"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 11 juin 2015

DERRIERE LE VOILE ET SOUS L'IMMIGRATION ACTUELLE, LA DISSOLUTION DU PROLETARIAT




Les deux catégories sociologiques les plus méprisées par la population - les flics et les enseignants - sont en ce moment catapultées au premier rang de l’actualité entre Roland Garros et le PSG. Les flics robocops pour leur action violente de nettoyage des campements sauvages en plein Paris et les enseignants pour leur capacité à reproduire les inégalités sociales tout en ne pouvant nous débarrasser du voile islamique en expansion chez les femmes au foyer et dans la jeunesse improlétarisable de banlieue. Tout est mélangé en réalité. L’immigration incontrôlable est au menu quotidiennement, de plus en plus de populations fuyant les guerres, non simplement la misère; la migration échevelée se confond de plus avec l’expansion de la tenue voilée et voilante; la plupart de celles qui descendent des bateaux de fortune et qui ont survécu aux eaux profondes et létales de la traversée méditerranéenne, sont voilées. La complexité des multiples formes d’émigration/immigration se simplifie avec ces arrivées voilées. On ne vient pas seul/seule ou avec sa simple force de travail. On débarque avec sa religion à la boutonnière. Car l’immigration n’est plus une immigration d’hommes mais de plus en plus de femmes, qui savent que la bourgeoisie des beaux quartiers a besoin de leurs petites mains pour libérer les dames bien mises des ingrates tâches ménagères et du méprisable élevage des progénitures du divorce ou de l’égoïsme partagé. Et qui ont besoin de consommer en croyant à autre chose qu’aux stupidités électoralistes occidentales ou aux promesses des politiciens laïcs.




LE VOILE DIRIMANT et la religion aberrante au travail

La grande bourgeoisie n’est pas très regardante sur l’habillement de ces pauvresses, qui n’iront pas se vêtir chez Cacharel ou Chanel. Leur défroque musulmane ferait presque penser aux épaisses robes des lavandières du temps de Zola. Aux sorties des écoles des beaux quartiers, les bonnes voilées ne détonnent pas plus que les cortèges de bonnes soeurs qui longeaint les terrains vagues de Versailles où étaient entassés les communards. Triste époque réactionnaire où les classes sociales ne doivent plus exister. Dans les quartiers populaires, à la moindre brocante ou les jours de marchés, les voilées sont de plus en plus nombreuses et fières. Elles caquètent, rouspètent, avancent avec l’arrogance des chevaliers de robe d’antan, sous l’oeil vigilant de grands barbus en pyjama.


Dans l’édition, on trouve beaucoup plus d’anti-Zemmour primaires que de zemmouriens secondaires. Une Nahida Nakad déplore la non acceptation de l’expansion du voile, phénomène phobique dit islamophobique où l’islam est supposé «fragiliser les valeurs laïques et démocratiques du pays», vu à tort comme «un certain intégrisme islamique potentiellement expansionniste» (ed Don Quichotte, p.145 et suivantes); quoiqu’elle ait matière à se réjouir:


«...Aujourd’hui, dans certaines banlieues ou certains quartiers, les forces de l’ordre évitent globalement de contrôler les femmes en niqab, confortées par leurs supérieurs hiérarchiques (...) De plus en plus de femmes se voilent dans les quartiers à forte présence musulmane et ne comprennent pas pourquoi leur tenue vestimentaire devrait leur être dictée».(...) En 2012, 86 % des musulmans ont voté pour le candidat socialiste, selon l’Ifop. Cela représente «1,5 point du corps électoral... soit l’avance qui a permis à François Hollande de l’emporter».
Le journal Le Monde, organe de la haute bourgeoisie bien-pensante ne cesse de livrer des articles sur les subtilités des divers voiles «Niqab, hijab, burqa : des voiles et beaucoup de confusions» et de crier haro sur les islamophobes, du tout acabit et de tout établi, fort probables racistes impénitents. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/06/11/niqab-hijab-burqa-des-voiles-et-beaucoup-de-confusions_4651970_4355770.html#csuEEucaUbtIFyuz.99.

Tout cela c'est dans la rue, qu'on le déplore ou qu'on s'en accommode. Pour le "monde du travail", le combat reste à mener, la vigilance s'impose surtout face aux syndicats FO et CGT prêts à tout pour gagner des adhérents (cf. à Aulnay et les magouilles du CE d'EDF pour privilégier la viande halal, cf. Nahida Nakad p.130). C'est la direction d'EDF qui a été le plus loin dans les concessions à l'islam (cf. son livret débile). En Seine Saint Denis: "certains employés en ont profité pour formuler des demandes collectives (sic), et plutôt radicales (resic), telles le refus de travailler sous les ordres d'une femme ou de transporter des produits alcoolisés (...) d'autres cas difficiles à gérer comme celui de femmes qui se présentent à l'entretien d'embauche sans voile, achèvent leur période d'essai ainsi, et une fois le contrat à durée indéterminée acquis, se couvrent les cheveux". Bonjour les rapports de confiance et de solidarité au travail! L'islamisation au travail est en marche pourtant sous la pression des divers consultants par exemple de "dieu et l'entreprise" qui chante la diversité des cultures pour une "terre désormais partagée"et suggèrent une salle de prière pour tous: "ouverture de lieux de recueillement ou de détente où les collaborateurs (sic) de toutes les religions peuvent se recueillir et les non-pratiquants se reposer". Géniale substitution aux laïques et houleuses AG en plein siècle réactionnaire clérical!



LES SUCCESSEURS DE L’ABBE PIERRE et le migrant sans papier super-star

Le NPA, qui perdit tant de plumes à tenter de lancer en piste une candidate voilée (relativement) reste très tolérant pour les femmes voilées autant que pour les anciens électeurs du stalinisme, est régulièrement sponsorisé par une chaîne indépendante d’Etat, pas forcément prolétarienne, mais très visionnée en banlieue, où son «grand journal» tient lieu de 20 heures ludique, antiraciste et pipole, au point que le site du NPA a fait sienne cette lucarne bourgeoise, animée par un De Caunes qui ne déconne plus ni ne se rase, pour faire peuple.

Les extraits d’interviews de sa vedette postière Besancenot sont calés sur le site sous la rubrique «NPA television». Qui se ressemble s’assemble. Peu après la brutale répression des CRS contre les occupants sans papier sous le métro la Chapelle (qui ont d’ailleurs tenté de se réfugier dans une vraie église, dite Saint Bernard), Besancenot était invité sur le plateau de C+ en compagnie d’un expulsé d’origine syrienne, où il tint le discours subversif suivant:"nous n’avons rien à attendre de la gauche au pouvoir», au nom de qui parlait-il? Aux mannes de l’abbé Pierre? Comme délégué du plateau de pitres de C+? Au nom de la fraction humanitaire du NPA?. Le site du NPA relayait le soutien des camarades de Canal +, ni plus ni moins dans un «Front uni contre la répression»:
«L’ensemble des organisations de gauche et des associations de l’arrondissement se sont réunies pour organiser mardi 9 juin un rassemblement parisien de solidarité avec les migrants. Nous défendons les revendications essentielles des migrants : arrêt du harcèlement policier, libération des personnes arrêtées, mise à disposition d’un local collectif d’habitation et d’organisation permettant aux migrants de se reposer et d’entreprendre les démarches nécessaires au règlement de leur situation. Ces revendications doivent être satisfaites au plus vite et ne sauraient attendre le résultat des hypothétiques vœux déposés en mairie par les élus du Front de gauche ou de EÉLV. Elles ne sauraient non plus entrer dans les divisions que voudrait instaurer le pouvoir, en créant des différences de traitement entre demandeurs de droit d’asile, déboutés du droit d’asile, ou migrants en transit. Comme l’affirment depuis des années les sans-papiers : « le cas par cas, on n’en veut pas, régularisation de tous les sans-papiers ! ». Sur le même site, on peut lire une critique amicale des camarades cinéastes qui ont réalisé «Samba», ode au sans papier super-star:

«Utiliser les moyens du cinéma à large diffusion pour aborder les problèmes des sans-papiers n’est pas forcément une mauvaise idée. Dans Samba, appuyé par le savoir-faire de deux acteurs de qualité, Omar Sy, interprète du personnage central venu du Sénégal, et Tahar Rahim en prétendu Brésilien, on trouvera un certain nombre de notations justes sur les sans-papiers. D’abord l’obsession de trouver un travail (n’importe lequel, on est toujours prêt), l’accumulation des documents (pour pouvoir prouver qu’on est en France depuis plusieurs années), la peur de la police (dans la rue, les transports en commun, lors des descentes sur les chantiers, etc.). Pour ce qui est du travail, agences d’intérim et patrons sont souvent peu regardants : il suffit de leur montrer un papier d’identité qui ait l’air à peu près authentique (comme ça, l’employeur est couvert en cas de contrôle). Au gré des aléas de la vie, noms et prénoms varient : le personnage de Samba a trois ou quatre identités au long du film ; Wilson n’est pas Wilson, ni même Brésilien...Il y aussi les sigles barbares que policiers, juges et organisations humanitaires utilisent sans les expliciter et dont il faut apprendre la signification... et les dangers comme OQTF. Enfin, il y aussi dans ce film des moments de fraternité.Mais le manque de crédibilité de l’intrigue et du personnage interprété par Charlotte Gainsbourg gâche cette bonne idée de départ. Dommage !" (Henri Wilno).

 

Tous ces éléments ici listés de l’édition à la télévision démontrent à profusion que journalistes, Besancenot et tutti quanti, viennent répercuter la campagne de «Cette classe dominante (qui) accompagne ses infâmes pratiques d'une crapuleuse propagande anti-immigrés, dans le seul but de diviser la classe ouvrière» (déclaration de la secte ultra-gauche CCI).


 


DES AFFABULATIONS GROSSIERES SUR UNE SOIT DISANT POSITION INVARIABLE DU MOUVEMENT OUVRIER SUR L’IMMIGRATION

Là où le NPA s’agite devant quelques caméras de télévision pour bien faire voir sa position humanitaire concernant les réfugiés de toute sorte - ce dont il a parfaitement le droit, tout comme toutes sortes d’organismes charitables qui ont pignon sur rue et aides de l’Etat - le chétif CCI dit la messe derrière les claviers des militants rabougris. Il reproduit ad patres et ad etrenam ses vieux articles poussiéreux férus d’idéologie simpliste et ouvriériste. Ainsi cet article que j’ai déjà critiqué et décortiqué dans mon livre sur le sujet - L’immigration et le mouvement ouvrier (reprint de 2010 de sa Rint, rédigé par l’ami américain de Willy Brandt, et qui avait rédigé un livre commun, social-démocrate, pour se féliciter de la chute du mur de Berlin; on peut être militant du CCI et journaliste libéral!). L’analyse reconduite, resucée dans toutes les langues abordables par la secte reproduit une même analyse idéaliste et totalement anti-marxiste. Résumons leur vision de la «position historique du mouvement ouvrier sur l’immigration»:

- d’abord la leçon de morale: historiquement, le mouvement ouvrier a été guidé par le principe : “les ouvriers n’ont pas de patrie”, un principe qui a influencé à la fois la vie interne du mouvement ouvrier révolutionnaire et l’intervention de ce mouvement dans la lutte de classe. Tout compromis envers ce principe représente une capitulation envers l’idéologie bourgeoise».

On apprend qu’il a toujours existé des sentiments fraternels que les ouvriers avaient pour les ouvriers des autres pays... Puis que la Première Internationale avait pour habitude «d’intervenir dans les grèves avec deux objectifs centraux : empêcher la bourgeoisie de faire venir des briseurs de grève de l’étranger et apporter un soutien direct aux grévistes comme elle le fit envers les fabricants de tamis, les tailleurs et les vanniers à Londres et envers les fondeurs de bronze à Paris». (Marx n’aimait pas cette corporation...)

Tiens déjà, à l’insu du rédacteur social-démocrate Grevin, la Première Internationale s’opposait à sa manière à la venue malvenue de travailleurs étrangers... et on ne nous précise pas la teneur du «soutien direct» de cette Internationale (morale ou pécunière?). Il est précisé par après que la Première Internationale n’envoyait pas des boat people mais des «représentants en Belgique et au Danemark", qui n’étaient pas forcément des travailleurs.

L'exception suivante, pourtant en continuité avec les exceptions précédentes, démontre-t-elle que la Première Internationale était raciste dans sa scetion américaine ou soucieuse de l’intérêt des ouvriers nationaux?: «L’exception la plus marquante à cette position internationaliste eut lieu aux Etats-Unis en 1870-71 où la section américaine de l’Internationale s’opposa à l’immigration d’ouvriers chinois aux Etats-Unis parce que les capitalistes les utilisaient pour faire baisser les salaires des ouvriers blancs».

Jerry Grevin, notre social-démocrate du CCI, oublie le rôle constitutif du prolétariat par la nation (selon une analyse vieillote d’un certain Manifeste communiste) pour conchier une section américaine... raciste, l’argument de la défense du travail des autochtones ayant, selon lui: «servi à donner une explication rationnelle à l’exclusion raciste». Bel exemple d’analyse intemporelle digne du gauchisme éternellement antiraciste et antifasciste! A la suite du petit bourgeois Lénine qui voyait partout dans les pays industriels de l’époque des »aristocrates ouvriers», confondant planqués syndicalistes et ouvriers des métiers spécialisés.

