"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 15 décembre 2016

INTER-IMPERIALISME : OMBRES ET LUMIERES SUR LA SAGA DU MASSACRE D'ALEP PAR LES PERROQUETS FRANCAIS


Attention figurants!
On a eu une idée de l'objectivité et de la servilité du quai d'Orsay via l'émission de la 5 qu'il a évidemment patronnée sur l'Arabie Saoudite avant hier : grandes généralités sur les femmes sans permis de conduire (il y a pire....), l'absence des « droits de l'homme », ce vieux cliché de coucou diplomatique, ronds de jambe puant sur un si considérable « client commercial » et exhibitions de gentillets contestataires de cour, mais rien sur le grand retournement impérialiste en cours avec l'axe Poutine-Assad-Erdogan et l'axe Iran-Chine. L'Occident aurait perdu son « honneur ». Quel honneur ? Quelle horreur oui !

Après l'enfant syrien mort sur une plage, voici l'image d'une petite fille marchant au milieu de cadavres. Pur montage. Il ne s’agit pourtant pas d’une image prise à Alep ces derniers jours, témoigne hypocritement un journal gauchiste à grand tirage (Le Monde), mais d’une image tirée du tournage d’un clip de la chanteuse libanaise Hiba Tawaji en 2014. Des articles d’alors sur la chanson Al Rabih Al Arabi contiennent l’image en question. La « petite fille qui court » apparaît en outre dans le clip en question. Preuve que la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre, commence par dire le décodeur de service. Rapportant « objectivement » dans sa rubrique « décodeurs » (un décodeur peut en cacher un autre) l'immonde prend soin évidemment avec cette rubrique de larbins "décodeurs ", de bien rappeler leur camp, celui des infaux du camp américano-saoudien et Goldman&Sachs, et la plupart de ceux qui restent rétifs au bourrage de crâne occidentalo-impérialiste voient la réponse de l'élite des perroquets bourgeois français ainsi s'étaler: si une info ne plaît pas aux "progressistes" ils utilisent des mots disqualifiants: « conspirationnisme », « poutinophilie », « théorie du complot ». Pensez : si vous réfléchissez à la soupe idéologique dont on vous abreuve, vous êtes forcément un idiot conspirationniste ! C'est la réaction normale de l'oligarchie affolée que les prolétaires refusent de choisir un des camps impérialistes! Hier vous étiez anti-patriote, puis fasciste brun ou rouge, puis hitléro-trotskiste, puis islamophiliste ou islamophobe...

LES LECONS DE MORALE DU MONDE

Protester contre « les massacres », tout le monde sait le faire, des gauchistes au président de la République, à croire que cette litanie pourrait servir d'explication et d'excuse à l'hypocrisie universelle, tout Le Monde des associés gauchistes bourgeois en tête bien sûr. Les gauchistes traditionnels LO et NPA, s'ils affichent une position plutôt classiquement internationaliste contre la guerre des brigands impérialistes, ne font que se fondre dans la masse des pleurnicheries sur les « massacres » (LO prédit de futurs Alep en Europe, et le NPA veut « faire vivre la solidarité internationale des opprimés » en promettant l'ouverture totale des frontières françaises aux migrants de la terre entière), désireux mais seulement dans le virtuel être une Croix rouge bis pour les « immigrés de guerre »- aux côtés de leurs potes du trust allemand Greenpeace et autres « lanceurs d'alerte » - mais ils sont incapables d'une réelle analyse politique géo-stratégique, sans parler du milieu de la Gauche communiste maximaliste quasi inexistant et incapable de prendre position rapidement à chaque étape de la guerre impérialiste1.
Les sergents recruteurs du Monde, plumitifs et primitifs gauchistes parvenus expliquent comment faire : « Comment aider les Syriens en étant en France ? Manifester, faire un don d’argent ou devenir bénévole sont des moyens de soutenir une population et un pays en plein désastre ». Le Monde d'avant le crétin Plenel n'aurait jamais osé appeler ses lecteurs des beaux quartiers à ce genre de « prise de position » bénévole, mondialiste quoique au service de l'impérialisme occidental. Le Monde c'est désormais le journal militant à bobos, consternant pour les gogos qui le lisent. Montrant l'exemple des « réseaux sociaux qui se mobilisent », nouvelle forme de collaboration rapprochée avec les perroquets de l'impérialisme franco-occidental, et se doivent de manifester « silencieusement » en pleine « mobilisation citoyenne ». Nouvelle « croix rose », Le Monde militant, sincère partisan occidental, fait appel aux dons pour les armées « humanitaires ». De plus les plumitifs du Monde s'engagent à héberger un syrien et sa famille dans leurs résidences secondaires, ce qui est un bon exemple pour tous les sans-abris français. Le journal gauchiste bourgeois se déchaîne pour rallier la population derrière le général Hollande, titrant dans la foulée le même jour : « indignation à gauche, indifférence à droite ». Le Monde avait recruté du « beau monde » :

« Alep crève, mobilisons-nous ! » ont crié en une du journal gauchiste du Quai d'Orsay, il y a deux jours à peine, fifils Glucksmann (de l'ex-ancien philosophe démocrato-mao-décédo) et monsieur 1% écolo Yannick Jadot ; nouveaux Déroulède à la masse nos deux nigauds ont pointé du doigt responsables et complices : « Poutine et Al-Assad sont des « terroristes » et ceux qui les soutiennent en France sont leurs complices » ! Quoique ne dédouanant ni les crimes des Assad et Poutine, ni la fraction bourgeoise avec Fillon qui s'apprête pour le retournement d'alliance impérialiste, nous restons consternés par l'accusation de « crimes de guerre » pour un seul camp des saigneurs de guerre !

Une figurine de télévision en jupe pleura à chaudes larmes face aux « crimes de guerre » contre lesquels personne ne fait rien. Nos nouveaux philosophes au service de l'Arabie Saoudite et de Goldman & Sachs, eurent des trémolos dans le texte – on les croirait carrément embusqués sous les gravats de la rue Al Atrouche : « Après les bombardements massifs et indiscriminés de l’aviation de Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad, les milices du régime finissent le « travail » à l’arme blanche, rue par rue, maison par maison. Et la communauté internationale regarde, hébétée, inutile, incapable d’imposer un cessez-le-feu ou d’organiser l’évacuation des civils pris au piège. Alep crève. Comme Srebrenica et Grozny ont crevé avant elle. De la même manière, selon la méthode dite « tchétchène » que le maître du Kremlin assume, revendique et impose. La seule nouveauté dans cette tragédie, c’est la possibilité de suivre le calvaire des habitants jour après jour, heure après heure, sur Twitter et Facebook. « Ceci est mon dernier message, nous allons mourir. Que fait le monde ? » : les posts des activistes depuis lundi 12 décembre, en arabe ou en anglais, disent tous la même détresse, comme autant de bouteilles jetées dans une mer d’indifférence planétaire. Ils rendent notre inaction plus coupable encore ». Quel fatras patriotique et militariste de petits cons !
Au même moment, le la avait été donné par le New York Times: « Comment le monde a fermé les yeux sur l'horreur syrienne ».

Rien n'est expliqué ni éclairé sur les bandes armées qui sont nommées « rebelles au régime de Bachar El Assad ». Des anges blancs ? Non, des tueurs comme les sous-fifres de daech, bandes peuplées de conseillers militaires américains, russes, français, turcs, iraniens, etc. Une population prise en otage ? Oui mais par les diverses bandes armées, qui au service des Etats-Unis, qui au service de l'Iran, de la Russie, de la Turquie. Tout ce beau monde prend en otages des centaines de milliers de civils, s'en sert de bouclier et on nous hurle aux oreilles que « Poutine massacre » ! Bizarre non ?
Les incantations des petits jouisseurs du boulevard Saint Germain au service des intérêts de l'impérialisme américain et de ses petits perroquets de la bourgeoisie française ne sont d'aucune utilité pour les victimes civiles frontales ou colatéralles d'une guerre à proprement parler inter-impérialiste, ni surtout pour hausser la compréhension sur les enjeux derrière l'aspect « spectaculaire » du massacre ; dans le rempart de mensonge du déroulement des guerres, l'image des massacres n'est pas moins trompeuse, sous ses airs objectifs et partiaux, que les infaux ou les discours de morale des puissants et de leurs journaputes.

