistes n’ont qu’à migrer en province. Le NPA et LFI n’iront jamais sermonner tel pote islaminguant de vouloir violer Mila et se fichent que les parents des tarés estiment le coran au-dessus de la République pourvu qu’ils votent « France insoumise ». Quand la presse bourgeoise s’étale en commentaires fumeux sur les « faits divers » ce n’est pas pour organiser une campagne sécuritaire à l’ancienne comme le clament les contestataires gauchistes, c’est pour confirmer qu’il faut survivre dans l’insécurité, bien montrer que autant on ne peut compter sur les flics, autant on peut compter sur la racaille pour continuer ses exactions, sa loi en quelque sorte, et une loi qui participer de l’intimidation quotidienne de la principale classe exploitée.

La première réaction qui nous vient à l’esprit nous prolétaires est « défendons-nous nous-mêmes », voire « armons-nous comme les beaufs américains ». Pas brillant. Le concept d’autodéfense a été appliqué naguère par les milices communistes et trotskistes pour combattre le fascisme, et pouvait se justifier. L’autodéfense de nos jours, de plus face à la voyoucratie, sent le vinaigre. Ce peut-être l’association de tout et de n’importe quoi, donc inapproprié et dangereux. On ne peut pas, comme cet idiot de boulet jaune crier « policiers nazis » - car ils ne sont pas des nazis – ni exiger que la police soit présente au coin de chaque rue déserte le soir.

On ne peut se contenter de plaisanter en disant souhaiter ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment ni appeler à la constitution de milices d’autodéfense. Des agressions ont lieu de plus en plus sur le chemin du travail, des comportements islamistes autoritaires se répandent à la RATP.

Cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à des réponses qu’on est en droit d’attendre avant tel grand soir qui n’advient jamais. Cela se fera naturellement. De plus en plus de gens s’équipent de batte de baseball. Au moment de l’interdiction de la vente d’armes autres que de chasse en France, deux millions de fusils à pompe étaient déjà dans la nature. On voit surtout beaucoup plus de gens, même des femmes réagir lors d’agressions subites même au couteau d’un taré face aux multiples agressions de conducteurs de bus, de vigiles. 

Dans la classe ouvrière il y a toujours eu des capacités d’auto-défense collective, bien sûr au moment des grèves et manifestations mais aussi sur le plan des mœurs. Je me souviens au début de ma carrière d’électricien qu’un jour, la femme d’un collègue était venue se plaindre auprès des gars de la base de Clamart qu’il la battait. Il fût convoqué par un groupe d’ouvriers au fond du hangar là-haut et se prit une rouste mémorable qui lui a sans doute ôté toute honte bue, toute envie de récidiver. On pourrait étendre cette pratique à tous les maris lâches et aux petites frappes de banlieue qui n’écopent que du comique « rappel à la loi », une bonne rouste et tu te calmes !

Ou remettre en vogue le fouet, comme ils font dans LEUR pays. 



[1]    Comme de nos jours la justice « de classe » se contente du « rappel à la loi » ou ne distribue que des peines avec sursis. Les condamnés à d'aussi ridicules peines, personnages sans foi ni loi, sont d'ailleurs reconnaissant à cette « justice », et par conséquent prêts à collaborer avec les enquêtes de police ou à se mettre au service des dominants en cas de révolution. La gauche bourgeoise en France a su comme jamais auparavant les fractions de droite, théoriser la victimisation et un laxisme arrogant propre à lui aliéner les suffrages des « aliénés du salariat ». Un commentateur pourtant de droite, reprend nos éléments de langage concernant les journaux « de gauche » : 'Comme le milliardaire  Soros &Co, ces organes de la « gauche du Capital » prônent la dépénalisation des drogues et donc, censurent une réalité avérée par cent sources ».

[2] Des questions complexes de classe et de genre ont été mises en lumière lorsque la violence sexuelle et physique contre les femmes est apparue dans les tribunaux locaux du milieu du XIXe siècle. À Middleton, dans le Lancashire, malgré l’importance de la main-d’œuvre féminine dans l’industrie, ces cas associent surtout l’identité sociale des femmes au foyer et au quartier. Ils présentaient des masculinités qui contredisaient la respectabilité croissante de l’organisation et de la politique des travailleurs. Les actes ont été publiés dans les salles d’audience et dans les journaux locaux. La violence sexuelle et physique des hommes, souvent associée aux loisirs et à l’ivresse, aux affaires d’affiliation et aux querelles de quartier des femmes, a produit un portrait composite du désordre que les magistrats de la classe moyenne visaient à discipliner mais sans rien y changer au fond… au fond de la mine où des femmes étaient violées dans la promiscuité du travail et la semi nudité des corps. 

[3] Aux États-Unis, 12 millions de personnes sont prises dans un système de contrôle pénal de masse, et la plupart d’entre elles sont des jeunes hommes noirs ou latinos sans diplôme et au chômage. Dans les huit premiers mois de 2014, par exemple, les communautés noires et latinos représentaient 86% des personnes arrêtées pour possession de cannabis à New York. À l’échelle du pays, sur les 1 100 personnes tuées chaque année par la police, 95% des victimes sont des hommes, la moitié ont moins de 34 ans, et les Noirs sont fortement surreprésentés (un mort sur quatre). Ensuite, les biais sont également inhérent au système judiciaire : les populations minoritaires manquent de moyens de défense convenables, à quoi s’ajoute le fait que des agents publics les incitent à plaider coupable. Quand les accusés font face à un jury, celui-ci est le plus souvent blanc. L’injustice ne s’achève pas quand les gens sont libérés de prison : après leur peine, ils peuvent avoir perdu leur droit de vote, avoir été exclus du logement social, voir leurs droits parentaux retirés.

[4] L'argument de Marx que la police sert «à accélérer l'accumulation du capital en augmentant le degré d'exploitation du travail » était une synthèse partiale et partielle de la fonction effective de la police, laquelle est plus complexe à l’époque moderne et ne se résoud pas par le simpliste « A bas la police ».. Le policier moderne n’est pas seulement celui qui est en uniforme, c’est un travailleur dont les tâches sont de plus en plus soumises à un processus aliénant de taylorisation. Non seulement ce phénomène est discuté depuis plus de vingt ans par la sociologie de la police, mais il faut tenir compte de la signification de la syndicalisation policière, qui est moins une mesure de résistance à la parcellarisation des tâches, qu’un même flicage par les syndicats dits ouvriers empêchant de se considérer comme salariés et enfermant dans le corporatisme. Les employés de police sont aussi des êtres humains et des « prolétaires » comme me l’a dit l’un d’eux, et non plus de simples soudards comme sous l’Ancien régime.

