"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 8 octobre 2010

COMMENT JOURNALISTES ET GAUCHISTES PROTEGENT LES APPAREILS SYNDICAUX



- « LES PROPOSITIONS DE L’ELYSEE DIVISENT LES SYNDICATS » (le figaro de vendredi)
-« LES SYNDICATS ENTRE RADICALISATION ET EXASPERATION », titre du Monde.
-« LA RADICALISATION DU MOUVEMENT VIENT DE LA BASE » titre de 20 MINUTES;

Le Figaro analyse : « Nicolas Sarkozy a-t-il réussi à semer la zizanie au sein de l'intersyndicale en dévoilant jeudi deux amendements majeurs à sa réforme des retraites ? Oui, peut-on répondre en première analyse, si l'on s'en tient aux réactions relativement contrastées des principales centrales. D'un côté, il y a les «durs» gauchistes (Solidaires, CGT…), sans surprise insatisfaits. «Ce ne sont pas des amendements de nature à modifier la critique fondamentale sur le caractère injuste et inefficace de la réforme», a jugé Bernard Titi de la cégéti. « Le leader cégétiste accuse le gouvernement d'adopter une «posture de dédain qui est en train de provoquer davantage de colère et de détermination» et appelle toujours les salariés à se mobiliser mardi. «Cela montre que des marges de manœuvres sont encore possibles et que la mobilisation est capable de faire bouger un certain nombre de lignes sur un texte qu'on nous présentait comme parfait», a-t-il poursuivi toujours avec son célèbre langage abstraite. De l'autre, la bande à Grosminet Chérèque de la CFDT qui, sans crier victoire et renoncer à la mobilisation de mardi, saluent les avancées consenties. Les amendements ridicules du roi Sarko One : «C'est un pas en avant qui contribue à réduire les inégalités de la réforme», juge la CFDT qui trouve même «pertinente» la ponction supplémentaire sur les revenus du capital pour financer la mesure destinée aux mères de trois enfants et plus. «On ne peut pas soulever des injustices et critiquer le gouvernement quand il y répond, même imparfaitement», lèche Jean-Louis Malys, le « M. Retraite» de la CFDT. Pour les machins de cadres CFTC et Unsa, superlèches-bottes le gouvernement a fait un effort indéniable. 20 minutes fait part ensuite de l’aide fraternelle du roi Sarko à ses vassaux syndicaux : « Nicolas Sarkozy a aussi voulu aider les principaux leaders syndicaux à éviter que le conflit dérape. «Il fait tout pour encourager Titi et Grosminet à tenir bon face à leurs bases de plus en plus revendicatives , explique Bernard Vivier », lequel veut nous faire croire que les deux clowns auraient perdu le contrôle de la base. Pour cet expert, les annonces de jeudi permettent donc surtout aux patrons de la CGT et de la CFDT «de dire qu'ils ont obtenu des avancées grâce à la mobilisation de leurs militants». Les plumitifs de 20 minutes vont dans le sens de Monsieur Dautanqueue du Monde (cf. post précédent hier) et veulent faire croire qu’il y aurait des risques (sous-entendu de « débordements ») mais que les broquilles de Sarko peuvent être prises en compte comme autre chose qu’un foutage de gueule gouvernemental: « Un pari risqué puisque les amendements présentés peuvent «certes faire baisser la pression auprès de certains salariés qui vont réfléchir à deux fois avant de faire grève plusieurs jours, mais aussi les encourager à taper encore plus fort», selon un autre spécialiste en relations sociales, contacté par ce journal gouvernemental.
20 MINUTES nous sert ensuite « la radicalisation du mouvement (qui) vient de la base »
«Dernière cartouche» ou «continuité dans le mouvement»? La prochaine mobilisation contre la réforme des retraites prévue mardi, avec grève reconductible et illimitée au programme, n’est pas perçue de la même manière par tous les syndicats et selon les niveaux de responsabilité. Si pour l’heure, les leaders syndicaux ne se sont pas trop avancés sur une radicalisation du mouvement, les différentes fédérations sectorielles, cheminots en tête, ont décidé de prendre les devants.
«C’est la base qui nous demande de faire une grève reconductible», a affirmé sur France Info ce jeudi le cheminot Bruno Duchemin, de la FGAAC-CFDT, qui estime que les syndicats de la SNCF sont «dans l’obligation de durcir» le mouvement. Et c’est bien la base qui en détient le succès, selon les fédérations. «C'est la dernière cartouche, sinon il faudra plier les gaules», estime Philippe Touzet, délégué central Sud-RATP, contacté par 20minutes.fr. «On va quand même essayer, mais ça va dépendre de comment ça embraye ailleurs [dans les autres secteurs]», ajoute-t-il, estimant que la RATP et la SNCF sont les porte-étendards du mouvement.

NOTEZ BIEN : dans les porte-étendards présumés des transports (dernière catégorie ouvrière capable de bloquer la France entière mieux qu'une grève générale) les mecs de la RATP en ont marre de faire grève cycliquement pour les "désidératés" des généraux syndicaux et, de toute manière, comme nous l’a expliqué hier Monsieur Dautanqueue, à la RATP ils sont tenus à la loi sarkozienne d’obligation de service minimum… A la SNCF une partie des cheminots a fait grève pour rien 15 jours en avril, et ils n’ont pas envie eux aussi de récidiver pour le beau Serge ou le beau Titi, ou l’excité de base. DONC les secteurs (encore épargnés par la suppression de la retraite) RATP et SNCF ne sont les porte-étendards de rien du tout, et (classiquement) archi-ficelés par leurs mafias syndicales. Deuxièmement, notez-bien, s’il n’y a pas de véritable grève d’un secteur central, les manifestants pourront bien défiler avec les lycéens et les collectionneurs de timbres syndicaux, tout le monde pourra aller se coucher devant « l’opinion publique », c'est-à-dire le gouvernement bourgeois.

LE TOURBILLON DES AVIS DIVERGENTS ET MULTIPLES : UNE DIVERSION POUR PROTEGER LA BASE DES APPAREILS SYNDICAUX

20 MINUTES continue à féliciter le CGT de haut en bas et de bas en haut, dont un bonze qui lâche que les préavis de 24 h c’est de toute façon du pipeau sans réelle dynamique au bout d’un an de défilés inutiles. Tout en haut de l’échelle cégété, le discours est beaucoup plus mesuré, on laisse la pagaille assurer un bon sommeil aux ministres du gouvernement : «La CGT n’appelle pas à la grève reconductible (comme à la CFDT). Mais nous, on l’a toujours dit: ce sont les salariés qui décideront de ce qu’ils feront(ah ah!). Si certains veulent reconduire, ils reconduiront», indique le bonze Eric Aubin à 20minutes.fr. A la CFDT, le cynisme est encore plus manifeste, les bonzes « savent » ce que pensent le travailleurs baladés (qui sont ‘en crise ») : «On n’a aucun appel en faveur d’une grève illimitée. Et c’est loin d’être la majorité pour une grève reconductible. Ils sont en situation de crise, ils ne peuvent pas se le permettre financièrement», explique Jean-Louis Malys, secrétaire national du syndicat, à 20minutes.fr.
Malys malin rassure le gouvernement avec un langage à la Titi Bernard qui fait « bouger les lignes » et la « largeur » : «La force du mouvement, c’est sa largeur. S’il y a radicalisation, il y a un risque que l’opinion se retourne». La radicalisation n’est donc pas un enjeu mais un « jeu » complémentaire souhaité par les généraux syndicaux, dans la mesure où elle favorisera le « retournement de l’opinion » (les travailleurs bloqués dans les transports et excédés si ça dure contre les excités gauchistes « reconducteurs » à la bêtise illimitée…). Dans la mesure surtout où elle accréditera la théorie gauchiste, trotskienne et anarchiste, que les « directions trahissent » la base et "ont encore trahi" et "faudra les empêcher la prochaine fois de nous trahir". Ainsi seront sauvegardés les appareils en entier sous le soleil de la défaite, si longue à être reconnue. Et on se perdra à nouveau dans la focalisation sur ce « salaud » de Sarko et on déblatèrera sur la crise du syndicalisme… qui aura été vaincu du fait de son très faible nombre de cotisants…

jeudi 7 octobre 2010

16 raisons pour éviter de reconduire la grève le mardi 12 octobre


Une analyse du texte de propagande de Monsieur Dautanqueue

( porte parole de la CGT et du gouvernement, Monsieur Dautanqueue (de cortège), dit Michel Noblecourt du journal Le Monde)

Voici la partie du texte publiée aujourd’hui par le principal journal en France qui mène la danse pour l’Etat et les institutions bourgeoises. On analysera par après les 16 suggestions de M. Dautanqueue.

« LA CGT NE SOUHAITE PAS JOUER LA RADICALISATION

La fédération CGT des cheminots qui, avec l'ensemble des syndicats de la SNCF, a déposé des préavis de grève reconductible, fait preuve d'une grande prudence, en soulignant que c'est lors d'assemblées générales, convoquées le 13 octobre au matin, que les cheminots décideront ou non de poursuivre leur mouvement "dans un cadre interprofessionnel et unitaire le plus large possible". Didier le Reste, le patron de la fédération CGT, a déjà prévenu que les cheminots n'entendaient pas être les seuls à porter une grève sur les retraites et n'étaient prêts à continuer qu' "à condition d'être dans un groupe de plusieurs locomotives, de plusieurs secteurs professionnels".
Cette position est conforme à celle de Bernard Thibault qui, soucieux de préserver son alliance privilégiée avec la CFDT qui mène le bal au sein de l'intersyndicale, ne souhaite pas jouer le jeu de la radicalisation. Comme d'autres dirigeants syndicaux, le secrétaire général de la CGT considère qu'une radicalisation risque de faire l'affaire de Nicolas Sarkozy qui ne serait pas mécontent d'affronter une épreuve de force avec le secteur public et d'afficher, aux yeux de son électorat, une inflexibilité à l'arrivée victorieuse, comme cela s'était produit, fin 2007, lors de réforme des régimes spéciaux.
Le 5 octobre, à l'issue d'une réunion de toutes les fédérations de la CGT, Bernard Thibault avait clairement posé la règle que "le principe d'arrêts de travail doit être discuté partout ". La radicalisation, à travers des grèves reconductibles, est d'autant plus incertaine que dans le secteur public, et en particulier à la SNCF et à la RATP, le taux de grévistes a diminué à chaque journée nationale d'actions, notamment de manière sensible le 23 septembre. la SNCF, l'hésitation risque d'être d'autant plus grande que les cheminots ont mené en avril, à l'appel de la CGT et de SUD, une grève reconductible de deux semaines sur l'avenir du fret qui s'est soldé par un échec sur toute la ligne. Il s'ajoute aussi le fait qu'en période de vaches maigres sur le pouvoir d'achat, les salariés y regarderont à deux fois avant de se lancer dans une grève qui se solderait par de nouvelles pertes de salaire.
NE PAS SE COUPER DE L'OPINION PUBLIQUE
Les syndicats, et d'abord la CGT et la CFDT, ont comme préoccupation majeure de ne pas se couper du soutien de l'opinion publique qui se confirme sondage après sondage. Or, une grève longue des transports, alors même que la réforme des retraites ne s'appliquera pour les régimes spéciaux qu'à partir du 1er janvier 2017, au lieu du 1er juillet 2011 pour l'ensemble des salariés et des fonctionnaires, risque de devenir vite impopulaire. De plus la loi qu'a fait voter Nicolas Sarkozy sur le service minimum, ou plutôt le service garanti, dans les transports terrestres, limitera la portée d'un mouvement reconductible.
Elle rend de fait impossible les scénarios de l'hiver 1986-1987, où la SNCF a connu la plus longue grève de son histoire – 29 jours – ou de 1995 où les cheminots ont paralysé le trafic pendant une vingtaine de jours. La logique des grèves reconductibles conduit aussi ses protagonistes à demander le retrait pur et simple de la réforme des retraites, une position que seuls FO, Solidaires et la FSU défendent au sein de l'intersyndicale.
Les grèves reconductibles, compte tenu de la détermination de Nicolas Sarkozy, risquent donc d'aboutir à une impasse, situation que Bernard Thibault et François Chérèque veulent à tout prix éviter. "Tout ce qui pourra être gagné, on le mettra à l'actif de la mobilisation", affirmait Eric Aubin, en charge du dossier des retraites à la CGT, dans l'Humanité-Dimanche du 30 septembre. A défaut de faire capoter la réforme de Nicolas Sarkozy, les syndicats ne veulent pas sortir bredouilles de leur combat.
Arracheront-ils de nouvelles concessions ? Bernard Thibault a commencé à déplacer le débat sur le terrain politique, en prévenant dans l'Humanité du 4 octobre : "Je pense qu'un gouvernement, quel qu'il soit, qui ignore à ce point un mouvement social, se condamne pour les prochaines échéances électorales". Rendez-vous en 2012».

