"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 13 août 2010

MORCEAUX CHOISIS AUTOUR DU DISCREDIT SARKOZIEN (FOOT FOUTU – MONSIEUR YAKA – ANTI-COMMUNISME PRIMAIRE)

DRAME SUBLIMINAL EN NORVEGE : LES POULAINS TRICOLORES AUSSI NULS QUE LEURS AINES VOYOUS DU MUNDIAL

« Une des graves difficultés de la politique est l’obligation de gouverner avec des idées
tenues pour vraies par les multitudes alors que ces idées sont erronées ».
Gustave Le Bon (Les incertitudes de l’heure présente).


Sans doute plus largement que la figuration du merlu congelé Poutine assis comme copilote dans un bombardier d’eau pour tenter d’adoucir le sentiment de haine face à la gabegie de l’Etat traditionnel russe impuissant face aux gigantesque incendie des forêts « soviétiques », on va gloser dans les cabines éditoriales françaises sur un nouvel entraineur es « fous du ballon » qui n’a pas pu laver plus blanc (sic) que l’ancien pervers narcissique (ramoneur). Peu nous chaut le résultat du match où une pâle équipe de Norvège a battu « nos bleuets ». Ce qui fût ridicule à souhait, et typique de la mascarade gouvernementale sarkozienne, résida dans les espoirs distillés par la presse gouvernementale, après le désormais traditionnel tour de France hyper-dopé, sur le renouveau de « l’équipe France ». Les morveux allaient venger le symbole de l’incurie gouvernementale française en Afrique du Sud : avoir tout misé sur un entraîneur PN en roulant dans la boue Anelka, joueur plus inspiré, comme ses camarades déconfis et voués à l’enfer des secondes division, par les voitures de luxe que par l’intérêt national et gouvernemental. Ce qui fut doublement ridicule, tout au long du match, où nos nouveaux jeunes virtuoses à nouveau black-blanc-beur donnèrent l’impression d’amateurs dans une cours d’école faisant regretter nos bons voyous milliardaires abonnés à l’échec, résida dans l’affichage récurrent du sigle de la fédé franc de foot : un coq ! Certes , joueurs ex-colonisés et entraineur balbutièrent militairement le chant chauvin idiot et ringard, et, on pensa en haut-lieu de bon augure de balancer cette image de coq (animal typiquement gaulois) pour exciter et formater un peu plus la population prolétaire télévisuelle à une rapide réincarnation d’une grandeur footballistique passée, grandeur plus chiraquienne que sarkozienne. Peine perdue. Le coq en surimpression nous agaça sans cesse, sans valoriser les merdeux arrivistes qui se « la jouaient » sur le terrain, pardon qui se la pétaient. Pour rien. Le voyou président Sarko a éteint son téléviseur brutalement. Fumace. Le coq avait porté malheur. Encore une fois. Pourquoi me demanderez-vous ? Parce que tous les coqs ne se ressemblent pas. Le coq français est symbole de chauvinisme, de corruption et de coups bas. En revanche le coq portugais, non utilisé au plan sportif ou national, symbolise la justice, qui n’existe certes pas plus en pays lusitanien qu’en pays gaulois. On a le coq qu’on mérite.

