"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 26 février 2022

VA-T-EN GUERRE ET PACIFISTES

 



« Je rêverais d’un Poutine Français »

Zemmour en 2018

« La Russie, je prends le pari, n’envahira pas l’Ukraine »

Le même le 9 décembre 2021 sur France 2.


QUELQUES REFLEXIONS ET NOTES DE LECTURE

suivies d'une engueulade concernant Mélenchon et des syndicalistes pacifistes

 

Dernière minute: de jeunes soldats russes envoyés au casse-pipe sont démoralisés et refusent de combattre!

Certes l'argumentaire de Poutine est grotesque avec son explication confuse de la présence de drogués et de nazis en Ukraine se livrant à un « génocide »1... plus qu'un grand décalage délirant avec le massacre des juifs en 39-45 par des ukrainiens nazis, néanmoins le virevolte des médias occidentaux n'en est pas moins grotesque ; les divers « spécialistes » glosaient de façon presque neutre sur l'état d'une Russie assiégée, encore sous le choc de la fin de son empire stalinien, et en particulier sur la « peur » de Poutine face aux pressions américaines et leurs démarches pour arrimer l'Ukraine à l'Otan, pour finalement hurler à l'assassinat de la démocratie par l'autocrate Poutine une fois déclenchée l'attaque militaire, qui était inévitable du point de vue impérialiste russe2.

Poutine n'aurait pas facilité négociations, marchandages et concessions... on n'en saura jamais rien ; ce qui est sûr c'est que l'empire US et Cie ont été pousse-au-crime ! On compare cependant le président russe à Hitler. Il y avait pourtant une guerre, dont on parlait peu depuis 2014, et l’émergence de mouvements séparatistes pro-russes dans l’est du pays, à Donetsk et Lougansk, régions du Donbass frontalière de la Russie, environ 14.000 personnes y ont été tuées. On a aussi oublié les centaines de civils tués par les bombardements de l'Otan en Serbie !

Le 10 février, sur France 2, Mélenchon mettait justement les pieds dans le plat. Alors qu’on lui demandait qui était l’agresseur, la Russie ou l’Otan, il répondait : « L’Otan, sans aucun doute. » « Les Etats-Unis ont décidé d’annexer dans l’Otan l’Ukraine. Et la Russie se sent humiliée, menacée, agressée ». Pertinent, et on allait lui reprocher d'être complice de l'extrême-droite et de Poutine3, mais il allait s'emberlificoter, pour contrer l'hystérie, dans des explications en tant que « non-aligné » qui allaient en embrouiller plus d'un, avec un langage confus, se la jouant pédagogue rassurant et neutre en faveur de « sérieuses relations diplomatiques », un bla-bla aussi nul que les « sanctions ». Dans ce concert hystérique Mélenchon le « non-aligné » produisit une vidéo pépère , un langage confus mais toujours ambigu. Se la jouant pédagogue rassurant, moraliste bon enfant il expliquait qu'il ne faut pas violer les frontières, quoique des « situations puissent le nécessiter » (mais sans autre précision » ; ensuite il se moquait du violon des sanctions finalement sans aucun résultat politique. En vérité « tous cachent leur jeu, le but c'est un repartage de l'Europe entre russes et américain » ; Mélenchon est contre l'Otan et Poutine ayant vu que l'Otan « allait le faire », « il fait sa prise d'avantage avant » (?!). Poutine s'empare de territoires avant l'Otan et paf « il se prend des sanctions ». il faut proposer une conférence sur la sécurité en Europe, on demande aux uns et aux autres quelles garanties il leur faut...On ne peut pas dire que Poutine est fou car il y a des moments où on peut s'accorder avec lui... moi je veux du sérieux dans les relations diplomatiques... ».

On cherche toujours en effet qu'est-ce qui est sérieux avec Mélenchon.

LES PRINCIPAUX VA-T-EN GUERRE

Avec BHL, le macronien Cohn-Bendit et Glucksman fils (nouveau chéri de la gauche caviar), la seule négociation c'est la guerre. BHL s'est fait rentrer dedans par le chiraquien historique Dominique de Villepin. Cohn-Bendit est lui gracieusement consulté par l'OBS :

« En 2018 le député européen écologiste avait aussi conseillé à Emmanuel Macron de ne pas se rendre au Mondial en Russie ; l’année suivante, il avait dénoncé, lors des élections européennes, l’extrême droite en France et en Europe qui servait selon lui de « cheval de Troie » à Poutine.

Interview.

Je suis triste. Et j’en ai assez des balivernes de tous ceux qui expliquent que ce qui se passe serait à cause de l’Otan. Non, Poutine agit ainsi parce qu’il a peur de la liberté et de la démocratie. Il veut voir ses soldats sur la place Maïdan à Kiev et faire un doigt d’honneur aux Ukrainiens qui ont viré en 2014 la « potiche » russe qu’était l’ancien président Ianoukovitch, voilà ce que Poutine veut ! En revanche, qu’est-ce qui protège aujourd’hui les pays Baltes ou la Pologne ? L’Otan ! Il y a trois ans, si on avait intégré l’Ukraine à l’Otan, Poutine n’aurait pas pu attaquer. Il le fait parce qu’il sait que l’Otan n’interviendra pas militairement. Il a vu que les Etats-Unis n’avaient pas suivi François Hollande lorsqu’il avait voulu intervenir contre Assad. En 2014, il a pris la Crimée. Puis il a envoyé en janvier dernier des milliers de soldats aider le président du Kazakhstan à réprimer une rébellion. Il a aidé le président biélorusse Loukachenko à faire sortir un dissident. Et beaucoup ont réagi en disant : « c’est comme ça, c’est la vie… »

Évidemment qu’il fallait dialoguer et tout essayer, au prix de son amour-propre. Qu’est-ce qu’on aurait dit si Emmanuel Macron ne l’avait pas fait. Ses cinq heures de discussion à Moscou avec Poutine, ça n’a pas dû être facile. Son erreur, je pense, est d’avoir voulu installer un mano à mano avec Poutine. Avec des dirigeants comme lui, ce n’est pas possible. On avait tous du mal à imaginer le degré de fourberie et de mensonge de Poutine. Il reprend des références historiques de Staline et Hitler : lorsque la Pologne a été attaquée à l’ouest et à l’est en 1939, les deux disaient que ce n’était pas un pays. C’est ce que dit Poutine aujourd’hui : l’Ukraine n’est pas un pays.

Une partie des politiques français ont-ils été trop complaisants ? Aux européennes, en 2019, vous dénonciez l’extrême droite comme le cheval de Troie de Poutine en Europe

Il y a une classe politique complaisante, qui trouve des excuses à la Russie et aux dictateurs. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou Eric Zemmour ont compris aujourd’hui que s’ils continuaient, ce n’était même plus la peine de se présenter. Quant à François Fillon, qui travaille pour une grande entreprise pétrolière, il est temps de démissionner ! Ceux qui comme Hubert Védrine [l’ancien ministre des Affaires étrangères pour qui « le statut stratégique de l’Ukraine ne peut pas être une question taboue », NDLR] ou Henri Guaino qui fabule des circonstances atténuantes pour Poutine en invoquant la responsabilité de « l’expansionnisme de l’Otan » se moquent de la volonté de liberté et de sécurité des Ukrainiens. Ils sont les idiots utiles de Poutine et l’aident à diffuser ses fantasmes dans les opinions publiques. A l’inverse, Macron, Jadot, Hidalgo ou Taubira sont clairs, eux !

Que peut faire l’Europe aujourd’hui ?

Mettre en place des mesures de rétorsion économique. Et dire « pas touche aux pays Baltes ou à la Pologne ». Mais les pots cassés sont là. Je crains une Ukraine séparée en deux, de voir resurgir un rideau de fer comme au milieu de l’Allemagne. Nous avons face à nous un homme violent et arrogant. Poutine, c’est le Docteur Folamour. Beaucoup se réveillent avec la gueule de bois et comprennent une tragique vérité : la liberté est un joyau qu’il faut être prêt à défendre ».

Glucksman fils donne la leçon aux vieux :

« Vingt longues années d’illusions et d’aveuglement sur la véritable nature du pouvoir russe nous ont menés là, au bord du gouffre. Depuis son accession au pouvoir en décembre 1999, Vladimir Poutine a fondé son régime sur la guerre. Ce fut d’abord la guerre de Tchétchénie en 2000, puis celle de Géorgie en 2008, puis celle d’Ukraine, donc, à partir de 2014, ou celle de Syrie à partir de 2015… Toutes ces guerres se déroulent du point de vue russe, avec en toile de fond la grande confrontation que nous avons longtemps refusé de voir et qui est pourtant la seule, au fond, à intéresser Poutine : la confrontation avec l’Occident.

Les Européens et les Américains n’ont pas pris au sérieux la fameuse déclaration qui inaugura son règne : « La chute de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. » Ils n’ont pas saisi l’ampleur du projet révisionniste de l’ex-agent du KGB et n’ont pas compris que ce projet devait fatalement ébranler l’architecture de sécurité en Europe. Ils l’ont donc laissé avancer ses pions, à coups de dizaines de milliers de morts, toujours plus loin et de façon toujours plus brutale. La situation actuelle est le produit de notre incapacité depuis vingt ans à opposer une résistance suffisante à ses ambitions.

