"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 18 novembre 2011

Du danger d’abandonner la théorie du prolétariat



(et un dernier coucou des chauve-souris communisatrices pour la route)

Bien reçu la lettre internationaliste de Michel Roger. Evidemment on ne peut être que d’accord avec les analyses de ce camarade sur la gravité de la crise capitaliste. Le texte du groupe américain de Mattick des années 1930 – Living marxism – est un texte rigoureux qui fait partie de nos archives maximalistes et nous nous y retrouvons aussi. Texte au titre bizarre : « Salut à la crise » ! Ecrit en 1938 à la veille de la Seconde Guerre mondiale, bravo ! Sa conclusion est pitoyable : « Sur la route du capitalisme, sa fin mortelle est déjà en vue, tant en période d’austérité qu’en temps de crise. Et nous nous en réjouissons. Une fin du capitalisme pleine de terreur est toujours préférable à une terreur sans fin. Aussi saluons-nous la crise ! ».

Chapeau, deux ans à peine plus tard le capitalisme se survivait en pleine terreur pour se ressourcer pendant plus d’un demi-siècle encore ! Michel aurait pu noter au moins ironiquement la capacité des marxistes « catastrophiques » à se gourer autant que les meilleurs prix Nobel de la paix capitaliste.

Quel intérêt ensuite de reproduire un article du journal bourgeois Le Monde d’un zozo de l’intelligentsia anar bcbg Anselm Jappe (spécialiste de Debord ma chère !) : L’argent est-il devenu obsolète ? Où ce brave philosophe imagine un monde dévalué et une misère sans argent. Pas étonnant que Le Monde ait publié ce fantasme d’intellectuel bien nourri. Si au moins ce gauchiste établi avait conclu : « et alors, basta, on se servira et on prendra les armes » !

Pire, et plus inquiétant, la lettre internationaliste publie un texte présenté comme rigoureux d’un interlope des facéties des charlots communisateurs, Max spécialiste de la revue de presse des petits profs retraités de cet univers de gauchistes désenchantés, et grand questionneur de la vocation de tous ces has been déjantés. Etonnant de la part de Michel, qui, avec R.Camoin fût parmi les premiers à décrypter et à renvoyer aux chiottes de l’histoire ce petit monde de « réformistes anars » ! Qu’est-ce qu’on a à foutre des journalistes belgo-américains Sander et Mac Intosh (dont le plus proche collaborateur dans la section CCI de NY, avait publié un bouquin avec Willy Brandt au moment de la chute du mur de Berlin) ? Les mêmes qui doutaient il y a trente ans que les chômeurs fassent partie de la classe ouvrière, et qui n’ont pas eu de mots assez durs contre la racaille des émeutiers anglais (pourtant tous prolétaires) ! Et des petits instites R.Simon, Exit, Rocamadur, Blaumachin et autres TC, petits maîtres passés à l’art du langage obscurément pesant et imbitable ?

Je l’ai dit et redit et je le répète, l’abandon de la notion et du rôle du prolétariat mène à tout sauf à la révolution. Pour la plupart ils sont voués soit aux poubelles de l’histoire des voyeurs de la lutte des classes, soit à la plongée vers l’ornière de la nostalgie fasciste (cf. Les Guillaume, Bochet, Blanc et autres négateurs des chambres à gaz, et j’en passe).

Max, en fan de tous ces ânes d’intellectuels petits bourgeois ne pose aucune question concernant les difficultés actuelles de la classe ouvrière ni ne s’interloque du genre de questionnements de ce marais de scribouillards voyeurs.

UN COUCOU DES CHAUVE-SOURIS COMMUNISATRICES POUR LA ROUTE

Il fait en outre de la publicité pour le dernier pensum des frères révisionnistes Dauvé/Nésic : « Communisation » si bien édité par leur site sarcastique « trop loin ». Saint Gilles et Saint Karl, abreuvés encore puceaux par la bouillie de S ou B, ces deux lascars s’arrogent d’être les vrais papes de la théorie communisatrice. Plus même, ils viennent prétendre corriger le pacifisme que tous les imbéciles sus-nommés avaient laissé poindre de leurs charabias ampoulés ; et dont je me suis bien moqué dans mon « Précis de communisation » (qui a fait se gondoler même l’herbivore Camatte). Bien sûr assurent-ils qu’il y aura violence dans la permutation sociale communisatrice. Pas question de prendre le pouvoir, mais on fera des émeutes, des grèves générales, des pillages… pour l’essentiel, non pas les besoins de l’estomac mais la « relation humaine » entre « les gens ». Bien sûr que la classe ouvrière continue d’exister (et merde à Negri et aux concurrents de la planète communisatrice anarchiste), mais « peu importe ce qu’imagine tel ou tel prolétaire », comme l’a dit un jour un jeune universitaire allemand dans ses écrits « de jeunesse ». Ah certes nous n’avons plus aujourd’hui ce formidable exemple du plouc italien venu « refuser le travail » à Turin au début des seventies. Certes cette stupide caissière de supermarché ne pense qu’à conserver son travail et pas à le contester ! Et le brave cheminot en grève n’a-t-il pas la possibilité de passer à une activité différente « décidée par eux en commun ». Par exemple ? (c’est moi qui complète) jouer aux cartes pendant l’occupation du lieu de travail, succédané de la seule action autorisée par l’aristocratie syndicale.

