"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 19 février 2020

LA SEXTAPE DE RACHIDA DATI


« Le clientélisme est plus efficace que la loi, le vote étant devenu un rituel spectaculaire ».
Spinoza (17 ème siècle)
« Je l'ai entendue parler au téléphone avec le noir. Tu veux être une autre, tu veux t'approprier la souffrance des autres pour être différente de ce que tu es. Tu crois que personne ne souffre plus que les Noirs. Quand vas-tu comprendre, conne, que la souffrance est universelle, qu'elle touche aussi les Blancs ? (…) Elle voulait répondre à l'oppression par autre chose que la politique, à laquelle elle n'entendait rien. Elle croyait que la sexualité et le romantisme serait son rapport à un monde qui justement n'en avait que trop ». Carlos Fuentes (Diane ou la chasseresse solitaire, Gallimard 1994)1

« Le pouvoir ne continue pas seulement à intoxiquer, il exalte encore ».
Clifford Geertz


Enfin un nouveau scandale sexuel en politique en France pour ranimer une vie politique si morose après une post grève corporativo-syndicale chiante et inutile ! Il fallait bien que les viols de mineures dans le milieu « sportif » chauvin de la danse « artistique » viennent relayer les menaces de viol (aussi) et de menace de meurtre de la jeune lycéenne Mila - qui a fort justement conchié l'islam terroriste – pour que le fait divers soit élevé au rang de scandale d'Etat avec la dénonciation lâche de la simple branlette exhib d'un élu de la République, simple compétiteur macroniste de l'enviable sinécure de chef de ville parisien (ouf!). Vidéo masturbatoire pas fière que pourtant personne n'a vu !
Décomposition, m'objecte un ego militant du CCI ! Non américanisation-etnicisation du mode de vie politique du capitalisme décadent, triomphe de la morale féministe et de la bienséance multiculturaliste. A quoi vient s'ajouter un prétendu freinage du séparatisme islamiste, qui permet d'esquiver les termes de communautarisme musulman.

La capitale politique de la France n'étant plus qu'une cité bobo-pédalo-trottinette, il faudrait plutôt en faire dépendre la gestion d'un scrutin national que la laisser se dévergonder en cité de pâturages et de covoiturages qui se moque des transports diesel-décadents d'une classe ouvrière ringarde et polluante, au nom de « Paris m'habite ». La branlette en question qui mit fin à la trajectoire d'un énième carriériste n'est pourtant qu'une bluette comparée à l'obscénité de l'électorat des banlieues et arrondissements bourgeois qui n'élisent que des gangsters professionnels impunis, les Balkany, Sarkozy et Dati, pour ne citer que les plus proéminents. Et les bœufs électeurs complices friqués en redemandent à chaque échéance.

Emoi unanime de la « classe politique » donc face à un onanisme privé si slavophilement exhibé ! Pourtant si mal résumé par le pudibond Le Monde : «  A terme, la menace la plus grave est bien celle-là : un dramatique assèchement des vocations politiques, qui provoquerait un funeste affaissement de la vie démocratique ».
Elle est bien bonne celle-là ! Les vocations politiques bourgeoises de la gauche niqab, de la droite bling bling et du centre macronien ne sont pas prêtes de s'éteindre tant les places sont bonnes pour les multiples népotismes autochtones et arabophones(cf. excellent numéro du Point sur « Ces élus qui ont vendu leur âme »).

Les élections municipales étant de peu d'intérêt généralement (les maires sont des petits cons de plus en plus culpabilisés pour laisser place à de petites connes bourgeoises), n'avaient pas vocation à enthousiasmer les masses abstentionnistes. Voilà-t-il pas du grain à moudre pour que le brave peuple moutonnier, soumis et consumériste se mue en voyeur salace ? Et pour que ce prolétariat alzheimer qui s'est laissé berner par des promenades pour des retraites fictives ne bande plus comme classe virilement révolutionnaire ?
Bon sang mais... c'est immédiatement le thème de la « rue arabe » qui reprend le dessus à la veille des élections, comme si ce n'était qu'un vulgaire enjeu électoral pour damer le pion à la secte Le Pen, où une petite histoire de cul aurait balayé l'essentiel. Le séparatisme nationaliste agité par Macron contre l'invasion, il faut bien le dire, islamiste, sans se soucier de la déconfiture masturbatoire de son colistier, est peu crédible et arrive trop tard pour régler le chaos de la propagande scolaire djihadiste ou même tarabuster le déni de la gauche niqab ; gauche et extrême-gauche me font penser aux collabos pétainistes, au temps où nazisme et islam procédaient de la même religiosité barbare ; ils nommaient cela la naziphobie.

Les religions n'ont jamais vraiment disparu des divers pouvoirs dans le monde. Toutes sont restées associées au pouvoir des Etats bourgeois, version dictature ou version démocratie, avec une implication variable. Le fascisme a été la confirmation de la sacralisation de la politique moderne expliquait en 1993 Emilio Gentille, et en même temps une limitation à l'optimisme du projet marxiste2 ; c'est assez vrai lorsque l'on revisite les prétendues « libérations nationales » en Afrique où l'islam est resté en embuscade ; en Iran les staliniens qui conduisirent la révolte contre le Shah furent très vite supplantés et éliminés par les corbeaux de la révolution chiite. Le monde vit toujours dans le paradoxe incompréhensible que ce sont les peuples les plus opprimés par les religions qui ont le plus envie de se débarrasser de leurs contraintes et oripeaux les plus ridicules, quand dans les nations les plus rationnelles se répand un obscurantisme hypocrite où pourtant le casque audio recouvre la tête de la femme voilée. Monde dans lequel parler encore de classe ouvrière est un blasphème.

Plus sordide qu'une exhibition sexuelle anodine est l'élimination de la classe ouvrière comme acteur principal de tout changement social et politique dans une querelle perverse et très nationale : intégration ou désintégration non pas à une société dénuée d'obscurantisme mais aux valeurs « nationales » françaises. A rebours du politiquement correct de la gauche bourgeoise, un journaliste de l'OBS, isolé et décrié, Hervé Algalarrondo avait sauté la nuance et sonné l'alerte en 2002, bien avant nos bébés gilets jaunes3 et le petit lycéen Zemmour:

« L'intelligentsia a « changé de prolétariat » selon l'heureuse formule de Jacques Julliard, remplaçant l'ouvrier par l'immigré. Là, croyons-nous, réside le secret de cette nouvelle trahison des clercs. Mai 68 a totalement modifié le regard des intellectuels de gauche sur le peuple. Avant, la classe ouvrière était réputée détenir la clef de la révolution. Aujourd'hui elle est suspectée d'être la matrice de tous les fascismes. Le « prolo » s'est métamorphosé en « beauf ». L'ouvriérisme a cédé la place à la dénonciation récurrente du populisme. Toute demande émanant de « la France d'en bas » est désormais tenue pour suspecte ».4

Sauf que le pouvoir, pour les besoins d'une énième et banale compétition municipale finit par sembler prendre en compte des lanceurs d'alerte aussi diabolisés que Zemmour5, petite pioche à côté des nombreux ouvrages autrement sérieux qui dénoncent depuis longtemps, statistiques à l'appui et constats sur le terrain, l'envahissement de l'aliénation religieuse, à prépondérance musulmane, dans les entreprises et, qui plus est dans des écoles patronnées par le Qatar et Cie, subventionnées même par le gouvernement français et les municipalités de la gauche niqab. Heureusement Le Monde veille pour toute la bourgeoisie de gauche bien-pensante et « inter-nationaliste » (surtout face à la porosité de l'idéologie US) et dénonce une fixation anti-musulmane, au profit de cette idéologie religieuse belliciste et mortifère  :

«Restent une impression : le président de la République s’y perd ; une certitude : les Français aussi ; et un goût amer : celui, pour les citoyens de confession musulmane, d’avoir le sentiment d’être sans cesse « instrumentalisés » au nom d’un « jeu politicien qui nous dépasse », déplore Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Et pour les quartiers populaires, d’être en permanence montrés du doigt ».

