"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 28 mai 2012

MAROC : PROTESTATION SOCIALE CONTRE LES NOUVEAUX EXPLOITEURS ISLAMISTES





 CASS'TOI MOHAMMED VI avec ton
 gouvernement de bigots islamistes!

(Le 24 mai 2012, Mohammed VI a été le premier chef d'État reçu par le nouveau président bourgeois Hollande, complice à son tour de par sa fonction des tyrans féodaux du capitalisme décadent, sur la suggestion de son prédécesseur à l'Elysée, blaireau en vacances consolatrices dans le paradis pour riches à Marrakech)



 Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Casablanca où la classe ouvrière subit l'austérité islamiste et un chômage en hausse. Cette manifestation qui a surpris par son ampleur est la plus importante contre le gouvernement dirigé depuis janvier dernier par un islamiste, Abdelilah Benkirane. Les élections de novembre 2011 avaient été marquées par une nette victoire de sa formation, le Parti justice et développement (PJD). Depuis plusieurs jours, alors que le chômage ne cesse d'augmenter, les bonzes syndicaux étaient chargés de lancer  au gouvernement des appels au "dialogue entre partenaires sociaux" (pour le maintien de l'oppression religieuse-bourgeoise) en vue d’une hausse des salaires et de l'amélioration des conditions sociales des prolétaires.  "Il y a un message d'unité syndicale et un message clair au gouvernement Benkirane pour qu'il clarifie sa stratégie gouvernementale", a déclaré un certain Hassan Tariq, syndicrate de son Etat,  avec cette emphase creuse typique de notre playmobil national CGT.  "Nous voulons aussi que la loi sur le droit de grève, qui sera prochainement adoptée, soit libérale et non répressive", a précisé pour sa part un autre irresponsable syndical de l'USFP. 
Des milliers de manifestants ont sillonné les grandes artères de la plus grande ville du Maroc, en scandant des slogans hostiles au gouvernement. "Benkirane et Fouad Ali El Himma (ndlr, un très proche conseiller du roi Mohammed VI), deux faces d'une même monnaie", ont notamment crié les prolétaires sous calicots syndicaux sous la surveillance discrète des forces mercenaires de l'ordre royal-islamique. 
En sus ce pauvre gouvernement islamiste se déprime avec la sécheresse et une baisse vertigineuse des recettes du tourisme: plus de 17% en janvier 2012 selon les derniers chiffres officiels. Le tourisme est la principale source de devises du royaume avec les transferts d'argent des Marocains établis à l'étranger et les ventes de phosphates.  Les mécréants touristes ne semblent pas prêts d’accepter que leurs femmes viennent bronzer voilées.
Des centaines de jeunes du Mouvement du 20 février, né dans le tumulte du défunt Printemps arabe qui n’espéraient que des réformes  de la monarchie bigote et ringarde, ont également participé à cette manifestation, où les fans islamistes étaient évidemment absents comme les sbires du PCF lors du premier gouvernement Mitterrand. "Le gouvernement  islamiste Benkirane ne peut clarifier son programme et doit se contenter de déclarations de pauvreté idéologique et d’austérité économique voulue par Allah . Le vide politique est tel que le risque de tomber de la bigoterie dans la syndicratie impuissante est patent comme en témoigne cet appel à l’ouverture du bla-bla pour les nuls entre appartchiks syndicaux et gouvernement religieux : « On ne connaît pas la stratégie de ce gouvernement. Il doit ouvrir un dialogue véritable et clair avec les syndicats", a déclaré un syndicaliste devant plusieurs manifestants, en se payant ouvertement de leur gueule. 
Malheureusement la classe ouvrière est trop faible dans ce genre de pays arriéré, et s’il existe quelques consciences politiques révolutionnaires, elles resteront pour longtemps encore minoritaires et opprimées par tous les collabos du roi et de ses bigots islamistes. Lisons les commentaires de lecteurs sur un des hebdos réacs de la droite bourgeoise l’Express, car, devant l’inanité des manifestations sociales dans cette contrée (pourtant très saines du point de vue politique marxiste et autrement plus exemplaires pour le prolétariat universel que les pleurnicheries estudiantines bobos  du Canada), seul l’humour et la lucidité nous permettent de patienter.

« Continuez à voter islamique ! »

« Pour l'immobilier le Maroc va prendre la concurrence de l'Espagne en pleine poire, les Européens préfèreront acheter à la grande braderie espagnole qu'à l'incertitude marocaine, le Maroc ou plus exactement Marrakech est victime d'un tourisme "douteux" si les islamistes souhaitent faire le ménage ils vont perdre leurs derniers investiteurs occidentaux en résidence secondaire ».
« ah ces djeunes .. quand donc comprendront'ils que pour avoir des lendemains qui chantent, avec des dattes et des poulets rôtis qui tombent du ciel, il faut se soumettre et admettre la Loi de viellards obscurantistes ? Décidément la djeunesse est bien partout la même dans tous les pays, irrespectueuse et irresponsable ! Tout ça c'est la faute à Mai 68 ! »

