"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 9 juillet 2018

La future Internationale



La future Internationale


L'article suivant a été publié à l'origine, dans Revolutionary Perspectives numéro 11, comme projet de discussion par le CWO. Après des discussions et des révisions, la version publiée ici a été adoptée par la Tendance Communiste Internationale (TCI). Comme indiqué dès l'origine, il est destiné à faire partie d'un document plus long ou d'une brochure de la TCI. Il devrait donc être lu en relation des documents antérieurs que ont été déjà publiés sur la question du parti et de la classe qui situent la question dans un contexte plus large. Le document de Revolutionary Perspectives numéro 8 sur le rôle et la structure de l'organisation révolutionnaire sur leftcom.org, ainsi qu'un document publié ultérieurement sur le site leftcom.org, sont particulièrement à prendre en compte. Ces camarades avec ces articles (et d'autres à suivre) souhaitent stimuler une discussion parmi les nouveaux éléments qui sont récemment parvenus à la tradition des idées de la Gauche communiste sur la base des perspectives revisitées sur la question critique du parti et de la classe.


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Aujourd'hui nous sommes aux prises avec une crise profonde du capitalisme et un prolétariat si morcelé et désorganisé qu'il ne résiste que de façon sporadique au poids de la guerre, de l'austérité et de la pauvreté accrue Il peut donc sembler prématuré d'envisager un processus vers la constitution d’une future Internationale de la classe ouvrière. Toutefois, malgré cette désastreuse situation, il y existe beaucoup de nouveaux éléments dans le monde qui reconnaissent cette stagnation, sinon la faillite complète du système. Ils discutent et débattent sur le réseaux ou face à face en petits groupes éparpillés ici ou là précisément comment le prolétariat s'émancipera. Ce faisant, ils tentent, comme nous, de se réappropriés l'expérience des luttes ouvrières passées, s’ils y parviennent un jour. Ce qui suit est notre contribution, basée sur ce que nous considérons être les leçons historiques apprises par le prolétariat, à cette discussion nécessaire.
Le cycle actuel d'accumulation du capital est entré dans sa spirale descendante il y a plus de 40 ans. Après le plus long boom économique de l'histoire du capitalisme (de 1948-1971), nous vivons maintenant son plus lent effondrement. Le système économique quasi stagnant a été soutenu par une intervention étatique sans précédent qui lui a permis jusqu'ici d'éviter son effondrement total. Pendant une grande partie de cette période, il a réduit le salaire moyen de la majorité des travailleurs, mais ces privations n'ont pas suffi à stimuler la reprise, encore moins pour empêcher l'accumulation massive de dettes, la création généralisée de capitaux fictifs, et l’existence de mini-booms et d’effondrements.
Il a également produit la dislocation et la désorientation de la classe qui s'oppose régulièrement au système capitaliste. Beaucoup déplorent, qu'au cours de cette période, les révolutionnaires n'aient pas fait plus pour s'unir ; comme si les révolutionnaires avaient une existence indépendante du reste de la classe ouvrière. Les divisions entre les révolutionnaires, jusqu'à présent, ont été largement fonction de la faiblesse du mouvement de classe dans son ensemble. Et, cela ne s'est pas uniquement produit à notre époque mais tout au long de l'histoire de la classe ouvrière. Lorsque la classe se réforme dans de nouvelles conditions après une période de retraite, les premières réponses sont inévitablement hésitantes et diverses. Ce n'est que lorsque le mouvement commence vraiment à se généraliser et à prendre une forme de masse que les révolutionnaires ont tendance à enterrer les différences passées et à abandonner les vieilles rancœurs. Au fur et à mesure que le chemin pris par la classe ouvrière devient plus clair, l’exigence pour la création d'une organisation politique de la classe avec une claire vision du communisme devient plus forte.
Certains diront que ce n'est pas nécessaire. Ils argumenteront que le mouvement «spontané» de la classe sera suffisant pour l'emporter vers la victoire. Nous avons une grande confiance dans l'émergence d'un mouvement de fond de la classe ouvrière qui ne souhaiterait plus vivre comme auparavant et avec les anciennes conditions de vie. Le premier assaut contre le système sera inévitablement inattendu et de cette nature. Un tel mouvement peut aller loin, mais il ne résout pas la question. Les forces qui agissent contre lui n'abandonneront pas facilement. Elles chercheront tous les moyens possibles pour le faire dérailler, à la fois pour l’empêcher de renverser l'État et pour trouver une nouvelle façon d'organiser la vie économique et sociale. À un certain point, ces forces vont se masquer, adopter de fausses idéologies et tenter de le diriger sur une trajectoire cohérente pour la poursuite du système.
Nous savons tout cela par la connaissance de l’histoire. Si ces forces ne sont pas combattues politiquement par la classe ouvrière, elles feront dérailler le mouvement. Prenons deux exemples différents. Dans la révolution russe, le mouvement spontané a renversé le tsar en février, mais pendant que les ouvriers combattaient encore dans les rues, la bourgeoisie et ses alliés mettaient en place un gouvernement qui voulait voler aux soviets ouvriers les fruits de leur victoire. Mais les travailleurs n'ont pas été pris au dépourvu car ils ont de plus en plus fait confiance dans la présence organisée qui soutenait sans ambiguïté le pouvoir soviétique et l'internationalisme - le parti bolchevik. Bien qu'il s’agisse d'une infime minorité, ce dernier existait dans la classe ouvrière depuis des années avant la révolution et les deux tiers de ses membres étaient des travailleurs. Ses slogans ont aidé le mouvement à aller au-delà du système parlementaire que la classe capitaliste (aidée par les autres soi-disant partis socialistes) essayait d'imposer. En fin de compte, la classe ouvrière a fait du parti bolchevik son instrument et, après avoir acquis la majorité dans les soviets à travers le pays, il est devenu le fer de lance de l'insurrection révolutionnaire.
Par contre, en Pologne dans les années 1980. Ici, les ouvriers occupaient spontanément des chantiers navals et rejetaient l'autorité de l'État stalinien. L’ironie veut que dans un pays soi-disant communiste, il n'y avait pas de parti politique révolutionnaire vers lequel se tourner. Dans ce vide se sont introduits l'Église catholique et les nationalistes polonais (et derrière eux, la CIA). Ils ont orienté le mouvement des travailleurs vers la sacro-sainte «démocratie». Bref, leur lutte est devenue victime de la rivalité inter-impérialiste.
Nous savons aussi que, au sein de la classe ouvrière, la prise de conscience de la nécessité de détruire le capitalisme s’emparera de certains (une minorité) avant les autres et que toute réunification des opposants au capitalisme restera le fait d’une minorité. La domination de la bourgeoisie sur les moyens de production (y compris des idées) signifie que l'instrument politique des travailleurs conscients au sein de la classe restera toujours minoritaire avant l'éclatement de la révolution. Plus cette minorité fournit un message politique cohérent avec une forme organisationnelle cohérente et cherche à fonctionner au sein de la classe ouvrière au sens large, plus elle peut devenir partie intégrante du mouvement vivant de la classe. Quand le mouvement doit être clair sur ses objectifs et la direction à prendre, la minorité révolutionnaire, ou en d'autres termes, le parti politique, a un rôle clé à jouer dans la lutte contre l'idéologie bourgeoise en proposant un programme à toute la classe, basé sur les leçons de l’histoires et les acquis de ses propres luttes passées.
Ces acquis ont tendance à être oubliés au fil du temps. Un des éléments clés du Manifeste communiste était
_ "Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points
  1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendant de la nationalité et communs à tout le prolétariat.
  2. Dans les différents phases que traversent la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.»1 (le gras est de nous)
Dès ses débuts, le mouvement communiste moderne s'est centré sur le caractère universel et internationaliste de la classe ouvrière. Lorsque la Première Internationale fut fondée en 1864, Marx et Engels la considéraient comme leur plus grande réussite. Marx a annoncé que la classe ouvrière avait enfin un instrument indépendant de tous les partis bourgeois qui pouvaient maintenant affirmer que «l'émancipation de la classe ouvrière sera l‘œuvre des travailleurs eux-mêmes». Cependant, cette affirmation était un peu prématurée. La Première Internationale a été déchirée par des divisions entre les syndicalistes anglais, les mutualistes proudhoniens et la rivalité obscure de l'Alliance internationale pour la démocratie socialiste de Bakounine. Certains Internationalistes ont individuellement joué un rôle dans la Commune de Paris, mais à ce moment-là, l’Internationale avait pratiquement cessé d'exister en tant que véritable organisation.
