"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 29 septembre 2011

6 PERSONNAGES EN QUETE DE HAUTEUR


On se prendrait presque au jeu de cette mini « loft story ». Chaque candidat au pompon final n’a-t-il pas ses chances ? Sauf François. Il a déjà couché dans la piscine avec la gogo girl Ségolène. Le petit Manuel aurait bien des accointances avec cette dernière mais elle est trop grande pour lui. Plutôt cougar, Ségo lorgne vers Arnaud, mais à condition qu’il accepte un rapport SM. Il semble méfiant, elle lui a déjà reproché de s’être moqué de son ex François. Martine semble séduite par le vieux marginal Jean-Michel, et attend son heure.

Une ombre plane sur le plateau que ne masque ni l’éclairage ni la poudre sur le visage des comédiens professionnels. Le producteur de l’émission n’a pas de chance pour cette deuxième série, il a pioché dans une bande d’anarchistes. Il a dû faire éjecter un obsédé trop marqué à la culotte, Dominique. Assez déprimés les restants se sont réunis dans le salon. Toutes et tous veulent s’en prendre aux banques – pas au FMI, ni à la Commission européenne ni à l’Etat français ni à la justice américaine - avec ce côté proudhonien pour défendre l’épargne des français, mâtiné d’un stakanovisme bon teint qui, sous la langue de bois de Martine – « relancer la croissance par l’investissement » - n’est qu’une imitation de « travailler plus pour la France » du premier candidat éjecté, Nicolas S. François, pour une fois, est complice de Martine dans la discussion autour du samovar (offert par Jean-Pierre Pernaut) : « il faut rétablir la confiance dans l’avenir ». Admirable François qui tend vers le haut, et avec une forte ostentation son cou amaigri par tant de gymnastique présidentielle ; il sait bien que l’avenir du groupe de copains est un long passé. Autant François est évasif, autant Martine se veut concrète (cherche-t-elle à le séduire ou à le déstabiliser ?). Elle parle de croissance, d’emploi, de gens qui ne peuvent pas se soigner, d’impôt sur la fortune, ce qui fait révolutionnaire.

Manuel leur fait les gros yeux à tous soudain. Vous rêvez tous éveillés, réplique-t-il en posant son bol avec colère : « il faut dire la vérité à tous les copains qui vont voter pour nous ! Il faut faire comme ma potesse d’Outre Rhin, mollo pour les salaires ! Et, je vous le dis, l’effort à faire pour redresser l’économie sera plus important que celui exigé pour reconstruire le pays après 1945 » ! Manuel est très remonté contre Arnaud, d’abord parce qu’il plaît à Ségolène, ensuite parce qu’il dit des conneries du matin au soir et que çà commence à bouillir dans le loft. Il faut pas jouer au tout Etat comme du temps de Leonid. Le souci c’est d’aider les PME (il est d’accord là-dessus avec Martine) : « je dirai même un soutien à la compétitivité des PME soutenu par un effort à faire partager aux français ».

Ségolène intervient bien décidée à ne pas s’en laisser compter par p’tit Manu. Elle se fait plus anarchiste que le gauchiste de service, Arnaud (et c’est bien pour lui faire un appel du pied sous la table du salon) : « je veux interdire les licenciements boursiers, changer les règles du jeu, sortir de ce système ». (Arnaud se pâme et croit avoir entendu dire que la Royal veut sortir du système capitaliste). La Ségolène atteint des accents comparables à Arlette : « quand les patrons se barrent, il faut que l’entreprise soit reprise par les ouvriers, des coopératives de production, et çà marche ». Arnaud sourit, ravi, lui qui est simple employé chez Mac Do. Martine manifeste alors son inquiétude, sousentendu qu’on ne va tout de même bolcheviser toute l’industrie et nos chères PME, premier patron de France : « il faut garder les entreprises rentables ! ».

François n’a pas digéré que Martine, au début de la mise au point sur les transats balance ce truc brillant : « relancer la croissance par l’investissement », aussi lui oppose-t-il cet autre formule : « le problème est le financement de l’économie ». Remarquez que la formule est drôle en elle-même : qu’est-ce qu’une économie qui doit être « financée » alors que la finance devrait être l’aboutissement de l’économie, ou, dit autrement qu’une économie saine n’a pas besoin d’être financée ? Comme son ex, Ségolène, François garde un bon souvenir de certains aspects de la vie en couple bourgeois (Mr. Gouvernement et Mme Patronat) : une entreprise rentable, des bénéfices partagés, des salaires modérés, un chômage avouable, etc. Il ne propose pas un remariage mais de garder des relations familiales conviviales, elle gardera les enfants Arnaud et Manuel pendant qu’il ira faire les courses au supermarché des PME. C’est à ces p’tits jeunes qu’il pense le tendre François avec son « contrat de génération », pour qu’ils aient du travail : Manuel comme ministre de l’Intérieur et Arnaud, secrétaire d’Etat au tourisme et aux camps de vacances CGT.

Martine, qui sent que François se gonfle les chevilles et prend quelques voix de plus au standard d’Europe 1 et de la chaîne parlementaire, n’en peut plus, que dire pour rabaisser ce coq en pâte qui s’est fait cirer les dents et teindre ses rares cheveux ? Si si, elle a trouvé : « Je crois à la gestion française ! ». Pas terrible pourtant vu l’absence de réaction des autres copains. Arnaud profite du silence pour trépigner comme un ado qui veut être pris au sérieux et se lancer dans une tirade de lycéen, enamouré lui aussi par les PME : « je crois à la révolution verte ! Nous avons besoin de faire éclore des milliers d’entreprises innovantes, mais à condition de nous couvrir… les autres ils mettent bien des capotes, regardez les brésiliens, pourquoi pas nous ? ».

Manuel, qui frémit à chaque parole de son principal rival dans le cœur de Ségolène – mais qui est attiré de plus en plus par le bel éphèbe François – n’en peut plus : « je ne crois pas aux solutions administratives et juridiques de l’époque de Leonid ou de Joseph ! On ne sauvera pas notre bourgeoisie en la surtaxant mais par la partouze industrielle ! ».

Arnaud devient polisson : « c’est du Jean-François Copé ! ». Manuel ne laisse pas passer : « Ah non Arnaud, t’as pas le droit ! Trop facile ! Tu vises en dessous de la ceinture ! Aider la bourgeoisie c’est être de gauche ! Vouloir plus de flics, c’est être de gauche ! ».

Martine tente à son tour de consoler Manuel en s’en prenant au polisson : « tu exagères Arnaud, le protectionnisme n’a aucun sens, 60% de notre économie relationnelle se passe de capotes et autres stérilets de papa ! »

Ségolène a senti passer le vent du boulet, ne risque-t-elle pas d’être la prochaine éjectée du loft ? Martine et Arnaud ne se sont-ils pas déclarés plus français que François ? Elle rentre dans le lard : « Il faut interdire les délocalisations ! Il faut que les Etats agissent plus vite que les spéculateurs ! », puis, dans la grande tradition du socialisme caviar elle élève son propos pour faire rêver la classe ouvrière : « Il faut faire de la France un pays d’entrepreneurs », et, parodiant le grand dirigeant prolétarien G.Séguy, elle s’exclame : « Il faut un Grenelle des PME ! », tout en assénant un grand coup (pour séduire encore Arnaud le gauchiste BCBG) : « en avant pour la réforme fiscale au service de la révolution technologique ».

François, conscient que les délires de p’tit chouArnaud et de la chèvre, pourraient nuire à la réputation du loft socialiste, tempère les ardeurs, préserve la chèvre et le chou et ne souhaite pas que ce soir le petit fils d’Yves Montand serre la paluche à un nouvel éjecté : « Il faut associer l’Etat et l’entreprise… cette histoire de protectionnisme est une caricature (voyons cher Arnaud mon petit !)… Le mot clé, c’est la réciprocité, tu l’apprendras tu verras avec ta compagne, l’ancienne présentatrice d’un journal télé… Puis il s’élève au-delà des conflits individuels, feint la colère en tendant ses petits bras : « regardez la Chine, hein ! elle a une monnaie inconvertible, elle met capote sur capote. D’où qu’elle est la réciprocité ? ».

Manuel, débordé par tant d’emphase ne sait plus quoi dire (il atteint avec impatience la fin de l’émission avec le sujet policier), il évoque une contribution écologique et une contribution des machines pour ceux qui croient que le futur loft de gouvernement ne veut qu’une surexploitation des travailleurs sous les termes « restaurer la croissance ».

Martine sent le coup fourré de François avec son « contrat de génération ». Comme elle est la plus vieille avec ce grand nigaud Jean-Michel du parti radical (pouet pouet), elle espère bien au moins Matignon ou le ministère de la culture. Elle en rajoute : « …exonération des charges pour l’embauche… pour les seniors, bilan de compétence à 45 ans et taxer les entreprises qui s’en débarrassent… ».

Le ton est monté, quoique nullement politique et nullement passionnant, car les bilans de compétence les prolétaires en subissent tous les ans. Arnaud rattrape le coup et surenchérit, et se cabre en auguste porte-parole du lobby écolo-bobo :

« La révolution écologique va nous permettre de réindustrialiser le pays ». Puis (avec des trémolos dignes d’un Jules Ferry ou d’un Henry Ford) l’archange de la gauche juridique clean chante : « Il faut faire naître une nouvelle génération de capitaines d’industrie basé sur un grand plan d’économie d’énergies dans les logements qui permettra de remiser le nucléaire français et le pétrole arabe au rang de la hache et de la cheminée de nos grand-mères ! ».

