"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 11 mars 2014

Les dessous pas très chics de l’antifascisme bcbg




A propos de Benoit Malbranque et sa version
 internet de : « Le socialisme en chemise brune » (ed DV du Collectif La main invisible !?)
Comment un libéral bobo reprend les poncifs les plus couramment admis

Cher Jean-Louis,

J'espère que tu vas bien. Le temps passe, mais je visite toujours ton blog régulièrement (je n'ai plus grand-chose à raconter sur le mien ; et je lis William Morris depuis quelque temps : je constate que ses idées socialistes pouvaient imprégner ses romans de fantasy médiévale ; comme quoi la fantasy n'est pas forcément un truc de "réac"). J'ai vu que ton article sur la prostitution étaient parmi ceux qui étaient les plus consultés : cela m'étonne pas. Mon expérience de blogueur m'a appris que les nus féminins facilitent grandement une hausse d'audience sur Internet. C'est un peu comme le marxisme tel que tu le conçois : presque scientifique !

Je me permets de t'écrire pour te faire part d'un truc sur le lequel je suis tombé récemment, en faisant des recherches pour répondre à un contradicteur sur les rapports entre nazisme, stalinisme et socialisme : http://books.google.fr/books?id=ndVW49WRS9UC

Ce truc a été pondu par ce blanc-bec : http://www.wikiberal.org/wiki/Beno%C3%AEt_Malbranque

Et le truc est lisible intégralement ici : http://ben.lp.free.fr/lesocialismeenchemisebrune/Benoit%20Malbranque%20-%20Le%20Socialisme%20en%20Chemise%20Brune.pdf

Les commentaires sur Amazon à propos du truc : http://www.amazon.fr/product-reviews/2810625042/ref=cm_cr_dp_see_all_top?ie=UTF8&showViewpoints=1&sortBy=byRankDescending

Je ne devrais sans doute pas accorder de l'importance à ce truc qui se veut livre d'analyse et qui me parait fort douteux quant à au moins une partie de ses sources (je n'ai pas tout vérifié), sans parler de la suffisance de l'auteur et de sa grille de lecture politique... J'avoue que je serais curieux de connaître ton avis de marxiste chevronné, surtout dans la mesure où tu as travaillé sur le nazisme (je crois que je n'ai pas ton livre dessus dans ma collection, mais peut-être qu'il date un peu ? [ce n'est pas une critique]).

Et puis, après tout, je peux bien te l'avouer : si tu en as le temps, ça me ferait bien plaisir que tu roules ce truc dans la farine sur ton blog, avec ton style inimitable. Je sais que tu préfères taper (gentiment) sur tes ex-camarades du CCI (moins maintenant, toutefois, j'ai l'impression) ou diffuser l'oeuvre de Marc Chirik, mais bon, il faut bien s'amuser de temps en temps, que ce soit avec l'actualité politico-médiatique... ou avec le genre de truc que je te fais passer (ne dit pas que c'est moi en public : niveau témoignage de lectures, je préfère être associé à Morris plutôt qu'à ce truc !)...

Mille excuses si jamais cela ne te parait pas intéressant, ou rigolo à critiquer !

Amicalement,

Benjamin.
 

Des banalités à compte d’auteur
Le « truc »  douteux que tu me signales Benjamin n’a guère d’importance car il n’est qu’une redite de n’importe quel politicien bourgeois faisant équivaloir nazisme-bolchevisme-stalinisme. Assez ennuyeux à parcourir cette compil de potache simpliste ne comporte aucune rénovation des poncifs éculés sur le nazisme. A ce titre mon ouvrage reste bien plus dérangeant pour sa démonstration du nazisme comme une des formes du capitalisme « en guerre » ; je souligne cela car on va voir que c’est là que notre potache est insipide et se met le doigt dans l’œil s’il croit que la démocratie est étrangère au fascisme. Outre qu’il raisonne en Allemagne intra-muros des années terribles 1930, il ne fait commencer le nazisme qu’à partir de son succès électoral passager. Il ignore la situation internationale prêtant un caractère socialiste aux mesures gouvernementales hitlériennes, et même « keynésiennes », alors qu’il ne s’agit que d’une variante du capitalisme d’Etat en guerre après l’écrasement de la menaçante révolution prolétarienne mondiale. Pire, entre les lignes cet auteur à la manque laisse transparaître une certaine admiration pour Hitler et son « intelligence » ainsi que pour ses formateurs idéologiques de jeunesse de peintre du dimanche, marginal et déclassé, anticapitaliste sentimental comme peut l’être n’importe quel anarchiste. Il travestit les notions historiques qui ont présidé au développement du socialisme, lequel n’a jamais eu pour finalité le culte de la nation. Un temps la nation jacobine, et Marx plus Engels le démontre parfaitement dans leur Manifeste communiste de 1848, a représenté un progrès pour le développement de la révolution industrielle bourgeoise, mais dès le milieu du 19ème siècle, le socialisme ne peut devenir qu’internationaliste. L’auteur semble en effet très proche plutôt, tout libéral qu’il se prétend, des conceptions nazies. Il est révélateur qu’il cite Hitler protestant que le juif ait séparé le socialisme de la nation. Voici un bon résumé de ce qui émerge de sa prétention à réexpliquer le phénomène des « chemises brunes » et qu’aucun fasciste moderne ne pourrait renier (j’ai conservé ses fautes de jeune potache):
« Avant tout, le communisme semble être l’objet de moins de mystifications. Chacun en comprend maintenant la vraie nature, bien que peu osent véritablement en tirer les conséquences jusqu’au bout. Si une grande majorité d’européens comprend bien  qu’il serait illusoire et dangereux de mettre toutes les richesses en commun et que le communisme total ne peut amener que misère et  chaos, ils semblent être peu nombreux à comprendre que mettre certaines choses en commun, pratiquer, en somme, un communisme partiel, ne saurait apporter d’autres résultats. Sans doute s’imaginent -ils qu’il est possible d’éliminer la nocivité d’un poison en choisissant de n’en avaler qu’un demi - verre.
Mais qu’en est-il, sous cet angle, de l’idéologie nazie? En observant les différentes facettes du national-socialisme, en mettant à nue, par-delà les banalités des interprétations populaires, sa véritable essence, notre génération n’aurait-elle pas aussi de grandes leçons à tirer
(…) Parce qu’il ose rappeler une vérité dérangeante —que le nazisme n’est qu’une forme de l’idéologie socialiste  (…) La révolution national-socialiste, de sa lutte contre le marxisme — ce «faux» socialisme d’origine juive —à la construction d’une économie socialiste dans laquelle chacun agirait
pour le bien-être de la collectivité, semble encore avoir besoin d’être expliquée. (…)
De manière à introduire la discussion Benito Mussolini avait compris que le nationalisme était un
élément plus fédérateur pour la classe  ouvrière que la simple «fraternité» entre ses membres ».