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Left_realism. Les particularismes font florès et la bêtise crimonologue est un puits sans fond.  En criminologie, les féministes noires et les féministes raciales critiques attirent l’attention sur le traitement discriminatoire des femmes non blanches dans le système de justice pénale, comme les instructions judiciaires aux jurés dans les procès de viol pour renoncer à l’hypothèse selon laquelle les femmes noires sont chastes. Par ailleurs, le féminisme lesbien relie l’oppression des femmes à l’hétérosexisme et au contrôle par les hommes de l’espace social des femmes en « prenant en compte le point de vue féministe pessimiste radical de l’alcoolisme logique ».C’est ainsi que la féminisme dans le monde a pu constater l’oppression des hommes dans l’activité économique des pays en développement

[6] Il est intéressant de dire pourquoi ? Parce que ces faits divers vérifiaient comme le capitalisme d’Etat qu’on était bienencore en société capitaliste ! La Pologne « passée » dans le camp socialiste  avait conservé pendant plus de 25 ans le code pénal qui était en vigueur sous l'ancien régime

[7] Ce qui est accorder une bien grande importance à ce petit journaliste et le diaboliser à bon compte. L’islamisation effective des sociétés du nord de l’Europe est une réalité. Erdogan en est le pape théorique, donc les mélenchonistes et les gauchistes les enfants de chœur ? Zemmour ne dit pas des bêtises. Ce que ne voient pas se hystériques contradicteurs staliniens (qui veulent l’interdire d’expression), c’est que sous un discours qui se veut néo-gaulliste, il s’adresse à un public ouvrier (certes pas le meilleur), dénonçant l’abandon des nationanlisations et du nucléaire , célébrant des « personnalités » comme Thorez et Marchais, conchiant l’Europe libérale, déniant à juste titre que le racisme soit le principal problème à combattre… et il trouve en effet comme je l’ai déjà remarqué un large public hors des milieux petits bourgeois.

[8] La pensée « radicale » de la gauche bourgeoise transformiste s’inspire grandement des penseurs dissolvants de toute cohérence marxiste, et peut se réclamer des approximations de Michel Foucauld qui niait comme simpliste la notion de classe dominante, lequel révélait de façon transparente sa rupture avec les principaux postulats du marxisme, avec ses sommes livresques – Surveiller et punir – où il jouait à celui qui a tout mieux compris du système d’oppression.

[9] La fameuse sentence de ce crétin politique girouette : « Abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre », est reprise dans « Fusillez Sartre » en 2016 par l’islamo fasciste Houria Bouteldja en 2016, comme quoi les indigestes de la République ne sont que des avortons de la gauche bourgeoise. http://indigenes-republique.fr/test1/

[10] A la fin de ma carrière de prolétaire salarié, mon contremaître était noir et ma cheffe de service arabe, je n’ai eu aucun problème avec eux, je les trouvais même plus humains que les tarés de souches chefaillons que j’ai contrariés et combattus toute ma vie. Mais c’est tout.

[11] https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/noel-ne-fete-pas-la-naissance-de-jesus/

mardi 1 septembre 2020

Danièle Obono une esclave de la bourgeoisie islamo-gauchiste

  UN MOT POUR QUALIFIER LES RACAILLES PLUS NOCIF QUE LES RACAILLES EUX-MEMES (et c'est une trouvaille ministérielle pour vider les prisons par la magie du verbe)  

 La palme du déni sidéral et sidérant, et dûment méritée pour un principal représentant de la justice jem'enfoutiste, est attribuée avec une chanson d'Isabelle Boulay ce matin au parvenu au service de l'Etat bourgeois impavide, Dupont-Poretti. Invité sur Europe 1 mardi 1er septembre, ce ministre de la l'in justice bourgeoise n'a pas souhaité reprendre le terme «d'ensauvagement» utilisé par Gérald Darmanin pour qualifier l'insécurité qui gangrène (Macron dispose ainsi d'un gentil et d'un méchant), selon lui, dans «une partie de la société». «Je ne le reprends pas. C'est une question de sensibilité. Chacun utilise les mots qu'il veut utiliser. Le ministre de l'Intérieur, c'est le ministre de l'Intérieur», a-t-il souligné.«Le sentiment d'insécurité, pire que l'insécurité». Selon le garde des Sceaux, cette notion «développe le sentiment d'insécurité», ce qui est «pire que l'insécurité». «L'insécurité, il faut la combattre, le sentiment d'insécurité, c'est plus difficile car c'est de l'ordre du fantasme», a-t-il martelé. Pour Éric Dupond-Moretti, ce «sentiment d'insécurité» est «nourri» par «les difficultés économiques», par «le Covid», mais aussi par «certains médias», et notamment les «chaînes d'info continues».

Quand un conducteur de bus se fait tuer par une bande de racailles sans couilles c'est laissé à l'appréciation de chacun, "c'est une question de sensibilité" ou de débilité du garde des sots? Antiracisme et laxisme méprisant les deux mamelles du macronisme finissant. Comme disait Bataille "la liberté c'est la confusion" et Orwell: Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies".

LIRE PAR APRES: Quand la bande à Obono régresse vers M. Dühring!

et La double face consternante d'Obono

    


Beaucoup de bruit pour pas grand chose. C’est volontairement que je me suis abstenu de commenter l’envolée sécuritaire des merdiats depuis mon article du 20 août sur l’anomie que d’autres nomment décomposition du capitalisme. La covid a vu remise en cause une infection parasitaire très ancienne, le culte de la révolte racaille, l’impunité du lumpenprolétariat individualiste dont l’invasion migratoire est devenue le principal pourvoyeur. 

      Je me fiche de l’humour peu intelligent des jeunes arrivistes de Valeurs actuelles, une pâle copie d’une sorte de Charlie Hebdo de droite, donc aussi nul que ce canard avili par les années sous la férule du collabo d’Etat Philippe Val. Leur parodie du raisonnement révisionniste racialiste ne ferait pas de mal à une mouche. La mouche, en l’occurrence la dépitée Danièle Obono, n’en est pas une mais un gros poisson des résidus de la gauche stalinienne, une gauche attrape-tout, une gauche bourgeoise qui se couche devant toutes les nouveautés islamo-compatibles. On va évoquer par après les états de service de cette « victime » du racisme supposé et inventé. 