Il faudra encore attendre une vingtaine d'années avant de voir apparaitre sa succession, la Deuxième International. Elle reposait explicitement sur des sections nationales qui étaient beaucoup plus dominantes que le Bureau Socialiste International qui devait normalement les coordonner. Les sections rassemblaient diverses traditions du mouvement ouvrier et n'étaient pas exclusivement marxistes. En effet, l'aile marxiste du mouvement était de plus en plus marginalisée par le pouvoir croissant des syndicats sociaux-démocrates. Finalement, la Deuxième Internationale se dissout au début de la Première Guerre mondiale au sein de ses composantes nationales alors que parti après parti (à l'exception des partis russe, polonais, roumain, serbe et bulgare2) ils votent les crédits de guerre dans leurs nations respectives.
Malgré les efforts de réunification des socialistes contre la guerre (Zimmerwald et Kienthal), aucune nouvelle internationale n'est apparue pour remplacer la Deuxième Internationale. Ce n'est qu'avec le triomphe du prolétariat russe et la Révolution d'Octobre, première étape de la révolution mondiale, que la question d'une nouvelle internationale se posa de nouveau sérieusement. Cependant, dans l’Europe déchirée par la guerre, établir une Internationale révolutionnaire ou communiste n'étai pas chose facile, et ce n'est qu'en 1919 qu'elle a tenu sa première réunion à Moscou.
La nouvelle Internationale promettait beaucoup. Sous l'influence de la Révolution russe, les partis communistes commencèrent à apparaître à travers le monde en s'affiliant à l'Internationale sur la base de ses 21 conditions. Cependant ces partis étaient en grande partie nouveaux et souvent dotés de jeunes chefs très certainement en admiration devant les accomplissements des camarades russes. En conséquence, le parti russe a dominé l'Internationale dès le début (tout comme le Parti social-démocrate allemand était considéré comme «le Parti» [Trotsky] de la Deuxième Internationale). Cela allait avoir des conséquences désastreuses pour la Troisième Internationale et ses partis la constituant.
Alors que la révolution en Russie laissait tomber ses promesses initiales - principalement parce que de nouvelles révolutions, surtout en Europe, n’avaient pas éclaté pour lui venir en aide - le Parti communiste russe voyait de plus en plus l'Internationale comme un instrument de soutien pour la Russie. C’est-à-dire le soutien du nouvel d'État russe ambivalent et ambigu qui se confondait avec la révolution russe. Mais le soutien à un État dont la priorité était de plus en plus de survivre dans l'ordre mondial capitaliste (en voie de stabilisateur) signifiait de plus en plus l'abandon du projet de la révolution mondiale. La révolution mondiale était le seul événement qui aurait pu raviver le potentiel révolutionnaire en Russie. En 1921, l'Internationale adopta la politique d'aller «aux masses», ce qui signifiait en pratique essayer de faire un front commun avec les différents partis sociaux-démocrates de la Deuxième Internationale ainsi remis en scelle. Ils avaient été le dernier rempart du capitalisme contre la révolution ouvrière dans tous les pays (notamment en Allemagne où ils étaient complices du meurtre de Luxemburg et de Liebknecht et de centaines de travailleurs communistes). Un an plus tard, le Komintern transformait le mot d’ordre d’«aller aux masses» dans la variante politique du «front uni» qui exigeait que les nouveaux et jeunes partis communistes recherchent l'alliance avec ceux dont ils venaient de séparer de quelques mois auparavant. La Troisième Internationale est ainsi devenue l’outil de la nouvelle classe montante en Russie et a cessé d'être l’outil de la révolution internationale.
Que démontre l'expérience de la dernière vague révolutionnaire? De par sa nature même, la lutte de la classe ouvrière pour vaincre le capitalisme sera très différente de celle de la bourgeoisie dans sa lutte contre le féodalisme. La bourgeoisie a développé sa propre forme de propriété sous la féodalité et a ainsi construit sa richesse et son pouvoir dans l'ancien régime avant de le remplacer. La révolution du prolétariat est différente. Nous n'avons aucune propriété à défendre. Notre force vient de notre capacité d'action collective et commune. La révolution prolétarienne ne peut pas se faire par la simple poursuite d’intérêts immédiats. La révolution prolétarienne doit être une révolution consciente. Cependant, dans des conditions capitalistes, certains travailleurs reconnaîtront avant d’autres la nécessité de renverser le système. Il est naturel que cette minorité forme une organisation politique exprimant son objectif conscient de créer une nouvelle société.
Sous la social-démocratie, la classe ouvrière était organisée dans des partis nationaux qui reconnaissaient leur appartenance à la Deuxième Internationale. Mais cette Internationale n’était qu’une simple boîte aux lettres plutôt qu'une direction coordonnée du prolétariat international. En tout cas, elle a construit un mouvement de masse totalement dédié au réformisme. Les révolutionnaires étaient largement marginalisés comme l'a montré le résultat d'août 1914. Cela a laissé la classe ouvrière révolutionnaire sans Internationale jusqu'à la suite de la révolution russe. La Troisième Internationale est arrivée trop tard pour agir comme elle était censée être - l'avant-garde de la révolution mondiale. Étant donné l'énorme prestige pour la classe ouvrière qui avait réussi à renverser sa classe dirigeante et à devenir ainsi le phare de la révolution mondiale, il n'était pas anormal que le parti russe exerce une influence considérable sur l'Internationale. Mais au moment où la Révolution russe s'est repliée sur elle-même, l'Internationale a très rapidement abandonné la révolution mondiale en faveur d'une politique de défense de l’État russe désormais séparé de son assise, la classe à l’origine de la révolution. L'imposition de la politique de "bolchevisation" dans les nouveaux partis les a dépourvus des vrais révolutionnaires et a fait de l'Internationale une autre agence de l'URSS dans sa lutte pour une place parmi le "concert des nations".
La leçon est claire. En prévision de n'importe quel éclatement révolutionnaire, il doit y avoir une sorte d’Internationale. Ce "ne peut pas être une fédération de partis plus ou moins indépendants avec des politiques différentes basées sur des revendications propres à chaque situation nationale. Il est donc plus correct de parler d'un parti international. La nature, la structure et les statuts de ce Parti prolétarien international doivent façonner de manière homogène chaque section nationale. Sa plate-forme politique doit être le patrimoine commun, développé de manière homogène par toutes les sections et tous les militants. "(M. Stefanini La Nouvelle Internationale sera le Parti Internationaliste, Internationaliste numéro 20 [2001]).
Ici, l'homogénéité ne signifie pas une identité totale d'accord sur chaque question mais indique un accord sur une plate-forme commune et en définitive un programme commun. Cela ne peut être clarifié que par la discussion la plus large possible au sein de l'Internationale. Le Parti International (et quel que soit son nom) doit avoir une unité d’action centralisée pour vaincre l'ennemi de classe, mais une unité significative n'est pas atteinte sans le dialogue constant entre ses membres. Le parti bolchevik, contrairement à la mythologie stalinienne, était plein de débats contradictoires et, malgré toutes les différences, cela n'a pas empêché ses différentes sections de démontrer leur capacité d'initiative et de devenir l’outil que la classe ouvrière a saisi et transformé en fer de lance de la révolution. Au contraire, c’est le lien direct et concret, que la masse de ses membres avait au sein de la classe ouvrière, qui lui a permis de stimuler autant de débats au sein du parti et qu’il a pu en dernier ressort devenir l’instrument du mouvement ouvrier au sens large, en 1917. Les membres de la future Internationale ne peuvent donc contribuer au mouvement réel d'émancipation que s’ils ont des liens directs avec la classe dans son ensemble. Les communistes doivent gagner le droit d'être écoutés.
Les militants de cette Internationale participeront et tenteront de guider toute révolution future en encourager l'autonomie des luttes ouvrières par l'établissement d'organes de la classe. Ils participeront à tous les niveaux autant que possible mais l'Internationale ne sera pas un gouvernement de remplacement. Sa tâche reste la diffusion de la révolution mondiale. Cela signifie que même si ses militants peuvent accepter d’être délégués par les organes de toute la classe, partout où l'Internationale est présente, cette dernière ne dirige pas. Comme l'écrivait Onorato Damen dans la Plate-forme du Parti communiste internationaliste de 1952
" Il n'y a pas de possibilité d'émancipation de la classe ouvrière, ni de construction d'un nouvel ordre social si cette possibilité ne ressort pas de la lutte des classes ... A aucun moment et pour aucune raison le prolétariat n'abandonne son rôle combatif. Il ne délègue pas à d’autres sa mission historique, et ne lui confère pas le pouvoir, pas même à son parti politique. "