Après nous avoir longuement exalté leur pauvre passé soixantehuitards, de nos présumés fondateurs de la plus bête théorie sociologique, qui ne ravit qu’une poignée de quadras révisionnistes de l’élite rose, après nous avoir assuré des années en arrière qu’il « faut savoir attendre », nos deux jemenfichistes ne font que radoter les pires âneries de l’anarchisme ringard sur un passage « immédiat » au communisme, car ils prennent soin d’alterner ce gros mot passé de mode de « communisme » avec communisation. Généralement peu sûrs de leur affirmation, ils concèdent que cela pourrait prendre au moins « une génération » ? Plutôt que de supprimer l’argent ou d’user des vieillots « bons de travail » de Appel et de Marx, ou de la misère coopérativiste, je propose pour ma part de conserver la carte bleue, carte rouge si vous voulez, après avoir brûlé les banques et leurs billets…

Le seul exemple qu’ils tolèrent pour appuyer la soit disant « révolution communisatrice », violente et égalitaire ( ?), est l’ambiguë Commune de Paris, pourtant critiquée par Marx, Elysée Reclus, Rosa Luxemburg, Georges Haupt (et moi-même, cf. mes articles et mon livre sur les avatars du terrorisme). Lorsqu’ils sortent un peu de leur péplum sociologique c’est pour radoter les pires poncifs pieux et vieilleries du passé recopiées par n’importe quel arsouille stalinien ou trotskien.

Les vues sur la société de l’avenir sont du même niveau que l’aile arriérée bourgeoise qui veut immédiatement arrêter les centrales nucléaires sans se soucier des conséquences pour la société telle qu’elle est obligée d fonctionner ni pour les millions de prolétaires pauvres qui en dépendent. Ils peuvent remercier Camatte et Bitot pour les avoir initiés au miracle du retour à la terre. Sous les ultra-gauches ne se cachaient en réalité que des gauchistes déguisés en phraseurs pour apolitiques libertaires. Ils peuvent tout aussi bien rejoindre Eva Joly et leur vieux pote parvenu Cohn Bendit.

Tout leur laïus montre combien nos profs en voie de garage sont hors des réalités. Rien sur l’impuissance des « endettés » grecs, rien sur l’absence du prolétariat en certaines contrées, rien sur le « mai 68 » arabe et leurs illusions enfuies.

En 46 pages A4, nos petits profs retraités laissent sourdre enfin un parfait mépris du prolétariat, qualifié de couche « salariée », comme les deux apôtres du syndicalisme gouvernemental, Cherèque et Playmobil. Mépris présent et passé. Dauvé que se croit historien de la révolution allemande de 1919, après avoir simplement recopié Badia, fustige ces centaines de milliers d’ouvriers berlinois qui n’ont pas marché dans l’insurrection prématurée et au casse-pipe de la November revolution. Oubliés les appels à la prudence de Rosa Luxemburg ? Oubliées les circonstances tragiques de l’immédiat après guerre ! N’est pas historien qui veut. La connaissance des faits en général du passé ne peut oblitérer l’inconscience et l’immaturité d’intellectuels marginaux qui ramènent leur fraise dans le bordel d’internet pour satisfaire la gloutonnerie langagière des paumés du petit matin blême et du grand soir anarchiste. Les prolétaires seront punis de toute façon au grand jouir de la communisation, sans entraves : « La communisation sera ainsi un règlement de compte du prolétaire avec lui-même ».

Et pour finir (et qu’est-ce qu’on se marre), ils attendent toujours… de loin : « un signe d’énergie du courant communisateur parmi les prolétaires ».

Ils peuvent toujours attendre longtemps.

mardi 15 novembre 2011

NOTES SUR UNE VEDETTE MECONNUE


KARL KORSCH : Notes sur l’histoire (1942)

Suivi de Karl Korsch, un cheminement politique par Serge Bricianer

(ed Smolny, ouvrage publié avec le concours de la région Midi-Pyrénées)

120 pages, 10 euros.

Les éditions Smolny ont un vieux projet, et au long terme, de publier ou republier les « introuvables » du mouvement ouvrier révolutionnaire. Projet honorable et passionnant auquel j’ai souscrit totalement au début, enthousiasmé que ces camarades s’attachent à commencer d’abord par la republication d’un ouvrage fondamental de la grande Rosa Luxemburg. Je devais être passablement déçu pour des deux éditions suivantes, une étude de thésard universitaire croyant pouvoir réviser le génial Engels et ce dernier ouvrage concernant un de nos derniers grands marxistes ennemi du stalinisme et non sclérosé Karl Korsch, qui fût plus l’objet de notre attention à la fin des sixties que Marcuse, pour nous les dinosaures soixante-huitards allemands et français.

En règle générale il faut saluer l’intense travail soigné et rigoureux d’édition de ces camarades amateurs au seuil de l’édition bourgeoise trafiquée, creuse et hâbleuse. Les ouvrages sont de bonne facture, fruit d’un travail ardu, perfectionniste d’amateurs non rétribués, qui aboutit à un « sans faute » et « sans coquille » pour le dernier ouvrage. Même les gros trusts bourgeois, négligents et jem’enfoutistes pour leurs merdes à supermarché n’accomplissent plus ce type d’œuvre. On a plaisir à tenir en main de tels ouvrages soignés qui respectent enfin le lecteur et lui laissent le plaisir de feuilleter de la bonne ouvrage avec notes intelligentes et complémentaires.

