"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 7 avril 2025

LA GUERRE ...UNE POLLUTION PARMI LES AUTRES ?

 

la guerre secondaire par rapport à l'écologie

« La biodiversité, c'est le tissu vivant de notre planète. Nous, humains, appartenons à une espèce qui constitue l’un des fils de ce tissu. ».

Site gouverrnemental


«La couleur du mouvement international de lutte contre le réchauffement climatique est aussi verte que les dollars qui le financent»,  anonyme



Dans l'histoire de l'humanité la guerre n'a pas toujours eu une simple connotation létale ou inutile, conférer guerres de conquête, guerres révolutionnaires bourgeoises, guerres mondiales, etc. Mais jamais comme avec la prédication écologique on ne l'avait placée au niveau d'une nuisance environnementale. C'est fait avec une petit groupe maximaliste dans sa surenchère avec la parole biblique gauchiste. Un journal trimestriel muet jusqu'en ce mois d'Avril était consacré à la nuisance écologique alors que le monde entier est confronté à deux guerres principales ignobles et qu'il n'y a aucune insurrection contre ces guerres ni des pacifistes ni du prolétariat1. Leur nouveau manifeste, certifié écologiste, est dédié à cette idéologie rédemptrice, saturé de recopiages des médias distingués dits scientifiques dans cet environnement « culturel » propice à l'imprégnation capillaire de la principale idéologie d'un capitalisme « pacifiste » et « réformiste ».

Dans un cadre belliciste international, la prédication écologique gauchiste ou maximaliste relève de la prophétie religieuse. Politiquement c'est comme l 'antifascisme d'opérette des Mélenchon, Attal et toute la gent journalistique qui s'indignent qu'on ait osé attaquer la justice bourgeoise.des magistrats impavides pour éliminer le seul méchant parti voleur2. En gros elle ne souffre pas la discussion, c'est « l'explication que l'on doit au peuple », masse que « l'on doit instruire ». Le sermon est militant,  un parler simple de tous les jours, de façon à ce que chacun puisse comprendre ce qui est dit, surtout les ânes et peu importe s'ils le resteront.

Cette prédication d'un capitalisme bienveillant et réformable vise donc à instruire les ignorants, réconforter les malheureux, réveiller les inconscients confondre les mauvais fascistes, et encourager les bons antifascistes. S'adonner à la sainte annonce écologique revient à proférer la bonne nouvelle de l'Evangile marxiste : la lutte prolétarienne et le combat pour le communisme ! Entre les deux, éteignez vos cigarettes.

Et de reproduire, à cette occasion, le message de repentir et de conversion à la démocratie bourgeoise juridique et judiciaire. qui en est partie intégrante. ; le militant prédicateur doit énoncer une parole « informative », « indépendante », « éducative » comme elle prétendait l'être dans l'école de Jules Ferry. La soudaine focalisation du CCIE (courant communiste international écologique) pour une écologie « de classe » est une posture petite bourgeoise alarmiste qui sert à atténuer les causes de la guerre capitaliste au nom d'un tous ensemble pour sauver la terre et non l'humanité. La conscience écologique est devenue un moteur de la conscience de classe : « L’ampleur de la décomposition est parfaitement illustrée, sur un plan strictement écologique, (...) De fait, les sommets mondiaux sur le climat passent du stade d’engagements totalement creux à l’imposture ouverte ! ».

CE CHARMANT PARADOXE DE METTRE LA POLLUTION SUR LE MEME PLAN QUE LA GUERRE IMPERIALISTE

C'est une inversion des voleurs de l'idéologie dominante. L'idéologie bourgeoise s'est emparée depuis des décennies, post 68, à piller les termes du mouvement révolutionnaire prolétarien, pour mieux les dévitaliser : révolution informatique, révolution écologique, transition écologique, changer le monde pollué, mondialisation au lieu d'internationalisation, etc.

On évoque la guerre éternelle comme une atteinte à la "santé de la terre", surtout pas comme une causalité de la propriété privée . « La terre souffre » et c'est bien par la faute des hommes, ces cons anonymes, ma bonne dame ! Les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les inondations impromptues c'est toujours la faute des hommes avec leur absurde réchauffement climatique. La nature, elle, est toujours innocente pas les humains « qui impactent le climat »..

Pendant le déroulement des guerres en Ukraine et à Gaza, il faut manger bio, saluer les moulins à vent renouvelables, mesurer votre empreinte carbone personnelle sur l'environnement, lâcher des animaux sauvages dans des territoires montagneux trop civilisés par les moutons, interdire la construction d'autoroutes pour ces gueux d'automobilistes, tout en les chassant des villes en transe vélocipédique. Au supermarché, comme les bio-bobos, vérifiez l'étiquette carbone, sachez que produire des steaks de bœuf n’a pas le même impact environnemental que produire des escalopes de poulet ! Ou mieux bouffez végétaro et adhérez à la secte d'Aymeric Caron.

L'écologie c'est le progrès contre ces clochards d'une société de consommation ringarde. Quand vous vous levez le matin vérifiez donc votre impact sur le climat même si vous jetez votre mégot sur le trottoir. Méfiez-vous des repas surchargés où vous vous rendrez responsable d'une forme d'émissions de gaz à effet de serre en équivalence carbone (CO2e).

Pourtant la classe ouvrière et les couches moyennes qui périclitent ne regardent que le prix sur les étiquettes. Les magasins bios sont délaissés pas seulement à cause de leur cherté mais parce qu'ils ressemblent à des pharmacies.

PETITE HISTOIRE DE LA RECONVERSION IDEOLOGIQUE DE LA GAUCHE POURRIE

Autant il est comique de voir la gauche bourgeoise, ses bobos électeurs et ses satellites merdiatiques (Libération, Le Monde, l'OBS , LFI, les résidus petits bourgeois verts) défendre mordicus « l'état de droit » aux côtés des magistrats politiques impavides, donc de faire croire à une justice politique dans l'acharnement des élites corrompues à ne cibler que le RN, autant toute l'historique et la politisation de la question écologique sont de l'ordre de l 'enfumage idéologique, j'allais dire de pollution politique, depuis des décennies. Le fascisme supposé est une menace plus importante que les préparatifs de guerre de Macron soutenu par son garçonnet Attal (premier ennemi du fascisme) et l'indifférentisme des rebelles écolos.

L'écologie est avant tout une idéologie contre-révolutionnaire clientéliste, fabriquée par la petite bourgeoisie intellectuelle et commerçante. Elle s'est lentement imprégnée dans la société au début des années 1970 en France et ses pères putatifs les plus récents, René Dumont et Fournier de Hara-Kiri, passaient pour de gentils fachos méprisant le prolétariat consommateur. Pendant des années ses tenants, gauchistes recyclés, se prétendent apolitiques et ne recueillent que des scores électoraux minables. C'est le colonialiste Mitterrand qui impulse politiquement Génération écologie contre les Verts. L'écologie sera dorénavant une « idée de gauche »3. Mais elle n'est pas encore débarrassée de son côté artificiel servant à la reconversion d'énarques gauchistes ou de scientifiques arrivistes. Ces divers arrivistes sont si arrogants et donneurs de leçon que ces cliques concurrentes de l'écologie politique naissante assistent à une chute inexorable de leur nombre d'adhérents (années 1990).. La bourgeoisie elle même tenant à la marge ces idéologues petits bourgeois. À la fin des années 2010 et au début des années 2020, l'écologie est devenue un axe prioritaire de la plupart des partis. L'invention de la décroissance qui sépare Europe Ecologie Les verts  reste un débat d'intellos en marge de la classe ouvrière qui s'en bat l'oeil. L'écologie de la gauche bourgeoise croit connaître une embellie électorale mais celle-ci se révèle fugace. Elle ne reste qu'un parti riquiqui de la gauche unie comme le vieux parti radical (sic) d'antan de Robert Fabre. L'écologie politique s'effondre petit à petit depuis 2020 (au moment où le CCIE lui attache de l'importance) face à la crise économique et la paupérisation de la plus grande partie de la classe ouvrière, même si l'aristocratie ouvrière (services publics, EDF, SNCF, RATP) reste proche des bobos bios, eux-mêmes de plus en plus paupérisés. Aujourd'hui elle ne représente plus rien mais les médias lui maintiennent une place disproportionnée avec sa secrétaire championne de la bêtise institutionnalisée.