Quoique les quartiers populaires ne se montrassent pas du doigt eux-mêmes avec un meurtre par jour ou des menaces de meurtre d'une gamine athée, et que les centaines d'assassinés par les tueurs islamistes doivent être irrémédiablement oubliés... Pourtant cette chasse au vote musulman par les élites bourgeoises n'a rien d'étonnant. Elle participe du chantage à l'intégration « républicaine ». Les édiles staliniens avaient le plus souvent donné l'exemple naguère face aux ouvriers français dubitatifs et abstentionnistes : « si vous n'êtes pas inscrits sur les listes électorales, si vous ne votez pas au jour dit, pas de logement, pas de travail, pas d'allocs, circulez » !
Ouvrier immigré ! Sache que si tu te vois refuser un crédit par la banque, elle, elle se couche devant ton député ou ton maire. Pourquoi des banques privées acceptent-elles de rendre service aux élus dans une économie de marché avec un faible niveau de corruption comme la France, contrairement à l'Algérie ou au Mexique ? Parce qu’elles bénéficient d’un retour d’ascenseur. Les banques qui ont aidé un candidat en place à être réélu gagnent des parts sur le marché des prêts aux collectivités locales et aux entités publiques les années suivantes.
Mais revenons au sexe de l'Etat.

Une féminisation de la vie politique bourgeoise

Le sexe bcbg serait-il prédominant désormais dans le spectacle politique de la bourgeoisie démocratique sous le signe du vagin démocratique et du goupillon théocratique ? Avec la trinité idéologique écolo-anti-racismo-anti-fascismo, la féministerie-fumisterie d'une idéologie dominante défaillante serait-elle en passe de remplacer le défunt socialisme électoral ? L'éditorialiste du NPA Julien Malingre y perd même son latin dans sa novlangue bobo « inclusive » contre les « bourgeois hétéros catholiques blancs de droite »6. Si l'amante présumée du petit Grivaux avait révélé une vidéo la représentant en train de s'exciter la foufoune avait été diffusée en lieu et place publique, le scandale aurait-il été le triple avec les enragées bourgeoises de #MeToo ? Auraient-elles exigé que l'on châtre l'impétrant député ?

Plus trouble donc, un complot poutinien s'est-il glissé dans la politicaillerie française comme lors de la bouffonnerie juridique impuissante face ce vilain Trump ? Une cloche d'artiste russe porno moraliste a-t-il été utilisé par le propre camp de gris veau pour annuler le plan macronien panthéonesque sur Paris ? Le gang de Rachida Dati ou les glands de Hidalgo ont-ils mûri le forfait ? Le fantasque branleur Grivaux, et du fait de sa démesure pharaonique n’était qu’à 15% dans les sondages soit 10 points derrière la mère Hidalgo. La parvenue Rachida Dati l’avait même doublé au seul titre de sa candidature en tant que femme, cette nouvelle catégorie reine qui va même jusqu'à surclasser le migrant sacré. Bref, comme aucun journaleux ne consent à le noter, Grivaux était suspendu dans le vide depuis qu'il était devenu impopulaire comme simple toutou de Macron, lors qu'il avait pissé dans son froc assailli à demeure par ces vestes jaunes en insurrection d'opérette dans le quartier des riches l'an passé. Les gros plans des journaleux de BFM faussement compatissant sur son visage marqué par la petite vérole en disaient long. L'arriviste était « vérolé » depuis le début de son plan pour ravir Paris à la reine des bobos. Même le Huffpost américanophile ne fût pas tendre avec lui.
Mais voilà le CV idéal réuni dans le political-tape de la mère Dati : femme et fille d'immigré !
La classe éligible et qui plaît tant à Neuilly. Grivaux n'était en réalité pas assez « femme », l'occasion a été belle de le remplacer par une ministre de la santé (mais pas une ministre de la sexualité). Il avait senti le vent du boulet le pauvre avec ses faibles stats7. Les bobos parisiens n'élisent plus que des femmes à vélo parce qu'elles ne représentent aucun risque pour la couche d'ozone.

L'obscénité des parvenus issus de l'immigration

« Lorsque les arbres virent arriver la hache, ils se dirent « le manche est des nôtres » (proverbe turc)

Les « personnalités issues de l'immigration » constituent un personnel utile à l'Etat bourgeois pour « émanciper » une population travailleuse non autochtone et lui faire croire que la République bourgeoise va leur donner gratuitement le coucher et le manger. Les rabatteurs islamiques ne font après tout que le boulot de n'importe quel militant gaulliste ou trotskiste : votez pour un gars de chez nous ! Sauf que le « gars » de chez nous il va plaider pour plus de lieux de prière, plus de versets du coran dans la vie civile. Erreur de casting au pays de Voltaire.
Une élue de LREM a cru bon de dénoncer Rachida Dati et Samia Ghali, en lice pour Marseille, en des termes qui tombent sous le coup de la loi morale et son censeur Castaner, as des yeux crevés en manifestation : « Vouloir que Paris et Marseille soient dirigées par des Maghrébines de confession musulmane, c’est trahir la France, son identité et son histoire ». Elle aurait mieux fait de réfléchir avant d'éructer. Gratifiée de l'étiquette infamante d'islamophobie, elle s'est pris 4000 euros d'amende et du sursis. Elle est tombée formellement « sous le coup de la loi », pourtant, quoique formulé à la façon d'un banal élu du RN, elle exprimait un souci largement répandu que certains qualifient de perte d'identité, d'autres d'insécurité, d'autres encore de luttes des places entre politiciens de toute origine.
Sauf que Dati, une fois obtenu ses galons de femme du pouvoir, a pris ses distances avec ses origines et que Samia Ghali est certainement bien plus française qu'algérienne, mais bien plus près de ses intérêts (immobiliers) que des divers électeurs qu'elle prétend défendre. Le problème dépasse ces deux femmes, et peu importe leur origine. C'est le pouvoir qui, par son clientélisme, a favorisé le développement des communautarismes et même y a vu un intérêt anti-prolétariat, par un fractionnement de la société qui dissout tout esprit rationnel et convivial enfin surtout toute conscience de classe. Et qui généralise tristement une dissidence religieuse marquée par un rejet des règles de la société française de l'enfance à l'âge adulte, l'imposition de normes culturelles d'un autre temps et une aliénation indubitable de la perception du monde capitaliste.