REMARQUABLE TEXTE DE SUGGESTION GOUVERNEMENTALE où l’on apprend successivement par Monsieur DAUTANQUEUE, que :

1.Le syndicat CGT fait preuve « d’une grande prudence » (Noble Dautanqueue répercute pour la énième fois après les autres journalistes que la locomotive CGT du rail français ne veut pas envoyer les cheminots seuls au combat; ni l'ensemble des ouvriers du privé qui ne se font pas d'illusions sur le but du jeu syndical... c'est pourquoi on pousse les... lycéens nubiles en politique à généraliser la dispersion.
2.Cette prudence est « conforme » à celle du chef Titi Bernard,
3.Lequel est « soucieux de préserver son alliance privilégiée avec la CFDT » (qui suce mieux le gouvernement)
4.La CFDT mène le bal au sein de l’intrasyndicale,
5.Comme la CFDT donc Titi « ne souhaite pas jouer le jeu de la radicalisation » (il l’a dit personnellement au journaliste ?) ; (la radicalisation n’est qu’un « jeu »).
6.Titi a ajouté que la radicalisation « ferait le jeu de Sarkozy » doté d’une « inflexibilité à l’arrivée victorieuse » (toujours ce parler abstrait de Titi roi de la cégéti).
7.Titi le démocrate a posé que faire grève (cette incertitude) doit « être discuté partout » (tiens d’habitude le bonze donne des consignes…)
8.Commentaire du journaliste dans le sens de Titi « les grèves reconductibles » dite « radicalisation » sont « incertaines » (« d’autant que » a-t-il précisé) car les grèves (lors des JA) ont « diminué de manière sensible » (= preuve de la réussite de la tactique d’épuisement tout au long de cette année).
9.Le journaliste Dautanqueu en remet une couche (Titi lui dictait au téléphone), il rappelle (ce qu’on avait oublié) la grève de 15 jours des cheminots au mois d’avril qui s’était échouée toute seule (= bien douchés il y a 6 mois les mecs vont pas rempiler pour le beau Serge).
10.« ne pas se couper de l’opinion publique », ah… en voilà un argument de poids pour ne pas se lancer… à l’aventure. L’opinion publique c'est-à-dire « les sondages » nous glisse le journaliste élitaire ne comprendrait pas une éventuelle « reconduite illimitée » d’autant que (one more time) la réforme des régimes spéciaux ne s’appliquera pas en juillet 2001 – c’est Sarko One qui a dû le téléphoner à Michel Dautanque – mais en janvier 2017 ! Quoi vous ne le saviez pas ? Non ! Mais voyons l’opinion des sondages serait d’autant plus affectée d’un mouvement sans limites pour une date aussi lointaine !
11.D’autant que… Monsieur Sarkozy « a fait voter une loi sur le service minimum », laquelle limite de toute façon, précise Monsieur Dautanque, « limitera la portée d’un mouvement reconductible », CQFD !
12.Heureusement (ladite loi ou l’opinion de l’opinion publique ?) « rend de fait impossible les scénarios de l’hiver 1986-1987 (cette horrible grève sauvage de 29 jours).
13.Les autres cons de jusqu’auboutistes des syndicats secondaires FO et SUD, repaires à gauchistes excités, seront forcément ridicules car (d’autant que…) « la logique des grèves reconductibles conduit(ra) ses protagonistes à demander le retrait pur et simple de la réforme » (ils rigolent ou quoi, chuchote Monsieur Dautanque).
14.Monsieur le Président étant de toute façon « déterminé », vous êtes priés de ne pas nous déranger avec vos grèves reconductibles à la con, d’autant qu’elles « risquent d’aboutir à une impasse » (ce que ne veulent ni Titi ni le Ché CFDT).
15.Mieux vaut des miettes que rien du tout dit en substance le pigiste de la courroie de transmission du PCF rabougri, pardon répercute Michel Dautanqueu.
16.D’autant que Titi Bernard a fait savoir que vous pouvez tous pisser dans la mer avec vos grèves reconductibles à la con et contre les cons de l’opinion publique, il faudra voter contre ce gouvernement dans deux ans parce qu’il fait semblant de ne pas être complice avec nous.

Comme vous le voyez, la propagande est extrêmement lourde, et les journalistes accumulent tous (d’autant qu’ils sont au service du pouvoir) plus d’arguments que la terre entière n’en pourrait contenir. Ouais, malgré mon dégoût, malgré mes constantes analyses sur la planification de l’échec de toute riposte conséquente je finis par avoir envie moi aussi de leur rentrer dans le lard, mais pas avec les syndicaux et les journaleux dans le dos. Ceux là aussi font partie de nos ennemis. Tant que vous le comprendrez pas chers camarades prolétaires vous continuerez à mordre la poussière.

mardi 5 octobre 2010

LA DIVISION SYNDICALE A L’EPREUVE DE SON UNITE CORROMPUE : APPEL AUX GREVES RECONDUCTIBLES CONTRE LE PROLETARIAT PAR LA BONZERIE EN DELIRE

OU LES MANOEUVRES PERVERSES DE L'EMIETTEMENT...

C’est toujours pareil, même si Thibault ment en prétextant préserver l’unité syndicale, chaque syndicat dit une chose et son contraire ; pour l’essentiel il faut bien en réalité fractionner les derniers couloirs de manifestants. Le truc de « la grève reconductible » à volonté permet d’éviter la paralysie générale. Les bonzes s’arrogent en même temps de parler qui à la place des cheminots (qui en auraient marre de « se sacrifier ») qui à la place du personnel de la RATP (tout en rappelant que la dernière grève n’avait pas trop marché), qui à la « masse des travailleurs dans une (sic) lutte » (le langage abstrait de Titi de la CGT). Vous êtes des lecteurs intelligents aussi je me suis contenté de souligner en gras les phrases équivoques et putains des bonzes. Tout y passe, tous les arguments sont jetés dans la corbeille médiatique de merde, le pour et le contre, le faux et le vrai, le partiel comme le général, afin de déboussoler encore plus le prolétariat et de lui faire oublier toute possibilité de conquérir une unité quelconque. Vous m’avez compris.

Une dépêche de l’AFP du 05/10/2010 à 19h21 fait dans la poésie : « Les appels à des grèves reconductibles commencent à fleurir » et souligne le coup de clairon CGT un peu miteux:
« Le dépôt par la CGT de la RATP d'un préavis de grève illimitée à partir du 12 octobre, date de la prochaine journée d'action contre la réforme des retraites, a donné un coup d'accélérateur au débat sur les formes d'action pour faire capoter ce projet. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a appelé lui-même à ne pas chercher "une uniformité des modes d'expression et d'action", le tout étant que les formes d'action "reposent sur des décisions collectives". Les initiatives en faveur de grèves reconductibles ont fleuri ces derniers jours, face à la détermination du gouvernement à reculer l'âge de départ en retraite, que la répétition de manifestations de grande ampleur depuis la rentrée n'a pas ébranlée. Lundi, le syndicat CGT de la RATP, le premier de l'entreprise publique, a déposé un préavis de grève illimitée. FO et SUD prônent la même chose. Un dirigeant national de la CGT relativise toutefois: la grève a été assez peu suivie à la RATP le 23 septembre (16% de grévistes selon la direction).A son tour, la fédération CGT de la mer a appelé mardi à "des mouvements de grève reconductible à compter du 12 octobre". A la SNCF, l'idée de grèves durables est discutée dans l'intersyndicale (CGT-Unsa-SUD Rail-CFDT). Dimanche, Didier Le Reste, le secrétaire général de la CGT-cheminots, a toutefois conditionné un durcissement des cheminots à la participation d'autres secteurs. Ici et là, comme à Lille, naissent des comités "pour la grève générale" répondant à un appel national de syndicalistes CGT, FSU et Solidaires (SUD et autres), dont l'écho auprès des salariés est encore incertain. D’autres initiatives encore voient le jour, comme cette opération escargot organisée mardi à Poitiers par Solidaires et baptisée "roulons d’un pas de sénateur".
Dans les transports comme au niveau national, beaucoup dépend de la centrale de Bernard Thibault, la plus puissante en France, qui a réuni mardi ses fédérations et unions départementales. Poussée à durcir le mouvement par certaines, comme la chimie, la direction de la CGT veut éviter une fracture au sein du salariat, alors que le mouvement en cours est populaire, selon les enquêtes d'opinion. "Notre stratégie syndicale repose sur la masse des travailleurs engagés dans une lutte", soulignait M. Thibault début septembre.
Pour autant, la CGT juge prématurée une grève générale, alors que nombre de salariés ne peuvent se permettre de cumuler un grand nombre de jours de grève. Alors que Solidaires et, à un degré moindre, la FSU encouragent les grèves, la centrale de Montreuil est d'autre part attentive à ne pas se couper de la CFDT, notamment, l'autre pilier de l'intersyndicale. Pour Bernard Thibault, "l'unité des syndicats doit survivre à tous les événements". La centrale de François Chérèque évite d'opposer un veto à des grèves dans les entreprises. "Si les salariés veulent aller plus loin, ce n'est pas moi qui les retiens", a déclaré vendredi M. Chérèque. En même temps, son numéro deux Marcel Grignard appelle à "déjouer tous les pièges que tend le gouvernement", qui "tente de jouer la radicalité". Ce qui compte, souligne Jean Grosset (Unsa, autonome), "c'est l'efficacité". Selon lui, "la pire des choses serait d'isoler certains secteurs" qui porteraient seuls le poids de grèves longues ».
Pour autant, il semble peu probable de revivre le scénario de 1995, ajoute « 20 minutes ». Des grèves générales avaient alors paralysé le pays pendant trois semaines pour protester, déjà, contre une réforme du système des pensions. Dans le secteur très stratégique des transports, une grève reconductible ne fait pas encore l'unanimité. Si les préavis se multiplient à la RATP ou dans la filière maritime, la CGT-cheminots, majoritaire à la SCNF (40%), ne se prononcera que mercredi. Car son secrétaire général, Didier Le Reste, ne veut pas se lancer seul dans la bataille. Il a appelé dimanche d'autres secteurs s'engager dans ce type d'actions. «En 1995, le mouvement était avant tout porté par les cheminots. Mais ces derniers ont essuyé plusieurs échecs ces dernières années et ils ne veulent pas jouer les kamikazes dans ce conflit», explique à 20minutes.fr, Stéphane Sirot, historien spécialiste des syndicats et des mouvements sociaux.
Réticence nationale
Et ils ne sont pas les seuls à freiner devant une grève illimitée. Au niveau national, plusieurs syndicats ne souhaitent pas radicaliser leur mouvement. La CFDT ou l'Unsa refusent depuis le début de se lancer dans une mobilisation longue et coûteuse pour les salariés. La CGT de Bernard Thibault est plus hésitante. «C'est l'une des grandes différences avec le mouvement de 1995. La CGT était alors très motivée. Et une mobilisation aussi importante ne peut se faire sans ce syndicat», analyse l'historien.
Position de faiblesse (?)
Des réticences qui s'expliquent, selon lui, par des raisons structurelles et conjoncturelles. «Il y a un mouvement de fond dans le syndicalisme français avec un recentrage sur la négociation plutôt que l'opposition frontale», explique Stéphane Sirot. «Les syndicats se sentent aussi aujourd'hui en position de faiblesse, avec seulement 7% de syndiqués. Ils craignent un nouvel échec qui viendrait saper leurs dernières bases de légitimité, analyse-t-il. Mais rien n'est encore fait: le mécontentement social est tel que les choses peuvent très bien s'envenimer.»
Suivant les chiffres si discutés lors des semaines précédentes les syndicats se prétendaient pourtant bien forts de millions de manifestants, et maintenant ils pleurnichent qu’ils ont peu de syndiqués !? Et le journaliste et son sociologue jette une peau de banane aux abrutis jusqu’auboutistes en leur faisant croire qu’il subsisterait une once de radicalisation. Et les étudiants dont on nous avait rebattu les oreilles avant les promenades du samedi 2 ? Il en est venu quelques uns, en touristes, comme les autres. Ce sera pareil avec les grèves dites reconductibles ou illimitées dans la connerie, et autres machins "pour la grève générale" grâce à cette élégante et fraternelle désunion des bonzes syndicaux qui vient nous servir la pagaille, où on n’appellera plus un chat un chat, mais une humiliation de la classe ouvrière une humiliation bien causée par l’aristocratie syndicrate.
Ps : ces communiqués syndicaux contradictoires sont tellement équivoques et puants que Libé a décidé de ne pas ouvrir la dépêche aux commentaires.

vendredi 1 octobre 2010

MORTEL COMBAT OU UN STUPEFIANT DEBAT DANS LES TRANCHEES DE LIBERATION ?



