Avec des pays secondaires comme l’Islande (bien oubliée) la Grèce mafieuse et l’Irlande, la bourgeoisie peut prendre son temps et laisser gauchistes et syndicalistes organiser balades nationales, jets de pierre et cris contre les banques. Avec les pays suivant, autrement plus important par la place qu’y occupe le prolétariat, la bourgeoisie doit prendre les devant face à la chute irrésistible de « dominos européens », c’est ce qu’elle a fait en France pendant un an de fausse lutte de l’aristocratie syndicale. C’est ce qu’elle vient de mener sans coup férir avec brio en Espagne. Deux remarques préliminaires avant d’analyser la prétendue « grève sauvage » des Aiguilleurs du ciel espagnols. La première, comme je l’ai compris grâce à des amis qui écoutent en permanence la radio, beaucoup de news passent deux à trois jours avant d’apparaître dans les autres médias, presse et internet ; certaines infos cruciales internationales ne passent même pas du tout sur les médias après avoir été testées à la radio… Ainsi dès vendredi 3 on pouvait recevoir à la radio les deux axes de la propagande du gouvernement espagnol : grève de privilégiés et atteinte à la « fragile économie » nationale ; ce n’est que dimanche matin 5 que cette grève est évoquée sur le site de TF1 et du Figaro, mais alors qu’elle a été bouclée sans dommages collatéraux (cf. le titre du site de TF1 qui résume à lui seul les deux axes de la manipulation).
La deuxième, le gouvernement bourgeois espagnol (dit « socialiste ») était obligé de frapper un grand coup et vite contrairement à son homologue français qui avait pu faire traîner en longueur une pseudo lutte pour la défense des retraites, où ce n’est que la clientèle habituelle du syndicalisme (+ une masse énorme de retraités qui ne risquaient pas de « déborder de colère » la mafieuse obscure intersyndicale) qui a été tranquillement menée dans les bras parlementaires pour une défaite annoncée, qui a servi surtout à déprimer la classe ouvrière internationale, pleine d’espoirs pour un faux combat made in France (en ce sens, le Cci se plante en titrant son supplément « comment lutter ? », alors qu’il eût fallu titrer : « comment ne pas lutter » et bien préciser qu’on ne pouvait pas identifier l’ensemble de la classe à moins d’un million d’affidés planqués des syndicats psalmodiant des conneries dans la rue).
Le coup de semonce du gouvernement espagnol a aussi valeur de symbole pour déprimer un peu plus le prolétariat universel. A la manifestation sans colonne vertébrale prolétarienne en France, présentée comme une défaite des « ouvriers en cravates » au niveau mondial, il fallait aussi ridiculiser la « grève sauvage », mais avec la dimension « sauver l’économie nationale » ; l’idéologie patriotique fût au cœur également des salades de l’aristocratie syndicale en France, il suffisait de parcourir les blogs pour voir combien les « solutions nationales » de messieurs Montebourg, Mélenchon et Besancenot, étaient prisées, et ma dénonciation de ces prétentions nationalistes était ridiculisée comme « utopique ».
"L'Espagne "choquée" par la grève des contrôleurs aériens, des "privilégiés"(TF1)
le 05 décembre 2010 à 10h20, mis à jour le 05 décembre 2010 à 10:29
La grève des contrôleurs aériens, qui peuvent toucher plus de 200.000 euros par an, a été très mal perçue dans le pays, alors que le trafic reprend peu à peu.
Sur le site du Figaro, ce blogueur, malgré ses confusions, nous permet de toucher du doigt la réalité de la manip (c’est vraiment dommage que les camarades d’Alarme à Barcelone, ne fassent pas l’effort de nous envoyer à tous un simple communiqué ou une analyse plus précise) :
« José Monerris : Et pourtant, le Gouvernement socialiste espagnol n'a pas bougé le petit doigt pour empêcher la grève sauvage qui a paralysé le métro de Madrid il y a quelques mois. Pourquoi? Parce que le gouvernement régional de Madrid est de droite et parce que l'appel à la grève avait été fait à l'occasion para les deux grands syndicats dits « de classe » : UGT (socialiste) et CCOO (communiste). Par contre, le syndicat des contrôleurs est un petit, quoique puissant, syndicat professionnel, pas de classe. Non, les socialistes espagnols n'ont pas besoin de courage pour déclarer l'état d'alarme, c'est dans sa nature le recours à mesures exceptionnelles et le mépris de la loi et des principes démocratiques : les amis de Zapatero sont Hugo Chávez, Evo Morales, Fidel Castro et Mohamed VI et je suis convaincu de que si Zapatero pouvait le faire, il gouvernerait comme eux. Alors donc, c'est très facile applaudir la décision du Gouvernement espagnol, je le comprends : les citoyens en avons assez de toutes ces grèves sauvages et de tous ceux travailleurs qui ne tiennent plus qu'à leurs intérêts particuliers, nous réclamons de nos politiciens des gestes comme celui-là. Mais il ne faut pas oublier que le Gouvernement de Zapatero ne fait rien sans tenir compte de ses intérêts électoraux à court terme. Il pouvait avoir empêché la grève et il ne l'a pas fait. Par contre, il en a profité pour proclamer des mesures d'exception auxquelles ni Franco faisait appel. Non, il ne faut pas l'oublier ».Ce citoyen, du genre brave électeur de droite bien pensant nous a permis d’approcher de la nature de la manip, merci à lui. Les autres blogueurs s’étripaient évidemment sur les « salaires indécents » des aiguilleurs et leur « sauvagerie » (pensez : la clientèle bourgeoise coincée subitement dans les hangars des aéroports comme de vulgaires sans papier en attente du charter de renvoi). Le gouvernement espagnol a monté sa provocation sur un secteur au faible nombre d’employés mais avec un max de répercussion, une centaine de grévistes emmenés par un sous-syndicat de merde, résumé du Figaro… 3 jours après les radios : « Deux tiers des contrôleurs aériens ont repris le travail après que le gouvernement espagnol a décrété ce samedi l'état d'alerte. Le ministre des Transports prévoit un retour à la normal du trafic dans 24 à 48 heures (du cousu main...jlR).
Les premiers vols au départ des aéroports espagnols ont décollé samedi en fin d'après midi après presque 24 heures d'une grève sauvage des contrôleurs aériens qui a bloqué des centaines de milliers de passagers au sol à l'aube d'un grand week-end férié en Espagne. Les deux tiers des contrôleurs aériens espagnols, en grève depuis vendredi soir, ont désormais regagné leurs postes, soit 109 sur 159 grévistes, permettant la réouverture total de l'espace aérien. Le ministre des Transport s José Blanco, ne prévoit cependant pas de retour à la normale du trafic avant 24 à 48 heures. Les grandes compagnies étrangères - Air France, KLM, EasyJet, RyanAir ...- ainsi que la compagnie nationale Iberia ayant annoncé l'annulation de tous leurs vols jusqu'à dimanche ».
Remontons légèrement en arrière toujours avec notre principal journal gouvernemental français : « Le Gouvernement espagnol s'était réuni ce matin (samedi) pour décider des suites à donner à la grève des contrôleurs aériens qui paralysait le pays, et avait décrété l'état d'urgence. Une décision lourde de conséquences. En vertu de ce décret, les contrôleurs aériens peuvent être mobilisés et les grévistes sont passibles de sanctions pénales, pouvant aller jusqu'à la prison. Cette décision signifie «que les contrôleurs sont convoqués à leur poste de travail et dans le cas contraire, ils seraient en situation de délit de désobéissance prévu par le code pénal militaire», a expliqué le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba. C'est la première fois que le gouvernement prenait une telle mesure depuis la mort du général Franco en 1975. Vendredi, le gouvernement avait déjà confié à l'armée la responsabilité d'assurer le contrôle aérien. Sans succès, l'espace aérien étant resté fermé ». Or Le Figaro ment à retardement, c’est dès vendredi soir à la radio qu’on entendit ceci en résumé : « la grève sauvage des aiguilleurs du ciel fait l’objet d’une mise en garde par le gouvernement socialiste de M.Zappatero, les grévistes risquent la prison et des aiguilleurs militaires seront expédiés à leur place car ils mettent en danger une économie du pays déjà fragilisée par la crise ». En gros, une centaine de Cantona était ensuite livrée à la curée publique : « des salauds qui touchent 2500 euros par mois ! ».
Les commentaires du site de TF1 vous aideront à comprendre vous-mêmes le haut niveau de manip (je ne vais pas tout le temps vous mâcher le travail chers lecteurs surtout que vous êtes trop fainéants pour m’enrichir de vos commentaires) :
« Ils gagnent plus que le chef du gouvernement!": les Espagnols (lesquels ? hi hi) étaient choqués après le blocage monstre des aéroports provoqué ce week-end par la grève sauvage des contrôleurs aériens, vus comme des "privilégiés" avec leurs salaires moyens de 200.000 euros par an. Le conflit entre le gouvernement et les contrôleurs, larvé depuis des années, est sorti au grand jour en début d'année: le ministre des Transports José Blanco avait alors voulu mettre fin aux "avantages incompréhensibles" - selon son expression - dont ils bénéficiaient. Selon son ministère, il y a en Espagne 2.300 contrôleurs aériens, dont 135 gagnaient alors plus de 600.000 euros par an et 713 entre 360.000 et 540.000 euros, bien plus que leurs collègues européens, grâce à un système avantageux d'heures supplémentaires. "Il n'est pas tolérable qu'une entreprise publique donne des salaires de millionnaires à ses employés", avait affirmé M. Blanco.
Un décret, en février, a plafonné les heures supplémentaires et en a limité la rémunération, qui était avant le triple d'une heure normale. Vendredi, le gouvernement a encore baissé le plafond d'heures et mis fin à leur départ en pré-retraite à 52 ans, dans le cadre de la privatisation partielle de l'organisme de gestion aéroportuaire Aena. Au final, les contrôleurs sont passés d'un salaire annuel moyen de 334.000 euros à 200.000 euros. De quoi faire grincer des dents dans un pays durement touché par la crise, avec un taux de chômage autour de 20%. "Ce n'est pas juste qu'ils demandent des augmentations de salaire alors qu'il y a tant de gens au chômage, et ce sont des privilégiés", estimait samedi Nouria Sanchez, 31 ans, bloquée à Madrid-Barajas car son vol avait été annulé. »
300.000 passagers bourgeois coincés (oh choking !)
« En comparaison, José Luis Rodriguez Zapatero, qui a réduit son salaire de 15% dans le cadre du plan d'austérité, ne touchera en 2010 que 78.000 euros. Les salaires des fonctionnaires ont baissé pour la même raison de 5% en moyenne. Le revenu moyen espagnol est lui de 21.500 euros bruts, moitié moins qu'au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne, selon une étude d'Adecco et de l'IESE Business School. Les contrôleurs avaient choisi pour bloquer les aéroports le Puente de la Constitucion, plus long pont de l'année avec cinq jours de congés d'affilée. Beaucoup d'Espagnols avaient prévu des vacances à cette occasion. Ils ont été 300.000 coincés dans les aéroports, selon Aena.
"Nous n'allons pas permettre ce chantage qui prend les citoyens en otages", s'est énervé vendredi José Blanco. La presse, aussi, était irritée: "avec cette attitude, les contrôleurs perdent la raison et la bataille de l'opinion publique", écrivait El Pais (centre-gauche). La Vanguardia (centre-droit) parlait d'une "extorsion intolérable" et ABC (droite) se moquait de ces "malades imaginaires". Sur internet, la radio Cadena Ser montrait une photo d'un repas samedi entre plusieurs contrôleurs, avec ce titre rageur: "les responsables du chaos boivent un coup à Madrid", tandis que sur Facebook, des groupes réclamaient leur renvoi, avec au total plus de 10.000 membres. Plusieurs contrôleurs, interrogés par El Pais, ont tenté de se défendre: "nous voulons seulement défendre nos droits", a dit l'un d'eux. "Nous aussi nous sommes des victimes", ajoutait un autre: "on nous montre comme les méchants du film (mais) la faute revient au gouvernement". Une troisième a dit demander "un million de fois pardon" aux voyageurs dérangés ».