La parvenue corrompue Rachida Dati (wikipédia dit tout et pis que pendre sur son compte) s'est contentée (hourra hourra...) de « prendre acte » de cette démission. « Les Parisiens méritent une campagne apaisée et digne, à la hauteur des enjeux majeurs pour l'avenir de Paris », a déclaré la faux-derche. On oublie tout dans la presse pipole. Ancienne star du clan du président des riches, la mère Dati s'est grillée pour sa passion du luxe ostentatoire. On peut être issue des quartiers dits populaires mais adorer les magouilles politiciennes, les bagues en diamant de chez Chaumet : « La gauche caviar et la droite bling bling se noient dans les mêmes bulles de Champagne. Elles ont les mêmes goûts du luxe et de l'argent (…) En pratique, au sommet du pouvoir, les caviar et les bling-bling se retrouvent dans les mêmes gouvernements, les mêmes ministères, aux tables des mêmes industriels »8.
L'ancienne star ministre d'Etat possède un beau carnet d'adresse d'huiles patronales et politiques. Elle est rompue aux pire magouilles, donc digne de ses fréquentations de haut niveau et de ses accointances même avec sa principale concurrente. En 2014, selon L'Express, Anne Hidalgo et Rachida Dati auraient notamment eu des contacts réguliers pendant la campagne municipale. Rachida Dati n’aurait pas hésité à donner à Anne Hidalgo « des informations précises sur l’agenda » de Nathalie Kosciusko-Morizet.
Loin d’être une alliance politique politicienne, comme le sous-entend Benjamin Griveaux, Anne Hidalgo et Rachida Dati – toutes les deux issues de la diversité et aux origines sociales modestes – évolueraient davantage dans un affrontement bienveillant. De quoi énerver une vieille (ou une vieille récente) classe politique. Quand Rachida Dati dézingue, il y a rarement d’attaque personnelle visant Anne Hidalgo. En réalité la mère Dati n'a aucune chance, la droite est désunie et diminuée. Pécresse ne peut pas souffrir baby Sarkozy. Elle se pavane pour l'heure mais ne va servir que de sparring-partner. Son cynisme est parfaitement décrit par une de ses concurrentes moins amène que Hidalgo :
« Entre indifférence, approximation et amateurisme, elle ne poursuit que son propre intérêt. Le 7ème arrondissement ne suffisant pas à ses besoins, elle brigue la Mairie de Paris où si d’aventure elle était élue, elle pourrait se révéler dangereuse. La méthode Dati est faite d’un mélange d’impréparation et d’incapacité à anticiper les dossiers qu’elle tente ensuite de récupérer par une communication agressive qui mêle le culot et l’emberlificotage, tout ceci avec aplomb et dédain. C’est ainsi qu’elle gouverne »9.

Une femme de pouvoir peut d'avérer aussi au fond « très virile » contre son meilleur ennemi dans le clan Sarkozy. Ainsi qu'elle le raconte elle-même :
« Pendant la dernière campagne présidentielle, parce qu’il fallait se réconcilier, je montais dans l’avion avec lui, mais je le saluais en disant "Bonjour le guignol" puis je disais : "Vous ne trou­vez pas que ça sent le nazi ici ?", raconte l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. Le grand facho se cachait derrière son jour­nal et les hôtesses étaient mortes de rire ! » L’autre confrontation a eu lieu en attendant un ascenseur. « Je lui dis : "Alors le facho ça va ?", ajoute Rachida Dati, sourire aux lèvres. Il me répond : "Ça va, intrigante. " Là, je me retourne et lui mets un coup de poing dans la gueule, et il se mange le miroir ! »10.


RECRUTEMENT ELECTORAL VIA VOYOUS ET RELIGIEUX SALAFISTES

La gauche bourgeoise n'a pas le monopole de la flatterie islamique

Le clientélisme à Bobigny du politicien Jean-Christophe Lagarde, soutenu par LREM : « il a fait un triomphe lors d'un meeting à Bobigny, en flattant le désir de reconnaissance des enfants d'immigrés et en jouant sur le registre de l'émancipation et de la décolonisation d'un pouvoir blanc, identifié à la gauche laïque ».
« Pour trouver quelques centaines de voix, certains candidats n'hésitent pas à prendre la direction de la mosquée, de l'église évangélique ou du local de l'association portugaise du coin, bref de « tout vivier électoral » déjà un peu organisé. Cette facilité est rendue possible par les niveaux inégalés d'abstention qui touchent les quartiers populaires » ; décisions municipales appelant à la reconnaissance d'un Etat palestinien où les bretteurs et menteurs du NPA sont rois, point de convergence avec les élus islamiques...
Pourtant nombreux sont ceux qui commencent à tiquer à l'extrême gauche et dans le milieu maximaliste. Les anciens cryptos moralistes rageurs d'une immigration débridée, Daeninckx et Moix ont viré leur cuti... : « J'ai interrogé un dirigeant communiste pour lui demander comment un dealer notoire de cocaïne était devenu le principal agent électoral de son parti... Il m'a opposé un silence poli, signifiant qu'il était au courant ». « La démocratie a disparu à cause d'une politique de ghettoïsation, de désindustrialisation et de gestion de la pauvreté qui transforme les citoyens en clients, qui les réduit parfois à la seule identité de croyants ». La municipalité socialiste de Anne-Lise Dufour-Tonini s'est entourée des carriéristes salafistes. A Grenoble les activistes religieux prospèrent en particulier dans les clubs sportifs sous égide de la municipalité écolo.

C'est sûr, à comparée pour comparer, la prestation électorale de Rachida Dati serait presque rassurante.

L'extrait ci-dessus de Propaganda n'est hélas pas pris en compte sur ce blog (trop peu de mémoire?). Il montre la population allemande sous le régime nazi défilant pour voter où l'officier nazi conseille de voter pour le "bon candidat" et termine en disant: "et surtout arrivez à l'heure". Peu de différence avec le bourrage de crâne de la démocratie bourgeoise, sauf que, sans uniforme, les candidats "républicains" sont tous corrompus ou de toute façon corruptibles. Le chantage et le clientélisme qui vise actuellement les jeunes (qui s'en foutent) essaie de les appâter avec l'antifascisme de salon; par contre les mêmes procédés ont plus de chance de "faire marcher" les derniers arrivés sur le territoire français, surtout en leur promettant des salles de prière et des emplois de pizzaïolos pour leurs enfants. A condition d'être à l'heure devant les urnes!