      Grand émoi donc concernant une publication « parodique » des « ordures fascistes » de Valeurs actuelles (dixit NPA), que personne ne lit que dans les entrefilets de kadaza, et qui est le seul organe de presse, avec le traditionnel Parisien, à informer sur les étranges faits divers qui se répètent de manière croissante, et accrue par les soi-disantes mesures « liberticides » visant à obliger au port du masque. Du pôle front national à la secte NPA en crise, de l’éminence élyséenne au moindre avocat journaliste, un grognement unanimiste prit donc la défense de la « victime du racisme ». Lamentable ! La classe dominante avec tous ses esclaves politiques serviles ne se rend même pas compte combien elle est ridicule. Je n’avais pas attendu le retour de vacances de Zemmour sur « Face à l’info » (émission de CNews la plus regardée par la classe ouvrière), pour supputer que ce soudain prurit des sectes islamo-gauchistes avait pour but de refouler au second plan la campagne surfant sur la série de meurtres des lumpens au cours de l’été, série de méprisables « faits divers » sur lesquels la gauche et l’extrême gauche sont très gênés et se taisent parce qu’en parler déshabille automatiquement leur collusion avec le système dominant. Le petit collègue d’Obono, Adrien Quatennens l’a fort bien expliqué, si la gauche écolo-mélenchonesque se prononçait ce ne pourrait être que dans la surenchère policière[1]. La camp maximaliste, en général à la queue de l’économisme gauchiste, se tait aussi sauf le CCI qui se contente de radoter sur la notion de « décomposition ». Or l’anomie de la société décadente mérite une réflexion plus ample sur comment l’Etat reste à la manœuvre avec un discours sécuritaire à géométrie variable qui conforte le constat navrant et terrorisant pour les prolétaires (la police ne nous défendra jamais, même avec la grande campagne de jugement des assassins islamistes des journalistes satiriques, elle reste au service des puissants et compose avec la racaille lumpen). Le prolétaire n’a pas le droit de se défendre. S’il se défend c’est une faute ; ainsi le chauffeur de bus de Bayonne aurait donné le premier coup de poing, dit l’avocat (gauchiste) des assassins – à mon sens il a eu raison de donner ce coup de poing face aux insultes des racailles – mais la « justice » en conclura qu’il faut atténuer la peine des assassins, de même qu’elle relâche sans remord les récidivistes violeurs et meurtriers. Notre justice prolétarienne si elle était au pouvoir aurait une solution juste et humaine : la peine de mort, et une dictature de plusieurs années pour calmer les instincts funestes et sadiques des apaches modernes.

LA METHODE STALINIENNE TOUJOURS VIVACE DE LA SECTE LFI

      La clique à Mélenchon y a pas plus soumis à l’idéologie stalinienne via leur passage au trotskisme collabo de l’antiracisme débile dont le NPA déliquescent reste le fleuron le plus minable. On ne s’en souvient pas, mais pendant toute l’après-guerre, dans le bloc stalinien, il était exclu et interdit de parler des faits divers. Pourquoi ? Parce qu’il fallait laisser supposer que dans le « socialisme réel » les faits divers avaient disparu contrairement à la zone capitaliste de la planète. Pourquoi gommer les faits divers ? Parce que les faits divers sont des péchés qui reflètent à des degrés divers l’état réel de la société bourgeoise. Le vol, le meurtre, la violence envers les femmes, le nombre et l’état des prisons, les putasseries de la justice de classe bourgeoise, sont des « révélateurs » troublants, mais qui peuvent être interprétés différemment selon le bord auquel on appartient. La droite bourgeoise reste simpliste : faut plus de flics et plus de prisons. La gauche bourgeoise serre les fesses en esquivant le problème. Pourquoi ? Parce que une fois au pouvoir elle soutient la police et ses exactions, quand dans l’opposition elle peut se contenter de dénoncer cette même police, ce qui ne couche pas cher et lui permet de se faire passer pour l’amie du peuple.

      Le vrai mode de penser de la gauche bourgeoise restera à jamais la méthode stalinienne. En maquillage politique le stalinisme reste une leçon de choses. Le trotskysme de l’après-guerre jusqu’à l’avorton du NPA procède toujours avec cette idéologie qui ridiculise toute réelle méthode communiste, le mensonge par omission, les trafics en tous genres pour déformer le contradicteur. On a parlé d’ayatollahs concernant la secte écologique, c’est de bonzes staliniens qu’il faut parler. Prenons simplement un exemple fourni par A.Rossi dans son ouvrage non réédité « Les communistes français pendant la drôle de guerre ». L’ancien socialiste Léon Blum, devenu dirigeant bourgeois du Front populaire, puis interné à Riom par le régime de Pétain, fût la cible constante et haineuse des caciques staliniens ; en collusion avec le régime de Pétain, le chef stalinien François Billoux demanda même au maréchal Pétain, en décembre 1940, de pouvoir déposer contre Blum devant la cour suprême de Riom (où Blum su pourtant très bien ridiculiser ses juges pétainistes). Notons brièvement comment la maïeutique stalinienne clouait au pilori cet ancien ministre bourgeois pourtant plus digne que les autres – il s’était prononcé contre la dissolution du PCF - : « Blum a réclamé le poteau d’exécution pour les communistes » ; en février 1940, Thorez déclare que Blum « propose au gouvernement de traduire les dirigeants communistes en justice, de les juger et de les exécuter ». Quand le NPA titre sur les « ordures racistes » de Valeurs actuelles, c’est de la même eau, mais cela n’abuse que les bobos lycéens qui marchent dans la combine protestataire infantile. Quand Mélenchon met dans le même sac cette revue dite « d’extrême droite », comme Causeur et Marianne, c’est de la même eau, Mélenchon a raison sur point, Charlie Hebdo présente la même lâcheté politique et n’a plus aucune ressemblance avec son ancêtre gentiment marginal et anarchiste[2].

      Que démontrent les faits divers de ces derniers mois ? Et pas spécialement par la faute à la covid ? Qu’il se développe une anomie révélatrice de la crise politique de la domination bourgeoise où il est interdit d’appeler un chat un chat et où des spécialistes, plus corrompus que les voyous eux-mêmes font la morale aux prolétaires blancs donc racistes et un clin d’œil à leur origine maghrébine marseillaise[3].

Cette anomie, chère au célèbre sociologue Durkheim, n’explique pas tout. Pour parodier le CCI, je dirai ici que la bourgeoisie se sert de sa propre anomie. La mode antiraciste partie des USA n’a fait que rebondir en Europe, et elle vient conforter la menace migratoire, pardon la chance migratoire selon les islamo-staliniens. Les migrants sans papier sont des saints qu’il faut accueillir dans les plus sordides chambres des bas-fonds de Paris afin que les bobos parisiens puissent aller au restaurant pavaner et ne pas payer une note trop salée.

      L’antiracisme de tous nos staliniens recyclés est leçon de morale number one pour nier encore et toujours la classe ouvrière universelle et lui faire croire qu’elle est condamnée à subir éternellement communautarismes et frasques islamistes. Le mouvement civique (sic) des sixties est agité à nouveau comme mère de toutes les batailles. Il faut faire tomber des statues, non du capital, mais des blancs colonisateurs. Il faut une parité noirs/blancs au cinéma et à la TV, pourquoi pas une parité au MEDEF et parmi les généraux ?

