"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 4 novembre 2021

POURQUOI LA CLASSE OUVRIERE est opposée à l'immigration massive ?

 



(pour un véritable internationalisme)


« Il y a lieu d’insister sur la mise en place d’un système de production fondé sur l’esclavage par la reconstitution des stocks d’esclaves, car cet élément joue un rôle important dans la reconstruction de l’histoire de l’esclavage dans le contexte africain ».

Paul E. Lovejoy (Historien de la diaspora africaine, professeur à York University, Toronto)


« ...est dénié le fait que l’on peut se penser « de France » sans être juridiquement français, sans en avoir la nationalité. « L’Algérie, aujourd’hui, c’est quoi pour vous ? » « C’est mon pays, c’est là où je suis né, c’est là-bas que j’ai grandi. Mais quand je vois l’équipe de France jouer au foot, qu’ils ont gagné la coupe du monde, on a fait du bruit. La France, on aime beaucoup aussi. Je pense que j’ai quand même deux pays : la France, dans laquelle je suis en train de vivre, et l’Algérie, c’est mon pays, ma famille, mes racines. » (Entretien avec un ouvrier algérien, retraité de Renault-Billancourt, juillet 1999) par Laure Pitti (Grèves ouvrières versus luttes de l'immigration : une controverse entre historiens)

« Le prolétariat qui ne veut pas se laisser traiter de canaille a besoin du courage, du sentiment de sa dignité, cde sa fierté et de son esprit d'indépendance beaucoup plus encore que de son pain ». Marx

« Les travailleurs immigrés sont agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises. »  Pierre Mauroy, Premier ministre, 27 janvier 1983.

Mon titre est quelque peu provocateur, ai-je fait un sondage, ai-je testé un certain nombre de prolétaires à l'usine, au bureau, dans la rue ? Cela est hors de mes moyens personnels et financier évidemment. Mais les sondeurs, l'Etat et ses politiciens ne se gênent-ils pas pour dire au peuple ce qu'il doit penser ? Nos antiques révolutionnaires du CCI, dont le site n'est plus qu'une copie du Monde Diplo où il n'est plus question que d'analyses géostratégiques et de veilles rancunes entre sectes – car ils n'ont plus une grève extensive à se mettre sous la dent – ne passent-ils pas leurs radotages à invoquer le rôle messianique d'une classe ouvrière dont ils n'analysent jamais les mutations ni les contre-indications ou récupérations par l'ordre bourgeois ? (*) Le ton général et professoral peut parfaitement convenir à ces 60% diplômés de Paris, mais les millions du territoire et du terroir produits par ce système scolaire bâtard préfèreront bien plutôt des discours populistes et souverainistes plus accessibles même s'ils sont superficiels, mensongers, et surtout évitent de réfléchir.Nous allons au contraire innover contre le simplisme de la notion de décomposition du capitalisme et sans doute démontrer qu'il se passe quelque chose d'autre, pas seulement avec l'immigration et la délinquance ni une quelconque islamophobie1.

Pierre Mauroy ne faisait que dénigrer la lutte de classe, en tant que gouvernant bourgeois et appendice du monarque Mitterrand ; nous le vomissions à l'époque. L'ouvrier immigré dans l'usine n'est pas d'abord musulman mais ouvrier et avec une conscience de ses intérêts de solidarité de classe. Laure Pitti, dans une revue en 2001, par un article superbe et profond, rappelle également comment le PCF chauvin avait mis l'accent lourdement sur une « lutte d'immigrés »2. On pouvait y détecter déjà l'abandon de la classe ouvrière à l'instigation de Terra nova, cercle franc-mac aux basques de Mitterrand, et la mise en route de l'idéologie antiraciste comme morale interclassiste pour favoriser les communautarismes et par conséquent l'invisibilation de la classe ouvrière en même temps que sa division. Une autre auteure, Maryse Tripier a retenu notre attention avec sa thèse :L'immigration dans la classe ouvrière en France.

Elle retrace l'histoire de l'immigration en France depuis le milieu du 19ème siecle. Puis elle montre que ce pays a connu deux grandes vagues migratoires au cours du 20ème siècle. Les premières générations d'immigrants sont composées essentiellement d'ouvriers. Leur statut d'étranger au moment de 1914 (même si on les envoie aussi au casse-pipe) et le moment des guerres de décolonisation tendent à les exclure de la vie sociale et politique. Par contre, les générations issues de l'immigration se francisent rapidement. Par l'ancienneté de leur présence et le poids de leur descendance, les ouvriers étrangers sont une racine essentielle de la classe ouvrière et de la population française. Les ouvriers étrangers ne dépassent jamais 15% des effectifs ouvriers mais leur répartition est très contrastée. L'analyse des recensements généraux de la population depuis 1945 montre que les étrangers sont concentrés dans les villes, l'industrie et les emplois ouvriers non-qualifiés. Les formes de leur insertion sociale et professionnelle ont varié selon les conjonctures d'emploi, les nationalités d'origine, les régions d'arrivée, les ressources communautaires. Elle ne cache pas, dans le sens d'un Marx, qu'en temps normal l'emploi ouvrier n'a jamais été protégé de la concurrence entre ouvriers français comme entre ouvriers immigrés. De pus, mieux que les ouvriers français des petites unités de travail en province, ces ouvriers immigrés en ville, comme leurs camarades français urbanisés, n'étaient plus des « ploucs » !

Peut-on dire aujourd'hui que les ouvriers immigrés (pas les immigrés en général comme aime à le radoter le pouvoir dominant et ses larbins journalistes) sont encore « une racine essentielle de la classe ouvrière » ? Marx a constaté comme nous plus tard que l'esclavage a été supprimé mais remplacé par... l'esclavage salarié, et cela mondialement. Venons-en d'abord à l'esclavage proprement dit en écoutant anthropologues et physiciens.

Sur les esclaves énergétiques

Il vaut d'écouter sa fameuse conférence en 2012 du physicien Etienne Klein sur le web sur le sujet3 : De quoi l'énergie est-elle le nom ?

Il écrit par ailleurs que dans son ouvrage intitulé Des Esclaves énergétiques. Réflexion sur le changement climatique, l’historien Jean-François Mouhot osait un parallèle symbolique entre la condition des esclaves dans l’Antiquité et celle de nos machines. Il voulait démontrer que le recours aux énergies fossiles n’est pas éthiquement neutre, qu’il devrait même nous conduire à poser des questions analogues à celles qui tourmentaient les sociétés ayant recours à l’esclavage. Et il fait partie des savants qui ont établi un lien entre découverte du pétrole et esclavage ; ce que développe brillamment Hichel Abdel Gawad dans un superbe ouvrage4 : « … le travail (souvent musculaire) fourni par l'être humain était à l'Ancien monde ce que les énergies fossiles sont à notre monde (…) on pourrait dire que le mode de vie d'un occidental moyen correspondrait dans l'Ancien monde au mode de vie d'une personne qui possédait 150 esclaves »5. Hicham s'appuyant sur la conférence de Klein, rapporte lui aussi qu'on n'a pas été sans remarquer une troublante concomitance entre l'abolition de l'esclavage et la découverte du pétrole, donc que « la découverte du pétrole, ce qui sous-entend que le prodigieux rendement du pétrole a rendu la rentabilité de l'esclavage complètement obsolète ». Je viens de voir le film « Lincoln » avec l'excellent Daniel Day Lewis, très émouvant mais superficiel, et baigné dans l'idéologie d'une bourgeoisie « progressiste » bien trop confondue avec sa pourriture actuelle. Les premiers puits sont forés en Allemagne en 1857, mais le tournant majeur est opéré aux Etats-Unis en 1859 en Pennsylvanie. L'esclavage avait été brièvement supprimé en 1794 puis réinstauré par Napoléon, puis nouvelle abolition en 1848. L'Angleterre fait exception en 1807, mais n'est-ce pas le pays qui va lancer la révolution industrielle ? Aux Etats-Unis c'est en 1863 grâce à Lincoln, et c'est de ce moment que Marx définit la bourgeoisie comme progressiste6. La révolution industrielle se déroule surtout pendant la seconde moitié du XIXème siècle et le pétrole a percé vers 1857 quand l'esclavage est de plus en plus dénoncé mais en apparence d'un point de vue humanitaire...

Revenons à Klein, et à la finalité qu'il envisage, avec la fin envisagée à son tour de l'esclavage pétrolier (pas de l'esclavage salarié) :

« En juin 2016, même si elles furent provoquées par des blocages et non par de véritables pénuries, les files d’attente devant les stations-service nous ont offert une occasion supplémentaire de prendre conscience de ce qu’il convient d’appeler notre « servitude énergétique » : nos sociétés sont de plus en plus dépendantes de sources d’énergie pour l’essentiel fossiles, et elles savent que pour entretenir leur système de production et de consommation, elles doivent continuer à « croître », c’est-à-dire à disposer de plus en plus d’énergie de plus en plus rapidement. Or, à la différence des précédentes crises, où la découverte d’une nouvelle source d’énergie primaire semblait suffire à résoudre le problème en relançant un cycle de croissance, nos sociétés se savent désormais menacées par les effets nocifs et irréversibles que provoque leur mode de développement. Elles se trouvent ainsi mises dans un cercle vicieux : le mouvement continu de ce cercle n’est possible qu’à la condition que la croissance ne s’arrête pas ; or le combustible de cette croissance, lui, risque de s’épuiser un jour ».

Evident mon cher Watson ! Comme il m'apparaît évident que de même que l'Arabie Saoudite se dépêche d'investir ailleurs que dans le pétrole vu la perspective de son épuisement, de même le monde se retrouve en quelque sorte à l'époque de l'esclavage antique jusqu'au 19ème siècle, ce qui explique le besoin pour le capitalisme de cette immigration massive qu'il instaure et provoque comme je le développerai par après ; on s'attend pour les prochaines années à l'arrivée de 150 millions de migrants aux portes de l'Eldorado européen ; c'est plus qu'une banale question humanitaire ou la peur de l'étranger mais une implosion du capitalisme, à moins comme le pensent déjà les généraux qu'une guerre mondiale résolve ce « grand déplacement ».

Laissons de côté pour l'instant l'Apocalypse programmée. Donc même si on n'a plus de pétrole un jour - déjà ça craint par la concurrence ou des stocks invendables et surtout par les restrictions face au réchauffement climatique, qui risquent même d'obliger à laisser les puits à pétrole pleins ! - on trouvera des bras ! L'esclavage a concerné tous les types de société, et n'est pas le fait du seul homme blanc comme l'affirment les crétins révisionnistes et négationnistes de la cancel culture. Laissons encore une fois Hicham l'expliquer, toujours du point de vue énergétique :

« Sur le plan historique ce n'est un secret pour personne : l'esclavage a été pratiqué par les Arabes, tout comme il l'a été par les Romains, les Grecs et tout le monde de l'Antiquité tardive, car cette pratique faisait partie de l'économie commune ».

Les Africains par le passé, ont fait le commerce des ancêtres des Noirs des Antilles. L'esclavage convenait principalement à la production agricole, surtout pour la canne à sucre et pour la production agricole en général. Il devint caduque et incompatible avec la première révolution industrielle, pour deux raisons :

  • l'esclave devait être sans cesse surveillé et battu sinon ils s'enfuyait ou se révoltait violemment ;7

  • l'esclave salarié moderne devait salarié, être fidélisé sur le lieu de travail mais en même temps pouvoir  « immigrer » spontanément partout où un industriel avait besoin de bras.