Le marxisme serait donc « un faux socialisme d’origine juive ». Voilà une chanson bien connue de tous les réactionnaires dominants. L’espoir d’un autre monde porté par tant de millions de prolétaires de tous les pays et de penseurs qui ont synthétisé divers mouvements anarchistes, socialistes et communistes successifs serait une invention juive (anti-nationale) car les juifs, c’est bien connu comme toute population errante n’ont jamais eu de patrie. Allez raconter cela aux nationalistes israéliens… Malbranque, mal enbouché, s’étale en description du marginal parvenu pour l’amour de son peuple. Amour considérable puisqu’il a envoyé ledit peuple au plus grand massacre de son histoire et au bombardement des Alliés démocratiques jusqu’à une humiliation mémorielle incessante et indécente. Notons toutefois une remarque juste, mais ambiguë de la part d’un olibrius élevé dans le giron des fadaises de l’extrême droite : les dirigeants nazis n’étaient pas motivés sur le fond par l’antisémitisme. Non en effet puisqu’ils étaient les délégués politiques de la bourgeoisie allemande en guerre, une nouvelle fois étouffée par ses concurrents impérialistes comme en 1914, et que leur action « socialiste » - en dehors du sol sacré de la patrie – n’était guidée que par le pillage le plus éhonté.
Pour comprendre le nazisme pas besoin de revenir sur ses limbes idéologiques ni de décrire la formation du peintre du dimanche à moustache : l’étude sérieuse des causes de la guerre de 1914, la formidable réaction du prolétariat russe et allemand et le désir de revanche de la bourgeoisie allemande suffisent à en expliquer l’apparition. Nombreux ont été les sophistes accrédités à l’ukrainienne Carrère d’Encausse, de l’Académie française, a théoriser le vernis socialiste du nazisme naissant. Ils parodient tout en effet : les marches de nuit au flambeau du socialisme de chaire allemand, les promesses de sécurité sociale par l’Etat, le svastika qui vient supplanter la faucille et le marteau, etc. Ce n’est plus de socialisme qu’il s’agit mais d’une parodie dévitalisée qui n’exalte que… la guerre impérialiste du Vaterland über alles !
Les ressemblances du Manifeste de 1848 avec le programme d’Hitler sont, même  hors contexte, aussi similaires que la guerre et la révolution.
« Hitler était doué d’un plus grand bon sens que Marx. L’idéal de Marx toute sa vie resta attaché à l’idéal étriqué de la révolution violente ». Faux le concept de violence chez Marx n’a jamais reposé sur l’idéal de la guerre impérialiste rédemptrice mais au contraire de la libération des peuples intra-muros par eux-mêmes. Il est parfaitement naturel que ce pauvre Malbranque s’appuie sur l’autre académicien bourgeois bien connu R.Aron qui considérait que la nazisme était « une vraie révolution ». Le militarisme nazi est évacué d’un trait de plume, les nazis : « partirent à la recherche des frontières naturelles » (sic). Mieux, et révélateur de la bêtise de Malbranque : « le capitalisme est seul source de paix » (page 151). Les simples observateurs de la marche actuelle du monde peuvent s’esclaffer.

EN 1945 LE FASCISME A TRIOMPHE (Bordiga)

Bordiga fondateur du PC italien est toujours enfoui sous les décombres de l’édition dominante. Ainsi un vague auteur français a produit récemment un énorme livres sur les 700 intellectuels italiens qui ont fait l’histoire de l’Italie et pas une seule fois ne sont cités les Bordiga, Damen, Fortichiari et autres excellents militants du communisme intraitable.
Cette formule polémique pratiquement jamais analysée par les universitaires est pourtant un socle de compréhension utile à tout véritable révolutionnaire de nos jours. Le fascisme a triomphé non seulement parce que son écrasement militaire a mis fin pour des décennies à la menace prolétarienne, mais parce qu’il a permis aux vainqueurs de supplanter la notion de races à celle de classes. Le fascisme a triomphé par son remplacement pour un demi-siècle par le même type de totalitarisme en temps de paix, le stalinisme, lequel en resta distinct uniquement par sa non focalisation sur la race, mais absolument semblable par sa dépendance à l’économie de guerre.
Accuser quelqu’un de prôner une idéologie semblable au nazisme est le principal biberon de la plupart des groupes politiques y compris anarchistes et gauchistes, propre à terroriser l’interlocuteur qui sort des sentiers battus et autorisés, apte à le couvrir de honte. La lutte antifasciste reste le credo de tout apprenti politique dans l’univers étriqué de la pensée bourgeoise.
Mais les antifascistes n’ont fait que prospérer sous l’aile des vainqueurs américains, même lorsqu’ils manifestaient contre la guerre au Vietnam. Plus étonnant pour les innocents antifascistes, la plus grande partie du personnel nazi est restée en fonction, des industriels allemands enrichis sous Hitler ainsi que la plupart du personnel politique. Passons sur la récupération de l’inventeur des V2 puis des fusées interstellaires Von Braun pour nous focaliser sur les professionnels nazis de l’ombre. Où l’on verra que les méthodes fascistes n’ont pas disparues et ont été parfaitement assimilées par le bloc de l’Ouest de France en Italie. Ce sera la meilleure réponse au cuistre Malbranque et à ses semblables admirateurs d’un « capitalisme de paix ». Je ne prétends nullement écluser ce sujet vaste de la manipulation moderne qui est ramifié de l’OAS au Gladio et à de nombreux clans « djihadistes » peu regardants sur l’or US.

COMMENT GOUVERNER LE MONDE PAR LE TERRORISME ?