Martine, il est vrai, venait d’évoquer les milliers d’emplois en vue pour doubler les cloisons des appartements, poser des triple vitrages, combler les combles et généraliser les panneaux solaires, au total des métiers d’avenir passionnant pour les jeunes dans le prochain socialisme municipal et écologique.

Les derniers instants filmés dans le loft laissent voir une certaine complicité des copains et des copines. Aux vannes des merdeux Arnaud et Manuel, succèdent quelques bonnes blagues. Manuel à Ségolène : « Tu es royale… ah ah », même si l’autre ne goûte guère et pense visiblement « qu’est-ce que t’es mauvais ! ». Martine se retient d’aller gifler François qui joue au grand homme, au rassembleur et qui parle trop vite pour être fair play. La bande de copains et de copines ne cause pas longuement de la police. Pas besoin tous OK pour faire barrage sur le sujet à une certaine Marine (à ne pas confondre avec Marine). Oui urgence il faut plein de nouveaux policiers et expulser au cas par cas. Arnaud qui fait une nouvelle bourde en usant du terme « généreux » perd toute chance de conquérir le cœur de Ségolène : « gaffe… généreux ! certainement pas, où tu vas l’angelo ? ». Manuel sera l’as de la reconduction aux frontières, mieux que le zozo de l’Elysée.

Excédé par ces filles qui ne cessent de lui donner la fessée devant tout le parterre, Arnaud se venge en les piégeant pour leurs relations troubles avec un certain Guérini de Marseille (et a demandé à être protégé par la police). Martine tombe dedans et défend le mafieux au nom de « la justice », Manuel culbute aussi. Arnaud sourit, n’est-ce pas cet idiot de Manuel qui avait assuré à deux reprises que les français pensent que trois hommes politiques sur quatre sont pourris ? Les deux M n’ont-ils pas ainsi confirmé que le loft socialo est pourri ?

Les derniers échanges sont désespérés. Personne ne veut quitter le loft. Qui sera le meilleur gagnant-gagnant ? François veut que le gagnant soit réformé. Arnaud un arbitre. Martine qui a déjà dit qu’elle voulait qu’on lui sucre 30% de son salaire, aura le mot de la fin, se tournant vers les spectateurs du jeu, personnalisant : « nous avons besoin de vous, de toi ». Le gras et chantant Jean-Michel clôt en vérité la messe : « la république laïque doit être défendue comme un bien sacré ». Quoique ce ne soit pas le dernier qui parle qui a raison. François laisse l’impression d’avoir été le curé de toutes ces bonnes âmes. Ne fut-il pas onctueux à souhait, se préparant sans doute à être le dernier éjecté du loft ?

mercredi 28 septembre 2011

Chérèque "en rouge" chez Le Monde

Je m'efface platement devant tant de commentaires lucides de lecteurs du Monde sur la pub outrancière faite au faux-cul Chérèque - j'ai éliminé les gogols de l'apologie du syndicat gangbang pour neuneus - ces libres commentaires révèlent mieux que tout sondage l'état de décrépitude dans la classe ouvrière des syndicats, des partis de gauche et des "tueurs" au gouvernement avec l'ignoble affaire Karachi (mais il y en eût tant d'autres sous Chirac: attentat contre la magasin Tati - Irangate - massacre d'Ouvéa, etc.). Le Monde garde les commentaires sous les articles, ce qui est important. Libé en les renvoyant à l'intérieur pratique la censure et tue les commentaires. Or depuis quelques années, les commentaires sont devenus plus intéressants que les articles bruts des journalistes.

Commentaires choisis à Le coup de sang de François Chérèque

Sur le syndicalisme en France il y a beaucoup à critiquer par sa bureaucratisation et division et défense des intérêts corporatismes dans beaucoup de cas. Malheureusement la CFDT est toujours très proche du pouvoir ( politique et MEDEF) et sa modération dans les moments difficiles fait beaucoup du mal au syndicalisme. On peut accepter être modéré dans les formes mais pas dans le fond. La CGT au moins est capable de faire bouger le peuple et elle a de vrais syndicalistes dans sa base. Pas agir contre ce Gouvernement UMP à ce moment c’est de la collaboration. Malheureusement le PS n’est pas non plus un parti de gauche ( imaginer DSK comme son candidat debut 2011 montre la position à droite du PS) et le PCF avec Mélenchon et son discours PS le dimanche à la Fête de l’ Humanité ne donne pas d’espoir à la gauche française à ce moment sans père et sans mère. L’alternance UMP / PS consolide le système UMPS (changer pour rien changer). Soit il est le temps de finir avec une démocratie parlementaire qui est incapable de représenter les intérêts du peuple ( mais représentent ceux des oligarchies , politiciens, lobbies, …) et passer à une démocratie directe ( consultations directes et fréquentes au peuple sans intermédiaires) avec un minimum de « élus » et une administration réduite et efficace … La brochette de 6 candidats aux premières socialistes elle est un brochette qui ne tient pas pour gérer les changements nécessaires et la crise…. même à six ils donnent pas confiance. Trop d’ ego-latrie et très peu de compétences et expérience national et internationale … Mais TSS tout sauf Sarkozy et ses complices doit être la priorité en 2012 pour sauver …

J’ai mal au coeur en lisant l’article. Non pour le cynisme des hommes d’État que nous connaissons bien, hélas. L’histoire nous raconte tant d’hommes sacrifiés, massacrés au nom de la raison d’État. Tant de sang versé au front ou au travail. Je ne m’interroge plus sur la nécessité ou non, de maintenir un système étatique qui met une puissance économique et militaire entre les mains de personnes les plus assoiffées de pouvoir.
C’est en lisant votre prose concernant le syndicalisme, que je me suis senti mal, je vous cite : « Les syndicats ont perdu la bataille – la réforme est passée – mais ils ont gagné la confiance majoritaire de l’opinion. »
Je crois que vous exagérez. Selon moi, le syndicalisme français est décrédibilisé depuis plus d’une dizaine d’années. Depuis 1905 ? Il se maintient en vie grâce à un clientélisme local qui lui permet d’avoir quelques cotisations à la fin du mois. Les grandes centrales, sauvées pour le moment par la réforme de la représentativité syndicale, disparaitront lorsque le clientélisme ne sera plus possible à mettre en place, malgré les efforts des patrons et du pouvoir politique (qui souhaitent tous deux la paix sociale…). Ce ne sont pas tant les défaites que leur manque d’engagement dans la bataille qui les décrédibilise. Surtout que leur manque de combativité est plus que visible. La rigolade sur les retraites en 2010 est à ce titre pathétique. De Mars à Octobre, nous avons lutté : de grèves en grèves, de petites journées de marche en défilés joyeux… En octobre, nous étions épuisés, tristes, vidés. Chérèque et Thibault sont tous les deux responsables. Et leur stratégie d’essoufflement était écrite depuis longtemps… Nous en parlions entre nous dès le mois de mai. Rien de nouveau sous le soleil, cet été là. Maintenant, il me semble surtout que les revendications vont au-delà des conditions de travail. Elles concernent les conditions de vie. Chérèque ne veut pas s’engager. Entre nous, il faut une bonne dose d’humour pour payer ses cotisations à la CFDT et ils ont Chérèque quelques fois à la télé ! Fou rire garanti pour l’orthophoniste comme pour l’ouvrier licencié !
Quant à Thibault, cet homme est mort syndicalement et politiquement. Bernard, tu te souviens de la charte d’Amiens ? « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». Tu rejoins dans le caveau le cadavre de Chérèque qui ne sait pas qu’il est mort. Bernard, tu as peut-être été un camarade. Une dernière fois, fais nous plaisir, dis-le lui. Tu lui rappelleras pour l’énerver que la CFDT a défendu l’autogestion dans les années 1970 .. même si cela n’a pas duré.
Les Bernards ! ! Je ne m’inquiète pas pour leur avenir. L’État français sait être reconnaissant. Un pantouflage quelconque.

Bonjour monsieur « militant ».
Je ne tiens pas à vouloir convaincre un militant. C’est fatigant et inutile. Pour les autres lecteurs, ils trouveront sur le ouaibe, des articles éclairants (sites de gauche évidemment) pour expliquer pourquoi des salariés l’ont traité de collabo. De social-traître. De félon. Un digne héritier de Nicole Notat, Edmond Maire… Un homme qui voit dans la mondialisation, un espoir de progrès.
Kenavo en effet…

§

Qu’il s’émeuve, ainsi, sur le sujet, n’est pas offusquant en soi. Il n’est pas loin de la vérité. Mais on peut toujours se demander : Qu’est-ce qui n’a pas « marché », ou ne marche plus, pour justifier une telle sortie? Nietzsche écrivait que « nul ne ment autant que l’homme indigné ». Ce ne sont pas ses allégations qui constituent le mensonge, nous le savons. Il est dans son rôle syndical, à cause des travailleurs tués, et aussi citoyen et politique, nous pouvons avoir des opinions. Mais l’ire soudaine nous interroge. La CFDT fut toujours habile pour les circonvolutions. La précédente responsable de Chérèque, Notat, on sait comment elle a « atterri ». Pas mal pour une syndicaliste. Ceci dit, un syndicat a le droit d’être modéré.
Mais le sujet garde toute sa gravité. L’énervement de Fillon, à l’Assemblée, après le trait acéré de Mamère, tombe sous l’adage de Nietzsche, tant par sa forme (furibarde) que par son contenu (qui demeure pauvre : aller évoquer l’affaire DSK, pour la présomption d’innocence).