L'esclavage n'a jamais cessé sous d'autres formes. Après la Seconde Guerre mondiale, les Nations Unies et l'OIT continuèrent leurs enquêtes sur la servitude et la dénégation des droits de l'Homme. L'esclavage de possession fut rendu illégal partout dès 1970, même s'il persistait dans quelques endroits reculés. Toutefois, d'autres formes d'exploitation, connues aujourd'hui sous le nom d'« esclavage contemporain », connaissaient un grand développement. Parmi elles figurent la servitude pour dettes, la prostitution forcée, le trafic d'êtres humains, le travail des enfants, l'exploitation de la main-d'œuvre, le tourisme sexuel, les enfants-soldats et l'adoption d'enfants en vue de leur exploitation. Elles sont toutes alimentées par les disparités de richesse entre les nations, les petites guerres, l'amélioration des communications, le blanchiment de l'argent et la montée du crime organisé . On peut y ajouter les migrants coincés en cours de route dans un pays pauvre ou dans de grands camps, qui trouvent parfois à s'employer pour une bouchée de pain, après avoir été exploités et dévalisés par les passeurs.

SUR LES IMMIGRES en général « instrumentalisés »

Il y a immigré et immigré comme il y a français et français. Il y a d'honnêtes gens comme il ya des gens malhonnêtes. Les tendances aux migrations pour toutes sortes de raisons ont toujours existé et ne cesseront pas. Les italiens ou les espagnols avant guerre n'étaient pas visibles, mais par exemple à Paris dans certains quartiers dans la journée, je sais que je ne suis plus en France. Ce n'est même pas métissé comme le rêve Hidalgo mais comme une ville d'Afrique ou créolisé pour un Mélenchon qui rêve de passer ses vacances à la Réunion. Mio je m'en moque, j'aime bien les couleurs et l'ambiance que crée les africains, mais je comprends que d'autres considèrent la théorie du « grand remplacement ». Il n'y a aucun problème pour la bourgeoisie qui a besoin de « travailleurs corvéables » et « redevables ». L'ouvrier immigré qui a trouvé un travail, veut ensuite comme l'ouvrier français que ses enfants réussissent mieux, c'est normal après tout, mais en réalité souvent en situation de boulots précaires, soumis au chantage aux « papiers », le prolétaire immigré ne peut pas se placer du point de vue de classe mais de la démerde. Gilles Kepel constaté en 2000, une chose que j'ai souvent notée, contrebattant un irénisme politique « internationaliste » :

« Ainsi, il y a quelques décennies, les enfants d'immigrés du Sud et de l'Est européen, prolétaires et communistes, étaient devenus au terme de leur prise en main par le parti et les syndicats et de l'ascension sociale qui s'était ensuivie, des petits bourgeois français, sans plus d'attache avec le marxisme-léninisme ni d'allégeance au pays d'origine de leurs parents »8.

Je répète ce que j'ai dit dans mes précédents articles la différence de période entre hier et aujourd'hui ne peut pas s'expliquer par la simple notion de décomposition, qui est devenue un gimmick pour certains curés et pierre philosophale pour d'autres. Ce qui ne diminue en rien la gravité de la situation mondiale. Jusqu'à nos jours les bourgeoisies nationales ont toujours utilisé les immigrés contre la classe


ouvrière quand des révoltes éclataient : étrangers, bandits, violeurs d'enfants, etc. Aujourd'hui c'est tout le contraire. La radio gouvernementale, France Inter, fait la promo ces jours-ci d'un livre honorant l'ex-chancelière Merkel qui a su si bien intégrer un million de migrants en 2015, alors qu'en France on râle contre à peine quelques milliers (oubliées les agressions sexuelles à Cologne...qui compte 45 mosquées et un maire écolo). Oublié le fait que l'auguste vassale des United States n'a pas recommencé et qu'elle a fait refermer ses frontières. Non pris en compte que la masse d'ouvriers turcs exploités en Allemagne sont cornaqués par l'islam et Erdogan, donc cloisonnés par rapport au reste de la classe ouvrière en Allemagne ; prise en charge que l'Algérie aimerait aussi établir pour ses ressortissants... Le milieu turc est lui-même très cloisonné et organisé en France et nos patrons du bâtiment friand des anatoliens.

Les chiffres de l'immigration réelle sont très difficiles à évaluer, et le gouvernement les minore comme le reconnaissent plusieurs démographes. Il ne peut pas savoir non plus l'ampleur de la migration clandestine. Mais même si les chiffres sont de l'ordre de centaines de milliers, la situation est plus complexe, compte tenu de la baisse de natalité, comme l'analyse le journal La Croix : « Autre phénomène inédit mis en lumière par l’étude de l’Insee : la France est en train de devenir un pays d’émigration pour la première fois de son histoire. « 150 000 personnes nées en France ont quitté la France chaque année entre 2014 et 2016 et depuis 2006, le pays perd en moyenne 110 000 jeunes de 18 à 29 ans chaque année, qui partent à l’étranger et ne reviennent pas ensuite, constate Jérôme Lê, auteur de l’étude. On le voit nettement sur l’ensemble de la période étudiée : les jeunes partis en 2006 ne sont pas revenus alors qu’ils ont aujourd’hui entre 30 et 40 ans.(...) Leur départ prive le pays d’une sorte de retour sur investissement. Qui ne peut être compensé par des arrivants aux profils variés mais qui ne présentent pas, souvent, les mêmes capacités d’intégration professionnelle. Ainsi, 27 % des personnes originaires d’Afrique, largement majoritaires parmi les immigrés extra-européens, sont actuellement au chômage, selon l’Insee »9.

Ce n'est pas par internationalisme que nombre d'ingénieurs quittent la France mais pour doubler ou tripler leurs revenus à l'étranger.

On ne peut que constater qu'il y a un fossé entre les compétences recherchées, plutôt des ingénieurs que des manœuvres, et que nombre d'arrivants immigrés sont surtout des manœuvres. Ce n'est pas une contradiction nouvelle, elle existe aussi chaque année en France où un million de jeunes sortent du cycle scolaire sans diplômes ! Jadis cela relevait de la paupérisation et du maintien des inégalités, actuellement de l'impéritie bourgeoise et toujours de la confirmation des inégalités ! Nombre d'arrivants se retrouvent donc le bec dans l'eau mais la France possède un système d'aides sociales assez unique au monde, et l'ouvrier qui n'est pas militant de RI ni prof, fait la queue pour obtenir un HLM ou un revenu social derrière des gens qui, souvent, n'ont jamais travaillé en France et qui viennent d'arriver... après cela l'accusation de xénophobie c'est du pipi de chat.

Globalement, toute personne intelligente ne peut en vouloir aux « derniers arrivés » ni les jalouser s'ils obtiennent aussi un logement et l'inscription de leurs enfants à l'école (où ils sont désormais la majorité dans des classes de banlieue). Il nous faut comprendre que c'est le système qui s'est emparé de la question migratoire pour en faire une arme de division du prolétariat mais question qui, « cultuellement » et indépendamment, divise aussi parfois avec raison le prolétariat, ainsi de la construction des mosquées et du port du voile. Cela n'est pas nouveau l'encadrement religieux a toujours plus ou moins existé. Jadis les groupes d'ouvriers portugais montaient en France avec le curé de leur village.

Avec l'islam c'est différent, il n'y a pas un petit, un moyen et un grand islam, c'est la même source d'inspiration avec mille interprétations différentes, une guéguerre permanente entre chaque clan et secte, mais toujours cette complicité sournoise vérifiée par le silence après chaque attentat par binationaux et non-nationaux. Le prolétariat conscient sait aussi que l'islam enseigne des idioties. Il faudrait se contenter de dénoncer le capitalisme et sa décomposition pour ne pas s'associer... à la xénophobie bourgeoise. En face, la volonté d'imposer l'islam comme pouvoir sur l'Europe est pourtant


sans nuance de la part des salafistes, mais sur d'autres plans l'infiltration tactique est, elle, permanente comme vient de le démontrer la ridicule affiche d'une secte proche des frères musulmans, et avalisée par le Conseil de l'Europe, affirmant que le voile c'est la liberté de choix, comme l'assurent aussi tous les islamo-gauchistes et leurs consoeurs féministes. La menace d'égorgement - celui réalisé du prof Paty - soutenue par des écoliers arabes et via les réseaux sociaux est une réalité dégueulasse qui oblige à protéger en permanence des dizaines de personne en France, dont la petite Mila encore pourchassée par la haine des petits Allah de quartier, cachés derrière leur écran. N'est-ce pas plutôt cela la xénophobie musulmane qui se croit permis non de discuter ou déplorer pacifiquement, mais de menacer de tuer pour un regard ou une réflexion. Sans doute la faute à l'émoliente décomposition et à la haine des victimes du Bataclan et de tous ces dessinateurs qui ont osé moquer le prophète.

C'est l'expression de la guerre de tous contre tous et de la part surtout de merdeux de 16 piges à peine (voire moindre) que Hidalgo voudrait voir voter. Si cette haine musulmane n'était pas aussi échevelée et merdique, on pourrait imaginer être en pré-guerre mondiale. Mais pour aller à une guerre mondiale il faut une réelle discipline et communauté de pensée nationaliste qui est exclue pour l'individualisme musulman, dont la fureur contre les étoiles est plutôt représentative d'une désobéissance anarchique complètement nihiliste dans une société en fin de course.

L'immigration ouvrière jadis s'intégrait sans gros problème. On avait renvoyé des milliers d'italiens à la veille de 1939, et ils avaient en partie pu revenir après guerre. Aujourd'hui, l'Etat français ne peut pas renvoyer les indésirables, les délinquants même s'ils recommencent leurs forfaits, le pouvoir est à Bruxelles ou dans les banques. Les juges anciens troublions gauchistes et leurs potes avocats sont laxistes à souhait.

Evidemment la situation insupportable, sauf pour les bobos parisiens à vélo ou en trottinette, est visible par tous, ce qui explique le succès géant de Zemmour que la gauche espère tuer dans l'oeuf en le traitant de facho. Evidemment que les grouillots de la magistrature n'y sont pour rien, ils ne font qu'obéir aux ordres du pouvoir. Or le pouvoir depuis des décennies a besoin du vivier humain des pays du Sud. C'est pourquoi il a toujours soutenu les dictatures, les roitelets, les militaires. C'est pourquoi toute démocratie parlementaire (bourgeoise) dans ces pays est minée à la base et jamais soutenue autrement que par du bla-bla public. La colonisation avait empêché le développement industriel de ces pays, et la décolonisation a continué à organiser le pillage de leur matière première avec la totale complicité des dictateurs régionaux, et avec en premier lieu ce besoin des « esclaves énergétiques », des travailleurs faiblement salariés. On importe des hommes comme on importe du pétrole qui n'est plus profit pérenne, même si c'est sale et sanglant. Certains ont tendance à comparer cette infamie au XIX ème siècle, je ne le pense pas et je dirai pourquoi après.

Alors que le pétrole avait permis l'abolition de l'esclavage, l'immigration pose la question de l'abolition du capitalisme ! Laquelle migration généralisée est devenue l'injustice suprême et une honte universelle quand, ne croyant pas à la possibilité de chaque bourgeoisie d'accueillir toute la misère du monde, les millions de prolétaires ont compris qu'elle les étouffe et n'a aucune solution, qu'elle est emportée elle-même par le courant dévastateur, plus grave que la pollution, plus déstabilisant. Parce que la pollution climatique n'est qu'un nouvel œcuménisme qui fait croire à une hypocrite communion universelle pour sauver le capitalisme et l'enrichissement des milliardaires écologistes.

La délinquance généralisée, qui n'est pas en soi un fait lié à l'immigration, qu'elle soit en partie de la part d'autochtones ou d'immigrés et dans tous les pays, consacre malheureusement non un renouvellement de la fracture bourgeoisie/prolétariat mais une fracture plus confuse entre dominants-gouvernants et dominés-gouvernés, où les dominants-gouvernants prêtent plus d'attention aux couches moyennes (la petite bourgeoisie des villes) et à une immigration nécessaire mais envahissante pour la classe ouvrière française ou pas spécialement française mais réduite au chômage. Cette fracture n'est pas révolutionnaire, mais récupération et manipulation. Le système Macron reprend en pré-campagne les soucis des identitaires, il dénonce la cancel culture et le wokisme qui n'intéresse guère dans les chaumières. Il s'inquiète du niveau de vie, du prix de l'essence, il accorde des aides financières aux jeunes, il souhaite modérer l'immigration.