« Les soi-disant socialistes marocains et leurs vieillissants syndicalistes ont brillé par leur absence durant deux décennies. Le Maroc a changé. Les quelques milliers de participants représentent toute" la gauche". La société est, plus que jamais attachée à sa religion .Le PJD a été le grand gagnant de ce changement. Sans programme précis, mais avec un langage simple, il a su convaincre un électorat victime des désillusions de partis dits de progrès et du socialisme. Le taux d'analphabétisme élevé, l'échec des tentatives de réforme de l'enseignement, l'exode massif vers les villes, les privatisations, la sécheresse , autant de facteurs qui ont abouti à l'augmentation du taux de chômage. Les revendications de nos jeunes diplômés, à savoir,  l' intégration dans la fonction publique, n'existe nulle part ailleurs. La CDT et l'USFP, jadis pour le départ volontaire et la privatisation à outrance des secteurs clés, soutiennent aujourd'hui ces revendications. »
«Je dis à Mr Benkirane, qu'étant un prof de physique, dans sa politique l'incertitude doit-être égale à zéro. La corruption continue de battre son plein! Avez-vous pensé au moins aux racines de cette corruption? je vais vous le dire Mr: Ce sont les inégalités sociales et les fraudes fiscales faites par les soi-disons notables(comme certains députés par exemple),qui sont à l'origine de la corruption. Quand SM le Roi Med VI dis que le civisme est " savoir prendre ses responsabilités, respecter autrui et respecter les lois " et qu'on entend que le Directeur Général des Impôts, avec toute arrogance, a menacé le Président de la Cour Suprême et ses Conseillers s'ils continueraient à appliquer les lois fiscales car il faut laisser les gens payer les impôts même s'ils sont injustement imposés car c'est avec les impôts que les juges sont payés!Or c'est faux car ce qu'il cherche c'est de continuer à accorder des primes à ses fonctionnaires, primes semestrielles qui vont des fois jusqu'à 200.000,00 dirhams!!!! La Fonction publique est la même pour tout le monde Mr Benkirane, commencez par aligner les mêmes compétences et enlever tous ces privilèges! ce sont ces privilèges qui sont à l'origine de la corruption. Sachez Mr Benkirane que le Premier Ministre Sénégalais Abdou Diouf, au lendemain de sa prise de fonction il avait réduit de 50% le parc automobile de l'État , alors que dans les rue de notre pays, on voit des voitures de luxe (4x4 et autres) stationnées devant les pâtisserie et cafés aux heures du travail, alors qu'à côté, des misérables fouillent les poubelles et mangent les ordures!!Si vous voulez des photos , je me ferai  le plaisir de les publier ».
Beaucoup de marocains prêts à s'illusionner sur une gauche laïque face à l'équivalent de la droite bourgeoise en France, pour sous-développés, la noria islamique avec ses soft et ses hard.
Enfin, un célèbre touriste bling-bling semble avoir été le cadet des soucis  des manifestants mais risque lui aussi de porter tort au tourisme en terre arriérée d’Islam soft :

 « Rassurez-moi : Ils ne sont point allés jusqu'à Marrakech et ne sont pas parvenus à importuner notre Nicolas ? Non, parce que nous, nous voudrions qu'il reste là-bas...le plus longtemps possible ! Si vous saviez comme cela fait du bien de ne pas entendre parler de lui à chaque minute, de ne pas subir une de ses interventions sur tous les medias... On se ressource, franchement ! Et puis laissons-le récupérer car après le 17 juin, il est probable qu'il ait enfin à faire face à maints abus ou méfaits contre son pays et ...contre nous les citoyens-contribuables !!! (Merci l'Express de considérer ce billet comme non injurieux)






dimanche 27 mai 2012

ENCORE SUR LE "PRINTEMPS QUEBECOIS"

 

sur la suggestion d'un camarade canadien

Quelques brefs éléments afin de mieux comprendre le «printemps» québécois.