Gageons que tous nos excités anars ultra-gauches, les maximalistes infantiles et Henri Simon vont saluer une superbe « grève sauvage » cassée par un gouvernement «socialiste »… passant à côté de l’analyse de la manip destinée à faire passer le message subliminal inter-national : « il faut sauver l’économie nationale de notre pays »… dans chaque pays… Du Chavez au second degré comme disait notre blogueur espagnol invité !
« Le marxisme est une conception révolutionnaire du monde qui doit toujours lutter pour des connaissances nouvelles". Rosa.Luxemburg. "Le principal héritier du fascisme est l'antifascisme". BORDIGA
"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)
Marx (L'idéologie allemande)
«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »
Thucydide
dimanche 5 décembre 2010
samedi 4 décembre 2010
MENACE DE MORT
J'ai publié hier sur Le Post un texte pour une pétition proposant non pas de tuer Nicolas Sarkozy mais de supprimer le doublon friqué du pouvoir d'Etat: la présidence de la république, ainsi que le Sénat inutile. Cette initiative était pour moi un exercice de style mi-humoristique mi-démagogique de type "réformiste" car je ne crois nullement que le système démocratique bourgeois soit amendable, avec un seul commandant à bord, fut-il simple Premier ministre. Curieuse époque où même une simple proposition réformiste peut entraîner une menace de mort de la part d'individus masqués et lâches.
Comme première réaction j'ai eu ceci: "pétition pour la suppression de Monsieur Pierre Hempel" par un certain "allwynn" qui en sus a refourgué mon adresse.
Il y a eu d'étranges cambriolages ces temps-ci dans certaines rédactions, un peu trop facilement oubliés avec le dernier cambriolage présenté comme rocambolesque de Mme Royal. Je ne suis ni quelqu'un d'important ni un ami du pouvoir, je ne renierai jamais mes idées politiques (marxistes) ni mon action de pamphlétaire, mais on peut s'interroger sur toute une série de menaces contre les uns et les autres qui me font déduire que la "dictature sarkozyste" est aux abois, et envoie ses sbires de l'ombre et autres "snipers blogueurs" pour impressionner(comme d'ailleurs au niveau international Julian Assange a reçu aussi des menaces de mort, et Cantona?).
Voici le texte de la pétition:
En vue de 2012 : PETITION POUR LA SUPPRESSION DU POSTE DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Considérant que l’actuel Président de la République est l’homme qui a le plus ridiculisé cette fonction, créée en 1848, modifiée au suffrage direct par le Général De Gaulle en 1962, et ramenée à une vulgaire villégiature régalienne,
Considérant que l’opposition de gauche, divisée en petits marquis piaffant d’occuper la fonction, n’est ni apte à proposer un programme de rechange et dans un état de déliquescence propre à faire réélire en 2012 ce M.Sarkozy, même si celui-ci continue à tomber en dessous de 24% d’opinion favorable dans les sondages,
Considérant que la plupart des pays évolués, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Espagne, Pays-Bas, Japon, et même les Etats-Unis d’Amérique dont l’actuel président M.Obama joue le rôle de Premier ministre sans avoir besoin d’un président, le territoire français gagnerait à supprimer un doublon extrêmement lourd pour les finances de l’Etat ; qu’on en juge Sarkozy est peut-être pour les diplomates US un « empereur sans vêtements », mais pour le peuple des travailleurs il n’est qu’un roitelet qui s’enrichit et se nourrit surtout sur leur dos :
- Sous la présidence de M.Sarkozy depuis 2007 le budget de l’Elysée est passé à 100 millions d’euros ; pour mémoire il était de 2,35 sous Pompidou en 1969, et de 31,9 sous Jacques Chirac en 2005 ;
- Le salaire de ce doublon du 1er ministre était porté en 2007 à 101 488 euros, sans compter diverses indemnités de fonction, de multiples résidences secondaires, et un parc automobile de 53 véhicules, une dizaine d’avions, 7 scooters et trois hélicoptères super-puma ;
- L’Elysée n’est pas une petite PME mais un lourd appareil oligarchique parasitaire de la nation, qui emploie un millier de personnes, dont de nombreux conseillers qui devraient relever, de par leur fonction honorifique, du délit d’emplois fictifs ;
- L’élection présidentielle représente un coût faramineux, sans compter les centaines de millions d’euros d’origine opaque pour départager les candidats indépendamment du vote des individus dispersés, cette gigantesque comédie dispendieuse pourrait être réduite à moindre frais par une simple élection par référendum du seul Premier ministre.
Pour alléger les charges inutiles et honteuses de l’Etat, et cesser d’être la risée du monde entier, la population française peut par cette réclamation de la dissolution d’un poste coûteux et inutile, supprimer également le Sénat, enceinte doublon également inutile et parasitaire.
Je souscris aux remarques ci-dessus et ma signature vaut accord.
Date : Signature :
Imprimer cette pétition, puis l’envoyer à:
Pierre Hempel 67 rue Henri Ginoux 92120 Montrouge
Comme première réaction j'ai eu ceci: "pétition pour la suppression de Monsieur Pierre Hempel" par un certain "allwynn" qui en sus a refourgué mon adresse.
Il y a eu d'étranges cambriolages ces temps-ci dans certaines rédactions, un peu trop facilement oubliés avec le dernier cambriolage présenté comme rocambolesque de Mme Royal. Je ne suis ni quelqu'un d'important ni un ami du pouvoir, je ne renierai jamais mes idées politiques (marxistes) ni mon action de pamphlétaire, mais on peut s'interroger sur toute une série de menaces contre les uns et les autres qui me font déduire que la "dictature sarkozyste" est aux abois, et envoie ses sbires de l'ombre et autres "snipers blogueurs" pour impressionner(comme d'ailleurs au niveau international Julian Assange a reçu aussi des menaces de mort, et Cantona?).
Voici le texte de la pétition:
En vue de 2012 : PETITION POUR LA SUPPRESSION DU POSTE DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Considérant que l’actuel Président de la République est l’homme qui a le plus ridiculisé cette fonction, créée en 1848, modifiée au suffrage direct par le Général De Gaulle en 1962, et ramenée à une vulgaire villégiature régalienne,
Considérant que l’opposition de gauche, divisée en petits marquis piaffant d’occuper la fonction, n’est ni apte à proposer un programme de rechange et dans un état de déliquescence propre à faire réélire en 2012 ce M.Sarkozy, même si celui-ci continue à tomber en dessous de 24% d’opinion favorable dans les sondages,
Considérant que la plupart des pays évolués, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Espagne, Pays-Bas, Japon, et même les Etats-Unis d’Amérique dont l’actuel président M.Obama joue le rôle de Premier ministre sans avoir besoin d’un président, le territoire français gagnerait à supprimer un doublon extrêmement lourd pour les finances de l’Etat ; qu’on en juge Sarkozy est peut-être pour les diplomates US un « empereur sans vêtements », mais pour le peuple des travailleurs il n’est qu’un roitelet qui s’enrichit et se nourrit surtout sur leur dos :
- Sous la présidence de M.Sarkozy depuis 2007 le budget de l’Elysée est passé à 100 millions d’euros ; pour mémoire il était de 2,35 sous Pompidou en 1969, et de 31,9 sous Jacques Chirac en 2005 ;
- Le salaire de ce doublon du 1er ministre était porté en 2007 à 101 488 euros, sans compter diverses indemnités de fonction, de multiples résidences secondaires, et un parc automobile de 53 véhicules, une dizaine d’avions, 7 scooters et trois hélicoptères super-puma ;
- L’Elysée n’est pas une petite PME mais un lourd appareil oligarchique parasitaire de la nation, qui emploie un millier de personnes, dont de nombreux conseillers qui devraient relever, de par leur fonction honorifique, du délit d’emplois fictifs ;
- L’élection présidentielle représente un coût faramineux, sans compter les centaines de millions d’euros d’origine opaque pour départager les candidats indépendamment du vote des individus dispersés, cette gigantesque comédie dispendieuse pourrait être réduite à moindre frais par une simple élection par référendum du seul Premier ministre.
Pour alléger les charges inutiles et honteuses de l’Etat, et cesser d’être la risée du monde entier, la population française peut par cette réclamation de la dissolution d’un poste coûteux et inutile, supprimer également le Sénat, enceinte doublon également inutile et parasitaire.
Je souscris aux remarques ci-dessus et ma signature vaut accord.
Date : Signature :
Imprimer cette pétition, puis l’envoyer à:
Pierre Hempel 67 rue Henri Ginoux 92120 Montrouge
jeudi 2 décembre 2010
LES RAISONS DU SUCCES DE CANTONA
La ministre de l'Economie Christine Lagarde était hagarde en voyant le buzz provoqué par la « révolution Cantona ». Elle fit donc la remontrance publiquement à Eric Cantona, qui suggère aux particuliers de retirer leur argent des banques pour faire s'écrouler le système, « Il ne devrait pas jouer à l'économiste, chacun son métier», commença-t-elle par morigéner, avant de tacler l’artiste du ballon rond :
«Je ne me risque pas à jouer au football et Eric Cantona devrait éviter de jouer à l'économiste». Lors d'une conférence de presse, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, alternant flatteries et mépris oligarchique, porta un deuxième tacle non sifflé par l’arbitre : «Je crois que quelqu'un qui est un grand footballeur ou un grand acteur de cinéma doit se garder d'intervenir dans le domaine financier, économique, surtout quand il n'en maîtrise pas les mécanismes», a tranché la ministre, après quatre jours de silence. En gros, la groupie de l’arbitre Sarkozy a dit : « ferme ta gueule Cantona, t’as le droit de taper dans le ballon comme les fils de prolos déshérités de banlieue mais ne te mêle pas de politique ! ». Du coup, nous les sans-grades, les pue-la-sueur, on s’est dit que la dame se fichait aussi de nous parce qu’on n’y connaît rien à l’économie mais suffisamment pour savoir que les banques nous roulent et que le gouvernement a fait passer sa loi contre les retraites des prolétaires. Et on aurait eu presqu’envie de suivre Cantona… comme on avait suivi les syndicats, sans lendemain !
C’est un fait que l’incursion du sombre footballeur adulé dans les quartiers ouvriers de Manchester passionne plus les prolétaires en France que les révélations de Wikileaks. Cantona continue d’ailleurs à faire le buzz (mon article de réponse précédent a été lu par 8500 personnes); des dizaines de milliers de personnes discutent depuis plusieurs jours sa « provocation » à ministre financière dans l’exercice de ses fonctions et crée l’événement sur facebook et Le Post. Malgré le caractère limité, franchouillard et sans perspective du précepte de Cantona, on peut lui être reconnaissant d’ouvrir une écoutille pour laisser s’exprimer le désarroi qui persiste en France après l’échec d’une défaite planifiée par syndicats et gouvernement sur les retraites (l’oubli est un élément du pouvoir : tout le monde a oublié la gaffe de Sarkozy en Janvier : « l’affaire sera pliée d’ici l’été… euh d’ici la fin d’année »).
Cantona a fait le buzz parce qu’il n’y a eu aucun bilan de la panade syndicale sur les retraites. Ou plutôt il y a eu deux ou trois bilans non répercutés par les médias, sur mon blog, sur le site de Robert Paris, un numéro spécial de « Révolution Internationale », ou sur celui de la CGT Goodyear Amiens qui demandait (sans rire) aux appareils de l’Etat de se ressaisir pour revenir aux fondements (défunts) du syndicalisme !
