"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 30 novembre 2014

LA COMIQUE FEMINISATION DE LA BOURGEOISIE


Au XXème siècle on découvrit de solides femmes chefs d'Etat, au nez plus long que celui de Cléopâtre, Mmes Golda Meir et Margaret Thatcher. Elle ne déméritèrent pas de la fonction, mais elles étaient encore l'exception.
Au siècle suivant il faut bien constater un long règne d'Angela Merkel qui masque mieux que Hitler, Adenauer, Brandt et Kohl réunis (pour la photo), l'arrogance économique et impérialiste traditionnelle de l'Allemagne capitaliste réunifiée pour le meilleur et pour le pire. La France, vieux pays machiste, n'est pas encore en passe d'égaler une telle matrone d'Etat. On se souvient des humiliations répétées de la pauvre Edith Cresson et du ratage de Ségolène Royal, sans doute un peu trop hommasse pour ses concitoyens, sans posséder certaine vertu féminine d'apparente douceur qui sait mieux faire passer des sosies pour des bernés de l'espèce masculine. On doit se contenter de secondes cuillières baveuses à la Dati, Moreno, etc.

On l'a oublié mais le féminisme a été la principale épingle du jeu que la bourgeoisie française a su tirer de Mai 68, quand la bourgeoisie américaine en faisait déjà l'expérience avec la bobolgie hippie dans les campus. Vie quotidienne, cadre de vie, ici et maintenant, environnement, etc., tout plutôt que l'identification de la hiérarchie des classes, de leur rivalité et des inégalités internes aux classes; une même approche "politique" cynique rapprochait marxistes orthodoxes et libéraux anarchistes. La "libération de la femme" devint le principal miroir aux alouettes du socialisme rose et du libéralisme Chamalières; Giscard coiffa sur le poteau marxistes insurrectionnalistes et anars pétroleurs en déléguant une femme, ex-déportée juive de plus, pour faire abolir l'interdiction d'avorter1 dans l'enceinte (sic) parlementaire. Bien avant les Mitterrand-Chirac-Sarkozy-Hollande, la giscardie avait compris l'intérêt des quotas communautaires sexués au gouvernement national.
Tardivement, longtemps après le milieu maximaliste issu de mai 68, en 1997, Christopher Lasch avait remis à leur place les féministes bourgeoises qui avaient servi de laboratoire au renouvellement de l'idéologie de domination bourgeoise: "... les femmes ont tout autant de chances que les hommes de faire mauvais usage du pouvoir, de trouver du plaisir à se montrer cruelles, et de céder au goût pour la cruauté en faisant respecter le conformisme"2.

FEMINISATION DE LA SOCIETE?

C'est la thèse défendue par un journaliste pipole qui se prend pour un philosophe dérangeant de la société décadente, laquelle notion est à peu près partagée et assaisonnée par tout l'éventail politique des officiels aux garants ringards d'un maximalisme de papa comme le CCI. Le dit philosophe de pacotille, le nommé Eric Zemmour, ne fait que reprendre les affres de la dévirilisation de la société moderniste3 par tous les chantres maurrassiens du vieux paternalisme clérical et monarchiste. Danger immanent cette terrible peur de la castration, vieille pratique des guerriers vainqueurs à toutes les époques, avec le viol et l'égorgement animal. Quoi de pire que la castration d'un homme par une femme? L'impétrant est petit et complexé comme tous les hommes nés petits; je l'ai croisé un jour à Montparnasse, et il est en effet chétif et apeuré dans la rue. Sa mère était une mamma pied-noir, femmes traditionnellement autoritaires et dominatrices. Or c'est de la bouillie de chat arriviste, rien n'a changé ni ne changera fondamentalement dans la nature et l'altérité des hommes et des femmes, même si leur complexion et caractère ne sont jamais tout noir ou tout blanc.

Comme l'idéologie patriotique, les droits du citoyen, l'égalité des chances, le droit à l'éducation, fariboles bourgeoises, l'égalité des femmes n'est pas une nouvelle identité mais un costume de plus dans la négation de la guerre des classes. Au niveau sociologique les débats lassants et répétitifs sur la "crise du couple moderne" - le couple marié étant depuis la création de l'Etat le garant de la reproduction sociale hiérarchisée – ne font qu'éviter tout véritable débat sur les inégalités sociales et la misère sexuelle. La "femme libérée" est surtout une prolétaire obligée de "gagner sa vie" comme les hommes salariés. Sa libération présumée, une aléatoire permutation de ses amants jusqu'au seuil de la vieillesse laide, ne lui laisse que le choix de payer une nounou et de s'ennuyer le dimanche dans les allées des supermarchés. C'est plutôt d'une masculinisation des femmes qu'il faudrait parler, non pas au sens de pouvoir dominer les hommes ni égaler leurs capacités physiques, mais de prolétarisation dans la solitude, d'une forme de mort sociale comme celle des retraités.

LA FEMINISATION DU PERSONNEL POLITIQUE

Les fabricants de la dite civilisation occidentale savent très bien que la question des femmes est un enjeu historique et une mystification immémoriale depuis la côte d'Adam jusqu'au hijab islamique. En s'emparant de la question, les bourgeoisies dominantes des plus anciens pays capitalistes peuvent sans mal faire avaliser leur supériorité "morale" sur les contrées attardées et maintenues dans l'arriération religieuse. Sans analyser chaque pays "développé", nous pouvons examiner le cas français, exemplaire de la mutation frauduleuse. Après l'acceptation officielle très tardive (1944) du droit de vote pour les femmes, puis du carnet de chèques indépendamment de l'époux (3 juillet 1965, nouvel article 221 du Code Civil), de l'avortement (loi Veil 1975), la loi sur la parité (6 juin 2000) on n'a aucunement détruit les stéréotypes habituels ni surtout leur place en politique de domination. Le "vivier des femmes" aptes à concurrencer les hommes est encore plus sélectif que jamais. Celles qui se détachent du lot sont généralement issues du même milieu bourgeois dominateur, fils et filles de famille, haut diplômé(e)s. Dans le processus de sélection politique à l'intérieur des divers partis, majoritairement contrôlé par les hommes, elles restent sous-représentées dans leurs instances dirigeantes, tout comme dans les administrations des grandes industries étatiques. Plus révélateur, comme l'écrit un analyste: "La féminisation de la vie politique ne s'est pas accompagnée d'une ouverture sociale"4
Il n'y a aucune chance pour trouver une femme de ménage ou un ouvrier du bâtiment député ou ministre (sauf quelque syndicaliste corrompu ou une égérie beur de banlieue, pour la galerie). La "socialisation au métier politique" reste aux mains de l'élite bourgeoise. La notion de parité ou de quota est d'abord une cuistrerie de plus : que m'importe qu'un homme ou une femme représente mon courant politique, quand l'essentiel reste le contenu.
"Féminiser par la loi" devait "moderniser" la République pour "ré-enchanter la politique depuis 1975, année internationale de la femme pour la clique des "Nations Unies", "rééquilibrer le pouvoir entre hommes et femmes", "ainsi que "le droit de prendre part à l'élaboration et à l'exécution de la politique de l'Etat".

En 1998, une circulaire signée par Claude Allègre et Ségolène Royal intronisait une circulaire sur la "féminisation des métiers", actualisant la circulaire de Fabius en 1986, selon la volonté du chef de l'élite rose Jospin (le même qui avait officialisé le droit aux salles de prière dans les usines et le port du voile religieux)5.

Vint ensuite la cuistrerie politique sur la parité – dite "universalisme sexué" - ne fût que la prétention des élites bourgeoises à leur renouveau, et placée au centre de leurs discours et programmes (les femmes votant plus que les hommes...), afin de "restaurer la confiance des français dans leur classe politique" (c à d tous partis confondus)6. Depuis plusieurs décennies, les "décideurs anonymes" ont ainsi prétendu répondre à la "crise de la représentation" liée... à l'affaiblissement de l'Etat-Nation, à l'entrée en scène des nouveaux décideurs (conglomérat européen, globalisation financière) et tares locales françaises: sclérose des partis, magouilles électorales, cumul-accaparement des mandats.
Cette prétendue féminisation des élites qui n'a en rien ébranlé le règne de l'oligarchie bourgeoise a achoppé sur le terme de parité pour le remplacer par celui plus fumeux encore d'égalité. Sur le terrain électoraliste la modification ne s'est avérée jouable que pour les scrutins secondaires, municipaux et régionaux, n'entamant en rien la composition des élites nationales. Les femmes élues à ce niveau secondaires sont elles-mêmes, soit de bonnes bourgeoises, soit des arrivistes étudiantes ou issues d'une immigration avide d'intégration conformiste, des profs, fonctionnaires ou cette catégorie très marginale et peu consciente socialement des "femmes au foyer" aux côtés de jeunes retraitées, avides de reconnaissance pré-cimetière. Les élues salariées proviennent en outre surtout du secteur privé, secteur où les prolétaires possèdent une conscience politique limitée en général. La médaille d'honneur des recrutées conformistes par les partis officiels revient à celles qui se targuent d'être "actives dans le milieu associatif" ou "personnalité de la société civile de la région".
Exceptés les gauchistes recyclé verts, ardents supporters des hausses d'impôts contre la classe ouvrière pollueuse, les partis officiels dominants ont généralement préféré renoncer au financement public (condition pour respecter le quota féminin) plutôt que de mettre en péril la réélection de leurs députés mâles au profit d'incongrues nouvelles venues "dépourvues de notabilité locale". Ainsi leur est verrouillée l'entrée au Parle-ment, rempart du pouvoir républicain bourgeois mâle. La seule nouveauté se résume à une nouvelle féodalité républicaine où ces "nouveaux féodaux" accaparent tout le pouvoir face aux masses asexuées... qui se préoccupent avant tout de leur carrière et de compléter leurs énormes revenus avec ceux de leur femme nominée secrétaire parlementaire!

Alors que l'on assiste à une raréfaction des attitudes misogynes, surtout parmi le prolétariat (mais pas au Parle-ment), la réalité de la condition féminine dans le salariat reste une des plus honteuses. Les femmes restent les plus mal rétribuées, mal traitées par la hiérarchie patronale, confinées aux boulots ("d'avenir", comme ils disent): prostitution, ménages dans les hôtels sordides, gardes des enfants, tâches de bureau répétitives. On a envie de ressortir l'image antique concernant leur sort: les empereurs romains désignaient un chef aux esclaves, et il devenait le chef des esclaves, le garant de leur soumission. Une femme nommée ministre n'est-ce pas la garantie que des millions d'autres se courberont à la tâche avec fierté?

Après Thatcher, Merkel et Michelle Bachelet, Hillary Clinton sera-t-elle la future chèfe des esclaves américains? Et si Bruno Lemaire avait été une femme n'aurait-il pas remisé Sarkozy au trente pour cent du glorieux opposant au bréjnévisme de parti?

LA FEMINISATION EN TROMPE L'OEIL DE L'EXTREME DROITE:

Ce qui est frappant à l'aile dite anti-élite de la droite française c'est sa propension affichée à une oligarchie présomptueuse et sans honte. Marine Le Pen vient d'être élue présidente du FN à... 100%. Au XXIème siècle le ridicule ne tue toujours pas. Elle était la ... seule candidate. Comme son père elle ne veut pas du pouvoir, mais persister dans le même rôle de faire-valoir du barnum officiel. Il vaut mieux être premier dans son village que deuxième en ville. A ce compte Sarkozy avec ses 64% apparait comme un gentil roi démocrate!

