"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 25 juillet 2020

LA GAUCHE COMMUNISTE ITALIENNE DANS LES ARCHIVES DE LA POLICE FASCISTE (suite)



(traductions: Jean-Pierre Laffitte)
(Pour les noms des correspondants de Bordiga se reporter à la somme biographique de Philippe Bourrinet: un siècle de Gauche communiste italienne). Et lire aussi sur le cas Ambrogi: http://maximalismarx.over-blog.com/2016/11/la-justification-sur-notre-point-de-vue-sur-la-fraction-1929.html

Les correspondances suivantes sont du plus haut intérêt pour comprendre le travail de construction de l'organisation révolutionnaire par nos ainés, plus précis et éclairant que le bla-bla externe des derniers résidus bordiguiens… sans parti. Comme quoi la police fasciste, elle, était mieux informée sur comment créer et développer une véritable organisation en "parti de classe" et pas en sectes comme les merdes trotskistes, néo-staliniennes (coordination communiste, PCF), écologistes et anarchistes. On notera l'humanité et la fraternité qui règnent dans la fraction italienne de l'Internationale en voie de dégénérescence stalinienne, une lumière exaltante du passé qui rend plus sombres et rédhibitoires nos petitesses et émiettements d'aujourd'hui.


Lettre de Bordiga à Ambrogi
Berlin, le 9 avril 1922

Très cher Ersilio,


Je suis ici depuis quelques jours, car je suis venu pour la Conférence internationale à laquelle j’ai assisté seul lors de la dernière journée.

Je déduis de ce que Codevilla m’a dit que les décisions du Comité Exécutif n’ont pas été communiquées là-bas de manière claire. En conséquence, je te fais connaître en termes précis ce qui a été décidé, y compris du fait de la délibération du Comité Central qui s’est réuni immédiatement après le Congrès.

Ton séjour là-bas est provisoire, et ta charge permanente demeure celle de Berlin. Nous t’avons invité à rester là-bas afin de ne pas laisser vacant le poste de notre représentant durant une période importante.

Tu pourras revenir à Berlin dès qu’un autre camarade sera arrivé. C’est Gramsci, qui doit être déjà parti d’Italie, qui viendra te remplacer et qui arrivera là-bas au plus tôt. Moi aussi j’irai … [un bout de phrase illisible]… pour une décision définitive concernant les affaires italiennes.

Pour l’instant, je vois que, en accord avec Umberto, vous avez fait venir ici le camarade C. J’ai décidé que, dans l’attente d’une délibération définitive du Comité Exécutif, C. restera ici et qu’il fera, jusqu’à ton arrivée, le travail que tu faisais auparavant, et j’ai communiqué officiellement aux camarades d’ici qu’il est ton remplaçant. Nous verrons par la suite s’il y a lieu qu’il reste après ta venue.

J’ai traité avec lui de diverses choses pratiques qui concernent votre tâche, et, à ton arrivée, il te tiendra au courant de tout.

Je m’abstiens par conséquent de m’étendre sur le sujet. Je te communique également que j’ai eu une entrevue avec Rad. et Bac. au cours de laquelle nous avons défini précisément ce qui précède pour ce qui concerne le voyage à Moscou, et, dans l’attente de décisions officielles à propos de la tactique de notre parti, nous avons eu un large échange d’idées en la matière.

Je repars d’ici deux ou trois jours pour l’Italie. Avec les camarades qui sont ici, je te salue cordialement.



Signé : Amadeo Bordiga



P.S. : ce serait bien que tu t’informes de manière détaillée sur le travail syndical à mener ici. [Phrase illisible].




PROJET DE RÉORGANISATION DE L’EXÉCUTIF




Afin de mieux s’acquitter de sa tâche, l’Exécutif se subdivise en un sous-secrétariat des commissions permanentes, sous la dépendance desquelles des fonctionnaires sont rattachés.

Les sections sont formées, non pas sur la base des nations ou des groupes de nations, mais sur la base des questions ou des groupes de questions.

Leur travail consiste à rassembler pour chaque pays (en imaginant au besoin les moyens les plus appropriés) le plus grand nombre de données concernant la ou les questions dont elles sont chargées, à contrôler à ce propos l’activité des partis, à traiter le matériel recueilli, et à suggérer les meilleures propositions en vue de l’action révolutionnaire du prolétariat.

Chaque membre des sections devra recevoir la copie dûment traduite des rapports et des notes qui parviendront de tous les pays, en ce qui concerne du moins ce qui constitue la question traitée par sa section. Celle-ci élaborera ensuite des rapports et des projets qui seront distribués en trois langues (français, anglais, allemand) aux membres de l’Exécutif ; celui-ci sera appelé à en discuter et à prendre des décisions définitives.

Dans chaque section, pour autant que ce soit possible, il faudra prendre soin que le choix des membres et des fonctionnaires soit effectué de manière à ce que les différentes nationalités (latine, anglo-saxonne, allemande, slave) y soient représentées et à ce que, pour les relations entre les membres du Bureau, la traduction dans les deux sens soit possible pour le russe, le français, l’anglais et l’allemand. Chaque section pourra, si c’est nécessaire, constituer des sous-sections pour la distribution du travail. Chaque section s’occupera du traitement de la correspondance et des dossiers relevant de sa compétence, lesquels seront transmis, par l’intermédiaire du secrétariat général, au Présidium ou un membre du Présidium, délégué par ce dernier, qui prendra connaissance de tous les actes. De la même façon, toute la correspondance arrive au secrétariat général lequel, après qu’elle a été [ ?], la transmet aux sections compétentes.

Le Présidium est chargé de l’exécution des délibérations… [illisible] …les actes du Présidium et de l’Exécutif, comme également la correspondance, et toute sorte de document à l’arrivée ou en partance. Ce bulletin sera transmis aux membres de l’Exécutif, ainsi qu’aux Comités Centraux des Partis Communistes. En ce qui concerne la publication, l’on fera une exception pour certaines questions relatives aux sections VII et VIII qui seront présentées ci-après. En dehors de cette exception, tout acte, lettre ou document, peur être examiné par tout membre de l’Exécutif.


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Des copies en trois langues des  rapports et des documents les plus importants seront transmises dans un fichier spécial où elles seront subdivisées et classées par nation. Seront transmises, également en trois langues, par ce même fichier des copies des procès-verbaux, des rapports et des délibérations, de l’Exécutif et du Présidium, en dehors des exceptions susdites.


SECTION I



Cette section étudiera les questions relatives à la politique et à l’économie mondiales, particulièrement par rapport à la politique internationale prolétarienne et à celle des États bourgeois. Elle rassemblera et traitera le matériel relatif aux mouvements financiers, industriels et commerciaux, à la production des États, à leurs exportations et leurs  importations, avec un regard particulier sur les marchés d’achat et de vente des produits et des matières premières, sur les visées de conquêtes de nouveaux marchés, etc.

Elle en fera des rapports périodiques et elle suggèrera par voie de conséquence les orientations de la politique prolétarienne internationale. Elle sera tout particulièrement assistée par les Bureaux de Berlin et de Londres.


SECTION II



Cette section aura le contrôle de l’activité des différentes sections de l’Internationale. Elle recueillera le matériel relatif aux programmes, à l’activité et à la force, des différents partis dans chaque État, de même que le matériel relatif aux programmes... [illisible] … les différentes agitations dans leurs causes, dans leur développement, dans leur solution, dans les éléments qui, directement ou indirectement, ont fait sentir leur poids sur elles.

Elle comparera les situations et les agitations des différents pays, etc., pour en déduire les enseignements qu’elle concrétisera dans des rapports et des projets



SECTION III



L’on croit nécessaire de créer des sections spéciales en vue de l’étude et des propositions relatives à la situation en Russie, à la politique de l’État russe et des États bourgeois à son égard, à l’activité du Parti Communiste Russe et des autres partis communistes ainsi que du prolétariat international en général vis-à-vis de l’État russe ; ces données constitueraient la mine d’expériences la plus riche pour la révolution mondiale, ainsi que pour l’intérêt particulier que l’Internationale porte à l’évolution de l’État russe en tant que premier État prolétarien.

C'est de cette section que dépendra le Comité International Communiste d’aide aux affamés



SECTION IV



De la même façon, il sera créé une section spéciale en vue de l’étude et des propositions relatives aux questions coloniales et orientales ; elle suivra la même méthode de recueil et de traitement des données que les autres sections.


SECTION V



En raison de l’intérêt particulier de la question qui découle des expériences de la Russie soviétique, question qui a été insuffisamment étudiée jusqu’ici, et qui se situe au premier plan d’une révolution et de la reconstruction sociale qui s’ensuit, l’on constitue une section spéciale en vue de l’étude et des projets relatifs à la question agraire et à l’orientation des Partis communistes à ce propos.



SECTION VI



Si l’on suit les mêmes méthodes de recueil et de traitement des données, cette section concerne… [illisible] …un sous-secrétariat des femmes et des jeunes, qui doivent être considérés comme faisant partie de cette section.


SECTION VII



Cette section est d’un intérêt particulier étant donné qu’elle concerne le travail illégal des sections et de l’Internationale. De nombreuses sections ont besoin de toute l’aide et des prochaines initiatives de la part de l’Internationale. Il faut contrôler scrupuleusement  que ce travail soit effectué par les Partis communistes. Il faut s’occuper des liaisons entre les sections, et entre les sections et l’Internationale. Il faut contrôler également que les sections prennent soin de manière interne de faire communiquer les centres entre eux. Elles doivent avoir des organes de recherche, du moins dans les principales institutions politiques et économiques bourgeoises. Elles doivent créer des organes de sabotage en vue d’une guerre éventuelle, etc. Il faut continuellement améliorer ce travail. L’importance particulière de cette section suffit d’elle-même à caractériser la III° Internationale.



