"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 26 mai 2015

L’ouvrier palmé d’or à Cannes est un minable

Il vaut de comparer deux films qui ont eu pour objet de jeter un éclairage sur la situation de la classe ouvrière moderne, en France en particulier, le premier des Frères Dardenne non glorifié à Cannes l’an passé (Deux jours, une nuit), et celui de Stéphane Brizé (La loi du marché) porté au pinacle lors du huppé festival de Cannes de cette année, franco-français et bobo-démago à souhait.

«Quand un film peut devenir subversif», mon article dans ce blog sur le film des frères Dardenne avec Marion Cotillard  («deux jours, une nuit») saluait une oeuvre qui, tout en montrant la solitude dans la barbarie patronale, diffusait et identifiait une solidarité sans cesse renaissante. Je polémiquais alors contre un article idiot de RI où le militant de service n’y voyait qu’un chant à la gloire de l’individualisme... Et qui au fond n’avait rien compris à la profondeur d’analyse des frères Dardenne et à leur empathie pour le personnage de Sandra l’ouvrière licenciée.
Avec «La loi du marché», titre néo-gauchiste racoleur, c’est bien un chant à la gloire du misérabilisme qui enchanta les milliardaires du jury de Cannes 2015 avec le nichon pendant de Sophie Marceau. Avec cette compil plus misérable que Hugo et Zola réunis, et une discrète tentative de plagiat du film des Frères Dardenne, c’est la conscience gauche caviar des bons bourgeois oecuméniques, altermondialistes, antiracistes et ventripotents pour toute la misère du monde sauf dans leur résidence secondaire, qui s’étale avec un scénario digne des enquêtes policières de D8 ou faits divers depuis le commissariat sur une autre poubelle de la TNT, et avec la gueule perpétuellement figée de V.Lindon sans tics à l’écran. Le grand soir FR3, hier soir, qui fournit d’honnêtes sondages à chaud, nous confiait que sur 8000 connections : 60% des téléspectateurs déclaraient ne pas vouloir aller voir les récompensés de Cannes, ni le navet du fils Audiard, boat people en diable surtout pour les réfugiés plus ou moins terroristes tamouls, ni le film bombardé palme d’or exhibant un ouvrier minable reconverti en flic de supermarché.

Car, lorsque l’on visonne ces «oeuvres» du milieu artistique snob, qui se congratule avec effusions ininterrompues en songeant aux royalties générées par les sommités cannoises des paillettes de la riviera, on se prend à penser qu’ils ont non seulement de la merde dans la tête mais qu’ils imaginent que la classe ouvrière se résume désormais à sa fréquentation des supermarchés. Au début, le merdeux réalisateur donne un coup de chapeau aux pires illusionnistes des impasses catégorielles et des incessantes défaites locales; l’ex-syndicaliste radical d’opérette Mathieu (d’Amiens) a obtenu un petit rôle de quelques minutes où il nous la joue combatif et anti-renoncement face à l’ouvrier Vincent Lindon, penaud et résigné, aucunement critique du bla-bla creux anti-patron du gaucho syndicalo, mais avocat de sa pomme, pour finir de payer le crédit de son logement, plus tard essayer de vendre son mobilhome vacancier. De longs plans ennuyeux à pôle emploi et par caméra internet avec un embaucheur nous montrent un pauvre mec prêt à se mettre à plat ventre pour se retrouver consommateur moyen pour son milieu familial; en plus ne voilà-t-il pas qu’il symbolise un milieu pauvre qui cumule toutes les tares, le fils est débile, en tout cas désarticulé et mange comme il peut à table. La femme de Lindon est un pot à tabac avec joues tombantes. On a récompensé Lindon qui ne fait strictement rien que de présenter sa gueule enfarinée avec ses yeux globuleux, sa moustache et ses pattes qui le font ressembler à Brassens ou à un chauffeur routier des 70, et la caméra coupe ou évite systématiquement les visages des non professionnels pour focaliser sur la nuque du seul Lindon, inerte, sans intérêt, bougeant sans cesse façon Lars von Trier au rabais. Vous ou moi on aurait pu poser comme Lindon, sans forcer notre talent, la mine abrutie des lendemains de bourre et on aurait chopé pareil la palme d’or.

Lindon explique à sa banquière qu’il va bientôt pouvoir payer ses crédits, revêt le costard de vigile et le voilà superflic de supermarché. Séquence D8 sans OPJ ni aubergines ni pompiers, les centaines de caméras de supermarché vous confirme que le vol à l’étalage est plus périlleux que le saut à ski ou l’insulte à agent de la force publique. Toujours avec cette présence niaise de Lindon, qui rêve de combler ses déficits accumulés pendant les stages non rémunérés à pôle emploi. Toujours filmé de travers à la sous Lars von Trier, voilà enfin une collègue coincée au local des vigiles, après un jeune arabe qui a dérobé un chargeur de portable. Après un misérable larcin suit un misérable larcin qui vaut la porte à tant de caissières. Cette salope de profiteuse a dérobé des tickets de réduction, leçon de morale par tête de con directeur (le non professionnel a la tête de l’emploi, grand, cheveu ras, binocles de cadre débile). Plan suivant, la salope de caissière voleuse de primes de ses collègues, s’est suicidée sur le lieu de travail débile. Commémorations de l’encadrement à l’Eglise. Lindon fait toujours sa tête de poisson réincarné. Puis retour au local de vigiles, c’est une caissière noire qui passe à la casserole (= inclusion dans le scénario bobo de l’imagerie antiraciste qui a dans les yeux un regard qui fait mal qui fait mal mal... parodie de Michel Berger l’anticipateur). La caméra reste sur la nuque et le trois quart de Lindon, l’air toujours aussi abruti. Jeu d’acteur formidable, diront ses collègues, surtout qu’il ne dit rien, ne fait rien, laisse la caméra filmer sa tronche. Puis, nouvelle parodie nullarde de Lars von Trier, la caméra suit la nuque de Lindon qui se barre, passe par le vestiaire enlever son veston et sa cravate de vigile de merde, et aboutit au parking où il monte dans sa Renault avec télécommande d’ouverture des portes. On ne sait pas où il va mais comme le générique suit, on imagine que le réalisateur veut nous induire qu’il lâche tout par dégoût en n’ayant pas oublié sa collègues suicidée. C’est navrant, pas crédible, imbécile. Les spectateurs et moi, après une coupure en moitié de film, plus longue à réparer en numérique qu’avec les pellicules d’antan, on sort dépités de tant de lâcheté exhibée comme une «loi du marché», nullement comme un scénario bâclé qui n’embrasse ni ne définit l’être du prolétariat même dans un siècle aussi réac bigot-démocratoc que le nôtre. Une vision compassée d’une classe ouvrière impuissante, lâche, soumise aux boulots flicards les plus puants voilà ce que le président «socialiste» inaugurateur forcené de chrysanthèmes a aimé dans ce cercueil cinématographique d’un «cinéma social» aussi cucul que les exhibs de la pétasse S.Marceau sur les marches du podium à snobs de la Croisette sans âme et sans vergogne.

lundi 25 mai 2015

OBAMA AIME DAESCH


L’impérialisme américain n’est pas simplement un empire industriel et militaire mais certainement la puissance moderne bourgeoise la plus prégnante et la plus obscure que l’histoire ait jamais connue, réduisant Machiavel à un enfant de choeur du char à boeufs. On cherchera vainement dans l’histoire passée des régimes de domination de classe une telle capacité technique et militaire et un si haut niveau de rouerie politique. Pourtant la sublime puissance démocratoc victorieuse du nazisme plouc, est facile à déshabiller, si l’on veut bien réunir dans un même pot ses foutaises et ses multiples «fers au feu».

Ce n’est pas, hélas,  avec les deux ailes classiques du mouvement maximaliste qu’on pourra saisir la réalité des enjeux impérialistes, cantonnés dans des délires invraisemblables. Du côté, disons conseilliste et boite à lettres du trade-unionisme ringard, prenons le dernier édito d’Henri Simon (miracle de longévité et de la position de l’observateur couché): «Et la lutte de classe derrière les paravents idéologiques», le coriace et chenu conseiller «d’une classe en lutte» ose des comparaisons à faire sourire une rombière voilée: «On peut trouver des traits communs au «printemps arabe», au mouvement «Occupy» et même à l’extension du terrorisme islamique. Malgré leur caractère imprécis, sans véritable contenu de classe, leur existence éphémère (...) peut faire craindre aux dirigeants une nouvelle génération de tels mouvements spécifiques (!?), ou bien plus, l’explosion d’une action ouvrière globalisée». Ce conditionnel invraisemblable signe d’inanité théorique absolue peut faire penser à la limite à un vulgaire discours de l’imbécile potiche de LO, N.Arthaud, mais n’éclaire en rien sur le marasme politique persistant du prolétariat ni sur une question autrement troublante, mais hors d’atteinte de la pensée anarchoïde, la guerre impérialiste actuelle.

Prenons le bord opposé, anti-boite à lettres, mais plutôt facteur de confusion, la secte CCI. Lisons sans se plier de rire: « l’État islamique et son Califat, cette expression particulière de l’irrationalité et de la décomposition capitalistes, se renforcent (...) Il est clair que les puissances impérialistes de la région et, évidemment, les divers gangs armés sunnites et chiites ont joué un rôle de premier plan en suscitant les divisons sunnites/chiites qui étaient bien moins importantes dans le passé. Mais l’exacerbation de ces divisions sont aussi une production “spontanée” de la décomposition, d’une société dans laquelle tous les liens sociaux se dissolvent et sont remplacés par une atmosphère fétide de pourrissement».
C’est du moins l’interprétation de la section World Revolution de ce CCI amaigri et contrit par tant de décomposition capitaliste, gimmick passe-partout à une indigence théorique devenue légendaire.

Pour trouver une analyse lucide de la réalité impérialiste il ne faut donc pas compter sur l’ancien «milieu révolutionnaire», perclus de divisions, anathèmes et stigmatisations paranoïaques. Les analyses du Réseau Voltaire sont séduisantes, mais souvent erronées sur les bords parce que leurs rédacteurs, et leur pape Meyssan, sont incapables d’analyser les rapports de classes antagonistes et de se situer au niveau des impératifs historiques. En ce moment Meyssan se plante complètement en considérant que la bourgeoisie US aurait changé de stratégie, abandonnant la stratégie du chaos : «Les États-Unis reviennent à une conception impériale classique, fondée sur des États stables. Et pour signer leur accord avec l’Iran, ils doivent maintenant évacuer l’Émirat islamique du Levant avant le 30 juin».

Avec des conseillers comme Léo Strauss, depuis belle lurette la stratégie de «foutre la merde» est ancienne de la part de la puissance bourgeoise américaine, la stratégie du chaos comme doctrine stratégique, aussi éloignée du concept de décomposition que ma grand-mère de la mini-jupe, peut être résumé ainsi : le plus simple pour piller les ressources naturelles d’un pays sur une longue période, ce n’est pas de l’occuper, mais de détruire l’État ou d’en promettre un mais qui sera fantoche, comme le fût celui du Sud Vietnam. Sans État légitime ou tangible, pas d’armée. Sans armée ennemie, aucun risque de défaite. Le but stratégique de l’armée US et de son instrument l’Otan, depuis la chute de la maison stalinienne a été exclusivement de détruire les États régionaux des anciennes colonies européennes. Ce que deviennent les populations concernées, broyées dans les sous-guerres religieuses ou noyées en Méditerranée n’est pas le problème de Washington, mais celui des films bobos palmés à Cannes.

Le site Réseau Voltaire se plante aussi sur la campagne de presse démesurée sur la chute de Palmyre  qui «pourrait n’être qu’une préparation de l’opinion publique à un véritable engagement militaire contre Daesh»: Daesch est trop utile pour l’heure à Obama pour qu’il s’occupe vraiment de l’éliminer. Le coup de l’atteinte aux vestiges archéologiques ou aux monuments du lointain passé, on nous avait déjà fait le coup en ex-Yougoslavie; nous n’avons que foutre des vieilles pierres des civilisations passées considérées comme plus sacrées que des milliers de vies humaines sacrifiées dans les guerres de rapine capitaliste!

Une réunion de la coalition impérialiste devant avoir lieu début juin, Meyssan livre tout de même un secret de polichinele: « D’ici là, le Pentagone devra décider s’il détruit l’Émirat islamique ou s’il le déplace et l’utilise ailleurs à d’autres tâches. Trois destinations sont envisageables : déplacer les jihadistes en Libye ; en Afrique noire ; ou dans le Caucase».
Daesch une armée mercenaire à la demande? Oh Oh! En kit et en transit!

Meyssan parle d’Emirat islamique et pas d’Etat islamique, curieuse notion à la mode. Le terme Emirat correspondrait mieux en un sens, mais peu importe, il s’agit surtout de bandes armées louches, ambiguës et utiles à d’autres visées que la fixation sur la fabulation de l’islamisme rampant et conquérant. Si le sieur Obama, président noir collabo des capitalistes blancs et indifférent aux meurtres racistes de ses poulagas, se flatte de bombarder régulièrement la région «aux mains de Daesch», pourquoi n’explique-t-il pas que ses soudards évitent de bombarder les puits pétroliers qui servent de nerf de la guerre aux daeschoix? Parce que derrière Daesch, comme lors des attentats du fameux onze septembre, il y a d’autres fractions de la bourgeoisie US et affiliés moyens-orientaux? Parce que Daesch permet une guerre pour redistribuer les cartes dans la région?

Reprenons la lecture de Meyssan qui, là, nous apporte d’intéressantes contre-informations aux médias serviles de la bourgeoisie occidentale:

«On peut s’étonner de l’importance donnée à la chute de Palmyre par la presse occidentale. D’autant que la plus importante progression de Daesh cette semaine n’était pas en Syrie, ni en Irak, mais en Libye avec la chute de Syrte, une ville cinq ou six fois plus peuplée que la syrienne Palmyre. Pourtant, les mêmes journalistes qui s’étalaient longuement durant les deux derniers mois sur la situation chaotique libyenne et appelaient à une intervention militaire européenne pour mettre fin au transit de migrants ne l’ont pas mentionnée. Il est vrai qu’en Libye, Daesh est commandée par Abdelhakim Belhaj, nommé gouverneur militaire de Tripoli sous les auspices de l’Otan et reçu officiellement, le 2 mai 2014 à Paris, par le Quai d’Orsay. Pour dramatiser un peu plus, les journalistes occidentaux affirment à l’unisson que désormais « Daesh contrôle la moitié du territoire syrien » (sic). Toutefois, leurs propres cartes les contredisent puisqu’ils n’y montrent qu’un contrôle sur quelques villes et sur des routes, et non pas sur des régions».