La supposée agressivité

Chaque président français, sauf François Hollande sans doute, a commencé son mandat par une tentative de lune de miel avec Poutine : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron ont tous essayé de nouer une relation privilégiée avec lui. Prenez le cas du président actuel : il sait, lorsqu’il entre à l’Elysée, que des hackers russes ont piraté les serveurs de sa campagne (les « Macron Leaks ») pour favoriser l’élection de Marine Le Pen, il sait que ces hackers travaillaient pour les services de Poutine. Et pourtant, il essaie : Versailles, Brégançon… En vain. Arrive un moment où il faut accepter l’évidence : Vladimir Poutine veut la confrontation et l’impose. Ce n’est pas notre supposée agressivité qui a conduit à l’explosion actuelle, c’est au contraire notre passivité, notre permissivité. A force de tout accepter.

N’oublions jamais que les dirigeants russes actuels sont des kleptocrates et qu’ils ont mis la plus grande part de l’argent volé à leur peuple hors de Russie. Il faut geler les avoirs des dignitaires et oligarques russes en Europe et montrer ainsi qu’on ne peut pas faire la guerre à nos portes et faire mouiller ses yachts dans nos ports.

Nous devons donc renoncer à notre irénisme et doter l’Union européenne d’instruments qui nous permettent d’assumer la confrontation là où elle est inévitable ou nécessaire. C’est précisément ce sur quoi je travaille au Parlement européen depuis le début de mon mandat. Comme président de la commission spéciale sur les ingérences étrangères, j’ai pu disséquer les ingérences chinoises et russes dans nos pays : des cyberattaques aux campagnes de désinformation, en passant par la corruption des élites, le conflit a été porté par ces régimes à l’intérieur même de nos systèmes démocratiques. Il nous faut répondre avec force et cesser d’être naïfs. Notre mécanisme de sanctions n’est pas encore assez dissuasif et nous avons fait des propositions. »

Je termine cette revue de presse wauche dans le rétro par une remarque de P.Haski : « La guerre a, de facto, débuté il y a trois mois ; une guerre dite hybride : la formule est certes à la mode, mais elle décrit bien la nouvelle conflictualité qui n’est pas seulement faite de chars d’assaut mais aussi de cyberattaques, de guerre des nerfs, d’intox sur les réseaux sociaux et de rapports de force psychologiques…  Les Occidentaux sont contraints de s’adapter à une forme de guerre qui réduit considérablement les avantages de leurs capacités technologiques et de leur supériorité économique ».


LES PACIFISTES ANTI-GUERRE ET LEUR SIMPLISME OU INSUFFISANCE?

à mon très estimé camarade Yann

Tu as affiché sur ton coin face book un texte de SUD qui commence par nous expliquer que capitalistes et oligarques sont un même monde. Ce qui n'est pas faux.Contre la guerre de Poutine (de POUTINE seul et seul agressif?) ce tract se revendique des « syndicalistes révolutionnaires » de 1914. Quoique je ne crois plus à la possibilité de syndicalistes « révolutionnaires », je peux souscrire entièrement à la phrase suivante : « La mystification du peuple la plus largement pratiquée par cette oligarchie mondiale dans cette guerre est le camouflage de ses buts de brigandage derrière l'idée de « libération nationale » (…) rien ne peut justifier l'idée de « défense de la patrie ».

Je t'ai répondu un peu brutalement :

« C'est du pipeau gauchiste complètement hors sujet, la dénonciation des riches capitalistes puis du méchant Poutine c'est du blabla popu, c'est plus complexe et plus grave que cet appel syndicalo-pacifiste à la queue des merdes ps et écolos; ces gens sont incapables de produire une analyse marxiste des enjeux, ignorent le prolétariat tout en prétendant parler au nom du peuple en général... ».

Ce tract a bien raison de dénoncer la guerre mais dénoncer la guerre ne suffit pas, ni même croire qu'elle va servir « de levier pour mobiliser les peuples contre les capitalistes mondialisés, contre les 1% qui dirigent la planète ». Soutenir toutes les manifestations contre la guerre pourquoi pas ? Mais tout cela reste très vague finalement, ne possède aucune colonne vertébrale si le rôle spécifique du prolétariat n'est pas pris en compte (comme il l'est par contre, j'en suis persuadé, dans les chancelleries).

Je me suis pris dans la gueule ton opprobre et ta colère :

« Quelle diatribe d’affirmations sans démonstration ! Nous autres ces gens pauvres ignares que tu méprises essayent cependant de réfléchir et d’analyser cette situation complexe.. une position qui se range plutôt pour rappeler que la seule guerre qui nous meut est la guerre de classe mondiale est précisément autre chose que le pacifisme bêlant où les multiples postures compassées dissertant sur les protagonistes bourgeois d’est et d’ouest sur le thème « il y a un agresseur et un agressé » … il me semblait que nous étions plutôt d’accord pour considérer que cette « crise »n’est qu’une des conséquences multiples de l’arrivée à bout de souffle du capitalisme se débattant envers la fatale baisse du taux de profit ..

Mais bon… ce qui est nécessaire est d’avoir des confrontations sans concessions.. sans être obligés d’être méprisant.. le prolétariat nous en sommes pleinement quoique tu penses de loin sur ta tour et la mer monte partout autour de nous des contrats d’intérim et des jeunes et moins jeunes tâtonnant et en tout cas leurs cervelles sont bien éloignée des vieux retraités ou préretraités de l’ancien « service public postal du capital des trente glorieuses » Il y a des gens qui essayent de réfléchir et de lutter . Sors de tes schémas stéréotypés et lapidaires ! ».

Bon je t'ai répondu que ce n'est pas moi qui méprise le prolétariat. Je ne pense pas non plus être un vieux con.  Je suis capable aussi d'imaginer que cette guerre puisse se retourner contre Poutine mais aussi contre les magouilleurs occidentaux... si s'étend une protestation mondialisée... Je reste cependant toujours très sceptique vis à vis des fortes déclamations de tel ou tel syndicat radical, des NPA et LO, de l'islamo-trotskien Anasse Kazib qui peuvent afficher des protestations de type marxiste mais n'en sont nullement les porteurs crédibles, et de plus finissent toujours par faire ami-ami avec les « social-traîtres » dont j'ai listé des spécimen plus haut au moment crucial du cirque électoral où nous sommes présumés faire barrage au « fascisme », et où par exemple, le cas échéant, on sera convié à voter Macron pour faire barrage au « facho Zemmour ». L'essentiel n'est-il pas de participer ?

Mais je peux comprendre ton souci :

« Faut arrêter de mettre dans un même sac les gens qui peuvent trouver quelque moyen de résister à la saloperie et à la bêtise du patronat dans les formes associatives ou syndicales existantes même s’il est évident que ces formes doivent être critiquées sans pitié et il arrive qu’elles le soient par une partie des mêmes qui y sont.

Ça se saurait si les marxistes ou les anars avaient trouvé des formes moins imparfaites de tentatives d’organisation collective dans les lieux de travail

C’est pourtant un besoin primordial face à l’exploitation et aux petites et grandes hiérarchies dans les entreprises

Bien malins sont ceux qui n’en ont pas eu besoin dans leur sort et histoire personnelle dans leurs 40 et quelques années au turbin ! ».

Fraternellement, JLR

o  O  o


A LIRE : traduit pour la première fois en France


Volker Arnold


Les théories relatives

aux conseils

dans la Révolution de

Novembre

Une présentation et une analyse systématiques,

du point de vue de l’histoire des idées,

des différentes conceptions des conseils


(…)« Tandis que la majorité de l’ensemble du prolétariat, sur la base des processus d’aliénation et de réification prérévolutionnaires, restait fidèle aux vieilles formes d’organi-sation du mouvement ouvrier et qu’elle obéissait en outre aux mots d’ordre et aux objectifs des organisations ouvrières qui s’étaient embourgeoisées du point de vue de l’idéologie, de la structure organisationnelle et de la politique (le SPD, les syndicats et l’aile droite d l’USPD) et qui empêchaient de ce fait l’achèvement de la révolution et l’épanouissement du système des conseils, une forte minorité du prolétariat qui militait dans le mouvement des conseils, remettait en question en totalité ou en partie la société prérévolutionnaire et ses formes de relations :

  • les rapports capitalistes de production devaient être remplacés par des rapports socialistes de production (ou bien encore, selon l’avis de Cohen, de Kaliski et de Sinzheimer : le pouvoir seigneurial absolu des possesseurs du capital devait être supprimé) ;

  • les intérêts des producteurs directs, des consommateurs et de l’ensemble de la société devaient en même temps se substituer aux intérêts de valorisation des capitalistes privés ;

  • la production marchande devait en conséquence être convertie tendanciellement en la production de valeurs d’usage ;

  • les phénomènes d’aliénation et de réification, qu’ils touchent l’ensemble de la société ou qu’ils soient individuels, devaient être éliminés, et la base matérielle devait échapper à l’idéologie bourgeoise ;

les couches sociales, politiques et économiques, jusqu’à présent dirigeantes devaient être privées de leur pouvoir ;(...)


NOTES

1Notez bien que tout ce que dit Poutine n'est pas faux. On l'a oublié mais au cœur de la dire « révolution orange », il y avait bien des néo-fascistes, héritiers des massacreurs antisémites de 1942, un long article de la TCI l'expliquait en 2013 : https://www.leftcom.org/fr/articles/2014-03-24/jeux-de-guerre-l-ukraine-comme-centre-du-conflit-imp%C3%A9rialiste

2Quel est donc le but de cette guerre déclarée par Moscou à Kiev ? « Cela fait 30 ans que Poutine répète la même chose, poursuit Jean de Gliniasty. Il ne veut pas laisser l’Ukraine devenir un pays opposé à la Russie alors que c’est un peuple frère. Il y a le désir d’obtenir la neutralisation sur le plan militaire de l’Ukraine. » Poutine, note-t-il, « a bien tenté d’obtenir ça par la négociation, c’est-à-dire en faisant pression sur l’Ukraine. Mais comme ça ne marchait pas, il a recours à ce qu’il appelle des mesures technico militaires ». Vladimir Poutine a réussi à monopoliser l’attention, à contraindre ses adversaires à lui reconnaître quelques raisons « Il n’y aura pas de sécurité pour les Européens s’il n’y a pas de sécurité pour la Russie » avait concédé Macron...