C'est notre vision de la forme de la future internationale mais d’où partons-nous aujourd'hui? Après quarante ans de restructuration, la fragmentation de la classe actuellement se reflète dans la dispersion des énergies révolutionnaires. Certains ont été découragés par les divisions qui règnent parmi les révolutionnaires qu'ils accusent de défendre leur propre chapelle. Cependant, ces différences étaient bien réelles et basées sur les divers efforts qui ont été faits pour faire face à la contre-révolutionnaire et à l'échec de la vague révolutionnaire de l'après Première Guerre mondiale. Au fil du temps, certaines différences ont été reconnues comme moins importantes qu'elles ne paraissaient autrefois, mais le retour à une reprise révolutionnaire de la classe ouvrière est long. Cela ne devrait pas être considéré comme un facteur négatif, mais comme une partie nécessaire au processus de développement de la conscience de classe. En cours de route, d'importants débats ont été et sont toujours nécessaires. Sans un débat approfondit pour clarifier les problèmes, le prolétariat ne sera jamais en mesure d'avoir un programme solide sur lequel se battre pour la prochaine grande offensive contre le capitalisme.
En même temps, les liens ténus entre les révolutionnaires et l’ensemble de la classe doivent être approfondis et renforcés. Chaque organisation politique locale doit déterminer les moyens pour demeurer en contact avec des sections plus larges de travailleurs qui ne se considèrent peut-être pas comme révolutionnaires mais qui savent qu'ils cherchent toutefois à combattre la misère engendrée par le capitalisme. Dans le boom économique d'après-guerre, à la lumière de leur compréhension du fait que les syndicats sont hostiles à l'organisation de la résistance anticapitaliste, une stratégie clé mise en avant par le Parti communiste internationaliste (PCInt-publiant Battaglia comunista) a été la mise en place de groupes d'usines qui incluaient des membres et des non-membres du parti, dans plusieurs lieux de travail (y compris à la FIAT). Cependant avec le déclin des énormes concentrations industrielles, des «groupes territoriaux» pouvant parfois inclure, à la fois des groupes militants issus de lieux de travail locaux, et à la fois des groupes de militants luttant sur d'autres questions (par exemple la guerre, le logement ou l'emploi) ont été mis en place. Il importe, ici, que l'organisation politique soit toujours présente dans les lieux où la masse de la classe elle-même se manifeste. Les groupes internationalistes ne sont pas des créations spontanées de la classe, mais plutôt des outils politiques adoptés par le parti pour s'enraciner dans la vie de la classe au sein de laquelle il agit comme guide et intervient partout où il le peut. Le parti n'est pas une entité qui se forme à la dernière minute ou qui n'apparaît qu’au moment de l’éclatement de la lutte. Il doit faire partie au quotidien de la vie de la classe sans succomber au cancer du réformisme pour obtenir des gains artificiels et à court terme.
Actuellement, la présence des révolutionnaires dans la classe est très embryonnaire, mais à mesure que la crise s'aggrave, de plus en plus de travailleurs réalisent qu'il n'y a pas de solutions capitalistes à leurs problèmes. La possibilité de travailler plus largement se présentera à nouveau aux révolutionnaires. Une fois que la classe ouvrière commencera à bouger, le mouvement pratique aura tendance à adopter le programme qui répond le mieux à ses besoins réels. Cependant cela ne signifie pas que les révolutionnaires attendent les bras croisés dans l’attente du grand soir. Il n'y aura pas de grand soir à moins que ceux qui sont déjà communistes ne luttent pour cette perspective aussi largement que possible dans les organisations de combat que la classe ouvrière elle-même se crée.
L'Internationale (ou du moins son large noyau) doit exister avant l'éclatement de la crise révolutionnaire. Elle est "restreinte" en ce sens que sa plate-forme et son programme sont basés uniquement sur les leçons révolutionnaires de la lutte des classes antérieure. Dans ce cadre, tout débat est possible et le parti est organisé selon des principes du centralisme démocratique (c'est-à-dire que toutes les questions sont finalement votées par ses membres). En même temps, le parti permettra également l'existence de différentes tendances sur des questions qui n'ont pas déjà été réglées ou lorsque de nouveaux aspects du programme se posent. Ils doivent avoir le plein droit de débattre et de publier leurs opinions minoritaires, car il y aura beaucoup de nouveaux défis sur la voie de la révolution. Il y a de surcroît beaucoup de problèmes auxquels l'histoire n'a pas encore répondu. La santé de l'organisation dépend directement de l'échange énergique d'opinions. En fin de compte, de tels échanges devraient aboutir en une politique commune, mais si un débat demande un vote, la minorité doit accepter le verdict de la majorité pour ne pas saper l'unité d'action des organisations. C'est la seule voie saine dans laquelle le parti peut se développer s'il veut agir en tant que force centralisée lorsque la situation de la révolution mondiale l'exigera.
Sans une compréhension commune des lignes d’action générales (même s'il n'y a pas d'accord total), aucune politique significative ne sera menée. En même temps, la discussion et le débat préparent chaque membre du parti à agir de manière autonome en tant que révolutionnaire lorsque la situation locale immédiate l'exige. Il n'y a pas de mécanisme statutaire qui puisse l’assurer. Elle réside dans la préparation et la conscience de tous les membres et cela ne peut se faire que par l'intermédiaire d'un parti qui possède une culture d'éducation et de discussion animée.
Bien que nous ayons adopté ces principes dans nos statuts, la Tendance Communiste Internationaliste, comme nous l'avons répété maintes fois, n'est pas ce parti, ni même le seul noyau d'un futur parti, puisque les conditions pour cela n'existent pas encore. Cependant, nous ne sommes pas apparus de nulle part. Nous appartenons à la tradition de la Gauche Communiste d'Italie qui a fondé le Parti communiste d'Italie, section de la Troisième Internationale, en 1921. Lorsque nos prédécesseurs ont été alors retirés de la direction de ce parti au cours du processus de "bolchevisation" (en réalité l'antithèse de tout ce qui était révolutionnaire dans le bolchevisme) ils continuèrent à se battre pour l'internationalisme et la politique révolutionnaire dans les usines de France et de Belgique ainsi que dans les prisons de l'Italie fasciste. En 1943, c'est de la réunion de ces deux courants que la Gauche communiste s’est rassemblée à nouveau au sein du Parti communiste internationaliste en Italie. Elle a maintenu et même développé la politique révolutionnaire malgré les tentatives d'anéantissement par les sbires de Staline. Elle a survécu à l'après-guerre jusqu’à agir comme un point de focalisation pour l'établissement de la Tendance Communiste Internationaliste. Le Parti communiste internationaliste tente depuis longtemps de trouver un terrain d'entente avec d'autres groupements et tendances. Même si cela n'a pas souvent débouché sur un accord, la porte du dialogue est toujours restée ouverte. C'est dans cette tradition que la Tendance Communiste Internationaliste (TIC) opère aujourd'hui.
En raison de cet héritage politique, la TIC est une composante du futur parti car elles espèrent garder vivantes les leçons des luttes de la classe ouvrière du passé pour les nouvelles générations. C'est ainsi qu’elles éviteront de passer par toutes les erreurs passées de la classe ouvrière et comprendront ce qu’il reste à accomplir. En même temps, nous reconnaissons que la situation de la classe ouvrière aujourd'hui est différente de celle du passé comme elle le sera à l'avenir. C'est pourquoi nous sommes ouverts à de nouvelles réflexions face aux problèmes que la future vague révolutionnaire posera à toute minorité politique de la classe.
Néanmoins la TIC ne se considère pas comme un simple centre de discussion, mais comme l'un des noyaux du futur parti international, c'est la raison pour laquelle elle regarde de près d'autres expériences qui peuvent contribuer à sa construction. L'adhésion de la TIC à une plate-forme politique commune et claire, sa recherche constante de rester en lien avec l’ensemble de la classe et de s'enraciner dans les limites des conditions objectives et subjectives existantes, définissent son travail vers la création du parti.
Dans notre lutte pour le communisme, nous avons constamment soulevé la question de l’Internationale ou du Parti International. Si la classe ouvrière mondiale ne forge cet outil politique comme produit et facteur du développement de sa conscience révolutionnaire, elle fera face à encore plus de défaites à l'avenir. Nous espérons sincèrement nous engager avec de nouveaux groupes qui prennent conscience de la nécessité de renverser le système en lui donnant une boussole politique. Dans le même temps, nous cherchons à dialoguer avec les groupes existants, à coopérer activement là où c'est possible, à accepter les d'accords là où ils sont nécessaires ; et finalement à s'unir à mesure que l'histoire avance inexorablement et qu'un véritable mouvement de classe se développe.
Tendance communiste internationaliste
Juin 2018