Même lorsque Grevin semble s’élever au-dessus de la charité politique gauchiste, son argumentation reste idéaliste, et, concédons-lui qu’il pouvait être encore loin d’une réalité plus aliénée encore, il écrivait à une époque où l’islam n’était pas venu compliquer la question en supplantant le stalinisme:

«... on blâme, avec des arguments moralistes, les ouvriers qui se méfient des immigrés, et pas le capitalisme pour son racisme anti-immigrés ; et on poursuit même en glorifiant les ouvriers immigrés comme des héros plus purs que les ouvriers de souche. Les “anti-racistes” soutiennent les immigrés contre les non-immigrés au lieu de mettre en avant l’unité de la classe ouvrière. L’idéologie multiculturelle qu’ils propagent dévoie la conscience de classe des ouvriers sur le terrain de la “politique d’identité” pour laquelle c’est “l’identité” nationale, linguistique, ethnique qui est déterminante, et pas l’appartenance à la même classe. Cette idéologie empoisonnée dit que les ouvriers mexicains ont plus en commun avec les éléments mexicains bourgeois qu’avec les autres ouvriers».

Suivait enfin cette guimauve simpliste non dialectique, ahistorique et impuissante


«... les ouvriers n’ont pas de patrie ; la défense de la culture nationale, de la langue ou de l’identité n’est pas une tâche ni une préoccupation du prolétariat ; nous devons rejeter les tentatives de tous ceux qui cherchent à utiliser les conceptions bourgeoises pour exacerber les différences au sein de la classe ouvrière, pour saper son unité. (...) Nous considérons la diversité ethnique, culturelle, linguistique de notre classe avant tout comme une force et nous soutenons la solidarité internationale prolétarienne face aux tentatives de nous diviser entre nous. Nous devons transformer le principe “les ouvriers n’ont pas de patrie” en une réalité vivante qui contient la possibilité de créer une communauté humaine authentique dans une société communiste. Toute autre perspective constitue un abandon du principe révolutionnaire». (Jerry Grevin)
 

Incapable de critiquer ses à peu près idéalistes sans cesse réédités, la secte en remet une couche dans le révisionnisme depuis une dizaine d’années en claironnant cette thèse idiote que la classe ouvrière «est une classe d’immigrés»; alors cela peut devenir «immigrés de tous les pays unissez-vous», tout autant que cette autre outre vide «pauvres de tous les pays unissez-vous»!

 

Sans du tout se placer à partir des moments historiques successifs, on va nous balader des «déshérités» aux «paysans» avec les banalités sociologiques les plus éculées: « La bourgeoisie n'a pas de solution de rechange à offrir à ces déshérités pas plus qu'à l'ensemble de la classe ouvrière. Et pour cause. Le poids du développement du chômage massif au sein de la classe ouvrière et l'incapacité à intégrer à la production de nouvelles générations d'ouvriers comme des masses croissantes d'indigents agglutinés dans des mégapoles sont des signes indubitables de la faillite irrémédiable du capitalisme. En développant régulièrement des campagnes contre l'immigration, la bourgeoisie tente non seulement de faire passer de nouvelles attaques dirigées en fait contre l'ensemble du prolétariat mais elle s'efforce de masquer que l'immigration est à la base même des conditions d'exploitation de la classe ouvrière. C'est ce cadre que nous rappelons dans les larges extraits de l'article qui suit, déjà paru dans RI n°206.





ROSA LUXEMBURG QUI RAPPORTE QUE DES OUVRIERS EXIGEAINT UN MAXIMUM DE 10% D'EMBAUCHE D'OUVRIERS ETRANGERS

«L’immigration à la base même des conditions d’expoloitation de la classe ouvrière»!? Il fallait l’inventer, c’est fait! Jamais nulle part on ne lira cela sous la plume de Marx. Rosa Luxemburg ne traite pas elle directement de l’immigration, elle considère que la destructuration de l’ «économie naturelle» n’est pas une conséquence mais un fondement de l’accumulation du capital. La destructuration des zones pré-capitalistes sert à étendre les marchés à à libérer la main d’oeuvre des structures sociales archaïques antérieures, mais par exemple en Angleterre, avant de faire venir les irlandais, la bourgeoisie exproprie les paysans, puise dans la paysannerie sa main d’oeuvre corvéable. Pour les marxistes de l’époque, et même ceux des sixties, ce phénomène contraignant était sensé servir au développement et à la maturation de la classe ouvrière du tiers-monde comme la nation en Europe avait été le corset de la révolution industrielle. Le cadre national est bien révolutionnaire pour toute une époque et ce jusqu’à l’aube du XXème siècle, et ce n’est pas sans poser de problèmes disons déontologiques au mouvement ouvrier. Rosa évoque parmi les revendications des ouvriers d’une fabrique une limitation à 10% de l’embauche d’ouvriers étrangers sans cracher sur cette revendication ni traiter ces ouvriers de racistes (cf. le tome de l’OC de Rosa Luxemburg consacré à ses écrits sur la France, pour la première fois traduits en français, sous l’égide des éditions Smolny).

Depuis 1945, en France en particulier, aucun gauchiste, aucun syndicaliste n’a jamais remis en cause le fait que dans le secteur nationalisé, l’emploi était réservé exclusivement aux ouvriers français de souche; ce qui selon moi était une hérésie chauvine, un décalé réactionnaire, complètement étranger au souci naturel et temporaire des prolétaires de la fin du XIXe siècle dans des nations jeunes ou en constitution; quoique la priorité à l’emploi pour les résidents auprès de la fabrique ou de l’entreprise ait été logique, de même que le sont les préférences régionales dans les dits bassins d’emploi.

La secte CCI vient aligner sur le même plan immigration intérieure et extérieure, et pour les besoins de cette analyse stupide - afin d’exclure l’analyse du caractère provisoirement révolutiionnaire de la nation - résume la chose lamentablement: «...les paysans et petits artisans, en devenant prolétaires, vont, dès cette époque, constituer les premiers travailleurs immigrés. Cet exode rural massif imposé par le développement sauvage du capital, s'est encore accompagné, de masses d'affamés venues des régions agricoles, en particulier d'Irlande. (...) Le prolétariat est, par essence, une classe d'immigrés, de transfuges issus de la destruction sanglante des rapports de production féodaux».

Non le prolétariat fût d’abord une classe nationale, quoique pas tout à fait comme l’objectait le Manifeste de 1848 qui ne théorisait pas la composition du prolétariat (en immigrés et nationaux) mais comme une dynamique universaliste vers l’abolition des frontières et non par une quelconque alchimie de transhumance massive de populations «déshéritées", «affamées" ou «persécutées"; quoique anarchistes et socialistes du dix-neuvième étaient loin d’imaginer quel degré de barbarie la capitalisme serait capable d’atteindre au cours des siècles suivants.

Les importantes migrations de travailleurs européens entre 1848 et 1914, correspondent encore aux besoins de développement du capital dans la plus grande colonie du monde mais au lieu d’être une confirmation de la théorie simiesque de la "classe immigrée" signifient l’étiolement de la dynamique capitaliste et butent sur la Première guerre mondiale, et nullement sur un renforcement de la classe ouvrière internationaliste, malgré la courte vague révolutionnaire en Russie.

Pour justifier la théorie simiesque de Tintin CCI, on brode n’importe comment, non sur l’agonie de l’idée nationale, mais sur cette histoire très inventée et très gauchiste de «ralentissement des flux migratoires», sans évoquer de plus la crise économique. La pensée cciesque avance par bonds comme un sauterelle; la confirmation du progrès capitaliste au XXe siècle aurait été le phénomène de «migrations massives», non pas l’industrialisation plus poussée, les découvertes de la médecine, etc. mais les voyages forcés des prolétaires à la recherche de cet Eden sado-maso le travail là où ils espéraient en trouver, qu’on nomme pour l’occasion et la pertinence de la fabulation théorique «ralentissement croissant du développement des forces productives» (Marx se retourne dans sa tombe en criant «merde à ces cons»!):

«Tout au long du 20e siècle, le ralentissement des flux migratoires va devenir un signe de plus en plus évident de l'enfoncement du capitalisme dans sa période de décadence marquée par l'éclatement de la Première Guerre mondiale. Avec la première boucherie impérialiste de 1914-18, les migrations massives de prolétaires qui avaient accompagné et permis l'ascension du capitalisme commencent à décliner».

C’est faux et d’une naïveté à pleurer, plus complexe et plus tordu. Par exemple, aux Etats Unis, dans les années 1930, la diminution du nombre d’irlandais employés à la municipalité de New York, permet l’arrivée des juifs et des italiens: «ces derniers font valoir leurs compétences professionnelles et utilisent également les relations de proximité qu’ils entretiennent avec le pouvoir politique pour occuper des postes publics. Une fois en place ces deux groupes monopolisent les places, par exemple dans la police, chez les pompiers et dans l’enseignement. Ils font alors barrage aux autres groupes ethniques, notamment les noirs et les portoricains, jusque dans les années 1970, en favorisant le recrutement dans le réseau ethnique ou dans la parenté".

Il serait fastidieux de relever toutes les insanités contenues dans cet article, mais au cours de la seconde boucherie mondiale, le capital a bien recours à une immigration "forcée" encore une fois, celle des millions de prisonniers de guerre (pendant et même après)! Après la guerre idem, l’Allemagne de l’Est est aux commandes pour piloter les déplacements de millions de travailleurs du bloc de l’Est sans oublier ceux des goulags! Partout encore au contraire la bourgeoisie a recours massivement à une main d’oeuvre immigrée à l’Est comme à l’Ouest

Dans la période d’après-guerre mondiale II, le fait que la bourgeoisie européenne puise la main d’oeuvre immigrée au sud de l’Europe et dans les ex-colonies, n’est pas significatif d’un renforcement du prolétariat international mais vient conforter la mise en place et la bénédiction de la fameuse société de consommation où tous les chats sont gris et l’oubli roi.

Et la conclusion va vous navrer, elle est la même que ce pauvre Grevin, un coup de clairon humaniste, bourrée d’intention pieuse et aussi subversive qu’un pétard de carnaval à la fête de LO ou à un bal du NPA:

«... il n' y a qu'une seule perspective pour la classe ouvrière : rejeter fermement la logique de la concurrence et du "chacun pour soi" de ses propres exploiteurs. Quelles que soient son origine, sa langue, sa couleur de peau, le prolétariat n'a aucun intérêt commun avec le capital national. Ses intérêts, il ne pourra réellement les défendre qu'en développant partout sa solidarité de classe internationale, en refusant de se laisser diviser entre ouvriers immigrés et ouvriers "autochtones". (...) Seule l'affirmation de ses intérêts communs, dans la lutte, permettra au prolétariat de rassembler toutes ses forces, de s'affirmer comme classe mondiale solidaire et unie, pour abattre le Moloch capitaliste». (D'après RI n°206, en ligne).


L’IMMIGRATION N’EST PAS REVOLUTIONNAIRE

Derrière la théorie «le prolétariat est une classe d’immigrés», il y a la vision plate de petits intellectuels sans imagination, pour forcer à tout prix la certitude écornée de la «classe ouvrièree classe révolutionnaire» parce que internationaliste. Or si le plouc national du 19ème siècle avait besoin qu’on lui explique que les ouvriers des autres pays subissaient la même exploitation, les mêmes humiliations - et il ne le comprit pas tout à fait puisqu’on réussit à l’envoyer s’entretuer avec ses «frères de classe» - le brassage des populations depuis le XXème siècle et la mondialisation des informations (bien que cloisonnées et très contrôlées) aboutit à ce que toutes les classes sont non pas internationalistes mais mondialistes, et capables de se reconnaître entre elles hors frontières ou à distance. Toutes les classes voyagent, ce n’est pas ni plus une spécificité du prolétariat.

 MULTIPLES IMMIGRATIONS

Un excellent petit livre aux éditions La Découverte en 2003, décrit les multiples aspects de la complexité migratoire qui ne permet aucunement de simplifier à outrance en inventant une classe «immigrée» unique et réservoir idéologique pour humanitaire gauchiste ou ultra-gauche. On y parle des travailleurs saisonniers, des Gastarbeiter (travailleur-hôte dont la bourgeoisie allemande est friante), de l’ethnic business, etc.

«... L’accroissement sans précédent du nombre de commerçants et de petits indépendants parmi les immigrants récents conduit des chercheurs à s’interroger sur les conditions d’émergence de leurs activités entrepreneuriales. Des secteurs tels que la confection, la restauration, le commerce de détail et les taxis sont particulièrement investis par les nouveaux arrivants. Depuis 1980 (aux Etats Unis) ces derniers sont proportionnellement plus nombreux que les natifs à travailler à leur compte» (p.44)

Le capitalisme décadent, loin d’agoniser, trouve encore son jus dans l’ostracisme, le racisme et donc le commerce ethnique:

«La mobilité sociale ascendante étant bloquée en raison de la discriminbation ethnique et raciale, l’entreprenueriat ethnique constitue un alternative à une position précaire sur le marché du travail secondaire. L’entrepreneur ethnique transforme un désavantage, son imputation ethnique, en une ressource qui devient le fondement d’une solidarité communautaire».



