"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 2 janvier 2015

LES INSULTES rétro-bobos DES "malgré nous" AYATOLLAHS GAUCHISTES CONTRE UN "ROUGE-BRUN"


(à propos des justiciers du Forum des marxistes révolutionnaires)

Sur un blog on reçoit de drôles de visites parfois, régulières, voyeuses, perversement curieuses et muettes. Et qui croient rester anonymes, et qui n'oseraient pas vous traiter aussi vulgairement en vis-à-vis quand on les surprend à se lâcher ailleurs sur la toile-poubelle. Mais moi j'ai un truc qui fait crac-boum-hue pour identifier mes connectés qui se croient à l'abri et surveiller leur fréquence voyeuse. Je sais qui et d'où ça vient. Gare. Il est vrai, comme me le fit remarquer un jour un anarchiste portugais animateur de radio marginale, qu'on trouve peu de commentaires sur mon blog (ce que je regrette), n'aimant jamais tant que la confrontation directe. Mais fi de toute dramatisation, je sais où ça jase et où ça caquette dans mon dos, pour s'éviter toute discussion avec moi qui peut toujours révéler des surprises et mettre mal à l'aise l'interlocuteur merdeux ou gougnafier. C'est comme ça. Et quand la discussion a lieu ailleurs, sans moi, chez des anars neuneus ou les mongoliens du trotskysme, je constate qu'on dit n'importe quoi, donc sans aller à l'essentiel mais en se contentant, sans démonstration, de dénigrer par des qualificatifs insultants. On va aller les visiter ici et maintenant dans leur mutation idéologique d'ex-gauchistes promoteurs d'une classe ouvrière sarclée par le syndicalisme et dûment encartée pour constater que ces  bobos littérateurs ont l'insulte à la boutonnière comme jadis les petits culs royalistes arboraient la fleur de lys, qu'ils manifestent la même compassion pour le tropisme de la préférence immigrée (industrielle et confondue avec les migrants des guerres) que pendant leur culte charitable d'un prolétariat qu'ils estiment disparu: flatter la multitude électorale avec les pires banalités de la gauche caviar.

J'ai du temps pour voyager sur blogs et sites divers à prétention révolutionnaire voire "démocrate révolutionnaire". Les sites militants sont assez chiants en général - surtout hobby d'un vieux coucou soixante-huitard ou d'un couple fusionnel sur le retour d'âge – mais où l'on s'aperçoit que la plupart reproduisent le discours dominant de très anciens lycéens et étudiants qui croient continuer le même combat "authentique" que pendant leurs années d'embrigadement et d'éducation au formatage psycho-politique de la gauche caviar et cramés au rayon laser éthique-toc des divers dérivés gauchistes sur le terrain scolaire. Bâtards de la critique gauchiste soixante-huitarde de l'inauthenticité de la vie quotidienne en régime capitaliste, plusieurs couches successives de fils de bobos (papa prof militant à LO et maman militant(e)à la LCR par ex) suivent ces dépotoirs et s'imaginent poursuivre l'engagement d'une jeunesse éternellement formatable qui n'est que la compil des vieux radotages des parents désenchantés mais inventeurs de rapports authentiquement humains dans le néo-management; et dont le séjour en gauchisme n'aura été qu'un cours d'apprentissage pour grappiller une place dans l'oligarchie du PS bourgeois ou comme gradés d'estrades amphigouriques universitaires.
Ces spectateurs, enfants de vieux gauchistes finiront eux aussi au moyen terme dans les eaux glacées de l'électoralisme dominant proportionnellement truqueur et facteur de dissolution des classes, prisonniers des mystifications de l'empirisme US en histoire, au cinéma et dans la culture chic et toc.

L'HYSTERIE DES COLLABOS ISLAMO-GAUCHISTES

Exemple parmi d'autres de l'ignorance affichée, de lobotomisation intellectuelle indécrottable et de cuistrerie, sous couvert de défense non de la démocratie de la parole, mais de la supercherie de la démagogie en tant que légitimation de tous les a-priori psycho-terroristes de la bienpensance de la gauche bourgeoise au pouvoir et de ses gardes du corps "théorique" gauchiste, le blog "Forum des marxistes révolutionnaires", vieux croûtons avec un faux nez.

Ce blog, sans indication de parti ou clan d'appartenance, est autant marxiste que ma grand-mère coureur cycliste. On va voir comment il en est venu à s'intéresser à ma modeste personne et comment ces experts en éthique marxiste (?) et en jurisprudence ouvrière (?) m'ont condamné comme "brun-rouge"; étiquette infamante en milieu gauchiste ou gauche caviar qui signifie que vous avez passé le rubicon de la gogoche pépère et moraliste au terrain vaseux du fâchisme lepéniste. Ou néanmoins que vous êtes assis à califourchon sur le rubicon (minable rivière césarienne) après avoir été happé par un lot d'idées puantes véhiculées par la gangue fâchiste. Le sort en est jeté. La bêtise infamante surtout.

En juillet dernier, un des abonnés de ce blog avait signalé l'article critique du CCI sur le dernier film des Frères Dardenne: "deux jours, une nuit"; comme référence à relativiser car le film ne méritait pas tant d'emphase théorique selon ce spectateur, comportant erreurs et invraisemblances. No comment.
Fin décembre la flamme allait être rallumée par un honnête homme nommé Gaston Lefranc, signalant ma critique du film surtout à travers celle de l'embonpoint théorique de Sandra B du CCI et leur vision nunuche de la classe ouvrière. Les hyènes étaient à l'affût de la proie pour attirer le chaland sur leur blog minus de retraités de la révolution en kit; elles rugissent soudain à la veille de la Saint Sylvestre. Le premier chien de garde de la planète bobo-antifacho-rigolos, ancien recruteur de base de Mao-Trotko-Stalino, lance l'alarme, le cri infamant qui supplée même à celui de "fâchiste" - tant celui-ci risque de rappeler l'appel au meurtre des gros bras staliniens de naguère face à tout gardeur de chapeau sur la tête, ou le "sale juif" qui servait aux nazis à commencer le lynchage -  sans une seule preuve ni justification. Puis la curée suit sans l'ombre d'un doute. Heureusement ce n'est qu'une poignée d'intellos aigris, maigriches lâches, vieux machins pleurnichards qui se terrent sous leur lit au moindre pétard de carnaval.

  • Giaches: tant qu'à faire, éviter de relayer un site antisémite...
  • Gérard Menvussa: Antisémite? J'y ai surtout relevé de l'islamophobie à haute dose. Mais c'est vrai que cela n'a rien d'incompatible!

    L'honnête homme se refuse d'emblée à égorger l'impétrant comme l'y incitent les ayatollahs à faux nez et fausse barbe:
  • Gaston Lefranc: J'ignore si ce blog contient des éléments antisémites et/ou islamophobes. Ca m'étonnerait, vu la personnalité de Jean-Louis Roche que je connais un peu. En ce qui concerne la défense du film des frères Dardenne, j'y vois surtout une manifestation de snobisme ultra gauche, qui consiste à prendre le contre-pied des critiques d'extrême-gauche...
Petit ayatollah Byrrh1 aiguise le couteau lentement, surlignant les scories fâchistes qui dévient du coran démocratique et libertaire:

  • Pour être tombé dessus à plusieurs reprises par hasard, en faisant des recherches Google, je peux dire que ce site déborde de propos insultants et méprisants contre diverses catégories de la population qui sont habituellement la cible de l'extrême droite. La prose est parfois assez délirante, agressive, et peut faire penser à ce que commet Zemmour, notamment pour son obsession concernant certains sujets : les combats contre l'homophobie, contre la stigmatisation des musulmans ou contre le sexisme, qui sont pour lui autant de turpitudes de "bobos" (ou de "bobos homophiles", pour être plus précis ; est-ce la même chose que les "ploutocrates philosémites" ?). Un article avait été posté suite à la mort de Clément Méric, avec pour titre Mort d'un bobo "antifa". Et les cortèges syndicaux participant à la gay pride sont désignés par la formule de "barnums syndico-pédalo-démago". Ça situe un peu les choses. On lit également que l'histoire de la "shoah" est devenue une "religion d'Etat", que les coulisses des gouvernements fourmillent de "juifs de cour", et qu'avec tout ça, le pouvoir "fait très fort pour redévelopper un antisémitisme généralement latent". Bref, la cause de l'antisémitisme, c'est les Juifs ou certains d'entre eux, et éventuellement le fait de rappeler que si 6 millions de gens ont été détruits pendant la guerre dans des installations spécialement faites pour ça, c'est parce qu'ils étaient des Juifs2. Je rejoins donc ce qui a été dit plus haut sur ce fil : on peut considérer ces idées comme relevant de l'antisémitisme.

    Un extrait de ce que ce type peut écrire :
Des travailleurs-immigrés sous-payés sur les chantiers des JO de Sotchi, puis expulsés par la police ; un environnement dégradé par les constructions tous-azimuts, avec des « dégâts considérables » à déplorer… Tout au long des préparatifs des Jeux, les critiques ont fusé de la part de diverses ONG et d’associations. En outre, à l’été 2013, des appels au boycott de la compétition ont été lancés pour protester contre la nouvelle loi russe sur l’homosexualité, interdisant la « propagande de relations sexuelles non traditionnelles » auprès des mineurs. Comme quoi les gauchistes russes font là aussi diversion par rapport à la scandaleuse surexploitation des prolétaires immigrés, en rabaissant la protestation à la défense d’une revendication catégorielle sociétale (comme les gauchistes français avec leur apologie du féminisme à l’époque des grandes grèves)3.