On est loin de la «décomposition" supputée par les naïfs de la secte CCI:

«En effet, Daesh a été créé par les États-Unis avec le soutien de la Turquie, des monarchies du Golfe et d’Israël, comme nous l’avons toujours dit et ainsi qu’en témoigne un document partiellement déclassifié cette semaine de la Defense Intelligence Agency (DIA) (...) l’Émirat islamique a été développé par une décision du Congrès des États-Unis, réuni en séance secrète en janvier 2014, afin de réaliser le plan Wright. Il s’agissait de créer un « Kurdistan » et un « Sunnistan » à cheval sur la Syrie et l’Irak ayant pour finalité de couper la « route de la soie » après l’achat de Deir ez-Zor (la ville a été achetée à des fonctionnaires corrompus, sans combat). (...) Cette route relie l’Iran à la mer à travers le désert, soit par Deir ez-Zor et Alep, soit par Palmyre et Damas. Elle est aujourd’hui utilisée pour transiter des armes vers la Syrie et le Hezbollah libanais et devrait être utilisée pour transporter le gaz du champ de Fars (Iran), vers le port de Lattaquié (Syrie). Palmyre, la « cité du désert », n’est donc pas simplement un vestige d’un passé merveilleux, c’est une pièce stratégique dans l’équilibre régional. C’est pourquoi il est grotesque de prétendre que l’Armée arabe syrienne n’a pas cherché à la défendre. En réalité, cette armée a agit comme elle le fait toujours depuis l’arrivée des mercenaires dans le pays : de manière à minimiser les pertes civiles, elle se retire lorsqu’ils avancent en petits groupes coordonnés (grâce aux moyens de communication que leur fournit l’Occident) et les frappe lorsqu’ils se regroupent».

La soit disante mollesse d’Obama n’est qu’un choix politique déterminé qui se moque des gogos «amis de la Syrie», Hollande, Filiu et Cie:

«La Coalition internationale anti-Daesh, créée par les États-Unis en août 2014, n’a jamais combattu les jihadistes. Il est au contraire attesté —non pas une seule « par erreur », mais une quarantaine de fois— que les avions occidentaux ont largué des armes et des munitions à l’Émirat islamique. Au demeurant, la dite Coalition de 22 États prétend disposer d’un nombre supérieur d’hommes, qui sont mieux formés et disposent de meilleurs matériels que Daesh. Pourtant, elle n’a pas fait reculer l’Émirat islamique, mais celui-ci ne cesse de conquérir de nouvelles routes.
 Aucun dirigeant ouest-européen, absolument aucun, n’a osé envisager publiquement que les attentats « islamistes » qui touchent l’Europe ne sont pas l’extension des guerres du « Moyen-Orient élargi », mais sont commandités par ceux qui ont également commandités le chaos dans cette région. Nous préférons continuer à penser que les « islamistes » en veulent aux juifs et aux chrétiens, alors que l’immense majorité de leurs victimes ne sont ni juives, ni chrétiennes, mais musulmanes. Avec aplomb, nous les accusons de promouvoir la « guerre des civilisations », alors que ce concept a été forgé au sein du Conseil de sécurité nationale des États-Unis et reste étranger à leur culture".

Les imbéciles ultra-gauches anarchistes se moqueront d’une possible resucée de la théorie du complot, parce qu’ils ne comprennent rien ni à la politique bourgeoise ni à l’impérialisme, et sont ignorants de l’histoire passée (cf. Gladio et les années de plomb). Derrière la stratégie du chaos de la bourgeoisie américaine nulle décomposition ni affaiblissement de la gouvernance Obama mais les intérêts des compagnies pétrolières américaines qui dictent leur loi à «l’Administration Obama». Les Etats-Unis et le Canada produisent trop de pétrole à ne plus savoir qu’en faire. La bourgeoisie américaine a provoqué la crise en Ukraine, avec ses amis «fascistes» locaux, pour couper la route de l’approvisionnement énergétique de l’Europe par la Russie, pour lui refiler ses surplus...

UNE STRATEGIE CHIITE...

La volonté de récupérer la Syrie et l’Iran va dans ce sens de mieux contrôler la région, quitte à mécontenter les anciennes place-fortes comme la Turquie sunnite (qui achète le pétrole à bas prix à Daesch) sans les braquer; la puissante bourgeoisie américaine n’a pas que deux fers au feu, mais un, deux, trois... La volonté de créer un grand Kurdistan vise malgré tout à ramener la Turquie à plus de modestie dans ses ambitions régionales. Double jeu de l’Arabie Saoudite enfin  avec ce curieux attentat de Daesch sur son territoire, comme si la monarchie terroriste voulait faire oublier qu’elle participe au financement de Daesch.
Enfin encore, la propagande quotidienne sur les horreurs de Daesch (viols des femmes et assassinats d’enfants) n’est qu’un remake de l’hydre terroriste «inhumaine et antidémocratique) des ex-Etats voyous puis d’Al Qaida et de réminiscences hollywodiennes confuses du nazisme. La bourgeoisie démocratoc US a besoin de bourrer les crânes en désignant le mal absolu chez des boucs émissaires (en partie ses propres mercenaires) - aux exactions obscènes et sadiques probablement inventées par des cerveaux malades de la CIA plus que par les bigots musulmans) - pour faire oublier qu’elle est responsable, avec les autres Etats occidentaux et la Russie, des millions de morts dans les guerres incessantes depuis la deuxième der des der.
Il ne faudrait pas oublier que la principale puissance victorieuse en 1945 n’a pas récupéré que quelques savants nazis mais aussi des conseillers politiques, et les méthodes de propagande électorale d’Hitler par avion...

mardi 19 mai 2015

L' "effondrement", une notion trompeuse

par Craig Calhoun
 
 
"L'idée que le capitalisme pourrait tout simplemen,t s'effondrer, comme par exemple l'Union soviétique, n'est pas vraiment pertinente. Elle impliquerait une transition soudaine  de l'existence à la non-existence, en quelques années seulement. Si l'Union soviétique a pu cesser d'exister du jour au lendemain, c'est parce qu'il s'agissait d'une structure institutionnelle spécifique - un Etat - et que sa forme juridique pouvait être dissoute. Dans le cas du capitalisme, on n'a pas une situation strictement analogue.
En tant qu'Etat, l'URSS fonctionnait comme une espèce de firme, et c'est d'abord cette firme qui a égté démantelée. Bien entendu la dissolution de cette structure juridico-politique a également entrainé des modifications radicales dans les autres rapports de pouvoir et les activités poratiques en vigueur en URSS. Pourtant, de nombreuses institutions liées à l'Etat soviétique ont continué d'exister apryès sa chute sous une forme plus ou moins modifiée. Le statut juridique et institutionnel de la ville de Moscou au sein de la fédération et de la république de Russie, par exemple, n'est pas totalement différent de ce qu'il était sous l'Union soviétique. Gazprom en revanche a connu des changements plus profonds. Avec sa création en 1989, le statut juridique et le système d'exploitation de l'industrie du gaz russe ont été complètement restructurés. Au lendemain de la dissolution de l'URSS, en 1992, Gazprom a été privatisé et fonctionne depuis comme une société anonyme. Après une phase de démembrement de ses actifs dans les années 1990, il a égté partiellement reconstitué et mis sous le contrôle de l'Etat pendant la première décennie des années 2000. De la même façon, on pourrait tracer une longue liste de continuités et de transformations partielles.
Quoiqu'il en soit, il est très instructif de lire le chapitre de Derluguian sur la façon dont l'URSS pouvait être considéré comme une entité stable et durable pratiquement jusqu'à la veille de sa chute. On aurait tort d'envisager l'avenir uniquement en termes de projections linéaires, sans tenir compte d'évdentuelles discontinuités fortes. (...) Mais nous devons reconnaître qu'il n'existe pas d'équivalence simple entre l'Union soviétique et le socialisme, et donc pas d'analogie directe avec le capitalisme. Il s'agit de quelque chose d'un autre ordre et de plus spécifique.
Et il en va ainsi que nous analysions le capitalisme comme un ensemble d'activités pouvant être pratiquées par des capitalistes partout dans le monde ou comme un système économique reliant entreprises, marchés, investissements et main-d'oeuvre à l'échelle planétaire. Le capitalisme est une formation historique ancrée dans un ensemble de réseaux de pouvoir, pour reprendre le lexique de Michael Mann. Il existe depuis 400 ans principalement sous la forme du système-monde moderne analysé par Immanuel Wallerstein. Il s'agit d'une organisation hiérarchique à plusieurs niveaux d'intégration asymétriques au sein de laquelle les unités primaires sont les Etats-nations et où les acteurs économiques sont étroitement dépendants de leurs relations avec le pouvoir politique et les conditions qu'il instaure.
Certes l'idée d'Etat-nation est plus un horizon idéal qu'une réalité; l'identité socio-culturelle n'est jamais complètement alignée sur les institutions gouvernementales. L'intégration économique peut parfois elle-même stimuler l'intégration nationale et il ne fait pas de doute que les gouvernements sont eux aussi influencés par certains acteurs économiques majeurs. Pourtant, même s'il s'agit en partie d'une fiction, l'Etat-nation est une unité formelle indispensable au bon fonctionnement des affaires mondiales et qui se reproduit par isomorphisme politique. D'ailleurs, la plupart des organisations internationales sont littéralement "inter-nationales", à savoir structurées par une participation, organisée au niveau national. Et l'infrastructure du capitalisme dépend fortement de ce type d'organisation étatique nationale, dans la mesure où c'est elle qui fournit les bases juridiques  et financières de l'activité des firmes et des marchés et qui régit ou produit les paramètres de la gestion de l'interdépendance entre les différentes entreprises, les différentes industries et les différents secteurs. En organisant les structures d'appartenance sociale et culturelle, même de façon imparfaite et parfois par le biais de la régulation des marchés, les Etats prganisent la main-d'oeuvre, les marchés de la consommation et la confiance. On peut sans doute considérer le terme d' "Etat-nation"  comme une notion sténographique exprimant "les efforts pour organiser les modes d'appartenance politique  et socioculturelle en termes d'Etats-nations", mais le fait est que l'ère du capitalisme et l'ère des Etatqs-nations coïncident complètement. Il n'existe pas de capitalisme "réel" quel que soit son degré de mondialisation, qui ne soit conditionné par cette organisation politico-économique et socioculturelle. Il ne faut pas oublier que la prospérité et la soutenabilité du système capitaliste existant dépendent des Etats-nations et des structures d'opportunité institutionnelles qu'ils suscitent. Or ces structures ont besoin d'être renouvelées ou remplacées, mais depuis quarante ans les pays de l'OCDE se sont détournés de cette tâche et ont préféré saper les institutions traditionnelles de l ' "Etat providence". Obsédés par la réduction des coûts et la poursuite de la compétitivité immédiate, ils ont négligé le bien-être et la sécurité à long terme de leurs populations ainsi que les investissements collectifs nécessaires pour participer à la vie économique de demain.
Pour autant, on ne peut pas dire que la plupart des vieux pays capitalistes d'Europe ou des colonies de peuplement européennes soient au bord de l'effondrement. Le service national de santé britannique fonctionne toujours, même s'il coûte de plus en plus cher et met en danger le budget de l'Etat. On observe même une amélioration tardive de l'offre de santé aux Etats-Unis, en particulier pour les millions de personnes qui ne sont pas couvertes par leur employeur.(...) Il est possible que le capitalisme s'éloigne de plus en plus d'un état d'équilibre. On peut interpréter ce phénomène comme une "bifurcation" irréversible d'un système quasi naturel (...) comme un déficit de régulation, de stratégie entrepreneuriale et de prudence des investisseurs sur des marchés financiers chaotiques, ou bien tout simplement comme un manque de coordination institutionnelle entre des secteurs dispersés aux intérêts divergents. Il peut s'agir aussi d'une incapacité de redistribuer la richesse de façon suffisamment large pour cfréer une demande correspondant à l'augmentation de la productivité, conséquence possible du tarissement de la création d'emploi envisagé par Collins (...) Quelle que soit la dynamique sous-jacente, cette tendance au déséquilibre augmente les coûts de cohésion du système, accroît les pressions politiques et engendre des tensions sociales. C'est en tout cas là une façon d'interpréter le sens du terme "crise", et plus le déséquilibre est grand, plus les mesures nécessaires pour rétablir l'équilibre seront difficiles et coûteuses.
Pour autant, je ne pense pas que le capitalisme risque de s'effondrer. Il pourra perdre une partie de son emprise sur le cours de l'évolution sociale, laissant plus de marge d'organisation propre à la politique, économique et sociale, mais l'image de l'effondrement est trompeuse. On peut certainement dire que l'Empiore romain s'est effondré, par exemple, mais il est intéressant d'observer que cet "effondrement" est un processus qui s'est étalé sur plus de deux siècles, et pas une brève crise unique.
Qiuant au féodalisme, dire qu'il se serait effondré et aurait donné naissance dans la foulée au capitalisme moderne - comme le suggère le Manifeste communiste - me paraît nettement moins crédible. En premier lieu, le féodalisme n'avait pas le caractère "systémique" que revêt le capitalisme moderne. Mais, surtout, on ne peut pas identifier un moment spécifique d'effondrement des relations féodales et des institutions qui leur sont liées. Le long décmlin de ces relations était associé à un processus de construction étatique, de conflits armés, d'innovation aghricole, de développement du commerce mondial et de renouveau religieux (en  particulier avec la Réforme protestante) qui a duré au moins 300 ans. On ne peut donc parler de simple effondrement. Le déclin du féodalisme a entrainé une profonde transformation de l'Eglise catholique, qui n'a plus jamais joué le même rôle par la suite, mais qui a tout de même survécu. Beaucoup de monarchies ont disparu, mais pas toutes; certaines d'entre elles ont réussi à évoluer suffisamment pour pouvoir se maintenir - en jouant un rôle parfois important - à une époque qui ne peut plus guère être désignée comme féodale.
De la même façon, la fin de l'ère capitaliste, à supposer qu'elle se produise, risque d'être un processus tumultueux, inégal et difficile à cerner de l'intérieur. Certaines institutions lui survivront, y compris probablement de nombreuses entreprises privées, qui ne cesseront pas nécessairement de produire, de commercer oiu de spéculer simplemengt parce que le capitalisme aura cessé d'être la force motrice de l'époque. Acheter bon marché, vendre cher, voilà une impulsion bien antérieure à l'émergence du capitalisme et qui lui survivra probablement très longtemps."