Cela avait été une trouvaille de génie népotiste de placer à la tête du FN français la propre fille du cador breton ex-para volontaire, clone adouci du terrible épouvantail à gauchistes. Puis de reconfirmer récemment la féminisation de l'appareil oligarchique par la promo d'une mignnonette jeunette blondasse, Marion Maréchal-Le Pen (cf. Maréchal nous voilà!) ; il y a de la pureté du bled Domrémy chez la marionnette. Est-elle pucelle? Sans compter évidemment la tête à claques de premier de classe du petit rondouillard Florian Filippot7, qui affiche autant de virilité que Tino Rossi avec sa voix de pédale face aux virils occupants teutons8.
L'extrême-droite serait-elle (serait-il?) devenu un parti de "gonzesses"? Nullement, sur le fond, son principal parti, le FN, reste un parti de droite bourgeoise, surfant sur les inquiétudes liées à l'envahissement religieux musulman, mais avec pour tout programme une resucée de celui du PCF des années 1970. Cela a échappé à tous les commentateurs et aux hystériques anarchistes antiracistes, "nanti-ostracistes" finalement et anti-tout, mais le fait qu'une femme dénonce moins la "transhumance" de l'immigration que le folklore evahissant, surtout maghrébin – par le fait que celui-ci véhicule une image religieuse méprisante de la femme – donne plus d'ampleur à sa propagande que la simple dénonciation de "l'envahissement" par son père dans les 70. Le propos de la femme chef de parti, donc homme en chef, repose plus de prime abord sur l'idée de dignité et de respect que sur celui d'exclusion, qui reste sous-jacent; et ça marche. Mais le discours nationaliste demeure le même: repli sur soi, mantient des inégalités, vieilleries industrialistes autarciques, rejet de toute immigration, clichés auxquels même le preux Montebourg a renoncé pour aller à l'école des patrons apatrides.La compo du FN reste majoritairement un assemblage de vieux gros bras qui agitent une égérie trompe l'oeil pour mieux faire digérer une vieille idéologie barbouzarde.

La féminisation bourgeoise de tout le cirque médiatique aura été un bel enfumage qui n'est pas prêt de faire cesser le combat des hommes et des femmes du prolétariat pour la destruction des élites politiques et du métier de la politique parasitaire de l'humanité.




1Simone Veil assuma très bien sa tâche, sous les quolibets et les menaces, mais les récalcitrants de la droite bourgeoise en insultant une ancienne déportée se ridiculisaient eux-mêmes du fait de leur filiation implicite avec le fascisme disparu. Ce fût un pas réformiste indéniablement positif pour les femmes; le parti maximaliste bordiguiste eut raison d'appeler à voter pour l'avortement en Suisse, quand le CCI rigidement anarchiste au plan parlementaire cria au viol des principes... car les femmes pouvaient attendre ad eternam l'émancipation de l'enfantement automatique aux temps sans cesse reculés de l'imminente révolution prolétarienne. Ceci dit, nombre de femmes sont encore obligée d'aller avorter ailleurs... à l'étranger.
2"Les femmes et la vie ordinaire" (1997).(reprint ed Climats)
3Je me demandais récemment où étaient passés nos pitre modernistes Wajnsztejn et Guigou, lorsque j'ai reçu une pub des éditions post-tiersmondistes L'Harmattan; ils en sont réduit à publier une compil de leurs âneries anti-marxistes avec un pauvre titre: La société capitalisée. Bof!
4 En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-feminisation-du-personnel-politique-se-fait-en-trompe-l-oeil_1573981.html#dXu7IFE1e5IMiM3D.99

5La bourgeoisie canadienne, éminemment suiviste et moderniste (avé l'accent du 17ème plouc) a produit en septembre 2006 un "Guide de féminisation", ventant les "épicènes", le langage moderniste devant être formateur d'identité... nationale: "Etendre la féminisation aux textes informatifs et à l'allocution des discours... peut avoir un impact important sur la propagation d'une syntaxe française qui se veuille inclusive. Il faut garder en tête que la féminisation vise à rendre "les femmes aussi visibles dans la langue (sic) qu'elles le sont devenues au sein de secteurs de plus en plus diversifiés". (cf. Cré, conférence régionale des (crétins) élus). Quoi de plus con qu'un élu(e), il attrape tout de suite le melon! Dans la même veine de déculturation, la bourgeoisie finlandaise vient d'annoncer la fin de l'apprentissage de l'écriture pour 2016, pour celle du clavier. L'homme machine informatisé jusqu'au bout des doigts va ainsi supplanter le salaud de prolétaire auquel la noblesse bourgeoisie regrettait qu'on lui ai appris à lire et à... écrire!
6cf. Mariette Sineau, directrice de recherches au CNRS, 22 mars 2006.
7De la promo Willy Brandt de l'ENA, comme ce militant de la section américaine du CCI qui a co-écrit un livre sur la chute du mur de Berlin avec... Willy Brandt (1990); je possède une des éditions originales avec photos à l'appui!
8Un des maîtres à penser de Zemmour, Patrick Buisson, très soucieux de virilité pérenne, et ex-conseiller de Sarkozy, a écrit un excellent livre sur les amours du temps de l'Occupation teutonne (1940-1945 années érotiques) où il voit un début de dévirilisation de la France sous la bite des nazis, et de ... l'homosexuel Jean Marais: "... la valorisation de la faiblesse masculine semble faire écho à la défaillance des combattants de juin 1940 (... ) la virilité déchue d'un Gabin ou celle, incertaine, d'un Tino Rossi". Les chansons pour femelettes de Rossi renvoient, pour les Zemmour et Buisson, à l'image de déchéance du vaincu violé et traité comme femme soumise, leur référence restant l'homme en tant que guerrier ardent et dominateur. Ces pitres s'imaginent ainsi futurs Déroulède et archanges de la "défense nationale", où, nous l'espérons, ils cantonneront le rôle des femmes à celui de cantinières et d'infirmières consolatrices!

mardi 25 novembre 2014

ESPIONNAGE ETATIQUE SUR LE WEB

(attention on vous piste jusque dans les toilettes)

Par suite à un curieux enchaînement destructeur – ma boite email bloquée par un virus Mailer Daemon, que personne ne peut expliquer sur le web et dont certains pervers prétendent qu'il n'est pas un virus, mais la faute à vospropres maladroites manipulations – mon email est devenu SPAM pour gogolito qui m'a donc supprimé mon accès administrateur de mon blog. Il est extrêmement compliqué de refaire fonctionner les outils de commande du blog avec un petit jeu de renvoi de six numéros sur votre iphone, pour vraiment "s'assurer que vous êtes le paternel du blog". Sans le secours d'un jeune informaticien vous n'auriez toujours pas de mes nouvelles.
Bon, on dira que mon petit blog, même gommé de la toile d'araignée impérialiste, n'aurait pas arrêté la marche du monde. Il faut s'interroger cependant à cette occasion (indépendamment du fait que je suis assez nul en informatique courante) sur les limites posées à la liberté d'expression – politique à mon sens et à celui de ce blog – par les moyens de contrôle considérables qui président au soi-disant "miracle mondialiste du Net". Comme les articles spécialisés vous en informent ci-dessous, et que je vous livre en vrac, ce sont bien des Etats qui font circuler les virus, les "malwares" et autres microbes destructeurs. Ce qui veut dire que tout ce qui trouve une niche pour s'exprimer dans la maille de fer électronique, en particulier les minorités révolutionnaires maximalistes, peut se trouver paralysé dans l'heure pire que le Carnet B de 1914! Et la propaganda qui hurle tout azimut que nous sommes si heureux dans le meilleur des mondes informatisé. Orwell dors-tu content dans ton linceul littéraire?

"Regin" : quel pays revendiquera la paternité du malware ?

Sécurité : Repéré par Symantec, le malware Regin fait beaucoup parler de lui. Sa complexité et sa conception font immédiatement penser à un malware conçu par un État, mais selon The Intercept, la NSA et le GCHQ sont en tête de liste des suspects.
Louis Adam
Par Louis Adam | Mardi 25 Novembre 2014 (d'après ZNet)
Le malware découvert par Symantec ne semble pas s’apparenter au petit programme codé à la va vite par des amateurs. Si sa capacité de nuisance reste encore assez floue, les analystes de Symantec n'hésitent pas à le comparer au fameux programme Stuxnet qui avait été développé conjointement par les USA et un groupe israélien pour attaquer les centrales nucléaires iraniennes.
La paternité du malware semble donc revenir à un État et, selon le site The Intercept, Regin aurait été utilisé par les Etats-Unis et l’Angleterre dans le cadre d’attaques contre plusieurs réseaux de l’Union Européenne.

Comme un air de famille

 Selon The Intercept, le site fondé par Glenn Greenwald, Regin pourrait avoir été utilisé par le GCHQ et par la NSA dans le cadre de l’attaque contre le réseau de l’opérateur Belgacom. Ce malware a également été identifié dans d’autres tentatives d’espionnages de la NSA sur différents systèmes de l’Union Européenne. Une information que Belgacom a refusé de commenter, se bornant à rappeler que le malware utilisé à leur encontre était « hautement sophistiqué » mais refusant d’en dire plus sur une possible utilisation de Regin.
Si la paternité du malware reste une énigme, les soupçons se tournent donc en premier lieu vers les USA et la Grande Bretagne. La similarité de Regin avec les architectures déjà observées lors de l’analyse de malware tels que Stuxnet ou Duqu ne plaident pas en la faveur de leur innocence.
Regin est un malware complexe dont les premières apparitions remontent selon Symantec à 2008. Les cibles visées par le programme sont essentiellement des PME et petites entreprises (48% des infections repérées par Symantec) mais aussi des backbones Internet d’opérateur télécom (28%) principalement en Russie et en Arabie Saoudite. Tout comme Stuxnet, l’architecture du malware est complexe et ses capacités sont modulaires : Regin peut adapter ses fonctionnalités en fonction de la cible infectée par le programme.
Symantec rapporte avoir découvert une douzaine de modules, permettant d’utiliser Regin comme un RAT (Remote Access Trojan) permettant de prendre le contrôle à distance du poste infecté, mais l’entreprise évoque également d’autres fonctionnalités plus spécifiques à certains systèmes. Les vecteurs de transmissions de Regin sont pour l’instant inconnus, Symantec n’est pas parvenu à identifier exactement les méthodes employées par Regin mais évoque une infection possible via un site web contrefait dans le cadre de l’Operation Socialist contre le système d’information de Belgacom ou un cas d’infection via un exploit encore non identifié dans l’application Yahoo Instant Messenger.

Regin, un malware utilisé par un Etat pour espionner ? (d'après JDN)

Symantec a disséqué un cheval de Troie si sophistiqué que seul un Etat aurait pu le développer à des fins d'espionnage.
Regin : c'est le nom d'un malware trop sophistiqué pour ne pas avoir été créé par un Etat à des fins de cyber surveillance et d'espionnage. C'est en tout cas ce qu'annonce Symantec qui publie une analyse synthétique et un livre blanc sur ce cheval de Troie qui a nécessité "un niveau de compétence rarement vu".
L'éditeur d'outils de sécurité affirme que ce malware a été utilisé depuis 2008 pour espionner des gouvernements, des opérateurs télécoms, des entreprises, des chercheurs et des individus. Symantec en a trouvé des traces dans une dizaine de pays – mais la France n'apparait pas dans la liste.
Son fonctionnement complexe, utilisant des modules, du chiffrement, et différents niveaux d'exécution a requis un développement de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Des caractéristiques qui rappellent à Symantec celles d'un autre malware, également très complexe, et soupçonné d'avoir été mis au point par un Etat : Stuxnet.

Un virus informatique cible la Russie et l'Arabie Saoudite (cf. Boursier.com)




(Boursier.com) — Un virus informatique très sophistiqué a lancé une attaque contre des opérateurs télécoms russes et saoudiens, a révélé la compagnie de cyber-sécurité Symantec. Ce virus, baptisé "Regin", serait au moins aussi redoutable que "Stuxnet", qui avait causé de gros dégâts en 2010 dans le programme nucléaire iranien, retardant sans doute de plusieurs années les travaux des ingénieurs iraniens soupçonnés de mettre au point des armements nucléaires...



Stuxnet avait été développé par les services secrets américains et israéliens, selon des sources concordantes.

Un voleur qui fait disparaître ses traces...

Selon le 'Financial Times', qui cite lundi des sources au sein de Symantec, Regin pourrait lui aussi avoir été mis au point par des services secrets occidentaux, et serait d'une sophistication sans précédent... On ignore encore de quelle manière le virus infecte les systèmes informatiques, mais il s'est jusqu'à présent attaqué à des fournisseurs d'accès à internet en Russie, Arabie Saoudite, au Mexique en Irlande et en Iran.
Son objectif serait de dérober des données confidentielles, et il aurait la capacité de s'adapter à tous types de réseaux. Il serait aussi capable, dans certains cas, de faire disparaître toute trace de son passage une fois son forfait accompli... Regin aurait notamment ciblé les serveurs de messageries gérées par Microsoft, ainsi que les conversations de téléphones mobiles circulant sur de grands réseaux mondiaux.

