"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 29 mai 2018

Communiqué terroriste du NPA


« Mon fils a été tué par une balle de la police belge ».

Le père du jeune homme massacré à Liége par un taré islamisé



Comme toujours nous prenons rapidement position en faveur des victimes de l'antiterrorisme. C'est la prison capitaliste qui inspire nos camarades islamisés. Libérez nos camarades « radicalisés » à qui nous devons le respect de leur croyance. Depuis sa réaction, mardi 29 mai, à un contrôle policier très poussé pour défendre sa liberté de circuler islamiquement1, Benjamin Herman (qui ne porte pourtant pas un nom typé mais une casquette) est victime d'un déferlement de haine islamophobe sur les réseaux sociaux franco-belges, il ne serait qu'un enfumé de la « barbarie » islamiste. Alors que le Roi de Belgique s'affiche auprès des évêques du Brabant en prétendant vouloir "réparer le lien abîmé" entre l'Église catholique et la Wallonie, ce déferlement raciste est légitimé par les plus hautes sphères de l'État belge, les principaux médias et les flamands en plus. C'est le ministre de l’Intérieur, ce boucher, Jean Jambon, qui se permet de trouver «choquant» qu'on abatte deux policières outrancières, assimilant de surcroît cette légitime défense à un vague «prosélytisme» islamique. Il est évident que ce traitement différencié découle d'une attaque en règle contre tous les croyants de l'islamofolie, par le biais du racisme et de l'islamophobie. Face à cela, l'unité de notre classe est de mise : armés d'un couteau ou récupérant les armes de nos ennemis laïcards et copains du malfaiteur Dassault, c'est aux buveurs de sang de se défendre ! C'est exactement cela l'islamo-trotskisme dont il est trop commun aujourd'hui de se réclamer en contresens, par pacifisme ou couardise.

Pour les agresseuses de Benjamin Herman, peu importe qu'il ait crié ou pas Allah au bar, cri sur lequel ses tueurs policiers (mâles blancs) eussent voulu l'interroger – or TOUT LE MONDE DETESTE LA POLICE comme disent nos amis zadistes - peu importe ses positions religieuses et syndicales, puisqu'il ne portait pas un voile mais une casquette noire, et il n'a plus droit à être considéré comme une humain abattu comme un chien. Dans ce système Républicain belge censé promouvoir l'égalité, combien d'hommes « radicalisés », et notamment combien de repris de justesse exercent leurs droits à tuer pour Allah avec permission de sortie sans faire l'objet de campagne de dénigrement ? Là encore, on juge les choix criminels dans un but de déshumanisation, de négation de la parole armée. Et c'est d'autant plus affligeant que Benjamin Herman est élu par son organisation terroriste (Allah soit loué) - destinée heureusement et légalement à être un outil associatif aux croyances de touTEs. C'est aussi en retour le droit de chaque association islamique de choisir qui elle mandate pour s'exprimer au nom d'un dieu collectif qui est bafoué, en l'occurrence la liberté de tuer et d'égorger dans le dos des policières qui font honte au genre féminin avec leur uniforme de l'Etat capitaliste.
Le NPA s'insurge contre le déferlement de haine islamophobe que subit le valeureux tueur de Liège, probablement militant et porte-parole de Daesch (selon notre spécialiste Philippe Besancenot) et lui apporte tout son soutien ainsi qu'à son organisation syndicale islamique dans la défense d'un enterrement selon la tradition.
Il souligne la nécessité de l'abrogation de toutes les frontières qui favorisent la parole raciste et les discriminations envers les tueurs pourtant sans foulard, qui est une des composantes d'un climat nauséabond de xénophobie, encouragé par les nouvelles lois contre la migration massive et régulière en Belgique comme en France via l'autoroute A16.


Montreuil, le 29 mai 2018





1Dans ma parodie j'exagère à peine sur ce qui se passe dans les petites têtes gauchistes du collaborationnisme islaminguant. On serait voué au perpétuel recommencement des buveurs de sang selon le commentaire du syndicat de police Alliance, un peu trotskiste lui aussi! Ah bon! Notons donc encore la perversité des médias et ce qui a motivé ma parodie des crétins trotskiens (qui vous assureront qu'ils n'ont rien à voir avec les daechiens). Sur CNews ce midi, donc, voici un salopard de spécialiste, payé par les services antiterroristes de l'Etat,  spécialiste attitré et attristé du terrorisme (un prof d'origine arabe) qui nous expliqua sa version probable du crime qui venait d'avoir lieu à Liège. Sans rien savoir encore des faits, il nous assura qu'il se serait agi d'une conséquence du contrôle policier inopiné d'un taulard élargi provisoire, contrôle d'identité qui avait "mal tourné"; cet individu n'a jamais corrigé son jugement de "spécialiste" fort bizarre (pour ne pas parler de collusion) quelques minutes plus tard lorsque le procureur belge a décrit les faits sidérants de lâcheté des meurtres prémédités! Ambiguïté aussi des autorités belges : "Il y a des éléments qui vont dans la direction d'un acte terroriste", a déclaré le parquet fédéral. Hum hum ptêt ben qu' oui ! C'est plus de terrorisme qu'il faudrait parler mais de généralisation d'un forme de maladie mentale que personne ne sait (ou ne veut) éradiquer !

De plus on n'arrêta pas de qualifier les deux premières victimes de "policiers", or ce sont deux policières, et surtout DEUX FEMMES (râââ lovely pour les sous-mâles daechiens!) qui ont été poignardées ou égorgées avant d'être achevées avec leurs propres armes! (preuve de leur infériorité comme FEMMES!). Le silence du NPA sur ces deux meurtres des deux femmes (dont l'une était d'origine arabe), comme sur les agressions régulières lors des manifs de préférence de policières, ne fait pas honneur à son féminisme hystérique. Normalement les daechiens n'égorgeaint point les femmes, leurs divers héritiers supposés signifient donc la décadence de cette idéologie sponsorisée par les rois du pétrole et si utile aux rois des démocraties! Il faut préciser que, comme en France, les policiers et policières belges n'ont pas le droit ni de tirer sur un homme avec un couteau ni de se défendre, s'ils tirent ils ont sur le dos leur propre hiérarchie, les journalistes et les magistrats trotskistes et toute l'islamocratie de Besancenot à Médiapart pour hurler au crime raciste! C'est ainsi que ces crétins accusent les policiers belges d'avoir assassiné un bébé dans une voiture de racailles en fuite, alors qu'il s'est agi d'une balle perdue ; la pensée gauchiste est aussi étroite que celle d'un syndicaliste SNCF ou d'un daechien primaire !

