« ….
La création du prolétariat sans feu ni lieu - licenciés des grands
seigneurs féodaux et cultivateurs victimes d'expropriations
violentes et répétées - allait nécessairement plus vite que son
absorption par les manufactures naissantes. D'autre part, ces hommes
brusquement arrachés à leurs conditions de vie habituelles ne
pouvaient se faire aussi subitement à la discipline du nouvel ordre
social. Il en sortit donc une masse de mendiants, de voleurs, de
vagabonds. De là, vers la fin du XV° siècle et pendant tout le
XVI°, dans l'ouest de l'Europe, une législation sanguinaire contre
le vagabondage. Les pères de la classe ouvrière actuelle furent
châtiés d'avoir été réduits à l'état de vagabonds et de
pauvres ». MARX
Le capital 7e
section
« Deux
professions qui sont devenues complémentaires dans l’encadrement
et la socialisation de la jeunesse se sont trouvées, simultanément
et paradoxalement, opposées de manière sanglante au cours de deux
drames qui ne devraient pas être classifiés banalement au rang de
faits divers. L’immolation par le feu de la professeure de
mathématiques de Béziers me choque autant que les suicides à
France Télécom, ou même, nombreux, dans la police. La jeune
policière tuée par un autre professeur avec un sabre, dans les
locaux du commissariat est tout aussi choquante et du même ordre
puisque ces deux métiers sont parmi les plus exposés (avec les
contrôleurs de train, de métro, etc.). Analyser ces deux faits
divers dramatiques n’est pas simple et ne relève pas de la
gentille théorie de l’incivilité des djeuns ; le malaise est
général, et concerne tous d’autant qu’il est insoluble, quoique
entretenu par l’Etat et ses officines éducatives et juridiques ».
(article de PU en 2011) + Publication en 2011 de mon livre « Les
avatars du terrorisme », seul ouvrage à traiter de ce
phénomène du point de vue maximaliste communiste[1],
qui est resté ignoré voire oublié, et qui contient encore la
vérité et la fonction des divers terrorismes policiers et .
« Car
il ne peut pas y avoir de ligne « moyenne » dans une société au
sein de laquelle la bourgeoisie et le prolétariat se livrent une
lutte de classe acharnée, surtout quand cette lutte est
inéluctablement aggravée par la révolution. Or, le propre de
l'attitude de classe et des aspirations de la petite bourgeoisie,
c'est de vouloir l'impossible, de rechercher l'impossible, bref
cette ligne « moyenne ». Lénine
« De quelle classe viennent et viendront les Cavaignac? »
(juillet 1917)
MANIFESTATIONS
PLAN PLAN DES RETRAITES CORPORATIVES ET EMEUTES, AUCUN LIEN ?
Tout
le monde a pu se poser la question à un moment ou un autre, pas
eux ! On les nommera ici « ils », mes lecteurs
habituels les reconnaîtrons. C'est comme si les fameuses émeutes
n'avaient pas eu lieu. On a décrété qu'il suffisait de dire que
casser ne sert à rien et que le prolétariat pacifique, comme ils
l'imaginent avec les compères syndicaux, devait se boucher les
oreilles en demandant à la police de « bien faire son
travail ». Au lieu d'une analyse de méthode comparative, on
nous sert un article de facture gauchiste simpliste :
« Provocations,
répression, manipulations… Les méthodes de l’état policier
pour tenter de pourrir la lutte ». On
n'est même pas au mois de juillet pour établir un bilan des deux
événements, mais au mois de mars un 23, zappant complètement des
émeutes tout de même plus récentes et posant plus de questions que
la retraite à pépère. On y parle des émeutes planifiées par la
police en fin de manif syndicale pépère, glissant simplement sans
preuves que « les syndicats ne se sont pas opposés à ce
choix ». ; sous-entendu ce n'est pas la stratégie
spongieuse et circulaire des syndicats qui est responsable la défaite
(toujours non reconnue par chaque clown bonze syndical), mais la
méchanceté de la seule police violente ; un mixage pervers
décrit plus la casse en juin dernier qu 'au moi de mars !
Tout en vantant une radicalité ouvrière de manifestations non
déclarées (quoique totalement encadrées par les mafias
syndicales), qui vise surtout à faire ingurgiter leur imaginaire
d'un réveil du prolétariat. « Ils » interprètent ainsi
un usage de la presse mondiale confondant black blocs et lutte de
classe. Or, même si cela était vrai, personne partout n'a mêlé
manif pépères et émeutiers bobos ou immigrés. « Ils »
évitent du même coup, en raisonnant hors du temps chronologique, de
différentier émeutiers bobos de mars avec émeutiers immigrés de
juin. Tout en les confondant ce qui leur évite de détailler la
singularité des deux événements ! Et leur proximité ! J'y reviendrai en conclusion.
Revenant
sur le mois de mars avec des jugements sur le mois de juin, la
science infuse s'étale : une politique délibérée du méchant
gouvernement et de tous ses « porte-flingues d'Etat policier »
ont entraîné « les jeunes les plus en colère » (quels
jeunes au mois de mars?) à des affrontements stériles (la stérilité
n'est certes pas pacifiste!). BUT affiché : faire peur aux
manifestants pépères, empêcher toute discussion en fin de manif
(pas besoin, chaque corpo organisait la dispersion pépère), faire
croire que toute lutte sociale dégénère automatiquement en
violence aveugle et en chaos, alors que le pouvoir serait le garant
de l’ordre et de la paix (tout
ce dernier prétexte est faux pour mars mais vrai pour juin, mais
sans que la classe ouvrière soit en cause!)
La
citation datant de 2006 de Debré montre qu'une secte est toujours en
retard sur la réalité et le fonctionnement subtil de l'idéologie
démocratique bourgeoise, qui fait toujours dire une part de la
vérité et des manips à ses sbires mais « comme une opinion
parmi d'autres », et cela dissout toute déclaration qui se
croit subversive en criant au complot. Rewriter en décalage avec une
sur-interprétation d'un fait passé est le frère jumeau de
l'attentisme, cette maladie classique de l'opportunisme.