L'industrie, nouvelle cible des "hackers", selon Kaspersky

Au même moment, Eugene Kaspersky, le directeur général d'une autre firme de sécurité informatique, Kaspersky Labs, a mis en garde contre la multiplication des cyberattaques contre les systèmes de groupes industriels, notamment dans le secteur énergétique (centrales électriques...). Selon lui, l'industrie est devenue la cible privilégiée du crime organisé, avec des attaques qui vont plus loin que les récents vols de données personnelles dont ont été victimes les clients de JP Morgan, Home Depot ou Target aux Etats-Unis. Les hackers ont notamment réussi à éviter que des chargements soient contrôlés dans des ports, ou à voler des stocks de céréales dans une usine ukrainienne en falsifiant les jauges pour qu'elles affichent des poids inférieurs à la réalité, a indiqué M. Kaspersky au 'FT'...
L'an dernier, l'office de police criminelle intergouvernemental Europol avait rendu public le démantèlement d'un réseau de trafiquants de drogue, qui avaient "hacké" les ordinateurs du port belge d'Anvers... Les trafiquants étaient parvenus à déplacer les conteneurs contenant de la drogue pour leur éviter de subir des contrôles douaniers.



Mouchard dans la poche: votre iPhone vous piste partout à votre insu







Ceci est la carte de tous les endroits où s’est rendu notre collègue Sam Biddle de Giz US depuis presque un an. Tous les endroits.
Le FBI ne le suit pas dans des voitures banalisées. Ses chaussures ne contiennent pas de micro-émetteur.
Non, il avait simplement son iPhone dans sa poche pendant tous ce temps. Comme vous et moi.
Si vous avez un iPhone, il vous suit à la trace vous aussi, que vous le vouliez ou non.
Il s’avère que tous les iPhone enregistrent l’ensemble des endroits où vous vous êtes rendus depuis juin dernier. Ces données sont stockées sur votre téléphone (ou votre iPad) et sur votre ordinateur, facilement accessibles à quiconque sait où chercher.
Bien sur il est normal que les autorités puissent accéder à ces informations en les demandant à votre opérateur de téléphonie mobile. Mais cette information n’a rien à faire dans le téléphone qu’on peut vous voler ou que vous pouvez perdre, ou dans votre ordinateur qui peut également être visité. La mauvaise nouvelle est qu’il n’existe pas d’option d’opt out pour ce système d’enregistrement de vos déplacements.
Cette atteinte à la vie privée a apparemment commencé avec la sortie d’iOS 4. Elle a été découverte par deux spécialistes de la sécurité, l’un d’entre eux affirmant avoir travaillé chez Apple pendant cinq ans. Ces spécialistes sont aussi surpris que perturbés par le stockage des positions géographiques: « en enregistrant passivement votre localisation sans votre permission, Apple a rendu possible l’obtention par une épouse jalouse ou un détective privé d’une cartographie précise de vos déplacements ».
Obtenir ces informations à partir de votre appareil sous iOS est à peu près aussi facile qu’un jailbreak. Sur votre ordinateur, l’infnormation peut être ouverte aussi facilement qu’un JPEG en utilisant le logiciel de cartographie que les experts en sécurité ont rendu accessible en téléchargement: essayez par vous-même.
[vimeo]http://vimeo.com/22610355[/vimeo]
Les données sont sacrément précises. Et même si le téléphone semble se baser sur la triangulation des relais plutôt que par le GPS (ce qui signifie que la désactivation des services géo-localisées ne vous protège pas contre ce flicage), la carte générée par le logiciel a permis d’établir une carte étonnamment précise de tous les déplacements de notre collègue Sam depuis l’acquisition de son iPhone 4 en juillet dernier.



C’est assez effrayant: tous les endroits où il s’est rendu, toute sa vie privée et professionnelle. Les vacances, les visites à la famille, les visites culturelles. Son téléphone s’est comporté comme un véritable mouchard électronique, notant consciencieusement le moindre de ses déplacements.
Pour l’instant il n’existe pas de parade. Le seul moyen de faire disparaitre les données est d’effacer les copies de sauvegarde de votre ordinateur. Mais dans ce cas vous n’aurez plus de back up pour restaurer votre téléphone. Et à chaque fois que vous synchroniserez votre téléphone, il créera un nouveau fichier. Et si vous perdez votre téléphone, il contiendra ces données, qui tomberont donc entre les mains de quiconque mettra la main sur votre iPhone.
Tant qu’Apple n’interrompra pas ce service, ou ne s’expliquera pas sur cette fonctionnalité, les iPhone sont à considérer comme des balances potentielles. En attendant d’y voir plus clair, vous feriez donc mieux de ne peut-être plus emporter votre iPhone partout. Pour l’instant les spécialistes en sécurité n’ont pas mis en évidence la moindre transmission de ces données à quiconque, mais c’est quand même plus que dérangeant.
Nous avons sollicité Apple et attendons leur réponse. En attendant l’expert en sécurité Kevin Mitnick s’est déclaré « assez choqué et perturbé » par cette révélation. Il souligne que les données collectées peuvent grandement intéresser pas mal de monde: il cite les épouses, les enquêteurs privés et le gouvernement américain. Il émet l’hypothèse que ce fichier de log a peut-être été créé à la demande du gouvernement, dans la mesure où « ces données ne peuvent pas être utilisées pour de la publicité. Pour moi cela ressemble plus à une demande gouvernementale ». Kevin Mitnick a ajouté: « J’aime savoir ce que fait mon appareil ». Nous aussi, Kevin, nous aussi. [Peter Warden via The Guardian]


Savoir si quelqu’un vous espionne sur Facebook ou Gmail

C’est toujours intéressant de savoir si quelqu’un utilise votre compte Gmail ou votre compte Facebook à votre insu.
Pour cela, il existe dans Facebook, comme dans Gmail  quelques réglages de sécurité qui permettent de savoir rapidement si quelqu’un d’autre se connecte secrètement a votre  compte pour lire vos conversations Facebook et vos chats Gmail sans votre autorisation.
Il suffit d’être logé sur votre compte Facebook et d’aller dans le Menu Compte, dans Paramètres du compte, puis dans Sécurité du compte.
Ou d’aller directement sur cette URL :
Si vous voyez des trucs bizarre, pas de panique… Peut être que vous avez utilisé un proxy. Peut être que votre téléphone s’est connecté tout seul, via la 3G pendant l’un de vos déplacement. Peut être, vous êtes connecté à partir de l’ ordinateur de votre société ? Peut être que vous avez connecté votre compte à une application tierce qui se trouve à l’étranger ?
Dans tous les cas, pensez a activer l’option permettant de recevoir par mail une alerte à chaque fois qu’un nouvel appareil  se connecte à votre compte, activer la connexion sécurisé https et si vous avez vraiment un gros doute, changez de mot de passe.
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vendredi 21 novembre 2014

LES FARIBOLES SUR L'ENGAGEMENT DJIHADISTE DE QUELQUES VOLONTAIRES


ET SI ON COMPARAIT AVEC LES BRIGADES INTERNATIONALES DE 36 EN ESPAGNE...


"L'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses".
Ernest Renan

Depuis plusieurs mois, voire même plus, la population mondiale est "informée" au quotidien sur des faits de guerre maquillés en simple exhibition d'égorgements où d'Ukraine en Syrie la barbarie serait à nos portes si nous hésitions à désigner le seul ennemi qu'on nous pointe du gros doigt médiatique (1). Par une simplification grossière l'attention est centrée sur les frasques de "l'Etat islamique", nouvelle connotation obligée du "terrorisme international", quand sont passées sous silence les horreurs militaires en Ukraine. Bruits de guerre mondiale managée au long court? Cela mérite une sérieuse comparaison avec la guerre d'Espagne.
Dans cette saga militariste, chaque épisode apporte de "nouvelles révélations" sur "la progression" de la barbarie de "l'islam radical". Les zooms télévisés vont emmène là où vous pensiez être épargné par les risques de contagion de la barbarie. Qui l'eût cru? Champigny sur Marne, une médiocre banlieue parisienne projetée en pleine vitrine mondiale où un obscur Mickaël Dos Santos (ex-portugais au prénom de vedette de feuilleton US comme tous les prénoms d'enfants portugais)
"... apparaît, barbe drue et en uniforme militaire, dans la vidéo diffusée dimanche par le groupe jihadiste, mettant en scène la décapitation de 18 soldats de l’armée syrienne faits prisonniers par EI et de l’otage américain Peter Kassig. «L’homme concerné est connu par son engagement terroriste en Syrie et son comportement violent revendiqué sur les réseaux sociaux», a déclaré mercredi, sans le nommer, le Premier ministre, Manuel Valls. En fin de journée, le parquet de Paris a confirmé son identité, sur la base d’«indices précis et concordants». Dos Santos affiche un profil similaire à celui du Normand Maxime Hauchard (lire Libération de mercredi), lui aussi filmé dans la même vidéo de propagande. Même âge, même conversion à l’islam à la fin de l’adolescence, même radicalisation express, via notamment des sites extrémistes. Né à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) de parents d’origine portugaise aujourd’hui séparés, Mickaël Dos Santos déménage ensuite dans la très résidentielle commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant de revenir vivre avec sa mère à Champigny. Ils habitent dans un petit immeuble de quatre étages, au cœur d’un quartier pavillonnaire des bords de Marne. En 2009, il est naturalisé français. C’est à cette époque aussi qu’il devient musulman, avant de s’engager en quelques mois sur la voie d’un islam radical. «Avant, c’était un jeune normal, explique un habitant se présentant comme un "ami". Il jouait au foot, allait au lycée, draguait les filles".
Questionnements, supputations, on est perdu en conjectures et conjonctures. On fait appel aux spécialistes pour tenter de nous aider à comprendre cet engagement inattendu, poignant voire suicidaire de jeunes récemment barbus. Tiens prenons le plus bête, Filiu, dont j'ai eu l'occasion de me payer la tête (de con) à l'université populaire d'Arcueil devant 500 profs retraités. Filu piaffe d'impatience de faire un coup éditorial à la pouffe Trierweiler; depuis deux ans, ce franc-mac des Amis de la Syrie dont F.Hollande est aussi membre, peaufine un futur ouvrage possiblement intitulé "la fin du régime Assad", lequel ne se résout point à disjoncter. Peut-être est-ce en préparation du dernier chapitre qu'il a lancé la mode de la "sectarisation" chez les journaleux pour comprendre ces petits paumés bien de chez nous qui vont se sacrifier au profit des ennemis de la civilisation occidentale. Ces djeuns déclassés un jour, paumés un autre, seraient embrigadés dans des sectes avant de partir au front. Tout s'éclaire enfin, et surtout pas besoin de raisonner politique ni social. Le fanatisme, comme chacun sait conduit au meurtre, au meurtre là-bas et à la destruction de réputation ici. Heureusement notre télévision démocatique peut nous servir un repenti chargé d'aller catéchiser les banlieues glauques: "À 19 ans, Mourad Benchellali s'est laissé embarquer en Afghanistan dans un camp d'entraînement d'al-Qaida. C'était en 2001, et très rapidement, le gamin de Vénissieux est tombé aux mains de l'armée américaine, vendu par l'armée pakistanaise. Trente mois à Guantánamo, avec son lot de tortures et d'humiliations, puis dix-huit mois à Fleury-Mérogis... Benchellali, condamné, avec quatre autres Français de Guantánamo, pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", est ressorti traumatisé de ces cinq ans de tunnel. Aujourd'hui, Mourad Benchellali a changé de combat. À 33 ans, père de famille et toujours vénissian, il a entrepris une bataille contre le djihad, à la rencontre des jeunes, dans les écoles, les clubs de sport, les associations, pour les dissuader de partir rejoindre les islamistes en Syrie". Le repenti devenu collabo vient rassurer polices et gouvernants: "Je comprends ce qui peut se passer dans leurs têtes" "Je leur raconte simplement mon parcours et les conséquences que ça a eues sur ma vie", résume Benchellali". Il ne comprend rien du tout et vient simplement servir lui aussi la soupe idéologique du camp militariste occidental.
Un autre journaleux, fervent fan de l'impérialisme US, et également franc-mac dans les hautes sphères vient gaffer dans le point avec son arrogance coutumière du mec qui sait tout, dans l'hebdo pro-US Le Point:
"Alexandre Adler : C'est-à-dire... il faut se mettre à leur place, toujours. Les islamistes font la distinction entre les convertis qui restent des espions des États-Unis - le travailleur humanitaire (Peter Kassig), qui était converti à l'islam, était en fait quelqu'un qui essayait d'infiltrer de l'intérieur l'islam - et, par contre, les bons, les vrais convertis qui, eux, n'hésitent pas à donner de leur personne et à combattre dans les rangs de Daesh (Maxime Hauchard). Et, c'est le symbole qu'ils ont peut-être voulu, ici, mettre en scène. En réalité, il s'agit d'une démonstration propagandiste - une de plus - pour dire "Voyez notre combat est le bon, un certain nombre d'Européens, parmi les plus conscients, nous rejoignent, et ce sera inexorable !" .