L’affaire Karachi- « Karachigate »-nous invite à réaliser que l’Etat, à son sommet , est capable de sacrifier délibérément la vie de 11 compatriotes au nom de querelles de clans (clan Balladur contre clan Chirac, M.Sarkozy n’étant alors qu’un simple exécutant devenu depuis lors un bénéficiaire) désireux de s’emparer du pouvoir laissé vacant depuis la fin du 2ème septennat de François Mitterrand. Des politicards prêts à tout pour parvenir au sommet de l’Etat manifestent alors leur mépris sans borne pour la démocratie comme pour la République. Il n’est plus question seulement de petits arrangements à la petite semaine entre amis pour se partager les prébendes, les postes et les avantages qui vont avec. Il s’agit d’abonder les caisses de partis supposés l’emporter à la présidentielle de 1995 puis la présidentielle de 2002 et même la présidentielle de 2007.C’est une priorité absolue: il faut obtenir de l’argent pour gagner à défaut de pouvoir s’appuyer sur un large réseau de militants et de soutien dans la société civile. De l’argent il y en a dans l’industrie pétrolière, beaucoup même. Il y en a aussi(beaucoup également)dans le commerce d’armes. C’est le cas, précisément de l’affaire Karachi. Là où nous avons un petit souci c’est que plutôt que de verser l’argent des rétro commissions lié au contrat signé aux Pakistanais l’argent semble avoir été versé(malencontreusement)sur un compte de campagne de l’équipe Balladur-Sarkozy(ce dernier étant déjà le numéro 2 de l’équipe Balladur),en espèces ou en liquide si vous préférez. Le non versement de ladite somme aux Pakistanais a abouti à l’attentat que l’on sait(= mesure de rétorsion).L’argent en question apparaît bien dans les comptes de campagne de M.Balladur. Nous devrions pouvoir passer, après avoir mis tout cela au clair, à la VIè République.

Le vent tourne, Chérèque tente de se refaire une virginité ?

Comment ne pas s’indigner des comportements d’hommes politiques qui par leurs trafics ont provoqué la mort de leurs concitoyens pour leur enrichissement personnel ;Haute trahison , meurtre par biais de tiers , association de malfaiteurs ; quand a cela s’ajoute le mépris des familles le bannissement a vie et l’ostracisme a perpétuité sont des peines encore trop douces .

De vrais comédiens cette Cfdt . Le Canard avait bien caricaturé ce Chérèque même, lors de la réforme des retraites, allant comploter par l’entrée de service à Matignon…un vrai « SOCIAL KILLER ».

Ce syndicat réformiste est en fait COLLABORATIONNISTE : ils font semblant de se battre mais désertent toujours au moment opportun pour traiter en coulisses et signer ce que le personnel rejette au prétexte que s’ils n’avaient pas signé « c’aurait été pire »…mais le pire arrive quand même! Si un journaliste d’investigation pouvait s’intéresser aux promotions à France-Télécom ,il pourrait facilement en conclure que l’entreprise aime bien les syndiqués cfdtistes et comprendre quelque part pourquoi cette « boîte » en est arrivé là…C’est un ancien des Télécoms qui parle là.

Le « c’aurait été pire », je l’ai entendu rue de Paradis à chaque fois que la CFDT signait, soit avec le patronat, soit avec le pouvoir en place….ou avec les deux!!!
A vomir. |

J’aimerais bien que la CFDT non explique vraiment ce que s’est qu’un candidat « républicain » et pourquoi le FN en est exclu. Je crois qu’il y aurait de quoi se marrer

Ce pauvre Chérèque n’est plus guère crédible. Il l’est d’avantage dans son rôle habituel de sous-marin du pouvoir en place, ou de paillasson UMP…

Tout le monde sait que la CFDT joue le jeu du gouvernement UMP et que ça ne date pas de Chérèque. Ces « coups de sang » à la télé une fois de temps en temps ne sont que de la poudre aux yeux.

Chérèque n’a rien d’autre à faire. Râler pour la seule chose qui indigne autant à droite qu’à gauche. Et faire oublier ses compromissions et ses accointances avec le pouvoir et le patronat Ce sont des types comme lui qui ont ridiculisé l’idée même de syndicat auprès des salariés. Au grand bonheur du Medef.

Chérèque est l’as du double langage et dans les actes c’est le Rantanplan de Fillon. Avec Nicole Notat ils auront fait beaucoup de mal au monde du travail, et permit une régression sociale sans précédent.

Chérèque est féroce en effet : il a renoncé à faire réussir tout mouvement social se présentant à lui. Il se comporte comme un paillasson depuis 10 ans, fillon et sarko, dont les jours sont comptés, ne vont pas se mettre à le respecter maintenant !

Le zozoteur à son Fillon nous fait son Boorlo…

Chérèque ne « pousse une gueulante » que lors des campagnes pour les élections professionnelles, de manière à se refaire une virginité, pour faire oublier que la fédération qu’il dirige ne fait qu’accompagner toutes les réformes imposées par les gouvernements successifs. Assez de rodomontades, par pitié !

On voit et on entend beaucoup Monsieur Chérèque , à tout propos et hors de propos , dans les médias, à l’approche des élections professionnelles dans la Fonction publique ! Bien davantage en tout cas que ses concurrents et rivaux syndicaux que les mêmes médias ignorent superbement. À quoi tient cette évidente et suspecte complaisance ? Veut-on déjà, dans le cadre de l’alternance PS/droite, probable en 2012, nous habituer à un futur » ministrable » ?

Au fait, elle est en où l’affaire de la caisse noire de l’UIMM qui avait arrosé tout le monde (politiciens comme syndicats) ? c’est drôle comme ça a fait pschittttt…

Les syndicats, en France, ont-ils encore une quelconque utilité au passage?

mardi 27 septembre 2011

GREVE DES ENSEIGNANTS : L’INSTRUMENTALISATION DES « DéPOUILLéS »



Après les bobos marginaux « indignés », ces messieurs-dames de l’Eduque Naze ont rempli les rues pour réclamer « des moyens ». Dans le cortège parisien, une poignée des « jardiniers de l’intelligence » (cf. V.Hugo, père d’Adèle H, cité par le poète François H) se sont dépouillés pour le carnaval syndical hyper-corporatif, en compagnie du privé (ce qui fait plus chic). Une trentaine marcha torse nu (femmes en sous-tif) pour attirer les médias sur la dure condition enseignante pourtant refroidie par les coupes budgétaires. Même pas foutus de se mettre à poil complètement, c'est bien encore du radicalisme syndical nunuche en slip!

Que s’indigne-t-on parce que le budget de l’E.N. est « dépouillé » ? La retraite n’a-t-elle pas été « épurée » ? Et les allocs fin de droit « cramées » au point que les stages maquillés voient arriver des chômeurs qui ne peuvent même pas se payer la cantine le temps de leur gommage des chiffres officiels ? Mais nos braves répétiteurs à moitié à poil poursuivent leur petit bonhomme de chemin dans leur cocoon avec les mêmes revendications que l’an passé, ou qu’il y a dix ans, voire beaucoup plus longtemps. On a toujours manqué d’enseignants et il en manquera de plus en plus avec l’accroissement du nombre d’élèves qui est moins grave certes que les coupes budgétaires du gouvernement de rigueur sarkozyste. Les élèves on peut toujours les caser à 30 ou 40 dans une salle avec des profs au rabais. Il s’agit de préserver les « bons établissements » tout en laissant dériver les zones à fort chômage, à burqa et à bazars orientaux… il sera toujours temps de récupérer le trop plein illettré sous l’uniforme kaki. Mêmes ritournelles syndicales d’enseignants moutonniers… on a toujours manqué d’enseignants, tous les gouvernements font des suppressions de poste… dans la cour de l’école on y danse tous en rond.

Les « dépouillés » se seraient organisés eux aussi en « collectifs » comme les indignés avec leurs têtes d’iroquois et leur petite fumette: se réunissent-ils habillés ou nus ?

Voici en tout cas une masse d’électeurs potentielle, pour ne pas dire assurée, enfin pas tout à fait, à la gauche caviar. Le gouvernement et son sinistre de l’éduque naze, Chatel, la joue plutôt suicidaire à sept mois de la Présidentielle, cette capricieuse, maugréent certains. Sarko ferait bien de cesser de se moquer des « fonctionnaires protégés », vu qu’il s’est fait gauler grave au sénat.

Allons bon, cette mascarade des « dépouillés » a été si bien préparée par l’aristocratie syndicale que personne ne s’en plaindra ni ne changera de programme télé ce soir. Grève proprette, annoncée à l’avance de trois calendriers majeurs pour la bourgeoisie :

- à la veille du vote au Parle-ment du budget 2012 (jeudi) pour que les O.S. pèsent sur ledit vote (comme elles l’ont fait brillamment pour les retraites) qui envisage la suppression de 14.000 postes ; disons que le gouvernement en laissera passer 12.000 seulement histoire de saluer la « pression » des OS et de compatir à la douce colère des « dépouillés », au comportement « moral » et « citoyen » assuré.

- à la veille de la 2ème « primaire » des candidats socialistes à la candidature suprême, qui sont accourus à perdre haleine pour embrasser leur principale base électorale ; ils étaient tous là les menteurs sauce gauche caviar, les Ségolène Royal, Martine Aubry, Harlem Désir, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélanchon. A Toulouse, petit chahut émaillé de slogans contre Sarkozy du côté des rangs lycéens. Ils étaient dans les 200 venus principalement des établissements publics pour soutenir leurs professeurs. «Nous sommes 35 par classe en moyenne pour cette rentrée. Comment va-t-on faire pour avoir notre bac dans ces conditions», interroge Audrey, 16 ans, en classe de première à Colomiers.