Le fascisme gouvernait par la terreur, ce qui nie Malbranque qui s’appuie sur la popularité électorale de Hitler et ses cliques à la veille de la guerre, mais il serait bien en peine de nous montrer des foules fanatisées défilant sous les bombardements. Ses méthodes de terreur n’ont pas disparu, et bien qu’il n’en soit pas l’exclusif fondateur – les colonialistes étaient des maîtres en la matière – mais au lieu d’être figées dans une aire géographique (l’Europe en guerre) sont constituantes du règne de la bourgeoisie sur toute la société mondiale. Pas un jour qui ne passe sans que des dizaines de victimes innocentes ne soient massacrées par des « bombes aveugles ».
Mieux encore, j’ai la prétention de constater que le gouvernement des masses par le terrorisme s’est perfectionné et est devenu le nec plus ultra de la gouvernance mondiale dès la fin des années 1960 pour parer au réveil mondial du prolétariat et lui faire passer le goût de la violence de classe (qui n’est ni terreur permanente ni volonté d’éradiquer des populations entières). De même que la bourgeoisie américaine en guerre avait étroitement travaillé avec la mafia sicilienne pour favoriser le renversement de Mussolini, de même elle n’a pu se passer d’alliés nazis convaincus que Hitler n’était plus qu’un mauvais cheval pour le maintien du « capitalisme pacifique ».
La principale centrale terroriste après guerre fût le Stay behind (derrière…) créé par l’OTAN au prétexte de parer à la menace « soviétique » russe. L’organisme présida à toutes les orientations et exactions de la CIA, du M16 anglais comme des services secrets français et allemands. Le terrorisme n’était plus désormais que la continuation de la guerre mondiale au cœur de la société par impuissance d’aller à nouveau à la guerre mondiale, action à la fois à visée externe mais plus souvent « interne ».
Les hommes de main recrutés pour les basses œuvres à l’époque furent pour la plupart d’anciens nazis expérimentés. Ils sont parmi les conseillers de l’OAS pendant la guerre d’Algérie en 1961, où la lutte de libération nationale n’est qu’une bagarre masquée entre impérialistes de l’Ouest et de l’Est. L’ex chef des services secrets, Constantin Melnik, a témoigné justement d’une « colonisation US ». Le putsch d’Alger et la menace d’atterrissage des paras félons sur Paris sont organisés sous le contrôle de la CIA (cf. émission d’Arte). Salan et Jouhaux s’enfuient sous protection US et fondent l’OAS. Les félons sont condamnés par De Gaulle pas par l’OTAN. Les services américains grenouillent partout du nord au sud. Cette action souterraine parfaitement identifiée par le parti gaulliste entraîne le départ de la France de l’OTAN en octobre 1966.
Les (mini) armées secrètes foisonnent même en « pays neutres ». Ces armées recrutent à foison chez les mercenaires de Franco comme dans la Loge P2 de Lucio Gelli en Italie, anciens de la Légion Condor comme derniers sbires de la République de Salo font front commun dans la « lutte contre le communisme ». En Allemagne, 25% des sbires de l’office central de renseignement proviennent de la SS.
Les deux blocs impérialistes ont leur propre « armée secrète ». La RAF, fraction armée rouge, idole des gauchistes et des communisateurs oubliés, n’aurait pas pu organiser ses attentats sans l’aide de la STASI, mais les documents prouvant cette collusion restent cachés, même si cela coule de source. Il existe une complicité mutuelle pour masquer les mêmes méthodes et les mêmes méthodes et le même personnel de la part des compétiteurs de la guerre froide, mais toujours sanglante, et pour attribuer systématiquement aux anarchistes des attentats dans lesquels ils n’ont rien à voir. Ainsi face à l’attentat le 26 septembre 1980 à la fête de la bière à Munich, la police (démocratique) allemande conclut à un acte solitaire alors que son auteur était membre de l’extrême droite. De même les membres de la RAF assassinés en prison ont été sensés s’être suicidés.
En Belgique, lors de l’affaire des fusées Pershing, à Charleroi le 9 novembre 1985, les « tueurs du Brabant » ne seront jamais identifiés : 9 morts mitraillés à partir d’une Golf ; de 1982 à 1985 30 personnes seront ainsi assassinées, sans compter le massacre à l’hypermarché de Bruxelles (7 morts).
C’est en Italie que la comédie du spectacle invalidant des extrêmes terroristes fût la plus notoire et la plus représentée en cinématographie par d’excellents films (voir mon livre sur le terrorisme). Ce n’est pas simplement parce que l’Italie est un pays européen plus proche du bloc russe ni avec un pc stalinien influent, mais parce que l’Italie a représenté la dernière menace du prolétariat à la fin de la guerre mondiale, et que c’est le pays imprévisible de Bordiga qui représenta le mieux le réveil du prolétariat dans les sixties malgré la noria des groupes gauchistes agités du bonnet et solubles dans la comedia del arte politique moderniste. Une bombe explose à la Banque Nationale d’Agriculture sur la Piazza Fontana à Milan le 12 décembre 1969, faisant 17 morts et 88 blessés. Le commissaire Luigi Calabresi, chargé de l’enquête s’oriente vers les milieux de l’extrême droite et d’extrême droite mais peu à peu, il a la certitude qu’il faut aller chercher les responsables dans les hautes sphères politiques. A ce jour personne n’a été déclaré coupable dans l’attentat de Piazza Fontana qui reste l’une des affaires les plus sombres de l’histoire de l’histoire contemporaine de l’Italie. L’anarchiste Pinelli était totalement innocent – j’ai participé alors aux protestations en France en soutien à ce militant defenestré par la police (voir l’excellent film de Marco Tullio Giordana « Piazza Fontana » qui innocente le commissaire Calabresi assassiné par l’armée secrète de « Lotta continua » complice jusqu’au bout de la Comedia del Arte).
Le Stay Behind et ses affidés nazis en remettent une couche. L’attentat de Bologne en 1980 fait 80 morts et 200 blessés. L’enquête est sabotée. Le ponte Cossiga occulte les dessous pour protéger la Loge P2 et couvrir son ami Lucio Gelli. En 1995, les fachos du NAR sont reconnus coupables, mais si longtemps après les faits et sans véritable conséquence, alors que de tels massacres programmés par les hautes sphères des Etats italien et américain auraient dû aviver le désir d’insurrection contre les Etats et non de simples lamentations sur leurs mercenaires nazis. Un ex-magistrat avoue sans fard lors de l’émission d’Arte qu’il s’agissait d’un attentat couvert par l’Etat.
Je te laisse le soin, camarade Benjamin, d’actualiser pour tous les autres attentats depuis, et en particulier ceux qui se déroulent au quotidien dans les pays lointains de l’Europe sans oublier le nec plus ultra de septembre 2001 à New York. Les anarchistes, libéraux-anars proprement dits,  ignares et arrogants vous diront que je cède à la théorie du complot, et en cela ils s’affirment comme les soutiens antifascistes indispensables pour brouiller la compréhension de la gouvernance capitaliste mondiale par la terreur. La bourgeoisie a besoin des candides. Comme leurs prédécesseurs en théorie de la propagande par le fait, qui favorisèrent la répression anti-ouvrière, ils servent d’alibi pervers et opaque au pouvoir. Le nazisme comme pouvoir provisoire a certes disparu mais du fait qu’il n’a été qu’une expérience aléatoire dans la survie du règne de la bourgeoisie, il n’en a pas moins légué des méthodes perfectionnées qui font partie du bagage incontestable de la gouvernance antifasciste et multiculturaliste.


POST SCRIPTUM

(hier) La sénatrice Diane Feinstein – une figure de la classe politique américaine – a accusé la CIA d'avoir enfreint la loi pour empêcher la diffusion d'un rapport révélant l'ampleur de l'utilisation de la torture infligée aux accusés des attentats du 11 septembre 2001. Des agents se sont infiltrés à plusieurs reprises – la dernière en janvier – dans les ordinateurs utilisés par les membres de la commission du renseignement enquêtant sur les programmes d'interrogation « renforcée » mis en place sous George W. Bush. Un millier de pages ont été soustraites. « La fouille opérée par la CIA pourrait bien avoir violé le principe de séparation des pouvoirs inscrit dans la Constitution américaine, y compris la liberté d'expression et de débat », a dénoncé Mme Feinstein.