(extraits de l'article: "Ce qui menace le capitalisme aujourd'hui" dans le collector très intéressant: Le capitalisme a-t-il un avenir? par les auteurs: Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian, Craig Calhoun. Ed La découverte 2014)20 euros.

A lire particulièrement l'article de tête de Wallerstein: La crise structurelle du capitalisme:
"Pour résumer, le système-monde moderne dans lequel nous vivons ne peut plus se perpétuer parce qu'il s'est trop écarté de l'équilibre et ne permet plus aux capitalistes d'accumuler indéfiniment du capital. Par ailleurs, les classes subalternes ne croient plus qu'elles sont du bon côté de l'histoire et que l'avenir leur appartient. Nous vivons donc une crise structurelle qui se caractérise par une lutte autour des alternatives systémiques. Bien que l'issue en soit imlprévisible, nous percevons bien que l'un des deux camps en présence l'emportera au cours des prochaines décennies et qu'un nouveau système-monde relativement stable (ou un ensemble de systèmes-monde) s'installera".
Et tant d'autres sujets qui intéressent un mouvemengt maximaliste assagi, rongé par d'absurdes querelles ou rivalités internes (après le CCI ce'est la TCI qui connaît sa crise paranoïaque): la révolution anticapitaliste sera-t-elle violente, la révoljution entraînera-t-elle des guerres, etc.
 

dimanche 17 mai 2015

outreau saison 3: LA REVANCHE DE LA JUSTICE DE CLASSE

UNE LACHE REVISION...


"A mesure que les mystères policiers devenaient moins obscurs, l'opinion publique se déclarait de plus en plus en faveur des accusés. Quand l'imposture, tentée avec l'original des procès-verbaux, se découvrit, on attendit de toutes parts un acquittement. La Kölnische Zeitung dut, pour une fois, s'incliner devant l'opinion publique et se tourner contre le Gouvernement".

Kark Marx (Révélations sur le procès des communistes de Cologne)

"Parfois l’improductivité produit la productivité: un criminel produit le crime, le traité de droit criminel, le juge, le professeur de droit, le policier, les serrures et les portes renforcées, et il brise la monotonie de la vie bourgeoise; en ce sens "il stimule les forces productives" (Economie, in Oeuvres t.II)

Bernard Maris (s’appuyant sur une citation de Marx)

"Au nom de la justice dont je suis le garant, je tiens à vous présenter regrets et excuses devant ce qui restera un désastre judiciaire sans précédent". Jacques Chirac

"Là-bas, ce ne sont pas des psychologues qu’il faut envoyer, mais des sociologues ou des ethnologues". Didier Beauvais (ancien président de la Chambre d’instruction de Douai)

"...les enfants, emportés par leurs révélations". Florence Aubenas



- concernant l’Affaire d’Outreau je conseille évidemment en premier lieu les livres des victimes l’abbé Dominique Wiel, l’huissier Alain Marécaux et celui de l’excellente journaliste Florence Aubenas, et bien sûr l’indispensable film avec Torreton "Présumé coupable"; mais vous pouvez lire aussi la version des révisionnistes MC Gryson et de l’individu Thomet. Mais encore:

- la Conférence de Florence Aubenas à l’université populaire de Lille en partenariat avec l’Ecole Supérieur de Journalisme de Lille et le journal La voix du Nord

http://videos.lavoixdunord.fr/video/iLyROoafIqSK.html

- Brice Gravelle, son mémoire pertinent:"le traitement médiatique de l'affaire d'Outreau"

http://www.sciencespo-toulouse.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1325756124091&ID_FICHE=26198

- sur You tube, l'interview de D. Wiel en présence de Polac, Zemmour et Bedos dans son émission ONPC en 2006.

- sur ce blog, en date du 18 décembre 2007, mon interview de Dominique Wiel: «Le calvaire d’un prêtre-ouvrier".

POUR COMMENCER PERMETTEZ-MOI UN PARALLELE AVEC UNE AUTRE AFFAIRE qui avait divisé le pays:

Raide comme la justice qui jamais ne se dédit! Le 7août 1899 s'ouvre à Rennes le deuxième procès Dreyfus où le capitaine dégradé est condamné une nouvelle fois "avec circonstances atténuantes" à dix ans de prison supplémentaires... les augustes membres du conseil de guerre, bientôt rodés aux meurtres des soldats récalcitrants aux tranchées, ne voulant pas renier l'inique condamnation de 1894... La loi d'amnistie de 1899 empêche de confirmer l'innocence de Dreyfus... Le sinistre fusilleur de la Commune Galliffet annonce "l'incident est clos". Quand le gouvernement gracie Dreyfus en septembre 1899 après de longues tergiversations et pour éviter un troisième procès, il n'innocente pas pour autant l'ancien capitaine. La réhabilitation sera purement formelle et presque dans la discrétion six ans plus tard... A la différence de l’Affaire Dreyfus, l’Affaire d’Outreau n’eût pas la même répercussion internationale; en réalité Dreyfus fût sauvé autant par Zola et Jaurès, que par la Reine d’Angleterre, indignée.

Lors de mon interview du célèbre abbé - "pédophile multirécidiviste" selon les fachos antidreyfusards qui se répandent sur la toile - un désaccord avait surgi entre nous. Il n’était pas d’accord avec ma caractérisation de "justice de classe", il préférait "justice provinciale"; "justice de classe oui, ajouta-t-il, mais si on avait eu des égards pour l’huissier et le curé, or on a été traité comme les autres, comme des chiens". Il ajouta que "l’institution est une machine judiciaire que les juges ne peuvent pas arrêter", mais en précisant un paradoxe: "le pouvoir judiciaire dépend du pouvoir politique".

Inutile de vous dire que je ne souscris pas à la vision d’une justice kafkaïenne, mais qu’au contraire je considère que la réglementation juridique des rapports entre les hommes, mais surtout entre les classes, a été très perfectionnée et renforcée sadiquement par le règne de la bourgeoisie, sous trois aspects incontestables:

1. le système judiciaire en même temps qu’il fait peser la terreur de la loi bourgeoise sur les classes opprimées, stimule en effet les forces productives;

2. depuis au moins deux siècles la focalisation sur les faits divers s’est affirmée comme distraction de masse, hier dans la littérature ou le théâtre, aujourd’hui au cinéma où les oeuvres qui "marchent" le plus sont très nettement inspirées de faits divers; sinon qu’est-ce qu’on s’ennuirait...

3. la mise en scène judiciaire sert à théâtraliser une fiction simpliste de la lutte des classes ramenée à la fable du pot de terre contre le pot de fer, qui sert à maintenir les masses en état de sidération et d’observation du spectacle où des "experts" de la justice officielle font des effets de manche pour les bons ou pour les méchants, et font croire à une même justice pour pauvres et riches, prolétaires et possédants; ce sera ma principale thèse ici en démonstration pour décrypter la manière circulaire avec laquelle les gouvernements successifs de la bourgeoisie mettent en scène leurs corbeaux et experts-bavettes des tribunaux du capitalisme.

POURQUOI LE GOUVERNEMENT HOLLANDE REMET-IL LE COUVERT?

Les affaires judiciaires, plus longuement que les commémorations militaires ou les ponctuels attentats terroristes, donnent aux journalistes de quoi justifier leurs bons salaires: ressortie de l'oubli l'affaire Tarnac (dont le dossier est vide), ressorti de ses énormes comptes en banque l'affairiste Tapie au bord du suicide médiatique (et qui va le plaindre?), acculé à la mise en examen le fameux Paul Bismuth dont les incessantes mises en cause sont requises naturellement par le pouvoir actuel, même si Sarkozy dispose de l'appui des "financiers"... Il en faut pour tout le monde, et si possible pour minimiser chômage et engagements impérialistes de la bourgeoisie française. Sinon, imaginez-vous un quotidien de news avec la seule météo nationale, le futur concert de Francis Cabrel, la dernière voilée démaquillée et les feuilletons américains sur toutes les chaînes? Le taux des suicides gonflerait instantanément en France profonde. En gros, en plus, comme l'avait répété Marx, toute chose est grosse de son contraire, et pis encore, tout réel sentiment est noyé "dans les eaux glacées du calcul égoïste":

"Elle (la bourgeoisie) a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages". (célèbre programme politique du XIXe siècle, nommé Manifeste communiste de 1848).

POURQUOI UN 3ème PROCES A-T-IL LIEU UNE NOUVELLE FOIS CONTRE UN DES ACQUITTES?

Puisqu’une grande chaîne dominante a précédé l’événement en se focalisant sur la déchéance morale et physique d’un ancien mineur inculpé, puis disculpté et parce que devenu majeur, lisant d’abord la diatribe d’un révisionniste patenté nommé Jacques Cuvillier, qui s’exprime comme la dame Gryson dont nous livrerons un peu plus loin les états de service de groupie de Burgaud, mais vous l’avez deviné... sur le site à barbouzes Médiapart du triste Plenel; comme le Canard enchaîné (aux sources policières) Médiapart fait son fonds de commerce au service de n’importe quel clan pourvu que cela lui rapporte gros et beaucoup en termes de supériorité informative/désinformative sur les confrères. Voici:

"Outreau dans Envoyé spécial : des larmes toujours. 08 mai 2015 | Par Jacques Cuvillier

On pouvait s'y attendre. Le reportage diffusé dans « envoyé spécial » sur France 2 le 7 mai 2015, à l'approche du procès de Daniel Legrand, n'a pas dérogé à ce que l'on constate depuis les procès de Saint-Omer et de Paris. Les téléspectateurs doivent verser des larmes sur le sort des accusés, tout ignorer du dossier et des éléments à charge qu'il contient, ne pas se douter que dans l'affaire, les personnes les plus à plaindre ne sont pas les acquittés mais les enfants dont douze d'entre eux ont été reconnus victimes de viols, agressions sexuelles et proxénétisme. Cette fois encore, le focus a été placé sur l'un des acquittés sans que rien ne vienne compléter le tableau pourtant complexe de l'affaire d'Outreau. Il y avait pourtant d'autres choses à dire ! Au cours du reportage, la souffrance liée à cette condition d'acquitté « broyé par la justice » a été montrée par tous les bouts, le pathétique s'est ajouté au pathétique. Ironiquement, la seule chose qui a été passée sous silence, c'est le montant des indemnités qui ont été versées aux acquittés. « Pas le droit de le dire... » Vraiment ? Leur montant est pourtant connu : quelque 250 000 euros en moyenne. Il était pourtant facile de conduire un reportage qui aurait fait le lien entre Daniel Legrand mineur et les autres enfants victimes. Là, je sens que je jette le trouble... Les « autres » victimes ? Je veux en particulier parler de ces garçons à qui la société n'a pas rendu les honneurs, qui n'ont pas été reçus à l'Elysée, qui sont encore perçus comme des affabulateurs et des menteurs, qui ont été placés en foyer sans suivi adapté et envoyé dans la nature le jour de leur majorité, sans préparation professionnelle, sans mesure d'accompagnement. Merci les bénévoles des associations de protection de l'enfant que la presse ne se gêne pas pour critiquer. L'un de ces garçons est justement partie civile au prochain procès. N'était-ce pas l'occasion d'en parler ? Pourquoi ne pas essayer aussi de faire couler quelques larmes sur son cas ? Donc aucune transition n'a permis de porter l'attention sur ces derniers. Le déséquilibre patent entre la défense et le contradictoire qui a caractérisé la couverture médiatique de l'affaire depuis le procès de Saint-Omer en 2004 jusqu'aux conclusions du procès en appel de Paris ne s'est toujours pas démenti. Le « naufrage judiciaire » est évoqué comme pour mémoire et n'apparaît qu'en filigrane, étant sans doute supposé que tout a été dit à son sujet. Les idées reçues portant sur le rôle déterminant d'une mythomane, de l'instruction à charge d'un juge jeune et naïf sont supposées suffisantes pour combler le vide d'information sur tout ce qui fait de cette affaire probablement l'une des plus grandes mystifications judiciaires de notre époque. Le public saura-t-il expliquer pourquoi la défense d'un garçon dont la position semble si évidente nécessite la présence de six avocats parmi les meilleurs ? De fait, le cas de Daniel Legrand ne manque pas d'intérêt, du fait que s'il est mis en cause par la partie civile en tant que qu'auteur présumé bien que toujours présumé innocent pour la justice - , il est aussi très probablement victime. Et c'est là que la bât blesse pour les avocats de la défense. De qui donc serait-il victime ? Si la question venait s'introduire dans les débats, elle jetterait un éclairage des plus scabreux sur toute la stratégie des avocats de la défense des précédents procès. Les lecteurs qui ont pris le temps de visionner « Outreau, l'Autre vérité » (aujourd'hui le DVD est en vente mais la vidéo est facilement accessible sur le net) savent de quoi je parle. Les anciens accusés, qui s'étaient dans un premier temps accusés les uns les autres, ont été en quelque sorte unifiés dans une stratégie commune « tous innocents » Moyennant il faut bien le dire, quelques rétractations acrobatiques dont... celle de Daniel Legrand. Nous y voilà. Et l'intéressé reste en quelque sorte l'otage de cette stratégie de défense qui devait aboutir pour la postérité aux résultats que l'on connaît. On comprend mieux dès lors la fureur de l'avocat Dupond-Moretti devant en premier lieu les révélations du film de Serge Garde dont la plupart des éléments avaient déjà été décrits dans le livre de M.C. Gryson-Dejehansart « Outreau, la vérité abusée », et ensuite devant l'annonce du prochain procès compte tenu de la promesse qui avait été faite de laisser traîner les choses jusqu'à la prescription. Les choses se présentent autrement, voilà ce qui explique le retour de l'enfumage des grands médias qui font tout pour tenter de consolider le storytelling. Mais le retour de Daniel Legrand devant les assises n'a rien à voir avec une haine particulière contre Daniel Legrand ou un désir de revanche. Ce qui est visé, c'est la persistance du spectre toxique de l'affaire d'Outreau dans les affaires similaires et on sait qu'elles sont nombreuses. Personne ne veut approcher le risque de faire « un nouvel Outreau ». Cela tétanise magistrats et jurés, et jusqu'aux victimes qui renoncent trop souvent à s'adresser à la justice.Remettre en cause le spectre d'Outreau, voilà l'enjeu. Il est d'intérêt public".