LES CAUSES DE LA PREMIERE BOUCHERIE IMPERIALISTE MONDIALE SUJET TOUJOURS BRULANT

Sur un champ de bataille de Libération, pardon sur un forum pacifiste à la suite de l’article « Dimanche, l’Allemagne aura fini de payer les réparations de la Première guerre », ça a bardé. Dans nos tranchées virtuelles, ça vole bas parfois, personnes sensibles s’abstenir de lire ce message-blog ou enfiler un masque à gaz. Le site de retransmission de Libération doit avoir un problème pour la réception des messages radios des combattants car ils sont publiés dans le désordre au milieu des schrapnels et des explosions de rage des combattants internetisés.
Le feu ayant duré du jeudi au samedi, des dates sont inversées et il est parfois difficile de s’y retrouver pour savoir qui répond à qui et à quel général à quel trouffion. Essayons de rétablir ici l’ordre des questions et réponses sans nous laisser dominer par les aléas de la bataille.
Picsou avait d’abord bien jeté d’indignation son casque au sol devant cette vieillerie d’un siècle (pourquoi pas rembourser les emprunts russes ?) : « J'y crois pas! Incroyable cette histoire! Cela a vraiment quelque chose de honteux surtout lorsqu'on sait que les conditions de traité de 1918 étaient telles qu’elles menèrent tout droit à Hitler ». Talpha tentait de dévier : « C’est bien… Ils peuvent commencer à rembourser la seconde… ». Moonmartre revenait à la surprise légitime du lecteur : « Vous voudriez que les jeunes allemands se sentent responsables des conneries de leurs aïeux? Et pour quelle raison? S'il faut que je fasse mon mea culpa pour les conneries de ce cher pays "France", çà va être très long. On remonte jusqu'où dans l'histoire ? ». Elyian ne voit pas le rapport « de tout amalgamer et de critiquer les allemands pour des événements datant de 60 ans. Sinon la colonisation ce n’était pas le club Med non plus. Vous voulez quoi qu’on attribue une médaille à la France parce que Hitler a fait pire qu’elle ? ». Marc 75, un lieutenant gras du bide, veut vraiment faire raquer les boches et les hitlériens : « Et les coûts de la seconde guerre mondiale? L'Allemagne ne les paierait elle qu'en mea culpa éternels? On tend à nous faire croire depuis des décennies que les nazis étaient une sorte d'espèce extra terrestre, alors que la majorité du peuple allemand soutenait cette barbarie. Les allemands qui ont la trentaine aujourd'hui savent très bien que leurs grands parents soutenaient ern grande partie le régime nazi et que les armées nazies avaient tout le peuple allemand derrière elles. Juste une petite parenthèse pour simplement rappeler que l'Allemagne n'a jamais fait son auto critique ni payé pour son soutien infaillible au régime nazi. Les films de propagande sur les attentats manqués contre Hitler ou les glorifications exagérées sur la résistance interne au nazisme ne masqueront jamais cette réalité manifestement bien dérangeante pour certains... Les 20 millions de victimes de la seconde guerre mondiale attendent cette reconnaissance collective des crimes par les allemands. L'argent ne rachète pas tout ».
Je n’avais pas lu tous les commentaires des soldats de la tranchée la plus boueuse lorsque je prends connaissance de l’article d’info de Libé que je qualifie d’aberration : « On en apprend tous les jours de bonnes! Ainsi le capitalisme fait payer deux fois à l'Allemagne: une première fois en la poussant à la misère, à l'isolement et à la guerre, et une deuxième fois... près de cent ans après! Le capitalisme est bien un système pervers... Quand la France va-t-elle régler ses dettes pour occupation de la Ruhr, et pour ses pillages dans les colonies? ». Un beauf chauvin me saute illico dessus, Lecandide, médaillé de celle de 1870 : « Juste une question, "ainsi le capitalisme fait payer deux fois à l'Allemagne". Elle fait payer deux fois quoi?
Ah??? Il y a eu une guerre entre 1914 et 1918? Oh??L'Allemagne aurait déclaré la guerre à la France en 1914? Je suis sûr que Hempel va démentir ces allégations mensongères ». Je renvoie dans les cordes Lecandide : « question perverse de chauvin génétique. Pose une question à la foi au lieu de masquer ton ignorance ! ». Lecandide fait le malin en brossants son pantalon garance : « Ah, mes excuses. J’aurais dû me douter à la lecture de son post qu’Hempel était incapable de répondre à plusieurs questions qui se suivent. Alors, une seule : c’est vrai qu’il y a eu une guerre entre 1914 et 1918 où la France et l’Allemagne étaient ennemies ? ». Je réponds que la question du soudard, même seule, est stupide : « et tu ne dévoiles surtout pas ton arrière-pensée. En tout cas voici la même, si je comprends bien tes borborygmes nationalo-complexés.
1. çà ne veut rien dire "tel pays a déclaré la guerre à...", la compétition impérialiste au début du siècle dernier pousse tel ou tel pays à déclarer la guerre aux autres, en l'occurrence l'Allemagne est étranglée (ce qu'Hitler résumera très bien par "il faut exporter ou périr", doctrine de tout entrepreneur capitaliste); donc ce n'est pas parce que l'Allemagne a déclaré la guerre qu'elle fût seule responsable de la boucherie capitaliste qui a suivi.
2. deuxième exemple, en 1938 France et Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne: a- dis-moi pourquoi? b- qui est responsable de la seconde boucherie mondiale? ».
Lecandide, droit dans ses vieilles bottes, veut me ridiculiser : « Que d’informations dans ce post. Nous partions de 1914; à cette date, ça ne veut rien dire qui déclare la guerre à l'autre. C'est déjà un scoop. Et en un clin d'oeil nous voila en 1938: Et on apprend que la France et l'Angleterre déclare la guerre à l'Allemagne! Mince, moi qui croyait que c'était en 1939! J'aurais juré que l'Allemagne avait déclaré la guerre à la Pologne en 1939, avec un pacte de défense nous obligeant à la soutenir en cas d'agression! Bon, j'arrête là la discussion avec quelqu'un qui parle de " borborygmes nationalo-complexés dont les théories fumeuses ne peuvent venir que d'un malade. Note aux libénautes: si, si, c'est écrit! Vérifiez si vous ne me croyez pas: des borborygmes nationalo-complexés!. Au fait pourquoi des borborygmes nationalo-complexés et pas des complexes nationalo-borborygmeux? Ou des borborygmes complexo-nationaux? C'est le mystère! Ceci dit il aurait pu y avoir des complexes génétiques chauvins nationalo-borborygmeux ».
Le probe Talleyrand7 vient à ma rescousse : « Hempel ne répondez pas au candide Et comme on dit, si certaines provinces françaises sont devenues allemandes, d'ou le surnom de "LAPINS" à une certaine catégorie de français. C'est que le lapin est un spécialiste du "détaler "car même son ombre lui fait peur. C'est pour celà que les ancêtres au candide de retrouvèrent démobilisés en 14 car c'étaient les premiers à avoir une cicatrice dans leurs derrièresdes héros d'opérette, qui avaient les meilleures places dans l'administration pendant que les vrais, "eux " se battaient au "chemin des dames " et en Somme. Suivez le regard et regardez la descendance... Hempel , um himmels willen laissez ce hampelmann, c'est un troll ump Le Feldmarchal Von Moltke qui dirigeait les opérations en 14-18 , à écrit lui-même un livre sur la stratégie et la tactique des plus remarquables.. "L'Infanterie française, une très vaillante et courageuse infanterie, parmi les meilleures au monde... Et il finit ..." Grand dommage qu'elle soit commandée par des officiers imbéciles et incapables.." Quand on voit certains idiots, ériger des statues à des généraux comme "Mangin" qui étais surnommé "LE BOUCHER DE VERDUN" celà prouve que la bêtise des plus crasses n'à pas de fond... En 14 un fusil pour deux fantassins français, (LEBEL), une mitrailleuse (Hochepot) qui avait tendance à s'enrayer lors des combats, l'intendance pas mieux des vareuses et capotes d('été pour l'armée dans les hivers 1915, aussi des spahis et autres corps qui sa battaient en été dans les champs de blé habillés de pantalons rouges vifs et vareuses bleues à boutons dorés... Des cibles parfaites dans les champs de blé. Pauvre infanterie française de grande valeur, sacrifiée par des idiots... Beaucoup d’officiers qui se prenaient pour des élites comme le candide étaient bêtement abattus par des tireurs d'élite alors qu'ils paradaient comme des coqs sur les tranchées pour montrer qu'ils n'avaient pas peur de la mitraille... C'EST A CELA QU'ON RECONNAIT LES IMBECILES ILS OSENT MÊME S'OPPOSER A LA RAISON ».
Je remercie évidemment mon camarade de combat Talleyrand : « Merci et OK avec vous. Je ne répondrai pas au délirant pervers, mais je constate avec pitié que le chauvinisme ne peut plus qu'éructer de manière délirante et impuissant à argumenter. (bon je me suis trompé sur la date de la déclaration de guerre de la part de la minable armée française, mais c'est parce que ça a pas commencé tout de suite, ils ont attendu un an des deux côtés du Rhin de 39 à 40... se demandant s'il n'y aurait pas un nouveau 9 novembre 1918 à Berlin et une nouvelle Commune de Paris côté parisien. Hélas le prolétariat avait bien été écrasé par les idéologies staliniste, démocratique et fasciste. Il paraît en tout cas que Hitler (et la bourgeoisie allemande) craignaient la "puissance" de l'armée française... Depuis on a eu plein d'autres lignes Maginot pour ridiculiser l'ex-grande puissance mondiale... (il faut savoir que, malgré la fin du front populaire très réformiste, l'Etat français avait donné consigne de ne pas joindre l'équipement militaire pour les avions montés dans les usines... un des éléments de plus qui favorisa l'incurie des militaires, puis ce fût la grande débandade des officiers en premier... je pense que la classe ouvrière, même impuissante, se souvenant des massacres des parents en 1914, a aussi pris les jambes à son cou dans la débâcle générale. Il faudra attendre 4 terribles années avant que 2 millions d'ouvriers italiens ne viennent déranger les belligérants pour dire stop à la gigantesque boucherie civile surtout. La fin de la guerre ne dépendit cependant pas de la menace du prolétariat (sinon on aurait eu une nouvelle révolution mondiale) ni des victoires militaires mais des tractations dans les deux camps, avec leurs sordides marchandages pour se repartager le monde ».
Un de nos grands blessés, Tatort rejoint depuis l’infirmerie les analyses de Talleyrand : « OK. Bonne analyse, je complèterai en disant qu'il y a eu pire que Mangin, à savoir Joffre, et 95 ans après je n'arrive toujours pas à admettre que toutes les villes de France possèdent une rue à son nom. Il est responsable des 400 000tués pour nos 5 premiers mois de guerre, dont la terrible journée du 22 août qui nous coûta au moins 25000 hommes. Spécialisé sur cette guerre depuis plus de trente ans et vivant sur des lieux où les combats furent sanglants (je retrouve chaque année sur mon terrain shrapnells, têtes d'obus, gros éclats d'acier, etc...), je n'arrive toujours pas à comprendre cet entêtement qu'ont eu nos chefs à offrir des poitrines faces aux importantes mitrailleuses allemandes et leurs artillerie lourde. Pour preuve le haut commandement britannique, qui envoie au massacre ses divisions le 1er juillet 1916 dans la Somme. Après 2 années de guerre ils n'avaient toujours pas tiré le moindre enseignement sur les pertes de telles attaques imbéciles. Les anglais détiennent d'ailleurs le triste record de cette journée: 27000 tués. Je terminerai en rappelant que Gamelin qui nous conduisit au désastre de juin 40, était en 14 un des sbires de Joffre, dans son état major ».
Avec émotion et mon complet soutien Talleyrand7 revient à la charge contre les sous-beaufs comme Lecandide : « Quand j’avais 12 ans, Je passais mes vacances dans un vieux village breton (famille de ma mère) j'ai trouvé dans les tiroirs de mes grands parents et arrières grands parents des médailles et citations pour récompenser la bravoure des poilus tombés au combat. Du métal vil, sans valeur, voilà la première pensée qui me vint à l'esprit, est -ce donc là le prix de la valeur d'une vie humaine?Je suis de descendance alsacienne et de mes arrières grands parents (hommes) et grands-oncles se trouvant en frères à table, l'un dans un uniforme de dragons cuirassiers lourds, l'autre dans celui des uhlans du Kaiser Wilhelm III. Je n'ose penser à mon aïeule -grand -mère déchirée de voir ses fils happés par cette guerre , car dans les deux camps ce ne sont que des hommes aimants et souhaitant une vie normale que la politique des imbéciles à arraché à leurs vies de garçons, de fils , de maris et de pères...Toute cette imbécilité crasse reposant sur des chants guerriers idiots pour gagner un pré-carré d'herbe sans valeur. Mon arrière grand père Georges (uhlan) est tombé à la charge de Reichshoffen. Mon grand oncle Lucien (dragon) à la bataille du Hartmannswillerskopf. Mon père fut incorporé de force lors de la seconde guerre mondiale Stalingrad . Il était médaillé et nommé au titre de "Combattant de l'Europe". J'ai pour ma part servi dans un Détachement d'Assistance Opérationnelle en tant que breveté S.O.T.G.H(saut opérationnel à très grande hauteur) au G.C.P ( Commandement des Opérations Spéciales) du 1er RPIMA (régiment parachutiste d'infanterie de marine)
EN CLAIR....J'EMMERDE ""LE CANDIDE "" "" CE PAUVRE CON (en majuscules)ET TOUTE SA RACE DE HEROS DE COMPTOIR QUI VEULENT DERRIERE LEUR BALLON DE ROUGE DONNER DES LECONS DE CYNISME, et de savoir aux autres intervenants de ce forum...Encore un idiot qui à sa langue fourrée dans le derrière des Joffre ou des Mangin. LE CANDIDE...UN GROS CON CYNIQUE !!! ».
Tatort remercie Talleyrand pour son témoignage : « Eh oui. Merci. Pour info, et pour abonder dans le même sens, le neveu de Jules Ferry, Abel Ferry parlementaire de l'époque et faisant partie du comité secret à la guerre, allait sur le front sans cesse. Il remarqua qu'entre fin octobre 14 et le début du printemps 1915, les gradés au delà de 3 barrettes n'étaient plus tués!!! Ils avaient compris pour eux-mêmes que ''le feu tuait'', ils se mettaient bien à l'abri, mais n'hésitaient pas à envoyer les autres au casse pipe. Il fut tué sur le front en septembre 18, en allant essayer notre nouvelle mitrailleuse. Cependant il avait noté toutes ses remarques, et toutes ses interventions, sur le dysfonctionnement de nos armées. Ces fameux ''carnets secrets' furent interdits de publication, jusqu'en 1957. A leur lecture, on prend encore plus conscience de tout ce gâchis. 14-18, c'est quand même 2 tués français par mètre de front, soit 700 tués par jour!!! ».
Moonmartre, général en retraite, vient nous soutenir : « A Tatort et Hempel, merci pour vous 2 et à d'autres pour vos avis affûtés. Vous l'êtes plus que moi sur ce sujet brûlant. Ayant lu quelques articles sur l'état de notre équipement militaire et plus encore de "ces " Généraux, je me suis toujours demandé comment on a pu la gagner cette putain de guerre, hormis avec les taxis de Verdun. D'ailleurs "Les sentiers de la gloire" de Kubrick, ont montré le vrai visage de nos bouchers Généraux; a tel point qu'il ne fut pas diffusé pendant 15 ans chez nous. Pitoyable pays, jaloux de la réussite économique de son voisin ».