UNE AUTRE GUERRE DANS LA GUERRE

Guerre inter-impérialiste donc pour contrôler la région : la bourgeoisie américaine veut s'emparer de l'or noir de Mossoul. Jusque là les ambitions restaient relativement masquées, mais il est clair que les attentats en Turquie ont été téléguidés par la CIA, comme il est de plus en plus clair que la bourgeoisie US veut créer un Etat kurde et continuer à contrôler l'Ukraine pour freiner les ambitions russes ; Erdogan a été prévenu du coup d'Etat par Poutine, ce qui lui a permis de fuir et de sauver sa peau. Retournement d'alliance pour les impérialismes secondaires de fait dans une révision drastique des vieux accords Sykes-Picot2 ; on se souvient que la Turquie qui parrainait la « rébellion syrienne » avait accusé les milices chiites (soutenues par l'Iran) d'avoir saboté le couvre-feu, mais plénipotentiaires turs et iraniens sont invités à venir fêter Noël fin décembre à Moscou... : « Les négociations avec les Turcs « se sont avérées bien plus efficaces que les flâneries sans but auxquelles nous avons eu droit pendant des mois avec les Américains », a tenu à expliqué Sergueï Lavrov, le subtil ministre russe des affaires extérieures.

Pendant que guerre « syrienne » et négociations secrètes se poursuivent et donnent lieu à d'hystériques dénonciations de la part de chaque camp, le martyre et les exodes de civils pourront continuer, et il faudra masquer la nationalité des divers « conseillers militaires ». Et ci-après je ne peux que reprendre plusieurs réflexions de commentateurs anonymes.

Quant aux objecteurs qui veulent contrer l'hystérie à sens unique du camp américano-saoudien ils seront taxés de « complotistes », voire de négationnistes selon une « spécialiste » invitée par l'Immonde : « Symbole d’une débâcle sur un plan éthique – l’Europe et les Etats-Unis ayant, par leur désengagement, accordé de facto un blanc-seing au régime Assad et à ses alliés. Triomphe aussi sur le plan de la propagande et de la confusion. Au moment où les civils d’Alep-Est, massacrés à grande échelle par les pouvoirs de Damas et Moscou, tentent de fuir les bombardements aveugles, une narration d’inversion des réalités semble à certains égards l’emporter » (cf. La chute d'Alep serait la victoire de la propagande complotiste).
Ce qui est frappant pour la Syrie, c'est l'expression en continu de pseudo spécialistes le plus souvent inconnus . Dans leurs «analyses», les soi-disant experts tentent laborieusement d'asservir les faits, citant de façon sélective le déroulé des événements masqués, avec conclusions qu'on leur a dictées d'avance.
Des journalistes, chefs ou sous-chefs de « service politique », et des « universitaires » bien informés sont aussi incompétents à comprendre le déroulement de la guerre en cours. La lutte impérialiste c'est souvent « à qui perd gagne ». En n'intervenant pas massivement depuis une paire d'années pour écraser le « régime criminel » d'Assad (clan alaouite), l'impérialisme US semble laisser gagner Poutine et l'Iran, quand en réalité, derrière la focalisation aléatoire sur daech, il cherche à favoriser l'apparition d'un Etat kurde afin de mieux faire face à la Russie et à l'Iran, quitte à laisser tomber l'ancien allié turc (la CIA est derrière le PKK) ; et tous les arguments anti-génocidaires sont du pipeau. Le prochain remplacement d'Obama le faux gentil par le méchant Trump devrait réorienter l'impérialisme américain vers une collusion avec le russe – pas si paradoxale puisque le PDG d'Exxon Mobil nommé ministre travaille depuis longtemps avec les russes en mer du nord – face à d'autres géants – Inde et Chine – qui risquent d'être les prochains blocs impérialistes à affronter au cours de ce XXI ème siècle qui s'annonce si belliqueux.
Les diplomates français et leurs trouffions ne sont que des rigolos en face de ce grand retournement dont ils ne sont que les petits soldats et JP Filiu le bedeau.


NOTES

1Un petit cercle nommé « Bilan&Perspectives », en piètre hommage au premier livre du jeune Trotsky, s'imaginait en 2014 ou 2015, comme le dernier des spectateurs imbéciles, qu'il s'agit d'une guerre ethnique et choisissait plus ou moins le camp des Kurdes (pour des apparentés au bordiguisme, c'est la honte!) : « Guerre de classe ou guerre sectaire? C’est cette menace de guerre ethnique/sectaire qui annonce le danger pour le futur. Finalement malgré les différences entre le PKK et Daech, les ressemblances entre les deux sont ce qui les relient. Un vernis socialiste n’empêche pas une milice ethnique de jouer son rôle dans cette escalade du cycle d'un conflit ethnique et de la purification ethnique. Il est clair que dans cette lutte c’est Daech qui est l’agresseur et que le PKK défend son pré carré. Il est clair que, comparé à Daech, le PKK semble positivement progressiste. Mais rien de tout cela ne les empêche de jouer leur rôle dans l’intensification du conflit ethnique.Bien sûr nous avons de la sympathie pour les kurdes... ».
En septembre, un article du CCI « Alep, un nouveau crime du capitalisme contre l’humanité » , rame dans le choeur des « halte aux massacres » ; article long et touffu, qui ne voit pas le retournement d'alliances impérialistes et se conclut par cette bêtise comme soi-disant preuve d'une « alternative prolétarienne toujours vivante ». : « Le Printemps arabe a servi d’inspiration aux luttes dans les pays centraux, notamment au mouvement des Indignados en Espagne, mouvement qui a été plus loin en 2011 qu’Occupy et d’autres réactions similaires dans le monde pour poser de sérieuses questions sur le futur du capitalisme tout en s’interrogeant sur les moyens pour lutter contre lui. Mais ce ne fut qu’un aperçu du possible, un petit signe que, malgré l’avancée continue de la barbarie capitaliste, l’alternative prolétarienne est toujours vivante ». Le CCI ne sait pas que c'est le Qatar qui a financé les soi-disant « révolution arabes », et cherchant toujours un prolétariat éveillé, lui invente un substitut avec la décomposition des couches petites bourgeoises.

2La Première Guerre mondiale avait commencé pour le contrôle du charbon (de la Sarre) et la Seconde pour le pétrole, il n'est pas dit que la Troisième ne serait pas aussi concernée par l'or noir.

lundi 5 décembre 2016

ITALEXIT ? ENCORE UN EXIT !


Les têtes tombent en rafale : Cameron, Clinton, Sarkozy, Juppé, Hollande, Renzi...
Les fayots de chaque clan peuvent aller se rhabiller. J'ai une pensée pas très émue pour le grand ponte de la propagandastaffel Jean-Luc Hees qui s'était précipité pour pondre un pavé à la gloire de Mme Hillary Clinton, dans l'espoir que ce cirage de pompe l'introduise dans les petits dîners privés de la Maison blanche. Plouf, Trump lui a gâché son dessert, il pourra toujours fêter Noël avec son pote Philippe Val. Nombre de suce-boules des puissants déchus vont devoir se saouler de dépit.

Les infos 24X24 mentent, dès que le sujet ne concerne plus sa petite nation ou un pet de Le Pen, les journaputes directeurs politiques vont se coucher. Plus important que la victoire des politiciens écologiques en Autriche (au moins on ne pas plus nous emmerder avec la montée perpétuelle du fâchisme) la défaite du jeune politicien italien n'a intéressé personne ; un dérapage franchouillard plus grave que celui de la mère Royal les eût fait veiller toute la nuit.
Le Macron italien a sauté à son tour. Un sacré flambeur à la Montebourg ou Macron celui-là ! Plus menteur tu meurs.
Heureusement les gens ne votent jamais pour le contenu d'un référendum (quoique la réforme constitutionnelle n'était pas si mauvaise voulant nettoyer et alléger quelque peu la lourdeur bureaucratico-politique , quoique voulant générer un Parlement à la botte du gouvernement) pour pour ou contre l'individu qui en est le porteur. Le secret de l'apparente réussite de Renzi avait résidé, non pas dans des inventions de camionneur huppé à la Macron, mais dans la baisse du coût du pétrole et la généralisation d'emplois de merde sous-payés. A son actif voici ce qu'en dit Le Monde :
« À son actif, sur le plan économique, Matteo Renzi peut se targuer d'avoir mené une réforme du marché du travail qui a contribué à augmenter le nombre de contrats à durée indéterminée (CDI). Le taux de chômage est attendu à 11,5% pour 2016, selon les prévisions européennes, contre 11,9% en 2015 et 12,7% en 2014. Une réforme imposée aux syndicats et votée aux forceps au parlement. Selon la CGIL, principal syndicat italien, elle s'est faite au prix d'allègements de charges très coûteux, qui ne règlent rien au problème de fond du chômage. À noter en outre que les avantages fiscaux accordés aux entreprises (allégement des contributions sociales) pour favoriser de nouvelles embauches s'arrêteront à la fin de l'année ».