Bon la citation était un peu longue, mais comme elle concentre tout l’argumentaire des révisionnistes, elle nous évitera de les citer largement à nouveau pour ne pas faire perdre son temps au lecteur.

PETIT RESUME A L’INTENTION DE CEUX QUI N’ETAIENT PAS Nés

Wikipédia le fait très bien, alors je vais simplement rappeler quelques dates significatives. Scotchée à l’AFP - conçue comme Bible indubitable - l’ensemble de la presse (Voix du Nord, Le Point, L’Huma, Libération, etc.) a contribué au désastre et à l’appel au lynchage dès le départ, contrairement à l’affaire de Bruay en Artois jadis (1972) surtout cornaquée par la secte des abrutis maoïstes July et R. Castro et leur misérable torchon gauchiste La cause du peuple.

L’affaire de Bruay a fini en eau de boudin et laissé beaucoup de blessures ouvertes. Avec celle d’Outreau c’est crimes et châtiments à volonté. Le retournement ultérieur de la presse nationale (et provinciale) contre le seul juge psychorigide Burgaud, servira à amoindrir leur responsabilité indéniable dans la durée de l’injustice. En 2001, Le Point est un modèle d’appel au lynchage: "Pédophilie, la maison de l’horreur". De Libé au Figaro la presse se déchaîne autour de "l’effroyable affaire de pédophilie", répercute les aveux délirants du jeune Daniel Legrand (le soit disant meurtre d’une fillette "flamande"); les PPDA, Pernaut, et Pujadas y croient dur comme leur prompteur. Tous se rallient à l’hypothèse nunuche de l’élite journaleuse: chômage + alcool = pédophilie. A la différence de Bruay en Artois le mépris de classe bourgeoise s’affiche sans fard avec la stigmatistion d’un quartier ouvrier paupérisé, comme le démontre le mémoire de Griselle (voir plus bas) qualifiant le mécanisme de concurrence des médias de "racisme social ordinaire" par des gens issus des mêmes écoles de journalistes bourgeois coupés de toute réalité sociale du prolétariat.

En janvier 2002, suite aux révélations mensongères et perverses du jeune Daniel Legrand, qui en rajoute pour biaiser face au magistrat abruti, concernant l’enterrement d’une petite fille "d’origine flamande" (hi il aiguille ainsi les pandores sur un présumé lien avec l’assassin belge Dutroux), toutes les télés du monde retransmettent l’image de la grue qui creuse sur la pelouse entre des barres d’HLM... Nombreux sont les spectateurs à décrocher dès cette fable ahurissante avant les pauvres journalistes qui répercutent partout la thèse aguichante d’un "réseau orchestré par des notables", mythologie excitante depuis le scandale Profumo et Charles Trenet. Deux ans s’écoulent encore pour les emprisonnés et les mômes régulièrement interrogés par la police avant que l’ensemble des médias en vienne à la conclusion "d’une effroyable affaire de pédophilie où on est passé à la réhabilitation d’innocents dont l’institution judiciaire a brisé le destin". Entre temps, un des accusés, le ferrailleur Mourmand, est mort tabassé en prison, officiellement mort d’une surdose de médocs (c’était un costaud qui ne supportait pas qu’on le traite de pédophile, qui ne l’était pas et qui tabassait ses insulteurs sauf qu’il ont été plus nombreux à la fin).

Faut pas tout mettre sur le procès et sur le juge rigide. La mère de l’huissier, qui est morte aussi entre temps, n’est pas morte du procès inique fait à son fils, mais d’une autre cause, elle était déjà malade avant).

Les approximations ont démarré dans l’improvisation totale à partir de témoignages d’enfants déjà modifiés par les adultes. Une aide-maternelle a entendu un gosse parler d’un Danny le grand, trasformé en Danny Legrand. Les policiers français ont aussitôt demandé à leurs collègues belges s’ils connaissaient un Legrand Danny, lesquels se sont dépêchés d’en trouver un effectivement, un jeune Daniel Legrand de Wimille (pas d’Outreau), 16 ans, venu faire un tour en Belgique où sa mobylette est tombée en panne... le reste est raconté en détail dans wikipédia, rafles des voisins, fouilles des appartements, arrestation du prêtre qui aurait dessiné un cul sur le palier contigu à l’appartement de la mère Badaoui, etc. (Personne n’a jamais vu les cassettes pornos soit disant tournées en gang-bang familial de voisinage, ni plus entendu parler... Normalement elles auraient dû être projetées dans le prétoire comme réelles preuves plus crédibles que le test de Rorschach... mais il est vrai qu’il y avait des enfants présents au tribunal...).

Et conclusions hâtives des journalistes, pires souvent que le petit juge ou minables: "les damnés de la Tour des Merles" (Nouvel Obs de janvier 2002), "A cause des décibels de la sono dans l’escalier, l’abbé Wiel ne pouvait pas entendre les gémissements des enfants", "Deux mondent se croisent: "l’un vivant des allocations familiales, l’autre, fortuné, assouvissant ses passions les plus sordides" (Le Parisien).

Nouvelle "Chevauchée fantastique", l’ambiance de "l’effrayant scénario pédophile", avec le curé dans le rôle du toubib pervers et alcoolique dans la diligence de John Wayne et de l’huissier dans le rôle du notaire capturé par les indiens, ne reflète pas simplement la débilité de la justice en France, mais est le produit d’une série de circonstances après l’affaire Dutroux en Belgique, époque où la présidentiable ministre Ségolène Royal a décrété la lutte contre la pédophilie priorité nationale, où partout on vous jette un oeil de travers si vous lancez une plaisanterie à un enfant, où dans le nord on n’a pas oublié le massacre de quatre jeunes filles du Portel par les frères Jourdain de Dannes (aujourd’hui en liberté). "Effet boule de neige" dira Françoise Aubenas. "Hystérie collective qui a contaminé tout le monde, les journalistes et la population", ajoutera Dominique Wiel. Mais les retombées de l’hystérie seront tout bénef pour... la presse girouette. En Belgique déjà la presse, en cautionnant la comédie des marches blanches depuis 1997 avec le démocrate situ Vaneighem Raoul, s’arroge de représenter un "journalisme civique", bien avant le pitre para-policier Plenel, et exporte cette trouvaille de potache "il faut démanteler un réseau de notables"; comme quoi ce genre de campagne sert de diversion magistrale (juridiciable?) à la véritable identification de la classe bourgeoise et dissout les combats hors des parloirs et des tribunaux! Morale interclassiste séduisante comme la manif Charlie! bourgeois et prolétaires ne peuvent que dénoncer ballets roses et turpides sexuelles d’une poignée de transfuges de toutes classes mêlées à la rubrique fait divers désormais en Une de toutes les actualités.

Le procès s’ouvre enfin en mai 2004. Sous prétexte d’un travail de fichage débordé les magistrats adorent enfermer pendant des années des accusés dont la culpabilité n’a pas été prouvée avant de les juger en séance publique avec les imposants déguisements de leur fonction, tout en noir (car tout en blanc personne ne les croirait). La mère Badaoui, principale accusatrice et organisatrice des cochonneries pédophiles, se rétracte et innocente tous les pauvres otages de la justice de classe. Mais la justice de classe a tenu à garder une poignée d’accusés sous le coude pour un deuxième tour, un peu plus d’un an plus tard, alourdissant la peine du curé, décidément trop grande gueule et irrespectueux face au benêt Fouquier Tinville des pissotières. Je persiste à penser que magistrature et police locales ont voulu lui faire payer son engagement militant jamais démenti comme prêtre-ouvrier intègre.

Lorsque se tient le deuxième procès en appel, le procureur général de la cour d’appel de Paris, Yves Bot, se met à plat ventre devant le parterre de journalistes, sans en référer à la hiérarchie qui jamais ne veut baisser robe, déplorant "une catastrophe judiciaire"; c’est le même homme peu après qui, dans un congrès de juristes, qualifiera Burgaud d’un de nos plus brillants juges de France! On nous a trompé, ni indépendance ni inféodation de la magistrature mais... double langage comme leurs chefs politiciens!

Face à l’émoi de l’opinion publique, cette pute à géométrie variable, début 2006, le gouvernement Chirac après un e-mail larmoyant de ce dernier, juge nécessaire la création d’une commission d’enquête parlementaire qui aura pour mission de jeter en pâture le petit juge (le 8 février), bien que chacun sache qu’il n’était pas seul à faire le mariole contre des gens ficelés et sans défense, bien que la presse ait relayé sa reprise sans esprit critique des délires de la mère Badaoui et de ses mouflets; cela fait plaisir au populo de voir un juge arrogant comme un contremaître dans ses petits souliers, aimablement soutenu comme un enfant violenté par des avocats gardes du moral collégial; le spectacle tint du repas froid de la vengeance tardive (Burgaud ne cille pas, ne demande aucun pardon et sera sponsorisé par sa hiérarchie au sommet de l’élite antiterroriste); mais, plus scandaleux, les huiles de l’AFP qui eux ont fait véritablement monter la mayonnaise chez leurs collègues de la presse vénale et dans le public des électeurs neuneus, ne sont pas convoqués par les zorros parlementaires, qui font d’aussi beaux effets de manche d’indignation que le moindre avocat de base. Ni les experts de mes couilles.

Le 20 mars 2008: au stade de Lens, mecque du football nordique, en finale de la coupe de la Ligue, une banderolle de l’équipe des abrutis adverses (en général néo-fachos) va faire scandale, stigmatisant stupidement la région: "Pédophiles... bienvenu chez les Ch’tis".

L’IMPORTANCE DU FAIT-DIVERS POUR FAIRE DIVERSION...

Le mémoire de Brice Gravelle est intéressant par ce qu’il rappelle de l’histoire des faits divers, de leur traitement de plus en plus prépondérant à l’époque moderne. Le fait-divers apparaît et se développe en France à l’époque de la première révolution industrielle, et devient une distraction à part entière, très largement utilisée par les romanciers dont l’imagination est toujours dépassée par la réalité ; des pages d’Eugène Sue ou de Victor Hugo pourraient corroborer des articulets du Parisien. Mais, un cran au-dessus, Gravelle ne sait pas que le viol, et en particulier les atteintes sexuelles contre les enfants sont un vieux sujet d’indignation et... d’insurrection pour le peuple ou le prolétariat. Aux origines de la révolution de 1789, des bruits couraient que des nobles enlevaient des enfants, d’où de prompts incendies de chateaux . L’atteinte au corps des enfants - plus que le pervers bourrage de crâne religieux - a toujours été un ferment de colère majeure des couches inférieures, lesquelles, outre le fait d’accepter bon an mal an d’être humiliées, ne supportent pas qu’on s’en prenne en prime aux êtres inoffensifs (au moins dans le grand naguère, car de nos jours des enfants sont capables de tuer des adultes). Sous Pétain cet "opium du peuple" disparaît du fait de la rareté du papier et des besoins de la propagande raciste, et la guerre contient en elle-même un scénario assez dramatique pour en oublier le docteur Petiot. Ce n’est pas un hasard si la focalisation sur le fait-divers reprend des couleurs après 1968, pour une part grâce aux crétins maoïstes ouvriéristes et populistes, mais surtout parce que le fait-divers va comme un gant à la "révolution des moeurs"... apolitico-hippie. En 1977, "Libé" publie le manifeste du "Front de libération des pédophiles" (!?). Plutôt que de contribuer à l’analyse et à la dénonciation du capitalisme comme système, le stalinisme décati s’ingénie à dénoncer "les gros". Le fait-divers traité par l’huma n’est pas bien différent de la manière du Parisien. Les trotskiens dénoncent "les riches", le "pouvoir de l’argent", sans tous tomber dans la campagne maoïste ridicule à Bruay en Artois contre un notaire nullement pédophile ni criminel.

En conclusion de ce rapide historique, il faut bien savoir que le traitement du fait-divers à tel endroit ou comme celui des enfants victimes de sévices divers, est si méprisé qu’il est confié en général à de jeunes juges sans expérience... pour se faire les dents. Ils sont jeunes, pas toujours beaux mais fringants dans leur longue robe noire comme la cape de d’Artagnan, mais ils sont affublés d’experts qui sont "graves" et qui sont aussi pleinement responsables des dérapages initiaux d’une justice expéditive pour les pauvres et sans défense. Partout on est envahi par cette race incontournable, "les experts". Sur les plateaux TV il n’y a plus que journalistes et "experts". Experts en football, en cuisine, en élections (comme quoi on n’a pas besoin de nous pour voter), experts en érection ou en point G, voire P pour les mecs, experts en persécution au travail, expert en franc-maçonnerie, en perversion, experts en analyse et interprétation de vos pensées secrètes, etc. Jadis justice et police n’avaient pourtant pas recours à ces espèces clonées experts en improvisation de blabla et cabinet sur rue remboursé par la SS!

Or rions avec Le Monde lors de son revirement comme les autres médias sur cet "effroyable" drame où pointait l’imposture inhumaine d’une machinerie à fric moral. Titre de l’article du 17 novembre 2005 à l’époque du 2ème procès: "L'expertise psychologique mise à mal au procès d'Outreau":

"Les psychologues qui ont réalisé les expertises jugeant crédibles les accusations d'enfants dans l'affaire de pédophilie d'Outreau ont été mis en cause, jeudi 17 novembre, au procès en appel de six personnes, à Paris. Dans une ambiance inhabituelle pour un procès criminel, la présidente de la cour, Odile Mondineu-Hederer, et l'avocat général, Yves Jannier, ont même éclaté de rire à la lecture de certaines "constatations" de l'expert Christine Condamin.Cette dernière faisait remarquer sérieusement que le scorpion qu'avait dessiné un enfant supposé victimes d'abus sexuels "ressemblait à une musaraigne à grosse queue". Cette indication jugée probante est mentionnée dans son rapport.L'avocat général a contesté la méthode de cet expert agréé par la justice, qui consiste à faire réaliser ou faire commenter des dessins aux enfants, puis à en déduire un profil ou un vécu psychologique. Déstabilisée, Christine Condamin a réagi de manière virulente. "L'enfant projette son vécu intrapsychique dans ses textes (...) J'ai une expérience de plus de 25 ans. Je pense que tout cela est très sérieux", a-t-elle dit. L'enfant qui a dessiné le scorpion a reconnu mercredi devant la cour avoir menti en accusant de viol le prêtre Dominique Wiel. Il a expliqué avoir suivi les rumeurs circulant à son école après l'arrestation de l'abbé. Sur la foi de cette accusation qui semblait confortée par l'expertise, et de celles de deux autres enfants qui se sont également rétractés cette semaine, l'ecclésiastique a purgé trente mois de détention provisoire.La présidente de la cour a fait remarquer que les experts psychologues avaient tous pu lire l'acte d'accusation de l'affaire avant d'examiner les enfants, ce qui a pu les influencer.