23/05/2012 
1- Au Québec, la crise économique ne se laisse pas voir directement, la plupart des gens croit encore que le pays s’en sort bien parce que le taux de chômage n’a pas grimpé en flèche comme aux États-Unis, beaucoup de monde pense que le pays n’est pas en crise. Les raisons pour lesquels le Canada et le Québec sont en mesure d’absorber les effets directs de la crise ne seront pas traitées ici. Cependant, considérant que la crise touche en fait un capitalisme mondialisé, le Canada et ses provinces ne sont pas exemptés d’appliquer à leur tour des plans d’austérité permettant aux capitaux internationaux de se revaloriser et aux entreprises financières de renflouer les coffres. Donc, bien que les effets de la crise furent tant bien que mal amortis par les politiques gouvernementales, ces mêmes gouvernements doivent désormais rendre des comptes aux grandes institutions capitalistes.
La hausse des frais de scolarité fait partie du plan d’austérité que doit appliquer le gouvernement de Jean Charest, premier ministre du Québec. L’augmentation des frais de scolarité vise minimalement deux objectifs précis :
a) l’augmentation des frais aura pour conséquence une augmentation de l’endettement étudiant et qui dit endettement dit aussi taux d’intérêt qui profitent surtout aux banques ;
b) la hausse des frais se veut également un moyen de rentabiliser et de favoriser la compétition des universités québécoises sur le marché mondial de l’éducation. Le gouvernement Charest cherche ni plus ni moins à remplacer la masse des étudiants locaux par une masse d’étudiants étrangers qui sont près à payer plus cher pour étudier ici.
Pendant que le gouvernement québécois se tape une grève générale étudiante face à ses politiques de hausse, le gouvernement fédéral canadien de Steven Harper dépose en bloc un projet de loi omnibus qui ouvre la porte à de multiples déréglementations au niveau du travail et de l’environnement, à un durcissement du système juridique et pénitentier, à des coupures de postes dans la fonction publique ainsi qu’un désengagement de l’État du filet de sécurité sociale. Avec de telles mesures venant des différents palliers de gouvernement, la crise, au Québec, apparait davantage comme une offensive gouvernementale et par conséquent comme une crise qui se donne à voir sous une forme politique : ici, l’austérité est avant tout un choix du gouvernement plus qu’une nécessité économique visible pour tous.
2- Ceci dit, revenons à la grève étudiante et aux politiques d’austérité du gouvernement Charest. Depuis le début de cette grève – qui aujourd’hui par son étendu et sa durée dépasse tout ce qui a été connu jusqu’à maintenant comme grève étudiante – le gouvernement de la province ainsi que les grands médias capitalistes du Québec cherchent à contenir et à brouiller le mouvement. Déformation des concepts, répression et campagne de salisage, démagogie et faux dialogue… Les deux mamelles de la désinformation se sont fait un plaisir de jouer des mots transformant une « grève » en « boycott » de service public et l’accessibilité à l’éducation un « droit » supérieur à celui de « faire la grève » et de tenir des lignes de piquetage. Cette manoeuvre gramatico-juridique a ouvert la porte aux injonctions que certains étudiants opposés à la grève se sont fait plaisir d’utiliser afin de casser le mouvement et de pouvoir enfin accéder à leur cours malgré la grève. Le problème c’est que la majorité des étudiants en grève n’ont pas respecté les injonctions, ce qui a forcé le gouvernement les faire respecter par la force. Mais la présence des policiers ne fait qu’augmenter la tension et provoquer des altercations qui se terminent par des arrestations et des blessés. Devant cette violence qui menace leurs enfants, les parents ont vite fait d’intervenir entre les étudiants et les flics, rendant inefficace le travail d’intervention des policiers. Sans compter que les profs, qui se voient dans l’obligation par la loi de se présenter en classe malgré la grève et les lignes de piquetage, se sont solidarisés avec les étudiants en refusant de donner leurs cours sous prétexte que la situation contrevient à la loi sur la santé et la sécurité au travail. Finalement, devant cette incapacité à faire respecter les injonctions, les recteurs d’école se sont vus contraints d’annuler les cours et de fermer les portes donnant ainsi gain de cause à la grève.
C’est donc devant cet insuccès de la stratégie juridique et l’obstination des étudiants à poursuivre la grève que le gouvernement Charest en vient à exiger en coulisse la démission de la Ministre de l’éducation, Line Beauchamp, pour la remplacer immédiatement par l’ancienne Ministre, Michelle Courchesne. Tout ceci n’est qu’une manoeuvre qui répond à l’échec d’une entente de principe dans laquelle le gouvernement ne s’est pas privé d’afficher toute sa mauvaise foi avant même que cette entente soit discutée dans les assemblées étudiantes en grève. Le gouvernement n’a jamais eu l’intention de se compromettre dans ce dossier et face à un mouvement de grève qui en fait tout autant, le gouvernement a finalement décidé de déposer un projet de loi spéciale (loi 78) dans le but non seulement de permettre aux étudiants qui « veulent étudier » d’accéder à leur cours, mais aussi et surtout de criminaliser le mouvement de grève dans ces aspects les plus dérangeants : soit les lignes de piquetage et les manifestations.
3- Ce n’est pas la première fois que le gouvernement adopte une loi spéciale face une grève qu’il ne tolère pas. Cette pratique anti-grève existe au Québec depuis le début des anées 80, mais cette fois, la loi dépasse le schème habituel d’encadrer et d’étouffer la grève en rendant illégal tout ce qui donne du pouvoir à la grève. En effet, cette loi spéciale ne fait pas que limiter l’efficacité des lignes de piquetages en interdisant sa pratique à moins 50 mètres de l’institution visée ou encore en décrètant que la grève est terminée puisque la sessions des 14 cégep et 11 facultés universitaires en grève est suspendue jusqu’à l’automne, elle franchit aussi le pas d’interdire pratiquement toute forme de manifestation… ce qui est un nouveauté.
Donnant l’impression de vouloir se montrer d’avant-garde dans la course mondiale à la répression, le gouvernement du Québec (qui possède la majorité des sièges au parlement et se sent donc légitime de faire ce qu’il veut) a tout simplement décidé que la contestation de son pouvoir était un crime contre la nation. Désormais, toute manifestation organisée qui prévoit plus de 50 personnes oblige les organisateurs à transmettre à la police l’itinéraire de la manif sans quoi la manifestation est déclarée illégale. De plus, la police a le pouvoir discrétionnaire de modifier l’itinéraire de la manif ou simplement de l’annuler. Mais ce n’est pas tout, car une fois que la manif est autorisée par la police, il n’en demeure pas moins que tout acte criminel commis par un manifestant est ultimement passible d’incriminer les organisateurs eux-mêmes… Bref, plus personne n’osera organiser des manifs de peur d’être des criminels en puissance.
En ce qui concerne la ville de Montréal, cette loi spéciale adoptée par le gouvernement provincial s’accompagne d’une loi municipale sur le port du masque que la mairie de Gérald Tremblay cherchait à adopter depuis quelques temps. Cette double législation a pour résultat de permettre aux policiers d’user d’un abitraire immense sur le déroulement des événements. Par exemple, les lois anti-terroristes ont déjà permis d’arrêter et d’accuser 4 jeunes étudiants et étudiantes (1 gars, 3 filles) pour avoir commis des actes dans le but d’ « incité à craindre un acte terroriste… » et sont donc suceptibles de 5 ans de prison pour des actes qui non seulement ne furent pas commis par eux (puisque cela semble difficilement possible) mais dont les preuves tiennent à des photos prisent hors contextes par des citoyens délateurs. L’arsenal législatif dont se sert la police contrevient présentement à toute les chartes sur les droits humains du pays et seront probablement condamnés par l’ONU comme ce fut déjà le cas envers la police de Montréal dans les années 2000 qui abusait de sa tactique d’arrestations de masse. C’est donc en raison de toute cette folie répressive que les manifestations à Montréal sont volontairement et formellement illégales dès le départ, car, comme disent les manifestants : « Ta loi spéciale, On s’en calisse ».
L’adoption de ces mesures répressives par le gouvernement n’a fait qu’élargir la base d’une grève qui commençait à succiter de la sympathie pour la frange de la population qui était directement touchée par cette grève et sa répression : les parents et les profs. Maintenant, c’est tout ceux et celles qui considèrent le droit de manifester comme inaliénable qui descendent dans la rue. Dans les manifs, depuis l’adoption de la loi spéciale, ce sont des familles, des personnes âgées, des travailleurs, des militants de tout horizons et, évidement, des étudiants qui défilent dans les rues. La loi spéciale a finalement transformé la grève générale étudiante en lutte politique de désobéissance civile. Cette métamorphose du mouvement a la particularité de faire revivre différemment le mouvement passé des indignés, mais l’indignation a ici pour cible le gouvernement Charest et ses politiques répressives.
Du côté mouvement étudiant lui-même, cette métamorphose de la grève étudiante en mouvement de désobéissance civile, a provoqué la première scission dans le discours unitaire des trois syndicats étudiants (CLASSE, FEUQ et FECQ). La CLASSE qui est majoritaire dans le mouvement de grève a finalement choisie de se faire le représentant du mouvement de désobéissance civile contrairement aux deux fédérations étudiantes (universitaire et collégienne) qui ont choisie une alliance avec les trois grandes centrales syndicales ouvrières (CSN, FTQ et CSQ) afin d’appeler au respect de la loi et au dialogue avec le gouvernement. Ce qui se dessine, selon moi, dans cette alliance, c’est une tentative de récupérer cette grogne populaire contre le gouvernement Charest en vue d’accélérer le processus de négociation ou encore le déclenchement des élections et, dans le même temps, de renouveler la base électorale du Parti Québecois (opposition officielle) ou encore d’élargir celle de Québec Solidaire.
Du côté policier, la surcharge de travail qu’impose plus de 100 jours de grève qui compte pas moins de 250 manifestations et 2000 arrestations, plusieurs émeutes ou actions de pertubation et 29 jours successifs de manifestation nocturne (ce sont les chiffres de Radio Canada), augmentent considérablement les risques de dérapage pouvant conduire à des tragédies mortelles. Un tel dérapage dans une conjoncture où le mouvement acquiert de plus en plus de sympathie pourrait faire basculer une situation de luttes sociales passablement pacifique en situation pré-insurectionnelle dans laquelle le gouvernement fédéral serait tenté d’user de la loi des mesures de guerre comme ce fut le cas face à la crise d’octobre de 1970. Si beaucoup se souviennent de l’armée qui occupait les rues de Montréal, d’autres se souviennent du FLQ et d’un certain Pierre Laporte en scandant des slogan comme : « Dans un coffre de Charest » (il faut mentionner que le Ministre Laporte a été retrouvé mort dans un coffre de voiture). Chose certaine, tout-le-monde est d’accord pour dire que la conjoncture est explosive et que tout semble possible.
Amer Simpson
22 mai 2012

 sous un bruit de casseroles...