Talleyrand revient apporter des précisons : « Aussi vu que vous et moi et Hempel semblent y connaître quelque chose mais que nous ne voulons pas paraître arrogants dans notre savoir (la vie est courte) ..J'ajouterais qu'il est courant pour certains non férus de faire des erreurs
des plus courantes. Ainsi... Le comte Helmuth Karl Bernhardt Von Moltke 1800-1891 sous Bismarck qui écrivit dans la ligne des travaux de Carl Von Clausevitz son fameux "Testament" notes sur la tactique , la stratégie , et tout ce qui se rapporte à la connaissance de l'effort de guerre. Est-il souvent assimilé à Helmuth Johannes Ludwig Von Moltke 1848-1916 Qui est le neveu du premier et qui perdit ,lors de l'application du "Plan Schlieffen",de la faute de la mauvaise coordination des mouvements de troupes , incriminés à ses généraux , Von Klück et Von Bülow la "bataille décisive " de la Marne, Joffre tirant profit de cette faiblesse en attaquant l'armée allemande de flanc , cette bataille décisive sonna la fin de la der des der. En somme et sans mauvais jeu de mots l'aristocratie militaire allemande avait une haute opinion de ses hommes et chaque fantassin était correctement équipé, respecté , et formé, contrairement à l'infanterie française... Ces deux chefs de guerre ont toujours fortement appréciés la valeur guerrière et le courage de l'infanterie française; mais déploraient qu'elle soit sacrifiée par goût de recherche de renom par des imbéciles d'officiers supérieurs... Ludwig Von Moltke écrivit dans ses"errinerungen " toutes les faiblesse ahurissantes qu'il avait remarqué sur le plan , de la stratégie, de la tactique, de l'intendance et de l'approvisionnement et équipement des poilus, qu'il trouva proprement scandaleux... L'Etat Major Français était pour cette aristocratie militaire allemande. Un ramassis d'imbéciles présomptueux, non respectueux de la vie de leurs hommes. Rien ne change, hormis les saisons ».
Une certaine « victoire » (un spadassin chauvin ou une infirmière chauvine ?) vient me demander ensuite quelle est ma thèse sur le Japon ? Je lui indique la même réponse qu’au faux candide : « un peu de jugeote voyons ! ». Victoire surenchérit : « Un peu de jugeote de votre part oui, votre avis était seulement un prétexte pour Hitler, le Japon était dans notre camp lors de la der des ders, donc si vous appliquez votre thèse, il n’aurait pas dû être dans le camp nazi. » Je réponds illico : Notre camp ? Celui de la bourgeoisie en guerre ? Et apprenez à vous exprimer un peu mieux ». Le chauvin Pete en est révulsé : « Pitié. Celui de la « bourgeoisie en guerre ». Mais qu’est ce qu’il ne faut pas lire comme connerie. »
Le chauvin(e) revanchard(e) Victoire revient à la charge, prêt à dégoupiller sa grenade, confusément mais, sarcastique, sur mon premier constat l’aberration de ce remboursement 100 après : « Vous avez raison : Une aberration! On en apprend tous les jours de bonnes! ainsi le capitalisme fait payer deux fois à l'Allemagne: une première fois en la poussant à la misère, à l'isolement et à la guerre, et une deuxième fois... près de cent ans après! Le capitalisme est bien un système pervers... Quand la France va-t-elle régler ses dettes pour occupation de la Ruhr, et pour ses pillages dans les colonies? On, qui est "on" On en apprend tous les jours de bonnes, belle phrase. Vous pourriez vous expliquer un peu mieux et ne pas englober tout le monde. La Ruhr a construit toute l'artillerie d'Hitler, les Panzers en pillant les autres pays occupés. La bataille de la Somme en 1916 a fait 1 400 000 victimes dont 57 000 anglais en un seul jour. La bougeoise (sic, JLR), elle ne part pas en guerre, Les insultes, après une bonne analyse, viennent régulièrement de révionnistes, porteur de la croix gammée. D'un point écologique, la Rhur a continué après la seconde guerre mondiale avec le plan Marshall de produire même occupée en produisant de belles pluies acides et lorsque le vent était à l'Est sur les Vosges. Comme dirait Pierre Dac, les menteurs et les cons ne sont pas toujours du côté que l'on croit. Les Allemands ne doivent pas payer 1000 ans la faute des Nazis, mais il n'est pas besoin de raconter autant de contre sens, la RFA a toujours été capitaliste, et si Vous dites que Mme Merkel ne l'est pas, vendre en Chine ne la dérange pas. Un blocus de la Chine de sa part serait bienvenu. Il faut être logique avec vous-même, son capitalisme est pervers "lorscon" a échappé au communisme. Et puis laisse béton. Votre héritage historique m’a l’air un peu perturbé ».
Ptivince, ancien syndicaliste aux armées, très applaudi pour sa science par sous-beauf Lecandide, vient pour corriger des « erreurs historiques » : « Le traité de Versailles est déjà une version bien amoindrie du plan français, amputé de pas mal de trucs par les US et Anglais... Les US pour raisons "humanistes" et morales, les anglais car ils ne faisaient pas confiance en leur nouvel allié (équilibre européen, etc..), et par nécessité d'un État fort à opposer à l'URSS ont tout fait pour éviter le découpage de l'Allemagne. Je tiens à rappeler qu'à l'époque, détruire un empire n'est pas inconcevable (il suffit de voir le sort de l'Autriche-Hongrie), et que le respect des frontières historiques est ... aléatoire (cf. les Balkans post 1918 et la Pologne post 1945). Si le plan français avait été appliqué (i.e. rive gauche du Rhin pour la France, vaste zone démilitarisée, et Allemagne recoupée comme à l'époque du Saint Empire Romain Germanique, désindustrialisation massive) tu peux être assuré que la WWII n'aurai jamais eu lieu. Des tas de conflits, sans aucun doute, mais pas aussi massifs). Si l'Allemagne à pu entretenir cette idée de "diktat" et de vengeance nécessaire, c'est surtout à cause de deux légendes:
-L'Allemagne a perdu à cause de traitres à l'arrière, l'Armée n'était pas vaincue.
-Donc le traité est inacceptable, vu que l'Allemagne n'a pas perdue la guerre.
L'erreur des alliés, quelque soit le plan de paix retenu au final, c'est de ne pas avoir obtenu de capitulation sans conditions à Berlin ».
Je réponds à Ptivince qu’il a tout faux : « mais j'ai déjà répondu à ces sornettes, Fredbel et sergent Lecandide refusent de répondre aux questions concernant les causes de la guerre, concernant les responsabilité de la bourgeoisie, et sont ignorants de l'histoire réelle: c'est le prolétariat allemand qui a arrêté la guerre mondiale le 9 novembre 1918, ratifié par la bourgeoisie internationale le 11, mais des historiens du même bord (droite caviar ou troll) que ces interlocuteurs superficiels, soutiennent que ce sont les bons généraux allemands qui se seraient inclinés devant la défaite... Hé Hé pourquoi alors les alliés ont-ils laissé canons et lance-flammes aux corps francs? Ne vous bousculez pas pour répondre ».
Ptivince revient mais pour se répéter : « Je vais m’auto-quoter : « "Si l'Allemagne à pu entretenir cette idée de "diktat" et de vengeance nécessaire, c'est surtout à cause de deux légendes:
-L'Allemagne a perdu à cause de traitres à l'arrière, l'Armée n'était pas vaincue.
-Donc le traité est inacceptable, vu que l'Allemagne n'a pas perdue la guerre. L'erreur des alliés, quelque soit le plan de paix retenu au final, c'est de ne pas avoir obtenu de capitulation sans conditions à Berlin."Je ne vois pas où je dis que se sont les généraux qui se sont seuls inclinés... Je ne vois pas non plus où je nie les troubles dans les arrières, où je nie les républiques socialistes, l'assassinat de Rosa Luxemburg par les Socs dems, etc... Je dis que si l'armée allemande avait été clairement défaite et l'Allemagne largement envahie, personne n'aurait pu propager la légende de l'armée "trahie" ».
Je m’insurge contre l’argument platement chauvin de Ptivince, quitte à jeter le trouble dans l’ encasernement : « Ce que vous ne comprenez pas tous dans ce forum, où Felwebell est le plus caricatural de la soumission à l'interprétation bourgeoise de la guerre, c'est l'enjeu de la confrontation des classes et le danger représenté par la révolution russe en toile de fond (Hitler a été choisi essentiellement pour faire barrage aux "rouges" en Europe, c'est sa mission première pas les juifs mais le prolétariat en révolution (il le dit clairement aux juges lors de son procès de 1923). Posez vous la question bon dieu! Pourquoi les armées alliées n'écrasent pas leur consoeur, la bourgeoisie allemande? La problématique est la même que l'armée allemande devant Paris qui stoppe face à l'insurrection des communards et laisse les versaillais leur régler leur compte (et en prêtant main-forte par endroits...). Si les alliés avaient continué leur offensive (mais réfléchissez un peu bordel):
1. effondrement de l'armée du kaiser
2. insurrection prolétarienne réussie à Berlin et propagation à vitesse grand V de l'insubordination dans les armées alliées (il y avait eu pas mal de fraternisation russo-allemandes au front de l'Est.
La guerre est la poursuite de la politique, et puisqu'il "faut protéger la guerre par un rempart de mensonges (dixit Churchill) continuez à suivre ses préceptes... dans l'intérêt de l'ordre dominant qui tente tous les jours de faire croire que la 3e sera définitivement impossible... or si elle sera possible si vous gobez tous les mensonges (non seulement sur la seconde, mais c'est normal vous êtes la génération du bourrage de crâne sur le seul méchant Hitler et le brave Staline) mais surtout sur la Première qui reste ancrée en notre mémoire, à nous les maximalistes révolutionnaires, comme exemplaire de la menace du prolétariat partie de Russie et s'étendant dans le principal pays industriel. Ne vous laissez pas avoir par les historiens rétribués par l'ordre scolaire, laisser nos bons classiques: Rosa Luxemburg, Rosmer, Trotsky et les dénonciations de la Gauche Communiste de France de Marc Chirik (revue Internationalisme 1944-1952) ».
Ptitvince le prend mal : « Ouais, d’accord, okay, lache moi ! Je ne donne pas de raisons à cet arrêt des armées alliés, je dis juste que les alliés se seraient arrêté à Berlin, on aurait pas eu la deuxième... Va te battre avec des gens qui te contredise, la, on parle juste pas de la même chose... ».
Je ne le lâche pas : « Ne le prend pas mal ptit prince. Je sens bien qu'on est proche. Je maintiens que la question de la continuation de la guerre était posée, d'ailleurs les généraux allemands voulaient reprendre les hostilités malgré l'armistice. La question que je voulais mettre en évidence est surtout que la raison première était de stopper le début de désagrégation de l'armée allemande, je rappelle que les premiers Conseils révolutionnaires sont surtout composés de soldats, et le risque de contagion côté armées alliées (il y a eu des fraternisations côté Alsace aussi, un film a été fait là-dessus je crois). Et enfin, chacun sait que la 2e guerre mondiale n'est pas une autre mais... la reprise de la première.. après avoir écrasé le prolétariat sous le stalinisme en Russie, sous Mussolini en Italie, sous la République de Weimar en Allemagne (Hitler n'a même pas fait le premier boulot de la contre-révolution comme l'a dit Trotsky). L'enjeu n'était pas d'aller jusqu'à Berlin en soi mais le contre-temps représenté par la révolution russe dans le charmant consensus de la boucherie inter-impérialiste. Et nous restons fiers dans le mouvement révolutionnaire, toutes tendances confondues de la mise au clair par Lénine de la théorie du DEFAITISME REVOLUTIONNAIRE: oui en cas de guerre nous sommes pour la défaite de notre pays, mais pas à la manière stalinienne pour la victoire du camp d'en face! Pour la généralisation de l'insubordination révolutionnaire et la mise au poteau d'exécution des généraux des deux camps. Bien cordialement ».
Rajustant son casque, le caporal Pete vient défendre l’idée que le traité de Versailles n’était pas une humiliation : « Le traité de Versailles ne comportait aucune des mesures punitives exigées par Clémenceau. L'intervention de Wilson et la passivité de Lloyd George ont contribué à grandement édulcorer le traité et à rendre les Français fous furieux, avec un Foch qui annonça dès la signature du traité que l'on allait tout droit vers une nouvelle guerre dans les 20 ans, puisque l'Allemagne n'était pas mise hors d'état de nuire. Le bougre avait raison. Hitler put s'appuyer sur 2 faits historiques pour exciter le sentiment de revanche allemand : le fantasme du diktat (l'Allemagne ne paya quasiment rien des réparations), et la réalité d'une armée allemande non entièrement défaite sur le terrain, les alliés refusant d'envahir l'Allemagne».
Le major Fredebel fait son entrée derrière les Pete et Lecandide avec une indignation bien posée contre mon argumentation : « L’Allemagne début XXe poussée à l’isolement et à la misère ? Vous avez vu jouer ça ou? L'Allemagne d'avant 14 est une des plus grandes puissances industrielles mondiales; elle dispose d'un empire colonial, d'une marine marchande et de guerre puissante (qui va entraîner l'alliance des anglais, inquiets, avec la France) et est à la tête d'une alliance politique avec l'Autriche Hongrie et l'Italie qui fait pièce à l'entente russo française. En plus elle possède l'Alsace Lorraine, conquise sur la France en 1870-71. On a vu plus catastrophique comme situation ».
Je réplique que oui : « mais en deux temps. 1. une puissance peut être très puissante mais se trouver étranglée par la concurrence des autres, sinon comment expliquez-vous la nécessité de recourir à la guerre? 2. la défaite en 1918 n'en est pas une et avive le désir de revanche national, et vous faites le sourd (par chauvinisme aveugle?) sur les conséquences du Traité de Versailles et l'occupation de la Ruhr, la chute du mark, la misère sous la République de Weimar... et vous ne pourrez pas nous dire non plus pourquoi la bourgeoisie allemande reconstitue son armée... ».
Fredebel me répond d’abord par le mépris professoral : « Commencez par lire un ouvrage sérieux sur la période. Ca vous évitera d'avancer des points erronés, comme la misère dans l'Allemagne des années 20, ou les causes de la guerre de 14 ».