CONCLUSIONS CONTRADICTOIRES

Un avocat de la partie civile a fait remarquer à un autre expert, Paul Messerschmitt, qu'il avait conclu plutôt à charge pour les accusés dans un rapport fait avant le premier procès, et plutôt à décharge lors d'un autre rapport sur un autre enfant, l'été dernier, après l'acquittement de sept accusés. L'audience a également tourné au réquisitoire pour Jean-Luc Viaux, autre psychologue qui avait jugé crédibles les récits de quatre enfants du couple Myriam Badaoui-Thierry Delay, les deux protagonistes principaux de l'affaire. Alors que certains de ces enfants mettaient en cause jusqu'à 70 personnes, racontaient avoir assisté à quatre meurtres et participé à des orgies avec des animaux dans une ferme en Belgique, cet expert jugeait leurs propos "cohérents". "Aucun élément de nos examens ne permet de penser que (les enfants) inventent des faits ou cherchent à imputer des faits à des personnes non concernées", concluait-il. Jean-Luc Viaux, professeur agréé par la Cour de cassation, a évoqué à la barre un problème de formulation. "Je reconnais que la phrase prête à confusion sur le plan syntaxique", a-t-il déclaré. L'avocat général Yves Jannier s'est emporté. "Si la question ne correspondait pas à vos compétences, vous pouviez peut-être le dire !", lui a-t-il lancé.

DES EXPERTS PAYÉS "AUX TARIFS D'UNE FEMME DE MÉNAGE"

Jean-Luc Viaux a ensuite reconnu avoir recopié pour les quatre enfants qu'il a entendu les mêmes conclusions, au mot près et à la faute de frappe près. "Sont (sic) témoignage reste mesuré", lit-on dans son rapport à quatre reprises. Dans les couloirs, l'expert, furieux, s'est justifié en invoquant des raisons financières : "Quand on paie des experts aux tarifs d'une femme de ménage, on a des expertises de femme de ménage." Le scandale provoqué par les expertises a déjà amené le ministère de la justice à recommander aux juges d'exclure à l'avenir, par principe, toute expertise de "crédibilité".Il est envisagé de renforcer le contrôle et la formation initiale et continue des experts. Le procès se poursuit vendredi."

Ce que ne comprennent pas les journalistes c’est que JL Viaux lâche sa subordonnée, la mère Gryson, parce qu’il ne veut pas couvrir ses délires et erreurs, sinon il n’aurait pas cherché à dévaloriser les femmes de ménage."

QUI A PROGRAMME CE NOUVEAU PROCES ET POURQUOI?

Accusé de pédophilie, levez-vous! Daniel Legrand tu es le seul des acquittés d'Outreau à être jugé une troisième fois,jugé tu seras dans un procès qui débutera le 19 mai prochain à Rennes. Ne gratte pas ton nez quand je te parle! Des magazines TV à la presse écrite, les journalistes ne se contentent pas cette fois d’une annonce de l’AFP incontournée, ils compatissent. Allez mon gars cause pour "complément d'enquête": «J'ai été jugé, innocenté, et on me rejuge sur les mêmes faits. Je ne comprends pas.», confie-t-il au Parisien qui est allé à la rencontre d'un homme en plein désarroi. En réalité, s'il s'agit des mêmes victimes, il ne s'agit pas exactement des mêmes faits. Daniel Legrand fils, le plus jeune des treize acquittés d'Outreau a été innocenté pour les viols qu'il était accusé d'avoir commis lorsqu'il était majeur (1999-2000) sur les quatre enfants de Myriam Badaoui, mère incestueuse qui a été condamnée. Mais il n'a jamais été jugé pour les viols qu'il aurait commis lorsqu'il était mineur (1997-1999). Les deux affaires avaient été alors disjointes. "Qu’il aurait commis", on apprécie cette fois le conditionnel,mais on n’est pas sûr, il était mineur, n’a-t-il pas été manipulé voire violé lui-même, on se perd en supputations anales, mais "on" s’en fout du pauvre gars comme des mômes. L’opération remake Outreau outré a été préparée de longue date dans la discrétion et à l’ombre de la machinerie judiciaire.

L'association Innocence en danger et le syndicat FO-Magistrats, jusquauboutistes d'Outreau (!?), ont insisté pour que ce procès se tienne, malgré le fiasco judiciaire des deux précédents, insistant sur l'imminence de la fin du délai de prescription ("on" n’allait pas le laisser continuer à végéter tranquille et angoissé chez sa maman!). Cet acharnement fait penser à celui des nazis contre Van der Lubbe, alors qu’ils avaient eux-mêmes favorisé l’extension de l’incendie du Reichstag!

Ce "ont insisté" est bizarre comme la nomination du premier organisme (pourquoi pas "Culpabilité en danger"?): y a-t-il eu plainte oui ou non et par qui? Que vient faire ce syndicat FO-Magistrats? Burgaud et ses fans Thomet et Gryson en sont-ils membres? Ce syndicat fondé par la CIA a toujours été un syndicat mafia défenseur de corporations, et se fiche des prolétaires, comme des enfants, comme de ses collègues CGT ou SUD. De quoi je me mêle? Prête-noms du pouvoir occulte de la magistrature offensée? Petits soldats de Marie-Christine Gryson, une experte éjectée pour incompétence et armée de son désir de vengeance? Elle se venge tous les jours par blog internet, égérie des révisionnistes décharnés elle les a séduit par cette extraordinaire trouvaille sémantique qui devrait ravir Jean d’Ormesson, son radotage sur le "storytelling d’Outreau" et son ouvrage qui ne casse pas des parpaings " : « Outreau la vérité abusée » en 2009. Elle fustige le Dr Paul Bensussan, considéré plus valable qu’elle par les "autorités"; c’est le seul point où je suis OK avec elle, ce Dr Bensoussan tient un langage trop abstrait pour être honnête, mais la question n’est pas là. Gryson en fait une bataille d’ego. Elle semble bien avoir été à la manoeuvre de cette révision du procès, car il s’agit bien de remettre en cause les deux jugements précédents de l’Affaire d’Outreau, de réhabiliter magistrature, policiers et juge Burgaud; et pour ce faire autant recommencer par le lampiste du début, le fils Legrand, sous un artifice de forme, afin, comme elle et ses comparses de l’ombre le désirent ardemment, de faire rayer de la carte tout le procès d’Outreau épisodes 1 et 2 compris grâce à la Cour européenne, cette vache parasitaire:

"Rappelons que ce procès de Rennes concerne la comparution devant les assises de Daniel Legrand fils pour les faits qui lui sont reprochés pour la période où il était mineur. L'intérêt de cet audiencement concerne l'opportunité pour des victimes devenues adultes, d'être normalement entendues en s'exprimant à armes psychiques égales avec l'accusé. Quel que soit le verdict, en clôturant ainsi les procédures françaises, il permettra en outre aux parties civiles de s'adresser à la Cour européenne de Justice pour y dénoncer les dysfonctionnements des procès de 2004 et 2005 au détriment des victimes (installées dans le box des accusés, n'ayant que 2 avocats contre 19 pour les accusés, les excuses aux accusés d'un Procureur avant le délibéré des jurés etc...)". Il y a un clair appel au lynchage du dernier lampiste d’Outreau (qui n’est même pas d’Outreau) vu que son père est mort et que sa compagne l’a jeté dehors:

"Il est temps de remettre un peu d'ordre à toutes les énormités lues ça et là dans la presse au sujet de la présomption d'innocence de Daniel Legrand, d'autant que la presse continue sa propagande de canonisation de l'intéressé et de ses 12 acolytes. Si le pépère a droit à cette présomption tant qu'il n'est pas jugé, il n'en reste pas moins vrai qu'il nous est possible de réfléchir et chercher à en savoir un peu plus avec les moyens qui nous sont donnés".

En tout cas, concernant la diabolisation du pauvre échoué Daniel Legrand, la Gryson en rajoute des tonnes, reconduisant les pires affabulations sur ce pauvre schizophrène, jusqu’à le faire passer pour un gros bonnet de la "drogue", mot fort dans le judiciaire même s’il ne s’agit que d’une vulgaire barrette de cannabis. Cet acharnement à couler Daniel Legrand, première proie au début du désastre judiciaire, devrait permettre de réviser de fond en comble l’affaire, canoniser le juge psychorigide, rétablir sa compétence à une Gryson bafouée dans son commerce de prestigiditation psychologique, et déposer une gerbe aux mannes de la magistrature suprême et impayable.

La mère Gryson radote les mêmes arguties: les enfants ne mentent jamais, ne peuvent pas être manipulés ni pervers, et s’ils n’expriment pas bien ce qu’on veut leur faire dire, il suffit de leur faire exécuter des peintures, comme le test rigolo du Rorschach et les dessins qui font partie de "l'arsenal" d'investigation (pas scientifique) des psychologues.. Contre cette sacralisation de la parole des enfants, qui n’est qu’une variation de la notion d’enfants carencés, Gryson aura poussé à la roue dans les coulisses pour le sérail magistrats-experts, non pas pour un simple nouveau procès accessoire, mais pour un procès qui permettrait de remettre en cause tous les acquis des deux procès précédents à Saint Omer et Paris, qui remettrait en selle son chouchou Burgaud et l’ensemble de l’appareil judiciaire rénové comme un lave-linge sous garantie Darty. Elle charrie sur les interrogatoires des enfants "dans des conditions incompatibles avec les acquis de la victimologie infantile", sans se soucier de la façon dont ont été terrorisés les présumés coupables, adultes questionnés publiquement et sans ménagements, sans un regard par le dictateur cravaté, méprisant pathologiquement ces adultes pauvres et sans défenses, et hargneux contre ces deux emmerdeurs d’huissier et de curé sans égards pour le Mac Carthy des pissotières avec un chant patriotique de bon aloi en situation d’otages.

Et que je te brode sur la parole négligée des enfants comme si les experts n’avaient pas déliré et favorisé l’injustice obscène avec leurs gadgets de psychologie à deux balles, reniflant pour des enfants questionnés une fois pendant sept heures par des "spécialistes de la rhétorique", avec des sandwichs dignes de LIDL (en effet les policiers sont des agrégés de philo et de psycho). Elle se contredit puisqu’elle ajoute par après qu’elle a formé ces rhéteurs policiers à sa "méthodologie": "...les analyses de la parole de l'enfant doivent se faire au plus près des faits dans un contexte protégé et avec une méthodologie adaptée. Précisons que les enquêteurs OPJ du Pas-de-Calais qu'il (Bensussan) remet en cause avaient été formés à la procédure Mélanie et ce dès 1998 (j'avais participé à la procédure de formation). Ils avaient donc pris soin de poser des questions non-suggestibles".

Et de se plaindre: "je n’étais pas audible"; elle n’était plus surtout crédible avec un tel fiasco à cause d’expertises débiles! C’est les experts qu’il eût fallu jeter aux fers!

Plus misérable elle regrette que le cirque judiciaire ne se soit pas déroulé sous chapiteau comme celui de Kadhafi sans doute: "Comme on le sait maintenant, faute de moyens pour installer un chapiteau, les enfants étaient placés dans le box des accusés et les accusés étaient dans la salle d'audience avec leurs avocats et les journalistes, comme s'ils étaient spectateurs de leur procès ou plutôt du procès des enfants !". Encore une interprétation de chevronnée psychologue à la manque! Les enfants ne savaient probablement pas où est le box des accusés dans un tribunal. Les moins tarés se rendirent-ils compte au moins des dégâts qu’ils avaient entraîné?

Elle charge "Acquitator" Eric Dupond Moretti, grande gueule du barreau, général d’une armée de 17 avocats, alors qu’il en aurait fallu 200 pour ébranler ces messieurs juges et magistrats impavides et intouchables! Quand les enfants n'en avaient que deux, terrorisés par la force du nombre de confrères, moins nombreux pourtant que flics et fonctionnaires du palais de justice présents dans la salle.

Ce n’est pas une simple sacralisation de la parole des enfants qu’il s’agit chez la dame experte en zig zags corporatifs, mais d’une incompétence effarante concernant la psychologie immémoriale des enfants. Les enfants de cette société sont-ils des anges purs? Incapables de mentir, de frauder, de faire du mal, de se vanter, d’exagérer? Pas une fois la dame en psychologie carencée ne se pose la question, au point qu’on se demande si son QI n’est pas trop bas pour prétendre s’occuper de drames hors de sa portée intellectuelle. J’aurais mille histoires à raconter sur ce que j’ai vécu dans l’enfance et sur les turpitudes de certaines "chères petites têtes blondes". Le film Los Olvidados de Bunuel, très vieux movie, montre à quel point des enfants peuvent être cruels avec un vieil aveugle... mythomanes, barbares, voleurs, mimétiques, sans surmoi comme le petit Burgaud. Un enfant mal aimé qui a fini lui aussi au tribunal.

Elle ne cesse de se plaindre que les enfants aient été impressionnés, jamais elle ne se soucie du coeur même de l’erreur judiciaire et de la double hystérie des journalistes, avant et après. Jamais elle ne met en doute la rigidité et le sadisme du petit juge, honni par tous ses confrères dès son arrivée à Saint Omer. Elle utilise l’argument d’autorité pour son patron Viaux, lequel s’était moqué d’elle indirectement avec son "salaire de femme de ménages":

"Le professeur Viaux est titulaire de deux Doctorats en psychologie, il est expert judiciaire depuis 25 ans, il est responsable d'un diplôme d'expertise et de psychologie légale à l'Université de Rouen et il est l'auteur d'un grand nombre de travaux et de publications sur le sujet"; et on s’en fout, un diplômé de ce genre d’expertises floues et partiales, aucunement scientifiques, peut commettre autant d’erreurs d’appréciation que le quidam non bardé de parchemins universitaires.