Ce ne sont pas seulement les partis de clowns et de mafiosos qui se sont réjouis de la baffe flanquée à l'arriviste pressé, mais une grande partie d'électeurs des couches paupérisées et par conséquent aussi de la classe ouvrière qui trouve là, indirectement, un moyen de signifier son hostilité aux gangsters politiques complices des banksters. Preuve de plus, comme en France, que les réformes sociétales qui accompagnent les tours de vis libérobanksters – union civile pour les homosexuels – n'abusent pas longtemps les masses ; le libéralisme sexuel n'étant qu'un minable cache-sexe des attaques incessantes contre la classe ouvrière.

Les marchés ne semblent pas avoir dramatisé et les commentateurs ont mis en sourdine la dramatisation face à la trouille de la chute de la maison européenne. Si Brexit et Trump ont confirmé un repli sur soi national, les élections italiennes confirment pourtant un « quant à soi », du même ordre, preuve que le capital « mondialisé » ne sait plus à quel saint se vouer, fût-il national ?

Pour ceux qui aiment les chiffres, une autre manière de voiler l'irresponsabilité de la bourgeoisie et ses petits traficotages pour masquer la crise et retarder la catastrophe annoncée, lisez ce pauvre Monde qui redoute l'effet domino :
« Le système bancaire italien concentre les inquiétudes. Plombés par plus de 350 milliards d’euros de créances douteuses, plusieurs établissements, tels Monte dei Paschi di Siena, cherchent à lever des capitaux frais pour se renforcer. « Mais les incertitudes politiques pourraient refroidir les investisseurs », note Francesco Saraceno, économiste à l’université romaine Luiss. (...)
S’ajoute à cela l’important stock de dette publique italienne, dépassant les 130 % du produit intérieur brut. Certes, il faudrait des mois avant que la remontée des taux ne se traduise par une hausse significative de la charge de la dette. « Mais cela limiterait un peu plus encore les marges de manœuvre budgétaire du gouvernement, déjà très contraintes », explique Raffaella Tenconi, chez Ada Economics.
Dans ces conditions, les inquiétudes pourraient contaminer le Portugal, dont les banques sont également très fragiles. Voire l’Espagne, puis la France ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : l’économie italienne sera la première victime de ces incertitudes. Report des investissements, gel des embauches, chute du moral des consommateurs… Les économistes d’Oxford Economics et d’IHS Global Insight estiment que la croissance de la Péninsule pourrait être amputée de 0,4 à 0,5 point de PIB en 2017, tombant à un maigre 0,4 % ».

Ce n'est pas simplement sur le terrain des luttes économiques que la classe ouvrière devra remettre en cause ce système en faillite, c'est par un projet politique alternatif de société autrement sérieux que les braillements des clowns Beppe Grillo et Mélenchon.

mercredi 30 novembre 2016

La députaille offre ses chrysanthèmes aux communards massacrés et enterrés

Oui LES DEPUTES BOURGEOIS Osent offrir des CHRYSANTHEMES puants aux communards assassinés par l'Etat du nain féroce Thiers!

« La tradition c'est la démocratie des morts » Chesterton

De quoi je me mêle ? Les héritiers du gouvernement du massacreur Thiers n'ont pas honte ? Ces souteneurs d'un gouvernement bourgeois qui a porté une des pires attaques contre la classe ouvrière depuis la guerre, avec sa loi travail, s'arrogent de réhabiliter les communards ! Ni nous ni les morts de notre classe révolutionnaire ne leur avons rien demandé (note). On lit dans Le Point de ce mercredi la réhabilitation suivante de MM. Les députés de la gauche bourgeoise :
« L'Assemblée nationale a voté mardi soir, à l'initiative des socialistes et au grand dam de la droite, un texte proclamant la réhabilitation de toutes les victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. La Commune de Paris, dernière révolution du 19e siècle et première tentative d'un gouvernement de la classe ouvrière, fut la réaction à la défaite française lors de la guerre franco-allemande de 1870. L'insurrection des Parisiens contre le gouvernement provisoire dirigé par Adolphe Thiers, installé après la déchéance de Napoléon III, a duré 72 jours, du 18 mars au 28 mai 1871. Des exécutions lors de la Commune, notamment durant la Semaine sanglante, ont fait entre 10.000 et 20.000 morts, voire plus, selon les estimations. Et des milliers de condamnations à mort, à la déportation, aux travaux forcés ou à de la prison ont été prononcées postérieurement. En mars 1879, une amnistie partielle des communards avait été votée par l'Assemblée, puis, en juillet 1880, une loi d'amnistie générale concernant les condamnations prononcées après la défaite de la Commune. Evoquant un "acte solennel" par "devoir d'histoire" autant que "de justice", le président PS de la commission des Affaires culturelles et élu parisien Patrick Bloche a plaidé que "le temps est désormais venu pour la République" de rendre ainsi justice à tous les communards, "victimes d'une répression impitoyable". Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et ancien député de Paris, Jean-Marie Le Guen a appuyé un texte qui "favorise la transmission de la mémoire" des communards, "patriotes"(sic! comme le bandit  Thorez en 1945) et "insurgés" aux valeurs ayant "inspiré la République". La proposition de résolution, signée notamment par le chef de file des députés socialistes et écologistes réformistes Bruno Le Roux et plusieurs élus parisiens, souhaite notamment que "la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d'exécutions sommaires et de condamnations iniques". Le texte proclame "la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871".

Tout est dans le bla-bla, la canonisation des « sans dents » de l'époque chaut moins à ces M'sieurs-dames que de savoir qu'ils vont la plupart ramasser leur veste l'an tout prochain. On se souviendra de l'apport incontestable de la gent socialiste à l'histoire de la misère sociale et à la prolongation du chômage de masse, comme d'une aptitude à accumuler les hommages funèbres : hommage aux pioupious de 14-18, hommages répétés aux centaines de victimes non protégées contre les attentats terroristes pour finir par cette galéjade de réhabilitation communarde qui ne peut que réjouir les vieux croûtons crypto-staliniens « Amis de la Commune de Paris » (que j'avais été ridiculiser dans leur séance en la mairie du 13ème, il y a un bail, en compagnie de Sabatier et Goupil) et les merdeux anars qui taguent pieusement « Vivement (un recommencement imaginaire et barricadier) la Commune », parce qu'ils ne connaissent rien de son histoire, rien des mythes qui ont été entretenus à son sujet. Non, pas plus que le gouvernement bolchevique, l'assemblée de la Commune ne fut « un gouvernement de la classe ouvrière » (expression de Marx qu'il a finalement reniée) ni le modèle avéré de la « dictature du prolétariat » (selon Engels)s dans le futur. Non les fonctionnaires n'ont pas été payés au même tarif que les ouvriers, etc. Je conseille vivement à ceux qui veulent se déciller sur les racontars les plus romanesques sur l'épopée de la Commune, d'abord d'abandonner toute religiosité, ensuite de lire les deux ouvrages suivant : Robert Tombs « Paris bivouac des révolutions » et Philippe Riviale « Sur la Commune ». La Commune reste une "expérience" pas un "modèle", ni un mausolée à "réhabiliter". quoiqu'on ait oublié (ou soit passé à côté) la principale leçon de la Commune, valable pour l'avenir: LA NECSSITE POUR LE PROLETARIAT DE PRENDRE LE POUVOIR FACE A L'IMPERITIE DE LA CLASSE BOURGEOISE! Ce fût à cette époque face à la débilité de la caste militaire, demain ce sera face à la débilité de la caste militaro-financière.
Vous trouvez reproduit ici l'article du journal de la GCF (Gauche Communiste de France) « L'étincelle » (=Iskra, nombre de minorités ont ainsi repris ce titre fétiche du journal de Lénine, l'étincelle « devant mettre le feu à la pleine »). Ce numéro 3 de mars 1945 reprend dans
ses grandes lignes les remarques pour la plupart valables de Lénine, et refuse de laisser les staliniens au pouvoir barbouiller de leur nationalisme stalinien le souvenir de La Commune ; nous souscrivons pleinement à leur dénonciation de ces autres réhabilitateurs-récupérateurs dissolvants d'époque. Mais que le glorieux souvenir de cette insurrection ne se laisse pas dévier de la nécessaire critique de nos erreurs dans notre propre mouvement historique.
Mais en 1945 comme en 2016 nous avons la prétention de laisser ces minables bourgeois enterrer les morts qu'ils veulent ou qu'il s'approprient honteusement, quand leurs ancêtres ont eux-mêmes commis les meurtres massifs, mais nous, nous rendons hommage à « nos morts » en continuant le combat mais avec le souci de ne pas recommencer leurs erreurs afin que de leur défaite nous puissions garantir le mouvement de la victoire, au bout du compte, et que nous ou nos successeurs leur devront de toute manière !