Il ne s'agit pas d'oublier les crimes nazis ni ceux des obscurs gangs musulmaniaques, ni l'implication "expérimentée" des tortionnaires de l'armée française en Argentine - formés pendant la guerre d'Algérie - certes les Américains "nous ont libéré" d'une occupation terrible, pachydermique et sinistre mais cela ne doit pas faire oublier nombre de "dégâts collatéraux" passés sous silence plus de 50 ans ni les atteintes aux femmes qui se poursuivent dans toutes les armées du monde de nos tristes jours:

 















dimanche 9 mars 2014

Le Qatar a bin foutu le feu à l’hôtel Lambert !




«Ce n’est pas le moment de polémiquer ».
Ministre Aurélie Filippetti

Reportage à Paris

Retour sur un incendie bizarre dans l’île où je me suis dépucelé en mai 1969 (rue Le Regratier). Le soleil printanier est déjà là, les berges de la Seine se coulent sous le pont Mirabeau et Henri IV, les décombres historiques aussi. L'hôtel particulier Lambert classé monument historique situé à la pointe de l'île Saint-Louis avait été très fortement endommagé par un incendie ad hoc durant la nuit du 10 au 11 juillet 2013 alors que sa rénovation s'achevait. Rénovation qui avait suscité de nombreuses polémiques depuis son rachat en 2007 par le frère de l'ex-émir du Qatar à la famille Rothschild, qui appauvrie face aux oligarques arabes, russes et chinois n’avait plus les moyens de l’entretenir. On se fiche ici des dégâts dans cet hôtel bourgeois du 17ème siècle conçu déjà initialement pour un financier de souche, Jean-Baptiste Lambert, puis successivement lieu de résidence royale d’enrichis polonais puis juifs et arabes. Le tout est dans la manière de la bourgeoisie décadente, assoiffée de fric et sans vergogne même pour les reliques de son passé. Je me sens évidemment totalement étranger aux commentaires maoïstes sur l’atteinte au « patrimoine national » bien qu’enveloppés sous des critères marxistes[1]. L’incendie ne m’intéresse que parce qu’il est remarquable dans l’art et la manière pachydermique de nos oligarques modernes.

LA RAPACITE CAPITALISTE

Le Cheikh Abdullah bin Khalifa Al Thani, propriétaire de l'hôtel Lambert, ravagé une nuit de juillet 2013 par un subit incendie, s'était dit bin « déterminé à continuer sa restauration", jeudi 11 juillet dans un communiqué : « Nous sommes plus déterminés que jamais à continuer le travail de restauration dans le respect des règles de l'Art et de la Conservation du patrimoine pour préserver la beauté de ce magnifique exemple de l'architecture française", avait-t-il écrit dans un courrier rendu public par son notaire, Antoine Pineau ».
Dans l'attente des résultats de l'expertise pour déterminer la date de reprise des travaux de ce joyau architectural du XVIIe siècle, le Cheikh Abdullah bin Khalifa Al Thani restait « très affecté » par ce « terrible incendie » déplorant « un retard dans l'achèvement des travaux de restauration qui était prévu pour février 2014 ».
L'incendie "a porté des atteintes très graves à un élément essentiel du patrimoine de Paris, dont certaines seront irréversibles", avait  surrenchéri la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, après avoir visité le bâtiment. Selon elle, "il n'y a pas de cause identifiée" et, "pour l'instant, la police judiciaire fait son enquête". En réalité la « piste criminelle » fût écartée d’emblée par tous les médias. Oeuvre de jeunesse de l'architecte du 17ème siècle Louis Le Vau, l'hôtel Lambert est situé à la proue de l'île Saint-Louis, l'un des quartiers les plus anciens et les plus chics de la capitale. Classé monument historique, cet hôtel avait été racheté par le frère de l'émir du Qatar en juillet 2007 pour 60 millions d'euros. 

COMMENT LA DROITE ET LA GAUCHE BOURGEOISES ONT BAISSE LEUR FROC

Les Qataris voulaient en faire une résidence de grand luxe avec un ascenseur à voitures, ce qui avait déclenché une polémique et un début de bataille judiciaire. Le projet avait été nettement amendé et finalement validé par un accord préparé successivement sous le règne des despotes Sarkozy et Hollande sous la médiation de leur ministère de la Culture et de la mairie de Paris. La rénovation, chiffrée à 47 millions d'euros par Aurélie Filippetti mercredi 10 juillet, était en cours depuis plus de trois ans, et il ne nous était pas précisé si c’était avec les deniers de la pétromonarchie ou avec ceux de l’Etat français. Dans un communiqué envoyé alors en début de journée, Anne Hidalgo, en tant qu'adjointe chargée de l'urbanisme et de l'architecture et princesse bobo dans l’attente d’être adoubée municipalement, avait souligné l'implication (financière ?) de la principauté de Paris qui, depuis le rachat du bâtiment, cherchait à endosser le rôle de médiateur:
«Je fais toute confiance aux propriétaires et aux architectes pour que le travail de restauration soit conduit avec le plus grand respect du
monument. Je souhaite que ces travaux puissent être menés en concertation avec la Ville de Paris, le ministère de la Culture et les associations de protection du patrimoine.» Classer un bâtiment «monument historique» lui donne une protection renforcée. Légalement, cela signifie que le propriétaire du bâtiment en question n'est pas libre de faire ce qu'il veut en termes de rénovation, mon oeil. La notice écrite par le ministère de la Culture et de la communication détaille:
«L’immeuble classé ne peut être détruit, déplacé ou modifié, même en partie, ni être l’objet d’un travail de restauration ou de réparation, sans l’accord préalable du ministère chargé de la Culture (DRAC) ». Or les élus successifs sarkoziens et hollandais ont tous baissé leur froc devant les exigences de la pétromonarchie. Plus comique les travaux de rénovation des monuments historiques relèvent des subventions de l'Etat. Mais dans le cas de l'hôtel Lambert, comme il s'agit d'un incendie, les assurances du propriétaire doivent entrer en jeu, sans doute les assurances… françaises. 
En septembre 2009 Le Monde laissait entendre que le Tribunal était déjà complice lui aussi : « Comment implanter la salle de bains dans le cabinet de Lambert ? Vous mettez une pièce d’eau ouverte sous le plafond de bois d’origine (à caissons peints) ? Tout est classé, que dites-vous des éléments que vous supprimez ? Par rapport à l’aspect monument historique, pourquoi n’y a-t-il pas une liste des éléments déposés, conservés, ou réemployés ? Avez-vous des documents techniques qui prouvent la non-fragilisation de la cour (avec l’installation d’un ascenseur à voitures et du parking souterrain) ? », demande Brigitte Vidard, la juge des référés, à Me Eric Ginter, représentant le propriétaire de l’hôtel Lambert, Hamad Ben Khalifa-Al-Thani, frère de l’émir du Qatar. Au terme de deux heures quarante d’audience, mardi 8 septembre, au tribunal administratif de Paris, restaient nombre d’imprécisions sur les travaux contestés de ce joyau du XVIIe siècle, classé monument historique à la pointe de l’île Saint-Louis, à Paris, lorsque Mme Vidard a clôturé l’instruction et annoncé la date du délibéré, au plus tard, pour le 16 septembre. Cette deuxième audience n’a donc pas suffi à éclaircir les zones d’ombre du projet de réhabilitation d’Alain-Charles Perrot, architecte en chef des Monuments historiques en charge du chantier, et contre lequel l’association Paris historique a déposé deux recours visant à suspendre ou annuler les travaux. Le 10 juin, Christine Albanel, alors ministre de la culture (sarkozienne), avait donné son feu vert aux dits travaux, au regard des avancées sur le projet original jugé trop brutal. Mme Albanel avait suivi le vote favorable de la Commission nationale des Monuments historiques, assorti de recommandations à suivre. Droit au but…Me Jean Barthélémy, qui représentait à l’audience le ministère de la culture, lui, est allé droit au but : « C’est un bâtiment privé. On a la chance d’avoir un propriétaire passionné de Grand Siècle qui veut y mettre les moyens. Le propriétaire a accepté bien des choses, il va habiter cette maison. C’est une famille où il y a du monde. » Tandis que Me Ginter affirmait que son client lui avait donné des consignes strictes pour une restauration exemplaire et conforme aux lois en vigueur. « Il a deux défauts, dit-il, il est étranger et il a de l’argent ». Un sous-entendu inacceptable sur lequel Me Michel Huet, représentant Paris historique, rebondit : « C’est une famille d’étrangers et riche, et on s’en réjouit ! », dit-il en précisant qu’il n’était « pas question d’arrêter ce qui doit se faire », mais de repartir sur des bases nouvelles ». L’affaire était corsée.