Je répète que le sensationnalisme induit par chacun de ces meurtres coraniques crapuleux est pain béni pour les médias, et jeu de rôle héroïque pour la police qui fait chier toute la population environnante en la prenant en otage et en la cloîtrant ou confinant pendant des heures au nom de recherches inutiles. Les flics de base eux sont envoyés au casse-pipe et ne s'en rendent même pas compte (rien de plus facile de leur piquer leur pétard qui pend sur le côté et les femmes policières ne pourront jamais être des vrais cowboys).
Mais sur le fond de la cinématographie antiterroriste, la fixation sur l'acte lâche et sanguinaire doit empêcher toute réflexion et toute mise en cause de son utilisation politico-sociale; l'exhibition du "crime insensé" et les leçons de morales antiterroristes servent idéalement l'Etat bourgeois. Et je reprends cet excellent commentaire d'un anonyme : bizarre que daesh ou ses volontaires déjantés ne balancent pas des bombes sur le parlement européen là ou siège 99 % de menteurs et de voleurs , aux milliardaires de ce monde ... de plus, curieux que ce soit disant daesh moraliste coranique, apprenti criminel ou marionnette téléguidée, ne s'en prenne pas aux pédophiles, aux meurtriers mais à des innocents ? tout cela n'est-il pas au fond qu'un produit fabriqué (ou qui n'a pas besoin de l'être) pour créer là peur comme seul et unique sentiment, paralysant toute réflexion sur l'ubiquité bourgeoise. J'ajoute que l'ubiquité du régime oppressif en France est claire désormais en matière judiciaire, les juges gauchistes donnent raison à tour de bras à tout ce qui offense le nazislamisme rampant et envahissant (qu'on me démontre que les modérés ne sont pas compatissants avec les ultras). La buraliste d'Albi a certes été maladroite d'exiger que la voilée ôte son voile en public, mais cela
Bravo Charlie d'avoir tourneboulé toute l'islamocratie!
méritait-il trois mois de prison « ferme » quand l'escroc Cahuzac et autres Sarkozy en réchappent systématiquement alors qu'ils méritent dix fois plus ! En Belgique le même laxisme judiciaire devient même collusion et complicité, comme le père le remarque du jeune homme massacré par le taré relâché : « on préfère condamner pour des délits de vitesse que de condamner des gens qui tuent ». Ce n'est pas une justice « laxiste » c'est la justice de classe bourgeoise, puante et perverse où la victime devient coupable et où l'apologie de la liberté de tuer (au nom de l'islam ou au nom de la défense républicaine) sert à faire croire que la police et les institutions de technocrates à l'abri nous protègent. C'est avec des balles belges, de l'Etat belge, que deux femmes et un jeune homme ont été froidement exécutés. Comme quoi c'est bien l'Etat bourgeois qui est au fond responsable des meurtres qu'il laisse commettre.

NB : La ville wallonne a déjà été le théâtre d’une fusillade en 2013. Un autre taré, Nordine Amrani, avait abattu six personnes et blessé 130 autres avant de se flinguer. Ce délinquant connu, fanatique des armes, s’était posté sur une place du centre de la ville et avait fait feu sur les passants. Curieux aussi qu'on généralise l'aquoibonisme et qu'on refuse toute réflexion pour la peine de mort préventive pour tous ceux qui, radicalisés ou déradicalisés, se préparent à leur tour à être buveurs de sang, et héros de la racaille du lumpenprolétariat et, plus insidisieusement, des trotskiens silencieux à chaque attentat ! Pour ne pas perdre des voix électorales en banlieues « racisé(e)s ».



dimanche 27 mai 2018

JOHNNY HALLYDAY EST-IL RESPONSABLE DE MAI 68 ?



Réunion publique du CCI sur les étranges célébrations et commémorations des 50 ans du mai 68

« Rester jeune est devenu l'ambition du croulant ».
Edgar Morin (le penseur kleenex de 1963)
« Morin ce versaillais de la culture » Guy Debord
« Nous attendons les décisions des Etats-majors syndicaux et leur calendrier »
Philippe suiviste Poutou (sur BFM l'après-midi de la manif à marée basse).