SECTION VIII



  Enfin, cette section concerne l’administration des activités patrimoniales du Komintern, et la direction des organes subsidiaires, selon les instructions données par l’Exécutif



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NOTE



Les membres des sections VII et VIII sont choisis directement par le Présidium parmi les membres de [ ?] ; ils ne communiquent et ils ne délibèrent qu’avec celui-ci, à l’exception des questions qui concernent les bureaux subsidiaires du sous-secrétariat et qui sont de la compétence de l’Exécutif dans son ensemble.

Tout membre de l’Exécutif peut faire partie de plusieurs sections. Avec la formation des sections, les commissions existantes, qui ont des tâches analogues à celles des sections, sont supprimées et elles remettent aux sections elles-mêmes le matériel qu’elles ont rassemblé et le travail qu’elles ont effectué. L’on fera en sorte que les éléments qui, dans les commissions,  avaient spécialisé leur activité dans l’étude de questions particulières, fassent partie des différentes sections.

Les secrétariats anglo-américain, allemand, latin, des pays [ ?], ainsi que des États de frontière, sont supprimés.




Lettre d’Ambrogi à Perrone




Moscou, le 7 septembre 1931



Très cher Ottorino,



Le retard que j’ai mis à vous écrire résulte de l’incertitude de la situation que je te résume brièvement.

J’ai été reçu ici très cordialement, malgré quelques difficultés qui, à mon avis, auraient pu être évitées. Mais en première approche, il m’a semblé que les mêmes raisons qui avaient déterminé mon départ en 1930 ne me permettraient pas de rester ici actuellement. L’invitation à revenir m’aurait été faite en raison de ma situation personnelle qui devenait de plus en plus dangereuse, ce en quoi je dois être on ne peut plus reconnaissant : j’ai demandé néanmoins l’autorisation de repartir dès que mes bagages seraient arrivés, et cette autorisation m’a été promise. Il m’a été conseillé, toujours étant donné le danger de ma situation, de laisser ici Liuba et Foresto, et j’ai fini par m’en persuader. Les bagages qui ont été expédiés à petite vitesse jusqu’à la frontière russe et de celle-ci ensuite à grande vitesse, ont subi un retard, et ils ont été envoyés par-dessus le marché à petite vitesse à partir de la frontière russe. Ce retard a permis au temps d’effectuer une clarification, à la suite de laquelle je n’ai plus eu de raison d’insister pour mon départ. Il y a besoin ici dans tous les domaines de gens pleins de bonne volonté, capables et sûrs : j’assume sans discussion le premier et le troisième attribut, et quant au deuxième, j’espère que l’expérience me confirmera que je ne dois pas me considérer parmi les derniers. Et, indépendamment de l’estime que l’on me déclare et de la solidarité personnelle, il faut aussi comprendre les motifs qui, à juste titre, ne m’ont pas été présentés et qui, spécialement après ma longue et infructueuse expérience à Berlin pour régulariser ma situation, peuvent du moins en partie justifier le désir qui m’a été manifesté que je ne m’expose pas à de nouveaux risques.

En ce qui concerne le travail, l’on m’a accordé une certaine liberté de choix : mais le fait que je ne possède pas la carte du Parti pour un travail qui aurait été à mon goût m’a créé ou m’aurait presque certainement créé des difficultés par la suite. L’on a résolu la question en me permettant un arrangement avec Ferruccio, sans que je perde pour autant les contacts avec mes anciens compagnons de travail : et cet arrangement me donne la possibilité d’effectuer un travail très intéressant du point de vue purement politique et du point de vue économique. J’aurais pu reprendre mon ancien travail ; mais celui que j’ai choisi me place davantage au cœur de l’expérience russe. Et je partirai par conséquent dans l’Oural.

Je suis convaincu que vous approuverez mes actes qui sont strictement conformes à mon message chiffré en provenance de Berlin et à ta réponse. Je vous prie de toute façon de m’en donner confirmation. Il est superflu d’ajouter que, s’il n’y a plus de raison de garder le secret sur ma résidence, il n’y a pas lieu de divulguer les détails qui m’ont encouragé et qui ont rendu possible mon séjour ici, y compris afin d’éviter que les officiels interviennent pour gêner nos rapports. Mon séjour ici a surpris tout le monde : les grands conservent, du moins en apparence, la réserve la plus absolue ; et, parmi les petits, l’on fait courir les allusions les plus louches relatives au double jeu de l’hypocrite, etc., et c’est pourquoi quelques petits que j’ai rencontrés par hasard tremblent encore de la peur de s’être compromis à me saluer. Moi, je m’en fiche : et du reste je n’approche habituellement que Trovatelli et la femme de Verdaro : les autres amis sont tous absents d’ici.

Je vous exposerai dans une autre lettre mes premières impressions sur la situation en Russie : je veux seulement ajouter maintenant quelque chose sur nos rapports et sur la question Verdaro.

Sur nos rapports : la nouvelle la plus désagréable est que, du moins pour le moment, est absolument exclue la possibilité d’une aide financière quelconque de ma part étant donné les restrictions rigoureusement observées sur l’exportation de devises. Quant à la correspondance et à la documentation en général, vous vous servirez du chiffre uniquement dans des cas exceptionnels ou si vous me donnez des informations, ainsi que je l’espère, sur des personnes ou des choses de là-bas ; vous devez tout envoyer dans des lettres fermées et si possible peu volumineuses, y compris les Bulletins et le journal qui pourraient être imprimés, concernant la copie que vous m’envoyez, en papier fin (et quant au chiffre : il est possible que je ne parvienne pas à expliquer que le premier et le dernier chiffre du nombre indiquent toujours un nombre de groupes de lettres, tandis que la deuxième – quand le nombre est de trois chiffres – indique un nombre de lettres relatif au dernier groupe de lettres). Ce serait mieux encore, mais je ne le crois pas indispensable, si vous faisiez des lettres recommandées. Sauf instructions contraires de votre part, je me servirai des adresses habituelles.

Le problème est plus difficile en ce qui concerne la littérature, laquelle passe inévitablement par le Glavlit. Je ne sais pas non plus s’il faut tenter des démarches officielles qui seront presque certainement inutiles. Quoi qu’il en soit, jusqu’à ce que je donne un avis différent, il faudra que vous commenciez par me l’expédier sous enveloppe fermée. Ce qui m’intéresse habituellement de manière spécifique, ce sont le bulletin russe et la revue française, les opuscules d’une importance particulière, et ce que vous pensez être nécessaire au cas par cas. Il s’agit évidemment d’une charge pour vous ; mais cela est indispensable pour que je puisse reprendre ma collaboration, laquelle ne sera pas possible de toute façon avant au moins un mois, c'est-à-dire avant mon installation dans l’Oural où je compte faire un saut dans quelques jours pour m’y établir ensuite définitivement à la fin du mois.

Quant à la question de Verdaro : il s’agit d’un cas très difficile à résoudre étant donné qu’en principe moi aussi je suis d’accord avec toi. Mais je considère que même mon aide, bien que limitée, a échoué, et il semble qu’aurait échoué également celle de Mario auquel, si vous m’envoyez son adresse, je pourrais essayer de récrire. L’affaire se complique ensuite du fait du désir compréhensible de lui et de sa compagne de se réunir. Il existe des possibilités. L’on peut de toute façon espérer qu’il ne vienne pas à se retrouver dépourvu du nécessaire pour vivre étant donné que ses exigences sont très limitées. Sa compagne pourrait peut-être tirer quelques milliers de lires de la maison : mais serait-il possible de les investir de manière suffisamment rentable ? L’on ne peut pas attribuer une grande valeur à la réponse de Verdaro à cette question : il serait intéressant de connaître ton opinion et celle de camarades experts en la matière ; parce qu’il est clair que, dans l’hypothèse où la famille d’Emilia serait disposée à débourser une somme, il faudra d’abord se demander comment l’investir. Dans l’hypothèse où l’une des questions exposées ci-dessus recevrait une réponse affirmative, je suis cependant d’avis que Verdaro doit continuer à affronter les sacrifices qui lui sont imposés par la situation là-bas. Mais s’il n’y a vraiment pas la moindre possibilité, si les camarades ne sont pas à même de lui fournir l’aide minimale suffisante ou, pire encore, si l’on ne considère pas nécessaire d’imposer la solidarité nécessaire de la part des camarades qui, dans une plus ou moins grande mesure, en ont la possibilité, il me semble exagéré d’exiger de lui le renoncement à la seule porte de sortie quand celle-ci n’implique aucune abdication. Si une telle solution est désagréable, il faut reconnaître que la responsabilité en incombe non seulement à Verdaro, mais, au moins dans une mesure égale, aux autres camarades : toujours est-il que Verdaro ne doit pas, par paresse ou pour d’autres motifs, s’imputer à lui-même les difficultés dans lesquelles il se trouve. Sauf que, la perspective de rentrer en Russie n’est pas non plus aussi simple qu’il n’y paraît : quid de l’argent pour le voyage et quid du temps nécessaire pour les démarches, certainement interminables dans un cas comme le sien,  sans la certitude cependant que ces démarches aient une issue favorable ? Le meilleur moyen serait certainement la venue d’Emilia, laquelle pourrait peut-être, même plus facilement que Verdaro, trouver un emploi, dactylographie, leçons ou autre : bref, il y a quand même quelques possibilités ; si ce n’est pas le cas, cela ne fera qu’augmenter les problèmes.

Je vous prie de répondre tout de suite à cette lettre, sinon la vôtre sera certainement perdue, à l’adresse suivante : Egisto Gentili – Grand Hôtel, chambre 410 – Place de la Révolution.  Vous attendrez ensuite mon adresse dans l’Oural.

