"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 18 juillet 2023

L'organisation sectaire intangible et éternelle

 


« Nous n'avons pas à nous boucher les oreilles lorsque ces principes mêmes sont critiqués par quelqu'un qui se trouve en dehors de notre Parti. Mais aussi longtemps que nous les consi­dérons comme le fondement de notre existence en tant que parti, nous devons y demeurer attachés et ne pas les laisser ébranler par nos membres. À ce sujet, nous ne pouvons accorder qu'une liberté, : celle d’appartenir ou de ne pas appartenir à notre Parti ».

Rosa Luxemburg (la liberté de critique)

 « Un bon film n'est rien sans un bon méchant ».  Alfred Hitchcock



Vu l'affolement du CCI pour un simple collage de ma part d'un des membres avec « les pires crapules bourgeoises », surtout parce que j'ai eu le malheur de dénoncer depuis des mois – en tant que seul opposant assidu« externe » leurs erreurs politiques (affaiblissement US) ou fabulations sur un réveil du prolétariat, je me flatte ici d'avoir retrouvé le texte suivant. Il vient confirmer 25 ans après la décadence de tout groupe à longévité forcenée ; les débats internes étant fictifs ou moutonniers, et ils passent leur temps à se dénoncer ,les uns les autres comme le dit Bourrinet. Ils vont hurler à une nouvelle attaque de l'Etat bourgeois et se replier dans une dénonciation hystérique à la stalinienne du petit Poucet. Voici donc cette lettre assez épatante et lucide d'un certain Nicolas à un cercle disparu, publiée initialement assez largement (Ni patrie, ni frontières | Cercle social | Echanges et mouvements | La bibliothèque | Temps critique)

Et qui, à ma connaissance n'eût jamais de réponse ni dudit cercle ni du CCI.

Lettre au Cercle de discussion de Paris sur l’organisation révolutionnaire

(découverte par moi seulement le 21 janvier 2004 puis cette année)

 

Chers camarades du Cercle de discussion de Paris,

J’ai entamé la discussion sur votre brochure sur un thème apparemment un peu marginal dans votre texte, quoique indirectement lié à votre existence même : le lien historique entre franc-maçonnerie et mouvement socialiste révolutionnaire. Or, ce bref survol amenait tout de même assez directement à l’une de vos questions centrales, la vision léniniste de l’organisation. C’est donc de la conception de l’organisation que je voudrais discuter dans ce courrier, à partir du bilan que vous dressez de votre expérience dans le CCI.

Pour commencer, il faut se rendre à l’évidence. La manière dont vous exposez le passage du CCI d’une position souple dans ce domaine (partiellement liée à l’origine anarchiste d’une partie des fondateurs du Courant) à une redécouverte du léninisme, est, sans le dire vraiment, un constat d’échec de l’un des postulats de base du CCI : la possibilité de créer une synthèse entre les gauche Hollandaise (conseilliste) et Italiennes ("bordiguiste", léniniste radicale), sous le nom de Gauche communiste. Ces tendances entretiennent bon nombre de rapports, certes, mais divergent précisément sur cette question de l’organisation. Or, vous indiquez à plusieurs reprises que le recentrage du CCI en matière d’organisation s’est faite sur la base du rejet du conseillisme. En réalité, il ne reste effectivement plus grand chose de la gauche Hollandaise dans le CCI, et surtout pas son message essentiel : l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. En outre, le poids de l’invariance bordiguiste se fait sentir : même en se repliant sur lui même, le courant est supposé transmettre intact aux générations futures le bel héritage d’un marxisme momifié.

Mais il ne suffit pas de constater que le CCI s’est progressivement réorienté en abandonnant ses références conseillistes. Il faut savoir pourquoi. Vous indiquez que ce changement est opéré dès le milieu des années 80. Cela limite donc la portée de la mort de Marc Chirik, survenue après, et de la lutte pour le pouvoir qui s’ensuit. Cette lutte, comme vous l’expliquez, survient dans un contexte déjà lourd et une organisation fragilisée par des départs et des scissions, c’est-à-dire déjà par des cristallisations politiques successives, chaque départ resserrant le débat et surtout les liens de l’organisation autour des points de rupture. La défense du groupe contre les positions qui ont amenées à la scission sont extrêmement propices à la sclérose politique. Choisis ton camp, camarade… Il est intéressant de constater que le débat s’est en réalité poursuivi en dehors du CCI, puisque bon nombre de groupes ou revues de "l’ultragauche" sont issues des diverses scissions et ruptures du CCI, ou l’ont au moins côtoyé de manière aimable avant de lui vouer un mépris ou une haine sans borne (GCI, PIC & Révolution sociale, Échanges & Mouvements, PI...). Pour moi qui n’ait jamais appartenu ni au CCI, ni à l’un ou l’autre de ces groupes, il me semble que la réalité politique du CCI des origines n’est plus à chercher dans le CCI actuel, mais dans le vaste ensemble qui en est issu.

Le conseillisme, conçu de manière stricte, est évidemment peu propice à une organisation révolutionnaire. Certes, le KAPD a compté quelques milliers d’adhérents, mais parce qu’il était issu d’une situation réelle de conseils, dont il représentait à la fois la théorisation, la sauvegarde... et peut-être la preuve de l’échec : le reflux des conseils aboutit à leur raidissement sous la forme d’un parti, qui disparaît lui-même rapidement. C’est une perspective d’analyse à développer, même si elle n’est pas spécialement plaisante pour notre mythologie. Il existe effectivement un paradoxe étrange, à la base même de toute organisation révolutionnaire. Si on admet un spontanéisme absolu, les organisations révolutionnaires sont inutiles et même dangereuses. Mais les révolutionnaires (au sens de ceux qui désirent la révolution alors même qu’elle n’est pas en train de se produire - révolutionnaristes serait d’ailleurs plus exact) existent et l’idée même qu’il ne servent à rien leur est insupportable. Le spontanéisme pur demande une stricte abnégation, une patience redoutable. Les révolutionnaires sont alors contraints de se regrouper, soir pour attendre la révolution à plusieurs (mais çà n’ est pas beaucoup plus satisfaisant), soit pour la préparer d’une manière ou d’une autre (soit peut être les deux en même temps). Selon leur degré de patience et leur analyse, ils vont se diriger vers des groupes plus ou moins spontanéistes, ou au contraire avant-gardistes, ou encore dans différentes formes d’immédiatisme (réformisme, utopisme, terrorisme). En définitive, les organisations révolutionnaires


servent essentiellement à regrouper les révolutionnaires pour leur rendre l’absence de révolution plus vivable. C’est terrible, mais c’est une donnée à ne pas sous-estimer. Cette sensation est probablement accrue pour les groupes qui sont dans une position un peu intermédiaire entre le spontanéisme et l’avant-gardisme, ce qui était le cas du CCI à ses débuts. Le groupe qui porte ce nom actuellement a rompu avec toute forme de spontanéisme (conseillisme) pour avancer dans la ligne de l’avant-gardisme forcené et prendre dans ses bras le teddy-bear rassurant de l’Invariance, même sans en prononcer le nom.

Paul Mattick (dans Le nouveau capitalisme et l’ancienne lutte de classe) admettait ce type d’analyse en terme de logique de groupe, donc de psychologie, mais en inversant la perspective. Pour lui, "Même pour assurer leur simple survie, les organisations radicales impuissantes seront amenées à invoquer la spontanéité comme facteur décisif de transformation radicale. Hors d’état de changer la société par leur propres moyens, elles mettent tous leurs espoirs dans les soulèvements spontanés des masses, remettant à plus tard de rendre compte de tels phénomènes". Mais il écrivait cela dans un texte publié en 1968, c’est-à-dire à un moment où cette hypothèse paraissait relativement crédible, où elle participait effectivement d’un mouvement de la classe. Spontanéisme et avant-gardisme effectif étaient alors deux manières de voir et de préparer concrètement la révolution. Dans la phase descendante de la vague révolutionnaire des années 70, un tel point de vue devenait difficile à tenir, non politiquement mais réellement psychologiquement. L’avant-gardisme auto-proclamé, réellement arrière-gardiste, était la conséquence de ce repli.

Lorsque vous parlez des contraintes objectives de la vie d’un groupe révolutionnaire, il me semble que vous sous-estimez deux problèmes.

1° si vous notez justement la dynamique sociologique des structures associatives, vous passez peu être trop vite dessus. La "tendance organique à l’inertie, à la conservation et à l’autoreproduction" est une chose très importante, dès lorsque ce groupe tend à ne plus se développer, à amener moins d’éléments neufs, à réduire numériquement. Pudiquement (et conformément à une tradition solidement ancrée dans le mouvement révolutionnaire), vous ne donnez aucune donnée chiffrée sur l’évolution du nombre de militants, l’importance numérique de chaque scission, ni même sur la pyramide des âges (comme le faisait, par un féconde provocation, l’internationale situationniste). De même, alors que vous posez justement la question des "générations" et de leur expérience (question que nombre de groupes des années 70 commencent à se poser), vous semblez gênés par ce concept qui vous paraît étranger au marxisme. Comme si le marxisme vivant, ce n’était pas justement la capacité à intégrer les données et concepts des sciences humaines dans nos analyses… Même si ces facteurs ne sont qu’une partie de l’explication, il serait erroné de ne pas les prendre en compte. Le CCI, si on lit entre vos lignes, est un courant qui a mal vieilli et qui s’est resserré sur quelques analyses clef en main pour éviter de regarder en face la faiblesse de ses prophéties lancées souvent avec emphase .