« La CGT Goodyear avait en septembre 2010 écrit au secrétaire général de la CGT, mais cette fois-ci nous estimons que la responsabilité de l’échec (car il faut parler d’échec) de la lutte contre la réforme des retraites est clairement le fait d’une stratégie qui dès le départ à donné le tempo d’une lutte volontairement molle !!!! (…) Vous ne mesurez pas l’impact négatif de cette lutte perdue d’avance du fait de vos positions confédérales, des milliers de salariés ont une impression légitime d’avoir été trahis, le gouvernement peut se contenter de cette situation, même si dans beaucoup d’endroit la colère couve et s’exprimera tôt ou tard, pourquoi ne pas avoir appelé à une grève reconductible interprofessionnelle le premier jour, en moins de 5 jours le gouvernement aurait plié, blocage des zones industrielles, des poumons économiques de notre pays, dès le premier jour et là, nous aurions gagné, c’est une certitude !!!! ».
La proposition de Cantona est bien faite pour plaire à ces syndicalistes et aux gauchistes qui ont joué le rôle de rabatteurs des manifs pépères pendant dix mois, comme s’en sont félicités les O.Besancenot et C .Autain. Où sont les stridents appels à la « Grèève Générâââle » et autre « Grève Interprofessionnelle jusqu’au retrait du projet du gouvernement » du genre de l’intersyndicale FO-Solidaires-FSU de Loire Atlantique qui n’acceptait pas « cette nouvelle dégradation pour toute la classe ouvrière au moment où le gouvernement arrose les banques et les spéculateurs à tout va, de plusieurs centaines de milliards d’euros …». Les frères siamois syndicaux ont disparu du paysage odieux-visuel. Pour la bourgeoisie, seul le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon, a dressé un bilan "contrasté" de la mobilisation contre la réforme des retraites : « Mais il (le bilan) est exceptionnel par le témoignage de solidarité entre les Français du public et du privé, entre jeunes et moins jeunes durant les cinq mois où les gens sont descendus dans la rue », « Le soutien dans l'opinion ne s'est jamais "démenti" », a-t-il ajouté, ce qui nous a fait une belle jambe.
Après la félonie des syndicats et de leurs exécutants de base, faut-il attendre celle de Cantona ?
Personne n’y a fait attention, mais Cantona a dit deux bêtises dans la présentation de son précepte pour « faire tomber le système ». Il a déclaré « les syndicats font ce qu’ils peuvent », non, « L’intersyndicale a mené la lutte dans le mur » (titre d’un excellent article-bilan de l’historien Robert Paris sur le site Matière et révolution du 27 octobre). Cantona a déclaré aussi que les manifestations ne servaient plus à rien. Cela aussi est faux, bien que repris naïvement par nombre d’internautes. Les manifestations sont toujours nécessaires mais encore faut-il qu’elles soient décidées par les travailleurs eux-mêmes avec un but précis et pas par une intersyndicale obscure, qui s’éclipse sans gêne fin novembre sans rendre des comptes à qui que ce soit.
Les enthousiastes de l’action anti-banque de Cantona tombent dans la même logique des mois de balades syndicales inutiles. Ils attendent le 7 décembre comme ils attendirent chaque annonce de la prochaine JA syndicale sans réfléchir que l’intersyndicale gouvernementale menait dans le mur. Et le 8, ils attendront une nouvelle consigne de Cantona : brûler les billets retirés de la banque par exemple ?
Le désarroi non des « français » mais de la masse des prolétaires conviés à un travail morne et sans fin est perceptible derrière l’engouement pour la proposition farfelue de Cantona. Ce désarroi n’est pas méprisable contrairement à la proposition farfelue qui relève de l’action individuelle et atomisée « interclassiste », donc inefficace. Les élections sont truquées, ce ne sont que bourgeois ou bourgeoises qui se font élire. Les syndicats ne mènent qu'à des défaites successives. Que reste-t-il à faire? La révolution? Impossible faut payer avant ses dettes aux agioteurs des banques, truands protégés par la loi. Risquer de faire couler le sang inutilement pour retomber dans pire ? Conclusion de milliers de prolétaires anonymes et de bobos militants : il faudrait défiler derrière un footballeur qui a ergoté comme Mesrine qu’il faut frapper au porte-monnaie, prendre l'argent où il est, vider donc les banques. Et après? on verra bien. Désarroi et attente du Grand émoi.
Patience ! Tous les économistes reconnaissent que ce système va s'effondrer! Le système bancaire monétaire est en train de crever, et pas seulement l’euro. Il faut tout changer, c’est la planète qui court à sa perte en laissant de jours en jours de + en + de prolétaires dans la misère.
Depuis le début de la semaine, la panique a discrètement gagné les marchés européens, n’avez-vous pas remarqué que depuis 2009 les médias ont mis un bémol aux humeurs trop intempestives sur la gravité redoublée de la crise systémique ? Les taux auxquels les pays parviennent à emprunter de l’argent sont de plus en plus élevés en Espagne, en Italie, au Portugal, et même en Belgique et en France. Dans la péninsule ibérique, ils atteignent des records jamais connus depuis la création de l’euro en 1999. Un futur Fonds de soutien permanent aux pays en crise, est appelé à voir le jour mi-2013, en remplacement du mécanisme actuel, temporaire, mais certains exigent qu’il soit avancé d’urgence… Ne vous inquiétez pas, c’est pas Cantona qui va faire écrouler le système bancaire, sa faillite est déjà là, et nous n’aurons qu’à pousser un tout petit peu pour l’aider à s’effondrer vraiment, sans faire la queue à la banque ou au pole emploi.
«Je ne me risque pas à jouer au football et Eric Cantona devrait éviter de jouer à l'économiste». Lors d'une conférence de presse, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, alternant flatteries et mépris oligarchique, porta un deuxième tacle non sifflé par l’arbitre : «Je crois que quelqu'un qui est un grand footballeur ou un grand acteur de cinéma doit se garder d'intervenir dans le domaine financier, économique, surtout quand il n'en maîtrise pas les mécanismes», a tranché la ministre, après quatre jours de silence. En gros, la groupie de l’arbitre Sarkozy a dit : « ferme ta gueule Cantona, t’as le droit de taper dans le ballon comme les fils de prolos déshérités de banlieue mais ne te mêle pas de politique ! ». Du coup, nous les sans-grades, les pue-la-sueur, on s’est dit que la dame se fichait aussi de nous parce qu’on n’y connaît rien à l’économie mais suffisamment pour savoir que les banques nous roulent et que le gouvernement a fait passer sa loi contre les retraites des prolétaires. Et on aurait eu presqu’envie de suivre Cantona… comme on avait suivi les syndicats, sans lendemain !
C’est un fait que l’incursion du sombre footballeur adulé dans les quartiers ouvriers de Manchester passionne plus les prolétaires en France que les révélations de Wikileaks. Cantona continue d’ailleurs à faire le buzz (mon article de réponse précédent a été lu par 8500 personnes); des dizaines de milliers de personnes discutent depuis plusieurs jours sa « provocation » à ministre financière dans l’exercice de ses fonctions et crée l’événement sur facebook et Le Post. Malgré le caractère limité, franchouillard et sans perspective du précepte de Cantona, on peut lui être reconnaissant d’ouvrir une écoutille pour laisser s’exprimer le désarroi qui persiste en France après l’échec d’une défaite planifiée par syndicats et gouvernement sur les retraites (l’oubli est un élément du pouvoir : tout le monde a oublié la gaffe de Sarkozy en Janvier : « l’affaire sera pliée d’ici l’été… euh d’ici la fin d’année »).
Cantona a fait le buzz parce qu’il n’y a eu aucun bilan de la panade syndicale sur les retraites. Ou plutôt il y a eu deux ou trois bilans non répercutés par les médias, sur mon blog, sur le site de Robert Paris, un numéro spécial de « Révolution Internationale », ou sur celui de la CGT Goodyear Amiens qui demandait (sans rire) aux appareils de l’Etat de se ressaisir pour revenir aux fondements (défunts) du syndicalisme !
« La CGT Goodyear avait en septembre 2010 écrit au secrétaire général de la CGT, mais cette fois-ci nous estimons que la responsabilité de l’échec (car il faut parler d’échec) de la lutte contre la réforme des retraites est clairement le fait d’une stratégie qui dès le départ à donné le tempo d’une lutte volontairement molle !!!! (…) Vous ne mesurez pas l’impact négatif de cette lutte perdue d’avance du fait de vos positions confédérales, des milliers de salariés ont une impression légitime d’avoir été trahis, le gouvernement peut se contenter de cette situation, même si dans beaucoup d’endroit la colère couve et s’exprimera tôt ou tard, pourquoi ne pas avoir appelé à une grève reconductible interprofessionnelle le premier jour, en moins de 5 jours le gouvernement aurait plié, blocage des zones industrielles, des poumons économiques de notre pays, dès le premier jour et là, nous aurions gagné, c’est une certitude !!!! ».
La proposition de Cantona est bien faite pour plaire à ces syndicalistes et aux gauchistes qui ont joué le rôle de rabatteurs des manifs pépères pendant dix mois, comme s’en sont félicités les O.Besancenot et C .Autain. Où sont les stridents appels à la « Grèève Générâââle » et autre « Grève Interprofessionnelle jusqu’au retrait du projet du gouvernement » du genre de l’intersyndicale FO-Solidaires-FSU de Loire Atlantique qui n’acceptait pas « cette nouvelle dégradation pour toute la classe ouvrière au moment où le gouvernement arrose les banques et les spéculateurs à tout va, de plusieurs centaines de milliards d’euros …». Les frères siamois syndicaux ont disparu du paysage odieux-visuel. Pour la bourgeoisie, seul le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon, a dressé un bilan "contrasté" de la mobilisation contre la réforme des retraites : « Mais il (le bilan) est exceptionnel par le témoignage de solidarité entre les Français du public et du privé, entre jeunes et moins jeunes durant les cinq mois où les gens sont descendus dans la rue », « Le soutien dans l'opinion ne s'est jamais "démenti" », a-t-il ajouté, ce qui nous a fait une belle jambe.
Après la félonie des syndicats et de leurs exécutants de base, faut-il attendre celle de Cantona ?
Personne n’y a fait attention, mais Cantona a dit deux bêtises dans la présentation de son précepte pour « faire tomber le système ». Il a déclaré « les syndicats font ce qu’ils peuvent », non, « L’intersyndicale a mené la lutte dans le mur » (titre d’un excellent article-bilan de l’historien Robert Paris sur le site Matière et révolution du 27 octobre). Cantona a déclaré aussi que les manifestations ne servaient plus à rien. Cela aussi est faux, bien que repris naïvement par nombre d’internautes. Les manifestations sont toujours nécessaires mais encore faut-il qu’elles soient décidées par les travailleurs eux-mêmes avec un but précis et pas par une intersyndicale obscure, qui s’éclipse sans gêne fin novembre sans rendre des comptes à qui que ce soit.
Les enthousiastes de l’action anti-banque de Cantona tombent dans la même logique des mois de balades syndicales inutiles. Ils attendent le 7 décembre comme ils attendirent chaque annonce de la prochaine JA syndicale sans réfléchir que l’intersyndicale gouvernementale menait dans le mur. Et le 8, ils attendront une nouvelle consigne de Cantona : brûler les billets retirés de la banque par exemple ?
Le désarroi non des « français » mais de la masse des prolétaires conviés à un travail morne et sans fin est perceptible derrière l’engouement pour la proposition farfelue de Cantona. Ce désarroi n’est pas méprisable contrairement à la proposition farfelue qui relève de l’action individuelle et atomisée « interclassiste », donc inefficace. Les élections sont truquées, ce ne sont que bourgeois ou bourgeoises qui se font élire. Les syndicats ne mènent qu'à des défaites successives. Que reste-t-il à faire? La révolution? Impossible faut payer avant ses dettes aux agioteurs des banques, truands protégés par la loi. Risquer de faire couler le sang inutilement pour retomber dans pire ? Conclusion de milliers de prolétaires anonymes et de bobos militants : il faudrait défiler derrière un footballeur qui a ergoté comme Mesrine qu’il faut frapper au porte-monnaie, prendre l'argent où il est, vider donc les banques. Et après? on verra bien. Désarroi et attente du Grand émoi.