Saluts communistes.



Ci-jointe une lettre pour Farba.

L’adresse de Landau est la suivante : Tempelhofer Ufer, 18, III (troisième étage), à gauche, bei Rente, Berlin SW 61.

Le camarade Müller, à l’adresse duquel vous envoyiez auparavant Prometeo et le bulletin français, me prie, si ce n’est pas pour vous une charge excessive, de continuer à les lui envoyer personnellement étant donné qu’il s’intéresse à notre mouvement : il s’agit d’un camarade de bonne volonté, même s’il est assez étrange.

Emilia vous salue, mais elle n’écrit pas pour le moment dans l’attente de votre réponse et de l’avis de Verdaro à la suite de cette lettre et de vos conclusions.

Lettre de Vercesi à Ambrogi 
 le 14 septembre 1932



Très cher Ersilio,


Je me suis réuni avec les amis afin de discuter de ta lettre du 7 courant. Pour ce qui concerne ton cas, nous sommes tombés d’accord pour considérer que la solution que tu nous propose doit être acceptée. En effet, ta position particulière vis-à-vis des autorités italiennes risquerait très probablement de compromettre toute participation de ta part au mouvement. Nous comptons bien évidemment sur ton attachement à la Fraction qui a été prouvé pour intervenir de manière assidue et continue dans l’activité de cette dernière. Dès que nous serons en possession de ton adresse, nous effectuerons pour toi le même service que nous devrons organiser pour les camarades de là-bas.

Tu tiens compte également du problème financier qui risque d’interrompre notre travail, et nous te faisons confiance pour trouver le moyen qui te permettra de participer aux dépenses que nous rencontrons.

Quoi de neuf ? Une proposition de Gourov (l’on dit qu’il s’agit certainement de Léon) en vue d’organiser une Conférence internationale sur la base des 4 premiers Congrès, avec le codicille de l’acceptation préalable des mots d’ordre démocratiques et du front unique entre les partis, et avec la condition expresse de notre non-participation. Nous avons répondu par un autre document dans lequel nous mettons en évidence l’énormité de l’affaire, et où nous revendiquons naturellement le droit de défendre nos points de vue. Pendant ce temps, nouvelles scissions. Treint a constitué un autre groupe et Rosmer a fait paraître son propre périodique. D’autres éléments en France se préparent encore à créer un autre groupe. L’on insiste de toutes parts en faveur de la réalisation de ton projet. Nous te tiendrons évidemment au courant de la tournure que les choses prendront ; nous agirons avec beaucoup de prudence, sans pour cela laisser s’accomplir la manœuvre consistant à nous isoler.

Nouvelles sombres en provenance de là-bas. Famine et misère. Nous espérons avoir des indications précises, et il semble que, sur la question Léon (Trotski, ndt), ils ont indiqué une position qui va dans le sens de nos conclusions.

Notre bulletin en français paraîtra ces jours-ci. Nous ne publions pas ta première attaque dirigée contre le front unique afin de ne pas devoir ensuite sauter la publication de la seconde attaque. Dès que nous serons en possession de la seconde attaque, nous publierons la première.

Tout va bien pour Müller.

Concernant Virgilio. Nous avons discuté. Il faut exclure absolument son départ. Nous avons un besoin urgent de lui, surtout que le contact immédiat avec toi a maintenant échoué. Il faudra évidemment accélérer les démarches en vue de la venue de sa compagne. Il sera possible de lui trouver une forme d’activité étant donné que, comme le dit Virgilio, sa compagne est très active. Il n’est pas exclu que, dans l’activité de Barba qui semble ne pas mal aller, l’on puisse trouver un angle pour eux. En outre, pour une dactylo qui connaît le français, il n'est pas impossible de trouver du travail, au moins pour compléter l’autre activité, si celle-ci ne devait pas suffire. Virgilio écrit dans ce sens à sa compagne. Ce que je te recommande, c’est d’accélérer les démarches afin que l’on puisse remettre Virgilio en selle.

Un camarade qui nous est proche, Calligaris, doit se trouver là-bas à l’adresse suivante : Casella Postale 455 Sicilia Mosca (2). Il doit être dans un sanatorium. Vois s’il est possible de le retrouver.

Nous écrirons à Landau.

Nous attendons de toi des informations systématiques sur la situation de là-bas.

Nous pouvons t’expédier le bulletin russe directement à ta nouvelle adresse. Nous attendons de la connaître pour t’envoyer le numéro que nous avons déjà.

Dans l’attente d’une réponse rapide de ta part, reçois, avec les tiens, une embrassade fraternelle.



Signé : illisible






dimanche 19 juillet 2020

ADAMA S'EMBOURGEOISE


L'habitué de la fabrique de pancarte à la mode
Je ne me suis jamais senti attiré par toute la mouvance protestataire qui vibrionne autour de la smala Traoré. J'attendais simplement l'aboutissement politique de l'exploitation de ce fait divers, comparable à celui de l'assassinat du conducteur de bus à Bayonne, mais ce dernier cantonné à la catégorie fait divers secondaire par l'extrême gauche du capital.

J'ai déjà dit ce que je pensais de l'exploitation de ce qui était rangé par le passé à la rubrique fait divers, bavures policières comme meurtres des racailles entre eux. L'exploitation par le clan Traoré de la mort du frangin sous le plaquage ventral des bestiaux policiers (quand en général les familles restaient claustrées dans le chagrin et la haine), sous prétexte de vengeance familiale mais au nom de l'antiracisme, ne mènait à rien qu'à une procédure judiciaire sans fin où les magistrats jouent les prolongations sans se rendre compte qu'ils participent de la perte d'autorité et de légitimité de l'Etat. Si le comité Adama m'avait écouté, c'est le ministre et le chef de la police de l'époque dont j'aurais demandé l'inculpation. Mais qui était en poste à l'époque ? Bernard Cazeneuve sous les ordres de Hollande (dont le journaleux Laurent Joffrin voudrait préparer le retour). Le comité Adama n'était pas si apolitiquement justicier derrière Tignasse première et veut donc ménager aussi la gauche bourgeoise. Qui ne sera plus jamais une alternative crédible pour les masses exploitées en ce beau moment de la faillite pandémique du capitalisme.

Allait-on voir se cristalliser un mouvement de protestation de noirs vers un nouveau fascisme "séparatiste" comme nous l'a soufflé Macron ? Peu probable, même s'il existe une secte de ce type aux USA, et puis la place est prise par suffisamment de blancs débiles, et les noirs en général n'appartiennent pas à la classe bourgeoise contrairement au fascisme ? Vers une nouvelle gauche vraiment méfiante vis à vis de la police, antiraciste et égalitaire en tout genres ? Impossible là aussi, quand la gauche succède au pouvoir à sa rivale de droite elle conserve les mêmes fonctions de répression policière et de justice pour les riches, preuve de plus que l'anti-racisme n'est pas anti-bourgeois. Et c'est le ministre d'un gouvernement de gauche qui a couvert ses policiers assassins (dans la fonction de). Vers une adhésion aux dernières sectes trotskiennes ? Invraisemblable, LO n'est qu'un conclave de vieux profs retraités au cul de la CGT et le NPA une secte infantile qui se branle sur tout ce qui bouge.

Et voilà, il ne restait que l'écologie ! Va pour l'écologie ! La messe bourgeoise dominante ! L'idéologie qui nous unit tous pour sauver la terre, notre mère à tous, pour confirmer que nos intérêts sont communs par-delà les classes sociales, pour consommer mieux en payant plus cher des produits de « notre » terroir, fabriqués par « nos » artisans et vendus par « nos » petits commerçants. L'écologie c'est le nouveau patriotisme à la louche internationale mais qui n'est qu'un planétarium fictif où exploitation et guerres restent consommables sur la longue durée.

LE PACTE AVEC LA BOURGEOISIE ESOTERIQUE

Je ne cesse de relever ici l'apparition d'une nuée de formes de contestations de la part des couches petites bourgeoises. Plus que de décomposition du capitalisme, il s'agit de grouillements de sectes petites bourgeoises, complices avec le lumpenprolétariat (en tout cas à Paris et Grenoble) qui, ne pouvant ni ne prétendant parvenir au pouvoir, parviennent néanmoins à maintenir un bordel incessant qui ne nuit pas au fond au mode de gouvernement chaotique et parfois carrément illisible de la classe dirigeante, mais sert d'écran à toute véritable mise en cause de l'ordre capitaliste. Tous ces hypocrites essaient de se rattraper en ajoutant le mot « social » à leurs contestations mais n'abusent pas la principale classe exploitée, le prolétariat, qui subit chômage, exploitation et mépris politique.

CONVERGENCES OU CACOPHONIE CONTESTATAIRE ?