Où l’ascenseur à voitures  est indispensable pour les bouffis du Qatar 

En se rendant un mercredi matin près de l'édifice, le duc de Paris Bertrand Delanoë avait rappelé ce passé tumultueux : "C'est une épreuve sur le plan du patrimoine, c'est un hôtel particulier absolument exceptionnel. Quand il a été acheté, il y a eu pas mal de polémiques pour savoir s'il serait restauré dans le respect le plus strict des règles". En effet, lors du rachat, les qataris étaient désireux de le transformer en résidence de grand luxe.  Le projet de rénovation prévoyait notamment l'installation d'un ascenseur à voitures ainsi que la construction de garages en sous-sol, sous la cour de l'hôtel, au grand dam des détracteurs du projet qui craignaient une fragilisation de la structure de l'hôtel et sa dénaturation. Par ailleurs, les qataris envisageaient de construire une salle de bain dans le cabinet de Jean-Baptiste Lambert où se trouve une cheminée XVIIIe. Cette rénovation en profondeur avait donc fait l'objet d'une longue joute judiciaire entre le propriétaire et les amoureux du patrimoine, dont l'association Paris historique, qui s'est soldée en 2010 par un accord à l'amiable entre les parties préparé sous la médiation du ministère de la Culture et de la mairie de Paris. Même la Pologne s'était émue, l'hôtel ayant appartenu pendant 150 ans à la famille princière polonaise Czartoryski. Lors d'une audience au tribunal administratif de Paris en septembre 2009, Jean-Pierre Babelon, membre de l'Institut de France, avait dit son émotion devant les risques. "L'hôtel Lambert est un lieu sacré du paysage parisien. C'est une architecture extraordinaire, d'une inventivité fabuleuse", avait-il déclaré. Les Parisiens connaissent bien l'hôtel pourvu d'un jardin terminé par un balcon en demi-lune situé au bout de l'île Saint-Louis, dominant la Seine et le pont Henri-IV. 

Tribunal, amoureux de Paris et politiciens râleurs ont été mis devant le fait
La rénovation continue
accompli le plus utilement possible.