D'autres extraits, à propos justement de Zemmour et de son bouquin :
Eric Zemmour, qui fait partie de l'élite des journalistes du panel médiatique est venu troubler les grosses ventes de la pétasse Trierweiler, amante arriviste répudiée heureusement par le président en titre de la République bourgeoise. Et alimenter la problématique immigrée récurrente, confuse et prurit national incessant. Son épais ouvrage "Le suicide français", avant même d'avoir été lu par les lecteurs ordinaires a fait l'objet d'une décrédibiliation en règle. La Licra nationaliste commandita un sondage ad hoc à OpinionWay. (...) On s'en prend ensuite à ses chiffres exagérés des enfants immigrés (sept millions alors qu'ils ne seraient que trois millions et des poussières). Zemmour exagère les chiffres sans doute mais ses contempteurs ne prennent jamais le métro; ou sont toujours dans les aéroports comme il s'est brillamment moqué du nunuche Attali et de son "retour à soi". (...)

Zemmour ne se place pas au niveau historique plus général dont j'ai traité moi, d'une problématique immigrée moderne liée désormais à la fuite éperdue face aux guerres et au chômage de masse (cf. Mon livre "Immigration et religion"). Il n'a pas tort cependant sur la plupart des conséquences de l'envahissement musulman qu'il décrit depuis les années 1970. (...)4
Il est étonnant, même s'il se distingue aimablement de toute assimilation aux thèses du FN qu'il ne rende pas hommage à sa prescience; c'est le FN et l'extrême droite qui dès la fin des années 1960 avaient mis en garde contre "l'envahissement" mais nullement comme une impéritie du capitalisme mais avec cet esprit colonialiste arriéré et raciste hérité des Drumont et Ferry. A gauche et à l'extrême gauche, et même ultra-gauche, nous n'y vîmes que le discours "raciste" même au moment du "regroupement familial", et pas une possible montée d'intégrisme religieux et une tiermondisation/halalisation des villes européennes.
(...) non seulement il a raison concernant l'islamophilie gouvernementale et gauchiste, dans la description du tableau invraisemblable des accoutrements et des désidératas antiques d'une partie de ces populations qui se refusent à s'intégrer au prolétariat, mais parce qu'il nous livre une histoire réelle de la pourriture de la bourgeoisie française comme aucun maximaliste révolutionnaire (même Debord) n'a été capable de la décrire sur quarante années de vilenies, de gangstérisme et de prévarications de tout ordre. Des vérités qui resteront ensevelies sous les reproches de racisme, d'exagérations, de collusion avec le FN, etc. Il faut lire ce livre intégralement et vous saurez bien des choses sur les mafias qui nous gouvernent: la création de SOS racisme, gang étatique, Canal +, cette merde télévisuelle, l'invention des Restos du coeur (il ignore qu'Attali et Goupil tiraient les ficelles de ce pauvre Coluche), le soubassement des dénationalisations, la fabrication de la Shoah, BHL l'exhibitionniste, le nul politique Sartre, l'invention du RMI et de l'assistanat, les chiottes de Skyrock, les gogols du Rap, la tolérance des prénoms excluants, les mafias du football (pages magnifiques sur la cosa nostra de l'OM), la victimologie des communautés officialisées (l'histoire du dérisoire CRIF), l'armée inféodée aux Etats-Unis (malgré un ringard regret de la conscription égalitaire), la tragédie-comédie de Sciences-po5.

Ce ne sont que quelques passages, mais ça donne la nausée, non ? Ce monsieur Roche a le bon goût de ne pas avoir un "prénom excluant"... Misère de misère, quel sale con ! Je ne connais pas les raisons qui font que l'auteur de ce site écrive autant de conneries et de révoltants amalgames – des problèmes psy ? une méconnaissance bornée de la réalité du monde et de ses contemporains ? un moi surdimensionné et un cynisme absolu ? –, mais ce serait effectivement positif d'éviter de lui faire de la pub. On peut simplement le classer parmi les réacs ou les cinglés (ou les cinglés réacs), personne n'y perdra rien, à commencer par le prolétariat universel (le vrai). Je ne crois pas que ce soit tenable de désigner ces saloperies par l'appellation d'"ultra-gauche", alors que ce n'est qu'une sous-espèce de l'extrême droite. J'ai vu que ce Roche avait publié plusieurs pamphlets chez un éditeur parisien. Ça le situe un peu socialement, même si sur son blog, il peut déclarer : "Je ne suis ni macho ni salaud ni bobo, mais simplement hétéro et prolo". Moi qui suis "simplement" homo et prolo, serais-je moins "bobo" que lui ? Va savoir...6
Verié, seconde lame, prétend me connaître7


  • Je n'avais pas lu tout cela. Alors ce pauvre Roche est tombé très, très bas. Quand je l'ai connu, il bossait à EDF et appartenait au CCI-Révolution internationale (ultra gauche). Je l'ai vu pour la dernière fois à la fête de LO, où il vilipendait LO et les "gauchistes" en général en termes méprisants8, mais je ne savais pas que ça allait jusque-là. Mieux vaut en effet ignorer ce personnage et ses écrits...
L'honnête homme ne se laisse pourtant pas impressionner par les prêches des apprentis ayatollahs du gouvernement Hollande:
- Gaston Lefranc: J'ai vu ce film, je l'ai beaucoup apprécié, et je partage pas mal de choses que ce que dit Roche sur ce film. Cela ne vaut pas approbation de tout ce qu'il dit. Mais bon, faut visiblement se justifier ici quand on poste un lien. Moi je lis tout un tas de choses de gens qui ne sont pas de ma sensibilité politique, et qu'on devrait pouvoir partager me semble-t-il sans qu'un comité de censure vienne nous prévenir des monstres qui se cachent derrière ces textes pour dissuader les brebis de vilaines lectures.
Façon de parler, bien sûr, pour le "comité de censure". Mais je trouve toujours aussi pénible cette façon de ne pas lire les textes pour ce qu'ils sont.  Il ne s'agit pas de "remarquer" ou de ne pas remarquer les positions politiques défendues par ailleurs par l'individu, mais d'assumer de trouver un intérêt à un texte, même si on a "remarqué" les positions politiques de l'auteur.

Je me suis fait "grosso modo" un avis sur les positions politiques de Roche, mais ce n'est vraiment pas mon souci de faire une expertise de celles-ci ou de les discuter (je m'en fous en fait !), je lis de temps en temps ses billets quand le thème m'intéresse, point barre. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à cela, je fonctionne comme cela avec beaucoup de sites, sans me contraindre à ne lire que les sites qui ont de "bonnes positions politiques". Et j'encouragerai personnellement tous les militants à faire de même, à ne pas circonscrire leurs lectures, à un nombre de sites et d'auteurs labellisés "correct". Libre ensuite à certains (je ne dis pas que c'est ton cas Vérié !) d'y voir quelque chose de suspect, de complicité indirecte avec l'antisémitisme, l'islamophobie, la réaction ou je ne sais quoi. Je ne perdrai pas mon temps à répondre à cela, je trouve cela tout à fait vain et trouve cette attitude vraiment étroite.

En outre, je ne vois pas pourquoi je ne ferai pas de "publicité" pour un site que je trouve parfois intéressant. Sur ce forum, on renvoie bien des liens vers Le Monde ou le Figaro, parce qu'il s'y trouve des choses intéressantes. Roche est-il plus "douteux" ? Je ne crois pas. Roche est outrancier et provocateur, mais je ne l'assimilerai pas à l'extrême droite, ce qui relève d'un confusionnisme total. La traque aux rouge-brun est le sport favori de certains, mais ces chasseurs sont souvent largement aussi confusionnistes que ceux qu'ils chassent. C'est un vieux militant ouvrier, il relaie et commente essentiellement les sites de la gauche communiste. C'est sa famille. Il a par ailleurs sur son blog craché sur la Tendance Claire, d'une façon que je trouve grotesque. Il écrit des choses dégueulasses c'est vrai, mais ne faisons pas non plus d'assimilation grossière, et l'assimiler à un type d'extrême droite comme jugement global, c'est je trouve complètement à côté de la plaque9.

La hyène ayatollesque Vérié va quand même réussir à retourner psychologiquement en partie l'honnête homme, en le faisant dévier de son raisonnement sur l'attaque délirante de Roche contre la tendance Claire du NPA à laquelle appartient apparement l'honnête homme, mais il ne semblera qu'à peine ébranlé:

- Vérié2: (vexé par l'objection "La traque aux rouge-brun est le sport favori de certains")
Il y a en effet des gens qui voient des rouge-brun partout. Je n'ai pas lu suffisamment Roche pour avoir un avis. Néanmoins, indépendamment des élucubrations de certains chasseurs de sorcières, il y a tout de même quelques (rares) rouge-bruns. Le mécanisme qui a poussé une poignée de militants ultra-gauche vers l'extrême-droite ou des positions proches d'elle sur certains points est connu. Leur haine de la gauche et surtout de l'extrême-gauche, leur détestation de la pensée "politiquement correcte de gauche" sont telles qu'ils prennent systématiquement le contrepied et que certains ont basculé dans le négationnisme. Je ne dis pas que c'est le cas de Roche - et je n'ai guère envie de me taper ses élucubrations, même si elles peuvent comporter des points justes -, mais le peu qui en est cité montre que ce mécanisme de haine maladive est à l'oeuvre - comme tu le confirme en évoquant des attaques délirantes contre ta tendance...

Le deuxième ayatollah Byrrh (à ne pas confondre avec l'excellent apéritif inspirateur de Coca Cola) revient clore la bouche de Lefranc et la discussion, la messe sera dite:

  • La réaction de Gaston Lefranc m'inquiète... Ce serait faire preuve de "confusionnisme" que de signaler qu'un blog disant se référer au prolétariat contient toute une série d'idées qui sont celles d'une partie de l'extrême droite actuelle ?