LA RADICALITE FOIREUSE D’UNE DEPUTEE DE LA GAUCHE PEAU DE CHAGRIN

      Nous sommes des millions à être traités comme des moins que rien, comme "esclaves salariés", et voilà que la tendre compassion des élites pourries verse soudainement des larmes pour une petite midinette députée qui se voit chargée de jouer le rôle de l'offensée, ostracisée pour sa race, alors qu'elle n'a été que l'objet d'une parodie du discours vraiment raciste et imbécile de la noria islamo-gauchiste avec la mise en vogue de la repentance Iznogoud. Derrière son guru Mélenchon, Danièle Obono, est chargée de la partition « coucou aux enfant mal nés de la république antiraciste ». Elle n’a rien fait de mal en soi et ne risque nullement la persécution stalinienne et facho d’un Roger Salengro ou d’un Léon Blum. Elle est restée la cheville ouvrière (pardon anti-ouvrière) de la filière islamo-gauchiste entre clientèle électorale et lumpen de banlieue où le rap côtoie efficacement le droit de vote. Elle a serré la main au pervers sexuel Tariq Ramadan, ne s’est pas départie de son amitié pour les indigestes de la République[4], et trouvait normal qu’un chauffeur de bus musulman ne se salisse pas les mains en touchant un volant tripoté peu avant par une femme, hélas collègue. La nomination de l’antiraciste Castex au poste de Premier ministre l’avait conduit à protester ainsi par tweet : « Jean #Castex Profil : homme blanc de droite bien techno & gros cumulard Fonction : gérer l'intendance de fin de règne de la #Macronie comme il a préparé le déconfinement, en mode "Démerdez-vous, c'est chacun·e pour sa gueule, Jupiter reconnaîtra les sien·nes"".

            Danièle Obono, comme d’ailleurs les militants du NPA et des indigestes de la république ne sont que les avortons de la gauche caviar qui depuis l’invention du colonialiste Mitterrand - « toutouche pas à mon popote » - et les inventions du cénacle franc-mac Terra Nova, s’est autorisé à déclarer morte la classe ouvrière, opérant à son grand remplacement « internationaliste » par l’immigré universel, nouvelle Sainte Thérèse du libéralisme révolutionnaire et antiraciste.

      Le  projet politique accessoiriste de la secte marginale des Indigènes de la République - celui d'opérer au sein de la gauche "anti-raciste" la substitution du concept de la lutte des classes à celui de la lutte des races, en racialisant les luttes sociales – fait partie du socle laïque chancelant de la France insoumise ; les indigestes de la République sont eux médiatiquement morts depuis 2016[5]. Ce spectacle très parisianiste en effet éloigne un peu plus LFI et NPA de l’électorat ouvrier (une partie évanescente qui hésite à voter) et les rapproche un peu plus de l’îlot naturopathe, dernière bouée d’un PS moribond, qui se prépare à remporter les futures élections grâce à leurs petits pourcentages dans toutes les villes savamment gentrifiées.

Conclusion : la tempête antiraciste dans un verre d’eau (trouble) ne mettra pas fin aux questionnements troublants sur un « ensauvagement » qui n’est pas spécifiquement français ni immigré, et la lutte des classes, malgré les fumigènes du lumpenprolétariat et des amis de la gauche soumise à une république imaginaire clean et juste, risque bien de bousculer encore les clichés anti-racistes de collaboration des classes.




[1] "N'appelant pas à la surenchère sécuritaire on a été taxés d'islamo-gauchistes. Nous sommes laïcs et républicains" @AQuatennens#24hPujadas pic.twitter.com/JlMJVcOEkW24h Pujadas (@24hPujadas) November 2, 2017

[2] La vexation par Mélenchon de Charlie, entraîne une réaction pleutre qui confirme que, comme pour les boulets jaunes, la gauche a encore une grosse capacité de récupération genre « union nationale antiraciste ». Pauvres épigones suivistes et si dépendants de la protection policière « démocratique » : « Cher Mr Je-suis-la-République-mais-je-ne-lis-pas-les-journaux, sachez que Charlie, tout comme Marianne, n’a jamais attaqué Danièle Obono que sur ses idées anti-laïques, sa proximité avec les Indigènes de la République, son indulgence envers l’islamisme radical et ses obsessions identitaires. Et, quand bien même elle a toujours refusé de nous soutenir, y compris au lendemain du massacre du 7 janvier, au nom de la lutte contre « l’islamophobie », nous ne pouvons que dire aujourd’hui notre dégoût – mais pas notre surprise – devant l’article crapoteux de Valeurs Actuelles et la représentation raciste qui est faite de Danièle Obono ».

[3] Ainsi le roi des bounty , l’ex-député européen bonze de l’insertion réussie (dans la classe bourgeoise) Karim Zerbi a-t-il repris du service sur CNews sans encombre depuis hier pour faire la leçon aux racailles (petites bières comparées à ce hâbleur), pourtant toujours en froid avec la « justice », cf. lire au bas de ma colonne de gauche : https://www.nouvelobs.com/justice/20200706.OBS30930/info-obs-karim-zeribi-juge-pour-le-detournement-de-300-000-euros-a-des-fins-politiques-et-personnelles.html#xtor=EPR-1-[ObsActu8h]-20200706

[4] Dimanche 5 novembre 2019, au micro de Radio J, la députée de Paris a défendu âprement "la militante antiraciste" qu'est selon elle Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République (PIR) : "C'est dans le mouvement antiraciste que je l'ai connue, c'est dans ces luttes-là que l'on s'est battues", a-t-elle expliqué, précisant que si "je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'elle dit", elle reste "une militante antiraciste". "Je considère Houria Bouteldja comme une camarade, parce qu'elle fait partie de ce mouvement-là. Et dans ce mouvement-là, on se bat sur la question de l'égalité".

[5] En 2016, sur le plateau de France 2 de l’émission supprimée de Dominique Taddeï, Thomas Guénolé avait été chargé de démontrer, document à l'appui, le double discours de Bouteldja, révélant la véritable nature du projet politique du PIR. Sur l'évolution d'une certaine partie du mouvement antiraciste, Guénolé expliquait : "Je pense que ce qui a changé, c'est qu'il y a une partie de l'antiracisme, et ça me fait beaucoup de peine de dire ça, qui est devenue raciste ! Je parle de vous madame Bouteldja". S'ensuivait une démonstration sur le racisme, le sexisme, le communautarisme et l'homophobie de Houria Bouteldja qui laissera cette dernière KO, incapable de répondre sur le fond, se cachant derrière la complexité d'"un certain nombre de concepts" utilisés.

 QUAND LA BANDE A OBONO REGRESSE VERS M. DUHRING

On doit en référer à la polémique de notre cher Engels, qu'on pourrait conseiller aux ânes racialistes de découvrir. Quelques citations contre les billevesées et énormités concernant l'esclavage.

L'es­cla­vage aux États-Unis d'Amé­rique reposait beaucoup moins sur la violence que sur l'industrie anglaise du coton; dans les régions où ne poussait pas de coton ou qui ne pratiquaient pas, comme les États limitrophes, l'élevage des esclaves pour les États cotonniers, il s'est éteint de lui-même, sans qu'on eût à utiliser la violence, simple­ment parce qu'il ne payait pas.

