"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 29 septembre 2022

Guerre mondiale coincée: UNE MOBILISATION PARTIELLE CATASTROPHIQUE


ET UNE DENONCIATION UBUESQUE DE L'ARME DE DESTRUCTION MASSIVE DE POUTINE

Le peuple russe avait été amorphe jusqu'à ce qu'on lui balance une "mobilisation partielle", qui est en fait une mobilisation générale, où les hommes jusqu'à 65 ans sont réquisitionnables pour l'impôt du sang pour "empêcher la destruction de la Russie éternelle". C'est la première fois dans l'histoire des guerres modernes que l'on voit près de 300.000 jeunes fuir la guerre sans se considérer comme des déserteurs ou des traîtres à la patrie. On est informé ensuite d'un certain nombre d'automutilations par des refuzniks, ainsi que de nouvelles manifestation des "mères de soldats".

Même à la veille d'octobre 1917,, comme à la veille de 1914 dans tous les pays, on n'avait pas vu un tel refus de la guerre "patriotique".

Or, pour ceux qui s'enthousiasmeraient en imaginant une nouvelle insurrection révolutionnaire. Premier élément, l'absence de la classe ouvrière comme principal opposant au régime, une classe d'ailleurs laminée par presque 100 ans de stalinisme. Deuxième élément refroidissant: Poutine et son aile la plus militariste, - que l'Occident nomme l'extrême droite pour laisser croire qu'une fraction de la bourgeoisie russe serait moins méchante – ont tout intérêt à laisser s'échapper les plus opposés à cette guerre pour affaiblir la colère qui va monter de toute façon à l'intérieur. Les fuyards sont surtout des petits bourgeois individualistes, ce qui a toujours été le cas des déserteurs anarchistes, qui n'ont ni arrêtés les guerres ni favorisés les révolutions (quoiqu'ils soient depuis toujours admirés et chantés par la gent artistique bourgeoise).

Poutine peut s'en servir justement pour dénoncer "leur lâcheté" alors que la nation est menacée de destruction. Mais voilà sa guerre s'est enlisée.

Pour autant, Poutine est en très grande difficulté. D'abord son invasion rapide de l'Ukraine a foiré. Ensuite, conséquence de la défaite militaire et de l'épuisement de l'armée russe, la "mobilisation partielle" se déroule dans l'affolement; le recrutement se déroule de manière policière et sauvage. En février et en mars il y avait déjà eu une fuite de milliers des couches moyennes. Ici aussi on nous a surtout exhibé la fuite des petits bourgeois quand la classe ouvrière, qui était jusque là la plus patriotique1, est touchée de plein fouet par ce patriotisme impérialiste: des ouvriers sont arrachés depuis leur lieu de travail et déportés vers des centres d'entraînement où rien n'est préparé pour les accueillir et où il n'y a pas assez d'uniformes!

Par contre il faut saluer le courage et la persistance des manifestants malgré les arrestations et aussi ceux qui ont incendié des centres de recrutement forcé. Certains journalistes imaginent une future répression forcenée, or, avec la plupart des troupes mobilisées au front2, même la garde prétorienne créée il y a quelques années il sera, il serait impossible d'encadrer et de réprimer une révolte de masse. Ce dont le pouvoir russe est à mon avis totalement conscient à l'heure actuelle., il peut deviner que le retour des cadavres de vrais "russes blancs" et "orthodoxes" ne va pas favoriser la continuité de "l'orthodoxie nationale impérialiste", et la colère plus dangereuse que la protestation au Daghestan.

UNE GUERRE PATRIOTIQUE QUI SE REVELE SIMPLEMENT IMPERIALISTE

Basta les fuyards, les problèmes risquent de provenir du front où les nouveaux arrivants recrutés à la hâte vont composer un cocktail explosif avec ces milliers de soldats, estropiés, épuisés par une guerre irrationnelle et probablement déjà les plus fervents opposants à la continuation d'une guerre, en effet fratricide, dont beaucoup de soldats se constituent prisonniers de l'armée ukrainienne (qui a payé le plus lourd tribut, près de 80.000 tués). Autre faille, les protestations des régions musulmanes comme au Daghestan où avaient été embarqués les soldats "volontaires". Manifestations et cris du genre "nous en avons assez de la mort de nos frères dans une guerre qui nous est étrangère". Les redditions de soldats russes sont aussi de plus en plus nombreuses...

Poutine a reconnu des erreurs dans le recrutement en disant qu'il fallait faire les choses "calmement", "sans précipitation", or, en mettant tout sur le dos de ses sous-fifres il révèle cependant tout l'affolement de l'Etat russe et la faillite de ses mensonges répétés et franchement débiles.

Le peuple russe ne bougeait pas (et me décevait) parce qu'on lui avait assuré qu'il ne s'agissait que d'une simple intervention périphérique, avec cette mobilisation soudaine le pacte social pacifiste est rompu.

Les simulacres de référendum – l'annexion policière des territoires séparatistes - ont été considérés comme ridicules et, demain, Poutine ne pourra pas faire avaler à la population que ces annexions faussement démocratiques, servent à confirmer un triomphe militaire sur le dos de milliers de morts pour des territoires sans importance, quand le niveau de vie est affecté par cette guerre et les sanctions occidentales, et face au spectacle de milliers de jeunes qui fuient à l'étranger non pour trahir la patrie mais sauver leur peau contre une guerre simplement impérialiste. Même s'il continue d'agiter la fibre patriotique, qui n'est plus qu'un nationalisme impérialiste, néo-colonialiste, et qui, par conséquent, ne peut enthousiasmer les masses russes plus longtemps.

QUI A SABOTE LE NORD STREAM UN ET DEUX?

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a jugé «stupide et absurde» de suspecter la Russie, le pays aurait pourtant plusieurs bonnes raisons de vouloir saboter ses propres infrastructures stratégiques. Pourquoi ne serait-ce pas plutôt l'impérialisme américain?

«Ce sabotage permettrait d'augmenter la dépendance européenne aux États-Unis», abonde Edouard Jolly. Mais «si l'Europe est en crise, les États-Unis vont en pâtir également», rappelle le directeur adjoint de l'Observatoire franco-russe. De fait, de nombreuses entreprises américaines sont liées à des entreprises européennes et pourraient être touchées par ricoche

Une interprétation fait fureur aux Etats-Unis. Une déclaration de Joe Biden, prononcée deux semaines avant le début de la guerre en Ukraine, a réveillé les théories complotistes. «Si la Russie envahit (l'Ukraine), alors il n'y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin», avait assuré le président". Et les amis complotistes en France de souligner qu'une flotte américaine patrouillait au large du gazoduc russe.

Or les barbouzes militaires russes peuvent d'autant plus se servir d'une déclaration maladroite de Biden comme celui-ci de ne pas l'assumer. L'essentiel reste la confusion dans la surenchère.

Pourquoi c'est du pipeau? L'autodestruction comme arme de guerre ou laisser-faire, la bourgeoisie en guerre sait très bien s'en servir. Voire détruire la force militaire d'un allié (cf. Mers El Kébir et la flotte française coulée par l'armée britannique). Ce n'est pas écrit dans les livres d'histoire et ce n'est pas du complotisme, l'Etat américain a laissé faire le massacre de Pearl Harbor pour inciter le peuple américain à entrer dans la guerre mondiale. Personne n'a oublié la fable des "armes de destructions massives" pour que l'armada US envahisse l'Irak; d'ailleurs l'utilisation "massive" du danger nucléaire russe (avec la collaboration sibylline et involontaire de Poutine) n'obéit-elle pas au même objectif d'unifier et de soumettre l'Occident à l'hégémonie US?

On peut laisser faire un crime ou l'organiser soi-même en sous-main. Du point de vue policier, historiquement la tradition étatique russe reste un exemple indépassable pour tous les Etats du monde, compétence policière et carcérale et fabrique de faux attentats. Au début de sa carrière Poutine, simple flic de base, avait reçu une formation accélérée, puis mise en pratique lors des faux attentats tchétchènes de 1999. Attentats odieux puisque visant des prolétaires dans leur lieur d'habitations. Conclusion longtemps après!

« Je crois qu'il faut se garder d'interpréter rapidement les attentats, par exemple de 1999, qui ont servi d'alibi à déclencher la seconde guerre de Tchétchénie. Eh bien il est aujourd'hui clair, ça ne l'était pas à l'époque bien entendu, mais maintenant nous savons que ces attentats n'étaient pas du tout l'œuvre des Tchétchènes auxquels on les a attribués, mais l'œuvre du FSB. D'ailleurs, il y a eu trois attentats au total dans différentes villes, mais la quatrième ville, Riazan, là le FSB a été pris la main dans le sac. Par la suite, on a su que non seulement le modus operandi n'était pas du tout dans l'habitude tchétchène, mais qu'en plus les explosifs n'étaient pas des explosifs tchétchènes mais bien des explosifs russes. Le FSB est capable de beaucoup de choses, y compris contre son peuple. » 3

Dans le même genre de manipulation-victimisation et de maints exemples d'auto-sabotage, on pourrait épiloguer sur le laisser-faire de la bourgeoisie US lors de la destruction des twins ou aussi de la bourgeoisie française pendant la guerre d'Algérie. Un agresseur dominant a toujours intérêt à se faire passer pour victime.

L'attentat contre le gazoduc permet d'abord d'entretenir l'ambiguïté surtout auprès du peuple russe, à qui on rabâche que les Etats-Unis sont derrière tout ce qui est contre la Russie4. A la limite peu importe, il faut laisser accroire que tout est permis désormais! Même une frappe nucléaire limitée. Ici ou là on nous assure que cette histoire de gazoduc saboté serait la dernière menace poutinienne avant l'usage d'une arme nucléaire. Mais le fait que l'Etat russe se répande en justifications pour être lavé de tout soupçon, prouverait plutôt sa culpabilité.

D'autres explications plus techniques et financières le disputent à la manipulation médiatique5 soit pour dénoncer plus encore l'impérialisme russe soit pour faire abonder dans les réseaux sociaux la haine du pouvoir, certes pachydermique, américain. Or, pas de bol, les services danois ont signalé que des sous-marins russes gravitaient dans le coin le jour de l'explosion du gazoduc.

L'ECONOMIE CAPITALISTE REPREND TOUJOURS LE DESSUS

"... Or, les Russes vont bientôt se trouver à court d'arguments et vont devoir remettre en route Nord Stream 1 s'ils ne veulent pas que le litige se retrouve devant la justice. Avec le sabotage, «ils vont invoquer la clause de force majeure, grâce à laquelle ils se sentiront légitimes de rompre leur contrat à cause d'un événement indépendant de leur volonté», analyse Igor Delanoë. Cette stratégie n'empêchera pas l'affaire «d'aller devant le tribunal d'arbitrage, car les sommes en jeu sont énormes», mais la Russie arrivera en position favorable. Une question reste cependant en suspens avec ce scénario : pourquoi avoir également saboté Nord Stream 2, qui n'est pas encore en activité ?

Si l'on élargit un peu le panorama, ce sabotage pourrait aussi tout simplement être une manière de faire paniquer les Européens, à l'arrivée de l'hiver. C'est en tout cas un effet «quasiment assumé et proclamé par certains députés de la Douma : ils ne se gênent pas pour se féliciter du fait que l'Europe va grelotter cet hiver pendant qu'eux seront bien au chaud», pointe Igor Delanoë. Cette perspective risque d'ailleurs de créer des dissensions au cœur de l'UE : «Ce sabotage vient aggraver le contexte, surtout pour l'Allemagne. La France avait prévu de livrer du gaz à son voisin, mais cela va tout remettre en question». Un effet probable de «diversion», précise le chercheur : «Toute la presse européenne parle de ce sabotage et pendant ce temps, la Russie va entériner l'annexion des territoires ukrainiens »6.

QUID DES MUTINERIES ET DE GREVES OUVRIERES CONTRE LA GUERRE?

Ce qui apparaît de plus en plus, et objectivement comme une fuite en avant de Poutine, confirme une situation qui devient plus complexe à gérer. Une partie de la haute bourgeoisie russe a déjà fait savoir son désaccord, généraux limogés et assassinats troublants de plusieurs oligarques.

On sait la bourgeoisie de tous les pays capable de tout et surtout de collusion et d'accords secrets. Je pense que des contacts ont été établis aux plus hauts niveaux pour arrêter les frais. L'usage du nucléaire ne s'arrêterait pas aux frontières de la Russie, même s'il est possible d'envisager que pour mystifier et terroriser le prolétariat de tous les pays, Poutine et séides usent d'une attaque nucléaire pour sauver "la nation" de sa destruction par l'Occident (et lancer un processus de paix pourrie et radioactive)... aux mânes de Huxley, Orwell et Philip K.Dick je dis que ce serait un suicide planétaire.