3 Alors que Jean-Luc Mélenchon affirmait, ce matin sur Franceinfo, qu’il ne s’était « pas trompé » sur sa position vis-à-vis de la Russie, le camp de Yannick Jadot a réagi dans un communiqué signé par la porte-parole du candidat, Delphine Batho. Il y est estimé que « Jean-Luc Mélenchon, [n’est] jamais en retard d’une complaisance vis-à-vis de Poutine » et « reprend à son compte les arguments de la propagande russe selon lesquels, au fond, Poutine aurait été poussé par l’OTAN à agresser militairement l’Ukraine ». « Au cœur de l’épreuve apparaît ainsi au grand jour de façon assumée (…) une complaisance pour les dictatures et un renoncement à défendre la démocratie », avait poursuivi la fausse députée des Deux-Sèvres, aventurière qui avait lâché le PS sans rendre son mandat pour se mettre au service du parti écolo-bobo pro-américai

vendredi 25 février 2022

MOURIR POUR KIEV ?

 


« Bien entendu 
nous ne ferons rien ».

Claude Cheysson en décembre 1981 le jour du putsch de Jaruzelski en Pologne.

« Poutine veut rétablir l’ancienne Union soviétique et ses ambitions sont contraires à la situation dans laquelle se trouve le reste du monde actuellement. Nos sanctions seront «aussi dévastatrices que les tanks et avions russes». Nous essayons de réduire les capacités industrielles de la Russie pour les années à venir. Nous estimons que nous allons couper de moitié les capacités de revenus des Russes et leur capacité de développer leurs programmes militaires». Biden

« La Russie ne veut pas porter atteinte au système économique mondial, ni en être exclue (...), «La Russie continue de prendre part à l'économie mondiale, nous ne nous apprêtons pas à lui porter atteinte», «Il me semble que nos partenaires doivent comprendre et ne pas se fixer pour objectif de nous pousser en dehors du système». Poutine (jeudi dernier)

En 1939, un pacifiste bientôt pétainiste, avait fait sensation en s'interrogeant sur le fait de « mourir pour Dantzig » avec un point d'interrogation. La question était pertinente et reflétait le sentiment dominant dans la population européenne, sauf que la guerre totale n'était qu'une question de mois. Je suis le seul du mouvement maximaliste endormi dans l'espoir de grèves syndicales a avoir prévu que le conflit était inévitable. Je constate de nombreuses similitudes avec 1940, ce que décrivent les journalistes comme « les temps tragiques de l'histoire reviennent » : fuite éperdue de populations apeurées, massacres de civils pour imposer la terreur, provocations verbales, menaces nucléaires, etc.

Malgré la dramatisation calculée et obsédante du camp impérialiste occidental Poutine n'est pas Hitler. Certes comme Hitler il est arcbouté en faveur d'une guerre éclair, ce qui est d'ailleurs en train de se produire. L'Ukraine n'est pas l'Afghanistan, terre de tribus et territoire on industriel régentée par des clans islamistes pilotés par les services secrets des grandes puissances ; il est très peu probable que le conflit bientôt perdu en Ukraine dégénère en guérilla vu le niveau de conscience d'une population moderne, européenne et non musulmane belliciste 1.

La rapidité de l'invasion russe est d'ailleurs fondée d'une part bien sûr par l'impossibilité d'une intervention occidentale coordonnée (même les pays les plus dénonciateurs de Poutine ont trop de liens économiques pour lui faire la guerre, y compris la France), mais dans un camp comme dans l'autre l'invisible prolétariat est autrement plus rétif à toute guerre, fut-elle mondiale, pour ne pas s'élever en masse contrairement à 1940. La plupart des dirigeants capitalistes, comme le révèlent mes citations en tête, le savent parfaitement. De plus même en Ukraine ce qui domine c'est aussi la fuite éperdue des populations. En Russie de manière plus significative qu'en Occident des milliers, déjà excédés par des années de répression, ont manifesté contre la guerre de leur président) ce qui avait été impossible dans l'Allemagne de Hitler. Le président clown d'Ukraine n'a aucunement passionné lui les foules avec son appel à défendre la patrie.

REFUS DE LA GUERRE ET DANGER D'UN APPROFONDISSEMENT DE LA CRISE ECONOMIQUE

L'immobilité de l'Occident est mise par journalistes bourgeois et quelques mini-groupes révolutionnaires sur le dos de l'affaiblissement du leadership américain (ce que j'évoquais dans mon article du 25 janvier », ce qui n'est qu'une partie de la vérité, l'autre, plus cachée, est évidemment le niveau de conscience de la population mondiale et surtout du prolétariat. Même la propagande de l'idéologie écolo punitive inclut heureusement le rejet du nucléaire aussi au plan militaire, également la connaissance inoubliable des deux guerres mondiales précédentes. Or cette hostilité à une guerre se généralisant est bien prise en compte aussi par les Biden et Poutine, augustes représentants d'une bourgeoisie qui est tout sauf suicidaire. Le camp impérialiste occidental avec ses divers satellites (GB, France, Allemagne) avait vite compris que les carottes étaient cuites, tout en ne le constatant que par après :

« La Russie a une «supériorité aérienne totale» en Ukraine et veut masser «une force écrasante» autour de la capitale Kiev, a affirmé jeudi un haut responsable du renseignement occidental. «Les défenses aériennes de l'Ukraine sont maintenant éliminées et ils n'ont plus de force aérienne pour se protéger. Les Russes vont chercher dans les prochaines heures à masser une force écrasante autour de la capitale et la défense revient désormais aux forces terrestres et à la résistance populaire», a expliqué un responsable militaire.

Voyez donc la saloperie du campa occidental qui encourage les ukrainiens sans armes puissantes à aller au casse-pipe, sans prendre le risque d'y envoyer leurs propres troupes qui n'ont pas plus envie de mourir pour Kiev que moi ou les prolétaires français et immigrés.

Voyez la saloperie des manifestations pacifistes de la gauche et de l'extrême gauche bourgeoises, Paris comme à Madrid et Berlin : on dénonce la violence de Poutine (alors que les Mélenchon et Le Pen ne tarissaient pas d'éloge pour le dictateur comme ses amis Zemmour, Fillon et Depardieu), on appelle à ce truisme creux et mensonger de droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (Poutou). Ce pacifisme en colère ne fait qu'exprimer un renouveau minable d'union sacrée mais derrière un Macron qui ne peut pas sérieusement entrer en guerre, sauf à provoquer un chambardement pire que celui des gilets jaunes. Mais l'ampleur éventuelle du mouvement mondiale de protestation peut aussi se propager en Russie... et permettre de sauver le concert capitaliste...

Deuxième élément fondamental de rétention (si je puis dire) de la guerre, le danger de faire supporter aux populations une paupérisation généralisée : hausses disproportionnées du pétrole, du gaz, des denrées alimentaires, plus d'une carence de blé, ets. Dans leurs argumentations foireuses, et même de la part du gouvernement français, les Poutine et Biden ont plusieurs fois tenté de rassurer les populations en disant « on se débrouillera » sans diminuer l'inquiétude généralisée ! Il suffit de lire les lignes suivantes :

Des hausses de prix sont possibles, a admis le patron de Bercy, ajoutant que l'engagement de gel du prix du gaz «sera respecté». Mais cela aurait alors un coût plus lourd encore pour les finances publiques. «Si la situation reste tendue et les approvisionnements de la Russie» vers l'Europe en gaz devraient être limités, «les prix pourraient augmenter à nouveau au troisième et quatrième trimestre» 2022, analyse Euler Hermes dans une note. «Cela aura forcément un impact sur l'activité économique» européenne, ajoute l'assureur-crédit. En résumé, le conflit entre l'Ukraine et la Russie pourrait bien avoir des répercussions à l'échelle européenne comme sur l'économie française. Mais celles-ci seraient avant tout ressenties sur les prix de l'énergie, déjà très élevés au moment du déclenchement de l'offensive souhaitée par Vladimir Poutine.

Enfin le plus lamentable parmi ces micro-groupes qui se disent révolutionnaires et représentants du prolétariat, c'est leur incapacité à analyser la gravité de la situation depuis des mois. Le plus dérisoire étant le CCI, incapable de voir venir, incapable de prendre position avec autre chose que quelques lignes déplorant « militarisme et décomposition »2, deux entités... sociologiques ! Attendant craintivement la suite des événements, en ne faisant rien...comme les hypocrites fauteurs de guerre occidentaux.

Le GIGC lui aussi aveugle, criant tous les jours au risque de guerre mondiale, n'affiche qu'une proposition abstraite et généraliste : « défendons nos positions de classe ». Sans analyser les vraies difficultés posées par cette guerre et finalement assez dangereuses pour le capitalisme lui-même.3



NOTES

1Mais pour parer à cette éventualité, le Kremlin a déployé aux frontières des unités de la garde nationale, une formation idéale pour le contrôle du pays conquis, pour l'occupation et… pour lutter contre les actes de résistance. Poutine maître du genre en ce qui concerne l'action terroriste – qui est mis en pratique en ce moment par l'infiltration de faux civils à Kiev – connaît bien son sujet.