2° Vous suggérez que le CCI est un produit de la lutte de classe à la fin des années 60 - début des années 70. Formellement, ce n’est pas faux, puisqu’il s’agit d’une convergence de plusieurs groupes réunis (brièvement, comme je l’ai déjà dit) dans une structure commune au cours de ces années de lutte, bien que de votre propre aveu, il en fut toujours assez distant en réalité. Mais lorsque vous dites que "tout son parcours ultérieur peut objectivement être décrit comme un progressif écart du bain créateur de la classe des prolétaires en tant que mouvement historique", il me semble que vous introduisez une distinction qui fleure encore le léninisme ou l’ouvriérisme, bien malgré vous. Là encore, l’absence de données sociologiques nuit sans doute à la compréhension, mais il j’ose imaginer que les militants du CCI ne sont pas majoritairement des petits industriels, des exploitants agricoles fortunés ou des notaires. Autrement dit, ce sont des salariés, du secteur privé ou public, ou des chômeurs, même si, comme c’est le cas dans le milieu libertaire, les ouvriers industriels sont rares (ouvriérisme : réduction du prolétariat aux seuls ouvriers d’industrie). Autrement dit, l’écart ne se fait pas entre le CCI et le prolétariat, puisque ses militants sont des prolétaires (léninisme : extériorité des communistes par rapport au prolétariat). A fortiori, il en va de même pour les camarades du CDP. La subtilité réside dans la précision "en tant que mouvement historique", ce qui peut signifier deux choses : en tant que classe consciente de l’être (bordiguisme, identité du parti et de la classe) ou en tant que classe en lutte (communisation, la lutte des classe quotidienne transcroissant en révolution). C’est effectivement là où le bas blesse. Comme vous l’avez noté à plusieurs reprises, le CCI est longtemps resté à l’écart des luttes comme un observateur critique, entraînant le départ de la tendance qui à pris le nom de Pour une Intervention Communiste. Puis a tenté lui-même, en réaction, un interventionnisme déplacé et ouvriériste (meeting de rue...), avant d’arriver à la situation navrante que livre la lecture mensuelle de Révolution Internationale : une dénégation systématique de toute lutte actuelle, considérée comme irrémédiablement entachée de syndicalisme. Pire, RI en est arrivée a dénoncer toute forme d’action directe comme "étrangère à la classe ouvrière" à l’occasion du conflit Cellatex cet été. Cela ne surprend guère, étant donné que l’anti-anarchisme le plus sommaire est au sommaire de chaque livraison depuis quelques mois. Qu’il y ait des limites aux mouvements sociaux très durs de cet été, certes, mais une condamnation aussi massive est significative : le CCI ne comprend plus ni le capitalisme, ni la lutte de classe dans leur stade actuel. Véritable "arrière-garde du mouvement ouvrier", il est identique en cela à de nombreux groupes marxistes et libertaires : il ne fait illusion que par la répétition identique d’un certain nombre de principes de base fondateurs du mouvement révolutionnaire. Votre image de la pendule arrêtée qui donne l’heure juste deux fois par jours est très parlante.

Revenons au terrible constat initial sur le rôle des organisations révolutionnaires. Le CCI, dites vous, est né de la vague révolutionnaire qui a suivi 1968, tout en reprenant le corpus théorique de la GCF. Mais il est créé en bout de cours de ces années, en 1975. On est exactement dans ce cas de figure d’organisation - créée par des travailleurs qui formalisent ainsi leur expérience ­- qui en même temps se fige rapidement parce que la vague révolutionnaire en reflux les place en situation de conserver cette expérience dans l’espoir de la transmettre. Le Bordiguisme, dont cette notion de transmission par un petit groupe attendant des jours meilleurs est l’un des principes de bases, est évidemment attirant, beaucoup plus que le conseillisme qui demande de faire confiance aux travailleurs au moments même où ceux-ci sont moins actifs dans leurs luttes. Si ce groupe ne parvient pas à rester en phase avec la situation par une activité analytique et théorique, il se sclérose sous la forme d’une secte. On touche donc à la question de la praxis. Le CCI, tout comme une bonne part des "révolutionnaires" actuels, tout en étant au moins sociologiquement une organisation de travailleurs, est stérile et même réactionnaire (en temps que groupe, ce qui ne signifie pas que ses militants le soient tous) parce qu’il ne dispose ni d’une théorie révolutionnaire (une compréhension matérialiste du monde fondée sur l’analyse de la situation actuelle réelle), ni d’une pratique révolutionnaire (un investissement dans les luttes, à la mesure de ses forces réelles).

Dans une perspective spontanéiste ou en tout cas non-avant-gardiste, le paradoxe de l’organisation


révolutionnaire qui ne sert pas à autre chose qu’à rassembler des révolutionnaires peut trouver une esquisse d’issue dans son rôle critique à condition d’en être conscient : puisque les organisations révolutionnaires existent et qu’elles sont un danger potentiel pour la révolution, c’est une tâche révolutionnaire que de les dénoncer et de démontrer leur rôle nuisible. C’est grosso modo ce que font bon nombres d’organisations, même lorsqu’elles ne se considèrent pas comme spontanéistes. Chacune à sa cible préférée : Lutte Ouvrière pour le CCI, le CCI pour le GCI, le GCI pour Robin Goodfellow, et si je n’abuse, un certain GCM probablement disparu pour Robin Goodfellow. On pourrait en citer d’autres.

J’ai suivi ce paradoxe dans ses conséquences les plus absurdes parce qu’il me semble effectivement important de comprendre que la tendance au regroupement est inhérente à la lutte des classes, quand bien même elle peut s’avérer dangereuse en situation révolutionnaire, en créant un groupe distinct de la classe, embryon de bureaucratie puis d’Etat (c’est une extension de la notion d’état illégal que j’ai avancé par ailleurs dans un article de Demain le monde n° 5). C’est une contradiction absolument essentielle, qu’il ne faut pas négliger. C’est elle qui a tué toutes les révolutions survenues à ce jour : un groupe organisé, quelle que soit son idéologie, parvient à prendre le pouvoir et s’institue en État. Le bolchevisme est l’exemple le plus parlant : un groupe ultra-centralisé s’érige en gouvernement, chasse les autres partis révolutionnaires (SR de gauche, Menchevik internationalistes, anarchistes) et brise le pouvoir des conseils. Rapidement, il devient une organisation "fasciste" qui brise par la violence les résistances, y compris lorsqu’elles surgissent en son sein. La doctrine de l’unité du parti à tout pris a joué un rôle particulièrement réactionnaire dans ce processus. Le rôle d’un révolutionnaire, c’est de faire la révolution, même et surtout en temps de révolution. La véritable révolution permanente, c’est la succession ininterrompue de révoltes, c’est-à-dire d’intervention politique des masses pour empêcher la sclérose de la révolution.

Reste alors une question majeure, toujours non résolue : on ne sait pas réellement comment ni surtout pourquoi démarre une révolution. Cela signifie qu’on ne sait pas si la propagande révolutionnaire sert à quelque chose. Globalement, on peut penser que oui en insistant sur le fourmillement de groupes et de débats avant la révolution russe, et sur la relative importance des organisations révolutionnaires (les SR étant de loin les plus nombreux...), ou se pencher sur l’agitation ouvrière avant la Commune, mais c’est peut-être une nouvelle manière de s’illusionner sur notre rôle, d’autant plus qu’elle a été une défaite sanglante pour le prolétariat. On sait qu’une organisation révolutionnaire peut être utile pour terminer une révolution, mais on n’a pas de preuve très solide du contraire. En outre, il ne faut pas faire semblant que dans une révolution, il n’y aura qu’un seul parti révolutionnaire. Il y en aura nécessairement une multitude, même si chacun s’accordera sur le fait que les autres sont les adversaires objectifs de la révolution. Les organisations qui actuellement se considérant comme telles tenteront toutes de jouer leur rôle, pour le meilleur et pour le pire. Mais l’interdiction et la répression, loin de protéger le prolétariat de leur influence néfaste, constitueront le signe le plus sûr du début de la réaction. Le rôle des révolutionnaires sera alors de s’y opposer. Le multipartisme seul est révolutionnaire. C’est une contradiction essentielle à souligner.

La question de l’organisation, enrichie par l’expérience des révolutions antérieures, se pose donc en d’autres termes. Il ne s’agit plus seulement de savoir comment éclate une révolution, ni comment se met en place le pouvoir des conseils, mais comment empêcher la prise du pouvoir par un

1989 coup de boule CGT contre un vendeur de RI

groupe organisé, par un Etat de fait.
La question politique essentielle, c’est : comment ne pas prendre le pouvoir sans qu’il soit pris par d’autres. C’est pourquoi, à mon sens, la question de l’organisation est indissociablement liée à l’analyse que l’on a de ce qu’est concrètement l’État. Il me semble que la plus grande faiblesse théorique de votre brochure "Que ne pas faire ?", c’est précisément cette définition de l’État, qui est quasiment absente. Je reviendrai plus en détail sur ce sujet dans mon prochain courrier. Bien sûr, la question de l’organisation aujourd’hui, c’est-à-dire dans l’immédiat, ne peut être tranchée sur ce seul critère, mais il est d’une importance capitale. Vous posez, dans QNPF, la question de la mise en place d’un réseau de débats ouverts, où la question de l’organisation pourrait être discutée. Je propose d’y ajouter la question de la définition de l’État, non en absolu mais dans son existence et son rôle réel dans le stade actuel du capitalisme.

Je laisse de côté, volontairement, la question pourtant essentielle du lien entre analyse globale et luttes sectorielles, parce qu’il me semble premièrement qu’il ne peut être discuté qu’après la question de l’Etat, deuxièmement parce qu’il nécessite une étude elle-même assez approfondie, plus que les quelques axes que j’ai essayé de tracer ici en préalable à un débat.

Je ne conclurai pourtant pas d’une manière totalement négative, faute d’avoir creusé plus avant la question - et j’espère que nous aurons l’occasion d’en discuter de manière plus approfondie - mais je vois donc, en résumé, trois points essentiels à ce stade de la discussion :

1° Les révolutionnaires (révolutionnaristes) ont "naturellement" tendance à se regrouper par affinité et à vouloir hâter la venue de la révolution. Leur degré d’impatience les amène, selon les tendances de la lutte de classe et leur analyse - plus ou moins solide - de la situation, à formaliser ce regroupement sous la forme d’une organisation.

2° Dans une révolution, une organisation révolutionnaire peut devenir nocive si elle parvient à prendre le pouvoir, car elle sera à amenée à se constituer de fait en classe d’Etat. A la question Que ne pas faire ? je réponds, prendre le pouvoir ou le laisser quelqu’un d’autre le prendre. Le premier axiome est assez simple à réaliser, le second particulièrement difficile et conditionne pourtant la victoire de la révolution.