Adler comme Filiu nous assurent qu'en fait c'est parce que le djihadisme est affaibli et qu'il n'en a plus plus longtemps, exactement comme on a expliqué à nos millions d'ancêtres sacrifiés pour le capital il y a un siècle que c'était "la der des der".
L'hémorragie nationaliste islamiste est à tempérer néanmoins plaide un autre intoxicateur public, Libération:
"Fin 2012, trente Français étaient « concernés » par les filières irako-syriennes. Sous cette désignation, les autorités regroupent ceux qui sont sur place, ceux qui sont revenus, ceux qui sont en transit, ceux qui préparent activement leur départ mais aussi les recruteurs ou ceux qui font des faux-papiers. Ils étaient 500 début 2014, ils sont 1136 aujourd’hui. C'est une centaine de plus qu'il y a trois mois : un nouveau cas tous les jours en moyenne. Ce chiffre est encore supérieur lorsqu'on inclut ceux qui pourraient vouloir partir ou qui inquiètent en tout cas suffisamment leurs familles pour qu'elles appellent le numéro de signalement mis en place par le ministère de l'Intérieur. Cette plateforme est informée de 3 à 4 nouveaux cas par jour. Mais signalement n’est pas pour autant synonyme de départ systématique. Sur les 650 signalements reçus depuis sa création il y a six mois, le numéro Vert a recensé 110 départs. Ce nombre souligne que le phénomène est toujours bien réel. « Le mouvement de départs vers la Syrie ne se tarit pas » assure le préfet Pierre N’Gahane, responsable du volet prévention dans le plan gouvernemental de lutte contre la radicalisation et les filières jihadistes dans un entretien au Figaro, ce mardi. Marque-t-il néanmoins une inflexion ? Selon les chiffres du procureur de Paris, ce sont actuellement 376 Français qui ont rejoint les groupes extrémistes de Syrie et d'Irak : une dizaine de plus qu'il y a un mois. Ce nombre est à mettre en parallèle avec un autre : l’été dernier, les services de renseignement disaient perdre alors trois personnes surveillées par jour. Des chiffres sur un mois ne permettent pas de dégager une tendance et, faute de recul, difficile d’en analyser les raisons. Mais du côté des autorités françaises, la réponse à ce phénomène commence à s’organiser. Il faut du temps pour adapter le Code pénal, faire voter une loi. Le juge antiterroriste Marc Trévidic le reconnaissait sur RFI : le combat entre des groupes armés et une démocratie est inégal. Le gouvernement a d’abord renforcé ses contrôles dans les aéroports : les jeunes partants seuls ou en petit groupe vers la Turquie sont plus régulièrement interrogés sur le motif de leur voyage. Sans avoir à légiférer, le ministère de l’Intérieur a aussi pu mettre en place, le 1er mai dernier, son numéro Vert de signalement. Il permet aux familles inquiètes de se manifester, d'obtenir des conseils et éventuellement de faire surveiller leur proche qu'elles soupçonnent de vouloir partir.
Puis, la loi défendue par Bernard Cazeneuve est entrée en vigueur vendredi dernier. Elle prévoit notamment une interdiction administrative de sortie du territoire mais elle crée aussi un délit d'entreprise individuelle terroriste : deux mesures très attendues par les magistrats anti-terroristes qui se sentent désormais mieux armés pour combattre le phénomène. L’arsenal répressif s’est donc étoffé et c’est désormais sur la question de la « déradicalisation » que les efforts se portent. Cet aspect-là de la lutte anti-terroriste n'en est qu'à ses débuts. Le gouvernement a entamé, l'été dernier, une formation des hauts fonctionnaires : préfets et recteurs d'académie en tête".
DES PERSONNES EN RUPTURE AVEC LA SOCIETE?
"Il faut ensuite former les échelons du dessous - services sociaux, enseignants, conseillers d'éducation... - pour pouvoir détecter ces personnes en rupture avec la société et répondre à leur malaise. Et pouvoir contrer aussi le discours radical alors que les recruteurs expliquent à leurs recrues que les efforts faits pour les retenir sont des épreuves d'Allah sur le chemin de la vérité. Se pose enfin la question de ceux qui parviennent totalement à dissimuler leur évolution religieuse et qui ne sont donc pas détectés. Pour les toucher et contrer le discours extrémiste, l'une des pistes étudiées est le recours à l'arme des groupes jihadistes : les réseaux sociaux".
Ouf Big brother est à l'oeuvre pour nous protéger. Le gaz sarin apparaît comme un conte pour enfant face à ce conditionnement planétaire et plantaire qui semble se choquer de l'embrigadement militaire plus que religieux de nos bambins "extrémistes", quand, de façon pachydermique c'est un embrigadement massif préparatoire à un engagement tout aussi barbare que les populations prolétaires (majoritaires) sont conviées subliminalement et minablement.
Décryptons d'abord par le petit bout de la lorgnette au niveau de Trifouillis-les-Oies ce que nous comprenons face à l'hystérique propagande militariste bourgeoise, pétrolifère et financière.
 
DES PRENEURS D'OTAGES PRIS EN OTAGES
Permettez entre parenthèses que je fasse allusion à mon blog annihilé par les instances secrètes et étatiques de Google. Big Gogolito agit comme toujours agissent les polices secrètes des Etats depuis e Préfet Lépine et l'Okhrana (police du tsar). Ils ne s'intéressent pas prioritairement aux groupuscules maximalistes ou anarchistes qui pratiquent la langue de bois ou la même dénonciation sempiternelle de la guerre impérialiste avec la même langue de bois que les bolcheviks ou Kropotkine. Lisez les ouvrages qui racontent les histoires des barbouzes, ils expliquent que la police n'est pas idiote et flique surtout ceux qui pensent et écrivent hors des sentiers battus, même isolés ou sans influence notable, mais qui approfondissent ou mettent le doigt où ça fait mal à l'idéologie dominante. Quelqu'un parmi eux a certainement attiré l'attention sur ma petite personne, car ce que j'écris est étudié ou consulté régulièrement par des gens de l'extrême gauche à l'extrême droite, sans évidemment en référer jamais à votre serviteur. Je pourrais retrouver telle déclaration de Besancenot conforme à une de mes remarques; s'il y est parvenu tout seul avec son CC tant mieux. Lorsque j'ai rédigé un billet sur la prise de position va-t-en guerre de l'OCL aux côtés de l'armada US, j'ai pu constater l'écho, en particulier chez les bordiguistes qui ont ensuite rédigé un article très profond et qui tape juste contre l'avachissement historique répétitif du courant anarchiste. Le CCI qui professait il y a peu la nécessité d'un banquet en voie de nouvelles tentatives d'épousailles avec l'anarchisme s'est tenu quoi et se contente de radoter que le capitalisme est en décomposition ou à la veille de sa mort. Mais tant mieux si certains trouvent matière en me lisant, même à d'autres fins. Je pense que deux de mes articles ont dérangé la convivialité impérialiste dominante:
 "Une propagande de guerre qui vous prend à la gorge, derrière la mise en scène des égorgements islamistes la trouille de l'impérialisme américain" et "Dans la peau d'un égorgeur islamiste (et le chapitre: le facteur clé de l'anonymat).
Peut-être peut-on me prendre pour un égocentrique, ce que je ne serai jamais, mais en tout cas, il est plausible que des djihadistes me lisent aussi, ou en tout cas les formateurs au djihad de la CIA. Peu importe, j'ai souri au vu du renversement de tendance – où ils ont pris la mesure de leur ridicule avec ces cagoules de tueurs lâches. Il est convenu à présent d'exhiber les tueurs dévoilés, bédouins de souche ou français naturalisé, avertissement et prise d'otage pour les impétrants tenté ultérieurement de retourner sauver leur peau en Europe.
Voici, dans ce dernier article l'explication que je fournissais:
"Comprendre la psychologie du tueur anonyme ne peut se situer au niveau du simple examen du type frustré par une société cynique et inégalitaire. Il faut saisir à quel moment et comment le futur tueur ou égorgeur peut passer à l'acte débarrassé de tout sentiment humain.
Le premier moment d'insensibilisation est le port de l'uniforme. Doté d'une tunique commune à une foule d'autres individus, l'impétrant ne s'appartient plus. Il ne peut plus obéir à une conscience de classe ou même à une simple conscience individuelle cartésienne. Il est dé-sindividualisé. C'est cette dés-individualisation qui le rend violent sans remords. Il agit pour tous et au nom de tous en raison de l'honneur qui lui est confié d'exécuter la besogne (sale de préférence). Son sentiment des responsabilité individuelle est quasiment dissous. Est altérée la conscience normale de tout individu en temps de paix civile. Ses comportements sont conditionnés par les circonstances de la situation immédiate, qui est souvent très simple: sauver sa peau. Car si vous n'obéissez pas dans la foule en uniforme vous êtes cuit, aux ordres d'un Durruti comme aux ordres d'un quelconque djihadiste barbu. C'est ce bon Gustave Le Bon qui avait parfaitement identifié le mécanisme: "dans la foule, tout sentiment, tout acte est contagieux", "La qualité mentale des individus dont se compose la foule ne contredit pas ce principe. Cette qualité est sans importance. Du moment qu'ils sont en foule, l'ignorant et le savant deviennent également incapables d'observation". A cet égard il n'est pas étonnant que des adolescents, qui ont vécu en Europe riche au milieu de bandes, régies par le même principe de contagion suiviste, filent s'enrôler dans les zones de combat (impérialiste masqué), vues comme moments révolutionnaires. On retrouve le même phénomène dans les émeutes primaires qui culminent dans des lynchages. Le spontané est vite au second plan de l'explosion. Les individus les plus actifs, les plus cruels (donc les plus "radicaux") sont en situation de précarité économique et sociale. Les brutes épaisses et les dictateurs sont en général des déclassés ou des arrivistes bafoués. Sous le régime de Vichy en France, comme en Allemagne sous Hitler, les pires tortionnaires pervers se retrouvèrent promus aux postes de commandement des organismes policiers et militaires. Le développement du phénomène terroriste n'est donc pas le propre de la seule religion d'Allah (traditionnellement belliqueuse) mais intrinsèque à la guerre moderne dès lors qu'on ne peut plus trouver de justification crédible pour les millions de prolétaires internationalistes. Les individus paumés, sans identité collective, en trouve une lorsqu'ils sont embrigadés. Il y a leur groupe, leur camp, leur troupe militaire et le reste du monde. L'esprit de corps est une source puissante de désinhibition comportementale, porte ouverte à l'acte de tuer, comme affirmation de la force du groupe. 
On remarquera enfin que l'uniforme est le même chez les super flics dits ninja comme chez les tueurs de l'Etat islamique. Et au passage la gradation en terme d'Etat pour des cartels hétéroclite de pillards, qui confirme "l'état" du monde à feu et à sang, officialisant des bandes armées telle une entité nationale officielle. Les "combattants" de l'Etat démocratique comme ceux de l'Etat islamique sont masqués. On ne sait plus qui est le chef dans les bandes d'assassins armés comme on ne sait plus qui sont les financiers qui ordonnent des manoeuvres économiques criminelles. Pour un peu on dirait qu'il le faut pour ne plus avoir à se regarder devant la glace. Au fond, cet anonymat est pourtant bien symbolique de la guerre moderne capitaliste: elle doit masquer des combattants sans vergogne et sans autre but que la jouissance de violer et tuer l'autre".
Et pire, je ridiculisais cette engeance terroriste qui veut se faire passer pour révolutionnaire; notez bien qu'à une autre dimension du champ de la guerre mondiale larvée le spot de recrutement des "brigades internationales" pro-Poutine d'Ukraine défile ses numéros de téléphone avec la tronche de Guévara en toile de fond. Je rappelais simplement l'idée fondamentale de Marx "la lutte de classe ne peut se dérouler qu'à la lumière du jour":
"LE PROLETARIAT LUTTE LUI A VISAGE DECOUVERT
Tout autre est le comportement de la "foule prolétarienne". Si elle est capable de discipline, elle s'oppose férocement aux actes délictueux, quoique dans son enfance le mouvement ouvrier n'ait pas toujours su discerner des actes de violence normaux contre les institutions d'actes déplorables contre des personnes. On peut regretter des exécutions sommaires pendant la Commune de Paris et en Russie en 1917, mais on ne fut pas capable d'égaler à ces époques la cruauté qui régit les guerres inter-capitalistes actuelles. Mieux les exactions regrettables furent sanctionnées par la défaite des révoltes et révolutions de la foule prolétarienne, et obligèrent à tirer des leçons fondamentales sur les limites de la violence, alors que la bourgeoisie de nos jours, non seulement démultiplie des actions de ses bandes armées, mais opère de mille façons pour continuer à les "masquer", ou à en faire porter la responsabilité aux mercenaires d'en face.  (3 septembre 2014)
Le système d'embrigadement dans les guerres de la bourgeoisie n'a pas varié depuis un siècle, il n'est en rien original chez les djihadistes, faussement humanitaires chez les grandes puissances, et toujours binaire avec un ennemi diabolique désigné où tous les pharisiens de la bourgeoisie font mine de se choquer du choix d'un camp belliciste par tel ou tel individu isolé. C'est justement parce que la plupart des individus, prolétaires surtout, sont isolés, atomisés qu'il est compréhensible qu'ils puissent être la proie d'un camp de la résistance, de la "revanche", de la "libération de l'oppression".
Les vieux partis staliniens sont exemplaires pour celer la supercherie. Ainsi l'actuel dit parti communiste espagnol s'est positionné publiquement pour la défense armée du Dombass face aux "fascistes ukrainiens". Javier Parra (le bien nommé) secrétaire général de la fédération de Valence de ce parti défend la lutte armée des pro-russes de l'Est ukrainien. Est-il financé comme au temps de l'or de Moscou par les "réseaux européens" de Poutine? . Le PCE, ex-européiste, y va fort:
"Là où le fascisme attaque, le peuple doit se défendre comme il sait le faire. En Ukraine, les nazis se sentent forts, ils sont arrivés à la tête du gouvernement, ils ont interdit le Parti communiste et massacrent avec leurs armes les habitants de l’est. Évidemment,les habitants de l’est doivent défendre la paix les armes à la main, c’est la seule voie possible, comme cela s’est passé en Espagne en 1936. Ce qui se passe en Syrie et au Venezuela sont également des exemples, chaque pays avec ses propres spécificités., mais le fascisme s’étend de plus en plus dans plusieurs pays. Plus que jamais, il est indispensable de créer une grande alliance antifasciste mondiale".
Les PC tiennent à confirmer que la bourgeoisie mondiale peut compter sur eux pour le futur embrigadement généralisé! Surtout le PCE qui a tant à se faire pardonner sur la fausse révolution espagnole, tout en gommant littéralement l'histoire; il n'existe aucun livre sérieux en Espagne, exeptés les brûlots des Amis de Munis et une ou deux brochures des Cahiers Spartacus, pour approcher un tant soit peu la vérité de cette terrible guerre civile, mythifiée et mystifiée un peu partout dans le monde. Le dernier Goncourt attribué à Lydie Salvayre perpétue la mystification en jouant à aligner le camp "fâchiste" sur "l'innocence anti-fâchiste" où le père Bernanos sert de passerelle.
 Cette terrible guerre où furent harponnés tant d'ouvriers ne supporte cependant pas la comparaison avec les bandes armées terroristes djihadistes,lesquelles pratiquent plutôt les sinistres méthodes de l'ombre des résistances nationalistes. Un jour les véritables historiens reconnaitront l'apport fondamental et le courage de la revue de la Gauche communiste maximaliste, BILAN.
Tout semble concourir avec la pachydermique propagande de tous les partis officiels coalisés dans un mensonge universel pour plaquer le déroulement de la guerre non civile d'Espagne de 36 à 39. Tout comme en Espagne meurtrie par Franco, on invoque partout l'engagement "international" de jeunes volontaires. Des grecs et des français combattent dans les rangs de la "République populaire d'Ukraine". Sur facebook, la référence pour une majorité de jeunes de tous les pays, on apprend avec spots à l'appui que: "L'unité de partisans anarchistes Batko Makhno est parvenue à intercepter un groupe du bataillon Donbass (Pro-Kiev) en route pour Novoazovsk"! Les anarchistes ont toujours à l'avant-garde des troupes bourgeoises au dernier moment, même pour la figuration, comme ceux, anarchistes espagnols, qui ont libéré Paris en 1944, assis sur les premiers chars des bataillons Leclerc.