2https://fr.internationalism.org/content/10713/militarisme-et-decomposition

3Le GIGC (www.igcl.org), 20 février 2022

mardi 22 février 2022

Si vis pacem, para bellum

 

On peut être en désaccord sur de nombreux points avec un petit groupe politique à vocation internationaliste, mais il est celui en ce moment qui décrypte le mieux les conditions de la montée à la guerre – quoique de façon tardive - où l'agresseur n'est pas forcément celui qu'on croit, tout en émettant des doutes sur la possibilité de la conflagration ; c'est en effet d'abord Poutine qui est pris au piège :« Cependant, l’offensive politique et médiatique américaine le prend au piège : à force d’annoncer à grands renforts de tambours une opération militaire d’occupation de l’Ukraine par la Russie, les États-Unis font que toute action plus réduite de la part de la Russie sera appréhendée comme un recul et tentent donc en quelque sorte de la pousser à s’engager dans une opération militaire hasardeuse et probablement d’assez longue haleine, alors que la population russe, elle non plus, n’est pas prête à aller à la guerre et à voir revenir des « body bags » en nombre. La bourgeoisie russe le sait parfaitement »1.

Une telle manipulation américaine n'est pas nouvelle. Le 27 décembre 1979, l’Armée « rouge » entre en Afghanistan pour secourir le satellite stalinien. Issu d’un coup d’État militaire, il est parvenu en moins d’un an à fédérer contre lui des groupes ethniques, unis par leur foi dans l’islam contre les « mécréants » communistes : les moudjahidines. En pleine Guerre froide, les États-Unis voient une occasion en or de piéger la Russie soviétique. Ils arment les moudjahidines ; facilitent l’arrivée de combattants musulmans du monde entier, dont un jeune Saoudien nommé Oussama Ben Laden. À l’heure du retrait, en 1989, la Russie avait compté 13 000 soldats morts et 53 000 blessés. Le piège afghan a été un des principaux facteurs de l’effondrement de l’URSS.

AUX PORTES DE L'EUROPE

La situation aujourd'hui est autrement plus grave puisqu'elle engage une confrontation aux portes de l'Europe industrielle où est concentré le prolétariat le plus conscient et le plus marqué par les révolutions du passé. Soumis à la propagande dominante de l'impérialisme américain, tous les médias et journalistes ont jonglé avec les références historiques « antifascistes » où le méchant est lourdement désigné comme seul fauteur de guerre quand les autres sont supposés ne militer que pour la paix : espace vital, drôle de guerre avec prétexte de persécutions ethniques2, accords de Munich3, etc. Or, c'est une constante des lois de la guerre et du début des deux guerres mondiales, personne ne veut apparaître comme le fauteur de la guerre ! Tous ces larbins suivistes se moquent des virevoltes et pas de deux du Poutine, mais c'est un jeu d'échecs où les deux camps tentent de valider les mêmes ficelles.

L'affirmation du groupe ci-dessus cité se termine par une remarque erronée « la population russe n'est pas prête à aller à la guerre ». De prime abord aucune population n'est prête à aller à la guerre, mais il a échappé à ce groupe un communiqué d'une agence russe mettant en garde contre des risques d'attentats contre des édifices publics en Russie, gares ou écoles par exemple. Or on sait que des attentats ciblés et organisés par le FSB peuvent retourner en moins de vingt quatre heures la population civile.

Une série de cinq attentats en Russie en 1999 contre des immeubles d'habitations entre le 31 août et le 16 septembre 1999 dans plusieurs villes de l'ouest du pays font au moins 290 morts et un millier de blessés. Ces attaques commises à l'explosif et à la voiture piégée sont officiellement attribuées par les autorités russes à des indépendantistes Tchétchènes. Cependant, plusieurs observateurs indépendants prétendent au contraire que les autorités russes auraient organisé ces attentats pour justifier l'invasion du Daghestan par celles-ci à partir du 7 août, et le déclenchement de la Seconde guerre de Tchétchénie4. Poutine aujourd'hui va-t-il nous inventer des « terroristes ukrainiens » ?

Pour l'instant, au niveau extérieur à la Russie, Poutine continue de louvoyer et de mentir effrontément. Il a développé un réquisitoire contre une Ukraine minée par des clans d’oligarques, voulant marginaliser la population russophone et cherchant à se débarrasser de l’Église orthodoxe russe. L'oligarque a même menacé de punir les auteurs de l’incendie dans lequel quelque quarante militants prorusses avaient trouvé la mort en 2014, lors d’affrontements avec les partisans d’une Ukraine indépendante. Une phrase lourde de sens, car elle semble signifier que le chef de l’armée russe regarde au-delà du Donbass, jusqu’à Odessa, ville ukrainienne sur les rives de la mer Noire…

Le processus de paix n’a «aucune perspective» de mise en œuvre et «la Russie a fait tout ce qu’elle a pu pour résoudre la crise par des outils pacifiques», a-t-il expliqué avec aplomb. Si ce n'est pas une déclaration de guerre c'est un regret d'une pais impossible... Une guerre en Ukraine ne serait ni de même nature ni de même durée que celle en Afghanistan. Cette nécessité n'est pas irrationnelle5ni un « suicide économique » du point de vue russe, comme dit le CCI, mais bien une démarche militariste rationnelle et conforme aux besoins du prétendu « nain économique » ; la guerre ne se base pas sur son coût initial mais sur la « conquête » économique » qui en résulte ; l'occupation pendant cinq ans de la France par le régime nazi consista par le pillage de 80% de son PNB ! La menace nucléaire n'est pas non plus irrationnelle mais une logique du capitalisme décadent, quand par exemple le président biélorusse Alexandre Loukachenko, obligé de Moscou, a affirmé jeudi que son pays serait prêt à accueillir des «armes nucléaires» en cas de menace de la part des Occidentaux, en pleine crise sur l'Ukraine. Ce 21 février, Vladimir Poutine avait tenu à rassembler son Conseil de sécurité dans la vaste salle Sainte-Catherine du Kremlin, celle-là même où il signa en 2014 l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée.

BIS REPETITA d'une intervention masquée par des cagoules...

On fait comme si l'occupation de la Crimée était oubliée ou impossible à l'échelle de l'Ukraine. ¨Pourtant les manœuvres militaires russes sont en tout point semblables. L'occupation avait été effectuée par des troupes « pro-russes » et « non-identifiées » en février 2014. L'impérialisme russe avait considéré le nouveau gouvernement ukrainien (après la destitution de Viktor Ianoukovitch) illégitime ; il nia l'accusation d'invasion et d'occupation armée, affirmant que la présence de soldats russes n'était en réalité que des « forces d'autodéfense ». Le 28 février, des hommes en armes dont l'uniforme ne comprend pas de signe permettant leur identification prennent le contrôle de l'aéroport de Simferopol dont l'entrée est bloquée par 300 combattants cagoulés.

Au mois de mars, le parlement de Crimée à la botte de Poutine déclarait l'indépendance de « la république de Crimée ».Lors de sa longue intervention télévisée, Poutine a reconnu les «républiques de Donetsk et de Lougansk», et imputé à Kiev les possibles «effusions de sang». Le régime « corrompu » d'Ukraine menace aujourd’hui la Russie en réclamant l’adhésion à l’Otan. L’entrée dans l’Alliance atlantique ne serait qu’une «question de temps» assura Poutine, et permettrait ensuite des frappes sur la Russie. Plus tôt dans la journée, la guerre de l’information avait déjà tourné à plein, quand Moscou avait accusé coup sur coup l’Ukraine d’avoir détruit un bâtiment des gardes-frontières russes d’un tir d’artillerie puis d’avoir envoyé deux groupes de saboteurs et des véhicules de combat sur son territoire. Invérifiables et rapidement démenties par Kiev, ces affirmations sont suivies d’une traînée de doutes. Le poste de douane en question était bien loin des positions ukrainiennes, trop pour avoir été touché par leur artillerie classique.

L’hypothèse même de provocations ukrainiennes lancées au visage des Russes alors que 190 000 hommes sont massés autour des frontières est difficile à admettre, tant elle ne semble profiter qu’à Moscou. Ces récits ne ressemblent que trop à des prétextes d’entrée en guerre, mobilisables à l’envie et qui s’empilent de plus en plus vite. Dans l’après-midi, les séparatistes du Donbass ont invité Vladimir Poutine à s’en saisir, en demandant la reconnaissance de leur «indépendance» et une «coopération en matière de défense».

Dans les deux décrets reconnaissant leur indépendance, Vladimir Poutine a d’ailleurs ordonné lundi soir «aux forces armées» russes d’assumer «les fonctions de maintien de la paix» sur le territoire des «républiques populaires» de Donetsk et Lougansk. Le processus de paix n’a «aucune perspective» de mise en œuvre et «la Russie a fait tout ce qu’elle a pu pour résoudre la crise par des outils pacifiques», a-t-il expliqué avec aplomb. Tout confirme que l'impérialisme russe est bien à l'offensive6

Une attaque russe faisant fi des avertissements hypocrites de l’Occident sera une guerre européenne d’une ampleur géopolitique redoutable, et pour l'instant les tentatives de médiation européenne avec Macron sont de plus en plus tournées en dérision et pain béni pour le cul de jatte nationaliste collabo pro-russe Zemmour.

Les méthodes du Kremlin n'ont pas changé, et gardé les méthodes cyniques de grand-père Staline, avec ces mises en scène grotesques mais on arrive au point de non retour. Les pions de Poutine des deux territoires aux mains des rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine, ceux de Donetsk et de Lougansk, l'avaient appelé à reconnaître leur indépendance et à mettre en place une "coopération en matière de défense", c'est fait suite à l'intervention télévisée. Le parrain militaire et financier a rendu la prétendue paix moribonde.