Ses intellectuels marginaux et ses sociologues continuent de vanter des métropoles qui sont dles laboratoires d'initiatives écologiques : éco-quartiers autonomes en énergies propres, agriurbanisme, transports en commun, lutte contre l’étalement urbain…La transition écologique, c’est aussi une affaire rentable pour de nombreux commerciaux, pas du tout marginaux eux, tels que les lobbies environnementaux. C'est la farce d'un renouveau capitaliste par la petite entreprise à indice carbone raisonnable - et ses multiples artisans du "profit renouvelable", sponsorisés par l'Etat pour "améliorer l'habitat et poser des panneaux solaires -  mais toujours avec les mêmes patrons et la peur du lendemain pour leurs ouvriers sans défense.. Les bobos d'extinction rébellion sont les balayeurs de service grâce aux dollars.4

La chute récente de l'idéologie écologiste est évidemment en lien avec la crise politique générale de tous les partis politiques dans le monde. Que cette crise soit interprétée comme montée du fascisme par les bourgeois gauchistes ou de décomposition par le CCIE, il faut bien en dénicher les causes plus complexes et les aboutissants moins fascistes qu'on veut nous le faire croire. Deux causes sont indéniables: la cause économique, la classe ouvrière (ceux d'en bas) conchie cette écologie surtout punitive et qui paupérise les plus fragiles, et depuis des lustres (tant pis pour la bonne conscience écolo et le sauvetage du bateau à gogos la terre multiclassiste!) La deuxième est la guerre qui dure depuis bientôt quatre ans; se soucier de manger bio ou de la déforestation est dérisoire quand les bombes assassinent des milliers de civils et de militaires. Indifférent à toute dénonciation centrale et dans la rue du massacre, le marais de la petite bourgeoisie continue de pleurnicher sur sa biodiversité et sur le danger de l'amiante ou des poulets en batterie, sans du tout sortir de ce petit souci de la santé des français au  niveau national.

L'individualisme vert

Marcel Gauchet, dans son livre: Comprendre le malheur français, fait deux remarques sur les mouvements écologiques en France. Il écrit que les Verts français sont prisonniers d’une contradiction majeure : ils sont, comme tous les partis de gauche aujourd’hui, les défenseurs des droits des individus et privilégient le combat en faveur des minorités (en particulier les nationalistes palestiniens) ; mais en même temps, ils savent que l'Etat bourgeois ne pourrait mettre en œuvre une authentique politique écologique sans un bouleversement complet de son appareillage politique. Ce qui relève donc de l'utopie électoraliste, qui ne berne même plus les « invisibles » pour la gauche élitaire indifférente.

. Or, l’état actuel de la mystification démocratique occidentale condamne tout le blabla écologique, et le populisme a beau jeu de s'emparer du rejet institutionnel des invisibles et de lui opposer le concept de la colère (électorale) des « oubliés» du système »5. En effet, la considération des classes a été abandonnée au profit d’une idéologie néolibérale, ou illibérale comme ils disent maintenant) pour laquelle il n’y a que des individus :

« L’essence du néolibéralisme, c’est de mettre en œuvre jusqu’au bout un principe philosophique simple, très ancien dans ses racines, mais qui devient pour la première fois la règle ultime du fonctionnement collectif : il n’y a que des individus – des individus qui sont définis par leurs droits, sur le plan abstrait, juridique, et par leurs intérêts sur le plan concret, économique. […] Le problème politique n’est plus dès lors que celui des moyens de faire coexister les droits des individus et de leur permettre de maximiser leurs intérêts. »(Gauchet)

L'écologie radicale n'est qu'une dépolitisation radicale, une radicale réduction de la politique à un amour idéaliste de la nature qui revient...à laisser les gouvernants gouverner, mais qui explique le mouvement de désinstitutionnalisation. Mais cette désacralisation de l'Etat par la mise à nu de l'Evangile écologique réveille la conscience de classe opprimée par les classes...écologistes (décroissance rime parfaitement avec privation). Un hypothétique démocratie bourgeoise, non régie par le fric, et permettant au peuple et au prolétariat (sans obéir aux juges, généraux ou patrons) pourrait peut-être ouvrir une voie à d'éventuelles consultations des masses sur tous les sujets et pas prioritairement sur celui de l'écologie. Sur la guerre en premier lieu. Tiens donc !

QUEL EST LE SCORE CARBONE DES BOMBES A POUTINE, TRUMP ET MACRON ?

Au plus loin dont je me souvienne, mon principal argument contre la piétaille écologiste a toujours été de répliquer que la principale pollution pour l'humanité, avant déchets industriels ou alimentaires, fumée de cigarette ou le nucléaire, est la guerre capitaliste. Tout le reste est apolitique et relève de la bonne conscience petite bourgeoise. Mon avis n'a pas changé. Et je rejoins Gauchet :

« Les écologistes seront-ils capables de nous proposer une vision de l’avenir ? Ils mettent en avant des impératifs de préservation, qui peuvent d’ailleurs être tout à fait justifiés, mais ils ne nous proposent pas une vision alternative de ce que pourrait être plausiblement une société moderne construite autour de la réconciliation avec la nature. »

Sauver la planète ? Le discours de la catastrophe, comme tous les discours millénariste de la fin des temps, empêche de réfléchir aux réalités des gouvernements des sociétés humaines. Mieux tout internationalisme ce classe est banni. Le monde idéologique bourgeois n'a pas changé de base, au péril atomique de la guerre froide a succédé le péril écologique (pourtant largement re-dépassé à l'heure actuelle par le renouveau du péril atomique). Promesse de l'apocalypse pour les uns si le prolétariat ne se réveille pas, votez pour notre clique selon les autres plus officiels. Discours moral qui vise non à dénoncer le système mais à culpabiliser l'individu « humain contre nature ». Le discours écologique mis à nu n'est plus que simple propagande pour la domination « démocratique bourgeoise ». Cette démocratie affichée n'est que la « volonté de puissance » d'une minorité comme l'avait fort bien vu Tocqueville.

Le catastrophisme officiel comme celui du CCIE précédemment évoqué ne laisse la place qu'à une vision réformiste impuissante face à l'aggravation effective des conditions climatiques, et impose de poser à une « radicalisation » plus philosophique que politique. Ce radicalisme, bien entendu bourgeois défensif, c'est le populisme, pourtant si conchié par les autres factions bourgeoises et gauchistes, qu'ils e oublient son rôle de cordon de sécurité face au prolétariat. Ce même prolétariat qui n'a même plus besoin d'accumuler grèves ou manifestations syndicales pour exploser de solidarité et de force au moment crucial grâce aux réseaux sociaux . La bourgeoisie a fourni les moyens qui permettront de l'abattre . En attendant, le CCIE partage avec la même théorie de la décomposition chez les milieux bourgeois la croyance en une refondation automatique d'une autre société, en l'occurrence réellement communiste, quand les bourgeois croient fermement en une refondation écologique...capitaliste , d'un capitalisme pourtant vide ; tout en considérant « l'homme démocratique » comme une connerie avec la participation présumée d'un « homme citoyen »:

« D’ailleurs, s’il est exact que notre démocratie se décompose, pourquoi ne pas susciter et organiser une réforme démocratique totale qui répondrait à l’urgence écologique ? Comme souvent en philosophie politique, l’imminence de la décomposition peut être lue comme une fin ou comme un recommencement, une promesse de refondation. Nous privilégierons cette seconde hypothèse et envisagerons, avec ce qui suit, la crise actuelle et les solutions institutionnelles qui pourraient favoriser en France l’action en faveur de l’écologie6

DEMAIN LA GUERRE ?

AH la bonne question dérangeante mais limitée!

« Les fabricants et les utilisateurs d’armes sont-ils soumis à la taxe carbone ? Quelle est l’estimation de l’impact des conflits armés sur le dérèglement climatique ? », demande un lecteur de Saint-Berthevin (Mayenne) à OUEST-FRANCE. Cette même interrogation de la presse provinciale que le CCIE ne les mène pas pour autant à la dénonciation de la guerre  impérialiste qui se prépare partout. C'est le fond de l'idéologie écolo officielle, on en reste au niveau du constat et on se garde de critiquer l'Etat et le nationalisme.

Peut-on calculer le bilan carbone d’une guerre ? Au-delà des chiffres macabres des pertes humaines, il semble ne plus rien avoir d’indécent aujourd’hui dans la prise en compte environnementale d’un conflit armé. Une façon, sur le long terme, de penser à l’humain. Alors obus, bombes, missiles, roquettes, carburant des engins en tout genre de l’armée, incendies, déplacements de populations… À quelles données se fier et les armées permettent-elles cette transparence ?

Soyons reconnaissant au CCIE d'avoir étalonné dans son Manifeste cet aspect quasiment jamais évoqué par les putains des médias dominants. Ce journal provincial y répond bien mais sans faire le lien avec la guerre, première causalité capitaliste, quand le CCIE imagine que l'argumentation éccolo pourrait être révolutionnaire, et à inclure dans la liste des catégories wokistes du NPA par exemple.


Les institutions militaires en 4e position des plus gros émetteurs (merde alors!)

