"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 12 juin 2021

PROGRES DE L'EXTREME DROITE OU CONFIRMATION DE LA POURRITURE DE LA GAUCHE BOURGEOISE ?



Nous vivons un mois de juin fort tumultueux mais très réjouissant : baffe à Macron par un jeune homme qui a confirmé approuver son geste mais pas sa brutalité1, après le ballon crevé de la CGT, l'enfarinade du pourri Rugy. C'est surtout l'enfarinade de Méluchon qui a provoqué nos rires. Un simple jet de farine a ridiculisé cette ridicule « marche pour les libertés » - triste marche électorale « pour lutter contre l'extrême droite » - d'une ribambelle de déchets de la gauche « politiquement correcte » vaccinée contre Hitler, féministe, écologique et antiraciste. C'est l'auteur de l'enfarinade de Méluchon qui mérite la palme, à notre point de vue2. Déjà que la réputation de ce saltimbanque formé au trotskisme puis au mitterandisme est en chute libre après tant de débilités verbales accumulées avec les années sur sa « personne sacrée », le chômeur qui l'a blanchi, mais pas politiquement, l'a décrédibilisé plus que jamais du point de vue ouvrier, lui et d'ailleurs toute la noria de la bien-pensance islamo-gauchiste. Ni grave incident ni meurtre, simple remise à niveau, Méluchon fait partie des pourris qui dirigent le système ; alors qu'il était en train de ressortir ce ridicule amalgame du gauchiste de base : « à l'heure où l'extrême droite gifle le président »...

Il s'agit d'un jeune homme, comme Damien, âgé de 27 ans et au chômage. Il a déclaré qu'il aurait pu asperger aussi bien Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen.

Au lieu d'être tabassé immédiatement et arrêté comme Damien, il a pu s'exprimer et dire l'essentiel face à la presse : « Macron, avec toute la caste politique, sont des corrompus. La République est corrompue à la base. Tous ces gens sont faussement universalistes ».L'homme, qui nous a dit être souverainiste, a assuré à la chaine de télévision RT être "de gauche". Qualifié de "fasciste" par les personnes autour de lui, il les a à son tour désigné de la sorte car "ils insultent les gens de fascime", se lançant ensuite dans une diatribe au sujet d'une gauche "récupérée par les minorités" selon lui. "Je suis de la gauche authentique", a-t-il conclu.

Il a expliqué à BFMTV avoir été influencé par la personne qui a lancé de la farine, vendredi, sur François de Rugy lorsqu'il était en terrasse dans le centre-ville de Nantes. Il a par ailleurs indiqué "comprendre" le geste de Damien Tarel, auteur de la gifle au président de la République dans la Drôme, tout en soulignant qu'il ne soutenait pas ces violences3.

Qualifié de «facho» et d'extrémiste par les manifestants assistant à son interview, l'homme a répondu : «Et pourtant je suis de gauche, mais ces gens-là sont des vrais fascistes. La gauche a été récupérée par les minorités», avant que l'échange ne tourne à l'invective. Interviewé à nouveau après la scène, mais coupé sans cesse par les journalistes, il se décrit «souverainiste de gauche» et semble avoir voulu interpeller sur la situation de son camp : «La gauche s'est perdue et a oublié la lutte des classes au profit de la lutte des races. La gauche ne parle qu'aux minorités sexuelles ou raciales» analyse-t-il. «Ca m'énerve de voir des manifestations pour les libertés comme ça. Pour les libertés de qui? des LGBT? Ils sont 4% et on ne parle que d'eux! Pourquoi on ne parle pas des vrais travailleurs, des gens du peuple, des gens qui sont au smic? C'est une diversion totale, c'est une américanisation de la France, je trouve ça déplorable. Ils détournent la lutte des classes pour en faire une lutte des races. La gauche et la droite maintenant cela ne veut plus rien dire, ça veut dire quoi « faut plus de femmes à l'assemblée nationale », « faut plus de noirs », pourquoi on ne dit pas qu'il faudrait plus de travailleurs, c'est pas ça le vrai combat ? ».



LA GRANDE CONFUSION

par et de Philippe Corcuff, sous-titré « Comment l'extrême droite gagne la bataille des idées »4.


Autrement grande confusion de cet auteur lui-même, qui est plus concerné par la décomposition et la décadence de l'idéologie bourgeoise. Formé au trotskisme puis tombé dans la marmelade anarchiste qui assaisonne tout raisonnement politique aux modes plurielles, sociétales et indigestes du gauchisme en général avec leurs intellectuels et éditorialistes attitrés. Il est la preuve qu'un bardé de diplôme peut être un parfait crétin en analyse politique.

Je ne pouvais avoir meilleure introduction avec cette symbolique de l'enfarinage. Pour « sortir du brouillard idéologique et politique actuel », l'auteur, avec de longues phrases alambiquées - prétend pacifiquement ridiculiser ce qu'il nomme schématiquement « le politiquement incorrect », un certain nombre de journalistes qui échappent aux diktats des moralistes Plenel et cie du « politiquement correct », donc dans la plus pure tradition manichéiste du gauchisme et du stalinisme. Les ismes se répètent au long de près de 700 pages : ultraconservatisme, confusionnisme, identitarisme, séparatisme, islamisme, postfacisme, etc. Il pose au « lanceur d'alerte idéologique », au « clignotant » contre la venue « d'un régime autoritaire aux tonalités xénophobes, sexistes et homophobes dans un cadre nationaliste », ou pour résumer banalement comme l'imagine le gauchiste lambda, une victoire de la mère Le Pen.

Car « Macron nous a rapproché un peu plus du précipice de l'extrême droite », « en particulier avec l'usage technique de thèmes de l'extrême droite ». En réalité c'est la même rengaine de l'épouvantail RN au même niveau que les gauchistes et Macron en campagne tout azimut. Pour vous donner une idée du jargon creux, et finalement apolitique de Corcuff, il me suffira de citer intégralement un passage dans la conclusion qui illustre tout à fait la bourdieuserie confondante de cet auteur (Bourdieu n'aimait jamais tant expliquer des choses simples que de manière compliquée) :

« Car parler de confusionnisme a d'abord un sens par rapport à la prégnance antérieure de l'opposition gauche/droite et de l'association critique sociale-émancipation, la logique confusionniste consistant à générer des interférences entre des postures et des thèmes auparavant antagonistes. Si les bricolages idéologiques confusionnistes se poursuivent, que le clivage gauche/droite continue à reculer et que la liaison critique sociale-émancipation devient structurellement marginale, il faudra envisager la possibilité que ces bricolages relèvent d'un nouvel espace idéologique plus cohérent et solidifié ». Ouf merci de l'avoir lu, si vous avez compris, écrivez-moi. Ce fan d'Eddy Mitchell qui est cité comme référence dans chaque chapitre, ne lui enlève pas ses qualités de rocker, mais, avec les refrains qu'il lui pique, c'est oublier que ce chanteur a toujours affirmé qu'il ne votait pas et se foutait de la politique en général...

La gauche décatie devrait se ressourcer dans la pluralisme intersectionnel, avec les diverses sectes sociétales MeToo, la fabrique de la mioche Greta Thunberg, en intégrant « l'aléatoire dans les processus historiques » (?), lequel aléatoire « ne nous conduit pas nécessairement dans la direction du négatif » (p.656)

Ressortir la gauche de son tombeau... « équilibrerait les pouvoirs les uns par rapport aux autres, serait attachée aux souverainetés populaires s'exprimant dans des cadres locaux, nationaux et mondiaux en relations. Elle associerait des composantes laïques, pluriculturelles, individualistes-solidaires, de classe, féministes, écologistes, antiracistes et décolonisatrices, anti-homophobes, queer, valorisant les identités ouvertes et métissées, dans la recherche et la consolidation d'espaces communs ». (p.660). En somme un programme hippie pour bobos en cravates.

Il est donc question de faire dépendre tout avenir de la société de l'identification, à la manière maccartyste d'une série d'intellectuels porteurs et propagandistes de l'islamo-phobie, du rejet de l'immigration, de l'anti-féminisme, de l'anti-écologie, des Guilly, Michea, Onfray, Zemmour et Bock-Côté en particulier, mais il n'est jamais traité des ignominies des plumitifs de Médiapart, de Libération. Je concède que les portaits des « méchants » épinglés de Finkielkraut à Soral et Mélenchon, resteront référenciels ; c'est la seule qualité que je reconnais à cet épais ouvrage, son aspect dictionnaire des intellos et plumitifs qui font les opinions en France, description et historique des personnages que j'approuve.

La première partie de ce dictionnaire est assommante, phrase ultra-longues, qui ne veulent souvent rien dire et affichent un beau langage en lieu et place d'une pensée claire. Il s'appuie épisodiquement sur des zigotos sans intérêt et faussaires, en particulier les ex-staliniens Martelli et Noiriel. Ensuite il défend systématiquement l'islam. L'immigration massive n'est pas un problème.

Dans toutes autres parties, il estime en radotant qu'il y a une aimantation de l'extrême droite, mais pas une tendance globale à l'extrême droitisation de la société, ce qu'il ne cesse de vouloir faire croire pourtant... p.139 et p.263 « Le phénomène d'extrême droitisation n'est toutefois pas que français ».