COMMENT S'OPPOSER A LA GUERRE DU POINT DE VUE DE CLASSE ?

Le CCI sort le clairon classique : « Les ouvriers doivent prendre conscience que s’ils ne contrent pas par leurs luttes l’exacerbation des confrontations entre requins impérialistes, ces confrontations se multiplieront à tous les niveaux dans un contexte d’accentuation du chacun pour soi, de la militarisation et de l’irrationnel. Dans cette optique, le développement des luttes ouvrières en particulier au cœur même des pays centraux du capitalisme constitue aussi une arme essentielle pour s’opposer à l’extension de la barbarie guerrière ».

Il y a un côté curé et moraliste dans cette injonction, à la fois dans l'injonction faite par une secte lilliputienne et inconnue aux ouvriers (qui ne se prennent plus pour tels) et par une confrontation imaginée contre... l'irrationnel, alors que la guerre capitaliste n'a rien d'irrationnel mais reste déterminée par le profit capitaliste.

Une lutte contre la guerre en cours larvée puis ouverte nous laissera encore tous un moment à l'état de spectateurs et les luttes supposées des ouvriers ne sont pas caractérisées : luttes syndicales, corporatives, économiques ; de telles luttes n'ont jamais empêché les guerres ni lancé une révolution. C'est sur le plan de la conscience de classe et de la lutte directe contre la guerre que les choses changeront.

Pour les spécialistes d'Axa, «une nouvelle escalade pourrait facilement faire augmenter le coût global de l'énergie dans la zone euro de plus de 10 %, ce qui pourrait suffire à réduire de plus de 1 % le pouvoir d'achat des ménages». Selon lui, une telle issue «aurait le potentiel d'entamer gravement la reprise européenne».

Même si la crise économique aggravée va entraîner les grèves quine seront pas génératrices de révolution ; ne pas oublier surtout qu'en même temps la crise migratoire sera aggravée et un moyen de division efficace du prolétariat comme cela a été le cas avant 14 et 39 : la peur de l'étranger dont se sert efficacement le nationaliste Zemmour. Pour combattre ce populisme devenu majoritaire contre la gauche bobo et caviar, le CCI reste sur la position des islamo-gauchistes concernant les flux migratoires7, sans voir qu'ils ont favorisé la logique de guerre.

Plus dramatique, véhiculant toutes les tares du gauchisme dit radical ou ultra-gauche, il n'y a plus une seule minorité internationaliste capable de symboliser et d'être une référence pour la prolétariat mondial face à la guerre qui vient. On peut espérer que de réelles minorités marxistes sortiront des dramatiques événements qui nous attendent8.


NOTES

2 Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne. La propagande nazie justifia cette décision en prétendant, à tort, que la Pologne prévoyait avec ces alliés britanniques et français d'encercler et de démembrer l'Allemagne, et que les Allemands ethniques subissaient des persécutions de la part des Polonais. La SS, de connivence avec l'armée, organisa une fausse attaque polonaise contre une station de radio allemande. Hitler s'en servit de prétexte pour lancer une campagne de « représailles » contre la Pologne.

3 Dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938, les accords de Munich sont signés en Allemagne pour «éviter la guerre». Ils clôturent la Conférence des Quatre, réunie à l'initiative du dictateur italien Mussolini pour régler pacifiquement le conflit qui oppose Adolf Hitler et la Tchécoslovaquie.Les accords de Munich sont une étape décisive dans la remise en cause du règlement de 1918 et dans la marche vers la guerre. Six mois après l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche, Hitler obtient le territoire des Sudètes d'une haute valeur stratégique. La politique d'apaisement du gouvernement britannique, suivie par le gouvernement français et approuvée par l'opinion, entraîne le démantèlement de la Tchécoslovaquie. Le pays dont la France avait garanti les frontières est abandonné et son système de défense détruit. Six moins plus tard, le 15 mars 1939, les Allemands occupent Prague. Selon le mot de Churchill : « L'Angleterre avait le choix entre le déshonneur et la guerre. Elle a choisi le déshonneur, et elle aura la guerre. » La France aussi ! L'allié de revers manquera cruellement en 1940. La Pologne, qui a eu la sottise de soutenir l'Allemagne pour obtenir un bout de Silésie (Teschen), sera la prochaine victime, moins d'un an plus tard. Les Allemands des Sudètes, objets du conflit, seront expulsés en 1945, avec l'accord des alliés donné lors de la conférence de Potsdam.

4https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_de_1999_en_Russie

5« ce sabbat guerrier macabre entre bourgeoisies impérialistes, les intentions sont diverses et complexes, liées aux ambitions des divers protagonistes et à l’irrationalité caractérisant la période de décomposition. Cela n’en rend la situation que plus dangereuse et imprédictible : mais, quelle que soit l’issue concrète de la « crise ukrainienne », (cf. la prise de position du CCI)

6Contrairement à ce que croit le CCI : « Cela ne signifie toutefois pas qu’elle soit aujourd’hui globalement à l’offensive. Au contraire, elle (la Russie) se retrouve dans une situation générale où elle subit de plus en plus de pressions tout le long de ses frontières. »

7Leur analyse du cirque électoral en France est pitoyable, la bourgeoisie aurait peur de l'accession de la mère Le Pen au pouvoir, voire de Zemmour, diabolisé alors que même si toutes propositions sont débiles, il a posé les questions qui dérangent : «  le RN était avant tout utilisé comme épouvantail au profit de partis « de gouvernement » dont la politique anti-migratoire et les répressions brutales n’ont rien à envier aux propositions des Le Pen ». Or ce gouvernement ne fait rien face aux communautarismes grandissant qui vont servir aux montées vers la guerre, ayant justement servis à affaiblir le prolétariat.

8Pour le CCI c'est mort depuis une vingtaine d'années, après l'expulsion violente de ses fractions (et la preuve de la fin de toute fraction et discussion libre interne depuis lors sous le régime de la terreur), et de ses personnalités fondatrices, ne restent des zombies sans personnalité et des articles secs sans âme et:moralistes. Jaurès a très bien décrit la faillite des sectes, mieux que ne l'imaginait Chirik :

« Ces événements nous apprennent, en outre, que les divisions d'un parti ne profitent qu'à ses adversaires. Dans tout parti il y aura toujours des nuances. Il y aura toujours, si uni qu'on soit et à plus forte raison si l'on est peu, des divergences d'opinion quel que soit le motif de celles-ci ; mais l'intérêt réel de chacun et de tous exige qu'on s'efforce d'atténuer ces divergences, d'en canaliser les excès pratiques, au lieu de les accroître et de les laisser grossir au point de ne plus pouvoir les endiguer. En outre, ce n'est jamais à la violence que les diverses fractions d'un parti, correspondant aux différentes nuances inévitables, doivent entre recourir pour assurer le triomphe de leur propre manière de voir. Même au point de vue étroit de l'intérêt bien entendu de chacune d'elles, il vaudrait se résoudre à un échec de leur idée particulière, que de voir celle-ci l'emporter par l'élimination violente d'une autre fraction : « Qui ne fonde point les gouvernements avec la mort », suivant le mot de Baudot dans ses Notes historiques sur la Convention (p.114).

Si on compte sur la violence pour avoir dans un même parti raison les uns des autres, tous, exaltés et modérés, finissent par avoir leur tour au détriment de l'idée commune, et cela devient d'autant plus aisé et plus rapide que les brèches déjà faites au parti ont été plus nombreuses. Une fois les hommes d'initiative, quelle que soit leur nuance, disparus. Il ne reste qu'un parti décimé, émietté, épuisé, sans ressort, etc. et par-dessus tout, sans hommes aptes à le tirer de son inertie ; ce sont en effet, ceux-là qui, étant au premier plan, ont été supprimés au seul bénéfice de l'ennemi commun. Quand ensuite il faut remuer la masse, les hommes énergiques et capables, donnant l'exemple et écoutés, font défaut, l'impulsion manque ou est insuffisante, et les coups d'Etat d'hommes disposant déjà de forces organisées ont chance de réussir. Telle a été la situation – on en trouvera les preuves dans les chapitres suivants – du parti républicain à partir de Thermidor avec, à la fin, la réaction politique victorieuse pour longtemps. Et si d'anciens Conventionnels se mirent en assez grand nombre à la remorque de cette réaction, c'est que, retombés à leur médiocrité par la disparition de ces mêmes grands noms qui leur avaient servi de guide et les avaient un instant haussés au niveau des événements, livrés à eux-mêmes, ils ne firent ni plus ni moins que la majorité des hommes et allèrent au succès ». (Cf. son histoire de la révolution française).

jeudi 17 février 2022

DE LA PERTE DE CREDIBILITE DES PARTIS A LA CHIENLIT

 

« Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche ! »

Philippe Hardi (1935, il recevra la Bourgogne en récompense de son courage).


Dans mon article de janvier – « Pourquoi ces cortèges incessants de foules imbéciles ? » - la principale explication que je donnais soulignait le triomphe d'un individualisme obtus dans toutes les pores de la société. Ce constat n'explique pas tout. Diverses formes de mécontentement, surtout de la part des couches petites bourgeoises, continuent d'occuper le devant de l'actualité sans autre ciment qu'une haine confuse de l'Etat... et des partis politiques.

Ces manifestations de colère sont du pain béni pour les journalistes qui jacassent à n'en plus finir sur les causes supposées : l'oppression « sanitaire », l'interdiction d'aller au cinéma, un possible complot de l'Etat pour domestiquer la population, la faiblesse du « pouvoir d'achat », l'atteinte à « notre liberté », etc. Le "pouvoir d'achat" cette fameuse lapalissade, ce truisme qui constituerait l'ordinaire de toutes les classes... qui serait la cause de toute révolte poujadiste comme étape vers la révolution, la vraie.