Le problème n’est pas tant dans la publication (toujours intéressante) de « l’introuvable » du marxisme que dans les introductions. Smolny se démène pour dénicher les pires présentateurs de la planète anarcho-conseilliste, le nombriliste Janover et l’anar cultivé Valadas/Reeve. J’ai déjà eu l’occasion de déplorer le narcissisme complaisant de Janover qui au lieu de parler de Rosa, se met en scène avec ses amis éditeurs. Avec l’avant-propos à plusieurs du « Korsch », la patte anar complaisante et moderniste de Reeve prédomine et flingue d’emblée toute espérance pratique et militante pour un introuvable, pas bien intéressant par après. La biographie jointe de Korsch par Bricianer relève heureusement le niveau mais dans un tout autre esprit prolétarien et militant que cet avant-propos, qui eût mérité de se nommer plutôt arrière-propos.

Franchement, le rappel de l’itinéraire de Korsch eût mérité de débuter par la mise en situation de sa place éminente dans le mouvement révolutionnaire des années 1920 plus que dans la dernière partie de sa vie, entouré d’amis tels que la référence élitaire et intellectuelle pour trotskiens Walter Benjamin et le théâtreux stalinien Bertolt Brecht (une faute à Bertolt, il n’y a pas de d), prix Staline 1955. Soucieux de vedettariat, Reeve démarre en invoquant un désir de placer au pinacle des « savants universellement connus », un intellectuel méprisé par les staliniens comme Korsch. Reeve aime le cliquant. Les anarchistes ont toujours rêvés d’être généraux ! Ainsi le must de la carrière de Korsch serait donc sa place d’éphémère ministre de la justice du gouvernement ouvrier de Thuringe. Brillante carrière du « troisième homme », assurent Reeve et ses adjoints. Il est « rédacteur en chef de Die Internationale », « intellectuel de renom », « reconnu des cercles du Komintern », « député communiste très écouté au Reichstag ». Plus merveilleux, Korsch est « critique de la politique jacobine de Marx au nom de Bakounine et du syndicalisme révolutionnaire » ; voilà qui est de nature à mettre en bouche les nombreux lecteurs potentiels de l’anarchisme ringard ! Reeve prend des airs graves mais ne jette que de la poudre savante. Il confirme sa propension à raconter des contes pour intellectuels marginaux. Puis il se plaît à fermer les yeux sur l’importance de la révolution bolchevique pour débiter des choses extrêmement instructives, incroyablement importantes…

Pourtant Korsch n’aurait pas dû être, au bout du compte, digne d’éloges d’une si « brillante carrière » annoncée, lorsque le trio reevesque pointe son glissement vers l’anarchisme bcbg propre à ravir tous les indignés bobos : « Korsch se trouve isolé des cercles de l’élite bureaucratique et commence son cheminement d’intellectuel dissident et marginal ». Le must pour Reeve qui se mire dans ce miroir osé : intellectuel dissident marginal. Puis on nous apprend que Korsch fût un simple pigiste des sociologues néo-staliniens de la fameuse « école de Francfort » qui « sous-traite » ses rapports ! Plus confondant, ce pauvre Korsch obtient une mention centrale, celle, honorifique et horrifique de « changement de fonction du marxisme » ! Plus formidable, « insiste Korsch » : « Bakounine a prévu plus clairement que Marx les principaux développements survenus dans les révolutions contemporaines ». Korsch devient le centre du monde libertaire dans l’immédiat avant-guerre, il est même délégué par les anars syndicaux allemands au congrès de l’AIT à Madrid en 1931. Brillante carrière qui se poursuit par la queue de l’autogestion villageoise… Et n’a-t-il pas inspiré le leader estudiantin Dutschke dans son combat anti-impérialiste contre « l’autoritarisme léniniste » ?

Walter Benjamin est immédiatement associé avec la bourgeoise Hannah Arendt au combat libéral contre l’horrible conception « positiviste, historiciste du « progrès » et de l’histoire », et pourquoi le néantissime Camus et la girouette Sartre ?

Enfin pour conclure est cité une phrase obscurément confuse du grand homme qui de ministre a fini anarchiste de comptoir : « ce sont les faits historiques d’une époque donnée qui déterminent si l’histoire est traitée dans une vue optimiste (…) ou bien sous un angle pessimiste comme le déclin de la culture ». Aussi sibyllin que le quatrième de couverture… Et, planqué derrière les Bachmann et Orsoni, Reeve en rajoute une couche pour faire radical indigné à la Castoriadis : « Seule l’affirmation de pratiques nouvelles d’auto-émancipation sera en mesure de renverser la rationalité déterministe et l’angle pessimiste de la pensée historique dominante ».