 Après avoir visité mercredi le bâtiment sinistré, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, avait déploré « des atteintes très graves à un élément essentiel du patrimoine de Paris, dont certaines seront irréversibles ». La ministre avait cité comme « perte la plus grave » le Cabinet des Bains, peint par Eustache Le Sueur au XVIIème siècle, « car le toit s'est effondré et il a été entièrement détruit »[2]. Les pompiers ignoraient l'origine du sinistre mais privilégiaient mercredi la piste accidentelle dans le cadre des rénovations. « La toiture est entièrement ravagée, la structure est fragilisée puisqu'un escalier et un fronton sur la partie centrale se sont en partie effondrés », a expliqué le lieutenant-colonel des pompiers Pascal Le Testu.
La piste criminelle était écartée d’emblée par Le figaro qui comme Libération est affidé aux Rothschild et au multiculturalisme financier : « Car c'est à un travail de titan auquel se sont livrés les pompiers dès le départ de feu, de 1 h 30 à 9 heures ce matin. «L'incendie a démarré entre la toiture et le plafond de l'édifice», explique le lieutenant-colonel. Un départ qui ne pourrait donc être criminel et permettrait d'avancer sur les causes accidentelles au vu de sa situation, très compliquée d'accès». Les enquêteurs, déjà présents, casques de chantier à la main, s'activent. Objectif? Définir les origines et les causes de cet incendie. «Rien n'est encore arrêté», explique Pascal Le Testu, sans préciser s'il pourrait s'agir d'un problème électrique. (…) C'est un monument de Paris qui est parti en flamme. Un membre de l'association Paris Historique qui observe l'ampleur des dégâts s'inquiète. «Il y avait de superbes fresques murales qui doivent être complètement détruites», explique-t-il. Avant d'ajouter, «ça fait mal au cœur. On s'est battu quand le Qatar a racheté le bâtiment et voulait y faire n'importe quoi. On a tout fait pour préserver ce monument et maintenant il est parti en fumée.» Le titre de l’article était surprenant et superbe de débilité. Il sous entendait qu'un incendie criminel aurait été une "chance". Un commentateur, empreint de chauvinisme vexé notait : « Nous sommes en train de faire de Paris un Disneyland pour émirs désoeuvrés et un jour nous devrons exhiber notre passeport pour pouvoir visiter Versailles ». Un autre ajoutait : « Au moins c'est un incendie qui vient fort à propos (c'est comme gagner au loto ...) après des années de batailles judiciaire ... la "Rénovation" va pouvoir enfin démarrer je suppose sur les plans du Qatar ? Au grand dam de association Paris Historique, le Qatar à l'air de faire ce qu'il veut ou il veut à vu de nez au final ? Drôle de titre ! Peu de chance (que ce soit une piste criminelle ), ça veut dire : manque de pot ? Ou bien en bon français : Pas de chance ? ».
Il était glissé cependant les doutes de la population « Car si la police et les pompiers se refusaient à tout commentaire concernant l'origine du feu qui s'est déclaré dans les combles et qui a ravagé une partie du toit, les rumeurs allaient bon train chez les habitants de l'île Saint-Louis : Les Qataris voulaient des choses invraisemblables : un ascenseur pour monter un étage, un parking... Là, ils sont servis" commente Léa, octogénaire. Désireuse de le transformer en résidence de grand luxe, la famille de l'émir avait en effet suscité la polémique et une bataille judiciaire ». « Après la mort de Guy de Rothschild en 2007, tout le monde pensait que la famille garderait l'hôtel, raconte Abi, voisine du bâtiment classé. La jalousie, la colère ont sans doute fait la suite. Pour nous, cet incendie est criminel, c'est sûr. Des personnes travaillaient la nuit à la restauration des tableaux, la nuit dernière tout était éteint, c'est étrange... ». Le Parisien aussi inféodé au fric que Le Figaro se portait immédiatement au secours de la pétromonarchie : « Ni la police, ni les pompiers n’ont encore avancé de conclusions sur l’origine du sinistre qui n’a pas fait de blessés, alors que des voisins évoquaient une piste criminelle. Ravagé par les flammes dans la nuit de mardi à mercredi, ce bâtiment de l’Île Saint-Louis, classé aux monuments historiques, est en chantier depuis plus de trois ans, suite à son rachat par la famille de l’émir du Qatar. Cette dernière voulait apporter des modifications, mais celles-ci avaient donné lieu à de nombreuses controverses et démêlés judiciaires. Les nouveaux propriétaires avaient en effet eu pour projet de construire un ascenseur et même un parking (sans compter la S d B) au sein de cet hôtel particulier splendide, joyau du XVIIe siècle. Toutefois, la thèse criminelle n’est pas forcément à privilégier puisque la Société de protection des paysages et de
l’esthétique de la France affirme que ce bâtiment était très surveillé (sic ! voir photo ci-jointe) ». Inutile d'attendre la fin de l'enquête ajoutait un commentateur au bas de l’article menteur : « … elle sera biaisée ou ses résultats travestis ; le pignouf richissime avait mal vécu les contraintes légales de la protection du patrimoine qui empêchaient ses délires de mégalo inculte et non-européen. Il a trouvé une solution ». L’actualité du Parisien concluait : « l’hypothèse d’un incendie volontaire  devrait être démonté dans la journée »[3].

UNE REHABILITATION QUI SENT LE FRIC

Le comportement de la pétromonarchie qatari est singulièrement représentatif de la décadence capitaliste plus que de la réduction de l’ex-puissance impérialiste française colonialiste en république bananière. Comme les oligarques juifs, russes ou chinois le « pouvoir de l’argent » autorise tout, même de détruire les monuments du passé bourgeois. Jusqu’au ridicule. Imaginez les « besoins » de ces gros bourgeois qataris, nouveaux pontifes romains bouffis et adipeux, avec leur harem de bonasses, feignant au point d’avoir besoin d’ascenseur à voitures pour les mener à l’étage sans se fatiguer à monter des marches ! Cette arrogance de besoins de gros lards bourrés de fric fait des ravages dans toutes les grandes capitales, y compris London. Il ne reste plus que des façades classiques qui masquent hammam, jacuzzis, ascenseurs à voitures de luxe et salle de bains ornées de tableaux de maître exposés sans vergogne aux vapeurs de l’eau chaude écologique. Osons la comparaison. Lorsque les colonialistes anglais ou français envahirent l’Egypte, ils emportèrent les joyaux historiques et ne le laissèrent aux « libérés » pillés que la possibilité pour les gardiens de musée de casser les pierres des pyramides pour y tailler des pyramides miniatures pour les touristes. Au moins n’avaient-ils pas brûlés ces témoignages précieux du lointain passé de l’humanité. On dira qu’il n’y a pas eu mort d’hommes ni spoliation des travailleurs comme dans les chantiers de Sotchi et de la prochaine corrida du foot mondial au Qatar… Un point positif tout de même : un tel incendie de parvenus de l’or noir du XXème siècle détruit les bases de l’antisémitisme, les rapaces successifs de l’appropriation capitaliste n’ont toujours eu en fait qu’une religion : celle du fric, de l’opulence obscène et des passe-droits des larbins locaux des divers gouvernements bourgeois mendiants et complices.
Les oligarques qataris, otaries de la finance, n’ont pas hésité à cramer un monument historique comme n’importe quel petit commerçant en faillite. C’est au moins la vérification confirmée auprès des ouvriers du chantier et d’un responsable des « monuments historiques ». Mais même sans ces témoignages nous l‘avions tous déjà compris.

PS: l'émission Capital sur la 6 a ciré les pompes au prince qatari dimanche soir . Le bienfaiteur du PSG est apparu cool, sympa et passionné des biens féodaux français. Il aurait endossé la plupart des réparations (140 millions d'euros avec l'achat); s'il revend il sera exonéré des plus-values. Bonne opération com on l'a présenté sous un jour comestible et attrayant (il ne peut pas bouffer 20 assiettes de caviar le même jour); mais c'est du montage télé pipole. Ils sont de la classe intouchable et flagorneuse comme en Inde. Leurs femmes de ménage françaises n'ont pas le droit de les regarder ou du moins doivent rester invisibles. Ils ont leurs propres larbins qataris seuls autorisés à toucher leurs vêtements. Leur mode de vie est cloisonné les pauvres... Mais ils payent bien. Pourboires royaux certifiés, c'est moi que le dit pas la 6, pour femmes de ménages ou ministres lèche-bottes.