Les militants du CCI venus de province avaient retardé le début de leur réunion publique car ils avaient été vendre leur journal à la vague mélenchonienne compartimentée. Ils nous certifièrent que BFM avait menti en ne montrant que des moments clairsemés de la manif parisienne, et qu'il y avait grand monde notamment des non-grévistes venus en solidarité. Mettons, manif pas terrible quand même avec la déclaration minable ci-dessus du Poutou de service, et un aspect carnaval étranger à la lutte de classe, compartimentée comme une suite de wagons, avec dans les wagons de tête en vedette apolitique la sœur d'Amada Traoré et l'exposition du nationalisme palestinien avec force fumigènes, et une suite de saucissons corporatifs cloisonnés et filant tous vers la simple dissolution du cortège et l'ardente contestation des chiffres sans que ni les cheminots ni les lycéens floués ne puissent faire autre chose qu'attendre la suite du calendrier des féodalités syndicales comme le leur enjoignit le serviteur de base Poutou. Un vieux sympathisant du CCI émit l'idée que la situation restait explosive et que cela pourrait déclencher une grosse confrontation sociale s'il y avait des morts. Exagéré à mon sens, vu l'étiolement du scénario de la syndicratie ; s'il y avait deux ou trois morts hélas, le gouvernement trouverait quand même moyen d'exprimer ses condoléances tout en inculpant ses propres flics.
L'exposé fût fidèle à la position historique du CCI depuis l'article de l'époque écrit par Marc Chirik – Comprendre Mai – comprendre mais pas désapprendre la signification majeure d'un réveil international de la classe ouvrière comme classe capable de paralyser la société bourgeoise et (peut-être) de faire la révolution. Exposé bien construit qui rappela que mai 68 n'eût rien à voir avec le cirque hédoniste, cette apologie démagogue de la jeunesse en soi et baratin sur un mouvement éveilleur du féminisme hystérique. Il fût noté surtout une qualité de l'exposant qui prenait le soin de lever la tête vers la salle et de tenir compte de ses réactions (cf. ma compagne) car, la fois précédente ce fût une torture, un type, la mine triste sans jamais un trait d'humour, nous lut un texte sans lever le nez une seule fois ni même après la fin de sa lecture ; dans ce cas là autant envoyer aux spectateurs le texte afin qu'ils le lisent eux-mêmes ! Et que la discussion commence impromptu.
Mai 68 peut donner lieu à mille interprétations, diverses, incongrues, falsifiées, etc. On ne peut se contenter de le comprendre comme un produit du début de la crise économique du capitalisme à la fin de sa période de reconstruction et comme expression du réveil international du prolétariat. C'est ce que je me proposai initialement de démontrer, en ménageant mes effets provocateurs. Je dis d'abord qu'il y avait deux responsables à la « surprise » mai 68 : Johnny Hallyday et Georges Marchais. Cela provoqua évidemment le rire de la salle. J'expliquais donc qu'on ne pouvait simplement observer l'année 1968 mais les années 1960 en général, et le cas particulier de la France. Qu'en juin 1963 un concert place de la nation de yéyés avec Johnny Hallyday en vedette américanophile rassemble près de 200.000 jeunes et que le concert finisse en confrontations avec la police, confirme partiellement ce que disait Morin et d'autres concernant ce qui allait devenir la théorie du « soulèvement de la jeunesse » ; mais que cette jeunesse (venue des banlieues de l'époque et plutôt ouvrière) ait cassé du flic un an après la fin de la guerre d'Algérie était à réfléchir1. La période de la guerre coloniale signifiait bien qu'on était encore en pleine contre révolution : prolétariat embrigadé et milliers de jeunes gens envoyés se faire tuer par milliers là-bas « chez les indigènes ». La lutte contre cette guerre était restée minoritaire mais avait quand même provoqué des failles dans les mastodontes staliniens dégageant déjà des bâtards gauchistes. En 1961 la population ouvrière française n'avait pas réagi face à l'assassinat des dizaines d'algériens en plein Paris par la police de Papon, alors qu'au début mai 68 le tabassage de passants lambdas par les CRS fût une des causes de l'émotion populaire et ouvrière contre le régime en effet autoritaire et usé.
Plusieurs camarades insisteront dans la discussion sur nombre d'événements précurseurs autrement plus sérieux que le concert d'Hallyday, grèves en France, en Belgique (1961-1963, émeutes à Caen début 68, etc.), et sur les prémices de nombre de luttes ouvrières bien antérieures à la révolte étudiante, où, question de focale journalistique et étatique, la fixation sur le microcosme barricadier et folklorique du quartier latin laissa au second plan la « grève généralisée » en une paire de jours. La guerre du Vietnam était également en toile de fond et ne fut pas en soi qu'une affaire d'étudiants, mais les diverses guerres de "libération nationale" furent le cadet des soucis de la plupart des grévistes et manifestants.
LA FAUTE A MARCHAIS
Le second personnage à avoir, mais lui vraiment, attisé l'incendie, est sans conteste le bizarre et longtemps secrétaire-adjoint du PCF Georges Marchais, laissant dans l'ombre un premier secrétaire pâlot probablement mis de côté face à la gravité des événements. Ce que je veux illustrer c'est le fait que mai 68 est, plus que la dramatique répression de 1956 en Hongrie, le début de l'effondrement du stalinisme, insistance qui ne se trouvait pas dans l'exposé de cette réunion. Or, ce qui est frappant c'est que l'épisode Marchais est absent de toutes les commémorations ; sur les plateaux TV on invite Le Hyaric réac chef de l'Huma tenue à bout de bras par un grand groupe capitaliste, la paire Roger Sylvain et Michel Certano, deux bonzes CGT de Billancourt qui étaient à la tête des bandes de cogneurs CGT qui venaient frapper les vendeurs de journaux gauchistes et même nous les maximalistes. Le vieux caïd de la LCR Krivine ne cesse de mener des conférences souvenirs en compagnie des bons anciens amis de Marchais, alors que durant dix ans après 68, les cortèges gauchistes criaient : « oui Marchais, mieux qu'en 68 » et que Cohn-Bendit avait déclaré que c'était « une ordure ».
C'est donc Marchais que jette de l'huile sur le feu dès le 3 mai en Une du journal stalinien L'Humanité, titré : « De faux révolutionnaires à démasquer ». Je reproduis ici la citation que je n'ai pas lu évidemment lors de la réunion publique, mais cette énorme bévue politique de la part du principal caïd stalinien mis au premier plan par Moscou nous fît rire par milliers et cela à jamais l'avenir de ce parti bourgeois (je pense qu'on devrait l'enseigner à Sciences-Po pour apprendre à comprendre que la bêtise en politique n'est pas faite que de mensonges et peut comporter des vérités mais qu'il faut savoir qui va les dire et quand :
« Comme toujours lorsque progresse l’union des forces ouvrières et démocratiques, les groupuscules gauchistes s’agitent dans tous les milieux. Ils sont particulièrement actifs parmi les étudiants; à l’Université de Nanterre, par exemple, on trouve; les ‘maoïstes’, les ‘Jeunesses communistes révolutionnaires’ qui groupent une partie des trotskistes; le ‘Comité de liaison des étudiants révolutionnaires’ lui aussi à majorité trotskiste; les anarchistes; divers autres groupes plus ou moins folkloriques. Malgré leurs contradictions, ces groupuscules - quelque centaines d’étudiants- se sont unifiés dans ce qu’ils appellent ‘Le Mouvement de 22 Mars : Nanterre’ dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit2. Non satisfait de l’agitation qu’ils mènent dans les milieux étudiants - agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes - voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. De plus en plus on les trouve aux portes des entreprises ou dans les centres de travailleurs immigrés distribuant tracts et autre matériel de propagande. . Ces faux révolutionnaires doivent être énergiquement démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes. Un des maîtres à penser des gauchistes est le philosophes allemand Herbert Marcuse qui vit aux Etats-Unis. Ses thèses peuvent être résumées de la façon suivante: les partis communistes ‘ ont fait faillite’, la bourgeoisie a ‘intégré la classe ouvrière qui n’est plus révolutionnaire’, la jeunesse surtout dans les universités ‘ est une force neuve, pleine de possibilité révolutionnaire’ elle doit s’organiser ‘pour la lutte violente’ ».
Le texte comporte des vérités indéniables sans les caractériser vraiment qui concernent la petite bourgeoisie estudiantine et le premier fabricant du « modernisme » négateur des classes sociales, mais la maladresse de Marchais tient à ce qu'il n'a pas vu venir la nature du mouvement, qu'il a bien compris que l'appareil stalinien était débordé avec son syndicat CGT, et qu'il veut punir et éteindre surtout de possibles rivaux. Peu d'historiens se sont penchés sur la crise au sein de l'appareil suite à cette prise de position qui ridiculise le PCF aux yeux de la plupart des lycéens et étudiants mais aussi des ouvriers déjà en partie très éloignés du « vote stalinien » (le PS surfera sur l'après-68 pour le plumer). Un redressement s'impose pour corriger la bévue « ouvriériste » de Marchais (le PCF est le premier inventeur des réunions "non-mixtes" ouvriers/intellectuels), et, paradoxe, c'est le plus stalinien des staliniens, le principal agent de Moscou, le principal polémiste « anti-trotskyste », Léo Figuères, maire de Malakoff, à qui échoit la correction un mois et demi plus tard quand même, à la mi-juin. Le titre est sobre : « A propos des événements de ce mois de mai ». Le PCF n'a pas pu s'opposer de front au mouvement de contestation de tout l'appareil politique ni faire cesser rapidement les grèves. La correction de Marchais intervient cependant alors que le mouvement des grèves a reflué. On ne retrouve plus les qualificatifs de gauchistes, de trotskistes ni d'anarchistes allemands (cf. A chacun son boche), ni de fils à papa étudiants. Le texte invente certes un complot des trois leaders étudiants, qui en réalité n'organisent rien du tout et Cohn-Bendit encore moins puisqu'il a été refoulé en Allemagne. On est déjà en campagne électorale parlementaire. Il s'agit surtout de dénoncer le gaullisme, le Sac et l'extrême droite. C'est le pouvoir gaulliste qui a « provoqué » ce « mois de mai » inqualifiable :
« A la vérité, le malheur pour la réalisation du dessein gaulliste de mai 1968, c'est que ni le parti communiste ni la C.G.T. Ne lui ont donné l'occasion qu'il recherchait depuis longtemps, d'isoler la classe ouvrière et de la frapper de façon décisive. Le puissant mouvement populaire en faveur des revendications ouvrières et de la démocratie n'a pu être dévié de ses buts, malgré les provocations de toute nature (sic) envers lesquelles le pouvoir a fait preuve de la plus large complaisance.
Le régime encore en place a subi ces temps derniers des coups dont il ne se relèvera pas à terme. IL a vu se dresser contre lui l'ensemble des forces vives de la nation et au premier rang la classe ouvrière et le monde universitaire (re-sic) et intellectuel. Mais nous n'en avons jamais conclu comme d'autres, que la réaction française s'était évanouie, que l'Etat du grand capital s'était effondré et que De Gaulle n'était plus à même de faire appel au ban et de l'arrière ban des forces rétrogrades comme il le fait depuis le 30 mai. (…) Si les grandes grèves ouvrières qui se sont déroulées dans la discipline la plus totale et celles qui se poursuivent encore, ont eu le soutien populaire, les menées anarchistes, les violences préméditées des groupes organisés par Cohn-Bendit, Sauvageot et Geismar ont servi à alarmer une fraction de la population dans les campagnes et dans les villes. De Gaulle, à partir d'un moment, a voulu se servir de la situation ainsi créée et d'autre chose de plus sérieux qu'il espérait mais qui ne vint pas, pour jouer de nouveau à l'archange qui sauve le pays du désordre et de la subversion ».