«La discrimination subie forge une «solidarité contrainte» qui renforce la conscience d’appartenir à une communauté ethnique et alimente la préférence à participer à des réseaux sociaux de même origine nationale (...) La «confiance obligée» est à la base des tontines, mécanisme traditionnel de mobilisation de ressources financières, fréquent chez les asiatiques, ou des emprunts sans garantie chez les cubains ou les dominicains. L’enclave ethnique constituerait pour certains une manière de réussir économiquement aux Etats Unis tout en refusant leur américanisation».

Enfin, malgré le bruit des curés gauchistes et les lamentations de la gauche caviar compatissante, une autre réalité se révèle derrière les diverses migrations, et qui était déjà visible du côté américain au début des années 2000, l’importance de la migration petite bourgeoise: «... l’idéal-type du migrant rural et peu qualifié cède le pas à d’autres figures d’immigrés, qui, sans être totalement nouvelles, n’étaient pas dominantes, comme les commerçants. Des études relatives aux sans-papiers montrent que les nouveaux migrants songt aussi issus des classes moyennes de leur pays d’origine. Contrairement au passé, ils viennent des villes et possèdent des diplômes. ceux-là entendent accélérer leur mobilité sociale grâce aux gains financiers escomptés par la migration».

Mais ce qu’il faut ajouter en fin de compte c’est que la migration, pour ce qui concerne sa partie arriviste et cynique, c’est qu’elle n’est pas simplement individualiste, elle est porteuse d’un projet religieux conforme à la pérennité du capitalisme, sous des déguisements folkloriques et avance la prétention de confirmer l’adage antique: le commerce mène le monde.

Quant à la défense des migrants en général de plus en plus nombreux pour la période à venir, les protestations de la «gauche radicale» ne sont que roupie de Sansonnet. Il ne s’agit pas d’un combat politique mais d’un tour de magie humanitaire parfaitement hypocrite et creux. La véritable aide pour les victimes non consentantes, pas la petite bourgeoisie arriviste, résiderait:

- dans la dénonciation réelle et concrète de la guerre, des guerres entretenues par les grandes puissances,

- une réflexion sur l’alternative d’une société où les hommes et les femmes ne seront plus obligés de fuir la terre où ils sont nés pour continuer à y vivre libre, heureux et sans terreur.

Cela aucun parti politique n’est capable de la proposer. Tous ils ne sont que des pleureuses méprisables.



 

"Je prévois combien de mes lecteurs seront surpris de me voir suivre tout le premier âge de mon élève sans lui parler dse religion. A quinze ans, il ne savait s'il avait une âme, et peut-être à dix-huit ans n'est-il pas encore temps qu'il l'apprenne; car s'il l'apprend plus tôt qu'il ne faut, il court le risque de ne le savoir jamais...
Il faut croire en Dieu pour être sauvé. Ce dogme mal entendu est le principe de la sanguinaire intolérance, et la source de toutes ces vaines instructions qui portent le coup mortel à la raison humaine en l'accoutumant à se payer de mots. sans doute il n'y a pas un moment à perdre pour mériter le salut éternel; mais si, pour l'obtenir, il suffit de répéter certaines paroles, je ne vois pas ce qui nous empêche de peupler le ciel de sansonnets et de pies, tout autant que d'enfants. L'obligation de croire en suppose la possibilité. le philosophe qui ne croit pas a tort, parce qu'il use mal de la raison qu'il a cultivée et qu'il est en état d'entendre les vérités, qu'il rejette. Mais l'enfant qui professe la religion chrétienne, que croit-il? Ce qu'il conçoit; et il conçoit si peu ce qu'on lui fait dire que, si vous lui dites le contraire, il l'adoptera tout aussi volontiers. La foi des enfants et de beaucoup d'adultes est une affaire de géographie. Seront-ils récompensés d'être nés à Rome plutôt qu'à La Mecque?"

Jean-Jacques Rousseau


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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mardi 26 mai 2015

L’ouvrier palmé d’or à Cannes est un minable

Il vaut de comparer deux films qui ont eu pour objet de jeter un éclairage sur la situation de la classe ouvrière moderne, en France en particulier, le premier des Frères Dardenne non glorifié à Cannes l’an passé (Deux jours, une nuit), et celui de Stéphane Brizé (La loi du marché) porté au pinacle lors du huppé festival de Cannes de cette année, franco-français et bobo-démago à souhait.

«Quand un film peut devenir subversif», mon article dans ce blog sur le film des frères Dardenne avec Marion Cotillard  («deux jours, une nuit») saluait une oeuvre qui, tout en montrant la solitude dans la barbarie patronale, diffusait et identifiait une solidarité sans cesse renaissante. Je polémiquais alors contre un article idiot de RI où le militant de service n’y voyait qu’un chant à la gloire de l’individualisme... Et qui au fond n’avait rien compris à la profondeur d’analyse des frères Dardenne et à leur empathie pour le personnage de Sandra l’ouvrière licenciée.
Avec «La loi du marché», titre néo-gauchiste racoleur, c’est bien un chant à la gloire du misérabilisme qui enchanta les milliardaires du jury de Cannes 2015 avec le nichon pendant de Sophie Marceau. Avec cette compil plus misérable que Hugo et Zola réunis, et une discrète tentative de plagiat du film des Frères Dardenne, c’est la conscience gauche caviar des bons bourgeois oecuméniques, altermondialistes, antiracistes et ventripotents pour toute la misère du monde sauf dans leur résidence secondaire, qui s’étale avec un scénario digne des enquêtes policières de D8 ou faits divers depuis le commissariat sur une autre poubelle de la TNT, et avec la gueule perpétuellement figée de V.Lindon sans tics à l’écran. Le grand soir FR3, hier soir, qui fournit d’honnêtes sondages à chaud, nous confiait que sur 8000 connections : 60% des téléspectateurs déclaraient ne pas vouloir aller voir les récompensés de Cannes, ni le navet du fils Audiard, boat people en diable surtout pour les réfugiés plus ou moins terroristes tamouls, ni le film bombardé palme d’or exhibant un ouvrier minable reconverti en flic de supermarché.

Car, lorsque l’on visonne ces «oeuvres» du milieu artistique snob, qui se congratule avec effusions ininterrompues en songeant aux royalties générées par les sommités cannoises des paillettes de la riviera, on se prend à penser qu’ils ont non seulement de la merde dans la tête mais qu’ils imaginent que la classe ouvrière se résume désormais à sa fréquentation des supermarchés. Au début, le merdeux réalisateur donne un coup de chapeau aux pires illusionnistes des impasses catégorielles et des incessantes défaites locales; l’ex-syndicaliste radical d’opérette Mathieu (d’Amiens) a obtenu un petit rôle de quelques minutes où il nous la joue combatif et anti-renoncement face à l’ouvrier Vincent Lindon, penaud et résigné, aucunement critique du bla-bla creux anti-patron du gaucho syndicalo, mais avocat de sa pomme, pour finir de payer le crédit de son logement, plus tard essayer de vendre son mobilhome vacancier. De longs plans ennuyeux à pôle emploi et par caméra internet avec un embaucheur nous montrent un pauvre mec prêt à se mettre à plat ventre pour se retrouver consommateur moyen pour son milieu familial; en plus ne voilà-t-il pas qu’il symbolise un milieu pauvre qui cumule toutes les tares, le fils est débile, en tout cas désarticulé et mange comme il peut à table. La femme de Lindon est un pot à tabac avec joues tombantes. On a récompensé Lindon qui ne fait strictement rien que de présenter sa gueule enfarinée avec ses yeux globuleux, sa moustache et ses pattes qui le font ressembler à Brassens ou à un chauffeur routier des 70, et la caméra coupe ou évite systématiquement les visages des non professionnels pour focaliser sur la nuque du seul Lindon, inerte, sans intérêt, bougeant sans cesse façon Lars von Trier au rabais. Vous ou moi on aurait pu poser comme Lindon, sans forcer notre talent, la mine abrutie des lendemains de bourre et on aurait chopé pareil la palme d’or.

Lindon explique à sa banquière qu’il va bientôt pouvoir payer ses crédits, revêt le costard de vigile et le voilà superflic de supermarché. Séquence D8 sans OPJ ni aubergines ni pompiers, les centaines de caméras de supermarché vous confirme que le vol à l’étalage est plus périlleux que le saut à ski ou l’insulte à agent de la force publique. Toujours avec cette présence niaise de Lindon, qui rêve de combler ses déficits accumulés pendant les stages non rémunérés à pôle emploi. Toujours filmé de travers à la sous Lars von Trier, voilà enfin une collègue coincée au local des vigiles, après un jeune arabe qui a dérobé un chargeur de portable. Après un misérable larcin suit un misérable larcin qui vaut la porte à tant de caissières. Cette salope de profiteuse a dérobé des tickets de réduction, leçon de morale par tête de con directeur (le non professionnel a la tête de l’emploi, grand, cheveu ras, binocles de cadre débile). Plan suivant, la salope de caissière voleuse de primes de ses collègues, s’est suicidée sur le lieu de travail débile. Commémorations de l’encadrement à l’Eglise. Lindon fait toujours sa tête de poisson réincarné. Puis retour au local de vigiles, c’est une caissière noire qui passe à la casserole (= inclusion dans le scénario bobo de l’imagerie antiraciste qui a dans les yeux un regard qui fait mal qui fait mal mal... parodie de Michel Berger l’anticipateur). La caméra reste sur la nuque et le trois quart de Lindon, l’air toujours aussi abruti. Jeu d’acteur formidable, diront ses collègues, surtout qu’il ne dit rien, ne fait rien, laisse la caméra filmer sa tronche. Puis, nouvelle parodie nullarde de Lars von Trier, la caméra suit la nuque de Lindon qui se barre, passe par le vestiaire enlever son veston et sa cravate de vigile de merde, et aboutit au parking où il monte dans sa Renault avec télécommande d’ouverture des portes. On ne sait pas où il va mais comme le générique suit, on imagine que le réalisateur veut nous induire qu’il lâche tout par dégoût en n’ayant pas oublié sa collègues suicidée. C’est navrant, pas crédible, imbécile. Les spectateurs et moi, après une coupure en moitié de film, plus longue à réparer en numérique qu’avec les pellicules d’antan, on sort dépités de tant de lâcheté exhibée comme une «loi du marché», nullement comme un scénario bâclé qui n’embrasse ni ne définit l’être du prolétariat même dans un siècle aussi réac bigot-démocratoc que le nôtre. Une vision compassée d’une classe ouvrière impuissante, lâche, soumise aux boulots flicards les plus puants voilà ce que le président «socialiste» inaugurateur forcené de chrysanthèmes a aimé dans ce cercueil cinématographique d’un «cinéma social» aussi cucul que les exhibs de la pétasse S.Marceau sur les marches du podium à snobs de la Croisette sans âme et sans vergogne.

lundi 25 mai 2015

OBAMA AIME DAESCH


L’impérialisme américain n’est pas simplement un empire industriel et militaire mais certainement la puissance moderne bourgeoise la plus prégnante et la plus obscure que l’histoire ait jamais connue, réduisant Machiavel à un enfant de choeur du char à boeufs. On cherchera vainement dans l’histoire passée des régimes de domination de classe une telle capacité technique et militaire et un si haut niveau de rouerie politique. Pourtant la sublime puissance démocratoc victorieuse du nazisme plouc, est facile à déshabiller, si l’on veut bien réunir dans un même pot ses foutaises et ses multiples «fers au feu».

Ce n’est pas, hélas,  avec les deux ailes classiques du mouvement maximaliste qu’on pourra saisir la réalité des enjeux impérialistes, cantonnés dans des délires invraisemblables. Du côté, disons conseilliste et boite à lettres du trade-unionisme ringard, prenons le dernier édito d’Henri Simon (miracle de longévité et de la position de l’observateur couché): «Et la lutte de classe derrière les paravents idéologiques», le coriace et chenu conseiller «d’une classe en lutte» ose des comparaisons à faire sourire une rombière voilée: «On peut trouver des traits communs au «printemps arabe», au mouvement «Occupy» et même à l’extension du terrorisme islamique. Malgré leur caractère imprécis, sans véritable contenu de classe, leur existence éphémère (...) peut faire craindre aux dirigeants une nouvelle génération de tels mouvements spécifiques (!?), ou bien plus, l’explosion d’une action ouvrière globalisée». Ce conditionnel invraisemblable signe d’inanité théorique absolue peut faire penser à la limite à un vulgaire discours de l’imbécile potiche de LO, N.Arthaud, mais n’éclaire en rien sur le marasme politique persistant du prolétariat ni sur une question autrement troublante, mais hors d’atteinte de la pensée anarchoïde, la guerre impérialiste actuelle.