Le texte exhumé de Kosrch est probablement un de ses plus mauvais, et sa biographie de Marx n’arrive pas à la cheville de celle d’Otto Rühle. Le texte est faible et empli d’âneries politiques du fait qu’il est rédigé en pleine guerre mondiale, donc bien conforme à sa méthode limitative de « l’époque donnée » où l’histoire est écrite sous un « rempart demensonges » (Churchill) ! Les historiens nous sont nécessaires, avec leurs carences certes, à nous les maximalistes, mais Korsch n’est resté qu’un essayiste qui ne peut être comparé à un Marc Bloch.

Le verbiage de Korsch sur l’histoire universelle bourgeoise « momentanée » réussit le tour de force à ignorer le principal en histoire moderne : sa fabrication dans les arrières cuisines bourgeoises et le fait qu’elle est toujours « l’histoire des vainqueurs » ; il est vrai qu’en 1941, il n’y a point encore de vainqueurs. Le savant Korsch possède bien peu la méthode marxiste dont il se réclame en parlant de « contre-révolution quasi fasciste en France », en… 1848 !

Le drame proviendrait désormais de « la recherche spécialisée à l’extrême » comme « véritable science historique ». Nulle part il n’est question de point de vue de classe ni de stigmatiser des historiens professionnels forcément bourgeois. La thèse de Marx selon laquelle « toute l’histoire (écrite) est l’histoire des luttes de classe », est implicitement désignée comme une rigolade, et sans faire l’effort de la moindre démonstration. De même l’analyse de la prédominance du « capital financier » par les Hilferding et Lénine n’est qualifiée que de douce plaisanterie. Qu’en pensent les « masses » à l’heure de la dette grecque et japonaise ?

Le marxiste « occidentalisé » Korsch ne semble vouer son admiration qu’à deux historiens bourgeois : le raciste eugéniste déterministe Spengler et Toynbee l’éclectique, ils ont « plus que personne contribué à jeter les bases théoriques de cette « histoire nouvelle ». L’analyse du nazisme est d’une nullité affligeante, « les nazis se cramponnent à la théorie pessimiste de Spengler, celle d’un déclin inéluctable » ; lequel nazisme est contrarié dans « ses efforts subversifs » ! Le nazisme est simplement le capital allemand en guerre, et la quincaillerie sur le Wahllala et ses valkyries n’allait-elle pas de pair avec « la force par la joie » dans l’exaltation de la race impérialiste allemande vers mille ans de bonheur ? La guerre impérialiste à laquelle Korsch ne pige plus rien aurait été « une crise de l’ordre social existant » quand « le nazisme paraît reculer devant les risques et les conséquences de sa stratégie révolutionnaire première » !!!

Le deuxième texte - « Les ambiguïtés des idéologies totalitaires » - est encore plus lamentable avec « les aspects révolutionnaires et contre révolutionnaires du totalitarisme » !? Conclusion pré-moderniste communisatrice « il n’existe plus d’histoire en général ». Fortiche le professeur Korsch !

Au lieu d’une réflexion sur les apports quand même valables, bien que sujets à caution, comme toute œuvre humaine, de quantités d’historiens, le verbiage creux de Korsch n’a fait que délayer une banalité, l’histoire des hommes est faite à partir de leur temps. Nos savants introducteurs de l’imbitable Korsch n’ont même pas un mot pour des tentatives louables de renouveler l’histoire, celle par exemple de l’école de Annales des Febvre et Bloch qui ont impulsé une histoire globalisante, interdisciplinaire, reposant sur l’analyse des mentalités, de la démographie, de la méthode comparative. Il est vrai que les historiens contemporains sont étrangement cloisonnés. Les meilleurs historiens français n’ont pas trouvé mieux que de se spécialiser sur le moyen âge, et les historiens américains sur l’antisémitisme français. Il n’est pas venu à l’idée de nos plumitifs bakouninistes que l’histoire globale, moderne et vivante, ce sont les peuples et le prolétariat qui la font. Dans certains cas, comme l’a si bien dit Michelet, des historiens peuvent se hausser à être « les vengeurs des peuples ».

On peut s’interroger par conséquent sur la politique éditoriale du groupe Smolny. Publier des introuvables conchiés par l’édition bourgeoise est du plus haut intérêt. Smolny a d’ailleurs la prétention de republier la revue Bilan qui est d’un autre niveau que S ou B. Smolny devait en premier lieu publier des textes de la « Gauche communiste » des années 1930, et qui sont, apparemment à chaque fois repoussés au profit de petits introducteurs étrangers au combat de classe et avides de reconnaissance de l’intelligentsia. Pour rendre hommage à la première partie de la carrière de Korsch il eût été plus honorable de commencer, par eux-mêmes (les petits gars de Smolny) par tracer l’implication de K.K. dans la lutte des classes sous Weimar, avec ce qui est contenu dans leur note page 84 sur le rôle central des minorités maximalistes en Allemagne avec Korsch, sa correspondance avec les « communiste de gauche » russes laminés par le stalinisme, puis avec Bordiga, dans un effort désespéré mais louable d’union des minorités dispersées et pourchassées. La postface de Bricianer y contribue heureusement en partie.