Et dans cette succession de coquins staliniens il en reste un à qui va notre sympathie, la chèvre de Monsieur Pompidou, Georges Séguy qui déclare, hilare sur le perron présidentiel:"la grève généralisée? nous n'y sommes pour rien, nous n'avons pas appelé non plus à la grève générale".

PRIMAUTE DES ETUDIANTS OU DES OUVRIERS ?

Une partie de la discussion a été dédiée à la nature de la condition estudiantine. Le CCI a écrit dernièrement qu'en 1968 les étudiants étaient des petits bourgeois, donc que actuellement ils ne le seraient plus. J'ai contesté cette idée. La situation de l'étudiant est une situation « entre deux » où domine encore rêverie, espoirs, idéalisme. En 68 pour une part des étudiants on peut considérer que c'est une partie de la petite bourgeoisie qui tombe dans le prolétariat, quand l'autre partie reste résolument bourgeoise. Le fond de cette embellie de « la jeunesse » c'est aussi et surtout l'accession aux dites études supérieures d'une masse exponentielle de fils de prolétaires, qui, surtout en sociologie à Nanterre vont prendre conscience de l'inutilité de ces études, quand des milliers vont décrocher carrément à cause des événements de mai, croyant que la révolution, sans doute, toute proche, supprimerait les inégalités. La radicalisation estudiantine n'a rien à voir avec la radicalisation no future des bobos d'aujourd'hui qui nient toute classe d'appartenance. L'étudiant révolutionnaire de 68 a sans arrêt les mots classe ouvrière dans la bouche, même dans ses confusions politiques. Aujourd'hui on ne parle que de « masses populaires ». Il y a surtout le fait négligé tout au long de la discussion et que je rappelerai en fin de discussion : le mimétisme envers la révolution russe qui s'est emparé de tout le cirque gauchiste. En plein été on verra des miltants de la LCR ou d'autres sectes avec des chapkas, sans oublier les grands portraits mélangés de Guévara, Marx, Lénine et Mao. Une furia d'histoire et de connaissance sérieuse de l'histoire du mouvement ouvrier et du mouvement révolutionnaire s'empare de cette génération. 50 ans après 1917 on y fait référence, et nous 50 ans après 68 on a encore plutôt envie de faire référence à... 1917 mais sans chapka et sans posters ridicules. Le listage par plusieurs intervenants des grèves ou actions ouvrières au cours de cette fin des années 1960 montre que ce sont bien les ouvriers qui ont l'initiative plus que les étudiants et que leurs actions ont plus de portée contre l'ordre social et que ce sont ces luttes ouvrières, où le travail est mis en cause et la perspective d'une autre vie, qui sera l'encre où les sociologues tremperont leur plume et inventeront leurs idées.

MAI 68 UNE PARTICULARITE FRANCAISE ?

Mai 68 a tendance à être interprété comme un cas d'exception français. Le CCI s'inscrit depuis ses débuts en faux contre cette vision. Le mai 68 apparaît évidemment dans un cadre international en bouleversement. Dans la discussion a été ressortie une vieille idée abstraite du CCI, que la raison de l'apparition de cet événement surprenant serait dû au fait que la classe ouvrière n'avait pas été battue physiquement contrairement à celle en Allemagne ou en Italie. Le camarade Galar et moi nous sommes opposés à cette conception. En quoi la victoire du Front populaire (de préparation à la guerre) aurait-il été moins « physique » que les fascismes en Allemagne et en Italie ? En quoi la série 1848-1871-1968 ferait-elle du prolétariat en France le porteur d'une révolution renouvelable ? La Commune de Paris de 1871 n'est pas spécialement dans la mémoire de la plupart des ouvriers français, par contre elle inspire les ouvriers russes et les bolcheviks 50 ans plus tôt. J'ai esquissé plusieurs explications sur la situation des pays vainqueurs et vaincus. Les désordres sociaux apparaissent en général dans les pays vaincus. Les USA et la GB sont victorieux et enrichis, pas de problème de prolétariat. L'Allemagne et l'Italie ont été suffisamment humiliées par l'élimination de leurs dictatures propres ; l'armée américaine encadre longtemps la population allemande, en Italie la « défaite physique » est relative, dès 1969 c'est un 68 italien qui éclate qui aurait pu aussi bien avoir lieu sans le mai français. La France n'est ni pays vainqueur ni pays vaincu mais dirigée par un régime autocratique moins apte à faire face à une lutte de classe réveillée... où le pouvoir méprise les syndicats comme son principal opposant le PCF. Et je le répète la guerre d'Algérie a aussi épuisé l'économie et démasqué en partie les nationalistes staliniens...

D'autres questions seront évoquées, par un jeune élément membre du parti des insoumis, déplorant l'ignorance politique des jeunes en général, mais oubliant la sienne, et, malgré la dénonciation du syndicalisme pourri et exécuteur de 68 par la plupart des intervenants se demandait comment créer un syndicat dans sa boite. Un élément très âgé fît un certain nombre de remarques intéressantes sur l'importance primordiale, mais occultée, des actions ouvrières dans les années 1950 et 1960. Plusieurs fois on revint sur les comparaisons entre 36 et 683.
Un camarade proche du CCI insista sur les attaques contre le secteur tertiaire (transport, nationalisations, etc.) menées par l'Etat qui vont conduire en effet, comme je l'avais rappelé, à une classe ouvrière classique, sans réserve, sans crédit, sans bagnole, et où la violence sera malheureusement sera la seule réponse possible préalablement avant l'organisation d'assemblées, de comtés, de conseils où la réflexion de classe ne peut que s'épanouir sans avoir à obéir à des « Etats majors » syndicaux et politicards. L'affaiblissement de la classe ouvrière depuis deux ou trois décennies a aussi entraîné un affaiblissement des minorités révolutionnaires maximalistes comme je l'ai fait remarquer, et notamment la disparition du CCI en région parisienne4.

Enfin, car je ne peux évoquer toutes les questions posées, il faut relever celle de Galar : « 68 était-ce le début ou la fin de quelque chose ? ». Je ne développerai pas ici, mais la table de la réunion me laissa répondre et ne désapprouva pas : c'est la fin d'une aliénation de la classe aux idéologies de la contre révolution mais l'ouverture à des décennies d'expérience avec des hauts et des bas, où l'on n'a pas encore la réponse à la fin de l'histoire. Mais vaste débat qui se poursuit.
De même la force d'un mouvement dépend de revendications unificatrices, ce qui n'existe pas pour le bashing SNCF en ce moment ; en 17 c'est la paix et la journée de 8 heures ; en 68 les 40 heures et le salaire minimum.