Depuis leur virage « estudiantin » où l'étudiant est
réinstauré révolutionnaire presque comme avant-garde d'un
prolétariat...syndiqué et passif, ils peuvent inventer un autre
mensonge, celui de groupes d'étudiants qui en 2006 auraient été
catéchiser les voyous de banlieue qui avaient agressé un coin de la
manif, confondant avec les éducateurs de rue professionnels !
Là
aussi le glissement est pervers, pourquoi ces braves étudiants
moralistes ne seraient-ils pas intervenus après le meurtre du jeune
Nahel ? Toutes ces esquives et parenthèses rétroactives
servent à cacher leur incapacité à intégrer dans la révolte
sociale les émeutes de juin, mais au contraire à se porter au
secours des mafias gauchistes écolos à Sainte Soline qui n'ont eu
que ce qu'elles méritaient, le rédacteur gauchiste oublie de
mentionner qu'elles étaient venues pour casser un matériel
industriel – c'est d'ailleurs la mode d'un tas de mafias
tiersmondistes ou maoïstes reconverties en écolos-radicaux,
dont la classe ouvrière n'a que foutre !
Puis
ils tentent de nous faire encore avaler que l'Etat se prépare à les réprimer en les confondant avec les clowns de l'ultra-gauche new wave BB « idiots
utiles manipulés par les flics », et de baratiner avec les
vieilleries de Victor Serge, alors qu'à l'heure de la dite
intelligence artificielle on sait à quelle heure précise tu as été
chier, ou suivre les discussions de gens qui se croient
révolutionnaires sur les réseaux sans montrer sa carte de police.
Plus aucune allusion à la théorie de la décomposition édictée
par Marc Chirik il y a un peu plus de trente années, et repiquée à
la sociologie d'époque. Nombre de gens comprennent cette
décomposition sans avoir lu un texte d'ils, mieux même voir ce
chaos, et en intégrant ce chaos aux événements contrairement à
leur usage cyclique du terme en creux, pour comprendre comment
l'Etat règne empiriquement par le chaos. Le gouvernement n'a jamais
demandé à ses flics de tuer de jeunes arabes. Il se serait bien
passé du meurtre de Nahel, et il a fait pitié avec ses plates
excuses et la minute de silence au parle-ment. L'article d'ils,
comme ceux des plumitifs islamo-gauchistes se ridiculise dans le
complotisme débile. Oui la police est composée de gens honorables
mais aussi de belles crapules qui votent Le Pen. Oui des infamies
policières sont quotidiennes : ce flic qui dans une manif dit à
un militant CGT qu'il n'a pas le droit d'arborer son badge, cet autre
qui interdit à un autre manifestant d'arborer son drapeau.. celui-là
aussi qui me demande où je vais et où habite mon amie...des
français de souche sont tout autant humilié que des immigrés ou
des faciès étrangers, les règlements de garde à vue ne sont pas
toujours respecté : trois de GAV pour le fils d'une amie sans
qu'il puisse contacter un avocat ou téléphoner à sa mère alors
qu'il n'avait commis aucun délit, blocage de manifestants en train
de se disperser et pendant un temps indéfini, femmes violemment
bousculées, oui on comprend ceux qui veulent casser du CRS, surtout
face à cette campagne permanente et outrancière de victimisation
des forces armées policières ! OUI LA POLICE A DES METHODES TERRORISTES!
Mais
je le répète la police avec ses bons et ses tarés n'est pas là
pour « pourrir la lutte », le boulot est déjà fait par
mafias syndicales et journaleux lorsqu'elle intervient pour tabasser.
Excepté pour le mouvement populo des gilets jaunes qui, déjà très
faible politiquement n'avait aucune vocation d'envergure politique
crédible, une trentaine d'yeux crevés ont eu raison de la colère
mais en même temps que des concessions gouvernementales.
Depuis
le début j'ai émis deux idées maîtresses pour tenter de mieux
saisir les vraies causes de l'explosion en lieu avec les balades
syndicales.
Une,
la mise en arrière plan de la classe ouvrière :
« Or,
ce chaos, casse généralisée avec pour seul ordonnancement la
compétition à la casse spectaculaire via tik tok (réseau
chinois...), n'est qu'un retour de bâton pour la bourgeoisie :
avec son idéologie de dissolution des classes sociales depuis des
décennies – le qualificatif fumeux et généraliste de « couches
moyennes » et la fable de la gauche caviar nommée « mixité
sociale » - elle a perdu tout moyen de négocier quoi que
ce soit. Alors qu'une classe reconnue, avec tous ses composants, peut
être une entité tangible avec qui négocier, là rien à discuter.
En quelque sort la bourgeoisie fait face à son propre chaos qu'elle
a généré et continue à générer avec le révisionnisme
wokiste ».
Et
de deux, l'explosion émeutière a secoué l'Etat plus sérieusement
que 14 défilés de corpos avec retraites diverses, sans grève
crédible ni autre encadrement que des milliers ou centaines de
retraités syndicaux plus intéressés à la promenade guillerette
qu'à une vraie révolution.
« C'est
sûr que trois jours d'émeutes ont plus fait trembler l'Etat que les
quatorze pantalonnades syndicales, sans pour autant qu'il perde la
main. Il n'y a que deux facteurs dans cette indignation légitime
après le meurtre policier qui sont comparables à mai 68. A l'époque
c'était parti de Nanterre, et le mouvement s'était généralisé
après la vision des images de télévision où l'on voyait les
flics tabasser les gens. Dans les deux cas, ce ne fût ni le retraite
ni les augmentations de salaire qui furent la cause d'une
confrontation directe et spontanée avec l'Etat. Or tout est
différent aujourd'hui. L'Etat n'a plus la même rigidité qu'à
l'ère gaulliste ».