Prenons le bord opposé, anti-boite à lettres, mais plutôt facteur de confusion, la secte CCI. Lisons sans se plier de rire: « l’État islamique et son Califat, cette expression particulière de l’irrationalité et de la décomposition capitalistes, se renforcent (...) Il est clair que les puissances impérialistes de la région et, évidemment, les divers gangs armés sunnites et chiites ont joué un rôle de premier plan en suscitant les divisons sunnites/chiites qui étaient bien moins importantes dans le passé. Mais l’exacerbation de ces divisions sont aussi une production “spontanée” de la décomposition, d’une société dans laquelle tous les liens sociaux se dissolvent et sont remplacés par une atmosphère fétide de pourrissement».
C’est du moins l’interprétation de la section World Revolution de ce CCI amaigri et contrit par tant de décomposition capitaliste, gimmick passe-partout à une indigence théorique devenue légendaire.

Pour trouver une analyse lucide de la réalité impérialiste il ne faut donc pas compter sur l’ancien «milieu révolutionnaire», perclus de divisions, anathèmes et stigmatisations paranoïaques. Les analyses du Réseau Voltaire sont séduisantes, mais souvent erronées sur les bords parce que leurs rédacteurs, et leur pape Meyssan, sont incapables d’analyser les rapports de classes antagonistes et de se situer au niveau des impératifs historiques. En ce moment Meyssan se plante complètement en considérant que la bourgeoisie US aurait changé de stratégie, abandonnant la stratégie du chaos : «Les États-Unis reviennent à une conception impériale classique, fondée sur des États stables. Et pour signer leur accord avec l’Iran, ils doivent maintenant évacuer l’Émirat islamique du Levant avant le 30 juin».

Avec des conseillers comme Léo Strauss, depuis belle lurette la stratégie de «foutre la merde» est ancienne de la part de la puissance bourgeoise américaine, la stratégie du chaos comme doctrine stratégique, aussi éloignée du concept de décomposition que ma grand-mère de la mini-jupe, peut être résumé ainsi : le plus simple pour piller les ressources naturelles d’un pays sur une longue période, ce n’est pas de l’occuper, mais de détruire l’État ou d’en promettre un mais qui sera fantoche, comme le fût celui du Sud Vietnam. Sans État légitime ou tangible, pas d’armée. Sans armée ennemie, aucun risque de défaite. Le but stratégique de l’armée US et de son instrument l’Otan, depuis la chute de la maison stalinienne a été exclusivement de détruire les États régionaux des anciennes colonies européennes. Ce que deviennent les populations concernées, broyées dans les sous-guerres religieuses ou noyées en Méditerranée n’est pas le problème de Washington, mais celui des films bobos palmés à Cannes.

Le site Réseau Voltaire se plante aussi sur la campagne de presse démesurée sur la chute de Palmyre  qui «pourrait n’être qu’une préparation de l’opinion publique à un véritable engagement militaire contre Daesh»: Daesch est trop utile pour l’heure à Obama pour qu’il s’occupe vraiment de l’éliminer. Le coup de l’atteinte aux vestiges archéologiques ou aux monuments du lointain passé, on nous avait déjà fait le coup en ex-Yougoslavie; nous n’avons que foutre des vieilles pierres des civilisations passées considérées comme plus sacrées que des milliers de vies humaines sacrifiées dans les guerres de rapine capitaliste!

Une réunion de la coalition impérialiste devant avoir lieu début juin, Meyssan livre tout de même un secret de polichinele: « D’ici là, le Pentagone devra décider s’il détruit l’Émirat islamique ou s’il le déplace et l’utilise ailleurs à d’autres tâches. Trois destinations sont envisageables : déplacer les jihadistes en Libye ; en Afrique noire ; ou dans le Caucase».
Daesch une armée mercenaire à la demande? Oh Oh! En kit et en transit!

Meyssan parle d’Emirat islamique et pas d’Etat islamique, curieuse notion à la mode. Le terme Emirat correspondrait mieux en un sens, mais peu importe, il s’agit surtout de bandes armées louches, ambiguës et utiles à d’autres visées que la fixation sur la fabulation de l’islamisme rampant et conquérant. Si le sieur Obama, président noir collabo des capitalistes blancs et indifférent aux meurtres racistes de ses poulagas, se flatte de bombarder régulièrement la région «aux mains de Daesch», pourquoi n’explique-t-il pas que ses soudards évitent de bombarder les puits pétroliers qui servent de nerf de la guerre aux daeschoix? Parce que derrière Daesch, comme lors des attentats du fameux onze septembre, il y a d’autres fractions de la bourgeoisie US et affiliés moyens-orientaux? Parce que Daesch permet une guerre pour redistribuer les cartes dans la région?

Reprenons la lecture de Meyssan qui, là, nous apporte d’intéressantes contre-informations aux médias serviles de la bourgeoisie occidentale:

«On peut s’étonner de l’importance donnée à la chute de Palmyre par la presse occidentale. D’autant que la plus importante progression de Daesh cette semaine n’était pas en Syrie, ni en Irak, mais en Libye avec la chute de Syrte, une ville cinq ou six fois plus peuplée que la syrienne Palmyre. Pourtant, les mêmes journalistes qui s’étalaient longuement durant les deux derniers mois sur la situation chaotique libyenne et appelaient à une intervention militaire européenne pour mettre fin au transit de migrants ne l’ont pas mentionnée. Il est vrai qu’en Libye, Daesh est commandée par Abdelhakim Belhaj, nommé gouverneur militaire de Tripoli sous les auspices de l’Otan et reçu officiellement, le 2 mai 2014 à Paris, par le Quai d’Orsay. Pour dramatiser un peu plus, les journalistes occidentaux affirment à l’unisson que désormais « Daesh contrôle la moitié du territoire syrien » (sic). Toutefois, leurs propres cartes les contredisent puisqu’ils n’y montrent qu’un contrôle sur quelques villes et sur des routes, et non pas sur des régions».

On est loin de la «décomposition" supputée par les naïfs de la secte CCI:

«En effet, Daesh a été créé par les États-Unis avec le soutien de la Turquie, des monarchies du Golfe et d’Israël, comme nous l’avons toujours dit et ainsi qu’en témoigne un document partiellement déclassifié cette semaine de la Defense Intelligence Agency (DIA) (...) l’Émirat islamique a été développé par une décision du Congrès des États-Unis, réuni en séance secrète en janvier 2014, afin de réaliser le plan Wright. Il s’agissait de créer un « Kurdistan » et un « Sunnistan » à cheval sur la Syrie et l’Irak ayant pour finalité de couper la « route de la soie » après l’achat de Deir ez-Zor (la ville a été achetée à des fonctionnaires corrompus, sans combat). (...) Cette route relie l’Iran à la mer à travers le désert, soit par Deir ez-Zor et Alep, soit par Palmyre et Damas. Elle est aujourd’hui utilisée pour transiter des armes vers la Syrie et le Hezbollah libanais et devrait être utilisée pour transporter le gaz du champ de Fars (Iran), vers le port de Lattaquié (Syrie). Palmyre, la « cité du désert », n’est donc pas simplement un vestige d’un passé merveilleux, c’est une pièce stratégique dans l’équilibre régional. C’est pourquoi il est grotesque de prétendre que l’Armée arabe syrienne n’a pas cherché à la défendre. En réalité, cette armée a agit comme elle le fait toujours depuis l’arrivée des mercenaires dans le pays : de manière à minimiser les pertes civiles, elle se retire lorsqu’ils avancent en petits groupes coordonnés (grâce aux moyens de communication que leur fournit l’Occident) et les frappe lorsqu’ils se regroupent».

La soit disante mollesse d’Obama n’est qu’un choix politique déterminé qui se moque des gogos «amis de la Syrie», Hollande, Filiu et Cie:

«La Coalition internationale anti-Daesh, créée par les États-Unis en août 2014, n’a jamais combattu les jihadistes. Il est au contraire attesté —non pas une seule « par erreur », mais une quarantaine de fois— que les avions occidentaux ont largué des armes et des munitions à l’Émirat islamique. Au demeurant, la dite Coalition de 22 États prétend disposer d’un nombre supérieur d’hommes, qui sont mieux formés et disposent de meilleurs matériels que Daesh. Pourtant, elle n’a pas fait reculer l’Émirat islamique, mais celui-ci ne cesse de conquérir de nouvelles routes.
 Aucun dirigeant ouest-européen, absolument aucun, n’a osé envisager publiquement que les attentats « islamistes » qui touchent l’Europe ne sont pas l’extension des guerres du « Moyen-Orient élargi », mais sont commandités par ceux qui ont également commandités le chaos dans cette région. Nous préférons continuer à penser que les « islamistes » en veulent aux juifs et aux chrétiens, alors que l’immense majorité de leurs victimes ne sont ni juives, ni chrétiennes, mais musulmanes. Avec aplomb, nous les accusons de promouvoir la « guerre des civilisations », alors que ce concept a été forgé au sein du Conseil de sécurité nationale des États-Unis et reste étranger à leur culture".

Les imbéciles ultra-gauches anarchistes se moqueront d’une possible resucée de la théorie du complot, parce qu’ils ne comprennent rien ni à la politique bourgeoise ni à l’impérialisme, et sont ignorants de l’histoire passée (cf. Gladio et les années de plomb). Derrière la stratégie du chaos de la bourgeoisie américaine nulle décomposition ni affaiblissement de la gouvernance Obama mais les intérêts des compagnies pétrolières américaines qui dictent leur loi à «l’Administration Obama». Les Etats-Unis et le Canada produisent trop de pétrole à ne plus savoir qu’en faire. La bourgeoisie américaine a provoqué la crise en Ukraine, avec ses amis «fascistes» locaux, pour couper la route de l’approvisionnement énergétique de l’Europe par la Russie, pour lui refiler ses surplus...

UNE STRATEGIE CHIITE...

La volonté de récupérer la Syrie et l’Iran va dans ce sens de mieux contrôler la région, quitte à mécontenter les anciennes place-fortes comme la Turquie sunnite (qui achète le pétrole à bas prix à Daesch) sans les braquer; la puissante bourgeoisie américaine n’a pas que deux fers au feu, mais un, deux, trois... La volonté de créer un grand Kurdistan vise malgré tout à ramener la Turquie à plus de modestie dans ses ambitions régionales. Double jeu de l’Arabie Saoudite enfin  avec ce curieux attentat de Daesch sur son territoire, comme si la monarchie terroriste voulait faire oublier qu’elle participe au financement de Daesch.
Enfin encore, la propagande quotidienne sur les horreurs de Daesch (viols des femmes et assassinats d’enfants) n’est qu’un remake de l’hydre terroriste «inhumaine et antidémocratique) des ex-Etats voyous puis d’Al Qaida et de réminiscences hollywodiennes confuses du nazisme. La bourgeoisie démocratoc US a besoin de bourrer les crânes en désignant le mal absolu chez des boucs émissaires (en partie ses propres mercenaires) - aux exactions obscènes et sadiques probablement inventées par des cerveaux malades de la CIA plus que par les bigots musulmans) - pour faire oublier qu’elle est responsable, avec les autres Etats occidentaux et la Russie, des millions de morts dans les guerres incessantes depuis la deuxième der des der.
Il ne faudrait pas oublier que la principale puissance victorieuse en 1945 n’a pas récupéré que quelques savants nazis mais aussi des conseillers politiques, et les méthodes de propagande électorale d’Hitler par avion...