2 Pour les partis des États engagés dans la guerre impérialiste.

vendredi 6 juillet 2018

LA SOLITUDE DU FLIC DE BASE


Il vaut mieux être policier sous un régime autoritaire ou carrément fasciste que sous la dictature bourgeoise perverse dite démocratique. Je plains tout jeune qui réussit à se faire embaucher dans cette autre grande muette, ce corps mercenaire de l'Etat bourgeois. On leur fait croire qu'ils peuvent être parfois adulé par les populations mais en réalité les maîtres des médias  n'aiment jamais tant qu'en faire des héros (mortibus) au moment des attentats. C'est la corporation où l'on compte probablement le plus de suicides inutiles1, et d'ivrognes2. Je n'ai jamais eu de sympathie pour la fonction policière, en raison de cette tradition du mouvement ouvrier qui insupporte le policier comme premier oppresseur lors des grèves et manifestations, et parce que nous nous sommes toujours battus pour une société sans police, précision : sans nécessité de surveillance policière, libérée de toute coercition. Comme quoi fol est celui qui croit que la société actuelle telle que pourrait se passer de police...

Lors de ma garde à vue, il y a quelques années, j'ai été sur le cul lorsque le jeune inspecteur qui me questionnait me répliqua « mais nous aussi nous sommes des prolétaires ». Estomaqué mais sans ramener ma fraise je gardai profil bas. Prolétaires non, ils ne se considèrent pas ainsi. C'est une race à part, qui est systématiquement coupée de la population comme les gendarmes. J'en ai connu certains pourtant très honorables dotés d'une grande conscience morale et jouant un rôle social respectable, quand tant d'autres sont des chiens du pouvoir. Chaque fois que j'ai eu affaire à des policiers je n'ai jamais pu compter sur une quelconque mansuétude. Ils m'ont surveillé de 1971 à 1985 dans mes activités militantes, mes voyages à l'étranger, les congrès où j'ai participé. Ils sont suivi toute la carrière de ma défunte femme qui ne fut ni de près ni de loin militante, et aussi le parcours scolaire de mes enfants3. De ma première participation à la conférence à Clichy de la plupart des groupes gauchistes avec leurs représentants « ouvriers » (moi pour la Gauche Marxiste), jusqu'à mes interventions à Longwy, à chaque fois était noté l'immatriculation de ma bagnole. Comme je changeais de tacot tous les six mois, on m'appelait « l'homme aux multiples bagnoles » au commissariat de Fontenay aux Roses ; très contrariant en effet, car, à l'époque, la surveillance bureaucratique consistait à relever la plaque d'immatriculation ; l'informatique pépère n'existait pas encore pour que les ventres à bière puissent effectuer à distance googelesque le suivi du militant lambda. Je persiste à croire que sous l'uniforme il y a tout de même un humain, pas pire que les autres.

L'INDIFFERENTISME DE LA POLICE TROTSKISTE DE L'EXTREME GAUCHE face à l'assassinat de policiers(ières)

Militant signifie militaire. Le raisonnement trotskiste est lui aussi tout à faite policier, comme son antécédent stalinien. Au pouvoir les trotskistes créeraient immédiatement une nouvelle Guépéou, et feraient tuer autant de gens que le général Trotsky et sa guerre « révolutionnaire de défense de la patrie russe » ! mal placés les pauvres pour dénoncer les bavures (limitées et sanctionnées) de la police officielle actuelle ! A Nantes le jeune Abubakar a été vraisemblablement victime d'un grosse bavure policière, cela est arrivé d'autres fois, c'est déplorable mais voyons comment le NPA joue de la corde sentimentale vis à vis des banlieues ghettos (où ne survivent que de braves gens et aucun truand trafiquant de drogue ni mac antiféministe voilé) et du milieu lycéen gogol qui boit ses délires :

« Ce crime d’État vient allonger la longue liste des victimes des violences policières commises dans les quartiers populaires. Zied et Bouna, Adama, Théo… on ne compte plus les violences infligées aux habitantEs des quartiers, qui sont les plus touchés par la précarité, le chômage, les politiques anti-sociales conjuguées aux politiques sécuritaires. Des quartiers où les populations racisées subissent une politique de répression spécifique, qui va des contrôles abusifs, provocations, insultes et humiliations aux tirs à balles réelles.
Dans ce contexte, l'élargissement de la légitime défense a conduit à un véritable permis de tuer, encouragé depuis plus de 20 ans par des politiques sécuritaires renforçant l'armement de la police. Il faut exiger la justice et la vérité pour Bubakar et toutes les victimes de violences policières restées impunies.Mais au delà, il faut mettre fin au quadrillage systématique des quartiers populaires, véritable contrôle social et imposer le désarmement de la police, la dissolution de tous les corps spéciaux intervenant et réprimant brutalement dans les quartiers populaires à savoir la BAC ou les Brigades spécialisées de terrain (BST) ».

