« Le
mythe de la révolution dévale sur le monde moderne. (…) Nous
assistons à un usage outrageux du terme "révolution",
tout et n'importe quoi est aujourd'hui qualifié. (…) Pour bien
mesurer l'abus de mots, il faut comprendre en profondeur que la
technique produit une société essentiellement conservatrice,
intégratrice, totalisante, en même temps qu'elle entraîne
d'énormes changements. Mais ce sont les changements d'un rapport à
soi toujours identique. La technique est antirévolutionnaire mais,
par les "progrès" effectués, donne l'impression
que tout change, alors que seules des formes et des moyens
se modifient. Elle anéantit la pulsion révolutionnaire en
accroissant tous les conformismes à sa propre structure intégrée ». Jacques
Ellul, Autopsie de la révolution (1969)« Regrettez-vous
le temps où d'un siècle barbare
Naquit un siècle
d'or plus fertile et plus beau ?
Où tous nos
monuments et toutes nos croyances
Portaient le
manteau blanc de leur virginité ? » Alfred de Musset
« Il me
semble que nous sommes à la veille d'une grande bataille humaine ;
les forces humaines sont là ; seulement je ne vois pas le
général ». Balzac
TRISTE
TRAJECTOIRE DE RI à RI !
« Les
bouleversements technologiques actuels devraient permettre de
reconstruire, à partir d’une base beaucoup moins idéologique,
moins influencée par les images de la révolution française et de
la révolution russe, une conception plus concrète de la nouvelle
société à bâtir ».
Raoul Victor
« Toutes les
technologies sont révolutionnaires, or l'ère du numérique est une
technologie, donc le numérique est révolutionnaire » !
Ainsi parlait Zarathoustra ou au moins Aristote ? Non c'est un
syllogisme de Raoul Victor passé de Révolution Internationale à
Révolution Informatique.
On peut désormais
ajouter cet ancien camarade (fondateur du 1er RI) dans le marais du
wokisme, tout du moins dans son aile ultra-gauche pacifiste et
conseillante, quand les autres se considèrent comme « éveillants » (wokistes) aux conneries de Sardine Ruisseau
et tutti haschich. Pas besoin de citer les longues tartines de RV sur
les miracles de la technologie, une poignée d'extraits suffit à
démontrer ses délires repris
des plus bêtes scientistes bourgeois :
«
Les bouleversements technologiques actuels devraient permettre de
reconstruire, à partir d’une base beaucoup moins idéologique,
moins influencée par les images de la révolution française et de
la révolution russe, une conception plus concrète de la nouvelle
société à bâtir ».
Il
fallait le faire. Il l'a fait. Pour la première fois dans l'histoire
moderne, un révisionniste distingué peut nous faire le coup de
n'importe quel bourgeois humaniste du siècle de Marx : le
mouvement de révolte contre la société moderne abrutissante a
tout intérêt à s'inspirer des avancées anti-hiérarchiques et des
idées novatrices grâce à la technologies du corpus même de la
domination bourgeoise, laquelle serait plus ou moins consciente, par
exemple, n'est-ce pas, avec son discours écologique si caricatural
et punitif !
« Jamais
auparavant, l’évolution des forces productives n’avait posé de
façon aussi concrète la nécessité et la possibilité d’une
société sans hiérarchies, sans nations, sans échange marchand. En
ce sens, cette révolution technologique devrait être aussi la
dernière pour le capitalisme. (…) Il ne s’agit pas de penser que
le développement des technologies va nous conduire à une société
communiste tout naturellement, progressivement et qu’un jour, sans
que la bourgeoisie mondiale ne s’en aperçoive, nous nous
réveillerons dans un monde devenu « gratuit » (…) ... si on peut,
sans crainte de tomber dans des spéculations hasardeuses, affirmer
que la réalité de la mondialisation accélérée de la vie
économique du capital, du développement de moyens de communication
qui rendent caduques grand nombre de hiérarchies, de l’apparition
et le développement d’un secteur « économique » qui préconise
le « gratuitisme » comme rapport de distribution et de production,
toute cette nouvelle réalité constitue et constituera de plus en
plus un élément important pour la définition et perception
concrète de ce que pourra être une société post-capitaliste, le
vrai communisme ».
Ce
raisonnement basé sur une série de syllogismes,
copie au fond une similarité du passage du féodalisme au
capitalisme, au sens où celui-ci était déjà contenu dans les
rapports marchants de celui-là. Avec son raisonnement simpliste,
sans oublier ce ton professoral sentencieux et condescendant qui
épatait tant ses fidèles nigauds comme Max naguère intramuros RI
one, RV imagine que des rapports communistes préexisteraient dans
notre monde capitaliste, dont les linéaments ne sont rien d'autre
que les vieilles conceptions libertaires et anarchistes qui, toutes
n'ont rien à voir avec la liberté et les besoins (débarrassés de
l'artificialité marchande) projetée sur un avenir communiste mais
sur l'individualisme le plus crasse qui sévit partout, à tous les
niveaux de cette société pourrissante ; individualisme
totalement porté et étendu universellement sur les réseaux de tout
acabit et de tout bar tabac, du portable à la chasse d'eau
connectée. Si l'on en croit l'enchanteur Raoul, suave et langoureux, la mise en cause des piscines privées et des jets privés préfigurent l'abolition de la propriété privée et la fin du gaspillage pour lequel a lutté deux cent ans de socialisme! Le bond vers la société libérée du capitalisme ne sera plus qu'un saut de puce.