- et enfin à sept mois de la Présidentielle où il n’est pas sûr que le méchant dirlo Sarko soit battu, car les répétiteurs des pauvres sont une race très malléable et assujettie à l’idéologie dominante ; certains conviennent que Sarko a dégradé les choses mais il y a belle lurette qu’elles l’étaient dépouillées, pardon dégradées les choses… alors lui ou un autre… Et ce n’est pas qu’une question de nombre, il faudrait des profs compétents qui doivent désormais (eh oui) avant tout apprendre à apprendre, supporter des gosses non socialisés, etc. Impossible et inimaginable. Le milieu répétiteur gnangnan peut tout aussi bien voter Sarko que par exemple François H. quand on voit le nombre de rombières et de rombiers à gauche comme à droite qui ont plaint le pervers DSK, et qui ne voient que Sarko de taille à le remplacer dans leur cœur nunuche d’électeur…

François H., qui risque au final d’être le doublon du M.X (Gaston lagaffe Deferre en 1965), n’est pas trop crédible pour ces enseignants « responsables » pour le pays, qui pensent qu’il ne faut pas « creuser le déficit budgétaire ». Le député de Corrèze et candidat à la primaire socialiste a promis, il y a quelques semaines, qu’il recréerait en 5 ans, s’il était élu à l’Elysée, les «60 000 à 70 000» postes supprimés dans l’Education nationale depuis 2007. Même le bobo enseignant le plus catéchisé à l’idéologie gauche caviar ne croit pas à cette fable repiquée au candidat gauchiste caviar (et antibraquemard) Montebourg…

Ecarquillant ses grands yeux de Flanby amaigri, François H. est venu dire bonjour aux « dépouillés » en tendant aux journalistes son petit communiqué: "Le mouvement enseignant d'aujourd'hui, d'une ampleur exceptionnelle, exprime d'abord la profonde colère de la communauté éducative envers la politique que le président de la République inflige, depuis cinq ans, à l'école et ceux qui y travaillent". Il exprima, selon son porte fifre Sapin, "aussi une volonté de changement » : « Je veux redonner par une politique ambitieuse et une nouvelle confiance, sérénité et ambition à notre Ecole. Pour moi elle est la première priorité nationale, et c'est pourquoi je réitère ma proposition de faire adopter une loi de programmation qui permettra de créer 60.000 postes sur cinq ans dans l'Education nationale"(x). Son ex, Ségolène Royal, candidate avec les autres primaires du PS, n’a pas promis monts et merveilles, mais s’est contentée d’être sobre pour marquer moralement qu’elle "soutient totalement la mobilisation des enseignants et de l'ensemble du personnel éducatif », soulignant qu’elle remettrait l'éducation au coeur de tout », si tous ces défilants voulaient bien venir se faire rhabiller le jour sacré de l’élection, en ajoutant pour ces benêts qu’elle rétablirait les postes supprimés.

(x) C’est une grosse farce que chacun peut décrypter. Ainsi faut bien faire attention à l’équipe de campagne de François H., son porte-cigarette M. Sapin a précisé qu’il « reste très attaché à la maîtrise des dépenses publiques », qu’il n'y aura « pas d'augmentation globale des effectifs de la fonction publique ». Eh bé comment qu’y feront ? « Les créations de postes dans l'éducation nationale seront compensées par des suppressions de postes dans d'autres ministères. » Exemple ? Suppression de casernes de CRS, d’aristos syndicaux pléthoriques dans les « administrations »… Et ne pas oublier que François H. compte surtout sur « la croissance » c'est-à-dire sur la productivité de la classe ouvrière pour embaucher ; comprenez si pas de croissance, ce ne sera pas de sa faute, mais de la vôtre !

lundi 19 septembre 2011

LA PLANETE MAXIMALISTE EN ETAT DE CANONISATION ?


Le dernier survol des groupes révolutionnaires qui se réclament encore peu ou faiblement de la révolution prolétarienne doit remonter au moment de la publication du texte de discussion de Klasbatalo (Canada) qui n’a eu aucun écho sauf une réponse d’une toute petite soustraction du CCI enfermée dans sa langue de bois. Complètement indépendant des diverses chapelles ou couples de ce « milieu », je choisis les termes planète étoilée, je n’ai ni autorité ni envie de discuter avec eux. Ils m’ignorent en apparence et ils font bien ce qui ne les empêche pas d’être voyeurs de mon blog pour se tenir au courant, car je suis le seul quasiment à me fader l’actualité et à réagir immédiatement pour prendre position sur les faits graves concernant la lutte des classes. Si je poursuis ce bilan cyclique de la planète maximaliste c’est surtout à la demande de vieux lecteurs et hors de la colère pathologique d’un petit con nommé Hans Crespo, qui m’a menacé et insulté pour avoir « osé » m’en prendre à la légende en cours de Munis ; vous avez pu lire ses délires sur ce blog et je l’ai remis à sa place (je vous donne plus loin un aperçu de la canonisation ridicule de Munis par ses ex-fans du FOR, laquelle est aussi, comme chez les académistes, une façon de fossiliser la pensée d’un révolutionnaire courageux bien que confus). La canonisation n’est pas limitée à l’ex leader du FOR puisqu’il y a quelques années fut créé un « institut Bordiga » et qu’un groupe scissionniste de TCI (ex Battaglia) se nomme carrément « instituto Damen ». Bon certains m’objecteront que j’ai moi aussi à ma manière canonisé Marc Chirik par les trois tomes que je lui ai consacré, je ne le pense pas ; rassembler les écrits des « vieux passeurs » qui nous ont transmis la théorie révolutionnaire est une nécessité, et c’est pourquoi il faut féliciter les camarades espagnols qui se dédient à la publication des œuvres complètes de Munis, dans une fort belle édition (autrement plus soignée et plus riche que mes pauvres contributions à compte d’auteur) ; mais qu’ils arrêtent de se prendre pour Almodovar. Une des deux fractions siamoises boostées hors du CCI – j’sais pas laquelle – s’attache à reproduire l’ensemble des textes de la revue Internationalisme, chose qui est à saluer vivement. Je tiens à dire en passant que je regrette d’avoir confié à la section allemande du CCI et à Smolny la complète du journal L’étincelle (de la GCF), ces camarades la laissent apparemment à la critique rongeuse des blattes.

Nous mesurerons ici le niveau de cette canonisation générale, en espérant que le pape ne s’invitera pas pour bénir les tombes disparues de nos guides.

Leurs sites ou blogs sont de lourdes machines de cercles d’observateurs qui ne se prononcent qu’à la queue des événements, longtemps après le début des révolutions de papier du croissant arabe (l’ex Battaglia au nom modeste de TCI, tendance communiste internationale), excepté le PCI bordiguiste qui réagit rapidement pas des communiqués (qui sont lus avidement par la planète maximaliste, toujours surprise d’y trouver un fond juste malgré un « splendide isolement ». Sur les dites révolutions arabes, la plupart ne se sont pas laissés illusionner par tout le tintouin démocratico-occidental, excepté les amis du cercle raoulien qui imaginent une étincelle révolutionnaire dans tout ce qui bouge et examinent le monde à l’aune de cette farce bourgeoise ladite « communisation » (cf. Greg) ; mais ils ont tant renié du combat de la classe ouvrière qu’ils n’ont plus qu’à se renier eux-mêmes.

La malheureuse Grèce n’a suscité hélas aucune critique, la planète maximaliste et ses dits parasites ou moucherons échappés d’un sectarisme de merde, se contentant de reprendre les slogans et la lutte trade-unioniste des gauchistes mondialistes.

En août 2010, les deux membres de l’auguste « organe de la Fraction communiste internationale » (ouf !) dans leur « bulletin communiste international » n°2 (titre original) se mordaient la queue concernant cette malheureuse planète. Ils décrivaient d’abord la réalité de celle-ci : « Ces gens-là préfèrent bavarder dans des réseaux ou pire dans des « structures » informelles où l’on entre et l’on sort quand on veut et où chacun, comme dans les « auberges espagnoles », propose ou reprend, selon son humeur, sa pauvre « production » (…) En croyant déclarer la faillite du camp, ils prononcent leur propre faillite et impuissance, ils cèdent devant le sectarisme sans le combattre, préférant les réseaux internet, l’unité factice des discussions sans but, d’où il ne ressort rien en terme de lutte politique (…) Enfin, dans cette situation du camp prolétarien ( ? JLR) dans laquelle ces deux premiers courants (« Bordiguisme » et CCI) ne sont plus en capacité de faire face à leurs responsabilités historiques comme pôle de référence et de regroupement, la Tendance Communiste Internationale (ex BIPR), seule organisation qui serait en capacité réelle d’occuper et d’assumer cette responsabilité, tend à n’en pas saisir l’importance et toute la signification historique, préférant en rester à ses certitudes immédiates ».

La mini fraction est culottée de reprocher leur sectarisme au CCI et aux bordiguistes vu sa façon de présenter les choses ; il n’y a plus au total que 4 ou 5 bonshommes à représenter le « camp prolétarien », eux : « Il faut bien le reconnaître, nous sommes très peu (sic comme dans le taxi de Zimmerwald) à défendre ouvertement le camp prolétarien (adonque après en avoir vidé tous les cités précédents) et à revendiquer ce combat ; hormis notre fraction et les camarades des CIM (canadiennes), il n’est pas d’expression politique qui affiche une telle nécessité. Même les camarades qui nous ont quitté dernièrement, ceux-là même qui ont gardé officiellement le nom de « Fraction interne du CCI », semblent avoir abandonné ce terrain et avoir rejoint la mouvance Controverses-Perspective internationaliste. Pourquoi défendre un camp qui ne se reconnait pas lui-même (re sic) ».