LA DISPARITION DE L'ETAT DANS LA RELIGION OU LA RELIGION ETATIQUE ?

L'Etat bourgeois est en décadence, tout le monde peut le reconnaître. Le terme de décomposition n'est pas le plus adapté. On se chamaille souvent dans les médias sur la souveraineté disparue de la France face au gouvernement européen obscur et contraignant. On a vu dans l'affaire des sous-marins destinés à l'Australie que Macron s'était couché devant Biden, lequel s'est moqué une deuxième fois en disant que les States avaient été maladroits. Etat national ridicule ou effacement de l'Etat dans la mondialisation qui implique un retour de la religion, la nature ayant horreur du vide ? Sur nombre de questions, pas seulement l'immigration mais sur le réchauffement climatique et les virus, on a un « Etat fantôme », inexistant ou dépassé par les événements, qui ne maîtrise plus rien. La transition vers une autre société, si l'humanité ne succombe pas au réchauffement terrien, va-t-elle s'opérer vers un retour à l'âge de pierre de la superstition ou déboucher sur un Etat religieux, ou ce messianisme communiste dont semble se ficher le prolétariat moderne ? L'Etat a-t-il créé la religion ? Finit-il en religion ? Je vous laisse réfléchir avec des anthropologues, qui ont lu et apprécié notre anthropologue marxiste, Engels, qu'on dit pourtant dépassé aujourd'hui.

Que se passait-il au moment de la décadence des Etats dans le lointain passé ? Une décomposition ou un effacement pour quelque chose d'autre ? Laissons la parole à l'anthropologue Maurice Bloch10 :

« On aurait pu penser que, quand les Empires et les royaumes s’effondrent, ce qu’ils font inévitablement, un sentiment de soulagement se serait fait sentir dans la population. Tel n’est pas exactement le cas, car c’est précisément alors qu’un phénomène, qui a fasciné l’anthropologie depuis Frazer, et même bien avant, se manifeste. Ce phénomène est ce que l’on pourrait appeler l’apparition de « l’État fantôme ». C’est aussi alors qu'apparaît quelque chose qu’on peut faire correspondre à ce que le mot contemporain « religion » évoque. L’Afrique nous offre un grand nombre de cas de ces royaumes qui, ayant perdu toute signification politique, continuent de survivre sous une forme qui pourrait être qualifiée de rituelle. Les nombreuses et fameuses discussions concernant la royauté shilluk illustrent bien l’importance théorique de ce genre de manifestations. Madagascar nous offre également des exemples de ce type de phénomènes. Ils y ont été particulièrement bien étudiés par les anthropologues dont les analyses nous montrent que le terme survivre n’est probablement pas le bon, car nous avons affaire non seulement à une continuation, mais aussi à la création de quelque chose de totalement nouveau ».

« Gillian Feeley-Harnik et Michael Lambek  parmi d’autres (G. Feeley-Harnk, A green Estate, 1991; M. Lambek, The Weight of the past, 2002), ont étudié la manière dont les royaumes sakalava du nord-ouest de l’île continuent une sorte d’existence après que le pouvoir colonial leur eut supprimé tout pouvoir politique et militaire. Mais cette existence prend la forme de la possession de médiums par les anciens souverains. Les rois défunts et leurs conseillers continuent de vivre en tant qu’esprits dans le corps de médiums installés dans les anciens hauts lieux royaux par des rituels grandioses. Ces auteurs montrent en particulier comment on peut considérer le développement de ce phénomène en conjonction avec le processus de colonisation. L’Empire shona en est un autre exemple. Depuis le XVIIe siècle, il continue de la même manière au Zimbabwe. Cette survie n’est pas simplement fantasmagorique, elle possède une grande importance politique. Ainsi, l’alliance avec les esprits des anciens dominants, grâce au truchement des médiums, a-t-elle eu une importance clef pour le succès de la résistance de ZANUà la Rhodésie (cf. D. Lan, Guns and Rain, 1985). Il existe une multitude d’autres exemples de la survie de « l’État après l’État » en dehors de l’Afrique, notamment celle fournie par Clifford Geertz dans son étude des rituels du royaume balinais colonisé par les Hollandais (Geertz, Negara,1980) .

Comment comprendre ce phénomène de la survie de l’État après l’État ? Je crois que les suggestions de Terray sont particulièrement pertinentes. Il souligne comment l’État s’est d’abord rendu « nécessaire » sur le plan légal et politique, simplement par la destruction des institutions qui, auparavant, remplissaient ces rôles. Nous avons le même genre de phénomène sur le plan symbolique. Comme je l'ai suggéré plus haut, si ce que j’ai appelé le transcendantal est essentiel pour toute organisation sociale humaine, le transcendantal des entités sociales conquises est en grande partie détruit par son absorption dans le transcendantal de l’État qui les remplace. Ainsi, quand ces États eux-mêmes disparaissent, ils laissent un vide qui demande à être rempli le mieux possible. Il est remplacé, de manière toujours incomplète, par l’État fantôme ou la « religion », car c’est alors qu’apparaissent des phénomènes qui correspondent un peu mieux à ce que ce mot évoque.

En guise de conclusion, il me semble que le fait que ces manifestations de l’État après l’État correspondent, à un certain point, à ce que le mot français « religion » peut évoquer n’est pas simplement dû à une illusion ethnocentrique mais serait dû aux conséquences d'événements historiques semblables. Ainsi, les trois religions abrahamiques, qui ont inévitablement informé le développement du sens du mot « religion », seraient, elles aussi, des exemples d'effets de l'effondrement de l'État.

Prenons, tout d’abord, l’histoire du Judaïsme. La plupart des historiens de cette religion seraient d’accord avec la proposition selon laquelle le Judaïsme a pris son caractère de religion monothéiste, associé à des règles d’origine divine précises concernant la pureté et la morale, pendant la période de la captivité babylonienne. Les prophètes les plus importants auraient écrit pendant leur captivité en ayant en mémoire le temple et l’État de Jérusalem qui avait été détruits par les Babyloniens. Parmi ces prophètes, le plus important est certainement Isaïe, plus particulièrement celui des versets attribués au Deutéro-Isaïe.

Ainsi, le Judaïsme serait-il l'exemple d’une religion du souvenir de l’État et de ses rois disparus, mais expédiés au ciel.

L’origine du Christianisme, comme religion organisée, et centralisée partage certains de ces éléments. Constantin, à qui la création du Christianisme romain est toujours attribuée, est un empereur qui apparaît immédiatement après le désastreux troisième siècle de notre ère. C’est une période où une pléthore d’empereurs se partageait les restes d’un Empire en pleine dissolution. Cet effondrement est bien illustré par le fait que Constantin, lui-même, a passé plus de temps dans le nord de l’Angleterre qu’il n’en a jamais passé à Rome.

Les commencements de l’Islam ont également une relation ambiguë avec l’État. L’Islam commence dans un no man's land du point de vue politique, dans une région passée de nombreuses fois de mains en mains entre des Empires éthiopiens, sassanides et byzantins.

Nous sommes bien ici en présence de souvenirs d’États disparus mais qui, loin de disparaître vraiment, réapparaissent transformés. Phénomène auquel appliquer le mot « religion » contient une part de vérité ».  

« Liberté de conscience ! Le parti ouvrier avait là l'occasion d'exprimer sa conviction que la bourgeoise « liberté de conscience » n'est rien de plus que la tolérance de toutes les sortes possibles de liberté de conscience religieuse tandis que lui s'efforce de libérer les consciences de la fantasmagorie religieuse. Seulement on se complaît à ne pas dépasser le niveau « bourgeois ». 

Marx (critique du programme de Gotha, cité par Henri Desroche in Marxisme et religions, ed PUF 1962).

 (*) PS: sur "le phénomène Zemmour" auquel il ne comprend rien, le mini-groupe CCI reprend les mêmes insultes que les médias et leurs confrères gauchistes car sur l'immigration: circulez y a rien à voir! Interdit d'y penser! Z n'est qu'un facho et "un raciste" (la fleur du mal selon les élites antiracistes supérieures).. Le CCI rejoint les gauchistes en croyant que l'opération Z a été conçue pour éliminer le danger représenté par le FN et faire réélire Macron! Le RN un danger pour qui? Quelle bande de petits (vieux) rigolos! De plus le "substrat" xénophobe du populisme "est enkysté"! Ils méprisent donc les questionnements en milieu ouvrier, comme les bobos fémino-écolos. Comme les bobos ces gens-là vivent hors des cités et quartiers ouvriers, ne lisent que leurs bulletins internes. Nos vieux bobos ultra-gauches vivotent encore au firmanent de leurs émois décalés des années 1970. Ils  sont hors-jeu par esprit de secte. Le phénomène Zemmour vient en fait pour ridiculiser mais surtout  et une foule de réacs compléter le "pas de vague sur l'immigration", et faire l'impasse pour toute solution même approximative. 

Ce petit con, quoiqu'il ait formulé des questions qui dérangent, en faisant référence à Pétain et nombre de réacs puants - pour capter les voix du RN, qu'il aime d'amour tendre - s'est tiré une balle dans le pied, mais sert cependant à décrédibiliser sans autre solution qu'un patriotisme imbécile, le problème de l'immigration massive et de l'expansion politique et cultuelle de l'islam. Ce qui aboutit à ce que le gouvernement, le CCI et l'ensemble de la gauche caviar (sauf Montebourg qui veut... faire semblant de prendre à bras le corps la question qui fâche) couvrent d'insultes ce nain "patriotique", en refusant de considérer que l'immigration sauvage est devenue inadmissible. Hop ces irresponsables ignorent avec morgue et changent de sujet, quand dans la classe ouvrière c'est devenu le principal sujet d'inquiétude, avant celui des salaires, quoique fabriquent les sondages.
Seule comparaison historique crédible, Z. est semblable à Thiers: Adolphe Thiers 1M55, Zemmour 1M52. Plus sérieusement il nous faudra revenir sur l'utilisation "géopolitique" et impérialiste des masses de migrants, à ce niveau finie la pantalonnade humanitaire, Poutine, Erdogan et leurs rivaux européens les utilisent comme des boulets aux frontières quitte à les laisser crever de froid en accusant la Pologne...

NOTES


1Notion inventée par les salafistes et approuvée par tous les islamo-gauchistes. Le CCI compris, qui répète le discours réducteur de l'antiracisme noble contre cette « partie de la classe ouvrière » méprisable avec ses: « sentiments de frustration et de rancoeur, la peur de l'avenir, la peur "de l'étranger", du voisin à la peau basanée, la peur et la haine de l'autre, la fixation sécuritaire, le repli sur soi »; qui en plus qualifie « la xénophobie d'amalgame entre islam et terrorisme », donc qui excuse cette religion de paix et d'égorgement en écrivant en 2005 : « L'effet 11 septembre "a renforcé le climat de peur, le sentiment d'insécurité, la ten­dance à l'amalgame entre islam et terrorisme et donc la xénophobie. De même, le conflit au Moyen-Orient a réactivé les manifestations d'antisémitisme. En fait, cette situation équi­vaut à d'autres expressions de la décompo­sition comme le développement du fana­tisme religieux ». https://fr.internationalism.org/rinte110/extreme.htm. Tout cela enveloppé dans la théorie de la décomposition dont je démontre l'inanité et l'inutilité pour pousser les ouvriers à la révolution à laquelle les incite des petits bourgeois qui ignorent solitude, persécution, maltraitance au travail, délinquance et menaces de mort tous les jours ou coups de couteau au hasard dans la foule ou sur les flics, au cri débile de « allaAkbar » ! Inconscience qui, pour reprendre cette curieuse formule du Figaro « cette délinquance qui bascule dans la violence islamiste », ne peut justifier l'injustifiable mais seulement fermer les yeux sur « cette violence islamique qui bascule dans la délinquance » voilée par l'accusation de xénophobie ou avec cette étrange notion de pogromisme (et je sais qui l'a inventée parmi eux) ! On n'est plus dans les 70 ! Et dans les faits divers, c'est du racisme que de reconnaître qu'en général les racailles sont noirs et arabes (en Suède on n'a pas cette pudeur : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/michele-tribalat-en-suede-une-etude-conclut-a-une-surrepresentation-des-personnes-d-origine-etrangere-parmi-les-mis-en-cause-pour-des-crimes-et-delits-20210903

2Grèves ouvrières versus luttes de l'immigration : une controverse entre historiens Laure Pitti Dans Ethnologie française 2001/3 (Vol. 31), https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2001-3-page-465.htm A lire sans faute, cet article explicite mieux que n'importe quel article de RI/CCI le déroulement de l'une des grèves les plus exemplaires de la fin du XXème siècle, avant un long endormissement du prolétariat.