LETTRES DE MONTRÉAL

par Feuille d’érable
vendredi 25 mai 2012.

On trouvera ci-dessous un récit de Montréal, dont l’auteur préfère conserver l’anonymat (j’ai choisi son pseudonyme).
C. G.

1. Eh bien, c’est super chouette ce qui se passe. Bien sûr, il y en a qui paient le prix... violence policière, arrestations, amendes...
Le 22 mai, une manifestation d’environ 200 000 personnes a eu lieu et elle était illégale. Elle s’est divisée en trois manifestations qui se sont joint, à la fin, à la manifestation syndicale qui elle avait négocié son trajet avec la police (les assos nationales de droit- fecq et feuq- sont restées avec les syndicats). Le slogan de la manif était « 100 jours de grève, 100 jours de mépris ». Seul le syndicat étudiant radical LA CLASSE a ouvertement invité à défier la loi spéciale. D’ailleurs, tu peux aller sur le site nouveau de La Classe : « arrêtez-moi quelqu’un ! » les gens se prennent en photo, comme pour la police, et y écrivent « je désobéis ». C’est plutôt drôle...
Aussi drôle dans la manif du 22 mai, des syndicalistes et le mouvement communautaire se sont retrouvés dans les manifs illégales.... et heureux d’y être.... et même de scander : « On est plus que cinquante ! on est plus que cinquante ! » - d’après la nouvelle loi il faut annoncer le trajet quand on est plus de 50. On commence à réfléchir à la Formule 49 dans le cadre de la Formule 1.
Puis, dans la nuit du 22 mai, une autre manif illégale a eu lieu en soirée jusqu’à 3 heures du mat. On compte quelques arrestations.
Depuis quelques jours (samedi le 22), il y a des manifestions de casseroles (en souvenir du Chili des années 70- Pinochet). Cette reprise de type de protestation, ici contre la loi 78, est superbe, car elle est transformée dans le contexte québécois de 2012. Depuis samedi, le 22 mai, à 8:00 p.m. les gens sont invités à sortir sur leurs balcons ou sur les trottoirs avec leurs casseroles. Le mot d’ordre est sur facebooke, twitter, etc. : « A vos casseroles ! ». La population est invitée à faire du bruit contre la loi spéciale qui interdit le manifester sans annoncer l’itinéraire, etc.
Là où ça déborde, c’est extraordinaire, car les gens (familles, enfants, grands-parents, etc.), de plusieurs quartiers de Montréal et ailleurs dans d’autres villes, sortent à la rue et se mettent à manifester de manière spontanée, dans la joie et le bonheur, en faisant un bruit d’enfer ! Créant eux-mêmes des manifestations illégales. C’est rendu qu’on attend 8:00 p.m. pour faire du bruit et se mettre en marche. Hier mercredi, des manifestations spontanées se sont rencontrées au centre-ville et la police a arrêté 400 personnes (la ville de Québec a connu une centaine d’arrestations). Mais la loi 78 n’est pas appliquée, ou très partiellement (à part dans la ville de Sherbrooke - une trentaine d’arrestations). C’est la loi municipale d’attroupement illégal qui s’applique principalement. et personne ne comprend pourquoi, même si on défie la loi spéciale, elle n’est pas appliquée. Est-ce que l’État attend de le faire une fois qu’on reviendra en classe et tentera de lever les cours afin de faire respecter le mandat de grève ? Car c’est là que ça risque de faire réellement mal....
Aujourd’hui, trois manifs casseroles sont parties de trois points\quartiers différents et on parle d’environ 10 000 personnes dans les rues qui cognent de la cuillère sur les chaudrons. C’est la dérision pure. C’est génial. C’est l’euphorie. Il y en a même un qui a décidé de faire rouler son barbeque dans la manif pendant que son copain cognait dessus avec la spatule (bien sûr sans la bonbonne de gaz).
Bref, la population s’amuse à ridiculiser le premier ministre du Québec, Jean Charret, qui a fait voter cette loi. La population est en train de lui dire qu’elle ne la respecte pas. C’est du jamais vu ! tout le monde s’amuse à dire : « La loi spéciale, on s’en câlisse ! » (on s’en fout).
Les journalistes analystes de la situation (le canal LCN avec Jean Lapierre, un sympathisant du parti au pouvoir) parlent de crise d’autorité et disent que le mouvement étudiant, en ce moment, a un réel rapport de force. C’est la première fois depuis le début de la GGI (grève générale illimitée) que l’on parle en ces termes, surtout à la télé, dans un des canaux les plus à droite. Ce n’est pas peu dire. Il est même lancé comme idée trois solutions : renégocier (Etat - Mouvement étudiant), déclencher des élections ou appliquer la loi.
La ministre de l’éducation veut renégocier, mais dit déjà ne pas vouloir discuter de la hausse des frais de scolarité. La FECQ (asso collégiale) veut se mettre à table et faire des compromis. la FEUQ (asso universitaire de droite) veut également faire des compromis, mais parle de la hausse et exige que LA CLASSE y soit présente. LA CLASSE ( l’assé- asso progressiste) exige de parler de la hausse et revendique un gel et la gratuité scolaire. Mais cette dernière n’a pas encore dit qu’elle voulait se mettre à table avec la ministre.
Bref, ce qui est intéressant ici est de constater que depuis que la population conteste la loi spéciale, le gouvernement est obligé de relancer une invitation aux négociations, même si le processus et la rencontre relèvent plutôt de l’ordre du cosmétique !
Dans un autre ordre d’idées, mais toujours en lien avec la grève, aujourd’hui est sorti de prison un des quatre étudiant-e-s qui avait été arrêté pour un fumigène dans le métro. On connait le copain. On les accuse de méfait (10 ans de prison) et de vouloir faire craindre à un geste terroriste (5 ans de prison). Ils sont en liberté conditionnelle avec une liste de conditions extrêmement sévères. Je n’en dirai pas plus, car c’est un sujet délicat. Bien sûr nous on soutient la famille et les quatre du métro.
2. Ma participation aux assemblées à titre de gréviste m’a fait comprendre une chose. Les diverses générations d’étudiant-e-s en grève veulent un possible qui leur est inaccessible. Les étudiant-e-s savent que peu d’avenues se présentent à eux (à court terme) et luttent pour un droit de cité (semblable à celui des générations d’avant). On veut un diplôme, un travail, un salaire, etc., et des services sociaux. D’autres encore remettent en question cette idéologie. Associé à ces désirs, il y a chez elles et eux un espoir incommensurable, voire rarissime et un courage teinté de ludisme : pas peur de l’État ni des injonctions ni des administrations ni de la police ni de perdre la session scolaire ni de devoir recommencer. J’ai rarement vu cela. Il faut dire que cette réaction est occasionnée aussi par une attitude autoritaire d’un gouvernement austère. Bref, chaque fois que l’État réplique au mouvement, celui-ci lui répond, le contourne et détourne l’action vers une résistance encore plus forte, ou tout simplement plus engagée, consciente, organisée, inventive...
Je ne cherche pas à idéaliser ce mouvement, car il est de prime à bord réformiste, faisant même partie d’un agenda électoraliste, etc. mais il contient une poésie hors commun, un soupçon de rêve, un désespoir refoulé ou un espoir assumé et combien inspirant. Au-delà de l’affirmation suivant laquelle le mouvement n’implique pas l’idée de révolution, il contient de minces bribes subversives. C’est ici où je me situe. C’est ce que je cherche à comprendre afin de poser des gestes dans cette direction suivant mes valeurs politiques (comme gréviste maintenant ou comme prof à l’automne). J’ai fait quelques interventions en assemblée dont une en particulier en rapport à la peur qu’a le mouvement syndical de faire une journée de grève sociale.
Un professeur représentant le syndicat des profs universitaires (UQAM) est venu parler en assemblée étudiante de l’appui au mouvement, mais que cela excluait la grève. Je l’ai interpellé et posé l’hypothèse suivante : l’attitude austère qu’a l’État à l’égard du mouvement étudiant est un terrain d’essai qui vise à vérifier le niveau de solidarité communautaire, ouvrière, syndicale, prolétarienne. ce que subit le mouvement étudiant en ce moment sera imposé aux travailleuses et travailleurs lors des prochaines négociations des conventions collectives prévues dans le secteur public pour 2015 environ. Aucune lutte isolée ne peut gagner sa cause. La solidarité est plus que nécessaire. Cesser d’avoir peur de perdre, peur d’être puni, peur de... constitue une des clés de la mise en marche d’un nouveau mouvement social. C’est peut-être là où se situe la contribution de la grève générale illimitée étudiante au mouvement social. Elle défie les calendriers, les lois spéciales, les injonctions, l’anti-émeute, etc. Certes mon hypothèse est limitée et qu’on peut en poser tout plein d’autres. Lorsque je l’ai posée, ce fut dans la perspective d’interpeller le syndicat des profs de l’université, parce que mon propre syndicat de profs au collège a peur des représailles prévues dans la convention collective s’il fait grève sociale...
3. ...La vison humaniste et sociale démocrate mais de belles images et de belles phrases... ronflantes et nationaliste mais quand même : ici.
Montréal, le 25 mai 2012
Feuille d’érable