LA PANTALONNADE DE LA "GUERRE REVOLUTIONNAIRE" EN ESPAGNE
Comme toujours, après la tragédie, la farce. Ce revival de "brigades internationales" révèle des similitudes confondantes avec 1936, mais des similitudes seulement, car c'est en connaissant bien la supercherie des engagements impulsifs de cette année-là et l'aboutissement du sacrifice de tant de naïfs qu'on pourra réellement dénoncer ce que trament les élites mondiales du capitalisme depuis n bon moment et les généraux avant tous.
L'Etat islamique n'est pas le gouvernement républicain de 1936. La démocratie occidentale n'est pas le nazisme au pouvoir. La démocratie impérialiste actuelle n'est pas une victime d'un nouveau stalinisme. L'Etat islamique n'est pas un gouvernement révolutionnaire de la classe ouvrière. Les engagements sont picrocholins comparés à 1936.
En 1936, les partis staliniens du monde entier recrutent: "La passivité des pays démocratiques indigne les antifascistes du monde entier". La première opération de recrutement du premier noyau de "brigades internationale" débute le 1er octobre 1936. Ils seront plus de trente mille à accourir d'Europe et d'Amérique pour "sauver la révolution espagnole".
Rémi Skoutelsky écrit:
"Les études récentes menées sur les contingents nationaux des Brigades convergent sur un point: c'est une majorité écrasante d'ouvriers qui s'engagent en Espagne, dans une proporion bien plus importante que dans le mouvement ouvrier politiquement organisé. Pas particulièrement jeunes (29 ou 30 ans de moyenne d'âge), ils militent pour la plupart dans les organisations communistes, mais des milliers d'entre eux ne sont pas dans ce cas. Solidarité ouvrière et antifascisme, auxquels peuvent être mêlés des aspirations révolutionnaires, résument les motivations de ces hommes. Enfin, dernier élément totalement effacé de la mémoire collective: en raison des problèmes de recrutement (sic), de plus en plus d'espagnols intégrèrent les brigades internationales. A el point, qu'à partir de l'automne 1937, et à la suite des pertes énormes subies par les étrangers, on doit parler d'unités espagnoles à encadrement international. Là aussi une image faussée a été véhiculée: la guerre d'Espagne ne fut pas l'épopée romantique de "L'Espoir" ou de "Pour qui sonne le glas?" C'est, toutes proportions gardées, dans l'enfer de Verdun que les volontaires se trouvèrent plongés".
Cet historien extraordinaire avait-il lu BILAN? En tout cas son mémoire est extrêmement éclairant (cf. L'Espagne après l'Espagne, la mémoire des Brigades internationales, sur le site Persée). Il décrypte magnifiquement l'instrumentalisation de l'histoire, en référant aussi aux Brigades de Tito en 1949 (soutenues par les trotskiens de l'époque), et aux appels (vains) à en fomenter de nouvelles en Bosnie il n'y a pas si longtemps à la veille du génocide de Sarajevo. Il rappelle aussi que c'est une forte immigration politique qui s'est chargée d'organiser l'enrôlement et l'acheminement de dizaines de milliers d'hommes. Plus récemment aussi, il rappelle l'utilisation cinématographique du mythe espagnol par des artistes anarchistes et trotskiens comme Ken Loach avec le navet "Land and Freedom"; j'avais rédigé un article dénonçant ce film à sa sortie, mais qui avait été refusé par la rédaction de R.I.
"En définitive, pendant des décennies, les brigades internationales, dans les ouvrages historiques, étaient fréquemment instrumentalisées. Elles constituaient, selon la couleur politique des auteurs, un aspect de la trahison de la République (qui voulait vendre l'Espagne aux "rouges") et de celle de l'URSS (qui avait détourné les aspirations sincèrement révolutionnaires des volontaires pour les mettre au service de la contre-révolution stalinienne). Chez les communistes, elles servaient à accuser les démocraties occidentales, et selon les périodes, les sociaux-démocrates, au sujet de la politique de non-intervention".
"La mémoire de l'Espagne est restée vivace chez beaucoup d'anciens brigadistes. Parce qu'ils étaient jeunes, parce que c'était leur premier combat, parce qu'aussi – et cela n'est pas négligeable – ils se déroulaient au grand jour. Autant de différences avec les combats de la résistance, où l'on se retrouvait souvent isolé, caché".
Les historiens Broué et Témine explique un mode de recrutement qui demeure individuel (typiquement d'actualité!) et nuances les propos de Rémi Skoutelsky qui n'y voit que des ouvriers indifférenciés: "les engagements sont reçus dans les permanences installées aux sièges des organisations syndicales ou des partis de gauche -, c'est le parti communiste qui contrôle l'ensemble de l'opération. (...) Au lendemain d'une crise économique qui a bouleversé l'Europe et dont les séquelles subsistent en dépit d'une repris économique que stimulent les fabrications de guerre, il existe encore en France un lumpen-prolétariat qui s'engagera en Espagne pour des motifs pas toujours désintéressés". Malraux témoigne des conflits entre "volontaires" majoritaires dans cette armée mexicaine face aux "mercenaires".
Les émigrés allemands, italiens sont en grande partie des "cadres" des partis staliniens, voire officiers de carrière. Le centre de recrutement d'Albacete est sous le contrôle des chefs staliniens français en lien avec les militaires espagnols. Le massacre des volontaires internationaux sera énorme.
Même avec des explications différentes, la plupart des historiens contemporains, bien après les courageuses prises de position de la Gauche communiste (Bilan et la fraction italienne et française) ont reconnu que la guerre d'Espagne fût une répétition de la toute prochaine guerre mondiale. La délimitation en deux camps belligérants dans tous les pays, divisant donc même le prolétariat exclu de l'équation, se manifeste par l'existence d'autres brigades internationales, ainsi que l'a bien souligné Sylvain Roussillon. Les légions étrangères venues secourir Franco comptèrent presque autant de membres que les Brigades mythifiées: russes blancs, troupes allemandes, italiennes, marocaines, irlandais (avec le célèbre Eoin 0'Duffy, héros de la lutte nationaliste irlandaise),anglo-saxons, roumains,portugais, juifs immigrés et français, la "Bandera Jeanne d'Arc" avec le fils de Bernanos, ainsi qu'en témoigne Sygmunt Stein. S.Roussillon explique dans une interview que les nombreux combattants arabes n'étaient pas spécialement des mercenaires mais obéissaient à un engagement politiquement très conscient; ils avaient quitté à leurs risques et périls les zones sous contrôle français (Maroc, Algérie, Tunisie); la Bandera phalangiste comptait près de 4000 hommes.
200 nationaux-syndicalistes portugais s'étaient également enrôles dans les milices phalangistes.
Roussillon ajoute: "Pour les russes, comme pour les italiens et les allemands, l'Espagne a été un cjamp d'expérience. L'épreuve, ici, a été surtout matérielle. Ils ont pu obtenir de précieux renseignements sur la valeur de leurs armes par rapport à celles des puissances fascistes, des Ratos russes par rapport aux Messerschmitt par exemple. Ils ont tiré de sérieuses leçons de l'expérience de la guerre: utilisation massive de l'artillerie, nécessité de manoeuvres en profondeur adaptées aux nouvelles techniques du combat, utilisation des partisans contre une armée organisée. Bon nombre de cadres militaires russes ont fait en Espagne un stage plein d'enseignements".
Les historiens Pierre Broué et Témine dans leur excellent ouvrage ajoutent: "L'Espagne n'est pas seulement le terrain d'expérimentation des armes neuves, elle fournit aussi le moyen de liquider à bon prix le vieux matériel qui encombre les parcs militaires. Il ne faut pas oublier que ce trafic a un aspect commercial. Pas plus que l'Allemagne à Franco, l'URSS ne donne ses armes à la République; dès les premières négociations, il a été prévu que l'or de la Banque d'Espagne financerait les fournitures".
Déniaisement de l'aide "communiste" aussi, ajoutent ces auteurs: "On doit également tenir compte de l'action de la propagande franquiste qui a systématiquement "gonflé" l'aide soviétique. Même si on néglige certaines énormités, il n'est pas rare d'entendre parler, du côté nationaliste, de milliers d'hommes envoyés en Espagne. Ce qui est au contraire remarquable, c'est la faiblesse des troupes russes en Espagne. Dès 1939, Brasillach et Bardèche estiment qu'ils n'ont jamais été plus de cinq cents. D'autres, comme Krivitsky ou Catell, admettent des chiffres un peu supérieurs; les russes en tout cas, n'ont jamais été plus de mille, essentiellement des spécialistes,tankistes et aviateurs, conservant, comme les allemands du côté nationaliste, leur commandement et leurs installations propres, tenus à l'écart de la population".
La tragique guerre d'Espagne témoigne aujourd'hui encore finalement de la supercherie de toute ces "guerres révolutionnaires" qu'on nous ressert tous les 30 ou 50 ans. Il n'y a pas plus de guerre révolutionnaire en Ukraine que de djihad révolutionnaire en Syrie, mais un massacre sans fin pour ceux et celles qui auront été harponnés pour une libération frelatée qui n'a rien à voir avec l'insurrection prolétarienne et l'armement du prolétariat. Il nous intéresse plus de savoir les nombreux réfractaires à tout embrigadement des deux côtés en Ukraine, comme de saluer les nombreuses désertions partout où sévit la guerre en Afrique et au Moyen Orient, mais pour réaffirmer que la solution, l'interdiction des guerres, suppose une révolution internationale qui ne peut commencer sur les lieux des massacres ni dans les immenses camps de réfugiés, ni dans les barques fragiles des boat-people.
La responsabilité du prolétariat des grandes puissances est clairement posée, avant qu'on ne le soumette lui aussi à un embrigadement pervers.