Je pense d’abord me débarrasser de cet assaillant sans munitions : « Plaisantin morveux, prof ? Si vous êtes prof dans la vie civile, ça ne m'étonne pas, ils connaissent rien. Ensuite à ce point de nullité (vous ne savez même pas à qui vous parlez ni ne connaissez les livres que j'ai écrit sur le sujet c'est une question d'analyse politique et de conviction de classe. Comme les autres trolls de cette liste vous n'êtes pas du même bord que moi. Passez votre chemin mon pauvre ». Ma balle est passée au-dessus de sa tête, encore vivant mais lui me tire dessus sans ménagement un énorme projectile qui me fait chuter, se dévoilant pourtant : « Bien sur, c'est connu, à la fac on n'apprend rien, à Normale Sup non plus. L'Allemagne des années 20 connait un boom sans précédent; l'hyper inflation de 1923 est une manoeuvre des allemands pour démontrer qu'ils ne peuvent payer les réparations; au passage cela va ruiner les rentiers (ça doit vous plaire ça, pauvre taré stalinien). L'Allemagne en 1918 est au bord de l'effondrement; Hindenburg et Luddendorf vont faire pression sur l'empereur pour obtenir un armistice avant l'invasion du territoire, ce qui permettra ensuite d'entretenir le mythe de l'Allemagne invaincue et du coup de poignard dans le dos. Mais vous êtes trop stupide et englué dans l'idéologie pour utiliser la masse grisâtre qui vous sert de cerveau ».
A terre et saignant je trouve la force de répondre, bien que ma voix ne porte plus loin : « Réponse du pauvre taré de stalinien au pauvre taré de facho: 1. je ne suis pas stalinien et ne l'ai jamais été, taré c'est possible car je ne suis pas seul juge, 2. tout ce que vous dites est faux, faux historiquement et vous êtes incapable de démontrer quoi que ce soit à part insulter. Donc basta le beauf nationaliste! 3. merci (et adieu) à tous ceux qui ont témoignés ici contre les chauvins sur les meurtres sur les terrains de la boucherie fratricide. Merci à Kubrick et au réalisateur italien des "hommes contre". Et merci à tous ceux qui, en passant, vont chier sur la tombe de ce taré de Mangin, et des autres tarés à galons qui ont enrichis leurs familles, lesquelles n'ont pas encore remboursé l'indu salaire des mercenaires impunément gagnés dans le sang de milliers de pauvres prolétaires et paysans ».
Le caporal Pete avait surgi à son tour et se proposait de m’achever avec son lance-grenades : « Bof. "1. une puissance peut être très puissante mais se trouver étranglée par la concurrence des autres, sinon comment expliquez-vous la nécessité de recourir à la guerre?". Le militarisme belliqueux de l'Allemagne impériale n'avait pas "besoin" de déclencher une guerre, il souhaitait la guerre. Le jeu des alliances lui en donna le prétexte. "2. la défaite en 1918 n'en est pas une et avive le désir de revanche national, et vous faites le sourd (par chauvinisme aveugle?)". La défaite de 18 est réelle, la contre offensive sur la Marne condamne une armée allemande exsangue face à une entente galvanisée par l'arrivée des troupes américaines. L'erreur stratégique des alliés est d'avoir accepté l'armistice trop tôt et ne pas avoir concrétisé leur victoire par une occupation. Hitler put ensuite construire le mythe de l'armée invaincue, trahie par l'arrière. En 14, c'est l'aristocratie et non la bourgeoisie allemande qui appelle la guerre de ses voeux. Ce n'est ni le Traité de Versailles, archi édulcoré par l'intervention de Wilson, ni l'éphémère occupation de la Ruhr qui ruinent l'économie allemande. Et ce n'est pas cette crise économique qui est seule responsable de l'avènement de l'abjection nazie. C'est l'Allemagne et le peuple allemand qui portent l'écrasante responsabilité de l'émergence de cette monstruosité ».
J’avais répondu entretemps le jeudi soir à Pete pour sa réponse argumentée : « contrairement à fredebel incapable de démontrer quoi que ce soit , vous avez fait 'effort d'argumenter. Je vous en remercie. L'analyse des causes de 14-18 reste très disputée selon la vision que chacun a des classes, et sur ce plan il ne s'agit plus de simple connaissance mais de conviction politique. Il n'y a pas d'historien neutre vous en conviendrez, et personne, même les peigne-zizis comme vous et moi, n'est propriétaire de l'histoire et des histoires de l'histoire. Je me permettrai de vous répondre (amicalement sur 3 points) 1. sur la non défaite de l'Allemagne, il n'y a pas d'erreur stratégique des alliés, ils se refusent à rendre exsangue l'armée allemande because l'insurrection de novembre du prolétariat berlinois a mis fin à la guerre mondiale (comme vous ne l'avez point appris à l'école), il faut donc laisser les armes et les lance-flammes à la bourgeoisie teutonne pour qu'elle massacre Rosa Luxemburg et des milliers d'ouvriers allemands en insurrection. 2. Ce sont les généraux allemands qui demandent à Hitler de faire la propagande pour la théorie du coup de poignard intérieur par les juifs (les militaires n'ont pas signé l'armistice mais fait signer par leur ministre civil juif) et je vous rappelle que Ford finançait le parti nazi au début (mais lisez mon book au ed Spartacus: "le nazisme son ombre sur le siècle" qui dépoussière pas mal de bobards "antifascistes" de salon.
3. je ne suis pas OK avec vous (ni avec Mayer) sur la seule volonté de guerre de l'aristocratie allemande, c’est bien la bourgeoisie allemande qui est aux commandes désormais et qui tirera les ficelles, à l'occasion de la répression des spartakistes si vous voulez. Enfin la culpabilisation du peuple allemand est une énorme connerie, encouragée par tous les nationalismes français comme nationalisme juif. J'ai toujours combattu cette ignominie typiquement bourgeoise pour dériver les responsabilités. Bonne soirée ».
Le revanchard Victoire qui traine dans les parages, qui me croit mort, alors que je fais semblant de dormir face au nombre de mes assaillants, me chuchote l’air menaçant : « On va vous mettre au rationnement et encore, sans tickets. En 1949, la France était encore aux tickets de rationnement alors qu'en RFA, ils avaient déjà l'électricité dans tous les foyers. La ville de Brest totalement détruite par les nazis en 1940 n'a pas été reconstruite comme l’Allemagne, avec quel argent après 70 ANS de dictature ».
Lorsque l’infirmier de la croix rouge me relève la tête, haletant je murmure : « Je ne répondrai plus à tous ces trolls chauvins et chauvines qui perpétuent les mensonges bien franchouillards, certifiés anti-boches et anti-casque à pointe et qui étaient même pas nés ni à naître. Je vous signale quand même qu'il existe des photos et films des villes allemandes bombardées, une razzia comme à Hiroshima et que ça leur faisait une belle jambe d'avoir l'électricité (et enfin que 6 millions d'allemands ont été tués). La guerre est un malheur pour tous les peuples, et on ne peut pas quantifier la douleur, mais une chose est sûre, tous ceux qui cherchent à atténuer la responsabilité de toutes les bourgeoisies en lice, font partie des ennemis du prolétariat international. »
Le fier major Fredebel surgit à nouveau dans mon dos, baïonnette au clair, et sans égard pour le grand blessé que je suis devenu : « Resalut pauvre taré. "L'analyse des causes de 14-18 reste très disputée": non, c'est clairement établi; les 2 alliances (triple alliance et triple entente) ont été entrainées par la volonté de l'Autriche Hongrie de s'étendre au sud, contre la volonté des russes et des français, et le fonctionnement normal des traités. "Il n'y a pas d'historien neutre": si, les vrais, pas des théoriciens idéologues comme vous "la non défaite de l'Allemagne": en 1918, l'Allemagne est exsangue, et ne peut plus approvisionner son armée; on le voit à la dégradation du matériel; la puissance économique des Etats Unis rend leur victoire impossible; ce qui n'exclut d'ailleurs pas qu'on ait aidé les restes de l'armée allemande à écraser les spartakistes "l'insurrection de novembre du prolétariat berlinois a mis fin à la guerre mondiale": Non; Hindenburg pousse le Kaiser à un armistice avant l'effondrement complet de l'armée et l'invasion du territoire; l'insurrection communiste sera écrasée sans difficulté. "Ce sont les généraux allemands qui demandent à Hitler de faire la propagande pour la théorie du coup de poignard intérieur par les juifs": cette thèse du coup de poignard dans le dos apparaît dès 1919; et à l'origine l'Etat major allemand se méfie d'Hitler
"c'est bien la bourgeoisie allemande qui est aux commandes désormais et qui tirera les ficelles": Non, c'est Hitler, qui aura l'habileté d'utiliser tant les grandes sociétés allemandes que les aspirations du peuple allemand à la revanche; jusqu'en 1940, voire 42, le peuple allemand applaudit aux succès d'Hitler" nationalisme juif": vous n'êtes donc qu'un antisémite; nationalisme israelien si vous voulez; nationalisme juif, ça ne veut rien dire en Histoire. L'histoire idéologique, qu'elle soit d'extrême gauche ou d'extrême droite, est de l'idéologie, pas de l'histoire. »
La capitaine Jellyrolmorton tape amicalement, sur l’épaule de Fredebel, se plaçant devant lui : « Hempel, donne dans la fantaisie et sa capacité à déformer les choses est impressionnante. Ceci étant bien que tu sois plus près des faits, tu as des interprétations, certes distrayantes, mais elles aussi fantaisistes ».
Je ressors mon vieux fusil rouillé d’Octobre rouge cachée sous mes couvertures ensanglantées: « bye éternel lycéen formaté feldwebell ! Je ne vois toujours pas pourquoi et qui te permet de me traiter de taré et d'antisémite. C'est comme çà que tu parles à tes élèves quand ils contestent tes récitations idéologiques? C'est courageux par mail, mais si j'étais en face de toi petit con, tu ne me parlerais pas ainsi. OK? Je fais encore l'effort de relativiser tes énormités lycéennes: 1. lorsque (enfin) tu fais l'effort d'argumenter, en assurant d'abord détenir la vérité (c'est à dire ce que tu as ingurgité à l'école bourgeoise) tu nous sors une ânerie à faire pouffer les ouvriers du bâtiment: il y aurait des historiens neutres! (tu dois croire aussi en dieu) 2. Peu m'importe l'état de l'armée allemande, une guerre en réel ce n'est pas la bataille navale à laquelle tu jouais petit garçon, c'est TOUJOURS un rapport de forces entre classes (la bourgeoisie envoie la plus grande classe de la nation au sacrifice pour les marchands de canon) et n'est pas idiote au point de supposer qu'il n'y aura pas des crosses en l'air d'abord... Tu n'a pas réfléchi, pauvre diplômé à la phrase que tu récites "Hindenburg pousse le kaiser à l'armistice avant l'effondrement complet de l'armée", que ce n'est pas spécialement dû aux échecs sur le Front militaire mais sur le "front intérieur" (merci en tout cas de reconnaître que les armées alliées ont donné un bon coup de main à la répression des spartakistes, et cela fout en l'air tes arguties de lycéen cultivé). Le petit lycéen formaté par l'école de la république bourgeoise (très sectaire) ignore que Hidenburg comme tous les chefs de guerre est au courant des insubordinations dans l'armée depuis 1917, et que le plus important - ce que vous tous sur ce forum avez outrageusement oublié comme notre pauvre lycéen éternel: CONTINUER LA GUERRE OUVRAIT LA VOIE A LA GENERALISATION DE LA REVOLUTION COMMENCEE EN RUSSIE!!!! 3. Nous n'avons pas eu les mêmes lectures, moi c'est Ian Kershaw et d'autres plutôt assez proches de la réalité et assez connus. Mais avec ta tentative de démonstration professorale (et autoritaire) tu nous démontres par devers toi que ce n'est plus ici question de connaissance, lectures, etc. mais jugeote et parti pris. Et tu nous révèles que tu te situes pleinement dans l'interprétation mensongère bourgeoise qui:
- exalte plus ou moins les généraux sanglants de part et d'autre, ce n'est qu'une bataille entre "grands chefs" et les pions n'existent pas,
- fait croire que les généraux allemands n'étaient pas antisémites (ce qui est totalement faux comme l'ont montré Arno Mayer et Kershaw) et Kershaw montre que malgré leur méfiance du début ils libèrent vite Hitler de ses obligations militaires afin de pouvoir déployer la propagande nationaliste en civil,
- nous ressort l'argutie de la culpabilité du peuple allemand (argument typique des nationalistes américains et juifs); la "revanche du peuple allemand" est une invention repiquée à tes professeurs, et tu perpétues le mensonge: en disant qu'il n'y avait pas de misère en Allemagne dans les années 1920 (faut le faire!) laquelle va atteindre les 6 millions de chômeurs dans les 30, en passant sous silence que la "revanche du peuple allemand" avait échoué: des années de grèves et luttes insurrectionnelles écrasées avant que le militarisme (aidé par les politiques opportunistes du stalinisme en Allemagne de l'IC dégénérée). On t'as bourré le mou dans ta famille ou a la fac avec cette ânerie de culpabilité du peuple allemand.
4. Enfin comble de ta soumission àl'idéologie démocrate bourgeoise dominante dans l'enseignement de l'histoire tu es choqué par ma formule "nationalisme juif" qui n'est pas dans les livres d'histoire, ah ah, qui ne sont en effet pas fait pour réfléchir mais pour régurgiter. Je t'explique: le nationalisme juif c'est l'idéologie très commune et pas du tout cosmopolite qui se cache derrière le communautarisme juif, et qui sert de ratatouille à tous nos antifascistes de salon pour évacuer encore la question des classes sociales, qui se conclut par l'amplification du victimisme juif et du particularisme juif (qui arrangea bien aussi la bourgeoisie US qui ne mena jamais campagne pour sauver autant les juifs que les prolétaires européens during 5 ans) en 39-45, lequel permet d'éliminer la classe ouvrière, principale victime reconnue du premier carnage mondial... mais bon tu objecteras qu'elle n'avait qu'à se lever contre cette 2e guerre comme elle l'avait fait en Russie et en Allemagne à la barbe des putes de généraux que tu vénères (t'es copain avec Venner?). En conclusion, l'oublie de l'utilisation idéologique de l'histoire dans ton éducation et dans ton environnement médiatique de tous les jours, fait que tu es tombé dedans et que tu ne peux plus que te comporter comme un sergent recruteur de celle-ci dans ton rapport avec tes amis, tes voisins, tes éventuels correspondants sur le web. Je te plains ».
L’adjoint du capitaine Fredevel, Jellyrollmorton me tire une autre balle : « Que voilà des théories pour le moins vaseuses…..et plus qu’approximatives. Ta théorie sur la non invasion de l’Allemagne est amusante. Celle des généraux allemands demandant des 1919 à Hitler de mettre en avant la théorie du coup de poignard dans le dos, alors qu’Hitler en 1919 n’était RIEN, est fantaisiste. Si tout ton book est de cet acabit, l’on n’est pas fauché ». Je ne vois pas surgir le soldat Emman, ancien membre de l’amicale stalinienne aux armées, qui me poignarde rageusement dans le dos en me traitant de Brontosaure: « Brontosaure ! "La bourgeoisie tire les ficelles", "ignominie bourgeoise". Le florilège habituel et daté de ces thèses infra-marxistes . C'est la fameuse Histoire ou l'on demande aux faits de confirmer une "théorie". Les invectives n'inspirent guère confiance dans le sérieux de "l'historien". Es tu un Hitléro-trotskiste, ou un pathétique internaute petit bourgeois décadent qui entretien sur la toile l'illusion d'une révolution dématérialisée? Tu ne sais pas que le Grand Kapital a confisqué et détourné les forces révolutionnaires dans d'infantiles et immatures disputes».
Je finis par agoniser complètement, glissant dans un dernier soupir : « quelle bande de pauvres connards… ».