C'est ainsi que la vio­lence, au lieu de dominer la situation économique, a été au contraire enrôlée de force dans le service de la situation économique. L'esclavage était inventé. Il devint bientôt la forme dominante de la production chez tous les peuples dont le déve­loppement dépassait la vieille communauté, mais aussi, en fin de compte, une des causes principales de leur décadence. Ce fut seulement l'esclavage qui rendit possible sur une assez grande échelle la division du travail entre agriculture et industrie et par suite, l'apogée du monde antique, l'hellénisme. Sans esclavage, pas d'État grec, pas d'art et de science grecs; sans esclavage, pas d'Empire romain. Or, sans la base de l'hellénisme et de l'Empire romain, pas non plus d'Europe moderne. Nous ne devrions jamais oublier que toute notre évolution économique, politique et intellectuelle a pour condition préalable une situation dans laquelle l'esclavage était tout aussi nécessaire que généralement admis. Dans ce sens, nous avons le droit de dire: sans esclavage antique, pas de socialisme moderne.

Il ne coûte pas grand chose de partir en guerre avec des formules générales contre l'esclavage et autres choses semblables, et de déverser sur une telle infamie un courroux moral supérieur. Malheureusement, on n'énonce par là rien d'autre que ce que tout le monde sait, à savoir que ces institutions antiques ne correspon­dent plus à nos conditions actuelles et aux sentiments que déterminent en nous ces conditions. Mais cela ne nous apprend rien sur la façon dont ces institutions sont nées, sur les causes pour lesquelles elles ont subsisté et sur le rôle qu'elles ont joué dans l'histoire. Et si nous nous penchons sur ce problème, nous sommes obligés de dire, si contra­dic­toire et si hérétique que cela paraisse, que l'introduction de l'escla­vage dans les cir­cons­tances d'alors était un grand progrès. C'est un fait établi que l'humanité a com­mencé par l'animal, et qu'elle a donc eu besoin de moyens barba­res, presque animaux, pour se dépêtrer de la barbarie. 

Si donc M. Dühring fronce le nez sur l'hellénisme parce qu'il était fondé sur l'es­cla­vage, il aurait tout autant raison de reprocher aux Grecs de n'avoir pas eu de machines à vapeur et de télégraphe électrique. Et s'il affirme que notre asservisse­ment moderne du salariat n'est qu'un héritage quelque peu métamorphosé et adou­ci de l'esclavage et ne s'explique pas par lui-même (c'est-à-dire par les lois écono­miques de la société moderne), ou bien cela signifie que le salariat comme l'escla­vage sont des formes de la servitude et de la domination de classe, ce qu'aucun enfant n'ignore, ou bien cela est faux. Car nous serions tout aussi fondés à dire que le salariat s'explique comme une forme adoucie de l'anthropophagie, forme primi­tive, partout constatée maintenant, de l'utilisation des ennemis vaincus.

La double face consternante d'Obono

En prélude au jugement dernier (5 ans après) des complices des assassins de Charlie Hebdo, on nous aura offert en pâture une certaine Danièle Obobo (la coquille était involontaire mais je la maintiens), députée de la clique à Mélenchon. La revue d'extrême droite Valeurs actuelles recyclée en Parisien libéré bis n'a pas pu vraiment voiler ses relents racistes sous la parodie des connards racialistes, mais ce n'était que de la petite bière à négliger. Leurs adversaires de l'extrême islamo-gauchisme n'allaient néanmoins pas les rater en complicité avec la justice officielle. On assista alors à une merveilleuse union nationale antiraciste. Invitée chez Bourdin lourdingue ce matin, la députée si soumise à la « justice » et à la « citoyenneté » était aux anges, ses chevilles enflaient, au point qu'elle commença par rappeler qu'elle représente « des millions de citoyens en tant que députée de la nation », citoyens qui, à travers elle « ont été attaqués et insultés ».

La rhétorique stalinienne avait été répétée au cordeau la veille en conclave avec le cénacle dirigeant de LFI. VRP de la mystification électorale, et représentante de « millions d'électeurs », elle ne manquait pas d'air, sachant les circonstances troubles et étranges de son élection dans la 17e circonscription de Paris ; irrégularités dans le vote, procès-verbaux non signés, signatures différentes des électeurs au premier et second tour... en somme de vielles pratiques légendaires de la mafia stalinienne (l'ex leader des verts Alain Lipietz m'avait confié que la dernière élection de Marchais avait été ainsi « forcée » parce qu'on avait plus besoin d'un personnage de sa trempe et popularité à l'Assemblée qu'un vague élu socialo). L'élue bobo de la parisianité petite bourgeoise, miss Obono, le système en avait bien besoin, on avait donc laissé aussi bourrer les urnes !

Elle cause bien et est culottée comme pas deux ; elle peut compter sur les élites de la gauche caviar pour dénier tout problème de barbarie au quotidien et rejeter tout problème d'immigration sauvage (Le Monde nie toute insécurité et foutage de gueule des juges en parlant d'un: « laxisme supposé du gouvernement » (les journalistes chers payés du Monde ne prennent pas le métro le soir tard).

Elle sait mentir effrontément, esquiver comme un torero. Mais franchement avec 11360 voix face à presque autant pour sa concurrente de droite, il n'y a pas de quoi représenter des millions d'électeurs. C'était le premier ridicule de la donzelle. Comme ses pères staliniens et trotskiens si elle sut parfaitement démontrer la capacité des médias bourgeois à falsifier, amalgamer et marginaliser toute opposition (même simplement contestataire et nationaliste comme LFI) sa négation de l'islamisation d'une partie de la classe ouvrière sonnait creux comme ses minauderies sur ses ami(e)s racialistes et ses esquives sur ses soutiens successifs aux réunions « non-mixtes ». Franchement elle finissait, avec ses virevoltes et retours de bâton contre le pauvre Bourdin, par apparaître comme un vulgaire soutien de plus à Erdogan, et Besancenot, cité dans le texte, avec.

Arguant d'une « zemmourisation » des médias en lieu et place de l'islamisation, c'était pour faire oublier au passage que toutes les cliques trotskistes sont aimablement conviées régulièrement sur les chaînes d'info en continu – avec, « en toute indépendance » D.Schneidermann le néo-stalinien promoteur de l'islamo-gauchisme - mais Bourdin la mit KO en concluant, à son insu, regard tourné vers le spectateur effaré de la faconde stalinienne : « et vous vous êtes librement exprimée ». Le site Indymédia prit par contre la défense inconditionnelle de la députée en se passant de noter ses mensonges et sa forfanterie.