NOTES

1L'ouvrage de Fuentes est un décryptage ancien de l'idéologie gauchiste bobo, et même de l'idéologie bourgeoise moderniste post-coloniale tout court. Il décrit en réalité la décadence de l'actrice Jean Seberg (un temps son amante), icône de la nouvelle vague de cinéma, qui, suite à une éducation très chrétienne, plonge dans l'irénisme tiers-mondiste des sixties, couche avec les chefaillons black panthers et surtout se couche devant l'idéologie révisionniste anti-blanc par esprit de culpabilité post-coloniale, bien avant que soient nés les tarés indigénistes. Elle a la particularité de se mettre très en colère lorsque l'on combat son idéologie gauchiste de soumission à une variante de post-stalinisme. Ce roman est très intéressant au sens où il met en évidence ce que j'ai constaté depuis une quarantaine d'années : le petit bourgeois gauchiste ne supporte pas qu'on lui démontre qu'il n'est pas révolutionnaire du tout. L'aile marchante dominante du gauchisme, le féminisme bourgeois ne voit pas non plus l'aspect révolutionnaire de la pornographie, qui ne permet pas la tricherie et se fiche du sexuellement correct. La pornographie est, avec la prostitution, l’industrie qui fait le moins consensus parmi les défenseuses du droit des femmes. D’un côté, des féministes hard s’opposent à la pornographie même privée, qu’elles considèrent comme une exploitation de la femme. De l’autre, des néoféministes pensent, au contraire, que le bizness du X est constitutif de la révolution sexuelle et qu’il émancipe les femmes.
2« Le déclin de la suprématie des religions traditionnelles et la laïcisation de la société et de l'Etat n'ont pas conduit, comme le prévoyait et le souhaitait le rationalisme laïc et scientiste, à une disparition progressive du «sacré » dans la vie collective. Il y a eu, tout au contraire, ainsi que le montrent les nombreuses expériences historiques situées en tous lieux du monde, une transfusion fréquente du « sacré » des religions aux mouvements politiques de masse, aussi bien de droite que de gauche, qui a donné naissance à de nouvelles religions séculières. Depuis l'époque de la révolution américaine, mais surtout avec la révolution française et la naissance de la politique de masse, les frontières entre la politique et la religion, qui n'ont jamais été réellement instituées, se sont souvent confondues : mais c'est la politique qui a assumé une dimension religieuse autonome, devenant l'un des lieux principaux où s'est réalisée la métamorphose du sacré dans le monde contemporain ». (…) Et parmi les différentes manifestations de la sacralisation de la politique dans le monde moderne, le nationalisme constitue très certainement la plus productive et la plus universelle d'entre elles, une religion dotée d'un puissant attrait, d'un extraordinaire pouvoir syncrétique d'assimilation et de métamorphose, et d'une formidable force de construction et de destruction ».Gentille n'a fait en réalité que recopier Gustave Le Bon.
3Je l'ai signalé dans mon livre « immigration et religion ».
4« Sécurité, la gauche contre le peuple », ed Robert Laffont. L'étranger a remplacé l'ouvrier et il s'affirmait déjà un « racisme anti-policier » (cf. chap 3) qui sert de propagande islamique basique au navet « les misérables » qu'Hollywood a bien fait de conchier.
5 Intronisé « représentant de la liberté de penser autrement » sur la chaîne concurrente de BFM, il n'est pourtant qu'une starlette des médias et un historien de comptoir qui combine une étroite vision gaulliste à une pleutrerie consternante sur la question de la violence, et de ce qu'il ignore surtout, la violence infrangible entre les classes.
6Illustration de la misère de l'antiracisme, il vaut de lire comment le vieux courant caméléon trotskien se bat contre le racisme contre les chinois, ce fantasme délirant du fait de l'expansion du coronavirus ; la solution pour cette queue de l'idéologie dominante est la solidarité planétaire, plus nunuche y a pas :   « Loin de ces délires racistes et protectionnistes, l’article publié le 28 janvier sur notre site (« Santé : le retour des épidémies ») se conclut par un appel à la solidarité : « Sida, coronavirus, ebola, zika, dengue hémorragique. Entre mondialisation capitaliste, réchauffement climatique, mégapoles et systèmes de santé inégalitaires, nous vivons le retour des épidémies. Rien qu’en 2019, l’Asie aura connu plus de d’1,3 million de cas de dengue, saturant les hôpitaux, ponctionnant les ressources des plus modestes. Un nouveau virus est né. Dans un monde global où tout circule plus vite, il sonne comme un rappel pour une solidarité globale, car les virus se rient des frontières, et se développent grâce aux inégalités, aux injustices, à l’absence de pouvoir sur nos vies» J'avais contré naguère un de leurs gourous (M .Lequenne) qui véhiculait depuis des lustres ces insanité bourgeoises. Mais contre une analyse marxiste les trotskiens ni Zemmour ne font le poids.
7« Rachida Dati et Anne Hidalgo sont manifestement complices. Toutes deux veulent préserver le statu quo. Elles ont besoin l’une de l’autre pour enfermer les Parisiens dans l’affrontement gauche-droite qui les a tant servies. Or, ça, les Parisiens n’en veulent plus », se plaignait le blaireau (genre d'expression dont Dati est friante) Grivaux bien avant sa destitution masturbatoire.
8cf. L'argent des politiques, de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet (albin Michel, 2009).
Valérie Lecasble Tête de liste "Parisiennes, Parisiens" dans le 7ème arrondissement de Paris aux municipales, Directrice Générale de Hill&Knowlton . Hélas le même genre de personnage existe dans le milieu maximaliste !

lundi 3 février 2020

QUELLES LECONS DE LA PROTESTATION SUR LES RETRAITES ?


un dangereux révolutionnaire exhibé aux Champs Elysées
QUAND L'OPPORTUNISME DIVAGUE...

« Nous ne permettrons pas qu'on entraîne la classe ouvrière dans une « défense de la démocratie contre le fascisme ». Maurice Thorez (15 mars 1935)

« L'opportunisme et le centrisme constituent une maladie propre au prolétariat depuis la II ème Internationale. De même, il existe dans la bourgeoisie, des tendances opportunistes, mais ce n'est pas notre problème.
Le centrisme englobe un ensemble d'idées. Depuis la naissance des organisations du mouvement ouvrier, il a toujours plus ou moins existé trois courants :
  • la gauche du parti, celle qui tend vers la cohérence générale ;
  • l'opportunisme révisionniste : le but n'est rien, l'immédiat importe, on essaie d'améliorer la condition immédiate de la classe ouvrière ;
  • le centrisme qui essaie de réconcilier les deux précédents, tout en critiquant un peu, préoccupé par l'unité à tout prix ; il milite pour le maintien des deux ».
    Marc Chirik (Opportunisme et centrisme, 1984, in tome 2 Marc Laverne et le CCI, textes réunis par Pierre Hempel, livres consultables à la BNF et à l'institut d'Amsterdam).
« C'est le propre de ne pas combattre les positions révolutionnaires de front, mais de justifier leur pratique opportuniste par une soi-disant situation nouvelle. Bien mieux, on se revendiquera d'autant plus des résolutions et des positions révolutionnaires du passé que cela permettra de camoufler l'opportunisme pratiqué dans le présent ».
Marc Chirik (Quand l'opportunisme divague, 1945)

« On se fabrique ainsi un « peuple » à l'image de son propre militantisme ».
Michel Pialoux (Enquête sur les métamorphoses de la classe ouvrière)


Que ces quelques citations ne vous égarent pas mes chers lecteurs, il sera bien question de la nouvelle défaite du « tous ensemble syndical », mais en direction des minorités politiques qui posent généralement aux donneurs de leçons de ce que doit penser et conclure le prolétariat. L'absence de véritable bilan critique de cette triste et douloureuse « plus longue grève » en France est assez saisissant. D'abord concernant les fractions d'extrême gauche de la bourgeoisie, les syndicats et la petite clique à Mélanchon, et les petites roues du carrosse des faux-culs LO et NPA. Alors que depuis la fin décembre les carottes sont cuites, tous ces bateleurs de foire en appellent au durcissement...dans la continuité vaine, pour une généralisation... de la défaite ! L'article du CCI sur la complicité du gouvernement et des syndicats le formule très bien : « Ils en appellent bien sûr à l'extension du mouvement qui est dans une dynamique de reflux, haranguant le privé de « prendre le relais », dénonçant la « lâcheté de la grève par procuration (…) ils multiplient les actions pour mieux constater que les ouvriers ne veulent pas renforcer et généraliser la mobilisation et donc mettre sur leur dos la défaite ».