Les ploucs n'ont pas pu entrer dans Paris

Dernier avatar de cette « colère haineuse», le « convoi de la liberté », copié sur le modèle canadien. Que la presse fût veule, « compréhensive », attentive à « tenter de comprendre » en laissant croire que cette colère avec moult drapeaux patriotiques pouvait prendre de l'ampleur, puis complaisante en feignant d'approuver la « colère » de cette mixture de bobos antivax, de ringards gilets jaunes et d'une frange d'extrême droite spécialisée dans la protestation surtout en voitures de luxe et campings-car à 75.000 euros, comme tout prolétaire peut s'en offrir. La police française a bien fait son boulot et nos agitateurs populistes d'une soi-disant « démocratie directe » en ont été pour leurs frais. Outre que manifester en voiture n'est pas très prolétarien, les revendications étaient aussi confuses que stupides. La majorité de la population en France et au Canada ne s'est aucunement sentie concernée ; au Pays de Maria Chapdelaine, à Ottawa, les habitants sont descendus dans la rue en criant « stoppons les débiles » !

A la remorque des ringards gilets jaunes sans tête, le site Matière et révolution d'un ancien militant de base de LO, a rejoint lui les débiles du complotisme et des idiots antivax, publiant un :

« MESSAGE D'ALERTE INTERNATIONAL DE PROFESSIONNELS DE SANTE AUX GOUVERNEMENT ET AUX CITOYENS DU MONDE :

STOP : à la terreur, à la folie, à la manipulation, à la dictature, aux mensonges et à la plus grande arnaque sanitaire du 21e siècle ! »

Après ce complaisant message d'alerte aux gouvernements … bourgeois de la planète, le pseudo R.Paris y va de son cru faussaire :

« Ne comptons ni sur les Etats bourgeois, ni sur les partis réformistes, ni sur les élections, ni sur les bureaucrates syndicaux, ni sur les chefs militaires radicaux ! Organisons nos propres conseils de travailleurs et prenons le pouvoir sur nos luttes comme sur toute la société ! » et il faut lire derrière cette proclamation plus populiste que marxiste les insanités qui suivent sur « le crime covid » !

(à lire ici https://www.matierevolution.fr/ )

UNE HAINE APOLITIQUE QUI SERT A NE PAS PENSER LA POLITIQUE

Dans mon article de début janvier, je parlais de cette haine sans aborder la défection électorale généralisée ni la haine des partis, même par ceux et celles qui en sont membres ; car comme l'a rappelé le petit Fillippot : « pour un parti faut une hiérarchie et un chef » 

« Les divers mouvements de protestation de ces dernières années ont tous en commun une haine de l'Etat, ce qui ne serait pas grave en soi, ni révolutionnaire, mais en premier lieu haine pathologique de toute centralisation ; théorie mère du libertarisme individualiste qui régit désormais le monde entier, et pas seulement le bourbier des réseaux sociaux : je fais ce que je veux, comme je veux et personne n'a à me dicter ma conduite, je peux cracher, tuer, violer, égorger si je me prends pour Allah ou Napoléon, etc. ».

Comment comprendre aussi cette haine des partis ? D'abord cette haine émane des couches petites bourgeoises paupérisées, mais plus encore parce que écartées de la promotion sociale et politique. Haine épidermique qui ne se nourrit que d'envie, de jalousie. On s'en prend aux grandes fortunes, Des bobos trotskiens à l'électorat mitoyen de Mélenchon, on s'en prend aux grandes fortunes qu'on veut piller et « nationaliser », mais pas de programme alternatif de société, un « tous pourris sauf mon clan » qui évite de réfléchir sérieusement. La politique est vue comme un match de football.

Cette colère n'entraîne nullement la classe ouvrière derrière ces agités du bonnet, complotistes et anti-scientifiques. C'est encore heureux. Car sur le terrain économique, la classe ouvrière – même si le mot déplaît et que plus personne ne coche le mot sur les formulaires – montre le bout de son nez avec les grèves annoncées à la SNCF, chez les gardiens de prison et dans d'autres secteurs qui n'ont pas été chloroformés par « l'emprisonnement sanitaire ». Cette oppression a tant stressé les « couches moyennes » si attachées à leur individualisme libertaire, à leurs sorties au théâtre et aux soirées dansantes.

Une vieille édile stalinienne me confiait la semaine dernière regretter une disparition de la « conscience de classe » et la nécessité malgré tout de voter pour une véritable candidate anti-fasciste, Mme Hidalgo : il est vrai qu'elle a les mêmes origines hispaniques que la maire de Paris ; le communautarisme chauvin n'a pas attendu la venue des arabes. Elle défendit aussi la nécessité de créer une nation martiniquaise, une nation guyanaise, tout en défendant le port du voile pour les joueuses de football musulmanes. Lorsque je lui objectais qu'elle se situait sur le même plan de démolition de toute dialectique historique que le wokisme, lequel veut entre autres faire rembourser l'esclavage à l'homme blanc, je m'entendis répondre que le vrai combat est désormais l'antiracisme ; ce que la candidate Arthaud a également affirmé dans son discours électoraliste préliminaire.

Exprimant mon régulier étonnement devant les mues successives de l'esprit stalinien, je dus également faire face à un jeune professeur, membre d'Extinction Rébellion, qui m'objecta qu'il ne fallait pas mépriser le « convoi de la liberté » ; « on ne fera pas la révolution tout seul », me jeta-t-il à la figure.

Certes on ne fera pas la révolution tout seul (pensait-il au prolétariat en me faisant cette objection?), certes, répondis-je, mais pas derrière ce magma de couches petites bourgeoises confuses, réactionnaires au sens originel du terme (= retour en arrière, mythe du chacun chez soi, retour à la terre, refus de la vaccination, etc.). Ces couches rétrogrades s'étendent du « facho » Zemmour au « raciste » l'écolo Jadot, ainsi qu'ils sont stigmatisés par les miettes de la gauche caviar. Zemmour n'est pas un facho mais un nouveau magouilleur du milieu politique des crabes bourgeois à faire regretter les partis classiques antiques ; il ratisse pêle-mêle chasseurs, gilets jaunes, convoyeurs en 4X4, la petite fille Le Pen, et les collectionneurs de timbres, un peu timbrés en général.

Jadot, représentant patenté de l'écologie punitive, n'est pas raciste , mais la doxa antiraciste lui est tombée dessus alors qu'il a maladroitement exprimé une vérité : Zemmour véhicule de sales objectifs nationalistes derrière une identité juive avec laquelle il plastronne comme si tout juif était noble en politique et nullement susceptible de devenir un vulgaire nationaliste.

Enfin ce succès provisoire de partis qui n'en sont pas formellement, mouvance écolo et divers charlots aristos et fachos autour de Zemmour, ne peut remplacer les partis traditionnels, lesquels « encadraient » les diverses couches de la population. Droite et gauche sont mortes d'usure au pouvoir, de saloperies surtout contre la classe ouvrière, d'un démantèlement de cette classe, de la propension de la gauche et de l'extrême gauche bourgeoises à remplacer le prolétariat par un immigrationnisme débile. Les vieux partis comme les syndicats ne peuvent plus encadrer la classe ouvrière, dont une partie est illusionnée par le populisme et sa partie immigrée par l'islam.

Tout ceci explique les explosions sporadiques de colères incontrôlables, mais forcément limitées par des couches sociales aveugles et obtuses.

UNE DERNIERE ETAPE ELECTORALE DE MISE EN SCENE des « fachos » ?

La presse dans son ensemble n'a plus d'yeux de Chimène que pour la bagarre de bistro entre Zemmour et Marine Le Pen, vu l'étiolement des autres candidats loufoques les Taubira, Hidalgo, Lassalle et même du clown utopico-nationaliste Mélenchon que Libération croit voir se pointer au deuxième tour de piste.

Or on pourrait même considérer ce spectacle comme un complot ourdi par la macronie, plus la haine (mot à la mode et parfaitement apolitique) déferlera entre les deux clans, plus la macronie « centriste » pourra tabler sur la victoire de son champion. Toujours avec l'aide de son Philippe Hardi, François Bayrou, Macron ne peut que se réjouir des bagarres picrocholines à droite et à gauche. Au bout, foin de l'abstention massive qui sera gommée par le « vote utile » antifa et antiraciste, pour garantir la survie de Macron au pouvoir cinq années supplémentaires.

Pour terminer, et il faut le dire franchement, l'inexistence temporaire mais criante d'une expression politique révolutionnaire de la classe ouvrière est aussi liée à l'inexistence de vrais partis de classe, non pour encadrer comme tous les partis bourgeois, mais pour affermir l'existence du programme révolutionnaire. Mais ceci sera développé ultérieurement et dans un autre cadre que la cacophonie et l'atmosphère délirante d'un banal concours électoral.

JAURES CONTRE LE VIDE DES GILETS JAUNES ET LE CONVOI DES DEBILES


Il y a plus d'un siècle le grand Jaurès avait déjà contré tous ces révoltés échevelés pour une fausse liberté commerciale et contre ces ânes soi-disant socialistes et cette extrême gauche pleureuse anarchiste pour leur caricature et dénégation du vrai socialisme.

« Il n'y a pas de socialisme, même utopique, là ou, si osée que soit une théorie, si audacieux que soit un plan de société, il n'y a pas désir d'action, appel à l'action, afin de préparer la nouvelle organisation de la propriété et de la société visant à assurer le bien-être de tous ses membres. Les réquisitoires contre la richesse et la propriété, comme les descriptions de sociétés idéales et les rêveries communistes ou humanitaires, sans intention d'application dans un milieu donné, sans viser à une pratique générale, sont des dissertations philosophiques, sociologiques, etc., et non du socialisme.