jeudi 30 septembre 2010

LA GREVE GENERALE CETTE COQUILLE VIDE POUR AGITES GAUCHISTES (telle que en Espagne hier)

L’aspect massivement moutonnier de la « grève générale » qui s’est déroulée hier en Espagne n e doit pas cacher une réelle inquiétude plus qu’une colère impulsive. On ne peut pas incriminer les prolétaires de suivre à chaque fois en chantant les processions syndicales, il n’y a pas d’alternative dans leur tête, ni dans un changement de gouvernement, ni dans une hypothétique révolution à court terme. Les syndicats avaient joué profil bas, eux qui représentent 16 % des salariés espagnols, avaient déclaré craindre une faible mobilisation. Et si on boquait tout en même temps en France et en Espagne où les attaques sont les mêmes contre la classe ouvrière ? On pourrait s’inspirer du commentaire suivant (si plein d’illusions pourtant) sur le blog Sarkofrance de Marianne :

« Pour la grève, mais la vraie »
Posted on 27 septembre 2010 by sarkofrance
Il est difficile de comprendre pourquoi certaines organisations syndicales n’appellent qu’à des mouvements sporadiques tous les 15 jours.
1. Face à une contre-réforme de grande ampleur, il faut un mouvement qui dure et perturbe.
2. Sarkozy répète depuis juin dernier que l’affaire est pliée. Il faut donc, encore une fois, un mouvement qui dure et perturbe.
3. La bataille de l’opinion est gagnée : cette réforme est impopulaire. Au sein du clan sarkozyen, on pense que les Français sont résignés. Il n’y a plus rien à perdre à provoquer un blocage des transports, des écoles, des lycées.
Alors pourquoi ? Pourquoi appeler à deux nouvelles journées isolées, les 2 et 12 octobre ?
Il est peu probable qu’une grève générale parvienne à s’imposer. Faire grève coûte de l’argent. Et mobiliser jusqu’à 3 millions de personnes les 7 et 23 septembre, deux ans après le déclenchement de la pire récession économique des 70 dernières années était déjà une belle réussite. Mais on peut imaginer des grèves tournantes : l’ile-de-France d’abord, la région PACA ensuite, etc; ou bien les transports publics, puis l’éducation, etc… Plus drôle, il faudrait trouver comment bloquer le centre de Paris, près de l’Elysée : une manifestation par jour, rue du Faubourg Saint-Honoré; qu’importe si elle n’est pas fournie; l’idée est d’encombrer. Face à un gouvernement autiste, il faut de la guérilla moderne »(*).
Franchement j’ai envie de dire « espéranza tchi tchi tchi » comme on dit en Espagne. Tout est ficelé par les organes gouvernementaux pour l’instant. Et preuve du marasme politique il n’y a pas de parti communiste ni d’organismes révolutionnaires à la hauteur, puisque pour l’instant la classe ouvrière n’est pas à la hauteur de la riposte nécessaire. Dans cette phase de la crise systémique la classe n’a pas les moyens ni une réelle volonté de déborder les syndicats, car la tâche est immense. Déborder les syndicats dans les années 60 et 70 ne signifiait pas la révolution au bout mais de sérieuses secousses et des possibilités de négociations. Si classe débordait les syndicats en ce moment cela signifierait qu’elle serait prêter à la confrontation directe avec des Etats forts, et à engager un combat majeur et risqué, des confrontations avec des morts, qui veut aller au casse-pipe en ce moment ? (qu’en pensent nos camarades espagnols ?).
Récit des dépêches AFP :
« Piquets devant les usines, files d'attente aux arrêts de bus, kiosques vides faute de journaux : l'Espagne a vécu au ralenti, mercredi, la première grève générale de l'ère Zapatero. Les syndicats se sont empressés de saluer l'importance de la mobilisation, contrebalançant les appels au calme du gouvernement. Pour le secrétaire général de l'UGT (Union générale des travailleurs), Candido Mendez, la grève contre une réforme du marché du travail déjà en vigueur a été "un succès de participation et un succès démocratique", et elle devrait entraîner "une rectification en profondeur de la politique du gouvernement". D'après l'organisation syndicale, la grève était suivie "à plus de 70 %" et par plus de dix millions de salariés dans le pays, voire à 100 % dans des secteurs comme la sidérurgie, l'énergie et les services de propreté.
De son côté, le gouvernement a assuré de "l'absolue normalité" de la journée avec des services minimum respectés, tout en cherchant à jouer la modération avec les syndicats. "Je salue la responsabilité avec laquelle la grève est suivie", a déclaré le ministre du travail, Celestino Corbacho, relevant que les services minimum étaient respectés à 98 %. Les centrales CCOO (Confédération syndicale des commissions ouvrières) et UGT avaient accepté de garantir, pour la première fois, des services minimum dans les transports, avec par exemple au moins 20 % des vols internationaux et 25 % des trains de banlieue.
Dans l'ensemble du pays, plus d'une vingtaine de personnes ont été blessées lors des heurts entre policiers et grévistes aux abords d'usines, et la police a procédé à une soixantaine d'arrestations. A Barcelone, des affrontements ont eu lieu entre policiers et militants d'extrême gauche "anti-système" en marge de la grève. (cf. article du Monde)
Les gauchistes espagnols sont contents, il y a eu du baston. Les gauchistes français en redemandent (des mouvements sporadiques bien encadrés) pour le printemps. Exemple de commentaire : Piquets devant les usines, files d'attente aux arrêts de bus, kiosques vides faute de journaux: l'Espagne a vécu au ralenti, mercredi, la 1ère grève générale de l'ère Zapatero. Les mobilisations en Europe contre l'austérité iront crescendo, je pense. Mais sa vigueur maximale sera atteinte vers le printemps... À samedi, tous dans nos rues! »
C’est pourtant sans lendemain comme en France, pure cocote minute débridée une journée. 72 % des personnes interrogées en Espagne pensent que, même si la grève est un succès, le gouvernement ne reviendra pas sur sa politique. On se croirait en terre sarkozienne…

(*) bilbonotry |28 septembre 2010 , va dans le même sens : « Comme disaient des jeunes en marge de la manif du 7, ce n’est effectivement pas entre République et Nation qu’il faut manifester, ça ne gêne personne, ça fait juste mousser les syndicats. C’est devant l’Assemblée Nationale, le Sénat, pendant les votes ou devant l’Elysée histoire de leur mettre la pression.