Ni les faux-culs de la gauche transformiste ni les syndicats ne seront la préoccupation de cet article, mais bien plutôt l'incapacité du petit milieu maximaliste à tirer de vraies leçons de cette nouvelle défaite (cyclique... tous les 25 ans c'est la même chanson), et même à n'en tirer point du tout avec strictement les mêmes radotages sur le « tous ensemble » syndical, et les deux recettes psalmodiées même par la plupart des serviteurs gauchistes des syndicats : c'est la faute aux syndicats, ils ne nous y reprendront plus et il suffit de « s'organiser nous-mêmes en AG et avec nos propres comités révocables »1. Il sera donc question de l'opportunisme et de ses avatars lorsqu'un groupe à l'état de secte est incapable de changer de lunettes pour mieux considérer la réalité de la lutte des classes. Et du centrisme puisque celui-ci est une des formes de l'opportunisme. Marc Chirik, qui lui n'ignora jamais le poids de la petite bourgeoisie sur le mouvement ouvrier au XXe siècle, s'était amusé à balancer à la figure de nos comètes universitaires outrées, dans leur simplisme politique (lors du débat interne du CCI des années 1980 sur l'opportunisme), des citations du diable que représentait pour ces anarchistes déguisés le nom de Trotsky, sur une notion que ce dernier définissait avec son habituelle plume de Paon :

« Dans le domaine de la théorie, le centrisme est informe et éclectique, il se soustrait, autant que possible aux obligations d'ordre théorique et est enclin (en paroles) à préférer à la théorie la « pratique révolutionnaire », sans comprendre que seule la théorie marxiste est capable de donner à la pratique une direction révolutionnaire. Dans le domaine des idées, le centrisme mène une existence parasitaire (…) Un centriste occupe entre un opportuniste et un marxiste une position analogue à celle du petit bourgeois entre un capitaliste et un prolétaire : il fait des courbettes au premier et n'a que mépris pour le second ».

Enfin tout cela ne m'empêche pas de vous rappeler ce que vous savez, dans le sens commun, que l'opportunisme est une politique de girouette.

TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE !

Donc si le CCI est opportuniste, le GIGC (Révolution ou guerre, un individu) est son centriste qui est qualifié de « parasitaire » (c'est un peu vrai, moi j'aurais dit plutôt perroquet). Si les gauchistes sont opportunistes (du point de vue bourgeois et de la propagation du politiquement correct), le CCI serait leur centriste... parasitaire, qui copie l'original sans admettre qu'il copie...

Qualifier ce mois et demi de grèves hétéroclites, minoritaires dans un mouvement interclassiste, de « premier pas pour retrouver le chemin des luttes massives » est incontestablement un grand pas dans l'opportunisme. Encenser cette défaite comme « mouvement de lutte tous ensemble », sans avoir nuancé ce frauduleux « tous ensemble », c'est, et je l'ai dit et répété, dupliquer le langage des mobilisateurs gauchistes, souffler dans les cornets syndicaux bour et bour et ratatam. Sans aller jusqu'au niveau ultra opportuniste de l'animateur de Matière et révolution, vieil ami de Laguiller, qui a fabriqué son propre joujou « Gilets jaunes de Poitiers » et se fait le représentant de commerce du truisme « gilet-jaunisation des luttes » et de l'émancipation du « peuple », c'est le même « bilan » de nos professeurs de « grève tous ensemble » : « que cette grève nous serve de leçon » !2 Mais de leçon à quoi ?
L'opportuniste sait mentir aussi. Le CCI, pourtant très provincial désormais, méprisa gaillardement le mouvement des gilets jaunes, pourtant très respectable tout au moins à ses débuts, le couvrant de bave sectaire anti-facho, ce qui ne l'empêche pas d'écrire doctement un an plus tard : « … la côte de popularité des gilets jaunes contre la « vie chère » et la misère, il y a tout juste un an, a été un bon indicateur de la colère qui grondait dans les entrailles de la société (…) même si la classe ouvrière ne se reconnaissait pas dans les méthodes de contestation de ce mouvement interclassiste initié par les petits patrons asphyxiés par les taxes sur le carburant »3.

On est comme on va le voir plus amplement dans une vision irréelle, car puriste et dogmatique de la lutte des classes. C'est faux de dire que ce sont les petits patrons qui ont initié, même s'ils ont rejoint très vite, ce sont ces catégories que méprisent sociologues, journalistes et militants qui ont été le fer de lance de l'indignation en veste jaune, assez imaginative et capable de bloquer l'Etat mieux que n'importe quelle grève syndicale de deux mois ! Ce sont les trois catégories suivantes : précaires, chômeurs et retraités qui ont légitimement porté le mouvement au début avant de se faire récupérer par diverses factions bourgeoises, plutôt « identitaires » vu que gauche bourgeoise urbaine et syndicats bobos les méprisaient totalement4. Par absence de mémoire ouvrière (celle des bons prolétaires des services publics bien au chaud et bien dans leurs certitudes corporatives et une absence de référence à l'histoire de la lutte « de classe ») et face au mépris opportuniste de nos révolutionnaires intermittents, nos pauvres gilets jaunes ne pouvaient être tués dans l'oeuf que par la mystification démocratique, mais aucunement épaulés ni aidés par un minuscule groupe de professeurs convenablement retraités.

UNE ABSENCE DE GENERALISATION A CAUSE DU DEGOUT DES SYNDICATS

Leur « pas pour retrouver le chemin des luttes massives »5 a été pourtant autrement plus interclassiste que nos pauvres gilets jaunes. Les élites gouvernementales autrement plus machiavéliques que le CCI, n'ont pas été simplement « main dans la main avec les syndicats pour faire la réforme des retraitées ». Elles ont permis que se mettent en place, comme simples pions d'un échiquier, une guerre sociale ultra corporative, une grève chieuse il faut le souligner QUI EST RESTEE MINORITAIRE. Pas simplement parce que le privé s'en fichait, lui le mal aimé, si souvent déshérité, mais parce qu'elle resta minoritaire dans les deux entreprises présentées par CCI et gauchistes comme « exemplaires ». J'ai obtenu des témoignages intra-muros pour la RATP où une majorité de personnels non roulant, pas hostile à la nécessité de grève, ayant en mémoire le sabotage syndical de 86 et 88, a refusé d'obéir à la mobilisation hystérique et n'a pas cédé au terrorisme verbal des recruteurs gauchistes, dont certains traitèrent les non grévistes de traîtres.
Bien sûr on a pu constater que de nombreux manifestants, non encartés ni encadrés, avaient défilé devant les barnums syndicaux, mais ce n'est bien connu que le peloton de tête n'est pas celui qui fait la loi dans le troupeau de cyclistes en compétition. Le management syndical ne tient pas plus au courant les masses, massives ou non, de sa « gestion » comme d'ailleurs le management patronal.

