"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 17 juillet 2024

ORIGINES DU FRONT COCULAIRE ET LA REACTION IMMUNOLOGIQUE DE LA FINANCE

 

qui a roulé qui?
Retour sur le rôle fédérateur du trotskisme lambertiste dans l'accession de la gauche bourgeoise au pouvoir

« En 1978, il se passe des choses très troubles dans l'OCI (secte où est formé le jeune Mélenchon) L 'obscure particule lambertiste est si proche du PS  que personne ne peut ignorer que des discussions se mènent dans l'entourage de Mitterrand-Ali Baba et sa promesse de reprendre les bijoux du Mollah Giscard d'Estaing dans la caverne du pouvoir Un désir d'entrisme très fort se manifeste au sein de l'appareil lambertiste (…) l'OCI entame un travail d'affaiblissement de l'extrême gauche » (cf. p.48 à 52 et p. 83 à 85 de mon ouvrage « Les trotskiens » 2002°. 

« Le brouillard politique est si épais qu'il est toujours permis d'espérer avant que les portes du pénitencier fiscal ne se referment ! » Le Figaro

«Ce n'est pas un problème de droite ou un problème de gauche. Si on ne se désendette pas, on n'a aucune marge de manœuvre» Pierre Moscovici

« « Il y a eu une évidente correspondance entre l’ampleur des déficits publics et les difficultés extérieures » François Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France

 

Le programme de LFI était complètement fantaisiste, et le reste ; et pas seulement dangereux comme le clament les représentants du patronat. Surtout pas révolutionnaire mais de ce genre de promesses populistes qui vise à faire croire que le capitalisme peut raser gratis, en augmentant les revenus des seuls fonctionnaires et des bac+4. Un programme somme toute stalinien, seule propagande avariée que peut produire le trotskysme décomposé. Or, la secte n'étant pas principalement peuplée d'imbéciles mais aussi d'économistes lucides, ils n'y croient pas eux-mêmes à ce programme à la con, père Noël en plein été pollué. Avec la dette abyssale son application aboutirait à l'effondrement du capitalisme en France ce qui est le rêve éveillé de tous ses principaux sectateurs, formés au lambertisme, depuis 50 ans. Pas une révolution prolétarienne mais une sorte de révolution à la Chavez ou Castro, donc de type stalinienne. Cela les industriels et économistes distingués le savent bien mieux que l'électeur lambda ou nos gentils militants maximalistes qui attendent une révolution pure en léchant le cul d'une partie du prolétariat trade-unioniste1. La base de la conviction mystique de courant gauchiste en cravate est depuis des décennies la croyance en l'imminence de la révolution depuis que feu leur pape Boussel/Lambert a imaginé que « les forces productives ont cessé de croître »2.

UNE SECTE GAUCHISTE ELOIGNEE DU TROTSKISME HIPPIE-GUEVARISTE MAIS COPIE CONFORME DU PARTI STALINIEN au service du PS

Car la fraction dominante du trotskisme moderne en France depuis les années 1970, à l'insu du milieu dit ultra-gauche de l'époque, fixé seulement sur le gauchisme wokiste, n'est qu'un bâtard du stalinisme avec des fleurs de rhétorique et un langage fier à bras. Le courant lambertiste originellement sponsorisé par la CIA en 1950, a contribué largement à l'effondrement du PCF ...en reprenant ses méthodes, violentes, sans vergogne et cyniques au nom d'un léninisme sans principe et du trotskisme puant de « leur morale et la nôtre » ; cette absence de scrupules n'est pas une originalité trotsko-stalinienne mais le propre la politique bourgeoise et ses financiers lorsque, en dernier ressort, leurs intérêts sont menacés.

Car il ne faut surtout pas l'oublier, comme le font les nullités de commentateurs télé-rétribués,  que , comme leur guru les sous-chefs de la secte mélenchoniste ont été formés à ce trotskisme fou, mais jus confusionniste réactionnaire qui a contribué à ridiculiser et marginaliser toutes les idéologies de leurs confrères dits « pablistes »des fausses libérations nationales, des complaintes raciales et féministes, depuis les fameuses sixties si wokes finalement, révisionnistes et négatrices du prolétariat. Révisons : l'après 68 n'a donc pas été une réaffirmation flamboyante de la place jusque là  historique du prolétariat comme seul  vrai sujet révolutionnaire. En grande partie par la place, le grand remplacement et le développement d'une petite bourgeoisie salariée qu'on n'avait jamais connue si arrogante et jouissant sans entraves. Le legs paradoxal du mai français fût, via ces lambertistes en particulier, l'élection inattendue mais triomphale du colonialiste Mitterrand en mai 1981.

Plus important groupe trotskiste avant 1968, bien qu'initiateur en milieu ouvrier, mais vite rejeté par la mode barricadière, l'OCI reprendra vite une place centrale dans l'extrême gauche bourgeoise, sans que nous sachions voir à l'époque son impressionnante implantation, dans les services publics notamment.

« C’est en effet d’une usine où militent des syndicalistes membres de l’OCI, Sud Aviation à Nantes, que démarre la première grève avec occupation le 14 mai 1968. Armés de la conviction d’être les seuls membres d’une organisation vraiment ouvrière, les militants lambertiste tiennent tête aux autres militants jeunes qu’ils considèrent comme des « petits bourgeois ». Cet ouvriérisme s’exprime dans les façons de parler, souvent marquées par un accent gouailleur caractéristique de la langue populaire. Il explique aussi l’investissement des jeunes lambertistes dans la construction de l’Unef, représentation traditionnelle des étudiants : à la différence des autres groupes gauchistes, dont l’extériorité contrainte au monde salarié les conduit à rejeter plus ou moins radicalement les organisations traditionnelles au nom du « basisme » ou du « populisme » ». (déjà!)

