"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 4 juin 2022

LA FABLE DE LA parité RACIALE DANS LES ELECTIONS BOURGEOISES


le doigt de vote

Il y a un culot banalement électoraliste dans la bande populiste à Mélenchon, qui est de prétendre rompre avec les trucs électoralistes dans lesquels s'est fourvoyée « la gauche de gouvernement », surtout quand leur dictateur, mitterrandolâtre, s'intronise Premier ministre, et quand de plus on vient de voir les trucs mis en place par la nouvelle NUPES, bâtard d'une présumée nouvelle réunion de la gauche. Ce sont les mêmes trucs électoralistes des soumis à l'idéologie bourgeoise dite démocratique : candidats bombardés dans des circonscriptions réservées et gagnables à coup sûr dans un marchandage camembert de toutes ces cliques de la petite bourgeoisie. LFI, peu implanté localement est un as du parachutage (cf. le parachuté Mélenchon à Marseille avec pour argument « je suis partout chez moi, la France est ma patrie »).
Des candidats, qui ne sont pas des locaux, sont sponsorisés par la machinerie de leur parti leur octroyant la meilleure circonscription pour se faire élire ou réélire : c’est ce qu’on appelle le parachutage. Cette méthode politique est ancienne, courante et n'a pas été inventée par LFI1. On pourrait se gausser aussi ici de la proportionnelle où un député plouc de Corrèze peut être élu par 300 électeurs quand il en faut 8000 en région parisienne... Sans s'étendre eux non plus sur leurs sources de financement pour la tricherie électorale érigée en vertu du système.

Le fonctionnement de LFI, qu'on feint d'ignorer chez l'électorat bobo-maso, est strictement hiérarchisé pour un dictateur du genre poutinien et la masse des adhérents ne fait que de la figuration2.

Néanmoins le cirque à Mélenchon est d'une utilité incontestable pour la bourgeoisie. De même que les syndicats sont devenus depuis les deux guerres mondiales des fonctionnaires chargés d'encadrer la classe ouvrière, comme les soi-disant partis socialistes et communistes devenus simples croupions du système dominant, de même il a fallu prendre en compte une nouvelle immigration ou descendance d'immigration nord-africaine, pour encadrer une population qui depuis des décennies ne se retrouvait pas dans l'offre politique bourgeoise. Avec le vide politique, en particulier après les émeutes de 2005, le terrain risquait de rester offert à l'islamisme sans frontières, cet internationalisme de bigots. La résurgence du religieux était inévitable face à l'absence d'intégration sociale des derniers arrivés et des plus démunis, d'autant plus qu'il avait été décrété que la classe ouvrière n'existait plus ; et quand on décrète en quelque sorte que les classes n'existent plus, il ne reste que nos yeux pour pleurer, c'est à dire la religion. Il fallait donc draguer une religion particulière, devenue assez envahissante dans l'espace public français. Avec l'islamo-gauchisme c'est fait. La bourgeoisie peut remercier Mélenchon à un double titre. D'abord il mène une campagne visant surtout à faire croire que les institutions bourgeoises vermoules pourraient être « révolutionnées » de l'intérieur par une plus grande place réservée à des députés dits insoumis alors qu'ils soumis à leur dictateur grande gueule, mais creux comme l'arabo-trotskien Anasse Kazib3. Et ensuite, et c'est le plus fondamental du rôle qui lui est attribué, car il n'a aucune chance de jamais parvenir au pouvoir vu l'inanité de son programme et de sa 6ème République, il a pour charge d'encadrer la diversité (en lui promettant la lune) : celle des banlieues « à risque d'émeutes », les populations régies par la croyance musulmane, éventuellement les immigrés, mais pas trop. C'est un fait au surplus que les populations musulmanes sont particulièrement sollicitées pour se rendre aux urnes avec la promesse d'un citoyenneté « égalitaire et antiraciste » supprimerait exclusion et racisme (idéologie prétendue supprimée par le simple effacement du terme dans la constitution.4 Comme Macron Melenchon joue sur cette vieille rengaine de l'extrême droite monarchiste des années 30 – ni droite ni gauche - (qui servait alors à renforcer par contre droite et gauche bourgeoises dans la montée à la guerre) pour tenter de récupérer ces millions de prolétaires qui vouent aux gémonies des deux versions de l'exploitation capitaliste. Mais là où Mélenchon est d'avance perdant, pour la bourgeoisie, comme pour la classe ouvrière, c'est sa blague de « retour à la nation » ; c'est impossible de sauver telle ou telle nation ou même notre classe dans un cadre national. L'Europe avait été inventée justement après pour faire croire à une vraie disparition des frontières... Le retour en arrière... c'est la guerre en Ukraine ! Enfin, en voulant faire passer l'expansion islamique communautariste et vestimentaire pour normale il dessert de façon populiste la conscience de classe qui demeure avant tout laïque.  Sa tolérance électoraliste concernant le voile obligatoire pour les femmes sert cette idéologie rétrograde et ainsi il est à la remorque du féminisme bourgeois nunuche qui se réjouit de ce tissu imposé aux femmes du Maghreb car au fond c'est conforme à cette idéologie de faire croire que la femme est toujours victime mais que les arriérés qui la tiennent masquées sont ses protecteurs. NB: les bourgeoises féministes par contre n'aiment jamais tant  s'exhiber avec des décolletés en soie et sans culottes.

Le système libéral qui se prétend démocratique ne peut déroger aux règles d'un Etat moderne, aucune frange de la population ne peut rester hors de contrôle. Bien sûr que ce rôle d'encadreur démagogique du populiste (il se réclame du terme lui ancien trotskien) lui permet d'étaler les plus grosses bêtises de la multiculturalité et de la « créolisation », concept qu'il a repiqué à Patrick Karam.

Mais l'investissement le plus important de cette clique politique mélenchonienne est soumise aux mêmes règles démagogiques que celles des autres partis bourgeoise, de la droite surtout paradoxalement : la parité raciale au plan électoral. Après les fables de la parité féminine dans les institutions bourgeoises voici celles concernant ce qui est pudiquement dénommé « diversité ». Je dois être le premier et le seul dans le courant maximaliste à aborder de front cette fable. Les mini-groupes marxistes, dits jadis ultra-gauches, font comme les gauchistes l'impasse sur la question, se contentant de la noyer sous un antiracisme supposé intrinsèque à un internationalisme sans tâche de la part de la classe ouvrière. Or, de même que l'antiracisme n'est pas un critère internationaliste, la défense d'une représentation politique basée sur une mixité raciale est une fadaise, une hérésie qui se moque de l'internationalisme comme d'un approche rationnelle de la vraie lutte des classes.

TOUS LES PARTIS POLITIQUES EN QUETE DU VOTE RACIAL

En France jusque là, l’expression publique d’identités religieuses, ethniques ou raciales par des responsables politiques était perçue comme une contradiction flagrante avec la neutralité républicaine immémoriale. Le succès de cette nouvelle version d'un vote prétendu vraiment universaliste est fondé en grande partie sur la croyance qu’en favorisant la « diversité » des candidats, on représenterait mieux la société française « multiraciale » désormais quand il s'agit au fond surtout de faire baisser l'abstention contre la mystification électorale bourgeoise.

Pourquoi la nécessité de promouvoir des élus de la « diversité » apparaît-elle aujourd’hui comme un évidence pour les partis politiques français ? S’agit-il de conquérir l’électorat que ces élus sont censés représenter ? Et quel électorat représentent-ils ? Leur « communauté » supposée ? Les «minorités » ? Les « quartiers » ? À l’inverse, si ces élus, comme ils le réclament le plus souvent, sont des élus comme les autres qui n’ont pas vocation à représenter un segment précis de l’électorat, il doit exister d’autres registres de légitimation pour justifier la promotion de la « diversité » partisane. S’agirait-il plutôt de défendre l’égalité d’accès aux fonctions, c’est-à-dire la non-discrimination politique ?

Il s’agira d’examiner le sens qu’elle recouvre pour ses récipiendaires, les usages qui en sont fait par les partis bourgeois et les médias. À l’image de la sous-représentation des femmes parmi les élus, qui était aussi une question qui ridiculisait aussi le parlementarisme bourgeois, la sous-représentation des minorités visibles est désormais un autre effort pervers pour tenter de redonner vie à la mystification parlementaire5. De plus en plus de voix communautaristes avec les racoleurs électoraux de la droite de de la gauche se sont élevés pour dénoncer une classe politique composée très majoritairement d’hommes, de cinquantenaires, et presque exclusivement de Blancs6.

La piétaille militante a réussi a imposer un consensus, qui expliquerait principalement l'abstention, comme non dûe à la perte de crédibilité de la gauche comme de la droite qui assument à tour de rôle l'exploitation capitalise: la « diversité » de la société française ne se retrouve pas parmi ses représentants et cela contribue à la défiance des prolétaires envers la politique et les élus. En revanche aucune mention de l'homogénéité sociale des élus, même une fois « mixtes », l'absence de ressemblance sociale entre élus et électeurs ! J'y reviendrai.

Avec cette « diversité », le critère sélectif est plus que flou puisque le terme est constamment employé sans que son contenu ne soit jamais défini : de quoi s’agit-il exactement ? D’origine ? Dans ce cas, il faudrait davantage d’élus « issus de l’immigration » (mais laquelle ?). De couleur ? Dans ce cas il faudrait plus d’élus minorités visibles. De religion ? Dans ce cas, il faudrait des élus « musulmans » (comme le « préfet musulman » nommé en 2004 par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur). De culture ? Bref, quelle est la « diversité » de la société française qu’il faut davantage représenter ? Quelle est la nature de la ressemblance au fondement de ce lien de représentation ?