    Je n'ai pas l'habitude de faire la "chasse aux rouges-bruns" sur internet, ce genre d'occupation a le plus souvent pour résultat de mettre en valeur les gens qu'on cherche à dénoncer et de faire parler d'eux. Qui plus est, l'expression "rouges-bruns" ne fait pas partie de mon vocabulaire, tellement elle me semble salir ceux qui sont réellement "rouges".

    Mais ce forum avait jusqu'à présent pour principe de ne pas pointer vers des sites fachos, ce qui me paraît aller de soi. Gaston Lefranc présente Roche comme un "vieux militant ouvrier", et ça fout les boules, en fait. Parce qu'il y a des positions qui sont irrémédiablement incompatibles avec les idées du mouvement ouvrier, qui sont leur négation, et qui devraient automatiquement rendre infréquentables leurs auteurs. Surtout à une époque aussi réactionnaire et confuse que celle-ci !".

Nous restons sur notre faim, légèrement inquiet pour Gaston Lefranc (si bien nommé): a-t-il été suspendu de la tendance Claire (variété de passerelle gauchiste avec l'ultra-gauche?) ; a-t-il été déporté dans une des sinistres geôles du camarade Fidel Castro? A-t-il été censuré par les ayatollahs réunis du "Forum des marxistes révolutionnaires"?

LE REGNE DU BARNUM SYNDICALO-PEDALO-DEMAGO...

Evidemment je ne me justifierai jamais auprès d'un ayatollah, surtout qu'en général ils vous tranchent la gorge de toute façon. La redondance militante trotskienne, comme stalinienne et ultra-gauche incluse est du même ordre que les proclamations terroristes djihadistes: je suis le garant de la foi et tu dois mourir. Ceux que l'on appelle islamo-gauchistes pour les remettre à leur juste place ne sont que des bâtards du stalinisme (et pas du mouvement ouvrier) mais ils méritent doublement ce qualificatif. D'abord sous prétexte de compatir avec les peuples méprisés de la décolonisation (dont l'idéologie trotskyste avait prétendue qu'elle les libèrerait...) on se couche devant le folklore islamique, se moquer ou critiquer l'islam fait de vous un facho! Jamais je ne me moque des populations arabes ni des croyants prolétaires en général, jamais je ne cesserai de dénoncer TOUTES les religions et toutes les superstitions politiques. Le discours de nos petits ayatollahs en herbe est plein de superstitions et d'amalgames qui étouffent leur propre intelligence sociale, fort bénigne au fait. Ensuite c'est bien de l'élimination de l'autre qu'il est question, oh pas au goulag (disparu), ni par tranchement de la gorge, mais par la lettre écarlate de diverses fumisteries: antiracisme, antifascisme de salon, revendications sociétales de bobos écolos homos hétéros poil au dos! Infamies infantiles qui ne terrorisent que les petits cénacles d'éternels lycéens étrangers à la classe ouvrière et à ses souffrances. Le "barnum syndicalo-pédalo-démago" se croit tout permis et hurle quand on le qualifie pour ce qu'il est: un cartel hétéroclite de flics syndicaux, et de divers clans sociétaux (parcellaires et au fond apolitiques) découpant la "citoyenneté républicaine" en tranches (femmes, homos, écolos, etc.). Nos ayatollahs sont les as du foutage de gueule, et en plus ils n'ont aucun humour. Je n'ai rien contre les pédés, j'ai même d'ailleurs toujours exigé qu'on les respecte. Je n'ai rien en soi contre les syndicats, les féministes, les épiciers, les marchands de tabac, les associations caritatives. Il en faut et ils existent indépendamment de moi ou de tout ayatollah! D'ailleurs les ayatollahs gauchistes et anarchistes sont parmi les principaux "animateurs" autorisés d'une période historique en effet "réactionnaire et confuse". Mais aucun ayatollah ne m'empêchera de dénoncer le syndicalisme moderne comme traître à la classe ouvrière, les féministes comme des bourgeoises, les épiciers comme des voleurs, les marchands de tabac comme des amis du cancer et les associations caritatives comme des supplétifs misérabilistes de l'Etat bourgeois. Personne n'a empêché tel prolétaire conscient de considérer que le cinéma médiatique autour du "mariage pour tous" a été un bon dérivatif du gouvernement Hollande pour faire enculer des mouches au peuple et faire passer au second plan sa politique d'austérité bourgeoise et son impuissance à faire baisser le chômage. Et les ayatollahs gauchistes qui ont été racoler en milieu ouvrier ne sont pas venus nous révéler combien de pieds au cul ils avaient pris.

LE REGNE DE LA RELIGION DE LA SHOAH SACREE ET INDISCUTABLE

Je ne suis ni antisémite ni ami des fachos parce que j'en ai connu quelques uns au lycée et sur mon lieu de travail, je les ai toujours trouvé minables mais pas tous sous-développés intellectuels. La pensée obscurantiste n'est pas que celle du gauchisme officiel, il y a des gros cons partout. Fascisme et stalinisme n'ont pas disparu, ils sont là bien au chaud dans la pensée islamo-gauchiste avec le même virus: celui qui se permet de discuter, de critiquer est COUPABLE, vit en collusion permanente avec l'ennemi, il faut donc le punir!

Je ne suis pas islamophobe – l'islam ne me fait pas peur mais me navre – par contre je comprends tout à fait le sentiment islamophobe quand les gouvernements et leurs médias orchestrent chaque jour la peur du barbu au couteau entre les dents que vous pouvez croiser au coin de votre HLM ou dans le supermarché; l'affaire sinistre de Joué-les-tours vient de jouer un sale tour à la pensée correcte islamophile... Sale bavure policière mortelle camouflée en "forcené coupeur d'oreilles" et soit disant hurlant "allah akhbar" au lieu du cri d'effroi au moment du râle de sa mort: Ah aaaaa....
Les islamo-gauchistes ont pour caractéristique le simplisme de leurs maîtres (au pouvoir): toooolérance pour tououououtes les religions, lutte (d'estrade et aléatoire) contre l'antisémitisme,
contre l'homophobie... Le pouvoir féodal comme capitaliste et colonialiste a toujours été basé sur une morale: faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais. C'est la même leçon qu'exsude le gauchisme. En privé j'en ai connu beaucoup qui exprimait un autre fond de pensée. Le militant "pur" est toujours louche, il campe dans sa stature de donneur de leçon, mais c'est un cuistre agité du bonnet et simplificateur à l'extrême. Non pas qu'ils soient indifférents à la présence grandissante dans le métro d'une population hétéroclite (et hétérosexuelle...), colorée, voilée, visages hostiles, et surtout marquée par la misère – mais ils ne vous diront jamais le fond de leur pensée, souvent aussi primaire parfois que vous et moi. Un ayatollah est pur, "pur" de tout racisme, dénonce cette "peur pathologique" de la vile multitude franco-française; il n'est purement pas suggestible aux faits divers, combattant à chaque fois vaillamment pour une "alternative" électorale face à l'exploitation par les camarades au gouvernement, et pour une promesse d'avenir où une fois au pouvoir il se conformera au réalisme de la gestion du "possible" réformiste (comme cela risque d'être bientôt le cas des "rouges" grecs, amis des Mélanchon et de Nathalie Artaud), réalisme d'obédience moderniste comme il se doit mais en gardant les "idées du mouvement ouvrier"comme Hollande qui nie s'être moqué des "sans-dents" mais ne s'est pas soucié que les dentistes baissent leurs tarifs.

L'autre grande mystification qui sert de credo à ces brigands sans cause crédible est sans conteste La religion de la Shoah – la deuxième boucherie mondiale présentée comme seulement et prioritairement une volonté d'exterminer les juifs. Aléatoire mystification principalement mise en place par l'historiographie US (et ses larbins Lanzmann et Cie en France ) – pour supprimer toute allusion au caractère fondamentalement impérialiste de la guerre mondiale et faire retomber toute causalité sur la seule gueule à Hitler. Le trotskysme qui, majoritairement, avait choisi un camp impérialiste à l'époque, a légué à ses héritiers le patronage de l'interprétation du camp vainqueur, qui l'est doublement puisque celui qui conteste la simple causalité antisémite se voit aussitôt qualifié peu ou prou de pro-nazi ou plus diplomatiquement de "rouge-brun". Essayer de raisonner sur les mille mystifications qui nous tombent dessus est "haine maladive"

Nous sommes là à la racine de la "pensée unique", du chef d'Etat jusqu'au plus petit gauchiste de base. Chevalier de la Barre ôte ton chapeau et plie au passage du char de l'Eglise totalitaire républicaine et gauchiste!

C'est mal de constater divers lobbies juifs, comme c'est mal de considérer qu'il y a aussi des lobbies homos, parpaillots, musulmaniaques, un puissant lobby auvergnat, etc. Et des "juifs de cour"; qui se déclarent comme tels (cf. Stéphane Bern, Elisabeth Lévy) avec humour. Nombre d'intellectuels ou journalistes juifs s'exhibant comme nationalistes juifs, amis indéfectibles d'Israël, cela ne favoriserait pas l'antisémitisme qui n'est pas assimilable au nationalisme juif de cet Etat? Ou au moins le nationalisme palestinien? Les ayatollahs post-laïques n'ont pas seulement un cerveau hémiplégique mais des oeillères pour ne pas voir qu'ils défendent au fond en même temps les deux nationalismes, à ma gauche le pauvre peuple palestinien (sans Etat et dans un Bantoustan) et à ma droite un micro Etat "juif"colonialiste et profondément raciste mais sanctifié intouchable au souvenir des cinq ou six millions massacrés par Hitler. On peut considérer cette hémiplégie comme relevant de la débilité islamo-gauchiste, ambivalente, confuse, contradictoire et complice de toutes les mystifications. Et totalement extérieure à l'histoire et aux visées du mouvement ouvrier.