« l’OCI, qui occupe au lendemain de mai 1968 une position assez marginale au sein de l’extrême gauche (dominée par la JCR d’un côté, les groupes maoïstes de l’autre), va progressivement conquérir une position de premier plan, jusqu’à devenir la force dominante à la fin des années 1970 ». « À partir de 1973-1974, le « souffle de mai » qui avait auparavant profité aux groupes gauchistes semble en effet se reporter sur l’union de la gauche, particulièrement au profit du Parti socialiste. Alors que l’extrême gauche semble marquer le pas, l’OCI se construit, jusqu’à attirer des militants de l’organisation rivale : en 1979, la LCR subit une grave scission de plusieurs centaines de militants, préparée clandestinement de longue date par la mafia « entriste » de l'aventurier Gluckstein) »3.

« Le travail « vers les larges masses » se fait surtout par la médiation d’organisations comme les syndicats. Cet investissement prioritaire dans les structures « traditionnelles » (CGT, CGT-FO, FEN) est lié aux positions initiales des agents qui ont développé l’institution lambertiste ».

 Un ouvriérisme syndicaliste  boursoufflé fonde l'engagement:« Une méfiance pour tout ce qui était la partie enseignante étudiante de cette organisation, surtout de la part de la partie ouvriers, employés, une omnipotence de la section, de l’UD Force ouvrière, qui était la référence absolue dans toutes les discussions »

Le service d’ordre lambertiste est réputé plus violent que celui du PCF :

« Cette appropriation juvénile de l’ouvriérisme se traduit ainsi par un usage ludique de la violence, cultivée par un mode de vie « en bandes ». Cet ouvriérisme est plus largement le moteur d’une logique permanente de démarcation à l’égard du gauchisme, au nom de la « normalité », qui s’illustre dans les fréquentations, les loisirs, la présentation de soi, et plus largement la gestion politique d’un « ordinaire » auquel est dénié un caractère politique ».

L'approche de la secte est favorisée par la présence de figures prestigieuse de l’institution, symbolisant l'attachement aux textes du pape Trotski, comme l’historien Pierre Broué, qui assure alors le rayonnement de l’OCI sur le campus de Grenoble.Puis d'autres personnalités encore inconnues du public, le trouble Jospin, Cambadélis, Benjamin Stora.

« Contrairement aux idées des autres militants d’extrême gauche, les militants lambertistes ne se font pas d’illusions sur le PS, qu’ils définissent comme une organisation ouvrière dirigée par un « appareil » bourgeois. Le « prêt » de militants lambertistes pour aller voter dans des sections du PS pour tel ou tel courant, s’explique à la fois comme échange de services et comme moyen de peser sur les contradictions au sein de ce parti. De telles transactions entre lambertistes et socialistes sont rendues possibles et acceptables par le fait que ces militants se côtoient dans des réseaux où ils partagent des engagements – cette expérience produisant le sentiment d’appartenance au monde commun du mouvement ouvrier, à la grande différence des autres groupes d’extrême gauche qui excluent de leur univers de référence la mouvance social-démocrate, caractérisant le PS comme parti « bourgeois » et FO comme syndicat « jaune » . On le voit pour les jeunes, mais cette cohabitation dans un même milieu militant remonte aux origines ».

Un des animateurs de ces rapprochements se verra récompensé d'un sous-poste ministériel, le nommé Mélenchon4.

UNE SECTE TRES OPAQUE

Le climat des années 1947-1953 est très particulier : beaucoup craignent alors le déclenchement d'une troisième guerre mondiale qui opposerait, sur le théâtre européen, troupes américaines et soviétiques. La France, l'Italie et la Belgique notamment, pour des raisons stratégiques évidentes, sont pour les Américains des territoires-clés. Or ils comptent de puissants partis communistes que différents services de Washington essaient, par des moyens multiples et variés, de contenir. La dénonciation du trotskisme par les staliniens est donc plus fondée qu'on ne le croyait, et pas en soi par le risque qu'il introduite la véritable théorie de la révolution en milieu ouvrier, mais comment concurrents pro-USA. Tout le monde sait que dans l'après-guerre FO est financé par la CIA, incluant à partir de 1950 le fondateur Boussel/Lambert.

« Dès 1974, l’OCI mène campagne pour la victoire du PS face à la droite. C’est au nom de l’imminence de la révolution, à travers l’analogie avec le schéma historique de la Révolution russe, que les militants lambertistes s’engagent totalement dans la dynamique créée par l’union de la gauche : la victoire d’un « gouvernement ouvrier PS-PC » entraînerait le déclenchement rapide de la révolution. Dès lors, les militants lambertistes s’engagent dans des campagnes pour l’unité dans les élections : pour le vote Mitterrand dès le premier tour en 1974 et 1981, pour le désistement réciproque des candidats communistes et socialistes aux élections législatives de 1978. Dans ces campagnes, le principal ennemi est moins la droite que le PCF : celui-ci refuse une victoire qui se paierait au prix de sa subordination au Parti socialiste ».

Christophe Bourseiller, que j'ai connu jeune militant infantile à la Gauche Marxiste, a livré un intéressant ouvrage sur la secte lambertiste. Plus tard il a fourni d'autres infos, en les inversant à mon avis, et il a été aussi franc-mac. Selon lui, le Grand Orient de France et la Grande Loge mixte universelle ont été l'objet de l'entrisme du courant trotskyste-lambertiste dès la fin des années 1970, parallèlement à celui qu'ont subi différents syndicats comme Force ouvrière ou partis politiques comme le Parti socialiste. 