Chacun intervient ou pas d’ailleurs dans son coin, les proto-conseillistes veulent « se libérer de leur propre histoire » (comprenez l’esprit de secte du CCI que la fraction prétend restaurer) et les bordiguisants « continuent tant bien que mal à exister (TCI et PCI ». Comme nos deux fractionnistes ont des millions de lecteurs, ils liront que leur conclusion est parfaitement en contradiction avec la stigmatisation du début de leurs vieux frères prodigues, et se complait dans l’œcuménisme en prenant à témoin le public : « Nous avons déjà alerté nos lecteurs et les forces du camp prolétarien (les cimes canadiennes) sur la question. Chaque jour qui passe et qui ne voit pas une inversion de cette dynamique « au chacun pour soi », est un jour de perdu qui entame les chances historiques du prolétariat ».

Décomptons les « forces » de la planète maximaliste ici pour ceux qui sont un peu perdu :

Vieux groupes : CCI (chirikiste décadent), PCI (bordiguiste invariant), Tendance communiste internationaliste (ex Battaglia Comunista ou PCint, de moins en moins dameniste, du nom de son fondateur et contemporain de Bordiga).

Scissions essentiellement du CCI : les deux fractions siamoises dont l’une va sans nul doute redresser le CCI décadent dans un demi-siècle, tout quidam ne peut que les confondre (et saluer leur persévérance pour une séparation organisationnelle qui date déjà du début du siècle actuel) ; que le temps passe vite et que la langue de bois y résiste si bien, comme le Missel, elle permet « d’y croire encore ». Plus ancienne la branche belge Perspective Internationaliste n’est qu’un cercle de bas been qui veulent se donner bonne conscience et être « gentils » et accommodants avec tous ceux qui seront aussi gentils avec eux, en particulier le cercle élitaire Controverses. L’une de nos fractions siamoises les nomment « conseillistes », conseillers intellectuels peut-être mais ce ne sont pas des organisations politiques, quoiqu’ils publient un petit tract à la fin des luttes un peu partout et intitulé « notre intervention ». Le blog de Perspective internationaliste fait pitié surtout lorsqu’il donne la parole aux amis du cercle raoulien. Dernièrement il fallait qu’ils se convainquent mutuellement que les émeutes en Britannie étaient bien le fait des prolétaires et qu’il était malséant de leur cracher dessus comme n’importe quel éditorialiste bourgeois ; ces gens-là courent toujours après une compréhension de ce qu’est la classe ouvrière, y parviendront-ils en cessant de prétendre lui faire la leçon ? Je me souviens qu’il y a trente ans, dans le CCI il avait fallu en convaincre certains que les chômeurs font partie de la classe ouvrières et que les marginaux d’Amsterdam non[1].

Enfin dernièrement, preuve que la scissionnite ne fût pas qu’une maladie congénitale au trotskysme et au CCI, l’ex-Battaglia (TCI) a été confronté après sa longue vie sans divorces avoués à une « exclusion » avec ceux qui se nomme « Instituto Damen ». L’Instituto mène une critique plus pertinente de la crise de la planète maximaliste que la tendance siamoise (décollée de sa sœur) qu’on vient de lire : « … l’on se trompe si l’on réduit cette crise (de la Gauche communiste, nom officiel de le planète maximaliste, voir Wikipédia) essentiellement à l’incapacité des organisations se réclamant de ce courant politique d’accepter en leur sein la constitution de courants ou de fractions minoritaires, et donc le débat et la confrontation avec eux (…) cette crise a des racines très profondes ». Bien, les raisons de l’incident qui ont conduit à expulser le futur « Instituto » ne sont pas très clairement expliquées, en tout cas il est question de comportements pas très avouables du « CE » dont il établi que : « nous nous retrouvions à discuter des comportements de personnes un peu ternes et de faible ampleur théorique, politique et même morale, de toute façon des nains comparés aux fondateurs de ce glorieux courant politique ». Alors les racines de la crise ?

« … au cours des trente dernières années la Gauche communiste actuelle (a été) incapable de saisir l’extraordinaire faculté de renouvellement du système capitaliste net d’affinement de ses formes de domination afin de demeurer égal à lui-même. Prisonnière de son passé, elle n’a pas été capable de saisir les grands changements survenus suite à l’ouverture de la crise structurelle au début des années 70 du siècle dernier et de redéfinir ses tâches, sa tactique, et sa stratégie. Cette incapacité s’est traduite par l’usage répété de formulations politiques qui se sont avérées tout à fait inadéquates pour répondre aux nouveaux phénomènes que le capitalisme, avec son grand dynamisme, a produit. (…) Il en est résulté une sclérose des analyses et une incapacité d’identifier les tâches immédiates et historiques de l’avant-garde ».

L’Instituto a en partie raison de considérer que les tout petits cénacles de maximalistes sont restés « prisonniers de leur passé » (celui des autres…) en tout cas de vieux schémas, mais que reproche donc l’Instituto à ces vieux schémas ? Une première observation est inquiétante, ne nous affirme-t-on pas qu’il y a eu une formidable révolution technologique (microélectronique, télécommunications) une « accélération de l’accumulation du capital (qui) a radicalement modifié les relations de pouvoir en faveur de la bourgeoisie ». L’Instituto imagine en quelque sorte un bain de jouvence pour le capitalisme, qui n’est aucunement vérifié par l’énorme crise de la dette qui fait boule de neige… et pas en faveur d’une tranquillité bourgeoise. Le souci de l’Instituto apparaît alors plus comme une recherche de type sociologique aussi inepte que les réunions centrales de militants de TCI passées à des questions techniques concernant le journal (tous les groupes décadents finissent en effet par ne plus autoriser de véritable discussion politique, chez le CCI c’est le bla-bla sur les finances qui remplace tout réflexion). La sclérose de l’expression politique ne signifie pas que les analyses marxistes si longtemps préservées par les vieux groupes sont caduques, chercheurs d’Instituto ! La révolution ne peut qu’éclater de l’explosion des contradictions entre le développement des forces productives et les rapports de production bourgeois.

A quoi rime de dire que « l’introduction de la microélectronique (a fait subir) au prolétariat l’une de ses défaites les plus dévastatrices et dont il ne voit pas l’issue » ? Les modernisations du capital, après la période triomphante du fordisme et jusqu’au début des années 1970, n’expulsaient pas massivement les prolétaires de la production comme aujourd’hui. La place de la classe ouvrière dans la confrontation n’est pas modifiée par le gonflement du secteur tertiaire. Si Bernstein a eu raison pour le début du XXème siècle en soulignant la montée conservatrice des couches moyennes, ce brave révisionniste bourgeois a complètement tort aujourd’hui. La dite révolution technologique est un champ du cygne de la décadence qui expulse, réduit le nombre des ouvriers (même en blouses blanches et en djin), développe des conditions infernales qui poussent d’abord au suicide (aboutissement de l’individualisme dans un monde sans cœur). L’Instituto semble reprendre les arguments de toute la faune moderniste d’une intelligentsia de petits professeurs sans gloire, fan du guru communisateur Negri, lorsqu’il suppose que tous les membres des petits groupes que j’ai nommé plus haut sont des crétins. Ils font dire en quelque sorte à toute la planète maximaliste (moi y compris) que nous maintiendrions le vieux projet classique du socialisme « vu simplement comme une libération des forces productives dans des limites trop étroites ». Or, à ma connaissance personne dans la planète maximaliste, ne défend l’idée qu’il est question de développer plus les forces productives après la révolution ; dans la plupart des articles que je lis des uns et des autres, est prise en compte la nécessité d’une réorganisation du monde sur la base des « besoins humains », en nourrissant en premier les crève la faim d’Afrique, avec un souci écologique évident pour la survie de l’humanité. Je lis aussi les tribunes de TCI, qui tiennent compte de tous ces « changements » dans la perspective du futur communiste, et je n’y trouve pas la sclérose dénoncée par L’Instituto !

L’Instituto est aussi mal placé pour parler à la place du prolétariat : « le prolétariat mondial exprime tout autre chose que des revendications anti-capitalistes… » !? D’abord le prolétariat mondial n’agit pas encore comme une unité et il ne va pas abandonner ses luttes prosaïques classiques pour faire plaisir à une poignée de révisionnistes, et lorsqu’il agit, ses combats immédiats sont dans le fond de toute façon anti-capitalistes. Le prolétariat et TCI n’ont pas changé, l’Instituto si ! Ces messieurs de l’Instituto savent-ils ce qu’ils écrivent : « en raison de la mondialisation des processus de production… le travailleur a été dépossédé de toutes ses connaissances et est devenu un simple appendice de la machine (…) le prolétariat actuel se présente comme un ensemble d’individus qui se livrent à une concurrence effrénée entre eux ; ils sont donc plus portés à être concurrents des autres vendeurs de la force de travail… en ce sens ils ne constituent pas une classe ». Impayable ! On croirait lire des phrases même du capital où Marx décrit très justement la dépossession de la condition ouvrière, et cette dépossession et concurrence n’est que la situation que vit la classe ouvrière en temps normal, ce qui l’a défini comme classe exploitée « qui subit » et qui, de ce fait est révolutionnaire lorsqu’elle relève la tête par ses luttes. Je vais finir par comprendre pour les Instituto se sont fait virer utilement par TCI !

De même l’affirmation « l’expérience de la Gauche communiste s’est malheureusement historiquement tarie » est du pipi de chat ; cette expérience reste plus que jamais une référence vivante, et la planète maximaliste ne canonise pas tant que çà en republiant ou en traduisant des textes inconnus même de nos élites de l’Instituto (les textes de la Gauche russe fournis par Olivier, la masse de textes que publient « Espace et Ciment », « Smolny », « La Bataille socialiste » ; un énorme matériel reste à découvrir, et dont chaque élément comme on peut le constater ne fait que renforcer la nécessité de la révolution.