En résumé, si l’on suit la madame Gryson grisâtre, il ne s’est rien passé à Outreau, le seul scandale c’est "la réalité victimologique des enfants traumatisés ayant à déposer dans des lieux effrayants" (c’est pas gentil pour le local de service de la police qu’elle glorifie); résumé des courses, il ne faut pas réveiller les morts: "Ces conditions invraisemblables quant au recueil de la parole des enfants est à opposer avec le professionnalisme de tous ceux qui en amont (policiers, magistrats, experts) avaient travaillé avec respect et expérience". Avec une telle argutie de femme de ménage soumise aux lois arbitraires, la dame espère que l’exécution médiatique de ce pauvre Daniel Legrand (voire son suicide inopiné), bourré de médocs, détruit, victime décontenancée va lui redonner son lustre terni de "spécialiste experte". Plein d’avocats vont se servir de cet homme en perdition, seul et rejeté par la société, comme faire-valoir pour leur carrière nationale, voire internationale (on attend les télés étrangères pour donner du relief aux plaidoiries de prétoires rennaises qui ont l’habitude, le procès Dreyfus s’y était déroulé): le gouvernement sera bien marri qu’on ne l’accuse plus de ne persécuter que Paul Bismuth, les magistrats seront contents qu’on valorise leur métier de pères-la-morale, les juges qu’on les juge moins, les avocats qu’on mesure la ventilation de leurs manches et les journalistes qu’on apprécie leur comptes rendus plus modestes et compatissants pour oublier leur suivisme complice du désastre judiciaire, sauf si ça dérape comme au début. C’est à dire si tout rentre dans l’ordre carcéral et odieux comme Gryson en rêve.

Seuls des vieux aigris et quelques néo-fachos peuvent gober les banalités pour demeurés de la Gryson. Il y a fort à parier qu’avec un cartel bancal et autiste de tels plaignants - le syndicat FO des franc-macs dits "jusqu’auboutistes d’Outreau" (ha ha!), l’assoc ex-nihilo"pour l’innocence" (des enfants probablement et des lobotomisés), et la mère Gryson, radotages compris - le troisième procès va aussi finir en pantalonnade. Ce qui ne signifie pas forcément baisse du pantalon. Ou de la robe.





mardi 5 mai 2015

LE REFORMISME RADICAL ET SON CHEVAL DE BATAILLE L’IMMIGRATION DE GUERRE


OU L’ON SE PENCHERA SUR LES PROMESSES MIGRANTES DES CAZENEUVE ET KOUCHNER et leurs souteneurs du «réformisme radical»

« Que des gens sincères servent de faire-valoir à de la propagande politique me déprime… Nous (journalistes) sommes payés pour ça, au moins. » (twitter – 12 mars 2012)
Claude Askolovitch

«Caresse de chien amène des puces», disait ma mère. L’Etat bourgeois manie si bien le double langage qu’il peut compter sur l’extrême gauche «réformiste radicale» pour soutenir un des deux objets du double discours, ou plus simple de ce qu’on peut nommer discours ambigu, sans lequel aucun discours politique n’est tenable. Par exemple et par contre, le discours d’un ennemi communiste du capitalisme dira une chose et pas en même temps son contraire. Avec les bourgeois «socialistes» et «gauchistes» c’est impossible: c’est ou totalement hypocrite version gouvernementale en mode «gouvernement socialiste», soit carrément nunuche en version gauchiste mixte et mélangée, Askolovitch, Pascal Riché, Caron, Besancenot, Coleman, etc.
Quatre mois après son ouverture, le centre d'accueil de jour des migrants, à Calais, tourne à plein régime. Mille trois cents repas y sont servis quotidiennement tandis que sa capacité d'accueil est de quatre cents places. Excentré de la ville, à cinq kilomètres environ, il a «déchargé» Calais de ses nombreux squats et permis de «juguler les problèmes de sécurité dans le centre-ville», se satisfont les forces de police et la sénatrice-maire (UMP) de Calais, Natacha Bouchart qui a obtenu de la bourgeoisie anglaise qu’elle paye les kilomètres de clôture barbelée le long du port.

Une «nouvelle jungle» s'est aussitôt recréée près du centre d'accueil, sur un terrain mis à disposition par la municipalité. Dans cette «jungle autorisée», comme on l'appelle aussi, des milliers de clandestins improvisent un quotidien avec des baraquements de fortune sur plus de vingt hectares. Selon les autorités préfectorales, Calais compterait actuellement 2300 à 2400 migrants, soit un peu moins que les mois passés où ils avoisinaient les 3000; tout cela est faux évidemment, il faut au moins multiplier par deux. On apprend que ces clandestins honnis et pourchassés par les mercenaires de l’Etat (en uniforme bleu) sont désormais encouragés par ce même Etat à demander l'asile,  455 veinards auraient été sélectionnés depuis le début de l'année, selon le menteur du ministère de l'Intérieur, 885 demandes ayant été formulées sur toute l'année 2014 et seulement 399 en 2013 (mais les chiffres on les fait danser comme on veut).

Avec le dispositif mis en place par le ministère de l'Intérieur, plus de 600 migrants auraient d'ores et déjà été orientés vers des structures d'hébergement dans d'autres départements (on va sans doute les diluer pour qu’ils soient moins visibles...). Et «295 places seront ouvertes d'ici l'été pour les demandeurs d'asile, venant en priorité de Calais», a annoncé avec l’immense générosité qu’on lui connait Bernard Cazeneuve qui a posé devant le sphotographes ce lundi sur place. Pas bégueule le petit chauve en a remis une couche: «Trop de migrants qui pourraient bénéficier de l'asile en France hésitent encore», dans l'espoir de gagner la Grande-Bretagne, puis en rajoutant encore dans la promesse mirifique d’un lendemain avec aide sociale automatique, logement, travail, femme et programme TV, afin de «leur faire comprendre clairement que l'asile en France est la meilleure chance pour eux». Néanmoins, et on vous le dit pour info banale: 1700 «éloignements» ont eu lieu l'année dernière depuis Calais, car la «détermination sans faille» à «faire appliquer les lois de la République» est équivalente à une bastonnade de CRS. Les quelques squats qui demeurent dans le centre «seront évacués dans les prochaines semaines», a-t-il assuré. Comme vous le voyez sur la photo ci-jointe, les migrants sont si ravis que la plupart tournent le dos au mininistricule de la propagande humanitaire radicalement creuse. A peine tournés de biais pour observer le quidam poseur à la tête de la milice démocratoc, on dirait qu’ils s’interrogent sans aménité face à la figuration médiatique: «qui c’est celui-là?". Certains n’ont déjà pas envie de faire la queue des journées entières aux portails des préfectures, d’autres savent que curés du quart monde et gauchistes du sud exotique les laissent tomber à la première occasion dès qu’il est question de tenter de se libérer du statut charitable de «malheureux assisté» et que tous ces cuistres travaillent déjà main dans la main avec le gouvernement bourgeois pour la constitution de grands camps de rétention de réfugiés en Europe, avant tout pour régler «le problème humanitaire», et surtout taire les responsabilités des guerres pourvoyeuses de tant de fuyards faméliques.

Les racailles politiques des prétendus élus du nord redoutent une affluence en mai et juin, ««très inquiètes de la vague de migrants qui arrive par l'Italie ces derniers mois», confie un pandore de Calais. «Les mesures prises et la baisse annoncée sont très bien, reprend-il, mais quelle valeur ont-elles face aux arrivées qui vont doubler?»

Aujourd'hui, si le déplacement des réfugiés à cinq kilomètres du centre et la sécurisation de l'enceinte du port - avec l'édification d'une clôture barbelée sur des kilomètres - a permis de diminuer les tentatives d'intrusion massive vers les ferries qui traversent la Manche, les clandestins se sont reportés sur l'accès à Eurotunnel. «Il y en a des centaines qui déambulent le soir aux abords, sur les accès autoroutiers», témoignent un habitant de Coquelles. Des usages confirmés par l’info à la presse par la maréchaussée. Selon un professionnel local du sauvetage en mer, les passeurs pourraient aussi désormais organiser plus facilement la traversée avec des zodiacs (fournis par MSF ou le NPA?). La «nouvelle jungle» est en effet plus proche du port qu'avant, paradoxalement, et ce côté-ci de la mer, en raison de bancs de sables, n'est pas une zone de navigation commerciale, donc beaucoup moins surveillée.

Résumons la perversion de l'affichage gouvernemental: «humaniser les conditions d'accueil (= distribution de la soupe populaire par les curés devant les caméras en présence du ministre)et pour poursuivre l'effort policier de démantèlement des filières d'immigration clandestine (= surtout cogner sur les migrants sans défense qui se faufilent entre les camions), qui font commerce de la misère et de la mort», selon Bernard Cazeneuve, premier flic de France et qui n’en peut mais pour les fameuses filières criminelles.
La réplique humainement électorale du sous-fifre gouvernemental en charge du mercenariat policier n’était qu’une réponse, non pas à la «montée de la rhétorique sécuritaire et raciste» mais aux collègues de la droite caviar et imbibée de pourriture financière qui brigue la succession, que nous nommerons sobrement «retour au pouvoir pour sauver la France du danger socialiste et de la régularisation de la misère».

Leur maître silencieux, trop mouillé par les amitiés bizarres avec Kadhafi, les seconds couteaux de la droite bourgeoise française s’étaient positionnés en effet la veille, sans risque électoral majeur contre le «grand remplacement» limité pour l’heure à de «grands déplacements» plutôt risqués et souvent dramatiques en pertes de vies humaines. Le maire de Nice, Estrosi qui affrontera la petite fille de notre célèbre baudruche «fasciste» décatie et carbonisée, Marion Maréchal-Le Pen aux régionales, est parti en guerre contre "les cinquièmes colonnes" de "l'islamo-fascisme", chose qui, certes exagérée, n'est pas intégralement fausse; sauf pour les résidents de Neuilly et les intellos gauchistes de Saint Germain des Prés. Le rondouillard ex-fan de Sarko, Xavier Bertrand suggéra lui de s'attaquer à la racine, sans être totalement idiot: « si on veut empêcher les migrants de mourir, il faut les empêcher de partir. C'est pourquoi la solution passe par un blocus maritime au large des côtes libyennes, dans les eaux territoriales libyennes». Le troisième larron, en position pour ne pas être complètement complice de l’humanitarisme radical en paroles des actuels gouvernants et de leurs amis de l’extrême gauche syndicaliste et antiraciste, ancien premier commis de Sarkozy, choisit de botter en touche européenne:  «J'en ai assez qu'on accuse l'Europe d'être responsable de cette situation qu'elle subit", a déclaré l'ancien Premier ministre sur Canal+. Les Européens ne sont en rien à l'origine de la situation à laquelle ils doivent faire face. C'est la guerre en Syrie, c'est le totalitarisme islamique", ce sont "des gouvernements incapables sur une grande partie de l'Afrique qui sont à l'origine de cette situation", a accusé François Fillon.
La remarque n’est pas totalement insensée puisque le NPA dans ses éclairs de lucidité hors du réformisme radical, par la voix de son ténor, irait presque dans le même sens en évoquant la guerre lui aussi; Olivier Besancenot, membre duNouveau Parti anticapitaliste), invité d'Olivier Galzi et interrogé sur la problématique des naufrages de migrants, a déclaré : "Tant qu'il y aura une frontière, on sera dans le cynisme et l'hypocrisie". Il a ensuite lancé, à la différence du Fillon : "Qui alimente la famine et les guerres ? Les puissances occidentales, européennes et particulièrement la France". Affirmation presque révolutionnaire et totalement corroborée par les ventes d’armes et de Rafales en particulier. Mais il noie à nouveau très vite le problème politique de fond - la guerre impérialiste dont le capital a besoin pour se pérenniser - et retombe dans le réformisme radical «pour la liberté totale des migrations», version culottée de «vive le bordel généralisé et sauve qui peut», antienne qu’aucun gestionnaire capitaliste, qu’il soit de droite, de gauche, identitaire ou antiraciste ne peut claironner sérieusement.

Il faut faire un tri...

Comme son homologue échangiste de gouvernement, Kouchner, qu’on pensait rangé des voitures après sa forfaiture de transfuge mitterrandolâtre, qui a déclaré - reçu ostensiblement par les divers médias (c’est un grand franc-mac comme Askolovitch et tous les réacs en chef d’hebdos, délégué par Adler et Cie) - «il ne faut pas confondre sauvetage en mer et accueil des migrants». Il y a un problème humanitaire qu'il faut régler", a donc surrenchérit François Fillon. La solution selon lui : agir avant la traversée en installant "des antennes de nos consulats en Libye pour traiter les vrais réfugiés", "menacés dans leur pays et qui ont droit à l'asile. Il faut «les traiter» sur place (comme du bétail ou des pouilleux? note de JLR), voire éventuellement les ramener ensuite en Europe si c'est nécessaire parce que c'est notre vocation". Pour les autres, "ceux qui n'ont pas vocation à venir en Europe", il faut "mettre en place des camps de réfugiés en Libye sous le contrôle des Nations unies", a poursuivi l'ex-chef de gouvernement».

 Placé là par la franc-maçonnerie financière, le délégué du très élitaire et illisible Nouvel Obs, Askolovitch se répand sur i télé contre les racontars de haine où des migrants musulmans auraient poussé à l’eau des migrants chrétiens, vante l’Amérique du lointain temps jadis (capitalisme adolescent) refuge qui sauva les irlandais qui s’échappaient alors de la Perfide Albion raciste sur des bateaux surnommés (déjà) «cercueils flottants», donque à la différence de cette salope d’Europe moderne hérissée de barbelés et de Cazeneuves l’âme mérique était jambes écartées. «Nous ne sommes pas capable d’appréhender l’horreur, et décrétons «comment arrêter l’immigration?». Et... seule solution refermer la Libye. Vive Lafayette!». Le débit d’Askolovitch quand il lit péniblement son texte en studio est aussi pitoyable que celui de son collègue potache Zemmour, plus soucieux lui aussi de faire scandale que de vérité politique.

Les questions qui fâchent sont curieusement plus audibles sur les radios, alors qu’on les évite dans l’odieux visuel; listage non limitatif où on peut osciller entre interrogation psychiatrique et fou-rire antiraciste:

    "Il n'y a pas de tentative de l'islam de transformer la société française" (Askolovitch/RMC) de JeanJacquesMaillot 2 466 vues (à comparer avec Boubakeur qui veut doubler les mosquées en France sous dix ans et les projets vestimentaires de ses concurrents des diverses sectes islamistes...).
   