LFI est régi par des organismes secrets ou des filières très officielles mais sous son contrôle, comme depuis des décennies à la tête du syndicat de la CIA, FO. Les «journées économiques» de l’Institut La Boétie,  Dans l’Opinion, le 21 juin on pouvait prendre connaissance d'un sérieux colloque analysant avec sérieux le projet bouffon de la clique, où, pourtant l’ancien économiste du FMI Olivier Blanchard a notamment qualifié le programme économique du NFP de «dangereux».

Connaissez-vous le CDPFI ? C’est dommage, car lui aimerait certainement vous connaître. Le comité des principes de La France insoumise manie l’écriture inclusive aussi sûrement que la phraséologie révolutionnaire ou la sanction arbitraire. Ce groupuscule de treize membres est sorti de l’anonymat cette semaine. D’un simple courriel, il a décidé du renvoi de Pascale Martin, qui a eu le mauvais goût d’être battue aux législatives à Périgueux, et de rejoindre l’association des toujours plus nombreux ex-aficionados de Jean-Luc Mélenchon, L’Après (Clémentine Autain, Alexis Corbière, Raquel Garrido, etc.). « Le parti se renforce en s’épurant » - c’est du Lénine remâché au goût amer.

Or, on n'est plus au temps ni de Blanqui ni de Lénine. Il n'y a jamais eu de révolution réelle à la suite d'élections bourgeoises. La coalition des mafias de la gauche n'est qu'ensemble de zizanie et de petits personnages arrivistes qui incitent et inciteront à une abstention encore plus massive ou déclencheront une guerre civile si jamais on leur attribuait des postes clé du pouvoir.

 Mélenchon pose en interne au rejet de la démocratie bourgeoise, nous aussi mais pour une réelle démocratie prolétarienne, lui c'est pour instaurer un parti dictatorial néo-trotskien. Cette défiance interne à la secte vis-à-vis de la démocratie a été ainsi exprimée : « Le prochain qui prononce ce mot devant moi, je l’extermine » (chapitre XI du livre Trotskisme, histoires secrètes, de Laurent Mauduit et Denis Seifert). Dans la perspective d'une victoire de Bardella, LFI nous promettait déjà une révolution de pacotille  où les prétendus Insoumis en faisant du chantage à la grève et aux émeutes avant les JO, pour obtenir un poste de premier ministre.

Le rêve insurrectionnaliste soumis aux vieilleries trotskiennes de Mélendéchu, était de gouverner par décrets. Il avait prévenu que dès le 7 juillet un gouvernement du Nouveau Front populaire pourrait utiliser cette méthode pour mettre en place des mesures phares du programme de la gauche : abroger le report à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite et augmenter le smic à 1 600 euros, quasi impossible vu l'endettement de l'Etat.

 Constat valable hier, valable aujourd'hui, le lambertisme recyclé mélenchonisme n'a guère d'avenir. Ni futurs gestionnaires d'un Etat sous-développé, ni nouveaux mencheviques car devenus anti-marxistes et populistes minables, ils ne pourront pas être ni une force bourgeoise « insoumise » (au marxisme) ni un marche-pied vers une vraie révolution prolétarienne :

« Réformistes chez les révolutionnaires, les lambertistes sont des révolutionnaires chez les réformistes. S’ils apparaissent comme les antistaliniens les plus intransigeants, au point de friser aux yeux de certains l’anticommunisme vulgaire, ils sont en même temps dans les pratiques des militants qui savent « utiliser les méthodes du stalinisme contre le stalinisme ». Les militants lambertistes occupent une position en surplomb, qui leur permet de cultiver une identité paradoxale. Identité dont les chances de perpétuation ne se maintiendront guère au-delà des années 1970, à l’épreuve des dissonances cognitives qu’engendre, après 1981, l’absence de bouleversement révolutionnaire…

Avec Mélenchon le hâbleur le prolétariat aurait eu toutes les chances de rester le cocu de l'histoire


NOTES


1Le risque est connu mais déjà âprement combattu et voué à l'échec, nous ne sommes pas en pays sous-développé.Tout cartel ou mafia électorale, compte tenu de la composition du nouvel hémicycle, sera en permanence à la merci d’une motion de censure. Tous les clans se neutralisent. À court terme, le choix est entre l’instabilité ou l’immobilisme. Au mieux, l’enjeu est donc de tenir. Mais personne n’échappera aux turbulences. Pour l'instant chaque mafia prend son temps avant la prochaine dissolution, quitte à en passer par un bricolage de gouvernement de coalition, voulu par le crétin Villepin, le même qui méprisait son employeur Chirac et l'avait poussé à une aussi stupide dissolution. La force arrivée en tête serait LFI selon ce pauvre et vil Villepin. Or 12,8 millions de français ont voté à droite(7,4 à gauche sans adhérer au pgm de gauche et 6,3 au centre sans doute un peu perdu) en demandant : de l’ordre dans la rue, de l’ordre à l’école et de l’ordre dans les dépenses publiques C’est pas pour un « gouvernement républicain » ou d'union nationale bourgeoise !