Il n'y a pas socialisme, même dans le sens le plus restreint, là où, si subversifs que soient un appel à la révolte ou un soulèvement populaire, si démocratique que paraisse une œuvre réformatrice, ces diverses actions ou tentatives, au lieu d'être subordonnées à une théorie générale quelconque de la transformation que doivent subir la propriété et la société dans le but de réaliser le bien-être de tous, sont déterminées par une doctrine religieuse prêchant le renoncement et la communauté (sic), par la tendance à ne régler que des situations spéciales, à se borner à des mesures d'avance estimées transitoires, ou par l'exaspération désordonnée des victimes de trop criants abus. (…) Ce qui est vrai, c'est que la plupart des démocrates crurent à l'efficacité, à tous les points de vue, de la liberté et des droits nominalement égaux qui ne pouvaient complètement profiter qu'à la classe économiquement à même de s'en servir, à la bourgeoisie ».

cf. THERMIDOR ET LE DIRECTOIRE , page 6








lundi 7 février 2022

COMMENT LENINE a ridiculisé POUTINE

 


    Depuis 2014 toute la presse bourgeoise mondiale n'a pas cessé de se féliciter que des milliers (?) de statues de Lénine aient été déboulonnées en Ukraine après la « révolution orange » sponsorisée par la CIA. Poutine a assuré que c'est Lénine qui avait « créé l'Ukraine ». Accusant Lénine « d’avoir avec ses idées «mené à l’effondrement de l’URSS». «Parmi ces idées, l’autonomisation. Il a posé une bombe atomique sous la maison Russie, qui a par la suite explosé. Et nous n’avions pas besoin de la révolution mondiale», a ajouté le président russe, qui venait de couper la parole à un scientifique citant Lénine dans un contexte non politique: https://www.letemps.ch/monde/vladimir-poutine-enterre-doucement-lenine), reprochant à Lénine d’avoir accordé aux républiques socialistes le droit de quitter l’URSS (et donnant raison à Staline qui y était opposé).

    Vladimir Poutine a ensuite qualifié «d’absurde» la décision de Lénine de donner le Donbass à l’Ukraine. Une phrase qui fait écho aux critiques proférées par les nationalistes russes, puis par le Kremlin à l’encontre d’un autre dirigeant soviétique, Nikita Khrouchtchev, lequel a transféré la Crimée à l’Ukraine en 1956. «L’illégalité» du transfert de la Crimée a servi de justification à l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014. Et le Donbass pourrait bien sûr suivre la même voie aujourd’hui, alors qu’il est déjà contrôlé par des forces armées pro-russes.

Il ne va toutefois pas jusqu’à abattre les statues de Lénine, toujours dressées sur les places centrales de toutes les villes russes. Sa position prudente sur l’enterrement de Lénine et son départ de la place rouge, réclamé par les monarchistes, tsaristes et l’église orthodoxe, tient au fait que les « communistes » y sont radicalement opposés.

Etonnant que sur le module de recherche de Google le texte de 1919 de Lénine adressé aux ouvriers et paysans d'Ukraine soit introuvable, même pas noyé au milieu des tonnes de satisfecits face à la chute organisée des statues de Lénine, et d'assimilations grossières au nationalisme grand russien, celui-là même que combattit Lénine. Poutine est plutôt le nouveau Dénikine quand le vieux Biden se la joue Clémenceau.

Cette lettre de Lénine est une leçon pleine de finesse encore valable aujourd'hui dans une situation inquiétante, même si on se laisse dorloter par l'illusion d'une paix désormais éternelle, du fait de l'inévitable « destruction mutuelle assurée », entretenue par tous les médias, faut-il préciser Bourgeois ? Sans oublier les tonnes de mensonges et de commentaires confusionnistes qu'ils déversent à longueur de journée, avec ce simplisme en noir et blanc où Poutine équivaudrait à Lénine et les menées impérialistes et économiques des bandes étatiques occidentales représenteraient la sainte démocratie capitaliste si corrompue et hâbleuse ! Pourquoi mentent-ils tous en masquant la continuité non entre Lénine et Poutine, mais entre Staline et Poutine?

LETTRE AUX OUVRIERS ET PAYSANS D'UKRAINE A L'OCCASION DES VICTOIRES remportées sur Dénikine





Camarades,

Il y a quatre mois, fin août 1919, j'ai eu l'occasion d'adresser une lettre aux ouvriers et aux paysans à propos de notre victoire sur Koltchak.

Aujourd'hui, je reproduis intégralement cette lettre pour les ouvriers et les paysans d'Ukraine à l'occasion des victoires remportées sur Dénikine.

Les troupes rouges ont pris Kiev, Poltava, Kharkov, et marchent victorieusement sur Rostov. L'insurrection contre Dénikine déferle en Ukraine. Il importe de rassembler toutes nos forces pour achever de battre les troupes de Dénikine, qui ont tenté de rétablir le pouvoir des propriétaires fonciers et des capitalistes. Il importe d'anéantir Dénikine pour nous prémunir contre la moindre possibilité d'une nouvelle invasion.

Il faut que les ouvriers et les paysans d'Ukraine soient mis au courant des leçons que tous les paysans et ouvriers russes ont tirées de la conquête de la Sibérie par Koltchak et de la libération de ce pays par les troupes rouges, après de longs mois passés sous le joug des propriétaires fonciers et des capitalistes.

La domination de Dénikine a été pour l'Ukraine une épreuve aussi dure que le règne de Koltchak en Sibérie. Il est certain que les leçons de cette dure épreuve amèneront les ouvriers et les paysans d'Ukraine, comme ceux de l'Oural et de la Sibérie, à mieux saisir les tâches du pouvoir soviétique et à le défendre avec plus de fermeté.

En Grande-Russie, la grosse propriété foncière a été entièrement supprimée. Il faut en faire autant en Ukraine ; et le pouvoir soviétique des ouvriers et des paysans ukrainiens doit consacrer la suppression complète de la grande propriété foncière, la libération totale des ouvriers et des paysans ukrainiens du joug des propriétaires fonciers et de ces propriétaires eux-mêmes.

Mais, en plus de cette tâche et de nombreuses autres qui, aujourd'hui comme hier, se posent aux masses laborieuses de Grande-Russie et d'Ukraine, le pouvoir soviétique en Ukraine a des tâches particulières. L'une d'elles mérite qu'on lui accorde en ce moment une attention exceptionnelle. C'est la question nationale ou la question de savoir si l'Ukraine sera une République socialiste soviétique distincte et indépendante, alliée (fédérée) à la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie, ou si l'Ukraine et la Russie vont fusionner en une seule République soviétique. Tous les bolchéviks, tous les ouvriers et paysans conscients doivent réfléchir sérieusement à cette question.

L'indépendance de l'Ukraine est reconnue par le Comité exécutif central de la R.S.F.S.R. - République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie - et le Parti communiste bolchéviks de Russie. Aussi est-il évident et admis de tout le monde que seuls les ouvriers et les paysans d'Ukraine peuvent décider et décideront, à leur congrès national des Soviets, si l'Ukraine doit fusionner avec la Russie ou constituer une République autonome, indépendante, et dans ce dernier cas, quel lien fédératif doit l'associer à la Russie.

Comment faut-il régler cette question dans l'intérêt des travailleurs, afin d'assurer le succès de leur lutte pour affranchir définitivement le travail du joug du capital?

Premièrement, les intérêts du travail exigent que la confiance la plus entière et l'union la plus étroite existent entre les travailleurs des divers pays, des diverses nations. Les partisans des propriétaires fonciers et des capitalistes, de la bourgeoisie, s'efforcent de diviser les ouvriers, d'attiser les dissentiments et la haine entre nations afin de réduire les ouvriers à l'impuissance et d'affermir le pouvoir du capital.

Le capital est une force internationale. Il faut, pour la vaincre, l'union internationale, la fraternité internationale des ouvriers.

Nous sommes ennemis des haines nationales, des dissensions nationales, du particularisme national. Nous sommes internationalistes. Nous aspirons à l'union étroite et à la fusion complète des ouvriers et des paysans de toutes les nations du monde en une seule République soviétique universelle.

Deuxièmement, les travailleurs ne doivent pas oublier que le capitalisme a divisé les pays en un petit nombre de nations opprimantes, impérialistes, jouissant de tous les droits et privilèges, et en une immense majorité de nations opprimées, dépendantes ou semi-dépendantes, en état d'infériorité légale. La guerre de 1914-1918, criminelle et réactionnaire entre toutes, a accentué cette division et, par suite, augmenté la colère et la haine. Au cours des siècles l'indignation et la méfiance des nations en état d'infériorité légale et dépendantes se sont accumulées contre les nations impérialistes qui les oppriment, des nations comme l'Ukraine contre des nations telles que la Grande-Russie.

Nous voulons une alliance librement consentie des nations, une alliance qui ne tolère aucune violence exercée par une nation sur une autre, une alliance fondée sur une confiance absolue, sur une claire conscience de l'union fraternelle, sur un consentement absolument libre. On ne saurait réaliser une telle alliance d'un seul coup ; il faut la gagner par un travail plein de patience et de circonspection, pour ne pas gâter les choses, ne pas éveiller la méfiance, pour faire disparaître cette méfiance qu'ont laissée les siècles d'oppression des propriétaires fonciers et des capitalistes, de la propriété privée et des haines suscitées par ses continuels partages et repartages.