Aussi un vidéo démocrate et nationaliste mais qui représente bien le mouvement réel pour la très grande majorité malheureusement, la frange radicale de la rue va plus loin mais jusqu'où ? voilà la question qui doit se répondre sans un enthousiame puéril et malgré l'ivresse que procure toute cette mobilisation sans précédent ici. Je te fourgue ça pour te donner une idée de ce qui se passe.

vendredi 25 mai 2012

TRACT DE KLASBATALO SUR LE MOUVEMENT ETUDIANT AU CANADA


Pour en finir avec le réformisme étudiant ! Vers une solution révolutionnaire

Dernière heure  24 mai 2012

Depuis le début de la grève étudiante en février dernier, il y a eu plus de 270 manifestations dont au moins 80 ont été déclarées illégale. Depuis 30 jours, des manifestations ont eu lieu tous les soirs contre la hausse des frais de scolarité à Montréal et depuis quelques jours à Québec et Sherbrooke. Depuis le vendredi 18 mai, des prolétaires, des étudiants, des parents et des enseignants vont manifester non seulement contre la hausse des frais de scolarité mais contre la loi 78 qui met de sévères restrictions aux manifestations et au piquetage des grévistes étudiants devant les cégeps et universités. Le 22 mai, une manifestation de 300 000 personnes a eu lieu à Montréal. Rappelons que depuis le début de la grève étudiante en février, il y a eu  2700 arrestations. Durant la nuit du 24 mai, la police a encerclé des manifestants et séquestré 518 personnes qui ont passé la nuit menotté dans des autobus. À Québec, 170 personnes ont aussi été arrêté. Le nombre d’arrêtés dans d’autres villes nous ait inconnu pour le moment. Un étudiant et trois étudiantes qui ont placé des bombes fumigènes non-toxique dans le métro le 10 mai, sont accusé en vertu d'une loi anti-terroriste votée en 2001. Depuis le début de la grève, il y a eu des vitrines brisées de grandes entreprises comme les banque mais jamais il n’y a eu de vol. La mobilisation des étudiants se maintient toujours et de plus en plus de prolétaires se joignent aux manifestations légales ou illégales dans plusieurs villes du Québec. Des manifestations de soutien ont  eu lieu à Ottawa, Toronto, Paris, Cannes et New-York.


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Retour sur l’appel du premier ministre du Québec, Charest aux grandes centrales syndicales.
Quand le chat sort du sac où quand l‘État sort de son sac, ses chats
Il est très intéressant d’étudier le comportement des syndicats lors de la négociation étudiante  avec l’État.

Charest connaît bien ses alliés. C’est pour cela qu’il a invité les dirigeants syndicaux : Arsenault de la FTQ, Parent de la CSQ et Roy de la CSN.
Selon Michel Arsenault, qui a expliqué aux négociateurs syndicaux étudiants «  que négocier, c'est concéder. Ça prend un rapport de force que tu puises dans la mobilisation. J'appelle ça: monter le chat dans le poteau… »
La mobilisation des syndicats, on connaît ça très bien, c’est mobiliser de façon divisée, secteur par secteur, usine par usine autrement dit un chat à la fois et chacun sur son poteau. Comment se fait la montée du chat ? par des pressions plus ou moins inutiles sur des députés, par des grèvettes d’une journée ou deux comme c’est le cas lors des négociations dans le secteur public. Dans le secteur privé c’est laisser les prolétaires seuls comme ce fut le cas à Shell ou au Journal de Montréal. Ailleurs dans le monde, les syndicats font la même chose.