Mais certaines zones, comme celles des trafics, restent particulièrement opaques. Celles des conflits armés aussi. Si on a l’habitude de calculer d’abord, et c’est normal, les tristes chiffres des pertes humaines, il est nécessaire de questionner également, comme vous le faites cher lecteur, l’empreinte écologique de la guerre, de la même manière que nous prenons en compte ses bilans humains, et économiques. Le problème ? C’est que les activités des armées, tout comme la consommation d’énergie de leurs engins, sont méconnues la plupart du temps. Alors comment compter quand le protocole de Kyoto négocié en 1997 admet que l’armée soit exemptée de l’obligation de déclarer ses émissions de gaz à effet de serre. Jusqu’ici, les meilleures estimations que nous avions étaient qu’en temps de paix, les institutions militaires généraient de 5,5 % à 6 % des émissions mondiales de CO2 liées aux énergies fossiles, selon des données fournies par « The Military Emissions Gap » et « Scientists for Global Responsibility », deux organismes de surveillance de l’impact des militaires sur l’environnement. Avec près de 6 % des émissions globales, soit 2,75 milliards de tonnes de CO2 par an, les forces armées mondiales, regroupées, arriveraient en 4e position des plus gros émetteurs, derrière la Chine, les États-Unis et l’Inde, et devant la Russie.

Plus de CO2 qu’un pays en une année

Les émissions de gaz à effet de serre générées par les deux premiers mois de combat entre Israël et le Hamas avaient fait la Une du quotidien britannique The Guardian, en janvier 2024. Selon les calculs réalisés par des chercheurs britanniques et américains, ce bilan carbone serait équivalent à celui produit par la combustion de 150 000 tonnes de charbon. La reconstruction future des 100 000 bâtiments détruits dans la bande de Gaza, la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas entre le 7 octobre 2023 et janvier 2024 pourrait générer davantage de C02 que la Nouvelle-Zélande en une année. The Guardian ajoute que ce chiffre est supérieur à celui de 135 autres pays et territoires, dont le Sri Lanka, le Liban et l’Uruguay. Mais au fait, sur quoi ces calculs sont-ils basés ? Sur le carburant des avions de ravitaillement en provenance des États-Unis, sur la fabrication des munitions, sur l’explosion de bombes et de roquettes, sur la construction de tunnels sous terre par le Hamas. Et de nombreux détails qui permettent de réaliser, sinon l’exactitude des calculs, l’ampleur des dommages environnementaux de la guerre. La reconstruction future des 100 000 bâtiments détruits dans la bande de Gaza, la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas entre le 7 octobre 2023 et janvier 2024 pourrait générer davantage de C02 que la Nouvelle-Zélande en une année. The Guardian ajoute que ce chiffre est supérieur à celui de 135 autres pays et territoires, dont le Sri Lanka, le Liban et l’Uruguay. « La situation environnementale à Gaza est désormais catastrophique, car une grande partie des terres agricoles, des infrastructures énergétiques et hydrauliques ont été détruites ou polluées, avec des conséquences dévastatrices sur la santé probablement pour les décennies à venir », explique The Guardian. L’impact environnemental des conflits ne peut plus être ignoré. En somme, entrent en compte dans les calculs : obus, bombes, missiles, roquettes et munitions de petits calibres ; carburant des engins en tout genre de l’armée ; incendies (feux de dépôts de carburant et d’infrastructures pétrolières, feux de déchets et de débris, feux de forêts et de champs), et déplacements de populations (déplacés internes, réfugiés…) qui obligent à un recours accru aux automobiles, cars, trains, bateaux et avions.

Un autre indicateur permet de calculer le bilan carbone des conflits armés : le budget de défense. En utilisant son budget de défense comme indicateur, une nouvelle étude estime que l’empreinte carbone militaire annuelle de référence d’Israël, sans tenir compte du conflit, était de près de sept millions de tonnes métriques d’équivalent CO2 en 2019. Cela équivaut à peu près au CO2 émis par l’ensemble de la nation de Chypre, et 55 % d’émissions de plus que l’ensemble de la Palestine. Concrètement, les études sont récentes, les méthodes de calcul ni homogènes ni formalisées, mais l’étude du bilan carbone des conflits armés émerge, et la question semble moins indécente qu’il y a encore quelques années, où parler du climat face au nombre de pertes humaines aurait pu l’être. Aujourd’hui, nous le savons, penser à la planète, à l’impact des guerres sur le réchauffement climatique, c’est nécessaire, et c’est aussi penser à l’humain, sur le long terme ».

On peut pas citer ici tout le Manifeste écolo du CCIE mais les descriptions eschatologiques tout à fait réelles et effarantes sont probantes mais dérisoires au même niveau que Ouest-France en reprenant les concepts bobos de l'idéologie écolo tels le « sauver le climat » :changement climatique, perte de biodiversité, la sécurité alimentaire, effondrement des écosystèmes »7 :

« La dévastation de Gaza par l’armée israélienne a des effets similaires sur l’environnement alors qu’elle massacre et affame la population par dizaines de milliers. Les guerres actuelles montrent que cette stratégie de la terre brûlée a été renforcée : détruire les ressources d’un environnement afin d’affamer l’adversaire. C’était d’ailleurs l’un des objectifs de l’utilisation du napalm au Vietnam. Et pour boucler la boucle, toutes les dépenses militaires colossales à venir conduiront même les gouvernements à abandonner leurs engagements insignifiants en faveur du climat : coupes sombres dans les programmes de réduction des émissions de CO2, dans la recherche d’énergies alternatives, etc. C’est le monde tel qu’il est depuis 1914, un monde en guerre permanente qui engloutit les ressources et brûle des régions entières. Si rien n'est fait pour stopper cette dynamique, les États continueront leur folie meurtrière et les foyers de guerre s'étendront jusqu'à jusqu'à ce qu'ils consument tout ».Ce long déclin a atteint une phase terminale, une impasse où la guerre, les crises de surproduction et les destructions environnementales ont atteint le point où toutes ces manifestations de l’impasse historique du système agissent les unes sur les autres pour produire un terrible tourbillon de destruction. Mais il existe une alternative au cauchemar dans lequel nous plonge le capitalisme : la lutte internationale de la classe exploitée pour le renversement du capitalisme et la construction d’une société communiste mondiale.

« Chaque guerre provoque des désastres environnementaux dont l’impact se fera sentir encore pendant des siècles, voire des millénaires : métaux lourds, produits chimiques, éléments radioactifs… Même les conséquences de la Première Guerre mondiale se font encore sentir aujourd’hui. Le plomb et le mercure issus de la dégradation des munitions contaminent les nappes phréatiques partout où il y avait des tranchées ».

Ouais ouais, mais en quoi ces arguments pacifistes et écologiques vont-ils « instruire » de la nécessité d'une révolution prolétarienne e « conscientiser » des masses de bobos pour qui la classe ouvrière reste invisible ? En rien car l'essentiel c'est de convaincre les petits bourgeois de venir à la révolution depuis leur posture arrogante de bobo-écolo :

« nous appelons ceux qui se sont laissés entraîner dans le "militantisme écologiste" à réfléchir, regarder courageusement la réalité en face et reconnaître l’impasse de cet activisme et à orienter leurs énergies vers la lutte prolétarienne et le combat pour le communisme, qui constitue le seul moyen de lutter contre la destruction de la planète ».

Vous avez bien lu « contre la destruction de la planète. Ce même langage que les bourgeois et leurs généraux écolos ! Et vous pouvez compter sur le petit bourgeois écolo qui va abandonner sa conviction réac moderniste et wokiste pour venir sur le terrain de la principale classe révolutionnaire!

Jean Doute


NOTES


1Macron s'engage dans la guerre sans être contesté par un quelconque parti ou syndicat, les suivistes de Mélenchon défilent en faveur d'un groupe terroriste militariste. Seul le groupe « Les chanteurs anonymes » a glissé sur le web cette belle chanson : « Macron au front ».

2Les attendus du tribunal pour enfin éliminer la principale porte-voix diabolique du peuple raciste et facho sont un modèle de putasserie aussi bien stalinienne que maccarthyste : « « Le tribunal prend en considération le trouble majeur à l’ordre public démocratique qu’engendrerait en l’espèce le fait que soit candidat, par exemple et notamment à l’élection présidentielle, voire élue, une personne qui aurait été déjà condamnée en première instance, notamment à une peine complémentaire d’inéligibilité, pour des faits de détournements de fonds publics et pourrait l’être par la suite définitivement » ? Toutefois on ne va pas plaindre la mafia du RN les doigts pris dans le pot de confiture.

3Témoignage anonyme : J’ai voté "vert" pendant vingt ans. C’est une cause utile et légitime. Mais elle prend un mauvais chemin. Elle n’engage aucune politique d’ensemble. Le mouvement des Verts est frappé d’apathie. Son discours n’est ni crédible ni entraînant. Mais elle envahit le débat d’idées. Avec des propositions qui constituent des régressions. Je suis donc allé aux sources idéologiques pour comprendre sa version la plus irrationnelle. Nous classons habituellement l’écologie à gauche mais elle puise ses racines très à droite. Pour moi José Bové est un maurassien d’extrême gauche. (cf. Les idéologies de l'écologisme | Cairn.info)

4Les militants d'Extinction Rebellion sont financés par de très riches philanthropes américains venant soutenir la désobéissance civile anticapitaliste sur le climat car ils ont peur pour leurs immenses propriétés privées Un don de près de 550 000 euros a été effectué. Si aux États-Unis et au Royaume-Uni le mouvement se réjouit de ses nouveaux investissements, en France, on hésite encore à accepter une partie de la somme de peur de ternir son image. “C’est un enfumage financé par des oligarques et le capitalisme, jusqu’aux États-Unis”, accuse un homme dans une longue diatribe partagée lundi soir par Éric Drouet, ce dernier avouant “se poser exactement les mêmes questions”.