 "Dans nos rues, on ne parle quasiment plus le français" (Sardin/RMC) de JeanJacquesMaillot 4 609 vues (si déjà on nous répondait en français...)
  
    "Les Roms sont, pour les maires, un cauchemar ! Ça je l'assume !" (Jousse/RMC) de JeanJacquesMaillot 806 vues (une insanité pour les urbains gauchistes et proprios de Neuilly)
   
    RMC - Prenez les chez vous Monsieur Bourdin de Ternone Lachenal 6 745 vues (non on va les dispatcher dans nos campagnes et nos banlieues)
   
    J'ai envie de penser à cette espèce de crétine qui nous explique que les Noirs descendent du singe de JeanJacquesMaillot 2 130 vues (et moi à Haroun Tazieff qui descend de Lucy).
  
    Débat itélé: les musulmans de France sont ils mal-aimés ? de Collectif Contre l'Islamophobie en France 66 937 vues (ou les gaulois sont-ils mal aimés? de Collectif contre la francophobie en France)
   
    "Si on crie des slogans hostiles, alors l'islam n'est plus une religion de paix !" (Bourdin/RMC) de JeanJacquesMaillot 4 060 vues (????)
  
    "L'islam est en train de nous bouffer, M. Jean-Jacques" (RMC) de JeanJacquesMaillot 47 732 vues (ou de nous bouder...)
   
    « Des 'Français' sont mal intégrés » (Dati/RMC) de JeanJacquesMaillot 2 067 vues (c’est sûr mais mal intégrés à quoi?)


Les variations bizarres du comique troupier Kouchner:

"Il ne faut pas attendre que ces gens meurent", insiste l'ancien ministre des Affaires étrangères. "Il faut les secourir, mais pas les amener en Europe. Il faut les sauver parce qu'ils se noient. Il ne faut pas les amener en Europe parce qu'ils le veulent. Il y a d'autres solutions." Bernard Kouchner propose d'abord que les migrants soient transférés dans "des endroits où ils seront mieux traités que dans ces lieux infâmes en Libye, ou ailleurs". "Il est aussi possible de régulariser leur séjour. Certains pensent même que l'on pourrait leur donner un visa qui leur coûtera à peine plus de la moitié du prix d'un passage." Dans cette perspective, Bernard Kouchner souhaite la mise en place d'"une flottille européenne de secours", à travers "un partage du fardeau, comme on dit en politique". Au regard des sondages montrant l'hostilité de l'opinion publique à porter secours à ces migrants, l'ancien ministre des Affaires étrangères répond : "Mais ce n'est pas l'opinion publique qui meurt en mer !". Ni les habitants de Neuilly, ni Kouchner ni Askolovitch...

C'est d'abord de sauvetage qu'il s'agit", insiste l'ancien ministre des Affaires étrangères. "Ne confondons pas sauvetage en mer, tendre la main, jeter une bouée, et l'accueil des migrants", distingue-t-il. "L'un et l'autre sont liés mais ne les confondons pas".
Mais les «il faut» du brave Kouchner se doublent, selon ses humeurs, selon le média, de bras ouverts tout azimuts: sur une chaîne de TV il dit carrément: «nous pouvons en accueillir des milliers», où? Chez lui? En priorité dans les longues listes d’attente pour un HLM? A Deauville ou à Hardelot?

LA DEMAGOGIE ANTIRACISTE ET IMMIGRATIONNISTE NE CHANGE RIEN

 Les conditions d’accueil des migrants, dont les bonnes soeurs antiracistes se passent de définir l’appartenance sociale au départ du pays d’origine, sont certainement de plus en plus difficiles en raison des réglementations répressives qui filtrent les recrues pour le patronat sans frontières et sans droits sociaux. De plus en plus de demandeurs d’asile victimes des diverses formes d’intimidation sont transformés en réalité en marginaux en situation irrégulière, et sont emprisonnés voire perdent la vie.
 
C’est un fait que la prolifération des lois répressives montre que les Etats européens est relativement impuissante face à la crue des migrants et des demandeurs d’asile dans leur lutte individuelle pour la survie. Les lamentations des curés antiracistes, en faisant croire à des solutions nationales, évitent de mettre en cause la décadence économique capitaliste qui a besoin des guerres pour se perpétuer, même au détriment de la mort de milliers de migrants et de possibles prolétaires. Au lieu de dénoncer le capitalisme, bonnes âmes antiracistes et gauchistes officiels dénoncent... l’Europe; sur les conseils d’Obama et de Poutine?

La gauchologie normative, prenons le simple NPA, s’adresse donc aux idiots en milieu lycéen  et étudiant pour dénoncer cette truie «la xénophobie institutionnelle déployée par le gouvernement du PS».

Collons d’abord au raisonnement du réformisme radical pour mieux en presser le jus de la bêtise, certainement judéo-chrétienne, et aussi anarcho-proudhonienne (le NPA reprend toutes inventions de la sociologie gouvernementale):

«...Criminels parce que la seule raison pour laquelle des migrants meurent et que des passeurs en profitent, c’est parce qu’on interdit l’immigration. Sans frontières, pas de morts ni de business. Alors que la Méditerranée devrait être une zone d’échanges, elle devient une zone militarisée. L’Europe fait la guerre aux migrants, et la première conséquence d’une guerre, ce sont les morts.

Hypocrites parce que les justifications reposent sur des mensonges et ne bénéficient qu’aux riches.

C’est l’Europe qui crée la misère dans les pays du Sud...(pas les impérialismes US, russe, israélien, etc., note de JLR)

..alors que l’immigration enrichit la France (faux! JLR)

Un rapport commandé sous la présidence de Sarkozy en 2010 confirmait que l’immigration bénéficie financièrement à la France. L’auteur du rapport, l’économiste Xavier Chajnicki, chiffrait pour 2005 la contribution nette de l’immigration à 3,9 milliards d’euros. Car c’est une population jeune qui cotise plus qu’elle ne coûte socialement. (re-faux, on ne peut distinguer dans le profit généré par la classe ouvrière ce qui relève des prolétaires français et des prolétaires immigrés, par contre au niveau de l’assistanat social, les allocs en veux-tu en voilà, la fabrication des jalousies aux guichets et des priorités familiales... c’est champion, mais on éteint l’incendie en dénonçant le ... racisme des français!)

La France n’est pas un pays d’accueil

Les termes ne sont pas neutres. Concernant l’immigration, ils sont même racistes (ouah la stigmatisation nous voilà, note de JLR). Alors il faut le répéter : il n’y a pas d’« invasion » et la France n’accueille pas la « misère du monde » (si si, note de JLR). La population étrangère est dans notre pays parmi les plus faibles d’Europe, derrière l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou l’Italie (bla-bla qui oublie que ce n’est pas le nombre qui compte mais les obligations restrictives et de nature provisoire des soit disants bons élèves de l’antiracisme immigrationniste dont la prude Suède, note de JLR). Alors qu’elle est aujourd’hui de 5,9 % en France, elle est ainsi de 11,2 % en Espagne. À noter que les étrangers en situation illégale représentent une goutte d’eau : environ 0,3 % de la population. Et alors qu’un pays de 4 millions d’habitants comme le Liban accueille 1,3 million de réfugiéEs syriens (chiffres de l’UNHCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés) (bla bla recopié du Monde et de l’Obs, c’est dans la région concernée et on oublie de préciser l’ampleur de l’aide de l’ONU... qui justifie un tel accueil pas si désintéressé), le gouvernement français, lui, vient « généreusement » de proposer d’en accueillir entre 500 et 700...

L’accroissement de la population en France est... français

En trente ans, la population française s’est accrue de 10 millions de personnes. Et la part des étrangers a baissé, passant de 6,3 % à 5,9 %. Le solde annuel de l’immigration est entre 30 et 50 000 immigréEs. Par ailleurs, il faut souligner que moins de la moitié des immigrés en France proviennent d’Afrique et du Maghreb, alors que presque la moitié viennent des autres pays européens (mais nos braves trotskiens reconvertis sergents recruteurs d’immigration ne nous disent pas pourquoi l’islam est probablement devenue la première religion en milieu paupérisé et ouvrier, note de JLR).

Un obstacle à une véritable circulation

On parle beaucoup d’immigration mais très peu d’émigration. Or les flux migratoires se font dans les deux sens. Il y a aujourd’hui 1,68 million de Français installés à l’étranger, chiffre qui a doublé en vingt ans. Selon les démographes, la tendance actuelle des migrations est « circulaire », c’est-à-dire qu’elle n’est pas une immigration définitive (les démographes sont aussi des employés d’Etat, note de JLR) . Et cela est vrai pour tous les pays. Mais c’est le renforcement du contrôle de l’immigration qui contrecarre cette tendance pour les migrantEs venant en Europe.(???)

Levons les obstacles, pour la liberté de circulation

Les obstacles à la circulation des personnes ne limitent pas les flux vers l’Europe. Mais ils provoquent la mort de milliers de migrantEs, favorisent la militarisation de nos sociétés et le renforcement de l’État policier. Ces obstacles sont une condition à l’imposition de conditions discriminatoires pour les migrantEs en Europe. Celle-ci créent une pression à la baisse pour les salaires, les conditions de travail, l’accès à la santé, au logement, à l’éducation pour tous les travailleurEs.(il faudra m’expliquer comment les flux de migrants fuyant en masse les guerres des divers impérialismes masqués, j’allais dire voilés, favorisent la militarisation, déjà effective indépendamment de ces «pauvres migrants», et comment un plus grand flux (par ex cette jouissive et presque fouriériste «liberté totale de circulation» sous domination capitaliste pourrait faire monter les salaires, améliorer les conditions de travail, l’accès à la santé, au logement, à l’éducation... misère du réformisme radical, notule de JLR).

La levée des obstacles à la circulation des personnes créerait les conditions d’une situation beaucoup plus fluide et équilibrée dans les échanges de population.(et mon cul c’est du poulet? note de JLR)

Denis Godard (pigiste du journal du NPA)

Les gauchistes faisaient les gorges chaudes naguère des saillies chauvines du PCF, de son «produisons français» et des ses incursions «racistes» contre des foyers d’immigrés - et ils avaient raison de stigmatiser ce parti stalinien réac mais sans oser le qualifier d’agent du capitalisme d’Etat. Ce qu’il reste de ce cadavre politique, venant d’un parti qui une fois au pouvoir ordonnait aux CRS de taper sur les grévistes ou soutenait la «police de la nation», fait pitié, la compassion vis à vis des migrants est comparable à celle du curé de ma paroisse et la critique de la police feutrée, mais nulle critique du capitalisme moderne et de ses guerres: «Lors des reportages effectués ces derniers mois par l’Humanité à Calais, les témoignages d’actes de maltraitance, imputables aux forces de police, ont pourtant été monnaie courante. Ils viennent s’ajouter aux conditions indignes dans lesquelles survivent les 2 500 chercheurs d’asile présents dans la région. Samedi, 3 personnes ont été conduites aux urgences après que 150 exilés d’origine africaine se soient intoxiqués en faisant brûler des traverses de chemin de fer, pour cuisiner et se réchauffer. Lundi, la préfecture avait ouvert un refuge, prévoyant matelas et couvertures pour 500 âmes. Les autres devant continuer de faire face au froid, aux averses de pluie… et aux coups de poing assermentés.»

Le risque d’arrivées massives du tiers-monde avec l’effondrement de l’économie capitaliste «normale" - elle ne peut plus être basée sur la simple exploitation des hommes mais est devenue une mafia généralisée, une tricherie financière exponentielle et une rivalité belliciste démentielle - était prévu par les prévisionnistes dès le début des années 1960. L’impéritie de l’idéologie dominante consiste à prétendre nier que nous y sommes avec des arguments débiles et à endormir presque debout dont Anna-Maria Rivera, par devers elle, résume bien le simplisme aliéné et aliénant: «  Il semble qu’aujourd’hui, dans certains pays européens, le racisme contre les migrants et les minorités ait pris un caractère structurel. Cela est principalement dû au fait que, avec les gouvernements de centre-droit et néo-libéraux, une « soudure » s’est opérée entre le racisme institutionnel (ou d’Etat) et des formes de xénophobie ou de racisme populaire. La propagande, les politiques et les normes sécuritaires ont été inaugurées en Italie par un gouvernement de centre-gauche et conduites à leurs conséquences extrêmes par la droite gouvernementale actuelle. Ce sont ces mesures et ces politiques qui ont contribué à la réalisation de cette « soudure », elle-même favorisée par les médias. Cela signifie que la rhétorique sécuritaire a atteint l’objectif qui est lui propre, c’est-à-dire convaincre l’opinion publique que les responsables de l’insécurité et de la dégradation urbaines sont les populations d’origine étrangère et tous ceux qui sont considérés comme déviant de la norme majoritaire».

Comme je l’ai déjà signalé, concernant l’instrumentalisation du FN en France, on prend la population et le prolétariat pour des vrais cons avec ces théorisations de la xénophobie et du racisme comme maux absolus. Cette diabolisation de ceux qui sont rétifs à admettre qu’il faut se soumettre sans objetion à tout ce qui va mal (comme si toute la misère du monde pouvait se résoudre par l’ouverture des frontières d’un seul pays en l’occurence la France, ou, Kafka es-tu là? par le vidage des populations des zones de guerres impérialistes vers l’arrière bourgeois blanc et consumériste pépère), est du même ordre que la pachydermique propagande anti-communiste du l’hitlérisme, ou même plutôt anti-juive primaire. L’antiracisme est plus comparable au racisme nazi qu’à n’importe quelle autre idéologie fille des Lumières. L’antiracisme c’est empêcher de penser politique, c’est renier l’existence des classes sociales, c’est la révolution morale sans révolution, ce fameux couteau sans lame auquel il manque le manche, du maître allemand des aphorismes, bossu et laid.

