"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 9 juin 2014

AU BRESIL SYNDICATS ET BLACK BLOC SE PARTAGENT LE SALE BOULOT Et la passion du foot fera le reste




Ouf la police s'est engagée à ne pas faire grève pendant le carnaval du foot sacré!

 Panem et circenses"
Du pain et des jeux
et le prolétariat sera content,
il suivra aveuglément
les lois des seigneurs dieux.
Le prolétariat est-il content ?
Assurément,
il ne montre pas ses dents,
il aurait honte,
elles sont pourries.
Du pain il en a partout,
sous toutes ses formes,
pour tous les goûts.
Souvent même, il n’est plus à ses goûts
et il faut en faire des cendres
qui rempliront les déserts
au lieu de les nourrir.

 poème adapté d'après Juvénal (poète du 2ème siècle)

 La mégapole de São Paulo s'est préparée pour ce lundi à un possible embouteillage syndical, à trois jours d'accueillir le coup d'envoi du Mondial, face à la poursuite de la grève des employés du métro pourtant jugée illégale. Cette grève risque fort de provoquer comme en fin de semaine dernière des embouteillages monstrueux et menace de perturber accessoirement la cérémonie du Mondial et le match d'ouverture Brésil-Croatie jeudi.
Les grévistes qui réclament un fort réajustement salarial en raison de la hausse du coût de la vie sont passés outre, dimanche, une décision du tribunal régional du travail qui a déclaré leur grève illégale et fixé une amende de 100 000 réais (environ 30 000 euros) par jour d'infraction. Ils ont voté en assemblée générale la reconduite de leur mouvement tout en laissant les syndicats généraliser le cloisonnement. La grève affecte partiellement trois des cinq lignes du réseau. Mais cela avait suffi jeudi et vendredi pour plonger dans le chaos la mégapole engorgée de 20 millions d'habitants, avec un pic de plus de 250 km de bouchons.
Une manifestation hétéroclite de soutien virtuel mais non vers une quelconque grève générale est convoquée dès 7 heures du matin (11 heures en France) à partir de la station de métro Santa Rosa par des mouvements sociaux "qui appuient notre grève et notre lutte", a déclaré dimanche un porte-parole du syndicat du métro, Tiago Pereira, qui compte 9 000 adhérents. "La grève va continuer, jusqu'à la victoire", a assuré cet ampli syndical. Et le temps que cela prendra dépend à présent du gouverneur. "C'est à lui de résoudre la situation." ; langage typique folklore CGT en France…

Plusieurs clans sociaux-politiques de la gauche auriverde, traditionnellement organisatrice du carnaval des manifestations en tout genre ponctuent le quotidien des Brésiliens depuis la révolte sociale de juin 2013. Parmi eux figure le Mouvement des sans-logis (MTST), émanation urbaine du Mouvement des sans-terre, mouvement réformiste de cogestion de la misère par des chefaillons gauchistes ghettoïsant une masse hétéroclite de paupérisés plus de type lumpen et réduit à la démerde individuelle[1]. Cette organisation a récemment mobilisé quatre milliers de manifestants aux abords de l'Arena Corinthians, le stade à peine achevé théâtre du match d'ouverture, bloquant le trafic d'un des principaux axes de la ville.
Le syndicat des employés du métro de São Paulo, qu'empruntent chaque jour 4,5 millions d'usagers, va déployer de piquets de grève dans certaines stations du réseau - les piquets sont les barrages typiques du syndicalisme de gouvernement qui n'arrive pas à être suivi par la plupart des ouvriers! Vendredi dernier la police - qui a cessé sa grève après avoir obtenu ses augmentations de salaire -  avait dispersé des grévistes à coups de matraque et avec des gaz lacrymogènes. Les grévistes sont appelés à se réunir en assemblée générale à 13 heures (17 heures en France), où comme de coutume les beaux parleurs syndicaux feront taire "récriminations" et supposés "aventuriers irréalistes". Les chefs syndicrates ont revu peu à peu les exigences prolétariennes à la baisse. Mais ils réclament une augmentation d'au moins 12,2 % tandis que le gouvernement de l'État de São Paulo ne veut pas aller au-delà de 9,5 %.
Habiles coupeurs de poire en deux, les syndicalistes exigent en outre la garantie qu'aucun employé ne sera licencié à l'issue de la grève parcellaire. La grève du métro de São Paulo s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication de grèves sectorielles à travers le pays depuis plusieurs semaines, sans coordination ni volonté d’attaquer l’Etat gouverné par une ancienne terroriste gauchiste. Les mouvements épars, de chauffeurs de bus, policiers ou vigiles des banques, avaient pris le relais de la fronde sociale historique de juin 2013 qui avait ébranlé le géant émergeant d'Amérique latine. En pleine Coupe des confédérations de football, les prolétaires Brésiliens étaient massivement descendus dans les rues pour dénoncer les 11 milliards de dollars dépensés pour le Mondial et leurs chefaillons syndicalistes de limiter les revendications à exiger des investissements massifs dans les transports, la santé ou l'éducation, mais pas de remettre en cause le capitalisme…émergent ou plutôt désormais détergent !