4Comment réagir face à une personne radicalisée, ed La boite de Pandore, p.140et suiv.

5Toujours à la suite de Klein, Hicham nous livre quelques calculs très matérialistes mais très vrais : « parcourir en voiture une cinquantaine de kilomètres dans la journée nécessite 40kWh, c'est à dire l'équivalent de l'énergie journalière totale de 17 êtres humains à 2,4kWh, soit 17 esclaves énergétiques » p.144.

6Lettre de Marx à Lincoln : « Nous complimentons le peuple américain à l'occasion de votre réélection à une forte majorité. Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d'ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est: mort à l'esclavage. ( …) Les ouvriers d'Europe sont persuadés que si la guerre d'indépendance américaine a inauguré l'époque nouvelle de l'essor des classes bourgeoises, la guerre anti-esclavagiste américaine a inauguré l'époque nouvelle de l'essor des classes ouvrières. Elles considèrent comme l'annonce de l'ère nouvelle que le sort ait désigné Abraham Lincoln, l'énergique et courageux fils de la classe travailleuse, pour conduire son pays dans la lutte sans égale pour l'affranchissement d'une race enchaînée et pour la reconstruction d'un monde social ». (30 décembre 1864)

7L'expérience des Caraïbes a montré à maintes reprises que les planteurs étaient capables de rester assis sur des barils de poudre mis à feu, pour autant qu'ils en pouvaient retirer du profit et même la révolution haïtienne n'a guère transformé les mentalités. Cependant, il convient de noter que bien que la révolution ait pris fin en 1804 et ait représenté une menace haïe et glaçante pour l'esclavagisme où qu'il fût, ce n'est qu'en 1873 qu'il disparut à Porto Rico et en 1886 à Cuba, cessant ainsi totalement aux Caraïbes. Mais la fin de l'esclavage ne signifiait évidemment pas la fin de la répression ou des « remaniements » démographiques dans les sociétés des Caraïbes! On voyait encore en 1930 débarquer au Surinam des travailleurs javanais sous contrat. Cuba importa des travailleurs chinois sous contrat jusqu'en 1920 ; près de 250 000 Haïtiens et Jamaïcains furent importés par Cuba sous la tutelle nord-américaine en quelque seize années, de 1912 à 1928. Cf. Cuba : terre et esclave Sidney W. Mintz Année 1972

8Jihad, p. 566. Sauf que Kepel à l'époque s'est complètement gouré sur une possible évolution démocratique des pays arabes, ne comprenant pas que les puissances occidentales n'en veulent pas et je dis pourquoi plus loin. Dans son autre ouvrage de 2018 « Sortir du chaos », il est un rare auteur connu à reconnaître (comme le CCI) que les attentats contre les tours jumelles visaient à déclencher une 3ème guerre mondiale, p.128. Page 364 il rappelle que le bloc américain appuyait les Frères musulmans contre la Russie et que Regan nommait « combattants de la liberté » les djihadistes en Afghanistan dans la décennie 1980.

10 Professeur (London School of Economics) La Religion et l’effondrement de l'État

https://journals.openedition.org/actesbranly/626

jeudi 28 octobre 2021

COMMENT TENTER de réinventer la fable de L'OPPOSITION DROITE/GAUCHE

 


Le cas Z est bien plus utile au système d'endoctrinement bourgeois qu'il (le système) ne veut le laisser paraître. Ce qu'on appelle sans souci d'honnêteté ni de période historique la gauche – ces divers particules en compétition pour le pompon écolo-bobo - qui pourraient très bien mettre une dose de limitation de l'immigration islamique et la promesse d'embaucher plus de flics dans leurs programmes pour remonter leurs minables scores sondagiers, mais il faut bien reconnaître qu'ils n'y tiennent pas parce qu'ils comptent bien rester dans l'opposition1, et que le système dominant a besoin de cette opposition pour encadrer l'électorat bobo minoritaire et l'électorat d'origine immigrée2. J'ai rappelé que, par exemple, à Trappes des cars entiers ont amené des musulmans pratiquant pour s'inscrire sur les listes électorales, avec l'appui du nommé « Bilal Hamon », depuis retiré de la vie politique par faillite idéologique. La secte de Mélenchon se flatte de représenter la Seine Saint Denis, car ce petit parti bourgeois sait à qui il doit ses suffrages et mise pour son avenir, en particulier en promettant mosquées sur place et encouragement à l'ouverture de boucheries halal au nom de la diversité... commerciale et religieuse. Rester dans l'opposition d'une part parce que personne ne peut plus proposer monde et merveilles économiquement, sauf le minuscule PCF qui promet une retraite à 60 ans avec « une bonne pension » et « des jours heureux ».... Il ira « jusqu'au bout » quand Mélenchon « ne plaisante pas », il « va être élu » (déclaration à l'OBS).

La reine des bobos, la mère Hidalgo propose elle de doubler le salaire des enseignants mais pas celui des maçons ainsi que d'accorder le vote aux jeunes dès seize ans car c'est un âge où on peut les manipuler le plus facilement. Les écolos n'apparaissent plus que comme les représentants de la petite bourgeoisie parisienne gravement incompétente pour solutionner et la pollution mondiale et gouverner la classe ouvrière. Vu de province c'est encore plus flagrant.

Cette gauche bourgeoise, diversifiée et métissée (cf. Hidalgo) reste enfermée dans une « culture d'opposition » qui rêve de retrouver un jour un barde façon Tonton Mitterrand, et ne veut surtout pas d'un pouvoir déshabillant et incrédible au vu des « jours heureux » promis dans le bordel généralisé qui ridiculise toute ambition politique idyllique et écolobobo certifiée. Un bon point cependant jamais la petite bourgeoise n'est apparu nue à ce point face au prolétariat. Cette nudité est créditée à la méchante extrême droite qui se répand en fake new (la gauche bourgeoise n'a-t-elle pas toujours été le meilleur défenseur des ouvriers?) et à une France « majoritairement à droite » et sous le développement du fascisme rampant (cf. toutes les sectes islamo-gauchistes).

Les ouvriers (plutôt blancs) étaient jusqu'ici (de notoriété publique) notoirement « racistes », et les voilà électeurs de « la droite » ! Comment leur rappeler que c'est la gauche bourgeoise qui défend vraiment les salariés donc les ouvriers parmi ceux-ci ?

Tous ces compétiteurs aux bonnes places gouvernementales payent leur réorientation négationniste du début des années 1980 avec la secte socialomescouilles Terra Nova décidant de gommer la classe ouvrière de l'enjeu de la lutte des classes, et son remplacement par les fameuses « couches moyennes » (dans lesquelles certains opportunistes essaient à nouveau de faire entrer une partie de la classe ouvrière, même blanche quoique moyennement raciste, comme le déclara Mélenchon à l'OBS3. D'aucuns l'ont remplacée par le peuple (chose indistincte) comme le résidu du PCF et le NPA, les soumis in de Mélenchon par « classes populaires », et les journalistes aux ordres par le concept flouté et inconsistant de « couches moyennes » où on peut apporter son vin et son fromage.

Cette déliquescence, voire, pour être gentil, perte de la réalité sociale et mépris de la classe ouvrière ne concerne pas que les divers partis bourgeois, on verra par après que cela touche aussi mes minorités maximalistes qui, aussi hautains que les partis du capital, blablatent avec de beaux slogans mais qui ne servent que d'incantation et ne permettent pas d'analyser les réelles filouteries et la complexité de l'idéologie dominante.

ET ON INVENTA MONSIEUR Z

Z a dévoilé son jeu dès son ambiguë entrée en pré-campagne électorale : recréer une droite bourgeoise hélas aussi mal en point que sa consoeur de gauche. Il s'est même présenté à la TV comme assumant sa nature bourgeoise. Or la gauche bourgeoise ne lui a aucunement reproché cette appartenance au camp capitaliste, laissant cette tâche à la mère Le Pen, dénoncée d'ailleurs comme « femme de gauche » par le bourgeois Z. Les sondeurs estiment que l'électorat de Le Pen est plus ouvrier alors que Z caracole avec les bobos de droite ; mais Z s'en fout puisque les ouvriers en vérité sont la classe qui vote le moins après avoir subi vingt années du collabo de Pétain, Mitterrand.

Or, et personne ne l'a noté, monsieur Z affiche le même mépris des ouvriers que celui qu'il reproche aux élites, dont il fait partie. En effet, affichant un programme économique dans la lignée des Balladur, Fillon et les résidus gaullistes actuels, non seulement il veut d'abord faire payer la crise aux prolétaires. Et si ceux-ci renâclent, il leur répondra : ce n'est pas vrai et j'ai toujours raison, on vous dédommagera aussi en prenant les allocations destinées aux immigrés pour vous les refiler. Et voilà c'est simple, on déshabille Mohammed pour habiller Jean Dupont. Beau spectacle qui n'a pas pour but de casser le RN et faire réélire Macron, mais de reconstituer une droite qui fait cruellement défaut à la bourgeoisie, pour les mêmes raisons que la gauche d'ailleurs. De ce point de vue, même si je déplore qu'on qualifie tout contradicteur de la gauche caviar et de ses progénitures islamo-gauchistes, Z s'inspire d'une sorte d'indigestion d'un néo-fascisme, comme je l'ai démontré dans l'article précédent, en jetant des miettes aux prolétaires et en pointant les immigrés simplement à l'encan, en espérant que ses origines juives puissent le disculper de pareille assertion. Etre juif ne garantit pas de ne pas être un salaud ni d'être nationaliste ; mille deux cent juifs ont pourtant servi dans la Wehrmacht4. Kamaraden  Z sert ainsi en tout cas, par devers lui et sa « nature bourgeoise » à diaboliser la droite, toujours dénoncée par sa rivale (surtout stalinienne et gauchiste) d'être le fourrier immémorial du nazisme !

Ou est le véritable nouveau fascisme ? La nuovoSinistra fascista !

Zemmour n'est qu'un clown, un histrion, plus petit que Hitler dit petite bite (1M75), et s'il est traité par simplisme de fasciste il est dénoncé hystériquement par de plus virulents nouveaux néo-fascistes ; si l'on se contente de cette caractérisation décalée historiquement. Le terme Gauche fasciste a été utilisé sous le régime de Mussolini pour définir un groupe d'intellectuels italiens de gauche qui s'étaient rapprochés du fascisme et qui avaient pour certains adhéré à son parti unique. Cette frange racialiste et islamo-gauchiste dont je vais parler n'adhèrera pas au futur parti zemmourien puisqu'elle dispose du sien. On notera que Zemmour est décrié partout comme « attisant la haine », ce qui est exagéré car ladite haine, sans compter qu'elle est multiple, est généralisée, en particulier avec la mode islamique (arabe?) de menacer de mort quiconque ose critiquer l'islam, le coran ou les racailles de banlieue.