SOUS LES INSULTES rétro-bobos UNE POLITIQUE D'ESQUIVE

Tout ce qui est surligné par le cuistre Bihr évite soigneusement les vrais scandales de la bourgeoisie dominante: la problématique immigrée d'abord, et les impossibles promesses gouvernementales. Le gouvernement et ses médias masquent sciemment l'ampleur de la fuite éperdue des immigrants, et surtout que les arrivées vont être de plus en plus massives. Un militant connu qui aide et secours les divers arrivants à Calais m'a confié que les chiffres sont minimisés et croissants. Normal des populations entières fuient les guerres de rapines en Afrique et au Moyen Orient, ou des dictatures féroces. Le capitalisme déborde de sang et de corps de femmes et d'enfants noyés. La libre circulation de l'immigration au nom des droits de l'homme et des droits des patrons à surexploiter les apatrides ne va pas aboutir à autre chose qu'au maintien des inégalités, du mépris et de la ghettoïsation des derniers arrivants comme cela est le cas pour les noirs américains, nullement émancipés ni intégrés à une société de classe blanche et fermée. On va voir la mise en place de grands camps de réfugiés en Europe comme c'était le cas jusqu'ici seulement dans le tiers-monde. Ce n'est pas en construisant des mosquées et en laissant ouvrir quelques boucheries halal que les Etats vont fournir un travail à cette masse croissante de déshérités. La conscience de ce phénomène dépasse le simple étonnement face à la mixité raciale dans le métro ou les simples pinaillages sur le taux d'immigrés et les concessions à la culture d'exportation islamique. Elle va poser le problème de la destruction du capitalisme qui étouffe de plus en plus les populations, est incapable de respecter le monde du travail, et rejette de plus en plus de simples "bouches à nourrir" que la politique d'assistanat ne sera plus en mesure un jour d'empêcher de se livrer à l'émeute. Il ne faudra pas compter sur les dames patronnesses caritatives ni celles du gauchisme de la phrase pour donner confiance en soi au prolétariat universel. C'est par la reprise des combats traditionnels du "mouvement ouvrier" qu'on pourra sortir de l'ornière et de l'enfer capitaliste, et nos donneurs de leçons de morale antiraciste se retrouveront du côté bourgeois de la barricade. Et nous retrouverons certainement de nombreux prolétaires immigrés au devant des combats comme en 1871, en 1917 et dans toutes les grandes grèves du mouvement ouvrier.




1Faux nez d'un certain Alain Bihr, banal universitaire de profession, que je m'étais farci à Strasbourg il y a une vingtaine d'années alors qu'il posait au pape d'une revue ronéotée, variante autogestionnaire de la CFDT, d'une naïveté confondante et politiquement nulle; l'individu était très susceptible et très nerveux, ne supportant pas la contradiction. Il a publié quelques bouquins lourds et insipides, n'est pas A.Finkielkraut qui veut. Je n'ai pas réussi à identifier les autres fausses barbes qui disent me connaître. On se pâme devant ce "tombé à plusieurs reprises par hasard", si le gus continue à tomber à plusieurs reprises sur le blog en question ce n'est plus par hasard mais parce qu'il cherche quelque chose, qu'il s'ennuie ou qu'il est émoustillé.
2Cet ayatollah ne se rend pas compte de ce qu'il écrit (ou bien avoue in fine qu'il est lui négationniste "malgré lui"), oui je confirme que des installations ont été faites par les nazis pour tuer spécialement cette partie de l'espèce humaine qui se désigne comme juive, et des chambres à gaz en particulier. C'est de l'antisémitisme que de reconnaître ou rappeler cette horreur? Moi je ne suis pas fils des "malgré nous" alsaciens qui ont aidé la division Das Reich à massacrer la population d'Oradour sur Glane.
3Non seulement la première partie de ce paragraphe est un copier-coller repiqué sur l'AFP mais je maintiens mon commentaire par après sur le confusionnisme anti-marxiste de l'idéologie gauchiste. Déjà dans les années 80 Bihr était un petit promoteur des idéologies parcellaires (écologisme, féminisme, etc.) antinomiques à la spécificité fondamentale de la lutte des classes (cf. sa revue ronéotée provinciale strasbourgeoise, radicale gauche CFDT).
4Ce hâbleur souligne ce qui est à réfléchir dans ma critique du "diable" Zemmour. Zemmour n'est lui aussi qu'un arriviste comme les femmes journalistes qui couchent avec les députés ou ministres; par sa provocation pour mieux écouler son brouet, demi-réhabilitation du criminel de guerre Pétain (qui aurait sauvé les juifs français... alors que nombreux de "bons français juifs" ont été aussi envoyés à la mort par l'encadrement policier et pas spécialement par la SNCF) il a réussi un coup de maître: faire de son pensum un best-seller, qui, du fait d'une aussi grosse distorsion amenuise les nombreux constats véridiques du délitement de la société en communautarismes et en décors de bazars du tiers-monde (cf. Les quartiers pakistanais à Londres ou certains quartiers banlieusards en France). Arrogants face à la dénonciation de la fausse mixité sociale, ces bobos ont déserté (ou n'habitent pas) les ghettos. Ils logent en particulier dans les quartiers branchés de la capitale.
5Le "malgré nous" Bihr ne souligne que ce qui ne dérange pas la doxa officielle mais nullement la corruption étatique, le machiavélisme d'Etat qui officialise l'extension d'une religion de la soumission (formation d'imans made in France, salles de prière en usines, repas diversifiés dans les cantines scolaires, etc). La tolérance initiale de la gauche gouvernementale dans l'Eduque Naze du voile a finalement été remise en cause sous la pression de la "majorité silencieuse" si méprisée jusque là par les intellectuels de gouvernement. Tous les débats officiels à la TV méprisent et se moquent de ces "beaufs" qui n'acceptent pas des "cultures différentes". J'en fais partie et je ne prendrai qu'un exemple: la boulangerie d'Arcueil à Laplace, commune prolétaire plutôt électrice des néos-PCF. Lorsque le boulanger arabe a remplacé sa vendeuse vietnamienne par sa femme voilée, la moitié de la clientèle, dont moi, a déserté pour aller trois cent mètres plus loin dans une boulangerie française. Le commerçant a vite fait marche arrière et remis à la caisse la vendeuse vietnamienne tête nue. La boucherie halal juste à côté n'a pas tenu deux ans, et son local est à louer à présent. Il existe donc une résistance feutrée à l'envahissement du folklore musulman, comparable au boycott des magasins de collabos à une époque pas encore oubliée.
6Je ne savais pas qu'il était homo et je m'en fiche, mais je l'emmerde parce que ses oeillières sont trouées, même ladite extrême-droite n'affiche plus sa haine des homosexuels, la preuve : un des principaux mégaphones du FN peut plastronner sans honte de sa sexualité et être un régulier du PAF avec estime du public parce qu'il est intelligent et dit souvent moins de conneries que la plupart des politiciens bcbg qui font partie de la bonne société conviviale de monsieur le sociologue expert en insultes à la Vichinsky ou à la Mc Carthy.
7Vérié est une contraction sans doute d'avarié; cet individu, petit chef de LO au début des années 1970 se faisait appeler Verdier ou Verrier, puis s'est fait connaître comme Gérard Delteil, auteur de roman policier à la sous-Manchette, véhiculant les poncifs bien pensants qui font jouir ses lecteurs gauchistes. Lorsque je l'ai croisé à la fête de LO il y a 3 ou 4 ans, nous n'avions même pas parlé de ces cons de trotskiens mais de son ex-ami de Combat Communiste (scission bâtarde de LO), le sirupeux démocrate pro-américain Yves Coleman, qu'il avait dégoisé en déplorant qu'il soit devenu un "anarchiste de droite", mais pas "rouge-brun", ouf!
8As du double langage comme tous les troskiens parvenus, on remarquera ici la petite fleur en direction de son lectorat gauchiste, dont il dit aussi pis que pendre en privé. Si c'est bien lui, il me déçoit car il a fort courageusement contré et gagné un procès contre le procureur falsificateur D.Daeninckx. Cet autre chasseur de nazis de pacotille.
9Voilà quelqu'un d'intelligent et qui permet de respirer, mais je n'écris des choses dégueulasses que pour les partis ou sectes dégueulasses, et vous pouvez relire ce que j'ai écrit sur la tendance Claire; je fais une critique politique je ne suis pas ordurier et j'ai trouvé (et publié) la réponse d'un rédacteur de cette tendance correcte et le lui ai dit. Est-ce une tendance passerelle du gauchisme vers l'ultra-gauche? Je m'en fous. Je pense qu'il n'y a pas que des idiots chez les gauchistes. Cette tendance est diabolisée par contre par la secte CCI qui a accusé sa propre tendance diabolisée de collusion avec le NPA. Ce qui est interprétation paranoïaque, la tendance Claire a le droit de publier les textes qui lui semblent intéressants – ils ont même publié paraît-il des miens. Nous on s'en fout des droits d'auteur, des réputations littéraires et des cloisonnement politiques sectaires. Les idées ne sont la propriété de personne et la vérité finit toujours par creuser son chemin indépendamment des ayatollahs de la pensée correcte de la gauche environnante au pouvoir et de ses ministres anciens gauchistes ou copains des Bihr et Cie.

samedi 27 décembre 2014

QUAND UN FILM PEUT DEVENIR SUBVERSIF

DEUX DARDENNE UNE MARION

(notes sur le film des frères Dardenne "Deux jours, une nuit", ses contempteurs sectaires et l'agonie du syndicalisme)


Les films de guerre ou sur les guerres mondiales ne sont jamais subversifs comme nous venons d'en subir les images plus commémoratives que réflexives tout au long de l'année qui vient de s'écouler. Sous certains aspects, comme un article choc, un livre important, un événement marquant, un film peut être subversif, et la subversivité de ce film échapper complètement à une poignée d'intellos qui se piquent de connaissance approfondie en subversion historique.