Comme les fêtes religieuses, les contestations se déroulent un jour en fin de semaine. Le samedi c'est les résidus des gilets jaunes et leurs jérémiades éculées. Vont-ils se marier avec la smala Adama ? C'est ce que semblaient souhaiter les journalistes lors de la manif de ce samedi dans le Val d'Oise, et ils étaient très nombreux journalistes et photographes, au point que sur certaines photos on a l'impression qu'ils sont majoritaires dans une manif qui ne comportent pas des milliers de personnes comme le dit à dessein le Figaro (pour effrayer les lecteurs de Valeurs actuelles) mais des centaines (selon Le Monde, la police chiffrant environ à 2700). Non le plus important n'était pas les touches jaunes dans un cortège noir – des papys en jaune il y en a dans toutes les manifs et c'est plutôt le signe du retraité qui a besoin de marcher – mais la « coorganisation » du gang Traoré et de la secte Alternatiba. Pour le spectacle, et le festival de rappeurs à la suite, on avait convoqué les familles d'autres victimes des crimes policiers mais aussi les clowns Omar Sy et un certain Malik Benthala. C'est la prise de parole de Tignasse première qui fut la plus culottée en matière de cuistrerie opportuniste et de recrutement : «Quand on demande justice pour Adama, on demande justice pour tous les Adama, tout le monde », a-t-elle lancé, dénonçant « l’impunité policière ». « Le combat, on le lâchera jamais. (…) Vous êtes devenus des soldats malgré vous. »
Si jusque là seul importait le grand frère à venger, désormais le gang Traoré se porte à la tête de toutes les vengeances « juridiques » souhaitées ou souhaitables, et après la formule syndicaliste du NPA, Tignasse première de se ficher des moutons présents : « Vous êtes devenus des soldats malgré vous ». Cette engeance ne veut donc nullement une révolution mais une guerre ! Et s'imagine que des foules immenses vont les suivre avec les pires représentants de la bourgeoisie ésotérique.

La coorganisation d'Alternatiba était pourtant modeste. La cheffe Elodie Nace n'avait affrété qu'un bus de 70 places depuis Paris, mais plus que la troupe du NPA. Elle avait envoyé une déclaration bien plus prétentieuse à l'AFP avant de monter dans son bus : « La lutte climatique dénonce aussi le système d'oppression et de domination. L'écologie doit être sociale, populaire, solidaire ». En gros la même chanson que les Macron, Jadot, Besancenot et Le Pen.
Propulsée vedette du samedi Saint Adama, la donzelle a fait savoir qu'il s'agissait de « combats partagés » : « Cette 'mobilisation commune' est l'occasion de renforcer une alliance importante pour la construction d'une écologie populaire, aux côtés des populations en première ligne des injustices et de la pollution ».
Vous noterez que le terme classes est soigneusement évité. Qui sont ces populations en première ligne des injustices ? Les noirs ce samedi ? Puis les fermiers bios dimanche ? Un commentaire anonyme explicite mieux la drague bourgeoise, qui s'adresse plus largement à la classe ouvrière interraciale qu'aux gangs racialistes : « C'est aussi un moyen pour un des mouvements écolos de faire un pas vers une approche plus sociale, qui incluerait des groupes sociaux moins sensibilisés à la cause (sic) reprochant au mode de vie écologiste d'être inaccessible financièrement. Un moyen de discuter d'une écologie qui prenne en compte un versant social plus prononcé que d'autres mouvements verts ». La camarilla bourgeoise EELV appelait ouvertement sur son site à cette glorieuse manif des « convergences » et y avait envoyé quelques-uns de ses politiciens ». Un autre commentaire, quoique soft, m'a bien plu : « La convergence de revendications avec certains mouvements écologistes m'interpelle beaucoup. Je trouve que c'est un peu fourre tout, porte drapeau d'une société libertaire ? ».

C'est quoi Alternatiba ?

et surtout de paix sociale!
Je vous laisse le soin d'en lire le descriptif sur wikipédia. En résumé c'est une variante des multiples sectes de désobéissance civile non violente (mais violentes au besoin dans le lancer de pavé ou verbalement). Créée au début des années 2010 par des ploucs basques, il est question de se passer de l'hiver prolétarien pour éradiquer le réchauffement climatique et développer des villages climatisés. Lors de son intronisation toutes les sectes petites bourgeoises avaient accouru, 90 sectes et syndicraties paraît-il : FSU, les Amis de la Terre, Greenpeace, SUD solidaires, Attac, Bioc oop, la Fondation Nicolas-Hulot.

Mais lors du coup de sifflet électoral cyclique, toutes ces sectes, y inclus cette alternative basquaise appellent à voter dans les deuxièmes tours pour n'importe quel parti de droite et de gauche pour « faire barrage au FN ». Il faut mordicus défendre le système actuel, certes pas assez écolo-compatible, pour empêcher le retour au pouvoir du fascisme disparu, surtout qu'il était lui-même plus écolo que le régime démocratique mensonger actuel.

UN REPROCHE AU COMITE ADAMA

Pourquoi ne pas avoir aussi invité les potes de Extinction rébellion ? Qui est elle aussi une pure
expression de toutes ces sectes qui sanctifient l'anarchisme capitaliste. On devine que le gang Traoré fonctionne comme hiérarchie familiale, avec la générale en chef Tignasse première et ses « soldats », idem pour le clan basque associé au festival antiraciste permanent.
Tous ces clans prétendent quand même ne pas avoir de hiérarchie mais il y en a toujours. Extinction rébellion est la hiérarchie ésotérique par ...extension. Des hiérarchies locales sont instituées mais temporairement... pour préparer l'action (organisation holacratique) ; le militant postulant pour une action doit le faire savoir un mois à l'avance et endosser le rôle de « coordinateur » provisoire. Puis il s'occuper de recruter. Mouvement totalement désintéressé, il n'est soutenu que par des organismes totalement subversifs du Climate Emergency Fund (CEF), un fonds créé pour soutenir financièrement les actions de mouvements radicaux tels que XR, pour un montant de 350 000 dollars. Lancé début juillet 2019, il est dirigé par Trevor Neilson investisseur milliardaire, Rory Kennedy, fille de l'ancien sénateur Robert Kennedy et Aileen Getty, une des héritières de l'empire pétrolier américain Getty Oil fondé par son grand père. Extinction Rebellion a aussi reçu un don d'environ 344 000 € du groupe de rock britannique Radiohead (autant a été versé au CCI par Mick Jagger). On ne sait pas si, succédant à Luis Mariano dans le chant climatique, Michel Etcheverry a cotisé lui aussi pour Alternatiba, mais ce doit être le même style de financement.

Ce qui est frappant est de considérer comment l'Etat tolère et laisse faire ces contestations, certains parlent de complicité des autorités locales et de la magistrature considérée comme gauchiste. La maire éternelle de la petite bourgeoisie parisienne, Anne Hidalgo, a carrément laissé faire et soutenu la paralysie de la place du Chatelet, qui nous a fait chier pendant des semaines, par les petits connards d'Extinction rébellion.
Une « vraie justice » réclamée par le clan Adama est aussi aberrant que le plan de ces idiots financés par la bourgeoisie américaine (semer le chaos dans les pays amis qui se rebiffent) : il faudrait immédiatement supprimer les vols aériens (la mère Royal, pour exister, vient de reprocher aux ministres de Castex de se déplacer en avion! Alors qu'au mois d'octobre dernier elle appelait à réprimer ces cinglés) et 38 millions de voitures essence et diesel d'ici 2025. Un cofondatrice des Grünen, Jutta Ditfurth, a parfaitement résumé : « c'est une secte ésotérique croyant en l'extinction précoce de l'humanité et recommandant le sacrifice de soi ». La secte LFI, par la voix de son rouquin rigide, a fait savoir au contraire qu'elle appréciait les méthodes pacifiques de ce mouvement. LFI sait quelquefois être pire que la girouette NPA.

Dans un article publié le 10 octobre 2019 sur le site de Libération, le gilet jaune à casquette, Maxime Nicolle est remonté dans mon estime en déclarant que le mouvement Extinction Rebellion en est « financé par des philanthropes et riches Américains proches du milieu des affaires et pétroliers». Éric Drouet, s'étonnait, pour sa part, d'une certaine indulgence de la police à l'égard des manifestants de ce mouvement, par rapport au sien ; il aurait pu y ajouter la pouffiasse Hidalgo. Enfin je ne résiste pas à recopier la remarque suivante, surtout de la part d'un journaliste qui participe de la même messe écologique.

Hervé Kempf, journaliste et créateur du site français d'actualité écologique Reporterre, considère que le mouvement Extinction Rebellion bénéficie « d’une tolérance qui témoigne qu’il ne remet fondamentalement en cause aucun intérêt véritable », tout en appuyant son argument sur le célèbre vers de Pierre Corneille « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Hervé Kempf ajoute également que les militants de ce mouvement semblent ignorer les autres luttes, comme celles qui dénoncent les violences policières ou les inégalités dans notre société, « qui sont pourtant au cœur du rapport brutal qui se joue dans la destruction du monde. »

Voilà pourquoi sans doute les deux autres sectes de la marche pour la célérité de la justice bourgeoise dans le Val d'Oise sont restées divergentes de ce barnum sponsorisé par des milliardaires US. Conservant jalousement ce qui fait du bruit pour rien : l'anarchisme contestataire impuissant fleur de la démocratie bourgeoise.



vendredi 17 juillet 2020

PEUT-ON SUPPRIMER LA HAINE ?


Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination”. Marx
« La liberté de la presse n’est donc rien d’autre que la liberté pour la bourgeoisie d’enfoncer son idéologie dans le crâne des ouvriers ! Et le respect des religions est le respect de la classe dominante pour tout ce qui mystifie le prolétariat ! » https://fr.internationalism.org/ri366/caricatures.htm

Quelle question !? Le prolétaire moderne chez Marx a remplacé le philosophe, mais ce dernier n'est plus qu'un marchand d'illusion comme le prêtre, l’imam ou le prof, et une bouche à nourrir même en temps de Covid. Les catégories pour définir les sentiments et passions humaines n'ont pas beaucoup changé depuis que le monde est monde et ne sont pas prêtes de changer. « J'ai rêvé d'un autre monde » chantait jadis Jean-Louis Aubert, mais le monde dans lequel nous vivons, ou survivons encore, est un cauchemar de haines. Les victimes des attentats terroristes ont toute latitude pour souffrir dans la haine ; les ouvriers licenciés ne peuvent aimer d'amour (cet envers supposé de la haine) leur patron liquidateur ; les personnes ostracisées pour leur origine ethnique ne peuvent pas se passer d'exsuder leur haine pour protester contre le sort qui leur est réservé, etc. Mais ce qui est troublant est cette propension nationale et électoraliste, tant au niveau de la propagande étatique que de ses oppositions de bouffons d'extrême gauche ou de gauche décatie[1], de prétendre mettre fin abstraitement et avec des inventions ou suppressions de vocabulaire à la haine (« éviter la guerre civile », « islamophobie », « supprimer le mot race », etc.), ou combattre la haine par la haine du « F.Haine », version gloubi boulga du NPA curé protecteur de ce qui est « radical » dans l'islamisme et libertaire chez les indigestes indigénistes. L'innocent NPA est clairement l'otage du pire séparatisme communautariste[2], comme ses pères trotskiens avaient été otages et rabatteurs de la gauche bourgeoise, et comme leurs grands-pères conseillers et porteurs de valise pour les petites mains terroristes des futurs dictateurs nationalistes tiers-mondistes dont les statues ne sont pas encore déboulonnées. La destinée tragique du trotskisme aura été de finir comme un des pires ennemis de la classe ouvrière, et ses bâtards d'avoir été promus à tous les étages de la domination bourgeoise. Si ces donneurs de leçon de haine contre le « F.Haine » n'existaient pas, le RN ne serait resté qu'un minuscule petit parti poujadiste ; au contraire de ce que vous imaginez, ce n'est pas le laxisme gouvernemental sur les questions de sécurité des citoyens qui fait monter le score du RN mais bien les aboiements aux côtés des pires séparatistes racistes et les compromissions clientélistes de ces zélés donneurs de leçon de haine complémentaire[3].

La haine = jugement moral arbitraire ?

« Dès lors se pose la question de la responsabilité du haineux. Alléguer le caractère irrationnel de la haine tendrait à dénier toute responsabilité à celui qui fait montre de haine et limiterait, de ce fait, les possibilités de jugement à son encontre, comme on le fait pour certains malades mentaux. À la suite de Socrate, on a pu cantonner la haine dans l’irrationnel, en raison de son principe selon lequel tout le mal se fait dans l’ignorance. A l’opposé, Aristote concevait que les passions ne pouvaient être dissociées de la responsabilité individuelle. Ces philosophes de l’Antiquité font surgir un débat où nous identifions, à travers la question de la responsabilité, le thème de la reconnaissance de l’autre, auquel nous pouvons ajouter celui de la tiercéité : deux personnes sont dans un lien de haine et un tiers, éventuellement multiple, les juge. Juger que quelqu’un est haineux, c’est déjà lui infliger une sorte de sanction morale, si l’on admet que les expressions de haine incarnent le mal »[4].

En philosophie traditionnelle, le fait de « jeter le mauvais œil, ou « un mauvais regard » exprime le sentiment de celui qui se sent infériorisé ou détruit par autrui, en général à cause de sa supériorité sociale ou politique, et qui en retire un sentiment humiliant d’infériorité. L'exemple classique de la haine politique serait celle entre le politicien avocat romain Cicéron et le dictateur Antoine qui avait succédé à César, puis avait fait assassiner ce transmetteur des philosophes grecs. ; mais :
« Historiquement, si l’on en croit la tradition, l’apparition de la première haine politique, qui servira plus tard de socle à l’idéologie républicaine romaine, fut celle éprouvée par les Romains contre le dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe, à cause de son comportement tyrannique à l’égard du peuple romain. La chute de la royauté aurait été ainsi « haine du tyran » ; elle aurait même été en réalité l’affrontement de deux haines : haine du peuple romain contre la personne du roi ; « haine et colère » du roi contre le peuple romain, avant et après sa chute. Avant d’être odium regni, « haine de la royauté », le sentiment collectif fut donc d’abord « haine du roi », « haine du nom du roi » avant d’être « haine du nom de roi » et, par extension idéologique, « haine du pouvoir personnel »[5].
Depuis ses début présidentiels le « dictateur romain » Macron a concentré sur lui une haine impavide, récurrente et obstinée, que nous n'avions pas connue à un tel niveau avec tous les présidents antérieurs. Même s’il sort pour simplement faire pisser son chien, il va tomber sur un quidam qui va l’insulter. Plus que le cas Macron, cela ne signifie-t-il pas que rien ne va plus au royaume du Danemark ? Que plus rien n’est respectable, et qu’il n’existe plus aucune valeur de référence sauf le coran qui t’ordonne à toi individu omniscient, plus dans un esprit pervers capitaliste d’élimination que dans la tête d’un croyant de l’an mille, d’égorger celui qui est impie ? Le prolétaire n’est-il plus qu’un doux agneau incapable de concevoir une société libérée du capitalisme quand la racaille, stade suprême de la révolte anti-capitaliste, se fait imam de l’ordre moral séparatiste ? La dénonciation de l’islamisme et de ses méfaits serait selon les curés trotskiens se faire l’écho de la propagande de l’Etat pour diviser la classe ouvrière, mais ce sont eux qui contribuent le plus à la propagande de l’Etat par un même discours double et falsificateur : il faudrait séparer islam et terrorisme, comme il faut entériner la séparation des divers modes de vie communautaire, alors que tout est mêlé et que tout s’emmêle. Et s’en mêle. Ou un prélude à un chambardement social qui nécessitera une dictature pour remettre en ordre une société déstructurée ? 

La haine peut-elle être un argument politique ?

La haine n’est pas un programme politique, elle n'est pas une vertu, conférer la haine des juifs par les nazis ou la haine des extrêmes entre eux, mais elle exprime quelque chose.

« Aversion des élites, du peuple et de l'autre... la haine est dans l'air du temps. Mais faut-il nécessairement la condamner ou se demander ce qu'elle révèle des fractures de notre société ? Et si la haine avait des bienfaits ?

Les Gilets Jaunes ont fait éclater au grand jour certaines des grandes dissensions qui structurent la société française. Il y avait eu des signes avant-coureurs : les black blocs, Nuit Debout, des émeutes en banlieue, et il y a des éléments de langage : "fractures sociales", "creusement des inégalités", "colère populaire", mêlant autant les causes que les manifestations de la haine. C’est que la haine, justement, est aussi bien une cause qu’un effet, un ressort, un mécanisme, qu’un signe, un phénomène. Elle est ainsi autant un mobile qui pousse à agir que la forme de l’action elle-même : c’est par haine que l’on agit avec haine. C’est ce qui la rend aussi diffuse aujourd’hui : il y a à la fois des raisons d’être haineux, et une manière d’être haineux. Mais à quoi tient cette diffusion aujourd’hui ? Pourquoi la haine est-elle un signe de notre temps ? Y a-t-il une multiplication de ses causes, plus de raisons d’être haineux aujourd’hui, ou une intensification de ses effets qui fait que nous avons moins de filtres, que nous empruntons plus facilement sa voie ? »

      https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-philo/quand-na-que-la-haine


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Politique de la haine ou haine de la politique ?

Le dinosaure de tous les régimes bourgeois Alain Duhamel, dont je ne supporte pas les homélies de plateau TV, peut parfois être surprenant de lucidité :
« Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin d’un côté, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Laurent Wauquiez de l’autre, viennent de gagner une bataille : en ce début d’année 2019, la politique de la haine l’emporte. Elle comble leurs vœux de toujours, elle consacre leurs stratégies, elle suinte de partout. Depuis des décennies, l’extrême droite semait la haine contre la gauche, contre les immigrés, contre toutes les minorités d’ailleurs, contre les élites bien sûr, contre les gouvernements quelle que soit leur couleur. Pour la première fois depuis des décennies, la haine domine l’opinion. Le clan Le Pen a inoculé la haine politique dans l’esprit des Français. Dans son entreprise de fureur vengeresse et de vindicte féroce, il a pu compter sur le renfort d’abord marginal puis étoffé de Nicolas Dupont-Aignan, symbole de l’extrême droite bourgeoise, et même sur celui de Laurent Wauquiez, adepte du manichéisme intégral.
Mai 1968, pour ne prendre que l’exemple le plus célèbre, a été bien plus violent que ce qui se passe aujourd’hui, mettant en lisse des effectifs de manifestants sans aucune mesure avec ceux des gilets jaunes. 1968 était violent mais 1968 n’était pas haineux. La nouveauté, la différence, la spécificité de la période actuelle, ce n’est pas la violence mais c’est la haine et, pire, la haine générale.
L’empire actuel de la haine ressuscite des frontières de classe et de caste, parfois estompées depuis longtemps. La France se divise derechef entre partisans de l’ordre et militants de la contestation qui se dévisagent durement. La haine investit tous les partis, submerge les territoires, enjambe les idéologies. Voilà la France plongée une fois de plus dans l’une de ces tornades subites, irrésistibles, qui l’envahissent durant quelques semaines ou quelques mois avant de retomber et de s’épuiser, parfois dans l’échec, l’amertume et le ressentiment, parfois en célébrant une avancée sociale ou une alternance politique ».
Juillet 2020 : les internautes masqués crachent leur haine en profitant de l’anonymat des réseaux sociaux. On caracole dans les sempiternelles polémiques des chaînes d’information en continu pour proclamer son exécration de Zemmour et Finkielkraut, son amour des balades syndicales inutiles ou se vanter d'avoir crié merde ou salaud au passage de Macron. L’université est contrôlée aux Etats-Unis comme en France par la petite bourgeoisie d’extrême gauche et ses profs intolérants, formés au stalino-trotskisme. Le trotskisme dégénéré en version anar applaudit aux émeutes des racailles[7]. Pas sûr que la haine submergeante ressuscite clairement les frontières de classe au moment où le nouveau gouvernement reprend la thématique des « territoires perdus de la République », et où des travailleurs et des pompiers se font tirer dessus, violenter ou assassiner au couteau par le lumpenprolétariat de banlieue qui se sert de l'islam comme d'un cache-sexe et des indigestes des communautarismes comme de leurres politiques faussement anti-capitalistes. Pas sûr non plus que les petites factions bourgeoises de LFI et du NPA puissent vraiment récupérer « la haine de la politique », ne professant eux-mêmes qu'une « politique de la haine ».