3° Les deux premiers points forment les termes d’une contradiction à peu près insoluble. Il ne reste qu’à l’organisation révolutionnaire - au sens large - à être le mieux préparée possible à affronter cette contradiction, parce que de débat théorique aujourd’hui, elle deviendra l’enjeu réel de la révolution demain.

Espérant recevoir de votre part toutes les critiques qu’un texte aussi sommaire mérite,

Fraternellement,

Nicolas, 13 septembre 2000

(je publierai par après un historique précis de l'ultra-gauche historique pas hystérique et dont les combattants n'eurent pas peur d'être pris en photo, ni ne professaient une mystique de la dite "gauche communiste). Bonne journée à tous !

lundi 17 juillet 2023

Orwell et “1984”


Orwell et “1984”

 

Timothy Garton Ash

(traduction: Jean-Pierre Laffitte) 

(Nineteen Eighty-Four, par George Orwell. The Crystal Spirit : A study of George Orwell,              par George Woodcock. Orwell ou l’horreur de la politique, par Simon Leys. Orwell, par Raymond Williams. Inside the myth : Orwell – Views from the Left, édité par Christopher Norris.              1985 : A historical report, par György Dalos, édité par Stuart Hood et Estella Schmid.                  The Orwell Mystique : A study in male ideology, par Daphne Patai. Orwell’s London,                      par John Thompson  [8 février 1985]) 

« C’était une journée froide et claire… » et Bernard Crick se met déjà à bondir. « “Une journée d’avril froide et claire” », note-t-il, « c’est le pessimisme comique typique d’Orwell » ; « et les horloges sonnaient treize heures » : « un nombre malheureux », commente le professeur Crick, d’un air savant. Ces premiers mots donnent le ton de son importante édition critique de 1984, une édition d’obscurcissement ampoulé et verbeux, assombrie par des éclairs d’esprit professoral. Crick a enterré l‘admirable texte édité par Peter Davison sous une introduction de 136 pages. Il soutient que 1984 « est un texte complexe – pas simple du tout » et « bien moins accessible qu’il ne le paraît », et c’est la raison pour laquelle nous avons besoin de son assistance savante. Loin d’être seulement une satire sur les dangers du totalitarisme, ainsi qu’Orwell le disait, il ne contenait pas moins de sept « thèmes satiriques principaux » dont le totalitarisme n'est qu’une moitié d’un thème, à côté de « La division du monde », « Les mass-média et la prolétarisation [sic] », « Le débauchage [sic] du langage », etc. Ainsi que Ferdinand Mount l’a observé, c’est un peu comme dire que « L’île au trésor est un roman hautement complexe qui contient des thèmes principaux : le fait d’être unijambiste parmi les gens de mer, l’utilisation de perroquets comme animaux de compagnie, la loi et la pratique de la piraterie, l’emploi de mousses et les mauvais traitements qui leur sont infligés, la cartographie dans les temps anciens, et bien sûr la recherche de trésors enfouis ».

La complexité auparavant insoupçonnée dans l’œuvre d’Orwell, une complexité qui a grand besoin d’une explication érudite, est une découverte faite par de nombreux spécialistes au cours de l’année civile 1984. Il est maintenant coutumier pour les spécialistes univer-sitaires d’Orwell de commencer par déplorer les “pilleurs de tombes” idéologiques et journalistiques, les Podhoretze et les Labedze, les Mount, les O’Brien et les Hitchense, tergiversant sur la tombe d’Orwell – ces chroniqueurs hebdomadaires superficiels, ces critiques aux abois et ces pamphlétaires partiaux comme … eh bien Orwell. Toutes les déclarations prenant cette forme : « Si Orwell était vivant aujourd'hui, il dirait… » sont évidemment suspectes, et pourtant le fait que des auteurs politiques de toutes les positions dans le spectre politique se sont sentis incités à faire de telles déclarations – de revendiquer Orwell pour leur tradition et d’imputer des tendances “orwelliennes” à leurs opposants – est la mesure réelle du succès d’Orwell. C’est ainsi que Daphne Patai fait d’un ton acide ce commentaire dans The Orwell Mystique : la personne qui fait l’éloge d’Orwell pour son honnêteté « dit non seulement : “Orwell est honnête”, mais également, “moi aussi je suis honnête…” ». Pour ma part, je dis seulement que si Orwell était en vie aujourd'hui, il aurait apprécié les pugilats politico-journalistiques beaucoup plus que la plupart des ouvrages universitaires en cours d’examen.

Pourtant il est particulièrement vulnérable si l’on opère des citations sélectives. Exagérations choquantes et généralisations à couper le souffle sont typiques de son style. Patai cite d’un ton désapprobateur quelques beaux exemples : « Aucun véritable révolution-naire n’a jamais été un internationaliste ». « Tous les partis de gauche dans les pays hautement industrialisés sont au fond des imposteurs ». « Un humanitaire est toujours un hypocrite ». Ainsi que V. S. Pritchett le faisait remarquer, « il exagère comme un sauvage ». Et il n’était pas un penseur politique systématique et constant. George Woodcock, qui le connaissant bien, parle « d’un manque de cohérence orwellien typique ». Son changement d’attitude concernant la nécessité de la guerre contre l’Allemagne nazie est un exemple bien connu. C’est ainsi qu’il a proféré de nombreuses choses différentes et même contradictoires, et il les a toutes dites de manière violente.

Cependant, le livre pour lequel cela est le moins vrai, c’est 1984. Le débat le plus passionné de l’année dernière tournait autour de deux questions : (1) 1984 était-il fondé essentiellement sur le socialisme soviétique ? (2) Orwell l’a-t-il écrit en tant que socialiste convaincu ? De manière prévisible, les gens de gauche ont répondu : « (1) non et (2) oui », et les gens de droite « (1) oui et (2) non ». Mais si vous lisez ce qu’Orwell écrivait alors, il est plus qu’évident que la réponse doit être : « oui et oui ». Oui, « le fondement de 1984 est en réalité la Russie de Staline », ainsi que Robert Conquest l’a démontré récemment dans un essai comme à son habitude percutant. Oui, « j’appartiens à la gauche et je dois travailler en elle, autant que je hais le totalitarisme russe et son influence pernicieuse dans ce pays », ainsi qu’Orwell l’écrivait à la duchesse d’Atholl en 1945. George Woodcock, dans une précieuse nouvelle introduction à son The Crystal Spirit [L’esprit de cristal], soutient avec conviction que ceci est « une affirmation-clé de la position qu'Orwell a continué à maintenir jusqu'à sa mort », et il continue à nous rappeler la déclaration (exagérée) caractéristique d’Orwell dans Why I write [Pourquoi j’écris] : « Tout ce que j’ai écrit de sérieux depuis 1936, chaque mot, chaque ligne, a été écrit, directement ou indirectement, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique tel que je le conçois ».

Simon Leys prend à juste titre Orwell au mot – « pour le socialisme, contre le totalitarisme » –, bien que son essai par ailleurs compréhensif : Orwell ou l’horreur de la politique, fasse la suggestion bizarre que le socialisme d’Orwell était « une solution irréfutable à un problème très personnel », à savoir comment communiquer avec les classes inférieures. Il cite également l’historien soviétique distingué Alexander Nekrich : « George Orwell est peut-être le seul auteur occidental à comprendre l’essence la plus profonde du monde soviétique ». Quiconque soutient que 1984 n’a rien à voir de particulier avec le communisme soviétique se doit d’expliquer pourquoi presque tous les personnes qui ont vécu sous un système de type soviétique le pensent. Leys conclut en beauté : « Vivre en régime totalitaire est une expérience orwellienne ; vivre tout court est une expérience kafkaïenne »(*).

Raymond Williams, dans une postface stimulante à son étude d’Orwell, qui est parue à l’origine dans la série des Fontana Modern Masters, suggère qu’Orwell s’est concentré sur les horreurs du socialisme soviétique parce que :

« Le fascisme, au moment où il était en train d’écrire, venait juste d’être vaincu militairement. Le capitalisme, supposait-il, était fini et méritait d’être fini. Ce qui importait alors était quelle sorte de socialisme s’établirait, et, étant donné que son option était le socialisme démocratique, ce à quoi il devait principalement et même exclusivement s'opposer était le socialisme autoritaire. » [les italiques sont de moi]. 

Cela est plausible ; mais pourquoi Williams dit-il socialisme “autoritaire”, alors qu’Orwell emploie de manière systématique le terme “totalitaire” ?

En bref, Orwell était un socialiste anticommuniste. Nous pouvons ne pas être d’accord à propos de la cohérence et de la consistance de cette position ; nous pouvons même penser que cela est logiquement impossible ; mais c’est ce qu’Orwell supposait être lui-même. Pour Christopher Norris et la plupart des contributeurs à Inside the Myth [À l’intérieur du mythe], cela est (pour emprunter le terme d’Orwell tiré de ses “Notes on Nationalism” [Notes sur le nationalisme]) un fait intolérable. Norris écrit dans son introduction qu’Orwell est devenu  « le saint patron de la double pensée(*) actuelle de la Guerre froide ». Orwell lui-même aurait vu cette canonisation avec « une grande tristesse et dégoût », mais le fait que ses textes se prêtent à « une telle grossière appropriation » est « la preuve de leur complicité profonde avec ceux qui voudraient les utiliser de la sorte ». Par conséquent, ils (les textes coupables) doivent être sévèrement déconstruits.