Or,
ce que ne voient ni Raoul ni son ancienne organisation, le CCI, c'est
qu'il y a bien un changement du mode de production, dans la façon d'ordonnancer la production (délocalisation planétaire et non pas mondialisation des besoins) qui a pour but de
dissoudre la classe ouvrière. On ne construit plus des usines en
Europe mais de grands immeubles vitrés où les gratte-papiers
passent leur temps à envoyer messages et commandes au sud ou en
Chine. Au même moment, des milliers de travailleurs dans le
bâtiment, étrangers ne parlant pas notre langue, précaires
migrants, serveurs et garagistes africains, suent le burnous dans la
poussière et les accidents... il paraît que cette situation est due
à la baisse de natalité et au fait que les français ne veulent
plus faire le sale boulot... c'est ça la révolution technologique
et les idées immanentes d'un futur communiste nettoyé du ciment et
du stalinisme ?
Le "refus du travail" (vieille mode hippie de l'anarchisme post-68) a été remis à la mode à la suite du temps arrêté du covid. Le télétravail ou les dispositifs de chômage partiel, en éloignant les
salariés de leur lieu de travail, ont facilités les demandes de
rupture conventionnelle et les démissions. Les journalistes bourgeois ont glosé et déliré. On a laissé éructer telle petite bourgeoise: "«Je ne veux plus du tout travailler!» C'est dit. À 58 ans, Caroline est formelle: elle n'attendra pas l'âge de la retraite et compte bien «retrouver sa liberté»
le plus rapidement possible. Cadre dans une entreprise de logistique de
la région nantaise, elle témoigne ne plus se sentir capable de
reprendre ses fonctions". Ne voilà-t-il pas une ébauche de pensée communiste? en aura conclu l'enchanteur Raoul. Plaisanterie! Le même genre de déclaration de cadre outré par le travail en entreprise était le fait d'arriviste qui entreprenaient déjà de créer leur propre entreprise!
TERRORISME
INDIVIDUEL OU INDIVIDUALISME TERRORISTE
« Le populisme et
le fondamentalisme sont des réponses au double désordre écologique
et économique. Assez inadéquates, semble-t-il. Mais assez
dynamiques pour jouer leur rôle : l’accélération du désordre en
question.
Pascal
Ory, Ce que dit Charlie : treize leçons d'histoire,
éd. Gallimard, 2015
Durant
mes années au travail je dois reconnaître que le militantisme,
mieux qu'une religion m'avait aidé, je le dis carrément, à vivre,
comme l'a dit un jour un grand écrivain prolétarien. Les
humiliations ne me concernaient pas moi finalement, ce Je était un
autre. Ce qui ne m'empêchait pas de découper et ranger
soigneusement les articles de Libération sur les exécutions de
patrons ou de contremaîtres par des femmes ou hommes, « gens
de peu », victimes de ce qu'on ne nommait pas à l'époque
perversion narcissique. Il y en eût nombre par exemple en 1996, et
bien en France :
Deux morts pour une
mauvaise note : à Versailles elle tue son chef pour une
titularisation retardée. Et se suicide.
Quinze ans de
réclusion pour le peintre du Bon Marché qui a tué son chef de
service.
« Il était le
chef et il était méchant ». Devant les assises, Philippe
Jegado répond du meurtre de celui qui l'avait fait licencier.
« Kapo aux
ordres » pour l'atelier, « homme super » pour sa
femme, le chef est mort, dix-huit ans requis contre l'homme qui l'a
tué.
Dulio Garces, plutôt
tueur que chômeur. Un ouvrier abat son contremaître, blesse son
patron et se tue.