C'est la langue de bois des gâchistes professionnels, après la notion de « racisme d'Etat » voici un « crime d'Etat » et des « populations racisées » où tout est mêlé, des zigotos qui se sont viandés eux-mêmes dans un poste EDF, de vraies bavures et des exagérations (le viol de Théo). Cette secte de trotskiens quart-mondistes, après avoir été tiers-mondistes fait du bruit mais que du bruit verbal, comme avec l'appel à la réception de toute la misère du monde in France. Cette variété de féminisme décomposé fait partie du spectacle. Elle ne dérange personne. Il faut toujours un syndicat de la racaille, un défenseur de opprimés arriérés pour assister l'Etat dans la rétention des émeutes et laisser croire à de jeunes gogos lycéens que c'est une démarche révolutionnaire. Le réformisme radical revendique le désarmement de la police. Normal ils n'ont pas eu un membre de leur famille massacré au Bataclan ou à Nice. Laissons-les ces braves neuneus anars hors de la réalité. Personne ne peut prendre au sérieux une secte qui se prétend l'avocate des « quartiers populaires » et des femmes, mais, heureusement pas de la classe ouvrière. L'égorgement du couple de policiers de Magnanville par un sous-developpé islamique n'a pas eu droit à une seule mention car cela aurait frôlé le « contrôle abusif » d'un immigré. La bavure de Nantes, qui reste à analyser (une voiture qui fonce sur des policiers n'est-ce pas une tentative de meurtre par destination?), est étalée en long et en large mais ignoré le tabassage d'un autre couple de policier devant leur enfant tout comme le drame de ce policier en provence qui a dû être amputé d'une jambe parce qu'un taré lui a roulé dessus. Rien sur le site simplet, féministe et sectaire concernant les deux policières belges lâchement poignardées, ni pour protester contre le coup de poing en pleine figure de la policière en civil (si c'était arrivé à Rosetta la vachette en chef, scandalou mondialou!). On ne leur fera pas plaisir à les décrire comme des amis neuneus de daesch, non ils servent de faire-valoir à la voyoucratie qui, si on recopie le diction turc4 : quand les cailleras virent arriver les lamentations gauchistes ils se dirent : « le NPA est avec nous ». Rosa Luxemburg aurait gerbé sur ces cuistres5.

LA DISSOLUTION DE LA POLICE C'EST POUR QUAND ? ET LES POLICIERS PEUVENT-ILS ETRE « AVEC NOUS » ?

Bien sûr que les flics, CRS, gendarmes de base sont méprisés par leur hiérarchie. Menotté sur le banc du commissariat toute une journée je me suis amusé à voir défiler les diverses catégories de flics, depuis le simple uniforme jusqu'au cowboy de la Bac en civil avec pétard à la ceinture, se déhanchant tel Clint Eastwood, mais pour la parade intra-muros (à l'extérieur  c'est sous la veste); je n'ai pas pu m'empêcher de dire aux bases en uniformes "vous, vous êtes exposés contrairement à ces gandins!". Après la succession des attentats terroristes on leur a donné le droit de rentrer chez eux avec l'arme de service... mais il leur est interdit de s'en servir ! Le flic qui a tenté de se défendre, agressé dans son jardin privatif par des « individus » (pardon il faut dire « jeunes hommes ») en tirant dans les jambes d'un des voyous (pardon des « habitants du quartier ») qui le frappaient va connaître les pires ennuis par l'auguste magistrature policière haut de gamme. Le policier est l'être le plus méprisé par ses employeurs bourgeois, presque autant que le prolétaire lambda...
En principe, après une révolution victorieuse la police est vouée à disparaître, étant entendu que les hommes et les femmes, ou l'inverse, seront bons et désintéressés après une période de transition où ils se seront débarrassés de la crasse de la société marchande et de la salissure de la monnaie, de l'envie, de la jalousie, de la paresse, de la luxure éventuellement, etc.

Abordons immédiatement ce qui fait problème : la criminalité de la police selon la gauche bobo et ses suivistes trotskiens, et l'antienne du NPA : « désarmons la police », pour rire. Sans oublier que les meurtres successifs ou agressions violentes de policiers dans leur vie privée sont le cadet des soucis de la gauche bourgeoise, en particulier des ministres hautains Peillon et Hamon6 et autres couillons d'Etat qui étaient ravis de pavaner entourés d'escouades policières lors de leur période de fonctionnaires d'Etat. Seule la droite bourgeoise protesta lors des successifs meurtres de policiers et nul récipiendaire de la gauche caviar ni des trotskistes suivistes ne crut bon de dénoncer les actions racailles des électeurs multiraciaux de nos banlieues ghettos contre tel policier ou couple rentrant chez eux. Raisonnons dans l'absolu, les policiers, ces larbins de l'Etat bourgeois pour l'application des lois bourgeoises pourraient-ils déserter ?7 C'est peu probable quoique les expériences révolutionnaire du passé révéleraient à nos idiots trotskistes que c'était plus compliqué et que tout est possible dès qu'on a affaire à des humains. Ce que j'en sais je ne le livrerai point aujourd'hui.

CRS = SS !!!!????

C'est probablement le slogan « antifa » le plus stupide de mai 68. Personne ne l'a relevé lors des commémorations festives superficielles, mais l'antifascisme de salon était encore une référence incontournable en 68 parmi la jeunesse bourgeoise et politiquement juvénile. Certes la violence des CRS du libérateur De Gaulle contre de simples badauds parisiens et de juvéniles étudiants a été le meilleur déclencheur des « événements » sociaux, mais, bien que les gaz lacrymogènes aient pu apparaître comme de petites émulsions de chambres à gaz de feu Lanzmann (concepteur du terme shoah), les CRS n'ont massacré ni des juifs par milliers ni des manifestants anarchistes par centaines. Même en 1947 et à Charonne on ne pouvait pas dire que les CRS s'étaient livrés à un massacre de masse comparable au régime hitlérien.

De là à dire que, dans l'inconscient collectif de générations de fils de bourges radicalisés cacahuètes trotskistes, persiste cette vision d'un CRS nazi, il y a un pas franchissable. Mais malhonnête, comme leur chrétien soutien aux migrants tout azimuts. Ils sont dans le déni (j'y reviendrai) comme au temps du soutien de leur mentors à Cuba et à Mao.

LES CRS UNE CREATION ANTI-EMEUTE DE LA GAUCHE COGESTIONNAIRE DU POUVOIR A LA LIBERATION

Un peu d'histoire. Si la gauche bourgeoise Hamonesque, ce qu'il en reste et avec comme acolyte le trouduc Caron de la secte vegan , depuis l'Huma résiduelle et la clique Poutou/Besancenot méprisent autant la police des manifs, c'est en oubliant qu'elle a été créée par leurs pères à la Libération, et que, lorsque « la gauche unie antifasciste » est au pouvoir avec l'appui des suffrages gauchistes et féministes, elle n'est pas dissoute8. Et envoyée contre les grèves.