Les manifestations ont perdu leur souffle au fur et à mesure qu'elles étaient envahies par des affrontements violents avec la police et des saccages par les abrutis anarchistes des Black Bloc. Il ne persiste de plus en plus que de la grogne: 54 % des Brésiliens pensent que le Mondial leur apportera plus de préjudices que d'avantages, selon un sondage Datafolha publié dimanche. Mais 65 % auraient "honte" si le Mondial était perturbé par des manifestations. Les prolétaires sont déjà en passe d’être laminé dans leur conscience par le rouleau compresseur de la grande fiesta mondiale du ballon rond, qui est une religion en Amérique latine, et le ridicule nationaliste, comme chez nous au stade de Lille hier soir (marées de drapeaux tricolores et « chant impur » à gogo pour une rencontre facile des bleus[2]), se répand. Les rues, les bars et fenêtres se parent de plus en plus de vert et jaune, les couleurs de la Seleçao, dont 68 % des Brésiliens sont convaincus qu'elle remportera sa sixième Coupe du monde, le 13 juillet dans son temple du Maracana. Et les millions de pauvres vont applaudir une poignée de milliardaires en culotte courte sautillant sur un carré de gazon filmé jour et nuit pour des milliards de spectateurs, plus nombreux que les croyants en dieu .



[1]  Aujourd'hui plus grande occupation des sans-toit du centre de São Paulo, l'occupation Maua compte 400 familles et se partage entre trois organisations: le Movimento dos sem teto do centro (MSTC), le Movimento dos trabalhadores sem teto da regiao central et le Movimento de moradia da regiao do centro. Dans les lieux occupés, une division des tâches entre les résidents de l'occupation permet d'organiser la vie sociale qui y prend place. Les tâches à effectuer sont regroupées en secteurs d'activité: la sécurité interne, l'hygiène et la propreté puis la maintenance. Chaque étage détient un responsable qui assure que chacune des tâches soit bien effectuée. Ces derniers se rapportent à la coordination générale du MSTC. Un portier contrôle à toute heure du jour ou de la nuit les entrées et les sorties. Bien que l'occupation située au 304 rue Maua se trouve au sein d'une quartier reconnu pour la consommation de drogues dures, aucun individu reconnu comme consommateur de drogues ou pratiquant la prostitution ne peut avoir accès à l'occupation. Les visites font l'objet d'un contrôle serré. En plus d'être enregistrées par le portier, elles doivent faire l'objet d'une invitation formelle d'une personne habitant l'occupation. Le centre de São Paulo abrite une bonne partie des 600 000 habitants de taudis (cortiços), 10 000 vendeurs ambulants, 2000 collecteur-trieur de déchets et 5 000 itinérants que compte la ville de São Paulo. Parmi les 121 628 domiciles recensés, 31 811 (26,15 %) sont considérés vacants. Non seulement l'emploi et les services publics (transport en commun, écoles, etc.) sont plus disponibles dans la région centrale, mais les statistiques démontrent également que les chefs de famille détenant un bas niveau de scolarité gagnent deux fois plus au centre qu'en périphérie. Les opportunités d'emplois ainsi que les salaires plus élevés pour les emplois formels comme informels font du centre un pôle d'attraction pour les populations paupérisées qui, pour en profiter, doivent cependant se soumettre à des conditions de logement extrêmement difficiles. Dans ce contexte, les sans-toit se mobilisent et projettent l'image d'un centre devant avant tout offrir des conditions favorables pour que les populations les plus démunies puissent y habiter.