COMMENT L'ETAT BOURGEOIS SE SERT DE LA HAINE ?

Cette haine diffuse, est autant une peur panique que la volonté d'éliminer autrui (la big jouissance des nombreux tarés sur le web), que la confirmation d'un super-individualisme qui détient tous les droits. Peur des exactions de la police et peur des violences des racailles vont de pair. Ce n'est pas avec un nouveau gouvernement qui menace de « porter plainte » comme une simple concierge que la confiance va revenir, ni que la population travailleuse va s'armer. Cette peur face à deux sources toxiques de violence arbitraire est un instrument de l'ordre plus efficace et bien plus terrifiant que le fléau covid. Le résidu de la gauche bourgeoise, la frange petite bourgeoise des gauchistes a choisi le camp des racailles (comme le nouveau ministre de l'injustice dans le même esprit que Cosette Taubira), quand la droite brame qu'il faut réprimer sans fard mais sans réelle solution alternative que la même impuissance à « gouverner » pacifiquement.
Le milieu de l'intelligentsia culturelle est lui totalement imbibé et mobilisé en faveur du multiculturalisme et des imbécillités féministes et antiracistes. Le cinéma sur commande a été fort plaisamment éteint pendant le plus fort de l'épidémie, mais les navets de propagande clivante ont été ressortis du grenier. Le petit cinéaste gauchiste Kassovitz avait réalisé un film prémonitoire du bourrage de crâne simpliste sur l'opposition d'une certaine jeunesse de banlieue (pourtant lumpénisée) et des flics présumés « fascistes » ; en fait la vérité du spectacle, c'est la théorie gauchiste qui a donné force à l'expansion islamiste sinon là aussi on ne lui aurait pas plus accordé d'attention qu'au RN. Le film s'appelait déjà en 1995 « la haine » et il vomissait des clichés niveau faits divers et manichéens

Le film est réalisé en grande partie dans les cités des Muguets et de la Noé à Chanteloup-les-Vignes, de septembre à novembre 1994. La cité est choisie pour son calme relatif, Kassovitz refusant une cité « infernale, avec de la came, où tu ne peux pas filmer, parce que des mecs te tirent dessus » (Kassovitz prouve donc ainsi qu’il participe à la fabulation irénique sur le bon lumpenprolétariat). Les infrastructures de Chanteloup étaient en meilleur état que beaucoup d'autres cités dans lequel le film aurait pu être tourné. Une liste de vingt quartiers similaires avait été établie par l'équipe du film, mais le maire de Chanteloup-les-Vignes fût le seul à accepter le tournage. À l'arrivée de l'équipe pour repérer les lieux, certains sont pris pour des militaires et caillassés par des habitants du quartier. Kassovitz est régulièrement accusé par le public et la critique d'être un bourgeois-bohème déconnecté des problèmes de la banlieue.

 
Un autre zigoto, repris de justesse mais célébré par la profession « antiraciste » et islamophile, a fait un remake intitulé « les misérables », second navet anti-flic bourré d'acteurs islamistes au vrai, et qui avait enchanté les lecteurs enseignants abonnés à l’OBS et même le dictateur hors classe et hors réalité Macron ! La société capitaliste n'est décrite dans ces deux navets pour sous-développés que comme un conflit sans fin d'aversions et d'impulsivité, entre deux entités délimitées en uniforme et en caillassages.
Sur un ton hystérique et menaçant tel plumitif du NPA prend la défense du personnel marginal intermittent et indigent des artistes suivistes de l'idéologie communautariste anti-prolétarienne (très America compatible) et au nom d'un « légitime » carriérisme de pauvre qui a le droit d'être palmé pour n'importe quelle ineptie : « Après la cérémonie des Césars, le torrent de boue déversé sur les comédiennes Aïssa Maïga, Adèle Haenel et l’auteure Virginie Despentes est l’expression d’une haine de classe sexiste et raciste des classes dominantes contre les dominé-s et les discriminé-e-s qui accèdent à une reconnaissance sociale et artistique tout en refusant de devenir les complices de leur système capitaliste et patriarcal »1.
La haine trotskienne, et artistique, c'est le jus politique de l’antifascisme de salon !

La haine déconfinée...

La haine semble aussi éternelle que les répétitions de l'histoire, avec un air de déjà vu insolent. Après son voyage en Grèce où il avait étudié la peste de 1827 et 1828, le genevois Louis-André Gosse écrira à sa mère : « Un fait qui me parut assez général, c'est que les classes éclairées ou aisées étaient plus susceptibles que les autres de cette peur qui engendre l'égoïsme. » Dans la France de 1832, dès qu'on parla de choléra, l'exode commença. Louis Blanc raconte que « la plupart des gens riches fuyaient, les députés fuyaient, les pairs de France fuyaient». Le maréchal comte de Castellane note dans son journal : « Tout ce qui a plus de 200 000 livres de rente a un effroi épouvantable».A Londres, en 1832, on disait que « les médecins étaient des imposteurs et que le choléra n'existait... que dans leur imagination comme instrument de leur avarice».
La pandémie du covid qui est loin d'être terminée, et que la médecine capitaliste s'avère incapable de bien gérer et surtout de solutionner, a paradoxalement, mais plus sérieusement que les aventures émeutières en banlieue ou l'agitation en vestes jaunes, réveillé la lutte des classes. Les invisibles du prolétariat manuel sont soudain devenus vedettes mais aussi vite méprisés, en particulier le personnel soignant. Promesses salariales non tenues plus que non tenables par le gouvernement, envoi des flics pour matraquer, crever les yeux ou tuer par plaquage ventral, la terreur se dévoile sur le terrain après les pleurnicheries sur la variante du « tous ensemble » hospitalisés ou à l'agonie. Les mesures d'urgence sanitaire n'ont pas aboli les inégalités sociales mais pouvaient laisser croire à une éventuelle « solidarité nationale » d'exception. Avec le déchirement des illusions « de la solidarité sanitaire » et de la crise économique amplifiée, les prochains confinements risquent d'être dérangés pour ne pas dire explosifs. Mais les nouveaux « pairs de France » n'auront plus de lieux où fuir parce que la contagion est partout, parce que ce n'est pas la haine qui pourra être l'élément conscient de la révolte mais une alternative de société ni écologique ni pacifique.

LA HAINE COMME MOBILE POLITIQUE, C'EST PAS NOUVEAU

 Mais c'est pas le top ! Quel est le point commun entre Assa Traoré et WladimirLénine ? Tous deux ont éprouvé une haine sans fin, l'une pour le meurtre d'un frère assassiné pas des policiers zélés (bavure criminelle) et l'autre pour la condamnation à mort par l'Etat tsariste d'un frère aîné admiré. Sauf que l'engagement de Lénine pour le combat socialiste n'a pas été complètement déterminé par sa haine du tsarisme bien qu'il soit un peu, confus en philosophie de la haine et en philosophie en général, comme on va l'examiner. Assa Traoré c'est une tignasse, du spectacle et la revendication d'une police capitaliste pacifiste, c'est à dire rien du point de vue révolutionnaire.
Lénine reste un personnage historique considérable et un penseur extraordinaire, et je ne vois pas comment les masses russes auraient pu mettre quelqu'un d'autre que cet homme d'envergure en tête du pouvoir d'un Etat renversé pour crimes de guerre et prolongation de l'esclavage, même s'il a été prisonnier et acteur de cette infamie de faux Etat socialiste. Son œuvre reste encore passionnante à lire surtout si on n'est pas léniniste. Il représente un condensé lucide et intraitable de cette charnière troublante entre 19 ème et 21 ème siècles.
Avant de le critiquer, il faut noter l'extraordinaire bouillonnement des idées sociales et politiques au début du 20 ème siècle, où charlatans et philosophes idéalistes tiennent le haut du pavé. C'est contre cet idéalisme officiel que se dressent alors les meilleurs penseurs du socialisme. Mais la philosophie n'est pas le terrain de Lénine – qui n'a pas les capacités de Marx dans ce domaine – et qui va s'avérer mauvais philosophe, même si Robert Camoin ne tolérait pas que je dise cela. Les formules qu'il va utiliser au début sont fausses telles que « adopter l'esprit de parti en philosophie » et « la conscience est apportée de l'extérieur aux ouvriers ».
En 1908 il rédige son plus mauvais livre : « Matérialisme et empiriocriticisme » où il prétend réfuter le positivisme de deux célèbres philosophes et scientifiques de l'époque Mach et Avenarius, philosophie dont se sont entichés un certain nombre de camarades socialistes dont Bogdanov. Je ne vais pas m'appesantir sur leur débat assez abscons et qui pour tout dire est aussi chiant que la notion d'empiriocriticisme est le pendant du sexe des anges. Ce qui est frappant c'est que ce texte n'est pratiquement pas critiqué du tout jusqu'aux années 1940, qu'il reste considéré comme un bon bréviaire de base d'un marxisme qui écrase tout en économie, comme en politique et en philosophie. Il faudra attendre 1940 pour qu'un alter-ego de Lénine au temps de la II ème Internationale, Anton Pannekoek vienne briser l'adoration sacrée et que Marc Chirik et ses camarades finissent le travail.
Outre que Lénine pratique systématiquement la raillerie comme argumentaire face à deux savants, en leur faisant dire parfois ce qu'ils ne disent pas et en les rabaissant ; le physicien Ernst Mach, qui a tout de même fait voter une motion en faveur de la Commune de Paris à la section socialiste de Prague, n'est pas un quelconque scientifique, il fait encore référence par son nom pour qualifier la vitesse des avions supersoniques. 