Korsch a certes été un « marxiste négligé », mais limité dans sa recherche parce que cet universitaire fût plus témoin que véritable acteur du mouvement révolutionnaire. Son désenchantement face à la stalinisation des organisations le conduisit à la glissade vers l’anarcho-libéralisme pessimiste et ergoteur ; en 1947 il déclare à son ami et vedette Brecht que « l’impérialisme russe est meilleur pour le monde que l’impérialisme yankee et qu’il y a vraiment une troisième chance »… Il n’a jamais été capable de conclure si le marxisme était une science ou une théorie de défense du prolétariat. C’est son ami stalinien Brecht qui lui a donné le coup de grâce : « Korsch n’est qu’un invité dans la maison du prolétariat. Ses bagages sont prêts pour en sortir ». Dans l’article qu’il lui a consacré, Robert Paris souligne la faiblesse théorique dans laquelle Korsch est tombé, au milieu de son pessimisme, l’exaltation du pouvoir des « conseils ouvriers ». ce vieux fétiche qui laissait croire que la société à venir, succédant au capitalisme, pourrait être gérée à partir de usines, n’est plus qu’une fable à l’époque de la désindustrialisation et de la mondialisation, et confirme l’inanité d’une apologie du « conseillisme » désuet qui évita la question épineuse de la centralisation étatique et de la mise en commun de toutes les richesses, qui n’est pas du ressort en soi des « travailleurs » syndiqués ou organisés en conseils. Korsch ne nous fournit pas le nouveau mot d’ordre pour faire face à l’Etat bourgeois ni le programme qui justifie qu’on le renverse.

samedi 12 novembre 2011

DSK L’ARBRE QUI CACHE LA FORET DU POUVOIR PEPERE ET PERVERS

(A propos des "petites nanas" et du viagra parlementaire)


L’affaire du Carlton à Lille où politiciens et grands flics ont organisé des « parties fines » pour leur gland, et le premier gland de France DSK est la goutte de sperme qui fait déborder le vase de la perversion désormais indubitable du nommé DSK, bourgeois pourtant lourdement protégé par ses complices Claire Chazal, Yvan Levaï, Moscovici, Martine Aubry, etc. et même une certaine empathie de ses collègues umpiste. Quoique ce nouveau "scandale" ne puisse faire oublier les turpitudes haut de gamme des super-flics ripoux de Grenoble, encartés à l'UMP...

Y en a marre des Unes avec le pervers protégé DSK ! Nul doute que cette nouvelle couche de peinture est cette fois-ci orchestrée par l’Elysée pour tenter de garder la place en or dans la tempête qui s’annonce pour 2012. Mais y en a marre, non parce que ce serait un lynchage médiatique – DSK s’est lynché tout seul et le trust Nouvel Obs + 20 minutes + Le Monde ne nous ont jamais abusé avec leurs sondages sur commande pour booster leur guru rêvé – mais y e n a marre parce que la focalisation intentionnelle sur « the perv », sert à cacher les turpitudes des parvenus du « scrutin universel ».

Scrutons la prostitution ministérielle et gouvernementeuse. Les scandales sexuels d’avant-guerre, les ballets roses de papy Le Troquer, ou l’affaire du ministre Profumo en GB ne seraient-ils plus qu’un mauvais souvenir pour la prude démocratie bourgeoise, n’auraient-ils leur place que dans le musée de l’archéologie du sexe parlementarifé ?

Comme l’a fort bien résumé le livre « Sexus politicus », pouvoir rime avec sexe. Bien avant les vedettes bourgeoises du show business et du cinéma, les « politiques » ont fait l’objet d’une « admiration » et « attirance sexuelle » (pas toujours ni pour toutes) par les femmes. Conquête électorale rime avec conquêtes féminines. Que vous soyez gros, gras, suant et puant, si vous détenez la place qui distribue médailles, emplois et passe-droit, vous êtes un maquereau de choix ; quoique cela ne signifie pas que vous ayez tout pour plaire. Comme l’a déclaré ingénument un jour le cinéaste Jean-Jacques Anneau, s’arrogeant parler au nom de tous les bipèdes masculins : « que vous soyez président de la république ou réalisateur de cinéma, le but est de se taper le plus grand nombre de nanas ».

DSK n’est pas un cas unique

Disons que c’est un salaud ordinaire, pas plus salaud que la plupart de ses confrères « en pouvoir ». A part les imbéciles inconscients qui votent gauche caviar parce qu’ils admirent les sadiques et aspirent à un pareil train de vie (ils sont nombreux sur 20 minutes et le Nouvel Obs à soutenir encore Le perv), personne n’ignorait les pratiques et obsessions de ce monsieur. J’ai connu, au temps où il était le premier employé de Bercy – mais rapidement démissionné – une employée antillaise de ce ministère des finances qui m’avait décrit le mépris dont DSK était l’objet de la part du « personnel ». Il était toujours en vadrouille internationale entouré de quatre belles (fausses) secrétaires, et sa secrétaire principale, une « vieille » quinqua, confinée dans un bureau minable, était chargée de tout le lourd, fade et épuisant fardeau de secrétariat pour organiser les voyages de monsieur…

L’élu des riches, Sarko, a été largué par sa première "nana" parce qu’au cours de ses voyages, comme n’importe quel chanteur de variété, on lui servait une groupie au petit déjeuner ; quoique ce n’était point nécessaire puisque, "petites nanas" professionnelles ou non, comme elle en a témoigné, elles étaient nombreuses à venir papillonner autour de la « vedette » ; qu’on ne vienne plus me parler d’égalité des femmes, ni de dignité pour certaines "nanas"!