Composition sociale

La composition sociale des organisations de sans-toit dans la région centrale est loin d'être d'ordre monolithique. Elles contiennent autant des paulistes que des immigrants d'autres États brésiliens (en majorité du Nordeste), des gens ayant délaissé la région rurale pour s'installer en sol urbain et même des immigrants en provenance d'autres pays (majoritairement du Pérou et de la Bolivie). Certains des membres de ces organisations ont vécu un temps à la rue, d'autres n'arrivaient tout simplement plus à payer le loyer et ont été introduit au Mouvement. La direction de la plupart des organisations de sans-toit visitent régulièrement favelas et auberges pour itinérants dans le but de recruter de nouveaux membres. Malgré une certaine non homogénéité à l'égard de leur provenance, la caractéristique commune des sans-toit est leur incapacité à payer un loyer régulier du fait de revenus irréguliers. Plusieurs sont sans emplois alors que les professions qu'ils exercent se situent au sein des secteurs où l'emploi est instable et temporaire (maçonnerie, vendeur ambulant, peintre, domestique, serveur, maintenance, etc.).

[2] En France, depuis hier soir sur TF1, le triomphe des black-blanc-bleu qui est annoncé avec force trompette, est déjà un volet de la campagne électorale prochaine pour re-marginaliser le FN (les spectateurs ne sont plus racistes quand les joueurs noirs ou arabes marquent un but pour le chauvinisme pathologique), mais un volet seulement. Les anarchistes et Besancenot avaient déjà commencé en commémorant la mort lors d’une rixe stupide du petit Méric il y a un an ; et le méchant Le Pen a joué son rôle traditionnel de PN, comme il l’avait fait pour « le détail » et « durafour crématoire » puis l’élimination de Megret. Ce n’est ni bêtise ni gâtisme, comme le lui reproche l’oligarchie actuelle autour de la fille dite « plus raisonnable », mais un solide calcul du vieux loup politicien pour reprendre le manche, occuper la une de l’actualité et rendre service aux gouvernants, à leurs donneurs de leçon de morale, à l’appareil judiciaire, aux complaintes journalistiques, etc. Le Pen a toujours joué le rôle d’un opposant éternel, éternellement diabolique. Il n’a jamais cru un instant parvenir au pouvoir, sinon il savait ce qui l’attendait de la part des fractions de l’ombre du pouvoir bourgeois : une liquidation pure et simple, au propre ou toujours au figuré. Pas besoin des clameurs gauchistes pour comprendre cela.

vendredi 6 juin 2014

LA GRANDE BOUFFE EN FAMILLE DU VIEUX CAPITALISME PLEURNICHARD




TF1 avait promis la rediffusion gratos à toutes les chaînes idéologiques du monde entier. Un milliard de téléspectateurs garanti ! La mise en scène fût éblouissante. Tous les convives hauts gradés, vétérans chevrotants comme  enflures d’Etat se pamaient et congratulèrent notre Hollande poussif dans les sondages. Sur les plages de Normandie on n’avait pas lésiné sur les moyens pour re-fagoter l’histoire : longue procession de l’arrivée des chefs d’Etat blancs des principaux Etats européens, encadrés par deux enfants chérubins[1], accueillis par le majordome Hollande (ne lui manquait que la queue de pie) conviés à serrer la paluche aux vétérans glorifiés sur leur fauteuil roulant ou maintenus par une infirmière ou un jeune trouffion, projections sur écran géant des vieux films archi-connus des exactions du capital allemand en furie, spectacle de danse féérique d’hommes en noir symbolisant le boche sans casquette alternant avec des figurants victimes vêtus de gris, toile de fond de pétards de carnaval pour rappeler un peu les fumigènes létaux du D.Day, enfin vol tricolore de la patrouille de France. Le clou du spectacle fût surtout le discours du président français et les petits entrefilets concernant l’Ukraine. L'arsouille recopie toujours ses anciens discours ; il nous refit l’anaphore du "rêve" des pauvres mecs massacrés sur les plages made en Normandie[2].