La plus grande partie de ce qui suit est cependant constitué d’attaques bâclées et de mauvaise qualité, qui n’arrivent pas toujours à faire la distinction entre critiquer Orwell pour avoir dit ce qu'il voulait dire, pour ne pas dire ce qu'il voulait dire et pour avoir dit ce qu'il ne voulait pas dire. Les critères politiques et littéraires sont désespérément confus. Dans une page, Stephen Sedley nous invite à nous rendre compte de « la pauvreté de la créativité d’Orwell » en comparant les personnages de l’Animal Farm [La ferme des animaux] avec ceux de Beatrix Potter(**). Dans la suivante : « Aucun socialiste ou communiste honnête n’ignore ou ne sous-estime les problèmes et les falsifications structurelles et politiques qui ont caractérisé l’Union soviétique et les autres États qui ont suivi une voie similaire ». Ah, « problèmes et falsifications »… M. Sedley ne défend tout simplement pas les cochons ; mais  il écrit comme Squealer(***). Inside the Mythe représente toute une vigne aux raisins acides, mais aucun n'est aussi acide que M. Alaric Jacob qui a suivi Eric Blair(****) à l’école              St Cyprian, mais qui, comme il nous le raconte, contrairement à Blair, n’a pas obtenu de bourse d’études pour une école privée. Et cela continuait en utilisant la même veine : « Warburg a publié 25 000 exemplaires de 1984 le jour de mon anniversaire, en juin 1949. Quelqu’un m’en a donné un comme cadeau et je l’ai lu immédiatement. Trois mois plus tard, il a publié Scenes from the Bourgeois Life [Scènes de la vie bourgeoise], un livre autobiographique de moi avec un tirage de, je crois, 3 000 ». Ici, on a la voix authentique de Bourriquet(*****).  

L’essai le plus sérieux dans ce volume est celui de Stuart Hall, lequel fait l’éloge d’Orwell pour la raison que celui-ci identifie le problème de l’État comme central pour l’avenir du socialisme. « Le problème de l’État », écrit Hall, « est la grande question non résolue à la fois du socialisme existant réellement et du socialisme démocratique lui-même ». Comme Raymond Williams, il consacre un certain temps à la division cauchemardesque du monde, qu’effectue Orwell, en super-États qui se font la guerre de façon permanente. Il suggère qu’Orwell s’est rapproché de la théorie de l’“exterminisme” d’E. P. Thompson, et il l’enrôle de façon posthume dans le Désarmement Nucléaire en Europe (DNE). Selon Hall, Orwell « a signalé qu’il avait entendu de nombreuses conversations en Grande-Bretagne à propos de la division du monde en deux camps dominés par les USA et l’URSS, lesquelles se terminaient par cet aveu réticent : « Oh eh bien, naturellement, si l’on avait à choisir, il n’y a aucun doute là-dessus – l’Amérique ». Mais Orwell presente lui-même un argument beaucoup plus précis dans sa Defence of Comrade Zilliacus [Plaidoyer pour le camarade Zilliacus]     (en 1948) :

« Assurément, si l’on est sur le point d’écrire quelque chose à propos de la politique étrangère de quelque façon que ce soit, il y a une question à laquelle il faudrait répondre sans détours. La voici : “Si vous avez à choisir entre la Russie et l’Amérique, laquelle choisiriez-vous ?”. Il ne faudra pas, pour ergoter, donner la réponse habituelle : “Je refuse de choisir”. Car en fin de compte, le choix peut nous être imposé. Nous ne sommes pas suffisamment forts pour rester seuls, et si nous n’arrivons pas à donner naissance à une union européenne occidentale, nous serons obligés, à la longue, de subordonner notre politique à celle de l’une ou l’autre Grande puissance. Et, en dépit de tout bavardage à la mode du moment, tout le monde sait en son for intérieur que nous choisirions l’Amérique. ».

Il est certain qu’Orwell plaidait pour une union européenne occidentale – en fait, il attendait avec impatience la constitution des États-Unis d’Europe socialistes ; il est certain qu’il anticipait les dangers, aussi bien pour la démocratie que pour la paix, engendrés par les superpuissances possédant des armes nucléaires ; mais il n’a jamais pratiqué la facile équation du DNE entre les États-Unis et l’Union soviétique.

   



(*)  La citation tout entière est en français. (NdT).

(*)  Néologisme formé par G. Orwell dans son roman 1984.  La “double-pensée” est un mot novlangue signifiant “contrôle  de la réalité”. C'est le fait d’accepter deux idées opposées, simultanément et absolument. (NdT).

(**) Beatrix Potter (1866-1943) est une naturaliste et écrivaine anglaise, principalement connue pour ses livres destinées à la jeunesse. Elle est surtout célèbre pour avoir inventé un monde animalier dont le premier héros était Pierre Lapin. (NdT).

(***) Squealer (cochon ou porcelet) est l’un des cochons de la Ferme des animaux qui est responsable de la propagande de Napoléon (le cochon qui mène  la rébellion). Il a une grande force de persuasion sur les autres animaux et il peut les manipuler. (NdT).

(****)  Eric Blair est le véritable patronyme de George Orwell. (NdT).

(*****)  Bourriquet (Eeyore en anglais) est un âne de fiction imaginé par Alan Alexander Milne en 1926 pour sa série de livres sur Winnie l’ourson et devenu un des personnages principaux des adaptions cinématographiques des studios Disney à partir de 1966. (NdT).


mercredi 12 juillet 2023

REPONSE A LA FORTERESSE ASSIEGEE par le « mouchard » JLR

 


On peut le constater, voire le déplorer, les sectes en général n'ont aucun humour, et c'est même ce qui les distingue au premier abord ; c'est sans doute le fait qu'elles se prennent trop au sérieux en exagérant leur importance. Le fait d'être une secte n'est pas en soi péjoratif ni signe de petitesse ; péjoratif l'est pour ce terme appliqué à la secte LFI ou au CC du PS. Pour Marx l'état de secte est un constat dans l'enfance du mouvement. Si je l'utilise toujours concernant le CCI, c'est sans doute parce qu'il est dans la vieillesse du mouvement.. . Ce n'est nullement de ma part la manifestation d'une haine contre ce groupe qui, par ses analyses certes répétitives, trouve toujours mon acquiescement sur les questions essentielles ; je garde même une estime pour la plupart de ces camarades pour leur longévité et conviction révolutionnaire. On peut noter que, même leur « diabolique instrument de la police » - le GIGC – malgré tant de bile déversée, les compte eux aussi toujours dans les organisations marxistes de référence. Sorti de tonnes d'exagérations et délires réciproques (de moi aussi), on aurait du pouvoir faire prédominer l'essentiel, le vrai combat politique, mais peut-on s'extraire de la fixation sur les personnes et souvent d'une psychologie de bar tabac ?


J'ai écrit deux livres de 600 pages sur le CCI - « L'organisation eggregore » et « Histoire du maximalisme, plus quatre compilant l'extraordinaire apport de Marc Chirik au mouvement révolutionnaire moderne. Je ne regrette rien et je suis fier que les historiens du présent ou du futur puissent et pourront travailler sur ces documents à la BNF et à l'institut d'Amsterdam.

Place à nos disputes picrocholines dont les ukrainiens et les chômeurs n'ont que foutre. Depuis ma création à la fin des années 1990 de ma feuille « le prolétariat universel » devenue ensuite blog, la secte l'a qualifiée de « presse pipole » de concierge. Mettons que je sois « Voici ultra-gauche », mais alors mes amis vous êtes des témoins de Jéhovah !

Jetant un œil incidemment sur de possibles commentaires l'autre soir sur mon blog, je suis tombé sur un appel au lynchage me concernant, pas une condamnation à mort mais à charge des autres sectes de s'associer au moins à un lynchage injurieux et aux sympathisants de faire ce qu'ils veulent en me croisant dans la rue. Tout cela ne m'a nullement impressionné, plutôt attristé. Cette dénonciation publique datait du 19 juin...je les remercie donc de m'avoir directement informé sur ma boite aux lettres du blog de ce mouchardage de ma petite personne, moins d'être associé sur le web au « purin parasitaire » car... nous sommes tous plus ou moins parasitaires du prolétariat tant qu'il ne nous a pas reconnu.

J'ai fuit il y a une vingtaine d'années cette organisation, à laquelle j'avais donné toute mon énergie vingt années durant,


mais pas seulement, ce fût une « école de pensée » ; j'ai pour habitude lorsque l'on me demande mon CV de répondre : j'ai le bac + 20 du CCI.

J'ai créé ce mode d'expression certes individuel (bien que j'ai tenté ) plusieurs reprises d'y associer d'autres camarades (dont feu Guy Sabatier) ; ce système peut présenter des abus (il fait partie des réseaux sociaux) dont je remercie tout de même la démocratie américaine car – comme au temps du stalinisme -vous ne pouvez pas, simple gugusse, faire publier votre article ou prise de position, ni obtenir droit de réponse ni dans le Figaro, Libé ou Révolution Internationale. On peut considérer que omerta, censure et mépris, sont la trilogie de l'idéologie dominante : vous êtes une merde et seuls les bourgeois de l'élite spécialiste ont voix au chapitre public !

Je ne prétends ni être un constructeur de parti, bien que je pense toujours qu'il en faille un (et merde aux conseillistes) ni un directeur de consciente ; et j'ai justement une conscience qui ne date pas de mon expérience dans le CCI, puisque avant 68 j'avais participé à d'autres groupes. Mais RI était sorti du lot lorsque je l'ai avaient contacté vers 1973. Contrairement à LO par exemple, avec étonnement vous étiez considéré comme individu, oui individu avec ses propres pensées, ses possibles désaccord, pas une marionnette stupide comme chez les trotskiens. Et oui j'ai fuit quand tout désaccord est devenu « individualiste » et que la discipline interne est devenue police interne et délire paranoïaque ; je me pose toujours la question du déclenchement de cette folie... une manip policière ? La maladie infantile de toute secte qui ne peut plus assumer ses divergences ?

Si j'avais eu la place j'aurais publié tout leur communiqué lyncheur, <je l'ai validé pour mes lecteurs dans la boite aux lettres et vous pouvez vous reporte sur leur site. Cela commence comme ceci :

Sur le blog "Le prolétariat universel": Des bavardages irresponsables qui font le jeu de la bourgeoisie

Soumis par Révolution Inte... le 8 juillet, 2023 - 11:14

« Fin du match », ainsi s’intitule le dernier texte publié sur le blog Le Prolétariat universel tenu par le sieur JLR.