Je ne
résiste pas à vous extraire un résumé du meurtre au Bon Marché :
« Philippe
Jegado , employé à l'atelier de peinture du Bon Marché, à Paris,
a d'abord cogné sur son chef, Claude Mauger. C'était le 15 juillet
1992 en fin d'après-midi, à l'heure de la sortie. (…) Aux
policiers, les employés du magasin ont raconté que le peintre,
ancien intérimaire de 35 ans à l'époque des faits, célibataire,
sans domicile, ne supportait plus les « réflexions
fréquentes » du chef d'équipe (…) Claude Mauger venait de
demander le licenciement de son subordonné. Ce qui avait été
accepté. Après le coup de poing, Philippe Jegado est allé boire un
café au premier sous-sol. Puis il est allé chercher dans son
placard au vestiaire, une boite noire et rouge, avec des cartouches à
l'intérieur, il a sorti son pistolet de sa cachette... Et il s'est
rendu à l'atelier. Il a fait mettre tout le monde à genoux. Il
s'est assis sur l'établi, et il a commencé à vider son sac, à
dire que Claude Mauger était un incapable, qu'il ne lui faisait que
des « ennuis », il lui a pointé le pistolet sur la
tempe, en répétant au moins dix fois, selon les autres peintres :
« je vais te mettre une balle dans la tête. A 18H03, il a
tiré. (les magistrats lui font raconter sa vie avant, la mère avait
le cancer et le mari ivre battait femme et enfants, la mère est
morte quand il avait quinze ans, il vit dans les caves de Clamart,
LSD, morphine, héroïne, des vols...). Il avait été embauché au
Bon Marché en 1988. Mais voilà, il y avait Monsieur Mauger :
« Il était le Chef. Quand on est chef on n'a pas besoin d'être
qualifié professionnellement, on peut tout se permettre, on a
toujours le dernier mot. Il était méchant et il nous disait :
« Vous ne pouvez rien faire. Je peux vous parler comme j'en ai
envie, il y a une barrière et vous êtes du mauvais côté ».
Chaque mois le peintre économisait 1600 francs pour acheter une
maison. Il avait fait une demande de prêt au Bon Marché. « Mon
chef m'avait dit : « Tu as fait une demande pour le 1%
patronal ? Fais-moi confiance tu ne l'auras pas ». C'était
un mois avant l'assassinat.
J'ai
mon Trotski sous le coude pour nous donner bonne conscience et ne pas
paraître lâche :
« Si
nous nous opposons aux actes terroristes, c'est seulement que la
vengeance individuelle ne nous satisfait pas. Le compte que nous
avons à régler avec le système capitaliste est trop grand pour
être présenté à un quelconque fonctionnaire appelé ministre.
Apprendre à voir tous les crimes contre l'humanité, toutes les
indignités auxquelles sont soumis le corps et l'esprit humain, comme
les excroissances et les expressions déformées du système social
existant, dans le but de diriger toutes nos énergies en une lutte
contre ce système - voilà la direction dans laquelle le désir
brûlant de vengeance doit trouver sa plus haute satisfaction
morale »
C'est beau comme un camion, mais cela ne m'a pas empêché certaines
nuits de désirer buter tel ou tel chef odieux, ni d'admirer ceux qui
étaient passés à l'acte. Tout ce passé qui renvoyait aux
attentats individuels anarchistes pouvaient être rationnellement
compris, déploré ou regretté, mais aujourd'hui quand la plupart
des crimes individuels ont une justification religieuse, comment
raisonner et comprendre avant de haïr ?
Un journaliste anglais formule bien notre questionnement :
« Les services de sécurité et les gouvernements à travers
le monde sont vigilants face à la menace qu’exercent les
terroristes isolés dans nos villes. Mais quand il n’y a pas de
manifestation d’une intentionnalité ou d’une idéologie
explicite, quand on en vient à soupçonner un problème de santé
mentale et une propension, de la part de groupes comme l’État
islamique, à revendiquer à peu près n’importe quelle attaque,
alors comment définir le terrorisme individuel ? ».
Ce terrorisme est principalement le produit de NOTRE époque, dit
Pascal Ory,
mais peut-on vraiment le différencier du terrorisme individuel
anarchiste du temps jadis ? Quand Ory analyse cette
« désorganisation » qui a envahi la société capitaliste
actuelle, il n'est pas loin de la temporalité du CCI liée aux
causalités de la chute de la maison stalinienne pour doper la
renaissance du religieux :
« Mais la forme dite «religieuse» que prend ce radicalisme
est, elle, liée à ce que j'ai appelé jadis la «Révolution de
1975» - entendons le grand basculement intellectuel issu de la
simultanéité, sur fond de fin de la croissance, de la dernière
victoire léniniste (le Vietnam) et du succès de l'Archipel
du Goulag de Soljénitsyne, des premiers succès
néolibéraux (Thatcher, Reagan) et des premiers triomphes
néoreligieux (Jean Paul II et Khomeiny, à quelques mois
d'intervalle). Nous en sommes encore là. Plus profondément encore,
la révolution culturelle, sur le long terme, est d'essence
individualiste. Le terrorisme 2015 est très individualiste, la
réaction de la société française l'a été tout autant. Pour un
«quarante-huitard» comme moi (né en 1948, 20 ans en
1968) la différence est frappante : les «marches républicaines»
de janvier, les monuments spontanés de novembre devant les
lieux d'attentat sont des manifestations de masse
d'individualistes ».