Commencé par surprise mai 68 est bouclé par l'institutionnalisation du flicage syndical : un syndicat est nécessaire à partir de 50 ouvriers. La reconnaissance du pouvoir syndical dans l'entreprise a pour but de pacifier la lutte de classe comme en conviennent les managers eux-mêmes: "Nous passons lentement d'une culture de la séquestration, de la grève générale, à un syndicalisme de compromis, vers la recherche de l'accord" (Bernard Vivier, institut supérieur du travail).
Les 35% d'augmentation du SMIC sont rapidement bouffés par l'inflation contrairement aux vantardises des deux bonzes staliniens retraités de Renault et très âgés, preuve que les permanents ne se fatiguent pas trop. Les accords de Grenelle ne sont pas signés comme le remarquait (pour dédouaner les syndicrates?) un participant à la réunion, mais il n'y avait pas besoin de les signer les bonzes avait donné tout leur accord pour faire reprendre le travail avec ce contrat de dupes.


NOTES

1Au lendemain du concert où étaient présents 200.000 teenagers (bagarres avec la police, voitures renversées), Morin publie un article qui consacre le terme yéyé, génération yéyé classe d'âge ; il n'analyse aucunement les raisons soudaines de s'amuser et de contester l'ordre établi, au niveau d'abord du comportement vestimentaire et des goûts musicaux, comme une réponse à la misère des années 1950 et à la guerre coloniale enfin terminée et qui bridait la vie sociale. Cette « irruption de la jeunesse », surtout ouvrière d'ailleurs (le rock et le twist sont d'abord des danses « populaires ») dépasse les frontières, et n'obéit pas à des « déterminations nationales ou économiques particulières ». C'est un mensonge de dire qu'elle homogénéise les classes sociales avec des goûts musicaux communs. Les meilleurs chanteurs ou groupes de rock sont présentés comme des « working class heroes », dont beaucoup travaillaient en usine avant de jouer de la guitare. Des actualités d'époque montrent des parties de manifestations d'ouvriers assez ridicules avec la pencarte « Pompidou des sous » ; un mouvement d'ampleur comme celui de mai ne peut être réduit ni ridiculisé à cette focale « ouvriériste » d'ouvriers présumés tout juste capables de réclamer « de sous », c'est toute l'organisation du travail qui est mise en cause et donc une lutte pour une autre vie. Morin n'est qu'un pipole caméléon de toutes les époques, capable des compromis avec les pires crapules comme dernièrement avec Tariq Ramadan.

2Marchais n'a donc pas dit l'anarchiste « juif allemand », ce sont les gauchistes rieurs qui on aggravé son cas en ajoutant le mot juif, car du côté de l'extrême droite il était notoire qu'on râlait contre le fait que DCB était juif tout comme la plupart des dirigeants de la jeune LCR. On ne savait pas encore que Marchais était « tenu » par l'appareil pour sa collaboration au STO, chose que j'ai eu l'occasion de reprocher à sa première femme qui me répondit à l'époque : « mais monsieur nous n'avions pas de travail en France et nous avions faim » ; piètre argument, mon père aussi privé de travail, avait préféré rejoindre le maquis et aider les juifs persécutés.
3J'ai rappelé que le contrôle syndical et stalinien était bien moins fort en 68 qu'en 36, à preuve les nombreuses séquestrations de patrons qui n'auraient pas été possibles au temps du légalitaire « front popu », mais qui sont typiques pourtant d'oeillères anarco-syndicalistes, suivont Xavier Vigna qui étoffent les différences  dans son interview à l'Obs :
« L'innovation des grévistes par rapport à ceux de 36, c'est la séquestration fréquente de membres de leurs directions. Les ouvriers de Sud-Aviation à Nantes, la première usine française à être occupée, le 14 mai, décident aussitôt de retenir dans l'usine le directeur et cinq de ses collaborateurs, ceux-ci ne sortiront qu'au bout de quinze jours ! Dès le lendemain, lorsque les métallurgistes de l'usine Renault de Cléon débrayent à leur tour, ils recourent aux mêmes moyens d'action. La séquestration se diffuse et constitue, notamment dans l'agglomération rouennaise et l'Aisne, le corollaire de l'occupation dans les tout premiers jours du mouvement. Le 2 juin encore, au terme d'une poursuite en voiture, des syndicalistes de l'équipementier automobile Ducellier enlèvent quatre cadres pour les conduire dans des usines aux confins de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme et les obliger à négocier (…) Les occupations favorisent aussi une intense prise de parole et encourageant les revendications (…) Mais les cahiers de revendication, surtout s'ils sont rédigés à la faveur des occupations, traduisent une colère ouvrière et des aspirations bien plus vastes. Au-delà de l'âge du départ en retraite (quand ils partent à 65 ans, ils n'ont guère le temps d'en profiter) les ouvriers dénoncent les chronométrages, les cadences, les conditions de travail ou le système de salaire. Ailleurs, c'est la maîtrise et son rôle de garde-chiourme qui cristallise l'hostilité. De fait, les ouvriers ouvrent en 68 la boite de Pandore avec une dénonciation tantôt larvée, tantôt ouverte, à la fois de la brutalité des relations sociales et de l'usine rationalisée (…) la dimension politique de la contestation gagne les usines où l'on peut discuter non seulement de la stratégie gouvernementale ou des combines électorales mais aussi de la nationalisation des entreprises, de l'organisation politique même, voire d'une transformation de la Constitution et d'une refondation démocratique. Ce processus de politisation, aussi réel qu'inégal, est inséparable des circulations géographiques et sociales et des échanges politiques qui en découlent. En effet, les usines attirent les groupes d'étudiants désireux de connaître la condition ouvrière et de prolonger la contestation en un mouvement révolutionnaire. Ces rencontres et ces discussions, inaugurées dès le 14 mai au soir à Sud-Aviation, sont importantes en région parisienne et conduisent le 6 juin à Flins, où se trouve une usine Renault, à une sorte de jonction entre étudiants et ouvriers, contre l'intervention des forces de l'ordre. Inversement, des travailleurs, dans la jeune génération notamment, se rendent dans les universités pour porter témoignage des grèves, y prendre le pouls de la contestation et échapper ainsi à la tutelle des organisations syndicales, la CGT étant particulièrement opposée à ces rencontres entre étudiants et ouvriers.
Cette réflexion politique interroge d'ailleurs le principe même de la représentation syndicale. Les syndicats jouent un rôle déterminant dans les grèves : les délégués impulsent souvent le mouvement, organisent la grève et l'occupation, distribuent les rôles comme les bons d'essence. Cette mainmise syndicale s'explique parfois par une désertion des ouvriers : certains fuient l'usine parce qu'ils ne la supportent pas, même occupée, d'autres prennent des vacances ; les ouvriers -paysans profitent parfois de la grève pour travailler sur leurs exploitations. Mais quelques ouvriers reprochent aux syndicats de rester dans le cadre traditionnel – celui d'un mouvement revendicatif qui s'efface devant le politique – de trop canaliser la colère, laissant ainsi échapper une occasion révolutionnaire. Cette critique favorise la naissance d'organisations ouvrières non syndicales, comités d'action ou de base, qu'on retrouvera fréquemment par la suite ».