Des films qui traitent de la condition ouvrière il y en a peu pour ne pas dire de moins en moins. Mais il y a eu de plus en plus de films sur les cols blancs, sur des péripéties personnelles, conflictuelles, amoureuses qui mettent en scène tout de même cette classe ouvrière moderne, si névrosée, si niée, apparemment si impuissante à prétendre s'extraire de son sort. Le cinéma à gros budgets et gros profits préfère les scénarios inspirés de faits divers juteusement sanguinolents, une variété d'histoires d 'éternels marginaux ou de détraqués qui saisissent de frayeur les spectateurs, ou encore des aventures extraordinaires avec effets spéciaux. Je ne crache pas dans la soupe ni ne méprise la distraction pour tous les goûts. "La famille Bélier" est un moment d'enchantement avec un scénario simple comme l'était "bienvenu chez les chtis". Le théâtre du dix-neuvième siècle a été totalement supplanté en milieu disons populaire par la "distraction cinématographique", qui est aussi recueillie par le creuset TV, nécessaire pour atténuer la monotonie du quotidien des "gens honnêtes" et "sans histoires". Le cinéma de propagande "populaire" ou "prolétarienne" est mort de sa nunucherie1. Les cinéastes gauchistes et tiersmondistes de l'après 1968 tentèrent bien également de nous faire le coup; il suffit d'en revoir quelques uns pour déplorer tant de navets pas tant imbuvables que ridicules. En général le militant lambda de l'ultra-gauche fossile n'a pas le temps d'aller au cinéma, et consacrer des articles à des films ou livres serait une insulte au papier réservé à l'éducation politique du prolétariat inculte. En général depuis trente ans, avant l'excellente invention de la bloggerie universelle, la secte ne consacrait que très peu d'articles aux films ou aux livres, considérant, comme ses diverses scissions ouvriéristes, qu'on ne saurait parler d'autres choses que des augmentations de salaire, des licenciements et du squelette du parti futur, au minuscule échantillon des masses prolétariennes susceptibles de s'intéresser à une aride prose politique pour l'essentiel dénonciatrice des malheurs et distractions perverses du capitalisme "à l'agonie"2.
Comment se fait-il que la secte ultra-gauche - mais rassurez-vous fort accommodatrice désormais au démocratisme convivial autant qu'elle s'est réduite comme peau de chagrin3 - ait réservé quelques colonnes, quoique gratuites, de son blog au film de la confrérie Dardenne? Parce qu'ils n'ont plus rien à dire hormis les radotages sur la décomposition du capitalisme et la trahison infinie de la gauche caviar?
Je me prends à penser que c'est parce que ledit film sous ses airs sociologiques inoffensifs, colle de trop près à la vérité de la condition ouvrière aujourd'hui, sans prétention propagandiste, sans fioritures marxistes ou anarchistes, a vexé nos purs propagandistes", enlevant le pain psycho-politique de la bouche à ces donneurs de leçon d'une classe "atomisée" et qui "a besoin des guides de l'organisation révolutionnaire". Les "purs" sont sortis de leur trou comme les Témoins de Jéhovah ulcérés par la pornographie. Le film des frères Dardenne, comme leur oeuvre, n'a aucune prétention révolutionnaire, et c'est très bien. Car la prétention révolutionnaire est ridicule et revient depuis cent ans à prendre les prolétaires pour des cons. Le travail des deux cinéastes est bien plus intéressant qu'un prêche marxiste car il est recréation de la réalité. Ce que nous savons tous plus ou moins confusément – ce genre de deal sordide proposé par un patron cynique d'une PME, primes contre le licenciement d'une ouvrière – et qui se déroule tous les jours sous nos yeux, il ne sert à rien de le dénoncer ni d'écouter les lamentations hypocrites de la gauche de la gauche et de leurs bonzes syndicaux contre la marchandisation du monde et l'enrichissement inouï. Non il s'agit de faire VIVRE, ou revivre l'humiliation subie dans la tête du spectateur. Peu importe le début ou la fin et il n'y a pas de morale contrairement à ce que prétendent les critiques qui se veulent connaisseurs. Il y a un constat. Intériorisé. On ne pourrait pas se contenter des films Dardenne ou on sombrerait dans la dépression, même s'il y filtre l'espoir. Heureusement le reste du cinéma mondial offre des occasions de rêver, de se marrer ou d'apprécier des films d'amour.
Le vieux militant qui a signé Sandra B (pour moquer la Sandra du film, trop pleurnicharde à son goût) ne nie d'ailleurs pas le talent des cinéastes, ni le constat, mais leur reproche le constat et l'absence du discours d'éducation à la "solidarité prolétarienne de l'avenir"4.


Comme la critique lamentable des journaux de la droite caviar – qui n'y ont vu que répétitions et gaucherie, typique de leur vision méprisante de la classe ouvrière... une classe astreinte justement aux tâches répétitives - la secte CCI (Cercle Concentrique Interne) n'aura vu dans le film des frères Dardenne (Deux jours, une nuit) qu' "un hymne à l'abandon du combat de classe". Je résume l'avis, que je partage, de la plupart des critiques positives des articles des spécialistes du cinéma, par les deux extraits suivants:
"Le cinéma-vérité des frères Dardenne, (...), prend toujours aux tripes, mais sans jamais verser dans l’émotion facile. En accompagnant Marion Cotillard dans son chemin de croix, sans discours, tout est dit sur la crise, la dureté du monde du travail. En rupture de glam, la comédienne nous chavire.
"Récit sur les aléas de la solidarité entre petites gens, par le passé valeur prolétarienne fondamentale, "Deux jours, une nuit" stigmatise les temps nouveaux, où l'individualisme prime sur le partage. Sans pour autant tomber dans le pessimisme. La morale du film stigmatise l'effort sur soi nécessaire pour ne pas sombrer dans le désespoir, afin de s'en sortir"5.
Et comme un autre critique de cinéma, C. Narbonne le décrit très finement, ce genre de cinéma vérité n'est pas statique comme une secte politique qui va répétant les mêmes concepts depuis trois décennies, la trajectoire créative des deux cinéastes n'a rien à voir avec la mode des films "no future", trash et gore qu'affectionne Hollywood ou le petit monde des arrivistes bobos du cinoche français qui se complait dans la description de marginaux paumés:

"Il y a quinze ans, les frères Dardenne faisaient de Rosetta, cette affranchie mal peignée et mal embouchée, le symbole du « peuple de la démerde » prêt à tout pour s’en sortir, quitte à abandonner en route un bout de son âme. Rosetta, c’était le monstre honteux enfanté par les années fric, le dommage collatéral du capitalisme sauvage, dont il reprenait à son compte le cynisme et l’aveuglement jusqu’au-boutiste. Depuis, au « tout est permis » et au « chacun pour soi » a succédé le « bien-vivre ensemble ». La crise a refroidi les ardeurs les plus ancrées et a transformé le peuple de la démerde en masse solidaire et droite. Gravement dépressive, Sandra passe ainsi toute la durée du film à se redresser dignement dans l’adversité quand la volontaire Rosetta se tassait de plus en plus sous le poids de sa culpabilité. Dans la filmographie des Dardenne, riche en drames sociaux « no future », Deux Jours, une nuit marque un tournant dialectique assez net. Fidèles à leurs idéaux, les frères belges ont compris que l’époque était au dialogue âpre mais concerté et non plus au repli sur soi suicidaire ou à la fuite en avant. Cela se traduit par une narration moins directe, un rythme moins soutenu et une mise en scène moins punchy qui pourront déconcerter de prime abord. Comme tous les films de rupture, Deux Jours, une nuit, porté par l’interprétation retenue de Marion Cotillard, est une belle promesse de renouvellement" (cf. Première).