Zemmour a raison de dire qu'il ne faut pas la défendre mais la combattre, mais pas de son point de vue réac et nationalitaire, mais du nôtre, de la position de classe qui dénonce la foutaise nationaliste anti-raciste et qui n'appelle pas à faire confiance à la justice... bourgeoise ! (LFI fait partie des sponsors de « justice pour Adama » et se prépare à enrichir les collègues avocats avec un procès mettant en vedette une victime très...consentante). Obono est surtout dangereuse pour les prolétaires des banlieues et les nouveaux arrivants, parce qu'elle est chargée de leur faire croire qu'il y aurait une « justice » sous domination étatique bourgeoise quoique « sous suprématie blanche », que l'islam est une religion progressiste, que les blancs occupent toujours les meilleures places, et que demain on rasera gratis dans les barber shops qui se répandent. C'est pourquoi elle est si utile à la bourgeoisie à l'orée de la grande campagne idéologique démocratique, antiraciste, antiterroriste et lénifiante autour du procès du massacre des employés de Charlie Hebdo. Elle entretient l'ambiguïté à la manière stalinienne : elle sourit aux islamistes en même temps qu'elle assure l'Etat bourgeois de son soutien à la « justice », à la « nation » et au mode électoral truqué de la « démocratie ».






samedi 29 août 2020

ARCHIVES DE R.I. : Quand les modernistes se moquaient de nous les maximalistes







Evidemment que je suis toujours pleinement d'accord avec ce dernier texte que ces petits bourgeois "radicaux" de la confusion espéraient ridiculiser à la manière du détournement situ de la BD !
Ci-dessous un dessin plus fraternel du regretté Christian Lagant (qui s'est suicidé à la fin des années 1970, déçu que la révolution n'ait pas lieu)




jeudi 20 août 2020

EN QUOI LA PANDEMIE EST-ELLE UTILE A L’ETAT BOURGEOIS ?

 

La crise capitaliste actuelle, toujours économique dans ses soubassements s’est doublée d’une crise pandémique qui, en soi, si l’on en croyait tous les économistes d’obédience marxiste dans le monde entier, aurait dû être non seulement une fatalité déplorable mais fatale en ce qui concerne la marche en avant du système. Contrairement à une croyance marxiste poussiéreuse encore largement répandue, l’effondrement subit ou même une nouvelle marche à la guerre mondiale ne se sont pas produits. Chaque interprète marxisant table bien sûr sur l’inévitable et très incertain effondrement pronostiqué depuis cent ans du capitalisme honni. Curieusement presque personne n’analyse ni ne semble pouvoir tirer les conséquences de la marche à outrance de la planche à billets, qui avait pourtant déjà sauvé le système en 2008. Parmi les plus prudents tel économiste bourgeois assure qu’on va vers une nouvelle crise, mais d’une ampleur inférieure à celle de 2008, qui sait vraiment de quoi demain sera fait..

     Les minorités et individus qui sont toujours persuadés d’être révolutionnaires en priant chaque jour avec cet espoir d’une chute finale du Kapital, thésaurisent, pronostiquent, surenchérissent sur la nature de cette crise. Je ne jette la pierre à personne, j’ai fait partie de la première cohorte qui a observé la gravité de la pandémie, non comme le facteur qui allait accélérer la chute du capital, mais comme un élément catastrophique pour révéler irresponsabilité et impuissance de la bourgeoisie mondiale. Qui a merdé en France avec la carence inadmissible de masques pour toute la population – que des fractions bourgeoises ont dénoncé jusqu’à plus soif mais en laissant de côté l’étiolement des bijoux de famille français au profit de l’ogre chinois – et qui a encore plus aggravé le taux de mortalité dans les principales puissances en voulant à tout prix maintenir l’économie à flot même en exposant la classe ouvrière aux ravages de l’épidémie. 

Partout les Etats ont appliqué dans le désordre, souvent dans l’affolement et l’inconscience, les premières mesures de protection de façon hétéroclite, pour finir à peu près tous par appliquer la seule mesure crédible et efficace, mise en place au temps de la dite grippe espagnole, un confinement généralisé.

      Initialement la gauche et l’extrême gauche du capital ont dénoncé un complot avec cette mise en place draconienne et policière du confinement. J’ai trouvé cette critique imbécile et du domaine de l’irresponsabilité de compétiteurs politiques contestataires, éternellement exclus du pouvoir et servant à amuser la galerie. Quelques minorités à vocation révolutionnaire prolétarienne ne sont pas tombées dans cette hystérie de potaches inconscients, le CCI et la TCI par exemple. Bien que globalement ces groupes lilliputiens ne dénoncent pas vraiment la mystification idéologique capitaliste en son cœur, n’en restant en général qu’à cette croyance « marxiste » que seules les attaques économiques peuvent faire se révolter les masses. On ignore que la domination capitaliste aujourd’hui est avant tout PSYCHOLOGIQUE et écologique ! .

       On persiste à enfoncer les vieilles charrues, dénonciation primaire de l’Etat bourgeois, appui aux patrons, violences policières, menées impérialistes dans les zones à matières premières, etc. Or, ces radotages ne sont pas des révélations et n’ont jamais fait éclore une révolution. La pauvreté généralisée n’est pas non plus la recette pour que l’indignation soulève une colère politique propre à imaginer qu’un autre système est possible. La lutte de classe dans une forme primaire de grèves nombreuses contre un gouvernement de type autocratique comme en Biélorussie, ne débouche même pas en ce moment et ne débouchera pas sur une affirmation de la classe ouvrière ; avec la bienveillance des cris démocratiques de la bourgeoisie européenne et américaine, on assiste bien hélas à son enrégimentement pour imposer de nouvelles élections pour d’autres factions bourgeoises, non pour démocratiser le pays (la démocratie bourgeoise est un leurre partout, une fable pour ceux qui aiment à être manipulés), mais pour le coup, participe d’un réel complot du camp occidental pour affaiblir le bloc impérialiste de Poutine. Vous allez me dire que je me contredis ; peu importe, les manœuvres et les calculs politiques ont toujours été des sortes de complot ; c’est d’ailleurs à quoi servent les leçons de morale données par la politique officielle contre ceux qui voient des complots partout, ou plutôt qui en voient où il n’y en a pas. La crise pandémique n’est pas le fruit d’un complot mais un accident industriel venu de la Chine hyper-capitaliste primitive ; certes la bienveillance sanitaire des Etats vise en symbiose à mesurer le degré de soumission de la population, mais cela est secondaire. L’Etat bourgeois a pour ambition faire preuve de son efficacité contre une expansion inattendue et inquiétante pour l’espèce humaine d’un virus tout de même plus grave que la grippe et inguérissable pour l’heure[1]. Laissons à leur bla-bla les docteurs Tant pis et Tant mieux qui pullulent sur les écrans et sur le web.  

QUELLE EST LA TACTIQUE REELLE DE L’ETAT « SANITAIRE » ? 

     Prenons les commentaires d’un vieil épigone du bordiguisme dans sa prétention scientiste, Xavier Dupont, avec un titre ronflant qui manque complètement son but[2]. La pandémie, voulue ou pas, serait un coup fourré pour masquer la gravité de la crise capitaliste :

     « L’apparition de la crise économique du capitalisme, dont les signes précurseurs étaient déjà visibles fin 2019, éclate au grand jour en 2020, masquée par une crise épidémique, habillée en pandémie, et dont les effets ne sont pas encore visibles de façon significative sur le plan social partout, grâce aux concours des banques centrales qui déversent des trillions de liquidités  financières de façon illimitée, jamais vu depuis le début du capitalisme. Cette dynamique orchestrée par les banques centrales, cherche à compenser les effets de mesures de confinement des populations et de la paralysie de certains secteurs économiques ».