Comme dans toutes les grandes entreprises publiques, SNCF et EDF, les personnels sont tenus dans l'ignorance des réformes managériales ; ils ne savent pas si demain ils dépendront de l'entreprise Truc ou Machin. Ni ce que sera l'avenir de leur statut propre. Les syndicalistes ne sont pas plus au courant mais jouent sur cette angoisse pour entraîner dans le spectacle de la protestation impuissante, aléatoire et répétitive jusqu'à la démoralisation.
Le privé est depuis longtemps sous le régime de la « peur du lendemain » (Babeuf) et jalouse une sécurité de l'emploi qui est pourtant en passe d'être détruite dans le secteur public, mais cette sécurité fonde un esprit corporatif étroit et nullement solidaire du privé traditionnellement émietté et isolé :

« L'effet le plus évident de l'appartenance à la fonction publique est, pour la majorité de ses agents, la sécurité de l'emploi. Celle-ci est un élément important du bonheur au travail : il s'agit d'une sécurité que l'on souhaite transmettre à ses enfants »... il y a « une sorte de « troc » qui consisterait à acheter la tranquillité du destin professionnel individuel (sécurité de l'emploi) contre un salaire modeste »6.
La complicité des médias à la mise en valeur du coup de force des mafias syndicales – les sondages arrangés - a tu l'épuisement des centaines de milliers de prolétaires traités comme bestiaux près de deux mois ; cette longue grève épuisante pour les grévistes en termes financiers et moraux, ne l'a pas été moins pour les usagers qui ont dû galérer pour aller au turbin, et qui n'ont jamais ressenti l'intérêt de se mettre en grève pour des revendications aussi confuses, de plus en plus obscures dans les méandres argumentaires des dominants.

C'est étrange que le seul groupe qui a défendu depuis 50 ans que les syndicats sont pourris et sur le déclin historique des partis bourgeois, ce qui se vérifie chaque année un peu plus, ait été opportuniste au point de reprendre le langage des laquais gauchistes appelant à « tenir des AG », « généraliser au privé », mots d'ordre creux et d'autant plus creux qu'ils étaient adressés à la population en général, y inclus nos derniers gilets jaunes, les avocats, les pompiers, les docteurs, les agriculteurs, les commerçants, les étudiants (sic) alors que la jeunesse (heureusement) a été totalement absente et que l'UNEF l'a eu dans le cul. Encore heureux !7
L'article de tête de leur journal se conclut par ce coup de clairon : « Le mouvement actuel, malgré toutes ses faiblesses, porte les germes de cette dynamique future, car il a remis au devant de la scène sociale le fait que les travailleurs subissent tous la même exploitation, les mêmes attaques et, surtout qu'ils peuvent mener ensemble une lutte animée par le besoin d'unité et de solidarité. Plus que jamais l'avenir appartient à la lutte de classe ». Et c'est signé Claudine. Hé Claudine l'avenir ne t'appartient pas ni à la lutte de classe en soi. La menace de destruction de l'espèce humaine par le coronavirus fait passer en ce moment cette grève bordélique pour un détail dans la société française.

Non les travailleurs ne subissent pas tous la même exploitation, ni le même désir de faire grève pour n'importe quoi, et surtout quand il n'a jamais été question d'une revendication unitaire. Les astucieux commis d'Etat n'ont jamais parlé de « la retraite » mais « des retraites », et en devisant avec morgue dans un dédale filandreux de conditions particulières et de cas particuliers à l'infini.
Comme les gauchistes, le CCI a imaginé que la classe ouvrière, dans ses conditions multiples allait se réincarner « classe unitaire » voire en « frères de classe », avec l'emphase globalisante et mensongère de n'importe quel discours de la secte PCF :
« Voilà la victoire de ce mouvement car le vrai gain de la lutte, c'est la lutte elle-même ou toutes les catégories professionnels (sic), toutes les générations (resic) se sont enfin retrouvées ensemble dans un même combat de rue contre une réforme qui est une attaque contre tous les exploités ».

Le vrai gain de la lutte c'est la lutte elle-même !? Allez raconter cela aux gens qui ont vu plus d'un mois de salaire amputé ! pour que dalle ! que pour s'entendre dire que gouvernement et syndicats vont chercher dans les mois à venir à trouver une dizaine de milliards8, pour combler les déficits.

UNE ABSENCE DE GENERALISATION A CAUSE DES MULTIPLES CORPORATISMES

On n'a même pas assisté à un retour d'une visibilité plus grande de la classe ouvrière. Les gauchistes félicitant le peuple, les anarchistes prônant un nouveau 93 « populaire », et le CCI incluant toutes les catégories sociales, hormis la bourgeoisie dans sa nouvelle vision de la classe ouvrière assez soixanthuitarde. Il demande d'ailleurs aux jeunes d'écouter les vieux de 68, qui seraient une bonne mémoire ! Gardez-vous en ! Ce qu'il en reste n'est pas de bon conseil, soit les couches intellectuelles ont sombré dans la guimauve écologique et féministe, soit ils se sont inscrits au PCF :
« L'évolution socio-professionnelle du parti communiste français est tout à fait symptomatique de ce changement : elle dénote pour ce parti comme pour d'autres un « embourgeoisement notable des effectifs. Entre 1979 et 1998, la part des cadres supérieurs au sein du PCF est passée de 5 à 22%, celle des catégories intermédiaires, de 15 à 32%. La part des ouvriers a, quant à elle, diminué de moitié, passant de 46 à 21% »9.

Les hésitations et pour tout dire l'opportunisme de fractions de la classe ouvrière « tertiairisée » expliquent d'abord la faiblesse d'un mouvement minoritaire dans ses secteurs les plus partie prenante, mais bien encadrés dans la rue et restés cloisonnés dans leurs diverses entreprises, incapables de poser les vraies questions politiques ; chose que le CCI évita lui aussi de poser, se contentant de laisser les questions au niveau de la lutte contre la « vie chère » et la retraite « bradée » ; confondant les divers groupes sociaux et corporations égoïstes dans un mouvement programmé pour aller dans le mur. La perspective communiste, n'en parlons pas dit l'opportuniste, cela choquerait les nouveaux jeunes ouvriers. On ne dénonce pas du coup la muséification d'une classe « tertiairisée » :

« « Invisibles politiquement et socialement, laissés pour compte au profit d'autres groupes sociaux, les ouvriers ont progressivement disparu des représentations du monde social. La perte de visibilité également médiatique des ouvriers dans les années 1980 s'est accentuée au début des années 1990, annonçant la fin d'un monde. Au début des années 2000, leur retour sur le devant de la scène semblait les renvoyer un peu plus dans le passé, par la médiatisation d'ouvriers qui perdaient leur emploi, victimes des délocalisations, ce qui occultait au passage, la présence d'un nombre grandissant d'ouvriers dans le secteur tertiaire. Eux qui semblaient avoir disparu réapparaissaient ainsi « muséifiés », semblant appartenir encore un peu plus à un monde « dépassé »10. Pourtant même si le management leur a fait croire qu'ils n'étaient plus ouvriers, ils se rendent compte qu'ils le sont devenus aussi comme leurs parents :
« « Après avoir été désouvriérisés, ces jeunes se redécouvrent ouvriers, mais ce temps de la réouvriérisation peut être long si l'on s'est construit des « oeillères symboliques »... cela se situerait trois ans environ après l'embauche (cas de l'EDF) »11.