Oui il faut dissoudre tous les corps mercenaires armés de la bourgeoisie pour réussir une révolution mais pas tant que la bourgeoisie tient le manche, et pas par un massacre de tous les policiers, et pas à la manière mielleuse et impuissante de la secte NPA. Sans oublier que comme il y a des ouvriers honnêtes et d'autres malhonnêtes, il y a aussi des policiers honnêtes et d'autres véreux...
Un peu d'histoire donc avec Pierre Souyri9, qui a tant collaboré à la revue Les Annales, où il a fait l'objet d'un grand hommage par Marc Ferro après son suicide. Voici sa recension de l'histoire des CRS :

« L'ouvrage de M.Aguhlon et de F. Barrat éclaire d'un jour nouveau la vie politique de l'agglomération marseillaise et le rôle que jouèrent dans la région les force sde police influencées par le Parti communiste.
Après le départ des occupants et l'effondrement de l'administration de Vichy, la situation est préoccupante pour les nouvelles autorités, Comité de Libération et Commissaire de la République, qui ne peuvent s'appuyer sur aucune force publique. S'il apparaît, aujourd'hui en effet, que la présence d'une « cinquième colonne » laissée en place par les Allemands pour se livrer à des actes de diversion n'était guère qu'un mythe, la corruption, le vol et le marché noir étaient très largement répandus et risquaient de provoquer les réactions des couches pauvres d'une population cruellement démunie. C'est dans ces conditions que sont créées, au mois d'août 1944, les Forces Républicaines de Sécurité, recrutées à la suite d'un triage effectué parmi les FFI et les gardes des Milices patriotiques. Aucune discrimination politique n'a été faite ni en faveur ni au détriment des communistes mais l'influence du PCF sur cette nouvelle formation de police est forte, soit que les hommes et les cadres appartiennent effectivement au parti, soit que, issus de la Résistance, ils partagent le point de vue des communistes sur la nécessité de construire une administration rajeunie puisant dans les forces nouvelles qui se sont révélées dans la lutte contre l'occupant. Mais les F.R.S. N'apparaissent pas pour autant comme les éléments d'un dispositif de coups d'Etat : la conquête insurrectionnelle du pouvoir n'entre en aucune manière dans les projets du PCF qui se comporte bien davantage comme un groupe de pression que comme un parti révolutionnaire. « Policiers au service du peuple », les gardes des F.R.S. Prennent fort au sérieux leur tâche et l'accomplissement avec un zèle apprécié des autorités préfectorales notamment en ce qui concerne la lutte contre le marché noir. L'existence des F.R.S. Pourtant, sera de courte durée. A mesure que le pouvoir central se reconstitue et se renforce, les pressions se multiplient pour que les organismes issus de la Résistance soient dissouts. En janvier 1945 les F.R.S. De Provence doivent accepter d'être amalgamés avec d'anciens G.M.R. Du gouvernement de Vichy qui ont été au préalable épurés. C'est de cet amalgame que naissent les premières Compagnies Républicaines de Sécurité. Les communistes cependant y restent nombreux. Certains officiers affiliés au parti ont été maintenus en place et parmi les anciens G.M.R. Mais, et ce point mériterait d'être souligné, il ne s'agit pas là d'un effort systématique de recrutement organisé par la direction du Parti en vue de noyauter les compagnies. Les officiers communistes ne sont pas étroitement subordonné sà l'appareil régional du parti et n'en reçoivent aucune instruction particulière. Il y a tout au plus des contacts épisodiques et discrets. Il ne faut pas, notent M. Agulhon et F.Barrat, surestimer le côté « manoeuvrant et calculant d'un Parti uni et sûr de lui-même ». Des ministres aux simples militants détenteurs d'une parcelle de pouvoir, l'esprit gouvernemental a largement pénétré le Parti qui est prêt à bien des concessions pour pouvoir s'intégrer à l'appareil d'Etat. Les CRS communistes en tout cas ne paraissent pas conscients d'être dans une situation ambiguë et ils adhèrent pleinement à l'accomplissement de leurs tâches policières. On les voit même s'indigner des complicités que les trafiquants trouvent parmi les douaniers et les gardes civils du port.

Les illusions que, pendant près de trois ans, ces hommes ont entretenues sur la possibilité d'être à la fois policiers et communistes vont cependant prendre fin avec la crise qui à l'automne 1947 secoue Marseille. Ici, la montée de l'agitation précède de quelques jours, le déclenchement des grèves qui vont bientôt s'étendre à tout le pays.
Dans les premiers jours de novembre une augmentation des tarifs des tramways décidée par la nouvelle municipalité RPF provoque de violentes manifestations de rues. Le 10, de jeunes ouvriers qui se sont heurtés aux forces de police sont arrêtés et inculpés de rébellion. Ils sont jugés le 12, et déjà condamnés à des peines de prison ferme, lorsque la foule envahit le Palais de Justice et impose aux magistrats contraints de se déjuger un deuxième verdict de clémence. A ce moment-là, les manifestants apprennent qu'à l'Hôtel de ville, les conseillers municipaux communistes sont agressés par des militants du RPF. La foule se porte alors au secours et pénètre en force dans la mairie où les conseillers gaullistes reçoivent à leur tour pas mal de coups. Dans la soirée, des groupes de jeunes ouvriers saccagent les boites de nuit du quartier de l'Opéra qui passent pour être les repaires des trafiquants et des hommes de main des partis de droite. Un coup de feu parti d'un des établissements menacés tue un jeune ouvrier. Aussi bien au Palais de Justice qu'à l'Hôtel de ville une partie du service d'ordre qui a été débordé par les manifestants étaient constitué par des CRS de Provence. Deux jours plus tard, le ministre de l'Intérieur, E. Depreux, prendra la décision de faire dissoudre et désarmer ces compagnies, accusées d'avoir fait défection devant l'émeute à l'instigation du Parti communiste.
C'est d'abord cette version assez couramment admise des événements qui este remise en question par le livre de M. Agullhon et de F. Barrat, qui ont minutieusement examiné les documents disponibles. Les CRS n'ont pas volontairement plié devant les manifestants et il est encore moins exact qu'ils leur aient prêté main-forte. Il semble au contraire que les autorités décidées à se débarrasser de ces policiers les aient volontairement postés en nombre insuffisant et sans leur donner d'instructions précises de telle manière qu'ils ne puissent pas contenir les manifestants et qu'il soit possible de les accuser de complicité au moins passive. Deux faits paraissent corroborer cette hypothèse. Le journal de Vincent Auriol révèle que dès le 22 octobre 1947, donc plus de trois semaines avant les manifestations du 12 novembre, le Conseil des ministres avait projeté de prendre des sanctions contre les CRS de Provence. Les événements du 12 n'auraient donc fourni qu'un prétexte. Par ailleurs les CRS suspectés de complicité avec les communistes n'étaient pas les seules forces de police placées devant le Palais de Justice et l'hôtel de ville. Il y avait également des gardes mobiles et des agents de la police urbaine de Marseille. Ils ne parvinrent pas davantage que les CRS à contenir les manifestants mais ils ne furent jamais inquiétés.
Villipendés par les partis et la presse anti-communistes, le CRS de Provence seront au contraire honorés par le PCF comme des républicains intransigeants, qui, victimes de leur droiture politique, auraient été sanctionnés pour ne pas avoir voulu « taper sur le peuple ». Le livre de M. Agulhon et de F. Barrat fait apparaître qu'il s'agit là d'une transfiguration qui ne correspond pas exactement à la vérité. Les témoignages des intéressés montrent au contraire que ces hommes n'ont pas conscience d'avoir désobéi . Plus de vingt ans après, ils considèrent toujours qu'ils ont été les victimes innocentes d'une manœuvre politique, tant il est vrai qu'en trois ans ils avaient assimilé leur métier et que, comme dit à peu près l'un d'eux, ils étaient quand même devenus des « flics ».