[1] Les maos chauvins du PCML écrivent ceci sur leur site lesmaterialiste.cons : « La destruction de l’hôtel particulier Lambert à Paris est une démonstration du caractère criminel dans la culture du mode de production capitaliste. La bourgeoisie est incapable de préserver le patrimoine culturel national, sans même parler de le transmettre. L'hôtel Lambert avait été construit par Louis Le Vau entre 1639 et 1644, lui-même avait dirigé la construction du château de Vaux-le-Vicomte et l'agrandissement de celui de Versailles. L'hôtel Lambert se situait à la proue de l'île Saint-Louis, à Paris, lieu de prestige de la très haute bourgeoisie ; c'est à ce titre que l'hôtel avait été racheté par l'oligarchie qatarie. Il appartient depuis 2007 à Abdallah Ben Abdallah-Al-Thani, frère de l'émir du Qatar. Alors que le bâtiment était inchangé pratiquement depuis sa construction, le projet décadent de l'oligarchie qatarie était de tout modifier. Le trust impérialiste français Bouygues Construction, à qui a été confié la réalisation de ce projet de 40 millions d'euros, devaient construire quatre ascenseurs, ainsi que des dizaines de pièces avec salles de bain ; des conduits d'eau, d'électricité, de climatisation devaient traverser le bâtiment ; un parking devait également être creusé sous le jardin avec une sortie directement sur le quai, en brisant le mur pratiquement à la proue de l'île ! Pour cette raison, comme l'a révélé Sophie Hyafil, architecte des bâtiments de France (ABF) de l'arrondissement, le dossier de 4000 pages du projet était « entièrement géré par le cabinet de la ministre (de la culture). Et ultraconfidentiel. » L'incendie annule toutes les contraintes et l'on peut que rire des propos d'un lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers expliquant : « L'incendie a démarré entre la toiture et le plafond de l'édifice. Un départ qui ne pourrait donc être criminel et permettrait d'avancer sur les causes accidentelles au vu de sa situation, très compliquée d'accès. » Il n'y a nul hasard : la vérité est que le capitalisme cosmopolite anéanti les patrimoines nationaux, niant toute une époque historique progressiste, pour tout transformer selon ses propres besoins. La bourgeoisie française et l'oligarchie qatarie n'ont nul besoin d'un patrimoine historique, ayant de la valeur ; elles ont besoin de symbole, d'idéologie. L'incendie les arrange bien : l'hôtel Lambert perd ses qualités historiques, pour devenir un simple outil idéologique ».