La presse du CCI a défini assez bien la mouvance qui a précédé voire inspiré ceux qu'on nomme aujourd'hui intersectionnaliste (sic) ou wokistes, en analysant plus leur côté totalitaire que simplement fasciste :

« En fin de compte, tout le fiel déversé dans les propos haineux des racialistes traduit le no future généré par le capitalisme dans sa phase ultime de décomposition5. Une véritable putréfaction idéologique qui ne fait que l'apologie de la destruction et de la violence. Aux yeux des racialistes, il ne subsiste que la « haine ». Une haine viscérale du prolétariat, en particulier des ouvriers « blancs » qui se seraient, selon les racialistes, « compromis » avec leurs maîtres colonisateurs. (…) Né au début de ce siècle, le racialisme n'est, encore une fois, qu'un avatar décomposé d'idéologies gauchistes directement positionnées contre la classe ouvrière. Ainsi, dans la plus pure tradition des gauchistes, les racialistes rabattent sans vergogne les ouvriers vers les urnes et le terrain pourri des élections. Le programme du PIR le concrétise par l'appel à aller voter pour « faire entendre la voix des indigènes » et entretiennent ainsi l'illusion démocratique que les élections pourraient servir « à exercer une pression sur les institutions représentatives et exécutives », ce qui est évidemment un mensonge »6.

Constat indéniable pour tout honnête révolutionnaire, mais pour en venir au sujet qui fâche l'immigration, le discours complémentaire ne se différencie pas vraiment du discours oecuménique et lénifiant des islamo-gauchistes avec une espérance messianique dans le prolétariat (européen) pour qu'il développe sa solidarité avec les migrants, on ne sait quand ou si c'est avec les assocs caritatives financées par les gouvernements ou l'OMS7 :

« Il est important de comprendre que le prolétariat est seul à pouvoir développer une véritable solidarité avec ceux qui sont en réalité ses frères de classe et non des « ennemis » ou des « menaces ». Ce ne sont pas les migrants qui portent les attaques contre nos conditions de vie, mais bien le capital. Les « droits de l'homme » et le « droit d'asile » ne sont que des mensonges éhontés provenant de la bouche de ceux qui sont responsables de ces mouvements migratoires massifs. Les prolétaires n'ont pas de patrie... etc. »

Malheureusement la réalité est plus complexe, et plutôt que de vouloir expliquer, comme n'importe quel prof gauchiste, qu'il « faut comprendre » qu'ils sont nos « frères de classe », il aurait fallu au moins « comprendre » les phénomènes de rejet de la part de parties importantes de la classe ouvrière sans laisser supposer que ce serait du racisme. Les médias ne peuvent être contredit sur le constat que des assocs se démènent pour sauver des migrants même en complicité avec la mafia des passeurs et, face à cela, allee 'expliquer' que le prolétariat « est seul à pouvoir être solidaire »... va faire pouffer votre interlocuteur bobo. Les accueillants pour le patronat français avides d'une main d'oeuvre introuvable en France ne sont pas les responsables des migrations massives (nota bene) – lesquels sont les guerres, l'islamo-fascisme, la misère, etc., mais les bénéficiaires et le prolétariat reste spectateur.

Le fond du rejet peut être multiple, mélangeant d'ailleurs migrants et immigrés même pas immigrés mais français depuis deux ou trois générations. C'est l'accueil « humanitaire » qui est le plus hypocrite car une masse de migrants restent en réalité livrés à eux-mêmes, et n'ont pour ressources que mendicité, chapardage ou même viol. En même temps de plus en plus de femmes apparaissent voilées dans l'espace public, le métro, etc. quand se dressent de nouvelles mosquées et que des jeunes « désespérés », sans autre alternative au chômage que le deal se livrent à l'émeute et à la chasse aux flics. Il faudrait « les comprendre »,  « rajouter encore des flics ne sert à rien... c'est la faute aux profs depuis trente ans qui ont renoncé à faire cesser les inégalités »... non c'est l'administration dit cet autre... Un prof a été égorgé... c'est un fait divers ! L'approbation du bain de sang par des mômes dans plusieurs classes, c'est une forme de révolte contre le système... Des parents d'élèves arabes qui viennent tabasser un prof parce qu'il n'a pas attribué de meilleures notes à leur progéniture... c'est un souci pour favoriser leur intégration...

Les dites gauches bourgeoises répondent tranquillement : « pas de vague », « c'est des simples faits divers ». Ils prennent vraiment les ouvriers pour des cons, comme eux ! Par exemple, la plupart des ouvriers qui vivent en province, assez informés, qui savent la flatterie démagogique en faveur des arabes immigrés ou pas du maire bobo de Grenoble – ville où prospère le trafic de drogue et où l'édile écolo refuse l'installation de caméras de surveillance – en sont venus à mépriser cette politique de favoritisme d'un communautarisme arabe arrogant, et à ne plus avoir envie de voter du tout pour cette gauche arriviste à n'importe quel prix et qui se prétend anti-nationaliste (et antifa) car mondialiste en affaires et oecuménique en chiffon religieux. Comment ne pas « comprendre » plutôt qu'ils soient enclins à voter en fin de compte pour n'importe quel parti pourvu qu'il dénonce cette infamie des petits arrangements entre mafieux et religieux.

Dans certaines banlieues à Paris, à Lyon, à Marseille – bien que les statistiques ethniques soient interdites – on sait, et on voit à l'oeil nu que près de 70% des élèves sont d'origine immigrée et pas du genre à se fondre dans le paysage ; la moyenne générale tournerait sur le territoire à 50% ! Si ce n'est pas encore le grand remplacement c'est un grand déplacement surtout sur le plan culturel où les profs sont chargés de laisser faire et de faire fonctionner le système d'apprentissage de manière de plus en plus farfelue au point qu'il vaut mieux se payer une école privée, et ne pas habiter dans des banlieues de relégation sociale, culturelle et apolitique.

Espérant renouveler sa théorie de la décomposition du capitalisme, le CCI a sorti de sa boite une nouvelle notion : le pogromisme ! On constate « une dislocation croissante du corps social » avec une classe ouvrière amorphe et ces « tendances irrationnelles au repli sur soi ». S'intéresse-t-on au sort des juifs ? Car les progroms étaient avant guerre des actions criminelles contre les juifs. Non, c'est une dynamique :

« Cette dynamique alimente les peurs, les incompréhensions, les préjugés xénophobes et raciaux, voire la haine aveugle et obsessionnelle d'une partie des « autochtones » (entre guillemets car ça fait réac de dire « français ») envers les étrangers, et inversement » (ouf!).

Tout cela est bien connu c'est le discours des islamo-gauchistes, du parti des couches « moyennes » et des médias. Les victimes de cette « dislocation » ont toujours tort et sont racistes ou douées d'une imbécillité congénitale !

L'antienne du CCI dans chaque article en conclusion : « Les travailleurs peuvent développer une véritable solidarité qui transcende toutes les frontières de race, de religion ou de nationalité : la solidarité de classe prolétarienne ! ».

De la solidarité de classe prolétarienne mon grand-père en a donné à ses poules, elles en sont toutes crevées. En France il n'y a pas de « propagande enragée contre les migrants », au contraire on les plaint sans cesse très catholiquement et on montre du doigt les méchants populistes ; or cette façon de défendre avec ce genre de casuistique l'immigration de masse ou pas, est devenue la meilleure façon de mettre en porte à faux l'immigration - sachant qu'elle est un problème pour la population de tous les pays qui ne veut pas accueillir toute la misère du monde (même au nom d'une solidarité de classe utopique) – bien plus efficace que les anciennes propagandes hystériques. Ce genre de casuistique gouvernementale a pour propriété de paralyser, de nous rendre impuissant : d'un côté je ne peux que comprendre les besoins de ces pauvres migrants, je ne peux leur en vouloir, mais de l'autre il me font chier, ils se ramènent avec leurs femmes voilées, on a assez de chômeurs, quand un français est à la rue il n'y a pas une seule assoc gauchiste pour l'aider ou faire scandale, etc. ne suis-je donc pas moi aussi un peu raciste ou indifférent au sort de ces pauvres gens ? Vérité masquée par les sondages : ceux d'en bas en viennent à ne pas faire primer niveau de vie, mais questionnements prioritaires contre la délinquance et l'immigration sans que les deux soient forcément liés.

Nul questionnement aussi primaire, voire pogromiste, selon le CCI, tout est si simple :

« L'immigration est également (sic) une caractéristique de la classe ouvrière. L'ouvrier au sein du capitalisme est « obligé de se déplacer sans cesse, toujours à la recherche d'une occasion, d'un endroit pour vendre sa force de travail. Etre un salarié implique d'être obligé de se déplacer sur de longues et de courtes distances, et même de se déplacer dans d'autres pays ou continents, partout où un ouvrier peut vendre sa force de travail... En d'autres termes : la classe ouvrière, de par la nature des conditions du capitalisme, est une classe de migrants »8.

Mais la bourgeoisie aussi peut être considérée comme une classe de migrants. Combien de prolétaires migrants sont devenus de grands capitalistes en migrant aux Etats-Unis ? L'article a précisé « également », ce qui sous-entendait pour son auteur que ce n'est pas forcément sa nature essentielle qui est d'être exploitée et pas spécialement nationale, mais aussi nationale dans sa constitution, disons locale.

Toute l'histoire du mouvement ouvrier montre en tout cas que cette classe, face à l'arrivée de paysans paupérisés et de migrants de toute origine, était une absorbeuse d'énergies pour utiliser cet affreux néologisme, en tout cas qu'elle intégrait dans ses modes de lutte et de fraternité n'importe quel humain du bout de la terre. Or la bourgeoisie décadente a été capable désormais de vicier à la racine ce développement normal et traditionnel de la classe ouvrière mondiale. Je ne veux pas répéter tout ce que j'ai souligné dans mes articles précédents, mais c'est clair pour tout ouvrier un tant soit peu conscient, même sans regarder la TV : il n'y a plus que des races, des blancs, des noirs, des femmes qui doivent haïr leurs collègues masculins, on doit embaucher un travailleur sans papier, sans être apte à parler la langue du pays, à condition qu'il ne fasse jamais grève, et ainsi en le coupant de tout lien avec les « autochtones » comme dit pudiquement le CCI. Vu les milliers de noirs en particulier qui travaillent dans les arrière-boutiques ou les services, surexploités et tenu en laisse par leur milieu familial ou leur communauté, il y a autant de chances qu'il fasse grève avec les ouvriers français de l'usine Tartempion qu'un vendeur de chez Darty avec des techniciens d'EDF.

Le migrant est taillable et corvéable à merci, et malgré sa sanctification médiatique reste seul dans sa merde et son malheur. La bourgeoisie en jouant au donneur de leçon de morale semble inattaquable et ridiculise le prolétariat amorphe « qui veut qu'on les rejette à la mer ». Pourtant c'est comme avec le traité fielleux de Lisbonne, on ne lui demande pas son avis au prolétariat, on s'en passe. Le prolétariat ne peut pas résoudre le merdier de l'immigration d'une part parce que le capitalisme ni localement ni comme un tout ne peut être transformable, et d'autre part par que la solution « communiste » ne peut être ni nationale ni communautariste, mais exige d'abord un renversement du pouvoir d'Etat. Nous ne devons pas promettre la lune aux migrants ni tolérer les racismes primaires, mais rester modestes au niveau de notre tâche infime mais essentielle, dénoncer les manipulations perverses et pas facilement décryptables de la classe dominante, et surtout (comme le titre très bien un article de Belgique) insister sur l'impuissance de la bourgeoisie à apporte une solution.

La « solidarité inclusive totale » dont rêve le CCI n'est pas encore pour demain, elle passe et passera de plus en plus par le désillusionnement politique doublé d'un désir d'alternative réelle, pas en période électorale bourgeoise, faut-il le rappeler ? Il y a quand même de quoi se réjouir, ils ne parviennent plus à nous rejouer le tango gauche/droite, droite/gauche. Tralalalalère !

Les polémiques hystériques servent toujours à noyer la réalité et le fond des problèmes. Continuez à nous amuser messieurs les bourgeois avec votre politiquement correct, notre tour arrivera !