Mais surtout, la branche française du mouvement prend soin d’éclaircir sa position vis-à-vis d’une information à l’origine de nombreuse suspicions. Contrairement aux autres antennes internationales du mouvement, notamment britanniques et américaines, les militants français n’auraient pas bénéficié du Climate Emergency Fund (CEF)

5On notera tout de même ici combien ce terme d'invisibles est approprié ; à la suite de la négation et disparition de la classe ouvrière par les amis du colonialiste et pétainiste Mitterrand au long des années 1980, ils ont cru la faire disparaître vraiment mais au moment où elle semble réapparaître, heureusement qu'on la qualifie de raciste et anti-immigrationniste.

6La transition écologique et la démocratie : quelques remarques philosophiques, politiques et anthropologiques par Pierre Statius.

7Qu'est-ce qu'on a à foutre de la « sécurité alimentaire » et de la biodiversité quand des bombes tuent des milliers d'humains des populations civiles qui n'ont pas le temps...d'avoir faim ou de se soucier du climat qu'il fait ?


La dictature écolo, comme en Iran ils pénètrent dans votre jardin perso


mercredi 2 avril 2025

ELIMINATION POLITIQUE DE LE PEN: LES TROTSKISTES AU SERVICE DE L'ETAT BOURGEOIS

 


" Le Syndicat appel l'ensemble des Magistrats ainsi que tous ceux qui participent à l'activité judiciaire de ce mobiliser pour que l'extrême droite n'arrive jamais au pouvoir " (
Syndicat de la magistrature (durant les dernières élections législatives)

« il est plus facile d'être dans l'opposition, c'est plus difficile au gouvernement ». Louis Sarkozy


Le plus gros menteur de la République est son président ; il a déclaré en effet : « la justice est indépendante ». Pitoyable. Plusieurs éditorialistes de la presse dominante supputent que la « bombe atomique » juridique éliminant de la course présidentielle Marine Le Pen engendre consternation, peur et inquiétude pour la paix sociale. C'est un peu vrai mais pour l'instant les diverses cliques bourgeoises font mine de s'interroger sereinement, minimisant tout de même les possibles réactions colériques des « classes populaires ». 

Premier défenseur de la justice d'Etat le torchon gauchiste Libération suivi par la gauche bourgeoise du PS rétréci aux sectes NPA et LO se réjouissent de la punition ; on porte atteinte aux braves juges indépendants d'une justice certifiée "démocratique et républicaine" , avec la complicité des "fachos victimaires".

la condamnation est « exemplaire » pour le NPA, mieux « la justice doit passer, quel que soit le justiciable ». La justice a été un premier pas dans la lutte contre le fascisme : « Car si la justice doit passer et influence le jeu politique, ce dernier reste souverain et déterminant. Empêcher l'extrême droite de nous écraser de son talon de fer appelle l'unité et la radicalité de notre camp social dans la rue, les lieux de travail et d'étude, ainsi que les urnes ». (la lutte contre l'extrême droite continue)

« La justice doit passer, quel que soit le justiciable. Au monde politique de s'en débrouiller ! En prenant une telle décision, loin de remettre en cause la fameuse « séparation des pouvoirs », le pouvoir judiciaire a renvoyé le pouvoir politique à ses propres turpitudes. Certains principes et mécanismes de la démocratie bourgeoise sont des acquis. Quand ceux-ci s'appliquent pour une fois aux plus puissants, il est malvenu de s’en plaindre ».

Les trotskistes wokistes sont bien sût les plus proches défenseurs de la justice de classe du pouvoir, normal sur leur blog les termes « conscience de classe » sont rares ou inexistants sous le charabia wokiste.. L'usage du fric parlementaire n'est pourtant pas considéré comme un délit en soi d'autant que tous s'y livrent. Le passé du financement de leur Quatrième internationale sent aussi mauvais. Mais quel intérêt de mettre en prison des marginaux petits bourgeois?

L'extrême gauche la plus débile : permanence de la connerie

Cette section scission du NPA, se nomme en effet « révolution permanente » concept déjà confus et tordu chez Trotsky (et combattu par Radek) nuance que la condamnation judiciaire ne suffit pas pour combattre le fascisme, mais c'est au niveau du capharnäum d'un HP :tout de bruit et de fureur (ne m'en veuillez pas si je cite longuement mais n'ayant pas l'heurt de traiter de cette secte d'habitude, je veux vous en dégoûter à jamais

« [L’antiracisme est l’une de nos priorités politiques. L’activité du parti, croissante sur ces sujets depuis notre dernier congrès et la formation du groupe non-mixte racisé, a été récemment articulée à une résolution du conseil politique national, proposée par la CNIA et le groupe non-mixte racisé·es, qui a suscité d’importants débats (17 pour, 3 contre, 3 abstentions, 4 NPPV). Nous publions ici une série d’articles qui éclaircissent et approfondissent les débats de notre organisation.]

 La montée de l’extrême droite, avec son idéologie raciste et islamophobe, donne une importance cruciale au débat sur l’antiracisme. Le dialogue entre la pensée marxiste et les approches décoloniales et antiracistes existe depuis longtemps. En France, la fondation du Parti des indigènes de la République en 2005 répondait aux lacunes criantes de la gauche. Si cette dernière a progressé, nous avons la responsabilité de combler nos insuffisances concernant une politique antiraciste efficace portée et incarnée par les militant·es racisé·es eux et elles-mêmes.

La question du racisme est donc dès le 19e siècle intégrée au dispositif théorique de Marx comme étant un obstacle effectif à la construction de la conscience de la classe ouvrière. Toutefois, il n’établit pas l’existence d’un conflit entre les intérêts matériels des ouvriers anglais et irlandais. Le racisme est conçu au contraire comme un instrument de domination qui s’exerce sur la totalité de la classe en l’affaiblissant et l’empêchant de s’unir contre l’ennemi commun.

 Cela résonne avec la proposition d’Angela Davis1 pour qui la recherche de l’unité dans les mouvements contre les oppressions et l’articulation entre une politique de classe et une politique antiraciste, déterminent les possibilités concrètes de construire un rapport de forces qualitatif et quantitatif contre la domination capitaliste. Inéligibilité : la justice condamne Le Pen mais ne permettra pas de battre l’extrême droite ».

Pauvres types !

La bande des populistes trotskiens feint de ne pas voir que le système électoral est ridiculisé (comme en 2005)

Seules votent les institutions financières bourgeoises ; Sarkozy père est probablement allé chercher les sous chez Kadhafi, Macron lui est allé à Londres...Chez la secte électoraliste LO, on trouve quelques fois les termes « conscience de classe » mais c'est le mot travailleur qui prédomine comme une incantation2. Je n'ai jamais apprécié ce mot. Travailleur de quoi ? Travailleur donc excluant le chômeur qui lui ne travaille pas bien qu'il le souhaite. Mais les patrons et les flics travaillent eux aussi. La vérité est que LO est ne secte populiste, comme LFI, qui préfère le mot creux de peuple plutôt que celui de prolétaire. Et leur vision de la conscience de classe s'arrête aux murs de l'usine et de l'entreprise. Or pour les millions de prolétaires la vraie réflexion politique outrepasse les murs du lieu de travail et n'est pas simplement conditionnée par ce lieu de travail.

Plus intelligente et nuancée que les crétins juvéniles antifas du NPA, la clique LO peut frôler une analyse plus consistante du coup de tonnerre juridique e commençant par une évidence  mais hélas aussi un mensonge grossier : « Le Pen a été jugée avec la sévérité qu’elle a toujours demandée à la justice quand il s’agissait de condamner les autres. C’est un retour à l’envoyeur !S’il s’agit d’un coup de tonnerre pour sa carrière politique, cela ne change rien pour les travailleurs car leur sort ne dépend d’aucune élection. Celles-ci sont précisément faites pour donner l’illusion du changement, alors même que le pouvoir reste dans les mains de la classe capitaliste ». 

Oui mais ils participent à ces mêmes élections bourgeoises aussi « pour donner l'illusion qu'un changement pacifique serait possible ».