[2] Mais quoi de plus normal pour de gros qataris que de transformer un « cabinet de bains » en salle de bains douches modernes  et bains de vapeur?
[3] La Tribune de l’Art s’enhardissait pourtant, quoique aussi lâchement que le reste de la presse bourgeoise franco-arabe (si perverse avec ses intouchables comme Lang) : « Nombreuses questions autour de l’incendie de l’hôtel Lambert » : « Alors que le bilan se précise, marqué essentiellement par la disparition du Cabinet des bains, un des rares décors peints du XVIIe siècle subsistant à Paris, le seul d’Eustache Le Sueur encore en place intégralement in situ, de nombreuses questions doivent être posées à propos de l’incendie qui a ravagé une partie de l’hôtel Lambert (ill. 1 et 2). Nous évacuerons immédiatement celle - non exempte d’arrières-pensées pas toujours avouables - de la légitimité des propriétaires (hé hé !). D’une part, un hôtel particulier, par nature, est conçu comme une habitation pour un... particulier. L’hôtel Lambert est toujours demeuré dans le domaine privé et son achat par l’État ou par la ville de Paris, comme certains l’ont suggéré, n’était ni naturel, ni forcément une meilleure solution, non seulement en raison du coût, mais surtout parce que le caractère public d’un édifice n’a jamais été le gage absolu de sa bonne conservation. L’État a le devoir régalien de garder dans le domaine public les biens lui ayant toujours appartenu et faisant partie de son histoire, comme l’Hôtel de la Marine, ou comme le Pavillon de la Muette, construit pour Louis XV par Gabriel et actuellement scandaleusement mis en vente par France-Domaines, il n’a pas vocation à posséder tous les monuments historiques majeurs. On ne voit pas comment - et pourquoi - on pourrait empêcher des Qataris d’acheter un bien en France.
En revanche, un édifice comme l’hôtel Lambert, essentiel pour le patrimoine français et pour l’histoire de l’art, ne peut être entièrement cédé au bon vouloir de son propriétaire. Lorsque celui-ci l’a acquis, il connaissait parfaitement les contraintes et les servitudes qui s’attachaient au monument. La polémique qui a précédé les travaux était nécessaire. Elle s’est résolue par un compromis - il en faut bien - parce que l’État avait failli, en n’imposant pas tout ce que le caractère classé lui permettait d’imposer. Les travaux furent réduits, certes. Ils étaient tout de même surdimensionnés comme l’a rappelé Alexandre Gady dans Le Figaro. Nous avons recueilli de nombreux témoignages de voisins immédiats du chantier ou de personnes ayant pu pénétrer sur celui-ci qui nous ont décrit les quantités de béton utilisées, les gaines passées dans tout le bâtiment, la multiplication des corps de métiers travaillant simultanément, la pression mise par les propriétaires pour réduire les délais... Les associations, notamment Paris-Historique qui fut en pointe dans l’opposition, se sont battues contre la multiplication des câblages et autres circuits techniques dans les charpentes. On ne peut traiter un monument du XVIIe siècle, encore moins un chef-d’œuvre de Le Vau, comme une construction neuve. L’ampleur du chantier a augmenté les risques qu’il faisait courir au monument. L’État avait les moyens de les limiter plus strictement car le bâtiment est classé entièrement, mais on ne fâche pas la famille de l’émir du Qatar. Cette démission de l’État est coupable. A ce titre, le communiqué de presse du ministère, affirmant que « la préservation de ces décors s’explique notamment par la qualité des restaurations menées sur l’édifice ces deux dernières années, en particulier le renforcement de tous les planchers » est assez pathétique. Certes, il est exact que le renforcement des planchers, notamment au-dessus de la galerie d’Hercule, a permis d’éviter le pire. Mais on peut considérer tout au contraire que les travaux sont probablement aussi la cause de l’incendie.
Autre point, entièrement de la responsabilité des propriétaires : l’opacité qui a régné sur ce chantier. Tout avait pourtant à peu près bien commencé : au moment de la polémique, l’hôtel avait été plutôt généreusement ouvert à la visite, des spécialistes mais aussi des journalistes ou des riverains. Nous avions pu nous même pénétrer dans l’édifice avec quelques confrères et le visiter de fond en comble ou presque. Son mauvais état nous avait frappé : incontestablement, les Rothschild ne l’avaient pas suffisamment entretenu. La transparence était alors à peu près bonne même si Alain-Charles Perrot nous avait alors menti sur un point ce qui pouvait nous inciter à la prudence sur le reste.Nous en étions reparti avec une promesse : les journalistes spécialisés pourraient suivre de près le déroulement des travaux. Sur ce point, les Qataris n’ont pas tenu leurs engagements. Alors que le chantier était jusqu’alors sous la responsabilité du fils du propriétaire, un véritable amateur de l’art français du XVIIe siècle, selon tous les témoignages, son père a repris la main et a totalement cessé de communiquer. L’hôtel s’est refermé sur lui-même et plus aucune personne extérieure au chantier n’a été autorisée à y entrer. Toutes nos demandes de visite ont été rejetées.
Cette opacité ne peut qu’attiser les soupçons. Si la restauration des décors a été menée, à notre connaissance, au mieux par les meilleurs spécialistes, qu’en a-t-il été de tous les autres travaux d’aménagement qui touchaient ce bâtiment qui, rappelons le, est entièrement classé ? Les seules choses que l’on peut voir à l’extérieur, du travail de l’architecte en chef, sont par ailleurs assez consternantes : la mise en place de pots-à-feu modernes disproportionnés (nous en avions déjà parlé), le nettoyage excessif de la façade qui lui donne une sècheresse qu’elle n’avait pas (qui disparaîtra peut-être lorsqu’elle se sera patinée à nouveau), les fausses fenêtres grotesques créées sur la façade donnant sur la rue Saint-Louis-en-l’Isle (...) Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, toutes ces options (installation de pots à feu, fausses fenêtres...) n’ont jamais été validées par le Comité scientifique. Celui-ci n’est arrivé qu’après la signature du protocole qui autorisait les travaux. Ces choix étaient déjà actés dans les autorisations de travaux, et le comité n’a pu que les amender dans le sens le moins désastreux. Nous avions déjà dit à quel point les pots à feu sont fantaisistes. Les fausses fenêtres ne le sont pas moins. Il n’y a aucune trace historique de leur existence. Une fois de plus, tout cela vient de la fertile imagination de l’Architecte en chef. Sur ce point, le propriétaire est lui-même plus victime que responsable.
Bref, le 9 juillet 2013, veille de l’incendie, les défenseurs du patrimoine n’étaient pas entièrement rassurés sur le devenir de l’hôtel Lambert. Ils ne savaient même pas s’ils pourraient en revoir un jour l’intérieur. Ou le voir, tout simplement.
Nous l’avons dit, en effet : un édifice de l’importance de celui-ci, même s’il appartient à un privé, est soumis à des servitudes. Une n’est pas prévue par la loi, mais elle devrait l’être, pour quelques bâtiments emblématiques : l’obligation, d’être ouvert, ne serait-ce qu’une fois par an, au public. Nous avons publié des
photos du Cabinet des bains. Et beaucoup de lecteurs nous ont fait remarquer que notre titre (« ce que nous ne verrons plus ») n’était pas adapté. Car en réalité, on ne le voyait jamais. Il était déjà très difficile de pénétrer dans l’hôtel lorsque les Rothschild en étaient propriétaires ; depuis trois ans tout était fermé, et il est probable que tout le sera dans les années à venir. Imaginons qu’un jour le château de Vaux-le-Vicomte soit à vendre (ce n’est heureusement pas le cas grâce à l’action remarquable des Vogüé, mais rien n’est jamais définitif dans un domaine comme celui-ci). Qui l’achèterait ? L’État, désargenté et pour lequel le patrimoine n’est pas une priorité ? Un riche français, s’il en reste encore ? Ou bien plutôt un milliardaire chinois ou saoudien qui n’y viendrait qu’une semaine par an et le fermerait complètement le reste de l’année ? Cette dernière hypothèse n’est désormais plus impossible. Comment pourrait-on accepter la fermeture au public de Vaux-le-Vicomte ? Comment a-t-on accepté que l’hôtel Lambert devienne absolument invisible ?
(…) Nous avons enquêté de manière approfondie sur le déroulement de l’incendie. Non parce que nous pensons qu’il y ait eu une quelconque intention criminelle. C’est peu probable (sic) et c’est à la police et aux assurances de déterminer les causes réelles de ce sinistre, ce qui n’est pas dans nos moyens. Mais pour faire un certain nombre de constats et poser des questions qui méritent d’être posées, et sur lesquelles nous méritons d’avoir une réponse.
L’incendie a démarré vers 1 h 30, mais il couvait certainement depuis un moment. Au moins a-t-il été repéré à ce moment par des riverains qui ont senti la chaleur et l’odeur qu’il dégageait, et ont été dérangés par de la fumée. Avant le déclenchement du feu, contrairement aux mois précédents, les lumières de l’hôtel Lambert étaient semble-t-il entièrement éteintes, ce qui était inhabituel. La question que l’on peut se poser est celle-ci : le chantier était-il surveillé dans la nuit du 9 au 10 par un ou des gardiens de nuit ? Il semble qu’il l’était par un gardien de nuit. Celui-ci aurait fait une ronde à 22 h sans rien détecter, et il aurait été réveillé par les pompiers. Nous avons voulu en savoir davantage en questionnant en vain les pompiers, l’architecte en chef et l’entreprise Bouygues. Le lieutenant-colonel Le Testu, que nous avions filmé juste après l’incendie, nous a d’abord dit qu’il ne pensait pas qu’il y avait eu d’alarme et nous a indiqué se renseigner pour confirmer nos informations que les pompiers avaient dû casser la porte du chantier pour entrer dans le bâtiment, mais il ne nous a jamais rappelé. Nous avons reçu par la suite le message lapidaire suivant des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris : « La BSPP n’est pas habilitée à répondre à vos questions. Merci de vous rapprocher de la société qui avait en charge la restauration de ce patrimoine ». Manifestement, ceux-ci ont eu l’ordre de ne pas nous répondre. Bouygues, nous le disions, ne nous a pas davantage répondu, pas davantage que le propriétaire. (…)Pourquoi a-t-on laissé sur le chantier, dans les étages, des bouteilles d’acétylène, qui risquent d’exploser et ont freiné l’intervention des pompiers. Cette information est donnée par le lieutenant-colonel Le Testu (voir cette interview sur LCI ou lire cet article du Monde). Celles-ci sont nécessaires pour effectuer les soudures, mais il est d’habitude recommandé de regrouper les produits inflammables dans un local spécifique. (…)Lorsque Aurélie Filippetti s’est adressée aux journalistes devant l’hôtel Lambert, le 10 juillet, nous lui avons demandé si elle exigerait que le chantier, qui jusqu’à présent était totalement opaque contrairement aux engagements des Émiratis, serait plus transparent, notamment pour la presse, celle-ci nous a répondu (ou plutôt n’a pas répondu) par un « ce n’est pas le moment de polémiquer ». Si ce n’est pas le moment de polémiquer, alors qu’un trésor national vient d’être gravement endommagé et que manifestement de nombreuses questions non résolues se posent, on peut se demander quand il est légitime de le faire. Bien au contraire : il serait normal que le ministère de la Culture, plutôt que de continuer à se comporter comme s’il s’agissait d’une affaire purement privée ou à prétendre maîtriser des événements qui lui échappent, prenne ses responsabilités et exige ce qu’il exigerait si le propriétaire de ce monument n’était pas un membre de la famille royale du Qatar : une parfaite transparence et un vrai contrôle. L’hôtel Lambert est un monument historique classé, il y a donc des contraintes que le frère de l’émir connaissait avant de l’acquérir. La polémique est nécessaire, car avant de lui appartenir, ce bâtiment appartient au patrimoine français, et cette part là est inaliénable ».