Par contre, il n'a pas tort de démonter les émissions de variétés des Ardisson et Cie, les Guignols de l'info qui ont participé, sous l'aspect superficiel de la moquerie, de la dépolitisation des questions politiques et leur personnalisation à outrance, mais c'est toujours pour plaindre la gauche, dont le personnel était quelques fois moqué avec finesse. Je partage son analyse du conspirationnisme et le rappel des idioties et inconvenances de Méluchon (p.286).

Le propos dissolvant le mouvement ouvrier est permanent, enfin il est associé à tous les révisionnismes des gauchismes et des modes à bobos :, féminisme, mouvement anti-colonial, antiraciste, homosexuel, etc.

Au total on est loin d'un raisonnement politique conscient sur l'état des classes, sur les raisons de l'effondrement de la gauche bourgeoise. J'en ai parlé assez souvent et vous pouvez lire fructueusement les articles classiques du CCI sur le sujet. Philippe Corcuff est un ignorant en histoire politique et qui la ramène cependant sans projet politique crédible après avoir été laminé jeune par l'idéologie trotskienne puis aboutissant au néant politique de l'anarchisme. La question à se poser est d'abord pourquoi la gauche a perdu tout crédit politique ?


IL FAUT SAVOIR d'abord QUI A INVENTE L'EPOUVANTAIL « FACHISTE »

Le FN n'eût qu'une place ultra marginale dans la société française jusqu'aux années 1980. Après la victoire de mai 81, il n'y avait plus d'adversaire politique nécessaire comme sparring partner au nouveau pouvoir de la « gauche caviar ». C'est Mitterrand qui a inventé Le Pen, suite aux récriminations de ce dernier, il a exigé que lui soit réservé un strapontin dans les médias. De 2% électoralement le petit parti d'extrême droite est passé à 10, etc. Mais le trucage électoral, absence de la proportionnelle, laissait dans la coulisse (et laisse toujours de côté aujourd'hui) un parti figurant que la bourgeoisie sait pouvoir contrôler, même si en effet depuis Mitterrand il a pris plus de volume et apparaît comme un concurrent dangereux au niveau local ou régional. (Philippe Alexandre explique cela très bien dans son livre sur "La cuisine en politique).

Cette géniale invention de l'ex-pétainiste a servi à former des générations d'étudiants à la culture politique de l'évitement, et de l'évitement à critiquer les « partis de gauche ». Je ne vais pas revenir sur l'histoire de la gauche au XX ème siècle. Quelques dates à retenir : 1914 : trahison du prolétariat en faveur de la guerre, 1936 trahison des grévistes et effacement politique face à la deuxième guerre mondiale, 1945 : trahison des intérêts ouvriers et complicité avec le pouvoir gaulliste jusqu'aux années 1960 et complicité coloniale. En 68 les partis de gauche sont à la remorque mais tiennent encore le rôle de sparring-partner à De Gaulle. Longtemps dans l'opposition les partis de gauche, qui d'une certaine façon auraient voulu y rester, sont propulsés malgré eux au pouvoir en mai 81, c'est le vrai début de la décomposition des illusions « socialistes » et « communistes » face aux « camarades bourgeois au pouvoir ». On oublie que l'expérience de la gauche bourgeoise au pouvoir a duré pas mal d'années grâce à la rouerie du sphinx de Solutré, porté aussi par des votants du monde ouvrier inquiet des conséquences de la crise économique et qui a toujours considéré la droite comme le camp des riches (ce qui est toujours vrai) ; monde ouvrier qui n'a pas encore fait la révolution, ce qu'on ne peut lui reprocher vu que personne ne crève de faim et qu'il y a des aides en veux-tu en voilà. Les bedaines de la gauche au pouvoir s'en sont mis plein les poches comme la droite et ont laissé la classe ouvrière au même niveau où la droite l'avait laissée.

Au cours de ces années, donc bien avant que le plaisantin Corcuff le sache ou le comprenne, les notions de gauche et de droite ont volé en éclats. Certes la droite reste le pouvoir des riches, mais la gauche sur quoi reposait son idéologie ?

  • le passé magnifié et mythique des travailleurs attribué aux bureaucrates des partis,

  • des réformes sociales au moment du front populaire (réformes inventées depuis plus longtemps par Bismarck donc pas spécialement « socialistes ») et préparatoires enfin à la guerre ;

  • une gloire outrancière concernant les syndicats, qui sont des traîtres en permanence de la lutte de classe, et rétribués pour cette fonction par les organismes para-gouvernementaux ;

  • un universalisme contre la pauvreté, le racisme, pour l'immigartion et toutes les nouvelles inventions communautaristes et sexuelles.

Etc. Ces quatre qualités se sont évaporées, il ne reste que le qualificatif de gauche parce que ça fait bien tout en étant creux. Ce n'est pas vers la droite que les déçus de décennies d'exploitation du peuple par la gauche bourgeoise allaient se tourner. D'abord il y eu l'abstention et il y a encore une abstention massive – qui votre Le Pen ? Surtout flics, commerçants et artisans – plus un vote protestataire mais pas des couches les plus conscientes du prolétariat quoiqu'on nous bassine. Les questionnements de l'extrême droite ne sont pas les mêmes qu'il y a trente années, le poids de l'immigration n'a rien de comparable avec celle des sixties ; le RN lui-même ne fait que reprendre des angoisses dans le peuple (il fait même plus penser au PCF des années 1970 qu'au SNDAP et serait bien incapable d'y répondre autrement que les occupants actuels des lieux de décision étatique. Inquiétude ou rejet ne veut pas dire extrême droitisation, de même que renvoyer les délinquants dans leur pays d'origine n'équivaut pas aux gazages à Auschwitz.

Il faut souligner outre cette déception historique, et phénomène contigu, qu'il y a eu des bouleversements fondamentaux dans le monde entier et qui changent la donne, tant au niveau géopolitique qu'au niveau des grands ensembles de pays. Même du point de vue des « purs marxistes », comment ignorer les problèmes posés par l'immigration massive, la criminalité liée à celle-ci, le taux plus fréquent de meurtre de femmes, un danger écologique plus sérieux que les parades des politiciens écologiques, l'épidémie de Covid? Et comment faire confiances aux syndicats ? Ou plutôt créer d'autres organismes comme produits de la lutte et pas des subsides gouvernementaux... Ne plus voter du tout pour ne plus légitimer des partis politiques ou des présidents qui ne sont que des élus de la classe bourgeoise.

Enfin et surtout la gauche est morte programmatiquement, et elle ne s'en relèvera pas même avec des manifs ridicules et minoritaires comme celles d'aujourd'hui. Notre souci n'est pas de chercher des idées pour la sortir du tombeau mais de la laisser crever, parce que tout est à refaire du point de vue de classe, autrement et sans tricherie. C'est tout pour aujourd'hui.


PS: à lire d'urgence la dénonciation des toxiques  tarés décoloniaux qui trustent l'Université:

Les bonimenteurs du postcolonial business en quête de respectabilité académique - L'Express (lexpress.fr)



NOTES


1Il est exagéré de parler de brutalité, de la part du baffeur lui-même, c'est une demi-baffe, ce n'est pas un complot non plus comme l'assurent nos braves syndicalo-gauchistes ; à revoir sous différents angles, on comprend finalement que le provocateur c'est Macron qui touche familièrement le bras de Damien lequel y trouve bien sûr du coup ce mépris paternaliste chez tout politicien, syndicrate ou militant gauchiste – il dit lui-même qu'il y a vu de l'arrogance et une utilisation médiatique de la « macronie » - Si le Macron n'avait ainsi touché le bras de Damien on peut donc supposer qu'il n'aurait pas reçue cette demi-baffe !

2L'enfarinade des politiciens de la bourgeoisie n'est pas une exclusivité des trois cités, tous l'ont été de Sarkozy à Hollande, mais là les propos tenu par le chômeur font très mal... politiquement contre toutes les théories de la gauche indigeste, antiraciste et islamophile.

3 Il été contrôlé par la police, a indiqué cette dernière à BFMTV. En revanche, il n'a pas été interpellé, puisque l'enfarinage n'est pas un motif d’interpellation ni de garde à vue, a précisé cette même source. Par contre le pitre Méluchon, vexé dans sa personne sacrée, a porté plainte , sans aucune dignité contrairement à Macron. Il a de plus crié contre « l'augmentation des violences physiques contre la classe politique », c'est à dire contre les divers appareils politique de la classe bourgeoise, alors que la farine qui a tâché son costume et sa cravate n'est pas une violence en soi.

4Vous pouvez lire de façon complémentaire une bonne critique de ce pavé par les « ultraconservateurs » pour ne pas dire « fachos » de Marianne : "La grande confusion" : le pavé de Philippe Corcuff grâce auquel vous ne comprendrez rien à l'extrême droite (marianne.net)


mercredi 9 juin 2021

UNE BAFFE méritée

 


LA CLASSE OUVRIERE a éclaté de rire face à cette classe politique dominante lèche-botte

ou la bourgeoise mise à nu


« Choqué qu'il se soit fait gifler, il n'avait qu'à respecter les gestes barrière ! »

Un anonyme dans Le Figaro


Il y a des baffes qui se perdent et il y a celles qui sont justifiées. Pas étonnant que l'ensemble de la classe politique bourgeoise s'émeuve d'une demi gifle flanquée à Macron. De la mère Le Pen à Zemmour en passant par Méluchon et tutti quanti, il faut « punir sévèrement » cette « gifle à la République » contre pourtant son roi ; c'est la version soudaine et lèche-botte du nain Zemmour. Ce larbin de l'aristocratie « française », s'est montré le plus odieux en volonté de répression pétainiste, comparant avec le coup de canne contre le Président Loubet naguère et, fausse info, assurant que le donneur de coup de canne avait écopé de dix ans de cabane, alors que ce fut quatre années. Ce zélé saltimbanque, comme la plupart des courtisans reproche au "roi" de minimiser son attentat de pacotille... ce qui permettra au "roi" de faire preuve de magnanimité et ainsi rassurer ses électeurs quant à sa nouvelle simplicité et bonté.