En tête, se trouve un photomontage sur lequel est écrit « Le palmarès des menteurs ». On y voit, autour, en photo, les têtes de Macron, de Le Pen, de Mélenchon, de Martinez… et d’un militant du CCI ! D’ailleurs, pour que la cible ne fasse aucun doute, le sigle « C.C.I » barre l’ensemble en lettres majuscules. L’image introduit un long texte dans lequel JLR passe son temps à traiter le CCI de menteur. Un menteur pire que Macron, Le Pen, Mélenchon, Martinez donc… à en croire le photomontage.

Quand l’irresponsabilité débridée mène à la calomnie…

COUP D'OEIL SUR LE PASSIF

En 2002 je suis qualifié d'individualiste indécrottable qui a fuit, mis dans le même sac que Robert Camoin cloué au pilori par un vieil articulet de Marc Chirik,alors que je n'ai jamais été caractériel comme celui-ci, et que, malgré plusieurs humiliations je n'ai jamais fait acte d'individualisme.

En 2014 je suis présumé m'être associé à une agence officieuse de l'Etat bourgeois le GIGC  (scission du CCI, ex FECCI) autant de sigles à la con qui pourraient porter un simple nom au lieu de faire agences bancaires. Je fais donc partie depuis lors des « charognards », et je m 'en fiche puisque je ne fréquente aucun des malheureux expulsés, pestiférés et autres galeux des épurations successives. En général ils me gonflent même si je peux leur serrer la main en les croisant dans la rue1.

Tout au long des ces années passées je ne nie pas des outrances de ma part, qui n'ont rien à voir avec mon humeur comme le veut la psychologie de bazar de mon présent lynchage ni une hostilité fluctuante, mais un jugement soit positif quand ils ne disent pas des conneries soit négatif, voire sarcastique dans le cas contraire. En 2015, je publie leur tract contre le terrorisme (alors que je viens de faire un infarctus) ; je consacre un article au déroulement d'une de leurs réunions publiques à Paris, titré : « la décomposition peut-elle expliquer le terrorisme ? ». La réunion ne me satisfait pas, non à cause de mon humeur, mais pour ceci : « Les questions que j'avais posées initialement sur le grand remplacement du stalinisme par l'islamisme ainsi que la question d'un combat contre la guerre (qui ne soit pas cette sérénade humanitariste gauchiste de secourisme aux réfugiés) ne trouvèrent ni écho véritable ni réponses ». Toujours pas de réponse sur la première question, mais j'y réponds moi-même dans mon dernier article.

Je peste régulièrement contre leurs généralités et incapacité à voir le poids des corporatismes qui divisent la classe ouvrière, par exemple au début des années 2000 (même généralités creuses pendant les 14 randos cornaquées par des milliers de vieux coucous staliniens retraités)2 je ne suis pas tendre:

. »D'emblée le blog du courant commun invalidé, retraités provençaux, joue la surenchère par rapport aux gauchistes activistes creux : listage de grèves hétéroclites hyper corporatives « preuve » que « toute la classe ouvrière est attaquée » ! Ah bon, au même niveau ? Pour les mêmes questions ? Pas du tout. Qu'y a-t-il de commun entre les hauts salaires d'Air France, le statut stalinien des cheminots, le surcroît de travail dans les hôpitaux et les revendications vaseuses des étudiants, et l'indifférence voire l'impuissance des corpos précédentes concernant les chômeurs ? 

DE LA PHOTO CRIMINELLE A L'évitement politique

Une autre caractéristique de secte, plutôt déclinante, est le recours à la psychologie pour éviter de reconnaître ses erreurs politiques. J'en ai une part de responsabilité. Je devrais être moins incendiaires dans mes polémiques. Le docteur CCI accumule donc mes symptômes : jlr passe son temps à dénigrer le CCI (certainement pas, j'ai d'autres passions notamment le sexe),fait preuve d'une « irresponsabilité débridée » (certes pour une secte soit on est cire-pompe soit ennemi)à, etc. (je me fous de répondre à tous les déqualificatifs). La dramatisation éculée et ridicule concernant la photo criminelle. D'abord tout militant est un personnage public. Il n'a rien à cacher aux yeux de la loi. Il n'est pas un terroriste masqué, et enfin partout désormais vous ^tes flashé où que vous soyez par Tartempion avec son portable ; les flics n'ont plus besoin de se focaliser sur vous, vous êtes, que vous le vouliez ou non, référencé dans le bordel des réseaux sociaux. J'ai d'ailleurs publié ici et dans mon livre sur le maximalisme des photos d'icelui où je figure aussi avec Raoul Victor...en train de tracter à Billancourt, ce qui n'est pas un signe de déshonneur. Si ce camarade avait été encore en activité, bien sûr que je ne l'eusse pas publiée, mais une photo datant d'au moins trente ans où il était encore jeune et beau avec toutes ses dents...Un orateur brillant mais qui n'a jamais tué une mouche !

Le plus ridicule et révélateur de l'imaginaire infantile et prétentieux de la secte à étirer les conséquences supposées de l'horrible publication au meurtre de Rosa et Karl ! On ne se prend pas pour de la merde au CCI ! Sachant de plus que depuis les années 1980, la police a d'autres chats à surveiller que nos petits groupes simples propagandistes plutôt « conseilleurs » utopistes et économistes, par exemple tous les tarés activistes des divers gauchismes fémino-écolo-bobos !Donc moucharder moi jamais ni maintenant ni demain. Cam FM si tu veux que je la retire, tu me fais une simple demande et arrête délirer sur le fait que j'aurais attaquer ta famille privée.. et sans preuves.

L 'absence de preuves nous y voilà. Certes vous avez raison de dire que je ne peux qualifier la photo « on te remets 68 » de mensonge, le slogan en effet se retrouve dans plusieurs manifs, mais j'ai souri en voyant que vous avez repiqué ma photo et je ne vous ai pas fait un procès en lynchage ! Ce qui n'empêche que ces braves jeunes n'ont pas pu remettre ce vieux 68 en marche après ces minables défilés pour une paix heureuses des vieux...oubliant les jeunes qui eux allaient bientôt le faire savoir...

Enfin, et nous y voilà, au cœur du mensonge politique du CCI, spécialisé désormais dans un « réveil de classe » ; le terme mensonge n'est sans doute pas le plus approprié : erreur politique, fabulation, baratin politico-vaseux où, en fait, toute l'argumentation était néo-trotskienne comme le vilain Gérard C. développons la lutte au sein de ce combat merdique et anti-révolutionnaire pour les vieux du temps présent ! Toute chose que j'ai largement développée quand ils me rétorquent : « pas d'argument... », ce qui veut dire qu'ils ne peuvent plus répondre à mes analyses de cette mascarade syndicale totalement défaite quand même les ordures syndicales persistent à crier « victoire ». Il est encore très soporifique « le réveil du prolétariat » !

bonne journée à tous

Jean-Louis Roche





NOTES


1 Ainsi, Bourrinet, dont j'ai salué le bon travail d'historien sur le maximalisme transalpin, a bénéficié pour un vieil article de 2011 d'une tribune à relents de revanche chez les puces bruxelloises : « Pathologie sectaire dans la gauche communiste », de la forteresse assiégée à l’écroulement de la Baliverna. S'appuyant sur le grand penseur Raoul Victor, ce roi des flûtistes sémantiques qui a toujours enrichi le marxisme avec les définitions du dictionnaire – auteur d'un article complètement décalé et hors sol sur les attentats de janvier 2015 – où les termes intransigeance et sectarisme valsent comme un couple d'éclopés, nous apprenait que les organisations maximalistes ne peuvent être peuplées que de mouchards (pas de la police, mais se mouchardant entre eux face au CC, commandement central si vous voulez. Et pour ne pas paraître nihiliste, comme daech lorsqu'ils font des conneries est couvert par le coran, ce névrosé invoque à son tour de citations la sainte Rosa, démocratique et parfumée. (article : BOBONNES ISLAMIQUES ET CCI EN PYJAMA.Dans mes volumineuses archives, j'ai retrouvé une très intéressante lettre d'un certain Nicolas Lettre au Cercle de discussion de Paris sur l’organisation révolutionnaire du 21 janvier 2004, éclairante et impartiale sur la crise du cci de l'époque, je peux d'ailleurs la leur envoyer.

2Le 4 juin 2023, sur son site, le CCI conclut sur cette « victoire » : « Ce mouvement est une promesse pour l’avenir. Il est le signe que nous, la classe ouvrière, nous avons commencé à redresser la tête. À nouveau, nous nous serrons les coudes dans la lutte. Durant des décennies, nous avons subi les attaques incessantes des gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Mais dorénavant, nous refusons cette dégradation continue de nos conditions de vie et de travail. Voilà ce que montre


la massivité de notre mouvement ».
Pas une seule critique sur l'essentiel, l'organisation méthodique de la défaite par les mafias syndicales ! Vantardise de la massivité, autrement dit du nombre, qui a toujours servi d'argumentaire aux pires démagogues. Or le nombre en l'espèce a été complètement domestiqué depuis le début par les mafias syndicales. Il n'y a eu aucune conscience d'une identité de classe mais domination de l'idéologie du « peuple en colère », du malaise d'une société en crise. Enfin il n'y eût aucune remise en cause de la stratégie des promenades syndicales pépères nullement gênantes pour le gouvernement. La seule promesse qui demeure est d'attendre sur les autres sujets le renouvellement de la comédie d'union syndicale bâtarde.



Voici un autre cliché de ce pauvre militant exposé en place publique:



mardi 11 juillet 2023

COMMENT LA BOURGEOISIE A DETRUIT L'INTERNATIONALISME AVEC L'ISLAM


« Un bouquin américain, Dynamite, montre comment la disparition de la perspective révolutionnaire a  transformé le syndicalisme américain en syndicalisme criminel.

Jean-Patrick Manchette (Derrières les lignes ennemies, entretiens)

« Etre de gauche rend plus apte à critiquer le système mais inapte à critiquer la gauche qui fait partie du système » JPM

« L’Histoire montrera bientôt si les émeutes quasi permanentes annoncent l’improbable renversement révolutionnaire (et non pas simplement autodestructeur de cette tendance effroyable) ». 1991 JPM


« Nous, les musulmans, exportons l’islam dans le monde entier » Khomeyni

 « Le voile, c’est en même temps un refuge pour dissimuler l’exclusion sociale ».