LE POUVOIR SE « FRONTNATIONALISE » SELON MONSIEUR YAQUA

Qu’est-ce qui peut faire plus peur qu’un pit-bull ? Un pit-bull évidemment, même vieux. Arnaud Montebourg, avocat bourgeois comme la plupart des élus de la République confie sa crainte à Libé caviar « de la montée en puissance du FN dans la roue de l’UMP » et ses mensonges de politicien «lessive qui lave plus blanc » ; celui-là même qui a jadis confirmé son innocuité et promesses mensongères en réclamant sans cesse l’inculpation de Chirac.
Montebourg est présenté par les employés de Libé comme « le plus ferme dans la dénonciation de l’affaire Woerth Bettencourt » ; plus ferme comme la lessive Gamma comparée à OMO ? D’abord cette fable de la menace « frontiste » est éculée et ne peut même plus servir de diablotin pour un PS transparent, ensuite la diabolisation des prolétaires immigrés n’est pas nouvelle et a été, d’une manière ou d’une autre, le fait des gouvernements de droite comme de gauche. Aucun angélisme sous le règne du gourou de Montebourg, Mitterrand, pour expulser les ouvriers sans papiers. Ensuite le gouvernement actuel est aussi brutal que les précédents pour défendre « la toute petite partie de la population fortunée et ultra-privilégiée ». Il n’a pas « combattu jusqu’à l’insulte » les syndicats amis de tout gouvernement. De même il n’y a pas de « lourds échecs sur le terrain de la montée de l’insécurité » ; le « pouvoir » laisse faire, le pouvoir se fiche des petits faits divers et des crimes dans les zones déshéritées, plus il en a besoin pour justifier l’action de sa police contre la classe ouvrière. Depuis les affaires concernant le tueur de Toulouse Alègre et le scandale d’Outreau, tout le monde sait que pas tout commissariat de police ne dispose de policiers ripoux en lien avec la pègre et des indics permanents, couverts et blanchis, avec un Mitterrand ou un Sarkozy au pouvoir. Monsieur YAKA ne peut faire que de la surenchère et réclamer plus de police. Il ne peut rien proposer de mieux en fait que l’actuel chef de l’Etat, alors il fait appel au fantasme pour gauchiste professionnel, le danger « fasciste » : « le pouvoir se frontnationalise (donnant) la triste possibilité au FN de remplacer peu à peu l’UMP en validant ses solutions ». Mme Bettencourt est-elle prête à aider financièrement le FN à la hauteur de ses tirelires redondantes et généreuses pour l’UMP ? (Ou M. Bergé pour le PS s’il devient gaga lui aussi ?).
Les solutions du FN seraient donc simplement de « mieux contrôler » l’immigration, but de l’UMP et de tous les gouvernements précédents ? Ou bien l’UMP va-t-il ouvrir des camps de travail pour « valider » les projets supputés du FN ? En tout cas, Montebourg affiche bien ce langage des avocats bourgeois, typique des bandes de franc-macs : ambigu, peu clair, critique forte en apparence mais sans fond différent, clins d’œil ésotériques aux confrères en politicaillerie, abus de faiblesse des électeurs gôche caviar, etc.
Le clin d’œil de cet improbable partisan de la maison de poupée dite « pacte de tranquillité publique » (concept montebourien) est destiné tout de même à ses collègues du demi-cercle des menteurs législatifs, et exprime le souci de toute la bourgeoisie concernant le discrédit général que génère l’expérience Sarko I. Citant un des toutous du chef de l’Etat, le demi-chauve Copé – « gare à une nouvelle nuit du 4 août ! » - l’avocat de la gauche caviar nous rejoue le jacobinisme de prétoire pour tenter de nous refourguer une « 6eme République », mélangeant à son tour violence des voyous et violence d’une classe à laquelle il est étranger : « Nous sommes entrés dans une longue crise de régime, marquée par une montée de la violence dans la société. Puisque les citoyens n’ont plus confiance dans les institutions pour régler leurs problèmes, ils les règlent eux-mêmes, par la force s’il le faut ». Admirable sémantique et rhétorique de bourgeois. Comme Sorman il dit de toute façon n’importe quoi et mélange tout. Première phrase : montée de la violence (il ne nous dit pas laquelle, mais c’est celle des faits divers). Phrase suivante, supposée conséquence de la précédente, les « citoyens » (c a d les électeurs, Nota Bene) rejettent les institutions (oui mais il ne nous dit pas non plus lesquelles). Virgule suivie d’un verbe au singulier : « ils les règlent eux-mêmes », mais quoi ? Ah oui « leurs problèmes ». Mais il ne nous a pas non plus précisé lesquels. Comme quoi le discours de prétoire, typiquement pacifiste et faussement radical, d’un avocat politique ne vaut pas toutes les pétoires qu’il nous faudra utiliser pour mettre à bas la robe noire et puante de la justice bourgeoise, et toutes les « chèvres » parlementaires élues avec l’argent des ultra-riches.