LE DISCOURS HEMIPLEGIQUE DE LA HOLLANDIE

Le discours fût certes brillant (un historien de renom avait prêté sa plume). Hollande, excellent orateur sait lire en public un texte peaufiné par son staff mieux que Hitler qui s’agitait comme un grand nerveux et jetait un regard oblique sur son texte. Il ne s’est pas débarrassé des facilités de l’anaphore électoraliste (répétition d’une même phrase pour faire de l’effet au public) avec ellipse. De bout en bout il rend hommage aux vétérans « à qui nous devons notre liberté » et à ceux « qui sont morts pour nous » « dont nous sommes les héritiers ». Le phrasé est impeccable, veste près du cul levée par le vent, presque comme le pompon du Duce aussi court sur pattes. La leçon d’histoire est oecuménique, des satisfecits il y en a pour tout le monde : les anglais (la reine cette rombière reste de marbre), les ricains (Obama applaudit), les canadiens, les polonais, les 177 pioupious français, les résistants, et même les allemands « victimes du nazisme » (Angela applaudit)[3] l’armée rouge (Poutine applaudit) De Gaulle (Sarkozy applaudit) etc. L’Europe a su rester en paix depuis 70 ans assura l’apparatchik officiel en cravate bleue… et les guerres de Corée, du Vietnam, d’Algérie, l’Europe n’y était pour rien ?
Même la population normande est célébrée puisqu’on nous révèle que 20.000 personnes civiles ont été zigouillées au cours du D.Day ; ce qu’on ne  nous avait point appris à la communale. Ce discours lénifiant mérite qu’on s’y arrête pour les deux subtilités majeures qu’il contient.
La première est évidemment la soudaine réhabilitation de la résistance nationale, présentée comme indispensable à la réussite du débarquement. La résistance est la grande cocue de la « libération ». J’ai souvent analysé ses heurts et malheurs pour ne pas y revenir ici dans le détail. Mais l’intonation majeure à relever est évidemment la remise au second plan de la shoah lanzmanienne qui était le bréviaire de tout discours officiel depuis la fin des années 1970, et qui faisait enrager les idéologues et journalistes de ladite extrême droite et de leurs colistiers musulmaniaques. Rappelons que l’idéologie de la résistance du peuple français, présentée comme majoritaire en premier lieu par les faussaires staliniens, contre l’occupant allemand avait été ridiculisée et amoindrie par une certaine historiographie US depuis la fin des années 1970 par les Robert Paxton et Philippe Burrin[4]. Or c’est le nœud gordien des années Mitterrand auquel Hollande fît un pied de nez pour des raisons tout à fait actuelles et électoralistes… Le passé du maître à penser de Hollande avait été peu reluisant et un modèle de caméléon. Venu des cercles maurrassiens ce cuistre garda toujours de solides amitiés pas seulement avec le sinistre Bousquet (comme De Gaulle avec son ministre Papon). L’opposition des extrêmes c’est pour le public des naïfs. Toutes les fractions bourgeoises finissent complices à la suite des guerres impérialistes au nom de « l’unité de la patrie ». On a fait mine d’oublier que l’idéologie de la « réconciliation nationale » avait été de juger rapidement quelques têtes de cons du régime vichyste pour maintenir en place tant de collabos encore utiles à l’appareil d’Etat, stopper les règlements de compte, éviter la mise en accusation des voleurs d’appartements de juifs déportés au nom de la paix « sociale » désirée et  retrouvée[5]. Or la mise au rebut de la résistance était jusqu’ici pain béni pour la bourgeoisie US qui déniait toute prétention à la France de se libérer elle-même, rançon de sa perte de puissance coloniale, et évidemment agréait aux vieilles fractions féodales monarchistes et héritières du pétainisme comme le FN. En relookant la résistance, Hollande renvoie la mère Le Pen et sa confrérie au pétainisme de ses pères idéologiques. L’air de rien Hollande restaure la « fierté nationale » et vient flatter cette « ferveur populaire » des touristes présents par milliers autour de la cérémonie, ce qui devrait lui permettre de remonter dans les sondages[6].