Le but des trois chefs appelés à la rescousse par Charest était de convaincre les leaders syndicaux étudiants d’être capable de redescendre le chat du poteau selon Arsenault. En plus d’accepter des négociations secrètes ce qui au départ fait toujours le jeu des patrons, les leaders étudiants abandonnaient la lutte contre la hausse des frais de scolarité.
Très conscients que les leaders étudiants avaient fait un recul énorme, les trois dirigeants se sont exclamés suite aux vérités lancées par Charest et par la ministre Beauchamp (qui a démissionné) qui se sont vantés de  n’avoir cédé pas devant les étudiants.
Arsenault : «Quand tu attrapes un gros poisson et qu'une personne te demande où tu l'as pêché, tu réponds: dans le lac, ferme ta yeule. C'est la même chose au lendemain d'une négo, l'employeur se tait jusqu'à la fin du vote. C'est pas compliqué, tu fermes ta yeule!» 
Le gros poisson attrapé... les étudiants, Charest et les syndicats pensaient que les étudiants seraient dupes mais ils ont rejeté massivement "l'offre" de l'État malgré que les chefs étudiants aient eu une attitude neutre.
Et Parent : « C'était une comédie d'erreurs. J'avais l'impression que Charest avait pris un fusil et avait tiré dans sa chaloupe. C'est comme s'il avait dit aux étudiants: "On vous a fourrés et on est bien contents."» Et Parent plus hypocrite encore que Charest, il ne fallait pas le dire.

Voilà le rôle des syndicats de combat ou non : servir d’éteignoirs des luttes en les isolant et en montrant au patronat et à l’État comment fourrer les travailleurs et les étudiants. À part des discours pour endormir, les syndicats n’ont fait aucune grève de solidarité avec le mouvement étudiant. Il faut dire que les syndicats étudiants sont de bons élèves de leurs grands frères en continuant à isoler le mouvement étudiant des revendications historiques de la classe ouvrière.
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Tract distribué lors de plusieurs manifestations étudiantes.

La crise économique fait ses ravages aux quatre coins de la planète. La bourgeoisie mondiale tente évidemment d’instaurer des plans d’austérité afin de tenter de rétablir ses taux de profits et ainsi réactiver l’accumulation du capital. Ces plans crasseux sont voués à l’échec tellement le capitalisme est aujourd’hui en complète décrépitude. Mais la bourgeoisie reste toujours maîtresse absolue de la société, tant au niveau social que politique, et se débat violemment pour maintenir sa domination. Les plans d’austérité, souvent dernier souffle de la bourgeoisie, créent un processus intense de paupérisation chez de nombreuses couches sociales. Le prolétariat voit ses conditions de travail et de vie se dégrader et ses salaires stagner, sinon diminuer. La petite-bourgeoisie est flouée et les couches moyennes se voient nettement se prolétariser. C’est cet effet de paupérisation au niveau international qui est à la base des divers mouvements des indignés de la Tunisie à l’Espagne en passant par Montréal. Cependant, dans les divers mouvements des indignées, ce sont les couches moyennes et la petite-bourgeoisie qui mènent le bal politiquement, ce qui explique leurs revendications illusoires : la gauche caviar (genre Québec Solidaire) nous ressasse invariablement son « capitalisme à visage humain », comme si le problème n’était que la « finance amorale » et non pas le capitalisme comme tel.

Les étudiants sont aussi du lot des victimes des plans d’austérité capitaliste. En effet, avec la hausse des frais de scolarité, leurs conditions de vie vont se dégrader. Ils auront encore plus besoin de se trouver des jobs à temps partiel pour un salaire ridicule. Bref, les étudiants venant des milieux modestes seront, et c’est déjà largement le cas, de plus en plus des prolétaires à temps partiel!

La lutte pour la gratuité scolaire est légitime aux premiers abords. Les étudiants doivent cependant dépasser cette revendication qui vise en réalité la mobilité sociale et diriger leur lutte contre la société de classe, le capitalisme. Les syndicats, que ce soit l’ASSÉ ou la FECQ/FEUQ, veulent les entraîner dans une lutte illusoire, soit pour la gratuité scolaire, soit pour un autre gel des frais de scolarité. Cette lutte est vaine, une voie de garage, puisqu’elle n’est pas une lutte dirigée contre le capital, mais une lutte pour une autre forme de capitalisme, un « capitalisme à visage humain » et une « éducation humaniste » réactionnaire. Que l’éducation soit gratuite et publique ou privée et chère, le capitalisme, lui, est toujours debout. On essaie de faire croire que la hausse entraînera une commercialisation de l‘université la rendant dépendant du capital. Mais, l’université est déjà bourgeoise et a déjà comme fonction la reproduction des classes sociales. En effet, l’université n’est en rien indépendante du capital, elle fut historiquement constituée et financée par l’État bourgeois pour le maintien de sa domination tant au niveau technique qu’intellectuel.

Plusieurs étudiants constatent que ce ne sont pas les libéraux avec leur hausse des frais de scolarité qui sont seulement à condamner mais le système capitaliste entier. Plusieurs manifestants constatent aussi que la police est là pour défendre l’état et la propriété privée des capitalistes. Un étudiant qui manifestait pour la première fois a eu un œil crevé par les forces policières à Montréal, une dame agée s’est faite matraquer parce qu’elle défendait, lors d’un encerclement policier à l’université du Québec en Outaouais, une étudiante qui avait osé uriner dans un coin. Pendant ce temps la ministre de l’éducation dénonce la « violence » de manifestants qui brisent les vitres de grosses banques. La réponse de l’État depuis les 2 mois de grève a été le poivre de cayenne, les gaz lacrymogènes et les coups de matraque pour finir par offrir  la même augmentation  des frais de scolarité sur 7 ans au lieu de 5 ans. C’est une génération perdue pour le capitalisme car il n’a rien à leur offrir. Mais les étudiants résistent en attaquant un poste de police au centre ville de Montréal et comme dans plusieurs villes, ce sont  les pires symboles du capitalisme qui sont la cible des manifestants comme les banques, les chambres de commerce et les bureaux des ministres et députés.