Quant aux honorables députés mariés, laissez-moi vous conter deux autres témoignages. Un motard de la police en retraite (Pas de Calais) : « Vous savez mon brave monsieur qu’on ne pouvait pas toujours les accompagner jusqu’au bout dans leurs virées à la campagne. Ils nous intimaient de garer notre moto et d’attendre le temps qu’il faudrait après avoir embarqué une "nana" déjà apprêtée pour une autre partie de leur activité militante ».

Une mienne "nana" amie, qui avait été l’amante du député-maire d’Arras de l’époque, s’était vue proposer de venir travailler avec d’autres "nanas"à Bruxelles, les députés européens ne pouvant pas se passer de « la petite nana » entre les fréquences parlementaires comme leurs collègues hexagonaux.

SOIS JEUNE ET TAIS-TOI, TOI QUI N’A PAS BESOIN DU VIAGRA !

Enfin pour conclure, et sans vouloir porter de jugement sur la gériatrie parlementaire. Car le fier Montebourg, dont la "nana" bourgeoise s’est régalée d’humilier l’ouvrier Poutou chez Ruquier l’hilare de service, n’est qu’un énième démagogue de la jeunesse ; je préfère choisir, à tout prendre, un représentant politique, même âgé de 72 ans, mais honnête, qu’une pourriture népotiste de 40 ans. Il est vrai, que comme en Chine et en Russie, le pouvoir déclinant et impuissant face à leur crise capitaliste, ses députés et ses journalistes, est régi par des gérontocrates (excepté les quadras qui sont acoquinés au gouvernement). Depuis la disparition médiatique de Besancenot, il n’y a plus que des vieux sur les plateaux de télévision, et des vieux bourgeois de droite et de gauche qui ne font qu'effets de manche en rêvant faire tomber sur leurs vieilles couilles une autre "petite nana". Il faut une révolution pour que la voix des jeunes prolétaires soit entendue, et il le faudra.

Pour conclure donc, et qu’on me réponde : pourquoi le viagra est-il gratuit depuis son invention pour les (vieux) parlementaires européens ? Et ne nous faites plus chier avec le fait divers DSK… qui fait diversion.

mercredi 9 novembre 2011

LE GAUCHISME EST MORT


tué par la religion démocratique bourgeoise !

Cela pourrait être dramatique, cela ne l’est point. Après la disparition du stalinisme et une longue agonie, le gauchisme a trépassé à son tour. Cette mode idéologique qui prétendait relever le fanion de la révolution prolétarienne n’aura été qu’une mode modernisée de l’anarchisme de papa. Grandi sur le dos des premières réactions du prolétariat au retour tendanciel de la crise économique mondiale du capitalisme décadent à la fin des années 1960, le gauchisme dans ses variétés tiersmondistes misérabilistes et occidentalistes repues, avait pu prospérer bon an mal an jusqu’à l’effondrement de la caserne stalinienne. Véritable caméléon politique des figurants oppositionnels éternels, il s’était rabattu en partie (honteuse) derrière la pratique terroriste d’une poignée de suicidaires, puis plus longtemps il s’arrima aux basques de la théorie altermondialiste suffisante et élitiste de l’intelligentsia de gauche caviar, avec à peu près les mêmes mystifications de la trilogie bobo : anti-racisme, écologie, féminisme. Comme en 1968, c’est l’aile la plus volatile et sans principes du magma gauchiste qui avait mené le bal, éliminant les compétiteurs chinois fils à papa, surclassant les anars ringards et vouant aux oubliettes les obscurs franc-macs lambertistes : les prototypes de la fumeuse IVème Internationale de pépé Trotsky, LCR ressortie du formol puis NPA dégénéré.

Le dernier bâtard de cette pitoyable saga politique trotskienne aura été le facteur Besancenot qui a fini par jeter l’éponge, effaré lui-même des carences et de l’inutilité du discours altermondialiste. Les croque-morts de la classe dominante n’en finissent pas de sauter de joie sur le cadavre du gauchisme, ces « révolutionnaires de pacotille », ces « utopistes neuneus ». Le seul « jeune » présentable sur les plateaux de télévision ayant disparu, on ne fît même pas bonne réception à ce pauvre ouvrier craintif de Poutou qui peut toujours se brosser pour obtenir les signatures des petits merdes municipaux de grandes mafias étatiques de France. Piètre consolation pour les tueurs démocratiques des anciens bouffons du système, ils croient avoir trouvé la bonne autruche avec un vieux machin sous-ministre de Mitterrand, passé à l’école trotskienne, le caractériel Mélenchon dont le discours primaire n’est qu’une resucée des vieilleries du vieux parti stalinien qui l’a adoubé par défaut tant il n’est plus composé que de veilles barbes sans charisme et sans allure. Les médias censeurs ont aussitôt intronisé ce minable « représentant de l’extrême gauche », autant dire qu’une larve figure tous les papillons du monde.

Qui a donc tué le gauchisme dit aussi « extrême gauche révolutionnaire » ? Syntaxe au demeurant fort abusive.