Le plus étonnant dans cette évocation des attentats passés contre les présidents de la bourgeoisie – les risques du métier – aucun mais aucun des si nombreux larbins n'évoque la célèbre gifle de Beate Klarsfeld qui, le 7 novembre 1968, avait giflé le chancelier allemand « démocrate » Kiesinger le 7 novembre 1968, car il était un ancien nazi ; geste salué dans le monde entier comme entièrement justifié. Evidemment que le geste anarchiste, même si on le couvre de justification « fachiste » est justifié, la gauche bourgeoise surtout qui délimite ce qui doit être la pensée simpliste dominante.

Franchement il n'y a pas mort d'homme ; chaque jour une femme et massacrée et tuée par son connard sans qu'il risque la peine de mort, des dizaines d'ouvriers, de paysans et de flics se suicident. Il ne s'agit en rien d'un attentat terroriste1. Macron n'est évidemment pas un nazi, mais il a tout de même fait crever les yeux à trente gilets jaunes par ses gentils flics si déprimés, et sans remords en a fait tabasser des centaines ; c'est d'ailleurs de terrorisme qui a dégonflé le mouvement avec une concession provisoire, sur l'essence, qui est à nouveau aussi chère et les ouvriers obligés d'envisager de s'acheter des voitures de luxe pour classes moyennes et donc inabordables. Il faut être un imbécile aussi servile, que les autres, comme Pascal Praud pour voir une contradiction chez Macron avec le soi-disant abandon de l'attaque sur les retraites alors que Macron avait laissé entendre des mesures difficiles à prendre, donc recommencer autrement ; d'ailleurs le corrompu Bayrou avait conditionné la future attaque sur un terrain où il peut compter sur le gauchisme : sauver les retraites ce sera à condition de laisser venir tous les migrants... Bayrou n'est bon qu'à gifler un gamin. Mais Raffarin a magnifiquement remarqué jadis qu'un maire est à portée de baffe. Pourquoi pas le principal représentant de la domination bourgeoise.

La réaction lâche et unanime contre un petit gars de province est répugnante, et vient confirmer que ce ne sont pas les mesures de confinement qui étaient critiquables mais bien ce totalitarisme suiviste de tout ce qu'on qualifie comme « classe politique » alors qu'il s'agit des représentants d'une « classe » bourgeoise, faussement contestataire en temps normal, mais au garde à vous au moindre incident de type social et donc nullement terroriste. Or, sur le plan du terrorisme islamiste, Mélenchon avait fait une tentative de suicide politique quelques jours avant, mais l'ensemble de la presse « totalitaire » avait dévié sur la réputation de culte du complotisme par les faux insoumis ; or Mélenchon et sa bande n'avait soutenu l'islamo-gauchisme que pour faire un clin d'oeil à l'électorat musulman, comme d'ailleurs Macron qui leur avait dit depuis l'Afrique « vous n'avez pas besoin de vous intégrer »2.

LA GAUCHE DELIMITE LE PERIMETRE DE PENSEE ELECTORALE

« Le gauchisme est pare-balles »... anti-fachiste, comme l'a très bien formulé un humoriste, traité de fachiste par Libération, laquelle pisse-copie pour lecteurs bobos, en profite pour « fachiser » l'auteur de la gifle3.

Le veilleur de nuit antifa, Arrêt sur image, pointe du doigt un autre présumé hitlérien, humoriste connu sur les « infâmes » réseaux (remplis de nazis en culottes courtes) : « Le youtubeur d'extrême droite Papacito a publié une vidéo où il se met en scène tirant à balles réelles sur un "gauchiste", électeur de Jean-Luc Mélenchon ». La vidéo a servi à Mélenchon à dénoncer une « visée criminelle » pour effacer sa lecture comique du destin « attentatoire » à venir pour servir à favoriser l'élection du candidat « des banques » ; ce qui est en partie vrai, et même justifié indirectement par la gifle, qui, du coup permet à Mélenchon de se blanchir, et de garder une réputation de défenseur des musulmans. Il faut dire aussi que la gifle, bien que justifiée du point de vue de la classe ouvrière4, sert à booster Macron dans sa compagne électorale, finalement très populiste, plus même que celle de la mère Le Pen, où il révèle qu'il a pris des leçons de Trump...


CE QU'IL EN COUTE DE NE PAS S'INDIGNER AVEC LA MORALE ANTIFA

Ils ont ensuite décidé de « suicider » Raphaël Enthoven, puisqu'il s'est avéré que Méluchon savait rentrer dans les rangs.

« Le «suicide en ligne» de Raphaël Enthoven :

Autre point commun, selon Raphaël Enthoven : leur «complotisme». Mais il oppose celui «tout en finesse» de la présidente du RN à celui du patron de LFI, «qui dénonce indifféremment les grands laboratoires, Agnès Buzyn» mais aussi, comme récemment, «les attentats ourdis et montés en épingle par le "système"». S'il reconnaît le talent de Mélenchon pour l'art oratoire, le philosophe lui reproche néanmoins le fait de ne plus être «républicain». Alors que, pour lui, Marine Le Pen est toujours la même : «Parfaitement incompétente, hésitante, indécise et vindicative».

usqu'ici, match nul entre ces deux «chouchous du système qu'ils conchient», tranche Raphaël Enthoven. C'est, selon lui, le sujet de la laïcité qui les sépare : «Mélenchon est un républicain historique, dont l'intérêt consiste désormais à flatter l'électorat des indigènes de la République, ce qu'il fait sans vergogne, en abjurant la totalité de ce qu'il défendait auparavant». S'il est élu, «il y a fort à parier» que le patron de LFI «entamerait une carrière de dictateur» tandis que la présidente du RN «tenterait peut-être, par référendum, de toucher à la Constitution», mais sans succès, imagine l'essayiste. Finalement, «s'il fallait choisir entre les deux, et si le vote blanc n'était pas une option, j'irais à 19h59 voter pour Marine Le Pen en me disant, sans y croire : "Plutôt Trump que Chavez"», conclut-il. « Cédric O, secrétaire d'État chargé de la Transition numérique. «Il n'y a aucun parallèle possible entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national. Raphaël Enthoven se fourvoie, historiquement et politiquement», a-t-il jugé sur Twitter ».

Pauvre Enthoven - esprit critique honorable - obligé de ce justifier devant le tribunal antifa du maccarthysme hexagonal, pourtant sans qu'on décèle la moindre volonté de voter RN... l'humour ne passe pas au pays de l'épouvantail « fachiste » ! Va-t--on désormais censurer ses livres après avoir fait chuter leur distribution?

OUI je vous ai gardé le meilleur pour la fin

Hier au soir je me morfondais, j'allais bien sûr dénoncer cette mascarade contre un petit Poucet, mais je serais encore bien seul. Par bonheur je découvre ce matin la réaction des lecteurs du Figaro, la seule presse qui vous permet d'exprimer votre opinion, pour la presse bien pensante, soit il n'y a pas d'espace pour cela soit il faut être abonné, dixite Le Monde, Libération et l'Obs. Je vous en livre une sélection jouissive ! A votre tour de partager et rire de l'hypocrisie de toute « la classe politique » rampante.

« Nous sommes nombreux à vouloir lui en coller une et une plus forte encore...".

ce front commun de la classe politique démontre a quel point elle est déconnectée du peuple qui ne se sent pas du tout offensé par cette gifle que Macron est allé chercher en se baladant aux frais des contribuables ....il y a qqs temps la propagande avait fait croire qu’il avait eté bien reçu a Montpellier ( c’était lors du coup monté avec le prénom Pierre et une maghrébine) alors qu’il s’était fait huer toute la journée par des foules tenues l’écart par des centaines de flics qui n’ont sans doute que cela a faire.... ».

« Ce front commun de la classe politique démontre à quel point elle est déconnectée du peuple qui ne se sent pas du tout offensé par cette gifle que Macron est allé chercher en se baladant aux frais des contribuables ....il y a qqs temps la propagande avait fait croire qu’il avait eté bien reçu a Montpellier ( c’était lors du coup monté avec le prénom Pierre et une maghrébine) alors qu’il s’était fait huer toute la journée par des foules tenues l’écart par des centaines de flics qui n’ont sans doute que cela a faire.... ».

« Tiens, curieux. Un simple soufflet et tous les godillots font front.
Quand c'est un quelqu'un du peuple et pas un représentant de l’État,.. ».

« Tous les politiciens démocrates qui geignent en ce moment à propos de cette gifle ne le font que parce qu’ils redoutent eux-mêmes la colère populaire après des décennies de pillage, de mensonges et de trahison c’est le bal des faux-culs.Nous sommes quand même dans une république fondée sur la décapitation démocratique du chef de l’état, en 1793 » .

« Ce n'est pas du tout un geste de violence, c'est tout simplement un geste de mépris...envers un Président détestéLa monnaie de la pièce comme disait ma grand-mère... ».