Chahdortt Djavann (Bas les voiles, Gallimard 2003)


COMBIEN LA GAUCHE BOURGEOISE EST RESPONSABLE DU DESASTRE

« Le discours de la « Gauche » sur l’immigration se présente comme une évidence absolue depuis quarante ans. Presque deux générations ont grandi dans cet allant-de-soi, formant leur vision du monde, structurant les identités politiques, les découpages idéologiques, et orientant les trajectoires militantes. Cette doctrine pro-immigration s’est cristallisée dans les années 80 et fournissait une consistance commode à un « socialisme » totalement exsangue qui trouvait facilement dans le Front National un repoussoir efficace et une providentielle consistance. Il s’est ainsi constitué une véritable idéologie, l’immigrationnisme, et la question s’est forclose. Dans la grande tradition du pseudo-« antifascisme » fondé juste avant le pacte germano-soviétique, celui qui s’interroge sur le bien-fondé des positions « officielles » devient très rapide­ment un dissident, un suspect s’il persévère, un ennemi déclaré s’il assume ses doutes »1.

C'est en effet avec la glorification de l'immigration que la bourgeoisie, avec ses populistes opposés mais complémentaires (Mélenchon et Le Pen), accessoirement avec les petits islamo-gauchistes, a réussi à dévitaliser pour ne pas dire reprendre en la caricaturant et dissolvant la notion d'internationalisme. L'embrasement émeutier que vient de subir la France en est au demeurant un avatar troublant ; il ne faut pas le cacher, tout le monde a été déboussolé, y compris tous les révolutionnaires amateurs.

Dès 2015 une brochure de Lieux communs » (n°21) avait décrit l'essentiel à comprendre :

« Nous l’avons vu, le politiquement correct fait bon ménage avec l’idéologie managériale, car il lui tient lieu d’éthique et lui permet de renforcer le contrôle social en se revendiquant du bien de chacun. L’union de ces deux dimensions est parfaitement compatible avec le programme transhumaniste dans divers domaines, qu’il s’agisse de l’aide médicale à la transition sexuelle, de la suppression de l’hétérosexualité par la parthénogenèse ou le clonage, ou de la substitution de la pensée par l’intelligence artificielle »2.

« Comme l’observe J. de Maillard, « sous nos yeux, l’économie du crime est en train d’accomplir la dernière étape du processus : rendre enfin rentable la délinquance des pauvres et des laissés pour compte, qui jadis était la part d’ombre des sociétés modernes, qu’elles conservaient à leurs marges. La délinquance des pauvres, qu’on croyait improductive, est désormais reliée aux réseaux qui produisent le profit. Du dealer de banlieue jusqu’aux banques de Luxembourg, la boucle est bouclée. L’économie criminelle est devenue un sous-produit de l’économie globale, qui intègre à ses circuits la marginalité sociale » (ibid).

La société française n’était pas destinée à devenir une autoroute ouverte pour la délinquance! Quand on est un délinquant et un forcené; on en assume les conséquences. Les arrestations et appréhensions ne sont pas soumises au bon vouloir de la famille Traoré surtout quand leurs actes s'inscrivent dans des transgressions et provocations volontaires, en prétendant réclamer « la justice », et laquelle sous domination capitaliste ?.3

Dans mon premier article sur ces émeutes, j'écrivais : «  la masse des dits émeutiers est constituée de nombreux adolescents voire d'enfants. Ces jeunes ne sont ni des terroristes ni des voyous. Ils sont définissables en majorité non pas comme des « paumés » des banlieues ; mais comme enfants de la classe ouvrière, déshérités, voués à une existence de merde ».

« Ce chaos  n'est qu'un retour de bâton pour la bourgeoisie : avec son idéologie de dissolution des classes sociales depuis des décennies – le qualificatif fumeux et généraliste de « couches moyennes » et la fable de la gauche caviar nommée « mixité sociale » - elle a perdu tout moyen de négocier quoi que ce soit. Alors qu'une classe reconnue, avec tous ses composants, peut être une entité tangible avec qui négocier, là rien à discuter » (…) En quelque sorte la bourgeoisie fait face à son propre chaos qu'elle a généré et continue à générer avec le révisionnisme wokiste. Elle est même désarmée avec l'inutilité idéologique des théories bobos fémino-écolo-sexolo-rigolos. La gauche « radicale » a pris peur également : le brave Mélenchon a appelé à ne pas brûler les écoles et les médiathèques ». .

Je me positionnais en disant que ces émeutes étaient plus politiques que les 14 pantalonnades syndicales – bien que limitée à une personnalisation apolitique, à un antiracisme de confusion, tout comme à une haine de la police assez primaire - et en récusant la volonté étatique de vouloir diminuer cette colère au niveau d'un simple bordel de voyous immigrés, certes en notant : « Certes il y a toujours des petits cons inconscients, et la majorité des "gamins" ne sont pas d'origine française, mais cela n'élimine pas le fait que ce sont des enfants d'une classe ouvrière qui a perdu homogénéité et identité, et où la question raciale peut tout autant que l'exploitation capitaliste être une des causes des émeutes ».

Dans mon second article, je rappelais l'état de dissolution (provisoire?) de la classe ouvrière : « partout, on ne reconnaît plus la classe ouvrière avec le populisme de la gauche bourgeoise qui se gargarise avec les mots peuple, citoyens, femmes, transgenres, cyclistes, etc. ». Je citais Nathalie Heinich :  « L’islamo-gauchisme est le glissement du tiers-mondisme de l’extrême gauche des années 1960 au tropisme pro-immigrés des années 1980 puis à la version pro-musulmane du wokisme actuel ». Et cet autre auteur perspicace : «  Le concept de classe moyenne avait été conçu comme une fiction permettant de travestir la réalité à des fins de contrôle social ».

Je me récriais ensuite contre les sornettes d'une secte restée (CQFD) ultra-gauche qui posait à la mise en garde de la classe ouvrière généraliste de ne pas imiter l'émeute, comme si les ouvriers en général croyaient à des vertus de l'émeute, espérait en une violence aveugle, face à ce qui ne serait qu'un individualisme émeutier ».

L'article était titré « les violences aveugles sont une impasse » révélant non seulement le crétinisme de son auteur dans sa chambre douillette mais aussi l'infantilisme du groupe ; imagine-t-on un instant que le jeune ouvrier face à sa voiture calcinée, l'employé de supermarché privé de son travail devant la grande surface détruite, où même tout ou partie de la population effarée de tant de dégâts, penser que les émeutes étaient une voie royale, et vers quoi ?4

L'article était au même niveau simpliste que les divagations de n'importe site gauchiste, avec deux seules causes : le racisme et la brutalité des flics ! Or la police en général n'est pas plus raciste que le reste de la population. Il y a chaque année trois fois plus de suicides de policiers (45 en moyenne par an)5 que d'assassinats malencontreux par ces mêmes flics. Tous ces gens qui hurlent à la dissolution de la police, sont pourtant peu regardant lorsqu'ils vont déposer plainte pour un cambriolage ou le vol de leur voiture ! La répression a été moins féroce que la férocité des excités contre les bâtiments publics et contre les flics (jets de lourdes pierres, tir tendu avec fumigènes, embuscades près de leur domicile,etc.). Révolutionnaire et intouchable cette barbarie émeutière ? Qui n'est pas seulement une « impasse » mais une saloperie qui « justifie » la réplique (fort courtoise) de l'Etat, avec sa ridicule minute de silence pour non pas « un enfant » ou «un simple jeune » mais un délinquant !

Le racisme de certains flics peut même se justifier parfois lorsqu'ils sont systématiquement battus, voire tués(cf. Magnanville) par des arabes ou des noirs fanatiques de l'islam ou de la connerie. Des égorgements sont quotidiens. Tous ces dénonciateurs émérites de la police restent sourds au fait que des centaines de personnes en France sont sous protection policière, vu le nombre de menaces de morts qui touchent familles de flics comme intellectuels courageux ; sans compter les femmes battues mises aussi sous protection, ou « déménagées » en urgence par ces mêmes uniformes. Ils raisonnent tous comme nous en 68 : « le CRS maître nageur sert de justification au CRS qui matraque ». Autre époque, autres mœurs...islamisés. Le policier de base reste un prolétaire, et s'il dérape « dans ses fonctions » sa hiérarchie ne va même pas le soutenir. Que ces dénonciateurs d'une police « qui tue et qui est raciste », nous disent comment tenir la société actuelle sans flics, qu'ils nous montrent une police plus clémente que la bolchévique qui massacra des ouvriers en grève !6

Par contre j'ai trouvé marrant, sur le site du nouveau groupe trotskien déjanté et totalement anti-flic certifié et galonné anti-raciste – Révolution permanente (RGG) - un commentaire plus intelligent que les billevesées de nos ultra-gauches retraités sur un paradoxe qui n'en est pas un : « Le Réseau pour la Grève Générale refuse la logique selon laquelle les syndicats ne devraient se préoccuper que des retraites et des salaires, et pas de ce qui arrive à la jeunesse et aux travailleurs-euses dans les quartiers où on habite. Pour exiger justice et vérité pour Nahel et tous-tes les blessé-e-s, mutilé-e-s et tué-e-s par la police, dans les quartiers et dans les manifestations, nous devons peser de toutes nos forces et avec nos moyens d’actions les plus forts, notamment la grève ». Evidemment tout est mêlé mais même s'ils ne disent pas que l'émeute est une impasse (ce qui n'est un secret pour personne en milieu ouvrier) mais en appellent au poncif de grève générale.

LES CLANS DE LA GAUCHE BOURGEOISE ACTUELLE POPULISTE N'AURAIENT PAS VU LA MONTEE D'HITLER

Le fascisme était internationaliste à sa façon, l'islamisme l'est encore plus, ridiculisant les croyances protectionnistes des deux fractions du capital en France ; comme le dit brillamment le philosophe algérien Boualem Sensal : « Pendant que l’on pense hexagone, eux pensent monde. Ils peuvent aisément déplacer le théâtre des opérations en Italie, en Belgique, ailleurs ». Il fait aussi ce constat incontestable : «  La France est un État de droit, un pays ouvert, confronté à un problème inconnu d’elle, a priori insoluble: comment combattre un fascisme politico-religieux d’un autre temps qui s’abrite derrière une religion et une civilisation respectables, et se sert de sa démocratie pour l’empoisonner? ».