Au
mois de mars je dénonçais déjà cette fixation sur la seule police
bourgeoise et la revendication d'une bonne police par la clique à
Mélenchon en laissant de côté les crétins pour infantiles du NPA
et Cie en faveur de sa dissolution
« La
haine de la police « de classe » faisait partie
intégrante du rejet prolétarien de la société bourgeoise. Mais,
comme je l'ai constaté pour la récupération de l'internationalisme
envers les immigrés, la bourgeoisie réussit à déconnecter cette
haine de classe et à la présenter comme une haine communautariste
pour la partie immigrée ou néo-colonisée de la classe ouvrière,
et à parvenir à faire croire à la partie autochtone que la police
serait prête à la défendre... contre le terrorisme (sous-entendu
« immigré » = venant de l'étranger) ».
Depuis
2006, ils débitent le même disque rayé, qui n'est pas faux au
niveau constat mais n'en reste qu'au niveau des conséquences ;
à l'époque ils disaient ceci :
« D'abord,
ce sont leurs parents, leurs grands frères et leurs grandes sœurs
qui sont souvent les premières victimes de ces explosions de
violence. A qui appartiennent les voitures brûlées ? Qui est privé
le matin du bus,parti en fumé dans la nuit, pour aller au boulot
?Certainement pas la grande bourgeoisie qui copine avec Sarkozy !
Ensuite,
ce sont leurs petits frères et leurs petites sœurs qui se
retrouvent terrorisés, marqués par la vision de leur école
incendiée, détruite. Enfin et surtout, de tels actes ont toujours
constitué le prétexte parfait pour renforcer encore et partout
l'Etat-policier. Au nom de la sécurité, de la protection des «
travailleurs », l'Etat utilise chaque fois ce genre d'émeutes pour
fliquer davantage... les travailleurs. C'est d'ailleurs ce que s'est
empressé d'annoncer Sarkozy dans son discours présidentiel du 29
novembre. Quand la violence policière se déchaîne contre des
adolescents, cela ne peut que provoquer des émeutes urbaines (comme
en 2005), cela ne peut qu’aggraver le chaos social. La violence ne
peut engendrer que la violence ! Tirer sur des adolescents est
un crime.
Si les fonctionnaires du maintien de “l’ordre
républicain”
tuent les enfants (comme cela a failli arriver avec ce lycéen
grièvement blessé dans une commune du Loiret), cela signifie que
cet ordre républicain n’a aucun avenir à offrir à l’humanité ! »
Ils
peuvent écrire la même chose en 2023, sans avancer d'un
Schmilblick
Or
dans les deux moments ont été des moments de chaos social, mais
qu'ils expliquent de façon anti-marxiste avec cette sauce pacifiste
éculée « la violence ne peut entraîner que la violence». Or
il faudrait retourner aux conditions de l'époque sous le
gouvernement Sarkozy sur lesquelles je n'ai pas le temps de me
re-pencher ce soir. A mon avis, ce n'est pas très différent et plus
grave aujourd'hui. La société actuelle est grosse d'explosions à
venir, surplombée de plus par une possible troisième boucherie
mondiale, toutes les structures éclatent à commencer par l'eduque
naze, les rapports hiérarchiques en entreprise, une violence
exponentielle dans la rue, dans les transports, individualisme et
nihilisme n'ont jamais fait aussi bon ménage...et surtout le
prolétariat n'apparaît plus comme colonne vertébrale de
l'indignation universelle ! Mais c'est toujours dans le tissu
social que vont exploser les révoltes qu'on les dise inutiles,
violentes ou illégales :
Premièrement
j'ai rappelé en début d'année la remarque du Berger CFDT :
« si on n'organise pas la colère, l'explosion aura lieu ».
Et de mettre en chantier les successives balades syndicales inutiles
et vouées à l'échec aux yeux du public. Or non seulement du fait
que cette mise en scène ne favorisa aucune discussion sérieuse
autre que les âneries « à bas le travail » et
« refaisons mai 68 » - et du fait que l'immense majorité
des retraités et des jeunes s'en fichaient – les autres problèmes
sociaux de première urgence restèrent sous la table : chômage
des jeunes, déqualification, refus d'embauche au faciès, solitudes
dans la misère sociale et économique, morgue pleine des maires, arrogance des flics d'élite, gendarmes qui n'enregistrent pas les plaintes et laissent telle dame très âgée persécutée pendant des années par un vil voyou, etc. Ni la police ni la gendarmerie ne protègent la population des invisibles, des déshérités, des pauvres des banlieues, mieux elle terrorise et rançonne en permanence au nom de la "paix civile" et de la "justice", même fanfreluches que le gang Traoré.
L'explosion
a donc répondu à sa manière au corporatisme retraité. On n'aura
pas de retraite, on trouvera jamais ni travail ni considération,
alors on va casser, s'amuser de votre indifférence, si possible vous
faire peur à tous et aux flics... Cette explosion ne s'est pas faite
avec le label lutte de classe ni avec le souci de la bagnole du
voisin ouvrier ou de l'épicerie arabe, quoique je suspecte des flics
en blousons et masqués avec leurs amis dealers d'avoir favorisé un
mimétisme dans les quartiers pauvres, alors que sur les parcours
syndicaux on applaudissait les black blocs cramant une jag ou pétant
une vitrine bancaire... Comme quoi l'explosion en son cœur put être
dévoyée en retournant, en la ghettoïsant cette colère des pauvres
ouvriers face à leur voiture calcinée contre des petits cons qui
dans leur colère et leur haine inassouvie se sont trompés d'ennemis
en paupérisant leurs... voisins et familles. Plus subtils que les militants radoteurs dans leur confort de couche moyenne urbaine, des sociologues ont été eux à l'essentiel: "la violence des émeutiers est l'expression de l'absence d'alternative politique" (cf. in Le Monde ce jour).