ANTI-COMMUNISME PRIMAIRE: UN LARBIN POLYGLOTTE DE GOUVERNEMENT

Le Monde, un des premiers moyens d’expression de l’oligarchie bourgeoise ne donne la parole qu’aux puissants et à leurs bouffons essayistes, lesquels s’expriment en plusieurs langages, double, triple et sous-entendus, maniant l’alternance de l’affirmation la plus grossière accolée à l’apologie la plus ridicule du système bourgeois existant.
Le 10 août dans la rubrique « analyses et débats Décryptages » où les intellectuels bourgeois sont invités à se faire plaisir, on lit un lourd titre : « PnomPenh, le Nuremberg du communisme. Le procès des khmers rouges montre qu’ils préfèrent finir renégats, plutôt que marxistes ».
Ouch ! Quésaco ? Non, Douch ! du nom du chef khmer rouge condamné à 35 années de prison. Beau procès indépendant et juste pour Sorman car l’ethnocidaire n’a pas été jugé par « les vainqueurs » comme en 1945 mais par la « justice cambodgienne »… certes financée par les Nations unies… Sorman passe élégamment sur le soutien en 1975 de Libé et du Monde soi-même à « la résistance » glorieuse des khmers rouges, et esquive de rappeler le soutien des gauchistes et du particule bordiguiste. Sorman feint de se demander si le crime n’était pas inscrit dans les gènes cambodgiens pour nous informer que Pol Pot était devenu communiste « à Paris dans les années 60 ». Sorman oublie d’informer le néophyte que devenir communiste à Paris en 1960 était être formé à l’école stalinienne du PCF, et écarte donc la supposition d’un héritage barbare cambodgien et en conclut que Pol Pot et Cie « il faut admettre qu’ils l’étaient vraiment communistes ». Et il nous ajoute pour preuve inénarrable : « Ce que les Khmers rouges imposèrent, ce fut le communisme réel : il n’y eut pas, en termes conceptuels ou concrets, de distinction radicale entre leur règne et le stalinisme, le maoïsme, le castrisme et la Corée du nord. Les régimes communistes suivent tous des trajectoires étrangement ressemblantes, que colorent à peine les traditions locales. Dans tous les cas ces régimes entendent faire du passé table rase et créer un homme nouveau ; dans tous les cas, les bourgeois, les intellectuels et les sceptiques sont exterminés ». Seule distinction dans la « couleur locale » propre aux khmers rouges : la famine. Objection d’autorité plumitive au passage aux « angéliques » maximalistes d’un communisme qui n’a encore jamais existé, par l’intellectuel de gouvernement Sorman : « Le communisme réel sans massacre, sans camps de concentration, goulag ou laogai, cela n’existe pas ». Le bourgeois cossu Sorman, modeste conseiller des puissants, exprime aussi l’avis du prolétariat (quoiqu’il ne l’ait point consulté) : « L’idéologie communiste conduit à la violence de masse parce que la masse ne veut pas du communisme réel ». Etonnant concentré de plusieurs concepts contradictoires ou complémentaires, hors sujets et surtout perversion du raisonnement sormanien. Résumé du concentré oligarchique : si le communisme « réel » devient violent une fois au pouvoir c’est parce que les masses (le prolétariat) n’en veulent plus parce qu’il est méchant une fois au pouvoir !