LES RAISONS CACHEES DU DEBARQUEMENT INTEMPESTIF EN NORMANDIE


Ce fût un massacre éhonté, la plupart des barges coulèrent avant d’atteindre les plages au nom américanisé des milliers de parachutistes furent zigouillés avant d’atteindre le sol. La véritable raison de ce coup foireux en vie humaine fût la précipitation des bourgeoisies américaine et britannique pour arriver à envahir l’Allemagne plus vite que l’armée impérialiste de Staline, engagement forcené à moitié raté vu que « l’armée rouge » arriva première à Berlin !
En s’appesantissant sur sa restauration de la « fierté nationale » ( renvoyant le FN dans ses cordes pétainistes) Hollande esquive la vérité impérialiste. Il la maquille, avec l’aide de l’historien François Bédarida, en égratignant simplement la mystique de l’armée US libératrice : révélation de 20.000 victimes civiles en Normandie[7], constat des commentateurs obligés de l’inefficacité aérienne américaine et anglaise (qui vaut toujours à leur armada une franche hostilité en Bretagne et en Normandie) – les bombardements étaient à l’époque très collatéraux au point que les premiers bombardements US du jour J tuèrent près de 2000 soldats américains ! – et les ouvrages paraissant concernant des milliers de viols des libérateurs jusque là passés sous silence[8].
La deuxième subtilité du discours de Hollande consista à faire avaler qu’il n’était plus question de commémoration misérabiliste avec sonnerie aux morts mais que les grands du monde, antifascistes patentés pouvaient plaider encore le refrain du « plus jamais ça » et nous promettre la paix universelle. La retransmission mondiale gratuite fût émaillé de la question majeure : Obama et Poutine allaient-ils se serrer la paluche ? Leurs regards se croiseraient-ils ? Ne voyait-on pas un Poutine faire grise mine et un Obama tout sourire ? Suspense. Angela était en train de recoller les morceaux avec la tête de morue décongelé quand on apprenait que le mafieux ukrainien démocratiquement élu demandait le cessez le feu avec le « tsar Poutine ». Le petit Valls vint plastronner son intronisation diplomatique en déclarant cette forte sentence : « la paix est notre bien le plus précieux ». L’affaire était entendue pas seulement bon coup de ravalement pour les sondages internes, mais de la gonflette pacifiste pour faire avaler un rôle nodal de la bourgeoisie française dans les bisbilles internationales où elle est ballotée entre ses intérêts pour son armement et ses obligations sous la férule US.
Un mot enfin sur le « fabuleux » débarquement. Il n’est pas si reluisant comme trésor de liberté légué au monde. Sous l’œcuménisme du discours hollandien passèrent à la trappe les terribles rivalités et marchandages impérialistes à la Libération. Ce débarquement ne fût qu’un « second front » et n’a pas autant contribué à l’effondrement de la bourgeoisie allemande en furie qu’on le proclame ce fût une action tardive et opportuniste. Tout le poids de la guerre et du nombre faramineux de prolétaires en uniforme massacrés fût porté jusque là par la Russie de l’incapable Staline. C’est le prolétariat russe et polonais qui supporta les sacrifices les plus considérables. Même les différents débarquements alliés en Afrique du Nord, en Sicile puis en Italie n'avaient constitué que des opérations mineures en comparaison de l'intensité des combats qui avaient lieu sur le front russe.
En conclusion, je ne dédaigne pas malgré tout que les amerloques aient achevé le régime nazi, même partiellement, mais cela permit surtout de maintenir le capitalisme fauteur de guerres incessantes, et un enrichissement faramineux de l’auguste América et de sa vieille complice la perfide Albion. C’est là que le bât blesse dans la cérémonie conviviale de la vieille bourgeoisie européenne aux basques de l’américaine et dans le discours de notre Don Quichotte national. Parmi les augustes invités de cette festivité bourgeoise triomphaliste on ne comptait aucun représentant des autres continents, ni asiatiques ni africains. Normal puisque le discours propagandiste hémiplégique n’aurait pu se répandre dans la commémoration pleurnicharde et hypocrite en présence des autres dictateurs des pays « en guerre ». L’Europe est en paix depuis 70 ans oui mais à condition que les guerres continuent à se dérouler, opposant les grandes puissances européennes russe et américaine, dans un lointain si proche désormais. Car la question de l’Ukraine n’est pas réglée et que la majorité des sondés pensent qu’une nouvelle guerre mondiale est possible.  