Mais c'est le seul grand théoricien de la Gauche germano-hollandaise qui, trente ans plus tard, démontre que le jeune Lénine s'est laissé fourvoyer dans les abîmes de la spéculation philosophique, qui n'était pas du tout le genre où il pouvait exceller ; il vaut mieux laisser cela aux petits profs anars comme Endhoven ou Onfray. Pannekoek qui est inconnu pour les illettrés trotskiens et staliniens n'est pas publié, hormis en citations confidentielles dans les milieux conseillistes et libertaires, jusqu'à ce que les Cahiers Spartacus le publient intégralement vers la fin des années 1970. Pannekoek révèle que non seulement Lénine, en jouant au philosophe, a déraillé mais qu'il est sorti du socialisme :
« « Mais on ne trouve rien de ce genre chez Lénine; nulle part n'est mentionné le fait que les idées sont déterminées par la classe sociale; les divergences théoriques planent dans l'air sans lien avec la réalité sociale. Bien sûr les idées théoriques doivent être critiquées à l'aide d'arguments théoriques. Toutefois, lorsque l'accent est mis avec une telle violence sur les conséquences sociales, il faudrait quand même prendre en considération les origines sociales des idées critiquées. Mais cet aspect essentiel du marxisme ne semble pas exister chez Lénine »2
Je vous convie à lire évidemment l'intégralité du texte lumineux de Pannekoek, cet astronome reste un de nos meilleurs écrivains du socialisme international par sa qualité professorale à s'exprimer avec clarté et concision. Mais Pannekoek a besoin d'être critiqué à son tour car il dérive lui, poussé par sa critique du Lénine philosophe à la manque à remettre en cause l'espérience d'Octobre 1917 comme « révolution bourgeoise », ce qui séduira immanquablement toute une génération d'intellectuels petits bourgeois après 1968. Cela n'a pas échappé à Marc Chirik, dont les mérites théoriques immenses seront, je l'espère, un jour reconnus. Vers la fin des années 1970 il nous informe sur ce vieux débat resté en lisière des pitreries communistes staliniennes et trotskiennes officielles, et il rédige l'introduction qui sert à la présentation de la critique de Pannekoek, à son tour (c'est en critiquant qu'on dépasse à chaque époque et que le marxisme reste vivant)3. Et Marc nous remet sur la table la réponse de deux de ses camarades de la Gauche communiste de France, qui publient Internationalisme après guerre, Mousso et Philippe qui secouent à leur tour la dérive du critique partial de Lénine (Pannekoek a pour surnom à l'époque Harper) :
« En effet, Harper nous parle pendant des dizaines de pages de la philosophie bourgeoise, de la philo­sophie de Lénine, et arrive à des conclusions pour le moins osées et qui demandaient, tout au plus, un examen sérieux et approfondi. Or, quel matéria­liste marxiste peut accuser un homme, un groupe politique ou un parti de ce dont Harper accuse Lénine, les bolcheviks et leur parti, d'avoir re­présenté un courant et une idéologie bourgeoise « ...s'appuyant sur 1e prolétariat... », sans avoir auparavant examiné -au moins pour mémoire- le mou­vement historique auquel ils ont été mêlés : ce courant, la Social-démocratie russe et inter­nationale, d'où est issue (au même titre que toutes les autres fractions de gauche de la Social-démocra­tie) la fraction des bolcheviks »4.
Pour terminer sur les aberrations ou insuffisances de la haine, je me suis permis de piller le professeur d'université de Reims, Philippe Buton, qui nous éclaire à son tour sur les limites « philosophiques » de Lénine, sans remettre en cause une œuvre politique considérable, et un Lénine souvent un peu trop « franc du collier »:
« … Ce type de réserve ne se rencontre jamais chez Lénine, bien au contraire. Chez lui, le devoir de haine est immédiat, proclamé et permanent. Lénine confère à la haine un véritable rôle structurant, celui de donner son efficacité à la lutte de classes. Très tôt, la haine est au centre de sa vision politique. Dans le tome 2 de ses œuvres (1896), se trouve un texte programmatique qu’il a écrit en prison. Dans ce texte, Lénine affirme que la haine de classe est le point de départ de la conscience de classe, même si le parti doit la rationaliser : « Il fut un temps où l’hostilité des ouvriers contre le capital ne s’exprimait que par un sentiment confus de haine pour leurs exploiteurs, par la vague conscience de leur état d’oppression et de leur esclavage, par le désir de se venger des capitalistes. […] C’était la première forme du mouvement ouvrier, sa forme initiale, et elle était nécessaire, car la haine du capitaliste a été, de tout temps et en tous lieux, la première impulsion qui a porté les ouvriers à se défendre. Mais le mouvement ouvrier russe n’en est plus à cette forme primitive ». Mais rationaliser la haine, ce n’est pas la dépasser, c’est la maximiser. Lénine se félicite ainsi, en septembre 1917, que « la haine de l’armée [entendre : des soldats] sera accrue par l’attitude du gouvernement Kérenski » et, en 1920, il écrit qu’« une révolution, au sens étroit et premier du mot, est précisément une période de la vie du peuple pendant laquelle la haine accumulée depuis des siècles contre les exploits des Avramov éclate non en paroles, mais en actes ». La même année, lors du IIe congrès du Komintern, il déclare ainsi : « Nous observons dans maints pays un antiparlementarisme qui n’est pas tant le fait d’hommes issus de la petite-bourgeoise que celui de certains groupes avancés du prolétariat, mus par la haine à l’égard de l’ancien parlementarisme, haine légitime, juste et nécessaire, provoquée par le comportement des parlementaires de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, de tous les pays ». Et de nombreux autres textes pleins de phrases haineuses sont présents dans les textes de Lénine écartés de ses Œuvres complètes par les Soviétiques et publiés par Richard Pipes En outre, Lénine étend cette appréciation positive aux conflits nationaux, pour justifier la lutte des nations opprimées. Il évoque ainsi dans ses Notes critiques sur la question nationale de 1913 la « haine parfaitement légitime et naturelle contre les oppresseurs grands-russes »5.
(…) « Et ce juste sentiment n’est pas réservé aux masses, les révolutionnaires aussi doivent s’en nourrir. Présentant l’engagement de Marx et d’Engels, Lénine leur attribue ce propre sentiment dans son article nécrologique de 1895 : « Dès le lycée, (Engels) avait pris en haine l’absolutisme et l’arbitraire de la bureaucratie […] Marx et Engels possédaient très fort le sentiment démocratique de haine pour l’arbitraire politique ». D’où le fait que chez Lénine, cette acceptation du sentiment de haine se traduit par une pratique politique particulière, un langage original, à savoir le maniement de l’injure. Dans les écrits de Lénine, il est frappant de voir qu’un militant en désaccord n’est pas un militant en divergence d’analyse, mais un traître. Parmi une multitude d’exemples, pensons à la brochure qu’il écrit en 1918, La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky. Ce triptyque : désaccord-trahison-stigmatisation n’est pas lié au caractère teigneux de Lénine. Ou, plus exactement, le caractère teigneux de Lénine renvoie au fait qu’il a introduit un changement de paradigme dans la vision du couple « unité/diversité » dans la pensée socialiste. Deux phases existent dans la condamnation de la déviation socialiste par Lénine. Dans un premier temps, le socialisme majoritaire serait un opportunisme, hésitant devant la Révolution et tenté par la conciliation de classe »6

Sur ce dernier point je pense que Philippe Buton manque de culture politique, le combat sélectif de Lénine ne peut être basé sur la haine psychologique ni qualifié de pré-stalinisme. Sa conclusion est aussi partiellement fausse, le sectarisme est autant destructeur chez l'extrême gauche ou l'extrême droite et l'extrême gauche est assurément autrement plus démoralisante pour le prolétariat que l'impuissance chauvine des amis de madame Le Pen. En résumé, Buton, qui n'a étudié que la catégorie du maoïsme stalinien, relativise et met au second plan la haine, et il a raison :


« En guise de conclusion, tentons de répondre à notre question initiale : la haine constitue-t-elle le ciment identitaire de l’extrême-gauche maoïste de ces années ?À mon sens, la réponse ne peut être que nuancée en raison de deux constats. D’une part la haine existe et elle joue un rôle fondamental dans la tentative de radicaliser les affrontements sociaux et politiques de cette époque. Mais le sentiment de haine ne m’apparaît pas jouer le rôle principal à l’extrême-gauche, ni dans l’adhésion, ni dans la lutte militante. Dans l’adhésion, on adhère pour des raisons fondamentalement humanistes et libertaires. Dans la lutte militante, cette composante ne disparaît pas. Certes, elle est épisodiquement ou fréquemment contrebalancée par la haine – et cela dépend des groupes – mais elle ne disparaît pas. À cet égard, il me semble nécessaire de rejeter le parallélisme des extrêmes : au sein de l’extrême-droite, le rejet de l’Autre, la recherche obsessionnelle de la pureté du groupe par l’exclusion du différent constitue sa colonne vertébrale identitaire, pas à l’extrême-gauche ».

Pour ma conclusion, j'ai envie de parodier Lénine: "La haine est importée de l'extérieur à la classe ouvrière"!