La bourgeoisie russe ne tient pas à être le fossoyeur de ses propres intérêts et la bagarre interne doit faire rage. Or, une nouvelle impressionnante est parvenue à nos oreilles, Jack Sullivan le directeur de la sécurité nationale américaine a annoncé que le "téléphone rouge" avait été remis en service. Ce qui révèle la prise en compte de la gravité du moment et que dans les deux camps il n'y a pas que des fous, par exemple certains diplomates Us qui auraient prévenu Poutine des risques d'une explosion sociale intérieure inévitable à même de se généraliser avec les conséquences de la crise économique en Occident et des millions qui vont s'insurger qu'on les laisse crever de froid...


À suivre demain...

Demain donc, dans son exhibition kitsch le Poutine n'ayant pas peur du ridicule a paraphé le rattachement gangstériste des quatre régions à l'Est de l'Ukraine sans doute pour justifier le passage de "l'opération spéciale" au statut de guerre pour défendre une partie artificielle de la "patrie russe"...millénaire (comme celle d'Hitler). La "dénazification" de la Russie ne prendra probablement pas longtemps. En attendant les fuites massives font plus penser à la débâcle de 1940 en France et fort peu aptes à empêcher un bombardement nucléaire (si l'on en croit les journalistes tarés et historiques de la télévision d'Etat). Mais l'armée russe est dans un délabrement tel que l'arrivée des recrutés par force risque de l'aggraver. Quel pays voudra accueillir l'ancien flic Poutine s'il s'enfuit? 

En attendant si les bombes atomiques doivent éradiquer l'espèce humaine, non pas tous aux abris (il n'y en a plus) mais, à l'instigation de joyeux ukrainiens: allons dans la montagne et dans les forêts profondes pour nous éclater dans des partouzes grandioses avant "adieu l'amour, adieu la vie", et merde au trou du cul Poutine.



NOTES


1 Comme chez nous en Occident où la gauche bourgeoise, en l'absence d'un mouvement ouvrier affirmé et de minorités révolutionnaires influentes, a fini par la jeter dans les bras des diverses droites. Mais seulement sur le plan électoral et du fait de l'absence de perspective sociale et  politique crédible.

2C'est un élément du début de la révolution en 17 qu'on a oublié ou négligé, quand les armées sont au front elles ne peuvent s'occuper de l'ordre à l'arrière!

4Et comme l'a déclaré aujourd'hui Poutine "la guerre actuelle a été causée par la chute de l'URSS", ce sur quoi il dit la vérité pour une fois! Ce qui n'est pas la même chose quel'interprétation du toutou bourgeois Edwy Plenel qui va partout déplorant que Poutine s'attaque à un régime démocratique et à "nos valeurs"! Poutine ets bien plus prosaïque et il est soutenu par toute l'extrême droite européenne, expérimentée en matière de collaboration avec les dictateurs, et qui est la seule menace dans le capitalisme pour l'ancien trotskien reconverti dans la presse policière.

5"Depuis le début du mois de septembre, les réservoirs de gaz russes sont quasiment à pleine capacité de stockage, du fait que le pays exporte beaucoup moins. Or, stopper la production a un coût exorbitant et le torchage serait un gaspillage également très coûteux de ressources. «Saboter les gazoducs permettrait à Moscou de se débarrasser rapidement du gaz en surplus, tout en produisant un effet stratégique». Cette opération pourrait également viser à couper le débit vers l'Europe sans rompre les contrats. Depuis plusieurs semaines, le gazoduc Nord Stream 1 est complètement à l'arrêt, et les Européens et les Russes se renvoient la balle pour trouver le responsable. Bruxelles accuse Moscou d'utiliser le gaz comme une arme économique en représailles aux sanctions. De son côté, le Kremlin affirme que l'arrêt des livraisons de gaz russe vers l'Allemagne est de la seule faute des Occidentaux, car leurs sanctions empêchent la maintenance des infrastructures gazières". (in Le Figaro)

6In Le Figaro qui fait les articles les moins débiles sur le cours actuel des événements.

samedi 24 septembre 2022

La contre-révolution féministe

suivi d'une critique de ce texte

La rentrée « sociale » s'annonçait sous les meilleurs auspices et elle finit à l'hospice. Pauvre Mélenchon qui nous annonçait qu'on allait voir ce qu'on allait voir par une manif monstre jusqu'à l'Elysée pour protester contre, slogan très syndicaliste, « la vie chère ». De la part d'un parti de bobos soucieux surtout de féminisme bcbg et de la liberté de porter ce voile opprimant pourtant tant de femmes maghrébines et iraniennes, cela ne manquait pas de sel. On aurait pu crier à la tricherie électorale sur le contenu et donner raison à notre Peppone national moustachu qui lui avait rétorqué que ce n'était pas de son domaine.

Patatras la NUPES est nue, déchirée entre vilains machos et tristes juges fémino-staliniennes d'une police des mœurs qui n'a rien à envier à la surveillance de la vie privée sous le régime des goulags ni au professionnalisme moral de la femme à Thorez. Sus aux « mâles du siècle » !

A l'origine de la crise très bien sponsorisée par les médias du gouvernement, une banale baffe comme il s'en produit tant dans les couples sans qu'on en fasse une affaire d'Etat, plus souvent qu'on ne l'imagine par des femmes elles-mêmes. J'ai vu mon père giflé par ma mère quitter la pièce pour aller bricoler à la cave le restant de la journée. Il n'est même pas allé déposer une « main courante » au commissariat ; ce qui m'indigne aujourd'hui c'est que tant d'hommes n'aillent jamais faire cette main courante de peur de passer pour un pauvre con.

Mais ça sert à quoi une main courante ? A rien m'ont répondu des flics honnêtes que je côtoyais dans le cadre de mon travail. Je pourrais ici vous livrer moult anecdotes sur une situation, qui n'a pas changé, où des femmes d'en bas, totalement absentes du discours des bourgeoises féministes et qu'elles méprisent dans les faits. Premier type de constat : dans le quartier de Malakoff où j'habitais il était de notoriété publique qu'une femme, mutilée volontairement par ses deux macs (clochards d'ordinaire), leur servait de source de revenu par l'aide sociale. Deuxième type de constat plus éclairant sur l'hypocrisie du féminisme d'en haut. Lorsque je travaillais encore à EDF j'étais aux premières loges pour constater la misère et le fond de l'horreur. A Montrouge je reçois l'ordre de coupure de courant pour impayé concernant une cliente de la cité en briques rue Camille Pelletan. Une première fois j'ai affaire à une belle femme de la quarantaine. Lors de mon passage je lui laisse encore un délai sans en informer ma hiérarchie. Enfin la troisième fois je découvre une femme martyrisée, le visage couvert de bleus, claudiquant avec une canne.

Surpris et indigné je lui ai demande : qui vous a fait çà ?

  • mon mec !

  • Fuyez !

  • Impossible il me tient sous sa coupe.

  • Vous n'aves trouvé personne pour le buter ?

  • Si, mon second compagnon lui a filé un coup de marteau sur la tête et du coup a été envoyé en prison. Et l'autre m'a repris avec son fils qui me tape aussi.

  • Incroyable ! Ne bougez pas, je reviens.


J'ai laissé tomber mon sac à clous et j'ai foncé voir les flics municipaux qui m'ont répondu, l'air las :

  • mais mon pauvre monsieur, on est au courant et on n'y peut rien.

On était dans les années 1990. Je téléphone à un bureau de « protection » des femmes battues à Nanterre. La femme au bout du fil après avoir écouté mon constat me répond :

  • elle n'a qu'à porter plainte.

Indigné je lui réponds :

  • pauvre imbécile quand vous êtes martyrisée et sous emprise vous n'avez même plus la force de porter plainte et les « main courante » ne servent à rien.

Et je lui ai raccroché au nez. Je suis retourné reprendre mon sac à outils et sans lui couper le courant, j'ai dis à la pauvre femme que j'allais réfléchir comment la sortir du trou.

En réalité je n'ai rien trouvé comme solution, à part l'héberger chez moi puisque j'habitais à côté, mais avec le risque que le voyou vienne me casser la gueule.

Repassant dans l'immeuble quelques semaines après j'avisais la concierge qui me dit que la femme avait été expulsée et qu'elle était probablement morte sous un pont à Paris.

Cette anecdote est assez révélatrice du féminisme d'en haut comparable aux fausses promesses des politiciens une fois élus. En outre genre d'anecdote, comme les viols fréquents par des sans papiers, qui est classée par la bonne conscience féministe et gauchiste au rang de « fait divers » pour masquer l'aspect répugnant de l'indignation à géométrie variable des puissants hypocrites qui ont, seuls, droit d'expression et d'analyse loin de la misère, clpws politiques, avocats vénaux, journalistes concupiscents, ministres soumis, etc.

Le plus révélateur de la cuistrerie des féministes officielles, surexposées derrière leur bureau et leur comportement typiquement stalinien, c'est qu'elles prétendent parler « an nom » de toutes les femmes battues, même de celles dont personne ne s'occupe « en bas » loin des flonflons et des chichis entre journaleux. Idem pour la femme de Quatennens, qui, peut-être avec un poix chiche dans la tête, a été faire une main courante qui aurait dû rester anonyme puis qui a expressément demandé qu'on s'en mêle pas. Trop tard, alors que la plupart des « main courante » finisse à la corbeille de courageux magistrats "féministes » et aux ordres de Macron, ont indiqué que la « justice » allait assumer ses responsabilités. Alors que la femme du député avait demandé de cesser les frais, voilà que toute la sphère médiatique s'en empare à la suite des féministes officielles dont la fameuse Sardine Ruisseau, ruisseau de toutes les calomnies et affabulations puantes. On condamne, on déplore pour la « victime », on « pense avant tout à elle ».

DES FEMINISTES QUI VEULENT ETRE CALIFE A LA PLACE DU CALIFE

Julien Bayou cloué au pilori par la police des moeurs vertes, sans savoir d'où c'est parti, avec une mise en scène de la néo-stalinienne Sandrine Rousseau, a été accusé de harcèlement de sa petite amie, qui a l'air pourtant quelque peu dérangée d'après l'avocate de Bayou, en plus sadique: "tu vas voir ce que tu vas voir, tu vas tomber de très haut!". Le congrès de EELV doit se tenir dans trois mois... la lutte des places sera aiguë. Tous ces partis de LFI à EELV révèlent un fonctionnement interne lamentable fait de coups bas et d'exagérations odieuses... ce qui est typique de l'idéologie bourgeoise où il faut détruire le voisin pour prendre sa place.

Tout le monde a compris que le clan féministe prétend parler « à la place des gens » comme tous les politicards, et veut être calife à la place du calife ; un pouvoir total des femmes dans la vie politique ne supprimerait-il pas toutes les injustes et mettrait fin aux femmes battues... Tout un programme bidon surtout parce que ces fémino-staliniennes font motus et bouche cousue sur les nombreux cas de dérapages sexuels, autrement plus graves que le pauvre Quatennens, par ministres et députés socialistes, sans mentionner le fameux faux journaliste Taha Bouhafs dont Clémentine Autain prenait la défense en clamant que c'était une dénonciation raciste ; laissant de côté les milliardaires PPDA et le footeux Mendy.

Non contentes de prétendre remplacer la lutte des classes par la lutte des sexes, ces connes révèlent surtout la lutte des places au sein de la gauche bourgeoise et bobo1. Prétendant donner le la à toute cette gauche décadente, effilochée et cacophonique. En réalité meilleures allies du pouvoir en place. Et je ne dis pas cela pour excuser Mélenchon et sa bande car l'effet boomerang d'une concession à une des pires idéologies bourgeoise anti-socialiste et anti-ouvrière, devait se payer un jour.

UNE OPERATION POLITIQUE COUSUE DE FIL BLANC

La métaphore est facile à comprendre classiquement: une histoire « cousue de fil blanc » est une histoire où l’intrigue, les rebondissements ou la chute finale sont très visibles, voire parfaitement prévisibles. Je pense que, hors du champ journalistique totalitaire avec ses nombreux imbéciles comme Pascal Prau, la plèbe, nous les sans-grade, les pue-la-sueur, avons compris la manœuvre sans être complotistes neuneu pour autant. La chute finale provient du gouvernement lui-même qui rend la conclusion prévisible.