Patience ! Tous les économistes reconnaissent que ce système va s'effondrer! Le système bancaire monétaire est en train de crever, et pas seulement l’euro. Il faut tout changer, c’est la planète qui court à sa perte en laissant de jours en jours de + en + de prolétaires dans la misère.
Depuis le début de la semaine, la panique a discrètement gagné les marchés européens, n’avez-vous pas remarqué que depuis 2009 les médias ont mis un bémol aux humeurs trop intempestives sur la gravité redoublée de la crise systémique ? Les taux auxquels les pays parviennent à emprunter de l’argent sont de plus en plus élevés en Espagne, en Italie, au Portugal, et même en Belgique et en France. Dans la péninsule ibérique, ils atteignent des records jamais connus depuis la création de l’euro en 1999. Un futur Fonds de soutien permanent aux pays en crise, est appelé à voir le jour mi-2013, en remplacement du mécanisme actuel, temporaire, mais certains exigent qu’il soit avancé d’urgence… Ne vous inquiétez pas, c’est pas Cantona qui va faire écrouler le système bancaire, sa faillite est déjà là, et nous n’aurons qu’à pousser un tout petit peu pour l’aider à s’effondrer vraiment, sans faire la queue à la banque ou au pole emploi.
mardi 30 novembre 2010
La grande mystification de wikileaks

Mardi pardi les journalstes de "Soir 3" ne sont pas loin de l'apoplexie, l'affaire des révélations de l'entité WikiLeaks promet "une onde de choc aux conséquences incalculables", suscite un "embarras diplomatique"; le "spécialiste" ombrageux des questions internationales parle vite et sa voix tremble comme toute la diplomatie mondiale. Le grand "spécialiste" Pascal Boniface se demande même comment "protéger les chancelleries". Info ou intox? Du passé faisons table basse.
Après la chute de la Monarchie de Juillet, Alexis de Tocqueville, vedette de la bourgeoisie moderne franco-américaine et de ses intellectuels de gouvernement, est élu à l'Assemblée constituante de 1848. Il est une personnalité éminente du parti de l'Ordre, un parti résolument conservateur. Prenant conscience du poids de la classe ouvrière et de l'émergence du socialisme avec la Révolution de 1848, qu'il considère comme une trahison de la révolution bourgeoise de 1789, il approuvera sans aucune réserve la répression des ouvriers lors des Journées de Juin. Il est membre de la Commission chargée de la rédaction de la constitution. Il y défend surtout les institutions libérales, le bicamérisme (système à deux parlements), l'élection du président de la République au suffrage universel, et la décentralisation. Il est élu à l'Assemblée législative dont il devient vice-président. Hostile à la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence, lui préférant le négrier fusilleur d’ouvriers Cavaignac , il accepte cependant le ministère des Affaires étrangères entre juin et octobre 1849 au sein du deuxième gouvernement Odilon Barrot. Le 12 juin 1849 à Paris Tocqueville refuse la demande de l'extrême gauche de communiquer des pièces diplomatiques relatives au siège de Rome et manifeste à cette occasion sa solidarité avec le ministère.
La rétention des affaires diplomatiques est ancienne. Aucun pouvoir n’accepte de divulguer ses documents au-delà d’un siècle. Serions-nous privilégiés au XXIème siècle avec le site de Monsieur Julien Assange selon qui l'objectif à long terme est que WikiLeaks devienne « l'organe de renseignements le plus puissant au monde ».
WikiLeaks est un site Web de balance d’infos sensationnelles dont la prétention d'être est de donner une audience aux fuites d'information en provenance notamment « des régimes d'oppression en Asie, aux États-Unis, dans l'ancien bloc soviétique, en Afrique et au Moyen-Orient » tout en protégeant ses sources. Le site a été créé en décembre 2006 et dans l'année qui a suivi, il a ajouté 1,2 million de documents à sa base de données grâce à une communauté d'internautes, composée de dissidents chinois, iraniens, de mathématiciens et de technologues d'entreprises Internet des États-Unis, de Taïwan, d’Europe, d’Australie et d’Afrique du Sud et de nombreux anonymes. Le site publie 250 000 notes diplomatiques confidentielles, prétendues gênantes pour l’administration Obama, qui a succédé au massacreur Bush. Le site WikiLeaks a publié un ensemble de plus de 250 000 télégrammes rédigés ces dernières années par le ministère américain des Affaires étrangères et son réseau d’ambassades dans le monde. La plupart de ces documents couvrent la période entre 2004 et mars 2010.
Le 17 avril 2009, WikiLeaks avait dévoilé l'intégralité du procès de l'Affaire Marc Dutroux, le pédophile belge, en particulier le résumé de ses auditions,1 235 pages de synthèse de l'enquête destinées au juge d'instruction. WikiLeaks a publié le 5 avril 2010 une vidéo de l'armée américaine montrant deux photographes de Reuters tués par un hélicoptère Apache lors du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Le 25 juillet 2010, en collaboration avec The Guardian, The New York Times et Der Spiegel, WikiLeaks rend publics les War Logs, 91 000 documents militaires américains secrets sur la guerre en Afghanistan. Le porte-parole du site a affirmé que certains des documents pourraient permettre de prouver d'éventuels crimes de guerre. Le 23 octobre 2010, après avoir donné une avant première aux journaux alléchés Le Monde, The Guardian, The New York Times et Der Spiegel, aux télévisions Al Jazeera, SVT, Channel 4 et aux sites Bureau of Investigative Journalism, Iraq Body Count et OWNI, Wikileaks a mis en ligne 391 832 documents secrets sur l'Irak, portant sur une période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, et révélant notamment que la guerre avait fait environ 110 000 morts pour cette période, dont 66 000 civils et indiquant que les troupes américaines auraient livré plusieurs milliers d'Irakiens à des centres de détention pratiquant la torture. Le gouvernement français a répliqué par son porte-parole. François Baroin a assuré que la France est «très solidaire de l’administration américaine», présentant comme «une menace» la publication par le site de Julian Assange des quelques 250.000 notes diplomatiques confidentielles. Le nouveau ministre de la Défense, Alain Juppé a dénoncé lui aussi un modus operandi «scandaleux» et «irresponsable». D’autant, a estimé M. Juppé qu’«il n’y a rien de fracassant» dans les révélations. C’est vrai. Les attaques ad hominem sont légion sous les poignées de main des diplomates bourgeois.
François Baroin est un homme du sérail du pouvoir bourgeois, fils de Michel Baroin mort dans un accident d’avion non élucidé le 5 février 1987 au Cameroun qui était un haut fonctionnaire, homme d'affaires français et Grand-maître du Grand Orient de France. Selon Dominique Lorentz, cet accident était à relier à une campagne d'attentats de l'Iran motivée par le contentieux Eurodif. Curieux porte-flingue opportuniste de Nicolas Sarkozy après avoir été un « bébé Chirac », il fait la déclaration sybilline suivante : «Moi j’ai toujours pensé qu’une société transparente, c’était une société totalitaire.» «Nous sommes très solidaires de l’administration américaine sur la volonté d’éviter ce qui, non seulement porte atteinte à l’autorité des Etats, à la qualité de leurs services, mais met en danger des hommes et des femmes qui ont travaillé au service du pays». Au service de la puissance américaine ? Les collabos des puissances impérialistes n’on qu’à bien se tenir. Le jeune Baroin en langage maçonnique signifiait : « Moi j’ai toujours pensé qu’une société opaque c’était la meilleure gestion démocratique sarkozienne ». Pas de meilleure définition de l’oligarchie régnante en France.
Wikileaks et cinq journaux mondains, dont Le Monde, ont commencé pour accroître leurs ventes à publier le contenu de télégrammes ou de mémos diplomatiques, émanant de l’administration américaine, malgré cette apparente « atteinte à la souveraineté des Etats » dominants la planète. Ces documents montrent, comme par hasard, notamment l’inquiétude suscitée en Europe, Israël et dans le monde arabe par le programme nucléaire iranien, soupçonné d’avoir des visées militaires. Certains télégrammes montrent également que l’ambassade américaine à Paris taxe Nicolas Sarkozy de «susceptible» et d’«autoritaire». Une façon de rappeler à l’ordre un sous-fifre d’un pays secondaire.
Et ça balance. WikiLeaks rapporte aussi un entretien confidentiel que Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique du président de la République, a eu avec un haut responsable américain où il y qualifie de «fou» le président vénézuélien Hugo Chavez, en train de transformer son pays en un «autre Zimbabwe». Il traite aussi que l’Iran d’«Etat fasciste». Selon la plupart des médias, les gouvernements des grands pays du monde tremblent ou s'indignent de telles « révélations ». Cinq titres de la presse internationale - The New York Times, Le Monde (France), The Guardian (Grande-Bretagne), El Pais (Espagne) et Der Spiegel (Allemagne) ont publié des documents diplomatiques américains fournis par le site Wikileaks, dont beaucoup sont classés «secret». Quelque 251.287 «câbles», couvrant une période allant de 1966 à février dernier, ont ainsi été mis en ligne. Et certains ne s'avérent nullement gênants pour les futures rencontres entre les Etats-Unis et leurs partenaires lesquels connaissent le mépris américain à leur encontre. La Maison Blanche a condamné dimanche «dans les termes les plus forts» la publication «irresponsable et dangereuse» de ces documents, affirmant que l'initiative de WikiLeaks pourrait faire courir des risques mortels à des individus, mais pas à la mystification démocratique occidentale. Le site créé par l’aventurier Julien Assange a justifié de son côté sa démarche en expliquant avoir voulu souligner la contradiction entre la position officielle américaine et «ce qui se dit derrière les portes closes». Pas très méchant.
Parmi ce nouveau torrent de documents, un câble daté du 16 septembre 2009 rapporte, comme si on y était, un entretien du secrétaire d’Etat adjoint, l’Américain Philip Gordon, avec le conseiller diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte et quelques autres conseillers sont « mouillés » car ils auraient qualifiés l’Iran d’Etat « fasciste ». Mouillé aussi, au sujet de la Russie, l’un des diplomates français, Roland Galharague, aurait affirmé : «La racine du problème, c’est le régime.» Loin des courbettes habituellement réservées au duo Poutine-Medvedev pour leur vendre des armes, le conseiller de l’Elysée chargé de la Russie, Damien Loras, aurait renchéri : «Les dirigeants russes manquent de vision suffisante à long terme pour leur pays et, au lieu de cela, se concentrent sur un horizon à six mois et sur leurs intérêts commerciaux». D’ici quatre ou cinq ans, «la Russie ne pourra plus subvenir à la demande européenne» en matière d’énergie, aurait mis en garde le même Damien Loras : cela risque de donner à la Russie «encore plus de possibilités d’influence sur une Europe qui ne s’est pas préparée à diversifier son approvisionnement énergétique», ou à… se rapprocher du grand frère US. Toujours au cours de cet entretien, Jean-David Levitte aurait qualifié le président vénézuélien, Hugo Chávez, de «fou», bonne révélation pour distraire le Vénézuela de toute relation commerciale avec l’Europe. «Il est en train de transformer l’un des pays les plus riches d’Amérique latine en un nouveau Zimbabwe», aurait expliqué le servile conseiller diplomatique de Sarkozy à ses hôtes américains.
A propos de la chancelière allemande, Angela Merkel, on lit qu’elle «évite les risques et est rarement créative», donc peu intéressante pour les affaires commerciales. Au sujet des deux Corées, au cœur des préoccupations mondiales ces jours-ci, des télégrammes montrent que les Sud-Coréens ont proposé d’offrir des «incitations commerciales à la Chine» pour qu’elle se rende à l’idée d’une réunification de la péninsule. Le troc est bien une méthode courante de la diplomatie américaine rappellent d’ailleurs ces documents : la Slovénie s’est vue demander d’accueillir un prisonnier de Guantánamo en échange d’une entrevue avec le président Obama, il n’y a pas de petits profits. La Belgique s’est entendue suggérer qu’accueillir des prisonniers de la base militaire serait, pour elle, «un moyen à moindre coût de jouer un rôle de premier ordre en Europe», à défaut de calmer les ardeurs hostiles entre flamands et wallons.