 Le camarade ne craint pas de s’aligner sur les doutes ou suppositions de la petite bourgeoisie gauchiste, du guru Raoult, du grand bourgeois BHL et du chanteur au programme racaille Akhenaton :

      « La crise économique en cours, a des spécificités atypiques, puisqu’elle apparait sous une forme apparemment extérieure aux contradictions internes au capital, permettant une mystification sur son origine et avalisant des mesures coercitives, liberticides avec l’acquiescement des populations. On pourrait croire  selon les communicants du capital que tout allait bien avant la crise du « covid 19», et que si celle-ci n’était pas apparue, la situation économique continuerait comme avant. Les médias et l’Etat sont aujourd’hui totalement intégrés  au capital et ils deviennent eux même un facteur actif dans la désinformation ambiante consistant dans la crise particulière que nous vivons,  à surestimer les effets de la dangerosité du  « covid 19 » et son impact sur sa mortalité,  à terroriser  les populations et les pousser à se soumettre à des consignes de confinement tout en les rassurant sur les perspectives de reprise économique ».

C’est tellement simple de radoter que la crise économique capitaliste montre la faillite du capitalisme avec l’inflation de la misère, qu’on passe à côté de la spécificité de la pandémie, du fait qu’elle est « un plus » indéniable… qui a ralenti l’économie mondiale et qui est non seulement un facteur aggravant pour la marche du système mais aussi un révélateur de l’impuissance et de l’irresponsabilité du capitalisme. L’Etat bourgeois n’a pas besoin en soi de la pandémie pour exercer sa terreur et mystifier, il laisse cela à d’autres, comme je vais l’expliquer. L’Etat joue à fond au bon samaritain, certes en séance de rattrapage ; au début on ne s’est pas soucié de l’exposition au danger des travailleurs et surtout des professions médicales, et c’est sous la pression par défaut de la classe ouvrière que l’Etat a été contraint au confinement, et ce n’est pas un hasard si ce sont les jeunes petits bourgeois et le lumpen qui ont défié les « mesures barrières », n’hésitant pas à tuer, éborgner ou assommer les « moutons du système » placés pour rappeler les mesures de sécurité dans les trains et les transports en général. Les gauchistes si prompts à supporter les « racisés » n’ont pas eu un mot de soutien pour les ouvriers victimes d’agressions brutales par les petites racailles qui ne risquent rien avec leur « violence décomplexée » et qui ne se prennent généralement que trois mois avec sursis…

L’Etat affirme ne vouloir que le bien-être de tous, mais son hypocrisie se dévoile pour la période qui vient. Autant les premières mesures de confinement ont été abruptes et ridicules (mais parce qu’il fallait mentir sur la pénurie de masques) et ont aggravé la crise économique, autant il est désormais hors de question de brider à nouveau l’industrie et le commerce, alors même qu’un confinement du même ordre pourrait s’imposer pour protéger à nouveau la population et surtout les ouvriers les plus exposés.

QUI EXERCE VRAIMENT  LA TERREUR ? 

La menace islamique ? Poutine ou Trump ? La terreur n’est pas exercée directement par l’Etat bourgeois et c’est plus subtil. La terreur policière existe et on l’a vu à l’œuvre contre les gilets jaunes (yeux crevés, tabassages, nombreuses arrestations et condamnations), et on la verra encore à l’œuvre dans les mouvements de lutte de classe à venir. Et notre ami Xavier ne voit pas la terreur exercée par l’individualisme puant et arrogant, fabriqué depuis des décennies par ce même Etat. Cette terreur exercée par les éléments les plus tarés du lumpenprolétariat qui « font la loi en banlieue », qui servent à faire passer la police bourgeoise pour une blanche Hermine. Sans voleur pas de policier, sans racaille pas de gendarme nécessaire, ou plutôt me direz-vous sans injustice sociale tous les flics seraient au chômage. Mais les crimes et exactions qui s’étalent sous la rubrique fait divers peuvent-ils être tous mis sur le dos de la « faute à la société », ou sur le dos de la décomposition comme se contente de le radoter le CCI ? [3]

C’est continuer à ignorer que, même s’ils ne sont pas « fabriqués » par l’Etat ces « ensauvagements » font partie du système, le justifient, lui sont plus utiles pour terroriser la population, surtout travailleuse, et tenter de la mystifier en lui disant qu’il suffit de porter plainte à la police… d’Etat bourgeois. Voilà tout simplement le secret de cette mystification. Est-ce que je me fais comprendre ? Une terreur tolérée en quelque sorte mais inversée où l’Etat avec ses flics racailles et ses pompiers sociaux nous jouent la confrérie de la Croix rouge, du sauveur du Covid et du maintien de l’emploi avec la peu dispendieuse et miraculeuse planche à billets !

Depuis la « socialiste » antiraciste Taubira les prisons doivent se vider. La dernière loi a fixé que toutes les peines inférieures à six mois ne méritaient plus l’enfermement carcéral. La plupart des adolescents incriminés sont punis d’un simple « rappel à la loi ». Il vaut mieux ne pas être victime de ces bandes de "jeunes" intouchables juridiquement et cela tout le monde le sait, et cela défie l'entendement et  rend tout raisonnement impuissant sauf à croire que tirer dans le tas comme le souhaite tout caïd du RN restaurerait l'ordre mis à mal par l'anomie sociale du capitalisme décadent; on ne peut se passer de remarquer la douceur de la répression (exceptées quelques bavures létales) du lumpen de banlieue comparée à celle contre les ouvriers en lutte ou les gilets jaunes, les mafias au pouvoir n'utilisent jamais les LBD face aux jeunes émeutiers qui font la loi anomique même dans les centres villes. Cette anomie et le bombardement perpétuel de l'antiracisme comme seul fleuron de l'honnêteté bourgeoise conduisent à la démoralisation politique plus sûrement que n'importe quel acte de terreur policière. Il devient impossible de penser quoi que ce soit de cohérent. Le système se veut incritiquable et cela grâce au langage de ses opposants d'opérette qui réclament "plus de justice", de "sauver la planète et d'accueillir les migrants du monde entier.

Cela n’est pas du laxisme impénitent comme le reprochent les factions de droite au pouvoir macronien centriste, c’est la marche normale d’un système qui a besoin de dénoncer d’abord et en permanence les petits voyous - avec les égards antiracistes qui leur sont dus - pour s’éviter de condamner les grands voyous. L’exploitation médiatique des drames criminels, y compris les meurtres répétés de femmes et les harcèlements divers des vulgaires gens d’en bas vient accréditer la possibilité d’une « justice », et renouveler la blague de la protection du « peuple » par la magistrature pourrie et les divers mercenaires de la police officielle. Chaque soldat de métier tué pour les obscures opérations impérialistes en Afrique nous permet d’entendre à nouveau la chanson « ils nous protègent ».

L’Etat bourgeois français n’a pas besoin de terroriser avec le covid, l’épidémie fait cela elle-même  très bien comme s’en sont rendues compte les couches les plus pauvres de la classe ouvrière. L’Etat protecteur de la nation est dans les méandres de son fonctionnement, un pompier pyromane. Donc un menteur colossal qui ne reconnaitra jamais qu’il produit la misère et les inégalités de classe.