Dans le cas français, en effet, la volonté de promouvoir la « diversité » en politique ne va pas de pair avec une valorisation du multiculturalisme (comme aux États-Unis et surtout au Canada), bien au contraire. Il suffit de voir le profil des élus de la « diversité » mis en avant par les partis majoritaires pour comprendre qu’ils ne sont pas choisis en fonction de particularités culturelles propres qui leur permettraient de parler à leurs supposées « communautés ». Ainsi, les conseillers municipaux parisiens de la « diversité » élus en 2008 ne sont pas des représentants d’associations communautaires réunissant des personnes de la même origine (comme par exemple, les Tunisiens de France), de la même religion (notamment dans des associations islamiques) ou de la même culture alors que ces associations sont nombreuses à Paris.

Dans la présentation corporelle de ces élus de « la diversité », aucun signe de particularité n’apparaît (pas de nattes africaines, mais des cheveux lissés). Dans leur prise de parole, pas un seul mot d’une langue autre que le français n’est prononcé, comme cela est le cas pour les élus latinos aux États-Unis pouvant s’exprimer en espagnol pour s’adresser à leur « communauté ». On court toujours derrière América !

Aucun signe d’appartenance religieuse n’est exposé : clairement, les élues de la « diversité » ne sont pas des filles voilées (on se rappelle ,le scandale provoqué, lors de la campagne pour les élections régionales de 2010, par la présence d’une « candidate voilée », Ilhem Moussaid, sur la liste du NPA multitrotskien dans le Vaucluse). Bien au contraire, elles se disent souvent attachées à la laïcité à la française. L’élu idéal-typique de la « diversité » est une femme (elles sont bien plus nombreuses que les hommes), souvent d’origine maghrébine (moins souvent noire, jamais asiatique), souvent d’origine populaire mais à la trajectoire ascendante, diplômée, plutôt jeune et souvent jolie, « moderne » et « laïque ».

Des différences notables existent néanmoins entre la gauche et la droite. L’UMP semble en effet plus encline que la gauche à penser le monde social en termes communautaires. Lors de la campagne pour les élections régionales de mars 2010, ce parti a fait le choix de s’adresser explicitement aux « communautés ». C’est ainsi que Patrick Karam, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer et numéro deux sur la liste de Valérie Pécresse à Paris, a organisé une campagne entièrement axée sur les « communautés ». Il a monté des « comités de soutien » regroupant les électeurs en fonction de leur origine (« les Réunionnais », « les Français d’origine arménienne », « les Français d’origine maghrébine », « les Français d’origine serbe », « les Français d’origine libanaise », « les Français d’origine indienne », « les Français d’origine africaine », « les Mahorais », « les Français d’origine haïtienne », « les Antillo-guyanais »), mais aussi de leur statut de minorité (« les LGBT », « les personnes handicapées ») 7

Chaque comité avait un responsable qui est un insider : un handicapé, un Guyanais, une lesbienne, un maghrébin, etc. Ce responsable parlait à sa « communauté » en expliquant pourquoi, en tant que membre de ce groupe (en tant que réunionnais ou en tant que maghrébin), il fallait choisir Valérie Pécresse. En même temps, il formulait, à l’attention de la candidate, les besoins de sa « communauté », y compris d’ordre cultuel. Patrick Karma a été le maître à penser de Mélenchon avec son projet de créolis&tion de la politique et de la société française. Un Malek Boutih (qui n’a de cesse de condamner le « communautarisme », « l’islamisation » et est opposé à la double nationalité) incarne à la perfection l’idéal-type du minoritaire totalement affranchi de son origine que promeut le PS.

Si les élus de la « diversité » sont donc, aux yeux des partis qui les soutiennent, des Français racialisés, seraient-ils considérés comme étant plus aptes à conquérir un électorat minorité visible ? Les partis politiques considèrent-ils les électeurs racialisés comme plus propices à voter pour des candidats de la « diversité » même quand ils ne sont pas de la même « communauté » ou origine ? Bref, se disent-ils qu’un électeur magrébin voterait davantage pour un candidat noir que pour un candidat blanc parce qu’il partage avec le premier un statut de minoritaire ?

Un calcul électoral de ce type n’est bien évidemment pas ouvertement affiché par les partis majoritaires. Plusieurs éléments semble pourtant indiquer que cette croyance structure les stratégies partisanes de la « diversité ». Les candidats de la « diversité » sont en effet clairement concentrés dans des circonscriptions particulièrement diverses. Lors des élections municipales de 2008 à Paris, les arrondissements de l’est parisien (notamment les 10e, 11e, 18e, 19e et 20e), où les minorités visibles sont les plus nombreuses, avaient des listes bien plus diverses tant pour la droite que pour la gauche que celles de l’ouest parisien . Ce partage des tâches de représentation correspond pourtant à une même division sociale, les exemples de minoritaires « émancipés » n'occupent pratiquement pas de professions subalternes ni ne sont ouvriers.

Autre preuve de cette logique : lesdits « parachutages ethniques », à savoir le fait d’investir des candidats « divers » dans une circonscription « diverse » sans que ceux-ci soient implantés localement, comme si leur seul statut de minorité visible suffisait à en faire de bons candidats pour ce territoire. Et, à l’inverse, le fait de considérer que des candidats de la « diversité » ne sont pas adaptés à des circonscriptions « blanches ». Ainsi, Fadila Mehal se rappelle que, en tant que candidate du Modem aux élections législatives de 2007 dans le 19e arrondissement de Paris, on lui avait dit : « Vous allez retrouver votre électorat », ce qu’elle a vécu comme « une assignation identitaire ». De même, lors de la composition des listes pour les élections régionales de 2010, des représentants de l’UMP ne comprenaient pas pourquoi la secrétaire d’État Rama Yade, élue au conseil municipal de Colombes, s’entêtait à vouloir rester dans les Hauts-de-Seine, alors que le parti l’aurait plutôt vue dans le Val-d’Oise : « Rama Yade dans le Val-d’Oise sera bien plus « couleur locale » que dans les Hauts-de-Seine ».

Le refus d’une assignation raciale, très fortement exprimé par les minorités visibles du PS, est davantage ressenti par les candidats d’origine maghrébine que par leurs colistiers noirs. Ces derniers font plus facilement le lien entre la discrimination raciale qu’ils subissent du fait de la couleur de leur peau et la promotion de la « diversité » en politique et s’autodésignent souvent comme Noirs. En revanche, les candidats maghrébins, s’ils peuvent mettre en avant l’histoire migratoire de leurs parents, ressentent le plus souvent comme une imposition la « case » diversité et ne se désignent jamais ni comme Maghrébins ni comme Arabes. L’histoire migratoire des parents est d’ailleurs souvent une façon de parler d’une origine sociale modeste, de mettre en avant un attachement aux milieux et aux quartiers populaires où ces élus, tous en forte ascension sociale, ne vivent plus. Ils font ainsi de ce qui constitue normalement un handicap pour une carrière politique (un nom à consonance étrangère ou le fait d’avoir la peau noire) un atout pleinement assumé pour mener une carrière, tout en refusant une image carriériste d’eux-mêmes en présentant leur ambition personnelle comme une avancée pour la « cause » de la promotion de la « diversité » en France. Même à LFI il y a une certaine lucidité sur le sujet8.

LA QUESTION RACIALE STADE SUPREME DE LA QUESTION SOCIALE ?

On peut citer la prise de conscience des partis qui réalisent désormais que les Français racialisés constituent un important potentiel électoral ; les tentatives de la droite pour capter un électorat racialisé supposé déçu par la gauche qui auraient incité le PS à plus de volontarisme ; les débats sur le manque de représentativité des élus induits par la parité ; les réflexions engendrées à gauche par le catastrophique résultat des élections présidentielles de 2002 ; les émeutes de 2005 qui ont bruyamment rappelé l’existence de ces électeurs des « quartiers » ; le vote fortement anti-Sarkozy lors des élections présidentielles de 2007…

Le discours alarmiste sur la gauche qui aurait « perdu les classes populaires » (sous entendu blanches) est ainsi renversé par les « divers » du PS. Ces derniers préviennent leur parti d’un autre risque : les classes populaires racialisées, jusqu’à alors fidèles, pourraient s’éloigner, ou massivement s’abstenir, si elles ne reçoivent pas des signaux explicites, dont un effort plus important en matière de « diversité » des listes.

Les classes populaires sont ainsi racialisées pour mieux dissoudre la notion de classe et la question raciale devient indissociable comme stade ultime de la question sociale. Les minoritaires du PS refusent en effet d’isoler la variable raciale (comme le fait à l’UMP le Cercle de la diversité républicaine). Mal à l’aise dans le maniement du registre racial ils préfèrent employer des catégories comme « quartiers », banlieue ou milieux populaires (au lieu de parler de minorités visibles ou surtout de cette vieillerie « la classe ouvrière »), ce qui leur permet de parler de la race sans la nommer.