mardi 19 mai 2015

L' "effondrement", une notion trompeuse

par Craig Calhoun
 
 
"L'idée que le capitalisme pourrait tout simplemen,t s'effondrer, comme par exemple l'Union soviétique, n'est pas vraiment pertinente. Elle impliquerait une transition soudaine  de l'existence à la non-existence, en quelques années seulement. Si l'Union soviétique a pu cesser d'exister du jour au lendemain, c'est parce qu'il s'agissait d'une structure institutionnelle spécifique - un Etat - et que sa forme juridique pouvait être dissoute. Dans le cas du capitalisme, on n'a pas une situation strictement analogue.
En tant qu'Etat, l'URSS fonctionnait comme une espèce de firme, et c'est d'abord cette firme qui a égté démantelée. Bien entendu la dissolution de cette structure juridico-politique a également entrainé des modifications radicales dans les autres rapports de pouvoir et les activités poratiques en vigueur en URSS. Pourtant, de nombreuses institutions liées à l'Etat soviétique ont continué d'exister apryès sa chute sous une forme plus ou moins modifiée. Le statut juridique et institutionnel de la ville de Moscou au sein de la fédération et de la république de Russie, par exemple, n'est pas totalement différent de ce qu'il était sous l'Union soviétique. Gazprom en revanche a connu des changements plus profonds. Avec sa création en 1989, le statut juridique et le système d'exploitation de l'industrie du gaz russe ont été complètement restructurés. Au lendemain de la dissolution de l'URSS, en 1992, Gazprom a été privatisé et fonctionne depuis comme une société anonyme. Après une phase de démembrement de ses actifs dans les années 1990, il a égté partiellement reconstitué et mis sous le contrôle de l'Etat pendant la première décennie des années 2000. De la même façon, on pourrait tracer une longue liste de continuités et de transformations partielles.
Quoiqu'il en soit, il est très instructif de lire le chapitre de Derluguian sur la façon dont l'URSS pouvait être considéré comme une entité stable et durable pratiquement jusqu'à la veille de sa chute. On aurait tort d'envisager l'avenir uniquement en termes de projections linéaires, sans tenir compte d'évdentuelles discontinuités fortes. (...) Mais nous devons reconnaître qu'il n'existe pas d'équivalence simple entre l'Union soviétique et le socialisme, et donc pas d'analogie directe avec le capitalisme. Il s'agit de quelque chose d'un autre ordre et de plus spécifique.
Et il en va ainsi que nous analysions le capitalisme comme un ensemble d'activités pouvant être pratiquées par des capitalistes partout dans le monde ou comme un système économique reliant entreprises, marchés, investissements et main-d'oeuvre à l'échelle planétaire. Le capitalisme est une formation historique ancrée dans un ensemble de réseaux de pouvoir, pour reprendre le lexique de Michael Mann. Il existe depuis 400 ans principalement sous la forme du système-monde moderne analysé par Immanuel Wallerstein. Il s'agit d'une organisation hiérarchique à plusieurs niveaux d'intégration asymétriques au sein de laquelle les unités primaires sont les Etats-nations et où les acteurs économiques sont étroitement dépendants de leurs relations avec le pouvoir politique et les conditions qu'il instaure.
Certes l'idée d'Etat-nation est plus un horizon idéal qu'une réalité; l'identité socio-culturelle n'est jamais complètement alignée sur les institutions gouvernementales. L'intégration économique peut parfois elle-même stimuler l'intégration nationale et il ne fait pas de doute que les gouvernements sont eux aussi influencés par certains acteurs économiques majeurs. Pourtant, même s'il s'agit en partie d'une fiction, l'Etat-nation est une unité formelle indispensable au bon fonctionnement des affaires mondiales et qui se reproduit par isomorphisme politique. D'ailleurs, la plupart des organisations internationales sont littéralement "inter-nationales", à savoir structurées par une participation, organisée au niveau national. Et l'infrastructure du capitalisme dépend fortement de ce type d'organisation étatique nationale, dans la mesure où c'est elle qui fournit les bases juridiques  et financières de l'activité des firmes et des marchés et qui régit ou produit les paramètres de la gestion de l'interdépendance entre les différentes entreprises, les différentes industries et les différents secteurs. En organisant les structures d'appartenance sociale et culturelle, même de façon imparfaite et parfois par le biais de la régulation des marchés, les Etats prganisent la main-d'oeuvre, les marchés de la consommation et la confiance. On peut sans doute considérer le terme d' "Etat-nation"  comme une notion sténographique exprimant "les efforts pour organiser les modes d'appartenance politique  et socioculturelle en termes d'Etats-nations", mais le fait est que l'ère du capitalisme et l'ère des Etatqs-nations coïncident complètement. Il n'existe pas de capitalisme "réel" quel que soit son degré de mondialisation, qui ne soit conditionné par cette organisation politico-économique et socioculturelle. Il ne faut pas oublier que la prospérité et la soutenabilité du système capitaliste existant dépendent des Etats-nations et des structures d'opportunité institutionnelles qu'ils suscitent. Or ces structures ont besoin d'être renouvelées ou remplacées, mais depuis quarante ans les pays de l'OCDE se sont détournés de cette tâche et ont préféré saper les institutions traditionnelles de l ' "Etat providence". Obsédés par la réduction des coûts et la poursuite de la compétitivité immédiate, ils ont négligé le bien-être et la sécurité à long terme de leurs populations ainsi que les investissements collectifs nécessaires pour participer à la vie économique de demain.
Pour autant, on ne peut pas dire que la plupart des vieux pays capitalistes d'Europe ou des colonies de peuplement européennes soient au bord de l'effondrement. Le service national de santé britannique fonctionne toujours, même s'il coûte de plus en plus cher et met en danger le budget de l'Etat. On observe même une amélioration tardive de l'offre de santé aux Etats-Unis, en particulier pour les millions de personnes qui ne sont pas couvertes par leur employeur.(...) Il est possible que le capitalisme s'éloigne de plus en plus d'un état d'équilibre. On peut interpréter ce phénomène comme une "bifurcation" irréversible d'un système quasi naturel (...) comme un déficit de régulation, de stratégie entrepreneuriale et de prudence des investisseurs sur des marchés financiers chaotiques, ou bien tout simplement comme un manque de coordination institutionnelle entre des secteurs dispersés aux intérêts divergents. Il peut s'agir aussi d'une incapacité de redistribuer la richesse de façon suffisamment large pour cfréer une demande correspondant à l'augmentation de la productivité, conséquence possible du tarissement de la création d'emploi envisagé par Collins (...) Quelle que soit la dynamique sous-jacente, cette tendance au déséquilibre augmente les coûts de cohésion du système, accroît les pressions politiques et engendre des tensions sociales. C'est en tout cas là une façon d'interpréter le sens du terme "crise", et plus le déséquilibre est grand, plus les mesures nécessaires pour rétablir l'équilibre seront difficiles et coûteuses.
Pour autant, je ne pense pas que le capitalisme risque de s'effondrer. Il pourra perdre une partie de son emprise sur le cours de l'évolution sociale, laissant plus de marge d'organisation propre à la politique, économique et sociale, mais l'image de l'effondrement est trompeuse. On peut certainement dire que l'Empiore romain s'est effondré, par exemple, mais il est intéressant d'observer que cet "effondrement" est un processus qui s'est étalé sur plus de deux siècles, et pas une brève crise unique.
Qiuant au féodalisme, dire qu'il se serait effondré et aurait donné naissance dans la foulée au capitalisme moderne - comme le suggère le Manifeste communiste - me paraît nettement moins crédible. En premier lieu, le féodalisme n'avait pas le caractère "systémique" que revêt le capitalisme moderne. Mais, surtout, on ne peut pas identifier un moment spécifique d'effondrement des relations féodales et des institutions qui leur sont liées. Le long décmlin de ces relations était associé à un processus de construction étatique, de conflits armés, d'innovation aghricole, de développement du commerce mondial et de renouveau religieux (en  particulier avec la Réforme protestante) qui a duré au moins 300 ans. On ne peut donc parler de simple effondrement. Le déclin du féodalisme a entrainé une profonde transformation de l'Eglise catholique, qui n'a plus jamais joué le même rôle par la suite, mais qui a tout de même survécu. Beaucoup de monarchies ont disparu, mais pas toutes; certaines d'entre elles ont réussi à évoluer suffisamment pour pouvoir se maintenir - en jouant un rôle parfois important - à une époque qui ne peut plus guère être désignée comme féodale.
De la même façon, la fin de l'ère capitaliste, à supposer qu'elle se produise, risque d'être un processus tumultueux, inégal et difficile à cerner de l'intérieur. Certaines institutions lui survivront, y compris probablement de nombreuses entreprises privées, qui ne cesseront pas nécessairement de produire, de commercer oiu de spéculer simplemengt parce que le capitalisme aura cessé d'être la force motrice de l'époque. Acheter bon marché, vendre cher, voilà une impulsion bien antérieure à l'émergence du capitalisme et qui lui survivra probablement très longtemps."

(extraits de l'article: "Ce qui menace le capitalisme aujourd'hui" dans le collector très intéressant: Le capitalisme a-t-il un avenir? par les auteurs: Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian, Craig Calhoun. Ed La découverte 2014)20 euros.

A lire particulièrement l'article de tête de Wallerstein: La crise structurelle du capitalisme:
"Pour résumer, le système-monde moderne dans lequel nous vivons ne peut plus se perpétuer parce qu'il s'est trop écarté de l'équilibre et ne permet plus aux capitalistes d'accumuler indéfiniment du capital. Par ailleurs, les classes subalternes ne croient plus qu'elles sont du bon côté de l'histoire et que l'avenir leur appartient. Nous vivons donc une crise structurelle qui se caractérise par une lutte autour des alternatives systémiques. Bien que l'issue en soit imlprévisible, nous percevons bien que l'un des deux camps en présence l'emportera au cours des prochaines décennies et qu'un nouveau système-monde relativement stable (ou un ensemble de systèmes-monde) s'installera".
Et tant d'autres sujets qui intéressent un mouvemengt maximaliste assagi, rongé par d'absurdes querelles ou rivalités internes (après le CCI ce'est la TCI qui connaît sa crise paranoïaque): la révolution anticapitaliste sera-t-elle violente, la révoljution entraînera-t-elle des guerres, etc.
 

dimanche 17 mai 2015

outreau saison 3: LA REVANCHE DE LA JUSTICE DE CLASSE

UNE LACHE REVISION...


"A mesure que les mystères policiers devenaient moins obscurs, l'opinion publique se déclarait de plus en plus en faveur des accusés. Quand l'imposture, tentée avec l'original des procès-verbaux, se découvrit, on attendit de toutes parts un acquittement. La Kölnische Zeitung dut, pour une fois, s'incliner devant l'opinion publique et se tourner contre le Gouvernement".

Kark Marx (Révélations sur le procès des communistes de Cologne)

"Parfois l’improductivité produit la productivité: un criminel produit le crime, le traité de droit criminel, le juge, le professeur de droit, le policier, les serrures et les portes renforcées, et il brise la monotonie de la vie bourgeoise; en ce sens "il stimule les forces productives" (Economie, in Oeuvres t.II)

Bernard Maris (s’appuyant sur une citation de Marx)

"Au nom de la justice dont je suis le garant, je tiens à vous présenter regrets et excuses devant ce qui restera un désastre judiciaire sans précédent". Jacques Chirac

"Là-bas, ce ne sont pas des psychologues qu’il faut envoyer, mais des sociologues ou des ethnologues". Didier Beauvais (ancien président de la Chambre d’instruction de Douai)

"...les enfants, emportés par leurs révélations". Florence Aubenas



- concernant l’Affaire d’Outreau je conseille évidemment en premier lieu les livres des victimes l’abbé Dominique Wiel, l’huissier Alain Marécaux et celui de l’excellente journaliste Florence Aubenas, et bien sûr l’indispensable film avec Torreton "Présumé coupable"; mais vous pouvez lire aussi la version des révisionnistes MC Gryson et de l’individu Thomet. Mais encore:

- la Conférence de Florence Aubenas à l’université populaire de Lille en partenariat avec l’Ecole Supérieur de Journalisme de Lille et le journal La voix du Nord

http://videos.lavoixdunord.fr/video/iLyROoafIqSK.html

- Brice Gravelle, son mémoire pertinent:"le traitement médiatique de l'affaire d'Outreau"

http://www.sciencespo-toulouse.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1325756124091&ID_FICHE=26198

- sur You tube, l'interview de D. Wiel en présence de Polac, Zemmour et Bedos dans son émission ONPC en 2006.

- sur ce blog, en date du 18 décembre 2007, mon interview de Dominique Wiel: «Le calvaire d’un prêtre-ouvrier".

POUR COMMENCER PERMETTEZ-MOI UN PARALLELE AVEC UNE AUTRE AFFAIRE qui avait divisé le pays:

Raide comme la justice qui jamais ne se dédit! Le 7août 1899 s'ouvre à Rennes le deuxième procès Dreyfus où le capitaine dégradé est condamné une nouvelle fois "avec circonstances atténuantes" à dix ans de prison supplémentaires... les augustes membres du conseil de guerre, bientôt rodés aux meurtres des soldats récalcitrants aux tranchées, ne voulant pas renier l'inique condamnation de 1894... La loi d'amnistie de 1899 empêche de confirmer l'innocence de Dreyfus... Le sinistre fusilleur de la Commune Galliffet annonce "l'incident est clos". Quand le gouvernement gracie Dreyfus en septembre 1899 après de longues tergiversations et pour éviter un troisième procès, il n'innocente pas pour autant l'ancien capitaine. La réhabilitation sera purement formelle et presque dans la discrétion six ans plus tard... A la différence de l’Affaire Dreyfus, l’Affaire d’Outreau n’eût pas la même répercussion internationale; en réalité Dreyfus fût sauvé autant par Zola et Jaurès, que par la Reine d’Angleterre, indignée.

Lors de mon interview du célèbre abbé - "pédophile multirécidiviste" selon les fachos antidreyfusards qui se répandent sur la toile - un désaccord avait surgi entre nous. Il n’était pas d’accord avec ma caractérisation de "justice de classe", il préférait "justice provinciale"; "justice de classe oui, ajouta-t-il, mais si on avait eu des égards pour l’huissier et le curé, or on a été traité comme les autres, comme des chiens". Il ajouta que "l’institution est une machine judiciaire que les juges ne peuvent pas arrêter", mais en précisant un paradoxe: "le pouvoir judiciaire dépend du pouvoir politique".