Après, on ne peut hypothéquer l'avenir, rien n'empêche dans les moments graves la plupart des policiers et gendarmes honnêtes de démissionner et de se joindre au combat des « prolétaires », comme pendant la Commune de Paris. J'en profite enfin pour rendre hommage à mon père qui, chargés par ses chefs du maquis d'Auvergne d'aller abattre les quatre gendarmes de Rochefort Montagne et de récupérer leurs uniformes, leur a proposé de le rejoindre dans le maquis. Ce qu'ils ont fait avec joie, avec armes et uniformes.



NOTES


1Suicide inutile à mon sens où le quidam retourne simplement l'arme contre lui au lieu de flinguer son hiérarque persécuteur ou ces voyous qui lui pourrisse sa vie privée. Depuis la vogue des attentats terroristes, le flic de base est autorisé à conserver sur lui son arme de service mais gare s'il est amené à s'en servir, il ne sera pas protégé par sa hiérarchie et livré à la vindicte publique.
2Un des troubles frères Fassin, apologistes gâchistes de l'immigration à tout vent (et de la criminalisation automatique de toute bavure policière) a produit un livre édifiant sur l'alcoolisme prégnant dans la corporation en uniforme (que j'avais déjà constaté naguère sur le terrain dans mon métier de service public).
3Le régime libéral « démocratique » moderne en France est bien plus perfectionné que le le fût le régime stalinien, plus fouille-merde. J'ai pu consulter mon dossier grâce à l'intermède incroyable où la CNIL avait obtenu l'accès au public du suivi policier. Il est vrai qu'en 1985, le suivi des gauchistes et des ultra-gauches étaient devenu dérisoire vu notre peu de dangerosité face à la première vague d'attentats terroristes et islamistes.
4« Quand les arbres virent arriver la hache, ils se dirent : le manche est des nôtres ».
5Lorsque même la classe ouvrière n'est rien, que le chauvinisme dégueule de partout, Rosa trouve de la dignité au flic du coin de la rue, c'est dire : « « (...)finie la cohue tumultueuse dans les cafés où l'on était assourdi de musique et de chants patriotiques par vagues entières ; la population de toute une ville changée en populace, prête à dénoncer n'importe qui, à molester les femmes, à crier : hourra ! et à atteindre au paroxysme du délire en lançant elle-même des rumeurs folles ; un climat de crime rituel, une atmosphère de pogrome, où le seul représentant de la dignité humaine était l'agent de police au coin de la rue ». (Rosa 1915)
6Le minuscule parti Hamon est allié à la secte vegan du stalinoïde Aymeric Caron ex pitre procureur télévisuel des clichés de la gauche caviar et immigrtaionniste, le REV, rassemblement des écologistes pour le vivant.
7Par mon expérience, n'en déplaise aux abrutis d'extrême gauche, je sais que dans certains commissariats les femmes battues ont plus de chance d'avoir une oreille compatissante que chez les cyniques avocats et magistrats. Et qu'elles peuvent toujours attendre, comme les migrants massés dans la misère en Seine Saint Denis une action concrète et solidaire des gauchos mégalos, secte NPA incluse.
8A la même époque sont créées les nationalisations, cette farce de service public devenu sévice public depuis la réinvention des grèves intermittantes (perlantes) à la SNCF puis en ce moment (toujours invisibles et ridicules) à EDF ; grèves qui ne servent à rien et qui font honte à la classe ouvrière, voir mon texte « Le chef de gare est cocu ».
9Bien que jeune, il fût un des hauts responsables du maquis dans la région de Toulouse. Membre de SouB, brillant mémorialiste, premier à avoir dénoncé le ridicule maoïsme, avant Simon Leys. Il se figurait destiné à un brillant avenir de dirigeant d'Etat prolétarien, dans un bolchevisme amélioré qui restait sa référence. Je l'ai connu au moment de mon engagement à la Gauche Marxiste, où je militais avec son fils devenu responsable de la maison française au Japon et auteur spécialiste du Japon chez Gallimard. Un marxiste intègre, impressionnant par sa stature et son bagage théorique. Il m'avait déconseillé d'adhérer à RI : « je me méfie des sectes », m'avait-il dit au téléphone.

vendredi 29 juin 2018

SNCF ending : Fin de grève abstruse...

ou la grève en permanence des guignols gâchistes!

Comment les sectes gâchistes1 NPA et LO tirent un bilan victorieux d'une défaite étirée dans le temps2

« Après trois mois de lutte et malgré l’érosion des taux de grève dans les dernières semaines, en particulier en région parisienne, l’intersyndicale cheminote CGT-CFDT-UNSA peut se féliciter d’avoir mené jusqu’à sa dernière séquence des 27 et 28 juin sa grève « dure et longue », sur calendrier de deux jours sur cinq, commencée le 3 avril. 
« Quel bilan à cette étape et alors que gouvernement et direction de la SNCF se flattent d’avoir fait adopter leur « pacte ferroviaire » ? Tout serait-il ficelé et emballé ? Loin de là. Neuf cheminotEs sur dix ont participé à cette grève, à un moment ou à un autre. Les attaques de Macron et Pépy continuent à être vomies. D’où les médias, surtout pro-patronaux, de s’inquiéter des conséquences d’un conflit qui a encore creusé le fossé entre des dizaines de milliers de cheminotEs et leur hiérarchie. Climat dégradé, oui. Mais pas une raison de pleurer, pour les cheminotEs. Paradoxalement, à la suite de cette grève qui n’a pourtant pas fait céder le gouvernement et le patronat, le rapport de forces en faveur de leur communauté combative en sort renforcé ».
Première preuve de victoire, « la communauté cheminote en sort renforcée », donc premier mensonge ! Mais pourquoi n'y a-t-il pas eu de vraie grève, exceptée cette protestation « à la carte », intermittente et ligotée par les « élites parisiennes » (un cheminot du Nord) ? Le sous-fifre du CC du NPA va-t-il pour autant s'indigner ? Du tout, le souci d'une vraie grève est resté « lancinant », quoique incapable d'outrepasser les ordres syndicaux :
« Le gros des cheminotEs a largement suivi cette grève perlée, concoctée par l’intersyndicale pour s’aligner sur le calendrier de négociations et discussions parlementaires. Un rythme trop tranquille et routinier pour bousculer comme il l’aurait fallu. Des noyaux et équipes combatives ont essayé de déborder ce cadre convenu en appelant à une vraie grève qui à la fois leur aurait permis d’avoir des assemblées générales plus massives et démocratiques, aurait donné un signal bien plus fort pour le ralliement d’autres secteurs, parce qu’elle n’aurait pas été en pointillé ».
Ces noyaux imaginaires dont certains auraient été en grève reconductible tous les jours a pour seul mérite, non pas d'avoir oeuvré à une généralisation de la grève aux autres secteurs mais cette benoîte action en direction des observateurs attendris « les usagers », « stimulant la discussion » poil au menton !
Le « calendrier » syndicrate étant terminé, les gâchistes indémodables jusqu'auboutistes gnangnans de la CGT et de Sud rail ont décidé de ridiculiser un peu plus cette fausse grève en faisant chier tous les prolétaires qui partent en vacances les 6 et 7 juillet. Dans la théorie trotskienne, bien fait, z'avez qu'à nous soutenir ! Et on espère bien leur pourrir la vie jusqu'aux élections syndicalo-professionnelles au bout de l'année... aux non-syndiqués indifférents au rude corporatisme cheminot comme aux syndiqués des syndicats « jaunes » ! Et v'lan !
Nos gâchistes actent comme une victoire le passage au nouveau régime SNCF démantibulé, qu'à cela ne tienne : « les batailles nécessaires... vont se poursuivre ».
Avec l'été venu, on veut bien constater que la jonction avec d'autre secteurs n'a pas eu lieu, pas d'interpros avec les pros du syndicalisme corpo. Quoique, sans révéler que la CGT a entrepris une même couillonnade « perlée » à ex-EDF, le correspondant près le CC du NPA considère comme marque de l'absence d'un esprit corporatif qu'il y ait eu des discussions entre syndiqués CGT de ex-EDF et de... ex-Sncf !
La magnifique grève victorieuse des ex-cheminots verra une « rentrée de septembre » qui se fera : «  à l’aune des acquis de la grève : combativité et conscience d’être la lutte d’un même monde du travail, qui doit faire front aux sales coups du gouvernement, en particulier à la prochaine réforme des retraites. (…) Les cheminotEs n’ont certes pas été largement suivis dans leur grève de ce printemps, mais leur combat a été plébiscité, ce qui est malgré tout une victoire ». Ainsi que le voulait la théorie fumeuse du chef de guerre Trotsky, la grève perlée devient une « grève permanente », aussi invisible et stupide que la notion de révolution permanente. Les Poutou et Besancenot ont été d'un suivisme irréprochable derrière les « directions syndicales ». LO souligne très justement cet avachissement et remarque que les travailleurs ont été étrangers à ce scénario : «  la posture de la fédération Sud-Rail dont le seul fait d’armes a été de déposer un préavis de grève reconductible mais sans jamais y appeler par elle-même, ni d’ailleurs chercher à s’en donner les moyens. Elle s’appuyait sur la stratégie de l’intersyndicale dont elle tenait à faire partie d’un côté, tout en la critiquant localement en fonction des circonstances et des opportunités. Fondamentalement, Sud-Rail défendait tout autant que les autres ses intérêts d’appareil : être reconnu comme interlocuteur et négociateur par le gouvernement, tout en gardant un œil rivé sur les prochaines élections professionnelles ».
Le crétinisme du NPA et de ses che(ffes) qui tient plus de la malhonnêteté que de la palinodie, est signé du groupe féministe du NPA chargé de l'intervention dans la « classe » qui est désormais une femme et non pas un homme, comme ce machiste Prolétariat : « CorrespondantEs ».
Les bonzes staliniens nous avaient naguère habitué à célébrer des défaites comme des victoires, et des couleuvres pour des lanternes, avec les trotskien(nes) du NPA le relais est là.