Pourtant, les élus de la « diversité » ne se sentent nullement ni « banlieues » ni « classe ouvrière », ils sont socialement franchement décalés par rapport aux électeurs des milieux dits populaires (pourtant majoritairement membres de la classe ouvrière) qu’ils sont censés représenter. Ceci est bien entendu vrai à Paris où les élus de la « diversité » des quartiers populaires sont, comme les autres, sursélectionnés socialement. Souvent, ils n’habitent même plus dans un quartier populaire. Si les élus de la « diversité » parisiens soulignent souvent dans leur présentation une origine modeste, le fait qu’ils sont issus de familles nombreuses, le travail ouvrier du père, tout dans leur langage et leur hexis corporelle les apparente davantage aux élites ou aux classes moyennes diplômées qu’ils ont intégrées qu’aux quartiers populaires (ou de la classe ouvrière dont ils proviennent certainement) .

Sélectionnant des « divers » plutôt diplômés, en ascension sociale et n’investissant pas l’espace de sociabilité des « quartiers », le PS et maintenant LFI promeuvent des élus éloignés socialement des habitants des « cités » distance que la racialisation de ces candidats ne peut, seule, résorber. Les élus de la « diversité » sont rarement des élus de la diversité sociale, ce qui n’est pas étonnant dans une conjoncture marquée par une très forte professionnalisation politique et ce, même au niveau local9 S’ils sont plus souvent issus des « quartiers » et des classes populaires que les autres, les élus de la « diversité » sont pour la plupart diplômés, ont intégré les classes moyennes ou supérieures et souvent quitté les « quartiers » de leur enfance. La « diversité » que ces élus incarnent est clairement davantage raciale que sociale, même s’il ne faut pas sous-estimer la différence existant entre des élus de la « diversité » ayant souvent connu une enfance populaire et des élus blancs qui, très souvent (à Paris en tout cas), sont issus de familles de classes moyennes, voire supérieures.

Lors des dernières élections législatives, on comptait 15 élus de couleur parmi les 22 députés et désignés dans les collectivités d'Outre-mer et une seule sur les 555 députés de la métropole. Il s'agissait de l'Antillaise George Pau-Langevin, aujourd'hui ministre déléguée chargée de la réussite éducative.  Un nombre record de candidats issus de la diversité s'étaient pourtant présentés à ce scrutin de 2007, mais une poignée d'entre eux étaient en position éligible10La diversité est pourtant quasiment invisible à l’Assemblée nationale. Même si les partis traditionnels laissent peu de place aux candidats « issus de l’immigration », ces derniers sont de plus en plus nombreux à se présenter à des mandats électoraux et n’hésitent pas à se présenter sans étiquette, l'idéologie républicaine marche à fond pour ces petits bourgeois arrivistes, et aussi avec le prétexte du « renouvellement » pourtant dans le même cadre bourgeois11.

Un certain M.Ferrat estime par ailleurs qu’aucune place n’est accordée au candidat issu de la diversité au sein du PS. « La mentalité des personnes issues de l’immigration que je côtoyais et qui sont restées au parti est de penser que l’on doit encore avoir un blanc comme leader. » « Moi, je pense qu’il faut arrêter de se dire que c’est pas pour nous. Cette époque est révolue ! Si on ne s’occupe pas de la politique, la politique s’occupe de nous car les lois touchent tout le monde », conclut le candidat. On a encore en France un problème de représentation des personnes issues de l’immigration dans la politique », ajoute-t-elle. Mme Bencharif remarque par ailleurs que ces personnes représentées en politique sont souvent des femmes, « à croire que l’on accole aux hommes issues de l’immigration l’image de délinquants ou de barbus », déplore-t-elle. Pour autant, elle ne se considère pas comme « une élue de la diversité » car elle n'aime pas ce terme et se dit contre l’instauration de « quotas ». Contre une « diversité de façade », M. Kanouté veut une « diversité réelle » mais pas question de tomber dans l’extrême avec l’idée d’un « tout sauf le citoyen blanc ». Le militant associatif défend avant tout l’idée d’une « diversité d’opinion et d’idéologie». « C’est vrai que les politiques n’ont pas volonté à mettre en avant les différents citoyens quels que soient leurs origines, leur religion ou leur milieu social mais nous nous ne sommes pas comme cela. Nous avançons simplement avec des personnes qui ont les mêmes valeurs. Et cela concerne aussi le citoyen blanc », ajoute-t-il12.

Le parti Égalité et Justice (PEJ) présente 68 candidats « issus de la diversité », officiellement pour redonner la parole à des « citoyens rejetés, oubliés, délaissés par les partis politiques ordinaires ». Hélas, les faits suffisent ici à contredire les intentions. Le PEJ est en réalité un parti communautariste qui promeut des candidats d'origine turque proches de l'AKP et farouches défenseurs du président turc islamo-conservateur Erdogan. Objectif : capter les voix des musulmans et renforcer le soft power de la Turquie en France et en Europe. Jusqu'ici, seuls la Licra et le Parti communiste français se sont émus de la présence de ce parti « qui compte en son sein des islamistes et des fascistes issus de la sinistre organisation des Loups gris »...

LA FAUSSE EMANCIPATION DU DROIT DE VOTE AUX IMMIGRES

Loin de ce révisionnisme racialiste honteux, il faut rappeler que le premier souci du vote pour les travailleurs immigrés et les étrangers en général a été posé par le mouvement ouvrier, pendant la Commune de Paris. La bourgeoisie ne le tolérera d'abord que sur le plan syndical au début du XXème siècle. C'est l'exigence économique qui précède le droit politique. Dans les années 1880, déjà, Paul Leroy-Beaulieu, un célèbre économiste libéral, écrivait que la France était comme l'Argentine : un pays qui ne pourrait pas se développer sans une immigration massive. Le million d'étrangers est atteint en 1881 ; ils sont 2,7 millions en 1931, et entre 3,5 et 4 millions aujourd'hui. Les Belges sont les plus nombreux jusqu'en 1901, puis les Italiens resteront en tête jusqu'en 1968, date à laquelle les Espagnols les devancent. On peut donner ces estimations, mais sans oublier que faire des statistiques, c'est travailler sur les personnes enregistrées. Or il y a toujours eu des « sans papiers », des « clandestins »13. Donc, les étrangers se sont progressivement vu reconnaître le droit de vote aux « élections non politiques ». Mais, alors que certains pays de l’UE ont accordé aux étrangers le droit de vote aux élections locales, en France, les immigrés non européens qui n’ont pas la nationalité française restent encore exclus du droit de vote aux élections politiques, ce n'est pas normal mais ce n'est pas grave vu ce à quoi aboutissent les élections bourgeoises toujours contre le prolétariat indifférencié. Ce droit de vote, mais seulement aux élections locales avait été promis, sans tenir parole, par les deux clowns Mitterrand et Hollande. L'Europe a créé cette fadaise de « citoyenneté européenne », et la gauche c'est pas mieux avec une « citoyenneté sociale ».

La question du vrai processus décisionnaire pour diriger la société, du réel vote de classe est étrangère à tous ces salmigondis racialistes et multiculturalistes. Le « vote libéré » est aussi incrédible que la « jeunesse révolutionnaire ». Pour l'heure le vote dit républicain reste la principale arnaque bourgeoise, et la jeunesse n'est pas plus révolutionnaire en soi que ma grand-mère. Le réel vote du prolétariat et la conscience de la jeunesse ne se réveillent et ne se révèlent qu'en période révolutionnaire dans la guerre des classes et pas des communautés ni des religions ni des querelles de bistrot wokiste.



Les divers cités des caves


NOTES

3Si le programme mélenchonien est un mélange de nationalisme économique et de promesses intenables, celui d'Anasse Kazib, qui n'a pu supplanter Poutou, du fait de sa dose grave d'islamo-gauchisme, est encore plus ridicule, dérisoire compil des fantasmes raciaux et pauvrement utopiques du gauchisme marié à la mode islamique. Syndicrate chez Sud Rail, Anasse Kazib se fait connaître en 2018 lors du mouvement social contre l’ouverture à la concurrence. Celui qui qualifie ses idées de « révolutionnaires » donne de la voix sur les piquets de grève et enchaîne les plateaux télévisés pour défendre les cheminots. Ses bons mots s’invitent un temps dans l'émission « Les Grandes Gueules » sur RMC. L’aiguilleur soutient les gilets jaunes avant de se joindre à la grève contre la réforme des retraites. Mais cela est sa couverture « sociale », le fonds politique est carrément débile (cf. son programme).

https://www.marianne.net/politique/gauche/presidentielle-2022-anasse-kazib-candidat-marxiste-et-adoube-par-les-decoloniaux

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/la-proximite-historique-entre-les-mouvances-islamistes-et-decoloniales-depasse-le-cadre-universitaire-20210419

https://www.revolutionpermanente.fr/Anasse-Kazib-2022-decouvrez-le-programme-de-la-campagne

4Ce fut en vérité une blague à la F.Hollande. Le 12 juillet 2018, l’Assemblée nationale a voté la suppression du mot race de la Constitution. Elle a considéré que l’espèce humaine est une et que ce terme est chargé d’un passé colonial et esclavagiste . Or c'est une connerie du révisionnisme des tutti quanti du gouvernement et de noria de gauche caviar et du gauchisme. Bien sûr que, morphologiquement on est obligé de définir des races diverses même si circule en nous le même sang. Les déblatérations dites scientifiques des bobos ne tiennent pas la route. Je préfère dire avec Bordiga qu'il y a une « espèce humaine » que se fiche des races.

5Les pires associations communautaristes comme le CRAN confirment leur rôle de contrefort de la mystification électorale, ce qui explique leur bon accueil dans les médias et leur ominprésence.