« La violence est aussi verbale et sociale : depuis l'élection de ce président elle s'est exacerbée. Les opposants sont les bas du front, les chômeurs n'ont qu'à traverser la rue pour trouver un travail, etc. La réalité c'est l'abaissement général du niveau de la population ».

« Regardez bien la petite vidéo qui tourne en boucle, Emmanuel Macron juste sorti de sa voiture court (pourquoi il cours ?) pour directement se prendre une baffe par le premier quidam derrière les barrières.Étonnant, non ? ».

« ça va Kennedy a pris bien plus à Dallas en 63 ! »

« Pour qu'eux soient protégés, ils sont tous d'accord, je les comprends, ils ont clairement peur car il va falloir aller au contact pour les présidentielles, par contre pour faire en sorte de protéger la population contre les nombreux actes de violence quotidiens un peu partout en France, ils n'ont pas de solutions, bizarre, pas facile de contrarier certains électeurs hein... ? ».

« La classe politique fait front derrière Macron ? Le phénomène de cour installé par Macron autour de sa personne quasi-royale est incroyable ! Tous en rang d'oignon, personne ne moufte ni ne critique ! Sa com' est la seule autorisée... ».

« Aucun désaccord politique ne justifiera jamais la violence » ils feraient bien de montrer l’exemple dans ce cas ».

«Le commis banquier a ouvertement affiché son mépris pour les manants illettrés et ceux qui ne sont rien et force est de constater qu’ils le lui rendent bien….1er acompte pour 2022… ».

« Tout le monde a bien rigolé au bureau.C'était un peu il a fait ce que tout le monde rêvé de faire ».

« Indignation... la classe politique peut-être, mais les Français pas vraiment.

Il a voulu aller « sur le terrain » et prendre la température...

Le pauvre a pris un demi-claque... Combien de Français se font agresser plus sauvagement sans que ce monsieur ou les autres s'en émeuvent?Selon que vous serez puissant ou misérable etc. ».

« Ce n'est pas de "l'ultra-violence" ; c'est de "l'ultra-insolence", ça n'a rien à voir ! Il est amusant de voir les oligarchies crier au loup, ALORS QU'elles nous choisissent, par du bourrage de crâne non démocratique, les "bons" candidats à élire, PUIS qu'elles imposent LEUR agenda "progressiste" à ces gouvernements totalement inféodés à elles. Cette gifle n'est pas celle contre la démocratie ou la fonction présidentielle MAIS elle est contre l'inféodation de nos gouvernants aux intérêts idéologiques et financiers de quelques puissants, au détriment du peuple ! ».

« Le monde politique est choqué, outré? Allez-dans certains quartiers de vos villes, prenez le métro et pas votre voiture de fonction, promenez-vous en ville seul et non accompagné de vos collaborateurs, ouvrez vos yeux ».

« Et en plus il s'appelle Damien!!!En son temps, Robert François Damiens fut supplicié pour un fait analogue.Du roi serrurier au maitre horloger, Macron, le nouveau Louis XV ».*

(*) Damiens avec un s, annonce en effet la Révolution de 89, c'était aussi un de mes pseudos dans RI)


« Risque professionnel ! Cela peut toujours arriver, c'est pourquoi il y a des tonnes de gardes du corps. Il voulait retourner vers le peuple ? Une blague. Heureusement, maman était là, elle pouvait réconforter son garçon ».

« "Gifler le président c'est gifler les français".....je ne me sens absolument pas giflée, d'abord je n'ai pas voté pour lui donc je ne le considère pas comme mon président mais le président d'un pays mais pas d'une population qui lui est hostile à plus de 50%...........j'en ai beaucoup ri, j'ai même arrosé ça..........l'adolescent arrogant et insultant pour les français a reçu la gifle que ses parents ont oublié de lui donner !!! ».

« Mélenchon l'avait prédit ...Le premier attentat vient d'avoir lieu ." la gifle présidentielle" ..Et on n'a pas fini d'en parler ! ».

« Et bien gifler un président de la République, c'est inadmissible, et EN MÊME TEMPS ça nous a bien fait rire. En somme, c'était un geste parfaitement macroniste, disruptif et uniquement tourné vers l'action spectaculaire ».

« Au vu de l'indignation indignée de la totalité des politiques, il s'agit là d'un blasphème républicain. Mais n'a t'il pas dit qu'en France, on avait le droit au blasphème ? ».


A bon entendeur, salut !

PS: je vous démonterai sous peu le nouveau bréviaire de la gauche bourgeoise antifa, le pavé de la girouette anarcho-trotskienne Corcuff qui vient nous conter que classe ouvrière et maximalisme on est tous passés à droite, et épingle à la manière maccarthyste un certain nombre de journalistes ou écrivains taxés de "nazis" parce qu'ils disent (en partie)  certaines vérités concernant gauche et extrême gauche bourgeoises.


NOTES


1Il semble bien que l'agression a été mûrie par un groupe ou un cercle amoureux du Moyen âge, donc plutôt zemmouriens. Quelque temps auparavant on voit une interview où sont visibles les deux complices, et ne consent à parler au journaliste qu'un troisième, chauve et plus âgé, et qui déclare que « a France est en chute libre », ce qui n'est pas faux mais relève plus d'une préoccupation de la droite et de son extrême droite. Mais peu importe elle vient signifier l'impopularité du président, et surtout le fait qu'il nous gonfle à nouveau à nous refaire son tour de France de rockstar.

2 L'islamo-candidat Mélenchon profite du coup de la gifle « normissimme » 24 heures après s'être alarmé d'une vidéo mettant en scène une attaque armée contre un militant Insoumis. «Cette fois-ci vous commencez à comprendre que les violents passent à l'acte ?», a-t-il ainsi interrogé. Et de poursuivre : «Je suis solidaire du président de la République.

3 L'islamo-candidat Mélenchon en profite pour se blanchir de l'accusation de complotisme : « Selon les informations de «Libération», qui a pu identifier les comptes sur les réseaux sociaux du principal suspect de la baffe, Damien T. présente un profil lisse mais semble adorer la fachosphère ». En même temps le célèbre sondeur de service fait monter les enchères sur l'épouvantail Madame Hitler bis : Jérôme Jaffré: «Une région gagnée par le RN serait un événement, davantage serait un séisme». Je n'ai pas vu encore les réactions de LO ni du NPA (dont le site est devenu illisible bourré d'encarts d'appels à manifs hétéroclites pour agités du bonnet), mais Méluchon peut compter sur leur soutien antifa et l'intronisation de l'ambiance électorale le 12 juin : « Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale » (communiqué du NPA). Macron appréciera ce soutien à sa dénonciation de la venue d'Hitler, et par le nombre faramineux qu'il compte comme sous-fifres zélés dans les médias ; cette campagne parallèle du gauchisme, « dans la rue »pour empêcher l'incompétente mère Le Pen de l'emporter, tombe à point.

4Et je plains sincèrement dans sa solitude derrière les barreaux de la flicaille « déprimée » - qui nous défend si bien en temps que citoyens mais pas en tant que prolétaires – et ne sais comment lui apporter mon soutien.

mardi 1 juin 2021

LES QUATRE GRANDS DU MAXIMALISME?

 


L’histoire du " communisme de gauche "

Martin Thomas

Article du site “Worker’s Liberty” - juillet 2019

traduction : Jean Pierre Laffitte


OU COMMENT LE TROTSKISME TENTE D'ANNEXER

ET REDUIRE L'HISTOIRE DU COMMUNISME MAXIMALISTE


De prime abord, tombant par hasard sur ce site - The history of "left communism" | Workers' Liberty (workersliberty.org) – j'avais été séduit par les quatre portraits : Pannekeok, Bordiga, Damen et Marc Chirik (photo réalisée par moi-même à la fin des années 1970 à partir d'un film porte Dorée).Même si les deux derniers sont peun connus du grand public, ces quatre là représentent bien la continuité programmatique, malgré leurs divergences, avec le maximalisme historique dont la figure de proue reste Rosa Luxemburg. Ensuite je suis resté dubitatif avec cette manie trotskienne de personnaliser un courant communiste par quelques uns de ses meilleurs théoriciens, gommant ainsi que ce fût un combat de groupes d'hommes et de femmes. J'ai enquêté ensuite sur ce site.

L'Alliance pour la liberté des travailleurs (ou Alliance for Workers' Liberty , abrégé en AWL ou plus simplement Workers' Liberty) est un groupuscule trotskiste britannique créé en 1966 .Politiquement, ce groupe s'inspire du trotskisme dit de « troisième camp », qui rejette aussi bien les États-Unis, que l'Union soviétique, par opposition au trotskisme « orthodoxe » qui considérait que l'URSS est un « État ouvrier dégénéré ». Aujourd'hui, cette secte se différencie del'islamo-gauchisme en refusant le soutien aux islamistes, notamment en Irak, contrairement à la majorité de groupes trotskystes britanniques comme le SWP qui considère que les islamistes sont anti-impérialistes dans la mesure où ils s'opposent aux États-Unis. Ils fricotent en France avec Convergences révolutionnaires (déchets du trotskisme LCR et LO) et le ramasse merde Yves Coleman. Une partie des trotskiens anglo-saxons a toujours été à la queue de l'impérialisme américain; comme par exemple en 1980, dans la lutte "contre le communisme", un certain Ronald Reagan nommait "combattants de la liberté" les jihadistes en Afghanistan; avec le spectacle de la lutte raciale "antiraciste" de Biden, les islamo-gauchistes français sont à la traîne, pour ne pas dire lamentablement suivistes. L'égérie débile du racialisme "décolonial", Houria Boutelja, quant à elle, a fermé sa gueule lorsqu'elle a été embauché par Jack Lang à l'institut du monde arabe avec un salaire confortable  (lire sa bio éclairante sur Wikipédia).