(1) Sur un blog du Le Monde, le docteur Pierre Barthélémy nous apprend que la mort par égorgement ne prend que 7 secondes, ouf!  (article: que ressent une personne exécutée?):
"On ne sera pas surpris de constater que les procédés les plus archaïques sont aussi ceux qui font le plus souffrir les personnes exécutées. Ainsi, la lapidation entraîne-t-elle la mort la plus lente, d'autant qu'elle manifeste clairement une intention de torture. Harold Hillman cite dans son étude un article des lois pénales islamiques en vigueur en Iran en 1980, consacré à la taille des projectiles utilisés :  "Les pierres ne doivent pas être trop grosses, pour empêcher que la personne meure après avoir été atteinte par une ou deux d'entre elles." L'idée est donc que le supplice dure. La mort est obtenue par une hémorragie massive extra et intra-crânienne puisque, dans une lapidation en règle, le ou la condamné(e) est enterré(e) jusqu'au cou et que seule sa tête dépasse du sol.
Je ne vais pas entrer dans les détails de chaque modus operandi mais ce travail d'Harold Hillman a le mérite de mettre sur la table ce qu'est, essentiellement, une peine capitale : un moyen de stopper le fonctionnement du cerveau en coupant son approvisionnement en oxygène. Passer devant un peloton d'exécution (qui vise en général à la poitrine) détruira votre cœur ou les gros vaisseaux qui lui sont connectés ; la version chinoise (une balle dans la nuque) a pour but de détruire le bulbe rachidien où sont régulés la respiration et le rythme cardiaque ; la pendaison se terminera par une asphyxie, que l'on vous rompe les vertèbres cervicales ou pas ; la chaise électrique, mise au point à la fin du XIXe siècle pour trouver un mode d'exécution plus "humain" que la pendaison, n'a pas forcément fait beaucoup "mieux", car elle tue plus en portant le cerveau à très haute température et en y détruisant le centre de la respiration qu'en arrêtant le cœur.(...) Si le chercheur britannique Harold Hillman fait une exception pour l'injection létale, qui est désormais le mode d'exécution principal aux Etats-Unis, c'est parce qu'elle est censée anesthésier le condamné avant de le tuer. Toutefois, la mise en pratique de ce protocole laisse parfois à désirer, ce qui peut transformer l'exécution en séance de torture, comme l'a montré en avril le cas de Clayton Lockett dans l'Oklahoma : la sédation ayant été ratée, l'homme a agonisé pendant 43 minutes avant que son cœur ne s'arrête. En juillet, l'exécution, dans l'Arizona, de Joseph Wood a elle aussi tourné à l'horreur, le condamné ne succombant à l'injection qu'au bout de deux heures, après avoir grogné et haleté durant 90 minutes". Le docteur Patrick Pelloux nous révèle que Jésus en croix, pendu à bout de bras a mis une heure pour clamser (On ne meurt qu'une fois et c'est pour toujours).

vendredi 14 novembre 2014

Non à la mobilisation pro-impérialiste autour du Kurdistan !


Communiqué du Parti Communiste International

Depuis des semaines, le sort des Kurdes syriens est devenu l'une des justifications les plus importantes de l'intervention impérialiste sous hégémonie américaine en cours dans la région; les médias internationaux ont focalisé l'attention autour du Kurdistan syrien (Kurdistana Rojava, Kurdistan de l'Ouest, en kurde) et de la ville de Kobané attaqués par les forces du groupe intitulé «l'Etat Islamique» (plus connu sous les appellations anglaises ou arabes: ISIS ou Daech).
Le Kurdistan Syrien, composé de 3 zones frontalières avec la Turquie, dont celle de Kobané, comprend 2 millions d'habitants environ (soit en gros un dixième de la population totale de la Syrie); mais plusieurs centaines de milliers de Kurdes vivaient et travaillaient dans les grandes villes syriennes, notamment à Alep et à Damas.
En s'attaquant à Kobané, ISIS veut sans doute unifier les territoires qu'il domine; mais surtout il veut s'assurer du contrôle de la frontière avec la Turquie, la ville étant une voie de transit vitale pour le pétrole de Rakka, capitale provinciale sur lequel il a mis la main en en chassant le Front Al-Nosra. Les différentes factions rebelles ne luttent en effet pas seulement contre le régime de Damas; elles luttent aussi entre elles pour se tailler des fiefs qu'elles administrent au profit de leurs commanditaires. La force d'ISIS tient à ce qu'il a réussi, y compris mais pas uniquement, par la violence la plus brutale, à fédérer autour de lui plus d'intérêts bourgeois que ses rivaux.
Outre les déclarations de responsables onusiens et de dirigeants politiques bourgeois en faveur des Kurdes de Kobané, les appels des traditionnelles personnalités démocrates (en France citons les inévitables Kouchner et Bernard-Henri Lévy), outre la mobilisation internationale du PKK (Parti des Travailleurs Kurdes) et de ses alliés ainsi que d'autres groupes kurdes, on a assisté également dans de nombreux pays à la participation active de forces d'extrême-gauche, au nom de la lutte contre l'obscurantisme d' ISIS et de l'urgence à éviter un «massacre» de civils à Kobané. Cette implication de l' «extrême-gauche» prétendument révolutionnaire ne sert, en définitive, qu'à cautionner l'intervention impérialiste aux yeux des prolétaires indignés par les actions perpétrées par les Islamistes d'ISIS


Citons, à titre d'exemple, des extraits d'un tract d'une organisation libertaire active dans cette campagne, l'OCL, qui «expliquait» sa position (attention ! Le raisonnement est plutôt alambiqué):
«Si nous appelons à mobiliser et à amplifier la solidarité avec la résistance de Kobanê et plus généralement avec la lutte du peuple kurde, c'est d'abord parce qu'il y a urgence et que chaque jour, chaque heure compte. Et si cette urgence nous concerne, c'est parce que le mouvement de libération du Kurdistan – avec ses caractéristiques plutôt positives et d'autres plus discutables et critiquables – nous apparaît aujourd'hui, dans cette région du monde, comme la principale force susceptible non seulement de contrecarrer la double barbarie des islamistes et des régimes en place, mais aussi d'introduire dans les zones kurdes et bien au-delà, suffisamment d'éléments de transformation et de rupture à partir desquels il devient au moins possible – et pensable – de postuler des formes d'égalité, d'ouvrir des espaces politiques autonomes [?] d'appropriation du commun [?], et d'avancer des perspectives intelligibles et audibles de libération sociale et politique. C'est là une condition non suffisante mais nécessaire pour faire reculer les barbaries à l'oeuvre, pour rendre de nouveau l'air respirable et ce monde habitable ici aussi» (1).
Ce qui n'est pas audible dans le tract de l'OCL fustigeant «les dictatures de Damas et Bagdad», «les djihadistes» et «les pétromonarchies», c'est une dénonciation ouverte de l'impérialisme, américain et français. Une telle dénonciation serait difficile alors que le tract critique essentiellement le manque d'efficacité des bombardements américains (jugés «dérisoires» par les experts militaires de l'OCL), et se contente de dire que la coalition impérialiste «prétend combattre pour éliminer les djihadistes», autrement dit ne combat pas vraiment! Il est vrai que si nous nous trouvons en présence d'une lutte contre la «barbarie» (George Bush aurait dit: contre «l'empire du mal»), on peut bien souhaiter la victoire de la civilisation des missiles de croisière et des chasseurs-bombardiers!
L'OCL a donc sans doute été satisfaite de l'intensification sans cesse croissante de l'intervention américaine au fil des jours.


C'est en tout cas l'avis des trotskystes du NPA de Toulouse; dans leur communiqué du 19/10 intitulé «Soutien total et inconditionnel aux combattantes et combattants de la liberté [!] de Kobané» (2) ils n'hésitent pas à écrire: «le NPA salue l'efficacité des frappes de l'US Air Force de ces 4 derniers jours». Et, saluant aussi «la décision de l'état-major US d'intégrer un commandant des YPG [milices kurdes liées au PKK] à son QG des frappes aériennes» et se félicitant par avance d'une «remontée des bretelles de la Turquie à [une réunion de] l'Otan», le NPA toulousain «dénonce la veulerie et l'hypocrisie du gouvernement Valls et de François Hollande et de l'Union Européenne» qui resteraient spectateurs des événements!
A notre connaissance la direction du NPA n'a pas claironné publiquement des positions aussi clairement pro-impérialistes; mais elle a signé avec des organisations pro-kurdes et les sociaux-impérialistes du PCF et cie, une lettre pour demander à Hollande le soutien militaire de l'impérialisme français aux combattants de Kobané – ce qui revient au même. On peut lire dans cette lettre: «Notre pays [sic!] s’est engagé aux cotés des Irakiens et des Kurdes pour mettre un terme à l’emprise des djihadistes sur cette partie du monde, et c’est une bonne chose» (3). Le NPA est ainsi passé en quelques semaines de la condamnation de l'intervention impérialiste française à son approbation! Ces prises de position sont la conséquence logique de l'engagement dans la campagne de mobilisation impérialiste qui était manifeste dès le mois d'août avec un communiqué «exigeant» – de qui sinon de l'impérialisme? – la fourniture d'armes «à toutes les forces qui combattent le confessionalisme» (4) donc y compris même aux forces bourgeoises réactionnaires pourvu qu'elles combattent ISIS! Peu après les divers grands Etats impérialistes occidentaux accédaient aux «exigences» du NPA...


Vous voulez la démocratie au Moyen-Orient?
Faites appel à l'impérialisme!