Cependant, il faut que le mouvement étudiant rompe avec les attitudes corporatistes et carriéristes du mouvement étudiant officiel. La prolétarisation les oblige à faire de l’agitation autant à l’université, au cégep que sur leurs lieux de travail. Les étudiants restent encore cantonnés sur leur propre lutte, ils n’ont pas fait le lien avec la classe ouvrière. À part une manifestation avec les travailleurs d’Aveos, rien de concret n’a été fait. Ce ne sont pas les lieux de travail qui manquent. Plusieurs prolétaires ont perdu ou perdront leur emploi ou sont en lock out chez MABE Canada, Merch, Rio Tinto, Electrolux, Rocktenn, Papiers White Birch et bien d’autres. Le mouvement étudiant doit faire le lien et manifester son soutien à la lutte des travailleurs, c’est seulement la classe ouvrière qui peut mettre fin à la crise. Il faut aussi que celui-ci sorte du cadre nationaliste dans lequel les syndicats et les partis politiques bourgeois veulent maintenir tous ceux qui sont en lutte contre le système capitaliste en crise.

Les étudiants doivent faire leurs les revendications historiques du prolétariat qui commencent à peine à surgir : la destruction du capitalisme pour sauver l'humanité et édifier une nouvelle société sans classe, sans État et sans frontière, donc sans exploitation et sans guerre.

Nous invitons les étudiants à nous contacter pour renforcer les forces révolutionnaires internationalistes.

Les Communistes Internationalistes – Klasbatalo

mardi 22 mai 2012

POURRONT-ILS SAUVER LE CAPITALISME EN France ?