L’IDEOLOGIE AMERICAINE

En triomphant du bloc russe (qui maternait plus ou moins les chapelles gauchistes et qui en avait généré les principales branches), la bourgeoisie américaine n’a pas seulement triomphé au plan économique et militaire, mais surtout au plan idéologique. Quel chemin parcouru dans les reniements successifs, direz-vous ! Dans les sixties l’anti-impérialisme (US) avait amplement succédé à l’anti-fascisme, voire signifiait dans les têtes creuses gauchistes que l’impérialisme US était un nouveau fascisme. Les révélations tragiques des meurtres massifs du goulag en parallèle tardif avec les massacres en Chine, au Vietnam et au Cambodge, avaient réduit à la portion congrue la prétention des camarillas gauchistes à changer le monde « au bout du fusil ». L’apport du gauchisme à la conservation bourgeoise aura été, il ne faut pas l’oublier, sa potache contribution au maquillage de l’histoire des révolutions du passé, permettant de proroger les crimes ou dérapages inadmissibles de celles-ci. Aucune des vraies révolutions n’a été « héroïque », et ce n’est pas rendre service à la future révolution nécessaire que d’éviter de les passer au crible de la critique. Aucun clan gauchiste, aucun clan maximaliste (dit ultra-gauche) n’a osé se hausser à la critique de la Commune de Paris (1871) à l’égal d’un Marx, d’une Rosa Luxemburg et d’un Elysée Reclus. L’Histoire avec un grand H ne pardonne pas. Les coups d’Etat staliniens de la deuxième moitié du XXème siècle restent donc mêlés aux révolutions du XIXème siècle… Le principal pape de la religion démocratique américaine, l’ancien préfet de police français Alexis de Tocqueville, s’était déjà moqué au début du XIXème siècle des destinées de la religion démocratique : « La foi dans l’opinion publique deviendra une sorte de religion dont la majorité est le prophète ».

Privé de soutien critique au stalinisme, les gauchistes eurent néanmoins un temps la possibilité de se retourner contre l’ombre du fascisme. Dès le début des années 1980, une décennie avant la chute de la maison stalinienne, l’intelligentsia américaine sut mettre en relief le génocide des juifs comme aune de la nouvelle pensée démocratique, et stigmatiser toute critique contre les serviteurs de leur mirador israélien comme néo-nazie, de façon à justifier le contrôle de la principale réserve pétrolière du monde par des dictateurs arabes compréhensifs se partageant la manne avec la complicité obligée de l’Etat « juif », avec l’imposant droit de gabelle US. Sous l’apologie de la démocratie « à l’occidentale », la bourgeoisie américaine finança longtemps les armées arabes et leurs dictateurs.

Sensibles à cet antifascisme dépassé, les gauchistes embrayèrent naturellement un peu partout au service de la démocratie électoraliste, républicaine et œcuménique. L’anti-racisme devint le fleuron de l’indignation moderne de la gente petite bourgeoise chargée de modeler l’opinion. De ces épousailles naquit enfin l’altermondialisme avec ses multiples maîtres à penser : journalistes de renom, avocats et patrons de presse.

La disparition de l’URSS, plus que les bonds du chômage endémique, instaura le dogme de la fin de la classe ouvrière. Les premiers gauchistes altermondialistes essayèrent bien de résister tant soit peu à cette élimination d’une classe qui avait fait trop parler d’elle, qui n’était plus qu’une chose informe sans maîtres, qui ne pensait plus qu’à ce lamentable « pouvoir d’achat » et à se mettre des crédits pourris sur le dos. L’adaptation ne fût pas très pénible. Les gauchistes n’ayant jamais considéré la classe ouvrière que comme une masse de manœuvre, un vivier électoral ou un ersatz de bonne conscience, cette condescendance de l’arriviste pour les gens de peu. C’est donc dans le syndicalisme planétaire que s’inscrivit la reconversion du gauchisme guérillériste et parlementariste. La place du mort.

NO ALTERNATIVE

Depuis 2008, les Chicago boys, avec leur guru Friedman, adepte du no alternative à la crise, vraisemblablement mortelle des rapports marchands capitalistes, ont réussi à faire passer ce message à tous les commis et comiques d’Etat de Sarkozy à Cameron et Cie. Au lieu de s’opposer frontalement à ce mensonge planétaire, quelle voie croyez-vous que les survivors gauchistes ont pris ?

Essentiellement cette tonitruante indignation populiste, conjuguée à toute promesse simpliste : « il suffit de faire payer les riches » ! Cette sornette réformiste de papier est devenue « il faut faire raquer les banques », « piller les niches fiscales », « mettre fin à la dictature des marchés », « interdire les retraites dorées », « démondialiser », « réindustrialiser », « interdire les licenciements », « salaire maximum » (les andouillettes à Mélanchon), etc. Les vielles recettes de la gauche bourgeoise font leur réapparition comme la tuberculose, pour soigner la misère et le chômage quoi de mieux qu’une nouvelle cure de « nationalisations », « revenir au franc », une plus grande souplesse à l’embauche pour « relancer la croissance », un parlement « respecté », des syndicalistes plus protégés. Toutes choses qui étaient (en partie) contenues dans le programme sarkozien : « on peut réguler le capitalisme et travailler plus pour gagner plus » ! Il n’est nullement question de sortir du désastre du capitalisme mais plutôt de prétendre remédier à ce désastre. On retrouve là cette bien connue logique syndicaliste séculaire et imbécile : « plus on fera payer la crise au capitalisme, plus on le poussera vers la sortie ». Or le capitalisme ne cède rien, ne cèdera rien et continue tranquillement à faire payer sa crise aux centaines de millions de prolétaires. L’oecuménisme syndicaliste restera dans l’histoire de l’humanité le principal bréviaire pour prier qu’un jour chacun gagne le ciel, avec ou sans 70 vierges. Ce en quoi il n’a pas tort au fond puisque chacun nous finissons tous au boulevard des allongés.