Enfin
je republie ici un ancien article de 2011 sur l'histoire de la police et sa place réelle dans l'ordre et le désordre bourgeois).
VOUS
AVEZ DEMANDE LA POLICE ? NE BOUGEZ PAS !
En
ces temps sarkoziens où le régime est décrié par nombre de
journalistes à sensation comme une « dictature » et un
« Etat policier », et, bien que ce soit un masque
simpliste de la dangerosité du capitalisme, où la police est
exaltée par les actuels tenants du pouvoir, à chaque échéance
électorale, comme la solution, non du chômage, mais comme garantie
de la « protection du citoyen », il est intéressant
d’examiner l’histoire, l’utilité et la nocivité de la
police ; cette dernière n’étant pas souvent là où croient
la trouver les anarchistes en uniforme noir. Les défenseurs du
marxisme se contentent eux aussi de bien étranges simplismes, au
moment de la révolution il suffit de « supprimer tous les
corps armés » ; la plupart de ces acharnés ennemis de
l’uniforme ignorent apparemment comment a été opérée cette
suppression dans les quelques cas où elle est présumée avoir eu
lieu (nous en reparlerons en temps utile).
Nous
pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que le policier
en France est, après le chômeur et l’étudiant, l'être le plus
universellement reprisé.
Si les raisons pour lesquelles on le méprise sont souvent de fausses
raisons qui relèvent de l'idéologie gauchiste, les raisons pour
lesquelles il est effectivement méprisable et méprisé par la
jeunesse du point de vue du prolétariat universel sont refoulées et
inavouées. Particulièrement lorsque des avocats publient des livres
sur la « justice » ou la « garde à vue »,
sans compter les innombrables révélations de pacotille sur les
« secrets de la police ».
Le
policier ne travaille pas il est payé pour surveiller. Il est
supérieur socialement à l’ouvrier, sa fonction de surveillance le
plaçant au niveau du fainéant « agent de maîtrise ».
Comme l’agent de maîtrise, et contrairement à l’ouvrier, la
principale fonction du policier est d’obéir, et d’obéir au
bourgeois. Cruelle existence que celle du policier, il n’a même
pas la faculté de dire merde comme n’importe quel prolétaire de
base, ou alors il perd sa place. Faut-il être crétin pour devenir
policier, comme le croit la jeunesse ? Sont-ils tous des
assassins potentiels des prolétaires insurgés comme le pensent les
anarchistes tête front de bœuf ? En dépassant la
superficialité d’un opuscule pipole superficiel sur l’histoire
de la police, on verra bien qu’il faut dépersonnaliser le problème
et le relier à l’existence du principal moyen d’oppression
capitaliste, l’Etat.
L’HISTOIRE
DE LA POLICE EST INSEPARABLE DE LA CREATION DE L’ETAT
Le
marxisme avec Engels définit la création de l’Etat (et donc y
inclus de ses forces armées) comme une nécessité historique à une
époque donnée pour éviter à la société de se dissoudre en
conflits stériles. Je ne développerai pas ici longuement sur
l’histoire de la police, internet fournit d’excellents résumés,
mais jamais la police n’y est analysée comme corps d’Etat et
totalement subordonnée à la nature et évolution de la structure de
l’Etat. On ne trouve pas non plus d’étude approfondie de
l’histoire de la police comme telle chez les marxistes ;
excepté Victor Serge mais pour inspecter les archives saisies après
la révolution de 1917 et décrire les méthodes de surveillance
opaque des militants, et les « provocations ».
Les
théories simplistes gauchistes et anarchistes définissent l’Etat
comme composé des deux seules institutions « visibles »
en uniforme : police et armée. Définition restrictive parce
que l’Etat est d’abord un appareil administratif jadis avant de
devenir à l’époque moderne un immense outil statistique doté de
relais idéologiques puissants (partis, syndicats, presse, TV,
internet, etc.) bien plus puissants pour entretenir des conflits
stériles qui paralysent les consciences mieux que ne pourraient le
faire les matraques policières. Contrairement à ce que tendent à
faire croire les « idiots utiles » au gouvernement,
anarchistes et gauchistes, la police n’est pas et n’a jamais été
une force suffisante pour « gouverner » la société.
Sans l’Eglise et les partis corrompus jadis, les « mercenaires »
d’Etat n’auraient pas suffi à éviter la confrontation des
classes.
Le
policier à l’époque moderne est plus souvent en général fils de
paysan. S’il est fils d’ouvrier, il considèrera sa fonction
comme une promotion sociale mais se gardera de rappeler ses origines.
S’il est fils de harki ou d’immigré de fraîche date, il sera
plus zélé qu’un autochtone et françaisement antiraciste.
Pourtant il reste lui aussi au bas de la hiérarchie sociale et sert
souvent même de bouc-émissaire à ses employeurs de l’élite
bourgeoise ministricule. Quoique comportant de nombreux francs-maçons
et possibilité de promotions, une grande masse des forces de police
reste confinée aux postes subalternes. Dans la Grèce
antique, les esclaves de propriété publique étaient utilisés
déjà par les magistrats comme des policiers. À Athènes,
un groupe de 300 esclaves scythes
avait pour vocation de maintenir l'ordre, contrôler les foules, mais
aussi de se charger des arrestations[2].
Aussi paradoxal que cela paraisse, une des premières fonctions
« larges » de la police avec la naissance de l’Etat
royal, en France en
particulier au XIIe
et XIIIe
siècles, fût de surveiller l'armée,
afin d'éviter que celle-ci ou ses déserteurs
ne pillent les
pays occupés ou traversés.