Quel gouvernement pourrait être contre la croissance? Pas celui de cette innocente cuvée scolaire hollandaise "paritaire" que nous a si bien croqué le subtil dessinateur Placide.
L’économie capitaliste est programmée de telle façon qu'une croissance nulle ou faible, c'est forcément beaucoup de chômage. Hollande a fait le beau en Amérique avec son thème électoral engageant à stimuler la croissance (la relance), mais comment et avec quels moyens, oui avec quels moyens? En flattant les PME, en lançant de grands travaux ? En priant Keynes de revenir parmi nous avec de nouvelles recettes pour, au moins, sauver le capitalisme en France ?
Le système économique actuel peut être vu comme un éternel cycle offre/demande. Depuis la fin du XIXe siècle, la théorie de l'offre et de la demande a peu évolué.
L’offre est la quantité d’un bien économique que les producteurs souhaitent vendre à un prix donné. Ses principaux déterminants sont le prix du marché et les coûts de production. En fait, les fonctions d’offre sont obtenues à partir des coûts de production de l’entreprise à long terme.
La demande est la quantité voulue d’un bien, à un prix donné, par les consommateurs ayant les moyens de l’acheter.  Ses principaux déterminants seront donc le prix du bien, le revenu, les goûts, mais aussi l’offre et la demande des biens de substitutions (ainsi l’évolution des prix du pétrole a un effet sur la demande de gaz par exemple).
Une société crée un produit qu'elle met sur le marché, les consommateurs l'achètent donc le carnet de commandes de l'entreprise grossit, elle embauche et ainsi de suite (sachant que l'Etat prélève des taxes au passage). Il faut imaginer la même chose au niveau d'un pays. On parle beaucoup de Keynes depuis le début de la crise et on l’invoque à nouveau pour parler relance ou croissance. Keynes a bâti une théorie, notamment à partir de la crise de 1929. Pour lui, s'il y a crise, c'est que le cercle offre/demande s'est grippé par manque de demande. Sous l'effet d'un événement déclencheur (la crise de 1929), les ménages et les entreprises sont devenus profondément pessimistes. Les premiers ne consomment plus assez et les seconds n'investissent plus. La «roue de l'économie» ralentit, le chômage monte.
Pour dégripper la roue, Keynes proposait deux moyens: la monnaie et le budget. Le premier consiste à injecter de la liquidité (de la monnaie) dans le système. Cela consiste à baisser les taux d'intérêts, ce qui a été fait par toutes les banques centrales occidentales depuis le début de la crise (ils sont proches de 0% aux USA). On peut également faire tourner la planche à billets, ce qui est pratiqué (massivement) aux Etats-Unis ou en Angleterre. On sait que la BCE est très réticente dans ce domaine mais elle a aussi injecté de la liquidité par des moyens alternatifs, notamment le prêt récent de 1.000 milliards d'euros aux banques européennes. Si ce dernier plan a donné de l'oxygène aux banques, la monnaie ne semble pas infuser dans l'économie «réelle». Les parades des banques centrales ne parviennent pas à huiler un système grippé où « l’argent-roi » permet toutes les tricheries, des enrichissements faramineux qui ne sont pas réinvestis dans l’industrie. Marc Roche raconte très bien comment le grand truandage de Goldman 1 Sachs « dirige le monde » ; en décrivant en particulier l’hypocrisie et la complicité qui ont présidé au camouflage de la dette  grecque (p. 18 et suiv. de son Livre « La Banque » (poche points). Les dettes sont un puits sans fond et ne pourront jamais être honorées dans la crise croissante, malgré les mensonges des économistes qui raisonnent pour le public au cas par cas, et dans des hypothèses d’école, toutes impuissantes à redonner du tonus à un capitalisme essoufflé.
Le second moyen de feu Keynes était budgétaire, se servir dans les caisses de l'Etat pour relancer l'économie. La façon de procéder la plus immédiate est de donner de l'argent aux ménages (ce que Hollande fait avec l'augmentation de l'Allocation de Rentrée Scolaire). Ils vont alors consommer plus, ce qui remplira les carnets de commande, créera des embauches, augmentera la consommation et les recettes de l'Etat. C'est ce que Keynes appellait le multiplicateur d'investissement: pour 1 Euro dépensé par l'Etat, X euros de richesse sont créés. Pour que ce X soit intéressant, il faut que le cycle soit complet. Or, celui-ci peut être rompu de différentes façons. La première, c'est l'épargne. Si l'argent donné par l'Etat vient remplir les livrets A et ne se retrouve pas dans la consommation, c'est perdu. Or, vu le désarroi face à la crise et l’incertitude grecque, le taux d'épargne est très haut (7,4% des revenus). Le moyen le plus sûr consisterait donc à donner plus de revenus (allocations, aides, ...) aux plus pauvres qui ne peuvent pas épargner. La seconde manière dont le cycle peut se rompre est beaucoup plus pernicieuse. Si l'argent versé aux ménages les plus pauvres trouve un débouché de consommation dans des produits importés, la relance budgétaire aura permis une aide aux plus pauvres (une fois) et une relance ... de l'exportation chinoise ou allemande. Ce risque est cependant relativement limité. Les biens importés ne représentent que 14% de la consommation des ménages et ce pourcentage est plutôt plus faible pour les bas revenus. 
La dernière possibilité keynesienne est le lancement de «grands travaux». Quand Roosevelt lance le «New Deal», il inclut une politique de grands travaux d'infrastructure - barrages, ponts, autoroutes - qui vont préparer les Etats-Unis à la guerre puis à la fantastique croissance d'après-Guerre. L'avantage des travaux de BTP, c'est qu'ils ne sont pas délocalisables (ou très peu). L'Etat emploie de la main d'oeuvre, ce qui fait baisser le chômage. Le cycle a plus de chance de se compléter qu'en donnant l'argent directement aux ménages. Mais nous ne sommes plus en 1933. S'il y a bien encore des infrastuctures de transport à bâtir en Europe, ça n'est pas la demande la plus urgente. Les think tank hollandais pensent plus à des travaux de conversion écologique (photovoltaïque, éolien), de transport d'électricité ou encore de données. Encore faut-il que les matériaux proviennent d'Europe et non de Chine, le meilleur moyen de s'en assurer étant de mettre une dose de protectionnisme (préférence communautaire dans les appels d'offre), refrain des Montebourg et Mélenchon, refrain plus du domaine du patriotisme idéologique racoleur que transposable dans la réalité de la compétition acharnée où les grandes puissances dictent la partition.
Voilà en quoi consiste l'économie de la demande dont les recettes ont été très largement utilisées depuis le début de la crise, en Europe comme aux USA.
Etudions l'économie de l'offre qui s'attache à travailler sur un autre plan et qui est d'inspiration libérale. Cette fois-ci, la base est que c'est l'offre (les entreprises) qui crée de la richesse qui se transmettra aux salariés créant de la demande. En flexibilisant le travail à outrance. Cette idéologie dite de droite libérale veut qu'il faille libérer tout ce qui entrave les entreprises, principalement la fiscalité et les réglementations. Pas très probant dans la crise actuelle, et l’exemple allemand, efficace dix ans en arrière, n’est pas très porteur. Les prolétaires en Europe comme ailleurs commencent à en avoir marre d’être traités comme du bétail précarisé de plus en plus et respecté de moins en moins.
Le premier obstacle pour le nouveau gouvernement français, c'est la régulation du marché du travail que le petit dictateur déchu s’était engagé à ficeler toujours plus. Le code du travail français est relativement protecteur pour les salariés, n’en déplaise à l’ex-chien de garde, Copé, d’une droite caviar décapitée, mais il est à plusieurs vitesses. Les CDI sont bien protégés et toute la flexibilité porte sur les CDD et les intérimaires. Le modèle français se comporte comme un marché de stabilisés/disqualifiés (lire Serge Paugam : La disqualification sociale, puf) avec un noyau dur bien protégé et des exclus (jeunes, seniors, peu diplômés). L'option rêvée serait alors de casser cette dualité en allant vers un contrat unique qui soit plus protecteur qu'un CDD mais moins qu'un CDI, l'objectif étant de fluidifier le marché du travail et donc d'améliorer la situation de l'emploi. Par ailleurs, il existe aussi une asymétrie entre les grandes sociétés privées et publiques qui peuvent relativement facilement s'accommoder de la complexité du droit du travail et licencier (ou supprimer des postes) sans trop de problème et les PME qui ont toutes les peines du monde à licencier sans débourser beaucoup de pognons et de liquidités pour la justice de classe. 
Enfin, autre possibilité de relance, elle aussi plutôt libérale, la dérégulation de marchés ou de corporations protégées qui ferait baisser les prix.
La politique de l'offre a un désavantage: elle prend du temps à produire ses effets. Mais elle a un gros point positif: elle ne coûte rien ou pas grand chose. Alors que les relances par la demande demandent de l'argent. Il faudrait alors soit retarder un hypothétique retour à un équilibre budgétaire (prévu pour 2017) soit émettre encore et toujours plus de dette, que ce soit de la dette française, européenne (eurobonds) ou des dettes spécifiques à des projets (project bonds).
 François Hollande imagine la relance principalement sous l'angle de la demande et Angela Merkel de l'offre. Quant à Mario Monti, il a mené une politique de l'offre pour le moment. Il cherche certainement à panacher avec un peu de relance par la demande pour relâcher un peu la pression sur son peuple. Il est donc un allié objectif de Hollande pour la demande mais il voudra aussi surement que la France fasse une politique de l'offre comme l'a fait l'Italie. Quant à François Hollande, pour le moment, il cherche surtout une victoire politique aux législatives, sans presser son gouvernement de transition.
Au final, la France va certainement mener une politique restreinte de relance par la demande avec des mesures ciblées comme la hausse de l'ARS (Allocation de Rentrée Scolaire). La chancelière l'acceptera tant que la France suivra ses objectifs de ré-équilibrage budgétaire ( il y a peu de chance que la France, comme beaucoup d'autres pays de l'UE, atteigne ses objectifs). Là ou Hollande peut aller chercher sa victoire, ce sont sur les grands travaux. Il y a environ 80 milliards d'euros de fonds européens non utilisés.
 Nul doute qu'il aura des pressions pour appliquer une politique de l'offre en France. Il y a peu de chances qu'il accepte une réforme du code du travail qui pourrait faire plonger sa popularité dès le début du quinquennat et agiter un chiffon rouge devant les yeux de Jean-Luc Mélenchon et Aubry, moitié d’opposants dubitatifs pour tenir en laisse le prolétariat si toutefois il en venait à se réveiller brutalement contre ses nouveaux exploiteurs, leurs banquiers, leurs patrons et leurs syndicats. 
Le problème n’est pas que français ni qu’européen, même si la bourgeoisie semble s’affoler beaucoup pour l’avenir de l’Europe en ce moment, surtout en tant que marché du monde en train de péricliter, comme un vaisseau à la mer, déjà coulé et qui entraîne par le fond un autre navire et son équipage envoyé pour le tirer à flots, mais, de plus en plus, en peine perdue…