2Très certainement inspiré par cette thèse irréaliste du cercle GCF de Marc Chirik en 1950. Je me rappelle que dans les années 1970 on trouvait étonnant que le parti lambertiste avec ses sigles successifs (OCI, PCI, Parti des travailleurs, POI, etc.) affichent des positions politiques anti-gauchistes comparables aux positions de Révolution Internationale. Des thématiques comme l’écologie ou le féminisme, aujourd’hui centrales à gauche, étaient jugées périphériques et non prioritaires. Du point de vue de la méthode, l’autoritarisme et la violence des mots Quelle naïveté, sachant que le lambertisme a été capable de toutes les roueries politiques : entrisme dans n'importe que parti bourgeois, même dans l'extrême droite et les syndicats, pillage de matériel à l'université, espionnage des groupuscules les plus cohérents, donc pillage de leurs conceptions vraiment radicales. Hélas leur plongée dans le populisme vient contredire et réduire à néant toute leur prétention à se réclamer du marxisme ou à prétendre l'avoir dépassé. A l'inverse, j'ai supposé que les éléments dits louches dans le CCI n'étaient pas des agents de la police infiltrés mais des missionnaires lambertistes, les Chénier, José et Mo. Au début des années 2000 j'ai été moi-même approché par un chercheur, aux deux sens, qui m'a permis toutefois de sortir de l'oubli l'immense travail de Lucien Laugier. J'ai rompu avec lui lorsque je me suis aperçu qu'il publiait aussi sur un site d'extrême droite révisionniste où il me critiquait (heureusement!). Ne jamais oublier : les lambertistes n'ont jamais aucune barrière de classe ni de morale, comme leurs pères putatifs staliniens.

4Cette dynamique est particulièrement sensible dans la jeunesse, où le Parti socialiste est très peu implanté. Dans ce milieu, les lambertistes captent donc une clientèle politique large. C’est en quelque sorte un rapport d’« homologie dynamique » qui s’instaure entre l’OCI et le PS. Toute une génération de militants, principalement étudiants, est socialisée à l’institution lambertiste dans une période où celle-ci conquiert progressivement l’hégémonie dans le sous-champ politique de l’extrême gauche et dans le milieu militant étudiant. L’un des plus beaux fleurons de cette réussite est l’Unef-ID. La dimension héroïque de cette histoire d’institution, que les agents ne manquent pas de reconstruire en permanence, tant par l’énumération des « faits d’armes » que par le rappel, dans les textes internes à l’organisation lambertiste, de la « traversée du désert » et des réussites ultérieures, contribue à consolider l’institution lambertiste à travers les réseaux de sociabilité tributaires de ces succès : secteur jeune, syndical et politique, groupe du service d’ordre, appareil dirigeant de l’organisation. »

Le dernier numéro de Charlie Hebdo consacre un dossier "l'étrange parcours du docteur Mélenchon", mais superficiel comme le reste de leurs articles. 

vendredi 12 juillet 2024

BOOMERANG DU BARRAGE REPUBLICAIN : L’ivresse du pouvoir des bobocrates

Le premier ministre de la France soumise

 « Résultats des législatives : tentez de composer une majorité absolue avec notre simulateur de coalitions ». Le Figaro

« Nous sommes sur le chemin d'une France qui a le sentiment qu'elle n'a plus de classe politique digne de ce nom ». Dominique Reynié

« A quoi sert d'avoir fait des études et obtenu des diplômes, ce dont les « élites » se targuent tant, si c'est seulement pour prendre de haut ceux qui n'ont pas eu cette chance ? Ce « racisme de l'intelligence », qu'avait dénoncé Pierre Bourdieu en son temps » Aquilino Morelle

Sagou K., un Malien qui a blessé trois personnes le 3 février à la gare de Lyon, s'est confié sur ses motivations. Il a reconnu avoir voulu cibler spécifiquement les Français blancs. 


Victoire des médias qui ont bien travaillé pour faire battre le RN. Ils ont interagi en deux temps : ils annoncent une large victoire du RN, ce qui démobilise partiellement ses électeurs et ce malgré les désistements. Ensuite ils matraquent les candidats RN d’incompétence et signent des articles sur une future catastrophe économique. Pas de chance, ils ont trop bien réussi leur coup mais en gonflant le pôle de la gauche mythique et mystique qu'il leur faut démonétiser à son tour, grâce en grande partie à son programme délirant et irresponsable pour la classe bourgeoise et « père Noël » pour les ouvriers.

Ce sont les désistements arrangés et report de voix qui ont fait la différence du vote surprise. Sinon le « parti anti-système » double presque son score en nombre de députés plus : 10,1 Millions de voix, NFP (qui va éclater avant la fin de l'année) : 7,4 Millions de voix Ensemble : 6,3 Millions de voix. Du point de vue de l'ordre bourgeois c'est heureux que le RN n'ait pas la majorité et qu'il ait été aussi vite dégonflé par la simple magouille des biangulaires, duels supprimant des triangulaires trop favorables à ce parti d'apaches.

« Cependant, le « barrage » n’explique qu’une partie de l'échec du RN Ce parti a été confronté à ses propres erreurs et limites. Son programme n’est pas sérieux, ses candidats ne sont pas prêts ; ils n’ont pas été sélectionnés avec soin, ils n’ont pas été suffisamment formés, au point que de nombreuses invitations à débattre lancées par des médias ont été refusées par des candidats RN incapables de faire face ou craignant de ne pas y parvenir. C’est le prix d’un parti depuis toujours dans l’opposition ; c’est aussi la conséquence de sa sociologie, le RN est plus que jamais le parti des ouvriers et des employés, des moins diplômés, des plus modestes, etc. La dissolution aura eu le mérite de mettre en évidence son impréparation et la nécessaire mue qu’il lui faudra opérer ».