AUX ORIGINES DU REFORMISME RADICAL

Le site Persée nous fournit plus de documents, de textes et d’extraits de livres utiles à la compréhension du moderne monde débile contemporain que la compil de la revue Bilan de la dite Gauche communiste plus belge que française ou que la complète collection de la RINT du CCI. Le texte d’Yvan Gastaut «Génération antiraciste en France (1960-1990) va nous être une bonne charpente pour discerner l’éclosion au pays de Voltaire et de Marchais du réformisme radical. Mai 68 et ses suites, comme l’a compris une historienne américaine qui s’est inspirée de mes écrits, a été un révélateur surtout dans les suites, que le gauchisme et en particulier sa branche «porteurs de valise» pour le nationalisme algérien, n’était pas plus révolutionnaire que ma grand-mère bouddhiste. Ce gauchisme trouva un nouveau cheval de bataille religieux, aussi religieux que celui pour les fausses libérations nationales, dans l’antiracisme. On ne leur demandait rien à ces agités du bonnet, mais en parasites classiques de la classe ouvrière, les petits bourgeois des beaux quartiers allaient chevaucher la mythification d’une immigration ancienne sud-européenne et maghrébine. L’auteur fait référence à PA Taguieff un essayiste plutôt trouble, mais la formulayion qui suit n’en reste pas moins intéressante concernant l’ambiguïté de l’antiracisme: «La bonne santé de l’antiracisme dépend du succès du racisme. Tributaires de l’objet de leur combat (ils tremblent à l’idée de la disparition de papy Le Pen!), les antiracistes ont souffert de ne pouvoir proposer autre chose qu’un rejet peu nuancé des comportements jugés racistes. L’antiracisme, ne représentant ni une force politique, ni un projet culturel stable, n’a fait que rassembler des éléments aléatoires de l’opinion publique contre le danger présumé du racisme. Son champ d’action était si flou que tout le monde y compris l’extrême droite a pu se proclamer antiraciste au moment opportun». Quoique ajoute l’auteur: «Malgré ces faiblesses structurelles, les différents mouvements ont occupé le terrain de l’indispensable vigilance contre le danger xénophobe (vigilance de qui? note de JLR). Les militants au service de la dignité des migrants, ont inlassablement défendu les valeurs de tolérance et de respect d’autrui». (!?) Y.Gastaut ne suppute aucunement que nombre de ces dévoués militants n’ont été que des comètes qui se donnaient bonne conscience et retournèrent à leur promotion sociale d’appartenance.
Le racisme des années 1970, même s’il fût violent et choquant, resta minoritaire et isolé. Gastaut nous intéresse parce qu’il déshabille les deux phases du mouvement antiraciste: «le mouvement lié à la première génération immigrée, celle des ouvriers, s’effacera au début des années quatre-vingt, pour laisser place sur la scène publique aux enfants, motivés par d’autre problématiques». A la fin de la première phase le maoïsme et le trotskisme moderniste caméléon à la Krivine faisaient de l’antiracisme l’un de leurs principaux objectifs de recrutement. Ces deux courants de la petite bourgeoisie radicalisée imaginaient même l‘immigré comme le fer de lance de la toute prochaine révolution, sorte de pont entre la mascarade des libérations nationales et la vraie, la pure révolution finale. Ce courant antiraciste ne fut qu’un calque de l’antiracisme chrétien, prolégomène au poisseux réformisme radical. Ce fût un antiracisme pédago de bobos militants éphémère en transit vers des carrières de cadres de l’industrie et du PS, déjà caractérisés par une propension à exclure ou faiblement associer les prolétaires immigrés «à une lutte qui resta essentiellement pilotée par des français parfois inconsciemment coupables de condescendance à l’égard de ceux qu’elle prétendait défendre» (utile rappel au moment où l’Obs nous ressort le souvenir contrit de cette nullité de chef maoïste, le nationaliste juif bigot dit Pierre Victor).
Gastaud détermine fort bien la coupure anti-prolétarienne avec la deuxième vague antiraciste, vers 1983-1985 sans être apte à comprendre et à révéler qu’elle fût une gonflette organisée par le gourou Mitterrand et ses transfuges du trotskysme Dray et Cie. Sans oublier le triomphalisme de Libé qui titrait «lifting pour l’antiracisme», pilotant ensuite le constat optimiste du métissage de la société française contre (déjà!) les aigreurs d’une «identité nationale menacée par les flux de population». Puis on assista au scénario de la «Marche des Beurs» avec au fond de l’impasse médiatique Mitterrand pour leur ouvrir la porte à la récup idéologique. Symbole de la cassure et de la récup bourgeoise de la question de l’immigration fût la renontre entre une délégation des beurs et les ouvriers grévistes meurtris de Talbot le 16 janvier 1984: «Après un bref dialogue, un constat s’imposait: les premiers connaissaient les honneurs des médias, les seconds âgés, isolés, délaissés, avaient le sentiment de mener un combat dépassé et inutile».
«... grâce au succès du racisme révélé par la percée durable du Front National confirmée par les élections européennes de 1984 et par des faits divers racistes spectaculaires, une nouvelle approche de l’antiracisme est apparue. Il fallait prendrte part au débat de plus en plus passionné sur l’identité française menacée par l’immigration. L’émergence brutale de SOS racisme en était la matérialisation la plus spectaculaire». «Selon Julien Dray, il fallait «jouer à fond la carte cathodique» avec les parrains Bernard-Henri Lévy et Marek Halter. Fin de toute lutte de classes, place à «la solidarité interculturelle et à la fraternité sans rivages» avec concerts musicaux. Exit l’extrême gauche et la gauche: «l’une, nettement affaiblie, ne jouissait plus d’une audience suffisante et l’autre, investie dans les sphères du pouvoir, avait une marge d’action limitée».
Au moment de l’effondrement du bloc de l’Est - que ne prend pas en compte Y.Gastaut - la comédie de SOS racisme s’émousse, pas seulement à cause des révélations sur la tambouille peu odorante des Harlem Désir et Julien Dray (cf. les révélations du livre de Serge Malik, Histoire secrète de SOS racisme) mais par le repli communautaro-religieux qui naît des nouveaux clivages impérialistes: «L’hostilité des associations de jeunes issus de l’immigration s’estimant délaissées (sic comme lors de la première vague antiraciste...), les contradictions fâcheuses dans les prises de position à l’occasion de l’affaire du foulard en 1989 ou la guerre du Golfe en 1991 (...) l’incapacité à définir les contours du projet de société étaient autant de causes de fléchissement».
«Le projet de diaboliser le Front national et de faire reculer l’intolérance n’avait réussi qu’imparfaitement (...) L’antiracisme, faute d’idées neuves, se contenta de développer un combat contre le Front national avec des associations telles que le Manifeste contre le Front national, Celsius ou Ras-le-Front».
L’auteur s’appuie en conclusion sur la dénonciation de René Gallissot dès 1985 (il ne lisait pas la presse maximaliste de l’époque qui se moquait mieux encore de l’antiracisme du point de vue de classe), cf. son essai: «Misère de l’antiracisme», en 1992 Le Nouvel Obs: «L’antiracisme a-t-il échoué?» et en 1994 M. Wieviorka: «Les paradoxes de l’antiracisme».

LE REFORMISME RADICAL A FAVORISE LA MODE IDENTITAIRE

L’antiracisme, comme naguère l’antifascisme, plane au-dessus des classes, masque leurs antagonismes et promet monts et merveilles mais détruit en réalité tout lien social et toute compréhension des enjeux politiques alternatifs au capitalisme. Il est l’idéologie ad hoc du capitalisme décadent, parfaitement hypocrite et ambivalent. René Gallissot, qui n’est pas n’importe qui (on a tant aimé son «Marxisme et Algérie» dans la mythique collection 10-18), explique dans un artice de 1987: «Cette problématique de l’identit culturelle retrouve aujourd’hui sa pertinence ne serait-ce que par la multiplication des groupes en disapora, par suite des migrations internationales et des mouvements de réfugiés (...) L’ethnicité comme la nationalité paraissent donc se distinguer de la citoyenneté». Il conclut avec Georges Devereux concernant les ravages de la mode identitaire exaltant la différence ethnique - ce qui est le propre du faux internationalisme gauchiste - «Le surinvestissement de l’identité ethnique conduit, de fait, à une réduction des identités... significatives que l’on possède à une seule - et donc à l’anéantissement de l’identité réelle de l’individu...».
Dans un autre article, en 1995 - Lutte de classes et Etat national social - Gallissot part des grèves pas si époustouflantes qu’on l’a proclamé à l’époque, sans recul et sans mesurer leur nature très favorable à «l’aristocratie ouvrière», notant «la redondance du propos sur le ‘mouvement social’». Il veut démontrer une «nationalisation de la société et du monde du travail» par l’Etat: «il faut cesser de crier, comme le font beaucoup de manifestants, que nous sommes tous les immigrés...».
«...prétendre défendre les acquis sociaux et les statuts sociaux, pour «nos» enfants, n’apporte-t-il pas comme un insidieux relent de «travail, famille, patrie»?». Et il ajoute justement, ce qui n’est toujours pas le cas, malgré les pleurnicheries du réformisme radical: «La question aujourd’hui est celle de la transposition des droits sociaux au-delà de l’achelle nationale, à échelle dite européenne et pour les immigrants» face à un secteur public et nationalisé «qui fait de la résistance».
«Pour paraphraser Marx, il serait possible de dire que les luttes de classes du capitalisme contemporain n’ont pris forme que par des luttes politiques fixées sur le pôle étatique national ou en s’incorporant à des luttes nationales: luttes de libération, antifascisme et «résistance» nationale au travers des guerres mondiales. (...) la lutte de classes est médiatisée par l’Etat (...) défensives syndicales des droits acquis; la crise économique accentue l’involution néo-corporative de l’Etat national». «La désillusion des nationalismes se réinvestit dans un manichéisme habillé de religion ou de traditionalisme».
«A l’intérieur des Etats du centre capitaliste, n’assiste-t-on pas parallèlement, à la dérive ou à la capture des luttes sociales, ou du moins de la violence sociale que la crise aiguise, par des conflits ethniques et par les pires réactions de nationalisme raciste...».
«Le Manifeste annonçait la chute des barrières nationales, qui reste pour demain; c’est qu’il y a chez Marx une sous-estimation continue de l’Etat, de son poids économique et social par le développement de l’Etat national. Le Capital est un grand livre libre-échangiste, pour cause de critique de l’économie libérale. Contre Marx, s’est en effet produite la mondialisation de l’Etat national, et contre l’internationalisme, la généralisation de l’opposition entre les nationaux et les étrangers».
«... on oublie généralement les effets de la transnationalisation culturelle, ancienne et accélérée par les migrations. L’Etat national, sauf vain patriotisme linguistique, a perdu depuis longtemps sa centralité culturelle. La culture urbaine et cosmopolite, mimétique entre les grandes villes du monde, et de plus en plus générationnelle, se traduit dans un métissag culturel de masse et des masses urbaines majoritaires. A ce bricolage culturel transntional, répondent les réactions de nationalisme et de racisme. La culture nationale s’en est allée, reste l’idéologie nationale, qui sévit dans la rue et dans les quartiers, les bagarres de territoire, l’exhibition de la différence d’origine, la démarcation par la race: «putain de ta mère». La violence nationaliste est proprement réactionnaire par la captation de la violence sociale, le détournement ethnique de la misère économique, de la misère culturelle, de la misère sexuelle, qui appartiennent à ce qu’il faut bien appeler la prolétarisation urbaine. Les classes ouvrières sont noyées dans cette prolétarisation majoritaire, sinon débordées par la marginalisation sociale. Ce qui correspond aussi au fait que la classification sociale dépend moins directement de la production que de la médiation du salaire social, et donc de ce qui en reste l’Etat national social».
Face à cette «prolétarisation par la marge», R.Gallissot remarque: «Cette dilution du travail ouvrier plutôt que de la production, entraîne la déperdition d l’action de classe, pour le pôle ouvrier s’entend, mais non pour les bourgeoisies et donc la bourgeoisie, qui, comme toute classe en déensive sociale, maintient en veille et en éveil la conscience et la pratique de la lutte de classes».

«L’inversion de positions devant les migrations le montre à l’évidence pour peu que l’on se souvienne que le mouvement ouvrier fut partisan de la liberté de circulation jusqu’au début du XXe siècle; c’est le XXe siècle qui fonde l’opposition en droit et en acte entre nationaux et étrangers qui s’impose aux organisations ouvrières et plus encore s’incorpore à leur plate-forme. Les syndicats, quasiment à l’unanimité depuis 1945, parlent, comme l’Etat, de la défense du travail national et sont partisans de la limitation sinon de l’arrêt de l’immigration; ce protectionnisme établit la ligne de partage d’exploitation et de refoulement des travailleurs clandestins (...) La prolétarisation majeure aujourd’hui est effective à l’échelle mondiale, mais elle recouvre la segmentation du travail et la dilution ouvrière (...) La prolétarisation s’étend mais dans l’inconscience de classe, sauf pour ceux, bourgeois, qui ont la claire conscience de leur supériorité de classe, intellectuels compris, et donc des menaces sociales contre l’ordre du désordre établi».

Dans cet ordre du désordre, l’absence d’affirmation de la classe ouvrière comme un tout homogène laisse libre cours à la segmentation et dilution politique sans possibilité de réfléchir sur une alternative de société réorganisée mondialement. La religion a remplacé le stalinisme, et pas n’importe quelle religion, une religion envahissante du Sud, qui est et sera de plus en plus portée par les migrants, car elle leur apparaît comme leur dernière bouée de sauvetage face à un vieux capitalisme qui n’a ni vocation à les intégrer ni à les sauver, quoique chantent les sirènes du réformisme radical.
L’ouverture hypocrite à toutes les races «migrantes», on en connait déjà les aboutissants: ghettoïsation et répression des noirs aux Etats Unis, chasse aux juifs africains en Israël... C’est ce monde là que le réformisme radical prépare inconsciemment, et ce que nous ne pouvons pas accepter du point de vue du prolétariat mondial multiracial et internationaliste, pour mieux dire même extra-nationaliste.


   


- René Gallissot: «Ces migrants qui font le prolétariat (Méridiens-Klincksieck, 1994) : Avec N. Boumaza et G. Clément.
 - Quand l'immigration devient problème: la contradiction foncière entre patrie et droit humain. Le texte du Congrès de la Ligue de 1926 dans Le Mouvement Social 1998/2 (n°183)
- Migrations de travail et diasporas intellectuelles, Entre préférence nationale et racisme culturel européen post-colonial par René Gallissot (Historien. IME, Université Paris 8).
- Au-delà de la mode identitaire, 1987 (site Persée)
- Lutte de classes et Etat national social, 1995 (site Persée)
- Génération antiraciste en France (1960-1990) Yvan Gastaut (site Persée)