PS: FLORILEGE TROTSKIEN

Apologie islamo-gauchiste


Il y a bien une pandémie islamiste quand, sous égide syndicaliste trotskiste, ils font valoir dans les revendications immédiates des heures de prière et l’autorisation du port du voile dans l’entreprise et quand dans les écoles au plus jeune âge on livre des repas à la carte aux enfants suivant leur religion, etc. Ce genre de situation qui déstructure la classe ouvrière fait plutôt penser à l’avant-guerre mondiale. Michel, camarade juif de la fraction italienne (déporté et mort en camp nazi)  écrivait ceci en 1938 : « Voilà le caractère de la revendication immédiate qui résume à un moment la question économique et politique propre à la phase actuelle du capitalisme décadent. On ne peut pas dire qu’elle pousse les luttes économiques et faire le pronostic que vous débouchez sur la revendication finale car chaque grève contient tous les problèmes de notre époque ». Michel (la lutte revendicative dans la période actuelle dans l'article « Les syndicats et la guerre impérialiste », in « Il seme comunista » (la graine), bulletin intérieur de la fraction italienne de la Gauche communiste » février 1938. J’espère pouvoir vous présenter ultérieurement la traduction intégrale de ce texte et du numéro 5 du bulletin intérieur « Il seme comunista ».

Deux militantes du NPA Fahima Laïdoudi et Sellouma se félicitant de l'ouvrage du pseudo marxiste Tévanian, accumulent des chiffres mensongers et passent sous silence les centaines de morts des attentats terroristes (étrangers évidemment au comportement séparatiste islamique) juste en France :
         « Le dernier essai de Pierre Tevanian rappelle qu’un combat antireligieux peut servir à justifier l’exclusion de la sphère politique et sociale d’un secteur de la population, en l’occurrence les musulmans de France. Et s’interroge sur les utilisations du marxisme faites dans ce sens.(...)
         « L’auteur nous invite donc à une relecture de la tradition marxiste, dont l’objectif principal est d’unifier les couches sociales les plus exploitées et opprimées, en soulignant qu’une telle ambition nécessite une attitude qui ne soit pas méprisante vis-à-vis de la diversité culturelle portée par ces dernières. (…) Car l’islamophobie portée par la classe dominante continue de contaminer la société. Arme privilégiée de la division des opprimés, elle fait prospérer le racisme et le sexisme. Les chiffres sont accablants. Le collectif contre l’islamophobie en France a recensé 84,73 % de femmes parmi les victimes d’actes islamophobes en 2011. Le chiffre atteint 94 % pour les agressions verbales et physiques.2 L’ensemble des mesures et des lois d’exclusion des femmes et des jeunes filles pour des tenues jugées inappropriées (hijab, niqab, bandeau, vêtements longs…) ne sont pas seulement « une diversion, mais (…) un véritable projet de société raciste  ». Elles nous expliquent ensuite que tout s'est bien passé place Tahrir en Egypte où « chrétiens et musulmans se protégeaient mutuellement » (sic) alors que de nombreuses femmes y avaient été victimes d'attouchements sexuels. Le féminisme obscène du NPA reprend la méthode stalinienne du mensonge. La continuité avec le marxisme n'est qu'une question de tiret, et de girouette : «  Le tiret entre islamo et gauchiste signifie pour moi que le lien entre l’islam et la gauche est tout simplement possible, comme il est d’ailleurs tout aussi possible avec la droite. C’est une question d’interprétation. » Et de nous rappeler le grand penseur disparu qui s'accommodait de toutes les fêtes religieuses : « A ce sujet, nous pouvons nous rappeler ce que disait Daniel Bensaïd à propos de l’entrée des musulmans dans le NPA : «Cela pose la question de ce qu’on veut. Si l’on veut ouvrir la politique à ceux qui en sont privés, il faut être attentif. Par exemple, on ne peut pas fixer un Conseil national qui aurait lieu pendant l’Aïd-el-Kébir. C’est vrai que ça ne nous viendrait jamais à l’esprit de l’organiser le jour de Noël. » La tentative de présenter aux élections une femme voilée avait pourtant provoqué de sérieux remous dans la secte, sans compter le recrutement de êtits manipulateurs, les prestations de plusieurs aventuriers d'origine arabe, des zigotos incontrôlables et individualistes ; exemple :« En août 2009, Ilham Moussaïd confiait à Mediapart, à l'issue d'une longue discussion avec le philosophe Daniel Bensaïd: «Moi, quand je viens aux universités d'été, je me déguise en Arabe, avec une djellaba. Mais en vrai, je ne m'habille jamais comme ça chez moi. Seulement, ça permet d'habituer les gauchos, en confrontant les pratiques et en laissant de côté les passions. Ça permet de gagner du temps. Dans l'autre sens, moi j'ai besoin de formations sur le marxisme et tout le bordel, car ça m'intéresse et je n'y connais rien.» https://npa2009.org/content/linsoluble-contradiction-du-voile-anticapitaliste-mediapartfr Le compte rendu de la première réunion nationale de la commission quartiers populaires consacrée aux questions de féminisme, laïcité et religions, http://www.npa2009.org/npa-tv/197%2B1454%2B2274/all/1463 – a étrangement disparu, because contenu débile ? Le grand-père Staline savait lui aussi gommer Trotski des photos officielles.
Tuer les flics un fait divers?
Les agressions contre les policiers venus suite aux appels des habitants, souvent même parents des racailles, ne sont pour le NPA que « fait divers », les racailles ne sont que des victimes « enfermées de la piège de la violence » (pourtant de leur propre fait), mais le soutien aux racailles, qu’ils enverraient au goulag si leur parti était au pouvoir, ne cache que la plus plate revendication réformiste ridicule : « conquérir des droits » en demandant à la classe ouvrière de soutenir les racailles :

 « Samedi 8 octobre deux voitures de police étaient attaquées et incendiées, près du quartier de la Grande-Borne, entre Viry-Châtillon et Grigny, dans l’Essonne. Quatre policiers ont été blessés, dont deux grièvement brûlés. Ce qui n’était qu’un fait divers, aussi dramatique soit-il, est devenu l’objet d’une vaste campagne contre les classes populaires pour justifier l’offensive policière et sécuritaire du gouvernement, seule réponse qu’il connaisse aux drames que sa propre politique engendre. Le maire PCF de Grigny approuve. Pourtant, il est bien placé pour savoir que ces annonces électoralistes ne résoudront rien. Bien au contraire, elles enferment une partie des jeunes dans le piège de la violence en accentuant les tensions. Tout le monde comprend que cette campagne politicienne, tout comme ces annonces n’ont d’autres visées qu’électorales... Le sort de la population de la Grande-Borne et de Grigny, le pouvoir et les politiciens de gauche comme de droite s’en moquent. « Apartheid », disait Manuel Valls, là aussi sans comprendre grand-chose. Mais c’est bien lui, sa politique et celle des banquiers et patrons qu’il sert, qui font des quartiers populaires les plus défavorisés des territoires sans espoirs ni perspective. Et avec l’ensemble du monde du travail, il faudra bien que la jeunesse et la population réussissent à se donner les moyens de faire entendre leur profond malaise et de conquérir leurs droits. Yvan Lemaitre https://npa2009.org/actualite/societe/viry-chatillon-91-campagne-securitaire-et-haine-de-classe


NOTES

1Le NPA reprend d'ailleurs complètement l'argumentation des racialistes et autres théoriciens à la manque du lumpenprolétariat et des intellos ratés pas guéri des libérations nationales ni des histoires de races : « Quand les « minorités visibles », ayant eu l’outrecuidance d’accéder à la réussite sociale, refusent de devenir les zélateurs du système, ces journalistes préposé-e-s à la défense des dominants de cette société capitaliste, patriarcale et blanche, n’hésitent pas a les calomnier et à les désigner comme bouc émissaires. Leur but étant, étant de les infantiliser et de les réduire à un statut d’exception et de curiosité « exotique » dont toute expression intellectuelle indépendante ne peut être que niées, méprisées, et déconsidérée. Pour discréditer l’expression revendicative et subversive de la révolte de ces personnalités issues de la classe des opprimés/dominés subissant depuis toujours la relégation, ils usent et abusent de leur nouvel « Hochet idéologique » : la dénonciation d’un soit disant racisme anti-blanc en l’agrémentant de la défense bien pensante d’une méritocratie, alibi d’un système, qui, encore et toujours, continue à générer exclusion sociale et discrimination raciste ». La réplique est sans appel et est au fond très stalinienne, pour ne pas dire fasciste, on doit comprendre sous ce sermon terroriste que tous les critiques des nouvelles conceptions marginales et bobos devraient être interdites et leurs tenants fusillés. Voilà pourquoi votre grand-mère trotskiste est muette !
2https://www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1938/00/pannek_19380000.htm . Le mot séparatisme a été jeté sur la place publique par Macron soi-même, pour remplacer ou atténuer la notion gênante de communautarisme?
3Publié en 2005 sur le site du CCI. J'avais tapé sur stencil le premier projet pour le bulletin international interne du CCI, et je possède encore les écrits manuscrits de Marc. C'était sa femme la dévouée et extraordinaire Clara qui se tapait la frappe ou la mise en français, même les doigts en sang, ou moi.
4Là aussi je ne détaille pas ce « rejet du bébé avec l'eau du bain », que vous pouvez lire ici : https://fr.internationalism.org/rinte25/lenine.htm Critique de «LÉNINE PHILOSOPHE» de Pannekoek (Internationalisme, 1948) (1ère partie) Soumis par Revue Internationale le 19 octobre, 2005.



         « Acquittator » Dupont -Moretti sera-t-il le nouveau Cicéron ?

6La haine, ciment identitaire de l’extrême-gauche européenne  par Philippe Buton, https://books.openedition.org/septentrion/40293?lang=fr