La sous-ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes de la diversité et de l'égalité des chances a dénoncé comme « odieuse » la défense de Quatennens par Bompard (collègue de parti). Pourtant la relativisation du calife et de ses bras droits est tout à fait recevable même si on nr'est pas d'accord avec eux au plan politique. L'affaire Quatennens est une affaire Dreyfus en mode mineur, avec la même hystérie du côté des dominants et de leurs soumises. On attend toujours les réactions du NPA et de LO.2

Nul doute que la rentrée sociale, la gravité de la crise économique (on est à la veille d'un nouveau krach historique), les conséquences économiques de la guerre en Ukraine et la valse des prix, inquiétaient au plus haut point le gouvernement, lui-même dont des membres ont été virés pour des scandales sexuels plus graves. La trouvaille du « crime » de Quatennens a été conçue en haut. Il a suffi de demander aux flics soumis de faire transiter la « main courante » inoffensive en soi au Canard Enchaîné, qui porte bien son nom en tant que porte-voix pas drôle des divers barbouzes et manipulations d'Etat. On connait le but et l'aboutissement désormais : décrédibiliser le maris de la gauche bourgeoise dirigée par des bobos anarchiques et des folles hystériques. Avec une simplicité désarmante la noria de féministes bobos s'est ingéniée, sans gêne, et mise en valeur par tous les médias et des journalistes minables, à poignarder la partie (sic) « masculin », « macho », et mes couilles.

Rien n'est joué, la lutte de classe face à la gravité des événements qui nous pend aui nez peut remettre en place les collabos féministes et nous débarrasser des prétentions de la NULLE confrérie de l'inculture politique et sociale des féministes bourgeoises.

Enfin mon propos, pour l'essentiel, vise à mettre en évidence le rôle ultra-réacttionnaires des féministes. Au cours des sixties je pouvais comprendre voire approuver une partie du combat féministe (droit à l'avortement, égalité de salaires) mais avec ces nouvelles générations on nage dans le renouvellement de l'idéologie bourgeoise. Il faut ajouter que le Marx qui avait déclaré que « la femme est le prolétaire de l'homme » n'est plus vrai en général sauf dans les pays entièrement islamisés et en Iran. La plupart des femmes travaillent, preuve en est le plus grand nombre de divorces car elles peuvent prétendre à une indépendance financière. Dans la vie privée, même lorsque les femmes ne travaillent pas, elles ne sont pas forcément réduites au rôle de femme de ménage, beaucoup d'hommes, dont moi, font quand même la vaisselle et passent l'aspirateur.

On se rappelle des années 1980 et surtout 1990 où la bourgeoisie avait décrété que les classes n'existaient plus et qu'il n'y avait plus qu'une classe moyenne universelle et une poignée de riches, autre manière de voiler le rôle délétère de la petite bourgeoisie qui croyait diriger seule les opérations, tout en restant aux ordres de la bourgeoisie. Le truc ayant commencé à s'effiler, et sous conseil wokiste US, on ressortit du placard l'idéologie féministe qui, aux côtés des idéologies du même acabit (j'allais dire du même gouvernement) hypocrite, anti-raciste, écologiste industrielle, anti-fascisme de pacotille, servent à inventer un anti-capitalisme creux et conservateur.

Mais la dimension est plus vicieuse. Quand la bourgeoisie pendant deux ou trois décennies se permettaient de nier la classe ouvrière et sa possible dangerosité, on pouvait s'en moquer et la lutte de classe ne vacillait pas. On assiste désormais à une attaque bien plus insidieuse qui touche à la vie privée, du même ordre, comme je l'ai déjà noté, que le pistage intime par la police secrète stalinienne ; en outre, plus le système informatique actuel est le plus grand flic de tous les temps... il existe un projet de nous mettre sous la peau une puce contenant toutes nos infos personnelles.

Le rôle politique du féminisme officiel est de séparer les couples normaux. Qu'il y ait des transgenres, des homosexuels, etc., n'a pas à être légiféré ni exhibé en modèle. Or multiculturalisme et multi-sexualité (dite libérée) s'attaque à une composante essentielle de la lutte de classe : le couple de prolétaires.

Les féministes en nous exhibant la femme en général comme une victime systématique mentent totalement. C'est faux, il y aussi nombre d'hommes victimes, bien que minoritaires. ET surtout de quoi sont victimes des masses de femmes et d'hommes ? De l'exploitation salariée et de la misère ! Pourquoi tant d'immigrés sont au nombre des violeurs? Parce que la bourgeoisie fait venir des masses d'hommes sans se soucier qu'ils ont naturellement des besoins sexuels et pas envie d'aller au bordel.

Historiquement on sait que les femmes ont été l'étincelle des révolutions. En 1789 une masse de femmes marcha sur Versailles. En 1917 des foules de femmes ont manifesté contre la guerre. A l'heure actuelle les femmes russes ne veulent pas que leurs « machos » payent l'impôt du sang. Nos hystériques bourgeoises se fichent de la primauté de la guerre pour montrer du doigt une baffe picrocholine alors qu'on torture, viole et massacre indifféremment.

J'espère ne pas être seul à le souligner. La conscience de classe n'est pas uniquement sur le lieu de travail, elle se développe surtout au foyer. Le couple discute, voit les problèmes économiques et culturels pour les enfants. Le plus souvent concernant la guerre justement, le couple ne veut pas qu'ils soient un jour chair à canon comme ils souhaitent qu'ils fassent des études pour n e pas bouffer de la merde comme leurs parents. Depuis une centaine d'années les manifestations comptent des couples main dans la main. Aucune guerre des sexes sur le plan social, humain et politique.

Voilà pourquoi les féministes bourgeoises sont au premier plan de la réaction : dévitaliser, détruire toute conscience de classe avec cette invention de la lutte des sexes. Pour l'heure c'est l'invention qui prédomine dans les médias et qui nous permet de conclure que l'affaire Quatennens n'est même pas un fait divers, mais un problème qui relève du privé et qui devrait être résolu par le couple lui-même à condition que les petits magistrats aux ordres de Macron s'occupent de leurs fesses. Le violences trop fréquentes, voire de plus en plus fréquentes ne cesseront jamais, ne cessent d'ailleurs jamais même avec les pleurnicheries de ces fausses défenseuses de la condition féminines, il faudra une REVOLUTION VRAIMENT ANTI-CAPITALISTE que vous souhaitez empêcher aux ordres du pouvoir dominant !

 Les antagonismes hommes/femmes ne peuvent être mis sur le dos des "mâles". Leurs causes sont pour l'instant liées au monde capitaliste: tu es ma propriété privée, celui qui veut me piquer cette propriété privée je veux le tuer, je suis fatigué après ma journée de boulot donc femme as-tu préparé le dîner, tu m'as trompé c'est horrible tu mérites que je te frappe, tu es ma seule richesse alors fais-toi belle pour que je t'exhibe... Ce que certains font mais seulement en images sur les sites porno. En tout homme ne subsiste-t-il pas un maquereau? Tous ces clichés, partiels et non généralisables n'abondent pas en faveur de l'idéologie bourgeoise féministe. Je n'en sais rien si dans une autre société, humainement supérieure la jalousie disparaîtra complètement mais ce que je sais c'est que l'on ne nait pas homme ou femme mais que la société nous façonne avec ses archétypes de telle époque de tel siècle. Enfin que le capitalisme est le premier responsable du pourrissement des rapports humains, et que ce pourrissement n'a rien d'éternel versus les religieuses féministes et fumistes. 

Le « mal du siècle » ce n'est pas le rapport hommes/femmes mais prolétariat contre bourgeoisie.

PS : j'ai lancé deux pétitions. L'une « Lâchez la grappe à Quatennens ! Et l'autre :  « Troupes russes hors d'Ukraine », manifestons tous les samedis devant l'ambassade russe à Paris comme on le faisait devant l'ambassade américaine lors de la guerre du Vietnam.


notes

1A la base il existe plusieurs règlements de comptes politiques. Quatennens et Mélenchon gardent tout de même de beaux restes de leur passage dans le trotskisme. En 2019 Adrien Quatennens avait qualifié, avant l’été, de « provocation » l’entrée de femmes en burkini dans une piscine municipale de Grenoble. Mélenchon comme Manuel Bompard ou Adrien Quatennens, rechigne à employer le terme « islamophobie » au nom de la liberté de la critique des religions. En interne ils sont largement conscients de la nocivité du féminisme hystérique. En outre Ruffin et Roussel ont compris le danger d'effondrement total de la gauche avec cette idéologie bobo-stalino-démago. Ils sont d'ailleurs félicités par Le Monde d'avoir remis au centre « la question sociale » (merde aus féministes) quoique d'une manière sournoise, toujours réformiste impuissante et pour damer le pion au RN.

2Le NPA, rival du jeune Quatennens, comme le PS, fait déclarer par une de ses féministe et lâchement que Quatennens est "un homme violent", la cause est entendue pour cette petite secte dominée par le féminisme bobo. LO plus consistant avec un langage de classe se tait sur l'affaire?

UNE CRITIQUE DE MON TEXTE CI-DESSUS

Je la reproduis ci-dessous parce que je ne comprends pas pourquoi google ne m'autorise pas la publication des commentaires après mes articles.

Salut JL

Je suis partagée dans ma réponse et dans ma position vis à vis de cette affaire de baffes ;

Donc je commence par les critiques.

La description que tu fais des femmes battues est précisément ce contre quoi les femmes s'élèvent qu'elles soient d'en bas ou d'en haut. Je ne crois pas qu'il faille introduire une division de plus . Il est aussi une domination mâle plus subtile dans les classes aisées, elles peuvent tout autant être battues ou psychologiquement maltraitée.

Qu'il y ait des hommes battus, c'est certain. Ce n'est pas le problème. Le problème est dans une société de patriarcat, de faire reconnaître la soumission des femmes, de l'importance de la reconnaissance sociale du phénomène et de la non banalisation d'actes de violence qui trouvent leur justification dans ce patriarcat. Si la société occidentale a bien évolué, il n'est pas si loin le temps où le femme n'avait pas le droit de vote ni d'ouvrir seule un compte bancaire. Nos mères l'ont connu. Qu'il faille défendre le droit de toutes les femmes, dans toutes les sociétés et sous toutes les religions, ,c'est évident. Que des politiciennes pensent plus à leur carrière qu'à la défense des femmes, c'est aussi évident. Les batailles de B GROULT ont plus de valeur que la parole de miss ROUSSEAU

"Une banale baffe comme il s'en produit tant dans les couples sans qu'on en fasse une affaire d'Etat"

Je ne crois pas que ce soit « banal ». Ton père en a souffert, la fille d'un ami renoncé à son mariage parce que son futur mari lui en a flanqué une lors d'une dispute  peu avant le mariage.

Une gifle est une agression physique et l'accepter, c'est accepter d'être agressé.

« «qui, peut-être avec un poix chiche dans la tête, a été faire une main courante »

Tu ne peux pas dire ça. Tu ne connais pas l'intimité de la relation, le nombre de disputes qui ont précédées. Faire une main courante ne sert à rien, d'un point de vue judiciaire, mais c'est le premier geste pour sortir justement de l'intimité, de la sphère privée. Si d'autres actes de violence surviennent et qu'il finissent par entraîner une plainte, cette première démarche est prise en compte. Je suppose que cette femme a fait cette démarche dasn ce sens. C'est aussi une façon d'avertir son conjoint de ne pas aller trop loin dans ses réactions violentes. C'est un avertissement pour lui .

Mais je suis absolument d'accord sur l'exploitation médiatique et politicienne de cette affaire.

Je pense comme toi que cette affaire était à régler au sein du couple et n'avait pas à venir sur la place publique.

Les médias sont utilisés pour dénoncer, dans un but polémique, tous les accidents de la vie des hommes politiques. Il doivent être absolument parfaits, on va finir par avoir des robots, stéréotypés, marchant au pas des exigences sociales, sans idéaux et sans saveur. Et cela décourage bien des êtres de valeur de s'engager en politique, de crainte d'être ainsi exposés à la vindicte médiatique.

Il faut faire la chasse aux abus de pouvoir, aux pressions, à ceux qui utilisent leur poste à leur profit,. Après... les défauts personnels n'ont pas à être étalés sur la voie publique si cela n'a pas d'incidence sur la vie sociale. J'avais déjà trouvé qu'éliminer celui qui devait se présenter à la mairie de Paris, parce qu'il avait une vidéo sexuelle, était excessif.

Je ne suis pas sûre que ta pétition ait un succès. Essaie plutôt de savoir qui, dans la population, s'intéresse effectivement à cette affaire. A mon avis, on n'en fiche..