LA COMMUNE APPARTIENT AU PROLETARIAT

Depuis des années la classe ouvrière internationale célèbre chaque année l'anniversaire de la Commune de Paris. Jusqu'à aujourd'hui, la Révolution du 18 mars 1871 représentait pour nous, ouvriers de tous les pays, la révolte des exploités contre la bourgeoisie responsable de la guerre et de la misère, la première expérience d'un pouvoir des ouvriers se substituant à l'Etat capitaliste. Les révolutionnaires du monde entier regardaient la Commune, avec la révolution d'Octobre 1917 en Russie, comme des exemples et des guides sur le chemin de l'émancipation des travailleurs. Mais aujourd'hui il se trouve des gens pour la salir et la déformer, pour en changer 74 ans plus tard les buts et le caractère.
Ces nouveaux historiens falsificateurs, vous les connaissez, ce sont les ex-communistes, les super patriotes Thorez, Duclos et Cie. Que les ouvriers conscients qui se trouvent encore dans les rangs du P.C.F. Se rappellent ici que ces mêmes hommes leur disaient voici quelques années, qu'ils se souviennent des manifestations et des meetings où l'on exaltait la mémoire des héros de 1871. Et qu'ils comparent ce langage-là avec celui, pitoyable, d'aujourd'hui : « la Commune aurait été « la révolte du patriotisme blessé et humilié », « l'union des républicains contre les prussiens et les traîtres » ; les « communards » des champions héroïques et ardents de la cause nationale et républicaine , ainsi que l'écrit L'Humanité du 18-19 mars !

La Commune n'a rien été de tout cela.

« Au début, ce mouvement fut extrêmement confus et indéterminé. Il rallia des patriotes qui espéraient que la Commune recommencerait la guerre contre les allemands et la mènerait jusqu'à la victoire ; il groupa des petits boutiquiers que menaçait la ruine s'il n'était pas sursis aux échéances de traites et au paiement du terme (ce sursis que refusait le gouvernement, fut accordé par la Commune), enfin, dans les premiers temps il obtint même certaines sympathies du côté des républicains bourgeois qui craignaient que l'Assemblée nationale réactionnaire (composée de «campagnards », de farouches propriétaires) ne rétablisse la monarchie.
Mais le rôle principal fut joué par les ouvriers (surtout par les artisans de Paris), chez lesquels, dans les dernières années du Second Empire la propagande socialiste avait été très active et dont un grand nombre appartenaient même à l'Internationale ». (Lénine, « A la mémoire de la Commune », Rabotchaïa Gazeta, 28 avril 1911).
Mais, par la suite les camps se délimiteront nettement : bourgeois républicains, ou non, d'un côté, prolétaires de l'autre :
« Seuls les ouvriers restèrent fidèles à la Commune jusqu'au bout. Les républicains bourgeois et petits bourgeois l'avaient abandonnée depuis longtemps, les uns effrayés par le caractère révolutionnaire socialiste prolétarien du mouvement, les autres dès qu'ils virent que ce mouvement était condamné à une irrémédiable défaite. Seuls les prolétaires français soutinrent sans crainte et sans lassitude leur gouvernement ; seuls ils combattirent et moururent pour lui, c'est à dire pour la cause de l'émancipation de la classe ouvrière ». (idem)
« Toute la bourgeoisie de la France (…) tous les exploiteurs s'unirent contre elle » (Lénine idem).
« Cette coalition bourgeoise (…) réussit à soulever les paysans ignorants et la petite bourgeoisie provinciale contre le prolétariat parisien » (Lénine, idem).
« Dans plusieurs grandes villes de France (Marseille, Lyon, Saint Etienne, Dijon, etc.) le souvriers tentèrent également de s'emparer du pouvoir, de proclamer la Commune et d'aller au secours de Paris, mais ces tentatives se terminèrent vite par des échecs » (Lénine, idem).

La Commune ne fut pas patriote.

« Le 12 avril, la Commune ordonna, comme étant le symbole du chauvinisme et de la haine des peuples, le renversement de la colonne que Napoléon avait fait élever place Vendôme » (Marx, La Guerre civile en France »)

La Commune ne fut pas nationaliste.

« Le même jour (30 mars) les étrangers élus dans la Commune furent maintenus dans leurs fonctions, « Le drapeau de la Commune étant celui de la République Universelle » (Lénine, idem).

La Commune ne fut pas anti-boche.

« La bourgeoisie avait trouvé le temps de déployer son patriotisme en organisant la chasse policière aux allemands qui habitaient en France, la Commune, elle, fit d'un ouvrier allemand (Léo Frankel) son ministre du travail » (Lénine, idem).

Si, dans le domaine social, les mesures qu'elle prit, nous apparaissent aujourd'hui insuffisantes, leur faiblesse relative s'explique par deux facteurs :

  1. Le capitalisme français était encore dans sa phase de développement et le prolétariat n'était pas très nombreux, concentré ni organisé ; il n'y avait pas de parti ouvrier ;
  2. Le temps fît défaut à la Commune ; elle dût, dès le début de son existence – qui fut brève – se défendre par les armes.

Pourtant, même dans ces conditions si défavorables, elle entreprit une œuvre à caractère nettement prolétarien. Le 30 mars, elle supprima la conscription et l'armée permanente en y susbtituant l'armement général du peuple.
Le 1er avril, elle décida que le traitement de ses fonctionnaires ne dépasserait pas celui des ouvriers.
La Commune supprima le système des amendes et des retenues sur les salaires, interdit le travail de nuit dans les boulangeries, confisqua toutes les usines et fabriques abandonnées par leurs propriétaires ou qui avaient simplement arrêté le travail, pour les remettre entre les mains des associations ouvrières.

Malgré ses imperfections, son inexpérience, sa jeunesse : « Elle était par-dessus tout un gouvernement de la classe ouvrière ; le résultat de la lutte entre la classe qui produit et celle qui s'approprie le produit de celle-ci ; la forme politique enfin trouvée, sous laquelle il était possible de réaliser l'émancipation du travail ». (…) « La Commune se proposait d'abolir cette propriété de classe qui crée avec le travail du plus grand nombre la richesse du plus petit. Elle visait à exproprier les expropriateurs ». Ainsi la définissait Marx qui en suivit de près l'évolution. Ce sont ces passages-là qu'il faut citer, messieurs les falsificateurs qui osez encore vous réclamer de lui !

C'est cela qu'il fallait expliquer aux ouvriers à la place de vos ridicules mensonges sur le « patriotisme humilié » !
Il fallait encore leur dire comment la Révolution d'Octobre 1917 en Russie a repris, développé, enrichi l'expérience de la Commune – leur montrer comment aujourd'hui, en pleine faillite du système capitaliste, le prolétariat – mille fois plus nombreux et plus fort qu'en 1871 – peut et doit suivre les traces de la Commune et la dépasser vers le socialisme. Mais pour tenir ce langage, il faut être révolutionnaire, communiste : nos Thorez et Duclos l'ont oublié, n'étant plus que des valets.

Frédéric Engels disait de la Commune en 1891 :

« Le bourgeois allemand entre toujours dans une sainte terreur au mot « dictature du prolétariat ». Voulez-vous savoir ce que veut dire cette dictature ? Regardez la Commune de Paris. VOILA LA DICTATURE DU PROLETARIAT ! ».
C'est parce que la Commune fut le début de cette dictature que le vieux monde jure de l'abattre.

Et ce furent la 3ème République et les républicains – M. Thiers en tête – qui l'écrasèrent par le sang et par le feu, massacrant 100.000 travailleurs dont 30.000 fusillés sur le champ et des milliers d'autres déportés ou mis à mort par la suite.
Où est donc cette cause nationale et républicaine ? Cette « union de tous les bons français » ?
Où est cette Commune à la sauce patriotarde que MM. Thorez et Duclos ont voulu nous faire avaler de force le 17 mars à la salle Japy ?

Elle n'existe pas.
Elle n'est qu'une duperie de plus.
Comme « la République VRAIMENT démocratique ».
Comme « la France libre, forte et heureuse ».
Comme le « Parti Communiste (?) Français ».
Comme tout ce qui vient de la bourgeoisie.

Il n'y a qu'une Commune, comme il n'y a qu'une Révolution d'Octobre 1917.