4RI/CCI reste un produit de 68, tout en étant la filiation d'Internationalisme de 1950, mais même si son influence comme courant politique est moindre que par exemple dans les années 1980, il reste
une référence. J'ai donné l'information suivante à la RP concernant l'abandon par Macron d'une célébration officielle du mai 68 (Cohn-Bendit a été lui choyé lui pour réaliser un film puant qui est passé à la télé). Cohn Bendit flic ! Initialement, Kristin Ross, historienne et enseignante américaine avait été contactée pour animer la fête officielle (source Nouvel Obs) ; or il faut savoir que son ouvrage « Mai 68 et ses vies ultérieures » reprenait ma thèse dans mon livre de 1988 (Mai 68 et la question de la révolution) qui n'est autre que la thèse de classe du CCI. Mais la dame a viré de bord elle s'est éprise d'amour pour les bourgeois bohèmes zadistes et a opposé une fin de non recevoir aux émissaires de Macron dont la question était : « L'éventuelle pénurie d'utopies qui en a peut-être résulté ». La question était vraiment putain, et ils n'ont pas osé non plus la poser au CCI actuel. Dont acte.

vendredi 25 mai 2018

VERS UN GOUVERNEMENT LE PEN-BESANCENOT

"Là-bas un ciel gigantesque, qui tous les jours est autre - des arbres, des forêts, des tas de fumiers à revigorer nos flairs... du meuh! meuh!et du cocorico! Ici un monde barricadé et, à l'intérieur, cette race humaine qui sautille, grouille et paraît vouée aux gesticulations et aux grincements de dents"
Oscar Panizza (Journal d'un chien)



La mode est de plus en plus aux novices en politique car ils sont, paraît-il, anti-système. On a pu juger ainsi sereinement de l'anticapitalisme du jeune révolutionnaire Macron mais aussi d'un vieux barbon américain, plutôt ado versatile dans son comportement. L'expérience désastreuse du gouvernement révolutionnaire Edouard Philippe ayant fait long feu après avoir été renversé par une monumentale et inégalée « vague populaire » d'un samedi populiste, coagulant tous les mécontentements des catégories socio-professionnelles et socio-étudiantes, c'est tout naturellement que, bien que contrit et aussi obséquieux qu'il l'avait été avec le dictateur Poutine, le président de la République a appelé au téléphone Olivier le rouge et Marion Maréchal la blonde. En effet, si notre civilisation peut encore être sauvée, c'est la salutaire réaction qualifiée de populisme qui la sauvera. M. Besancenot devrait être nommé Premier ministre. Ce premier ministre devra évidemment mettre de l'eau dans son vin et renoncer à une partie de son programme de nationalisations et d'ouverture à toute l'immigration du monde.. C'est l'usage. Aucun politicien ne tient toutes ses promesses.

Si la perspective de ce nouveau gouvernement « Frankenstein » a pu choquer les âmes des antifas sensibles et les antiracistes de Médiapart, il n'en reste pas moins que cette nouvelle combinaison politique se calquait sur l'expérience italienne où la formation d’un gouvernement par la Ligue (ne pas confondre avec la LCR ou le NPA) et le Mouvement 5 étoiles (M5S) était déjà symptomatique du « moment » trotskiste que nous vivons depuis plus d’une dizaine années. Cette alliance inédite en Europe occidentale illustre la confluence des revendications populistes et populaires autour de la critique des élites et de l’Union européenne, sur fond de crise des partis traditionnels. On avait très vite compris que l’axe populiste transalpin allait être le nouveau modèle dominant en Europe, vérifiant ce que tant de sectes ultra-gauches avaient prédit depuis des années, et sans recourir à la thèse complotiste, les extrèmes se combattent mais s'aiment au fond.

Tout d’abord parce que le trotskisme reste un phénomène trop hétérogène. En tant qu’idéologie, le trotskysme version NPA se révèle relativement pauvre. Il lui faut impérativement s’adosser à des idéologies plus « épaisses » qui vont lui donner sa substance et l’aider à formuler un projet politique complet : la défense ringarde des nationalisations et du service public en est la marmelade électoraliste adéquate, et qu'il partage totalement avec Mme Marion-Maréchal, qui, pour entrer au gouvernement au poste numéro deux s'est engagée auprès du NPA à supprimer le nom infamant de son grand-père pour rassurer tous les actionnaires antiracistes et antifas.

Sous l’impulsion du futur ministre de l'Intérieur, M. Mélanchon, le NPA s’était fortement rapproché de la défense des entreprises nationales dont le Front national demeurait le prototype, jusqu'à ce qu'il soit remplacé dans le cœur des électeurs fachos par le PUA, le nouveau parti universitaire anonyme de Mme Marion Maréchal. Nous y voilà ! Ce populisme trotskiste et identitaire national représente un phénomène structurel des sociétés politiques européennes depuis le milieu des années 1980. Il s’appuie paradoxalement sur le patriotisme et contribue à la fixette dominante sur les enjeux culturels liés à l’immigration et à l’Islam, rejetant le « cosmopolitisme » des élites, sur fond de « préférence nationale », immigrée à l'embauche pour le NPA, et bien de chez nous pour le PUA.

Contrairement à ce que clame Alain Krivine, retraité et vieux dirigeant de la LCR (Ligue communiste révolue), possible nouveau président de l'assemblée nationale, et principal partenaire du sénateur Philippe Poutou, le « contrat pour un gouvernement de changement », dont Le Monde publie des extraits, n’a rien de la précision ni de la cohérence du contrat de coalition âprement négocié par le nouveau parti de Marion et le vieux nouveau parti de Besancenot. Les électeurs français qui attendaient un projet cohérent et articulé seront déçus : ils ont droit, avec ce document, à une compilation des mesures mises en avant par chacun des deux partis et que chacun revendique comme les siennes, les uns veulent stopper l'immigration massive quand les autres veulent continuer à la favoriser.
C’est un texte qu’il ne faudrait surtout pas prendre à la légère. Le « contrat pour un gouvernement de changement » présenté lundi 21 mai, au château de Versailles au président de la République bourbonienne, Emmanuel Macron, dont Le Monde publie ici de larges extraits, est le premier document produit par l’alliance entre le PUA de Marion et le NPA d'Olivier, les deux formations ayant obtenu à elles deux la majorité au soir des élections du 4 mars. Il est censé, pour ses auteurs, constituer la feuille de route du gouvernement. Or, dans sa forme comme dans le fond qu’il exprime, il constitue une profonde rupture dans la succession des fractions bourgeoises à la tête de l'Etat.