Contrairement à ce que certains « commenteurs » ont déclaré, la France n'est pas le seul pays touchés par des émeutes importantes (cf. les pays laxistes comme la Suède ou même l'Allemagne)7. Les mêmes qui considèrent la comparaison avec la montée du nazisme injustifiée.

 Selon Christian Ingrao, directeur de recherche au CNRS, auteur de La Promesse de l’Est, espérance nazie et génocide (1939-1943), éd. Seuil, 2016 : «La déconnexion des élites ne date pas d’hier. De nombreux intellectuels ne voient rien venir parce qu’ils ne vont pas dans les quartiers ouvriers de Berlin où règne une insigne misère. Ils ne prennent pas la mesure du désespoir d’une grande partie de la population qui finit par se dire: « On a tout essayé. Alors pourquoi pas Hitler? »

De 1928 à 1933, le thème central des propos d’Adolf Hitler, c’est le travail et le chômage (le discours raciste n'apparaît pas encore en première ligne). Quant à son autre discours, sur la politique étrangère, sur le diktat de Versailles l’humiliation de l’Allemagne, il porte d’autant plus que la majorité des Allemands partage son point de vue. Par ailleurs, le climat politique est violent. Tous les partis ont des milices qui s’affrontent régulièrement dans les rues des grandes villes. L’antisémitisme nazi, quant à lui, est bien ancré. Mais la progression a aussi été favorisée par l’incapacité des autres partis politiques à faire face à ce nouveau venu. La montée du nazisme n’a donc pas tant inquiété les défenseurs de la démocratie. La presse et les intellectuels décrivirent souvent Hitler comme un bouffon de peu d’envergure, et rares sont ceux qui prirent Mein Kampf  pour un programme politique. Certains, pourtant, ont fait preuve de lucidité : artistes, intellectuels, juges, politiciens, prêtres... ».

La terreur de ce que Boualem Sensal nomme fascisme politico-religieux ess du même ordre terroriste avec l'islamisme actuel, comme le décrit Florence Bergeaud- Blackler (menacée de mort depuis la publication de son livre et placée sous protection policière) :

« Ce caractère diffus, de travail de la société en profondeur, nous a touchés nous aussi, non musulmans. Nous-mêmes faisons attention à ce que nous disons pour ne pas froisser, pour ne pas être blessé voire tué, jusqu’à l’autocensure comme l’ont montré des sondages d’enseignants, les suspensions de conférences à l’université, les annulations d’événements culturels etc. Vous pouvez être insulté, menacé de mort si vous écrivez un livre ou dessinez une œuvre, chose impensable quand le livre de Salman Rushdie est sorti en 1992 mais à laquelle nous nous sommes hélas habitués. Les Frères y sont parvenus notamment en utilisant la terreur jihadiste mais surtout en influençant le système éducatif. Ils ont pris en main les écoles coraniques et ont développé des activités de socialisation dans le sport, dans la culture ou dans l’économie. Ils sont très forts pour islamiser la société en subvertissant nos valeurs, la rendre «charia friendly», avec des slogans comme «mon voile, c’est mon choix» ».

  La mobilisation derrière Hitler et la guerre « mondiale », c'était aussi « mon choix » !

Le sport était une vitrine indispensable pour les nazis, idem pour le frérisme politico-religieux et consorts : « La revendication du port du Hijab dans le sport est une demande expresse de l’Iran depuis les années 1990. “Vous voyez, précise Annie Sugier, que cette stratégie, née en 1990 en Iran, est reprise par les réseaux « femmes et sport » qui sont dans le relativisme culturel, reprise par les fédérations sportives, reprise par les ministres des Sports, et finalement reprise par les Nations Unies. Donc on peut suivre cette logique d’une, encore une fois, stratégie intelligente.” Ça fait 50 ans de lobbying… “Où étaient les Français ?”.

Autre innovation comparable au national-socialisme qui détruisait le mot socialisme en y associant le terme national, avant Staline, la fabrique d'un « marxisme noir » totalement anti-marxiste, qui est célébrée par les clowns trotskiens délirants « Révolution permanente ».

PENSEE BLANCHE ET MARXISME NOIR8

Depuis des années l'imbécile footeux Lilan Thuram rame dans les écoles pour vendre son livre intitulé « la pensée blanche », concept directement importé des USA. Il est épaulé désormais par une autre farce : le marxisme noir, qui atteint les sommets de l'idéologie antiraciste bcbg. Ce marxisme noir se ridiculise en rappelant ses origines... stalino-maoïstes : «  Kelley note assez justement le lien entre l’expérience de Robinson au sein de l’Afro-American Association et la publication de Marxisme noir une vingtaine d’années après (notamment dans la critique du marxisme occidental). Il y aurait donc beaucoup de choses à dire, mais en bref, le contexte de Marxisme noir est un contexte à la fois de virage vers la droite et de résistance et d’organisation politique chez les noirs étatsuniens. Il est toutefois important de noter que dans les années 1960, cette organisation s’était surtout faite par des inspirations marxistes-léninistes ou maoïstes, alors que dans les années 1980, le nationalisme noir était l’inspiration principale » (ibid)..

Sans oublier la dénonciation du « capitalisme racial » !

« Il ne suffit pas d’utiliser les mêmes termes pour que le concept soit le même. Robinson, lui, concède également qu’il y a un caractère racial au capitalisme. Toutefois, selon lui le rapport entre racisme et capitalisme découle d’un « racialisme » antérieur au capitalisme. Ainsi, selon Robinson, au début du capitalisme, le racisme était déjà assez largement présent. Pour reprendre ce que j’écris dans la préface « Le racialisme, en tant que force matérielle présente dans les sociétés européennes précapitalistes, aurait donc donné dès le départ une orientation raciale au capitalisme. » (p. 17) Le caractère racial du capitalisme ne découlerait donc pas uniquement des rapports entre l’Europe et « son dehors », mais serait à trouver au sein même de cette Europe – dans les rapports entre l’Europe et ses « parias ».

Ou comment aussi se ficher du prolétariat  avec cet internationalisme de la race;

« Rappelons-le, la race est un rapport de lutte. La race est affaire de rapports sociaux et non de « simples » hiérarchies. J’ai, toutefois, le sentiment que nombre de camarades saisissent pleinement que le prolétariat (et le Lumpenproletariat) sont pris dans des contradictions raciales. Pour paraphraser Henri Lefebvre dans son livre sur la pensée de Lénine, le prolétariat n’est pas un bloc homogène : « Ce n’est pas une entité, ni une ‘’âme’’ ou une conscience collective donnée. Il a son histoire, histoire à double aspect : social […] et national [4] . » A mon avis, la traduction de Marxisme noir va permettre aux militants de la gauche radicale ainsi qu’aux militants décoloniaux de continuer à discuter la race, à partir d’exemples historiques précis ».

COMMENT LA GAUCHE BOURGEOISE A FAVORISE LA DECOMPOSITION DU PROLETARIAT ET LA DISPARITION DES BANLIEUES OUVRIERES AVEC SON INTERNATIONALISME « ANTIRACISTE »

Les émeutes en France semblaient pourtant concrétiser la notion de décomposition du capitalisme selon le CCI, concept qu'il n'a pas inventé bien qu'il le ressasse invariablement à tout propos depuis des années. Le chaos de la notion de classes a pourtant été préparé par les think tanks socialos des années 1980 et divers auteur arguant d'une disparition du prolétariat. Ce sont surtout les appareil politiques de la gauche bourgeoise, PCF et PS, qui s'en sont chargés par...clientélisme électoral vju le déplacement de populations ethniques diverses ; certains immeubles ne sont habités que par des noirs, d'autres par des asiatiques et on ne croise dans la journée que des femmes voilées. « Pas de vague », c'est la société multiraciale, la mixité sociale et le marxisme noir !

Le début du travail de sape de l'homogénéité historique de la classe ouvrière a débuté avec la


décolonisation. C'est un personnage qui me débectait, chasseur de nazis de papier, le romancier Didier Daeninckk, ex-stalinien, qui a viré sa cuti en 2020 : « Municipales banlieue naufragée », qui reconnaît avoir vu (tardivement) le changement : « L'Algérie occupait une place de choix à une époque où on prenait soin de placer le mot travailleur avant immigré », « S'il fallait déterminer une date de ce moment de bascule où un passé gorgé d'espoirs et de combats, de fraternité, est submergé par les effets de l'instinct de survie d'une caste, c'est le printemps 2014 que je pointerais. Certains placent le curseur bien en amont, mais c'est en mars de cette année-là, au moment des élections municipales, que j'ai pris conscience de l'ampleur du désastre, quand je me suis vu contraint de téléphoner à un ancien maire, ancien député, ancien ministre, ancien sénateur, pour lui demander la raison pour laquelle ses amis, ses camarades, dans leur projet de reconquête de la ville, leur ville, recrutaient parmi les voyous, les dealers d'herbe et de cocaïne ».

Le clientélisme coule des jours heureux : « Quelques jours avant le scrutin déambulent dans les rues de certaines de ces villes des dizaines de militants blanchis sous le harnais, qui coulent une retraite heureuse en province mais ont pris soin de conserver leur adresse principale dans un HLM du parc municipal pour voter utile, loin de leur résidence principale »9.