Cette Commune est celle dont Marx parle ainsi :

« Lorsque la Commune de Paris prenait en ses propres mains la direction de la Révolution ; lorsque de simples ouvriers osaient pour la première fois empiéter sur la privilège gouvernemental de leurs « supérieurs naturels » ; lorsque dans les circonstances les plus difficiles, ils accomplissaient leur œuvre modestement, consciencieusement et efficacement, le vieux monde se tordait de rage à la vue du drapeau rouge, symbole de la République du Travail, flottant sur l'Hôtel de ville ».

(note) C'est le même genre de supercherie dont fut capable l'alcoolique Boris Eltsine parvenu au pouvoir après la chute de la vieille maison stalinienne. Une de ses premières mesures pour épater la galerie ne fut pas, par exemple de jeter le cercueil de Staline à la décharge publique, mais de "réhabiliter" les marins de Kronstadt! Vous m'avez compris. 


RECTIFICATION HISTORIQUE


 Même les meilleurs connaisseurs de la Commune restent focalisés sur l'insurrection du 18 mars 1871, connue pour être une levée en masse pour préserver les munitions entreposées à Montmartre, aspect réducteur et récupérable par les blanquistes "patriotes". Or la révolution a commencé bien avant, avec l'Affiche rouge du 25 septembre 1870 imprimée et collée à Lyon, dont le contenu est soit oublié soit méconnu. Il y apparaît clairement que le prolétariat ne se soucie pas que de la guerre mais, surtout, remet en cause l'impéritie de la bourgeoisie et réclame l'abolition de l'Etat pour la première fois de l'Histoire aussi clairement:

"La situation désastreuse dans laquelle se trouve le pays; l'impuissance des pouvoirs officiels et l'indifférence des classes privilégiées ont mis la nation française au bord de l'abîme.
Si le peuple organisé révolutionnairement ne se hâte pas d'agir , la révolution est perdue, tout est perdu (...) les délégués des comités fédérés du Salut de la France, réunis au Comité central , proposent d'adopter immédiatement les résolutions suivantes:
ARTICLE PREMIER: La machine administrative et gouvernementale de l'Etat étant devenue impuissante, est abolie;
ARTICLE 2: Tous les tribunaux criminels et civils sont suspendus et remplacés par la justice du peuple.
etc.

De plus la réimpression des deux journaux de la Commune (du matin et du soir) est une falsification des Versaillais, sur laquelle les braves historiens staliniens ont travaillé en la prenant pour argent comptant... : http://archivesautonomies.org/spip.php?article1674

samedi 26 novembre 2016

CASTRO : MORT DU DERNIER DINOSAURE LATINO-STALINIEN

Raul Modesto n'est qu'un brontosaure
La longévité politique du « charismatique » Castro, ce grand pote aux Staline et Kadhafi 1, pourrait forcer l'admiration, comme lorsque vous allez promener vos gosses au jardin des plantes et que vous leur pointez du doigt la reconstitution d'un dinosaure. Cela prête à réfléchir, mais c'est du domaine d'un lointain passé. Pour le musée et les vrais dinosaures, pas pour le dictateur admiré des gauchistes et de la gauche anti-ouvrière. Le dinosaure Castro aura pourtant continué jusqu'à nos jours à écraser la véritable référence à la révolution prolétarienne par subterfuge avec son passé de « lutte armée », minimisant son occupation de dictateur d'Etat, puis ses accointances avec tant de « collègues » des dictatures homologues et la complaisance des démocraties bourgeoises envers le mythe du seul adversaire prétendu aux régimes odieux de Haïti, d'Argentine et du Chili, mais comment oublier la torture des opposants, les milliers en fuite en Floride, les milliers qui ont servi de chair à canon pour l'impérialisme russe en Angola, etc. Héritage si purulent de honte quand les divers avortons et résidus des PC staliniens ou néos avec les gauchistes parvenus vont verser tant de larmes de crocodiles sur le « bilan Castro », « Cuba si », « spasibo Cuba »2. Le pape et toute la "communauté internationale" s'inclinent sur la dépouille de cet imbécile qui souhaitait que Krouchtchev utilise la bombe atomique!
UN SELFIE AVEC CASTRO VITE!

Le dernier hommage rendu perso par Hollande, avant celui d'Obama, au chef cubain – il devrait se rendre aussi à l'enterrement spectaculaire à Cuba en mondiovision – sera-t-il un élément positif de son carnet électoral ? Sans conteste, pour les enterrements le président de la gauche en faillite idéologique et sociale3
L'usure du pouvoir, Castro mesurait 1M90
 a fait fort. Il aura été un excellent croque-mort que même le révérend Fillon ne pourra jamais l' égaler, pas pour empêcher la « droite brutale » de revenir aux rênes de l'exploitation, car il y faudrait au moins un curé castro-guévariste

On ne peut pas nier cependant le rôle central du caméléon Castro qui, comme Johnny Hallyday dans sa catégorie, a su s'adapter à toutes les modes du XX ème au XXI ème siècles, mais dans la variété sanguinaire, celle du despotisme capitaliste sous couleur de communisme de caserne, réussissant même à transformer une grande partie du peuple cubain en propagandistes sectaires et staliniens latinos propres à exalter leur propre misère politique et sociale, surtout à chaque voyage féminin pour ramener un époux friqué au bercail du grand barbu. Plus que les épisodes sanglants et délirants des libérations nationales, « l'expérience de Cuba » servit longtemps de vitrine et de caution aux anti-impérialistes néo-staliniens, et à la floraison expansive et successive d'une noria de groupes trotskystes et maoïstes ultra-sectaires et apôtres inconscients des « guerres révolutionnaires », sans savoir ce qu'est une guerre ni ce qu'est la révolution4.

Castro ne fût ni un marxiste héritier de Lénine ni un sincère révolutionnaire mais un produit opportuniste (au sens politicien militaro-politique) de l'avortement de l'idéologie alliée de la deuxième boucherie mondiale- l'antifascisme relayé par l'anti-stalinisme:

«Le renversement par Fidel Castro, en 1959, du dictateur soutenu par les Américains a posé un sérieux dilemme
dans la confrontation bipolaire de la Guerre froide et a amené les superpuissances au bord de la guerre nucléaire pendant la crise des missiles cubains, en octobre 1962. Au départ, le caractère de la révolution castriste n’était pas clair. Drapé dans une idéologie de populisme démocratique, à la sauce romantique des guérillas, Castro n’était pas membre du parti stalinien et ses liens avec ce dernier étaient très ténus. Cependant, sa politique de nationalisation des biens américains dès le début de sa prise du pouvoir lui aliénèrent rapidement Washington. L’animosité de Washington ne fit que pousser Castro, à la recherche d’une aide étrangère et d’une assistance militaire, dans les bras de Moscou. L’invasion de la Baie des Cochons en avril 1961, soutenue par la CIA – prévue par Eisenhower au départ et mise en œuvre par Kennedy – a montré que Washington était prêt à renverser le régime soutenu par les Russes. Pour les Etats-Unis, l’existence de ce régime lié à Moscou dans son pré carré était intolérable. Depuis la Doctrine Monroe formulée en 1823, les Etats-Unis avaient toujours maintenu la position selon laquelle les pays d’Amérique étaient hors de portée des impérialismes européens. Voir l’impérialisme adverse de la Guerre froide établir une tête de pont à 150 km du territoire américain de Floride, était totalement inacceptable pour Washington »5.

Sur mon premier blog « Archives maximalistes » vous pouvez lire encore « un texte rare sur mai 68 » où est écrit ceci, qui reflétait assez bien notre pensée d'époque au lycée Buffon avec Jean-Pierre Hébert : « ces 'gauchistes' mettaient en avant la lutte anti-impérialiste contre la guerre du Vietnam menée par les américains, alors que les libertaires avaient été pour la plupart guéris du tiers-mondisme, échaudés par l'évolution de l'Algérie après son indépendance, et n'entretenaient aucune illusion sur les régimes dictatoriaux  africains, nés de la décolonisation, ni sur le castro-guévarisme, caricature stalinienne d'une révolution, ayant éliminé de la même manière ses participants libertaires qui l'avaient aidée à triompher » (…) « les "gauchistes" en étaient encore à glorifier les dinosaures marxistes-léninistes et à se pâmer devant leurs disciples vietnamiens ou castro-guévaristes ».