Quant aux manœuvres politiques, c'est certain. Je ne sais pas si c'est une rivalité entre partis ou au sein même des partis. Probablement les deux. Et le parti au pouvoir en joue.


H. (qui est une femme)

mercredi 21 septembre 2022

LE SUICIDE DE POUTINE



« Du point de vue de la classe ouvrière et des masses laborieuses des peuples de Russie, le moindre mal serait la défaite de la monarchie tsariste et de ses armées qui oppriment la Pologne, l’Ukraine et nombre d’autres peuples de Russie, et qui attisent la haine nationale afin de renforcer le joug des Grands-Russes sur les autres nationalités et de consolider le pouvoir réactionnaire et barbare de la monarchie tsariste ».

Lénine (« Les tâches de la social-démocratie révolutionnaire dans la guerre européenne », 6 septembre 1914).



Habitué aux mensonges de guerre je doutais depuis quelques jours de la percée de l'armée ukrainienne armée par Etats-Unis et Etats européens, elle vient d'être confirmée par la panique et pantalonnade de Poutine. Panique que l'invocation de l'arme nucléaire et annonce d'une mobilisation forcée comme chair à canon pour des milliers de jeunes russes. La menace du nucléaire c'est de « bonne guerre », « pure propagande », car Poutine n'est pas seul à décider, même s'il sait qu'il va devoir défendre sa peau désormais, et chèrement. Je rappelle qu'au temps du cinglé Trump, un haut responsable militaire chinois avait téléphone à son homologue américain, s'inquiétant que le faux blond puisse appuyer sur le bouton, et celui-ci lui avait répondu : « ne vous inquiétez pas ce n'est pas Trump qui décide »1.

Plus frappante est la réaction de la population russe, soudaine et intransigeante. Des milliers ont défilé partout criant « Poutine dehors », d'autres se sont précipités pour prendre l'avion. Des centaines de manifestants ont déjà été mis sous les verrous avec des menaces de dizaines années de prison pour désertion. J'ai dit mon indignation à plusieurs reprises face à une classe ouvrière russe amorphe. Je me trompais en partie, pour la simple raison que la population russe vivait comme nous la guerre en Ukraine, comme quelque chose de lointain ; sauf quand on vient lui demander de se sacrifier pour une guerre qui ne fût ni rapide ni économe en massacre de soldats russes. Ensuite la classe ouvrière n'apparaît toujours pas comme telle. En tout cas les millions de russes ne se sentaient pas concernés ou pratiquaient le politique de l'autruche, ce qui n'est plus possible quand sonne la trompette de l'impôt du sang.

Ce sont surtout les couches petites bourgeoises , intellos et artistes, qui sont les premières à protester2. D'ailleurs le ministre de la défense s'est immédiatement adressé à elles ; Sergueï Choïgou a déclaré que la « mobilisation partielle » ne concernait que les hommes ayant une expérience militaire, pas les conscrits ni les étudiants ». Le bureaucrate du Kremlin a été chargé de demander à la population de faire preuve de patience en attendant que la loi soit clarifiée... piètre correction dans la panique face à cet ordre de mobilisation bancal et peu convainquant de la part d'un Poutine qui louchait en suivant son prompteur.

Poutine est conduit à faire n'importe quoi pour l'heure et c'est un tournant capital qui va tout bouleverser dans les jours à venir. L'armée et les généraux sont déficients. La Russie intra-muros n'est pas du tout préparée à la guerre (qui ne passait jusqu'à maintenant que pour une « opération spéciale »). La pitoyable intervention télévisée de Poutine n'est qu'un aveu de sa déroute militaire. Le dilemme est simple : à courte échéance soit il parvient à réorganiser l'armée, soit il saute. Curieux que les médias n'ébruitent pas l'attentat dont il a été l'objet où une voiture de son escorte a sauté. Le lecteur du prompteur a fait référence à la chute de l'URSS mais pas au cuisant échec en Afghanistan3. En tout cas si la défaite en Afghanistan a pris dix ans, cette guerre en Europe n'aura pas pu excéder... ne pourra pas excéder quelques mois. Poutine est désormais seul, lâché par l'Inde et la Chine et des militaires et députés4...

L'appel à la mobilisation de 300.000 réservistes (nombre équivalent à celui des soldats ukrainiens) ne tient pas debout. Il faudrait les former et la débandade suite à cette annonce, fait augurer un risque de sédition généralisée. L'appel était douteux dès ce matin ; en réalité il est destiné à ceux qui sont au front, démoralisés, où les désertions se multiplient, pour prétendre leur insuffler l'énergie de combattre pour une cause (impérialiste) perdue. Enfin si, sur le plan politique et sociale c'est la catastrophe sans les moyens de la conjurer, c'est déjà cuit sur le terrain militaire.

Ancien des guerres d'Irak et d'Afghanistan, le général Ben Hodges a commandé l'armée américaine en Europe de 2012 à 2017, au moment de l'annexion de la Crimée et de la guerre dans l'est de l'Ukraine, il a répondu à une question de l'Express :

«  Les jours prochains seront déterminants pour l'issue du conflit. Nous sommes à un moment décisif, car les Russes sont en sérieuse difficulté. Pour commencer, ils n'ont pas autant de soldats qu'ils l'avaient annoncé. Tous les rapports vont dans le même sens : le moral des troupes russes est en baisse, il y a des désertions, de nombreux commandants russes ont été tués. Il y a un cas de mutinerie sur un navire en mer Noire. Les Russes envoient au front des appelés du contingent peu ou pas entraînés. Bref, rien ne se passe comme prévu. Les Russes sont en mauvaise posture et ils le savent. Pour étoffer leur armée, ils sont réduits à demander l'aide de 16.000 combattants étrangers notamment syriens. En vérité, les Russes ne vont pas tenir longtemps avec de tels problèmes de ressources humaines ».

En réalité, Poutine sait très bien désormais que son principal ennemi c'est le peuple russe, et il fera tout comme ses compétiteurs à la solde de l'impérialisme américain pour que la protestation n'émane pas ou de semble même pas émaner de la classe ouvrière ; comme en 1945 où ils ont tous fait croire que le prolétariat avait compté pour du beurre et que le monde avait été sauvé par staliniens et démocratie du dollar. En face tous les médias ne cessent de vanter le courage patriotique des soldats ukrainiens, dont un chef militaire ce soir encourageait les troupes « à détruire les mobilisés russes », en guise de coup de chapeau au sanguinaire Poutine.


ET LA PROTESTATION DE CLASSE CONTRE LA GUERRE  IMPERIALISTE ?

Nous ne savons pas encore comment les diverses sectes et particules du maximalisme vont réagir et je me fous des gauchistes et de leur soutien à la démocratie « populaire » et autres « libérations nationales ». Ne parlons pas de la Nupes qui est en train de couler grâce à ses stalino-féministes débiles, laissant toute latitude à Macron de jouer le beau Serge au niveau international. Le sommet du ridicule aura été atteint par le CCI (RI) lors de son appel à ses réunions publiques début septembre :

"Après six mois de barbarie guerrière en Ukraine, le prolétariat en Grande-Bretagne donne un début de réponse

Le CCI tiendra, le samedi 17 septembre, des réunions publiques pour discuter de l'accélération de la barbarie capitaliste, démontrée par la guerre en Ukraine ainsi que par l'approfondissement de la crise économique mondiale et l'aggravation des effets du changement climatique. En considérant la réponse de la classe ouvrière internationale, nous accorderons une attention particulière aux importantes luttes ouvrières qui se déroulent actuellement en Grande-Bretagne »

Alors que l'absence de la classe ouvrière s'est fait remarquer partout, on tente ici de nous refaire le coup de « la paix et le pain », comme si les grévistes en GB avaient manifesté pour autre chose que leurs besoins corporatifs ! C'est typique des groupes économistes, c'est le cas aussi de leur queue (Guerre ou Révolution). Poussés à bout par la cherté de la vie les ouvriers (ou ce qu'il en reste) vont faire la révolution contre la guerre. Voire on pourrait supposer que les grèves des prolétaires anglais étaient aussi des grèves contre la guerre en Ukraine. En attendant la religieuse et fumeuse grève générale ces ouvriers ont tout arrêtés pour pleurnicher avec la firme royale !

Heureusement on trouve un texte de désaccord dans ce groupe qui a bien plus la tête sur les épaules, citations !

- le CCI aujourd’hui, en ce qui concerne le rapport de force entre les classes, tend à sous-estimer le sérieux de l’actuelle perte de perspective révolutionnaire de parties du prolétariat, ce qui mène l’organisation à assurer que la classe ouvrière peut retrouver son identité de classe et sa perspective communiste essentiellement à travers les luttes ouvrières défensives.

- la sous-estimation de la dimension théorique de la lutte ouvrière. Sans la lutte de classe quotidienne, il n’y aura ni perspective communiste, ni identité de classe prolétarienne. Ceci étant dit, ni la perspective communiste, ni l’identité de classe ne sont le produit DIRECT de la lutte ouvrière immédiate. Ils en sont le produit indirect, en particulier si l’on prend en compte leur dimension théorique. La lutte de classe prolétarienne n’est pas une révolte plus ou moins aveugle, pas plus qu’elle ne réagit de façon simplement mécanique à la dégradation de sa situation, comme les chiens du professeur Pavlov.

-  nous consolant avec les luttes défensives quotidiennes, vues comme le principal creuset de la voie à suivre, ce qui est à mes yeux une concession significative à une approche « économiciste » de la lutte de classe déjà critiquée par Lénine et Rosa Luxemburg au début du XXe siècle. La compréhension que le « prolétariat n’est pas vaincu », qui donnait une vision correcte et très importante dans les années 70 et 80, est devenue un article de foi, un dogme creux, qui empêche toute analyse sérieuse, scientifique du rapport de force ».

Bravo à cet opposant courageux qui ne devrait pas tarder à être éjecté puisque plus dans la ligne économiste et déjà étiqueté « moderniste ».

RETROUVONS NOTRE BON VIEUX LENINE

Lénine défend la position du « défaitisme révolutionnaire », c a d qu'il faut souhaiter la défaite de sa propre bourgeoisie. C'est nouveau et choquant pour les patriotes socialistes ! Et il ajoute malgré tout que désirer et œuvrer pour la défaite de son propre gouvernement ne veut pas dire pour autant souhaiter la victoire du gouvernement adverse (l’Allemagne contre la France, par exemple, comme le souhaita ce pauvre Engels). Hors de question alors pour les révolutionnaires de faire sauter des ponts ou de contribuer militairement à la victoire de l’armée ennemie. Mais au contraire encourager la fraternisation entre les soldats ennemis dans les tranchées ou déclencher des grèves dans les secteurs stratégiques de l’économie. Ainsi, toute tactique révolutionnaire de lutte antimilitariste n’a de sens et ne peut être efficace que si elle contribue à la défaite de son propre gouvernement et de sa propre bourgeoisie. En espérant qu'en face ils fassent pareil.

Cette position n’était en réalité qu’un rappel des positions de principe du mouvement socialiste d’avant la guerre. Appeler à la grève générale insurrectionnelle, voter contre les crédits de guerre, provoquer la fraternisation des soldats, etc., étaient autant de mesures à la portée des principales organisations socialistes européennes qui auraient précipité les événements et facilité la transformation de la guerre mondiale en une guerre civile révolutionnaire entre les classes.

C’est dans cet esprit que Lénine ne cesse de revendiquer le manifeste de Bâle de 1912 de l’Internationale dans sa brochure « Le socialisme et la guerre ». Il rappelle l’exemple de la Commune de 1871 et la révolution russe de 1905 comme des conflits internationaux (la guerre franco-prussienne et la guerre russo-japonaise) qui se sont transformés en guerres civiles, c’est-à-dire en révolutions qui ont renversé par la violence le pouvoir politique des classes dominantes.

La guerre avait dégradé considérablement les conditions de vie et de travail des classes populaires européennes. En France, les ouvriers sont remplacés dans les usines par des femmes et des enfants qui, pour le socialiste Millerand, « n’ont pas de droits ». Il n’y a effectivement plus de droits syndicaux : les réunions syndicales sont à peine tolérées, La période de guerre supprime tous les acquis sociaux.