La mère Arthaud passe son temps à nous expliquer ce que la plupart des prolétaires spectateurs savent : oui le RN est un ami des patrons, qu'il soit qualifié de fasciste ou raciste pas sûr que cela élimine les problèmes qu'il « répercute » car si les insultes trotskiennes ouvriéristes suffisaient à le discréditer Besancenot et Arthaud seraient déjà ministres d'un gouvernement d » « justice équitable ». Or le RN comme certains méchants partis de droite n'est plus le parti colonialiste ni pétainiste d'antan, ou alors il faut reprocher éternellement au PCF d'avoir encore les mains pleines de sang du stalinisme ! Contrairement aux partis de la gauche bourgeoise le RN n'invente rien de sa propre cheffe, il reprend, même imparfaitement ou avec perversité, les ressentiments ou colère de gens d'en bas, ces millions de « cons » méprisés par la petite bourgeoisie gauchiste selon qui les problèmes migratoires relèvent d'un imaginaire raciste, et que le fait que les prisons sont en grande partie remplies d'un lumpenprolétariat immigrés, de tueurs sadiques étrangers et d'OQTF dont certains méritent la peine de mort (surtout ceux qui ont massacré férocement leur femme voilée ou pas) n'est qu'une vue de l'esprit raciste des « beaufs ». L'expansion du prosélytisme islamique dans les lycées avec une majorité de jeunes disposés à ne plus s'asseoir là où les filles posent leurs fesses, le refus des filles enturbannées d'aller à la piscine collective, etc. c'est une invention fasciste des salauds du RN  et des beaufs qui ne font que les suivre parce que ce sont des bouseux inhumains et si bêtes!

Or  le bordel migratoire est un énorme problème et deux factions de la bourgeoisie, son élite et la petite bourgeoisie gauchiste s'en servent pour empêcher au prolétariat (français et immigrés) de penser en termes politiques en recourant à la sociologie et à la psychologie de l'antiracisme. Les petits bourgeois se fichent de ce qui se passe dans les banlieues minées par les frasques des bandes juvéniles du lumpen qu'ils considèrent comme des révoltés « anticapitalistes ».3


EPILOGUE

Enfin tout ce que j'ai lu de leurs prises de position sur la condamnation de la mère Le Pen esquive la raison principale : Macron et ses laquais magistrats, impuissants à utiliser à nouveau la menace fumeuse du fascisme comme à la veille de chaque élection depuis 40 ans – lors des dernières le front unique antifa allait de Poutou à Macron et Mélenchon – ont choisi le truc juridique pour empêcher cette immense masse croissante voulant (certes utopiquement) virer tous ces clans bourgeois méprisant, y compris leurs bâtards de l'extrême wokisme. Ce n'est pas au fascisme qu'il faut barrer la route pour les élites financières mais à un trumpisme, un trompisme si vous voulez, à la française. Et bien malin serait celui qui dirait c'est peine perdue !

Car les problèmes que méprisent les petits bourgeois marginaux et leurs amis journalistes des médias sont bien réels. Le dernier problème c'est que le RN serait aussi incapable de les résoudre.


Fin du fin, tout à leur névrose antifa, ces diverses sectes populistes et wokistes mentent aux côtés de l'Etat et sa « justice », pour négliger le formidable intérêt de l'interdiction électorale de Marine Le Pen, les élections sont un piège à cons. Et les gauchistes qui prennent les ouvriers pour des cons nous font penser qu'ils sont des collabos de la justice bourgeoise, comme les agités pétainistes hier, et que les nouveaux fascistes c'est eux.


NOTES

1Pouffiasse héroïne antiraciste des sixties est devenue une des pires débiles féministe wokiste et une violoniste du Hamas.

2Chez le CCI, les termes « conscience de classe » sont utilisés dans presque chaque article, et, honnêtement, du point de vue historique et de la lutte quotidienne, pas pour y mettre n'importe quoi. Par contre sont inqualifiables ces délires wokistes du NPA : « La conscience de classe doit être constamment réactualisée à travers les luttes sociales et politiques. Notre parti affirme donc une volonté de construire activement les luttes du prolétariat, dans les lieux de travail, dans les milieux féministes et LGBTI, écologistes, anticoloniaux, antifascistes, antiracistes… en participant à la construction d’une conscience unitaire qui permette, dans chaque secteur, de s’inscrire dans un processus de rupture avec la société capitaliste. Il s’agit de travailler au développement de mouvements autonomes avec une vocation unitaire c’est-à-dire en les concevant comme une étape de construction d’un mouvement global pour l’émancipation du prolétariat. ». C'est un condensé des fantasmes de la petite bourgeoisie gauchiste carrément wokiste et plus simplement moderniste comme naguère. Plus débile tu meurs.

3Or ils peuvent bien citer des phrases de Marx sur le racisme vis à vis des irlandais, c'est du pipeau woke. Le Manifeste de 1848 donne une définition du lumpen plus proche de l'idée de décomposition du CCI , il est désigné comme « pourrissement passif des couches les plus basses de la vieille société » .  Les sociologues gauchistes et wokistes reprochent à Marx la violence de ses injures contre les racailles du 19ème ! Moi je les approuve. Et concernant les OQTF criminels je renvoie nos minables wokistes à ce que Lénine et la tchéka en faisaient, et avec raison.

vendredi 28 mars 2025

TRUMP EST-IL LE DINDON DE LA FARCE ?


PA
S ENCORE...

« Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent ! »

Caligula

« D’un autre côté, la lâcheté et la désobéissance ne pouvaient échapper aux plus sévères châtiments. Les centurions avaient le droit de frapper les coupables, et les généraux de les punir de mort. Les troupes élevées dans la discipline romaine avaient pour maxime invariable, que tout bon soldat devait beaucoup plus redouter son officier que l’ennemi ».

Gibbon


La comparaison de Trump au comte de Monte -Cristo a fait florès, comme thème de la vengeance (cf. Le retour de Napoléon) ; Alexandre Dumas fût un temps bonapartiste, mais son roman ferait plutôt penser à la trajectoire funeste de Napoléon III. Mais en fin de compte l'analogie ne pourrait-elle pas s'appliquer plutôt à Poutine et à cette volonté de récupérer l'Ukraine son Alsace/Lorraine ? Si vous utilisez l'IA en calquant sur l'histoire de la chute de l'Empire romain vous risquez d'être émerveillé tant les similitudes sont grandes. Mais restez méfiant, l'interprétation conforme au système régnant est incapable de vous fournir la vérité de son fonctionnement et ses objectifs cyniques et sinistres. Je témoigne en connaissance de cause. Après avoir passé un chapitre de mon livre sur le messianisme, que je définis comme non marxiste (Marx n'a utilisé le terme qu'une ou deux fois), je me suis rendu compte que l'idée était dénaturée, conjuguée à la façon religieuse gauchiste. J'ai plus confiance en moi désormais pour faire les comparaisons que par ce bidule contrôlé par la gauche caviar.

Sans gadget électronique donc, la comparaison avec un empereur romain me semble plus pertinente. Néron fut-il le premier des démagogues populistes ? S'il faut en croire Suétone oui ; il fut un empereur qui pratiquait la démesure et se livrait à des excès afin de flatter le peuple et d’être populaire. Trump, moderne Néron est en plus Don Quichotte irrationnel et débile en économie.1 Dans le chapitre XI de ses « douze Césars », Suétone décrit ainsi l'empereur fou : empereur matricide, connu notamment pour sa tyrannie et sont évoqués les jeux du cirque que l'empereur (cf. le Super Bowl pour Trump), qui possédait un intérêt certain pour la comédie, appréciait grandement : « Il ne s'agit pas d'un personnage digne. Ses actions, notamment celle de dépenser l'argent de l'État de cette façon chaque jour des cadeaux de toutes sortes étaient jetés au peuple (…) des combats devaient avoir lieu en tribune entre les spectateurs pour s'arracher les bons cadeaux : [...] Néron marque les jeux d'une volonté d'innover, d'étaler la puissance de Rome. L'excès, le grandiose, le magnifique, le surprenant deviennent très vite les maîtres mots. . Il y a un excès frappant, du « jamais vu ».

 Il lui est attribué un comportement extrêmement instable, et un goût pour la démesure qui conduit à de grandes dépenses impériales. Confronté à une faible popularité à la suite d'une augmentation de la fiscalité afin de renflouer les caisses qu'il a lui-même vidées, Néron est tué en par un tribun de sa garde personnelle, Cela a failli arriver récemment à Trump, et cela se reproduira. Je peux cependant être d'accord avec les analystes du PCI 2:

« Trump n'est pas plus intelligent, plus stupide ou plus fou que ceux qui sont venus avant lui. Il ne fait que révéler le vrai visage du capitalisme : c'est le monstre anonyme qui menace l'humanité ! Ce n'est pas Trump qui détient le pouvoir, mais le complexe industriel-financier, entre les mains de la classe bourgeoise, qui utilise la machine de l'État pour défendre ses intérêts. (…) La politique imposée aujourd'hui aux États-Unis n'est pas "l'isolationnisme" qui, bien que dans l'intérêt de ce capitalisme national, apporterait la paix dans le monde Il s'agit plutôt d'un autre type de déplacement des forces américaines, les concentrant dans l'Indo-Pacifique, un théâtre d'intérêt stratégique primordial, au détriment de l'Atlantique et de l'Europe. Il sert à préparer la guerre contre l'impérialisme chinois émergent, dans une nouvelle division des marchés mondiaux ».