Aussi, tout en visant sans désemparer à l'unité des nations, en attaquant sans merci tout ce qui les dissocie, nous devons nous montrer très prudents, très patients, très conciliants à l'égard de ce qui reste de la méfiance entre nations. Nous devons être intransigeants, inconciliables sur tout ce qui touche les intérêts primordiaux du travail en lutte pour se libérer du joug du capital. Quant à savoir comment fixer les frontières entre Etats, aujourd'hui, de façon provisoire - puisque nous voulons leur suppression totale - la question n'est pas essentielle, c'est une question secondaire, de peu d'importance. On peut et on doit temporiser, car la méfiance entre nations est souvent très tenace parmi les masses des paysans et des petits exploitants ; toute précipitation pourrait l'accentuer, c'est-à-dire nuire à la cause de l'unité totale et définitive.

L'expérience de la révolution ouvrière et paysanne en Russie, de la révolution d'octobre-novembre 1917, l'expérience de ces deux années de lutte victorieuse contre l'invasion des capitalistes internationaux et russes a montré, clair comme le jour, que les capitalistes ont su exploiter momentanément la méfiance nationale des paysans et des petits exploitants polonais, lettons, estoniens, finlandais, envers les Grands-Russes ; ils ont profité de cette méfiance pour semer momentanément la discorde entre eux et nous. L'expérience a montré que cette méfiance ne s'efface et ne disparaît qu'avec une extrême lenteur, et que plus les Grands-Russes, qui ont longtemps appartenu à la nation oppressive, font preuve de patience et de circonspection, et plus sûrement cette méfiance disparaît. C'est parce que nous reconnaissons l'indépendance des Etats polonais, letton, lituanien, estonien, finlandais, que nous gagnons, lentement mais sûrement, la confiance des masses laborieuses des petits Etats voisins, des masses les plus arriérées, les plus dupées et les plus asservies par les capitalistes. C'est par ce moyen que nous les arrachons plus sûrement à l'influence de «leurs» capitalistes nationaux, pour les amener le plus sûrement à une confiance entière, à la future République unique internationale des Soviets.

Tant que l'Ukraine n'aura pas été entièrement libérée de Dénikine, et jusqu'à ce qu'elle ait réuni le congrès national des Soviets, son gouvernement est le Comité révolutionnaire d'Ukraine. Ce Comité revolutionnaire comprend, à côté des communistes bolchéviks ukrainiens, au titre de membres du gouvernement, des communistes-borotbistes ukrainiens. Les borotbistes se distinguent entre autres des bolchéviks en ce qu'ils sont pour l'indépendance absolue de l'Ukraine. Les bolchéviks ne voient pas là une cause de désaccord ; ils ne voient  aucun obstacle à une collaboration prolétarienne bien comprise. Unis dans la lutte contre le joug du capital, pour la dictature du prolétariat, ce n'est pas sur des questions de frontières nationales et de relations fédératives ou autres, entre Etats, que les communistes se diviseraient. Il y a parmi les bolchéviks des partisans de l'indépendance complète de l'Ukraine, des partisans d'un lien fédératif plus ou moins étroit et des partisans de la fusion complète de l'Ukraine avec la Russie.

Il est inadmissible que la division se fasse pour de telles questions. Elles seront réglées au congrès des Soviets d'Ukraine.

Si un communiste grand-russe insistait sur la fusion de l'Ukraine et de la Russie, les Ukrainiens le soupçonneraient aisément de se laisser guider, en défendant cette politique, moins par le souci de l'unité des prolétaires dans la lutte contre le capital, que par les préjugés du vieux nationalisme, de l'impérialisme grand-russe. Cette méfiance est naturelle et, jusqu'à un certain point, inévitable et légitime, car les Grands-Russes, sous le joug des propriétaires fonciers et des capitalistes, ont été, durant des siècles, nourris des préjugés honteux et abjects du chauvinisme grand-russe.

Si un communiste ukrainien insistait sur l'indépendance absolue de l'Ukraine, on pourrait le soupçonner de défendre cette politique non du point de vue des intérêts momentanés des ouvriers et des paysans ukrainiens en lutte contre le joug du capital, mais sous l'empire de préjugés nationaux petit-bourgeois, petit-propriétaires. L'expérience nous a montré des centaines de fois comment les «socialistes» petit-bourgeois de divers pays - tous ces pseudo-socialistes polonais, lettons, lituaniens, les mencheviks géorgiens, les socialistes-révolutionnaires, etc., - se camouflaient en partisans du prolétariat, à seule fin de faire passer en fraude une politique d'entente avec «leur» bourgeoisie nationale contre les ouvriers révolutionnaires. Nous l'avons vu en Russie, de février à octobre 1917, par l'exemple de Kérenski ; nous l'avons vu et nous le voyons encore dans tous les pays sans exception.

Ainsi donc, la méfiance réciproque entre communistes grands-russes et communistes ukrainiens apparaît fort aisément. Comment la combattre ? Comment la vaincre et conquérir la confiance réciproque ?

Le mieux est de collaborer à la défense de la dictature du prolétariat et du pouvoir soviétique dans la lutte contre les propriétaires fonciers et les capitalistes de tous les pays, contre leurs tentatives de rétablir leur toute-puissance. Cette lutte commune montrera clairement dans la pratique que, quelle que soit la solution donnée au problème de l'indépendance ou des frontières, les ouvriers grands-russes et ukrainiens ont absolument besoin d'une étroite alliance militaire et économique, sans quoi les capitalistes de l'«Entente», c'est-à-dire de la coalition des pays capitalistes les plus opulents, Angleterre, France, Amérique, Japon, Italie, nous écraseront et nous étoufferont l'un après l'autre. Notre lutte contre Koltchak et Dénikine, tous deux subventionnés et armés par ces capitalistes, a montré clairement ce danger.

Quiconque porte atteinte à l'unité et à l'alliance la plus étroite des ouvriers et des paysans grands-russes et ukrainiens aide les Koltchak, les Dénikine, les capitalistes rapaces de tous les pays.

C'est pourquoi nous, les communistes grands-russes, nous devons combattre de la façon la plus rigoureuse, dans notre milieu, les moindres manifestations de nationalisme grand-russe, car ces manifestations, étant en général une véritable trahison du communisme, sont éminemment nuisibles, puis qu'elles nous séparent de nos camarades ukrainiens et font ainsi le jeu de Dénikine et consorts.

Aussi devons-nous, nous les communistes grands-russes, être conciliants quand nous avons des divergences avec les communistes bolchéviks ukrainiens et les borotbistes, lorsque ces divergences portent sur l'indépendance de l'Ukraine, les formes de son alliance avec la Russie et, d'une façon générale, sur la question nationale. Mais que nous soyons communistes grands-russes, ukrainiens ou de toute autre nation, nous devons tous nous montrer intransigeants, inconciliables sur les questions essentielles, capitales, identiques pour toutes les nations, à savoir : la lutte prolétarienne, la dictature du prolétariat, l'inadmissibilité d'une entente avec la bourgeoisie, l'inadmissibilité de la division des forces qui nous défendent contre Dénikine.

Vaincre Dénikine, l'anéantir, rendre impossible le retour d'une semblable invasion, tel est l'intérêt vital des ouvriers et paysans grands-russes comme ukrainiens. Cette lutte est longue et difficile, car les capitalistes du monde entier soutiennent Dénikine et soutiendront les Dénikine de tout acabit.

Dans cette lutte longue et difficile, nous, les ouvriers grands-russes et ukrainiens, nous devons demeurer étroitement unis, car, séparés, nous ne pourrions certainement pas nous tirer d'affaire. Quelles que soient les frontières de l'Ukraine et de la Russie, quelles que soient les formes de leurs rapports d'Etat à Etat, là n'est pas l'important ; on peut et l'on doit, en l'occurrence, faire des concessions, essayer une solution, une autre, puis encore une autre : la cause des ouvriers et des paysans, la victoire sur le capitalisme, ne sera pas pour autant perdue.

Tandis que si nous n'arrivons pas à maintenir entre nous l'étroite union contre Denikine, contre les capitalistes et les koulaks de nos pays à nous et de tous les autres, la cause du travail sera certainement perdue pour de longues années, en ce sens que les capitalistes pourront alors écraser et étouffer autant l'Ukraine soviétique que la Russie soviétique.

La bourgeoisie de tous les pays, ainsi que tous les partis petits-bourgeois, les partis «conciliateurs» qui acceptent l'alliance avec la bourgeoisie contre les ouvriers, se sont surtout efforcés de diviser les ouvriers des différentes nationalités, d'attiser la méfiance, de détruire l'étroite union internationale et la fraternité internationale des ouvriers. Si la bourgeoisie y parvient, la cause des ouvriers est perdue. Que les communistes de Russie et d'Ukraine parviennent donc, au prix d'un travail commun, patient, opiniâtre et tenace, à vaincre les menées nationalistes de toutes les bourgeoisies, les préjugés nationalistes de toute espèce ; qu'ils donnent aux travailleurs du monde entier l'exemple d'une alliance vraiment solide des ouvriers et des paysans des différentes nations dans la lutte pour le pouvoir des Soviets, pour l'abolition du joug des propriétaires fonciers et des capitalistes, pour une République soviétique fédérative du monde entier.

28.XII.1919.

 PS: pour une analyse plus sérieuse de la tension actuelle avec la Russie, lire l'OBS: https://www.nouvelobs.com/monde/20220207.OBS54163/ukraine-pourquoi-la-russie-souhaite-la-fin-de-l-expansion-de-l-otan-en-europe-de-l-est.html?M_BT=58563637324670#xtor=EPR-2-[ObsActu17h]-20220207

 

Le rapprochement franco-russe ce 7 février!