Contre les acquis du mouvement ouvrier de 1848 les journées de travail peuvent maintenant aller jusqu’à douze heures consécutives et les patrons se concertent sur une baisse générale des salaires. L’Union sacrée avait provoqué une baisse considérable du nombre de grèves. Il faudra attendre l’année 1916 pour qu'elles recommencent. Cependant, pour Lénine, la lutte de classes ne devait pas s’arrêter au seuil des intérêts « nationaux », ni devant aucune considération « patriotique », ni pour de simples questions économiques. La défaite militaire de son propre gouvernement affaiblit l’Etat, aide à libérer le prolétariat de son influence idéologique et rend la transformation de la guerre en guerre civile plus facile. Pour le prolétariat, la défaite de son propre gouvernement est donc gage d'insurrection, enfin était car la bourgeoisie est devenue très forte depuis 1945. Une défaite et éjection de Poutine ne risque d'entrainer la révolution, et, en Ukraine la victoire sera aussi moche que la défaite russe.

Si la défaite est exclue comme mot d’ordre d’agitation, que peut alors le prolétariat ? Comment ne pas le réduire à la passivité au milieu du conflit ? Il ne revient pas au prolétariat de dicter les termes de la paix, du désarmement, des futures frontières après la signature d’accords de paix.

Rosa Luxemburg vient s'opposer à Lénine avec des conceptions caduques. À partir de l’exemple de la Commune de Paris de 1871 ou des Jacobins français, Rosa défendit que la seule politique responsable à défendre par les sociaux-démocrates était la « défense de la patrie » par le peuple en armes et non par l’armée permanente dirigée par les classes dominantes. Elle reprochait au au futur parti bolchevique d’avoir « abandonné » la perspective d’une défense de la patrie face à une guerre impérialiste dont le but principal serait la conquête. Cela ne constituerait pas un ralliement politique à la bourgeoisie, mais une entreprise révolutionnaire de renversement de la bourgeoisie à travers l’armement de la population, en dehors de l’armée permanente comme détachement séparé d’hommes armés.

Lénine, invoquant le caractère fondamentalement différent de la guerre impérialiste par rapport aux guerres passées, répond à Rosa en 1916 avec ce texte « À propos de la brochure de Junius ». Aux guerres féodales et dynastiques des classes dominantes, on pouvait opposer les guerres révolutionnaires autour d’un programme démocratique bourgeois, de libération nationale ou de défense de la patrie. Or, l’impérialisme a effacé ces distinctions, puisque quelle que soit la forme de l’Etat bourgeois (l’Empire, le Royaume ou la République démocratique), toute victoire de celui-ci ne peut être que réactionnaire pour le prolétariat.

On ne peut donc pas opposer la « défense de la patrie » au « défaitisme révolutionnaire » car il n’y a pas de patrie à défendre, seulement un Etat bourgeois imbriqué profondément dans la chaîne impérialiste mondiale. Ainsi, la « capacité d’action des masses prolétariennes dans leur lutte contre l’impérialisme » que Rosa revendiquait n’était qu’un vœu pieux ne s'inscrivant pas dans la perspective de la défaite de son propre gouvernement comme moindre mal.

L’erreur de Rosa était alors de se placer toujours dans le schéma qui avait existé de 1793 jusqu’en 1871, celui où la « défense de la patrie », dans la continuation des luttes de libération nationale ou de l’exemple de la Commune de Paris, qui pouvaient avoir un caractère progressiste et potentiellement révolutionnaire. Mais ne l'ont pas eu.

La misère économique en Russie du fait de la guerre accrut la conscience de classe, ce qui n'est pas du tout apparu des deux côtés du conflit en Ukraine ! Le mécontentement se faisait sentir au front à travers des désertions par milliers et dans les usines par de nombreuses grèves face à une guerre qui durait au-delà de ce qui avait été envisagé par les classes dominantes. Les défaites militaires et la misère dans les villes avaient créé une situation au bord de l’explosion sociale, où chaque grève et chaque manifestation risquait de tourner en conflit ouvert. Lorsque les femmes ouvrières de Petrograd ont fait grève le 24 février 1917, déclenchant la première révolution russe, le temps était venu pour le mouvement révolutionnaire et ses partis de transformer la guerre mondiale en guerre civile maximaliste.

Dans les manifestations, le slogan « Du pain ! » a très vite été systématiquement accompagné par « À bas la guerre ! ». Selon les propos d’un soldat rapportés par Trotsky dans son Histoire de la révolution russe. Ces slogans n'étaient pas révolutionnaires en tant que tels. Ce qu’il fallait était la paix, la fin de la boucherie, le retour des soldats et le retour à la paix antérieure. Difficile dans la confusion du début de la guerre, c'est pourtant le travail politique effectué par les vrais socialistes opposants à la guerre, avec Lénine, qui parvint à insuffler de la haine de classe dans la démoralisation qui commençait à s’installer au sein de la population. En Russie, ce sentiment prit corps à travers les manifestations de masse qui allaient renverser une autocratie installée depuis des siècles.

Concrètement :

« Si le prolétariat se révèle impuissant à empêcher la guerre au moyen de la révolution --et elle est l'unique moyen d'empêcher la guerre--, les travailleurs, avec le peuple entier, devront participer à l'armée et à la guerre. Les mots d'ordre individualistes et anarchistes d'objection de conscience, résistance passive, désertion, sabotage, sont radicalement opposés aux méthodes de la révolution prolétarienne. [...] Il demeure un combattant, apprend à manier les armes, explique, même dans les tranchées, la signification de classe de la guerre, regroupe autour de lui les mécontents, les réunit dans des cellules, transmet les idées et les mots d'ordre du parti, suit attentivement les changements d'état d'esprit des masses, le reflux de la vague patriotique, la montée de l'indignation et, au moment critique, appelle les soldats à soutenir les ouvriers. »
En Ukraine et en Russie si les ouvriers ne soutiennent pas les soldats ce sera déjà un pas en avant. Mais la bourgeoisie mondiale sait ce qu'il faut faire pour continuer museler le prolétariat en particulier en augmentant les salaires, en arrêtant provisoirement les attaques économiques. La majorité de la bourgeoisie mondiale en a assez des conneries de Poutine et veut lui régler son compte avant l'hiver sinon son obstination va mettre le feu partout d'autant qu'on craint la venue du froid dans les pays où la classe ouvrière reste dangereuse.


NOTES 

1On peut toujours supputer un tir nucléaire « tactique », qui, non seulement dresserait la colère de la bourgeoisie du monde entier, mais serait contre-productif quant à la récupération de territoires réduits à une glaciation. La bombe nucléaire pour en terminer avec la guerre mondiale a été un scandale historique minimisé et jamais véritablement dénoncé comme une grande saloperie, because la sainte démocratie US... Poutine ne pourra pas être un deuxième Truman... grâce au souvenir de Hirsohima et Nagasaki, juste revanche de l'histoire mémorielle.

2Depuis le début de la guerre la classe ouvrière était enfermée dans une idéologie nationale, amère depuis la chute de l'URSS, et surtout par les diverses humiliations dûes à son approvisionnement ; comme me le disait cet été un diplomtAe : « par exemple , aprrès 91 en Turquie les prostituées furent longtemps des femmes russes « proies des muslims ». Sardine Ruisseau n'était pas née et s'en fiche, plus grave est la baffe d'un mari trompé.

3Poutine a été piégé dès le départ par l'impérialisme américain, qui n'en est pas à son premier coup d'essai. Zbigniew Brzezinski a avoué je cite : « Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eût envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité gardée secrète est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques. » À rappeler aussi que le gouvernement de l'époque était prosoviétique et que le Président Taraki ne cessait de demander une aide russe que Moscou refusait jugeant que le nombre des conseillers militaires étaient suffisant. C’est à la considération de l’afflux de milliers de djihadistes au Pakistan grâce aux financements de la CIA et des Saoudiens et de leur entrainement à Peshawar par l’ISI pakistanais que l’idée au Kremlin d’une opération militaire limitée a fait son chemin. « Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant il y avait un fond de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ? Zbigniew Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en substance : « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique. A la question d'un journaliste de l'OBS - Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ? Zbigniew Brzezinski : Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

4Boris Nadezhdin, ancien député à la Douma d'Etat, une des chambres de l'Assemblée Russe, a tenu des propos peu optimistes à la télévision : “Nous en sommes au point où nous devons comprendre qu’il est absolument impossible de vaincre l’Ukraine, en usant des ressources actuelles et des méthodes de guerre coloniale que la Russie utilise, en se servant de conscrits, de mercenaires, sans mobilisation..."



samedi 17 septembre 2022

CONSIDERATIONS EDUCATIVES SUR LES (nouvelles) IDEOLOGIES DU VIEUX MONDE QUI NOUS FONT CHIER



« Le mythe de la révolution dévale sur le monde moderne. (…) Nous assistons à un usage outrageux du terme "révolution", tout et n'importe quoi est aujourd'hui qualifié. (…) Pour bien mesurer l'abus de mots, il faut comprendre en profondeur que la technique produit une société essentiellement conservatrice, intégratrice, totalisante, en même temps qu'elle entraîne d'énormes changements. Mais ce sont les changements d'un rapport à soi toujours identique. La technique est antirévolutionnaire mais, par les "progrès" effectués, donne l'impression que tout change, alors que seules des formes et des moyens se modifient. Elle anéantit la pulsion révolutionnaire en accroissant tous les conformismes à sa propre structure intégrée ». 
Jacques Ellul, Autopsie de la révolution (1969)« Regrettez-vous le temps où d'un siècle barbare


Naquit un siècle d'or plus fertile et plus beau ?

Où tous nos monuments et toutes nos croyances

Portaient le manteau blanc de leur virginité ? » Alfred de Musset

« Il me semble que nous sommes à la veille d'une grande bataille humaine ; les forces humaines sont là ; seulement je ne vois pas le général ». Balzac

TRISTE TRAJECTOIRE DE RI à RI !

« Les bouleversements technologiques actuels devraient permettre de reconstruire, à partir d’une base beaucoup moins idéologique, moins influencée par les images de la révolution française et de la révolution russe, une conception plus concrète de la nouvelle société à bâtir ».

Raoul Victor

« Toutes les technologies sont révolutionnaires, or l'ère du numérique est une technologie, donc le numérique est révolutionnaire » ! Ainsi parlait Zarathoustra ou au moins Aristote ? Non c'est un syllogisme de Raoul Victor passé de Révolution Internationale à Révolution Informatique.

On peut désormais ajouter cet ancien camarade (fondateur du 1er RI) dans le marais du wokisme, tout du moins dans son aile ultra-gauche pacifiste et conseillante, quand les autres se considèrent comme « éveillants » (wokistes) aux conneries de Sardine Ruisseau1 et tutti haschich. Pas besoin de citer les longues tartines de RV sur les miracles de la technologie, une poignée d'extraits suffit à démontrer ses délires repris des plus bêtes scientistes bourgeois :

«  Les bouleversements technologiques actuels devraient permettre de reconstruire, à partir d’une base beaucoup moins idéologique, moins influencée par les images de la révolution française et de la révolution russe, une conception plus concrète de la nouvelle société à bâtir ».

Il fallait le faire. Il l'a fait. Pour la première fois dans l'histoire moderne, un révisionniste distingué peut nous faire le coup de n'importe quel bourgeois humaniste du siècle de Marx : le mouvement de révolte contre la société moderne abrutissante a tout intérêt à s'inspirer des avancées anti-hiérarchiques et des idées novatrices grâce à la technologies du corpus même de la domination bourgeoise, laquelle serait plus ou moins consciente, par exemple, n'est-ce pas, avec son discours écologique si caricatural et punitif !

« Jamais auparavant, l’évolution des forces productives n’avait posé de façon aussi concrète la nécessité et la possibilité d’une société sans hiérarchies, sans nations, sans échange marchand. En ce sens, cette révolution technologique devrait être aussi la dernière pour le capitalisme. (…) Il ne s’agit pas de penser que le développement des technologies va nous conduire à une société communiste tout naturellement, progressivement et qu’un jour, sans que la bourgeoisie mondiale ne s’en aperçoive, nous nous réveillerons dans un monde devenu « gratuit » (…) ... si on peut, sans crainte de tomber dans des spéculations hasardeuses, affirmer que la réalité de la mondialisation accélérée de la vie économique du capital, du développement de moyens de communication qui rendent caduques grand nombre de hiérarchies, de l’apparition et le développement d’un secteur « économique » qui préconise le « gratuitisme » comme rapport de distribution et de production, toute cette nouvelle réalité constitue et constituera de plus en plus un élément important pour la définition et perception concrète de ce que pourra être une société post-capitaliste, le vrai communisme ».