PS: Comme la galaxie anti-islamo-gauchiste, dont moi, a parfaitement défendu que le danger de revival du fascisme faisait partie de l'imaginaire démocratique bourgeois, le pouvoir dominant et ses médias nous mettent en une un petit groupe de minables néo-fachos qui, à une dizaine (!?) auraient mis en péril l'Elysée. Ce qui rendra service à leurs cires-pompes les islamo-gauchistes qui assureront que le fascisme est toujours d'actualité: "Depuis la Malaisie, le complotiste Rémy Daillet a monté un projet de coup d'État, baptisé "Opération Azur", pour tenter de renverser le gouvernement français et s'emparer du palais de l'Élysée. Mis en examen vendredi dernier, l'ex-cadre du MoDem prévoyait de frapper fort". Grotesque! Donc Bayrou était un prototype d'Hilter, par conséquent Macron se servant de la droite n'est qu'un passeur de l'extrême droite. Aux rames citoyens!.



NOTES


1Contrairement à ce qu'imagine le sondeur Dominique Reynié :«La gauche s’est clairement privée d’un ressort essentiel, en refusant de prendre en charge des thématiques dont la prise en compte est jugée non négociable par une très large partie des Français»

2Car c'est celui qui vote le plus, encouragé par le PS, les imams et les islamistes dits radicaux.

3« (les couches populaires) vivent dans les lieux les plus mélangés : ils ne sont pas les plus racistes », l'OBS du 20 octobre).

4https://www.liberation.fr/planete/1996/12/03/le-dilemme-des-juifs-de-la-wehrmacht-un-historien-americain-estime-qu-ils-etaient-1200-dans-l-armee-_192076/ et

https://www.lepoint.fr/histoire/francois-mitterrand-fidele-a-ses-collabos-09-10-2016-2074610_1615.php

5C'est le gimmick, le truc astucieux radoté par le CCI pour expliquer la faillite du capitalisme mais qui lui évite de creuser les questions sociétales difficiles, j'y reviens plus loin.

6Https://fr.internationalism.orga

7Qui vient de publier un rapport prétendant que les immigrés ne coûtent rien socialement et qu'au contraire ils participent de l'enrichissement national, vieux débat discutable et fixation antinomique du bourgeois Zemmour qui les considère comme des voleurs de la « richesse nationale ». La bourgeoise régnante n'attribuerait pas autant de logements et de garanties sociales aux nouveaux venus s'ils pesaient vraiment sur son économie ; sans oublier que le coût de l'élevage jusqu'à l'âge adulte a été supporté par le pays d'origine ; pour l'éducation c'est un autre problème. Le problème est là majeur et relève plus de l'étrangeté et du sentiment d'exclusion que de la haine, il est cultuel et sociétal; l'immigré moderne, arabe et africain, ne vient pas neutre mais neutralisé par une religion dont il est le porteur et le propagateur, et qui clive la classe ouvrière.

8CCI on line – décembre 20 ; la migration économique et les réfugiés de guerre dans l'histoire du capitalisme.

jeudi 21 octobre 2021

INTERNATIONALISME ISLAMISTE et COSMOPOLITISME BOURGEOIS

 


« Je suis contre l’intégration. Le bon immigré est celui qui acquiert une formation, une valeur ajoutée, et qui rentre chez lui » . Hassan II


L'internationalisme de classe, ouvrier, communiste a disparu des radars. Seules quelques minorités marxistes se font plaisir à en évoquer le glorieux passé, sans se rendre compte combien la bourgeoisie a dévitalisé le terme ou l'applique à n'importe quoi. Il n'y en a plus que pour le cosmopolitisme de « citoyen du monde » contre la « barbarie identitaire ». L'européisme, créé après guerre sous domination américaine, en même temps que la séparation en deux du pays, l'Allemagne qui fût le phare de la lutte de classe jusqu'au début du XX ème siècle, n'était qu'un substitut à l'ancien internationalisme, visant à faire croire que le nationalisme avait disparu et qu'une fédération d'Etat guérirait le capitalisme de son appétence à la guerre. Sans allonger, la lutte « internationale » contre l'hydre terroriste a aussi fonction de faire avaler un « internationalisme démocratique », comme hier nous avions un internationalisme anti-stalinien.

La oumma, elle, a été pendant des siècles la définition de la communauté religieuse musulmane en soi, dans les divers lieux où elle s'était développée. Aujourd'hui le terme est largement repris par des mouvements politico-religieux panislamiques, et serait donc en rivalité avec l'internationalisme révolutionnaire du socialisme puis du communisme. En réalité, toutes les religions ont eu vocation à s'étendre au monde entier sans cet esprit internationaliste qui veut mettre fin à toutes les aliénations y compris religieuses, composantes de l'esprit bourgeois de conservation sociale et de prières pour la fin des inégalités. Elles ont toutes correspondu à des étapes de civilisations différentes, mais toutes se sont révélées impuissantes à « se mondialiser », parce que, étant toutes plus ou moins arriérées et en perpétuels conflits avec leurs concurrentes, elles ont été happées par les nations ; au XXI ème siècle elles restent inévitablement cloisonnées dans le cadre national. Les papes successifs n'ont jamais été considérés comme des internationalistes désintéressés. Sans revenir sur le pote à Hitler, Pie XII, ils ont été des animateurs de la féodalité comme des larbins du règne de la bourgeoisie. Inutile d'évoquer les manitous des autres sectes religieuses ils ne représentent rien que des idiots qui se la jouent messianique.

Je vais essayer par contre de mieux étayer la thèse que je défends depuis longtemps d'un internationalisme dévoyé ou décrédibilisé par la domination idéologique bourgeoise. En particulier avec le retour du religieux avec la même fonction d'appui au pouvoir existant qu'au 19 ème siècle.

Claudie Weill a déjà bien montré la liquéfaction de l'internationalisme après l'échec de la révolution en Russie :

« Avec l’accession des socialistes au pouvoir dans divers pays après la Première Guerre mondiale, puis la transformation de la IIIe Internationale — le Komintern — en instrument de la politique étrangère soviétique, l’internationalisme semble basculer dans le registre des relations internationales, relevant peu ou prou de la diplomatie traditionnelle, avec une tendance pour l’Internationale ouvrière et socialiste et la Fédération syndicale internationale à tabler sur les organismes internationaux tels que la Société des nations et l’Organisation internationale du travail »1.

Jean Birnbaum ajoute pour sa part, avec le concept vague de « militants de gauche » :

« Croyant en une force internationaliste capable de briser la domination de l’Occident, certains militants de gauche étaient persuadés que, tôt ou tard, la religion serait abandonnée au profit de l’émancipation. Non sans nostalgie, ils ont repensé aux manifestations propalestiniennes au cours desquelles le service d’ordre de telle ou telle organisation anarchiste ou trotskiste était encore assez vigoureux pour expulser du cortège ces partisans du djihad liés à l’ex-humoriste Dieudonné et à l’extrême droite radicale. Et puis ils ont songé à ce moment pivot, autour de 2010, où il avait fallu admettre que le rapport de forces avait changé : sur le pavé parisien, désormais, la vieille garde révolutionnaire était trop faible pour maîtriser les islamistes.

Or ce renversement des équilibres dans la rue avait une signification plus vaste. Il scellait la fin d’une époque, celle où les gauches européennes se croyaient si désirables qu’elles pouvaient polariser toutes les colères du monde. Dès 2005, le philosophe (trotskien) Daniel Bensaïd (1946-2010), l’une des références de la gauche révolutionnaire, constatait que les dirigeants anticolonialistes de jadis, ceux qui se réclamaient souvent du marxisme, avaient été remplacés par des profils inquiétants : « L’heure n’est plus aux luttes de libération des années 1950 et 1960, et à leurs grandes promesses. Les leaders n’ont plus pour nom Ho Chi Minh, Guevara, Cabral, Lumumba, Ben Bella, Ben Barka, Malcolm X, mais Ben Laden, Zarkaoui ou Mollah Omar »2.

Olivier Roy qui minimise la prégnance du terrorisme islamique est plus proche du CCI et n'y voit qu'une sorte de décomposition d'un islam mondialisé, et il a profondément raison sur la production moderne d'un individu taré:

« « Nous assistons aujourd’hui à un mouvement de reconstruction de l’identité musulmane s’opérant à partir de l’individu et visant à ré-islamiser une communauté qui ne peut s’incarner dans un territoire donné, sinon sous une forme virtuelle et fantasmatique. Le surgissement de formes radicales de religiosité n’est pas un fait isolé ; il fait partie d’une mutation plus générale. Que ce soit sous la forme de la quête spiritualiste, du néo-fondamentalisme ou de l’internationalisme djihadiste, ce double processus d’individualisation et de déterritorialisation marque la globalisation de l’islam contemporain, et donc son occidentalisation. Loin d’exprimer un « choc des civilisations », les tensions qu’il manifeste sont le syndrome d’une déculturation mal vécue ».

Or il ne s'agit pas d'un choc des civilisations entre une croyance typiquement moyenâgeuse et un monde moderne qui ne croit plus majoritairement aux vieilles superstitions et au fatras religieux ; les termes de choc des civilisations (fabriqués par Huntigton) sont quelque peu outranciers et inadéquats. Le règne du capitalisme jusqu'à nos jours « dans la boue et le sang » ne permet pas de le caractériser comme une civilisation. Et, en son sein la menace létale permanente - principalement des paumés qui se réclament d'un islam rigoriste et le comportement arrogant de tout croyant s'imaginant investi de l'obligation d'égorger un enseignant (qui ne donne pas de bonnes notes à leur rejeton) comme de massacrer des spectateurs qui écoutent de la musique - est certainement plus dûe à la dérive débile des individus dans le capitalisme décadent qu'au simple islam, mais comme par un étrange hasard, cette politique criminelle et nihiliste est surtout portée par des arabes. Il ne faut pas le préciser car ce serait plus une conception raciste qu'un constat ; de même que la presse tait le nom arabe, souvent, de certains criminels car le bon peuple serait racisé, quand bien même il sait, et ce savoir ne grandit ni les journalistes hâbleurs ni les curés de l'antiracisme professoral.

De même que les « libérations nationales » n'ont jamais été une marque d'internationalisme, et que être internationaliste pour les gauchistes c'est être contre l'Etat français en soutenant le camp d'en face, hier la Russie stalinienne, aujourd'hui l'idéologie américaine ou n'importe quel Etat ancienne colonie. Ils sont devenus ce qu'il y a de plus traître à l'internationalisme de classe. Je reste toujours estomaqué de la bienveillance de l'Etat (colonial) pour n'avoir pas ridiculisé les « porteurs de valise », sans doute parce que l'orchestration de ces fausses libérations était opérée par Washington et Moscou, et que nos assocs clandestines de l'époque savaient qu'elles étaient couvertes par plus puissants que l'Etat français. Depuis 50 ans cependant les « porteurs de valise » sont encore exhibés comme des héros, et il y a même en Algérie encore un groupe trotskiste qui défend depuis des années l'Etat oppresseur du peuple algérien.

C'est dans une institution de l'Etat français qu'on trouve une analyse géopolitique des plus conséquentes. Sous l'égide de l'école militaire (mais oui!) un Flavien Bourrat démontre par devers lui que le principal opposant (mais pas concurrent) à l'internationalisme de classe est « l'internationalisme » islamiste 3:

« Ce phénomène, qui s’est amplifié à la faveur des soulèvements observés dans le monde arabe et en Iran depuis une dizaine d’années, révèle la priorité désormais accordée au cadrenational dans la conduite politique interne comme extérieure des pays, en mêmetemps que le rejet des ingérences étrangères et des utopies transnationales. Ce retour global du national interroge sur les dynamiques dont il est porteur, mais aussi sur les contradictions et les résistances qu’il rencontre au gré des situations et des crises affectant l’ensemble de la région. Il fait ainsi ressortir les tensions entre nationa-lisme étatique et internationalisme islamiste, mais aussi la difficulté pour plusieurs pays
d’accéder au statut d’État-nation viable, et enfin la question du retour éventuel premier lieu, le nationalisme étatique prôné par les pouvoirs en place et revendiqué désormais par une large partie des opinions publiques fait face depuis plusieurs décennies à
l’internationalisme islamiste porté par les courants de type Frères musulmans dans le monde arabe et le régime de Téhéran. Ensuite, nombre d’États-nations de la région apparaissent comme des constructions inachevées, fragmentées et soumises à des forces centrifuges s’exprimant sur des bases régionales, ethniques ou confessionnelles, ce qui fragilise et ralentit l’établissement d’un cadre stato-national viable et accepté.