D’abord, il se veut un « contrat », autrement dit un texte contraignant entre les parties, donnant corps à la coalition. Présenté par le dirigeant du NPA, Besancenot, comme l’équivalent des très stricts contrats de coalition bolcheviques-mencheviques, il n’a en réalité pas grand-chose à voir avec ce genre de documents politiques marxistes. Il se borne, en une trentaine d’articles classés par ordre alphabétique et un préambule, à formuler des objectifs, rarement chiffrés, que les deux parties s’approprient, et s’engagent par leur signature à défendre ensemble.
Dans le détail, plutôt que de chercher des terrains d’entente, de poser noir sur blanc les éléments d’un compromis, forcément douloureux, la logique a plutôt été de superposer les revendications. Aussi la leader du PUA, Marion Maréchal LP, a-t-elle raison de dire que « 90 % du programme du FN y est ». Le problème est que Olivier Besancenot (NPA), dont les vues sur de nombreux sujets sont très différentes, peut assurer la même chose à sa base…

Le résultat est un curieux patchwork sans véritable cohérence idéologique. Il se fait dangereusement précis pour définir les contours d’un tour de vis sécuritaire sans précédent, mais reste parfois allusif sur certains sujets explosifs (la fin de l'immigration sauvage et le soutien à Maduro et aux black bloks). A court terme, l’alliance est très populaire à la fois dans les banlieues arabes où nombre de candidates trotskistes sont arrivées en tête (voilées) et à Hénin Beaumont où les beaufs sont persuadés que Marion va tenir en otage le Premier ministre Besancenot. Les Hidalgo, Hollande et autres Pécresse sont encore dans une posture de sidération plus que de combat, si bien que Marion comme Olivier n’ont rien à craindre. De plus, ils ont trop risqué, l’un et l’autre, auprès de leur base pour chercher à faire tout de suite marche arrière.
Mais quand les difficultés surgiront - et cela peut être une affaire de semaines -, alors on verra jusqu’où va la solidarité qu’ils affichent. En effet la Ligue communiste, pardon le NPA, et le PUA sont porteurs de trop de contradictions, leurs électorats ont des aspirations trop différentes pour que l’attelage dure plus que Pépin le bref.

Là est toute la difficulté, il n’y a pas de position exacte. Olivier Besancenot, qui venait de présenter son dernier livre sur BFM – La révolution permanente avec Marion - n’a cessé ces derniers mois d’affirmer que le NPA voulait rester dans l’Europe, et continue à tenir un discours presque raisonnable. Marion Maréchal, en revanche, semble rechercher l’affrontement. L’hypothèse d’un mécanisme de sortie de l’euro figurait dans la première version du “contrat de gouvernement” ayant circulé dans la presse. Puis elle a disparu, sans aucune explication. Bref, difficile d’y voir clair avec ces deux extrèmes.

La curiosité de l’affaire, c’est que les “vrais” néofascistes, héritiers du FN de Jean-Marie Le Pen, aujourd’hui dirigés par Eric Zemmour, restent hors de l’alliance, et hurlent à la trahison. Les groupuscules d’extrême droite identitaires, en revanche, soutiennent le mouvement. Le PUA de Marion, par son histoire récente et universitaire, est complètement étrangère aux mythologies du fascisme, d’abord parce que ce n’est pas, à l’origine, un parti nationaliste, mais une affaire de famille (Marine désapprouvait la coloration de cheveux de Marine) Même si Marion Marchal est la femme du virage “national-trotskiste”, parler de néo-fascisme me paraît encore excessif. Quant au NPA, il échappe à toutes les classifications. L’étiquette de “néo-trotskiste”, comme toutes les autres d’ailleurs, ne lui convient pas, néo-stalinien conviendrait mieux depuis qu'il s'est transformé en principal parti suiviste des manœuvres des syndicats d'Etat pour faire croire que les travailleurs mènent leurs luttes et décident; il est d'ailleurs question de faire nommer un certain Pierre Laurent, sous-secrétaire d'Etat à la préservation du service public, et Ruffin, secrétaire d'Etat auprès de l'industrie du spectacle.

Ce nouveau gouvernement va-t-il prendre des mesures contre les migrants?

- C’est un des rares sujets sur lesquels ils sont sur la même longueur d’onde, et le plus “facile” à mettre en oeuvre immédiatement. Un tour de vis antimigrants est à attendre dans les prochaines semaines sur la côte d'azur, en revanche le conseil des ministres du NPA a obtenu qu'on les laisse entrer par la Belgique. Autre avantage pour le PUA et le NPA : ils pourront sans danger mettre en avant leurs succès, vu que le flux d’arrivées s’est déjà en grande partie tari, depuis l’été 2017, après les accords très controversés conclus entre les gouvernements Sarkozy et Hollande et divers acteurs locaux libyens. En clair : l’actuel ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a parfaitement préparé le terrain au PUA de Marion Maréchal nous voilà..
Le gouvernement n'a pas encore été nommé. Mais le NPA et le PUA se battent pour obtenir les postes-clés, et que des inquiétudes s'élèvent en Europe élargie. La seule chose dont les fachos hongrois ou polonais pourraient éventuellement s’inquiéter, c’est que le NPA exige de chaque pays européen qu’il accueille sa part des centaines de milliers de migrants qui sont aujourd'hui sur le sol français. Et de ça, ils n’auraient aucune raison de se réjouir, Marion Maréchal si.

Voilà donc une semaine, il n’était qu’un illustre bateleur secondaire invité régulièrement sur les plateaux de télé. Même l’imagination prodigue des scénaristes de l’âge d’or des studios Billancourt n’aurait pu anticiper que ce très lisse trotskien né le 18 avril 1974 à Levallois-Perret, gouailleur et bien dans sa peau, puisse devenir le nouvel homme fort de la scène politique française. Mais Olivier Besancenot a bien été nommé premier ministre, au terme d’un feuilleton politique qui durait depuis les troubles insurrectionnels générés par l'imposante vague populiste du 26 mai 2018, marquée pourtant par la vente de 15 numéros de Révolution Internationale par ses militants venus spécialement de province.
Enfant du sud de l’Italie, Giuseppe Conte est né le 8 août 1964 à Volturara Appula, un petit village de cinq cents âmes niché dans la campagne des Pouilles. Fils d’un fonctionnaire de la mairie et d’une institutrice, l’homme est le premier chef de gouvernement originaire du sud de l’Italie depuis près de trente ans. « C’est quelqu’un qui vient de la périphérie de ce pays (...), qui s’est fait tout seul, un dur », assure le leader du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, à son sujet.

En savoir plus sur https://www.lemonde.fr/international/article/2018/05/23/france-olivier-Besancenot-un-novice-a-la-tete-du-gouvernement_5303542_3210.html#HIOMKGBguevaraVj.99

Olivier Besancenot affiche d’ailleurs un parcours militant exemplaire. Fils de bobos, il passe sa licence puis décide de devenir « établi », comme des petits bourgeois maoïstes qui croyaient ainsi se fondre dans la classe ouvrière et en prendre la tête. A l'âge de 14 ans, il se laisse embrigader dans l'association gouvernementale SOS Racisme ; il intègre donc les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) qui ont toujours appelé à voter pour le bourgeois Mitterrand et soutenu toutes les magouilles des syndicats d'Etat. En 1991, il adhère à la LCR, et intègre le bureau national sept ans plus tard après de brillantes études anti-marxistes sous la direction des professeurs révisionnistes Ben Saïd et Mikael Löwy.
Il suit ensuite un parcours international d’exception – il serre la main de tous les dictateurs sud-américains –, se spécialisant dans le discours syndicaliste oecuménique, qu’il a enseigné dans les PTT. Jusqu’à récemment encore, il était d’ailleurs guichetier à Levallois-Perret, à la poste du 16e arrondissement (preuve déjà de sa collusion avec la haute bourgeoisie), tout en exerçant le rôle d'attaché parlementaire du vieux député Alain Krivine. Ses collègues postiers, interrogés par la presse catalane, le décrivaient comme un syndicaliste « appliqué, passionné, à l’écoute et discret ».