PELERINAGES DANS LA CASERNE CUBAINE
 
Cuba, même sous un Castro rabougri, resta lieu de pèlerinage trotskien, Besancenot n'a pas failli à la fausse tradition, allant rendre visite sans son vélo à la veuve et la fille du petit Vichinsky cubain le Che6 - qui signait ses lettres à sa mère « Staline II » - ne sachant pas, jeune ignorant de l'histoire réelle du mouvement révolutionnaire que le despote Castro, converti au stalinisme par Krouchtchev, prit pour conseiller politique au début des années 1960 l'assassin de Trotsky, Ramon Mercader (cf. in mon livre sur la guerre d'Espagne). Le spécialiste Löwy le lui avait caché pour ne pas affadir son émotion.

Castro n'a jamais été un héros révolutionnaire marxiste pour le mouvement maximaliste prolétarien, quoiqu'il se soit fait appeler "leader Maximo". Putschiste nationaliste reconverti en stalinien d'Etat, faut-il dire hélas ? Avec cet uniforme vert-olive qui signifiait désormais que la révolution ne pouvait être que militariste avec des militants-militaires bardés de médailles d'assassins, il n'aura été qu'un petit Staline latino-américain qui fût finalement si utile comme repoussoir diabolique pendant plus d'un demi-siècle à l'impérialisme, ce qui fît dire à certains que si Cuba castriste n'avait pas existé, un think tank américain aurait bien pu l'inventer. Cumulant les fonctions de chef du parti et de président de l'Etat national, Castro aura maintenu incarcéré son île à socialisme en peau de canne à sucre dans une misère relative pendant toutes ces années pour aboutir à se coucher devant les friandises avariées du capitalisme décadent.

La résistance carcérale cubaine après la chute de la maison mère du bloc de l'Est ne fut plus qu'un long intermède de misère et d'avilissement politique et social continuel. La chute du mur de Berlin ouvrit cependant une crise pour le cordon ombilical jusqu'à Cuba, mais le régime castriste ne s’effondre pas et tient jusqu’à l’arrivée du faux troc avec le Venezuela.
Evidemment le dit échange commercial anti-impérialiste entre les deux Etats d’Amérique du Sud, est présenté partout comme nouveau, révolutionnaire, consommable et un défi face à l’impérialisme US. Or ce genre d’accords commerciaux directs entre Etats secondaires avait déjà été mis en place, par exemple entre le Mexique et le Venezuela (accords de San José).

Le troc, comme les coopératives, est une mesure obsolète et ringarde que nous laissons aux anarchistes et à leurs amis de la petite bourgeoisie politique, mais l’échange « Pétrole contre médecins » de ce pauvre Chavez était plus vicelard. Car, révélant l’impossibilité du troc comme au demeurant de tout échange communiste (quoiqu’on ne sache pas trop ce que pourraient être encore des échanges communistes), le bricolage de Chavez visait à faire croire à une « solidarité internationaliste » l’accouplement de deux bébés stalinoïdes ! Chavez avait même réussi un coup de maître en osant la « solidarité sud/nord » lors de l’accord avec la municipalité de Londres en 2006 – un rabais de 20% sur le pétrole pour les transports en commun – afin de diminuer par deux le billet des « pauvres londoniens ». Facétie absolument pas généralisable par les autres pays du sud sans pétrole et sans mégalomanie.
 Curieuse cette notion de solidarité de riches (en or noir) vis-à-vis de pauvres (en sucre) qui ne supprime ni l’exploitation ni les classes ! Et plutôt « solidarité de convenance mercantile » qui, en fin de compte, a éclaté partout avec la crise mondiale où les pays du sud se sont divisés entre « largués » un peu plus et « émergents ». L’idéologie « d’autonomie collective » drainée peu ou prou depuis les conférences des non-alignés de Bandoeng s’est dissoute au profit de la très capitaliste « solidarité conditionnée ».
Clap de fin. Des fresques et des panneaux célébraient la fraternité entre les deux peuples: «Cuba-Venezuela: Deux pays, un seul peuple». La tentation de comparer le soutien vénézuélien à celui de l'URSS d'avant 1990 était logique, avec cette terrible nuance qu’apporte un ancien fonctionnaire cubain : « lorsque le frangin impérialiste russe était là, l'essence coûtait 10 centimes le litre et des cubains détournaient des camions citernes entiers de pétrole pour le revendre».
Le 4 oct 2011 j'écrivais sur ce blog : « Avatar de la « guerre révolutionnaire » disparue des gauchistes tiersmondistes et des marxistes orthodoxes, les cubains accèdent au droit de propriété. Le socialisme de caserne tant admiré par les trotskystes et leurs demi-frères altermondialistes ploie sous l’avancée du capitalisme qui a corrompu même pépé Castro, une figure de légende guérillériste qui a tant ridiculisé le communisme sous une dictature sous-développée d’un demi-siècle, adoubée par tout ce que la terre compte de staliniens indécrottables et de trotskiens indélébiles, qu’on se demande si ces vieux coucous niais ne vont pas entrer en dissidence avec la notion de capitalisme d’Etat dégénéré… ». Enfin Obama était venu porter les premiers chrysanthèmes du vivant de Castro. Le moins drôle, Fidel Castro gardera beaucoup de fidèles. Comme Staline.



NOTES

1Lire l'article de la section mexicaine du CCI : https://fr.internationalism.org/ri422/soutien_de_castro_chavez_et_ortega_a_kadhafi_quand_les_capos_se_donnent_la_main.html
2La pamoison ridicule a déjà commencé avec la tonalité chauvine de ce pauvre rejeton de bureaucrate à la triste figure, Laurent fils : « "Ca a été dans le XXe siècle, l'un des dirigeants du mouvement d'émancipation humaine. La révolution qu'il a menée a eu lieu à l'époque de la décolonisation et s'inscrivait dans ce mouvement de restauration de la souveraineté des peuples. C'est ça qui restera dans l'Histoire" », mais impasse sur le mensonge cubain hystérique, où les journalistes gauchistes de l'Immonde excellent dans la cuistrerie  : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/11/26/comment-fidel-est-devenu-revolutionnaire_5038496_3222.html. Le Figaro en rajoute deux couches: "disparition du père de la révolution cubaine", "le dernier révolutionnaire"; quand le gauchiste ministériel Mélenchon appelle à un rassemblement parisien de condoléance pour ceux à qu'il veut faire fantasmer sur "une prise de pouvoir" imaginaire mais pacifiste.
3Lire sur slate « L'hommage embarrassant de Hollande au Che » : http://www.slate.fr/story/101591/che-guevara-hollande. Et une toute autre version : http://www.revolution-socialiste.info/RS26Guevara.htm
4Lire l'excellent article sur cette genèse : Le PCF contre la reprise de la lutte de classe : https://fr.internationalism.org/brochures/pcf-lc68
5Cf . Notes sur la politique étrangère des Etats-unis : https://fr.internationalism.org/french/rint/113_pol_imp_US.html
6Il n'aurait fait exécuter que 216 personnes, quoique des anciens flics du régime Batista, selon ses fans en tee-shirt de Médiapart. Il est vrai qu'il y a une hystérie à sens unique contre Castro et Guevara par nombre de journalistes lâches qui ont toujours sucés les boules des dictatures européennes ou sud-américaines. Ne pas choisir un camp nationaliste contre un autre, ne veut pas dire nier le courage et le culot politique des Castro et Guevara. Mais c'est une autre question.


vendredi 25 novembre 2016

POURQUOI DROPPY SERA LE PROCHAIN ?


(Vivement une droite « méchante » pour faire oublier les attaques anti-ouvrières de la gauche bourgeoise et redorer le blason des syndicats collabos !)

« La gauche gouvernementale leur a préparé le terrain »
 édito de LO

Dans mes fichiers de citations historiques pas moyen d'en retrouver une très pertinente de Machiavel ou de Tocqueville, qui dit à peu près ceci : « sous tes ordres je m'abaissai, je me laisserai même humilier jusqu'au dernier degré, sachant qu'un jour je te succéderai et que j'occuperai ta place avec autant de cynisme ». Tant pis pour la citation réelle, l'idée est là. Il y a du Pompidou chez Fillon, madré comme un paysan, filou comme un notable provincial, Rastignac a plus d'un tour dans son sac. Fillon a rejoint des « roués parisiens » que décrivit si bien Balzac. Mais, et cela devrait servir d'argument à nos trotskiens farouches du NPA qui a estimé qu'au concert des primates de droite c'est le plus réac qui l'a emporté1, Rastignac est le portrait réel d'un politicien d'avenir :
Thiers le massacreur de la Commune de Paris. Avec ce raisonnement simpliste à gauchiste, qui préfère la simple comparaison au raisonnement, on en déduira qu'avec sa purge glaciale des « acquis sociaux » et des (privilèges) corporatifs du secteur public, le sinistre sire – catho anti-transgenre et immigréphobe – aura au moins l'avantage de provoquer l'insurrection tant attendue par les lycéens parisiens et leurs parents bobos.