Une journée «mondiale» de solidarité avec Kobané a été organisée le premier novembre. Dans l'appel officiel à cette journée, il était dit: «Si le monde veut la démocratie eu Moyen-Orient, il doit soutenir la résistance kurde à Kobané» (5). Qui c'est «le monde»? L'appel, un peu plus bas, parlait de façon plus précise d' «acteurs mondiaux»: «Il est grand temps de donner aux acteurs mondiaux des raisons de changer d'avis». Et pour dissiper toute ambiguïté sur qui sont ces «acteurs» à qu'il faut faire changer d'avis: «La soi-disant coalition internationale de lutte contre l'EI n'a pas apporté une aide efficace à la résistance kurde (...). Ils n'ont pas rempli les obligations qui sont les leurs en matière de droit international».
On voit qu'il ne s'agit bel et bien d'un appel à l'impérialisme (ou d'une pression sur celui-ci) pour qu'il renforce son intervention militaire au Moyen-Orient, en reprenant les écoeurants arguments bourgeois habituels: démocratie, droit international, «humanité», «prévention d'un génocide en cours» (ne reculant devant rien, le texte parle même de «pire génocide de l'histoire moderne»!), etc., qui ont toujours été utilisés pour justifier les guerres.
Le «droit international», ce sont les règles qui codifient les relations entre Etats bourgeois; basé sur des rapports de force, ce droit n'est jamais respecté par ceux, s'ils en ont la force, qu'il gêne, comme le prouve toute l'histoire des relations internationales.
La «démocratie», c'est le système pacifique de domination bourgeoise qui est basé sur la collaboration des classes; il est possible quand le capitalisme est suffisamment prospère pour acheter la paix sociale grâce à la corruption de larges secteurs d' «aristocratie ouvrière» et à la concession au reste des prolétaires de quelques avantages, qui ne sont que des miettes des masses de profits encaissés. Dans les pays où le capitalisme est trop faible et où les tensions sociales sont très fortes en raison du besoin d'extorquer jusqu'à la dernière goutte de plus-value aux masses, la domination bourgeoise revêt inévitablement un tour brutal, violent, terroriste. Le terrorisme des Islamistes syriens n'est que le pendant du terrorisme de l'Etat et du capitalisme syriens qui s'exerce sans retenue depuis des décennies. Les crimes d'ISIS pâlissent devant les crimes du régime qui, encore aujourd'hui, tue, massacre et torture à grande échelle (c'est ainsi que près de 2000 prisonniers auraient été tués, le plus souvent torturés à mort, dans les geôles du régime depuis le début de l'année) (6).
Vouloir la « démocratie » au Moyen-Orient, autrement dit la perpétuation du capitalisme, mais sous une forme pacifique, est ou rêver les yeux ouverts, ou proférer un mensonge pour camoufler l’intervention impérialiste !


Pendant que se mobilisaient et s'agitaient les partisans des combattants kurdes, pendant qu'ils réclamaient l'envoi d'armes, qu'ils demandaient le retrait du PKK de la liste des «organisations terroristes» (liste où sont inscrits les organisations et partis qui affrontent l'impérialisme et les Etats bourgeois occidentaux), les «acteurs internationaux» sérieux en effet agissaient sur le terrain – et dans le sens voulu par eux!
Les bombardements américains n'ont cessé de s'accroître (plus d'une centaine à la mi-octobre), et les contacts avec le PYD (nom de l'organisation du PKK en Syrie) et les Etats-Unis ont été rendus publics. La presse internationale a révélé que de difficiles négociations secrètes avaient eu lieu ces dernières semaines, alors même que le gouvernement turc réprimait dans le sang des manifestations kurdes en soutien à Kobané (plus de 30 morts), entre la Turquie, les Etats-Unis, le PYD et les organisations kurdes d'Irak pour coordonner la défense de la ville et arriver à un accord entre factions kurdes (7).
Le PKK/PYD a obtenu, essentiellement grâce à la bataille de Kobané, ce qu'il recherchait: sa reconnaissance par l'impérialisme américain et les impérialismes occidentaux (8), qui sanctionne son intégration de fait dans la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Il a même obtenu que le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) de Barzani qui dirige le Kurdistan semi-autonome irakien, abandonne ses partisans locaux du CNK (Conseil National Kurde syrien, qui reprochait au PKK/PYD son refus de participer à la lutte contre Damas), et reconnaisse sa prééminence dans les régions kurdes syriennes. La Turquie, qui, à l'ombre du pétrole kurde irakien, entretient des rapports privilégiés avec le PDK (9), a fait un geste en acceptant de laisser passer par son territoire des peshmergas (combattants) du PDK pour renforcer les combattants de Kobané.
Cependant, signe de la précarité de l'union des factions kurdes, le PKK/PYD n'a accepté la venue que d'une centaine de combattants du PDK, en précisant qu'ils ne seraient cantonnés à l'arrière: il ne veut partager la direction des combats avec personne.


Recomposition en cours sur fond de rivalités d'intérêts


Les négociations entre la Turquie, les Etats-Unis et les factions kurdes ont été, et sont toujours, difficiles. Bien qu'elle fasse partie de l'OTAN et qu'elle ait adhéré à la coalition, la Turquie rechigne à laisser les Américains utiliser ses aérodromes pour attaquer ISIS. Elle demande comme préalable à tout engagement militaire qu'on lui accorde la création en Syrie, le long de sa frontière, d'une «zone-tampon» qui soit aussi une «zone d'exclusion aérienne» (no-fly zone: zone interdite à l'aviation syrienne). Mais les Américains refusent car cela risquerait de les conduire... à un conflit avec Damas!
Depuis l'été 2013 en effet l'impérialisme américain a conclu que le renversement du régime de Bachar El-Assad risquait de déboucher sur une situation incontrôlable en Syrie, étant donné l'échec à mettre sur pied une force d'opposition suffisamment solide et fiable: l'exemple libyen est là pour montrer les difficultés à reconstituer un appareil d'Etat dans un pays fragmenté en multiples factions bourgeoises rivales. Les Américains se sont officiellement fixé la tâche de constituer une force d'opposition islamiste «modérée» au régime syrien, tout en avertissant que cette tâche prendrait «des mois et des années»; cela laisse tout le temps de négocier avec le régime et ses parrains, Russie et Iran.
Entre-temps le risque d'effondrement du régime irakien leur a fait considérer ISIS comme le véritable ennemi à abattre. Mais bombarder en Syrie, où se trouvent les bases d'ISIS, implique un minimum d'accord avec le régime d'El-Assad qui dispose d'une aviation et de systèmes de défense antiaériens sophistiqués. Bien qu'ils le nient officiellement, les impérialistes américains ont donc renoué des contacts avec le régime syrien honni, le laissant même redoubler ses attaques contre les groupes insurgés! De même, Paris, qui affirme toujours haut et fort son hostilité à Damas, a discrètement pris contact, comme d'autres capitales européennes paraît-il, avec les Services syriens pour leur demander leur aide contre les jeunes partis combattre dans les rangs islamistes (10). La tentative a échoué parce que les autorités syriennes ont posé comme condition à leur collaboration la réouverture de l'ambassade de France à Damas, mais le fait est significatif.


En centrant l'attention sur les combats de Kobané, les médias internationaux, répondant docilement aux desiderata de l'impérialisme américain, ont caché de fait les attaques du régime contre les insurgés d'Alep, Homs et ailleurs; selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, pas moins de 553 bombardements auraient été effectués par l'aviation syrienne contre les rebelles rien que dans la période du 20 au 25 octobre (11): dans un ciel syrien bien encombré, missiles de croisière et avions américains et avions syriens ne se combattent pas, mais se partagent la tâche...
Pour la Turquie d'Erdogan, à l'inverse, l'ennemi désigné est le régime syrien et les différentes factions rebelles islamistes sont des alliés au moins potentiels; elle reproche donc amèrement aux Etats-Unis de ne pas s'attaquer aux forces de Damas et d'avoir renoncé à faire tomber le régime de Bachar El-Assad. Alors que son président Erdogan entretient pour des raisons de propagande nationaliste le rêve de l'empire ottoman perdu, la Turquie nourrit des ambitions impérialistes régionales bien réelles qu'elle n'entend pas sacrifier aux intérêts américains. Inquiet des retombées des troubles en Syrie (des dizaines de milliers de réfugiés syriens se trouvent sur son territoire), le gouvernement turc redoute en outre la création d'un Etat kurde indépendant, qui risquerait d'attiser les aspirations sécessionnistes parmi les Kurdes turcs. La Turquie s'entend très bien avec les autorités du Kurdistan irakien liées au PDK de Barzani, à cause bien sûr du pétrole, mais aussi parce qu'elles s'affirmaient hostiles à l'indépendance. Mais leurs différends sans cesse croissants avec le gouvernement de Bagdad ainsi que la poussée de ISIS ont changé la donne. Bien qu'ils soient en théorie au nombre de plusieurs dizaines de milliers et puissamment armés, les peshmergas kurdes n'ont pas bougé le petit doigt pour venir au secours de l'armée irakienne régulière lorsqu'elle a été attaquée par ISIS; ils ont au contraire attendu sa débandade pour agrandir leur territoire en s'emparant de la ville de Kirkouk et de sa région riche en pétrole. Et fin juin, après que les autorités israéliennes aient multiplié les déclarations fracassantes en faveur d'un Etat kurde indépendant (12), Barzani déclarait à la BBC qu'il allait organiser un référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien. On n'a plus entendu de tels propos par la suite, mais le Kurdistan irakien, armé par les divers impérialismes occidentaux, jouit aujourd'hui d'une indépendance de fait.


Le PKK, parti nationaliste bourgeois


Créé à la fin des années 70, le PKK est une organisation nationaliste kurde de Turquie, présente aussi dans l'émigration turque en Europe, qui a entamé au milieu des années 80 une guérilla sur le mode maoïste pour l'indépendance du Kurdistan turc. Il a réussi dans une large partie à canaliser à son profit la colère des populations kurdes soumises depuis toujours à une véritable oppression de la part des autorités d'Ankara (pendant longtemps interdiction de parler kurde, même en privé, répression de toute velléité d'organisation kurde, etc.), alors qu'elles constituent environ un cinquième de la population de Turquie. Au milieu des années 90, le PKK abandonna ses platoniques références au marxisme pour les remplacer par des références à l'Islam; il abandonna aussi la revendication d'indépendance pour la remplacer par celle de l'autonomie. Il professe maintenant une idéologie purement démocratique digne d'un parti parlementaire. Début 2013 il a appelé ses partisans à déposer les armes à la suite de l'ouverture d'un «processus de paix» avec le gouvernement.
Pendant des années le PKK, protégé par le régime de Afez El-Assad (père du président actuel), avait constitué une base arrière dans les régions kurdes de Syrie; ses adversaires lui reprochent d'avoir collaboré pendant cette période avec les services secrets syriens pour y réprimer toute opposition au régime. Mais quelques années plus tard le rapprochement de la Syrie et de la Turquie entraîna l'expulsion des militants du PKK, ce qui conduisit à l'arrestation de leur chef, Ocalan, qui purge maintenant une peine de prison à vie en Turquie.
La détérioration des rapports avec la Turquie depuis l'éclatement de la guerre civile en Syrie a conduit à un nouveau rapprochement du PKK et de son organisation en Syrie (PYD) avec le régime de Damas. En 2012 celui-ci retirait du Rojava ses soldats et ses policiers dont il avait un besoin urgent pour résister à l'insurrection, remettant en pratique les clés de la région au PKK/PYD; à la différence des autres partis et organisations kurdes syriennes celui-ci a en effet toujours refusé de rejoindre la révolte contre le régime et il a maintenu les contacts avec les autorités syriennes. Il a même livré des batailles sanglantes aux insurgés, soit des Islamistes du Front Al-Nosra, soit des « modérés » pro-Américains de l'Armée Syrienne Libre, pour défendre les frontières de sa région; et à l'intérieur de celle-ci, il n'a pas hésité à réprimer ses adversaires politiques: ce fut le cas dans la ville de Amouda où la répression en juin 2013 d'une manifestation pacifique par le PYD fit plusieurs morts et se solda par l'enlèvement de plusieurs militants d'opposition; en protestation, des manifestations, sit-in et grèves de la faim eurent lieu en plusieurs endroits exigeant le retour des personnes enlevées (13).
Le PKK/PYD prétend avoir réalisé, selon les nouveaux préceptes d'Ocalan, une «révolution» au Rojava en instituant une organisation territoriale... sur le modèle suisse! Selon lui cette révolution dépasserait les révolutions française, russe et chinoise en raison de son caractère démocratique...
En réalité le PKK/PYD est un parti nationaliste bourgeois, anti-prolétarien, qui est bien incapable non seulement de mener une révolution, mais aussi de défendre les intérêts de classe des exploités: il n'a jamais hésité à chercher le soutien de n'importe quel Etat bourgeois ou de n'importe quel impérialisme; sa reconnaissance par l'impérialisme américain en est une démonstration supplémentaire.
Contrairement à ce qu'affirme sa propagande reprise sans sourciller par ses soutiens européens comme les libertaires que nous avons cités au début de cet article, le PKK/PYD n'appelle pas «à ne faire aucune confiance aux Etats et aux régimes en place»! Il n'appelle pas «les populations (...) à s'engager directement dans la résistance, à se battre, à s'organiser par elles-mêmes, à s'armer militairement et politiquement, à s'auto-défendre socialement, à coordonner leurs milices populaires, à ne compter que sur leurs propres forces et mobilisation pour protéger leur territoire et leurs vies et repousser les djihadistes» (14). D'ailleurs la population de Kobané, loin de s'engager directement dans la résistance, s'est enfuie en Turquie (15), démontrant que la guerre en cours n'est pas sa guerre.