COMME QUOI LE VRAI GAUCHISTE ETAIT LENINE

Après avoir fait dépendre tout son raisonnement d'un Lénine inusable, l'employé de cette secte recopie pour l'essentiel ce qu'il a lu dans les ouvrages du principal historien de la « gauche communiste » - que je trouve plus exact de nommer « maximalisme communiste » opposé à la dégénérescence léniniste et trotskiste – Philippe Bourrinet. Quand il se contente de recopier c'est bien car Bourrinet a réalisé un immense travail de référence. Quand ce plumitif en vient à tenter de fossiliser le maximalisme, cela devient un radotage léniniste ridicule, surtout en s'appuyant sur le pamphlet de Lénine « la maladie infantile du communisme ». En outre il est assez inconsistant de passer sous silence le rôle bien plus important de Socialisme ou Barbarie et des situationnistes à la fin des sixties pour faire renaître l'idée de révolution, alors que tout le courant maximaliste était éparpillé et inconnu du public. Comme quoi les incendiaires ne sont pas forcément au début de purs groupuscules ou clans au label « marxiste garanti ». Néanmoins les connaisseurs relèveront nombre d'à peu près dans la copie du trotskien anglais.

Enfin le trotskisme réac impérissable se dévoile entre les passages historiques repiqués à Bourrinet : « Lénine a eu raison de qualifier le “communisme de gauche” (le gauchisme) de « maladie infantile »1.Et de nous décrire les quatre idées principales des « communistes de gauche » dénoncées par Lénine ! Pas de pot c'est là qu'on découvre (pour ceux qui l'ignoraient) que le véritable créateur du gauchisme moderne c'est Lénine lui-même, infantile au point d'être incapable de se rendre compte combien les anciennes formes du mouvement ouvrier étaient devenus des outres vides contrôlées par la bourgeoisie. Les règles de base de la collaboration des classes sont toutes contenues dans les quatre critiques de ce pauvre Lénine : le parti de chef, l'empirisme du compromis, si bien illustrée de fait par la collaboration syndicale, et la participation aux élections frauduleuses de la bourgeoisie. C'est ce Lénine gauchiste que tous les groupuscules gauchistes conservent comme bréviaire de base lorsqu'on les voit émerger épisodiquement de leurs impasses politiques, avec ou sans cette référence idiote au troisième camp trotskiste, qui aurait été hors du stalinisme, alors que leur programme reste en effet lénino-stalinien, avec l'ajout des diverses théories débiles de la bobocratie, féminisme, éducation des enfants au transgenre, islamo-compatibilité, etc. Quant au classement du groupe ésotérique Lotta Continua dans le courant maximalisme, c'est une blague.

On voit donc que la remarque insidieuse du coquin qui pond cet article - « Le “gauchisme” d’aujourd'hui découle en partie du “communisme de gauche” - sert à faire croire que leur trotsko-stalinisme mal digéré pourrait s'annexer le maximalisme historique tout en gardant la collaboration néo-léninifiante aux organes aliénés du capital, syndicats et partis, et aux modes wokes si imprégnées de dogmes néo-staliniens et trotskiens. Non le gauchisme d'aujourd'hui est bien un bâtard du « gauchiste » sénile Lénine2.

***


L’histoire du « communisme de gauche »


Lénine est arrivé à résumer au plus près, sous la forme d’un “manuel”, les leçons que les marxistes devaient tirer du bolchevisme et de la Révolution russe dans sa célèbre brochure de 1920 : La maladie infantile du communisme (le gauchisme).

« Pendant les premiers mois qui suivirent la conquête du pouvoir politique par le prolétariat en Russie (25 octobre – 7 novembre 1917) », écrivait Lénine, « il pouvait sembler que les différences très marquées entre ce pays arriéré et les pays avancés d’Europe occidentale y rendraient la révolution du prolétariat très différentes de la nôtre. Aujourd’hui nous avons par devers nous une expérience internationale fort appréciable, qui atteste de toute évidence que certains traits essentiels de notre révolution n’ont pas une portée locale, ni particulièrement nationale, ni uniquement russe, mais bien internationale. ». Et il entreprenait d’expliquer le sens de ces mots en polémiquant avec les courants “gauchistes” qui étaient alors puissants dans les Partis communistes européens.

Il discutait quatre idées principales des “communistes de gauche”.

1°) Il contestait le procédé des “gauchistes” qui dénonçaient « le parti des chefs, qui entend organiser la lutte révolutionnaire et la diriger par en haut, acceptant les compromis et le parlementarisme… », en préconisant à la place « le parti des masses, qui attend l’essor de la lutte révolutionnaire d’en bas qui ne connaît et n’applique dans cette lutte que la seule méthode … du renversement résolu de la bourgeoisie ».

« Sans un parti de fer, trempé dans la lutte, sans un parti jouissant de la confiance de tout ce qu’il y a d’honnête dans la classe en question, sans un parti sachant observer l’état d’esprit de la masse et influer sur lui », écrivait Lénine, «  il est impossible de soutenir cette lutte avec succès ».

Précédemment dans la brochure, il s’était donné beaucoup de mal pour expliquer que la discipline de parti n’était pas quelque chose qu’il fallait développer en faisant abstraction de la politique.

« Qu’est-ce qui cimente la discipline du parti révolutionnaire du prolétariat ? … C’est, d’abord, la conscience de l’avant-garde prolétarienne et son dévouement à la révolution, sa fermeté, son esprit de sacrifice, son héroïsme. C’est, ensuite, son aptitude à se lier, à se rapprocher et, si vous voulez, à se fondre jusqu’à un certain point avec la masse la plus large des travailleurs, au premier chef avec la masse prolétarienne, mais aussi la masse des travailleurs non prolétarienne. Troisièmement, c’est la justesse de la direction politique réalisée par cette avant-garde, la justesse de sa stratégie et de sa tactique politiques, à condition que les plus grandes masses soient convaincues de cette justesse par leur propre expérience. Si ces conditions ne sont pas réunies … toute tentative de créer cette discipline se réduit fatalement à des phrases creuses, à des mots, à des simagrées. ».

2°) Il rejetait le slogan, “pas de compromis » ; « Renoncer d’avance à louvoyer, à exploiter les oppositions d’intérêts (fussent-elles momentanées) qui divisent nos ennemis, à passer des accords et des compromis avec des alliés éventuels (fussent-ils temporaires, peu sûrs, chancelants, conditionnels) ; n’est-ce pas d’un ridicule achevé ? N’est-ce pas quelque chose comme de renoncer d’avance, dans l’ascension difficile d’une montagne inexplorée et inaccessible jusqu’à ce jour, à marcher parfois en zigzags, à revenir parfois sur ses pas, à renoncer à la direction une fois choisie pour essayer des directions différentes ? ».

3°) Lénine soutenait que les socialistes révolutionnaires devaient travailler dans les syndicats de masse, aussi conservateurs seraient-ils à un moment donné, aussi difficiles que soient les manœuvres exigées pour avoir un point d’appui en eux, afin d’aider la masse des membres de la classe ouvrière à apprendre à s’affirmer et à transformer ce qui peut être transformé dans ces syndicats.

4°) Lénine plaidait en faveur de la participation aux élections et aux parlements en tant que tribunes pour les idées socialistes révolutionnaires, et il citait par exemple l’usage qu’avait fait Karl Liebknecht de sa position au Reichstag allemand au cours de la Première Guerre mondiale pour brandir le drapeau de l’internationalisme.


Lénine a également soulevé deux autres questions particulières : l’appel des communistes de gauche allemands à « refuser de reconnaître » le traité de Versailles, un écho à l’appel “national-bolchevik” de certains d’entre eux à une nouvelle guerre, supposée révolutionnaire, déclenchée par l’Allemagne afin de réduire Versailles à néant ; et l’opposition des communistes de gauche britanniques à s’affilier au Parti travailliste.

Les “communistes de gauche” exclus du Parti Communiste Allemand (KPD) aux alentours de son Congrès de Heidelberg d’octobre 1919 constituaient peut-être la majorité de ses membres. Quand le plus gros d’entre eux s’est regroupé dans le Parti Ouvrier Communiste d’Allemagne (KAPD) en avril 1920, ils étaient encore des dizaines de milliers.

Ils ont vite décliné. Les défenseurs du “national-bolchevisme” ont été rapidement exclus. Otto Rühle, l’un de leurs leaders les plus connus, a été exclu parce qu’il se déclarait opposé à toute organisation de parti. En 1922, le KAPD s’est divisé en deux groupes, connus sous les dénominations de KAPD-Essen et de KAPD-Berlin, et tous deux ont décliné. Le KAPD-Essen s’est dissous en 1927. Le KAPD-Berlin n’a survécu qu’un petit peu plus. L’héritage politique du KAPD a été perpétué par un groupe des Pays-Bas, le Groupe des Communistes Internationaux (GIC), fond en 1927, qui a démarré tout petit (trois membres) et qui n’a jamais dépassé les 50 adhérents environ.