UN TEMOIGNAGE DE PROVINCE ASSEZ PROFOND DE LUCIDITE

"Manif quand tu nous prends..."

Salut Jean-louis,

J'étais à la manif à A... la semaine dernière, les gens étaient à la fois déterminés et timides, comme s'ils craignaient d'aller trop loin ou d'être déraisonnables (peur de parler trop fort, de se faire remarquer...) La confusion était complète à la fin, quand chacun avait envie de se rapprocher d'un noyau détenant le porte-voix, pour décider de la suite du mouvement, Sur la grande place de l'hôtel de ville chacun faisait son petit pas de danse et s'approchait tout en s'éloignant, chacun trouvait une excuse pour cacher sa lassitude et sa crainte d'aller plus loin (l'angoisse des acouphènes à la vue du porte-voix, la faim car treize heures tapait au clocher de l'église Saint-Trophisme, le désir car le magasin promod déstockait). Ceux qui ont voulu se resserrer sont vite retombés dans un discours de propagande pro-syndicat ou pro-NPA.
Il parait effectivement y avoir une grande lassitude chez les gens, et ces organismes syndicaux ou ces partis (qui communiquent plus qu'ils ne communient) sont perçus comme devant tenir des rôles et doivent tenir tel discours ou séduire en employant tel ou tel terme, faire semblant. S'ils voulaient vraiment, ils mettraient les routiers dans le coup, appeleraient les étudiants et l'affaire serait réglée. Il y a comme une retenue, comme si déjà les gens savaient qu'ils ne pourraient plus compter sur un mouvement global et collectif, comme si tout ceci n'était qu'un folklore, on va à la manif pour satisfaire sa conscience, se dire qu'on l'aura fait, en vain.

Car dans le fond chacun sait qu'il devra bientôt, déjà, se défendre seul.

Mon beau-frère est cheminot, maintenant à la retraite. En 1995, il avait participé au jupéthon et ce n'était vraiment pas la même chanson. A l'époque, je n'avais pas manifesté car je venais de trouver mon premier emploi sérieux après ma première expérience de chômage au sortir de mes études. Lui manifestait à grands coups de tambour dans les rues de Strasbourg et il était passé sous mon bureau parmi un cortège bruyant et fougueux (la pression était réelle, virile, les manifestants s'adressaient à Jupé d'homme à homme). J'étais descendu le voir et il m'avait fait une leçon, tout en continuant à frapper sur son tambour, son visage crispé, convaincu. Sa détermination et celles de ceux qui l'accompagnaient étaient terribles, mais en fait, si on y regarde bien, il aura surtout sauver ses avantages à lui en défendant un groupe éphémère. L'intérêt général et l'intérêt privé pouvaient alors encore se confondre afin de donner une force au mouvement, ce qui paraît ne plus être le cas aujourd'hui (d'où ce manque de conviction réelle). Peut-être l'effet de la fausse conscience (Cf le psychiatre Jospeh Gabel), une conscience créée de toute pièce, ou bien la considération d'une nouvelle réalité, une forme de sagesse... Mais c'est surtout l'absence de parole, d'un discours contradictoire qui soit constructif, qui propose autre chose (comment contredire une sincérité aussi talentueuse que celle d'un Jean-François Copé, quand il dit que ça ne l'amuse pas d'aller expliquer aux français qu'ils vont devoir travailler plus longtemps, peut-être l'idée réelle que cachait le slogan travailler plus...)

Les gens sont pris entre deux feux, en même temps ils ne peuvent pas s'opposer efficacement et ils n'ont pas la possibilité de défendre un point de vue différent (hormis la simple opposition). La seule que j'ai personnellement entendue, c'est à dire que quelque part ellle s'est rendue audible (ce que n'ont pas fait les autres) est Ségolène Royal, or même ceux qui étaient d'accord avec elle sur le fond la critiquent. Sinon, un grand vide, Aubry semble réciter sa leçon et pêche par opportunisme timoré. Toujours cette retenue face à la fatalité, une réalité construite de toute pièce mais à laquelle tous se réfèrent (quand chacun sait qu'il devra s'en tirer seul, l'expression "partage des richesses" vient se heurter à une contradiction interne, car s'en tirer seul, c'est espérer un jour avoir assez de pognon pour se sentir indépendant des autres, ces autres que l'on voit s'éloigner sur la pointe des pieds). Le système se fabrique de lui-même.

Ce qui n'est pourtant pas normal, c'est la petite grand-mère qui touche le minimum vieillesse et compte ses portions de vache qui rie quand elle s'approche de la caisse du monoprix. Elle ne pourra jamais créer une société qui lui permettra de faire fortune, et le loto je pense qu'elle n'y croit plus.

Voilà, j'espère que vous allez bien, on avait dit qu'on ferait un petit bilan de la journée du 23, il y avait comme une gêne à être ensemble, et la question en substance était bien celle-ci : qu'est-ce qu'on fait là ensemble ? Une question que l'on retrouve sans doute partout.

A bientôt,

Vincent

mardi 28 septembre 2010

UN AIR DE DEJA VU

(Voici quelques bonnes feuilles de mon prochain ouvrage : « L’histoire des trahisons syndicales »

Nous allons nous livrer aujourd’hui à une étude comparative des grèves de 1995, mouvement social (bien que mitigé) depuis 1968, avec les Journées d’Action (JA) « saute-moutons » comme disent les gauchistes critiques qui sautent pourtant toujours et en même temps que les bonzes sur les « moutons » salariés lors des ce ridicules promenades programmées comme les fêtes religieuses. Nous verrons que, contrairement à ce que croient les plus naïfs, IL N’Y EXISTAIT PAS UNE TELLE EMPRISE DU BARNUM SYNDICAL. Mais derrière le « tous ensemble », bien des corporatismes et des félonies qui ne peuvent pas être mise sur le seul dos des bureaucraties syndicales.

Vous verrez vous-mêmes toutes les différences qui sautent aux yeux à la lecture : les événements historiques se reproduisant toujours deux fois comme vous savez…
Une petite chronologie d’abord pour montrer que la force de protestation du mouvement ne partait pas des états-majors syndicaux comme cette année depuis janvier. Le mouvement ne s’était pas développé comme une suite des balades orchestrées aux dates choisies par les états-majors, et suffisamment éloignées pour évite l’effet boule de neige. On comptera au total 6 grandes journées d’action et le mouvement aboutira au retrait du projet gouvernemental ; les cheminots se seront farci trois semaines de grève.
10 octobre 1995 : grève massive de la fonction publique ;
15 octobre 1995 : grève SNCF ;
14 mai 1995 : manifs syndicales contre la réforme de la Sécurité Sociale ;
Novembre 1995 : grèves dans les universités ;
15 novembre 1995 : annonce du plan Juppé : porter les annuités d’ancienneté au travail de 37,5 à 40 années pour les salariés de la fonction publique ; la CFDT, nombre d’écrivains et journalistes, et une partie du PS soutiennent le plan ;
24 novembre 1995 : la grande JA est massive mais les cheminots – du fait de leur expérience non oubliée de 1986 – reconduisent subitement la grève au grand dam des dirigeants syndicaux ;
27 novembre 1995: la RATP et la Poste rejoignent les cheminots dans la grève ;
28 novembre 1995 : réaction immédiate à ce qui s’est passé la veille, les appareils syndicaux jouent la division, la CFDT est absente des manifs.
3-4 décembre 1995 : débat flou et ampoulé sur la grève générale au congrès de la CGT.
4 décembre 1995 : boycott par la plupart des syndicats cheminots de la commission gouvernementale pour adapter le régime de retraite ;
5 décembre 1995 : JA
11 décembre 1995 : le Premier ministre Juppé recule ;
12 décembre 1995 : JA, 2 millions de manifestants ;
15 décembre 1995 : le gouvernement retire sa réforme, les syndicats crient « victoire », la défaite gouvernementale ne sera que partie remise. Sous une victoire « syndicale », il s’est passé beaucoup de choses inquiétantes contre la messe syndicale et que je vais rappeler à présent.