8"Parmi tous ces nouveaux députés de la "diversité", il y a très peu d'ouvriers ou de personnes issues de la classe moyenne", regrette-elle. "J'aurais préféré une diversité sociale. La plupart sont des CSP+ ", dénonce la candidate de la France insoumise Leila Chahid.

11Leila Chaibi avait déclaré qu'elle était "bien entendu satisfaite que le parlement risque de ressembler davantage à notre pays". "Ça fait d'autant plus plaisir de voir tous ces dinosaures politiques du vieux monde renvoyés aux oubliettes de l'histoire".

samedi 28 mai 2022

Mourir pour Kiev et le Capital ?


La guerre en Ukraine continue de faire rage avec au moins 300 morts par jour. On parle de dizaines de milliers de morts dans les deux camps, chaque camp attribuant bien sûr le plus grand nombre de morts au camp rival. Saura-t-on un jour le nombre de milliers de civils massacrés. Partout il y a un nombre considérable de blessés, amputés, aveugles, mourants. L'horreur nous est si proche que les médias l'ont chosifiée en feuilleton inséré entre les publicités télévisuelles. Rien n'est véritablement dénoncé ni approfondi. Jusque là nos généraux d'opérettes devenus conseillés des journalistes en experts de terrain nous décrivaient avancées, reculs, stratagèmes militaires, diabolisme du méchant Poutine.L'horreur en devenait, en devient (provisoirement) aussi proche qu'un jeu électronique.


En Occident, en un lointain passé on manifestait souvent par exemple contre la guerre d'Algérie (non loin de son épilogue), contre la guerre du Vietnam, puis les guerres se déroulant surtout en Afrique ou au Moyen Orient, on s'en désintéressa. La raison de ce désintéressement en fût principalement l'atonie du prolétariat après les éclairs de sa lutte de classe à la fin des sixties, la crise économique n'étant pas si grave qu'elle ait pu, dans les pays occidentaux, ni déboucher sur une guerre ni sur une révolution. On oublia chez la plupart de nos révolutionnaires amateurs que les deux générations d'ouvriers précédents avaient subi à la fois 1914 et 1940, mais aussi les guerres coloniales. Je me rappelle, lorsque j'ai commencé à travailler, il y a 50 ans, que je cotoyais des prolétaires qui avaient été engagés dans la seconde boucherie mondiale et une majorité en Algérie. L'idée de révolution les faisait également rire, voire pitié. Les générations d'après guerre sont en général marqués dans leur chair et leur esprit pas l'atrocité de la guerre. Ils étaient assez violents avec moi si j'essayais, non pas de les culpabiliser, mais de les engager dans une réflexion sur l'inanité de leur participation. Le tentative de révolution en Allemagne en 1918, fût aussi plus une révolte de soldats qu'une marche pour imiter la révolution en Russie. En gros, comme je l'ai démontré souvent, la guerre ne favorise pas la révolution.

La bourgeoisie en France, son aile dit « progressiste » (ou qui se croit telle), dite antiraciste, défenseuse des bigotes musulmanes, prometteuse de lendemains hexagonaux qui chantent, se fiche complètement du massacre tout à la compétition électorale ridicule. C'est une irresponsabilité qu'il ne faudra jamais oublier. Pourquoi ? Evidemment que le roi des bobos et les cliques écolos et musulmaniaques ne représentent pas la classe ouvrière sans patrie et sans distinction de races. Leur dissolution idéologique de la classe ouvrière avec leurs théories fémino-antiraciste-islamophiles, correspond au besoin pour la bourgeoisie française d'encadrer les communautarismes et de prétendre à leur intégration à la « nation » par une fumeuse « reparlementarisation » ; tare qui est méprisée désormais par le prolétariat qui, généralement, soit s'abstient, soit vote pour des candidats protestataires qui irritent le système, dans volonté d'encadrement communautariste et racialiste, plus qu'ils ne donnent véritablement les moyens pour le mettre en cause et le renverser.

Certes si le prolétariat n'était pas atone en France et ailleurs, ces cliques contestataires de la bourgeoisie animeraient au premier plan une large protestation contre la guerre, comme on le vit, faiblement contre la colonisation française, mais mondialement contre la guerre du Vietnam, protestation non révolutionnaire car une bonne partie des pacifistes et des trotskiens choisissaient le camp de « socialisme dégénéré ». Tant pis pour les anarchistes et les conseillistes qui me liront avec effroi, le prolétariat a besoin d'une tête pensante, d'un ou de partis marxistes, non dirigistes, mais donnant des indications à la fois pour conjurer la passivité et pour fournir une perspective radicale et crédible.

J'en viens à une donnée incontestable, absolument soustraite comme alternative, comme questionnement à l'acharnement sur « l'ignoble Poutine » conçu comme un malade mental ou un fou furieux1. Or Poutine est plus intelligent que tous les journalistes français et autres pitres agrégés pontifiant dans les émissions pipoles des sœurs bluffeuses BFM et Cnews. Derrière la guerre la question sociale est primordiale. Sans la prendre en compte chefs d'Etat et généraux sanguinaires iraient à la catastrophe sociale et politique.

La myopie volontaire des médias

Toute l'explication de l'entrée en guerre reste attribuée à la barbarie de Poutine. On laisse sans la table les manœuvres souterraines américaines depuis trente années, et la croyance que l'effondrement de l'URSS n'impliquerait aucune volonté de revanche de la part de la bourgeoisie russe ; on notera alacrité que jamais ne sont employés les termes de bourgeoisie russe, il n'y en a que pour les « oligarques » comme si quelque part la Russie poutinienne restait stalinienne voire léninienne du fait d'une encore grande domination du fonctionnariat d'Etat. De même on ne parle jamais de classe ouvrière en Russie, mais d'une population « terrorisée » et mystifiée par la dénonciation des « nazis ukrainiens ».

Or c'est d'abord oublier que l'impossible blitzkrieg2 (que Poutine attribue maintenant à l'Occident avec son langage orwellien) n'implique pas les centaines de conscrits en réserve, même si l'on ne cesse de nous raconter que Poutine a envoyé des jeunes pour un simple « exercice d'entraînement ».

Deuxièmement ce n'est pas une guerre classique car asymétrique, et se déroulant sur le seul pays envahi par la soldatesque russe. D'un côté, il y a cette armée russe de soudards professionnels, expéditionnaire, qui ne fait pas appel à la levée en masse, à la conscription, qui n'envoie pas ses jeunes, elle n'envoie que des volontaires. En face, on a l'Ukraine, un pays de 40 millions d'habitants où la bourgeoisie a délégué le petit Zelensky pour encaserner tous les hommes valides et les envoyer au casse-pipe, tout en étant glorifié et encensé par les médias occidentaux.

Troisièmement, dès mars, du côté des soldats (prolétaires en armes) on a fini par savoir qu'il y a eu des défections des deux côtés, écornant la dénonciation d'une barbarie intégrale seulement côté russe, pas seulement contre le massacre ignoble des civils – où la Cour de La Haye veut nous refaire le coup des « crimes de guerre » comme si la guerre n'était pas le principal crime – mais notamment au regard du risque de corruption d'une partie des officiers, tant du côté ukrainien que russe 3!4

Les images de défections ou de redditions sans combat sont mises en exergue par la propagande militaire des deux camps, sans préciser que c'est également dans leur propre camp ; ce sont des falsifications historiques traditionnelles de même qu'on ne trouve dans aucun manuel que des routes en Allemagne après la défaite de Hitler étaient bordées de soldats allemands pendus... pour l'exemple.

Quatrièmement, et ce fut le plus important : la préparation de la guerre en vue de paralyser le prolétariat.

LES ETATS OCCIDENTAUX VICTIMES DE LEUR STUPIDE IGNORANCE DU PROLETARIAT (une guerre cela se prépare d'abord par un endormissement du prolétariat pas par des mouvements de troupes)

Enfin pas dans leur camp, excepté l'invocation fantasmatique de la der des der atomique, aucun propagandiste ne s'avance à en appeler à mobiliser les millions de conscrits européens, car à la question « mourir pour la patrie » des stades de football entiers éclatent de rire ou gardent le silence.

Le «stupide autocrate » Poutine avait préparé, dès novembre 2021, la guerre non pas en terrorisant sa classe ouvrière, et en s'appuyant sur une dénonciation fictive du nazisme (assez semblable à celle de nos islamo-gauchistes) mais par une réunion « par visioconférence sur les questions sociales ».

La réunion s’est déroulée en présence du chef de cabinet du bureau exécutif présidentiel Anton Vaino , du vice-Premier ministre Tatyana Golikova , de l’assistant présidentiel Maxim Oreshkin , du ministre du Travail et de la Protection sociale Anton Kotyakov , du vice-ministre des Finances Pavel Kadochnikov. En gros le personnel du ministère du travail chargé de la classe ouvrière avait étudié sérieusement les possibles réactions du « bloc social » en prenant soin d'accuser lourdement l'Occident d'être responsable de l'inflation et de la paupérisation.

Au cours de cette réunion, Vladimir Poutine avait expliqué  :

«  Je voudrais résumer certains des résultats de nos conversations, des réunions que nous avons tenues récemment sur des questions de politique sociale, y compris la réunion d’hier. Nous avons discuté des questions les plus importantes qui concernent sans aucun doute les citoyens. Ils sont associés à une augmentation des revenus, du bien-être, de la qualité de vie des personnes, et concernent globalement tout le monde ».