La démarche petite bourgeoise de l’Instituto si bien auto-proclamé se met à nu comme démarche académique néo-léninienne : il faudra apporter la conscience révolutionnaire au prolétariat après « un processus d’élaboration et de systémisation scientifique se rapportant à des synthèses pour redonner au prolétariat tous ces éléments formatifs », par la « construction d’un laboratoire ». Pas gênés nos scientifiques en blouses blanches pour film d’épouvante, éprouvette en main, vont nous recréer un prolétariat génétiquement modifié, pourquoi pas un robot électronique avec puces incorporées dans l’oreille pour percevoir directement les ordres du parti-laboratoire ? Merde alors ! Habitués depuis quarante ans à suivre les contorsions du milieu professoral moderniste de toutes nuances, je n’avais jamais ausculté ce genre de martiens étrangers au combat social et traditionnel, c’est bien la preuve que le capitalisme rend certains intellectuels débiles.

COMMENT RALLIER LE CAMP BOURGEOIS ?

PAR UN SOUTIEN INCONGRU A LA PETITE BOURGEOISIE …

Historiquement le révisionnisme se manifesta par la sanctification de la place et du rôle de la petite bourgeoisie. L’exemple classique reste celui de Bernstein reniant le marxisme au début du XXème siècle face à l’afflux des couches moyennes. A la décharge de Bernstein on peut concéder qu’il était lucide sur la durée de vie du capitalisme. Alors que les catastrophistes maximalistes de la IIème Internationale imaginaient le capitalisme à la veille de son agonie, Bernstein lui prévoyait de beaux jours comme l’histoire la confirmé. Mais Bernstein en révisant la théorie révolutionnaire s’était placé du côté de la bourgeoisie alors que Lénine et Rosa travaillaient, malgré leurs échecs, pour un avenir plus lointain. Pour comprendre comment un groupe politique peut passer à la bourgeoisie, il faut examiner attentivement ses positionnements vis-à-vis des petites bourgeoisies. En général, la sectarisation précède par le nivellement pas le bas de la capacité de théorie du groupe, puis naturellement les anciens concepts étant considérés comme « trop rigides » on s’adapte à la « situation », aux inclinaisons du moment. Depuis deux ou trois ans le CCI s’est découvert un amour pour ces enfants fictifs des ouvriers que seraient les étudiants. Il a envoyé ses « vieux » coucous féliciter les étudiants en colère en AG, l’AG étudiante est comme la messe, œcuménique. Puis il s’est mis à plaindre les fraudeurs petits bourgeois en Grèce, puis a fait montre de compréhension pour les braves « indignés » espagnols en particulier. Beaucoup d’anciens du CCI n’ont jamais su ce qu’était la classe ouvrière, mais le CCI actuel à la recherche d’un prolétariat perdu (y a plus d’usines où differ ses tracts) lui a trouvé une substitution : tout ce qui bouge, les « gens indignés » ; un article bien trop généreux a été consacré au brouet de supermarché de Papy Hessel, passant son temps à trouver quelques vérités dans ce faux livre creux dont le succès commercial ne s’explique que par sa place aux premiers rayons des grandes surfaces à un prix bien moindre qu’une brochure du CCI, et sa sponsorisation par la mafia Nouvel Obs- Marianne et Le Monde, les mêmes qui voulurent nous refiler DSK.

La pris de position sur la Grèce va nous permettre ici d’analyser comme le CCI (et ses branches mortes qui ont pétitionné sur la prétendue exemplarité de la lutte grecque (P.I., Controverses, cercle de Paris, Fraction interne jumelle, Tumulto-Smolny) pour en réalité s’aligner sur une tranquille ligne bourgeoise.

Prenons leur court article de juillet de cette année : « Misère et colère explosent en Grèce » :

« En Grèce, la misère et l’injustice sont en passe de devenir tout simplement insupportables aux yeux des exploités. Les plans d’austérité, tous d’une incroyable brutalité, se succèdent les uns aux autres à un rythme infernal. Chaque nouvelle mesure prise par le gouvernement pour écarter temporairement le pays de la faillite se traduit par de nouveaux sacrifices pour toute la population. Et malgré tout, l’économie nationale n’en finit pas de plonger. Résultat, la misère et la colère explosent !

Un pays symbole de la faillite historique du capitalisme

Le pays croule sous les dettes. L’Etat, les banques et les entreprises sont au bord de l’asphyxie. Et toutes les mesures prises par le gouvernement socialiste de Papandréou pour éviter le défaut de paiement ne font qu’empirer la situation et préparer des lendemains encore plus douloureux. Pour obtenir de l’argent frais de l’Union européenne, sans lequel l’Etat ne pourrait tout simplement plus fonctionner, les conditions de travail et de vie de la population sont littéralement sacrifiées. Le nombre de fonctionnaires ne cesse de se réduire, tout comme les salaires. Les pensions de retraite, les allocations chômage et sociales, les aides pour les soins sont en train de disparaître. Mais cette explosion de la misère ne fait que plonger le pays un peu plus profondément dans la récession, ce qui aggrave… l’endettement ! Il s’agit d’un cercle vicieux duquel la Grèce ne pourra pas sortir ».

Ce n’est pas en soi une lutte de classe révolutionnaire puisque toutes les couches sont ou devraient être touchées. Il faut dénoncer comment la bourgeoisie fait de la Grèce un « cas particulier » :

« La bourgeoisie grecque pointe d’un doigt accusateur le FMI, l’Union européenne, les agences de notation, l’Allemagne… Elle veut faire croire que ce sont eux et eux seuls les responsables de cette situation économique désastreuse. Dans le reste du monde, le discours tenu est l’exact opposé : la Grèce serait dans une situation “exceptionnelle” et “particulière” du fait du laxisme de ses dirigeants, de la corruption généralisée de la société hellénique (la triche fiscale est présentée comme un sport national) et de la fainéantise des salariés grecs (selon les propos à la mi-juin de la chancelière allemande Angela Merkel). Cette propagande mensongère et nauséabonde a un certain succès puisque dans les manifestations à Athènes, le nationalisme est souvent exacerbé (les drapeaux grecs flottent sur les cortèges, des slogans comme “FMI go home !” ou “Allemagne go home !” sont scandés…), et dans certains pays comme l’Allemagne l’idée “nous ne voyons pas pourquoi nous paierions pour les Grecs” se répand dans la population. Autrement dit, la classe dominante dresse les exploités les uns contre les autres ! ».

Ce simplisme dans l’analyse linéaire du cas grec, et de sa généralisation abusive, montre en quoi nos révolutionnaires de papier sont hors de la réalité, et se coupe de toute compréhension du prolétariat mondial. Début 2010, le CCI nous avez déjà chanté l’exemplarité de la lutte en Grèce, et je répondais :

« De visu, on peut constater ce fort mécontentement de la population en général. Mais loin d’être cette lutte de classe rêvée par nos habituels maximalistes de la lutte revendicative-forcément-révolutionnaire, la grève générale grecque ne déborda rien, ni syndicats ni autorités gouvernementales, ce fût une grève « à la sicilienne ». Le syndicat GSEE ne croyait pas en ses propres revendications, comme le lui a dit ingénument dit en substance le patronat grec en février 2010, comme il ne croit ni à la nécessité, ni à l’efficacité de la grève, c’est son job para-étatique de la singer. Les syndicats planifient et organisent la grève générale par pure obligation institutionnelle et théâtrale, et celle-ci est destinée non pas à la classe ouvrière, mais au clientélisme électoral des différents groupes politiques, et par-dessus tout destinée à rassurer les gnomes d’Etat. Même les chantiers du travail au noir sont en grève. Les barbouzes des syndicats veillent au grain et font des rondes. Si on entend la moindre grue ou la moindre pioche, des hommes de main surgissent pour assurer « la grève générale ». Grève générale de corrompus pourrait-on dire. Ce ne serait pas tout à fait juste, mais pas tout à fait faux. La société grecque baigne dans la corruption, ce qui ne veut pas dire que cela fonctionne ainsi dans les grandes métropoles industrielles.

LA GRECE MAILLON FAIBLE OU VOIE DE GARAGE DE LA MISERE?

Malgré les manifestations nombreuses, englobant même toute la population, des leaders de la petite bourgeoisie intellectuelle et artisanale, qui refuse non simplement de « tomber dans le prolétariat » mais de refuser la misère avec lui, car il n’existe aucun projet politique capable à l’heure actuelle d’arracher petite bourgeoisie et couches supérieures planquées de la classe ouvrière de la croyance en une meilleure « réorganisation du pays ». En soi, il y a pourtant bien une particularité de la crise grecque, mais pas celle que CCI et gauchistes s’ingénient à pointer. Si la Grèce contient toutes les tares périphériques des bourgeoisies arriérées, elle n’en est pas moins partie intégrante du capitalisme financier. Ce qui handicape la Grèce est la faiblesse non seulement de sa production mais la structure même de ses deux principaux secteurs rentables : l’industrie touristique et la marine marchande. L’Etat grec ne peut pas contrôler les flux financiers dans ces deux secteurs. Je ne vais pas développer ici, mais en gros le capital financier passe entre les mains de l’Etat grec, qui peut par contre, en retour jouer idéologiquement à la victime, comme le prétendant Valls en France qui ressort l’antienne de la fuite des capitaux ; toujours bon pour le nationalisme électoral des prolétaires aliénés cette histoire de capitaux fluides et apatrides. La bourgeoisie grecque avait été longtemps dominée par un capitalisme familial mais, désormais, il est devenu, comme partout, apatride, c'est-à-dire réellement financier, cela ce n’est pas mafieux, c’est tout simplement le capitalisme classique, celui que le prolétariat doit abattre en détruisant les Etats dominants, pas en attendant que les manifs syndicales se transforment en insurrection. La Grèce va toucher des aides du FMI et des compères européens, et le peuple grec attend bouche ouverte… Or, d’une part la corde soutient complètement le pendu : la masse de la population, y inclus la petite bourgeoisie ergoteuse et sans projet politique de société, va se faire vider (si je puis dire), et d’autre part, le poteau sur laquelle est fixée la corde, ce sont les banques. Le directeur européen Trichet (au nom si joliment vrai) va prêter à 1% aux banques grecques, lesquelles prêteront à 6% au gouvernement du même pays ! Au lieu de soulager la misère, les « aides » doctement marchandées l’aggraveront, mais sans que puisse se profiler une « solution de classe » en Grèce comme la rêvent nos gentils maximalistes français, puisque la bourgeoisie grecque a enfermé le problème dans une question d’honneur national, quand la gauche caviar et les gauchistes agités du bocal vont continuer à dénoncer la mondialisation et « les banques » mais ni remettre en cause la vacuité du capitalisme ni se battre pour le véritable mouvement du prolétariat avec un programme communiste (certainement pas avec la plateforme électorale du misérable croupion staliniste KKE) ».