Inutile de vous dire que je ne souscris pas à la vision d’une justice kafkaïenne, mais qu’au contraire je considère que la réglementation juridique des rapports entre les hommes, mais surtout entre les classes, a été très perfectionnée et renforcée sadiquement par le règne de la bourgeoisie, sous trois aspects incontestables:

1. le système judiciaire en même temps qu’il fait peser la terreur de la loi bourgeoise sur les classes opprimées, stimule en effet les forces productives;

2. depuis au moins deux siècles la focalisation sur les faits divers s’est affirmée comme distraction de masse, hier dans la littérature ou le théâtre, aujourd’hui au cinéma où les oeuvres qui "marchent" le plus sont très nettement inspirées de faits divers; sinon qu’est-ce qu’on s’ennuirait...

3. la mise en scène judiciaire sert à théâtraliser une fiction simpliste de la lutte des classes ramenée à la fable du pot de terre contre le pot de fer, qui sert à maintenir les masses en état de sidération et d’observation du spectacle où des "experts" de la justice officielle font des effets de manche pour les bons ou pour les méchants, et font croire à une même justice pour pauvres et riches, prolétaires et possédants; ce sera ma principale thèse ici en démonstration pour décrypter la manière circulaire avec laquelle les gouvernements successifs de la bourgeoisie mettent en scène leurs corbeaux et experts-bavettes des tribunaux du capitalisme.

POURQUOI LE GOUVERNEMENT HOLLANDE REMET-IL LE COUVERT?

Les affaires judiciaires, plus longuement que les commémorations militaires ou les ponctuels attentats terroristes, donnent aux journalistes de quoi justifier leurs bons salaires: ressortie de l'oubli l'affaire Tarnac (dont le dossier est vide), ressorti de ses énormes comptes en banque l'affairiste Tapie au bord du suicide médiatique (et qui va le plaindre?), acculé à la mise en examen le fameux Paul Bismuth dont les incessantes mises en cause sont requises naturellement par le pouvoir actuel, même si Sarkozy dispose de l'appui des "financiers"... Il en faut pour tout le monde, et si possible pour minimiser chômage et engagements impérialistes de la bourgeoisie française. Sinon, imaginez-vous un quotidien de news avec la seule météo nationale, le futur concert de Francis Cabrel, la dernière voilée démaquillée et les feuilletons américains sur toutes les chaînes? Le taux des suicides gonflerait instantanément en France profonde. En gros, en plus, comme l'avait répété Marx, toute chose est grosse de son contraire, et pis encore, tout réel sentiment est noyé "dans les eaux glacées du calcul égoïste":

"Elle (la bourgeoisie) a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages". (célèbre programme politique du XIXe siècle, nommé Manifeste communiste de 1848).

POURQUOI UN 3ème PROCES A-T-IL LIEU UNE NOUVELLE FOIS CONTRE UN DES ACQUITTES?

Puisqu’une grande chaîne dominante a précédé l’événement en se focalisant sur la déchéance morale et physique d’un ancien mineur inculpé, puis disculpté et parce que devenu majeur, lisant d’abord la diatribe d’un révisionniste patenté nommé Jacques Cuvillier, qui s’exprime comme la dame Gryson dont nous livrerons un peu plus loin les états de service de groupie de Burgaud, mais vous l’avez deviné... sur le site à barbouzes Médiapart du triste Plenel; comme le Canard enchaîné (aux sources policières) Médiapart fait son fonds de commerce au service de n’importe quel clan pourvu que cela lui rapporte gros et beaucoup en termes de supériorité informative/désinformative sur les confrères. Voici:

"Outreau dans Envoyé spécial : des larmes toujours. 08 mai 2015 | Par Jacques Cuvillier

On pouvait s'y attendre. Le reportage diffusé dans « envoyé spécial » sur France 2 le 7 mai 2015, à l'approche du procès de Daniel Legrand, n'a pas dérogé à ce que l'on constate depuis les procès de Saint-Omer et de Paris. Les téléspectateurs doivent verser des larmes sur le sort des accusés, tout ignorer du dossier et des éléments à charge qu'il contient, ne pas se douter que dans l'affaire, les personnes les plus à plaindre ne sont pas les acquittés mais les enfants dont douze d'entre eux ont été reconnus victimes de viols, agressions sexuelles et proxénétisme. Cette fois encore, le focus a été placé sur l'un des acquittés sans que rien ne vienne compléter le tableau pourtant complexe de l'affaire d'Outreau. Il y avait pourtant d'autres choses à dire ! Au cours du reportage, la souffrance liée à cette condition d'acquitté « broyé par la justice » a été montrée par tous les bouts, le pathétique s'est ajouté au pathétique. Ironiquement, la seule chose qui a été passée sous silence, c'est le montant des indemnités qui ont été versées aux acquittés. « Pas le droit de le dire... » Vraiment ? Leur montant est pourtant connu : quelque 250 000 euros en moyenne. Il était pourtant facile de conduire un reportage qui aurait fait le lien entre Daniel Legrand mineur et les autres enfants victimes. Là, je sens que je jette le trouble... Les « autres » victimes ? Je veux en particulier parler de ces garçons à qui la société n'a pas rendu les honneurs, qui n'ont pas été reçus à l'Elysée, qui sont encore perçus comme des affabulateurs et des menteurs, qui ont été placés en foyer sans suivi adapté et envoyé dans la nature le jour de leur majorité, sans préparation professionnelle, sans mesure d'accompagnement. Merci les bénévoles des associations de protection de l'enfant que la presse ne se gêne pas pour critiquer. L'un de ces garçons est justement partie civile au prochain procès. N'était-ce pas l'occasion d'en parler ? Pourquoi ne pas essayer aussi de faire couler quelques larmes sur son cas ? Donc aucune transition n'a permis de porter l'attention sur ces derniers. Le déséquilibre patent entre la défense et le contradictoire qui a caractérisé la couverture médiatique de l'affaire depuis le procès de Saint-Omer en 2004 jusqu'aux conclusions du procès en appel de Paris ne s'est toujours pas démenti. Le « naufrage judiciaire » est évoqué comme pour mémoire et n'apparaît qu'en filigrane, étant sans doute supposé que tout a été dit à son sujet. Les idées reçues portant sur le rôle déterminant d'une mythomane, de l'instruction à charge d'un juge jeune et naïf sont supposées suffisantes pour combler le vide d'information sur tout ce qui fait de cette affaire probablement l'une des plus grandes mystifications judiciaires de notre époque. Le public saura-t-il expliquer pourquoi la défense d'un garçon dont la position semble si évidente nécessite la présence de six avocats parmi les meilleurs ? De fait, le cas de Daniel Legrand ne manque pas d'intérêt, du fait que s'il est mis en cause par la partie civile en tant que qu'auteur présumé bien que toujours présumé innocent pour la justice - , il est aussi très probablement victime. Et c'est là que la bât blesse pour les avocats de la défense. De qui donc serait-il victime ? Si la question venait s'introduire dans les débats, elle jetterait un éclairage des plus scabreux sur toute la stratégie des avocats de la défense des précédents procès. Les lecteurs qui ont pris le temps de visionner « Outreau, l'Autre vérité » (aujourd'hui le DVD est en vente mais la vidéo est facilement accessible sur le net) savent de quoi je parle. Les anciens accusés, qui s'étaient dans un premier temps accusés les uns les autres, ont été en quelque sorte unifiés dans une stratégie commune « tous innocents » Moyennant il faut bien le dire, quelques rétractations acrobatiques dont... celle de Daniel Legrand. Nous y voilà. Et l'intéressé reste en quelque sorte l'otage de cette stratégie de défense qui devait aboutir pour la postérité aux résultats que l'on connaît. On comprend mieux dès lors la fureur de l'avocat Dupond-Moretti devant en premier lieu les révélations du film de Serge Garde dont la plupart des éléments avaient déjà été décrits dans le livre de M.C. Gryson-Dejehansart « Outreau, la vérité abusée », et ensuite devant l'annonce du prochain procès compte tenu de la promesse qui avait été faite de laisser traîner les choses jusqu'à la prescription. Les choses se présentent autrement, voilà ce qui explique le retour de l'enfumage des grands médias qui font tout pour tenter de consolider le storytelling. Mais le retour de Daniel Legrand devant les assises n'a rien à voir avec une haine particulière contre Daniel Legrand ou un désir de revanche. Ce qui est visé, c'est la persistance du spectre toxique de l'affaire d'Outreau dans les affaires similaires et on sait qu'elles sont nombreuses. Personne ne veut approcher le risque de faire « un nouvel Outreau ». Cela tétanise magistrats et jurés, et jusqu'aux victimes qui renoncent trop souvent à s'adresser à la justice.Remettre en cause le spectre d'Outreau, voilà l'enjeu. Il est d'intérêt public".

Bon la citation était un peu longue, mais comme elle concentre tout l’argumentaire des révisionnistes, elle nous évitera de les citer largement à nouveau pour ne pas faire perdre son temps au lecteur.

PETIT RESUME A L’INTENTION DE CEUX QUI N’ETAIENT PAS Nés

Wikipédia le fait très bien, alors je vais simplement rappeler quelques dates significatives. Scotchée à l’AFP - conçue comme Bible indubitable - l’ensemble de la presse (Voix du Nord, Le Point, L’Huma, Libération, etc.) a contribué au désastre et à l’appel au lynchage dès le départ, contrairement à l’affaire de Bruay en Artois jadis (1972) surtout cornaquée par la secte des abrutis maoïstes July et R. Castro et leur misérable torchon gauchiste La cause du peuple.

L’affaire de Bruay a fini en eau de boudin et laissé beaucoup de blessures ouvertes. Avec celle d’Outreau c’est crimes et châtiments à volonté. Le retournement ultérieur de la presse nationale (et provinciale) contre le seul juge psychorigide Burgaud, servira à amoindrir leur responsabilité indéniable dans la durée de l’injustice. En 2001, Le Point est un modèle d’appel au lynchage: "Pédophilie, la maison de l’horreur". De Libé au Figaro la presse se déchaîne autour de "l’effroyable affaire de pédophilie", répercute les aveux délirants du jeune Daniel Legrand (le soit disant meurtre d’une fillette "flamande"); les PPDA, Pernaut, et Pujadas y croient dur comme leur prompteur. Tous se rallient à l’hypothèse nunuche de l’élite journaleuse: chômage + alcool = pédophilie. A la différence de Bruay en Artois le mépris de classe bourgeoise s’affiche sans fard avec la stigmatistion d’un quartier ouvrier paupérisé, comme le démontre le mémoire de Griselle (voir plus bas) qualifiant le mécanisme de concurrence des médias de "racisme social ordinaire" par des gens issus des mêmes écoles de journalistes bourgeois coupés de toute réalité sociale du prolétariat.

En janvier 2002, suite aux révélations mensongères et perverses du jeune Daniel Legrand, qui en rajoute pour biaiser face au magistrat abruti, concernant l’enterrement d’une petite fille "d’origine flamande" (hi il aiguille ainsi les pandores sur un présumé lien avec l’assassin belge Dutroux), toutes les télés du monde retransmettent l’image de la grue qui creuse sur la pelouse entre des barres d’HLM... Nombreux sont les spectateurs à décrocher dès cette fable ahurissante avant les pauvres journalistes qui répercutent partout la thèse aguichante d’un "réseau orchestré par des notables", mythologie excitante depuis le scandale Profumo et Charles Trenet. Deux ans s’écoulent encore pour les emprisonnés et les mômes régulièrement interrogés par la police avant que l’ensemble des médias en vienne à la conclusion "d’une effroyable affaire de pédophilie où on est passé à la réhabilitation d’innocents dont l’institution judiciaire a brisé le destin". Entre temps, un des accusés, le ferrailleur Mourmand, est mort tabassé en prison, officiellement mort d’une surdose de médocs (c’était un costaud qui ne supportait pas qu’on le traite de pédophile, qui ne l’était pas et qui tabassait ses insulteurs sauf qu’il ont été plus nombreux à la fin).

Faut pas tout mettre sur le procès et sur le juge rigide. La mère de l’huissier, qui est morte aussi entre temps, n’est pas morte du procès inique fait à son fils, mais d’une autre cause, elle était déjà malade avant).

Les approximations ont démarré dans l’improvisation totale à partir de témoignages d’enfants déjà modifiés par les adultes. Une aide-maternelle a entendu un gosse parler d’un Danny le grand, trasformé en Danny Legrand. Les policiers français ont aussitôt demandé à leurs collègues belges s’ils connaissaient un Legrand Danny, lesquels se sont dépêchés d’en trouver un effectivement, un jeune Daniel Legrand de Wimille (pas d’Outreau), 16 ans, venu faire un tour en Belgique où sa mobylette est tombée en panne... le reste est raconté en détail dans wikipédia, rafles des voisins, fouilles des appartements, arrestation du prêtre qui aurait dessiné un cul sur le palier contigu à l’appartement de la mère Badaoui, etc. (Personne n’a jamais vu les cassettes pornos soit disant tournées en gang-bang familial de voisinage, ni plus entendu parler... Normalement elles auraient dû être projetées dans le prétoire comme réelles preuves plus crédibles que le test de Rorschach... mais il est vrai qu’il y avait des enfants présents au tribunal...).