Plus que jamais le parti des ouvriers ? Le politologue devait avoir un coup dans le nez. C'est une chose de constater un vote protestataire hétéroclite qui est surtout le fait de couches en déshérence, paysans, petits commerçants, aussi de jeunes1, d'ouvriers et d'employés de province vivant déclassement et mépris, pour les réunir dans un parti des ouvriers qui n'existe plus. Les abstentionnistes en milieu ouvrier restent très nombreux heureusement.

Le retour de la mystique de gauche

Cette mystique encore efficace est venue troubler le but du barrage, amenuiser les extrêmes :

«  Ce fut la plus grosse erreur du président de la République dans cette dissolution : croire que la gauche, parce qu'elle se tapait dessus depuis des mois et se trouvait menée par le pire de ce que la politique pouvait produire, n'existait plus comme réalité solide, soudée et cohérente. Or, la dissolution annoncée, il ne fallut pas plus de quelques heures, pour que toutes les tendances, tous les courants, toutes les chapelles hier ennemis mortels s'embrassent follement au nom de l'unité des forces de gauche face au péril fasciste...rire devant le ridicule de la chose est peut-être légitime, mais ne sert à rien car le mouvement n'est pas un «calcul électoral» mais correspond incontestablement à un mystique de la gauche, une de celle qui ressuscite ceux que l'on croyait morts »2.

La question est de savoir si c'est «la gauche» dans son ensemble qui l'emporte ou plutôt «une ». Stupeur et ballonnement : aucun bloc n’est en mesure à lui seul de former un gouvernement durable parce qu’un tel gouvernement serait tôt ou tard renversé par les deux autres blocs, rivaux mais alliés contre le troisième. Vous avez dit chaos, non mésentente.

Un front, qui n’a de populaire que le nom (la gauche n’attire plus les classes populaires et ouvrières), rejoue la scène primitive de la sainte alliance contre le fascisme. Mais c’est un fascisme imaginaire : 2024 n’est pas 1936 et le parti de la fille n’est plus celui du père ! Ni des Waffen SS, slogan aussi ahurissant que bête.3

Le pôle gauche s’est cristallisé, pour sa part, en une entente improbable, conduisant ses électeurs, à ratifier un programme délirant et à rallier une figure repoussoir au motif de combattre des idées repoussantes. Le camp présidentiel s’est joint à cette scénographie, entre combinazione et hallucination collective, avec les résultats inattendus que l’on voit. Faut-il ajouter que le programme du Nouveau Front populaire constitue non un accord de gouvernement réfléchi, mais un bricolage idéologico-électoraliste visant, avec succès d’ailleurs, à emporter des sièges ?4

« En réalité, la gauche a remporté, comme souvent, une victoire médiatique, celle de l’interprétation des résultats, mais électoralement, elle a subi un échec important. Si, au second tour, on additionne les scores des partis du NFP avec ceux de toutes les gauches, on obtient laborieusement 27,28 % des suffrages exprimés… soit 17 % des électeurs inscrits. Les gauches reculent même par rapport aux élections européennes du 9 juin, où ce total de toutes les gauches dépassait 33,7 % des suffrages exprimés ».

Du point de vue majoritaire la comparaison avec 1981 est hors de propos, mais du point de vue étatique bourgeois ce serait une hérésie suicidaire de recommencer à lui confier « les affaires ».

 Si le NFP a le plus de sièges c'est seulement parce que ce cartel se compose d'une alliance d'une vingtaine de partis. Ces cliques diverses de la gauche bourgeoise ont fortement bénéficié du vote barrage et des reports macronistes, bien plus qu'en 2022, au même titre que le parti étatique Renaissance a bénéficié du vote de la gauche et de la droite. La perspective d'une victoire « facho» était en effet bien plus tangible ce mois-ci. Ce n'est pas une mythique « gauche éternelle » qui l'emporte en chiffres mais un assemblage d'avides de pouvoir, qui bavent de plaisir, où le PS ne renaît pas vraiment de ses cendres, où la clique à Mélenchon gagne peu et n'est plus dominante, sans parler des écolos qui n'étaient plus rien au premier tour et deviennent centre de la mystification « tous unis » pour vous emmener en bateau avec la mise en valeur médiatique de la bêtasse Tondelier.

Une première observation donc : en toute hypothèse, même un gouvernement emmené par le Nouveau Front populaire ne pourrait gouverner par décret sans la signature d’Emmanuel Macron. De surcroît, la Constitution requiert des lois lorsqu’il s’agit de prendre des décisions en matière de droits civiques, de libertés, de droit pénal, ou encore de fiscalité... La liste est loin d’être exhaustive. Par exemple, le rétablissement de l’ISF ne pourrait donc pas être décidé par décret.

«On ne peut pas non plus abroger une autre loi par un décret». «Par exemple, quand Jean-Luc Mélenchon parle d’abroger par décret la réforme des retraites, c’est un slogan !» (Philippe Blachèr, agrégé de droit public et professeur de droit constitutionnel) En outre, le choix d’Élisabeth Borne d’avoir inscrit l’âge de départ à la retraite dans la loi, contraindrait sans doute l’exécutif à demander au Conseil constitutionnel son aval pour toute réforme ou abrogation.