La Chine, enfin, est montrée du doigt à de nombreuses reprises, ce qui ne peut que contenter l’administration Obama. Un document affirme que le Bureau politique du Parti communiste est directement à l’origine des attaques contre Google en Chine, Google ce plénipotentiaire de la Silicon Valley. Depuis 2002, des agents recrutés par le gouvernement chinois s’efforceraient aussi de pénétrer dans les ordinateurs du gouvernement américains et de ses alliés occidentaux, ce qu’on savait déjà. Les documents dont WikiLeaks est en possession «abordent une immense gamme de sujets très sensibles», a déploré Elizabeth King, secrétaire adjointe à la Défense. Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat, et, si émotionnée qu’elle a appelé en personne ses homologues allemand, français, chinois, afghan, saoudien et émirati pour tenter d’amortir le choc. D’autres diplomates américains se sont chargés de prévenir l’Australie, la Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark, la Norvège et Israël. «A la différence des opinions publiques, les Etats ne seront pas tellement surpris d’apprendre ce que les Américains pensent d’eux», prédit Justin Vaïsse, directeur de recherches sur la politique étrangère américaine et l’Europe à la Brookings Institution. Mais ces documents peuvent être aussi révélateurs des «initiatives de certains pays européens sur l’Afghanistan ou l’Iran», en marge de l’empire US. Cette publication va «mettre en danger les vies d’innombrables innocents», a protesté hypocritement l’administration Obama, comme elle l’avait déjà fait en juillet et en octobre, quand WikiLeaks avait mis en ligne des documents sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak. Ces notes avaient « été fournies en violation de la législation américaine et sans considération pour les graves conséquences de cette action», a répété le conseiller juridique du département d’Etat, Harold Koh, dans une lettre au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Passé le moment de bonheur qu’auront les journalistes du monde entier à publier les extraits les plus cinglants, ces fuites risquent d’être «dommageables» redo a ajouté sans rire Justin Vaïsse : «Elles vont conduire à accroître la protection des informations, à des destructions de documents et à un renfermement des diplomates sur eux. Au final, elles vont rendre la vie internationale moins transparente et plus secrète.»
Beaucoup de bruit pour rien donc. Comme lors de l’affaire Farewell (l’espion russe passé au service de la CIA) les différents services secrets occidentaux n’ont que foutre de la vie des agents « doubles » ou « détournés ». Qui peut sérieusement croire à la dangerosité de la « spontanéité » ou « indépendance » des individus qui animent Wikileaks ? Qui peut croire qu’un empire industriel, technologique, hyper-espion de la planète et nucléaire comme les USA serait « victime » d’une cabale indépendante de « corbeaux » pour corriger la perversion du capitalisme militariste?
Ce n’est pas la vie des « informateurs » qui préoccupe les dirigeants des Etats de la planète, mais des règlements de comptes obscurs au sein des coalitions impérialistes, et assez lourdement la prolifération intéressée d’un « victimisme » des démocraties impérialistes qui seraient trop exposées, trop « transparentes » face à l’hydre terroriste des « Etats voyous ». Une longue campagne d’intoxication commence qui pourrait mener à la guerre contre un nouvel « axe du mal ».
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Cet ex. membre de Wikileaks, parfaitement identifié par nous, nous a envoyé le texte ci-dessous. Il précise notre article du 5 septembre : http://dutron.wordpress.com/2010/09/05/les-lourdes-incriminations-qui-pesent-sur-julian-assange-touchent-wikileaks/ Il nous explique, de l’intérieur, qu’il connaît bien. La fuite des informations de Wikileaks vers le réseau « Genesis », la situation d’Assange, les possibilités de manipulations au sein du système US, etc.
1. Julian ASSANGE se présente comme « l’initiateur et le créateur » de WikiLeaks : FAUX. C’est un groupe de mathématiciens, puis d’informaticiens et enfin d’informateurs qui ont créé WikiLeaks. Assange s’est imposé comme « un porte-parole naturel » principalement parce qu’il est et était appuyé par des élus islandais.
2. Si beaucoup de membres de WikiLeaks se révoltent, ils ne quittent pas WikiLeaks. Ils se mettent « en attente ». Assange n’est rien sans une équipe. Pas de techniciens et pas de site !
3. Une « guerre civile » sous-entend deux groupes importants qui s’affrontent : FAUX.
Il y a d’un côté la majorité des membres (bénévoles et informateurs)
et de l’autre, Assange et les employés payés de WikiLeaks. Payés par quels fonds, quelles sources ? Une seule certitude : seuls 10 % des frais sont assurés par les dons issus du site.
4. « Pour Birgitta Jonsdottir, qui dit être une amie de Julian Assange, il faudrait que ce dernier se concentre sur ces accusations et que donc il n¹intervienne plus dans Wikileaks, au moins le temps de l’enquête » : cette élue islandaise n’est pas une amie d’Assange mais un soutien politique islandais.
5. Problème de WikiLeaks : Qui pourrait « reprendre le flambeau » de porte-parole du site ? Vous devez prendre tous les coups bas, effacer votre famille, vos amis. Et il y a les risques physiques, les « services » d’à peu près tous les pays du monde. Assange n’a jamais apporté d’explications surses motivations d’être porte-parole de WikiLeaks !
6. L’existence même d’un site du type WikiLeaks n’est pas en danger : d’autres reprendront le système. Ce qui est contesté c’est le fait qu’à peine 40% des informations et documents réceptionnés au sein de WikiLeaks soient censurés. Ok, les USA ont beaucoup de secrets mais pas uniquement militaires et pratiquement tous les autres pays de la planète ont leurs secrets. Au sein de WikiLeaks, il n’y a plus qu’une seule bataille : tous contre les USA.
7. Assange est effectivement « brut de décoffrage », un pur australien genre Crocodile Dundee mais il n’est pas connu pour son côté génial avant ses apparitions, qui connaissaient le nom d’Assange ? Qui connaissait ce hacker qui aurait piraté la NASA ???
8. Si Assange est CIA, leurs manœuvres tournent mal mais c’est une habitude dans cette « agency ». Peu probable sauf si CIA s’est retournée contre l’US Army et pire, la Maison Blanche.
9. Une certitude pour une des fuites majeures de l’US Army : Manning, celui qui a sorti les documents était connu de l’US Army comme ayant des problèmes psychiatriques. Son arme de service avait été désactivée 1 an avant les fuites. OK, tout ne va pas au mieux au pays de l’Oncle Sam mais pas au point de donner des accès à des salles et des documents classifiés. A savoir, ce type de personnel est « criblé » (très surveillé) et est régulièrement soumis à des tests psychologiques.
10. Des « collecteurs » de WikiLeaks disposent d’une moyenne de 30 à 40% d’informations confidentielles concernant les USA ET l’OTAN dont pratiquement la moitié est à caractère politique ou financier et non militaire. Le reste des documents qui devraient être publiés représentent entre 60 et 70% d’informations d’origine (dans l’ordre d’importance) : Proche Orient, Russie, Chine, Europe. Aucun n’est publié : raison invoquée par WikiLeaks : manque de moyens. OK, mais alors pourquoi ne pas respecter une règle proportionnelle de publication? Où est la publication de listes d’espions russes ou chinois fournies et complétés pas des sources confirmées ?
11. Je ne vais pas me prononcer sur des guerres entre CIA et US Army. Pas plus, pas moins probablement que dans toutes les administrations. Il est inutile de penser qu’au delà de quelques croche-pieds, cette lutte prenne cette ampleur au nez des services secrets, des politiciens US et surtout de la Maison Blanche.
12, Un des problèmes d’éthique de WikiLeaks est de localiser et identifier ses sources alors que l’on déclare le contraire sur le site. Oui, ces données sont protégées mais rien n’est inviolable. Et pourquoi prendre un tel risque ? Si ce n’est être une monnaie d’échange ?
13. Une manœuvre d’une « agency » US ? Si c’est le cas, elle ne peut émaner que du plus haut de l’Etat : La Maison Blanche et être dirigée que par un ou deux conseillers du Président. Quelles raisons ?
- McCrystal est parti pour des raisons bien professionnelles et Petraeus a été manipulé par la Maison Blanche (ou il a été d’accord de jouer le jeu).
- L’Afghanistan sera LE thème de la prochaine campagne présidentielle. Elle va débuter progressivement en 2011 après les élections de la Chambre et du Sénat en Novembre 2010.
- Malgré les déclarations de Pétraeus sur l’assurance de pouvoir décider du retrait d’Afghanistan, la Maison Blanche a fait savoir que la date de retrait (fixée mi 2011) n’était pas négociable. Pourquoi ?
o Parce que si le Président Obama veut se faire réélire pour un second mandat, il devra s’appuyer sur l’image de son prix Nobel.
o Monter des manœuvres (WikiLeaks entre autres),
o le retrait des sociétés de sécurité (dans deux mois), d’Afghanistan
o un accord de paix Israël/Palestine justement dans un an … Le Président Obama a compris qu’en matière de politique intérieure, avec le blocage des Républicains, que la reprise économique n’est pas pour demain et que le chômage ne sera pas résorbé pour les prochaines élections.
La seconde moitié de son mandat servira à la politique internationale et à être celui qui aura ramené tous les soldats américains à la maison, y compris ceux d’Afghanistan. Imaginez l’impact électoral du dernier soldat US rentrant aux USA quelques mois voir quelques semaines avant l’élection ? Ce même soldat envoyé combattre par « le vilain Bush », qui est … républicain !
Et voilà justement un WikiLeaks qui publie un maximum de réalités sur l’Afghanistan et un Julian Assange transformé en machine dirigée contre les républicains. La guerre en Afghanistan, c’est eux.
14. Attention, j’écris au conditionnel : des manœuvres secrètes menées par un très petit nombre et avec la bénédiction du Président des USA n’ont jamais été couronnées de succès : Kennedy, le Watergate ont été des « affaires » qui ont été des échecs. Pourquoi ? Pour garder le secret, un ou deux hommes seulement dirigent la manœuvre. Politiciens, ce sont des amateurs de la manipulation. C’est une des bonnes raisons pour que CIA, NSA, FBI et Services Secrets US doivent disposer d’un nombre importants d’agents et de moyens.
Les républicains ne sont pas dupes : au sein de WikiLeaks, d’autres
qu’Assange, ont des contacts journaliers avec des politiciens républicains.
Assange inculpé, une bonne idée pour lui donner le rôle d’un martyr mais cela a l’effet contraire : les autorités suédoises n’ont pas assurés leurs rôles : trop de précipitation, de communiqués … Personne ne sait plus aujourd’hui s’il faut inculper ou non Assange ! S’il est inculpé, il prend l’opinion publique internationale à témoin mais il perdra WikiLeaks. Déjà, sous les yeux horrifiés des services de renseignements étrangers (chinois et russes en tête), agissent « les collecteurs » des informations données par les informateurs de
WikiLeaks. Elles ne sont plus transmises « au centre névralgique de WikiLeaks ». Des réseaux entiers d’informations WikiLeaks passent dans un réseau parallèle de collecte et analyse d’informations : Genesis. Ce projet a été initié par les républicains au temps de Bush. Une sorte de réseau international de stockage de données.Si l’on peut faire un jeu de mots, WikiLeaks « se liquéfie » et des informations ultrasecrètes sont dispersées. Des fuites organisées et maîtrisées deviennent des torrents, bientôt des océans. Rien qu’en Belgique, plus de 6 000 000 de documents confidentiels ont été récoltés de Juin 2010 à Août 2010 sans avoir été transmis et publiés. Aucun document ne concerne les USA.
15. Pourquoi avoir peur ? Pas mal d’espions professionnels commencent à décéder ici et là. Certains sont manipulés : ils sont mal payés et c’est la crise pour tous. Et il y a tous ceux qui trahissent sans être pris. Il estprobable que CIA, NSA, FSB, ISI et autres « agency » commencent à ne plus maîtriser la situation. « Les offres » financières se multiplient pour infiltrer WikiLeaks : plus d’un million pour de simples « informations de l’intérieur du réseau » jusqu’à des « investissements à longs termes » pour infiltrer, manipuler WikiLeaks. La crise n’est pas pour tout le monde. Assurer à chacun qu’un collaborateur bénévole, ne cède à la tentation relèverait d’un mensonge inutile.