Une seule issue: la perspective prolétarienne de classe


Comment pourrait-il en être autrement? Pour cela il faudrait qu'il y ait en acte une véritable révolution, pas une pseudo-révolution démocratique à la suisse, mais une véritable révolution sociale faite par les masses exploitées et opprimées. Dans la Syrie bourgeoise où le capitalisme est le mode de production dominant, historiquement, il ne peut plus être question que d'une révolution prolétarienne, une révolution socialiste.
Mais une telle révolution ne pourrait avoir comme arène une petite région agricole; elle devrait s'appuyer sur un puissant mouvement de classe dans les grands centres urbains où se trouvent concentrés les prolétaires de toutes les nationalisés; pour cette révolution, il ne s'agirait plus de «protéger un territoire» régional, mais de s'étendre d'abord à tout le pays et ensuite internationalement à tous les pays; il ne s'agirait plus de coordonner des milices «populaires», mais d'édifier une armée de classe, plus seulement de se défendre contre les djihadistes réactionnaires, mais de saper leur puissance en insufflant la lutte de classe à l'intérieur de leur territoire. Il ne s'agirait plus d'instaurer un régime démocratique et laïc, mais d'abattre l'Etat bourgeois et de le remplacer par le pouvoir dictatorial des opprimés, la dictature du prolétariat indispensable pour extirper le capitalisme. Evidemment une telle révolution ne pourrait songer à quémander l'appui de l'impérialisme dont elle appellerait au contraire les prolétaires à la révolte! Et cette révolution ne pourrait être dirigé par un parti national ou nationaliste, mais uniquement par le parti prolétarien international et internationaliste.
C'est bien parce qu'il n'existe rien de tel, que la révolte en Syrie a dégénéré en combats sanglants où s'affrontent diverses forces bourgeoises, plus ou moins soutenues par des parrains étrangers et qui, pour maintenir ou solidifier leur emprise sur leurs partisans et sur les masses, n'ont d'autre ressource que d'utiliser au maximum l'idéologie dominante la plus réactionnaire: la religion.
Comme l’écrivait Amadeo Bordiga, les plus graves crises de l'ordre bourgeois ne peuvent déboucher que sur une situation contre-révolutionnaire en l'absence du parti de classe, parce que cette absence implique que le prolétariat est incapable d'agir en tant que force indépendante: la bourgeoisie a alors toute latitude pour surmonter, à sa façon, la crise.
Mais, nous dira-t-on, s'il n'y a pas de parti de classe, pas de mouvement prolétarien indépendant, au moins faut-il s'opposer aux plus réactionnaires et appuyer les forces les plus démocratiques? Et si les militaires américains ou français peuvent faire obstacle à la «barbarie» ou à «l'obscurantisme» ne faut-il pas les soutenir, au Moyen-Orient comme en Afrique?
C'est un argument classique – choisir le «moindre mal», le camp bourgeois le moins méchant – qui a été utilisé d'innombrables fois, en temps de guerre comme en temps de paix, pour enchaîner la prolétariat à la bourgeoisie, pour empêcher l'apparition ou le renforcement d'organisations de classe; son seul résultat est toujours de livrer les prolétaires sans défense à leurs bourreaux.
Non seulement en effet il est impossible de venir en aide aux masses opprimées en s'associant, d'une façon ou d'une autre, à l'impérialisme qui pille et ravage la planète, exploite et massacre ces masses dans le monde entier; mais ce faisant, on ne peut que le renforcer, on ne peut qu'accroître la puissance du capitalisme et affaiblir jusqu'à la lutte de résistance la plus élémentaire des prolétaires. Le premier ennemi des prolétaires est leur propre bourgeoisie: s'allier avec elle, quel que soit le prétexte, c'est trahir le prolétariat.
Il n'est pas possible de s'opposer réellement aux forces réactionnaires, islamistes ou non, en reprenant des programmes et des perspectives démocratiques bourgeoises et en s'alliant en conséquence avec des forces bourgeoises; mais seulement en mettant en avant un programme et des perspectives anti-démocratiques, c'est-à-dire de classe, anticapitalistes, antibourgeoises, et en recherchant sur cette base l'union avec les prolétaires et les masses exploitées de toutes les nationalités et de tous les pays.
Les communistes avaient établi cette règle d'or en 1920: «L'internationale Communiste ne doit soutenir les mouvements révolutionnaires dans les colonies et les pays retardataires que dans le but de regrouper les éléments constitutifs des futurs partis prolétariens - qui seront effectivement communistes et pas seulement en paroles – et de leur enseigner leur tâche spécifique, à savoir la lutte contre les courants démocratiques bourgeois dans leurs pays» (16).
90 ans plus tard, alors qu'il n'existe plus d'Internationale Communiste sur laquelle s'appuyer, la consigne doit être respectée avec d'autant plus d'application que l'Internationale elle-même, en dégénérant, l'oublia bien vite. Les prolétaires doivent s'opposer sans hésitation à toutes les interventions militaires de «leur» Etat; mais toute «solidarité» avec des populations martyrisées ou avec des luttes, qui se situe en dehors de positions de classe, que ce soit sur des bases humanitaires, démocratiques, nationalistes ou autres, doit être dénoncée comme anti-prolétarienne. Paraphrasant ce que disait le révolutionnaire socialiste polonais Warynski à propos de l'indépendance de la Pologne (17), nous pourrions dire: «il existe au monde un peuple plus malheureux que les Kurdes – c'est celui des prolétaires».
Cela ne signifie pas que les prolétaires doivent se désintéresser du sort des Kurdes et autres nationalités, à qui il faut reconnaître pleinement le droit à l'autodétermination; mais cela signifie qu'ils doivent toujours défendre d'abord leurs intérêts de classe; et que dans la lutte contre toutes les oppressions, y compris l'oppression nationale, dans la lutte contre toutes les réactions, y compris islamistes, ils ne doivent jamais transiger sur la nécessité absolue de l'indépendance et de l'organisation de classe, sur la nécessité primordiale de l'unité des prolétaires par dessus toutes les divisions nationales, ethniques, religieuses ou autres.
La véritable solidarité, non seulement avec les masses kurdes de Kojava, mais avec les masses prolétarisées de Syrie écrasées sous la mitraille, ou condamnées par millions à une existence misérable de réfugiés, consiste à travailler ici, au coeur des métropoles impérialistes, à la reprise de la lutte de classe, révolutionnaire et internationaliste contre le capitalisme et l'impérialisme et à la reconstitution de l'organe suprême de cette lutte, le parti de classe international.
Et le premier pas indispensable est le refus de l'embrigadement dans les mobilisations pro-impérialistes, le refus de soutenir des forces et partis non prolétariens, le refus d'adhérer à des perspectives non classistes.


Parti Communiste International, 12/11/2014


www.pcint.org


(1) Tract du 3/10/14
(2) http://www.npa31.org/actualite-politique-internationale/urgence-kobane/declaration-du-npa-31-a-manifestation-samedi-18-octobre.html4
(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-azadi/250914/appel-hollande-de-soutenir-les-forces-kurdes-syriennes. ..
(4) http://www.npa2009.org/communique/solidarite-avec-le-peuple-irakien. Pour le NPA, le gouvernement français est donc l'incarnation d'un «pays» dont il affirme faire partie – et tant pis si le Manifeste disait que les prolétaires n'ont pas de patrie...
(5) http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1599. Parmi les signataires de l'appel (personnalités bourgeoises diverses, artistes, intellectuels, etc.), on trouve en 2e position l'archevêque Desmond Tutu, celui-là même qui avait béni le passage de l'apartheid à un régime démocratique pour perpétuer l'exploitation négrière des prolétaires sud-africains. Sa signature suffirait à qualifier l'appel...
(6) http://syriahr.com/en/2014/11/nearly-2000-detainees-killed-inside-the-regimes-detention-facilities/
(7) Voir par exemple l'article détaillé du Financial Times du 24/10/14.
(8) Une première rencontre officielle a eu lieu en octobre entre des responsables français et Saleh Muslim, le chef du PYD; Paris refusait jusqu'à présent tout contact avec l'argument que le PYD-PKK n'était «pas assez engagé» dans lutte contre Damas. Mais selon le diplomate qui a rencontré Muslim: «les Américains ayant eux-mêmes fini par rencontrer récemment les représentants du PYD, on ne pouvait plus refuser de voir les Kurdes syriens» cf http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2014/10/30/10001-20141030ARTFIG00373-la-france-rencontre-les-kurdes-syriens.php. L'inénarrable Bernard-Henri Lévy a écrit sur son blog: «Le PKK est le fer de lance, en Syrie, non seulement de la résistance à Daech, mais des valeurs que veut éradiquer Daech (...). C'est pourquoi le PKK et les partis qui lui sont liés doivent être reconnus pour ce qu'ils sont: un opérateur de stabilité et, demain, de paix au Proche-Orient». A-t-il adhéré à l'OCL? cf http://laregledujeu.org/bhl/2014/10/22/il-faut-retirer-le-pkk-de-la-liste-des-organisations-terroristes/
(9) Les deux principaux partis bourgeois du Kurdistan irakien, qui se sont combattus les armes à la mains pendant des années, sont le PDK de Barzani et l'UPK (Union Patriotique du Kurdistan) de Talabani formé par la fusion de divers partis dont les ex-«marxistes-léninistes» du Komala; Talabani est président de l'Irak depuis 2006 (poste honorifique sans pouvoir politique) et vice-président de l'Internationale Socialiste. L'UPK est proche des autorités iraniennes et par conséquent favorable au régime de Damas. Le clan Barzani qui dirige le PDK a une longue histoire de bons rapports avec l'impérialisme occidental et Israël; il a tissé des liens étroits avec la Turquie et il soutient l'opposition au régime syrien. En 2011 le PDK a constitué le CNK, qui regroupe les partis kurdes syriens partisans de la rébellion contre Damas. Le PYD/PKK reproche au CNK d'avoir abandonné la revendication d'autonomie du Rojava pour s'allier avec les rebelles (qui y sont hostiles); et il l'accuse d'être aux ordres de la Turquie. Diverses tentatives d'accord, non suivies d'effet, ont eu lieu entre le PYD/PKK qui domine sur le terrain en raison de son organisation militaire, et le CNK.
(10) cf Le Monde, 7/9/2014
(11) http://syriahr.com/en/2014/10/553-air-strikes-by-regime-warplanes-around-syria/
(12) http://www.al-monitor.com/pulse/politics/2014/07/iraq-crisis-israel-welcome-kurdish-state-us-turkey.html
(13) Voir le communiqué du TCK (Mouvement de la Jeunesse Kurde) qui appelait à une «révolution» contre le PYD:
https://syriafreedomforever.wordpress.com/2013/06/23/statement-by-the-kurdish-youth-movement-tck-about-the-latest-events-in-the-city-of-amouda-and-videos-and-pictures-from-the-protests-and-sit-ins/
(14) OCL, tract du 3/10/14. L'OCL use d'une périphrase pleine de tact pour parler du PKK: «les mouvements de la gauche kurde»....
(15) Selon Le Monde du 12-13/14, il n'y avait plus à cette date que 7 à 800 civils à Kobané sur une population initiale d'environ 50.000.
(16) cf «Thèses sur la question nationale et coloniale», IIe Congrès de l'IC, Moscou, juillet 1920.
(17) cf Jacques Droz, «Histoire générale su socialisme», PUF 1977, Tome 3, p. 324.