J’insiste : le bloc social est au cœur de notre politique étatique et l’une des priorités clés du budget fédéral. Les députés de la Douma d’Etat y travaillent également activement. À cet égard, je voudrais souligner un certain nombre de questions qui nécessitent une action conjointe des autorités législatives et exécutives.

Je propose de fixer un niveau plus élevé du minimum vital pour 2022, pour l’augmenter à un rythme plus rapide que l’inflation, à savoir de 8,6%. En valeur absolue, pour l’ensemble du pays, le minimum vital devrait s’élever à 12 654 roubles par mois, soit mille roubles de plus qu’aujourd’hui »5.

Rebelote en ce mois de mars (et en pleine guerre) et un journal titre même, sans en comprendre le sens « réduire la pauvreté en plein conflit » : « lors de cette réunion gouvernementale diffusée à la télévision, il a promis d'augmenter "le minimum vital, les salaires de fonctionnaires", les retraites et de supprimer des entraves administratives pour les affaires. Aussi, le président russe a promis une série d'aides financières aux particuliers et aux entreprises pour faire face à l'avalanche de sanctions, assurant surmonter le "blitzkrieg" économique occidental contre la Russie.

« Notre économie, le budget de l'État, les entreprises privées ont toutes les ressources nécessaires pour résoudre les tâches à long terme", a-t-il affirmé, estimant que "même dans la situation actuelle, nous devons parvenir à une réduction de la pauvreté et des inégalités"6 ».

Un discours nullement autocratique mais destiné à s'assurer la passivité de la petite bourgeoisie commerçante en Russie et de ses intellectuels girouettes : »Nous comprenons l'ampleur de la transformation que notre économie devra subir pour devenir encore plus forte. Le principe de base de la réponse économique restera la liberté maximale de l'activité économique à l'intérieur du pays, en réduisant au minimum la réglementation et le contrôle, et, bien sûr, en soutenant le marché du travail ».

Le « fou Poutine » a demandé ensuite à son gouvernement d’injecter de l’argent frais dans l’économie pour relancer la consommation. “Il est maintenant de la plus haute importance de soutenir à nouveau la demande intérieure, pour éviter qu’elle ne se contracte excessivement”, a déclaré M. Poutine. Les moyens d’y parvenir sont à portée de main, après “un excédent budgétaire record” au premier trimestre.

Au mois d'avril, compatissant face au taux d'inflation (dû surtout à sa guerre », Poutine se réjouit de ce que la « blitzkrieg économique de l'Occident » a échoué !

20 AVRIL 22 ! Le président Vladimir Poutine admet que «ce sont des chiffres très élevés. Les gens le ressentent dans leur budget familial, ils sentent comment les prix ont augmenté, et nous devons soutenir nos citoyens, les aider à faire face à la vague inflationniste».

Peu avant, la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina, avait fait part elle aussi de ses inquiétudes : «Notre économie entre en effet dans une période difficile de changement structurel en raison des sanctions. Les sanctions ont principalement touché le marché financier. Désormais, elles affecteront de plus en plus les secteurs réels de l’économie.» Malgré les mesures déjà mises en place, l’inflation, atteignant les 17% au mois de mars, a largement dépassé l’objectif des 4% fixé par les autorités russes. Cela explique la décision de Vladimir Poutine, relayée sur le site du maire de Moscou Sergueï Sobianine, de créer un système de soutien aux citoyens, donnant la préférence à certains groupes sociaux, telles que les familles avec enfants....Lequel maire a rappelé qu’en se retirant du marché russe, les entreprises étrangères laisseront de nombreux employés sur le carreau : «Nous estimons qu’environ 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi.» En réponse, le gouvernement a prévu mobiliser 3,36 milliards de roubles (38,4 milliards d’euros). De plus, l’Etat prévoit la mise en place d’«emplois temporaires» pour les salariés licenciés, comme la «gestion des archives» ou «la réparation des équipements de la ville». Proposition qui peut paraître incongrue, dans la mesure où les premiers touchés seront les salariés qualifiés et impliqués dans l’économie globalisée.

UN QUOIQU'IL EN COUTE RUSSE

(pas seulement en vies humaines)

Re-rebelote, le 25 mai, Poutine a ordonné une augmentation de 10 % des pensions et du salaire minimum pour protéger les Russes de l'inflation, mais a nié que les problèmes économiques du pays étaient tous liés à la guerre en Ukraine. Avec une inflation annuelle proche de 18 % le mois dernier, le chef du Kremlin a reconnu que 2022 serait une année "difficile" pour l'économie russe.  « Quand je dis "difficile", cela ne signifie pas que toutes ces difficultés sont liées à l'opération militaire spéciale », a-t-il ajouté lors d'une réunion télévisée du Conseil d'État à Moscou. Avec toutefois une once de vérité :

« Parce que dans les pays qui ne mènent aucune opération - disons, à l'étranger, en Amérique du Nord, en Europe - l'inflation est comparable et, si vous regardez la structure de leurs économies, même plus que la nôtre ».

L'augmentation des pensions entrera en vigueur le 1er juin, tandis que la hausse du salaire minimum entrera en vigueur le 1er juillet. La guerre, qui coûte énormément cher, confirmera que ces mesures n'empêcheront pas une forte baisse des revenus réels.

Même avec une augmentation de 10 % du salaire minimum et des pensions de retraite, il est plus probble que les revenus réels disponibles des Russes diminuent de 7,5 % et que les salaires réels baissent de près de 6 % cette année. La pauvreté pourra passer de 11 % en 2021 à 12,6 % cette année. Le salaire minimum en Russie est actuellement de 13 890 roubles (250 $) par mois, tandis que la pension de retraite moyenne s'élève à 18 521 roubles par mois7.

Toujours en ce mois de mai, après avoir rendu visite aux soldats blessés dans un hôpital militaire de Moscou, Poutine a annoncé augmenter les salaires des soldats russes « stationnés » en Ukraine.

Mais le facteur le plus significatif des limites de la guerre de l'envahisseur Poutine reste qu'il ne peut pas lancer ni organiser une "mobilisation générale"... au risque de réveiller vraiment le prolétariat en Russie!

Enfin, nous allons examiner comment, plus clairement qu'en 14 et en 39, le camp pacifiste et populiste qui se prétend le défenseur des opprimés (jaunes, verts, rouges) et des offensés (de couleur et islamingants), choisit un camp impérialiste, l'occidental, au nom d'un nationalisme moins discret que les traîtres socialistes à la veille des deux guerres mondiales du siècle dernier.

COMMENT ET POURQUOI LES LUTTES PARCELLAIRES CONDUISENT AU NATIONALISME

On doit en partie et surtout à Révolution internationale d'avoir dès la fin des sixties identifié et dénoncé les idéologies parcellaires défendues par les gauchistes infantiles (féminisme, tiers-mondisme, défense des homos, etc.). L'héritage de ces mystifications du genre réformiste et contingentées aujourd'hui et avec nulle référence ni à la vraie révolution ni à la classe ouvrière, sont devenues la bouillabaisse de bas de la gauche et de l'extrême gauche bourgeoise. Mais voilà qu'elles se sont ridiculisées, donc décrédibilisées face à la guerre en Ukraine, mieux encore que les traîtres socialistes en 14 ou en Algérie : ces vieilles idéologies (féminisme, antiracisme, décolonialisme, wokisme...) conduisent … au front !

En premier lieu il faut dénoncer ici l'idéologie féministe bourgeoise, avec cette prétention à un égalitarisme nunuche en tout domaine et en toute circonstance, et enfin pour la patrie. Voici la campagne des féministes ukrainiennes à l'oeuvre : « Les femmes font tout pour être en première ligne du front, mais à cause de règles anciennes, qui n’ont pas été modifiées dans l’institution militaire, elles doivent rester à l’arrière. Aujourd’hui elles veulent se battre et ne comprennent pas pourquoi elles doivent subir ces règles surannées »8. Mieux encore l'exemple stalinien peut être invoqué, quoique avec certaines limites par Adrienne Harris : « Dans les années d’avant-guerre, les femmes soviétiques étaient encouragées à participer à des activités qui ne leur étaient pas traditionnellement dédiées, comme par exemple manipuler des armes militaires. Mais dès que la guerre a commencé, les femmes ont été reléguées à la maison, ou dans des postes qui ne correspondaient pas à leur formation de combattante. Pavlichenko a dû se battre pour être mobilisée au combat ». Il faut cher lecteur que tu visionnes le film ignominieux qui défend cette énormité : https://www.arte.tv/fr/videos/104952-005-A/inner-wars/

L'antiracisme – qui est un instrument de division de la classe ouvrière en même temps qu'un support au « nationalisme libéré »9 - à la veille des décolonisation, en 1914 puis dans le cas du Vietnam, a fait des miracles de patriotisme. Au fur et à mesure de la colonisation, l’armée française recruta dans toute l’Afrique noire, bien au-delà des « Sénégalais ». Toutes les classes sociales se trouvaient concernées, même si les trois quarts des tirailleurs restaient issus de familles esclaves ou anciennement esclaves - au point qu’on a parlé d’« armée d’esclaves » pour qualifier les bataillons coloniaux africains engagés durant la Grande Guerre - auxquels s’ajoutaient, pour l’encadrement subalterne, des fils de chefs africains dont on s’assurait ainsi de la loyauté. Les besoins en hommes étaient tellement importants que, loin d’être fondé sur le seul volontariat, le recrutement s’opérait souvent de manière autoritaire. En un demi-siècle, plus de 6 millions de km2 furent conquis en Afrique occidentale et équatoriale par quelques centaines de Français et 12 000 tirailleurs.