UNE LUTTE SOURDE POUR EMPECHER LA VIE OUVRIERE DE S’EXPRIMER DANS LES ASSEMBLEES

L’enjeu de 1995 avait été pour les divers syndicats l’emprise sur les agents de conduite, vieille corporation dans la corporation, figure de proue des mouvements depuis 1986. Il fallait diminuer l’emprise de leur syndicat corporatif la Fgaac anarcho-syndicaliste, et, avec la volonté ambiguë de casser un certain corporatisme parvenir à chapeauter l’ensemble des catégories. Le souvenir cuisant de l’échappée belle des coordinations de 1987 hantait encore les bonzes syndicaux. Dès que le mouvement commença à se radicaliser, la stratégie syndicale (car ils ont toujours plusieurs stratégies) se conforma à une mise en scène démocratique dans un système pyramidal d’assemblées générales à la tête desquelles trônaient les agents de conduite. C’est dès le début du conflit que CGT et CFDT, soudain très « démocratiques » appellent à la création d’AG « souveraines ». Ces deux syndicats sont au même moment appuyés par LO dont les militants cheminots avaient créé la seconde coordination de 1986 « la coordination intercatégorielle des cheminots » dont les ex-membres critiquaient l’autonomisme des agents de conduite. A travers Thibault avec son langage abstrait, la CGT apparaît reprendre l’esprit assembléiste de la grève de 1986 : « La CGT a réussi à ancrer l’idée suivant laquelle c’est aux cheminots que revient la décision, au fil des jours et des assemblées, des formes de la poursuite ou non de la grève ».
Bla bla ! On va le voir avec ce qui se passait sur le terrain à la Gare de Lyon. Tout au long du conflit, le système des AG a été en réalité basé sur la séparation entre les catégories. En même temps, si chaque catégorie décidait « pour elle-même » de la poursuite de la grève, chacune intériorisait le fait que la poursuite de la grève dépendait des agents de conduite. Sous l’influence bienveillante des syndicats l’AG des agents de conduite devenait peu à peu l’instance centrale de la grève. On comprend à ce moment là l’importance pour CGT et CFDT de prendre pied parmi les agents de conduite où ils ont affaire à de redoutables concurrents de LO et LCR… Le déroulement de la grève devient peu à peu une mise en scène des agents de conduite qui sont ainsi peu à peu sous l’emprise des syndicats, qui vont pouvoir ainsi chapeauter l’ensemble du mouvement de grève. Les mandants syndicaux pèsent pour refuser toute AG commune à l’ensemble du personnel, ce qui permet : 1. satisfaire la Fgaac 2.de jouer l’unité syndicale en faveur des agents de conduite et 3. de renforcer l’emprise syndicale sur la corporation en affaiblissant tout réel débat au sein de cette AG (au nom de la sainte unité syndicale).
L’AG des conducteurs de train sous une si bonne protection devient amorphe et ne se consacre même plus aux objectifs généraux du mouvement ou au souci de coordination avec mes autres entreprises. L’AG débute désormais invariablement par la prise de parole des bonzes syndicaux : CGT puis CFDT et Fgaac (alors que l’influence électorale était inverse) mais preuve de la place nationale et centrale indispensable de l’inamovible CGT… L’information (si précieuse pour la vraie lutte de classe) ne circulait plus qu’entre militants des appareils ; des réunions avaient lieu entre syndicalistes de même catégorie. La grève n’est plus qu’une palinodie. Les caisses de solidarité de fonds constitués dans les manifs ne sont pas utilisées pour « tous ensemble » mais restent séparées et distribuées par les sous-fifres syndicaux.
Cette emprise subtile a détruit deux choses : d’abord la possibilité de l’AG des conducteurs de devenir un vrai comité central de grève national, ensuite (le plus important) mis fin au système de délégation directe à partir de l’assemblée. Cette AG devient ainsi non plus l’expression des travailleurs en colère contre le gouvernement mais un instrument de contrôle de la grève par les organisations syndicales. On le constate à la fin de la grève, le 11 décembre alors que l’AG des conducteurs se tenait toujours après les AG des autres catégories, elle se déroule très tôt le matin. Alors que la veille encore, le discours des militants CGT et CFDT fixait comme objectif le retrait du plan Juppé, la mainmise syndicale sur l’AG des conducteurs de train permet d’organiser la reprise sans que le débat sur les objectifs de la grève et son déroulement ait lieu. Quand les autres AG se tiennent, la reprise n’est plus un enjeu. Les AG ont été dépouillées par le sommet de leur souveraineté constitutive. Elles ne sont plus qu’un rituel où les cadres syndicaux organisent le tour de parole dans des locaux proposé par eux. Le « tous ensemble » habille alors l’opacité quant aux lieux de décision. L’ordre syndical intraitable sur son monopole des rythmes des formes d’action et de sa fonction dirigeante, régnait à nouveau à la SNCF. La CGT n’en resta pas là, acharnée à relégitimer son rôle dominant (cf. en vue des élections de mars 1996), à effacer le souvenir cuisant de 1986, elle fera appel aux intellectuels. Un dernier coup de pied devait être donné aux grévistes. Une réunion débat est organisée le samedi 16 décembre au foyer des cheminots de la gare de Lyon avec la présence de Pierre Bourdieu et Bernard Thibault. La situation de la CGT est délicate encore et ses syndiqués comprennent mal son revirement, ne faisant toujours pas confiance au gouvernement Juppé, et surtout considéraient faire non plus grève pour leur corporation mais pour «l’ensemble » des travailleurs du public comme du privé, et souhaitaient toujours vaillamment le retrait de la réforme Balladur de 93 contre le privé. Le jeudi encore, dans les AG les cadres CGT hurlaient encore au « retrait du plan Juppé ». Le jour de la reprise, le vendredi, au même endroit, Thibault était venu « expliquer » la nécessité d’arrêter le mouvement, déclenchant la fureur de la salle où de nombreux syndiqués déchirent leur carte et s’en prennent violemment au bonze. Ce dernier revient le lendemain samedi en compagnie de Bourdieu qui panse les blessures, discourt et consacre la capacité de Bernard Thibault à élargir l’audience de son syndicat.

LA CREATION DE SUD (Syndicat Unitaire et Démocratique)

Comme à Renault en 1947, lorsque la lutte est cassée, le mouvement reflue et ne peut produire d’organismes favorables à la véritable lutte de classe. Le « tous ensemble » s’est dégonflé dans l’union fallacieuse des syndicats et le désarroi des prolétaires dépossédés de leur lutte ne peut plus aboutir qu’au repli. Le « tous ensemble » reste une terrible ambiguïté psychologique enfin puisqu’une partie des contestataires de la trahison du syndicat CFDT ne pouvant faire le deuil de ce discours exalté restent dans la maison mère et refusent de suivre les fondateurs de SUD. Comme le SDR de 1947 (syndicat démocratique Renault) la création de SUD se fait sous les auspices de la souveraineté des AG de 1986 contre le retour de la dictature syndicale, mais pour retomber dans l’ornière d’un nouveau syndicat qui se croit plus démocratique que les autres au début et finit par fonctionner comme les mafias officielles. Le conflit avec la bonze CFDT Nicole Notat et ses contestataires de SUD aboutit à faire passer en plus au second plan les vraies leçons du dessaisissement de la grève et de ses enjeux. SUD est une consolation pour gauchistes activistes pas un organisme pour représenter une lutte qui n’existe plus. Le plan Juppé passera quand même une dizaine d’

LA GREVE DE 2007

La grève d'octobre-novembre 2007 aurait coûté 300 millions d'euros à la SNCF, soit 30 % à 40 % du résultat annuel. En réaction, la direction a lancé un plan d'économies de 100 millions d'euros.
La grève du 18 octobre 2007 est un véritable succès pour les organisations syndicales. La SNCF a enregistré un taux record de mobilisation avec 73,5 % de grévistes, contre 67 % au plus fort du conflit de 1995. Le trafic a été très perturbé, et il devrait l'être encore demain, certaines organisations ayant appelé à poursuivre le mouvement. Cependant, aucune grève illimitée n'a encore été décidée et tout laisse à penser que le contexte est différent de celui de 1995. Avant de lancer la réforme, l'Elysée a réalisé discrètement plusieurs enquêtes d'opinion sur le projet d'aligner la durée de cotisation des salariés de la SNCF sur celle des salariés du régime général. Les résultats sont beaucoup moins tranchés qu'en 1995. A l'époque, la réforme Juppé faisait l'unanimité contre elle. Aujourd'hui, l'opinion publique est partagée. Si les résultats des enquêtes d'opinion sont parfois contradictoires, il apparaît que la moitié des Français considère que l'alignement des régimes spéciaux est une question d'équité. Les syndicats connaissent ces chiffres, c'est la raison pour laquelle ils hésitent à lancer un mouvement de grève illimitée qui deviendrait rapidement impopulaire.

Que va-t-il se passer dans les semaines à venir ?
Au soir de la première journée de grève, le gouvernement est resté sur ses positions. Le ministre du travail, Xavier Bertrand, a expliqué qu'il rencontrerait les syndicats la semaine prochaine pour tenter d'amorcer le dialogue. Mais sur le projet de loi et l'allongement de la durée de cotisation, le gouvernement n'entend pas revenir dessus. Nicolas Sarkozy n'a pas l'intention de céder et compte bien réussir là où Juppé et Chirac ont échoué en 1995. Toutefois, comme dans tout mouvement social, l'issue du conflit demeure toujours incertaine. Si le mouvement de grève se durcissait, si l'opinion se retournait contre le gouvernement, alors ce dernier ne pourrait pas rester sourd aux appels de la rue. Mais pour l'instant, un conflit comme celui de 1995 n'est pas l'hypothèse la plus probable.
17 nov. 2007 - Une motion insiste pour que les directions syndicales ne signent pas d'accords avec le gouvernement sans le consentement de la base. ... Elle a fait remarquer qu'« il ya un divorce entre les syndicats et la base qui veut se bagarrer et qui veut le retrait de la réforme. ...
Les cheminots résistent à la trahison programmée par les syndicats . Jeudi, au troisième jour de la grève, massivement suivie, contre les attaques sur les retraites préparées par le gouvernement gaulliste du président Nicolas Sarkozy, des assemblées générales de cheminots se sont tenues dans toute la France et ont voté, à une écrasante majorité, la reconduction et l’amplification de la lutte.

GREVE EN ORDRE DISPERSE A LA SNCF, article de libé du 8 décembre 2007

Dans une union insolite, CGT et CFE-CGC des cheminots appellent à une grève jeudi à la SNCF. Les deux syndicats entendent ainsi peser sur la fin des négociations concernant la réforme des régimes spéciaux de retraite. ils ont annoncé samedi leur position, au terme de 48 heures de discussions animées et à rebondissements avec les autres fédérations, avec lesquelles ils ne sont pas parvenus à un accord.De son côté, la CFTC-cheminots (5e syndicat à la SNCF, 8,14% des voix aux élections du comité d’entreprise), poussée par sa base, a appelé à une grève reconductible à compter du lundi 17 décembre à 20 heures, veille de la réunion conclusive des négociations. Après une grève de 24 heures le 18 octobre et une deuxième de dix jours en novembre, le trafic ferroviaire devrait être de nouveau perturbé jeudi, alors que les préavis CGT et CFE-CGC courent du jeudi matin à 0 heure jusqu’à vendredi 8 heures. La SNCF et le ministre du Travail ont déjà condamné toute nouvelle grève, qu’ils jugent «incompréhensible». Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, a averti sur France Info que «ce sera une grève pour rien». Dans les négociations depuis le 21 novembre avec la direction et des représentants de l’Etat, «des avancées non négligeables ont été obtenues» mais «le compte n’y est pas» et «des désaccords profonds subsistent sur le cadrage de la réforme», selon un communiqué de la CGT, premier syndicat (40,14% des voix).
Le préavis de la CFE-CGC (8e et dernier syndicat, 1,02%), qui traduit le malaise des maîtrises et cadres face à la réforme, est également motivé par «l’immobilisme du gouvernement». Il est important de «se mobiliser avant la fin des négociations», a déclaré à l’AFP le président du syndicat, Gérard Blanc.
C’est sur la date et la forme d’un mouvement que l’ensemble des syndicats, pourtant tous favorables à une grève, à l’exception de la Fgaac (agents de conduite autonomes), ne sont pas parvenus à un terrain d’entente. La CGT pointe notamment «des questions de rapport de forces» au sein de la CFTC-cheminots qui «ont fait éclater l’unité syndicale» depuis jeudi, alors que se dessinait encore une grève commune de 24 heures avant Noël. Sud-Rail, (2e, 14,97%) accuse au contraire la CGT de «précipitation» et de «manque de sérieux». Sud, favorable à une nouvelle grève reconductible, a été exclu de l’intersyndicale et va consulter ses instances en début de semaine pour une éventuelle grève. FO (6e, 6,62%), penchant également pour un mouvement reconductible «pour ne pas faire perdre une journée de salaire aux agents pour rien», doit se réunir mercredi pour prendre position. «Le seul objectif de la CGT et la CFE-CGC en déposant en catimini un préavis pour une grève “carrée” est d’éviter une grève reconductible», selon Eric Falempin, secrétaire général de FO-cheminots. L’Unsa, (3e, 14,48%), qui était demandeur d’une grève de 24 heures mais unitaire, «ne marche pas dans l’unité à deux». Enfin, la CFDT (4e, 11,58%), qui a déjà déposé un préavis de grève de 59 minutes pour le 20 décembre, avait dès vendredi matin indiqué qu’elle ne s’associait pas à une grève avant la fin des négociations. Selon un syndicaliste fin connaisseur des conflits à la SNCF, «il est rare qu’il y ait une telle division et une telle pagaille. La grève de la CGT ressemble à un baroud d’honneur puisqu’elle est en réalité résolue à la réforme.»
LA DIVISION SYNDICALE DEVRAIT EPARGNER UNE GREVE A LA SNCF , écrit Fabrice Amedeo le 7 décembre 2007

Les trains ne devraient pas être paralysés pendant les fêtes. À la RATP, seule la CGT appelle à la grève le 12 décembre.
ILS DEVAIENT afficher leur unité face à la réforme des régimes spéciaux. Les syndicats de la SNCF avaient annoncé qu’ils lanceraient hier un appel unitaire à la grève pour peser sur le processus de négociation. Au lieu de cela, les noms d’oiseaux ont fusé entre fédérations, chacun y allant de son propre appel à la grève. La réunion interfédérale qui devait se tenir hier a même été annulée in extremis. « Je n’avais jamais vu une telle confusion, confesse un responsable syndical de la SNCF. Nous sommes dans l’expectative la plus totale, il n’y a plus de date de grève arrêtée . » Aucun accord n’a été trouvé sur la nature du futur mouvement. FO et SUD sont favorables à une grève reconductible, tandis que la CGT, la CFTC, la CGC et l’Unsa défendent le principe d’une grève de 24 heures. De son côté, la CFDT ne veut pas se joindre à une grève avant la dernière séance de négociations sur les retraites le 18 décembre. Elle a en revanche déposé un préavis de grève de 59 minutes le 20 décembre, afin d’exposer les conclusions des discussions aux cheminots. Pas de consensus non plus sur la date d’une éventuelle grève. La CFTC aimerait qu’elle débute le 17 mais elle ne fait pas l’unanimité. « La CGT qui aime encadrer les autres syndicats est dépassée, explique-t-on à la direction de la SNCF. Elle essaie en vain de ramener le plus grand nombre d’organisations syndicales. »
À la RATP, la situation est moins confuse mais l’unité syndicale bat de l’aile. Dans le métro parisien, seule la CGT, qui représente 37 % des agents, a déposé un préavis de grève de 24 heures pour le 12 décembre 2007.

A suivre….