Dans un document secret on lit que l'homme est m
embre de Sud-PTT depuis 1997, il est attaché parlementaire d'Alain Krivine au Parlement européen entre 1999 et 2000. Alain Krivine, doté de 5000 euros pour payer des attachés parlementaires, lui en verse la moitié, soit 2500 euros. Olivier Besancenot reverse la moitié de son salaire à son parti, et il lui reste donc un revenu d'environ 1250 euros. Il reprend ensuite son travail à La Poste (il déclare gagner environ 1000 euros). Avant d'accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat, il suivait les cours de l'université libre balbynienne du critique littéraire Patrick Ramseyer, membre historique de la LCR, université crypto-stalinienne.
Mais même ce seul document a provoqué la polémique. Passé au crible par des journalistes avides d’en savoir plus à propos de ce candidat inattendu, le New York Times, qui décrit l’intéressé comme « porté sur le football et le cannabis », affirmait que l’université néo-stalinienne, dont le futur premier ministre prétendait avoir suivi des cours d’été, au lieu d'aller à la fête de LO, n’avait pas trace de lui dans ses archives. Dans les heures qui suivent parviennent d’autres démentis, de la poste de Malakoff, du bureau CGT de la SNCF, des Explorateurs en lendemains de Trifouillis les oies . Poursuivant la lecture de son CV, on apprend que le demi-trotskiste aurait été désigné comme expert au sein d’un conseil culturel de BFM, qui n’existe tout simplement pas.
Un élément biographique troublant qui apparaît parfaitement en ligne avec les conceptions anti-marxistes du NPA, proche depuis des années des mouvements « black blocks» et de tout ce qui bouge, par conséquent opposés à toute réflexion sérieuse sur comment et pourquoi renverser le capitalisme. En résumé, c'est un bureaucrate jamais élu, proche du Vatican stalinien comme son maître Krivine qui enterre un peu plus chaque jour mai 68 en copulant avec les vieux potes à Marchais.
Réagissant à chaud à l’accumulation de ces accusations, la cheffe politique du PUA, Marion Maréchal, a pris la défense d'Olivier Besancenot : « Ils ne savent plus quoi inventer », a-t-elle rétorqué. C’est que Marion Maréchal, bien que quinze ans de moins, proche du leader du sexy Olivier, semble être la seule personnalité à avoir obtenu l’assentiment des machos du NPA, tout en acceptant d’occuper un poste dont la plupart des prérogatives ont été rognées, se contentant d’appliquer un programme à la conception duquel elle n’a pas été associée.
Comment expliquer, dès lors, que Olivier Besancenot entre en politique par la grande porte du Château de Versailles? Par le passé, le faux postier a dit avoir eu « plutôt le cœur chez les anars », mais était toujours resté loin de la politique, se contentant du syndicalisme suiviste.
Jamais élu, il est l’un de ces bureaucrates pourtant tant décriés par les deux formations politiques populistes. Ce n’est d’ailleurs que pour les élections soixantehuitardes qu’il avait fait campagne pour le mariage avec Marion, s’impliquant tant qu’il avait été présenté comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » la fonction publique et de protéger le service public national.

« Une force politique doit être capable d’élaborer un programme utile pour les usagers», confiait récemment Olivier Besancenot sur LCI, se disant séduit par le côté pragmatique universitaire de Marion-Maréchal :
« Aujourd’hui, je pense que les schémas idéologiques des années 1917 et 1968 ne sont plus pertinents. Je crois qu’il est plus important d’évaluer le travail d’une force politique sur son positionnement par rapport aux droits et aux libertés fondamentales des citoyens et des usagers. »
Selon le quotidien britannique The Guardian, c'est plutôt Philippe Poutou qui a d’ailleurs été le « cerveau » à l’origine de la proposition du parti antisystème d’abolir quatre cents lois jugées « inutiles », pour alléger une administration estimée aussi tentaculaire que sclérosante ; sans doute réminiscences de son passé plus marxiste à LO.
Nul doute, en tout cas, que le choix de cet homme, que la presse italienne dit « proche du Vatican stalinien et disciple de Ben Saïd» (un moine trotskiste mystique mort en 2010 et canonisé en 2018) fera débat. Parviendra-t-il à affirmer un « style Besancenot», malgré son profil de bureaucrate, ou sera-t-il « l’otage technique des partis », s’interroge Lutte Ouvrière.

 Si en effet je deviens premier ministre, ce sera un défi, une nouvelle aventure », a dit Olivier Besancenot à ses proches ces derniers jours, selon la presse castriste. « Chaque réussite commence avec la décision d’essayer », a-t-il d’ailleurs choisi comme phrase de profil sur son compte WhatsApp, paraphrasant John F. Trotsky.

Gage d’un caractère peut-être plus trempé que ce qu’on lui prête, le journal semestriel Révolution Internationale rapportait, lundi 21 mai, des propos tenus auprès de ses proches, affirmant qu’« il faut un certain degré d’autonomie pour conduire sérieusement un exécutif ». Ce père d’un enfant de quinze ans, avec lequel il partage sa passion pour le football, expliquait encore n’avoir « pas peur d’assumer les fonctions qu’on [lui] confierait ». Une assertion qui n’empêche pas le plus lu des journaux pipoles de craindre, à son tour, la naissance d’une « marionnette » agitée en coulisses par les deux chefs de file populistes, façon Krivine et Marion-Maréchal. En revanche, il n’est pas partisan d’une flexibilité accrue en matière budgétaire. « La France a déjà bénéficié de toutes les flexibilités existantes », répond Philippe Poutou au Figaro, se montrant compréhensif vis-à-vis de « la frustration des usagers par rapport au bordel SNCF».

Au populisme d’exclusion à la Maréchal me voilà s’oppose une forme sociale libertaire du trotsko-zadisme, ancrée, elle, à gauche du spectre politique décomposé. Inspiré notamment des expériences latino-américaines, ce populisme trotskien s’est développé plus récemment en Europe, sous l’effet de la crise financière de 2008. Il opère principalement avec des pétards de carnaval et des pneus brûlés pour faire de la pub aux appareils syndicaux avec le projet radical s'en prendre aux riches.
Le PUA a progressivement évolué vers ce second modèle de populisme social-libertaire, que l’on retrouve chez les mélenchoniens et tous les veufs/veuves du stalinisme.

D’où la tentation d’externaliser le problème en s’affranchissant de tout soutien aux colons d'Israël et au foldingue Trump. Ainsi, une coalition entre le PUA et le NPA, surnommée ‘Frankenstein’ dans les médias français, pourrait décider de piller les banques en exigeant la démission de tous les nababs de l'industrie.Ni la Banque Centrale Européenne, ni la Commission ne pourraient fermer les yeux. Mais que pourraient-ils vraiment faire ? Punir la France, qui a encore plus souffert que l'Italie de la crise de la zone euro ? Le risque politique serait tel qu’une coalition gaucho-facho pourrait faire le pari – à tort ou à raison – qu’au-delà des gesticulations, on se hâterait de ne rien faire à Bruxelles ou Berlin.



Le grand oublié des commémorations hypocrites et menteuses de mai 68, sa principale vedette finalement, et qui n'avait pas vraiment tort...