« Dans ces vastes espaces prolétaires que géraient les organisations liées à la puissance révolutionnaire (?) ; le Parti n'est même plus l'ombre de son nombre. L'appareil implanté dans une ville de près de cent mille habitants se résume à quelques dizaines de militants pour la plupart retraités » ;

LE PATRONAT A BESOIN DE L'AGITATION GAUCHISTE ANTI-RACISTE


Mais c'est sur l'effritement social et culturel qu'un cercle d'auteurs brillants – Lieux communs (certes démocrates pacifistes) - a bien analysé un des débuts du chaos en 2013 et surtout pendant la triste année 2015. Et de décrire ce que je ne cesse de répéter comme origine du chaos et des débilités émeutières ;

« Il semble en effet que l'afflux d'immigrés, accru depuis la fin de la décolonisation, recoupait pleinement l'utilisation simplement capitaliste de cette « armée de réserve », traditionnellement utilisée pour biser les mouvements autochtones et organiser une concurrence mondiale (NB)des travailleurs. C'est d'ailleurs très conscients de ces objectifs, notamment, que les organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier visaient explicitement l'internationalisme. De même, la manière dont l'oligarchie, d'abord surprise, a finalement accompagné le surgissement des revendications communautaires ne pouvait qu'avoir un seul objectif : détruire ce qui restait des cultures ouvrières, morceler les institutions qui en sont héritées, et, au-delà, en finir définitivement avec l'héritage émancipateur de l'Occident. Inutile de montrer ici en quoi tout le fatras du relativisme post-moderne et du gauchisme culturel, sans parler de l'islamo-gauchisme, à la fois symptômes et causes de ces délitements, n'en sont qu'une rationalisation plus ou moins verbeuse. C'est ainsi qu'il conviendrait de comprendre la complaisance précoce des pouvoirs publics pour des manifestations islamistes des années 1980 : salle de prtières, menus adaptés, voiles, etc. très largement tolérés par une population profondément ouverte et pressée d'évacuer toute notion de conflictualité. L'irruption du terrorisme islamiste dès la décennie suivante pouvait aussi permettre de mettre l'ensemble de la population sous pression ».

Je ne peux pas tout citer de cette brochure de 66 pages, sauf vous urger de la lire si elle est encore trouvable (voir sur le web). Elle comporte des témoignages qui pourraient dessiller le plus bête des gauchistes :

« ...les syndicats comprennent trop bien ce qui se passe...demandent plus de postes pour intégrer cette dimension culturelle avec des slogans en arabe sur leurs pancartes...dans les banlieues des années 1960-1970 ; la culture prolétaire et les parents immigrés à cette époque-là même s'ils étaient non francophones visaient réellement l'intégration de leurs gamins et avaient un profond respect pour les maîtres et les maîtresses...Faut lire Cavanna »10.

Une dernière sur la gauche moralisatrice et qui est à la tête du chaos et de la négation de la classe ouvrière internationaliste :

«... dans le bain de la « mondialisation heureuse» vous êtes un petit réac. Dans certaines villes de banlieue où, sur 25.000 habitants il n'y a plus que tout au plus une petite centaine de français qui sont là depuis au moins trois générations... C'est une réalité géographique, dans ton train de banlieue tu croies un blanc tous les 36 du mois depuis des années maintenant et les lois de la République deviennent optionnelles. Les chantres du capitalisme, les Attali, etc. sont ravis des migrations historiques qu'on vit en ce moment, ils sont ravis de voir le peuple se dissoudre en une multitude de lobbies ethniques et de petits clans et autres gangs car en face il n'y a plus grand monde qui veuille « faire société ». La seule dimension culturelle française semble se résumer à la culpabilité : être coupable et redevable des crimes de ses ancêtres – genre, les arabes sont des enfants de cœur et ont construit un empire en appelant à l'amour universel ».


NOTES

3Je souscris à nombre de commentaires anonymes au bas des articles de presse, qui permettent de dire ce que leurs auteurs ne peuvent dire ni constater : « Mais pendant combien de temps va t on continuer à donner la parole à cette famille de délinquants !!! le père a eu 17 enfants avec 4 femmes différentes 10 ont été condamnés Problème social ou problème d éducation ? ».

Ou celui-ci très sérieux : « C'est bizarre cette victimisation permanente. Je suis moi-même enfant de parents immigrés. C'est bizarre que je n'ai jamais connu de contrôle arbitraire au faci7s. C'est bizarre aussi que chaque fois que j'ai eu affaire à la police ou que je me suis rendu dans un commissariat, je n'ai toujours eu que des rapports cordiaux avec des policiers. J'oserais même dire que dans la société actuelle, les policiers sont paradoxalement parmi les personnes les plus sympathiques que j'ai rencontré dans ma vie. Il m'est même déjà arrivé que des policiers aillent jusqu'à se mettre en tort pour m'aider. Je dois aussi préciser que je coopère de bonne foi, que je n'oppose aucune résistance à la police, que je ne les insulte/agresse/menace pas (il ne me viendrait jamais à l'esprit de le faire) et que je suis capable de dire "bonjour, merci, aurevoir... monsieur l'agent". Et bizarrement, je n'ai jamais subi aucune violence ou aucun manque de respect de la part de policiers. C'est bizarre tout ça, vous ne trouvez pas ? ».

4On peut aussi constater avec pitié le délire queer d’un certain ¨Paul B. Preciado qui est reproduit dans Libération sans commentaire, dont voici la débilité totale :

« Ce sont les petits, les «tipeux» pas les grands, qui ont enflammé la rue dans la nuit du 27 juin. Un acte collectif de résistance à la violence patriarcale, raciale et sexuelle qui s’exerce sur les mineur·es racisé·es. La veillée commença dans la nuit du 27 juin 2023, après qu’un policier a explosé un enfant racisé en lui tirant une balle dans le cœur à bout portant. Les enfants de toute la nation organisèrent une cérémonie funèbre et remplissent le ciel de feux d’artifice. Un vrai deuil est déjà une révolution. Veiller est ne pas dormir, prendre garde, faire la fête. La veillée politique pour Nahel a pris la forme de tous les feux, expression ultime du régime de production pétro-sexo-racial et début d’une nouvelle gouvernementalité. (…) L’enfance de la Bastille racisée. Ce sont les petits, pas les grands, qui ont enflammé la street. Les adultes macronistes se découvrent alors pour la première fois une peur des enfants. Le gouvernement mobilise 45 000 policiers pour éteindre le souffle d’une foule des petits armés uniquement de fusées » (8juillet).

6Le comportement de populace je l'ai toujours méprisé ; lors des manifs des gilets jaunes, dans les moments de face à face, je suis plusieurs fois intervenus pour faire cesser les insultes contre les policiers en faction et qui ne peuvent pas répondre, surtout par exemple contre les femmes CRS... dont nos pétasses néo-féministes n'ont que foutre, comme des femmes en usine.

7Pourtant, les descriptions à l’international de ce que subissent les Français dépeignent une réalité tout autre. D’un côté, certains s’amusent presque d’un «folklore» hexagonal et maquillent la révolte identitaire en «mouvement social». C’est en ce sens que l’expression répandue de «French riots» s’avère utile, dans la mesure où elle permet d’esquiver la question migratoire. Cela permet du coup de « désinternationaliser le problème » et de taxer la population (et le prolétariat) française de racisme. Quant au rigolo Juan Branco, il proclamait à la chaîne anglaise Channel 4, en parlant de la mort du jeune Nahel, qu’il s’agissait d’«un crime raciste, qui est lié et causé par des motifs racistes, soit directement par la personne ou de façon structurelle». Comble de l’ironie, il dénonce par la suite «une petite élite blanche» (à laquelle il n’appartiendrait pas) au sein de la capitale, qui pourrait avoir le luxe de ne pas s’inquiéter des événements des derniers jours ». De la même façon, la militante racialiste Rokhaya Diallo procède par une méthode désormais bien rodée. La première étape consiste à expliquer, elle aussi aux médias internationaux, que la France serait structurellement, systémiquement, institutionnellement raciste, ce qu’elle a pu faire cette fois auprès de The Guardian, au Royaume-Uni, Die Zeit, en Allemagne, ou encore CNN, aux États-Unis. Ce qui confirme que cette idéologie anti-raciste et anti-colonialiste est bien dirigée depuis l'impérialisme dominant, en particulier pour affaiblir...l'impérialisme français !.Panégyrique :  «Espagnols, Allemands, Australiens, Américains… Partout on parle de cette dimension raciste des interventions policières», et «le seul pays où l’on ne parle pas de la dimension raciale de ce qu’il s’est passé en ce moment, c’est la France. » ; « parler des «dernières manifestations en France et de la manière dont elles font écho à notre passé colonial et informent sur le racisme institutionnel de notre pays «. Propos repris à l'identique par le « démocrate » et « antiraciste » Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré à propos des émeutes en France: «Dans ces pays qui ont connu un passé colonialiste, le racisme culturel s’est malheureusement transformé en un racisme institutionnel. ».

9Le maire qui a tant ému la France pour l'agression crapuleuse à son domicile n'est pas un ange blanc, comme ses prédécesseurs. L’'ancien maire de L'Haÿ (Patrick Sève - PS) a été condamné pour abus de bien sociaux. Le député-maire de Fresnes (Jean-Jacques Bridey - PS, puis LREM) est mis en cause pour des notes de frais (très) litigieuses, ainsi que pour des cumuls de mandats plutôt illicites. Mais c'est sans oublier que Vincent Jeanbrun, actuel maire de L'Haÿ est un formidable cumulard avec sa femme : pour lui, maire, conseiller régional, président de la géothermie locale ou du cimetière intercommunal = >10 K€ mensuel. Sa femme : maire-adjointe + conseillère départementale = 4 K€ mensuels. Bref, la famille Jeanbrun, c'est presque 200 000 € annuels, rien qu'en mandats. Pas mal pour des gens "désintéressés" ! :-) Et at last but not least, V. Jeanbrun est visé par une plainte d'Anticor pour "prise illégale d'intérêt", entre autres, à propos des terrains arborés du centre-ville qui ont été rasés (marronniers centenaires sur un demi-hectare !) pour être cédés à 150€ du m² à un aménageur dirigé par P. Bédier - condamné pour malversations - et désormais par le fils Cecaldi-Raynaud, de Puteaux. Quel exemple "républicain" que Vincent Jeanbrun, en effet !

10Dans le même ordre d'idée, le meurtre d'Overney n'avait pas entraîné incendie des voitures des ouvriers, d'écoles et de boutiques d'artisans aux modestes revenus, etc.