Le revival de la gauche mystique sous le slogan populiste « faire payer les riches et redonner du « pouvoir d'achat » relève de la hotte du Père Noël dont l'emballage est antiraciste et guépéou5. La fée des cadres CGT Sophie Binet a voulu poser à la principale représentante de commerce féerique contre le vol présumé d'une victoire pourtant combinée avec les pires bourgeois, étriquée et fallacieuse. Et avec un programme, certes aguicheur, mais complètement utopique. Le moins fringant Attal n'a pas eu tort de dire que l'augmentation du SMIC à 1600 euros serait «Une machine à détruire l’emploi».  Selon une enquête réalisée fin juin par la Confédération des PME (CPME), si le salaire minimum est porté à 1600 euros nets, alors plus d'un entrepreneur sur dix (14%) «n'aurait d'autre choix que de cesser leur activité tandis que près de trois sur dix (27%) licencieraient une partie de leur personnel pour sauver leur entreprise». La moitié d'entre eux (50%)« se contenterait de répercuter cette hausse des salaires sur leurs prix de vente», alimentant ainsi l’inflation. Enfin, «seul un dirigeant sur dix (10%) serait en capacité d'absorber ce surcoût dans ses marges», précise la CPME. Dans la petite tête du bobocrate moyen .il y a toujours assez de fric et tant mieux si cette revendication appliquée fait chuter le système, en réalité la France seule et pour tomber économiquement au niveau de Cuba, comme la presse bourgeoise la plus lucide le leur reproche 6. Mais la pire ignominie de ce slogan populiste est de ridiculiser les ouvriers en tentant de leur faire croire que combattre le capitalisme c'est seulement augmenter les salaires et dans une proposition vertigineuse7. Les ouvriers ne croient même pas à cette lubie pour petit bourgeois. Du point de vue bourgeois industriel, au niveau international, cette hausse des salaires rendrait également la France moins compétitive pour les exportations avec «un risque d’inflation». Enfin, LFI, qui dans sa course au pouvoir, se moque de ses électeurs bobos, n'aurait pas les voix suffisantes à l'assemblée nationale pour faire voter un si populiste programme, ni les moyens financiers de le mettre en œuvre.

UNE SOLUTION INTERMEDIAIRE SI PEU MYSTIQUE ?

(les milieux financiers détestent l'incertitude)

Estimant que les Français ont, par leur vote, simplement voulu «faire barrage» au triomphe annoncé du Rassemblement national - et non approuver le «programme complètement délirant» du NFP - l’ancien ministre sarkozyste du Travail Bertrand a proposé une issue de secours pas très fiable : «Un gouvernement d’urgence nationale», qui serait dirigé par une personnalité issue des Républicains. «Pour que ça change, ça ne peut pas être un premier ministre du camp présidentiel». Cette équipe pourrait à la fois «rassembler LR, les indépendants, les macronistes, et les hommes et les femmes de bonne volonté.» (hi hi)

 Plaidant à la place pour un exécutif qui devra être «politique» et «comprendre ce qui se passe dans le pays». Avec une ligne directrice : «Plus de sécurité et moins d'immigration.» La macronie et la droite ont beau jeu ne pas avoir ensemble la majorité absolue, Xavier Bertrand a souhaité une coalition qui «se rapprocherait le plus (possible) d’une majorité absolue.» Une manière de tenter de prendre la gauche de vitesse. Et de tordre le bras du camp présidentiel, afin qu’il se range derrière Les Républicains. Or, pas un journaliste n'a cessé de répéter que l'alliance avec les résidus de la droite aurait dû être anticipée et non pas souhait aussi tardif, or l'alliance avec la droite plus rien était déjà un fait depuis le second round de Macron avec les Darmanin et Lemaire.

La bêtise de Macron ne cache même plus les conciliabules secrets entre toutes les cliques bourgeoises, avec le gros Larcher du Sénat, entre Philippe et la mère Le Pen, entre Roussel le petit traître à 2% et Darmanin ou Véran. Le conseiller officieux d’Emmanuel Macron a reçu ces derniers mois à plusieurs reprises Marine Le Pen et Jordan Bardella, en présence notamment d’Edouard Philippe ou du ministre des Armées, en toute discrétion. Thierry Solère aurait rempli un rôle d‘agent de liaison entre le camp présidentiel et le RN. Tous n'ont honte de rien. Surtout pas des subventions publiques aux divers partis bourgeois8.

LE DANGER FACHO ECARTé ET MAINTENANT ?

La gauche anglaise est plus intelligente que la française et pose la question de l'immigration comme limite et pas porte grande ouverte sachant que le populisme frappe partout aux portes.

La surprise du scrutin en Angleterre vient surtout du parti anti-immigration et antisystème Reform UK : il gagnerait 13 sièges, une entrée bien plus fracassante que prévu pour la formation de la figure de la droite dure Nigel Farage Pour Rishi Sunak, la campagne a tourné au chemin de croix. À coup de clips alarmistes sur les réseaux sociaux, sa stratégie a surtout consisté à accuser les travaillistes de vouloir augmenter les impôts et d'ouvrir les vannes de l'immigration illégale. En face, le travailliste Keir Starmer a mis en avant ses origines modestes -. Pour couper l'herbe sous le pied des attaques de la droite et faire oublier le programme dispendieux de son prédécesseur Jeremy Corbyn, il a promis une gestion des dépenses publiques très rigoureuse, sans augmentation d'impôts.Il veut se montrer ferme sur les questions migratoires et se rapprocher de l'Union européenne - sans la rejoindre. Mais il a déjà prévenu ne pas avoir de "baguette magique" et les Britanniques se montrent, dans les sondages, sans illusion sur les perspectives de changement.

 Le populisme ne peut pas être jugé comme une simple expression de la décomposition ou une division entre partis bourgeois. Peut-être comme le produit du racisme des ouvriers blancs comme le pensent les wokistes...et le CCI ? Le problème est-il dans la montée du populisme ou dans l'incapacité de tous les partis à proposer une solution d'avenir ?