SE BATTRE POUR RETROUVER UNE VIE SOCIALE

Le cinéma des frères Dardenne est le produit d'une école de l'épure au cinéma, qui a survécue aux diverses modes des cinémas dits d'avant-garde, une école que je dirai classique, et qui survit à toutes les modes parce qu'elle est le résultat d'un travail d'orfèvre en effet comparable à celui des grands maîtres de la peinture flamande, le néoréalisme italien de Rossellini, mais aussi les rigoureux et exigeants Bresson et Pialat, et on peut ajouter Cassavetes et Claude Sautet. Je ne vais pas vous analyser ici les plans-séquence du film ni les interprétations snobs des critiques de cinéma, mais l'impression, tout à fait subjective, que peux faire et que m'a fait ce film.
Il met tout de suite mal à l'aise, et c'est pourquoi il n'est pas un film de distraction mais de réflexion6. Il met mal à l'aise pour une raison qui a échappé à tous les critiques et aux gandins en tenue de soirée du festival de Cannes. Il est d'abord hors de la réalité. Les réalisateurs expliquent dans le supplément s'être inspirés de faits divers quotidiens dans la presse où dans plein de petites boites les ouvriers sont soumis au chantage à la baisse des salaires ou aux journées chômées pour maintenir la pérennité de l'entreprise ou le "destin commun patron et ouvriers" comme le chanta notre jeune milliardaire et fringant ministre de l'économie Macron lors de son intronisation par la commission parlementaire au mois d'octobre. Premier défaut de casting à mon sens, la première victime de la liste "destruction d'emploi" ne se défend jamais elle-même dans la réalité sociale. Mais c'est un truc des Dardenne que la plupart n'ont pas vu; d'ailleurs, clin d'oeil à la réalité, vite oublié, c'est Juliette la collègue de Sandra (= Marion Cotillard magnifique!) qui l'attrape par la manche pour aller exiger un deuxième vote auprès du patron. En réalité on ne se défend pas lorsqu'on est condamné, on accuse le coup, on pleure, on tombe malade, on se suicide; et à toutes les époques. Et surtout: ON EST SEUL (nombre d'anciens militants m'ont témoigné de leur dégoût de l'absence de solidarité dans la secte CCI, et je n'en ai ressenti aucune non plus soit quand je me suis fait casser la gueule par les staliniens, tout comme lorsque j'ai été inquiété à mon boulot). Même avec des soutiens réels de proches, on reste seul face à sa déchéance sociale. Il n'y a ni parti ni syndicat pour vous soutenir. Cela les cinéastes belges le démontrent à fond la caisse. Rien ne peut extraire Sandra de la solitude de l'humiliation, de la remise en cause professionnelle et donc sociétale, ni son mari attentif et consolant ni ses rares collègues fusionnelles. Le truc des Dardenne qui met immédiatement mal à l'aise c'est cette ficelle de départ où la personne licenciée doit s'abaisser à se défendre face à l'égoïsme de la majorité des collègues. Mais cela a toujours été comme cela de tout temps dans la classe ouvrière; il faut être un pur sectaire pour l'ignorer et chanter les inénarrables couplets vides à la "lutte ensemble et solidaire"! Le spectateur – celui en smoking de Cannes comme le cariste d'Aubervilliers – est choqué de l'absence de solidarité... apparente, et du fait que la victime prolétarienne sans prolétariat massif est obligée de se "démerder". Ce n'est pas la réalité en pays développé toutefois depuis des décennies. Tout de suite vous pouvez avoir recours aux Prud'hommes, un syndicaliste quelconque accourt aussitôt telle une assistante sociale oecuménique, et il y a toujours un ou deux collègues pour protester ou vous plaindre. Mais chez les Dardenne le parti-pris de l'épure l'emporte: ils se sont débarrassés de tous ces missi dominici de l'assistanat social – pas de syndicaliste, pas de grève pour l'honneur, pas d'appel au brûlage de pneu devant la résidence secondaire du patron – pour livrer le "vécu". Oui le vécu individuel pas individualiste, personnellement meurtri pas le bisounours symbole des "intérêts communs" et bientôt sanctifié. En se débarrassant justement de toute la propagande misérabiliste qui entoure les régulières "destructions d'emploi", plus souvent au compte-goutte que "collective", ce qui évite l'explosivité mais favorise la destructivité, les cinéastes dévoilent et nous font vivre la souffrance individuelle qui est incoercible. Il n'y a pas de morale selon laquelle on serait impuissant selon l'interprétation des critiques bourgeois et de Sandra CCI, mais un constat qui fait mal, et ce constat n'est pas l'individualisme mais la SOLITUDE, solitude qui est aussi celle de ceux qui ont accepté la prime quitte à ce qu'elle ait pour conséquence le licenciement de leur collègue. La dénonciation de l'individualisme contemporain est le gimmick du libéralisme et de toutes les sectes révolutionnaires modernes, et la fixation sur cette notion finit par ne plus rien expliquer du tout. Sandra made in CCI dénonce une recherche de la solidarité d'individu à individu, donc chant à la gloire de l'individualisme! Quelle bêtise! C'est pourtant typique d'une secte qui a toujours comporté pour l'essentiel des petits profs et divers fonctionnaires des secteurs protégés, et qui oublie que le scénario se déroule dans une ...PME, endroit encore féodal pour les rapports de classe où les prolétaires sont forcément plus terrorisés et individualisés. C'est un autre truc des Dardenne, qui permet de dépouiller leur film coup de poing de tout bla-bla syndical et autres promesses gauchistes ou ministérielles. Dans la réalité, même dans les grosses entreprises, la défense des licenciés est toujours passée par le porte à porte, seuls des révolutionnaires en peau de lapin qui n'ont jamais fait grève ou jamais secouru un camarade de travail peuvent nier cette réalité. Ce qui apparaît en filigrane chez les malins frères Dardenne, et que Sandra CCI ne voit pas, les collègues ont fini par se téléphoner entre eux, la solidarité est en marche indépendamment du porte à porte désespérant de Sandra, la formidable Marion Cotillard qui marche épaules voûtées, le pas lourd, les hanches épaisses, le chignon rapide, pas sexy, au bord de l'asphyxie et qui campe si bien ces millions d'ouvrières harassées comme elle avait incarné magnifiquement Piaf. Les autres acteurs sont eux aussi géniaux de vérité; chaque ouvrier convié à se prononcer me fait penser à tel ou tel ancien collègue, au caractère de l'un ou à l'emportement de l'autre. Moi-même, ouvrier plus de trente ans dans une grande entreprise nationalisée j'ai pratiqué le porte à porte plus d'une fois pour sauver tel collègues de "la porte". Le porte à porte ne signifie pas chant de l'individualisme, d'autant qu'à l'époque les autres du CCI étaient plutôt fier de mon action et de mon dévouement, mais tout simplement souvent "d'informer": "tiens me dirent certains, on n'était pas au courant, les syndicats n'ont rien dit", ou "désolé j'étais en vacances... mais oui on va tous poser le sac", etc. Fabriquer une banderole, planifier une massif, haranguer au mégaphone, je savais faire. Mais la victime elle restait toujours prostrée, voire gênée qu'on "prenne des risques pour elle". C'est cela que donne à voir la "synthèse Dardenne". Evidemment ils ne prônent pas le "grand soir", ficelle usée non pas tant que la nécessité de la transformation violente de la société bourgeoise ne soit plus une nécessité, mais cela ne peut avoir lieu à coup de coups de clairon sémantique ni par harcèlement vocal. Ce n'est pas non plus leur rôle en tant que cinéastes qui n'y connaissent rien en projet communiste ou anarchiste de révolution, et qui, si leur discours était dangereux trouveraient vite le chemin du pôle emploi belge. Ce cinéma, qui possède l'imprimatur officielle, n'est pas subversif et ne peut pas l'être, et on s'en fout. Il nous intéresse parce qu'il donne à voir l'humiliation et la destruction de l'individu même jeté hors d'un travail idiot, parce que ce travail idiot permet de bouffer et d'élever les gosses. Le talent des cinéastes tout en montrant bien cette réalité ne nous pousse pas à pleurnicher, en fixant toujours la caméra sur la principale victime, si seule malgré l'amour que famille et amis lui prodiguent. Finalement ils sont aussi subversifs que les hommes de théâtre du dix-septième siècle, comme La Fontaine, qui parvenaient à moquer les puissants sous des oeuvres apparemment anodines.

MALGRE LA DECHEANCE DU SYNDICALISME LA SOLIDARITE PEUT RENAITRE

Lorsqu'on survole l'histoire du mouvement ouvrier on ne peut être que fier de la place longtemps occupée par le syndicalisme, malgré ses divisions, ses échecs, pour sa participation à la constitution d'une conscience de classe universelle, pour son rôle de ciment dans la compréhension de la nécessité de l'unité de classe, de la communauté d'intérêt, mais le syndicalisme a toujours été un cheval fou sans tête et sans réelle perspective de changement de société. Le livre de Davranche, dont je ne cesserai de faire la publicité – Trop jeunes pour mourir 7- le démontre amplement.

LE FILM REFLETE BIEN L'INANITE DU SYNDICALISME

L'échéance du film choque Sandra CCI non seulement parce qu'elle ne parle pas des clés (marxistes) de l'avenir de l'humanité mais parce que notre belle Sandra "s'adapte" en se barrant finalement de cette boite de merde pour aller chercher un job ailleurs. Mais nous on s'en fout pour l'heure des clefs de l'humanité et on est plutôt content qu'elle se barre parce qu'on sait qu'elle peut sauver le CDD de son pote noir qui a pris le risque de la solidarité et qui était l'objet du deuxième deal pourri du patron. Là aussi, contrairement à cette conne de Sandra bis "pure" et sans crédit, les cinéastes ne prétendent pas parler au nom de toute la classe ouvrière mais creuser la difficile notion de solidarité actuelle. Leur génie est justement de montrer, chez Sandra et chez ses collègues, qu'elle reste et est bien présente même dans les plus petites cellules du prolétariat moderne, contrairement aux sectes prétendues marxistes et "gauche communiste traditionnelle" qui sont restées toujours extérieures à la classe ouvrière et celle-ci indifférente à leurs jérémiades ou radotages. Sur le fond, et le supplément au DVD le montre bien, dans la plupart des TPE et PME les ouvriers sont obligés de courber l'échine. C'est la réalité des rapports sociaux depuis l'origine de l'industrie capitaliste. Seule les fortes concentrations ouvrières ont pu institutionnaliser un rapport de force, mais le schéma féodal patron/ouvrier individuel, qui est passé par le schéma patron/ouvrier+ syndicat, est retombé dans un autre rapport féodal : patron+syndicat/ouvrier.

De même que les clichés bourgeois traditionnels "ils sont morts pour que tu es le droit de vote et la possibilité de t'acheter un écran plasma" ne m'ont jamais impressionné, de même le martyre des syndicalistes tentant carrière dans les PME ne m'a jamais angoissé ni enclin à croire que le syndicalisme allait renaître de ses cendres8. Le syndicalisme n'a jamais été révolutionnaire ni en petit ni au faîte de sa reconnaissance officielle par l'Etat bourgeois. Au plus loin que je puisse remonter aucune grève syndicale ne débouche sur une révolution, désolé camarade Lénine! Ce sont les grèves politiques qui ont généralement déstabilisé l'Etat bourgeois. L'exécution de Francisco Ferrer en 1909 en Espagne a suscité le mouvement de protestation prolétarienne le plus important depuis la Commune de Paris en termes de grèves, manifestations et émeutes. De même l'affaire Sacco et Vanzetti, beaucoup moins hélas la condamnation injuste du secrétaire anarchiste du syndicats des charbonniers Jules Durand, plus détruit et ignoré que le capitaine Dreyfus. Mai 68 est provoqué par la répression contre les étudiants pas pour une hausse des salaires.
Ce n'est ni la misère ni la dépression personnelle qui entrainent les révolutions sinon on s'en serait aperçu. Les navets simplistes du proletkult bolchevik, s'ils gardent un aspect romantique et décalé, n'en comportent pas moins une vérité, c'est contre la guerre, contre l'injustice suprême que la révolution éclate9, c'est pour contrer un moment politique d'appel au meurtre national par la bourgeoisie que le prolétariat s'est toujours réellement insurgé... les armes à la main. Pas pour que les élites patronales et syndicales ouvrent les négos entre eux et palabrent à la télévision sur l'absence de solidarité des ouvriers, la chute de l'encartage syndical ou le scandaleux vote pour Marine à la peine.