Bien
avant de désigner un corps de fonctionnaires chargé d'interpeller
les délinquants, le mot police désignait vertueusement l'ordre
public et les bonnes
moeurs qui doivent régner sous les auspices de l’administration
de l’Etat. La véritable police moderne est née en France le 24
août 1665 :
le lieutenant criminel Tardieu et sa femme sont assassinés chez eux
par des voleurs. Colbert
et Louis XIV
réagissent en séparant à Paris
la police de la justice et en la plaçant sous l'autorité d'un
lieutenant de police (édit
de 1667).
En
1789
disparaîtra la police monarchique - la garde nationale ayant fait
feu sur les masses en révolution. C’est la jeune bourgeoisie qui
invente la police moderne d’Etat. En 1790 seront créés une
cinquantaine de commissariats. En 1796, toutes les villes comptant
plus de 5 000 habitants comporteront désormais un commissariat.
Cependant la police est une création spécifiquement moderne
contemporaine à la prise du pouvoir par la classe bourgeoise,
éliminant l’ancienne caste bourgeoise marquée par le
laisser-faire social et une impuissance à empêcher injustices
criantes et crimes de sang. La plupart des grandes institutions
policières « exemplaires » d’Etat bourgeois
apparaissent vers 1800 : la Marine police force de Londres
et la City of Glasgow police en Angleterre,
ainsi que la préfecture
de Paris].
Les perfectionnements propres à la décadence bourgeoise ne sont
apportés que plus d’un siècle plus tard ; la Metropolitan
Police Service,
n’est créée qu’en 1929 – les années 1920 sont marquées par
une croissance des crimes de sang ; la MPS est la première
police qui ajoute la prévention policière à son rôle de
répression du crime. C’est au cours de ces années que se renforce
la police politique stalinienne, laquelle eût pour maître la
redoutable Okhrana tsariste, laquelle avait bénéficié des
enseignements des célèbres préfets parisiens Lépine et Andrieux.
C’est sous Napoléon III en France que l’ilotier devient
« gardien de la paix ». Les flics – « les
vaches » dans le langage faubourien – voient ainsi leur
profession définie désormais comme protectrice de la « paix
sociale », toutes politiques confondues ; le policier est
devenu le symbole vertueux de l’Etat hors des classes, représentant
la sécurité pour la population citoyenne en temps normal bien qu’il
s’avère un milicien tueur par temps de révolution ou de troubles
sociaux.
QUAND
LA REVOLUTION PROLETARIENNE ENTRAINE LE PERFECTIONNEMENT DE LA POLICE
POLITIQUE...
Deux
critiques mettent en cause la fonction de la police à la fin du XIXe
siècle. Selon la critique anarchiste, on peut supprimer
immédiatement la police et se passer de toute surveillance de la
population ; le fonds de la pensée anarchiste est simplement
rousseauiste : l’homme est bon naturellement. Selon une
critique marxiste sommaire (de type gauchiste et stalinienne), la
police n’est qu’une excroissance de l’Etat bourgeois chargée
de réprimer les « travailleurs » en grève ou en
manifestations. Pour des marxistes au pouvoir il suffit de rééduquer
l’homme, qui n’est pas naturellement mauvais (quoiqu’un peu
sauvage parfois), et manque de chance, dans les deux seuls cas où la
révolution prolétarienne a réussi la police n’a pas été
supprimée ou bien une autre a été réinstallée. La Commune de
Paris en 1871 ne supprime pas le corps de police, mais change les
chefs et négocie avec Versailles le paiement des salaires des
fonctionnaires. En février 1917 les affrontements avec la police du
tsar font des morts des deux côtés. Les soldats armés pillent les
postes de police. Dans la 5ème
thèse d’avril 1917, Lénine demande la suppression de la police[3]
pour en recréer une autre après l’insurrection… La tchéka,
police politique un peu spéciale est crée en mars 1918. La
révolution prolétarienne échouant dans l’impasse a posé, hélas,
à l’orée du XXe siècle, la nécessité non plus d’une seule
police d’ordre ou des mœurs mais d’une « police
politique », qui sera dénoncée (dixit la police stalinienne)
à hauts cris par tous les Etats bourgeois alors même qu’ils s’en
inspireront de plus en plus pour gouverner. L’Etat bourgeois a
besoin désormais non plus d’un simple porteur de matraque (le
vulgaire sergent de ville moustachu) mais d’un flic intelligent
(politique même s’il ne peut faire grève), bac plus cinq,
scientifique, profileur, etc.[4]
LA
FEMME a-t-elle humanisé la police ??
Sur
la Toile on peut trouver une définition soft, pas entièrement
fausse de la police aujourd’hui :
« Actuellement
la police est confrontée à la montée de la petite et moyenne
délinquance comme aux nouvelles formes de criminalité organisée,
liées aux trafics mondiaux et à l'informatique. On lui demande de
pallier, par la répression ou la prévention, les carences de la
socialisation, voire d'incarner à elle seule l'État dans certains
quartiers. Tandis que la gauche insiste sur le rôle de la « police
de proximité » et de la prévention, la droite privilégie
la répression ».
En
réalité la grande révolution pour la police moderne a été
l’intégration des femmes dans un corps typiquement « masculin ».
Pour deux raisons : les femmes délinquantes sont
proportionnellement devenues plus nombreuses et la fouille au corps
des femmes par des hommes signifie attouchements voire tentation de
viol. Loin d’être une émancipation de la femme, bien qu’elles
ne portent jamais de moustaches, les femmes policières – quoique
l’ostracisme mâle existe toujours sous la table – se sont
révélées capables d’être aussi dures et brutales dans « le
métier » que les hommes. Un témoignage de « gardé à
vue » décrit assez bien la police d’aujourd’hui (en
France) :
« …
j’ai pu à loisir observer les allées et venues de policiers, tous
jeunes en général, de nombreuses policières jolies mais souvent
avec un gros cul dont je ne pouvais manquer la perspective dans ma
situation assise et menotté. Je n’ai pourtant jamais envisagé de
ma vie adulte draguer une policière ou convoler en justes noces avec
une gendarmette. Elles doivent être aussi chiantes avec leur chignon
tiré comme un képi, à cheval sur la ponctualité et le pli du
pantalon, autoritaires comme les teutonnes aux chevaux tressés. En
plus elles sont armées. Chapeau bas dans l’alcôve familiale. Mais
pas pour moi.