[1] La figuration paternaliste des matchs de foot a gagné l’imagination des hautes sphères ; on a collé deux minots pour encadrer toutes les huiles européennes dont certains ne savaient pas quoi faire des mioches du décor, soit leur donner la main soit leur demander leur prénom. Une touche d’angélisme dans un souvenir pleurnichard de l’enfer impérialiste ? Et que dire de la morgue de la reine, cette potiche anglaise qui foula le tapis rouge avec son auguste limousine et resta impavide tout au long de la cérémonie puis fit coucou de la main comme sa célèbre marionnette en réveil matin fabriquée en Chine.
[2] Il faut noter que cette notion de rêve agitée sur estrade électorale est commune à tous les politiciens pécheurs de voix moutonnières, l’électeur cet âne adore élire des partis oligarchiques tout en professant son horreur des sectes et des partis stalinistes. A la veille de son tremplin présidentiel en 2004, le mis en examen perpétuel Sarkozy n’avait-il pas plastronné : « c’est maintenant qu’il faut faire de nos rêves une réalité » ! Quant à l'idéal présumé des spadassins américains, on enrôla non des antifascistes émérites prompts à botter Hitler hors d'Europe mais des tueurs à gage; la soldatesque US avait été recrutée avec des brochures ou articles vantant la France comme "pays du sexe", et la vérité de tous les engagements militaires en tout pays reste depuis l'antiquité: être armé légalement pour le plaisir de tuer, piller et violer. En témoignent les viols des versaillais à Paris en 1871, ceux des "boches" en 1914 en France ceux des soudards français lors de l'occupation de la Ruhr, des troupes nazies en Russie et en Italie en 1943, des troupes russes en 1944 en Allemagne, etc. Le présumé combat pour la liberté reste singulièrement aiguisé et motivé par les pires perversions humaines.
[3] Séquence émotion lorsque deux vétérans l’un français l’autre allemand s’embrassèrent au milieu du spectacle. Réconciliation universelle et restauration de la légitimité bourgeoise allemande. On notera que sur You Tube, plusieurs films glorifient le martyre des comploteurs de l’opération Valkirie. Ce putsch raté en vue de l’assassinat d’Adolf (qui signifie loup en vieil allemand) sert de blanc seing à la bourgeoisie allemande qui se prétend victime elle aussi de l’hitlérisme, son simple valet. En réalité ce quarteron de généraux féodaux souhaitait refaire le coup de l’Armistice de 1918 pour éviter l’invasion de l’Allemagne, pas de pot les Alliés n’ont pas accepté de les soutenir.
[4] Et l’invraisemblable trucage du film d’Ophuls « Le chagrin et la pitié » (1972) que j’avais emmené mon père (fondateur d’un maquis d’auvergne) voir avec moi (il avait connu et combattu avec plusieurs des protagonistes interviewés).  Pour les Paxton et Ophuls il n’y avait pas eu 40 millions de résistants (ce qui est vrai) mais 40 millions de collaborateurs (ce qui est faux) ; il y avait eu certes cet accommodement que nota Sartre mais surtout une souffrance indicible. Des historiens de gouvernement se moquèrent de la passivité de la classe ouvrière quand deux millions de jeunes prolétaires étaient prisonniers en Allemagne. Jeune étudiant dans l’Etat de Virginie, Paxton avait été formé avec un manuel de « french bashing » qui enseignait dans une brochure répandue : « Après l’effondrement de la France, les français se sont couchés et ont laissé les allemands les piétiner » (cf. l’intéressant ouvrage de Pierre Laborie : « Le chagrin et le venin » (folio Gallimard 2014) ; l’auteur fournit  par ailleurs une étrange explication selon laquelle on pouvait être à la fois résistant et pétainiste.






[5] Idem pour les tortionnaires nazis, la plupart des criminels qui avaient massacrés la population d’Oradour sur Glane furent relâchés car nombre d’entre eux étaient des « malgré nous »  alsaciens, et qu’il avait fallu calmer les protestations venues d’Alsace, en embaumant les centaines de femmes et d’enfants d’Oradour. La plupart des grands industriels nazis ne furent pas inquiétés non plus; et les grandes "marques" teutonnes enrichies pendant la croisade de leur Hitler ont accru leurs profits après guerre, et sont encore dominantes sur le marché mondial, preuve que la guerre n'a pas vraiment été perdue pour le capital allemand. 
[6] La résistance reste toujours présentée comme une énigme de l’histoire alors qu’elle n’en est pas une. Les nouveaux pouvoirs collusion des gaullistes, des staliniens et des ex-collabos eurent tout intérêt à l’enterrer. Idem de la part du trotskysme et du maximalisme pour lesquels elle ne fût qu’un mouvement petit-bourgeois oubliant que – au cœur de la contre-révolution – la plupart des engagés n’eurent pas le choix, à la fin c’était le STO ou les bois ! Et aucune révolution n’a jamais été possible dans la situation de pays envahi, le droit des peuples à s’exploiter eux-mêmes restant de fait dominant ; par ex. la Commune de Paris n’a pas permis de garder l’Alsace et la Lorraine… Or toutes les "résistances" ne furent pas bourgeoises: grèves contre l'occupant, nombreuses manifestations populaires courageuses contre ses exactions et meurtres d'otages, le fait répandu de planquer les enfants juifs, de se moquer des boches en uniforme, d'écouter la radio d'outre-manche, de se conformer à une désobéissance civile en permanence etc. On y verrait plus clair sur ce passé si on le plaçait en comparaison avec le présent où existent les mêmes lâchetés et les mêmes marques de courage.
[7] Sans compter 10.000 soldats allemands tués et autant d’américains de canadiens et d’anglais pour un résultat déjà décisif à Stalingrad et qui aurait pu être obtenu à partir du débarquement réussi en provence
[8] L’ouvrage de Mary Louise Roberts – Des GI’s et des femmes – relativise cette découverte en dénonçant le racisme dominant dans l’armée US qui non seulement humiliait les noirs mais leur fît porter le chapeau des viols en général… Sans oublier l’ouvrage du conseiller de Sarkozy, Patrick Buisson (Années 40 années érotiques) qui pour intéressant qu’il soit charge surtout la résistance et la collaboration « horizontale » (toutes les françaises auraient été séduites par les beaux boches en uniforme puis après par les beaux ricains (le français moyen étant peu viril et moche...), normal pour un ancien directeur de Minute !