Il y a quelques ressemblances en Grèce aujourd’hui avec ce qui s’est produit en Argentine en 2006 où avaient eu lieu des émeutes de rues, des grèves générales syndicales. La petite bourgeoisie qui tapait sur des casseroles même pendant la nuit fit tant de bruit que les fractions siamoises du CCI qui n’étaient point encore dessoudées en avaient conclu à un grand réveil de la lutte de classe internationale. L’Argentine reste encore endettée, ne peut plus emprunter au niveau international, mais on n’en parle plus sauf pour la donner en exemple aux grecs. Or, ce que se refusent d’avouer les gauchistes, et les maximalistes qui leur collent au derrière « syndical et populaire », c’est que c’est bien les couches petites bourgeoises qui mènent le bal et nullement la classe ouvrière (ultra-minoritaire en Grèce, c’est même plus les immigrés que les grecs qui sont ouvriers en particulier ; les grecs sont en général fonctionnaires ou petits boutiquiers). J’écrivais encore il y a presque deux ans :

« LES INFRACTIONS DE LA BOURGEOISIE GRECQUE IDENTIFIEES
DEPUIS LONGTEMPS » Les dames politiques européennes de petite vertu ont froncé les sourcils en s’effarant de « découvrir les maquillages budgétaires » du pays du sirtaki et de l’ouzo. Il y a une dizaine d’années que l’Etat grec, habitué des scandales financiers, avait reconnu avoir menti à la Commission européenne sur le montant exact de son déficit ; si cette dernière n’en avait point profité alors pour « faire scandale », c’était uniquement dans l’intérêt géostratégique et militaire de la tentative de constitution du bloc européen. Les très coûteux jeux olympiques de 2004 avaient aggravé la dette certes, mais toute la bourgeoisie européenne continuait à fermer sa bouche. Dès 2008, au moment du tsunami des subprimes, on commençait pourtant à lire dans la presse des titres du genre : « La Grèce a-t-elle toujours sa place dans la zone euro ? ». On a donc oublié que le gouvernement grec d’époque avait pompé les recettes de l’Assurance-maladie pour tenter de combler un déficit de plus en plus abyssal, sachant déjà qu’il en coûte très cher de se refinancer sur les marchés internationaux. Résultat déjà pour la population : plus de remboursements, plus de livraison de matériel par les entreprises pharmaceutiques américaines… Le subterfuge grec n’allait pas durer. Le ministre de la santé d’époque, Dimitri Avramopoulos avait reconnu des « problèmes de gestion ». Excusez du peu : la dette publique représentait déjà 90% du PIB (plus de 110% en 1996 alors que le traité de Maastricht imposait un maximum de 60%). Le gouvernement grec avait alors aussi pompé des prélèvements à l’Education nationale et à l’environnement… ».

J’ajoutais : « La bourgeoisie internationale ne craint d’ailleurs nullement une classe ouvrière grecque hétérogène, faible et chauvine mais surtout que le gouvernement de Papandréou avoue ne pas pouvoir rembourser ses échéances à moyen terme (…) ». Et je citais cet article de RUE 89 :

« Le plan d'austérité réduit le pouvoir d'achat de tout le monde. Il prive de revenus nécessaires des petits fonctionnaires et des retraités qui avaient déjà du mal à joindre les deux bouts. Il met en péril le petit commerçant et l'artisan du quartier. Le prix de l'essence a déjà augmenté de 10%. La soupape de l'immobilier, qui avait permis à une génération d'enfants gâtés de vivre confortablement, ne fonctionne plus (60 000 logements neufs invendus dans la Grèce du nord). Trouver un deuxième emploi n'est plus une option. Les banques ne prêtent plus, les sociétés de cartes de crédit relancent les clients tous les deux jours pour être remboursées. (…) Depuis quelques mois, les Grecs évoluent ( ?). Ils considèrent maintenant comme normal de taxer les activités commerciales de l'Eglise, organe tout-puissant, impliqué ces dernières années dans des scandales politico-financiers. Ils n'ont plus peur de dénoncer les médecins ou les fonctionnaires corrompus : cinq agents des impôts viennent de prendre de sept à quinze ans de prison pour corruption passive ; le patron du bureau des permis de construire de Syros vient de tomber, incapable de justifier sa fortune personnelle de 600 000 euros. Le gouvernement actuel est fautif de ne pas savoir expliquer quelle société il propose. Il n'arrive pas à convaincre que payer des impôts est la base du système économique d'un pays, et que le refus de s'acquitter de cette contribution met en péril l'ensemble du service public ».

La dernière phrase est importante. C’est même une vérité mondiale (contagieuse) à toutes les couches petites bourgeoises : historiquement elles ont toujours été rétives à payer les impôts. Ce vieux proudhonisme est pourtant soutenu par tous les gauchistes, anarchistes et le CCI qui, avec le nouveau faisandé tous ensemble ridiculisent le prolétariat mondial. Car il n’est pas possible de mentir comme le CCI en disant que la bourgeoisie « divise les travailleurs » en rappelant la fraude – et en passant sous silence le non paiement des impôts (qui fait rire les prolétaires allemands et français et n’a rien à voir avec un chauvinisme de leur part). Plus grave, le soutien à cette égoïste lutte victimaire d’un régime capitaliste (plus visiblement corrompu qu’ailleurs mais certainement pas moins) de toutes les couches confondues (qui ne renforce donc pas la classe ouvrière mais l’union nationale contre les banques ou ce que vous voudrez) est se moquer des exigences pour la révolution et sa période de transition de la part des groupes qui exaltent « l’exemple grec » ; dans ce monde les sacrifices demandés à la classe prolétarienne et aux autres couches ne sont jamais les mêmes, dans la révolution des sacrifices seront nécessaires et il faudra encore et surtout combattre l’idéologie de charbonnier maître chez soi et sa queue « je paye pas d’impôt si je veux ». Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Les fonctionnaires iront se faire voir aux calendes… grecques pour leurs futures payes tant que plus de 55% des grecs ne payent pas d’impôts (mais le CCI comme les syndicalistes gauchistes excelle à défendre les fonctionnaires des fois qu’ils renverseraient l’Etat national). Toutes les couches en Grèce font la course à la tricherie, toubib comme ouvrier… un exemple qui fait envie à tous les révolutionnaires en peau de lapin de la « bidouille », de la « ristourne » et de la « resquille». Ceci étant dit, il est trop tard pour les grecs pour qu’ils rattrapent leur retard d’impôt – faute qui relèvent tout de même des mafias gouvernementales qui se sont succédées et ont favorisés la resquille avant tout pour leur gueule. Cette « misère généralisée », comme dit le CCI, conduira à tout sauf à la révolution.

En ce sens, à la fin de son article, le CCI a raison de dire que la lutte en Grèce « s’inspire du mouvement des Indignés d’Espagne », en effet d’une lutte bourgeoise et nullement alternative ni pour renforcer la classe révolutionnaire.

LA CANONISATION CINEMATOGRAPHIQUE DE MUNIS

« Radika film » dispose de metteurs en scène de talent, et d’acteurs remarquables, les anciens militants chenus du FOR sont aussi remarquables de densité et de mystère quand la caméra tourne autour d’eux dans un sous-sol de Barcelone et qu’une machine d’imprimerie tourne dans la pièce supposée à côté. Est-ce une réunion du FOR reconstitué, non une mise en scène propagandiste à deux balles. Story board (sous-titré en plusieurs langues), chaque phrase se suit mais est mise dans la bouche d’un acteur différent :

« Et en 1959, ils créèrent le FOR. Etre un homme aujourd’hui disait Munis, c’est fondamentalement se comporter révolutionnairement. En vérité je pensais que Munis était mort parce que c’était l’auteur de « Jalones de derrota ». C’était un dirigeant historique du trotskysme en Espagne. Lui a dit mon communisme c’est çà. Le communisme des staliniens ce n’est pas du communisme, c’est de l’anti-communisme. Franco et vous êtes la même chose. Çà il l’a dit sous la torture, Jaime et d’autres. On était de moins en moins nombreux. Le discours était pauvre. On ne savait pas comment faire les grèves… les gens je ne sais pas s’ils en avaient marre d’autant de grèves, de luttes. Et en 1959, ils créèrent le FOR Fomento Obrero Revolucionario. Je crois que nous sommes ici, plus que pour rompre l’isolement. Nous sommes ici pour transmettre une pensée révolutionnaire que nous considérons fondamentalement valable sous beaucoup d’aspects et que tout le monde veut cacher. Pour moi c’est ce que signifie ce documentaire, transmettre qu’il ne peut pas y avoir d’être humain complet si ce n’est en ayant un profond désir de transformation de la société pour l’ensemble de l’humanité ».