Ce raisonnement basé sur une série de syllogismes2, copie au fond une similarité du passage du féodalisme au capitalisme, au sens où celui-ci était déjà contenu dans les rapports marchants de celui-là. Avec son raisonnement simpliste, sans oublier ce ton professoral sentencieux et condescendant qui épatait tant ses fidèles nigauds comme Max naguère intramuros RI one, RV imagine que des rapports communistes préexisteraient dans notre monde capitaliste, dont les linéaments ne sont rien d'autre que les vieilles conceptions libertaires et anarchistes qui, toutes n'ont rien à voir avec la liberté et les besoins (débarrassés de l'artificialité marchande) projetée sur un avenir communiste mais sur l'individualisme le plus crasse qui sévit partout, à tous les niveaux de cette société pourrissante ; individualisme totalement porté et étendu universellement sur les réseaux de tout acabit et de tout bar tabac, du portable à la chasse d'eau connectée. Si l'on en croit l'enchanteur Raoul, suave et langoureux, la mise en cause des piscines privées et des jets privés préfigurent l'abolition de la propriété privée et la fin du gaspillage pour lequel a lutté deux cent ans de socialisme! Le bond vers la société libérée du capitalisme ne sera plus qu'un saut de puce.

Or, ce que ne voient ni Raoul ni son ancienne organisation, le CCI, c'est qu'il y a bien un changement du mode de production, dans la façon d'ordonnancer la production (délocalisation planétaire et non pas mondialisation des besoins) qui a pour but de dissoudre la classe ouvrière. On ne construit plus des usines en Europe mais de grands immeubles vitrés où les gratte-papiers passent leur temps à envoyer messages et commandes au sud ou en Chine. Au même moment, des milliers de travailleurs dans le bâtiment, étrangers ne parlant pas notre langue, précaires migrants, serveurs et garagistes africains, suent le burnous dans la poussière et les accidents... il paraît que cette situation est due à la baisse de natalité et au fait que les français ne veulent plus faire le sale boulot... c'est ça la révolution technologique et les idées immanentes d'un futur communiste nettoyé du ciment et du stalinisme ?

Le "refus du travail" (vieille mode hippie de l'anarchisme post-68) a été remis à la mode à la suite du temps arrêté du covid. Le télétravail ou les dispositifs de chômage partiel, en éloignant les salariés de leur lieu de travail, ont facilités les demandes de rupture conventionnelle et les démissions. Les journalistes bourgeois ont glosé et déliré. On a laissé éructer telle petite bourgeoise: "«Je ne veux plus du tout travailler!» C'est dit. À 58 ans, Caroline est formelle: elle n'attendra pas l'âge de la retraite et compte bien «retrouver sa liberté» le plus rapidement possible. Cadre dans une entreprise de logistique de la région nantaise, elle témoigne ne plus se sentir capable de reprendre ses fonctions". Ne voilà-t-il pas une ébauche de pensée communiste? en aura conclu l'enchanteur Raoul. Plaisanterie! Le même genre de déclaration de cadre outré par le travail en entreprise était le fait d'arriviste qui entreprenaient déjà de créer leur propre entreprise!

TERRORISME INDIVIDUEL OU INDIVIDUALISME TERRORISTE

« Le populisme et le fondamentalisme sont des réponses au double désordre écologique et économique. Assez inadéquates, semble-t-il. Mais assez dynamiques pour jouer leur rôle : l’accélération du désordre en question.

Pascal Ory, Ce que dit Charlie : treize leçons d'histoire, éd. Gallimard, 2015

Durant mes années au travail je dois reconnaître que le militantisme, mieux qu'une religion m'avait aidé, je le dis carrément, à vivre, comme l'a dit un jour un grand écrivain prolétarien. Les humiliations ne me concernaient pas moi finalement, ce Je était un autre. Ce qui ne m'empêchait pas de découper et ranger soigneusement les articles de Libération sur les exécutions de patrons ou de contremaîtres par des femmes ou hommes, « gens de peu », victimes de ce qu'on ne nommait pas à l'époque perversion narcissique. Il y en eût nombre par exemple en 1996, et bien en France :

  • Deux morts pour une mauvaise note : à Versailles elle tue son chef pour une titularisation retardée. Et se suicide.

  • Quinze ans de réclusion pour le peintre du Bon Marché qui a tué son chef de service.

  • « Il était le chef et il était méchant ». Devant les assises, Philippe Jegado répond du meurtre de celui qui l'avait fait licencier.

  • « Kapo aux ordres » pour l'atelier, « homme super » pour sa femme, le chef est mort, dix-huit ans requis contre l'homme qui l'a tué.

  • Dulio Garces, plutôt tueur que chômeur. Un ouvrier abat son contremaître, blesse son patron et se tue.

Je ne résiste pas à vous extraire un résumé du meurtre au Bon Marché :

« Philippe Jegado , employé à l'atelier de peinture du Bon Marché, à Paris, a d'abord cogné sur son chef, Claude Mauger. C'était le 15 juillet 1992 en fin d'après-midi, à l'heure de la sortie. (…) Aux policiers, les employés du magasin ont raconté que le peintre, ancien intérimaire de 35 ans à l'époque des faits, célibataire, sans domicile, ne supportait plus les « réflexions fréquentes » du chef d'équipe (…) Claude Mauger venait de demander le licenciement de son subordonné. Ce qui avait été accepté. Après le coup de poing, Philippe Jegado est allé boire un café au premier sous-sol. Puis il est allé chercher dans son placard au vestiaire, une boite noire et rouge, avec des cartouches à l'intérieur, il a sorti son pistolet de sa cachette... Et il s'est rendu à l'atelier. Il a fait mettre tout le monde à genoux. Il s'est assis sur l'établi, et il a commencé à vider son sac, à dire que Claude Mauger était un incapable, qu'il ne lui faisait que des « ennuis », il lui a pointé le pistolet sur la tempe, en répétant au moins dix fois, selon les autres peintres : « je vais te mettre une balle dans la tête. A 18H03, il a tiré. (les magistrats lui font raconter sa vie avant, la mère avait le cancer et le mari ivre battait femme et enfants, la mère est morte quand il avait quinze ans, il vit dans les caves de Clamart, LSD, morphine, héroïne, des vols...). Il avait été embauché au Bon Marché en 1988. Mais voilà, il y avait Monsieur Mauger : « Il était le Chef. Quand on est chef on n'a pas besoin d'être qualifié professionnellement, on peut tout se permettre, on a toujours le dernier mot. Il était méchant et il nous disait : « Vous ne pouvez rien faire. Je peux vous parler comme j'en ai envie, il y a une barrière et vous êtes du mauvais côté ». Chaque mois le peintre économisait 1600 francs pour acheter une maison. Il avait fait une demande de prêt au Bon Marché. « Mon chef m'avait dit : « Tu as fait une demande pour le 1% patronal ? Fais-moi confiance tu ne l'auras pas ». C'était un mois avant l'assassinat.

J'ai mon Trotski sous le coude pour nous donner bonne conscience et ne pas paraître lâche :

« Si nous nous opposons aux actes terroristes, c'est seulement que la vengeance individuelle ne nous satisfait pas. Le compte que nous avons à régler avec le système capitaliste est trop grand pour être présenté à un quelconque fonctionnaire appelé ministre. Apprendre à voir tous les crimes contre l'humanité, toutes les indignités auxquelles sont soumis le corps et l'esprit humain, comme les excroissances et les expressions déformées du système social existant, dans le but de diriger toutes nos énergies en une lutte contre ce système - voilà la direction dans laquelle le désir brûlant de vengeance doit trouver sa plus haute satisfaction morale »

C'est beau comme un camion, mais cela ne m'a pas empêché certaines nuits de désirer buter tel ou tel chef odieux, ni d'admirer ceux qui étaient passés à l'acte. Tout ce passé qui renvoyait aux attentats individuels anarchistes pouvaient être rationnellement compris, déploré ou regretté, mais aujourd'hui quand la plupart des crimes individuels ont une justification religieuse, comment raisonner et comprendre avant de haïr ?

Un journaliste anglais formule bien notre questionnement :

« Les services de sécurité et les gouvernements à travers le monde sont vigilants face à la menace qu’exercent les terroristes isolés dans nos villes. Mais quand il n’y a pas de manifestation d’une intentionnalité ou d’une idéologie explicite, quand on en vient à soupçonner un problème de santé mentale et une propension, de la part de groupes comme l’État islamique, à revendiquer à peu près n’importe quelle attaque, alors comment définir le terrorisme individuel ? »3.

Ce terrorisme est principalement le produit de NOTRE époque, dit Pascal Ory4, mais peut-on vraiment le différencier du terrorisme individuel anarchiste du temps jadis ? Quand Ory analyse cette « désorganisation » qui a envahi la société capitaliste actuelle, il n'est pas loin de la temporalité du CCI liée aux causalités de la chute de la maison stalinienne pour doper la renaissance du religieux :

« Mais la forme dite «religieuse» que prend ce radicalisme est, elle, liée à ce que j'ai appelé jadis la «Révolution de 1975» - entendons le grand basculement intellectuel issu de la simultanéité, sur fond de fin de la croissance, de la dernière victoire léniniste (le Vietnam) et du succès de l'Archipel du Goulag de Soljénitsyne, des premiers succès néolibéraux (Thatcher, Reagan) et des premiers triomphes néoreligieux (Jean Paul II et Khomeiny, à quelques mois d'intervalle). Nous en sommes encore là. Plus profondément encore, la révolution culturelle, sur le long terme, est d'essence individualiste. Le terrorisme 2015 est très individualiste, la réaction de la société française l'a été tout autant. Pour un «quarante-huitard» comme moi (né en 1948, 20 ans en 1968) la différence est frappante : les «marches républicaines» de janvier, les monuments spontanés de novembre devant les lieux d'attentat sont des manifestations de masse d'individualistes ».

Enfin autre explication pénétrante :

« Jusqu’au siècle des Lumières, les grandes révolutions sont religieuses - le christianisme, l’islam. Et les trois premières révolutions modernes (Provinces-Unies, Royaume-Uni, Etats-Unis) puisent leur énergie dans le protestantisme. La particularité de la France - vieux pays catholique et étatique - est de proposer une révolution laïque : il n’y a pas ici de place pour deux Eglises. Le fondamentalisme nous rappelle opportunément que dans l’univers dit «païen», il n’y a pas de séparation du religieux et du politique : ce que les modernes appelleront «religion» n’est jamais que la symbolisation du politique. Je postule donc, comme Olivier Roy, l’islamisation d’un radicalisme plutôt que la radicalisation de l’islam ».

Or, Ory ne semble pas prendre en compte que ce nouveau terrorisme individualiste n'est pas social, en tout cas ne relève pas de la lutte des classes. Il relève à la fois de l'irrationnel et surtout de MA démarche individualiste: je tue au nom d'Allah parce que, étant malheureux de naissance, j'ai tous les droits , même celui de tuer un français. L'individu islamiste tue de son propre chef (même si le crime lui a été commandité), au nom d'un Allah imaginaire. Les dieux des religions n'ont pourtant pas pour mission d'encourager au meurtre. L'imaginaire divin est plutôt considéré comme miséricordieux, vantant l'amour du prochain et n'exigeant pas une déontologie du meurtre, sauf pour les interprètes fanatiques et assoiffés de sang. L'arabe assassin n'est ni un produit de l'islam ni de sa nationalité propre, il n'est qu'un  déchet d'une société capitaliste pourrissante et cynique. On ne peut pas se voiler les yeux avec la gauche bobo, en faisant mine d'ignorer que la plupart des attentats sont commis en Occident par des arabes, même s'il y en a d'autres, des fanges d'extrême droite ou des services secrets d'Etat comme chez Poutine. Même s'il y a quelques français aux longues barbes effilés c'est la preuve que notre société est incapable d'intégrer les êtres humains et produit des fauves terroristes, ce qui n'excuse en rien les crimes de masse et les égorgements impulsifs.

On pourrait par contre constater qu'il n'y a pas une grande différence d'appréciation du système politique bourgeois entre ouvriers musulmans et français. Les immigrés ne peuvent pas se sentir représentés par les divers politiciens, tels les rigolos de la Nupes qui vont aller trouver des justifications wokistes à une espèce de retour du bâton du colonialisme ! On peut comprendre que l'immigré ou le migrant tentent d’échapper à tout engagement envers l’État en s’impliquant dans des réseaux transnationaux. Leurs critiques de la représentation et du cinéma politique du personnel bourgeois ne peuvent être étrangères au rejet civique des institutions élitaires par la majorité de la classe ouvrière en France.