Enfin, cette primauté accordée au nationalisme étatique et patriotique, en donnant la priorité au réalisme, au pragmatisme, est-elle susceptible de faciliter la mise en place, au-delà des frontières, de rapports de force constructifs et de cadres de sécurité collective ? Au contraire, risque-t-elle de renforcer les confrontations dans la quête d’émergence d’un ou plusieurs hégémons régionaux. (...)

L’effondrement du mythe du nationalisme arabe, consécutif à la guerre des Six-Jours en juin 1967, a permis à la sensibilité watani (cf. ma patrie en arabe) de se renforcer et de s’affirmer dans les discours comme dans les pratiques des gouvernements de la région. Dans leur vision de l’État et de la société, les islamistes contemporains accordent une importance primordiale à l’Umma, la communauté des musulmans, et rejettent ce qui la divise, considérant qu’il n’existe pas de vraies frontières à l’intérieur de la Nation islamique. En 2000, Abdeslam Yassine, fondateur et guide de la plus importante association islamiste marocaine, Justice et Bienfaisance, exprimait son point de vue sur la question du Sahara occidental, dont le Royaume du Maroc a fait la cause nationale par excellence : « Quant à nous, notre option est claire et sans équivoque : l’unité des peuples musulmans au travers des frontières scélérates héritées de notre histoire ancienne et récente » (Abdeslam Yassine, Mémorandum à qui de droit, 2000)

L’islamisme demeure désormais dans le monde arabe le seul projet idéologique internationaliste cohérent (? JLR). Concrètement, cette inclination pour une vision et un activisme transnational a conduit les mouvements islamistes politiques à relativiser, sinon à contester certains symboles des États-nations de la région, voire à privilégier la défense de causes supranationales jugées islamiques au détriment de la protection des intérêts nationaux apparaissant en contradiction avec le sentiment exprimé par une majorité d’Iraniens, l’internationalisme islamiste porté par le régime de Téhéran se heurte parallèlement à la résilience des nationalismes séculiers qui s’expriment ailleurs dans la région, dans la rue comme en Irak et au Liban, ou au sein des pouvoirs en place. De fait, l’obstacle au maintien de l’influence iranienne dans le monde arabe est bien le retour d’un nationalisme patriotique, économique et séculier chez les chiites irakiens et libanais, qui ne permet plus à Téhéran de développer un soft power à l’échelle régionale.

Cette puissance du nationalisme intérieur et, dans les cas égyptien et tunisien,de l’attachement à l’État, a joué contre les islamistes, qu’ils appartiennent au courant poli-tique ou jihadiste.À la faveur de la prise de contrôle en juin 2014 de pans entiers des territoires nationaux syrien et irakien par l’Organisation État islamique, cette dernière avait déclaré avoir aboli la frontière entre les deux pays, supposée créée par les accords Sykes-Picot de 1916. À partir de là, certains analystes y ont vu une contestation beaucoup plus large de structures éta-tiques jugées artificielles et non viables : « N’assiste-t-on pas à une revanche de l’histoire avec des processus d’effondrement d’États qui ont en commun d’être des créations colo-niales à la légitimité peu assurée et aux frontières artificielles. »

Cette lecture des forces centrifuges en mouvement dans plusieurs pays de la région ANMO, interprétées comme une phase historique de remise en cause des États, frontières et institutions sur la base de configurations ethniques ou politico-religieuses, apparaît néanmoins comme une doxa his-toriquement contestable : « En lui accordant en 2016 une importance qu’il n’a pas, ce rappel sert la cause des partisans d’un remodelage de l’Orient comme solution aux tensions politiques internes ». Dans les faits, on a pu assister depuis une quinzaine d’années à une exacerbation des sentiments nationalistes, comme en particulier chez les Kurdes du Moyen-Orient, et identitaires au sein des États fractionnés qui semblent traduire une désaffection des populations concernées vis-à-vis des États-nations dans lesquels ils vivent, voire la non-viabilité originelle de ces derniers. Pourtant – et les récents mouvements protestataires en témoignent– il n’existe pas de rejet a priori d’un État unitaire et cohérent, ni de la nation comme espace de souveraineté des pays multicommunautaires comme le Liban, la Syrie, ou l’Irak, subsiste une incapacité de proposer une lecture du passé et d’un projet futur acceptable par l’ensemble de la nation. Concernant l’État, ce n’est pas tant sa structure en elle-même et sa légitimité qui sont contestés que son déficit ou le détournement de ses moyens et de sa mission au profit des régimes et des pouvoirs en place. D’autant qu’après plusieurs années marquées par des processus de dislocation et de fragmentation intérieures, on constate que dans les pays les plus touchés par ce phénomène comme l’Irak et la Libye, un sentiment national subsiste et s’exprime malgré tout. dans le courant de l’automne 2019, des manifestations d’envergure ont eu lieu à Bagdad et dans le sud du pays, demandant sous le double slogan « L’Iran dehors » et « Nous voulons une patrie » le départ des militaires iraniens, et mettant en cause les milices chiites Hashd Chaabi considérées comme le bras armé du régime de Téhéran. Signe supplémentaire de ce sentiment de résilience nationale, les populations chiites d’Irak, lors de ces manifestations, ont, tout autant que les sunnites, exprimé leur ferveur patriotique, défiant à la fois un gouvernement (…).

ENCORE SUR L'ISLAMO-GAUCHISME

Sur France Inter le vendredi 20 novembre 2015, le journaliste Thomas Legrand parlait d'or : Où est l’extrême gauche dans la lutte contre l’islamisme radical ?

« Les limites du fédéralisme dans la région. L’apparition récente, à la suite de processus de guerre civile, de « zones grises » dont le pouvoir central a perdu le contrôle et pouvant le cas échéant prendre la forme de « proto-États », comme dans le cadre du Kurdistan irakien ou de la Rojava en Syrie, pose avec une acuité renforcée la pertinence et la viabilité du fédéralisme dans une manière générale, il n’existe plus au Moyen-Orient de pays capables, dans le contexte actuel, d’exercer une influence notoire sur la région tout en étant mus par une ambition nationale. Une telle démarche nécessiterait des capacités militaires, diplomatiques et économiques autonomes qui, en dépit des apparences et d’un volontarisme parfois affiché, font défaut à l’ensemble des acteurs étatiques. On peut considérer qu’à la lumière des événements survenus ces dernières années, le plus grand risque auquel s’exposent tant les pays que les sociétés de la région est le développement d’« États-nation» dépourvus d’identité nationale et minés par de nouvelles solidarités ethniques, confessionnelles et communautaires. Pour y faire face, il est nécessaire d’encourager le développement d’un récit national et une conscience du passé là où ceux-ci font défaut, de telle sorte que le sentiment d’appartenance nationale finisse par l’emporter (...) l’extrême-gauche, de son côté, est présente en banlieue mais inexistante dans les cités.

Elle s’est faite dépouiller le marché de l’utopie par l’islamisme. Elle est parfois aveuglée par des positions pro-palestiniennes qui, visiblement, l’empêchent d’appréhender les dérives islamistes. Une pression de plus en plus lourde s’exerce sur une population qui ne se considère pas spécialement comme musulmane, mais qui, du fait de ses origines, est soumise à l’injonction des islamistes radicaux. C’est cette population (ce peuple) que l’extrême-gauche n’arrive plus (ou ne veut plus) armer politiquement contre l’obscurantisme. Ce devrait être pourtant un combat exaltant pour l’extrême-gauche libertaire ou internationaliste : prendre de front les réactionnaires musulmans, sexistes, pudibonds. L’extrême-gauche, c’est son honneur, a toujours défendu les immigrés. Si elle ne redevient pas le défenseur de ceux qui subissent la pression de la mafia islamiste radicale, ce sera l’extrême droite qui s’en chargera. Et avec d’autres buts pour la société ».

Idéologiquement les gauchistes sont restés des porteurs de valises complices de criminels, certes sans armes, mais de manière feutrée, insinuante, dans l'entreprise, les municipalités, les manifs. Ils méritent bien d'être taxés d'islamo-gauchisme. Ils tolèrent au nom d'une liberté qui n'en est pas une ce carnaval d'un mode de vie qui rabaisse la femme, en fait l'otage de l'homme, en plus lui fixant des règles de conduite invraisemblables d'une bigoterie du temps de l'obscurité médiévale (par exemple la femme voilée qui se promène seule n'a pas le droit de converser avec un homme)4. Ces obligations de comportements, sous surveillance des imams, sont normales pour les politiciens gauchistes surtout depuis que dans les banlieues PCF et PS au service de communautés musulmanes poussent et même embarquent en autobus les croyants pour les faire s'inscrire sur les listes électorales. De la fin des années 1950 au début des années 1970, anarchistes et gauchistes se faisaient un plaisir de « bouffer du curé », ces arriérés, exploiteurs du peuple, maintenant pédophiles avérés. Les imams, tout autant parasites sociaux que les curés, méritent par contre de ne pas être blasphémés parce qu'ils seraient des cannes pour les pauvres. Leur tiers-mondisme a mué en politique de charité pour les otages de l'islamisme sans que pour autant ils aident au quotidien la majorité des prolétaires musulmans, c'est pour la façade... électorale ; une fois les lampions éteints ils renouent avec leur quartier bobo et leur antiracisme de bistrot. Cette tactique démagogique à l'égard des musulmans ne date pas de la journée d'hier mais d'une leçon de Mitterrand premier qui avait manipulé, avec Harlem Désir et Dray, une campagne de séduction où il fût dit que le vote des beurs lui était acquis « contre la droite raciste ».

Et en effet, en faisant ami-ami avec les cliques et politiciens musulmans, plus de cinq années après ces remarques du journaliste, c'est un Zemmour qui se charge de cette tâche à sa manière « pas très catholique » mais cathodique ; avec évidemment un anti-internationalisme, caché sous le rejet de l'Europe, et typique des pires bardes de l'extrême droite. Sa solution est ridiculement « versaillaise » puisqu'il prône, comme au moment de la Restauration de 1830 – et il l'a dit carrément face aux bigots réunis à Versailles - l'alliance entre la bourgeoisie et les gilets jaunes ! Franchement appeler à une révolution « patriotique » (remugle puant de 1914)par une alliance entre la droite bourgeoise et ce qu'il reste des ploucs gilets jaunes, sur le simple rejet des immigrés, c'est se moquer non seulement du peuple français mais surtout du prolétariat ; rappelons que les gilets jaunes de base furent surtout égarés et trimbalés par des boutiquiers forts en gueule et que les retraités présents, même anciens ouvriers, confirmaient être ficelés dans la mentalité de rebellocrates petits bourgeois hors de la production, et sans autre projet politique que les habituelles mièvreries démocratiques. En deuxième lieu, cette faconde de l'histrion de bénir ces deux entités est franchement ignoble : aux bourgeois je promets de les aider à réussir la solution « libérale » des privations à l'encontre des prolétaires (dont la retraite repoussée à 67 ans) et, aux hétéroclites ploucs de la révolte éphémère contre le racket pétrolier, je montre du doigt les responsables, non pas l'Etat capitaliste mais les immigrés en général « profiteurs » du système de couverture sociale française. Même si je conchie la bien pensance de dénoncer tout contradicteur comme fâchiste, on pense tout de même au dictateur à petite moustache qui offrit à sa bourgeoisie la guerre mondiale dont elle rêvait et comme pitance à la classe ouvrière l'antisémitisme.