C'est se tromper du tout au tout sur le personnage. Droppy a fait son chemin avec une certaine cohérence : il a voté pour l'abolition de la peine de mort, refusé les compromissions avec le parti FN mais sans jamais mépriser son électorat. Alors qu'un Juppé ou un Sarkozy ont toujours eu du mal avec les syndicats, Fillon est un des hommes politiques qui a été certainement le plus efficace pour la bourgeoisie depuis une trentaine d'années, au gré certes d'alliances et de retournements, d'amitiés et d'inimitiés dans sa « famille politique », comme ils disent affectueusement dans la droite patronale. C'est tout de même lui qui réussit à faire passer deux « réformes » de retraite2 avec une parfaite entente avec les bonzes syndicaux. Ce n'est pas un excité à la Sarkozy et il a montré au cours de ses successives prestations télévisées qu'il sait se contrôler. La bourgeoisie française a d'ailleurs compris, derrière la « merveilleuse surprise » d'une spontanéité bling-bling du « peuple de droite » qu'il est désormais son « homme » providentiel-présidentiel.

Au crédit de sa réussite à « percer », il y a bien sûr une bonne dose de provocation. Venir sur les plateaux, la main sur le cœur, plaider pour une « purge thatchérienne » - en plus avec le chanteur Renaud qui avait tant couiné contre la dame de fer (d'ailleurs cruellement jetée aux orties en fin de sompte par sa classe) – il faut le faire. Le choc est rude pour tous les vieux gauchistes, retraités ou en fin de carrière. Imaginez que Mitterrand ait dit : « je m'inspire du Maréchal Pétain » !? Bien qu'il s'en soit inspiré aussi. Il y a une continuité de la fable familiale du fascisme à la démocratie. Evidemment qu'il s'agit d'une provoc car nous ne sommes plus à la même époque, et Fillon n'aura pas à démanteler un syndicalisme égoïste et rétrograde (comme celui des mineurs anglais), au contraire il aura tout intérêt à trouver une poudre de perlimpinpin pour revigorer des appareils corrompus. D'ailleurs, comment ne pas noter au passage qu'une droite « méchante », comme je vous l'ai révélé dans le sous-titre, est absolument nécessaire pour ranimer les « valeurs de gauche », et non pas cette guimauve « multicucuraliste » d'Ali Juppé ?
On prendra les mêmes et on recommencera. Assez pitoyable comment les rats sarkoziens ou centristes se sont précipités dans le navire de Droppy, avec les insignifiants Morin, Karoutchi, Lemaire, et tutti quanti. Ou plutôt on reprendra un sarkozisme moins débridé, en soufflant plus subtilement ce qui est nommé « les idées du FN », qui ne sont d'ailleurs pas en soi, à l'origine des idées du FN : le questionnement sur la crise migratoire et ses conséquences, l'infantilisme laxiste de la justice bourgeoise, composée de curés cyniques, qui laisse en prison Jacqueline Sauvage et laisse en liberté des aspirants criminels notoires, la fable de la déradicalisation pour les tueurs de daech lorsqu'ils reviennent en France, le développement d'un sous-prolétariat qui renie toute identité ouvrière sous le régime de l'assistanat, une école où des rigolos psychologiques perpétuent les inégalités en prônant le jeu à la place de l'étude, une expansion du culte du numérique ou les trois quarts des jeunes font des fautes à chaque terme qu'ils emploient, etc.
Toutes ces questions, s'il semble les prendre en compte d'un coup de menton de champion automobile, Droppy ne les résoudra pas, mais son succès sera dû au fait qu'il aura osé les poser, alors que le terrorisme intellectuel de la gauche caviar et de ses gauchistes suppose que si vous les posez c'est que vous êtes un fâchiste (néologisme qui vient du verbe fâcher).

Là où Droppy a tout faux c'est sur le culte de l'entreprise capitaliste, et j'y reviendrai. Avant il faut en finir avec la gauche bourgeoise au gouvernement. « Attaque brutale », « l'horreur nous attend avec ce qu'il y a maintenant en face », c'est la plainte des sec gen du PS ou des chefaillons gauchistes. Les gauchistes de France Inter, de Arte et de FR3 nous dépeignent un retour des affres des années 1930, pour un peu Trump est le nouvel Hitler, et pour beaucoup Fillon un nouveau Pétain. Bande de rigolos. Heureusement ils font partie des riches intermittents, surpayés et on espère qu'ils sont en CDD. Et l'attaque de leur loi El Khomri (on a nommé une ministre arabe du travail, et je n'ai pas dit une ministre du travail arabe car le travail est désormais ubérisé! Pour que ça passe mieux, plus convivial, plus antiraciste, plus « multicucuturel ») elle reste en travers de la gorge des ouvriers français et d'origine arabe ! La gauche et ses « valeurs » gauchistes nous prennent vraiment pour des cons sans mémoire.
« Que reste-t-il de nos amours ? »... de gauche, aurait chanté Trénet. Pas grand chose, de 1936 à 2016 la gauche intermittente au pouvoir aura toujours mené les pires attaques contre la classe ouvrière. « J'y pense et puis j'oublie », comme Claude François, mais le défaut de mémoire est impossible juste après un court laps de temps avec la violente loi travail. Ce n'est pas le Hollande Bashing, ni la bêtise costumière de Macron, ni la pléiade de rigolos candidats gauchistes du PS, les Montebourg, Hamon, Duflot plus à flot, Mélenchon, le petit Poutou ni le guide de LO Nathalie, qui vont inquiéter un parti de droite requinqué. Dimanche prochain la photo de « famille » est déjà prévue : ils seront tous là en rangs d'oignons pour adouber le révérend Fillon. Je me rappelle une réflxion de Marc Chirik disant que la droite en général, lorsqu'il faut se réunir le fait en général très rapidement et mieux que la gauche. La gauche son boulot bourgeois indispensable est dans l'opposition, sa participation au gouvernement est un pis aller (je ne l'ai pas fait exprès). Les choses sont ainsi faites que le principal parti de droite a été en morceaux le temps du mandat de Hollande, cette fraction bourgeoise peut dire merci à Sarko de l'avoir reconstruit même s'il n'en tire pas bénéfice pour son ego. Et voici venu le temps de l'effritement du bloc PS (Sabatier me comprendra).
C'est panique à bord dans le cargo Hollande. On a le pédalo Mélenchon, perdu en mer électorale, le pneumatique Macron dégonflé à peine mis sur le bon coin, l'insipide Hamon n'est même pas sur la même barque de marque française vermoulue que dadet Montebourg, Valls passe pour un Droppy de gauche. Seul Hollande peut désormais perdre honorablement en arguant que ce sera faute à l'absence de Sarko réduit en sarcophage.
Mais au moins Droppy aura siphonné le FN, redonné espoir à une gauche handicapée (qui comme tous les handicapés clame que c'est la faute à l'autre), et évité à la bourgeoisie française de perdre du temps.

LE COURAGE DU MENSONGE POLITICIEN

Rodé depuis 40 ans aux pires magouilles, renversements d'alliances et récompenses d'ambitions serviles, Fillon a au moins retenu de l'école sarkozienne le sens de la provocation. Monsieur Propre agit comme monsieur le curé où une bonne fessée vient compléter une leçon de morale. Si la fessée est déculottée c'est une garantie de volupté.
Rastignac Fillon en short de scout, saluant un Baden Powell dans le boucher de 14 -18 Clemenceau,
peut se réclamer de la tradition des pires tueurs du prolétariat. En soi l'application simple de son programme pourrait engendrer immédiatement les mêmes tristes barricades suicidaires de 1871, et le conduire à être un chef des mercenaires légaux tueurs des prolétaires. Ne soyons pas simplistes, la bourgeoisie ne veut pas nous servir la révolution sur un plat et avec ses gants.

Si Fillon a attiré l'attention majoritaire contre les clichés multiculturalistes de la gauche bourgeoise et de leurs amis gauchistes (bourgeois de base), il a creusé l'avance sur le peloton des idiots, sur l'immigration massive il n'a pas un raisonnement fasciste, ni sur le retour des tueurs islaminguants, ni sur le système des allocations familiales dispendieuses, ni sur l'assistanat (quoiqu'il ne dénonce pas l'assistanat généreux dont disposent retraités du patronat, intermittents du spectacle, apparatchiks divers et journalistes). Sauf qu'il n'y changera rien, trop d'intérêts étant en jeu pour la sauvegarde du parasitisme des couches supérieures. Venons-en à sa principale provocation électorale : suppression de 500.000 emplois de fonctionnaires !