Pour les non-intégrés, dits islamistes radicaux, partir de la religion en croyant lutter et dénoncer ce système d'une façon heuristique en tuant aveuglément n'est même pas anarchiste (l'anarchiste combattait l'injustice et l'Etat oppresseur) mais profondément individualiste, comme la prière et l'agenouillement. Or, cette aliénation ne nous est pas étrangère. Formellement elle est le produit d'une société en déshérence. Pour aussi injustifiable que soit l'attentat islamiste individualiste, il est l'aboutissement aussi de cette simili « révolution technologique » qui, en vérité, détruit les rapports humains, favorise la solitude qui est le principal ferment de l'envie de tuer pour exister, facteur déterminant auparavant chez le nazi de base. Comme quoi la décadence capitaliste date d'hier.

La physiologie de l'islamisme c'est Trotski qui la définit parfaitement dès 1933 :

« Le fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société. Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes vivent encore aujourd'hui, à côté du XX° siècle, le X° et le XII° siècles. Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations. Le pape à Rome prêche à la radio sur le miracle de la transmutation de l'eau en vin. Les étoiles de cinéma se font dire la bonne aventure. Les aviateurs qui dirigent de merveilleuses mécaniques, créées par le génie de l'homme, portent des amulettes sous leur combinaison. Quelles réserves inépuisables d'obscurantisme, d'ignorance et de barbarie ! Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau. Tout ce qu'un développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de l'organisme national, sous la forme d'excréments de la culture, est maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non digérée. Telle est la physiologie du national-socialisme ».

LA MYSTIFICATION DES RICHES CONTRE LES PAUVRES

La définition de la gauche aujourd'hui ne peut s'arrêter au qualificatif de bourgeois. Elle est un marais glauque où se mêle les eaux fétides d'un néo-stalinisme, incarné surtout par une morale féministe et sans humour, d'un libéralisme exhibitionniste suranné et une mixture du vieil anarchisme hippie mal digéré des années de jeunesses des derniers vieux barbons et de leurs progénitures. On peut déjà réfléchir au fait que la petite bourgeoisie politique a pris en otage la bourgeoisie depuis des années, via le PS, le PCF et la clique à Mélenchon, lui faisant perdre du temps sur le nucléaire, ignorant la gravité dans l'Eduque Naze, temporisant concernant la racaille islamiste, etc. (je développerai ultérieurement cette découverte constitutive de la décadence capitaliste, grâce en particulier à une plume de paon5.

Dans l'aile minable de cette bobocratie, les gauchistes anti-communistes ont inventé une formule qui n'existe ni dans le Manifeste communiste de 1848 ni dans les œuvres de Marx et Engels : « les frères de classe », reprise globalement par les sectes anarcho-ultra-gauches. La notion de frères étant utilisée essentiellement dans les religions, elle convenait aux idéalistes prêcheurs comme Weitling et aux bouddhistes post-68. La formule convient parfaitement à l'idéologie gauchiste devenue wokiste qui s'accommode à toutes les campagnes idéologiques bourgeoises, tout en postulant à une critique radicalement altermondialiste et « intersectionnelle » du système (où les vaches sont bien gardées, les féministes s'occupant du féminisme et les islamistes de l'islamisation du système) ; sans doute les linéaments de la « révolution technologique » et du refus du travail à la mode chez les cadres rassasiés, qui "refusent les travail" qui font rêver l'enchanteur Raoul Victor. La notion de « frères et soeurs » utilisée en particulier par le NPA pour les migrants en général et pour les électrices voilées permet de légitimer l'islamisme bon teint comme le radical (radical parce qu'il est armé n'est-ce pas comme les soldats du stalinisme vietnamien). Dans la nation et au front on était « tous frères », camarades « patriotes », terme remis à la mode depuis quelques années par la CGT et Mélenchon6, lequel ne s'adresse plus à ses fans comme à des « camarades » mais à « mes amis », comme n'importe quel politicien hâbleur en campagne promotionnelle. On ne peut plus parler sérieusement de question nationale (conçue comme libératoire ou émancipatrice) après la longue série des fausses décolonisations du tiers monde dans le temps, lesquelles ont empêché la création d'un prolétariat conscient ; il n'y a plus que de nouvelles constructions artificielles de l'impérialisme dominant (cf. l'Ukraine et l'Ecosse) ou, toutes aussi artificielles les diverses autonomies qui veulent devenir indépendantes (Catalogne, Ecosse, Pétaoutchistan, etc.).

Le nouveau chauvinisme « insoumis », qu'il se pare d'un néo-gaullisme désuet, de la défense des pauvres contre les riches, de Zemmour à Mélenchon, n'est que le kaléidoscope du populisme plan-plan. Le populisme va avec cet adjectif populaire qui ne voit que riches et pauvres, sans se soucier que tel ouvrier peut être plus riche qu'un bourgeois ou qu'un bourgeois puisse être plus conscient que certains ouvriers. Le populisme a en horreur les classes. Zemmour, avant de plaider pour la France raciste des campagnes, ne cesse de défendre les petits patrons car « il faut payer moins d'impôts » quand Mélenchon en appelle à « l'insurrection des pauvres » : plus creux cela ne s'invente pas.

Il me faut rappeler qu'une partie du NPA a rejoint le clan Mélenchon et n'a aucune honte à ressortir le joujou patriotique comme à soutenir le joujou catalan, la Palestine et l'islamisme. En 1891, Rémy de Gourmont  fît scandale avec ce joujou patriotisme:

« Le jour, pourtant viendra peut-être où l'on nous enverra à la frontière : nous irons, sans enthousiasme ; ce sera notre tour de nous faire tuer ; nous nous ferons tuer avec un réel déplaisir. « Mourir pour la patrie » ; nous chantons d'autres romances, nous cultivons un autre genre de poésie (…) S'il faut d'un mot dire nettement les choses, eh bien ! - Nous ne sommes pas patriotes » (Ed Pauvert, 1967).

Et c'est le flamboyant Octave Mirbeau qui le soutint :

« Aujourd'hui la presse est libre, mais à la condition qu'elle restera dans son strict rôle d'abrutissement public. On lui pardonne des écarts de langage, pourvu, comme dans la chanson de café-concert, que le petit couplet patriotique et final vienne pallier et moraliser les antérieures obscénités. On tolère qu'elle nous montre des derrières épanouis, des sexes en fureur ou en joie, encore faut-il que ce soit dans un rayonnement du drapeau tricolore. Soyons vulgaires, abjects ; remuons les sales passions et les ordures bêtes, mais restons patriotes. On peut voler, assassiner, calomnier, trahir, être une brute forcenée, un lâche brigand, cela n'est rien, si l'on organise du « boucan » dans les théâtres, si l'on insulte les femmes qui viennent d'Allemagne, si l'on vomit sur le génie des belles œuvres... ».

Si quelqu'un voit une différence avec notre morne époque wokiste et islamisée, qu'il m'écrive.


LE TRAVAIL C'EST PAS LA FAINEANTISE JOUISSIVE

« Je ne partage pas la proposition de garantie d’emploi, on va se couper du monde ouvrier, qui travaille dur ! » Fabien Roussel

« Le travail ne produit pas que des marchandises ; il se produit lui-même et produit l'ouvrier en tant que marchandise, et cela dans la mesure où il produit des marchandises en général ». Marx (1844)

Les députés ne travaillent pas et sont trop bien payés, c'est donc assez comique de les entendre parler du travail... des autres. La remarque de Roussel sur les assistés a fait florès. Les mêmes qui défendaient le même raisonnement par le passé (Mélenchon et le PS) l'ont dénoncé comme un féal de la droite, qui reprend un refrain d'extrême droite par démagogie électoraliste. Dans son programme présidentiel, Jean-Luc Mélenchon proposait démagogiquement une garantie d’emploi, rémunérée au SMIC par l’Etat dans les secteurs de la transition écologique ou du social pour tout chômeur de longue durée volontaire.... (d'où la saillie de sa collègue Sardine Ruisseau sur un droit à la paresse irresponsable, totalement étranger à l'humour de Lafargue). Toute une tartufferie qui accompagne et renforce la mode de mépriser le travail (surtout manuel) et qui fait ultra révolutionnaire comme s'en extasie l'enchanteur Raoul Victor.

Or, foin du démagogue populiste Mélenchon, le capitalisme ne veut PAS du plein emploi, et il tournerait plus vite casaque que son idole Mitterrand en 1983 s'il parvenait par chance à obtenir une place de premier commis d'Etat.

François Ruffin, qui avait lui-même lancé le débat en rapportant avoir entendu, dans sa circonscription de la Somme, des critiques sur la gauche au sujet de l’assistanat, a néanmoins condamné les déclarations de Fabien Roussel. « Opposer “la France qui bosse’ à ‘la France des allocs’, ce n’est pas le combat de la gauche, ce ne sont pas mes mots », a tweeté le fondateur du journal Fakir. Avant d’ajouter : « Les assistés sont là-haut, gavés de milliards par Macron : c’est notre travail politique quotidien que d’unir le bas contre le haut. 

Puis Roussel a fait une mise au point où il semble s'aligner sur les mêmes garanties utopiques du bateleur de foire Mélenchon :

« Le chômage tue. Les allocations, le chômage et le capitalisme entretiennent un système qui repose sur des revenus de substitution qui permettent de faire pression sur le travail, les conditions de travail et les salaires ». Il a estimé que "l'ambition" que doit avoir la gauche pour le pays est de "garantir à chacun de trouver sa place dans la société par le travail, une formation et un salaire".

Oui l'assistanat est un problème. Un problème qui révèle d'abord l'incapacité du capitalisme à développer la société, puis une méthode de charité pour limiter l'explosion du chômage, et enfin aussi un moyen de diviser et atomiser la vie ouvrière.

Oui, il y a une classe ouvrière qui travaille pour payer des allocations à ceux qui ne travaillent pas ou qui ne veulent pas ou plus travailler, et des migrants qui débarquent et ont besoin d'être aidés dans l'attente d'un emploi qui ne viendra peut-être jamais. L’assistanat est un paravent et un pare-feu. Et il y a aussi la réputation d'assistanat française et de "sécurité" sociale qui attire les pauvres du tiers-monde dont les frères Fassin sont les plénipotentiaires terroristes contre "l'occidentalo-centrisme". On bat en brêche un colonialisme éternel pour faire oublier que le capitalisme pouvait tout aussi bien développer industriellement l'Afrique et qu'il ne reste plus qu'à accueillir toute la misère du monde.

Il faut être en milieu ouvrier, sans généraliser, pour constater que dans la misère il y a une misère plus grande encore et plus choquante de ces assistés ; non leur pauvreté ou saleté, mais un sentiment d'étrangeté face à des attitudes qui méprisent ceux qui travaillent « pour rien », qui ont tous les droits auprès des services sociaux, qui traitent comme moins que rien les ouvriers qui viennent réparer leur logement ou livrer. (je l'ai vu et entendu) ; où la frontière entre trafic de drogue et larçins quotidiens est effacée quand la sécurité civile n'existe plus. Autour de la classe ouvrière pauvre des banlieues existe un lumpen sur lequel la gauche bobo se pince le nez et crie au racisme dès qu'on s'étonne de la concentration de certaines populations ou de la propagation d'une culture saharienne, même si le sable ne leur souffle pas dans les yeux. Faudrait-il laisser la lucidité à la seule extrême droite parce qu'il est interdit de penser par le bobo-stalinisme?

Une bonne partie de la population reléguée dans les barres en béton est de plus en plus constituée aussi d'immigrés récents qui ne se pensent pas comme ouvriers, ne se sentent pas plus de gauche que de droite. Elle n'est pas la clientèle de Mélenchon qui recrute surtout les petits bourgeois de toutes les classes. Elle pencherait plutôt pour le vote d'extrême droite. Enfin elle se moque de l'empathie de l'organe de gauche qui vend des voitures haut de gamme à ses lecteurs cadres. L'OBS a pris la défense des « allocataires » en tout bien tout honneur  car «L’assistance ne s’oppose pas au travail », ce qui dans l'abstrait est juste. Mais les Paugam et cie ne vivent pas dans ces banlieues. On voit l'énorme différence avec les années 1950 et 1960 où il n'y avait personne dans les rues quand la journée de travail occupait toutes les forces vives. Aujourd'hui, les parkings des supermarchés restent pleins toute la journée. Des hommes et des femmes de tout âge circulent comme si on était en weekend. Le questionnement n'est pas seulement chez les ouvriers mais aussi chez les cadres qui en ont marre de payer des impôts pour tout le monde. Le journal des cadres friqués l'OBS ne craint pas de complexifier la situation, même en celant certaines vérités :

« Le discours sur la « gauche des allocs » occulte par ailleurs la réalité du marché du travail aux franges de l’assistance. La frontière entre le travail et l’assistance est devenue poreuse du fait de la multiplication des emplois précaires qui ne permettent pas toujours à celles et ceux qui les exercent d’éviter la pauvreté. Depuis le début des années 2000, plusieurs dispositifs successifs ont contribué à brouiller cette frontière : la prime pour l’emploi en 2001, le principe du RSA adopté en 2008 permettant de cumuler un revenu d’activité et un revenu d’assistance, la prime d’activité en 2016… Autant de mesures destinées, soit à venir en aide aux travailleurs pauvres, soit à encourager les allocataires sociaux à travailler à temps très partiel. Elles contribuent ainsi à créer une catégorie mouvante et incertaine de salariés précaires assistés. La circulation entre la sphère de l’assistance et celle du travail est aujourd’hui plus complexe que ne semble l’admettre Fabien Roussel ».