Il faut noter la faible présence, voire l'absence des ouvriers dans les débats télévisés réservés aux spécialistes du bourrage de crâne et de la lèche. On avait bien exhibé, et à profusion l'an passé, de curieux gilets jaunes avocats ou routiers, mais depuis décembre 19 le crachoir télévisuel était réservé à la racaille des permanents syndicaux et des agités du bonnet trotskien.

Le blabla radoté sur le « tous ensemble » par nos opportunistes de tous poils au derrière des généraux syndicalistes a caché une autre réalité de la classe ouvrière où tous les chats ne sont pas gris, qui montre la toxicité des corporatismes tout comme la nuisance des catégories reines, tels les aristos conducteurs de train ou de rame de métro ; des catégories ouvrières sont très hiérarchisées et font la loi pour leur propre compte. Personne n'en parle, ni les journalistes bourgeois, ni nos oecuméniques révolutionnaires de la phrase unitaire, solidaire et sédentaire, 88 ne fut pas aussi rose que 86 avec ses coordinations syndicalistes des recruteurs gauchistes :

« « On est obligé d'en parler un peu aux jeunes parce que 88, c'est une avancée qui a été énorme. On a obtenu des choses qui sont encore mises en place aujourd'hui (…) c'était un mouvement ouvrier, pas dans le sens péjoratif du terme. C'est une grève dans les services ouvriers de la RATP, c'est à dire que les conducteurs, tout ce qui est exploitation, ils n'ont pas tellement fait grève. Cà a été un mouvement de revendication pure des services ouvriers. Ce qu'il faut savoir – un petit peu d'histoire -, c'est qu'avant 88 un conducteur de métro et un ouvrier qualifié à la RATP avaient une différence de salaire énorme (…) çà a pété... nous, on a demandé à être remis au niveau du conducteur, parce que c'était pas possible »12.

ET ON PRETE DES VISEES REVOLUTIONNAIRES A UN MOUVEMENT D'ACCOMMODEMENT A UNE RETRAITE PEPERE GARANTIE JUSTE

C'est « tous ensemble » « que nous devons lutter », bien qu'en luttant séparément sur des objectifs corporatistes. Le but n'est rien, le mouvement est tout (la lutte est tout). C'est par ailleurs « un petit pas » et « éviter la grève par procuration », c'est à dire qu'on reprend l'invention culpabilisante du bouffon Mélenchon. Les prolétaires du privé n'ont délégué aucune procuration ni même les milliers qui refusèrent de participer à une grève piégée.
La grève fut surtout une grève par obligation pour ceux qui l'ont rejoint, au milieu d'une course d'obstacles où les plus malins agirent à saute-mouton avec leurs congés. Les jeunes de la RATP n'ont pas pu se permettre de faire grève aussi longtemps que les anciens qui, eux, ont pu se le permettre ayant fini d'acheter le logement qui fait partie des « facilités » de la corporation en début de carrière. Pourquoi gâcher plus d'un mois de salaire pour protester contre une réforme bourgeois qui passe tous les dix ans de toute façon ? Pour montrer sa fierté corporative ? Pour améliorer « la condition immédiate » d'une catégorie de la classe ouvrière ?

Je comprends l'objection : fallait-il ne rien faire ? Même avec les syndicats sur le dos, il faut bien sûr être prêt à engager le combat, mais aussi dire stop si l'enjeu n'en vaut pas la chandelle et qu'on s'aperçoit qu'il n'y a pas d'extension ou une fausse généralisation alimentée par n'importe quelle rumeur. En faisant durer plus que de raison, les syndicats ont certainement enduré une forte poussée de colère sociale mais ni le CCI ni les parties de la classe en lutte n'ont été capables de se hausser au niveau politique. On est resté dans le plus plat économisme. C'est sans doute à ce niveau que l'échec doit être examiné, pourquoi on s'est laissé enfermé dans des revendications non unificatrices, pourquoi il ne sert à rien – s'il n'existe pas une réelle conscience de débouchés politiques et sociaux – de balancer les mêmes recettes formelles : AG – coordination directe – et rejet des encadreurs syndicaux. L'échec doit être systématiquement maquillé sous le "combat continu", avec des journées d'action sans fin, la répétition des mêmes manifestations gnangnans aux cris de "on veut des ronds mais plus du Macron".
La complexité des rapports entre les diverses couches de la classe ouvrière ne trouve pas non plus son explication dans la méchanceté des syndicats. Il manque là un vrai parti révolutionnaire qui ne flatte pas une classe mythiquement unitaire, autre version de l'ancien ouvriérisme. La situation réelle de la classe ouvrière actuellement, en France comme ailleurs ne permet pas de prendre au sérieux une inflation de proclamations sur une quelconque « insurrection » ni de se laisser aller à parler de veillée révolutionnaire, ce que font les anarchistes et les trotskiens en goguette. On a un décalage encore plus grand qu'en 68 entre un discours hyper révolutionnaires de bobos étudiants et gauchistes et une protestation des ouvriers jeunes et vieux qui pensent qu'il faudrait bien « en finir avec le capitalisme », mais qui ne savent pas trop comment en l'absence d'un tronc de référence, c'est à dire d'un parti non opportuniste, ou plus modestement d'un milieu révolutionnaire maximaliste responsable hostile à tout romantisme de la phrase, ou inventant une unité de classe qui pourra être gagnée ultérieurement mais sur des exigences réellement communes et unitaires. Pas pour améliorer le niveau de vie (misérable et inégal) mais dans le cadre du programme de changement de société.