C'est en effet une banalité, derrière les chefs d'Etat, les vais décideurs sont les financiers et les marchands de canon3. Mais ce n'est pas tout à fait vrai à l'heure actuelle pour deux raisons. La première est la personnalisation de la politique. On cible le méchant Poutine un jour puis un autre le fou Trump (comme on parle de Russie ou d'Amérique) pour gommer le fait qu'il s'agit de la confrontation des rivaux de la classe bourgeoise. Les dictateurs ne sont pas toujours « dictés » comme le PCI me l'avait objecté concernant mon premier livre sur le nazisme. Il y a cependant une forte tension vers un pouvoir personnel et pas anonyme. Le phénomène du bonapartisme permet une relative autonomisation du « dictateur » disons plutôt du chef populiste. Cela n'est pas niable dans le cas des Trump et Poutine même s'ils sont entourés d'une nuée de conseillers pas toujours moutonniers, voire plus dangereux (cf. Medvedev).

La tête de morue décongelée de la chèvre Poutine renvoie plutôt au laid Caligula. Seule différence, Caligula était grand mais aussi laid que le nain du Kremlin, teint livide, corps mal proportionné, le cou et les jambes tout à fait grêles, les yeux enfoncés et les tempes creuses, le front large et torve, les cheveux rares, le sommet de la tête chauve ; aussi, lorsqu'il passait, était-ce un crime capital de regarder au loin et de haut ou simplement de prononcer le mot chèvre, pour quelque raison que ce fût.

Quant à son visage, naturellement affreux et repoussant, il s’efforçait de le rendre plus horrible encore, en étudiant devant son miroir tous les jeux de physionomie capables d’inspirer la terreur et l’effroi. » Un très lointain aïeul de Poutine en quelque sorte. Allégorie, comparaisons ou analogies avec l'histoire de l'Antiquité ont toutefois leurs limites.

LA THESE DISCUTABLE DE LA DECADENCE

Fin de civilisation, période charnière vers une civilisation plus évoluée ou régressive? Peut-on parler de décadence avant d'envisager un autre monde différent ou meilleur? L'idée est reprise par l'internationale Communiste en 1919; nos révolutionnaires professionnels n'avaient-ils pas une connaissance superficielle de la chute de l'Empire romain?  Décadence comme ultime fin du capitalisme est restée le bréviaire d'un seul petit groupe le CCI, mais reste contestée par les autres minorités maximalistes. Plaquer la chute du capitalisme au pic de sa décadence supposée ne relevait pas d'une conception marxiste selon des Bordiga, Pierre Souyri ou les bordiguistes. Les bolcheviques, repreneurs du concept antique, n'avaient certainement pas une culture étendue ni connaissance des progrès de l'histoire contemporaine pour en apprécier toute la complexité. Idem pour le Moyen âge perçu (à tort) comme nuit d'ignorance, sauf dans le cas du seigneur Trump qui veut rétablir des châteaux forts, mais formellement pour les gogos, car, comme le remarque le PCI, il s'agit d'un redéploiement impérialiste. Je ne crois pas à un abandon total de l'Europe ni à une fracture totale. L'Amérique reste une ancienne colonie de l'Europe et leurs grands parents y vivaient.

UN AFFAIBLISSEMENT DU POUVOIR TERRITORIAL

Depuis plusieurs décennies déjà, les peuples « barbares » (terroristes d'époque?) tentaient de faire plier la puissance romaine. L'Empire romain était grandement sujet à la corruption. Les impôts étaient très mal perçus et l'économie donne des signes de grande faiblesse. Toutes choses constatables aujourd'hui.

L'étendue de l'Empire romain d'Occident entraînait des difficultés grandissantes au niveau administratif (pas d'IA). De plus, les ennemis attaquaient sur tous les fronts : les vandales (sic) conquièrent ainsi l'Afrique du Nord, la Corse et la Sardaigne tandis qu'en Europe continentale, les Wisigoths et les Suèves gagnaient de nouveaux territoires.

Suivons encore les historiens accrochés à l'idée de décadence.

Même si le dernier empereur Romulus Augustule manquait de charisme et n'avait aucune capacité à prendre des décisions importantes, c'est l'autoritarisme de ses ancêtres qui a lentement provoqué le déclin de Rome en particulier Néron et Caligula.

Si des liens d'assistance et d'entraide avaient existé entre Rome et Constantinople à la fin du Ve siècle, Rome ne serait pas tombée aux mains des barbares. En effet, l'Empire romain d'Orient (simili Poutine)  a fait preuve d'une neutralité coupable envers son cousin, l'Empire romain d'Occident (simili Trump).

La grandeur des Romains s’explique par leur excellence militaire, leurs conquêtes et leur constitution qui, malgré les fractions et les luttes de pouvoir, parvient à maintenir la liberté. Mais « Rome devait périr par sa grandeur même » : les mœurs des Romains se corrompent et la république, déchirée par les guerres civiles, fait place au régime impérial. Dès lors, Rome s’engage dans une décadence progressive, depuis les despotes Tibère et Caligula, jusqu’à la ruine de l’Empire d’Occident, enfin la chute de l’Empire d’Orient.

La thèse qui refuse de parler de décadence et de décline et qu'on accuse de refuser de reconnaître un déclin de la civilisation, s'avère en grande partie valable. A commencer par la période intermédiaire le Moyen âge. Celui-ci a été longtemps décrié par les historiens du XIXe siècle comme un âge sombre de 1000 ans : pourtant dès le XIe siècle, le niveau de civilisation est comparable à celui de l’Empire Romain, avec en plus sous l’influence du Christianisme, plusieurs aspects positifs que n'avait pas l'Empire romain. Le statut de l’esclave de l’Antiquité, « res » (chose), a évolué en statut de « serf », à qui on reconnaît la qualité juridique d’être humain avec un minimum de droits afférents. L'ancienne éthique aristocratique antique hostile au travail  est contrebattue. La vie économique antique est essentiellement agricole et fondée sur l’utilisation massive des esclaves. Une partie importante de la population (35 % en Italie sous le Haut Empire), est juridiquement réduite au statut de « chose (res) », sans droits. Cela a plusieurs conséquences importantes :

Les esclaves n’ayant rien à perdre, et aucun motif de défendre le pays contre d’éventuels envahisseurs, assisteront passivement à l’effondrement de l‘Empire (que notre classe ouvrière en fasse autant!) ou même se rallieront aux Barbares dans l’espoir d’obtenir le statut d’homme libre. Au travail, le rendement de l’esclave est faible, puisqu’aucun salaire ne vient rétribuer ses efforts. L'esclave dévalorise la notion même de travail : il est perçu négativement par les hommes libres puisque c’est l’affaire des esclaves. Le propriétaire terrien, l’aristocrate antique, manque d’esprit d’entreprise. Il se réserve, dans le meilleur des cas, le soin d’exercer son talent dans des domaines tels que la littérature et dans la guerre.

En Occident antique, les impôts rentrant mal, on les augmente (rien n'a changé depuis des siècles) et on les perçoit avec davantage de rigueur. Trop d’impôts, c’est bien connu, tuant l’impôt et décourageant l’activité, la vie économique en est progressivement asphyxiée. On assiste à la disparition des classes moyennes dans les deux derniers siècles de l'Empire d'Occident.

Il ne faut pas négliger une faiblesse spécifique à l’Empire Romain : le problème de la dévolution du pouvoir suprême : qui fait l’Empereur légitime ? Déclin politique donc plutôt que décadence . Les classes dominantes du pré-capitalisme vont d'orienter vers l'institution de rois régionaux puis nationaux, et enfin d'assemblées du peuple. Le statut d'empereur réapparaissant brièvement du 18ème au début du 20 ème siècle, plus qu'un simple accident de parcours sera le produit de périodes de déclin de la mystification du pouvoir, confronté à des révolutions, Napoléon III après la Commune de Paris, les empereurs Staline et Hitler après la révolution internationale en Russie. Sauf que depuis la fin des années 1960, le pouvoir de sous-empereurs locanx (Franco, Salazar, généraux grecs et argentins) était caduque et n'a pu se rééditer que dans les anciennes colonies, sans être assimilables au nazisme ni au stalinisme. Les nouveaux empereurs russe, américain, chinois, nord coréen, etc. assurent leur pouvoir essentiellement de manière terroriste, peu assurée toutefois concernant Néron Trump, ni destiné à durer.

Les empires modernes des Trump et Poutine: dépassement ou refonte d'un patriotisme bancal ?

On peut être tenté par cette autre analogie dans l'agonie ou le déclin romain : l’absence de patriotisme des habitants de l’Empire au Ve siècle est un fait frappant . Du côté des élites, on voit des aristocrates romains comploter avec les chefs barbares contre les intérêts de l’Empire : les gallo-romains Arvandus et Seronius s’acoquinent avec le roi des Wisigoths Euric qui a décidé de se tailler un royaume en Gaule et en Espagne, Anicius Olybrius, descendant d’une des plus nobles familles de Rome, accepte d’être la marionnette du Suève Ricimer et du roi des Burgondes Gondebaud conte l’Empereur Anthemius !

Du côté du peuple, les esclaves, qui n’ont rien à perdre, se rallient volontiers aux Barbares, les paysans libres ne font que changer de maître, tandis que les classes moyennes, écrasées par les impôts et les responsabilités, disparaissent progressivement.