C’est le livre de Charles Mangin, en 1910, La Force noire , qui révolutionna cette vision des choses. Ce lieutenant-colonel issu de la grande bourgeoisie de l’Est, obsédé par le danger allemand, militait pour l’utilisation des tirailleurs en Europe, dans la perspective d’une guerre de plus en plus probable contre l’Allemagne. Son argument était que les tirailleurs étaient des soldats valeureux, dotés de particularités physiques une plus grande résistance à la douleur, notamment, qui pouvaient utilement venir renforcer des troupes françaises affaiblies par la dénatalité : « Dans les batailles futures, ces primitifs pour lesquels la vie compte si peu et dont le jeune sang bouillonne avec tant d’ardeur et comme avide de se répandre atteindront certainement à l’ancienne "furie française" et la réveilleraient s’il en était besoin . »

La Force noire suscita un débat à la Chambre : Jaurès et la gauche s’inquiétaient d’ « une armée prétorienne au service de la bourgeoisie et du capital ». Finalement, en 1912, furent admis la conscription des colonisés et le principe d’utilisation des troupes coloniales en métropole. La mobilisation de ces troupes s’effectua dès août 1914. Mais ce fut à partir de l’automne, lorsque la guerre apparut comme devant durer, qu’un recrutement de masse fut organisé. De 8 000 tirailleurs en août, on passe à 40 000 fin 1916, répartis en 60 bataillons.

En dépit de l’inexpérience des tirailleurs, et de mouvements de panique dans les premiers temps de la guerre, les bataillons noirs participèrent à la plupart des grandes offensives, dont l’Artois et la Champagne en 1915, Verdun en 1916 et le Chemin des Dames en 1917.

Les qualités militaires des tirailleurs étaient louées par les militaires et les hommes politiques, jusque par le président de la République Raymond Poincaré. La presse emboîta le pas en soulignant leur courage, leur loyauté et leur civilité.

Certes, des bagarres pouvaient éclater entre soldats, à la suite d’une insulte raciste par exemple. L’historien Joe Lunn rapporte que le soldat Ndiaga Niang, de Saint-Louis, se fit rabrouer par un soldat blanc au moment de trinquer : « Ne touche pas à ma tasse, tu es trop sale. » Niang répliqua par un coup de poing, une bagarre s’ensuivit et l’incident se termina devant le capitaine, qui donna raison à Niang et punit le soldat blanc. Les deux hommes devinrent finalement amis. Dans l’ensemble, en effet, il semble bien que la camaraderie l’emportait. Des amitiés se nouèrent, prolongées par des visites dans les familles lors des permissions. La maîtrise de la langue française était aussi un facteur important, permettant ou non des rapprochements10.

Il est probable qu’au total plusieurs milliers de tirailleurs furent exécutés en 1940 par les « racistes nazis » ; Raffael Scheck en a dénombré environ 3 000 à partir des archives militaires et des témoignages. Mais il faut ajouter tous les inconnus qui furent assassinés sans laisser de trace, les malheureux extraits d’une colonne de prisonniers et abattus dans le fossé par un soldat ou un officier qui voulait se distraire ou faire du zèle.

Au Vietnam un antiracisme cynique de la bourgeoisie américaine :

La protestation estudiantine américaine peut être saluée historiquement non pour sa qualité d'étudiante ni de présumés "fils de la classe ouvrière", mais comme avant-garde juvénile sortant de la longue contre-révolution et estafettes d'un prolétariat encore à moitié endormi, pas par cynisme mais parce que, comme en France, cette classe avait déjà "donné" massivement en 39-45. La dimension "blacks panthers" a ajouté à la confusion, évitant aussi de mettre en lumière la classe ouvrière (blanche et noire) qui reste toujours à l'arrière plan la classe qui peut être décisive et la seule apte à paralyser ou empêcher les guerres. Les Afro-Américains ont joué un rôle de premier plan dans la guerre du Vietnam. La guerre du Viêt Nam fut la première guerre américaine dans laquelle les troupes noires et blanches n'étaient pas formellement séparées bien qu'une ségrégation de facto eut toujours lieu malgré la promulgation différentes lois fédérales comme le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 et le Civil Rights Act de 1968 prohibant toutes les lois et réglementations ségrégationnistes sur l'ensemble des États-Unis.

Les Forces Armées prirent des mesures pour que les troupes afro-américaines se sentent plus incluses, notamment en ajoutant de la musique plus diverse dans les juke-box, en embauchant des groupes et des danseurs afro-américains pour des événements divers et en faisant venir des artistes afro-américains pour jouer, tels que James Brown, Miss Black America (en) et Miss Black Utah. Les magasins des bases militaires ont commencé à stocker des produits de soins capillaires noirs et des vêtements comme des dashikis, tandis que des livres sur la culture et l'histoire des Afro-Américains furent ajoutés aux bibliothèques des bases. En 1973, les coiffeurs militaires furent formés pour couper les cheveux noirs. Un bon nombre de ces changements furent mis en place vers la fin de la guerre lorsque le nombre de militaires était considérablement réduit, ce qui signifie qu'une majorité de troupes afro-américaines qui ont servi pendant la guerre du Vietnam n'ont pas pu bénéficier de ces réformes11.

Ajoutons que, à l'heure actuelle, l'armée américaine est composée de beaucoup de noirs, en particulier ceux par milliers qui ont été envoyés en Europe récemment au cas où Poutine...

LA GUERRE EST POURTANT LA PRINCIPALE POLLUTION...

Dans le soutien au nationalisme ukrainien par la gauche islamo-wokiste il y a de terribles nuances même si elles restent sous aisselle américaine. Si les écologistes n'ont de cesse de dénoncer la complaisance des Insoumis à l'égard de Poutine, c'est autant par souci de leur soutien au nationalisme ukrainien que par stratégie électorale.

Les braves écologistes reprochent à LFI leur position anti-atlantiste, une complaisance aléatoire à l'égard de la Russie de Poutine dont Mélenchon a estimé, le 30 janvier dernier, qu'elle n'est pas "dans la position agressive". Les rigolos Insoumis accusent à leur tour leurs confrères écolos-bobos d'embrasser la stratégie géopolitique d'Emmanuel Macron. 

Pollution des sols, des eaux, incendies, destruction de la biodiversité… la catastrophe environnementale n'est-elle pas secondaire par rapport à la catastrophe humanitaire de la guerre en Ukraine ? C'est un argument dénoncé par une partie des écolos-bobos et qui peut justifier leur indifférentisme pacifiste. Mais l'autre fraction pacifiste envisage avec joie la positivité des destructions de la guerre : « C’est encore de la science-fiction aujourd’hui, mais il faudra tirer des leçons, arrêter les industries les plus polluantes et en retenir quelque chose de positif. Si Volodymyr Zelensky reste en poste, il aura intérêt de jouer la carte européenne et donc de la vertu environnementale.12 »

La troisième fraction, la plus importante autour du candidat malheureux Jadot révèle que la guerre en Ukraine a fortement décrédibilisé le discours écologiste, en particulier son modèle énergétique ou son pacifisme historique, vu son engouement pour le nationalisme ukrainien. Les positions portées par le Jadot à l’élection présidentielle depuis le début de l’invasion russe heurtent (ndlr son appel à l'envoi d'armes pour Zélensky) les tenants d’une ligne pacifiste dans son propre camp. Ils lui reprochent une surenchère, au risque de rompre avec l’identité de non-violence des Verts, dont le prolétariat n'a que foutre.

"Le monde", organe des bobos cultivés et écologisés, se pose des questions à côté de la plaque et ridicules : La guerre en Ukraine risque-t-elle de freiner la lutte contre le dérèglement climatique ? Pour ces cancres qui se fichent des milliers de morts civiles et des destructions ahurissantes la transition énergétique reste la priorité, pas la transition...communiste ! Mais pour se défaire des combustibles russes et répondre à l’envolée des prix de l’énergie, les grandes économies doivent... chercher déjà à relancer la production de charbon, de pétrole et de gaz. Voyons en passant un autre choix nationaliste écologique...russophile :

Quand les écologistes deviennent les idiots utiles de la Russie

« Depuis quinze ans, sous la pression des écologistes de tous les partis, l’Europe s’est massivement engagée dans l’interdiction de l’exploitation du gaz de roche-mère (schiste), dont nos sous-sols regorgent pourtant et dans la destruction de nos capacités nucléaires civiles. Dominique Reynié de la Fondation pour l’innovation politique (FONDAPOL) rappelait récemment que le gouvernement russe finance de longue date des mouvements, ONG, organisations et partis écologistes européens qui militent pour l’interdiction du gaz de schiste et la destruction du nucléaire civil. Et de citer l’exemple de la Belgique, dont l’actuelle ministre de l’Énergie Christinne Van der Straeten du parti écologiste GROEN est issue d’un cabinet d’avocats qui fut massivement rémunéré par GAZPROM, le géant gazier du gouvernement russe.

Comment expliquer ce compagnonnage de route — d’aucuns parleraient de collaborationisme — entre le gouvernement russe et des écologistes européens ? Parce que l’interdiction du gaz de schiste et la destruction du nucléaire civil condamnent mécaniquement l’Europe à dépendre du gaz russe. 40 % du gaz européen est importé depuis la Russie : 55 % en Allemagne.

La question se pose de savoir si les électeurs européens des partis écologistes persisteront à donner leur suffrage à des mouvements inféodés au régime impérialiste russe. Pire : l’argent qui finance le viol de l’Ukraine est celui du gaz russe vendu aux Européens. Let that sink in, gentil électeur souriant avec des pâquerettes dans les cheveux.