Et conclusions hâtives des journalistes, pires souvent que le petit juge ou minables: "les damnés de la Tour des Merles" (Nouvel Obs de janvier 2002), "A cause des décibels de la sono dans l’escalier, l’abbé Wiel ne pouvait pas entendre les gémissements des enfants", "Deux mondent se croisent: "l’un vivant des allocations familiales, l’autre, fortuné, assouvissant ses passions les plus sordides" (Le Parisien).

Nouvelle "Chevauchée fantastique", l’ambiance de "l’effrayant scénario pédophile", avec le curé dans le rôle du toubib pervers et alcoolique dans la diligence de John Wayne et de l’huissier dans le rôle du notaire capturé par les indiens, ne reflète pas simplement la débilité de la justice en France, mais est le produit d’une série de circonstances après l’affaire Dutroux en Belgique, époque où la présidentiable ministre Ségolène Royal a décrété la lutte contre la pédophilie priorité nationale, où partout on vous jette un oeil de travers si vous lancez une plaisanterie à un enfant, où dans le nord on n’a pas oublié le massacre de quatre jeunes filles du Portel par les frères Jourdain de Dannes (aujourd’hui en liberté). "Effet boule de neige" dira Françoise Aubenas. "Hystérie collective qui a contaminé tout le monde, les journalistes et la population", ajoutera Dominique Wiel. Mais les retombées de l’hystérie seront tout bénef pour... la presse girouette. En Belgique déjà la presse, en cautionnant la comédie des marches blanches depuis 1997 avec le démocrate situ Vaneighem Raoul, s’arroge de représenter un "journalisme civique", bien avant le pitre para-policier Plenel, et exporte cette trouvaille de potache "il faut démanteler un réseau de notables"; comme quoi ce genre de campagne sert de diversion magistrale (juridiciable?) à la véritable identification de la classe bourgeoise et dissout les combats hors des parloirs et des tribunaux! Morale interclassiste séduisante comme la manif Charlie! bourgeois et prolétaires ne peuvent que dénoncer ballets roses et turpides sexuelles d’une poignée de transfuges de toutes classes mêlées à la rubrique fait divers désormais en Une de toutes les actualités.

Le procès s’ouvre enfin en mai 2004. Sous prétexte d’un travail de fichage débordé les magistrats adorent enfermer pendant des années des accusés dont la culpabilité n’a pas été prouvée avant de les juger en séance publique avec les imposants déguisements de leur fonction, tout en noir (car tout en blanc personne ne les croirait). La mère Badaoui, principale accusatrice et organisatrice des cochonneries pédophiles, se rétracte et innocente tous les pauvres otages de la justice de classe. Mais la justice de classe a tenu à garder une poignée d’accusés sous le coude pour un deuxième tour, un peu plus d’un an plus tard, alourdissant la peine du curé, décidément trop grande gueule et irrespectueux face au benêt Fouquier Tinville des pissotières. Je persiste à penser que magistrature et police locales ont voulu lui faire payer son engagement militant jamais démenti comme prêtre-ouvrier intègre.

Lorsque se tient le deuxième procès en appel, le procureur général de la cour d’appel de Paris, Yves Bot, se met à plat ventre devant le parterre de journalistes, sans en référer à la hiérarchie qui jamais ne veut baisser robe, déplorant "une catastrophe judiciaire"; c’est le même homme peu après qui, dans un congrès de juristes, qualifiera Burgaud d’un de nos plus brillants juges de France! On nous a trompé, ni indépendance ni inféodation de la magistrature mais... double langage comme leurs chefs politiciens!

Face à l’émoi de l’opinion publique, cette pute à géométrie variable, début 2006, le gouvernement Chirac après un e-mail larmoyant de ce dernier, juge nécessaire la création d’une commission d’enquête parlementaire qui aura pour mission de jeter en pâture le petit juge (le 8 février), bien que chacun sache qu’il n’était pas seul à faire le mariole contre des gens ficelés et sans défense, bien que la presse ait relayé sa reprise sans esprit critique des délires de la mère Badaoui et de ses mouflets; cela fait plaisir au populo de voir un juge arrogant comme un contremaître dans ses petits souliers, aimablement soutenu comme un enfant violenté par des avocats gardes du moral collégial; le spectacle tint du repas froid de la vengeance tardive (Burgaud ne cille pas, ne demande aucun pardon et sera sponsorisé par sa hiérarchie au sommet de l’élite antiterroriste); mais, plus scandaleux, les huiles de l’AFP qui eux ont fait véritablement monter la mayonnaise chez leurs collègues de la presse vénale et dans le public des électeurs neuneus, ne sont pas convoqués par les zorros parlementaires, qui font d’aussi beaux effets de manche d’indignation que le moindre avocat de base. Ni les experts de mes couilles.

Le 20 mars 2008: au stade de Lens, mecque du football nordique, en finale de la coupe de la Ligue, une banderolle de l’équipe des abrutis adverses (en général néo-fachos) va faire scandale, stigmatisant stupidement la région: "Pédophiles... bienvenu chez les Ch’tis".

L’IMPORTANCE DU FAIT-DIVERS POUR FAIRE DIVERSION...

Le mémoire de Brice Gravelle est intéressant par ce qu’il rappelle de l’histoire des faits divers, de leur traitement de plus en plus prépondérant à l’époque moderne. Le fait-divers apparaît et se développe en France à l’époque de la première révolution industrielle, et devient une distraction à part entière, très largement utilisée par les romanciers dont l’imagination est toujours dépassée par la réalité ; des pages d’Eugène Sue ou de Victor Hugo pourraient corroborer des articulets du Parisien. Mais, un cran au-dessus, Gravelle ne sait pas que le viol, et en particulier les atteintes sexuelles contre les enfants sont un vieux sujet d’indignation et... d’insurrection pour le peuple ou le prolétariat. Aux origines de la révolution de 1789, des bruits couraient que des nobles enlevaient des enfants, d’où de prompts incendies de chateaux . L’atteinte au corps des enfants - plus que le pervers bourrage de crâne religieux - a toujours été un ferment de colère majeure des couches inférieures, lesquelles, outre le fait d’accepter bon an mal an d’être humiliées, ne supportent pas qu’on s’en prenne en prime aux êtres inoffensifs (au moins dans le grand naguère, car de nos jours des enfants sont capables de tuer des adultes). Sous Pétain cet "opium du peuple" disparaît du fait de la rareté du papier et des besoins de la propagande raciste, et la guerre contient en elle-même un scénario assez dramatique pour en oublier le docteur Petiot. Ce n’est pas un hasard si la focalisation sur le fait-divers reprend des couleurs après 1968, pour une part grâce aux crétins maoïstes ouvriéristes et populistes, mais surtout parce que le fait-divers va comme un gant à la "révolution des moeurs"... apolitico-hippie. En 1977, "Libé" publie le manifeste du "Front de libération des pédophiles" (!?). Plutôt que de contribuer à l’analyse et à la dénonciation du capitalisme comme système, le stalinisme décati s’ingénie à dénoncer "les gros". Le fait-divers traité par l’huma n’est pas bien différent de la manière du Parisien. Les trotskiens dénoncent "les riches", le "pouvoir de l’argent", sans tous tomber dans la campagne maoïste ridicule à Bruay en Artois contre un notaire nullement pédophile ni criminel.

En conclusion de ce rapide historique, il faut bien savoir que le traitement du fait-divers à tel endroit ou comme celui des enfants victimes de sévices divers, est si méprisé qu’il est confié en général à de jeunes juges sans expérience... pour se faire les dents. Ils sont jeunes, pas toujours beaux mais fringants dans leur longue robe noire comme la cape de d’Artagnan, mais ils sont affublés d’experts qui sont "graves" et qui sont aussi pleinement responsables des dérapages initiaux d’une justice expéditive pour les pauvres et sans défense. Partout on est envahi par cette race incontournable, "les experts". Sur les plateaux TV il n’y a plus que journalistes et "experts". Experts en football, en cuisine, en élections (comme quoi on n’a pas besoin de nous pour voter), experts en érection ou en point G, voire P pour les mecs, experts en persécution au travail, expert en franc-maçonnerie, en perversion, experts en analyse et interprétation de vos pensées secrètes, etc. Jadis justice et police n’avaient pourtant pas recours à ces espèces clonées experts en improvisation de blabla et cabinet sur rue remboursé par la SS!

Or rions avec Le Monde lors de son revirement comme les autres médias sur cet "effroyable" drame où pointait l’imposture inhumaine d’une machinerie à fric moral. Titre de l’article du 17 novembre 2005 à l’époque du 2ème procès: "L'expertise psychologique mise à mal au procès d'Outreau":

"Les psychologues qui ont réalisé les expertises jugeant crédibles les accusations d'enfants dans l'affaire de pédophilie d'Outreau ont été mis en cause, jeudi 17 novembre, au procès en appel de six personnes, à Paris. Dans une ambiance inhabituelle pour un procès criminel, la présidente de la cour, Odile Mondineu-Hederer, et l'avocat général, Yves Jannier, ont même éclaté de rire à la lecture de certaines "constatations" de l'expert Christine Condamin.Cette dernière faisait remarquer sérieusement que le scorpion qu'avait dessiné un enfant supposé victimes d'abus sexuels "ressemblait à une musaraigne à grosse queue". Cette indication jugée probante est mentionnée dans son rapport.L'avocat général a contesté la méthode de cet expert agréé par la justice, qui consiste à faire réaliser ou faire commenter des dessins aux enfants, puis à en déduire un profil ou un vécu psychologique. Déstabilisée, Christine Condamin a réagi de manière virulente. "L'enfant projette son vécu intrapsychique dans ses textes (...) J'ai une expérience de plus de 25 ans. Je pense que tout cela est très sérieux", a-t-elle dit. L'enfant qui a dessiné le scorpion a reconnu mercredi devant la cour avoir menti en accusant de viol le prêtre Dominique Wiel. Il a expliqué avoir suivi les rumeurs circulant à son école après l'arrestation de l'abbé. Sur la foi de cette accusation qui semblait confortée par l'expertise, et de celles de deux autres enfants qui se sont également rétractés cette semaine, l'ecclésiastique a purgé trente mois de détention provisoire.La présidente de la cour a fait remarquer que les experts psychologues avaient tous pu lire l'acte d'accusation de l'affaire avant d'examiner les enfants, ce qui a pu les influencer.

CONCLUSIONS CONTRADICTOIRES

Un avocat de la partie civile a fait remarquer à un autre expert, Paul Messerschmitt, qu'il avait conclu plutôt à charge pour les accusés dans un rapport fait avant le premier procès, et plutôt à décharge lors d'un autre rapport sur un autre enfant, l'été dernier, après l'acquittement de sept accusés. L'audience a également tourné au réquisitoire pour Jean-Luc Viaux, autre psychologue qui avait jugé crédibles les récits de quatre enfants du couple Myriam Badaoui-Thierry Delay, les deux protagonistes principaux de l'affaire. Alors que certains de ces enfants mettaient en cause jusqu'à 70 personnes, racontaient avoir assisté à quatre meurtres et participé à des orgies avec des animaux dans une ferme en Belgique, cet expert jugeait leurs propos "cohérents". "Aucun élément de nos examens ne permet de penser que (les enfants) inventent des faits ou cherchent à imputer des faits à des personnes non concernées", concluait-il. Jean-Luc Viaux, professeur agréé par la Cour de cassation, a évoqué à la barre un problème de formulation. "Je reconnais que la phrase prête à confusion sur le plan syntaxique", a-t-il déclaré. L'avocat général Yves Jannier s'est emporté. "Si la question ne correspondait pas à vos compétences, vous pouviez peut-être le dire !", lui a-t-il lancé.

DES EXPERTS PAYÉS "AUX TARIFS D'UNE FEMME DE MÉNAGE"

Jean-Luc Viaux a ensuite reconnu avoir recopié pour les quatre enfants qu'il a entendu les mêmes conclusions, au mot près et à la faute de frappe près. "Sont (sic) témoignage reste mesuré", lit-on dans son rapport à quatre reprises. Dans les couloirs, l'expert, furieux, s'est justifié en invoquant des raisons financières : "Quand on paie des experts aux tarifs d'une femme de ménage, on a des expertises de femme de ménage." Le scandale provoqué par les expertises a déjà amené le ministère de la justice à recommander aux juges d'exclure à l'avenir, par principe, toute expertise de "crédibilité".Il est envisagé de renforcer le contrôle et la formation initiale et continue des experts. Le procès se poursuit vendredi."

Ce que ne comprennent pas les journalistes c’est que JL Viaux lâche sa subordonnée, la mère Gryson, parce qu’il ne veut pas couvrir ses délires et erreurs, sinon il n’aurait pas cherché à dévaloriser les femmes de ménage."

QUI A PROGRAMME CE NOUVEAU PROCES ET POURQUOI?