NE PAS SE LAISSER PRENDRE AU PIEGE DE LA MORALE ECOLOGIQUE

Notre pauvre courant maximaliste déficient en capacité à analyser là où se trouvent les vraies contradictions du capitalisme, est assez influençable par la mystification écologique, et ne cesse de lui faire des concessions comme si cette idéologie de la petite bourgeoisie paumée et féodale méritait qu’on lui fasse des concessions[4]. Pâle superposition à l’idéologie nationaliste d’un improbable « intérêt commun », l’écologie bourgeoise et les théories médicales alternatives infestent la pensée du petit bourgeois bordiguiste, terrorisé déjà par les « mesures liberticides » qui font aussi trembler le NPA en voie de disparition et tous les babas-cool du gauchisme :

« Le délabrement en cours de l’état de  santé des  hommes,  l’aptitude de ceux-ci de plus en plus  faible à s’adapter à l’environnement viral témoigne de la situation de nécrose et de pourriture du capitalisme, un système immunitaire de plus en plus en plus déficient, parallèlement à des humains dans les aires développés du capital de plus en plus dépendant de l’industrie pharmaceutique  chimique et de moins en moins en symbiose avec la nature.  Les êtres humains se nourrissent de plus en plus d’éléments nutritionnels de mauvaise qualité et continuent de se fragiliser et de se rendent étrangers à l’environnement naturel. Le capital présuppose dans la reproduction de son accumulation, des populations de plus en plus domestiquées, lobotomisées, spontanément crétinisées sur tous les plans. Le capital instaure une relation de dépendance sur tous les plans, oubliant et niant que l’homme dans des conditions de relations équilibrées à la nature a des défenses immunitaires optimales ». 

En déduira-t-il qu’il faut au prolétariat s’allier à dame nature pour chasser le monstre Kapital ? Avec quelques phrases alambiquées il reste étonné par l’accumulation « sans fins du capital fictif », l’étalage de la « maturité des crédits » (?) ; avec son « nous » très léniniste et oécuménique, il espère beaucoup de cette fuite en avant du capital et de la décomposition des couches moyennes ; il prend au sérieux la croyance que l’Etat va se tirer une balle dans le pied : 

« Le chaos sera le produit d’une telle situation et la répression n’est que la seule réponse que peut apporter l’Etat bourgeois. L’autonomie de la classe prolétarienne n’est que le processus d’unification et la tendance du prolétariat à se constituer en Parti ».

 C’est du blabla mais du blabla fallacieux qui s’appuie sur un aveuglement face à l’intelligence perverse de l’Etat bourgeois, celui-ci même menacé n’est pas prêt à faire n’importe quoi pour favoriser sa chute. Il n’y aura plus d’Etat providence mais l’Etat joue encore comme s’il était la seule providence, l’ange gardien qui va sauver l’humanité. (cf. le despotisme doux déjà esquissé par Tocqueville)

 


[1] Le Charlot de Marseille, docteur chloroquine, héros du lumpen, s’est porté garant de toutes les théories conspirationnistes concernant le traitement « exagéré » de la pandémie, après s’être tant de fois contredit et avoir assuré qu’il n’y aurait pas de deuxième vague. Dans son délire mégalomaniaque cet olibrius va jusqu’à remettre en cause le port du masque, mais dévoile un manœuvrier politique qui s’adresse à une certaine clientèle « marseillaise » et islamique, plutôt « séparatiste » ; ainsi les gens qui s’indignent (et se font massacrer) par de petites frappes et exigent le port du masque sont des petits dictateurs ; l’islam avait raison concernant la nourriture porcine, mal cuite la viande de porc peut nous transmettre de graves maladies, et cette religion est hygiénique puisqu’elle oblige à cinq ablutions par jour avant la prière… (déclarations sur CNews ce jour).

[2] DEMAIN, HIER, AUJOURD’HUI : CRISE DU CAPITALISME, DELABREMENT DE L’ESPECE HUMAINE ET  PAROXYSME DES MYSTIFICATIONS

 

[3][3][3][3] On voit triompher, à l’occasion de cette pandémie un sadisme individuel jamais vu, déjà annoncé par l’attaque coutumière des racailles contre les pompiers. Il y a dix ans Christophe Nick a fourni une intéressante étude de ce sadisme de « faux rebelles », parfaitement dans l’esprit de la terreur dominante : « L’expérience extrême » avec Michel Eltchaninoff. Dans le même ordre d’idée de la gangstérisation généralisée du capitalisme, mais en parangon de la démocratie bourgeoise, lire aussi « Les seigneurs du crime » de Jean Ziegler.

[4] Le CCI, dans son article, assez lucide sur les faiblesses des minorités de la vieille « Gauche communiste » - Les groupes de la Gauche Communiste face au mouvement Black Lives Matter : une incapacité à identifier le terrain de la classe ouvrière – réussit une nouvelle fois à ignorer le rôle et le poids prédominant des couches petites bourgeoises dans le délitement actuel de la société, cela révèle leur vision simpliste en noir et blanc comme LO (le peuple et les riches), pour eux il n’y a que prolétariat versus bourgeoisie. C’est tellement plus simple, mais ce genre de vision conduit tôt ou tard à la négation du prolétariat et pèse sur leurs analyses des faiblesses de celui-ci. Par manque de réflexion sur l’histoire et le rôle de la petite bourgeoisie dans les révolutions. Oserais-je dire que c’est parce qu’ils sont assis dessus, et que leurs militants sont pour la plupart des produits de la couche moyenne… qui ont fait vœu « prolétarien » comme la lessive Omo qui lave plus blanc. Je passe du coq à l’âne mais je ne peux m’empêcher de penser à ces années pitoyables où nous avions diffusé des centaines de milliers de tracts au lieu où toute pensée politique réelle s’arrête, aux portes de toutes ces usines qui étaient destinées à fermer sans changer la condition ouvrière ni ouvrir la,voie à une quelconque révolution. J’ai fait mon pèlerinage il y a deux mois à Billancourt avec mon ami Jonathan. J’ai reparcouru la place nationale où nous avions tant fait les hommes sandwichs avec un journal invendu et invendable (coucou mon pote de diffusion préféré Raoul Victor !). L’énorme sirène de l’usine a été remontée comme une statue au milieu de la place par la mairie bourgeoise de Boulogne. Je fus sidéré de voir que, sur les bancs, des ouvriers maghrébins, retraités, n’ont pas quitté le voisinage de l’usine ; ils finissent leurs jours tranquillement non pas dans la société socialiste radieuse mais dans ces rues aménagées avec cette architecture à bobos qu’on reproduit partout avec pistes cyclables et pots de fleurs, volets en bois, cages à lapins avec balcons en couleur. Ils jouent à la pétanque ou regardent le bout de leurs chaussures. J’en ai interviewé un. Oui il a travaillé 35 ans chez Renault, c’était le bon temps. Il n’a pas ajouté : et maintenant je m’emmerde.