Un « collecteur » WikiLeaks dirigé contre Assange
dimanche 28 novembre 2010
Vider les banques? Ma réponse à Eric Cantona (*)

Peu passionné par le football, je vous aime bien comme acteur de cinéma, mais pas du tout comme conseiller politique. Je tenais d’abord quand même à vous remercier d’avoir été le premier à répondre, et avec des échos au niveau international, aux inutiles balades syndicales de cette année par tous ces aristocrates du travail si flattés par le président Sarkozy. La défaite sans véritable combat d’une petite partie des prolétaires embrigadés ou aux retraites protégées, conclu par un ridicule « pique-nique » syndical n’est pas la défaite de tout le prolétariat, mais déprime la lutte dans les autres pays. Grèves générales sans lendemain en Espagne et au Portugal comme les manifestations en Irlande ont répété le même schéma de défilés syndicaux inutiles. En France, si les dés n’avaient pas été pipés dès janvier dernier, une véritable lutte avec de vraies AG et la nomination d’un comité de grève central responsable devant la population travailleuse et dont les débats internes auraient été chaque jour transmis en direct par voie télévisuelle (comme les micros que les ouvriers polonais avaient imposé en 1980 dans la salle des négociations) avec la possibilité de chasser immédiatement cette intersyndicale obscure ficelée par le gouvernement.
Très touché par la situation des pauvres et des mal logés, vous êtes parrain de la fondation Abbé Pierre depuis 4 ans et vous venez de sortir un recueil de photos témoignant de la misère dans le monde. J’ai trouvé votre déclaration suivante très sentimentale nationale: « « Être français, est-ce que c'est parler français, chanter la Marseillaise et lire la lettre de Guy Môquet ? Non, ça c'est être con. Être français, c'est être révolutionnaire. » Mais croyez vous que français ce soit le critère pour être révolutionnaire à l’heure de la crise mondiale ?
Vous avez parfaitement saisi l’inutilité et la cuistrerie de la couleuvre syndicale de 2010 : «Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres (pour manifester), tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent" ». Vous avez suscité soudainement l’intérêt des médias en engageant ainsi « tout le monde » à retirer son argent des banques le 7 décembre : « S'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule (...) La révolution se fait par les banques". "Pour parler de la révolution, on va pas prendre les armes, on va pas aller tuer des gens. Il y a une chose très simple à faire (...) Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques". Et s'il y a 20 millions de personnes qui retirent leur argent, le système s'écroule: pas d'arme, pas de sang, rien du tout. A la Spaggiari" ». Alors que vous semblez limité vous aussi comme les professionnels du syndicalisme à des solutions nationales, vous conviendrez que votre idée a eu tout de même une extension internationale puisque, paraît-il des gens trouvent votre idée géniale au paradis du pognon en Suisse ! Des banquiers suisses se seraient aussi affolés !
D’accord pour parler avec vous révolution nécessaire et indispensable, dans tous les pays et en mettant des coups de pieds au cul (avec chaussures cloutées de footballeur) de tous ces employés d’Etat syndicalistes qui l’ont en horreur. S’il suffisait de s’en prendre aux banques comme vous le préconisez pour faire « écrouler le système » comme vous dites, je vous sauterais au cou de joie. Hélas c’est du pipeau, comme tant d’autres projets de grève des consommateurs, des automobilistes, des collectionneurs de timbres ; et en plus vague puisque vous vous adressez à cette catégorie interclassiste de « français » ! Je me suis demandé comment vous alliez faire pour montrer l’exemple vous milliardaire du jeu collectif le plus populaire du monde. Allez-vous louer un camion de la Brink’s, et le faire garder jour et nuit dans une de vos propriétés ? Avez-vous pris la précaution de tout placer en actions, dans l’immobilier afin de ne retirer que quelque argent de poche au jour J devant les caméras de télévision? Savez-vous que la plupart des prolétaires n’ont quasi plus rien sur leur compte en banque au milieu du mois, et qu’ils sont débiteurs à la banque ? Savez-vous que la plupart des personnes âgées isolées ou même des rmistes au chômage craignent d’aller chercher leur argent au jour dit parce qu’on les attend au coin de la rue pour les dépouiller ?
Vous accréditez dangereusement en outre que l’argent aurait une valeur. C’est faux ce n’est pas l’argent qui a une valeur, c’est l’homme. Vous devriez savoir que lorsque Marx jeune plagie Shakespeare et Goethe c’est pour réaffirmer la valeur humaine : « L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l'homme. [...] Il apparait aussi comme cette puissance de perversion contre l'individu et contre les liens sociaux, etc. (...). Il transforme la fidélité en infidélité, l'amour en haine, la haine en amour, la vertu en vice, le vice en vertu, le valet en maitre, le maitre en valet, le crétinisme en intelligence, l'intelligence en crétinisme. Comme l'argent, qui est le concept existant et manifestant de la valeur, confond et échange toutes choses, il est la confusion et la permutation universelles de toutes chose, donc le monde à l'envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines» (Manuscrits de 1844 : Le pouvoir de l'argent). Vous êtes trop jeune pour vous rappeler le proverbe de Coluche définissant la valeur : « Le monde appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt ».
Vous accréditez surtout la théorie fallacieuse de la gauche caviar et de toute l’armada des gauchistes suivistes que la crise serait « la faute aux banques », excusant ainsi le capitalisme comme énorme machine étatique, répressive, parlementaire imbécile et syndicratie aristocrate, avec ce mythe abstrait du « pouvoir de l’argent » ; suffirait de s’attaquer à l’argent contenu dans les banques ! Or, l’argent est d’abord la sueur et la terreur du prolétaire, le sang du prolétaire est extorqué, bonifié par la planche à billet, soigneusement récolté puis redistribué dans les divers circuits capitalistes sous forme d’actions, d’obligations, de crédits, investis, injectés, réinjectés. L’argent n’est donc pas simplement dans les banques. Les banques ne sont pas seules face à leur client, lequel n’a pas tous les droits : telle banque peut fermer le 7 pour ravalement de façade. Un décret d’Etat suffit comme en Argentine pour refuser la sortie de grosses sommes d’argent….
Je crois que vous êtes trop jeune, trop naïf et ignorant de l’histoire complexe des révolutions. Je pense comprendre la raison d’une telle naïveté – le mépris de la classe ouvrière identifiée aux syndicats pourris, croyance que j’ai souvent trouvée chez les sportifs de haut niveau – basée sur une vision bourgeoise, pour ne pas dire très catholique de la pauvreté. Où sont les pauvres ? Partout, dans toutes les classes répondait Georg Simmel en 1907:
« … les préjugés de classe sont suffisamment forts pour rendre la pauvreté pour ainsi dire invisible ; et avant cela, la pauvreté est une souffrance individuelle, sans conséquences sociales. (…) L’affirmation socio-démocratique selon laquelle le prolétaire moderne est définitivement pauvre, mais pas un homme pauvre, s’accorde à cette interprétation. Les pauvres, en tant que catégorie sociale, ne sont pas ceux qui souffrent de manques et de privations spécifiques, mais ceux qui reçoivent assistance ou devraient la recevoir selon les normes sociales ». Plus précis encore : « Le fait que quelqu’un soit pauvre ne veut pas dire qu’il appartienne à la catégorie spécifique des pauvres. Il peut être un commerçant, un artiste ou un employé pauvre, mais il demeure dans la catégorie (commerçant, artiste ou employé), qui est définie par une activité ou une position spécifique ».
Le pauvre en soi comme le français en soi ne sont donc nullement révolutionnaire. C’est le prolétariat comme classe qui fait tourner toute la société qui est seule capable de « faire écrouler le système ». On n’a pas le droit de cacher cette vérité, ni sous prétexte que la classe ouvrière s’est fait rouler dans une nouvelle manipulation syndicale avec gros ballons et flonflons, d’inventer des solutions individuelles aléatoires et aussi dangereuses finalement que les hâbleries et crêperies syndicales.
En effet, le plus grave dans votre déclaration bon enfant, confortablement allongé dans votre fauteuil, aura été votre exaltation du pacifisme et au nom du mafioso Spaggiari, ce conte pour enfants qui aura profité probablement à quelque parti de gouvernement vendeur d’armes.
Vous croyez que la classe bourgeoise qui est en train de supprimer la retraite, qui rogne toutes les concessions sociales, qui envoie nos enfants des banlieues sans diplômes se faire tuer en Afghanistan, qui jette à la rue des milliers et des milliers pour maintenir les profits non des seuls banquiers, mais de la haute de Neuilly, des milliardaires du sport comme vous, et qui dégraisse ce ballon montgol-fière des couches moyennes au point que la hiérarchie sociale va ressembler vraiment sous peu à la Tour Eiffel, va nous céder la place galamment à nous les millions de prolétaires, sans cris, sans nous tirer dessus ?
Vous nous prenez pour des cons, ou quoi ?
PS: J'oubliais le plus important, c'est pas le tout de dire "faut faire effondrer le système", mais pour le remplacer par quoi: quel est votre programme, quel est votre parti Cantona?
(*) Le titre a été modifié bienheureusement par la rédaction du Post, je les en remercie. Cet article a été publié au même moment donc sur LE POST, en 3 heures j'ai eu près de 3500 lectures...(et jusqu'au lundi 6 déc: 9753!) alors qu'avec ce blog je rame au quotidien avec une petite centaine de connections; je me demande si je vais pas le laisser tomber. Quant à la toquée nommée Sylvie qui me dénigre sur Le Post et demande ce que je propose, elle n'a qu'à relire attentivement, la réponse y est.
jeudi 25 novembre 2010
Crétinisme syndicaliste

Ce qui caractérise le parti syndical, dans ses multiples fractions (CGT, CFDT, FO, SUD), l’était déjà du crétinisme parlementaire dénoncé par Marx au 19ème siècle : « « Ils sont atteints de crétinisme parlementaire au point de se figurer qu’ils sont au-dessus de toute critique et de condamner la critique comme un crime de lèse-majesté! » »
La classe ouvrière française est-elle réellement infectée de la maladie syndicaliste et croit-elle que, grâce aux défilés syndicaux, le saint esprit se déverse sur les permanents, transformant les séances des intersyndicales obscures en conciles infaillibles et les pique-niques syndicaux en dogmes inviolables?
Le parti syndical a été mis en vedette pendant 10 mois, précisément parce qu’il était le seul parti capable de faire avaler la couleuvre sur les retraites. Si, dans une interview télévisée le président Sarkozy a remercié les syndicats, soucieux du mauvais effet de cette nouvelle bourde du Chef de l’Etat, l’aristocrate Chérèque a objecté « nous n’attendions pas la compassion du président » quand l’aristocrate Thibault, prévenu du mauvais effet de la bourde, rectifiait aussitôt que « le gouvernement se fout des syndicats ». Effet garanti puisqu’un blogueur, retraité syndicaliste CGT, m’objecta que j’étais tombé dans le piège à Sarkozy.
A en croire ces messieurs les aristocrates, le parti syndical ne doit pas être un parti exclusivement de « salariés » mais un parti populaire, ouvert à tous les hommes soucieux de l’avenir de nos retraites. Il le prouvera avant tout en abandonnant les vulgaires passions révolutionnaires et en se plaçant sous la direction de ministres instruits et européens. Alors viendront s’y joindre de nombreux professeurs de syndicalisme appartenant aux sphères des classes instruites et victimes des subprimes.
La classe ouvrière se préoccupe trop de son sort, négligeant de se syndiquer. Car le parti syndical manque encore cruellement de troupes d’hommes jeunes. Il est pourtant désirable et nécessaire de confier les mandats à de nouveaux permanents qui disposent de suffisamment de temps pour se familiariser pleinement avec l’art de la négociation pour rien. Le simple ouvrier et le petit employé… n’en ont que très rarement le loisir nécessaire. Donc, votez massivement pour les candidats de l’aristocratie ouvrière l’an prochain.