Les recettes fiscales des territoires ainsi concédés échappent au pouvoir central et l’appauvrissent d’autant, entraînant un cercle vicieux qui lui sera fatal (Bercy tu l'as dit). Sentant l’agonie de l’Empire, les rois fédérés (simili roi Poutine et le roi d'opérette Trump) jettent vite aux orties les traités et s’emparent de vaste territoire peu ou pas défendus, les Vandales en Afrique, les Wisigoths en Espagne et en Gaules, les Burgondes dans la vallée du Rhône.

L’Histoire n’est jamais écrite à l’avance. La chute de Rome relève aussi d’un concours de circonstances fortuites qui aurait très bien pu ne pas se produire : la poussée des nomades venues d’Asie : Huns, Sarmates, Alains, et la personnalité de certains chefs barbares ont joué un rôle déterminant dans l’effondrement de l’État Romain.

L’Empire a succombé parce que l’arrivée brutale des Huns (de Moscou), venus des steppes d’Asie centrale, a poussé l’ensemble de peuples germains (mettons ukrainiens) sur l’Empire en même temps : en 35 ans de 376 à 411, ce sont un million de personnes qui s’installent dans l’Empire soit près de 200 000 guerriers en âge de porter les armes : c’est trop pour (mettons Zelensky) et un Empire étendu de la Grande-Bretagne à l’Égypte dont les citoyens ont désappris le métier des armes et dont l’économie ne permet pas de payer plus de 500 000 soldats (comme chez notre Poutine en ce moment, épuisé par la guerre). L'empire romain d'Occident chute en 476, il n'est plus qu'une mosaïque de royaumes sur ces vastes territoires (comme notre Europe macronesque). Pourtant de ces mêmes ruines surgiront les nations qui permettront au capitalisme de se développer.

Les historiens ajoutent une autre cause au déclin du contrôle de la société par l'ordre en place et qui nous séduit : une instabilité politique généralisée, les usurpateurs se succèdent, sont éliminés ou assassinés. . Comment ne pas comparer, en France comme à l'étranger en ce XXI ème siècle la perte de crédibilité générale des roitelets des Etats bourgeois ? L’empereur Romulus Augustule, symbole du déclin politique romain, incarne une époque marquée par un manque de charisme et d’initiative décisive. Ce vide de leadership a exacerbé les tensions au sein de l’Empire, rendant difficile la gouvernance efficace d’un territoire aussi vaste et diversifié.

L'idéologie patriotique est encore usitée mais elle est usée, ne correspond plus au monde multipolaire, multiracial et où l'individu est son propre empereur, où il obligé d'enjamber les frontières pour trouver du travail. Elle marche encore la vieillerie patriotique avec les Poutine, Trump, Zelensky mais, toujours décalée avec la réalité, pour combien de temps ?

Un reporter du Figaro interroge des ukrainiens dans un cimetière et ceux-ci résument toutes les limites du patriotisme :

« Pour ces familles meurtries, le cimetière ravive des convictions, parfois contradictoires : le désir d’une paix immédiate se confronte au tribut payé pour que l’Ukraine conserve son indépendance. Olha a perdu sa fille après avoir perdu son époux. Sur la tombe de Valentina, son enfant, elle a crié longtemps sa douleur cet après-midi. « Il faut que cette guerre cesse », répète Olha en essuyant frénétiquement son visage rougi. « Mais nous ne pouvons accepter la paix à n’importe quel prix », ajoute-t-elle, catégorique, quand on lui parle de concessions territoriales ou de démilitarisation. À côté d’elle, Konstantin, son neveu, jeune soldat de 26 ans blessé au front, acquiesce sombrement. « Trop d’entre nous sont morts. ‘Ils’ parlent d’abandonner aux Russes les territoires occupés. Moi je me dis : ‘tout ça pour ça’ », souffle le soldat ».

TRUMP EN TRAIN DE SE FAIRE ROULER ROYALEMENT ?

Oui mais par lui-même. Désordres de toute nature, instabilités politiques, perte de crédibilité des dominants, etc. ! Bien des phénomènes similaires au déclin de l'empire romain, mais dans un monde où tout est décuplé : capacité dingue de détruire plusieurs fois la terre, terrorismes permanents – l'écologie dans ces circonstances le prolétariat s'en fout et il a raison, c'est la prière numéro un de la petite bourgeoisie. Mais aussi des progrès immense jamais connus dans le passé de l'histoire de l'humanité, en sciences, en médecine, en informatique, mais aussi dans le développement d'une conscience qu'un autre monde serait possible si... Mais revenons à un présent qui change tous les jours.

Sur les plans économiques et militaires le secoueur de cocotier Trump en invente tous les jours des vertes et des pas mûres. Cette hausse des tarifs douaniers, pensant faire de l'Amérique du nord une forteresse de profit financier n'est pas une simple hérésie « pacifiste », car comme le dit le PCI dans son communiqué car le capitalisme, tôt ou tard, n'a plus pour solution que la guerre mais il est obligé de lanterner comme le fait Poutine, et comme est obligé de l'accepter Trump. Non pas que ce dernier soit roulé mais d'une part parce qu'il y a aussi intérêt, et parce que c'est compliqué de gérer les exigences des gangs en compétition. En tout cas il n'est pas sérieux de croire que mettre fin à un libre échange plus ou moins coordonné va permettre à l'Amérique d'être great again (elle était donc devenue petite?).

Dans les rapports commerciaux depuis toujours, depuis 1945 surtout, rien n'a jamais été irénique entre USA et Europe. Depuis des décennies, la politique industrielle de défense des États-Unis à l’égard de l’Europe vise plutôt à saper l'industrie de défense européenne afin d’encourager les ventes de matériel militaire américain sur le continent. S’ils tentent de forcer un processus de réarmement européen en obligeant les pays européens à acheter davantage d’armes fabriquées aux États-Unis, ils n’y parviendront pas. Bien entendu, l’Europe n’est pas en mesure de produire certains types de systèmes d’armes essentielles, tels que le système de défense aérienne Patriot, et continuera à dépendre des achats effectués auprès des États-Unis pour ces matériels. Les USA n'ont pas les moyens de véritablement rompre avec l'Europe premier client du monde, et si Trump déconne trop il sera viré par sa propre bourgeoisie.

Qu'il s'en prenne aux milliers d'ouvriers immigrants d'Amérique du sud de façon odieuse ou flique à la Vichinsky les employés des services publics, qu'il avalise le travail de nuit pour les enfants de 14 à 16 ans ou qu'il se présente comme président de la fertilité, il n'est pas qu'un vulgaire politicien antisocial, mais de la race des nouveaux cyniques. Non seulement le capital n'a plus que la guerre comme principale solution mais finies les déclarations pour un monde plus ou moins arrangé, démocratique, tolérant, toutes ces roueries de l'ancienne politicaillerie des décennies passées. Place au commercial, au cynisme marchand décomplexé. Il peut peut-être annexer les grands territoires enneigés du Groenland, le Danemark n'enverra pas son armée riquiqui. Prendre le Canada, pourquoi ? C'est déjà une grande province nord américaine mais dont la population le considère comme aussi foldingue que Néron. Et délirant produit du capital américain anonyme et stressé par la montée de la Chine. Trump est une sorte de boxeur qui frappe n'importe comment alors que son entraîner l'alerte sur ses maladresses et la nécessité d'éviter certains coups en l'air.

Une des raisons, non soulignées par les journalistes occidentaux accusant Poutine de gagner du temps, est le marchandage trumpiste4, comme un marchand de tapis, pour les terres rares ukrainiennes, en particulier avec l'autre vendeur de tapis (rares) Zelensky. Le commerce ne cesse pas quand la guerre continue5.

Trump est lumineux pourtant en réaffirmant une vérité  éternelle: la guerre coûte cher et le vainqueur est  toujours fondé d'en exiger le remboursement. La guerre coûte cher et on n'en voudra pas à Trump de révéler qu'il faut rembourser car il n'existe de guerre gratuite pour la fiction démocratique que dans l'esprit fumeux des journalistes de la propagande bien pesante. Dans le nouveau projet d’accord de pillage des minerais ukrainiens, la bourgeoisie américaine, et pas simplement le méchant Trump, parle cash ; elle exige la priorité sur les bénéfices transférés dans un fonds d’investissement spécial pour la reconstruction, et son contrôle, comme d'ailleurs elle l'avait exigé de l'Europe en 1945. Ce pillage, encore à préciser avec Poutine, se fera à la barbe de Zelensky et ne devra rien rapporter à son Etat tant que ne sera pas remboursé l’ensemble du soutien militaire et économique américain fourni depuis le début de la guerre ; l'Etat US se plaint d'avoir versé 114milliards de dollars d'euros entre février 2022 et fin 2024. Ce qui est de...bonne guerre ! Et un point secondaire dans la guerre commerciale qui se déchaîne depuis l'auguste amérique avec, en particulier, la très intrusive lettre anti-woke aux patrons français, dans la ligne « morale » du contrôle des institutions culturelles. L'avalanche de décrets sur tous les sujets fait pourtant plus penser à un capitalisme aux abois qu'à un nouveau fascisme.