Pauvre Sorman, son raisonnement tordu ne tient pas la route. Il ne nous a en rien expliqué le prétendu « communisme réel » puisqu’il l’a confondu avec le stalinisme, horizon borné de tout journaliste pervers pour défendre son gagne-pain au service de l’idéologie bourgeoise. Mieux, en voulant se faire remarquer – le procès au Cambodge serait enfin celui de tout le communisme (réel ou irréel) – il commet une tautologie ; il fustige ces communistes caméléons, auto-immunisé par leur reconversion social-démocrate ou en leaders nationalistes ; il écarte la 2eme Guerre mondiale capitaliste et excuse le nazisme en nous racontant que son dit «communisme réel » a tué plus que le nazisme. Or les soi-disant communistes de Sorman non seulement ne le furent jamais, mais ces « flics rouges » de l’ordre occidental n’ont pas changé le fond de leur identité de dominateurs bourgeois du peuple et du prolétariat !
Ce raisonnement de toupie, qui mélange tout et pratique l’adage enfantin « c’est toi qui l’a dit c’est toi qui l’est », donne la conclusion suivante qui se mord la queue, qui est bête comme Sorman, qui prouve qu’il n’est qu’une des serpillières du régime, et que si on n’a pas les moyens de lui répondre dans les salons huppés du Monde, on lui réserve – non pas le goulag mais l’honorable profession de balayeur de trottoir dans la période de transition au communisme et l’interdiction d’écrire ses conneries pour un large public, ou, s’il trouve un autre support pour les accueillir, elles ne seront malheureusement plus rétribuées.
« Le procès de Phnom Penh montre combien le marxisme est utile pour revendiquer le pouvoir, prendre le pouvoir et l’exercer de manière absolue, mais le marxisme comme idéal n’est revendiqué par personne, pas même par ses anciens dirigeants. Les Khmers rouges ont tué au nom de Marx, Lénine et Mao, mais ils préfèrent finir comme renégats plutôt que marxistes. Cette lâcheté des Khmers rouges devant leurs juges révèle le communisme sous un jour nouveau : le communisme est réel, mais il n’est pas vrai puisque personne n’y croit ».
La nullité de la rhétorique sormanienne nous fait pitié, non parce qu’elle conforte en soi l’idéologie totalitaire bourgeoise (typique du gouvernement actuel et des intellectuels bourgeois en général) – « nous pensons à votre place ce qui est bien pour les bestiaux » - mais parce qu’il ne connaît rien de l’histoire du véritable mouvement communiste. Un renégat est quelqu’un qui a trahi une cause honnête. Or, manque de pot Sorman ! les néo-staliniens khmers rouges, castristes, maoïstes n’ont jamais été « communistes ». Des traîtres à la libération des peuples ou du prolétariat ne peuvent pas renier une « libération humaine » qu’ils n’ont jamais défendue ! Appliquons donc la rhétorique sormanienne à Sorman soi-même : Cette lâcheté éditoriale de Sorman comme juge du stalinisme réel sous un jour nouveau est réelle, comme le capitalisme est vrai puisque personne n’y croit.