Bref: la classe ouvrière, par elle-même, est incapable de s’affranchir. Elle doit donc passer sous la coupe de syndicalistes « instruits et avisés » qui seuls « ont l’occasion et le temps » de se familiariser avec les intérêts des « salariés ». Puis, il ne faut à aucun prix combattre le gouvernement, mais, au contraire, il faut le gagner par une propagande énergique, des pique-niques et des cordons humains autour de la Bourse.
Pour enlever au gouvernement la dernière trace de peur, on doit lui prouver clairement que le spectre d’une levée en masse des prolétaires n’est vraiment qu’un spectre, que la classe ouvrière est incapable de s’élever par elle-même. Mais qu’est-ce que le secret des Conseils ouvriers si ce n’est la peur de la bourgeoisie de l’inévitable lutte à mort qu’elle aura à mener avec le prolétariat? La peur du résultat fatal de la lutte de classe moderne? Qu’on abolisse la lutte de classe, et la bourgeoisie et « tous les hommes de paille » de l'aristocratie syndicale ne craindront plus « de marcher avec les prolétaires, la main dans la main »! Ceux qui seront alors les dupes, c’est justement les prolétaires.
La revendication ne sera pas abandonnée mais simplement ajournée – jusqu’en juillet 2011 comme l’a assuré l’aristo Thibault. Le gouvernement l’adoptera définitivement, mais non pas pour ses ministres et pour le président, mais à titre posthume, comme un legs destiné aux résignations futures. En attendant, le parti syndical emploie « toute sa force et toute son énergie » pour toutes sortes de bricoles et de rafistolages de la société capitaliste, pour faire croire qu’il se passe quand même quelque chose et pour que la bourgeoisie et son gouvernement n’en prennent pas peur.
Ce sont les représentants de la petite-bourgeoisie qui s’annoncent ainsi en tombant dans le parti syndical, de peur que le prolétariat, entraîné par sa situation révolutionnaire, « n’aille trop loin ». Au lieu d’une franche opposition politique: négociation générale; au lieu de la lutte contre le gouvernement et la bourgeoisie: la tentative pour les gagner et les persuader; au lieu d’une résistance énergique à toutes les violences venant d’en haut: la soumission humble et l’aveu de mériter le châtiment. Tous les conflits historiquement nécessaires sont interprétés comme des malentendus et toutes les discussions se terminent par la constatation du parfait accord des parties. Les gens qui en 1968 se considéraient comme des staliniens, peuvent maintenant tout aussi bien s’appeler social-démocrates. Pour les premiers, c’était la mort de Staline qui était infiniment loin; pour les seconds, c’est la collaboration au système capitaliste et cet objectif n’a par conséquent aucune importance pour la pratique politique du présent; on peut donc négocier, faire des compromis, agir en « avocat du salarié », à cœur joie. Il en est de même de la lutte de classe entre le prolétariat et la bourgeoisie. On la reconnaît sur le papier, puisqu’on ne peut pas la nier, mais dans la pratique on cherche à la camoufler, à l’effacer, à l’affaiblir. Le parti syndical ne doit pas être un parti prolétaire, il ne doit pas s’attirer la haine de la bourgeoisie ou de qui que ce soit; il doit avant tout faire une propagande énergique parmi les médias au lieu de s’appesantir sur des objectifs lointains qui effrayent les bourgeois et qui pourtant sont irréalisables dans notre génération, le parti syndical préfère employer toute sa force et son énergie aux réformes petites bourgeoises de rapiécetage, qui sont autant de nouveaux soutiens de l’ancien ordre social et qui risquent peut-être de transformer la catastrophe finale en un processus de dissolution lent, fragmentaire et paisible.
Quand on écarte la lutte de classe comme un phénomène pénible et « vulgaire », il ne reste plus au parti syndical que de se fonder sur le « vrai amour des salariés » et les phrases creuses sur la « justice ».
C’est un phénomène inévitable, inhérent à la marche de l’évolution, que des individus appartenant à la classe dominante viennent se joindre au prolétariat en lutte et lui apportent des éléments d’adhésion. Il y a ici deux autres observations à faire:
Premièrement: ces individus pour être vraiment nocifs au mouvement prolétarien, doivent vraiment lui faire rêver à la grève générale à la manière de SUD et du NPA, paraplégie générale qui ne se produira jamais. Ce n’est pas le cas de la grande majorité des convertis syndicaux français. Ni « Ta page CFDT » ni la « Vie Nouvelle » (tapage CGT retraité) n’ont rien apporté qui eût fait avancer d’un pas ce projet filandreux. Les éléments d’adhésion d’une réelle valeur pratique et théorique y font aussi totalement défaut. Au lieu de quoi, des tentatives pour mettre en harmonie les idées républicaines superficiellement assimilées avec les opinions théoriques les plus diverses que ces messieurs ont ramenées de l’université ou d’ailleurs, et dont l’une est plus confuse que l’autre, grâce au processus de décomposition que traverse actuellement ce qui reste de la gauche bourgeoise française. Au lieu d’étudier sérieusement la nouvelle crise systémique, chacun préfère l’arranger pour la faire concorder avec ses opinions apprises, se fabriquant sans cérémonie une science salariale privée et affichant aussitôt la prétention de l’enseigner aux autres. C’est pourquoi il y a parmi ces messieurs à peu près autant de vieux staliniens que de têtes de cons gauchistes et anarchistes.
Deuxièmement: lorsque ces individus venant d’autres classes se joignent au mouvement prolétarien, la première chose n’est pas d’exiger qu’il n’y fassent point entrer les résidus organisatoires et oratoires de leurs préjugés bourgeois, petits-bourgeois, etc., mais qu’ils ferment leur gueule.
Quant à nous, d’après tout notre passé, une seule voie nous reste ouverte. Nous avons, depuis presque quarante ans, signalé la lutte de classe comme le moteur de l’histoire le plus décisif et nous avons notamment désigné la lutte sociale entre la bourgeoisie et le prolétariat comme le grand levier de la révolution sociale moderne. Nous ne pouvons donc, en aucune manière, nous associer à des gens qui voudraient retrancher du mouvement cette lutte de classe. Nous avons formulé, lors de la création de l’Internationale, la devise de notre combat: l’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même. Nous ne pouvons, par conséquent, faire route commune avec des gens qui déclarent ouvertement que les ouvriers sont trop incultes pour se libérer eux-mêmes, et qu’ils doivent être libérés par en haut, c’est-à-dire par des grands et petits bourgeois syndicalistes.
MARX & ROCHE
mardi 23 novembre 2010
lundi 22 novembre 2010
L’INCENDIE DU REICHSTAG : LE REMAKE ?

Au souvenir de Marinus Van der Lubbe,
LE PREMIER FILM d’avant guerre servit magnifiquement la contre-révolution, le nazisme et le stalinisme mettant tout sur le dos d’un pauvre petit prolétaire hollandais communiste et anti-parlementariste, qui fut exécuté à la hache sans soutien d’aucun « parti communiste ».Marinus van der Lubbe (1909-1934) était l'incendiaire présumé du Reichstag à Berlin dans la nuit du 27 au 28 février 1933, quelques semaines après la nomination d'Adolf Hitler à la chancellerie. Il est accusé par le PCA stalinien – qui ne s’était pas gêné pour mener des grèves conjointement avec les nazis -d'avoir été manipulé par les nazis : cette propagande stalinienne le décrit comme un déséquilibré. Des « communistes de conseil » organisent sa défense et créent un Comité international Van der Lubbe qui est également soutenu par le mouvement anarchiste et la revue de la gauche communiste italienne en Belgique, Bilan. Cette défense ne sera qu’une goutte d’eau dans l’hystérie mondiale contre Van der Lubbe par les médias de l’époque.
Condamné à la peine de mort pour "haute trahison", il a été exécuté le 10 janvier 1934. L'incendie du Reichstag servit de prétexte à Hitler pour établir sa dictature. Comme la récupération de la révolte des marins de Kronstadt par Eltsine peu après son intronisation au pouvoir, la démocratie bourgeoise récupère aussi Van der Lubbe. Le jugement (mais pas le meurtre à la hache) des nazis est cassé le 21 avril 1967 par un tribunal de Berlin qui, à titre posthume (ah ah), condamne van der Lubbe à huit ans de prison pour «tentative d'incendie avec effraction». Treize ans plus tard, un des procureurs américains des procès de Nuremberg, en obtient l'acquittement. Ce verdict est cassé aussi un an plus tard en appel. La condamnation est officiellement jugée "illégale" par les services du procureur fédéral allemand le 10 janvier 2008. Le verdict contre van der Lubbe reposait sur des "prescriptions injustes spécifiquement national-socialistes", a relevé le parquet.
LE DEUXIEME FILM EN ALLEMAGNE 2010 n’a plus de nazis comme acteurs peu probables à se mettre sous la dent mais des barbus orientaux. Un nouvel incendie du Reichstag démocratique bourgeois serait prévu pour «février ou mars» et aurait pour but de «prendre des otages et faire de nombreux morts»...
« Le risque terroriste est toujours au plus haut en Europe. Après les menaces d'Oussama ben Laden le 27 octobre dernier à l'encontre de la France, c'est au tour de l'Allemagne de s'inquiéter. Selon le site Internet de l'hebdomadaire Der Spiegel, Al-Qaida et d'autres groupes terroristes «prépareraient» une attaque contre «le coeur de la démocratie», le Reichstag (siège du Parlement), pour «février ou mars». Le Spiegel online affirme que l'objectif des terroristes est de «prendre des otages et faire de nombreux morts», et que deux d'entre eux seraient déjà sur le territoire. Le site indique qu'un jihadiste résidant à l'étranger a, à plusieurs reprises, contacté l'office fédéral de la police criminelle pour lui fournir des informations. La balance terroriste, qui souhaite quitter Al-Qaida, aurait indiqué que «le commando est composé de six personnes: deux d'entre elles sont parties pour Berlin il y a six à huit semaines. Les quatre autres terroristes, un Allemand, un Turc, un homme originaire d'Afrique du Nord et un dernier, dont l'informateur ignore l'identité, attendent leur départ pour l'Allemagne». Ces informations semblent avoir été prises au sérieux par le gouvernement allemand, puisque le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a adressé mercredi une mise en garde à la population contre des risques accrus d'attentats islamistes sur le territoire, indique Der Spiegel. A la suite de cette annonce, les mesures antiterroristes avaient été renforcée, tout comme la sécurité aux abords du siège du Reichstag. De plus, le site du magazine indique que Thomas de Maizière aurait été alerté par le FBI américain d'un risque d'attentat contre l'Allemagne provenant d'un «groupe chiite indien», qui aurait conclu «un pacte avec Al-Qaïda et veut envoyer deux terroristes en Allemagne».
Sans déguiser notre effroi pour le ridicule manque d’imagination de la bourgeoisie allemande, on ne peut cacher nos inquiétudes comparables à celles de notre cher Président français pour calmer les ardeurs des promeneurs de l’aristocratie syndicale qu’en apportant une autre information d’un lecteur de 20 minutes : « D'après des sources bien informées, Al-Qaîda-Dans-La-Bauce-Déprimée aurait projeté de dynamiter ma Xantia". (lol MDR)
MAIS REVENONS A L’HISTOIRE ET RELISONS DEUX BEAUX TEXTES DE PANNEKOEK EN 1933
Deux textes de Pannekoek, parus dans le Persmateriaal Internationale Communisten (PIC) du GIC (Hollande) en 1933 à propos de l'incendie du Reichstag.
L'ACTE PERSONNEL
En ce qui concerne l'incendie du Reichstag par Van der Lubbe on peut relever les prises de positions les plus divergentes. Dans des organes de la gauche communiste (Spartacus, De Radencommunist) on l'approuva comme l'acte d'un communiste révolutionnaire. Approuver et applaudir un tel acte signifie conseiller sa répétition. C'est pourquoi il est nécessaire de bien apprécier son utilité.