LO, très critique devant l'avachissement et la soumission du NPA au cinéma des bonzes parisiens, ne peut s'empêcher non plus de jouer de la lyre de la soit disant victoire, car il ne faut pas désespérer Clignancourt. L'argumentaire est kif-kif bourricot celui du NPA : « Le mouvement n’a pas eu la puissance de dépasser et déborder le cadre fourni par les organisations syndicales. C’est sa principale limite. Mais dans ce cadre, pendant trois mois, les travailleurs du rail ont fait de multiples expériences. Des dizaines de milliers d’entre eux ont participé à de assemblées, à des manifestations, des rassemblements. Ils ont établi des contacts avec des travailleurs d’autres secteurs, à la SNCF et aussi en dehors. Le caractère non corporatiste du mouvement s’est traduit par des diffusions de tracts, des rencontres auprès d’autres travailleurs. C’est ainsi que des cheminots sont venus prêter main forte à des travailleurs de Carrefour par exemple. Des cheminots se sont aussi rassemblés le 19 juin à la gare de l’Est à Paris, pour soutenir les travailleurs de Ford Blanquefort, qui allaient en Allemagne pour défendre leur emploi. Dans des dizaines d’endroits, des contacts ont été noués entre militants et travailleurs de différentes entreprises. Ces liens sont précieux pour l’avenir ».
C'est le même bla-bla creux. Des contacts avec qui ? Avec des passants ou des collègues des autres gangs syndicaux. Le caractère hyper corporatiste crevait les yeux et les prolétaires en général en étaient réduit au rôle de spectateurs ou de poseurs de questions. Qui peut faire confiance aux « liens » établis entre clients trotskistes des divers syndicalismes comme « liens précieux pour l'avenir » de la grève « en permanence » pour se foutre du monde ?
Une nuance cynique de la bande à Artaud et aux mystérieux du CC de la secte, la paralysie des transports montrerait l'utilité de la classe ouvrière : « Les cheminots, et bien d’autres travailleurs, ont pu constater, même si c’est parfois en déplorant l’absence de transports, que la classe ouvrière a un rôle irremplaçable dans la société et la cessation du travail, même limitée à une fraction d’entre elle, permet d’en prendre la mesure ».
C'est plus fort que le café, plus nul que zéro mais cela autorise la syndicratie du comité central caché de LO de conclure :
« La lutte continue et, quel qu’en soit le résultat, bien d’autres surgiront dans des circonstances forcément différentes et propulseront à nouveau sur la scène des travailleurs en grève. Mais ils y retrouveront les mêmes acteurs, tant du côté du gouvernement, du patronat que des bureaucraties ouvrières. Alors il est du devoir des travailleurs, des militants d’analyser les intérêts et l’attitude des uns et des autres, de tirer le bilan de chaque lutte afin de préparer la suivante et lui permettre cette fois d’aller au bout de ses possibilités ».
On appréciera que la lutte continue « quel qu'en soit le résultat », surtout qu'il se traduit par la démoralisation de la majorité des cheminots, le fait qu'une bonne partie en a gros sur le cœur d'avoir perdu autant d'argent pour une telle clownerie syndicale. La conclusion trotskienne est bien sempiternelle, comme je l'avais crié à la première réunion parisienne d'embrigadement du NPA pour cette grève foutoir, foutue d'avance : « vous les trotskistes vous appelez les yeux fermés à suivre les « directions » syndicales, vous attendez qu'elles trahissent, vous savez à chaque fois qu'elles vont trahir, mais vous ne dénoncez cette trahison qu'à la fin, une fois qu'elle a réussi ! ».
C'est un devoir trotskiste, gâchiste, de mentir et de mentir résolument à chaque fois pour entraîner les plus combatifs ou les moins réfléchis, à suivre les mêmes traîtres professionnels et à préparer à chaque fois les mêmes défaites, en chantant ce n'est que le début... à la fin minable.

Je remarque enfin, ce qui est probablement le plus honteux de la part de ces radicaux bourgeois en peau de lapin : il n'y a aucune critique franche et argumentée de la chiennerie des deux parlements bourgeois qui légifèrent pour la finance avec un total mépris des travailleurs.

NOTES

1J'ai déjà signalé que je nommerai désormais la gauchistes gâchistes, car ils ne sont bons qu'à gâcher la lutte de classe et à ramper derrière les forces syndicalistes de l'Etat.
2Et, puis-je ajouter, comment se fait-il que les sectes dispersées de l'ancienne ultra-gauche, CCI et consorts et le parti au cent mille adhérents (« Révolution ou guerre ») soient restées bouche bée depuis trois mois après avoir flairé au début la malfaçon de la grève « perlée », intermittente et inconsistante, sans plus rien dire durant un trimestre à faire chier les usagers prolétaires mais aucunement le gouvernement, laissant les camarades prolétaires syndiqués et non-syndiqués aux mains des menteurs trotskistes et syndicalistes. Chirik qui leur avait appris qu'il faut toujours donner l'avis de « l'organisation politique de classe », même à contre-courant, doit se retourner dans son corps donné à la science ! Je sais pourquoi ils sont tous restés muets (de stupeur et de gêne) c'est parce qu'ils croient encore que toute grève est léniniste, donc hydre voilée de la révolution. Une lubie permanente, presque trotskienne !