LE CINEMA DE CREATION POUR LUTTER CONTRE LE CINEMA RELIGIEUX

Je conclus sur ces superbes extraits des écrits de Trotsky sur le cinéma - à la fois archaïques, dépassés mais aussi en partie très actuels - qui explique que celui-ci peut devenir un excellent moyen de lutte contre la religion, toutes les religions y compris l'islam qui n'occupait pas autant l'écran du monde à son époque et qui a su récupérer en partie le cinéma ou tout au moins les vidéos avec égorgement, appât alléchant comme justification et vengeance pour les petits paumés maghrébo-français dans leur haine de la société actuelle dont ils ignorent les causes capitalistes et toute alternative humaine communiste.


« Le désir de se distraire, de se divertir, de s’amuser et de rire est un désir légitime de la nature humaine... Actuellement, dans ce domaine, le cinématographe représente un instrument qui surpasse de loin tous les autres. Cette étonnante invention a pénétré la vie de l’humanité avec une rapidité encore jamais vue dans le passé. »

« C’est un instrument qui s’offre à nous, le meilleur instrument de propagande, quelle qu’elle soit - technique, culturelle, antialcoolique, sanitaire, politique ; il permet une propagande accessible à tous, attirante, une propagande qui frappe l’imagination ; et de plus, c’est une source possible de revenus. »

« Le cinématographe rivalise avec le bistrot, mais aussi avec l’Eglise. Et cette concurrence peut devenir fatale à l’Eglise si nous complétons la séparation de l’Eglise et de l’Etat socialiste par une union de l’Etat socialiste avec le cinématographe. »

« On ne va pas du tout à l’église par esprit religieux, mais parce qu’il y fait clair, que c’est beau, qu’il y a du monde, qu’on y chante bien ; l’Eglise attire par toute une série d’appâts socio-esthétiques que n’offrent ni l’usine, ni la famille, ni la rue. La foi n’existe pas ou presque pas. En tout cas, il n’existe aucun respect de la hiérarchie ecclésiastique, aucune confiance dans la force magique du rite. On n’a pas non plus la volonté de briser avec tout cela. »

« Le divertissement, la distraction jouent un énorme rôle dans les rites de l’Eglise. L’Eglise agit par des procédés théâtraux sur la vue, sur l’ouïe et sur l’odorat (l’encens !), et à travers eux - elle agit sur l’imagination. Chez l’homme, le besoin de spectacle, voir et entendre quelque chose d’inhabituel, de coloré, quelque chose qui sorte de la grisaille quotidienne -, est très grand, il est indéracinable, il le poursuit de l’enfance à la vieillesse. »

« Le cinématographe n’a pas besoin d’une hiérarchie diversifiée, ni de brocart, etc. ; il lui suffit d’un drap blanc pour faire naître une théâtralité beaucoup plus prenante que celle de l’église. A l’église on ne montre qu’un "acte", toujours le même d’ailleurs, tandis que le cinématographe montrera que dans le voisinage ou de l’autre côté de la rue, le même jour et à la même heure, se déroulent à la fois la Pâque païenne, juive et chrétienne. »

 Le cinématographe divertit, éduque, frappe l’imagination par l’image, et ôte l’envie d’entrer à l’église. Le cinématographe est un rival dangereux non seulement du bistrot, mais aussi de l’Eglise. Tel est l’instrument que nous devons maîtriser coûte que coûte!"



 
1Ses premiers initiateurs, avant le grand raout idéologique culturel stalinien, le "Cinéma du peuple" des années 1910 en France échoua parce que basé sur l'idiotie de la théorie d'une possible "culture prolétarienne", comme si la description du monde du travail ou son héroïsation cinématographique pouvait distraire les prolétaires voire les catéchiser pour les pousser plus vite à faire la révolution (lire les bonnes pages sur le début de ce cinéma dans la somme de Guillaume Davranche: "Trop jeunes pour mourir" (la véritable histoire du mouvement ouvrier à la veille de 1914) ed l'insomniaque (oct 2014). Le simplisme idéologique du cinéma bolchevik n'a lui pas effacé ses inventions esthétiques.
2Les chercheurs ou historiens qui voudront bien éventuellement retrouver les auteurs des articles culturels seront étonnés de retrouver surtout un certain Pierre Hempel, et ses divers autre pseudos: Rigault, Damien, PH, JLR, etc. Sans doute diront certains une vieille déviation gramsciste de "l'individualiste" JLR!
3Sur Face Book, surprise récente de taille, le reniement du crypto léninisme version anar radical du GCI, micro secte belge, plus ou moins issue du CCI, qui jusque là menaçait le monde entier de la prise du pouvoir par le parti et surtout du recours à la puissance historique de la "terreur rouge" appuyée par des analyses marxisantes chiadées de la crise économique finale bientôt décisive dans la mesure où la classe d'en soi allait devenir pour soi!
4"Des qualités artistiques au service d'une thèse démoralisatrice".
5La secte reprend cette même citation de journaliste critique de cinéma, sans la comprendre, en l'assimilant à un présumé chant à la gloire de l'individualisme, or la citation et sa dernière phrase dit tout le contraire!
6Comme d'autres films, moins élaborés techniquement, peuvent être des films de prises de conscience ou de confirmation de l'injustice. Le film consacré à l'affaire d'Outreau – Présumé coupable – avec l'excellent Philippe Torreton, devrait être projeté dans tous les lycées parce qu'il permet de visualiser les conditions terribles et destructrices de la vie en prison. Il y a des films coups de poing et c'est très bien.
7Malgré une conclusion moche, bêtement anar qui prétend que Zimmerwald ne fût que de la petite bière comparée aux actions d'une poignée d'anarchos syndicalistes français, sans nous démontrer en quoi quelques zigotos ont été "les forces pour résister à la guerre"!(cf. Epilogue p.517). Dans la même eau de dissolution de la véritable force politique qui a stoppé la guerre mondiale (le bolchevisme) les amis et impétrants de Spartacus psalmodient le conte du "pacifisme radical" (cf. Le brouet de Chuzeville, "Militants contre la guerre de 14-18).
8La CGT a ému récemment les journalistes en leur dénonçant un système d'espionnage des syndicalistes de maisons de retraite par des comédiens professionnels. Outre l'aspect comique bien que sinistre de ces méthodes féodao-patronales, on pourrait évoquer aussi l'espionnage à Ikea ou les multiples licenciements d'apprentis créateurs de sections syndicales en PME. Tout cela ne nous arrache pas une larme! Petit arriviste, petit conseiller ouvrier veut toujours devenir grand et finit soit patron soit bras droit du patron. De LIP à Longwy, la plupart des délégués syndicaux ont tiré leur épingle du jeu mieux que la plupart des ouvriers licenciés. Lors de la Réunion publique du CCI à Longwy dont j'ai été à l'origine, où nous n'avions vu arriver qu'une escouade de militants CFDT, j'avais été rabroué par un petit chef du CCI (Peter) pour avoir déclaré que je ne voyais aucune raison de se solidariser avec ces traîtres au prolétariat que sont les délégués des syndicats, et j'avais raison déjà avant la fin des festivités giscardiennes. Les "purs" font semblant d'ignorer qu'il y a toujours de fieffés salopards parmi les ouvriers, qu'il y a toujours eu des mouchards et même des mouchards syndicalistes, et que le syndicalisme moderne est devenu le principal mouchard de l'Etat bourgeois!
9A cet égard le livre de Davranche est àa partir d'aujourd'hui le plus instructif sur les raisons de la trahison des chefs syndicaux, ce n'était pas parce qu'ils étaient méchants ou corrompus. En passant au peigne fin les dix journées qui ont précédées le tragique 4 août, on s'aperçoit de l'importance du chantage étatique, des menaces terribles de mort et d'emprisonnement et des manoeuvres d'intoxication dilatoires (chapitre de fin). Et nous confortables débatteurs d'idées, libresde toute provocation verbale derrière un aimable clavier dans un monde internétisé poubelle de tous les mécontentements et récriminations personnelles, où chacun peut dire à peu près n'importe quoi (sauf chez les arriérés musulmaniaques), on ne sait toujours pas en général que le moindre mot de travers valait des mois ou des années d'emprisonnement aux divers lutteurs du prolétariat majoritairement anarchistes prolétariens puis plus tard à consonance marxiste.

mardi 23 décembre 2014

KARL ET ARTHUR


(extraits de "Rimbaud, la Commune de Paris et l'invention de l'histoire spatiale1, ed les prairies ordinaires, diffusion Les Belles Lettres 2013)
 de Kristin Ross