La
démarche du policier tient plus du cow-boy avec le colt qui balance
au côté que du pauvre flic en pèlerine d’antan sapé comme un
vulgaire facteur. Le sordide képi qui faisait chuter les cheveux
plus vite que Pétrole Han a disparu[5].
La casquette chez l’ouvrier comme le képi chez le flic c’était
aux temps du cinéma muet. Dans les bousculades lors de
l’interpellation de militants CGT par exemple, le képi roulait
souvent à terre… d’où perte de prestance. Le képi symbolisait
l’autorité bonapartiste ou pétainiste et perdit toute sa valeur
de « couvre-chef » après les violences en 1968. Le
policier moderne doit être agile et sportif. Il doit pouvoir bondir
dans la voiture de fonction sans être retardé par un maudit chapeau
de garde champêtre pépère.
Jeunes,
les nouveaux policiers affichent une prestance de caste supérieure.
Tous ne roulent pas des mécaniques, mais la possession officielle
d’une arme, qui suppose que son porteur n’est ni un déséquilibré
ni un as de la gâchette pour se faire plaisir, est un gage
d’autorité autrement plus efficace qu’une casquette galonnée.
Dans les stats de l’INSEE le flic est classé dans les couches
moyennes bien au-dessus du manœuvre, de l’ouvrier et de l’employé.
Son rôle social de garant de l’ordre républicain quoiqu’en
priorité au service de la défense de la classe dominante, lui
confère une valeur morale, sécurisante pour les demeures cossues
des banlieues riches, inquiétante pour les gagne-petits et les
puent-la-sueur. Lorsque le policier paraît sur les chapeaux de roue,
le bourgeois est déférent et se sent rassuré sauf s’il est
inculpé. Le prolétaire en colère considère que ce n’est qu’un
métier de fainéant mais « qu’il en faut », « qu’il
en faudra même dans une autre société ». Le policier dans sa
fonction peut tout à fait se sentir « hors classes »,
mépriser le bourgeois plastronnant sans le montrer et compatir aux
vaincus sociaux qu’il doit régenter dans un univers administratif
cradingue. J’ai connu tout au long de ma carrière des policiers
rigoureux, trop honnêtes ou trop conscients au point de rester au
placard toute leur vie, comme René de Clamart commis d’office à
la garde des voitures sur les quais de Paris au moment des
manifestations ouvrières qu’il refusait d’aller « encadrer ».
Sous
les sourires et les embrassades je devine pourtant que, comme les
prolétaires, les flics en uniforme subissent le poids de la
hiérarchie intermédiaire. Une autre race de policiers me déplaît,
celle des policiers en civil, en jean et baskets avec flingo
ostensiblement fourré dans la poche. On sent que ceux-là sont à la
parade les supérieurs, des « gradés ». Ce sont les
équivalents des agents de maîtrise. Comme dans tous les autres
services publics, l’agent de maîtrise est fier d’avoir franchi
les échelons qui permettent de se débarrasser de l’uniforme
« basique » qui vous colle à la peau. Il n’a que
mépris pour les « bleus » avec leurs poches aux jambes
bourrées d’outils. Le flic en civil avec flingo qui dépasse de la
poche détient une autorité supérieure du fait qu’il n’a plus
besoin d’uniforme. Sa carte de police et son brassard amovible
renforcent son ambiguïté. Sapé comme les cailleras il symbole un
pouvoir mi-civil, mi-officiel. Il n’est pas enfermé dans
l’uniforme. Il apparaît plus libre de ses mouvements. Il est parmi
les civils et parmi les uniformes. Il peut être partout à la fois
et ne se révéler qu’au dernier moment. Caméléon de la loi, il
n’est pas identifiable à première vue comme tenant de l’ordre.
En cela il est plus inquiétant et plus craint. L’uniforme rassure.
Celui qui le porte est tenue à la tenue. Il ne peut pas plaisanter
au bar d’un café comme son collègue supérieur en jean délavé
ou la fliquette cadre en pantalon moulant. Il ne peut pas badiner
avec le public. Il a une trop grande visibilité et il en souffre
parfois. L’ostracisme commun vise l’uniforme et oublie l’homme
et son être. Il est vu comme l’ennemi alors qu’il ne se
considère pas comme un ennemi du genre humain. Comme l’agent de
maîtrise ou le cadre EDF, le flic en civil ne souffre pas de cet
ostracisme. Il passe même pour « arrangeant » avec son
aspect civil. On pense pouvoir composer avec lui, obtenir une
compréhension qui n’est pas possible dans l’uniforme rigide. Le
mot uniforme signifie commun, rabaisse celui qui le porte au rang de
soldat, d’exécutant d’une noria de supérieurs invisibles en
cravates ou en chandails ».
Non
la femme n’a pas humanisé la police. Par contre vous pouvez tomber
sur un (ou une) fonctionnaire qui se comporte humainement,
correctement – il y a des dégénérés partout même parmi les
ouvriers – ce qui est inhumain est l’institution étatique avec
ses rouages judiciaires. Le problème ne réside pas dans la fonction
ni au niveau de l’exécutant.
« Dans
les archive secrètes de la police », trouve-t-on des
révélations ou est-ce que l’origine étatique de la fonction
policière y est corroborée ? Non, en réponse aux deux
questions.