Quoi qu’il en soit, il n’aura pas fallu 48 heures à l’Allemagne pour liquider l’intégralité des seize années de mandat de Mme Merkel. De l’ère Merkel, il ne reste désormais rien, sinon les réfugiés du catastrophique Wir Schaffen Das.

Du jour au lendemain, l’Allemagne vient de décider d’investir cent milliards d’euros supplémentaires dans ses forces armées. Boum, cent milliards ! L’Allemagne se réarme jusqu’aux dents et tout le monde en Europe s’en réjouit : pas de doute, l’époque a changé. (Les Français qui ont la mémoire longue auront quand même une légère remontée d’acidité face à cette « bonne nouvelle ».) Un programme de réinvestissement lourd, allemand et sérieux : donc dans du matériel. Pas dans les frais de retraite et de personnel, comme le font les armées-clowns d’autres pays européens, celles qui lèveront un linge blanc dès que pointera une sarbacane. (…) Dieu nous préserve des amateurs »13.

 Brève conclusion. Historiquement la classe ouvrière est la seule, par sa conscience et sa place dans la production à pouvoir combattre et arrêter les guerres. Les classes intermédiaires, les petits bourgeois en colère, composent, gesticulent, négocient et finissent toujours par se vendre au plus offrant ou se donner au plus démagogue populiste. Dans le drame présent personne ne l'affirme ni n'invoque sa responsabilité, hormis de minuscules groupes. Pourtant c'est bien simple, cela pourrait l'être: appel à une grève totale dans tous les pays où c'est possible, non pas générale, qui est une vieillerie syndicale désormais cacochyme, mais visant à totalement paralyser l' action criminelle du capitalisme. Elle ne pourra pas être décrétée, mais elle devra progresser, pas forcément là où les bombes tomberont. Au bout du compte, ne pas l'oublier, le capital sera sans pitié si on a la moindre pitié pour lui.

 

 

NOTES

1Je le répète, comme en France, au niveau international, s'est développé une exclusion de tout raisonnement politique concernant institutions et classe, une doxa individualiste : pas d'Etat russe mais le méchant Poutine, pas de bourgeoisie ukrainienne mais un nouveau Churchill, pas de prolétariat mais des populations, des ukrainiens, des russes, pas de capitalisme mais des oligarques, pas un capitalisme US mais la démocratie américaine, etc.

2Je me suis trompé, j'ai cru aussi au début à une blitzkrieg en faveur de laquelle Poutine aurait « commis une erreur », quand il est en train de ridiculiser le camp occidental en saluant une guerre « destinée à durer ».

3Trafic d'armes, malversations, partages des pillages, etc. Cela me rappelle une anecdote de mon père en 39-45, il avait récupéré une paire de botte. Son officier lui intima : « ces bottes ne sont pas pour toi mais pour moi, donne-les ». Mon père avait dû s'incliner sans pouvoir lui casser la gueule, pourtant il était grand.

4Un cordial salut à ces députés (certes communistes en peau de lapin) qui ont interpellé Poutine contre la guerre : https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-des-elus-communistes-russes-lancent-un-appel-a-poutine-pour-arreter-l-offensive-20220527

8Masha Kondakova https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/ukraine-de-la-revolution-a-la-guerre-un-patriotisme-au-feminin-1041638

9 A sa façon Taguieff le démontre bien :« Le prétendu « nouvel antiracisme », baptisé également « antiracisme politique » par les idéologues du décolonialisme, n’est autre qu’une machine de guerre contre « les Blancs » et la « société blanche ». Il dérive de la définition antiraciste du racisme fabriquée par des militants afro-américains révolutionnaires à la fin des années 1960, et connue sous diverses dénominations : « racisme institutionnel », « racisme structurel » ou « racisme systémique ». Il ne s’agit pas d’une conceptualisation du racisme, mais d’une arme symbolique qui consiste à réduire le racisme au racisme blanc censé être inhérent à la « société blanche » ou à la « domination blanche », celle-ci étant la seule forme de domination raciale reconnue et dénoncée par les néo-antiracistes. On en retient le message simpliste selon lequel la société blanche tout entière serait intrinsèquement raciste. Qu’ils le veuillent ou non, qu’ils en soient conscients ou non, « les Blancs » seraient des dominants et des « racisants », ce qui revient à nier les responsabilités individuelles non sans faire obstacle à l’identification des vrais coupables d’actions racistes ».  

https://atlantico.fr/article/decryptage/pierre-andre-taguieff---le-pseudo-nouvel-antiracisme-n-est-autre-qu-une-machine-de-guerre-contre-les-blancs--

mardi 24 mai 2022

SCANDALE ABAD : UNE IGNOBLE AGITATION CONVENUE, CONSENTIE et organisée PAR TOUTES LES CLIQUES POLITIQUES BOURGEOISES

 

« Toucher aux truands, rien d'impossible. Impliquer des politiques dans l'assassinat d'une députée de la République, il fallait une certaine audace. La justice ne l'a pas eue ».

Histoire secrète de la corruption sous la Ve République (Nouveau Monde édition 2014)

« Il faut environ 17 000 voix pour se maintenir au second tour dans la 3ᵉ circonscription de Vendée, mais seulement 631 à Saint-Pierre-et-Miquelon, et plus de 29 000 pour les Français d’Amérique du Nord » notent les journalistes Romain Imbach et Maxime Ferrer.

« La trahison s'incarne alors dans « l'opposition et la contestation », à travers lesquelles l'individu recherche et façonne son authenticité. Le traître est l'insoumis et l'exclu ».

André Gorz « la morale de l'histoire » (1959)


QUE D'EAU, QUE D'EAU …

On l'a déjà oublié, c'était il y a cinq jours à peine. Un banal retournement de veste. Sommet de l'hypocrisie électorale bourgeoise : tout Ducon qui est élu sur la base du parti A, peut dès le lendemain se mettre au service du parti B ; sans avoir de compte à rendre à ses électeurs. Le cas Abad ne relevait que, simplement, de la banalité de la traîtrise électorale et de l'arrivisme propre au système républicain capitaliste.

Ce député, lourdement handicapé mais exhibé longtemps comme exemple aléatoire d'intégration des personnes handicapées dans le sérail de l'élite politicienne, avait annoncé quitter son poste de président du groupe LR à l’Assemblée nationale. «C’est une preuve de courage, de respect vis-à-vis de mes collègues et de clarté dans mes choix futurs», expliquait le traître , annonçant également «se mettre en congé» des Républicains affirmant toutefois «rester un homme de droite», chose qui n'est pas un péché pour Macron.

Dans son court texte, Jacob (chefaillon LR) déballa surtout qu’Abad, qui avait promis de clarifier sa position vendredi au plus tard, «a réclamé un délai supplémentaire pour attendre la composition du gouvernement». Une demande pour le moins culottée qui aurait révulsé la camarilla des Républicains. LR «ne pouvait pas attendre le bon vouloir de Monsieur Macron de le prendre ou de ne pas le prendre au Gouvernement», grince le député de Seine-et-Marne. Sur Twitter, Nadine Morano n’a pas tardé à réagir : «Rester parce qu’on n’est pas ministre ou partir uniquement si on est ministre… l’hésitation est déjà une compromission. Allez au revoir», écrivait-elle.

Une telle trahison aurait pu justifier un meurtre comme pour Boulin, puis son ami Joseph Fontanet ou Yann Piat. La colère des députés LR fut vive contre le traître. Je ne suis pas complotiste dans mon raisonnement politique mais il faut en tout cas reconnaître que, sans savoir tout de l'origine de la cabale, l'affaire est formidablement intéressante pour les trois principaux clans qui se disputent la prééminence au « 3e tour » : Macron (mais oui et on verra pourquoi), la droite décatie et la clique disparate wokiste à Mélanchon.

Le coup bas aurait pu venir tout simplement du principal parti floué et humilié face à une nouvelle « prise de guerre ». Il est parti pourtant de la principale officine policière, de gauche wokiste, Médiapart, qui est allé rechercher deux femmes obscures, ayant obscurément taxé Abad de violeur, pour une première affaire (pourtant écartée comme improbable par les magistrats, elle aurait peu apprécié une sodomie) et une deuxième où la plaignante veut rester anonyme et ne pas porter plainte !? Médiapart est ensuite relayé par une association "de l'Observatoire des violences sexistes", qui n'est autre qu'un satellite de la clique à Mélenchon... qui se flattait naguère d'être membre de la pire des confréries bourgeoise... la franc-maçonnerie, vieille enceinte de la collaboration des classes.

La rumeur, cette pute, se répand comme traînée de poudre et les journalistes se comportent comme des chiens aboyeurs. On fait défiler les féministes donneuses de leçons de morale.

Ce mardi, toutes les « chaînes » exhibent une centaine de bobos et bobotes parisiennes, avec une presse plus nombreuse qu'eux (c'est dire!), dans une ambiance joyeuse devant l’église Saint-Augustin, à l’appel de « l’association de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique ».

Dans le rassemblement parisien contre les violences sexistes et sexuelles, les appels à la démission visent non seulement Damien Abad mais aussi les ministres de l’intérieur, Gérald Darmanin, et de la justice, Eric Dupond-Moretti. En témoignent les chants « Darmanin, démission et en prison » et les banderoles brandies par les militantes féministes, sur lesquelles on peut lire « un violeur à l’intérieur, un complice à la justice ».