Enfin autre explication pénétrante :
« Jusqu’au
siècle des Lumières, les grandes révolutions sont religieuses - le
christianisme, l’islam. Et les trois premières révolutions
modernes (Provinces-Unies, Royaume-Uni, Etats-Unis) puisent leur
énergie dans le protestantisme. La particularité de la France -
vieux pays catholique et étatique - est de proposer une révolution
laïque : il n’y a pas ici de place pour deux Eglises. Le
fondamentalisme nous rappelle opportunément que dans l’univers dit
«païen», il n’y a pas de séparation du religieux et du
politique : ce que les modernes appelleront «religion» n’est
jamais que la symbolisation du politique. Je postule donc, comme
Olivier Roy, l’islamisation d’un radicalisme plutôt que la
radicalisation de l’islam ».
Or, Ory ne semble pas prendre en compte que ce nouveau terrorisme
individualiste n'est pas social, en tout cas ne relève pas de la
lutte des classes. Il relève à la fois de l'irrationnel et surtout de MA démarche individualiste: je tue au nom d'Allah parce que, étant malheureux de naissance, j'ai tous les droits , même celui de tuer un français. L'individu islamiste tue de son propre chef (même
si le crime lui a été commandité), au nom d'un Allah imaginaire.
Les dieux des religions n'ont pourtant pas pour mission d'encourager
au meurtre. L'imaginaire divin est plutôt considéré comme
miséricordieux, vantant l'amour du prochain et n'exigeant pas une
déontologie du meurtre, sauf pour les interprètes fanatiques et
assoiffés de sang. L'arabe assassin n'est ni un produit de l'islam ni de sa nationalité propre, il n'est qu'un déchet d'une société capitaliste pourrissante et cynique. On ne peut pas se voiler les yeux avec la gauche
bobo, en faisant mine d'ignorer que la plupart des attentats sont
commis en Occident par des arabes, même s'il y en a d'autres, des
fanges d'extrême droite ou des services secrets d'Etat comme chez
Poutine. Même s'il y a quelques français aux longues barbes effilés c'est la preuve que notre société est incapable d'intégrer les êtres humains et produit des fauves terroristes, ce qui n'excuse en rien les crimes de masse et les égorgements impulsifs.
On
pourrait par contre constater qu'il n'y a pas une grande différence
d'appréciation du système politique bourgeois entre ouvriers
musulmans et français. Les immigrés ne peuvent pas se sentir
représentés par les divers politiciens, tels les rigolos de la
Nupes qui vont aller trouver des justifications wokistes à une
espèce de retour du bâton du colonialisme ! On peut comprendre que l'immigré ou le migrant tentent
d’échapper à tout engagement envers l’État en s’impliquant
dans des réseaux transnationaux. Leurs critiques de la
représentation et du cinéma politique du personnel bourgeois ne
peuvent être étrangères au rejet civique des institutions
élitaires par la majorité de la classe ouvrière en France.
Pour
les non-intégrés, dits islamistes radicaux, partir de la religion
en croyant lutter et dénoncer ce système d'une façon heuristique
en tuant aveuglément n'est même pas anarchiste (l'anarchiste
combattait l'injustice et l'Etat oppresseur) mais profondément
individualiste, comme la prière et l'agenouillement. Or, cette
aliénation ne nous est pas étrangère. Formellement elle est le
produit d'une société en déshérence. Pour aussi injustifiable que
soit l'attentat islamiste individualiste, il est l'aboutissement
aussi de cette simili « révolution technologique » qui,
en vérité, détruit les rapports humains, favorise la solitude qui est le principal ferment de l'envie de tuer pour exister, facteur déterminant auparavant chez le nazi de base. Comme quoi la décadence capitaliste date d'hier.
La
physiologie de l'islamisme c'est Trotski qui la définit parfaitement
dès 1933 :
« Le
fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société. Non
seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel
des villes vivent encore aujourd'hui, à côté du XX° siècle, le
X° et le XII° siècles. Des centaines de millions de gens utilisent
le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des
gestes et des incantations. Le pape à Rome prêche à la radio sur
le miracle de la transmutation de l'eau en vin. Les étoiles de
cinéma se font dire la bonne aventure. Les aviateurs qui dirigent de
merveilleuses mécaniques, créées par le génie de l'homme, portent
des amulettes sous leur combinaison. Quelles réserves inépuisables
d'obscurantisme, d'ignorance et de barbarie ! Le désespoir les a
fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau. Tout ce qu'un
développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de
l'organisme national, sous la forme d'excréments de la culture, est
maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non
digérée. Telle est la physiologie du national-socialisme ».
LA
MYSTIFICATION DES RICHES CONTRE LES PAUVRES
La définition de la
gauche aujourd'hui ne peut s'arrêter au qualificatif de bourgeois.