UN
« LIVRE-CADEAU » SUPERFICIEL ET PIPOLE
La
police moderne avec ses actuels hiérarques ne va pas nous révéler
bien sûr ses secrets de fonctionnement et disserter sur les progrès
inouïs de la « surveillance d’Etat ». Les trois quart
et plus du recueil sont constitués d’histoires criminelles
lointaines centrées sur l’époque royale, la belle époque 1900
des mœurs dissolues avec la pute de luxe Sarah Bernhard et de
petites incursions dans les années 1930 et 1960. Plus Almanach des
crimes célèbres qu’étude de la fonction policière, ce livre
pipole esquive scandaleusement les monstruosités de la répression
policière.
La
seule pépite qui explique les méthodes de travail invariables de la
police, et son credo aujourd’hui même avec les techniques
scientifiques sophistiquées, se trouve dans la citation du Préfet
Andrieux en exergue :
« L’administration
a souvent intérêt à savoir ce qui a été dit ou écrit sur le
compte de la personne qui a éveillé son attention. Le dossier
répond à cet intérêt. Il n’a pas seulement pour but de faire
connaître qui vous êtes, mais surtout ce qu’on a dit de vous.
L’imputation la plus mensongère peut être une lueur, éclairer
une trace, avoir par conséquent un intérêt de police.
Aussi
mettra-t-on dans votre dossier, pêle-mêle, sans distinguer entre le
vrai et le faux, tout rapport dont vous aurez été l’objet, toute
dénonciation vous concernant, tout article de journal, tout ait
divers où vous serez nommé »
(1885)[6].
Lecture
pour maison de retraite, les 630 pages sont imprimées en gris
caractères, et les textes commentant les documents historiques
vieillots minces comme une galette des rois. Poisons des courtisanes,
Landru, Violette Nozières, nous intéressent modérément comme les
vieux films qui leur ont été consacrés. La police a fait son
boulot et alors ? Est-ce son boulot essentiel ou un cache-sexe
de plus ? Avec celui de CRS maître nageur.
Le
découpage en trois parties – argent/pouvoir/amour – ne concerne
pas les motivations du policier (qui, comme homme est aussi concerné
par ces trois thèmes) mais permet d’éviter une réflexion sur le
rôle et les méfaits historiques de la police. Les délices
littéraires sur les faits divers et la bande à Bonnot permettent
d’éviter de rappeler les 30.000 massacres et viols en 1871 à
Paris par une soldatesque policière déchaînée[7].
Le plus scandaleux de cet ouvrage se trouve sur les parties
concernant la période de guerre mondiale 1939-1945.
-
3 pages sur le juif collabo (avec la police pétainiste) Joinovici,
qui n’analysent en rien le rôle trouble de la police ;
-
12 pages sur le sanguinaire Docteur Petiot en 1944, au ras du bitume,
alors que la police aurait pu l’arrêter dès 1936 ;
-
15 pages soft sur la traque des résistants par la police pétainiste
(p.342 et suiv.) en 1942, 2 pages d’explication soft et le reste
docus de recherche + dénonciations ; il en ressort pourtant que
le personnel policier obéit servilement, et sans état d’âme,
quel que soit le régime !
-
Les rafles de juifs en 1942, deux pages et demi d’explications
seulement, et surtout fixation sur les docus et décrets nazis, rien
pour nous laisser entrevoir un quelconque questionnements des
« fonctionnaires d’Etat français » sur leur célérité
à fourrer des enfants dans des wagons vers la mort…
-
Le scandale du camp de Drancy livre une dizaine de pages de docus,
avec présentation très compatissante, très judéophile et
anti-raciste d’Etat sarkozien, mais rien sur le questionnement des
types en uniforme qui faisaient le sale boulot, qui volaient les
prisonniers… ni même des questions aux policiers actuels du
genre : « êtes-vous prêts à recommencer le sordide
boulot de vos ancêtres » ?
-
La chasse aux collabos en 1945 nous vaut 2 pages presque
dithyrambiques, pensez : les policiers collabos ont reçu ordre
de retourner leurs vestes, de se mettre en insurrection pour éviter
celle du prolétariat, et de chasser à tout va lampistes ou vedettes
pour faire oublier leur fonction de répression au service d’Hitler
et Pétain.
-
Le massacre à Paris
d’Octobre 1961 est un peu plus objectif, certes des flics ont
exécuté comme des chiens et jetés dans les poubelles des pauvres
prolétaires algériens, mais la faute en revient en premier lieu aux
« choquistes » nationalistes du FLN qui ont terrorisé et
acheminé depuis la banlieue ces pauvres ouvriers pour les envoyer au
casse-pipe[8] ;
à décharge des flics cette fois-là il y a eu de nombreux
témoignages parmi eux pour se scandaliser de ce qu’on leur
ordonnait de faire et pour décrier leurs collègues sadiques.
-
Sur mai 1968, seulement cinq pages et demi (p.466 et suiv.), le tout
bon enfant, pourtant, deux ouvriers à Sochaux ont été tués à
bout portant par la police, pourtant il y eût des milliers de
blessés frappés cruellement…
Et
l’ouvrage se termine par la sublimation de la police au cinéma,
faut bien donner du prestige à une fonction qui n’en a guère.
Lors de ma garde à vue, un inspecteur m’a fait cette remarque
étonnante de la part d’un flic, mais néanmoins salarié :
« vous n’avez pas l’exclusivité du prolétariat, ici nous
en faisons aussi partie ». Coincé sur ma chaise de prisonnier
d’Etat, je n’ai pas osé lui répondre :
-
« fort bien, mais alors, au moment de la révolution, vous
serez avec les éternels fusillés ou les fusilleurs ? ».
La
police devra disparaître un jour avec l’Etat, si le communisme
peut s’en passer, et si l’homme ne traîne pas encore pendant des
siècles un atavisme pas simplement dû au capitalisme.
NOTES
[1]
Dont voici le sommaire :
Table
des matières
Avant
propos
Introduction
(p.11)
1.