... JE EST UN AUTRE

Les activités et le quotidien de Gustave Courbet pendant la Commune sont bien connus. Membre de la Commune, délégué à la mairie, membre de la commission de l'éducation, président de la Fédération des artistes, il est, selon ses propres dires, "dans les affaires politiques jusqu'au cou": "je me lève, je déjeune, je siège et préside douze heures par jour. Je commence à avoir la tête comme une pomme cuite. Malgré ce tourment de tête et de compréhension auquel je n'étais pas habitué, je suis dans l'enchantement. Paris est un vrai paradis".
On connait loins, en revanche, les activités du cordonnier Napoléon Gaillard. Dans les mois qui suivent la Commune, pas moins de la moitié des cordonniers de Paris manquent à l'appel – massacrés, arrêtés, en exil. "La cordonnerie est le dernier des métiers. Si l'on trouve des cordonniers au premier rang un peu partout là où les ouvriers ne devraient pas être, c'est qu'ils sont les plus nombreux, les moins occupés et les moins abusés sur la gloire de l'artisan". Gaillard est un cordonnier renommé, membre de l'Internationale, auteur d'un traité sur le pied, orateur emprisonné en 1869 pour avoir pris la parole dans des assemblées publiques, figure flamboyante et buveur invétéré – un "sublime" selon les catégories diagnostiques de Poulot. Agé de cinquante-six ans en 1871, il dirige la construction des barricades pendant la Commune. Mais il y a peut-être plus significatif que son activité de cordonnier, et que le fait qu'il ait arrêté de fabriquer des bottes pendant la Commune pour construire des barricades: son insistance à se faire photographier devant la barricade qu'il a érigée (...) Gaillard ne choisit pas de revendiquer haut et fier son statut de travailleur. Au lieu de cela, il transgresse une barrière, peut-être la plus inflexible et la plus ancienne de toutes, celle qui sépare les hommes qui accomplissent un travail utile de ceux qui méditent sur l'esthétique. En s'affirmant "l'auteur" de son travail, Gaillard lance une attaque contre le bon travailleur, contre l'identité même de "l'être-ouvrier" tel qu'on le concevait – attaque dont on peut trouver le pendant dans la résistance de Rimbaud à l'identité de "bon parnassien" qu'il prêtait, non sans reproche et espièglerie, à Verlaine. Ces deux manières de fuir le particularisme du métier se combinent dans une même image dialectique. Et c'est de ce geste – qui va dans le même sens que la critique au XIXe siècle, de la spécialisation et de la division du travail – que j'ai essayé de retrouver la trace chez Reclus, Lafargue, et les autres figures qui gravitent autour de la Commune. Mon étude est partie de Rimbaud et de la manière dont il cherchait à fuir "l'être poète", fuite qui prit forme, non pas avec son célèbre silence, son départ pour l'Afrique, mais en 1870, année où il écrivit son premier poème. Rimbaud abandonna la littérature avant même d'y parvenir.
"Maîtres et ouvriers, écrit-il dans 'Mauvais sang', tous paysans, ignobles". Et "J'ai horreur de tous les métiers". Le Communard anarchiste Elisée Reclus, dont l'invention, la géographie sociale, dut s'effacer pour que s'institutionnalise la géographie universitaire se fait sans le savoir l'écho de 'Mauvais Sang':
"Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. Des deux côtés, comme tyran et comme esclave, comme préposé ou comme subordonné, l'homme s'amoindrit. La morale qui naît de la conception actuelle de l'Etat, de la hiérarchie sociale, est forcément corrompue. "La crainte de dieu est le commencement de la sagesse", nous ont enseigné les religions, elle est le commencement de toute servitude et de toute dépravation, nous dit l'histoire".

Reclus comme beaucoup d'autres de sa génération, était un faiseur de slogans, et l'on pourrait dire que Paul Lafargue, qualifié par son beau-père, Karl Marx, dans une lettre à Engels datée de 1882, de "dernier bakouninien", a développé l'un de ces slogans, "Travaillons à nous rendre inutile", dans 'Le droit à la paresse'. Lafargue écrit son manifeste huit ans après la Commune, au moment où la gauche cherche à promouvoir l'image du Communard bon travailleur et travailleur modèle, en réponse aux calomnies de la droite2, qui dépeignaient les Communards comme une horde de prostituées, d'ivrognes et de vagabonds mettant Paris à feu et à sang. Dans les hagiographies de gauche (resic) de cette période et des années suivantes, le Communard apparaît en bon père de famille qui ne bat jamais sa femme ni ne touche à l'eau-de-vie. Il n'a qu'un désir: se consacrer quinze heures par jour à son métier. C'est donc au moment où le travail est porté au pinacle par la gauche comme par la droite que Lafargue se fait le défenseur de la paresse.
La menace que représentent Lafargue, Reclus, et Rimbaud, tous exilés ou figures du déplacement, réside dans la nature "bâtarde" de leur pensée. Reclus affirme que sa géographie, écrite principalement après la Commune, durant son exil en Suisse, n'est rien d'autre que de "l'histoire dans l'espace". La poésie de Rimbaud mélange l'utile et le somptueux, l'artistique et l'artisanal, les métaux précieux et la camelote. Et dans 'Le Droit à la paresse', Lafargue laisse entendre que la pratique révolutionnaire, l'attaque contre l'ordre existant, ne vient pas d'une classe ouvrière pure et vertueuse, parvenue à sa pleine maturité, mais d'une contestation des frontières 'entre' le travail et le loisir, le producteur et le consommateur, l'ouvrier et le bourgeois, le manuel et l'intellectuel.
"Quel siècle à mains!" s'écrie Rimbaud. "Je n'aurai jamais ma main". Etre émancipé, dans le droit civil romain, signifie être libéré de l'autorité; du latin mancipare , saisir avec la main (manus). Dans les années 1970, Rancière pose que l'émancipation prend pour point de départ, non la solidarité ou la communauté ouvrière, mais plutôt leur atomisation dans la société capitaliste: la sérialité aliénée des travailleurs contraints de se faire concurrence pour le travail. Il montre que l'utilité qui donne au travailleur une place dans la ville est précisément ce qui l'empêche de faire autre chose – d'être citoyen, par exemple: "Mais le travail n'est pas, par lui-même, un principe de liberté ou d'égalité. Et la défense de ses intérêts peut être la politique d'un "nouvel esclavage".
(...) "Je ne suis pas contre l'asocial", dit Bertolt Brecht dans une conversation avec Walter Benjamin, "je suis contre le non-social" (...) Rimbaud, indiférent aux normes conventionnelles du comportement – qu'elles soient morales, sexuelles, nationales, artistiques, ou lexicales – est asocial. Et rien n'est plus social que l'asociabilité de Rimbaud. (...) Les oeuvres ultérieures de Rimbaud mettent en scène la dialectique de la ville et du désert (ou de la ville et de la mer dans Le bateau ivre ) - la foule et une solitude absolue, vertigineuse, non humaine, ou plus qu'humaine: le beateau ivre comme atome incandescent. Ces textes révèlent un penseur pour qui l'émancipation est la préoccupation prioritaire.

MARX ET LA COMMUNE

"Les inventions d'inconnu, écrit Rimbaud en mai 1871, réclament des formes nouvelles". Au cours de l'été de cette année, il compose une "constitution communiste" (aujourd'hui perdue) s'inspirant de la forme et de l'organisation de la Commune (...) Pour Marx aussi, l'abolition du gouvernement représentatif (parlementaire) mise en oeuvre sous la Commune était totalement imprévue, elle constituait une véritable "invention de l'inconnu". Les écrits de Marx sur la Commune ouvrent sans doute une "troisième phase" de sa pensée, différente de sa phase dite "scientifique" et mature, où il revient sur certains thèmes de ses écrits "immatures" des années 1840. En 1871, face au caractère inattendu de la Commune, Marx met l'accent sur ce qu'il tient pour la grande découverte des Communards: celle de "la forme politique (...) qui permettrait de réaliser l'émancipation économique du travail". En d'autres termes, l'émancipation économique du travail présuppose des formes politiques elles-mêmes émancipatrices.
(...) Les Communards se définissaient résolument comme des Parisiens, et leur premier souci était moins de s'approprier les moyens de production que d'éviter l'expulsion (...) la violence communarde visait moins le capitaliste industriel que les figures emblématiques chargées du aintien des classifications sociales et du contrôle de la vie quotidienne: le curé, le gendarme et le concierge.
(...) Déjà en 1843, dans sa Critique de la Philosophie du droit de Hegel, Marx avait affirmé que, dans une vraie démocratie, l'Etat politique disparaîtrait. (...) Si la séparation entre l'Etat et la société civile n'existe pas, alors la politique n'est qu'une branche parmi d'autres de la production sociale. Il faut entendre par émancipation politique, l'émancipation de la politique comme activité spécialisée. Marx conclut sa critique de Hegel par la suppression de la politique et la disparition de l'Etat.


1Ayant toujours suivi de près l'ensemble des travaux de Kristin Ross, j'ai été très déçue de la voir se livrer sur une chaîne espagnole à une apologie du triste sire B. Kouchner présenté comme un héros de 68, un beau mec (!?); en réalité cet ex-petit chef maoïste a bouffé à tous les rateliers, conseiller
gauchiste occulte de Mitterrand puis laquais de Sarkozy. Kristin Ross fait partie de ces universitaires qui ont pompé leur radicalité de chaire au maximalisme. Elle cite à plusieurs reprises mon premier livre sur 68, dans l'ouvrage qui l'a rendue célèbre "Mai 68 et ses suites", parce qu'elle a simplement repris notre thèse (prolétaro-marxiste) que 68 ce n'est ni les hippies, ni les féministes bourgeoises, ni le médaillé Cohn-Bendit, mais les masses, les mêmes "inconnus" qu'en 1871!
2C'est typiquement dans la manière simpliste et a-historique que l'école américaine plaque les notions de gauche et de droite sur la qualification des classes sociales et de leur camp d'appartenance; ce qui se nommait alors mouvement ouvrier (anarchiste et marxiste) face à la classe dominante des bourgeois et des curés n'avait rien à voir avec les notions de gauche et de droite... bourgeoises ensemble de nos jours, élites corrompues et hâbleuses jusqu'à la moelle!