Bravo l'artiste ! Le plouc, le plombier qui gagne deux fois plus qu'un toubib, le chômeur lambda, l'épicier, l'ouvrier rampant d'une petite boite privée, sont comme le milliardaire de Georges Orwell, qui aimerait bien que les lumières de l'avenue s'éteigne après le passage de sa limousine. Cibler sur les fonctionnaires « ces privilégiés », c'est comme cibler sur les immigrés comme cause du chômage. Fillon prendra-t-il de la cortisone comme Pompidou ?
Malheureusement c'est du pipeau, et Juppé a eu raison de lui rétorquer que c'est impossible. Un Etat moderne sans fonctionnaires est comme une bicyclette sans roues. Mais c'est plus vicelard d'autant que c'est inapplicable, mais que Droppy vise à faire passer le message nécessaire : ubérisation et flexibilité accrue de la condition ouvrière.
Doublé d'un autre gros mensonge, la fameuse suspension des 35 heures et le repoussoir à 65 ans de la retraite, pour redévelopper les emplois.

Or, supprimer le recrutement des fonctionnaires et monter à 39 heures sans compensation salariale (au nom du sacrifice pour la patrie patronale) pour créer des emplois c'est comme vider un vase d'eau en attendant qu'il pleuve. C'est bête et méchant, et aucun de ses colistiers n'a fait l'effort de vraiment ridiculiser cette idiotie économique. J'ai interpellé sur cette idiotie hier soir au métro Raspail une militante UMP qui diffusait un large prospectus fillionien glacé, fort bien fait (homme smart, provindentiel – pas provincial – reprise du navrant slogan mélenchonien : « prenez le pouvoir en votant pour moi »). La femme, chef d'entreprise entreprit de m'expliquer que « tout est lié », que cette libération de potentiels fonctionnaires viendrait abreuver les petites entreprises. Je lui répondis qu'à ma connaissance un jeune, encore aujourd'hui, souhaite un emploi en CDI et un travail dans les grandes sociétés de service public où, en nombre, nous les prolétaires on est plus en situation pour se faire respecter que face au despotisme des petits patrons. Ce qui a un pendant, ajouté-je, un esprit corporatif aigu qui fait que jamais ni les gens d'EDF, ni ceux de la RATP, de Renault ou de la SNCF ne se mobilisent pour défendre les salariés du privé mais ne pensent qu'à leur propre gueule ; la casse des retraites a commencé quand le gouvernement Fillon a attaqué le secteur privé et quand les syndicats du public se sont bien gardés d'apporter une quelconque solidarité, puis ont pleuré toutes les larmes de leur corporation quand leur tour et arrivé. Je crois avoir été le seul il y a quarante ans à m'être étonné, qu'au lieu de revendiquer le droit de vote (islamique) pour les immigrés, les syndicats antiracistes ne se sont jamais battu pour l'embauche « internationaliste » des ouvriers immigrés dans le secteur public ou à EDF, sauf accessoirement via l'entrepreunariat privé en maçonnerie pour creuser les tranchées des câbles.

Le sourire de Droppy lorsqu'il apparaît montre les profonds sillons du Medef et les cernes de l'austérité mais pas pour tous. Ce culte de l'entreprise, blanchie sous le harnais salarial, qui va sauver la France, on l'a entendu mille fois sous tous les gouvernements précédents et particulièrement sous celui de Hollande, qui n'a ni empêché la fermeture des grosses boites ni empêché les continuelles « destructions d'emploi ». La tambouille à Fillon pour la suppression de l'ISF, une diminution de la torture des charges patronales et son allocation sociale unique, pour restaurer les profits et revenir au magique et disparu plein emploi, est un breuvage imbuvable.
Après un capitaine de pédalo on aura un général d'armée mexicaine avec des avirons sans barreur.

LA GROSSE MYSTIFICATION DE L'EGALITE

Je l'ai déjà dit dans un de mes livres, après la révolution prolétarienne, la première chose à effacer du fronton des édifices publics est le premier terme de la trilogie mystifiante « liberté, égalité, fraternité » et à remplacer par « altérité, égalité, fraternité » ; le système dominant l'a déjà fait, mais c'est un mot d'ordre vraiment pervers qui existe virtuellement, la « diversité » qui concerne les races et non les besoins humains.

Là aussi Fillon sait le bon filon : mentir avec ce mythe de l'égalité. Le monde entier est un monde sans avenir où la majorité de la population va se trouver de plus en plus sans emploi, rejetée du monde du travail, c'est pourquoi ces histoires d'égalisation ne sont même pas une péréquation des richesses. C'est frappant avec sa proposition d'unification des régimes de retraites, Mr Retraitable intraitable, alors qu'on a déjà fondu plusieurs régimes des couches petits bourgeoise dans le régime général, veut supprimer les régimes spéciaux corporatifs (concédé par le gaullisme pour reconstruire le pays, preuve qu'il ne peut plus être gaulliste sic!) pour égaliser les « privilégiés » du public sur les « malheureux » du privé, certes plus productifs, pourquoi pas ? Mais alors faut égaliser vraiment et revoir à la baisse les ignobles retraites chapeaux des patrons, des big chefs des administrations publiques qui grèvent les caisses, et surtout celle de l'impotent Chirac qui défie tout entendement).
L'idée d'allocation sociale unique, sœur du revenu universel, n'est qu'une acceptation de la pauvreté généralisée et une officialisation de l'exclusion sociale. En attendant Godot « revenu universel » (cela peu prendre des décennies) la réduction des allocations chômage et le chantage à la rue, sont en continuité des gouvernements précédents ! Vous croyez que les braves employés de Pôle emploi ont été moins cyniques sous Hollande ? Fillon si apte à mentir sur les attaques similaires de la bourgeoise dans les autres pays nous prend pour des caves qui croient que le capitalisme en crise, en compétions impérialistes sans fin, pourrait se résoudre par une intensification de l'exploitation des prolétaires au niveau national. N'est-ce pas une fillionie ?

Une fois qu'on a passé en revue les blagues (réformes simples et efficaces, hi hi) des 15 « mesures phares » (pour renouer avec la réussite, ah ah) de Fillon, et qu'on survole les trois préoccupations qui les guideraient – libérer l'économie (?) Rétablir l'autorité de l'Etat (lequel?) Affirmer nos valeurs (lesquelles?) - on est fondé d'en conclure que l'an prochain nous aurons à choisir entre le sida ou le cancer, face à une droite droit dans ses bottes (nazies) et une gauche avec le salut militaire que fût le poing levé, pour empêcher un nouvel incendie du Reichstag. Mortal combat ou pitoyable combat ?

PS: à lire aussi cet excellent papier sur les origines politiques broussailleuses de notre sourcilleux Droppy: http://www.centpapiers.com/quand-le-tapis-diznogoud-reve-de-devenir-calife-a-la-place-du-calife/

NOTES

1Ce qui reste à démontrer si on aligne ce pauvre Sarko, le minable Copé et le patibulaire Poisson.
2« Réformes » comme ils disent à droite comme à gauche, que je qualifierai plutôt d'attaques contre la classe ouvrière. Cela dit, et personne ne s'en est aperçu (sous les chants syndicaux) mais la retraite est devenue une relégation, une honte. Nos sociologues et les politiciens nous assurent que c'est pour gagner plus d'argents que des retraités retravaillent. Stupidité, sans oublier le nombre de volontaires bénévoles pour des activités caritatives ou associatives très hiérarchisées, la retraite est une mort sociale, comme je ne cesse de le répéter. Et un vieillissement avec une meilleure santé ne donne pas forcément une envie de rentier touristique (quel ennui ou quelle impossibilité financière!) . Je connais désormais trop de gens d'en haut ou d'en bas, humiliés ou en désarroi après départ en retraite, pour douter que cette perspective soit envisagée désormais comme une joie, une libération, alors qu'elle se rapproche de plus en plus de la condition d'isolement du chômeur ! Moi-même j'ai honte d'être parti à 55 ans. Lors de manifs je me suis d'ailleurs engueulé avec des syndicalistes sur ce sujet. L'allongement de la durée de travail dans la vie peut être aussi un allongement de l'espérance de vie... sociale, excepté pour les boulots de merde. Le communisme abolira la retraite, sans glorifier le travail puisque le travail sera intégré comme une activité ludique dans la vie quotidienne, comme diraient Lefebvre et Debord... et non plus cet imbécile cloisonnement dit activité/inactivité.