Je pense toujours plus ou moins que le système dominant, entre omerta et mensonges, va tenter de se débarrasser d'une façon ou d'une autre de l'histrion nombriliste, même avec n'importe quelle indignation minable (sa gaminerie avec un fusil d'expo face aux journalistes). Cependant c'est déjà fait pour la classe ouvrière, avec sa copie du genre d'avant-guerre -fusion patriotique des classes – il s'est pour de vrai tiré une balle dans le pied, ou il a été mal conseillé. Tant pis pour lui, la classe ouvrière l'emmerde.

LE PROBLEME DE L'IMMIGRATION MASSIVE EST UN PROBLEME

Qui n'a pas été inventé par le « raciste Zemmour », « mauvais juif » (cf. BHL), ou « futur Hitler », ni ne se résume au phénomène complexe de la migration comme causalité à tous les malheurs du monde. C'est d'abord un problème structurel et après cultuel, qui sert à faire perdre confiance en elle à la classe ouvrière, et à la rallier au « combat patriotique » contre la noria islamiste. Il y a trente ans on comptait six millions d'ouvriers dans l'industrie en France, désormais ils ne sont plus que trois millions. Les cadres, eux, quand ils ne se vendent pas plus cher aux Etats-Unis, ont augmenté en nombre et se fichent que les usines soient en France ou ailleurs. Les ouvriers formels peuvent bien s'employer dans les services... ou se recycler au chômage ce n'est pas leur problème. Quand ils vont au restaurant ils voient un triomphe de l'internationalisme bobo dans le fait d'être servi par des sans-papiers noirs payés au lance-pierre, qui font un job que les français racistes blancs ne veulent plus faire !

Les premiers écolos, gauchistes tiers-mondistes recyclés avaient déjà défendu la décroissance au début des années 1970, théorie péquenote que leurs successeurs persistent à défendre alors qu'elle ne peut qu'entraîner un écroulement économique dramatique, voire un affaiblissement du potentiel économique et commercial de chaque pays européen, pas seulement la France, qui en effet est réactionnaire et raciste... Tout ce qui sabote l'économie française est internationaliste ! Délaisser la moissonneuse-batteuse pour le retour à la faux et à la fourche pourrait restaurer en partie le drapeau rouge soviétique mais sans le marteau. C'est un fait que la classe ouvrière ne pouvait se développer que sur la base de la croissance industrielle, mais ce sera terminé plus vite encore avec une éventuelle parvenue au pouvoir d'un strapontin écologiste. La réaction écologique détruit ce processus, non pas qu'il n'y ait pas ce phénomène grandissant des pollutions diverses, mais parce que s'occuper de prétendre à la gestion et à la sauvegarde du capitalisme est parfaitement réactionnaire et étranger à la classe qui est sensée remplacer le capitalisme après la révolution ; et dans une dynamique nullement ouvriériste où en grande partie la masse des prolétaires est tout à fait incompétente pour gérer la société à grande échelle, même si elle doit contrôler et participer majoritairement aux grandes décisions sociales et politiques.

GEORGES MARCHAIS AURAIT-t-il été un précurseur ? (il y a plus de 40 ans)

Ne pas combattre l'islamisation progressive de la société en France, c'est se faire complice des pires arriérations, sans oublier les pitoyables concessions sur la « liberté de porter un voile ». C'est surtout avaliser, comme disait une chanson de rock, une politique anti-sociale qui vent prêter main-forte au pouvoir de diviser en permanence la classe ouvrière, tout en flinguant l'irénisme naïf d'une immigration renforçant le prolétariat. Avant d'être mis au ban de la société conviviale islamo-gauchiste pour perversion sexuelle, le melting-pote des gauchistes hystériques, un chefaillon salafiste, Tariq Ramadan le bien nommé, avait substitué, comme tant d'autres gurus musulmans, et dans toute la France, des revendications religieuses à la place des aspirations sociales, et politiques de la première génération d'immigrés. Comme il avait relancé les projets de mosquée, meilleures marques de l'envahissement religieux dans les rues. Ce qui fédère une grande partie des musulmans désormais, c'est toujours la construction d'une mosquée et les élus, résidus de PCF et du PS, accèdent plus volontiers à cette revendication qu'aux aspirations sociales d'antan. Cela n'est en rien subversif, et dans certaines mosquées on peut tranquillement bouffer du mécréant. Marchais n'a pas eu le temps de vivre assez longtemps pour voir qu'un problème accessoire dans les années 1970 et pitance pour Le Pen, allait devenir majeur et incontournable, bien que sujet à évitement de la part de tous les gouvernants et de leurs confrères gauchistes.

« La présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration posent aujourd'hui de graves problèmes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les français. Quand la concentration devient trop importante (…) la crise du logement s'aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d'aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuples d'ouvriers et d'employés. L'enseignement est incapable de faire face (…) Il faut regarder (les problèmes) en face et prendre rapidement des mesures indispensables. » Georges Marchais(lettre au recteur de la Mosquée de Paris le 6 janvier 1981, publiée dans le journal L'Humanité.

Douze ans auparavant, le même Marchais avait subi l'ire de la jeunesse petite-bourgeoise organisée en sectes gauchistes. Sa tribune journalistique fustigeait ces "groupuscules gauchistes" qui "s'agitent" depuis plusieurs semaines à la faculté de Nanterre, ces "faux révolutionnaires" qui, "objectivement, servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes", et ces "révolutionnaires", "des fils de bourgeois qui rapidement mettront en veilleuse leur flamme révolutionnaire pour aller diriger les entreprises de papa"...

Au passage, Georges Marchais s'en prenait au meneur, qu'il nommait maladroitement "l'anarchiste allemand Cohn-Bendit". Une formule très ambiguë qui ridiculisa le PCF, et poussera, la semaine suivante, des milliers de manifestants (dont moi) à scander, en signe de soutien estudiantin et antifa : "Nous sommes tous des juifs allemands". Ce début de décadence idéologique d'un PCF chauvin mais avec la double nationalité russe, le marginalisant même en milieu ouvrier, n'allait pas produire dans le milieu étudiant petit bourgeois des révolutionnaires par milliers mais féconder une école pour tant de politiciens véreux d'un futur parti qui allait se nommer socialiste et montrer avec le guru Mitterrand que la gauche bourgeoise peut faire aussi mieux que la droite pour le Capital. Si Marchais n'est qu'en partie ambigu sur la question de l'immigration (qui n'était pas massive à l'époque et réglementée), et sans les ghettos d'aujourd'hui et les égorgements d'individualistes musulmaniaques, son pronostic d'avenir bourgeois des têtes de file des soixantehuitards s'est complètement vérifié : ils « ont rapidement mis en veilleuse leur flamme révolutionnaire pour aller diriger les entreprises de papa »... ou tel clan de députés ! On a vu défiler depuis quatre décennies les pires crapules politiques « gauchistes de formation » se mettant totalement au service de la réaction bourgeoise en particulier pour signifier « la disparition de la classe ouvrière », et inspirer jusqu'à aujourd'hui la musique assommante des médias aux ordres (wokisme, décolonisation rétroactive, islamophile, féminisme, antiracisme contre les blancs, théorie des genres, intersectionnalité et autres délires sous le label de la cancel culture, toutes questions criantes de l'idéologie dominante totalement ignorées par nos chères minorités maximalistes radotant leur espoir de grèves massives tombées du ciel).

En Allemagne aussi, les anciens gauchistes allaient avoir force de loi dans les arcanes du pouvoir. L'interdiction du voile en France a fait s'indigner les « internationalistes » de gouvernement. Gerhard Schröder : « Je ne peux pas interdire à une fille d'aller à l'école avec un foulard (…) interdire aux croyants de suivre les règles de leur religion n'est rien d'autre qu'un fondamentalisme laïc imposé par l'Etat ». L'archevêque de Canterbury protesta aussi via le Sunday Time : « Le laïcisme dogmatique du gouvernement français devient très provocateur et destructeur ». Bonze labellisé fils d'immigré au PS, Malek Boutih avait jugé « scandaleux que l'on puisse au nom de la laïcité intervenir ainsi dans la vie privée des gens ». L'islamophile indien Bilal Hamon avait cru bon d'y ajouter : « naguère dans les cafés ouvriers il n'y avait pas de femmes », alors qu'il n'a jamais mis les pieds au bord d'une usine, ni vécu dans les années 1950.

En outre le système européen dominant est plutôt « internationaliste », ce n'est plus la nation (réactionnaire) qui décide. En ce qui concerne les migrations, le droit n'est pas totalement édicté par le législateur français. « Il n’est plus souverain en matière d’immigration », explique à Marianne la constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet. Celle-ci rappelle que la France « a concédé des compétences en matière d’asile, d’immigration et de franchissement des frontières ». Par exemple, c’est l’Union Européenne qui fixe les conditions que doivent remplir les réfugiés pour bénéficier du droit d’asile.

En parallèle, la Convention européenne des droits de l’Homme, et la Cour qui en dépend, statue elle aussi sur des questions relatives à l’immigration et à l’asile. Elle ne dépend pas de l'Union Européenne, mais du Conseil de l'Europe, une organisation supranationale qui comprend 50 États. La France a ratifié la CEDH, qui est en principe tenue de respecter ses décisions, sans qu'elles soient contraignantes. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a ainsi condamné, jeudi 2 juillet, la France pour les « conditions d’existence inhumaines et dégradantes » de demandeurs d’asile, contraints de vivre « dans la rue » pendant plusieurs mois et « privés de moyens de subsistance ». Ne voilà-t-il pas un internationalisme en acte même s'il ne change rien au sort des concernés ? Dans la réalité c'est un laxisme, si utile aux patrons, qui domine et implique que l'accusation de racisme empêche toute objection, tout en minimisant les nombreux actes criminels directement lié à l'immigration sauvage et les agressions répétées contre les profs (pas de vague!).

En conclusion, il ne pourra jamais exister un internationalisme islamique. D'abord parce le propre des religions c'est d'avoir le diable pour exister, et s'il n'y avait plus de diable, auraient-elles de raisons de parader ? Imaginez que le capitalisme disparaissent ? Quelle horreur pour tous ces déchets parasites de curés, d'imams et de gurus de toute obédience superstitieuse ? OU encore une victoire du communisme qui les enfermerait tous dans des camps, de travail manuel en plus !

Les religions ont besoin les unes des autres dans la compétition planétaire et à chaque siècle ce sont des guerres incessantes, plus ou moins criminelles, plus ou moins étendues, mais toujours vaines. Mais le comble de cette implantation et pérennité des religions dépend de l'Etat national, qui ne se veut pas imputrescible. Nous avons démontré par ce texte, j'espère, qu'il leur est impossible de symboliser notre internationalisme de classe, que celui-ci est irréfragable. Pour qu'il réussisse à son terme il requiert une homogénéité de la société humaine, que seuls les millions d'exploités du prolétariat peuvent développer, hors des simagrées religieuses et contre les menteurs professionnels, surtout les apôtres de la gauche bourgeoise, ou ce qu'il en reste.


NOTES

3https://www.irsem.fr/media/5-publications/notes-de-recherche-research-papers/nr-irsem-113-bourrat-fait-national.pdf

4casawiyadefrance a écrit:salam alikoum, aujourd'hui cela va bientot faire 1 ans que je porte le voile et j'en remercie Dieu mais je me pose souvent cette question la femme musulmane peut-elle parler au hommes? merci de me repondre

salam alikom ma soeur ce qui est sur deja, c'est que c'est interdit de parler seul a seul avec un homme parceque le sheytane est la. les savants disent qu'il est toléré mais il faut surout pas que la femme parle avec une jolie voi, sur un ton seducteur . si tu parle a un homme essai detre froide chuiya jdis pa méchante mais faut que tu laisse aucune porte a sheytane. sinon jcrois que c écrit nulle part que c interdit, mais faut quand meme une raison, si c pour tchatcher voila koi lol allah ou ahlem