Post scriptum necesserum : le véritable projet de transformation communiste de la société dépend de principes politiques qui ne sont ni purs ni intouchables. Personne ne peut planifier ni pronostiquer d’avance une société d’avenir. DE tout cela nous n’avons nullement à discuter avec les bourgeois et leur obligé Sorman. Malheureusement, il suffit aux Sorman et autres Bourseiller de lire les textes actuels de sectes comme le minus Groupe communiste mondial (peuchère !), de l’hypocrite CCI ou du petit bras R.Camoin pour se marrer. Avec leur monisme marxiste interprétatif – s’ils prenaient le pouvoir intellectuel – ils seraient amenés à agir à la manière de Douch et Pol Pot malgré leur actuelle gentillesse propagandiste. Mais sans rizière et sans les incendies de Sibérie. Et on se demande bien où ils pourraient interner la majorité de la population récalcitrante, vu que les commissariats et les prisons de Sarko I sont pleins !
Prolétaires ! Faites donc confiance au prolétariat universel à condition qu’il s’arme d’abord de la théorie marxiste ! Bourgeois, n’oubliez jamais que l’Histoire est un perpétuel recommencement et que votre trône est friable !

mardi 10 août 2010

Les intentions sécuritaires de l’Etat corrompu :

DES SONDAGES SUR MESURE POUR UN ETAT FAIBLE

Nous avons précédemment soigneusement décrypté les manipulations idéologiques du quotidien gauche caviar Libé (1er août) concernant les « dérapages de Sarkozy » pour combler l’absence de combler l’absence de rodéo syndical de naguère façon CGT pendant la période estivale. Toute cette agitation de presse bourgeoise face à l’arrogance sécuritaire gouvernementale aura été présentée d’abord comme l’antidote au scandale Bettencourt, si utile au demeurant pour faire compatir au possible dépouillement des vieux riches gagas par l’Etat lui-même et quelques aigrefins. Toute cette agitation n’aura-t-elle pas été pourtant un nouvel enfumage en vue de la toujours bien calibrée « rentrée sociale » avec cirque syndical complice pour finaliser l’allongement du départ en retraite ? Rassurez-vous possédants flageolants, la rentrée de septembre est toujours désormais soigneusement planifiée dans une dramaturgie où les interlocuteurs font partie d’un monde incontrôlable et étranger au prolétariat.
L’attaque politique contre la classe ouvrière apparaitra plus nettement aux lecteurs prolétaires avec le décryptage suivant de l’organe gouvernemental numéro 1 – Le Figaro (du 6 août) - journal de la finance d’une meilleure tenue graphique et informative que la presse gauche caviar. Le mensonge n’en est pas moins autant ridicule, malgré la sophistication sondolâtre, que Libération. En Une, à côté du dos charnu d’un policier en tenue et revolver en sautoir, titre : « Sécurité : Les Français plébiscitent les projets du gouvernement » ; sous-titre : « De gauche comme de droite, ils approuvent largement les mesures annoncées ». L’édito d’un certain Y.Thréard est une perle de suce-boule : « Après lecture du sondage (…) combien de temps encore les dirigeants de gauche vont-ils continuer à insulter les Français (…) par leurs critiques assassines contre les mesures que Nicolas Sarkozy et sa majorité (du 16ème) préparent en la matière »… pas longtemps comme on va le voir avec le retournement de Libé-gauche caviar.
« En la matière » il n’y a pourtant qu’impuissance gendarmesque et flicarde, rien ne changera sur le terrain de la pauvreté et de l’exploitation. L’article qui présente le dit plébiscite vulgaire manip pipole conclut triomphalement à une approbation majoritaire des « français ». Il interprète sans gêne, par-dessus la tête anonyme et creuse des con-sultés, via Fourquet (à ne pas confondre avec le Fouquet’s) pâle bonze de l’IFOP, que l’affaire Bettencourt aurait été remisée au rang du maillot vert par « l’opinion » face « aux violences des dernières semaines ». Miracle de la sondologie d’Etat – cette présumée consultation au quotidien des électeurs bafoués tous les quatre ans – les « sondés » par des condés sondologues sont aussi des veaux échappés des barbelés de la gauche caviar (« Les dirigeants socialistes (sont grâce au sondage bidon) dépassés par leurs troupes ») ; si je ne me refusais pas en général aux comparaisons historiques outrancières, je pourrais dire que c’est un fascisme new look… c'est-à-dire une manière de gouverner si perverse qu’elle en fait oublier l’outrecuidance et le narcissisme de l’oligarchie dominante, avec laquelle IL N’EST PLUS POSSIBLE DE DISCUTER NI DE CONTESTER. Tout est dicté ou commandité au sommet de l’Etat, comme dans l’avion « air sarko one », en comité restreint avec écho des oreilles et des caméras de surveillance partout incrustées. Il n’y a plus de contre-pouvoir possible, à l’image de la gendarmerie assujettie à la police.
Le principal passeur de plat de ce Big Brother, innocent les mains pleines, Woerth, n’a pas eu besoin de souffler une aussi hâtive conclusion au sous-fifre de l’Ifop, un bon larbin n’attend point que la voix de son maître lui dicte la raison d’Etat. Imaginez que d’honnêtes sondeurs indépendants aient plutôt demandé leur avis aux prolétaires méprisés sur le thème : « Pourquoi les riches bourgeois magouillent sans vergogne entre eux et pourquoi leur police et leur justice les protègent-ils de plus en plus ? ».
Ce fût décidé en haut lieu après quelques semaines où l’on laissât les « angéliques » de la gauche caviar et les gauchistes à leur queue émettre quelques protestations de façade contre les « dérapages » et la « honte faite à la France » pour la protection légitime des voyous sans papiers, mais pas des prolétaires sans papiers surexploités et super-fliqués.