ANNEXE



Le danger populiste plus important que les questions posées dans la société ?

ENTREFILET DU SITE DU CCI

« Élections aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France: La gauche du capital ne peut pas sauver ce système à l’agonie 

 La montée du populisme est un produit direct de la décomposition du capitalisme et a créé de profondes divisions au sein de la classe dirigeante. Aux États-Unis, le Parti démocrate semble paralysé dans ses efforts pour empêcher Trump de revenir à la présidence, une issue qui accélérerait le glissement vers le chaos tant aux États-Unis qu’à l’échelle internationale. En France et en Grande-Bretagne, l’histoire est un peu différente, avec Macron et le « Nouveau Front populaire » qui s’allient pour bloquer l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national, et le Labour qui écrase un parti Tory profondément gangrené par le populisme. Malgré cela, les forces du populisme et de l’extrême droite continuent de croître sur le terreau d’une société en décomposition

Des politologues, par ailleurs conseillers de la gauche au pouvoir sont autrement plus lucides et préoccupés non par la méchanceté du populisme mais sur les raisons de son succès, et aussi sur son contenu en partie très dérangeant pour les élites de gauche et d'ultra-gauche.... Sinon dénoncer le populisme c'est ou être populiste soi-même ou simpliste comme un gauchiste et le traiter de mouvement facho, ce que suggère notre austère et planant CCI. Les analyses de la situation sociale mondiale ne peuvent se cantonner au niveau national mais la crise politique en France est une épine dans le pied pour tous les Etats. J'ai envie même de poser une question : le populisme peut-il empêcher la guerre ?

Des citations édifiantes qui n'entrent pas dans le simplisme de la décomposition qui explique tout.

« Enfin, il y a la question du « grand déclassement » économique, industriel et agricole du pays. Le taux de pauvreté atteint 14,5% de la population active et plus de neuf millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Nous avons perdu 2,5 millions d'emplois industriels en 20 ans. En France, l'industrie ne représente plus que 10% de la population active, alors qu'en Allemagne elle atteint 23% et 18% en Italie. L'inertie des gouvernements successifs, de droite comme de gauche, et la démission des élites face à ces trois problèmes a créé la puissance politique, humaine, sociologique et électorale du RN ».

« Cette haine du politique, voire de certains politiques, est essentielle à saisir. Toutefois, la force du RN vient de ce qu'il embrasse à la fois la question sociale et la question identitaire. La gauche nie la question identitaire, la considérant comme « fasciste », ce qui est une attitude puérile. Car l'identité de la France, ce sont aussi les services publics, l'école, l'hôpital ou encore la laïcité. L'identité de la France, c'est la République. Les Français qui votent pour le RN, dans leur immense majorité, ne sont pas des « fachos », mais des citoyens attachés à leur nation » (Aquilino Morelle).

LA SOCIOLOGIE DES PARTIS ET L'ISOLEMENT DU RN (J. Fourquet)

« J’ai fait le décompte des professions des candidats des différentes forces politiques. Chez Ensemble, 59 % des candidats sont chefs d’entreprise, professions libérales, cadres ou ingénieurs. C’est le cas de seulement un tiers des candidats du RN et du Nouveau Front populaire. Le NFP est celui qui compte la plus grosse composante des métiers du cœur: professeurs, profession des arts et spectacles, professions intermédiaires de la santé et du social: 28 % de leurs candidats contre à peine 10 % chez les autres. Et c’est au Rassemblement national, même si ce n’est pas majoritaire, que la proportion de professions intermédiaires, du privé ou du public, des employés et des ouvriers est la plus forte: 24 %, contre 9 % seulement chez Ensemble et 14 % au Nouveau Front populaire ».

Le RN, premier parti de France, n’a pas droit de cité dans un vaste espace central où se concentrent tous les lieux de pouvoir. Et les décideurs ne côtoient jamais au quotidien ces électeurs. Autre relégation, la relégation culturelle. On a vu avec la réactivation de ce front républicain, un peu moins qu’à certaines époques, mais quand même de manière assez nette, fleurir de très nombreuses tribunes ou de prises de position de footballeurs, d’artistes, de chanteurs, d’universitaires, de gens de la culture ou de grands leaders économiques. ...) Cette représentation valorisante n’existe pas pour le RN, dont les électeurs sont dépeints comme des «beaufs» et dont le président a vu ses piètres résultats scolaires dévoilés dans la presse. Le RN lui, bien qu’ayant fait 10,5 millions de voix, n’a eu aucun rappeur, aucun footballeur, aucun rugbyman, aucun chanteur avec lui.(...) Ils se sont illusionnés sur une espèce de magnifique village Potemkine. Les JO permettaient de raconter une belle histoire d’une France unie, rayonnante. C’était très valorisant pour le Président de montrer la France dans un écrin. Mais cela ne correspondait pas à la réalité des problèmes de pouvoir d’achat des Français, de leurs inquiétudes quant à l’insécurité ou l’immigration. Ils ont voulu gommer les fractures françaises, le temps des JO, mais le décor Potemkine s’est déchiré le 7 juillet.