Elle est un marais glauque où se mêle les eaux fétides d'un
néo-stalinisme, incarné surtout par une morale féministe et sans
humour, d'un libéralisme exhibitionniste suranné et une mixture du
vieil anarchisme hippie mal digéré des années de jeunesses des
derniers vieux barbons et de leurs progénitures. On peut déjà
réfléchir au fait que la petite bourgeoisie politique a pris en
otage la bourgeoisie depuis des années, via le PS, le PCF et la
clique à Mélenchon, lui faisant perdre du temps sur le nucléaire,
ignorant la gravité dans l'Eduque Naze, temporisant concernant la
racaille islamiste, etc. (je développerai ultérieurement cette
découverte constitutive de la décadence capitaliste, grâce en
particulier à une plume de paon.
Dans l'aile minable
de cette bobocratie, les gauchistes anti-communistes ont inventé une
formule qui n'existe ni dans le Manifeste communiste de 1848 ni dans
les œuvres de Marx et Engels : « les frères de classe »,
reprise globalement par les sectes anarcho-ultra-gauches. La notion
de frères étant utilisée essentiellement dans les religions, elle
convenait aux idéalistes prêcheurs comme Weitling et aux
bouddhistes post-68. La formule convient parfaitement à l'idéologie
gauchiste devenue wokiste qui s'accommode à toutes les campagnes
idéologiques bourgeoises, tout en postulant à une critique
radicalement altermondialiste et « intersectionnelle » du
système (où les vaches sont bien gardées, les féministes
s'occupant du féminisme et les islamistes de l'islamisation du
système) ; sans doute les linéaments de la « révolution
technologique » et du refus du travail à la mode chez les cadres rassasiés, qui "refusent les travail" qui font rêver l'enchanteur Raoul Victor. La notion de
« frères et soeurs » utilisée en particulier par le NPA
pour les migrants en général et pour les électrices voilées
permet de légitimer l'islamisme bon teint comme le radical (radical
parce qu'il est armé n'est-ce pas comme les soldats du stalinisme
vietnamien). Dans la nation et au front on était « tous
frères », camarades « patriotes », terme remis à
la mode depuis quelques années par la CGT et Mélenchon,
lequel ne s'adresse plus à ses fans comme à des « camarades »
mais à « mes amis », comme n'importe quel politicien
hâbleur en campagne promotionnelle. On ne peut plus parler
sérieusement de question nationale (conçue comme libératoire ou
émancipatrice) après la longue série des fausses décolonisations
du tiers monde dans le temps, lesquelles ont empêché la création
d'un prolétariat conscient ; il n'y a plus que de nouvelles
constructions artificielles de l'impérialisme dominant (cf.
l'Ukraine et l'Ecosse) ou, toutes aussi artificielles les diverses
autonomies qui veulent devenir indépendantes (Catalogne, Ecosse,
Pétaoutchistan, etc.).
Le nouveau
chauvinisme « insoumis », qu'il se pare d'un
néo-gaullisme désuet, de la défense des pauvres contre les riches,
de Zemmour à Mélenchon, n'est que le kaléidoscope du populisme
plan-plan. Le populisme va avec cet adjectif populaire qui ne voit
que riches et pauvres, sans se soucier que tel ouvrier peut être
plus riche qu'un bourgeois ou qu'un bourgeois puisse être plus
conscient que certains ouvriers. Le populisme a en horreur les
classes. Zemmour, avant de plaider pour la France raciste des
campagnes, ne cesse de défendre les petits patrons car « il
faut payer moins d'impôts » quand Mélenchon en appelle à
« l'insurrection des pauvres » : plus creux cela ne
s'invente pas.
LE
TRAVAIL C'EST PAS LA FAINEANTISE JOUISSIVE
«
Je ne partage pas la proposition de garantie d’emploi, on va se
couper du monde ouvrier, qui travaille dur ! » Fabien Roussel
« Le
travail ne produit pas que des marchandises ; il se produit lui-même
et produit l'ouvrier en tant que marchandise, et cela dans la mesure
où il produit des marchandises en général ».
Marx (1844)
Les députés ne travaillent pas et sont trop bien payés, c'est donc assez comique de les entendre parler du travail... des autres. La remarque de
Roussel sur les assistés a fait florès. Les mêmes qui défendaient
le même raisonnement par le passé (Mélenchon et le PS) l'ont
dénoncé comme un féal de la droite, qui reprend un refrain d'extrême droite par démagogie électoraliste. Dans son programme
présidentiel, Jean-Luc Mélenchon proposait démagogiquement une
garantie d’emploi, rémunérée au SMIC par l’Etat dans les
secteurs de la transition écologique ou du social pour tout chômeur
de longue durée volontaire.... (d'où la saillie de sa collègue
Sardine Ruisseau sur un droit à la paresse irresponsable, totalement
étranger à l'humour de Lafargue). Toute une tartufferie qui accompagne et renforce la mode de mépriser le travail (surtout manuel) et qui fait ultra révolutionnaire comme s'en extasie l'enchanteur Raoul Victor.