jeudi 5 juin 2014

LE FOOT JEU DU FRIC EST FOUTU FACE AU MATCH DE LA LUTTE DES CLASSES




A une semaine du Mondial, le métro de Sao Paulo se met en « grève illimitée »
Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

Les employés du métro de Sao Paulo ont entamé jeudi 5 juin une « grève illimitée », mettant sous forte pression les autorités à une semaine du coup d'envoi du Mondial dans la capitale économique brésilienne. Le métro de Sao Paulo constitue la principale voie d'accès à l'Arena Corinthians, le stade luxueux où sont programmés la cérémonie inaugurale et six des 64 rencontres du Mondial, dont le match d'ouverture Brésil-Croatie le 12 juin.

La grève va affecter 4,5 millions d'usagers dans cette mégapole de 20 millions d'habitants. Le syndicat des 10 000 employés du métro juge insuffisante l'offre de réajustement salarial annuel de 7,8 % proposée par le gouvernement de l'Etat de Sao Paulo. Il réclame une augmentation de 16,5 %.
« Il n'est pas possible d'accepter une augmentation à moins de deux chiffres », avait déclaré avant l'annonce officielle du débrayage le président du syndicat, Melo Prazeres Junior. « C'est le monde réél. L'inflation du prix des aliments et l'inflation générale sont bien plus élevées » que la proposition des autorités, avait-il souligné.
Si le Brésil connaît une situation de quasi-plein emploi, la croissance désormais presque à l'arrêt, associée à une inflation flirtant avec les 6,5% qualifié de maximum par le gouvernement lui-même, contribuent à la mauvaise humeur générale.
« RIEN N'A CHANGÉ » DEPUIS UN AN
Cette grève s'ajoute à des mouvements sociaux récurrents dans la ville et au Brésil à l'approche de la Coupe du Monde. Mercredi soir, près de 4 000 militants du mouvement des sans domicile fixe et 400 membres de la police militaire ont manifesté séparément près du stade Arena Corinthians, où ils ont bloqué une des principales avenues de la mégapole.
Lors d'une manifestation à Sao Paulo, le 4 juinexactement, Sao Paulo avait donné le coup d'envoi de la fronde sociale historique qui allait ébranler ce gigantesque pays émergent de 200 millions d'habitants en pleine Coupe des confédérations. Des manifestations d'abord limitées d'étudiants paulistes réclamant la gratuité des transports publics et durement réprimées par la police militaire, avaient rapidement fait tâche d'huile dans tout le pays.
Des centaines de millions de manifestants brésiliens rejetant toute bannière politique avaient dénoncé, parfois violemment, les 11 milliards de dollars d'argent public dépensés pour l'organisation du Mondial et réclamé des investissement massifs dans les transports publics, la santé ou l'éducation.
Un an plus tard, « rien n'a changé », affirme Antonio Carlos Costa, fondateur de Rio da Paz, une ONG qui a gonflé mardi 3 juin des ballons de football géants devant le Parlement de Brasilia pour protester contre le coût du Mondial. Selon lui :
 « Le peuple est descendu dans la rue et aucun des trois pouvoirs (fédéral, Etats, municipal) n'a été à la hauteur pour répondre aux demandes. Le Brésil est la septième économie mondiale, mais il n'est qu'au 85e rang de l'Indice de développement humain. On y commet 50.000 assassinats par an. C'est normal que la population se fâche si on engloutit beaucoup d'argent dans la construction de stades. »
La présidente Dilma Rousseff, défendant le legs du Mondial, plaide que le gros des investissements publics (aéroports, mobilité urbaine) ont été faits « sans aucun doute pour le Brésil » et pas pour l'événement.
Mais « les enquêtes d'opinion montrent que la perception sur les services et l'économie ne s'est pas améliorée » depuis juin 2013, souligne Bruno Batista, responsable du grand sondage national régulièrement commandé par la Confédérations des Transports.