Dans cette mesure-là, Lénine a eu raison de qualifier le “communisme de gauche” (le gauchisme) de « maladie infantile ». Mais, étant donné que les mouvements ouvriers sont restés dominés par des bureaucraties conservatrices, et que nombreux dans la gauche activiste ont été occupés à obtenir par de vains efforts des postes dans le mouvement ouvrier établi plutôt que de mettre en œuvre une lutte stratégique pour transformer le mouvement, toute radicalisation verrait certains activistes écœurés se tourner vers “pas de compromis” ou des alternatives “puristes”.

Le “gauchisme” d’aujourd'hui découle en partie du “communisme de gauche” hollandais et allemand des années 1920, et en partie aussi d’une tradition différente, celle de la “gauche communiste” d’Italie, qui était dirigée dans les années 1920 par Amadeo Bordiga.

Dans Le gauchisme, Lénine ne mentionne Bordiga qu’avec circonspection et en passant, et ce uniquement en ce qui concerne la participation aux élections au parlement.

Bordiga était opposé à cette participation, mais de manière moins dogmatique que les groupes hollandais et allemands. Il a accepté la décision du II° Congrès de l’Internationale Communiste, en 1920, sur le parlement, et le Parti Communiste Italien, sous sa direction (jusqu’en 1923), a disputé les élections. Naturellement, lorsque un grand parti “bordiguiste” a resurgi pour un bref laps de temps en 1944-45, lui aussi a participé aux élections.

Le désaccord principal de Bordiga avec Lénine et Trotski après 1921 était qu’il rejetait la tactique du front uni en tant que celui-ci était conclu entre partis politiques. Il acceptait des approches de front uni dans les questions revendicatives, et il était partisan d’avoir une activité dans les syndicats existants.

Alors que le KAPD prenait se distances avec l’idée d’un parti révolutionnaire “dirigeant” les luttes, Bordiga au contraire disait que la dictature d’un parti était la forme nécessaire de la révolution communiste.

Au cours des décennies, à la fois les “bordiguistes” et la “gauche germano-hollandaise” ont évolué. Les groupes principaux de la “gauche communiste” sont peut-être aujourd'hui le Courant Communiste international en.internationalism.org (centré en France ; le groupe britannique affilié est World Revolution) ; l’International Communist Tendency www.leftcom.org (Battaglia Comunista en Italie, le CWO en Grande-Bretagne) ; et une grande variété de groupes plus ou moins “bordiguistes” en Italie, dont le plus important semble être Lotta Comunista www.edizionilottacomunista.com (ramification britannique : le Marxist Studies Centre).

En termes de continuité active, l’élément dominant dans l’histoire est constitué par des gens formés ou influencés par l’axe Bordiga : Ottorino Perrone, Onorato Damen, Marc Chirik, Arrigo Cervetto. Les principaux auteurs de la Gauche germano-hollandaise se sont éloignés de la politique de gauche active (Herman Gorter, Anton Pannekoek, Paul Mattick – bien que Pannekoek et Mattick aient continué à écrire). En termes d’idées cependant, il semble qu’il y ait dans les groupes d’aujourd'hui davantage de la Gauche germano-hollandaise que de la Gauche communiste italienne des années 1920.

Le modèle historique est celui des crises successives – la contre-révolution stalinienne en URSS ; la prise du pouvoir par Hitler en 1933 ; la Révolution espagnole de 1936-37 et la Guerre civile espagnole ; les batailles d’Ethiopie et de Chine respectivement contre l’impérialisme italien et japonais ; la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences –, étant donné qu’il a engendré une sélection qui a redéfini les “communistes de gauche” à travers une série de rejets.

Cette histoire est racontée dans deux livres de Philippe Bourrinet, qui était membre du CCI au moment où il faisait sa recherche : La Gauche communiste germano-hollandaise et Le courant “bordiguiste” 1919-1999.

Ainsi que le dit Bourrinet, « l’histoire de la Gauche communiste hollandaise et allemande [et, dans son sillage, de la Gauche “italienne” également] semble se présenter comme une série de rejets… La position… peut être résumée par le titre d’une série d’articles dans Bilan [journal bordiguiste] en 1936 : « Le mot d’ordre du jour : ne trahissez pas ! ».

« Rejet de la tactique syndicale et parlementaire, du “front uni” et du soutien aux mouvements de libération nationale…

« Rejet des grands partis de masse sur le modèle de la II° Internationale…

« Rejet du capitalisme d’État [ainsi que tous ces courants, bien qu’étant de pays différents définissent le stalinisme]… rejet de la “ défense de l’URSS”…

« Rejet de l’idéologie antifasciste en tant qu’idéologie d’un front uni avec l’aile gauche de la bourgeoisie… ». (Ce dernier rejet ne signifiait pas seulement la critique du discours antifasciste insipide – que les trotskistes formulaient également –, mais le refus pur et simple de tout effort défini comme la défense des droits démocratiques, ou de la démocratie bourgeoise, contre le fascisme).

Contrairement à presque tous les autres pays, le mouvement social-démocrate des Pays-Bas avait connu une scission gauche/droite dès 1909. Or la gauche du “Tribunist”, avec laquelle Herman Gorter et Anton Pannekoek, les principaux auteurs du “communisme de gauche” en 1920, avaient été associés, ne préconisaient aucun des “rejets” distinctifs du “communisme de gauche” ultérieur. La question sur laquelle ce mouvement a fait scission était, en faisant référence au besoin de s’en remettre aux sentiments religieux répandus parmi les travailleurs, que le droit soutienne financièrement par des subsides publics les écoles religieuses. Pannekoek a été pendant une période, avant la Première Guerre mondiale, actif dans la tendance de la gauche radicale de la social-démocratie allemande aux côtés de Rosa Luxemburg. Il n’a donc pas soutenu les “rejets” ultérieurs. Il est certain que les tribunistes ont soutenu vigoureusement la “libération nationale” de la plus grande colonie des Pays-Bas, l’Indonésie.

La gauche “bordiguiste” s’est longtemps décrite comme adhérant aux idées des deux premiers Congrès de l’Internationale Communiste. Ainsi, parmi les idées que les trotskistes considèrent comme un héritage valide des débuts du Komintern, elle ne rejetait que le front uni politique et le slogan du “gouvernement ouvrier”. L’idée de « revendications transitoires » n’a été formulée explicitement que lors du III° Congrès, mais elle a été développée longtemps auparavant dans des documents comme Le programme de Spartacus de Rosa Luxemburg et La catastrophe imminente de Lénine : les “communistes de gauche” n’avaient pas contesté.

Les courants “communistes de gauche” visaient à être ceux qui « ne trahiraient » pas les vieux principes, qui feraient respecter ce que les “bordiguistes” ont qualifié de « doctrine invariante ». Et pourtant, pendant les années 1930 en particulier, ils ont fini par changer substantiellement, non pas, je pense, en raison d’arguments qui auraient révélé que les vieilles idées avaient été démontrées erronées, ou par le raisonnement, ou par les évolutions considérables du capitalisme et du mouvement ouvrier. Leurs positions ont été établies en raison des “trente glorieuses”(*) capitalistes du milieu des années 1940 au début des années 1970, de l’agitation de la fin des années 60 jusqu’au début des années 80, de l’époque néolibérale et “globalisante”, et de l’époque post-URSS, à cause de tous ces phénomènes qui ont en effet été provoqués par réaction vis-à-vis des années 1930. Dans un monde dominé par le capitalisme et le stalinisme, ils sont parvenus à une position qui était antistalinienne, mais non pas à celle du “troisième camp” proposé par les trotskistes, mais plutôt à celle du bunker, à l’écart du champ de bataille.

Tous en sont arrivés à définir le stalinisme comme une variante du capitalisme. Les détails des différentes théories “bordiguistes” du stalinisme en tant que capitalisme d’État sont complexes, mais finalement tous les courants sont parvenus à ne considérer le stalinisme que comme « une forme particulièrement brutale de la tendance universelle menant au capitalisme d’État, qui est elle-même une caractéristique principale de la période de décadence [du capitalisme] ». Ils ne pouvaient pas aspirer à un “troisième camp”, ne serait-ce que parce qu’ils ne voyaient qu’un seul camp dans le monde qui les entouraient, et que ses différences internes étaient non essentielles.

La “décadence du capitalisme”, qui est décrite comme étant à l’œuvre depuis la Première Guerre mondiale (et uniformément, que le capitalisme ait été en réalité en croissance ou en stagnation), est devenue une idée fondamentale des “communistes de gauche”. Le fait que le capitalisme soit aujourd'hui “décadent” est ce qui explique pourquoi, pour les “communistes de gauche”, leurs approches, si différentes de celles de Marx, d’Engels, et de tous les marxistes d’avant 1914, sont maintenant valables. C'est avec cette “décadence” que l’idée est venue que tous les mouvements ouvriers existants (syndicats, partis politiques réformistes, etc.), ainsi que les tendances différentes du communisme de gauche (y compris les trotskistes), font seulement partie de « l’aile gauche de la bourgeoisie ».