Pendant ces échanges commerciaux sans droits de douane, les cliques européennes avec le violoniste Macron supputent qui irait jouer les garde-fous au front ukrainien : des français et des anglais, des chinois ? Le commercial criminel de guerre Poutine propose une mise sous tutelle des nord-coréens et sans honte reproche au vassal ukrainien de ne pas organiser des « élections démocratiques » tout en assurant qu'il va « les achever », pas les élections mais l'armée ukrainienne. Dans la mafia on appelle cela du chantage criminel, n'est-ce pas ?

Avec des boycotts européens pour toutes sortes de produits made in USA, la faillite de Tesla sera un événement majeur, une catastrophe industrielle, financière et boursière. En Europe, les admirateurs de Trump et Musk sont de la classe populaire (comme le disent avec mépris les journaleux) et donc ne sont pas ceux qui achètent des voitures électriques. Et à l’inverse, ceux qui ont les moyens et sont sensibles à ce que représente le véhicule électrique, détestent ce qu’est devenue la nouvelle administration américaine, donc, ceux-là, n’achèteront plus de Tesla. En Chine, pour des raisons différentes, principalement technologiques et patriotiques, les ventes sont aussi en très forte baisse. Or Tesla ne peut pas survivre sans l’Europe et la Chine. Musk sera ainsi une des principales victimes des errements économiques de son patron népotiste.

Laissons la conclusion à Pascal Lamy, qui n'est pas n'importe qui : « … les Etats-Unis ne représentent que 15 % des importations mondiales, ce qui veut dire qu’il y a 85 % du commerce mondial qui n’est pas affecté par les mesures protectionnistes prises par les Américains et par les répliques dans le commerce qu’un certain nombre de partenaires entretiennent avec eux. Si Trump a un agenda de démondialisation, il a encore du travail, d’autant que l’Union européenne est à la tête du plus grand réseau d’accords commerciaux au monde ».


SILENCE ! LE PROLETARIAT NE DORT QUE D'UN OEIL

Poutine croit avoir l’avantage stratégique comme Brejnev pensait l'URSS indestructible. Le 24 février 2022, Moscou entamait son "opération militaire spéciale" en Ukraine, consistant à déployer des troupes dans le pays pour le "dénazifier". Ce qui devait, au départ ne durer que quelques jours a fini par se prolonger… jusqu'à aujourd'hui, où les combats font encore rage. Conséquence ? Bien qu’ils soient parvenus à contrôler "à peine" 18% du territoire ukrainien, les soldats russes, comme leurs homologues ukrainiens, sont épuisés et éprouvent de fortes difficultés à progresser. Selon le décompte du commandement ukrainien, les Russes auraient perdu 900 800 hommes, morts, blessés ou inaptes au combat depuis 2022. Le prolétariat mondial n'est pas aveugle face à ce niveau de barbarie. Question tenace et insoluble aujourd'hui: comment mettre fin à cette barbarie?

Que la guerre se solde toujours par la loi du plus fort. Ce n'est pas toujours vrai et lorsque c'est le cas, comme en 1918, la mise en cause du vainqueur (effet  Monte-Cristo, ne tarde pas. Depuis 2014, Vladimir Poutine s’est emparé de 18% du territoire ukrainien. Mais l’Ukraine, surtout épaulée par l'impérialisme US, a sauvé l’essentiel, au prix de centaines de milliers de vies :des deux côtés pour maintenir un régime véreux et corrompu. Au bout de trois ans de guerre, Vladimir Poutine n’a pas vraiment gagné ni rempli la plupart de ses objectifs de "récupération": il n’a pas conquis l’Ukraine, il rêve encore de ridiculiser lui, le potentat,  le pouvoir de Zelensky, et il a échoué dans son objectif de repousser les frontières de l’OTAN. Il a au contraire ressuscité une alliance européenne aléatoire  et provoqué l’adhésion de la Suède et de la Finlande, pour lesquelles la neutralité n’était plus une option face à la menace russe après l’invasion de février 2022. Même encore méprisées les cliques bourgeoises européennes jouent les fauteuses de trouble, surtout au plan économique, tout en se tirant une balle dans le pied, alors que toutes, surendettées, prétendent réarmer, c'est qui est hélas, notoirement improductif !

Ces cliques dérangent tout de même en refusant de lever les sanctions contre l'ours russe. Si on a pu leur reprocher la semaine dernière de pousser à leur tour à la guerre mondiale, c'est Caligula Poutine qui reprend le bonnet d'âne. Néron Trump fait moins le malin, il n'a pas toutes les cartes en main. Ni Poutine.

Quel monde allons-nous devoir affronter ?

C'est le titre du dernier article du CCI sur son blog. De bonnes questions mais l'oubli de ses propres contradictions . Jusque là les Etats-Unis étaient présumés en déclin (en décadence?) alors qu'il s'avère que America reste la principale puissance qui fait la pluie et le beau temps sur la planète. On avait aussi souri en lisant que l'Ukraine était un pays sans ressources . On retrouve la même explication psychologique du « fou Trump » : « Trump est le fruit de la folie et de l’irrationalité qui gangrènent de plus en plus l'ensemble du système capitaliste mondial ». Or Trump n'est pas du tout irrationnel sinon il n'aurait pas été un homme d'affaires émérite. Il est tout à fait logique et rationnel concernant les profits US. Avec cet avantage, qui rend ce petit Bonaparte populaire, il parle loin de toute diplomatie. On tombe encore dans la personnalisation de l'impérialisme américain en faisant retomber sur les épaules du seul Trump le chaos croissant : « la façon de faire de Trump, produit du chaos du monde, devient à son tour facteur actif et accélérateur de ce même chaos ». Quid de Poutine ? De Netanyahou ? D'Erdogan ? Je me rappelle d'un poster vers 1968 qui montrait les principaux empereurs du monde groupés comme une équipe de football. Et Trump peut prétendre au déguisement d'arbitre. Le plumitif du CCI oublie qu'une grande partie de la popularité de Trump réside sur cette franchise désarmante (et ses volte-face incessantes) face aux politiciens traditionnels (et le CCI). Et en plus, il est le seul qui est venu déranger les élites mondiales en parlant de la possibilité de la paix. face au ronron des guerres des boucheries permanentes réduites au niveau d'un feuilleton télévisé quotidien. Les adhérents du CCI devraient lire la raison du succès de certains empereurs romains et de Napoléon III.

La rupture totale avec l'Europe n'est pas encore actée et cette possibilité scandalise une partie de la bourgeoisie américaine. Il ne faut pas négliger le fait que, après le Canada, l'Europe reste le 52ème Etat américain. La longévité des Trump et Poutine au pouvoir n'est qu'une question... de temps, ils sont très vieux, et ils peuvent abréger eux-mêmes leur séjour par leurs bêtises. Ou bien une balle perdue plus efficace et rapide que la ciguë pour les empereurs romains. Poutine s'est fait piéger par la guerre en Ukraine. Trump peut se faire piéger économiquement par l'Europe. L'article du CCI a raison sur ce point, se couper de l'Europe sera très néfaste pour la bourgeoisie américaine et « la confiance dans la solidité de la parole américaine ne reviendra pas », mais existait-elle vraiment depuis toujours (cf. La guerre en Irak) ?

Quant à la réaction au niveau historique du prolétariat face à « l'impasse historique de la survie du capitalisme » (survie ou décadence?), j'attends comme le CCI. Et il nous reste au moins l'espoir.



NOTES

1Chaque jour qui passe il nous invente une nouvelle trumpinade aussi tarte que les précédentes. .Vous voulez la dernière ? « «Je serai connu comme le président de la fertilité.»

2Qui n'a pas l'esprit de secte du CCI et ne pense pas s'abaisser en polémiquant avec moi (sur facebook).

3Le Figaro :«Il nous faut à présent définir une stratégie de long terme» : ces industriels qui se convertissent au militaire. C’est à Pont-Audemer, dans l’Eure, que Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, est allé voir ce vendredi la réalité de la transformation d’un site industriel, qui, opérant historiquement dans des activités civiles, a élargi sa palette vers le militaire. Cette usine de Thales coche toutes les cases en matière de maintien des compétences, de création d’emplois et d’installation d’une nouvelle activité dédiée à un composant stratégique pour la souveraineté française.

4Sûr que ce n'est pas facile mais que même si Trump perd patience, les industriels US de l'IA et de l'armement sont là pour le calmer.

5La Maison-Blanche avait triomphalement annoncé que la navigation commerciale serait de nouveau sûre en mer Noire, l'Ukraine ayant suivi le pas avec un communiqué approbateur. Problème : la Russie a immédiatement fait échouer cet accord en y ajoutant des conditions supplémentaires. Poutine souhaite la levée de certaines sanctions occidentales et que certaines banques soient réadmises dans le système de transaction financière SWIFT. L'accord ne pourrait passer que si ces points étaient abordés, selon la Russie. "Il y a cinq ou six conditions, je crois" a déclaré Trump. "Nous les examinons."