Accusé de pédophilie, levez-vous! Daniel Legrand tu es le seul des acquittés d'Outreau à être jugé une troisième fois,jugé tu seras dans un procès qui débutera le 19 mai prochain à Rennes. Ne gratte pas ton nez quand je te parle! Des magazines TV à la presse écrite, les journalistes ne se contentent pas cette fois d’une annonce de l’AFP incontournée, ils compatissent. Allez mon gars cause pour "complément d'enquête": «J'ai été jugé, innocenté, et on me rejuge sur les mêmes faits. Je ne comprends pas.», confie-t-il au Parisien qui est allé à la rencontre d'un homme en plein désarroi. En réalité, s'il s'agit des mêmes victimes, il ne s'agit pas exactement des mêmes faits. Daniel Legrand fils, le plus jeune des treize acquittés d'Outreau a été innocenté pour les viols qu'il était accusé d'avoir commis lorsqu'il était majeur (1999-2000) sur les quatre enfants de Myriam Badaoui, mère incestueuse qui a été condamnée. Mais il n'a jamais été jugé pour les viols qu'il aurait commis lorsqu'il était mineur (1997-1999). Les deux affaires avaient été alors disjointes. "Qu’il aurait commis", on apprécie cette fois le conditionnel,mais on n’est pas sûr, il était mineur, n’a-t-il pas été manipulé voire violé lui-même, on se perd en supputations anales, mais "on" s’en fout du pauvre gars comme des mômes. L’opération remake Outreau outré a été préparée de longue date dans la discrétion et à l’ombre de la machinerie judiciaire.

L'association Innocence en danger et le syndicat FO-Magistrats, jusquauboutistes d'Outreau (!?), ont insisté pour que ce procès se tienne, malgré le fiasco judiciaire des deux précédents, insistant sur l'imminence de la fin du délai de prescription ("on" n’allait pas le laisser continuer à végéter tranquille et angoissé chez sa maman!). Cet acharnement fait penser à celui des nazis contre Van der Lubbe, alors qu’ils avaient eux-mêmes favorisé l’extension de l’incendie du Reichstag!

Ce "ont insisté" est bizarre comme la nomination du premier organisme (pourquoi pas "Culpabilité en danger"?): y a-t-il eu plainte oui ou non et par qui? Que vient faire ce syndicat FO-Magistrats? Burgaud et ses fans Thomet et Gryson en sont-ils membres? Ce syndicat fondé par la CIA a toujours été un syndicat mafia défenseur de corporations, et se fiche des prolétaires, comme des enfants, comme de ses collègues CGT ou SUD. De quoi je me mêle? Prête-noms du pouvoir occulte de la magistrature offensée? Petits soldats de Marie-Christine Gryson, une experte éjectée pour incompétence et armée de son désir de vengeance? Elle se venge tous les jours par blog internet, égérie des révisionnistes décharnés elle les a séduit par cette extraordinaire trouvaille sémantique qui devrait ravir Jean d’Ormesson, son radotage sur le "storytelling d’Outreau" et son ouvrage qui ne casse pas des parpaings " : « Outreau la vérité abusée » en 2009. Elle fustige le Dr Paul Bensussan, considéré plus valable qu’elle par les "autorités"; c’est le seul point où je suis OK avec elle, ce Dr Bensoussan tient un langage trop abstrait pour être honnête, mais la question n’est pas là. Gryson en fait une bataille d’ego. Elle semble bien avoir été à la manoeuvre de cette révision du procès, car il s’agit bien de remettre en cause les deux jugements précédents de l’Affaire d’Outreau, de réhabiliter magistrature, policiers et juge Burgaud; et pour ce faire autant recommencer par le lampiste du début, le fils Legrand, sous un artifice de forme, afin, comme elle et ses comparses de l’ombre le désirent ardemment, de faire rayer de la carte tout le procès d’Outreau épisodes 1 et 2 compris grâce à la Cour européenne, cette vache parasitaire:

"Rappelons que ce procès de Rennes concerne la comparution devant les assises de Daniel Legrand fils pour les faits qui lui sont reprochés pour la période où il était mineur. L'intérêt de cet audiencement concerne l'opportunité pour des victimes devenues adultes, d'être normalement entendues en s'exprimant à armes psychiques égales avec l'accusé. Quel que soit le verdict, en clôturant ainsi les procédures françaises, il permettra en outre aux parties civiles de s'adresser à la Cour européenne de Justice pour y dénoncer les dysfonctionnements des procès de 2004 et 2005 au détriment des victimes (installées dans le box des accusés, n'ayant que 2 avocats contre 19 pour les accusés, les excuses aux accusés d'un Procureur avant le délibéré des jurés etc...)". Il y a un clair appel au lynchage du dernier lampiste d’Outreau (qui n’est même pas d’Outreau) vu que son père est mort et que sa compagne l’a jeté dehors:

"Il est temps de remettre un peu d'ordre à toutes les énormités lues ça et là dans la presse au sujet de la présomption d'innocence de Daniel Legrand, d'autant que la presse continue sa propagande de canonisation de l'intéressé et de ses 12 acolytes. Si le pépère a droit à cette présomption tant qu'il n'est pas jugé, il n'en reste pas moins vrai qu'il nous est possible de réfléchir et chercher à en savoir un peu plus avec les moyens qui nous sont donnés".

En tout cas, concernant la diabolisation du pauvre échoué Daniel Legrand, la Gryson en rajoute des tonnes, reconduisant les pires affabulations sur ce pauvre schizophrène, jusqu’à le faire passer pour un gros bonnet de la "drogue", mot fort dans le judiciaire même s’il ne s’agit que d’une vulgaire barrette de cannabis. Cet acharnement à couler Daniel Legrand, première proie au début du désastre judiciaire, devrait permettre de réviser de fond en comble l’affaire, canoniser le juge psychorigide, rétablir sa compétence à une Gryson bafouée dans son commerce de prestigiditation psychologique, et déposer une gerbe aux mannes de la magistrature suprême et impayable.

La mère Gryson radote les mêmes arguties: les enfants ne mentent jamais, ne peuvent pas être manipulés ni pervers, et s’ils n’expriment pas bien ce qu’on veut leur faire dire, il suffit de leur faire exécuter des peintures, comme le test rigolo du Rorschach et les dessins qui font partie de "l'arsenal" d'investigation (pas scientifique) des psychologues.. Contre cette sacralisation de la parole des enfants, qui n’est qu’une variation de la notion d’enfants carencés, Gryson aura poussé à la roue dans les coulisses pour le sérail magistrats-experts, non pas pour un simple nouveau procès accessoire, mais pour un procès qui permettrait de remettre en cause tous les acquis des deux procès précédents à Saint Omer et Paris, qui remettrait en selle son chouchou Burgaud et l’ensemble de l’appareil judiciaire rénové comme un lave-linge sous garantie Darty. Elle charrie sur les interrogatoires des enfants "dans des conditions incompatibles avec les acquis de la victimologie infantile", sans se soucier de la façon dont ont été terrorisés les présumés coupables, adultes questionnés publiquement et sans ménagements, sans un regard par le dictateur cravaté, méprisant pathologiquement ces adultes pauvres et sans défenses, et hargneux contre ces deux emmerdeurs d’huissier et de curé sans égards pour le Mac Carthy des pissotières avec un chant patriotique de bon aloi en situation d’otages.

Et que je te brode sur la parole négligée des enfants comme si les experts n’avaient pas déliré et favorisé l’injustice obscène avec leurs gadgets de psychologie à deux balles, reniflant pour des enfants questionnés une fois pendant sept heures par des "spécialistes de la rhétorique", avec des sandwichs dignes de LIDL (en effet les policiers sont des agrégés de philo et de psycho). Elle se contredit puisqu’elle ajoute par après qu’elle a formé ces rhéteurs policiers à sa "méthodologie": "...les analyses de la parole de l'enfant doivent se faire au plus près des faits dans un contexte protégé et avec une méthodologie adaptée. Précisons que les enquêteurs OPJ du Pas-de-Calais qu'il (Bensussan) remet en cause avaient été formés à la procédure Mélanie et ce dès 1998 (j'avais participé à la procédure de formation). Ils avaient donc pris soin de poser des questions non-suggestibles".

Et de se plaindre: "je n’étais pas audible"; elle n’était plus surtout crédible avec un tel fiasco à cause d’expertises débiles! C’est les experts qu’il eût fallu jeter aux fers!

Plus misérable elle regrette que le cirque judiciaire ne se soit pas déroulé sous chapiteau comme celui de Kadhafi sans doute: "Comme on le sait maintenant, faute de moyens pour installer un chapiteau, les enfants étaient placés dans le box des accusés et les accusés étaient dans la salle d'audience avec leurs avocats et les journalistes, comme s'ils étaient spectateurs de leur procès ou plutôt du procès des enfants !". Encore une interprétation de chevronnée psychologue à la manque! Les enfants ne savaient probablement pas où est le box des accusés dans un tribunal. Les moins tarés se rendirent-ils compte au moins des dégâts qu’ils avaient entraîné?

Elle charge "Acquitator" Eric Dupond Moretti, grande gueule du barreau, général d’une armée de 17 avocats, alors qu’il en aurait fallu 200 pour ébranler ces messieurs juges et magistrats impavides et intouchables! Quand les enfants n'en avaient que deux, terrorisés par la force du nombre de confrères, moins nombreux pourtant que flics et fonctionnaires du palais de justice présents dans la salle.

Ce n’est pas une simple sacralisation de la parole des enfants qu’il s’agit chez la dame experte en zig zags corporatifs, mais d’une incompétence effarante concernant la psychologie immémoriale des enfants. Les enfants de cette société sont-ils des anges purs? Incapables de mentir, de frauder, de faire du mal, de se vanter, d’exagérer? Pas une fois la dame en psychologie carencée ne se pose la question, au point qu’on se demande si son QI n’est pas trop bas pour prétendre s’occuper de drames hors de sa portée intellectuelle. J’aurais mille histoires à raconter sur ce que j’ai vécu dans l’enfance et sur les turpitudes de certaines "chères petites têtes blondes". Le film Los Olvidados de Bunuel, très vieux movie, montre à quel point des enfants peuvent être cruels avec un vieil aveugle... mythomanes, barbares, voleurs, mimétiques, sans surmoi comme le petit Burgaud. Un enfant mal aimé qui a fini lui aussi au tribunal.

Elle ne cesse de se plaindre que les enfants aient été impressionnés, jamais elle ne se soucie du coeur même de l’erreur judiciaire et de la double hystérie des journalistes, avant et après. Jamais elle ne met en doute la rigidité et le sadisme du petit juge, honni par tous ses confrères dès son arrivée à Saint Omer. Elle utilise l’argument d’autorité pour son patron Viaux, lequel s’était moqué d’elle indirectement avec son "salaire de femme de ménages":

"Le professeur Viaux est titulaire de deux Doctorats en psychologie, il est expert judiciaire depuis 25 ans, il est responsable d'un diplôme d'expertise et de psychologie légale à l'Université de Rouen et il est l'auteur d'un grand nombre de travaux et de publications sur le sujet"; et on s’en fout, un diplômé de ce genre d’expertises floues et partiales, aucunement scientifiques, peut commettre autant d’erreurs d’appréciation que le quidam non bardé de parchemins universitaires.

En résumé, si l’on suit la madame Gryson grisâtre, il ne s’est rien passé à Outreau, le seul scandale c’est "la réalité victimologique des enfants traumatisés ayant à déposer dans des lieux effrayants" (c’est pas gentil pour le local de service de la police qu’elle glorifie); résumé des courses, il ne faut pas réveiller les morts: "Ces conditions invraisemblables quant au recueil de la parole des enfants est à opposer avec le professionnalisme de tous ceux qui en amont (policiers, magistrats, experts) avaient travaillé avec respect et expérience". Avec une telle argutie de femme de ménage soumise aux lois arbitraires, la dame espère que l’exécution médiatique de ce pauvre Daniel Legrand (voire son suicide inopiné), bourré de médocs, détruit, victime décontenancée va lui redonner son lustre terni de "spécialiste experte". Plein d’avocats vont se servir de cet homme en perdition, seul et rejeté par la société, comme faire-valoir pour leur carrière nationale, voire internationale (on attend les télés étrangères pour donner du relief aux plaidoiries de prétoires rennaises qui ont l’habitude, le procès Dreyfus s’y était déroulé): le gouvernement sera bien marri qu’on ne l’accuse plus de ne persécuter que Paul Bismuth, les magistrats seront contents qu’on valorise leur métier de pères-la-morale, les juges qu’on les juge moins, les avocats qu’on mesure la ventilation de leurs manches et les journalistes qu’on apprécie leur comptes rendus plus modestes et compatissants pour oublier leur suivisme complice du désastre judiciaire, sauf si ça dérape comme au début. C’est à dire si tout rentre dans l’ordre carcéral et odieux comme Gryson en rêve.

Seuls des vieux aigris et quelques néo-fachos peuvent gober les banalités pour demeurés de la Gryson. Il y a fort à parier qu’avec un cartel bancal et autiste de tels plaignants - le syndicat FO des franc-macs dits "jusqu’auboutistes d’Outreau" (ha ha!), l’assoc ex-nihilo"pour l’innocence" (des enfants probablement et des lobotomisés), et la mère Gryson, radotages compris - le troisième procès va aussi finir en pantalonnade. Ce qui ne signifie pas forcément baisse du pantalon. Ou de la robe.