Mettre fin au dogme du libre-échangisme pour réinstaurer une concurrence loyale, brider la finance toute-puissante, autant cloner les poules pour qu’elles aient des dents. Même le capitalisme jeune n’éructait pas de telles sornettes. Le discours gauchiste et gauche minable s’est mué en lamentation pitoyable. Chaque événement majeur de ces dernières années est venu détruire tous les aspects de leur propagande qui avait renoncé depuis toujours à défendre les intérêt du prolétariat international pour cibler, au nom de l’empirisme électoral, le parcellaire, la diversité des catégories, des communautés, des nations, participant du totalitarisme libéral américain qui a tant réussi à cloisonner, compartimenter et éroder toute notion de classes distinctes.

PASSAGE EN REVUE DE LA DELIQUESCENCE DU GAUCHISME à travers l’étiolement de leurs thèmes propagandistes

1. Ils ne prétendent plus « renverser le pouvoir », non que cela fasse « ringard », car au nom de qui le renverseraient-ils ? d’une classe ouvrière disparue dans les médias ? D’une gauche grillée et impuissante à faire rêver même à une hausse du salaire minimum ? Ils sont, comme ils l’ont toujours été, même au temps de leurs cris « anti-impérialistes », la mouche du coche du char de l’Etat.

2. Veufs des dictatures russe, chinoise et vietnamienne, et pour prouver qu’ils ne seraient pas de vulgaires utopistes, si certains de ces caves se rabattent vers quelques gérontocrates de dictatures sud-américaines, les Castro et Chavez, ils font pitié.

3. Les anciens « porteurs de valise » et conseillers des premières libérations nationales (cette compassion de jeunes bourgeois pour affamés du tiers-monde) se sont précipités pour soutenir la démocratisation des pays de l’Est et adouber la prévisible pantalonnade des révolutions « de jasmin », où le vote des inconscients enturbannés au profit de la charia n’est pas plus ridicule que le vote de Lisbonne. Où les élections se sont déroulées sur le modèle occidental contrairement à ce que prétend le faux cul Tariq Ramadan.

4. Tout immigré n’est pas prolétaire. Beaucoup ne sont que de simples arrivistes sans conscience de classe comme la Rachida Dati, fleur de jasmin de l’intégration réussie à la haute. La défense de flux migratoires incontrôlables ne peut plus correspondre à une défense de la classe ouvrière ni favoriser une union de tous les prolétaires apatrides parce qu’ils n’y a plus assez de boulot pour tous et que la menace des flux est attisée pour favoriser la division même du prolétariat (et bien sûr parce qu’il n’y apas de solution nationale à tout le chômage du monde). Le combat immigrationniste qui, mutation de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, avait éclot en anti-racisme gouvernemental, n’était plus devenu qu’un des sergents recruteurs des marchands de main d’œuvre à vil prix intra muros. Le soutien à la « lutte de immigrés et sans papiers » s’est brisé sur l’apologie du droit pour les femmes de porter le voile (ah la libération des femmes !) ; tout comme le droit de vote aux immigrés est devenu un tremplin pour les bigots de l’islam en nike, sponsorisés par l’idéologie de la « diversité » américaine soucieuse de conserver ses chasse-gardées pétrolières. D’où la nuisibilité de la présence gauchiste immigrationniste à la tribune électorale qui ne servirait qu’à valider le trucage démocratique bourgeois, gonfler les vérités partielles du FN, et aucunement à continuer à tromper la classe ouvrière.

5. Il ne leur reste plus que la protestation contre le nucléaire, la requête de son arrêt immédiat, comme ces « sang bleu » du féodalisme qui rêvaient que l’on cesse de faire trotter les chevaux sur les chemins à cause des crottes.

6. Ils finissent comme ils ont commencé, en camelots de l’autogestion des ploucs petits bourgeois, comme des incapables qui se figuraient porter la bonne parole aux gens d’en bas, pour prendre la place de ceux d’en haut.

L’alternative du point de vue du prolétariat révolutionnaire avec pour projet de supprimer le capitalisme, demeure de mener à bien une révolution sous la direction de la classe ouvrière moderne A NOTRE EPOQUE pour les BESOINS DE L’HUMANITE et non remédier à la crise capitaliste. De plus, nécessairement, avec un parti de fer constitué sur des bases claires, sans discours ambigu, intolérant avec les prêchi-prêcha des faux partis gauchistes éclectiques et de la gauche nouille, ce sera pour un autre article. Soyez patients notre heure viendra.

UNE REVOLUTION QUI SUPPOSE UN BOULEVERSEMENT RADICAL DES RELATIONS DE TRAVAIL, et non pas un salariat généralisé et administré par en haut comme le dit le Livre I du Capital.

A suivre…