Or, foin du
démagogue populiste Mélenchon, le capitalisme ne
veut PAS du plein emploi, et il tournerait plus vite casaque que son
idole Mitterrand en 1983 s'il parvenait par chance à obtenir une
place de premier commis d'Etat.
François
Ruffin, qui avait lui-même lancé le débat en rapportant avoir
entendu, dans sa circonscription de la Somme, des critiques sur la
gauche au sujet de l’assistanat, a néanmoins condamné les
déclarations de Fabien Roussel. « Opposer “la France qui bosse’
à ‘la France des allocs’, ce n’est pas le combat de la gauche,
ce ne sont pas mes mots », a tweeté le fondateur du journal
Fakir. Avant d’ajouter : « Les assistés sont là-haut, gavés
de milliards par Macron : c’est notre travail politique quotidien
que d’unir le bas contre le haut.
Puis
Roussel a fait une mise au point où il semble s'aligner sur les mêmes
garanties utopiques du bateleur de foire Mélenchon :
« Le
chômage tue. Les
allocations, le chômage et le capitalisme entretiennent un système
qui repose sur des revenus de substitution qui permettent de faire
pression sur le travail, les conditions de travail et les salaires ».
Il a estimé que "l'ambition"
que doit avoir la gauche pour le pays est de "garantir
à chacun de trouver sa place dans la société par
le travail, une
formation et un salaire".
Oui l'assistanat est un problème. Un problème qui révèle d'abord l'incapacité du capitalisme à développer la société, puis une méthode de charité pour limiter l'explosion du chômage, et enfin aussi un moyen de diviser et atomiser la vie ouvrière.
Oui, il y a une classe ouvrière qui travaille pour payer des allocations à ceux qui ne
travaillent pas ou qui ne veulent pas ou plus travailler, et des migrants qui
débarquent et ont besoin d'être aidés dans l'attente d'un emploi
qui ne viendra peut-être jamais. L’assistanat est un paravent et un pare-feu. Et il y a aussi la réputation d'assistanat française et de "sécurité" sociale qui attire les pauvres du tiers-monde dont les frères Fassin sont les plénipotentiaires terroristes contre "l'occidentalo-centrisme". On bat en brêche un colonialisme éternel pour faire oublier que le capitalisme pouvait tout aussi bien développer industriellement l'Afrique et qu'il ne reste plus qu'à accueillir toute la misère du monde.
Il
faut être en milieu ouvrier, sans généraliser, pour constater que
dans la misère il y a une misère plus grande encore et plus
choquante de ces assistés ; non leur pauvreté ou saleté, mais
un sentiment d'étrangeté face à des attitudes qui méprisent ceux
qui travaillent « pour rien », qui ont tous les droits
auprès des services sociaux, qui traitent comme moins que rien les
ouvriers qui viennent réparer leur logement ou livrer. (je l'ai vu
et entendu) ; où la frontière entre trafic de drogue et
larçins quotidiens est effacée quand la sécurité civile n'existe
plus. Autour de la classe ouvrière pauvre des banlieues existe un
lumpen sur lequel la gauche bobo se pince le nez et crie au racisme dès qu'on s'étonne de la concentration de certaines populations ou de la propagation d'une culture saharienne, même si le sable ne leur souffle pas dans les yeux. Faudrait-il laisser la lucidité à la seule extrême droite parce qu'il est interdit de penser par le bobo-stalinisme?
Une bonne partie de
la population reléguée dans les barres en béton est de plus en
plus constituée aussi d'immigrés récents qui ne se pensent pas
comme ouvriers, ne se sentent pas plus de gauche que de droite. Elle
n'est pas la clientèle de Mélenchon qui recrute surtout les petits
bourgeois de toutes les classes. Elle pencherait plutôt pour le vote
d'extrême droite. Enfin elle se moque de l'empathie de l'organe de
gauche qui vend des voitures haut de gamme à ses lecteurs cadres.
L'OBS a pris la défense des « allocataires » en tout
bien tout honneur car «L’assistance ne s’oppose pas au
travail », ce qui dans l'abstrait est juste. Mais les Paugam et
cie ne vivent pas dans ces banlieues. On voit l'énorme différence
avec les années 1950 et 1960 où il n'y avait personne dans les rues
quand la journée de travail occupait toutes les forces vives.