La pub est bien faite, le glissement des images parfait, mais il est impossible de vendre la pensée révolutionnaire en espérant égaler les commerciaux capitalistes. Le type qui a rédigé le story board devait avoir fumé du shit et se prendre pour un propagandiste subliminal pour aligner autant d’âneries à la gloire de Munis, et à son détriment. Présenter Munis comme un dirigeant historique du trotskysme en Espagne est lui rendre le plus mauvais service, il est vrai qu’il a cru que c’était une révolution en Espagne, qu’il a rompu tardivement avec le trotskysme. Munis avait des phrases illogiques et ampoulées à la Salvador Dali. Il fût un combattant convaincu et acharné mais comme penseur révolutionnaire on fait mieux. Colérique et impulsif, superficiel dans ses analyses économiques et concernant la crise du capitalisme, il n’a donc laissé – au vu de ces phrases ronflantes et insensées – qu’une absence de méthode à ses compagnons puis jeunes admirateurs, une pensée anarchiste de révolté. Car, l’intérêt de Munis ne réside pas dans ce qu’il a fait en Espagne mais dans son rôle au niveau international, son combat avec les autres « vieux » qui nous ont transmis le bâton de relais, dans ce magnifique texte avec Péret « Les syndicats contre la révolution » qui fût la référence bienvenue en plein Mai 68 et malgré tout d’avoir construit ce FOR dont la présence en France dans les années 1970 compta tant pour nous (et dont j’ai toujours apprécié les militants à chaque rencontre, me sentant plus proches d’eux que de ceux du CCI, mais pas Munis vieillard excité et hargneux).

La canonisation cinématographique de Munis est plus une « hollywoodation » qu’un embourgeoisement vu les faibles risques qu’ils ont de devancer Almodovar à Cannes, Berlin ou Venise. Très faiblement présent dans le milieu maximaliste avec une revue historienne (Balence) la poignée d’héritiers du FOR, peut avoir un rôle politique important à jouer dans les années troublantes qui arrivent, certainement dans les grèves et les manifestations de rue, mais pas dans le grand Guignol du cinéma.

CONCLUSION

Avec ses défauts, avec ses haines recuites, avec ses contradictions et concurrences, la planète maximaliste ressemble assez au prolétariat. C’est sur ce seul point que je donne raison aux robots de l’Instituto. Produit d’une classe encore atomisée, et en voie de sortir de cette atomisation, les éléments révolutionnaires sont toujours en retard d’une révolution. C’est le coup de pied au cul du prolétariat qui les attend, en espérant qu’il ne soit pas trop fort au point de les expulser par la fenêtre lors du grand matin.

Une suggestion : si rien n’a bougé depuis deux ans entre les forces isolées, étroites et même un tantinet académiques, c’est parce que depuis presque deux ans personne n’a pris au sérieux le texte de Klasbatalo « Contribution à un état des lieux de la Gauche Communiste Internationale », texte excellent qui pose toujours les vraies questions. On s’en apercevra un jour. God bless you !

P.S.: une des deux fractions siamoises relève tardivement la destructivité interne qui règne dans la secte CCI sous la férule d'une infirmière psychiatrique (mais ce n'est pas précisé, il est vrai que ce n'est guère plus important que l'émoi de nos fractions jumelles en couples inoffensifs)

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Résolution honteuse du CCI contre la Gauche communiste
Dans le secret, le CCI actuel se trahit et trahit la classe ouvrière

Voici ce que le CCI a voté lors de son 16ème congrès international en 2005 :

« Tous les groupes du milieu politique prolétarien, sauf le CCI, sont traversés par la plus dangereuse crise depuis l’après-guerre … l’incapacité des groupes du milieu, à part le CCI, à être à la hauteur du défi de la nouvelle période historique » ; « Outre le BIPR, les autres groupes du milieu prolétarien ne sont plus capables de contribuer positivement au futur parti de classe, la priorité de notre intervention n’est plus de les aider à y contribuer… » ; « Il faut être conséquent : si on dit que les groupes du milieu politique prolétarien ont une attitude destructrice, il faut les discréditer politiquement » ; « Il faut que l’organisation soit la plus claire et homogène sur le but de notre politique vis-à-vis du BIPR : ce qui importe est de discréditer le BIPR … qu’il disparaisse sur le plan politique. Si cette politique aboutit à sa disparition physique, c’est tant mieux » ; « il faut utiliser les difficultés du forum du BIPR pour le discréditer » ; « …le CCI est la seule organisation existante capable de répondre aux besoins de l’avant-garde révolutionnaire » ; « seul le CCI aujourd’hui pose les fondations pour le futur parti que la classe devra faire surgir » ; « Puisque le CCI est aujourd’hui le seul groupe historique de la Gauche communiste capable de contribuer au futur parti mondial, le travail actuel de regroupement des forces révolutionnaires est d’abord et avant tout celui du renforcement politique, géographique et numérique du CCI » ; « …une organisation représentant la conscience historique, la méthode marxiste et l’approche organisationnelle qu’aujourd’hui seul le CCI peut offrir » ; « …si on dit que le milieu politique prolétarien a une attitude destructrice vers les nouveaux éléments, notre attitude doit être différente, il faut les mettre hors d’état de nuire… ».

1- C'est totalement par hasard que le petit bout de cette résolution prise par le CCI actuel nous est récemment tombé dessus, ou plutôt nous est tombé sur la tête. En effet et contrairement aux principes et méthodes que cette organisation a toujours défendus depuis sa fondation, c'est une résolution qui a, jusqu'à maintenant, sciemment été tenue secrète. Que ce soit par honte ou par "tactique opportuniste", le fait que cette résolution n'ait pas été rendue publique ne change rien au caractère haïssable de son contenu. Même si cette résolution parle d'elle-même, nous pensons nécessaire d'en souligner les principaux aspects afin "de rendre la honte plus honteuse".

2- Que nous dit cet infâme texte ?
a) que le MPP est en plein effondrement, qu'il n'a plus de raison d'être, parce tous les groupes qui le composent, sauf le CCI d'aujourd'hui (bien sûr !), ne sont pas "à la hauteur" de leurs responsabilités vis-à-vis de la classe ;
b) que ledit CCI, contrairement à ce qu'il a toujours affirmé et fait dans le passé, n'a plus l'intention "de les aider" ;
c) ne trouvant pas cela suffisant, et parce qu'il juge tous ces groupes "destructeurs", il se propose même de "les discréditer politiquement", de "les mettre hors d'état de nuire" ;

[Ainsi le CCI, tournant le dos à ses propres fondements politiques, décide, à la place de l'Histoire (la guerre et la révolution pouvant, seules, trancher sur la question) et selon son bon vouloir, que des organisations politiques d'avant-garde - que la classe a mis tant d'années et d'effort à créer et à développer - méritent de disparaître.] ;
d) et, dans le cadre de cette charge digne de la bourgeoisie, ce CCI en toc accorde une place particulière et privilégiée au BIPR (la TCI actuelle) ; non seulement il souhaite (et s'engage concrètement pour) "qu'il disparaisse sur le plan politique" mais le clame et s'en félicite sans vergogne : "Si cette politique aboutit à sa disparition physique, c'est tant mieux !"
e) Dans sa folle logique, le CCI ne peut être que le seul rescapé de la prétendue "déroute générale" et même la seule organisation "capable de contribuer au futur parti mondial" ; la politique de regroupement qui a toujours été au cœur de l'existence du vrai CCI s'est lamentablement réduite au simple "renforcement politique, géographique et numérique du CCI"

Affaiblir gravement la classe révolutionnaire et la soumettre politiquement et physiquement, est forcément, surtout dans la période que nous vivons, un objectif impératif de la bourgeoisie. Dans le CCI d'aujourd'hui et dans sa politique exprimée par cette résolution, la classe dominante a trouvé "son cheval de Troie" vis-à-vis de l'avant-garde politique de la classe. Ce CCI-là s'est clairement engagé dans une politique de destruction du Camp prolétarien :
- de façon directe, en s'attaquant aux groupes qui le composent, surtout les plus sérieux, ceux de la Gauche communiste ;
- de façon indirecte, en brouillant et en déformant son image (Cf. ses nombreuses tentatives faites, ses dernières années, pour introduire des organisations anarchistes en son sein).

3- La "politique de regroupement" du vrai CCI

Depuis sa fondation et quelle qu'ait été la situation générale et l'état des organisations du Camp prolétarien, le CCI a toujours, sans défaillir, mis au cœur de son activité une politique de regroupement obstinée. Les multiples résolutions de Congrès, les nombreux "appels" faits aux autres groupes, sans oublier les correspondances internationales n'ont cessé de mettre en avant, de manière quasi-obsessionnelle, cette politique".

pssssss: le vrai CCI c'est comme ma vraie grand-mère, ça n'existe plus!



[1] ON peut y ajouter un certain nombre d’individus périphériques qui se manifestent ponctuellement comme le coucou avec la prétention d’être les jalons du « parti de classe », l’écrivain iconoclaste et gramsciste R.Camoin, Xavier de l’ex-minigroupe Groupe communiste mondial, les docteurs Olivier et Guy qui ont leurs entrées et sorties à Controverses (belge), Henri Simon malgré tout, icône encore vivante du vieux conseillisme français, si j’en oublie qu’ils me pardonnent.