Lorsqu’il traitait des dénonciations outrancières des “bordiguistes” concernant l’entrée des trotskistes comme faction dans certains partis sociaux-démocrates en 1934, Trotski écrivait : « Pour tous les sortes de bordiguistes, toutes ces variantes, perspectives et étapes, n’ont pas d’importance. Les sectaires vivent au-delà du temps et de l’espace. Ils ignorent le processus historique vivant qui leur rend la monnaie de leur pièce. C'est la raison pour laquelle leur “bilan” est toujours le même : zéro. » (Le nom de la revue des bordiguistes était Bilan).

Affirmant (faussement) que le calcul infinitésimal permettait d’estomper toutes les distinctions en faisant réduire les différences à zéro, Hegel lançait malicieusement : « Quand il fait nuit, toutes les vaches sont noires ». Dans l’obscurité du milieu du XX° siècle, quand le “communisme de gauche” de l’époque s’est figé dans sa forme existante, toute la politique réelle lui semblait également “noire”.

L’histoire de la retraite dans le bunker a connu de nombreux tours et détours.

Le KAPD était à l’origine un groupe orienté vers l’activité de masse immédiate et frénétique, dans l’espoir d’une révolution rapide. Il s’est rapidement calmé. Au moment où le centre du “communisme de gauche” s’est déplacé vers le GIC aux Pays-Bas, l’orientation était devenue prioritairement la défense et la préconisation (essentiellement par les publications) de ce qui était considéré comme des idées révolutionnaires convenablement intransigeantes, incapables d’être comprises par le grand nombre pour l’instant, mais nécessaires pour le futur.

En juillet-août 1920, lorsque Gorter écrivait sa Lettre ouverte à Lénine, les “communistes de gauche” étaient de fervents défenseurs du bolchevisme en Russie. Mais début 1921, ils désapprouvaient la Nouvelle politique Économique (réactivation limitée des mécanismes de marché). Ils avaient également des contacts avec des groupes bolcheviks dissidents tels que l’Opposition Ouvrière.

Pendant les années 1920, les “communistes de gauche” germano-hollandais en sont venus à définir la Russie comme un capitalisme d’État, et beaucoup d’entre eux à définir la révolution russe d’Octobre 1917 comme “bourgeoise”.

Ils sont parvenus à réduire le rôle du parti révolutionnaire à un rôle général d’éducation, et d’opposer la direction des conseils ouvriers à celle d’un parti révolutionnaire qui gagnerait une majorité dans les conseils et qui serait responsable devant eux. Certains d’entre eux en sont arrivés à s’appeler “communistes des conseils”.

Ils s’étaient rapprochés de l’anarchisme, mais ils s’en différenciaient par leur rejet du travail syndical, par leur marxisme autoproclamé, et par leur concentration sur l’activité littéraire de propagande. Ils dénonceront aussi vigoureusement les anarchistes espagnols pour leur soutien à la République durant la Guerre civile espagnole.

C’est avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale que le GIC a achevé sa redéfinition du “communisme de gauche”. Mais il était trop faible organisationnellement pour continuer à agir durant la Seconde Guerre mondiale. Un nouveau groupe largement “communiste de gauche”, le Spartacusbond, est né en 1942 en tant que scission d’avec le groupe semi-trotskiste dirigé par Henk Sneevliet. La plupart des membres de l’ex-GIC qui l’avaient rejoint le quittent en 1947. Le Spartacusbond a survécu, en tant que groupe informel, jusqu’en 1980.

Après le Spartacusbond, selon Bourrinet, et séparément des “bordiguistes”, le groupe le plus important qui a continué quelque peu la tradition de la “gauche communiste” germano-hollandaise était un petit groupe en Grande-Bretagne, dénommé Solidarity, qui a agi de 1960 jusqu’à la fin des années 1970 (et apparemment à l’état résiduel jusqu’en 1992). C’était une faction dissidente du trotskisme orthodoxe, influencée par une faction antérieure et similaire en France, Socialisme ou Barbarie (1949-67). Solidarity était plutôt plus proche de l’anarchisme dans ses approches que les vieux groupes “communistes de gauche”. Il n’avait pas le doctrinarisme et l’hostilité à l‘égard de l’activité syndicale de ces groupes plus anciens, et, à son apogée, il mettait toute son énergie dans la promotion de ses brochures (certaines d’entre elles étaient bien documentées et bien écrites) parmi les autres groupes de gauche, plutôt que de tous les éviter en tant que “bourgeois”.


Le courant de Bordiga au début des années 1920 était à la fois plus important que les “communistes de gauche” germano-allemands – Bordiga était le leader du Parti Communiste d’Italie – et beaucoup plus proche du bolchevisme. Bordiga sera la seule figure éminente dans le mouvement pour dénoncer, à cette époque-là et au nom du bolchevisme et du marxisme authentiques, la “bolchevisation” des Partis communistes en 1924-25. Cette “bolchevisation” signifiait l’imposition du “monolithisme”, l’atomisation politique des adhérents du fait de la réorganisation en cellules d’entreprise, l’anathématisation du “trotskisme” et du “luxem-burgisme”, bref le remaniement des Partis communistes sur le modèle du Parti bolchevik tel qu’il avait été façonné par les contraintes de la guerre civile et par le bureaucratisme stalinien en pleine expansion. En 1924-25, Trotski et l’Opposition de gauche de 1923 avaient reculé afin d’attendre des temps meilleurs pour affronter Staline.

Contrairement au KAPD, Bordiga a accepté sans équivoque la responsabilité d’un Parti socialiste révolutionnaire afin de se préparer à diriger les travailleurs dans leur lutte. Il déclarait carrément que le gouvernement des travailleurs serait la “dictature” d’un parti ouvrier révolutionnaire (mais la faction de gauche de Bordiga dans le Parti Socialiste Italien a intitulé son journal Il soviet : il aurait considéré comme étant acquis que le parti révolutionnaire s’emparerait du pouvoir du fait de sa majorité dans les conseils ouvriers). Son objection au “centralisme démocratique” concernait le mot “démocratique”. Il préférait “centralisme organique” (et Damen préfèrerait ultérieurement “centralisme dialectique”), parce que le programme du parti révolutionnaire devait être établi essentiellement par l’adhésion aux principes, et non pas par des procédures électorales. Le fait qu’il ait accordé une égale importance au débat et à la responsabilité, et qu’il rejetait le monolithisme, a été démontré par sa critique de la “bolchevisation”.

Bordiga a été incarcéré par le régime fasciste en 1926. Quand il a été libéré en 1930, il est resté à l’écart de la politique et il a poursuivi seulement sa carrière professionnelle d’ingénieur et architecte. Il reprendra, comme nous le verrons, cette activité à partir de 1944.

Pendant ce temps, des milliers de travailleurs qui adhéraient au PC italien étaient partis en exil en France. En 1928, ils ont formé la Fraction de gauche. Le principal instigateur en a été Ottorino Perrone, un ancien camarade proche de Bordiga, bien qu’il ait été lui-même expulsé de France et qu’il ait vécu en Belgique.

En 1929-30, la Fraction de gauche faisait partie de l’Opposition de gauche internationale que Trotski et ses camarades avaient rassemblée après l’expulsion d’URSS de Trotski. La Fraction de gauche et les trotskistes se sont séparés parce que la Fraction de gauche refusait de lutter pour la défense des droits démocratiques (bourgeois) contre le fascisme – elle affirmait que la démocratie bourgeoise et le fascisme n’étaient que des phases différentes de la même offensive bourgeoise contre les travailleurs – et elle rejetait l’appel des trotskistes en faveur d’un front uni du Parti communiste avec les sociaux-démocrates contre la montée de Hitler en Allemagne. Sur d’autres sujets, la Fraction de gauche était sur le même terrain que les trotskistes. Elle qualifiait l’URSS d’« État ouvrier dégénéré », et elle continuera à le faire jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. C'est antérieurement qu’elle avait abandonné l’idée de la “défense de l’URSS contre l’impérialisme”. Son argument pour cela était similaire à celui employé par les trotskistes hétérodoxes qui gravitaient autour de Max Schachtman en 1941 quand ils considéraient encore l’URSS comme économiquement progressiste par comparaison avec le capitalisme, mais que l’URSS était inextricablement soudée avec l’un des blocs impérialistes dans une guerre impérialiste.

La Fraction de gauche se considérait comme un groupe exclu du Parti communiste (de même que l’Opposition de gauche trotskiste jusqu’en 1933). Elle a poursuivi cette orientation plus longtemps que les trotskistes, jusqu’en 1935 (le pacte Staline-Laval), bien qu’elle ait estimé que 1933 était une défaite qui faisait date pour le mouvement ouvrier dans son ensemble, et qui était peut-être même la “mort” de “vieux” mouvement ouvrier. La Fraction de gauche favorisait le travail dans les syndicats – Perrone lui-même avait son gagne-pain comme employé travaillant dans les coulisses du syndicat des typographes à Bruxelles, et il y était un militant dans le syndicat des employés de bureau.

Mais la Fraction de gauche est devenue une minorité de plus en plus assiégée. Elle a commencé à faire politiquement retraite dans son bunker avec son refus de soutenir l’Éthiopie contre la guerre que l’Italie menait pour la conquérir, lancée en 1935. D’après Bourrinet : « Sur la base de cette analyse globale de la décadence mondiale du système capitaliste, les Fractions italienne et belge ont déduit que les luttes de libération nationale par les peuples coloniaux étaient impossibles et ne pouvaient être qu’un maillon dans la chaîne de la guerre impérialiste ». La position de Lénine avait « été dépassée par les événements », disaient-ils, bien que leur avis semble répéter, selon moi, une opinion défendue par une section de bolcheviks (Boukharine, Bosch, Piatakov) durant la Première Guerre mondiale et discutée par Lénine dans Une caricature de marxisme et d’économisme impérialiste.