NOTES

1Le cas le plus caricatural est celui de cet ancien banni du CCI, qui se nomme groupe mondial à lui seul, qui est resté complètement suiviste derrière les mobilisateurs gauchistes, et, au lieu d'avoir le courage de tirer un bilan, même cruel, de ce nouvel échec si bien planifié par les dominants, nous sort une diatribe contre son ancien groupe à propos d'un bizarre groupuscule nommé Nuevo Curzo qu'il défend ardemment alors que celui-ci s'avère être un avorton troskien, générateur de confusion et de mensonge historique, emmené par un histrion, auquel le représentant espagnol du CCI a pourtant offert un tapis rouge en lui écrivant maintes fois pour demander des explications. Le CCI et son contempteur Juan sont pathétiques avec leurs querelles de clocher sectaire à un moment dramatique pour la conscience ouvrière. Je n'ai plus aucune relation avec tous ces exclus éternellement rancuniers ; certains se sont arrangés pour s'éclipser discrètement de la politique et de mon environnement. C'est le lot à chaque époque des engagements furtifs de nombre d'universitaires petits bourgeois. Ainsi il y a 35 ans déjà lors du (féroce) débat sur l'opportunisme, j'avais remarqué que c'étaient « les plus petits bourgeois d'entre nous » qui n'y avaient rien pigé, d'augustes docteurs membres fondateurs belges et américains. Mon texte sur l'opportunisme et le centrisme (p.351 du tome II de Marc Laverne et le CCI) est un assez bon résumé de ce débat et m'avait valu les félicitations des camarades qui avaient gardé une tête marxiste. La « direction » d'alors du CCI était nettement oppoortuniste et centriste, c'est pourquoi mon article – Le passage du PCF à la contre-révolution – avait été refusé par le comité de rédaction. Le PCF devait être considéré comme bourgeois de a à z. Je tiens ces textes à disposition de qui veut en faire la demande, sous forme de fichier. J'ai relu moi-même ces tomes qui restent une mine d'or pour la pensée révolutionnaire moderne et la question du parti. Le premier tome a connu de singulières aventures. Henri Simon, le pape de Echanges, en réalisa des photocopies qu'il vendit pour son propre compte, ce qui n'était pas très honnête, vu que je commençais à le vendre. Quant au CCI, à l'époque de ma démission (1996), je leur avais porté le dernier carton des invendus en réunion publique à Paris, et ces crétins l'ont égaré. Le CCI a toujours montré un dédain total pour ce travail de compilation de son principal fondateur et « âme » d'emmerdeur, qui m'avait occupé plusieurs mois et coûté de l'argent. J'ai sauvé des textes de valeur de l'enfer d'une littérature de rabâchage.
2Cf. son tract : « Les directions syndicales contre la Révolution et l'insurrection ». Il m'avait d'ailleurs demandé mon avis. Et je lui avais répondu ceci sur face bouc alors qu'il s'apercevait du final syndical : « Tant mieux, mais on le savait depuis belle lurette! quant à tes vestes jaunes "terrain de la révolution"! tu rêves mon ami. Des petits canards jaunes ignares et courant après une démocratie nunuche (le RIC golo). Quelle révolution ou insurrection ce jour? Que dalle! Prédomine le discours éteignoir jusqu'auboutiste des connards de l'appareil CGT et ses coupures de courant clownesques par les bureaucrates du coin. Le nouveau concept (trotskien) de giletjaunisation me fait marrer (inventé par le NPA). en gros le joyeux bordel ambiant jusqu'à la fin du règne de Macron, mais un chaos où la classe ouvrière ne peut retrouver ni ses petits ni ses enfants. En résumé: la contestation impuissante si utile au pouvoir vu la disparition des cons intermédiaires! Cela a été aussi la fonction du gauchisme post 68 et n'a aucunement préparé une quelconque révolution ».

3RI n°480.
4Vu le temps libre dont disposent ces trois catégories, par ailleurs assez chenues, elles semblent avoir pris goût à une contestation aussi permanente qu'impuissante et tomber dans la « la trilogie interclassisme, revendication démocratique, violence aveugle, c'est à dire dans l'excellent article : « Les révoltes pôpulaires constituent une impasse ».
5Lesquelles ? Du « peuple » ? Des aristos de la RATP et de la SNCF ?
6Cf. Thibault p.49.
7On lit aussi, consterné : « la multiplication des luttes des universités, sont la force du mouvement, le poumon de la lutte ». Je l'ai déjà proclamé : ils seraient pitoyables ces jeunes qui s'engageraient à l'âge tendre pour la fin de vie d'exploité en vue de la révolution qui est tout sauf une retraite programmée ou une sinécure. Le CCI est d'ailleurs tombé depuis longtemps dans la sociologie anti-marxiste. On est sidéré de lire ou d'entendre dans ses RP que avocats et étudiants sont des prolétaires. Le statut d'étudiant est celui d'un arriviste, même si beaucoup échouent de nos jours, il ne faut pas parler de statut d'ouvrier, et ceux qui suivent les cours du soir sont de beaux fayots en général. Cf. Le témoignage d'un enquêté dans le superbe ouvrage de Martin Thibault : « Une face étudiant et une face ouvrier. On oublie complètement l'un avec l'autre. Ouais j'étais très fier en fait. On rattrape... En fait... ce qui fait mal un peu, c'est le manque d'estime. Quand on est ouvrier, ben, on est mal estimé et, quand on est étudiant, on est un peu mieux estimé puisqu'on est en pleine... en pleine ascension intellectuelle ». Il y a une souffrance à se considérer comme simple ouvrier, mais qui fait que certains sont DJ à côté, ou surtout militants de tout acabit, comme notre génération de 68, ouvrier et militant cela a plus de panache : « Les moins scolarisés sont ainsi beaucoup moins soumis à des représentations négatives d'eux-mêmes. Ils se pensent ouvriers et ressemblent plus aux anciens qu'aux jeunes plus scolarisés de leur génération. (…) Une partie des OQ, au contraire, sont plus proches de la porte de sortie vers les classes moyennes, davantage soumis au regard des autres milieux et pris dans des comportements de mimétisme ». « Les anciens, eux, semblent, comme les OS, beaucoup moins perméables au « chant des sirènes » de l'ascension sociale et, comme les jeunes OS, sont très souvent incrédules quand on leur explique que certains jeunes se vivent difficilement ouvriers. Leur condition, eux l'assument, la portent avec fierté, et ils revendiquent souvent leur appartenance à la « classe ouvrière ». Leur lecture de leur position sociale apparaît marquée par des instruments idéologiques permettant de se protéger de représentations de soi dépréciatives. » (Ouvriers malgré tout, ed Raisons d'agir, 2013).
8 Témoignage d'un agent RATP lors de 2003, et qui doit être la même amertume aujurd'hui : « Il a participé activement au mouvement du printemps 2003, contre la réforme des retraites dans le public, qui s'est soldé par une « défaite » malgré des mobilisations importantes. Cette « défaite » lui a fait, là aussi, constater une situation d'impuissance et de domination dans les rapports sociaux » (…) « J'aurai toujours l'envie de me mobiliser. Mais, quand je vois comment j'ai été dans la merde financièrement, ça me donne pas envie de recommencer, aussi. Ça a duré sur presque trois mois. Donc, le premier mois, j'ai dû faire deux ou trois jours de grève. Ça s'est pas trop vu, j'ai perdu à peu près 250-300 francs. Le deuxième, alors là j'ai commencé à faire une semaine à peu près de grève. J'ai perdu presque un tiers de mon salaire. Et le troisième mois, à peu près pareil... Ben j'ai mis six mois à m'en remettre au niveau financier ». (cf Thibault, p.210)
9Martin Thibault, op. Cit. Cet auteur pourfend aussi le cliché d'un FN « ouvrier » : « Il n'est pas vrai que le FN serait le premier parti ouvrier, le premier parti ouvrier c'est l'abstention... La centralisation du débat sur le vote ouvrier pour le FN occulte l'importance de ce vote dans d'autres groupes sociaux. Par exemple, les «agriculteurs » ou les commerçants, artisans et patrons, ont en 2002, chacun voté à près de 22% pour le Front national. De même alors que le vote ouvrier était stable entre 1995 et 2002, il connaissait une « progression fulgurante chez les cadres et professions intellectuelles » passant de 4% en 1995 à 13% en 2002 ».
10Il faut ajouter aussi ce constat lucide de Martin Thibault : « Moins représentés dans les partis et les syndicats, les ouvriers ont ainsi progressivement perdu « le pouvoir de définir conformément à leurs propres intérêts les principes de définition du monde social (…) Ce ne sont pas seulement les enfants d'ouvriers qui ont été désouvriérisés, mais bien la société tout entière. Cf. l'évolution socio-professionnelle de la CFDT ou la sous-représentation des ouvriers et des bas niveaux de qualification au sein de l'union syndicale Solidaires ».
11Cf. Thibault.
12Témoignage recueilli par Martin Thibault.