Son sens ne pourrait être que de toucher, d'affaiblir la classe dominante : la bourgeoisie. Il ne peut en être question ici. La bourgeoisie n'a pas été touchée le moins du monde par l'incendie du Reichstag, sa domination n'a en aucune manière été affaiblie. Pour le gouvernement, ce fut au contraire l'occasion de renforcer considérablement sa terreur contre le mouvement ouvrier et les conséquences ultérieures de ceci devront encore être appréciées.
Mais même si un tel acte touchait et affaiblissait effectivement la bourgeoisie, la seule conséquence en serait de développer chez les ouvriers la conviction que seuls de tels actes individuels peuvent les libérer. La grande vérité qu'ils ont à apprendre, que seule l'action de masse de la classe ouvrière tout entière peut vaincre la bourgeoisie, cette vérité élémentaire du communisme révolutionnaire leur serait occultée. Cela les éloignerait de l'action autonome en tant que classe. Au lieu de concentrer toutes leurs forces sur la propagande au sein des masses travailleuses, les minorités révolutionnaires les gaspilleraient alors dans des actes personnels qui, même lorsqu'ils sont effectués par un groupe dévoué et nombreux, ne sont pas en état de faire vaciller la domination de la classe dominante, En effet, grâce à ses forces de répression considérables, la bourgeoisie pourrait aisément venir à bout d'un tel groupe. Il y eut rarement un groupe révolutionnaire minoritaire effectuant des actions avec plus de dévouement, de sacrifices et d'énergie que les nihilistes russes il y a un demi-siècle, A certains moments, il sembla même que par une série d'attentats individuels bien organisés, ils réussiraient à renverser le tsarisme, mais un policier français convoqué pour prendre en main la lutte anti-terroriste à la place de la police russe incompétente, réussit par son énergie et son organisation toute occidentale à détruire en quelques années le nihilisme, Ce n'est qu'après que se développa le mouvement de masse qui renversa finalement le tsarisme.
Un tel acte n'a-t-il pas néanmoins valeur de protestation contre l'abject électoralisme qui détourne les ouvriers de leur véritable combat ?
Une protestation n'a de la valeur si elle fait naître une conviction, en laissant une impression de force, ou, si elle se développe, la conscience, Mais peut-on raisonnablement croire qu'un travailleur qui pensait défendre ses intérêts en votant social-démocrate ou communiste, va commencer à émettre des doutes sur l'électoralisme, parce qu'on a incendié le Reichstag ? Tout cela est totalement dérisoire, comparé à ce que la bourgeoisie elle-même fait pour guérir les ouvriers de leurs illusions, en rendant le Reichstag complètement impuissant, en décidant de le dissoudre, en l'écartant du processus décisionnel. Des camarades allemands ont dit que cela ne pourrait être que positif puisque la confiance des ouvriers dans le parlementarisme recevrait ainsi un fameux coup. Sans doute, mais on peut tout de même se demander si ce n'est pas représenter les choses d'une façon quelque peu simpliste. Les illusions démocratiques se répandront alors par une autre voie. Là où il n'y a pas de droit de vote généralisé, là où le parlement est impuissant, c'est la conquête de la démocratie véritable qui est avancée et les travailleurs s'imaginent qu'ils ne peuvent y arriver que par ce moyen. En fait, une propagande systématique visant à développer à partir de chaque événement une compréhension de la signification réelle du parlement et de la lutte de classe, ne peut jamais être escamotée et est toujours l'essentiel.
L'acte personnel ne peut-il être un signal, la poussée qui met en mouvement cet immense combat par un exemple radical?
Il est tout de même courant dans l'histoire que l'action d'un individu dans des moments de tension agisse comme l'étincelle sur un baril de poudre. Certes, mais la révolution prolétarienne n'a rien, de l'explosion d'un baril de poudre. Même si le Parti communiste essaie de se convaincre et de convaincre le monde que la révolution peut éclater à tout moment, nous savons que le prolétariat doit encore se former à cette nouvelle façon de combattre comme masse. Dans ces visions perce encore un certain romantisme bourgeois. Dans les révolutions bourgeoises passées, la bourgeoisie montante, et derrière elle le peuple, se trouvait confrontée aux personnes des souverains et à leur oppression arbitraire; un attentat sur la personne du roi ou d'un ministre pouvait signifier le signal de la révolte. Dans la vision selon laquelle aujourd'hui encore un acte personnel pourrait mettre les masses en mouvement, se révèle comme la conception bourgeoise du chef, non pas du dirigeant de parti élu, mais du chef qui se désigne soi-même et qui par son action entraîne les masses passives. La révolution prolétarienne n'a rien à voir avec ce romantisme désuet du chef; c'est de la classe, poussée par des forces sociales massives, que doit venir toute initiative.
Mais après tout, la masse se compose aussi de personnes et les actions de masse recouvrent un certain nombre d'actions personnelles. Certes, et c'est ici que nous touchons à la vraie valeur de l'acte personnel. Séparé d'une action de masse, en tant qu'acte d'individu qui pense pouvoir réaliser seul quelque chose de grand, il est inutile. Mais en tant que partie d'un mouvement de masse, il est de la plus grande importance. La classe en lutte n'est pas un régiment de marionnettes identiques marchant d'un même pas et réalisant de grandes choses guidées par la force aveugle de son propre mouvement. Elle est au contraire une masse de personnalités multiples, poussées par une même volonté, se soutenant, s'exhortant, se donnant du courage et rendant, de par leurs forces de nature différente, mais toutes concentrées vers le même but, leur mouvement irrésistible. Dans ce cadre, l'audace des plus braves trouve l'occasion de s'exprimer dans des actes personnels de courage, alors que la compréhension claire des autres dirige ces actes vers le but adéquat pour ne pas en perdre les fruits. Et dans un mouvement ascendant également, cette interaction des forces et des actes est de grande valeur, quand elle est dirigée par une compréhension claire de ce qui: vit à ce moment-là parmi les ouvriers, de ce qu'il faut faire et de comment développer leur combativité. Mais dans ce cas, il faudra bien plus de ténacité, d'audace et de courage qu'il n'en fallut pour incendier un parlement !
LA DESTRUCTION COMME MOYEN DE LUTTE
L'appréciation de l'incendie du Reichstag dans la presse de la gauche communiste nous amène encore à poser d'autres questions. La destruction peut-elle être un moyen de lutte des ouvriers ?
Tout d'abord, il convient de préciser que personne ne pleurera la disparition du Reichstag. C'était un des bâtiments les plus vilains de l'Allemagne moderne, toute l'image pompeuse de l'Empire de 1871. Mais il y a d'autres bâtiments, plus. beaux, et des musées avec des trésors artistiques. Lorsqu'un prolétaire désespéré, pour se venger de la domination capitaliste, détruit quelque chose de précieux, comment l'apprécier ?
D'un point de vue révolutionnaire son geste paraît sans valeur et de différents points de vue on pourrait parler d'un geste négatif. La bourgeoisie n'est pas le moins du monde touchée puisqu'elle a déjà continuellement détruit tant de choses lorsqu'il s'est agi de profits et elle place la valeur argent au-dessus de tout. Un tel geste touche surtout cette couche plus limitée d'artistes, d'amateurs de belles choses dont les meilleurs ont souvent des sentiments anticapitalistes, et dont certains (comme William Morris et Herman Gorter) ont combattu aux côtés des ouvriers. Et puis, y a-t-il une raison de se venger de la bourgeoisie ? Celle-ci a-t-elle donc le devoir d'apporter le socialisme au lieu du capitalisme ?
C'est son rôle De maintenir en place de toutes ses forces le capitalisme ; sa destruction est la tache des prolétaires. Par conséquent, si quelqu'un peut être rendu responsable du maintien du capitalisme, c'est bien la classe ouvrière elle-même qui négligea bien trop la lutte. Enfin, à qui enlève-t-on quelque chose par la destruction ? Aux prolétaires victorieux qui seront un jour les maîtres de tout cela.
Bien sûr toute lutte de classe révolutionnaire, lorsqu'elle prend la forme d'une guerre civile, provoquera toujours des destructions. Détruire les points d'appui de l'ennemi est nécessaire dans toute guerre. Même si le vainqueur essaie d'éviter trop de destructions, le vaincu sera tenté par pur dépit de provoquer des destructions inutiles. Il faudra donc s'attendre à ce que vers la fin du combat, la bourgeoisie décadente détruise énormément. Par contre, pour la classe ouvrière la classe qui prendra lentement le dessus, les destructions ne seront plus un moyen de lutte. Elle essaiera au contraire de transmettre un monde aussi riche et intact que possible à sa descendance, l'humanité future. Cela vaut non seulement pour les auxiliaires techniques qu'elle peut améliorer et perfectionner mais surtout pour les monuments et les souvenirs des générations passées qui ne peuvent pas être reconstruits.
On peut naturellement objecter que la nouvelle humanité, porteuse d'une liberté et d'une fraternité inégalée, créera des choses bien plus belles et grandioses que celles des siècles passés. De plus, l'humanité à peine libérée voudra faire disparaître les restes du passé qui représentaient son ancien état d'esclavage. C'est ce que fit ou - essaya de faire - également la bourgeoisie révolutionnaire. Pour elle toute l'histoire du passé n'était que ténèbres d'ignorance et d'esclavage, alors que la révolution avait consacré la raison, la connaissance, la vertu et la liberté. Le prolétariat, par contre, considère l'histoire des ancêtres tout autrement. Sur 1a base du marxisme qui voit le développement de la société comme une suite de formes de production, il y voit une lente et dure annexion de l'humanité sur la base d'un développement du travail, des outils et des formes de travail vers une productivité toujours plus élevée, d'abord à travers la simple société primitive, ensuite à travers les sociétés de classe avec leur lutte des classes, jusqu'au moment où par le communisme, l'homme devient maître de son propre sort. Et dans chaque période de développement, le prolétariat trouve des caractéristiques qui sont liées à sa propre nature.
Dans la préhistoire barbare, les sentiments de fraternité et la morale de la solidarité du communisme primitif. Dans le travail manuel petit-bourgeois, l'amour du travail qui s'exprime dans la beauté des bâtiments et des ustensiles d'usage courant que les descendants considèrent comme d'incomparables chefs-d'oeuvre. Dans la bourgeoisie montante : le fier sentiment de liberté qui proclama les droits de l'homme et s'exprima dans les plus grandes oeuvres de la littérature mondiale. Dans le capitalisme : la connaissance de la nature, le développement inestimable des sciences naturelles qui permit à l'homme, par la technique, de dominer la nature et son propre sort. Chez tous ceux-ci, ces traits de caractère grandioses étaient liés d'une façon plus ou moins étroite avec de la cruauté, de la superstition, de l'égoïsme. Ce sont justement ces choses que nous combattons, qui nous font obstacle et que nous haïssons donc. Notre conception de l'histoire nous apprend que ces imperfections chez nos ancêtres doivent être comprises comme des étapes naturelles d'une croissance, comme l'expression d'une lutte pour la vie d'hommes pas encore pleinement humains dans une nature omnipotente et dans une société incomprise. Ce qu'ils créèrent malgré tout de grandiose restera pour l'humanité libre un symbole de leur faiblesse mais aussi un souvenir de leur force digne d'être conservé avec soin. Aujourd'hui, c'est la bourgeoisie qui possède tout cela, mais pour nous, c'est la propriété de la collectivité que nous tacherons de transmettre aussi intacte que possible aux générations futures.
Anton Pannekoek
[Traduit du néerlandais; in PIC n° 7, mars 1933]
dimanche 21 novembre 2010

hé! KAMARADES DE l’ARISTOCRATIE SYNDICALE THIBAULT ET CHEREQUE
IL SE DEROULE A QUELLE HEURE LE DERNIER défilé enterrement
MARDI 23 NOVEMBRE ? et dans quelles villes?
samedi 20 novembre 2010
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