Aujourd'hui, les parkings des supermarchés restent pleins toute la
journée. Des hommes et des femmes de tout âge circulent comme si on
était en weekend. Le questionnement n'est pas seulement chez les
ouvriers mais aussi chez les cadres qui en ont marre de payer des
impôts pour tout le monde. Le journal des cadres friqués l'OBS ne
craint pas de complexifier la situation, même en celant certaines vérités :
« Le discours
sur la « gauche des
allocs » occulte par ailleurs la réalité du
marché du travail aux franges de l’assistance. La frontière entre
le travail et l’assistance est devenue poreuse du fait de la
multiplication des emplois précaires qui ne permettent pas toujours
à celles et ceux qui les exercent d’éviter la pauvreté. Depuis
le début des années 2000, plusieurs dispositifs successifs ont
contribué à brouiller cette frontière : la prime pour
l’emploi en 2001, le principe du RSA adopté en 2008
permettant de cumuler un revenu d’activité et un revenu
d’assistance, la prime d’activité en 2016… Autant de
mesures destinées, soit à venir en aide aux travailleurs pauvres,
soit à encourager les allocataires sociaux à travailler à temps
très partiel. Elles contribuent ainsi à créer une catégorie
mouvante et incertaine de salariés précaires assistés. La
circulation entre la sphère de l’assistance et celle du travail
est aujourd’hui plus complexe que ne semble l’admettre Fabien
Roussel ».
C'est bien le raisonnement très spéculatif de genre député "socialiste", on décrit une situation "complexe" pour mieux la complexifier tout en vendant les mesures d'assistance sans critiquer cette même assistance qui est foutage de gueule et défense du capitalisme défaillant. Puis l'OBS en rajoute une couche en prétendant s'appuyer sur le gentil humoriste Lafargue, lui empruntant ses citations les plus dérisoires mais ridicules volontairement: "Le prolétariat, trahissant ses instincts, méconnaissant sa mission
historique, s’est laissé pervertir par le dogme du travail. Rude et
terrible a été son châtiment". La principale revue des bobos, qui invoque au passage le pitre Benoît Hamon, ne se rend pas compte combien elle est ridicule...sans le savoir, car ce qui compte c'est faire plaisir aux bobos qui méprisent le prolétariat.
Fabien Roussel peut
bien vendre lui la vertu du travail salarié comme ses pères staliniens,
mais toute la coterie mélenchonienne enchanteresse qui vante l'assistanat
amélioré est encore plus irresponsable. En milieu ouvrier on vomit
depuis toujours les riches glandeurs, mais ce n'est pas visible au
quotidien. Ce qui est visible par contre pour « ceux d'en
bas », c'est qu'il leur semble n'être plus qu'une minorité à
travailler et qu'ils ont affaire en effet à un lumpen qui parade ou
se moque, appuyé par une intelligentsia qui n'est pas dans le besoin et veut enchanter un monde qui éclate de toute part. Les services sociaux des mairies de la gauche bobo, qui se croient supérieurs et possédants du tonneau des Danaïdes, regorgent de demandes d'assistances et dans ce domaine la concurrence fait rage, des ouvriers français qui font la queue au milieu de gens qui ne sont ni d'Auvergne ni du Poitou, sont interdits de penser qu'il y a quelque chose qui cloche au royaume du Danemark.
LE
RETOUR DES GUIGNOLS
Pourquoi
la gauche n’est-elle plus perçue comme le camp du « travail »
mais comme celui des « assistés » ? Question de journaliste cucul-la-praline; la gauche est surtout perçue comme bourgeoise et foutage de gueule. Dans son
dernier ouvrage « Je
vous écris du front de la Somme »,
le Ruffin tire son bilan de la séquence politique passée, où le
vote pour le Rassemblement national continue de progresser au cœur
des anciens bastions rouges et dans les zones « hors-métropole ».
Partant des interactions et des anecdotes recueillies lors de sa
campagne des élections législatives, le fringuant député de la
Somme partage son analyse de l’éloignement historique entre la
gauche et le travail (la formule est risible, elle peut servir à un
syllogisme : « toute la gauche n'est pas pour le travail,
or le travail n'est pas à gauche, donc la gauche ne travaille pas ».
L'ouvrage
du petit Kiki d'Amiens paraît peu ordinaire par rapport au discours bienheureux « pas de vague » de la gauche rétro, il constitue, dit
un journaliste admiratif ou un pisse-copie de la maison d'édition :
« l’esquisse d’une voie pour que la gauche renoue avec le
projet d’une émancipation collective et individuelle par le
travail et que la France retrouve un dessein commun ». Extraits
de l'oeuvre d'art de cet autre faux-cul au titre très patriotique,
mais assaisonnée de vérités pas bonnes à dire parmi la gauche
caviar et bobo, ni dans ce milieu ultra-gauche si bien nommé :
« C’est
que la mondialisation a tracé comme un fil à couper le beurre entre
vainqueurs et vaincus : tandis que le chômage stagnait chez les
CSP+, il était multiplié par quatre chez les ouvriers non
qualifiés, dont les revenus plongeaient (-5 % entre 1984 et
1994). Les ressources des ménages employés ne bougeaient pas (0 %).
Les cadres, eux, ne connaissaient pas la même austérité (+13,2 %).
Quand les professions libérales ramassaient discrètement le pactole
(+38,7 %).