Soutenir l’Éthiopie, affirmait la Fraction, ne ferait « qu’aider la marche vers la guerre mondiale, puisque tout conflit local exprimait la confrontation entre les puissances impérialistes dans le but de se partager le monde ». (La Ligue des nations avait condamné l’invasion italienne et appelé à des sanctions à l’encontre de l’Italie).

La Fraction a en outre été redéfinie par la Révolution espagnole (1936-37) et la Guerre civile (1936-39). Elle refusait de reconnaître le soulèvement ouvrier de 1936 comme un réel élan révolutionnaire, ou de soutenir d’une façon quelconque la République contre les fascistes. Une minorité assez importante des membres de la Fraction, refusant d’accepter cela, s’est rendue à Barcelone afin de travailler avec le POUM : la lutte avec la minorité semble avoir seulement durci la mutation de la Fraction.

De plus en plus la Fraction en est arrivée à affirmer que, en l’absence du parti révolutionnaire, la classe ouvrière avait “disparu” politiquement. Cette mutation a posé les bases de la doctrine ultérieure (et actuelle) du “communisme de gauche” selon laquelle tous les mouvements ouvriers existants et la plupart des groupes de gauche sont “bourgeois”.

À peu près au même moment, à la fin des années 1930, elle est revenue sur ses affirmations véhémentes concernant les responsabilités du parti révolutionnaire pour aller vers une conception des tâches du parti plus limitées, telles que celle consistant à prodiguer des éclaircissements politiques généraux.

Finalement, aux environs de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, une importante partie de la Fraction en est arrivée à penser que l’URSS devait alors être qualifiée de « capitaliste d’État », et non plus d’« État ouvrier dégénéré ». (Les “bordiguistes ”ont toujours continué à défendre la révolution d’Octobre 1917, et ils n’en sont jamais venus à la définir comme simplement “bourgeoise”, ainsi que certains groupes provenant du “communisme de gauche” hollandais et allemands le feront).

La Fraction a été organisationnellement dispersée par la Seconde Guerre mondiale. Une “Fraction française” a été reconstituée en 1942 par un petit groupe qui s’est frayé un chemin dans une usine de tartes aux fruits à Marseille, dans la France de Vichy, et qui, constituée de trotskistes et de sympathisants, intervenait pour donner du travail à des dissidents politiques. Elle rejetait catégoriquement l’appréciation selon laquelle l’URSS serait « un État ouvrier dégénéré ».

En 1943, Mussolini est tombé. Au cours de l’année suivante, deux grandes organisations (fortes de plusieurs milliers de membres), d’héritage “bordiguiste”, sont nées en Italie. Il y avait encore, semble-t-il, de nombreux activistes de l’ancien PC “bordiguiste” des années 1920 qui avaient été contraints à l’inactivité par le régime fasciste, mais qui étaient disposés à refaire surface quand ils ont vu le fascisme s’écrouler.

L’une, la Fraction de Gauche des Communistes et des Socialistes, s’était constituée dans le Sud occupé par les Alliés. Le principal organisateur a été apparemment Matteo Renato Pistone, un ex-trotskiste, mais il avait le soutien de Bordiga. L’autre, le Parti Communiste Internationaliste, avait été formé dans le Nord encore occupé par les Allemands, par Onorato Damen, un ancien camarade de Bordiga qui était resté en Italie depuis 1924, la plupart du temps en prison.

La Fraction du Sud se joindra au PCInt après que les Alliés ont forcé les Allemands à quitter le sol italien. Mais à ce moment-là, le Parti stalinien officiel s’était établi solidement et il a marginalisé les “bordiguistes”, lesquels ont décliné à quelques centaines, et connaîtront une scission en 1952.

Perrone, le leader historique de la Fraction de gauche hors d’Italie soutiendra Bordiga. Mais, entre-temps, son autorité sur les “bordiguistes” de France avait été ébranlée par la révélation selon laquelle il avait passé la guerre en menant une activité à la Croix rouge et en effectuant de petites tâches pour un Comité bourgeois antifasciste. Il a dit que cette activité était seulement « culturelle et humanitaire », sans implications politiques.

En outre, le nouveau PCInt était, au début du moins, loin de se mettre au courant du développement des “bordiguistes” hors d’Italie dans les années 1930. Avec hésitation, il défendait l’activité dans les syndicats. Il a même présenté des candidats aux élections.

Marc Chirik, le leader de la “Fraction de gauche” française basée à Marseille, a refusé de soutenir le nouveau PCInt tant que sa physionomie politique ne serait pas devenue plus claire. Il constituera un groupe : la Gauche Communiste Française, en 1945. En 1952, ce groupe s’est dissous, pendant que Chirik partait pour le Venezuela avec le but de maintenir une certaine continuité politique si la France était pulvérisée, car le groupe s’attendait à ce qu’elle le soit lors de la Troisième Guerre mondiale qu’il considérait comme certaine.

Chirik est revenu en France en 1968, avec des amis politiques qu’il s’était fait au Venezuela, et il a été capable d’y reconstituer un groupe. C’était l’origine du Courant Communiste International, probablement le plus actif des différents groupes “communistes de gauche” aujourd'hui. Il a repris tous les “rejets” adoptés par les “bordiguistes” dans les années 1930. Jan Appel, qui avait fait partie du KAPD et du GIC des Pays-Bas, était là pour la fondation du CCI à l’âge de 86 ans.

À la fin des années 1940, Bordiga a progressivement rejoint l’opinion selon laquelle l’URSS était capitaliste d’État, mais il était réticent à accepter tous les autres “rejets”.

Selon Bourrinet : « Bordiga [voulait] un retour à Lénine et aux thèses de la Gauche italienne d’avant 1926… ». Il a appelé à reconstruire le mouvement syndical, faisant ainsi revivre les meilleurs traditions des anciennes Camere di Lavoro (équivalent grossier des Trade Councils).

« La scission s’est produite. En 1952, il semblait qu’une majorité a suivi Damen qui rejetait tout espoir de conquérir les syndicats, tout soutien aux [luttes nationales de libération]… Cette tendance considérait que les PC n’étaient pas opportunistes ou centristes, mais bourgeois… Le Parti [révolutionnaire] ne devrait pas prendre le pouvoir et l’exercer au nom du prolétariat… ».

Damen, en ce qui le concerne, a continué le Partito Comunista Internazionalista, et son journal Battaglia Comunista, avec les rejets des années 1930. Bordiga déjà âgé (il mourra en 1970) devenait l’émince grise(*) d’un groupe dénommé Partito comunista Internazionale. Le leader principal pour les affaires courantes était Bruno Maffi, un activiste plus jeune gagné au “bordiguisme” par Damen en prison durant les années 1930. Le Parti Communiste International subira de graves scissions en 1973 et en 1982, et il existe à l’heure actuelle cinq ou six groupes revendiquant le même nom.

Pour autant que je sache, le groupe le plus actif en Italie et ayant un arrière-plan “bordiguiste” est Lotta continua. Il n’a pas de filiation continue avec les anciens groupes “bordiguistes”, mais il s’est constitué en 1965 à partir de l’activité d’Arrigo Cervetto – qui avait « fréquenté Battaglia comunista [de Damen] pendant un certain temps et qui avait même écrit des articles pour Prometeo – dans un groupe dissident du Parti Communiste Italien, formé par des opposants à la répression russe de la révolution hongroise de 1956.

Apparemment le groupe Lotta Continua rejette toute défense de la démocratie bourgeoise à l’encontre du fascisme, mais il n’est pas opposé, si je comprends bien, au travail dans les syndicats. Le centre de son activité est principalement la vente (porte à porte, dans la rue) de son journal mensuel sous-titré : « Organe des groupes léninistes de la gauche communiste ». Il semble être une étrange combinaison de journalisme et d’activité : le journal est sévèrement didactique, ne présentant aucune image, mais de longs articles centrés sur les tendances économiques et industrielles plutôt que sur les luttes ouvrières ou la politique quotidienne.

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NOTES

1Rappel des dix chapitres du pamphlet de Lénine avec cinq annexes :

  1. Dans quel sens peut-on parler de la portée internationale de la Révolution russe ?

  2. Une des conditions essentielle du succès des bolcheviks.

  3. Principales étapes de l'histoire du bolchévisme.

  4. Dans la lutte contre quels ennemis au sein du mouvement ouvrier le bolchévisme s'est-il développé, fortifié, aguerri ?

  5. Le communisme de « gauche » en Allemagne. Dirigeants, parti, classe, masse.

  6. Les révolutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats réactionnaires ?

  7. Faut-il participer aux parlements bourgeois ?

  8. Jamais de compromis ?

  9. Le communisme de « gauche » en Angleterre.

  10. Quelques conclusions.


2Ce qualificatif n'a rien à voir bien sûr avec l'utilisation grotesque et simpliste du goulag par le crétin Benoît Rayski, journaliste de la droite caviar. Nous ne l'avions pas attendu post-68, puisque les héritiers du maximalisme traitaient ce Lénine gauche rétroactif de « sénile ». Comme aussi le trotskisme et autres maoïsmes.

(*)(*) En français dans le texte. (NdT).

(*)(*) En français dans le texte. (NdT).