« Notre rôle est de médiatiser le je-m’en-foutisme du gouvernement face aux violences sexuelles », confie au Monde Mathilde Viot, cofondatrice de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Un peu plus loin, Sandrine Rousseau déclare devant les caméras : « Dans toutes les entreprises, quand il y a des signalements de violences sexistes et sexuelles, l’employeur a l’obligation de mettre en œuvre des procédures pour protéger la victime ». « Là, c’est comme si le gouvernement se plaçait au-dessus des lois qui s’imposent à toutes les entreprises », estime l’ex-finaliste à la primaire des écologistes et candidate de la Nupes aux législatives ».

On aura noté au passage l'intérêt que l'hystérique Rousseau porte à la condition féminine en entreprise, espérant une plus grande justice « sexuelle » des patrons sous le règne très moral du capitalisme.

La rumeur avait si enflé en quelques heures qu'on se serait cru au Moyen Age. La présomption d'innocence n'existant pas en politique mors-moi-le-noeud, on pouvait sans crainte et sans honte crier haro sur le baudet qui, si ça se trouve, est aussi raciste. Le sexe et la race sont la définition mère de la gauche bourgeoise de nos jour. La politique n'est plus qu'une guerre entre individus, insultes et leçons de morale. Ainsi pas besoin d'exhiber la vacuité des divers programmes de tous ces clowns.

Que d'os, que d'os

Notre regretté auteur de polars noirs, Manchette, avait ainsi titré un de ses romans pour moquer le « que d'eau » de cet idiot de général Mac-Mahon. On pourrait aussi plagier l'expression en politique bourgeoise : que de cadavres ! Damien Abad n'a pas encore été tué, mais c'est tout comme, sans vergogne toute la smala féministe bourgeoise et la clique de Mélanchon, s'acharne sur le « violeur ». Et de déblatérer sur l'emprise, sans jamais évoquer la corruption féminine, le chantage de certaines, qui, hélas, viennent servir à décrédibiliser le combat de celles qui ont été en effet violées ou tuées (ce qui arrive souvent en ce moment...).

Heureusement l'ex-aide-soignante de Abad est venue témoigner du peu de probabilité que cet homme handicapé puisse assaillir, voire transporter une femme, vu la faiblesse de ses moyens physiques. Le non-dit est aussi ignoble. En diffusant les images du nouveau ministre marchant avec difficulté , claudiquant avec un petit bras replié on accrédite la pensée ignoble du bobo parisien : vu son état aucune femme ne devait vouloir de lui... preuve qu'il est coupable !

Qu'il ait eu la réputation d'un dragueur lourd, peu importe, ce qui est compréhensible n'en fait pas un criminel comparé au JL Lahaye, Hulot et les ministres dénoncés par les féministes, Poivre d'Arvor, et cie, hommes de pouvoir ou de célébrité qui passent toujours à travers les mailles du filet obscur du binôme consentement/abus, emprise/méprise, mépris/souffrance.

Cet affaire, disproportionnée en regard de l'état du monde – le repliement sur cénacle électoral bourré de petitesses – vient servir totalement la campagne de Macron. Non seulement il était au courant, mais il savait que cela remuerait des montagnes d'imbécillités. Bien sûr on ne parle plus de l'Ukraine (Mélenchon le poutinien s'en fiche car, a-t-il, en tant que futur premier commis d'Etat imaginaire c'est pas son problème mais celui du Président), le sexe bafoué devient plus important que les salaires et les retraites de merde.

De plus, sachant que la population française n'est pas inféodée à l'idéologie féministe délirante ni au wokisme, Macron peut compter sur une indignation inverse, cet acharnement infondé sur un homme politique lourdement handicapé, qui lui fera gagner des voix face à l'hystérie de la gauche bobo moraliste (ce que l'extrême droite des Le Pen et Zemmour a bien compris). La droite restante peut aussi se réjouir de la mise au pilori du traître. Celui qui se ridiculise le plus est le roi des bobos qui pose à son tour au moralisateur sur l'affaire, esquivant les sales pratiques d'un de ses toutous, Taré Ouaf Ouaf.

Le guru de la gauche pipi a encore affirmé par à des vaches sacrées journalistes que c'est lui la vache « sacrée.

La politique n'est plus politique, comme je n'arrête pas de le constater dans ce blog, mais foire d'empoigne d'individu à individu, guerre de tweet, leçons de morale, grimaces à l'écran, insultes et repentances. Elle est aussi fabrique d'un imaginaire aliéné que je nommerai désormais poutinien : un art de désarçonner l'adversaire en répondant à côté, en esquivant toute rationalité, en réagissant comme les enfants : « c'est toi qui l'a dit, c'est toi qui l'est ».


Il faut reconnaître à Mélanchon une capacité à délirer qui charme ses fans autant qu'elle nous fait pitié :

« Mon slogan renverse la table du présidentialisme. Dans tous les pays d'Europe, il y a un Premier ministre sur le nom duquel se fait la campagne électorale. Mais je ne crois pas qu'il existe un seul roi avec autant de pouvoir que notre monarque présidentiel. Alors, qu'ai-je fait ? J'ai introduit une dose massive de VIe République dans la Ve en lançant "élisez-moi Premier ministre" ».

Mais chassez le stalinien ou le trotskien et il revient au galop, comme Poutine il parle à la place des masses et, même si elles ne votent pas pour lui, le petit caïd à bobos les prend pour des cons, il vient leur expliquer ce qu'il faut penser :

« C'est frappant : les gens ont tout compris. Ayez à l'esprit que nous devons dispenser un cours d'instruction civique permanent car les masses que nous mettons en mouvement comme lors de la présidentielle sont composées de beaucoup d'abstentionnistes de longue date, de gens qui parfois n'ont jamais voté et qui se déplacent par familles entières, ou qui ne savent pas parfois comment on vote. Partout où je passe, je dis, j'explique ». 

Cet ancien cire-pompe humble de Mitterrand, qui sait très bien, ou veut l'ignorer, que la comédie gauche/droite c'est fini pour des millions d'ouvriers, et que le système de représentation truquée dont il espère profiter, même en le prolongeant avec la fable d'une 6 ème pute bourgeoise, il pense que les gens, qu'il fait sourire (même parmi ses affidés) vont lui faire confiance comme nouveau prétendu sauveur suprême des fonctions régaliennes bourgeoises. Système qui fonctionnerait pareil que l'autre, avec en plus un discours à la poutinienne, essentiellement prometteur de solutions nationales avec tous les délires wokistes1.

Encore sur l'affaire Abad, le roi des bobos a plastronné pour ses électrices bourgeoises féministes, oubliant un vrai violeur dans les rangs de sa secte, assurant qu'il ne nommerait pas dans son gouvernement un homme faisant l’objet d’accusations de violences sexuelles, et plus bête encore comme « décision » poutinienne qui défie toute logique politique : «nous avons décidé que quoi qu’il en soit, nous croyons la parole des femmes ».

L'affaire Abad ne devrait pourtant pas trop lui profiter car la majorité des prolétaires ne sont pas sans cervelle. Le cas Abad ne devrait pas entraîner son éjection du gouvernement, que ni Le Pen ni Mélanchon ne réclament, mais le bruit médiatique ainsi que l'agitation autour de la nomination d'un nouveau ministre de l'éduque naze, servent et serviront à esquiver les questions de fond, quand bien même les deux ministres contestés et chahutés peuvent très bien terminer leur carrière aux lendemains de ces élections minables.

Deuxième hic en effet, le changement de ministre de l'éducation, un ministre haï par nombre de profs, Macron a enfoncé un coin de l'idéologie mélanchonienne et wokiste en choisissant un certain Pap Ndiaye, espérant récupérer une partie de l'électorat des profs moyennement gauchistes mais utilitaristes mélanchoniens d'une gauche antique et désossée. Cet universitaire qui ne connaît rien à l'Eduque Naze et doit « apprendre le métier ». Homme charmant, il est noir (référence indispensable pour décoloniaux et autres racialistes). Certes il n'a pas réussi à avoir sa thèse en France, vu les conneries qu'elle contient, alors il est allé la passer aux USA où les thèses se passent sans difficulté surtout avec un tel contenant wokiste. Il a été un cofondateur du CRAN (mafia décoloniale) et détestait Macron jusqu'à ce qu'il soit bombardé ministre de façade. Nouveau scandale, certes pour les droites qui y voient une révision de l'histoire de France et un encouragement au wokisme, et pour les journalistes en général.

Pendant ce temps là, la Chine et la Russie font voler leurs avions au-dessus des mers du Japon en pleine visite de Joe Biden2.


NOTES

1« Plus fondamentalement, nous ouvrons une phase de "re-parlementarisation" de la vie politique française. D'abord parce que je dis ouvertement aux gens "élisez-moi à Matignon, ce n'est pas Macron qui va me désigner selon son bon plaisir". Ensuite, parce que le programme partagé de notre Nouvelle union populaire confie aux votes du Parlement la solution de nos désaccords. Voilà qui devrait désarmer les craintes, y compris dans nos rangs ».

2https://www.lindependant.fr/2022/05/24/la-tension-monte-en-asie-la-chine-et-la-russie-font-voler-leurs-avions-au-dessus-des-mers-du-japon-en-pleine-visite-de-joe-biden-10315511.php

 QUAND L'IDEOLOGIE MERCANTILE FINIT PAR SE MOQUER AUSSI DES ELECTIONS BOURGEOISES