LA POLICE AVEC LES OUVRIERS !  (EXTRAITS DU Figaro)

Les autorités brésiliennes sont sous pression à sept jours du coup d'envoi du premier match du Mondial de football. Les employés du métro de Sao Paulo entament aujourd'hui une «grève illimitée» en raison de l'échec des négociations salariales. Le syndicat des 10.000 employés du métro de la capitale économique du Brésil juge insuffisante l'offre de réajustement salarial annuel de 7,8% proposée par le gouvernement de l'État de Sao Paulo. Il réclame une augmentation de 16,5%, presque identique à celle que les policiers ont obtenu après plusieurs grèves.
Le président du syndicat, Melo Prazeres Junior avait d'ailleurs déclaré quelques jours avant l'annonce officielle de la grève: «Il n'est pas possible d'accepter une augmentation à moins de deux chiffres (....). C'est le monde réel. L'inflation des aliments et l'inflation générale sont bien plus élevées que la proposition des autorités». En attendant un compromis entre les autorités brésiliennes et le syndicat, la grève va affecter 4,5 millions d'usagers dans la mégapole de 20 millions d'habitants. Or, le métro de Sao Paulo est la principale voie d'accès à l'Arena Corinthians, le stade luxueux où sont programmés la cérémonie inaugurale et six des 64 rencontres de la Coupe du Monde dont le match d'ouverture Brésil-Croatie le 12 juin… Il reste donc sept jours pour trouver un compromis.

Une grève qui touche aussi le secteur aérien

Les techniciens au sol de LatamAirlines, la plus importante compagnie aérienne latino-américaine, ont également menacé ce mercredi le gouvernement de faire grève pendant 48 heures dans sept pays de la région. La date reste pour le moment confidentielle mais le mouvement pourrait entraîner des retards et annulations à quelques jours à peine du début de la Coupe du Monde. Le représentant syndical de la compagnie au Pérou a déclaré ce mercredi que la grève sera suivie par les mécaniciens de la compagnie aérienne basés au Brésil, Paraguay, Chili, Argentine, Pérou, Équateur et Colombie. Juan Carlos Talavara a assuré que sans «maintenance technique des avions, ceux-ci ne pourront pas décoller». Les mécaniciens souhaitent, au même titre que les employés du métro de Sao Paulo «une revalorisation de leurs salaires» après dix ans sans réajustement et une réorganisation des heures de travail de nuit.

Les policiers ont déjà obtenu gain de cause

Les policiers de Brasilia ont eux déjà obtenu du gouvernement et de la police fédérale une augmentation de salaires. Menaçant de faire grève pendant le Mondial de football, ils ont décroché une première hausse de 12% en juillet puis de 3,8% en janvier 2015. En échange, ils seront dans l'obligation de travailler entre le 12 juin et le 13 juillet, dates de la Coupe du Monde. Ils ont également obtenu lundi une «amnistie» pour leur grève de 2012 qui avait entraîné à Salvador de Bahia près de 150 homicides, des pillages, agressions et vandalisme pendant onze jours. La décision - intervenue lundi dernier - ne concerne pour le moment que les policiers de Brasilia mais elle devrait s'étendre au reste du pays dans les prochains jours.
À sept jours du Mondial, la liste des villes touchées par les contestations s'allongent: Rio de Janeiro, Sao Paulo, Salvador, Serra, Florianopolis… Mercredi soir, près de 4.000 militants du Mouvement des travailleurs Sans Toit et 400 policiers militaires à la retraites venaient grossir les rangs de la contestation à Sao Paulo. En parallèle, des milliers de personnes manifestent contre le coût de la coupe du Monde jugé exorbitant. La présidente Dilma Roussef défend le legs du Mondial, elle affirme que le gros des investissements publics ont été faits «sans aucun doute pour le Brésil» et non pour l'évènement en particulier. La tension est à son comble d'autant que le gouvernement craint une reprise des troubles, comme en juin 2013 en pleine Coupe des Confédérations. Des centaines de millions de manifestants avaient violemment dénoncé les 11 milliards de dollars d'argent publics dépensés pour le Mondial. Ils réclamaient des investissements dans les transports publics, la santé ou l'éducation. Les manifestations ont été durement réprimées par la police militaire. Dorénavant, la contestation change de forme, elle se structure autour des syndicats, plus organisés que la population, qui pourrait toutefois redescendre la rue.