C'est bien le raisonnement très spéculatif de genre député "socialiste", on décrit une situation "complexe" pour mieux la complexifier tout en vendant les mesures d'assistance sans critiquer cette même assistance qui est foutage de gueule et défense du capitalisme défaillant. Puis l'OBS en rajoute une couche en prétendant s'appuyer sur le gentil humoriste Lafargue, lui empruntant ses citations les plus dérisoires mais ridicules volontairement: "Le prolétariat, trahissant ses instincts, méconnaissant sa mission historique, s’est laissé pervertir par le dogme du travail. Rude et terrible a été son châtiment". La principale revue des bobos, qui invoque au passage le pitre Benoît Hamon, ne se rend pas compte combien elle est ridicule...sans le savoir, car ce qui compte c'est faire plaisir aux bobos qui méprisent le prolétariat.

Fabien Roussel peut bien vendre lui la vertu du travail salarié comme ses pères staliniens, mais toute la coterie mélenchonienne enchanteresse qui vante l'assistanat amélioré est encore plus irresponsable. En milieu ouvrier on vomit depuis toujours les riches glandeurs, mais ce n'est pas visible au quotidien. Ce qui est visible par contre pour « ceux d'en bas », c'est qu'il leur semble n'être plus qu'une minorité à travailler et qu'ils ont affaire en effet à un lumpen qui parade ou se moque, appuyé par une intelligentsia qui n'est pas dans le besoin et veut enchanter un monde qui éclate de toute part. Les services sociaux des mairies de la gauche bobo, qui se croient supérieurs et possédants du tonneau des Danaïdes, regorgent de demandes d'assistances et dans ce domaine la concurrence fait rage, des ouvriers français qui font la queue au milieu de gens qui ne sont ni d'Auvergne ni du Poitou, sont interdits de penser qu'il y a quelque chose qui cloche au royaume du Danemark.

LE RETOUR DES GUIGNOLS

Pourquoi la gauche n’est-elle plus perçue comme le camp du « travail » mais comme celui des « assistés » ? Question de journaliste cucul-la-praline; la gauche est surtout perçue comme bourgeoise et foutage de gueule. Dans son dernier ouvrage « Je vous écris du front de la Somme », le Ruffin tire son bilan de la séquence politique passée, où le vote pour le Rassemblement national continue de progresser au cœur des anciens bastions rouges et dans les zones « hors-métropole ». Partant des interactions et des anecdotes recueillies lors de sa campagne des élections législatives, le fringuant député de la Somme partage son analyse de l’éloignement historique entre la gauche et le travail (la formule est risible, elle peut servir à un syllogisme : « toute la gauche n'est pas pour le travail, or le travail n'est pas à gauche, donc la gauche ne travaille pas ».

L'ouvrage du petit Kiki d'Amiens paraît peu ordinaire par rapport au discours bienheureux « pas de vague » de la gauche rétro, il constitue, dit un journaliste admiratif ou un pisse-copie de la maison d'édition : « l’esquisse d’une voie pour que la gauche renoue avec le projet d’une émancipation collective et individuelle par le travail et que la France retrouve un dessein commun ». Extraits de l'oeuvre d'art de cet autre faux-cul au titre très patriotique, mais assaisonnée de vérités pas bonnes à dire parmi la gauche caviar et bobo, ni dans ce milieu ultra-gauche si bien nommé :

« C’est que la mondialisation a tracé comme un fil à couper le beurre entre vainqueurs et vaincus : tandis que le chômage stagnait chez les CSP+, il était multiplié par quatre chez les ouvriers non qualifiés, dont les revenus plongeaient (-5 % entre 1984 et 1994). Les ressources des ménages employés ne bougeaient pas (0 %). Les cadres, eux, ne connaissaient pas la même austérité (+13,2 %). Quand les professions libérales ramassaient discrètement le pactole (+38,7 %).

Les enseignants, les cadres, la fonction publique, les journalistes, les parlementaires, eux ne furent guère frappés, leurs enfants ne furent pas en première ligne. Aussi ne sont-ils pas, ou pas forcément, les partisans acharnés d’une « mondialisation heureuse ». Néanmoins, ils la tolèrent, ils laissent faire, ils l’habillent de « valeurs », de « multiculturalisme », d’ « ouverture à l’autre », voire pointent l’esprit étriqué, xénophobe, des prolétaires. C’est le « passivisme des éduqués », comme le nomme Emmanuel Todd »7. Et avec cet « inconscient inégalitaire », au fond, jamais prononcé mais bien présent : l’ordre mondial broie les plus fragiles ? On s’apitoie, certes, mais sans agir. C’est de leur faute, au fond. Ils l’ont mérité. Ils n’avaient qu’à mieux étudier, mieux se former. La gauche raisonnable, de gouvernement, a mené une politique économique, commerciale, qui a détruit le monde ouvrier ! Qui a laminé sa base sociale ! D’où ma bataille, et depuis un bail, pour du protectionnisme. D’où ma lutte, au sein de la gauche, de la bonne gauche, pour qui une taxe à 17 % sur les pneus importés de Vietnam relèveraient quasiment du « racisme anti-asiatique », pour qui ce serait « monter les peuples les uns contre les autres », etc. D’où mon combat pour que cette « folie », la mondialisation, soit bridée, régulée, entravée ».

Chimère l'assistanat ?

« Au porte-à-porte, sans cesse, nous sommes renvoyés à cette « injustice »-là, au voisin qui ne fait rien, au jeune qui ne se lève pas, aux « cassos » qui ne se lavent pas. Ces supposés profiteurs du système. Et nos bons citoyens qui paient pour tout ça, pour ces paresseux, suggèrent, à leur tour, de « se mettre au chômage », « de ne plus rien glander », « puisque c’est comme ça ». C’est un écœurement puissant, quotidien, que suscitent ces « profiteurs du système ». Opposer « la France qui bosse » à « la France des allocs », ce n’est pas le combat de la gauche, ce ne sont pas mes mots. Les assistés sont là-haut, gavés de milliards par Macron : c’est notre travail politique quotidien que d'unir le bas contre le haut ».

Ce n'est pas son combat mais c'est une réalité non pas de simple division de classe mais d'un prolétariat entouré de couches de lumpen et de petits bourgeois en guenille, désaxés et violents qui permettent à l'Etat de faire croire que le salut ne réside que dans une plus grande présence de la police !

Si les rigolos de la Nupes avaient lu Marx, ils sauraient que ce sont les producteurs qui assurent le nécessaire à la société et dont la plus-value du travail est confisquée par les dominants, à savoir aujourd'hui la finance. Cette finance distribue un peu de cette plus value au peuple non productif pour éviter les troubles. Les producteurs, paysans ouvriers, travailleurs du tiers monde valent mieux que les assistés.

Les managers eux-mêmes tombent malades du travail, priés de se donner corps et âme à leur organisation, de ne jamais se laisser aller, et de « performer » sans cesse, tels des Sisyphe des temps modernes. Les statistiques produites récemment par la Dares sur les conditions de travail confirment le diagnostic partagé par tous ceux qui connaissent le travail et ses souffrances. Les travaux de Christophe Dejours ont, notamment, montré la souffrance de ceux qui ont à faire souffrir les autres, de toutes celles et de tous ceux qui souffrent de leur impuissance dans un système qui s'emballe (Souffrance en France est disponible en poche, dans la collection « Points » du Seuil, depuis 2014). Dépressions, burn-out et autres pathologies sont en train de se développer dans les organisations du travail. Ces dernières en ont pris conscience et montent des cellules de prévention des risques psychosociaux pour faire entrer la souffrance humaine dans un calcul économique et lutter contre l'absentéisme qui coûte cher. Sans oublier que ceux qui continuent à venir au travail vouent aux gémonies ces charmants collègues adeptes de droit à la parsse bobo, et champions de l'assistanat, une race d'assistés qui se fiche de toute solidarité au nom du dégoût du travail et du capitalisme...

Marx a été le premier à souligner l'aliénation du travail (sous sa forme DANS le capitalisme) mais il a toujours défendu le travail comme constitutif de l'espèce humaine et réalisation de soi.(tu bouffes comment connard si plus personne ne produit?). Lafargue est bien gentil de s'être appuyé sur la nécessaire diminution du temps de travail, mais ce n'est pas un hasard si Marx le considérait comme un brave anarchiste. Le problème n'est pas le travail mais l'exploitation du travail.

Les bobos s'approprient le gentil Lafargue, libérés dans leur jouissance de bosser « à la maison » pendant le covid ; ils ne font qu'exalter l'absence de lien social que représente pourtant le travail informatique dans sa cuisine sous la bénédiction de la « révolution informatique ».





NOTES


1 La «valeur travail» est-elle de droite ou de gauche ? Interrogé à ce sujet ce vendredi matin sur Sud Radio, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez louvoie : «je n'entre pas dans ce genre de considération». Mais le débat fait rage à gauche. Sandrine Rousseau a déclaré cette semaine que le travail était «quand même une valeur de droite», en réponse à la défense de cette même valeur par le communiste Fabien Roussel. Pour Sandrine Rousseau, par ailleurs, il est juste de réclamer un «droit à la paresse», par le biais des allocations-chômage. Le problème n'est ni de droite ni de gauche, c'est l'exploitation du travail... qui donne envie de paresser au travail.

2Robin Goodfellow s'en est bien moqué : https://www.robingoodfellow.info/pagesfr/rubriques/Raoul_Victor_Consultants.htm

Quelques rares allusions à cette nouvelle fabulation pacifiste et anti-marxiste furent le fait de l'ami Marcel, féroce contre les facéties du groupe CWO, avant qu'il ne vire sa cutie pour fonder Controverses Belgique, où règne le même pacifisme révisionniste : https://fr.internationalism.org/rint128/economie_baisse_tendancielle_taux_profit_reponse_CWO.htm

3Qu'est-ce que le terrorisme individuel ? https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2018-02-05/quest-ce-que-le-terrorisme-individuel-44bf5556-e306-4cbc-8bc1-13cda13ffad9 Suit une bande dessinée qui s'efforce d'expliciter le terrorisme islamique, mais insuffisamment selon moi.

5N'importe quel petit bourgeois enragé ne pouvait devenir Hitler, mais une partie d'Hitler est contenue dans chaque petit bourgeois enragé. La croissance rapide du capitalisme allemand avant la guerre ne signifia nullement la disparition pure et simple des classes intermédiaires ; en ruinant certaines couches de la petite bourgeoisie, il en créait de nouvelles : les artisans et les boutiquiers autour des usines, les techniciens et les administrateurs à l'intérieur des usines. Mais en se maintenant et même en se développant - elles représentent un peu moins de la moitié du peuple allemand - les classes intermédiaires se privaient de leur dernière parcelle d'indépendance, vivaient à la périphérie de la grande industrie et du système bancaire et se nourrissaient des miettes qui tombaient de la table des trusts monopolistes et des cartels, et des aumônes idéologiques de leurs théoriciens et politiciens traditionnels.

La nation d'Hitler est l'ombre mythique de la petite bourgeoisie elle-même, son rêve pathétique d'un royaume millénaire sur terre.

L'individu et la classe - le libéralisme et le marxisme - voilà le mal. La nation c'est le bien. Mais cette philosophie se change en son contraire au seuil de la propriété. Le salut est uniquement dans la propriété individuelle. L'idée de propriété nationale est une engeance du bolchevisme. Tout en divinisant la nation, le petit bourgeois ne veut rien lui donner. Au contraire, il attend que la nation lui distribue la propriété et le protège de l'ouvrier et de l'huissier. Malheureusement, le III° Reich ne donnera rien au petit bourgeois, si ce n'est de nouveaux impôts.

le particularisme des " terres " allemandes, qui s'appuyait sur les particularités de la petite bourgeoisie, a fait place nette pour le centralisme policier capitaliste. Chaque succès de la politique intérieure et extérieure du national-fascisme marquera inévitablement la poursuite de l'étouffement du petit capital par le grand. Trotski 1933