Les
enseignants, les cadres, la fonction publique, les journalistes, les
parlementaires, eux ne furent guère frappés, leurs enfants ne
furent pas en première ligne. Aussi ne sont-ils pas, ou pas
forcément, les partisans acharnés d’une « mondialisation
heureuse ». Néanmoins, ils la tolèrent, ils laissent faire,
ils l’habillent de « valeurs », de
« multiculturalisme », d’ « ouverture à
l’autre », voire pointent l’esprit étriqué, xénophobe,
des prolétaires. C’est le « passivisme des éduqués »,
comme le nomme Emmanuel Todd ».
Et avec cet « inconscient inégalitaire », au fond,
jamais prononcé mais bien présent : l’ordre mondial broie
les plus fragiles ? On s’apitoie, certes, mais sans agir.
C’est de leur faute, au fond. Ils l’ont mérité. Ils n’avaient
qu’à mieux étudier, mieux se former. La gauche raisonnable, de
gouvernement, a mené une politique économique, commerciale, qui a
détruit le monde ouvrier ! Qui a laminé sa base sociale !
D’où ma bataille, et depuis un bail, pour du protectionnisme. D’où
ma lutte, au sein de la gauche, de la bonne gauche, pour qui une taxe
à 17 % sur les pneus importés de Vietnam relèveraient
quasiment du « racisme anti-asiatique », pour qui ce
serait « monter les peuples les uns contre les autres »,
etc. D’où mon combat pour que cette « folie », la
mondialisation, soit bridée, régulée, entravée ».
Chimère
l'assistanat ?
« Au
porte-à-porte, sans cesse, nous sommes renvoyés à cette
« injustice »-là, au voisin qui ne fait rien, au jeune
qui ne se lève pas, aux « cassos » qui ne se lavent pas.
Ces supposés profiteurs du système. Et nos bons citoyens qui paient
pour tout ça, pour ces paresseux, suggèrent, à leur tour, de « se
mettre au chômage », « de ne plus rien glander »,
« puisque c’est comme ça ». C’est un écœurement
puissant, quotidien, que suscitent ces « profiteurs du
système ». Opposer « la France qui bosse » à « la
France des allocs », ce n’est pas le combat de la gauche, ce
ne sont pas mes mots. Les assistés sont là-haut, gavés de
milliards par Macron : c’est notre travail politique quotidien que
d'unir le bas contre le haut ».
Ce n'est pas son
combat mais c'est une réalité non pas de simple division de classe
mais d'un prolétariat entouré de couches de lumpen et de petits
bourgeois en guenille, désaxés et violents qui permettent à l'Etat
de faire croire que le salut ne réside que dans une plus grande
présence de la police !
Si les rigolos de la
Nupes avaient lu Marx, ils sauraient que ce sont les producteurs qui
assurent le nécessaire à la société et dont la plus-value du
travail est confisquée par les dominants, à savoir aujourd'hui la
finance. Cette finance distribue un peu de cette plus value au peuple
non productif pour éviter les troubles. Les producteurs, paysans
ouvriers, travailleurs du tiers monde valent mieux que les assistés.
Les
managers eux-mêmes tombent malades du travail, priés de se donner
corps et âme à leur organisation, de ne jamais se laisser aller, et
de « performer » sans cesse, tels des Sisyphe des temps
modernes. Les statistiques produites récemment par la Dares sur les
conditions de travail confirment le diagnostic partagé par tous ceux
qui connaissent le travail et ses souffrances. Les travaux de
Christophe Dejours ont, notamment, montré la souffrance de ceux qui
ont à faire souffrir les autres, de toutes celles et de tous ceux
qui souffrent de leur impuissance dans un système qui s'emballe
(Souffrance en France est disponible en poche, dans la
collection « Points » du Seuil, depuis 2014).
Dépressions, burn-out et autres pathologies sont en train de se
développer dans les organisations du travail. Ces dernières en ont
pris conscience et montent des cellules de prévention des risques
psychosociaux pour faire entrer la souffrance humaine dans un calcul
économique et lutter contre l'absentéisme qui coûte cher. Sans
oublier que ceux qui continuent à venir au travail vouent aux
gémonies ces charmants collègues adeptes de droit à la parsse
bobo, et champions de l'assistanat, une race d'assistés qui se fiche
de toute solidarité au nom du dégoût du travail et du
capitalisme...
Marx a été le
premier à souligner l'aliénation du travail (sous sa forme DANS le
capitalisme) mais il a toujours défendu le travail comme constitutif
de l'espèce humaine et réalisation de soi.(tu bouffes comment
connard si plus personne ne produit?). Lafargue est bien gentil de
s'être appuyé sur la nécessaire diminution du temps de travail,
mais ce n'est pas un hasard si Marx le considérait comme un brave
anarchiste. Le problème n'est pas le travail mais l'exploitation du travail.
Les bobos s'approprient le gentil Lafargue, libérés
dans leur jouissance de bosser « à la maison » pendant
le covid ; ils ne font qu'exalter l'absence de lien social que
représente pourtant le travail informatique dans sa cuisine sous la
bénédiction de la « révolution informatique ».
NOTES