GUERRE ET VENGEANCE PAYSANNE, (p.35)
Guerre et pacifisme/Le terrorisme djihadiste :
une autre façon de faire la guerre/Les guerres à petite échelle
du temps jadis/Le terrorisme paysan/La Réforme, sa violence et les
paysans/La terreur jacobine, Marx et Kautsky/La guérilla agricole
de Guevara/Quelques terroristes célèbres issus du terroir.
2.
LE TERRORISME DE MARX ET DES ANARCHISTES
(p.81) Au
début le socialisme était considéré comme criminel/Marx et
Engels sont-ils terroristes en 1848 ?/Les trucages pacifistes
de Bernstein/Les révisionismes successifs des
anarchistes/Réformisme syndical et terrorisme (Ce qu’il y a de
commun entre l’économisme et le terrorisme selon
Lénine)/L’anarchiste Staline.
3.
LA REVOLUTION EST-ELLE TERRORISTE ?
(p.119)
La violence des émeutes du XIXème
siècle/Terrorisme des Communards ou de la populace ?/Adresse
ou maladresse de l’Internationale ?/Un soulèvement
inattendu/Du Paris armé au parti armé ?/Passions mauvaises et
querelles/Un Etat petit bourgeois/Les conséquences réformistes de
l’échec de la Commune/Les lois anti-socialistes en Allemagne/La
belle époque du syndicalisme révolutionnaire/La paysannerie n’est
pas révolutionnaire.
4.
LE MACHIAVELISME DU TERRORISME D’ETAT
(p.163)
Le terrorisme gauchiste/La faction rouge armée en
Allemagne/Aux origines des intentions staliniennes de la RAF/La
faction terroriste au Japon/La faction des brigades rouges en
Italie/Les pionniers de la démystification du terrorisme
stalino-gauchiste/Gasparrazzo terroriste ou la version dissonante
des figurants terroristes/Le bon Franceschini/La brute Moretti/Le
truand Curcio/Faillite Politique et humiliation des combattants
désarmés/La récupération des épaves terroristes/L’invention
de la dissociation/Rôle toujours négatif du terrorisme.
5.
REVELATIONS SUR LES TROIS VAGUES DU
TERRORISME (p.251)
Le retour du refoulé religieux/Marx et son analyse
tronquée de la religion/Déguisements religieux, religion et
violence/Le masque religieux des gauchistes/La guerre sale/Le
médiaterrorisme/Fascisme vert ?
Conclusion
(p.277): le
terrorisme rouge s’est suicidé !
Annexe
(p.282)
Commentaires
préliminaires aux textes suivants :
Léon
Trotsky : La faillite du terrorisme individuel (1909), Pourquoi
le marxisme s’oppose au terrorisme individuel ? (1911)
Anton
Pannekoek : L’acte personnel (1933), La destruction comme
moyen de lutte (1933)
Revue
BILAN : en défense de Marinus Van Der Lubbe : Les
fascistes exécutent, socialistes et centristes applaudissent (1934)
Marc
Chirik : Les campagnes anti-terroristes de la bourgeoisie
(1977), Terreur, terrorisme et violence de classe (1978)
Guy
Debord : A propos de l’utilisation du terrorisme (lettre à
G.Sanguinetti, 1978).
Le
terrorisme gauchiste à l’écran : Buongiorno Note/Prima
Linea/Nada/Der Baader Meinhof Komplex/United Red Army.
BIBLIOGRAPHIE
(p.361)
[2]
Les autres fonctions de la police actuelle, comme les enquêtes et
investigations, étaient sous la charge des citoyens aisés.[]
[3]
Thèse d’avril n°5 : « Suppression
de la police, de l'armée et du corps des fonctionnaires.
Le
traitement des fonctionnaires, élus et révocables à tout moment,
ne doit pas excéder le salaire moyen d'un bon ouvrier. »
[4]
La surveillance politique était déjà ancienne et intelligente
comme le montrent les mémoires des préfets Lépine et Andrieux,
mais aussi les archives de l’Ohkrana. Dans mon livre sur la secte
CCI – l’organisation eggregore – j’ai produit une étude sur
la surveillance politique et policière des partis socialistes ;
le POf de Guesde était surveillé de l’intérieur, et des flics
encartés y orientaient même les débats politiques… Mais le
temps de la lampe de bureau braquée sur la gueule du présumé
coupable est bien finie à l’heure de l’informatique et de la
prise d’ADN.
[5]
Il n’est ressorti que le temps de la sonnerie aux morts dans les
cimetières ou lors du 14 juillet monarchique.
[6]
Pas mal non ? Ayant eu la joie de consulter mon dossier grâce
à la CNIL – dossier soigneusement caviardé – j’ai pu
constater que ma trajectoire militante de brave prolétaire
révolutionnaire était soigneusement archivée depuis plus de deux
décennies, depuis 1972 où j’avais participé comme délégué du
groupe Gauche Marxiste aux rencontres ouvrières de Clichy où
étaient présents la plupart des chefaillons trotskiens et
maoïsants, bien vieux désormais. On pouvait y lire un compte-rendu
détaillé de la carrière dans les assurances de ma pauvre femme
décédée ; je n’ai pas eu accès à la fiche concernant mes
enfants… J’en ai conclu paisiblement que la police française
n’a rien à envier à la Stasi.
[7]
Un soldat versaillais ou un policier qui tentait de discuter avec un
communard était abattu sur le champ !
[8]
L’opinion gauchiste générale hurle à hue et à dia contre la
répression policière (le néo-nazi Papon était chef de la police
à ce moment avec le soutien du libérateur De Gaulle, ex-planqué
en GB), or, en pleine guerre de décolonisation, la provocation du
FLN a été dégueulasse ; pour ceux qui continuent à avaler
la théorie gauchiste, imaginez simplement une manif de prisonniers
français à Berlin en 1943 pour la « libération de la
France », Hitler aussi aurait fait tirer dans le tas !