Jérôme Fourquet (toute l'interview est passionnante, à lire sur le Figaro)


NOTES

1La jeunesse ouvrière se fiche de l'hydre facho agitée par la jeunesse bobo diplômée et inculte en histoire. Du côté des jeunes, le vote est très polarisé : 31% des jeunes s'apprêtaient à voter RN aux élections législatives, et 45% d'entre eux voteraient Nouveau Front populaire. Il y a une radicalisation des jeunes. Deux jeunesses se confrontent : d'un côté, nous observons une jeunesse étudiante, des grandes métropoles, habituée aux manifestations, et de l'autre, nous voyons une jeunesse en bas de la hiérarchie sociale, très souvent issue de l'enseignement professionnel, avec des difficultés à rentrer dans la vie active. Cette jeunesse vote massivement pour le Rassemblement national. Toutes ces fractures générationnelles, communautaires ou sociales sont préoccupantes. La gauche ne parvient plus à parler à l'ensemble de la nation et surtout aux gens d'en bas : 21% des ouvriers avaient l'intention de voter pour le NFP contre 60% qui choisissaient le RN !

2Un conseiller d'Edouard Philippe.

3Les ancêtres du parti socialiste ont un pedigree bien plus impressionnant : envoi au massacre de la classe ouvrière en 1914, rebelote en 40 et avec Pétain, sans oublier leurs ministres des colonies dont un certain François M.

5 Libération qui modèle l'opinion bobo décrypte et pourchasse le facho qui est en vous. «Libération» a « froid dans le dos » et dévoile Racistes, complotistes, homophobes, pro-Poutine : la galerie des horreurs des députés RN qui siègeront à l’Assemblée a identifié : 28 élus RN auteurs de saillies et de prises de position discriminantes, violentes ou délirantes. Ils représenteront 20 % des 142 sièges remportés par l’alliance d’extrême droite. Nonna Mayer , sa spécialiste de l'extrême droite « démontre » ils sont toujours tous racistes : : «Les électeurs du RN ne changent pas : 94 % d’entre eux ont le sentiment qu’il y a trop d’immigrés en France»

6Promesses...  « d'un parti qui ne peut rassurer, sur le plan économique notamment, tant l'addition de mesures populistes destinées à enrober le fond du programme répond plus à des commandes électorales qu'à une politique publique cohérente, tenable ou réaliste ». LE FIGARO 

7Il faut préciser que c'est la pensée de base des trotskiens, totalement méprisant pour la classe ouvrière, et devenus l'expression extrême du populisme plus du marxisme. LFI est un organisme obscur de type trotskiste pipolisée. Lambertistes et pablistes sont historiquement acoquinés à ce jour, diverses sectes militantes soutiennent ouvertement Mélenchon et sa clique ; Besancenot et Poutou figurent sur les tribunes communes. Il faut rappeler que Mélenchon a été formé par la pire tendance trotskienne liée avec la CIA au temps de la lutte commune contre le stalinisme. La marionnette de Mélenchon, le NPA : « Ce qui s’est construit au cœur de cette campagne, une gauche unie et militante, doit perdurer : confirmer un programme de rupture, se nourrir et nourrir les mobilisations plus que jamais nécessaires, permettre au plus grand nombre de rester organisé au-delà de ces élections, condition pour faire renaître une véritable gauche de combat ». LO reste indépendant du trotskisme caméléon et hors des réalités : «  Le RN, comme tous les partis en compétition pour gouverner, est respectueux de l’ordre capitaliste et fondamentalement dévoué à la grande bourgeoisie qui détient le monopole des usines, des banques et des chaînes de distribution. Il véhicule les idées les plus réactionnaires : le racisme, la xénophobie, l’oppression des femmes. Le plus grave est que ce nouveau postulant au rôle de sauveur suprême dresse les travailleurs les uns contre les autres en fonction de leurs origines, les divise et les affaiblit, à un moment où le monde du travail a encore plus besoin de son unité pour les combats à venir contre ses ennemis mortels, le grand patronat, les maîtres des grandes entreprises et de la finance. Alors, il est exclu qu’un travailleur conscient vote RN ». 

8La règle est claire : au premier tour, dès lors qu’un parti récolte au moins 1 % des suffrages dans 50 circonscriptions, chaque voix lui rapporte environ 1,10 euro (montant variable en fonction de la participation), et ce, de manière fixe tous les ans. Puis, une fois le second tour passé, chaque parlementaire élu - député ou et sénateur - débloque l’autre volet d’un montant de plus de 37.000 euros par élu et par an jusqu’au prochain renouvellement. Une manne financière qui s’élève à 66 millions d’euros pour l’année 2024. Le grand gagnant de ce redécoupage budgétaire anticipé est sans conteste le Rassemblement national (RN), même si le pactole du parti à la flamme est bien moins élevé qu’espéré. Avec près de 9,4 millions de suffrages récoltés le 30 juin, le RN devrait recevoir toutefois plus de 10,3 millions d’euros du financement public au titre de la première fraction. La déception du second tour, avec « seulement » 124 députés élus, liée aux plusieurs centaines de désistements du « front républicain », a contraint les cadres du RN à revoir leurs projections financières. Le contingent d’élus ajoute néanmoins environ 4,5 millions d’euros à la caisse - contre 9 millions envisagés - portant l’enveloppe totale à près de 15 millions d’euros par an. Le parti deJordan Bardella, qui ne comptait que 2 députés en 2017, est désormais le plus grand bénéficiaire des subventions publiques. Autrement dit, la République soi-disant menacée de mort part le RN, lui verse 10 millions d’euros. En toute logique !…..

Pour la coalition des gauches, si l’enveloppe globale devrait rester similaire - 16 millions d’euros en 2022 contre 16,7 millions prévus en 2025 - le changement du rapport de force interne modifie aussi la donne financièrement. Là encore, les argentiers des formations du Nouveau Front populaire sont d’ores et déjà en train d’évaluer les voix récoltées par leurs candidats respectifs pour estimer leur part du gâteau.