UN PLEBISCITE SECURITAIRE TRUQUE POUR UN BEL HORIZON UMP 2012

Une nouvelle méthode de fausse approbation des desideratas d’Etat s’annonce dans la nouvelle manière de fabriquer les sondages, de rendre plus opaque cette fausse consultation de la population, dûment sectorisée et brevetée par tous les médias. Ne sont plus traités des sommes en pourcentage mais une graduation en couleur :
Bleu foncé : très favorable/bleu pâle : plutôt favorable/rose pâle : plutôt opposé/rouge : très opposé. On remarquera le subliminal recours à la couleur : le bleu pour umpistes, pâle pour les centristes, un rose socialo assez proche des bleus pâles et enfin un rouge froncé pour les supposés avis du PC néo-stalinien et divers gauchocrates et anarchocrates « angéliques ».
Le hit parade de l’approbation des mesures gouvernementales répressives place en un, le bracelet électronique, puis le retrait de la nationalité française, la peine incompressible pour les assassins de policiers (mais pas de civils !), le démantèlement des camps de Roms (pas nouveau), le retrait de la nationalité française aux voyous étrangers (déjà naturalisés ?), la généralisation des caméras de surveillance (déjà effective) et la condamnation de parents de mineurs délinquants.
Les larbins de l’Ifop et du Figaro innovent en modulant comme suit les avis, pourquoi se gêner en une démocratie bourgeoise pleinement totalitaire, convaincue de gérer des bestiaux illettrés : par ex pour le number one le plus orwellien du hit parade – le port du bracelet électronique pour délinquant des années après la punition – la couleur bleu horizon UMP 2012 s’étale sur quatre centimètres de 52% puis se prolonge par un bleu pâle sur deux centimètres de 37%. Comme il n’eût pas été folichon de laisser comme tel, et 11% de très opposé et ces 37% de bleu pâlichon, les larbins pratiquent en sondologie la méthode sarcozienne du détournement-débauchage (comme l’addition ministérielle des Hortefeux et ex-socialos Kouchner-Besson). Sarko ne serait-il pas au fond un situationniste déguisé ? Ils additionnent donc 52+37 = 89%. Euréka ! Suffisait d’y penser, une question plutôt bête et ambiguë reflétant un avis très faiblement majoritaire devient (mais en bleu foncé) : TOTAL FAVORABLE : 89%. Sur les sept questions, malgré des avis favorables notoirement décroissants (ainsi le très favorable 38% contre les Roms bondit à un total favorable de 79% grâce à l’ajout du palot 41% du favorable mitigé. Avec cette nouvelle méthode de calcul Sarko’s amalgam easy, les sept questions, sauf la dernière trop débile (la condamnation des parents de mineurs délinquants) atteignent des taux brejnéviens. Le drapeau franchouillard ne possède plus un blanc franc au milieu. Il est devenu bleu pâle : bleu-rose-rouge. La nouvelle déco subliminale du journal de Neuilly signifie que si un temps le blanc intermédiaire était quelque peu rose (délayé de rouge), grâce à la nouvelle philosophie sécuritaire les couches moyennes seraient devenues bleuâtres, c'est-à-dire contaminées par l’idéologie bleue de la droite caviar au lieu de ce rose plus ou moins délayé de l’ancien « mythe rouge ». Le « mythe rouge » lui n’est plus qu’accessoire dans la sondologie, on lui réserve les petits pourcentages non significatifs, en oubliant de mentionner que dans les basses couches « rouges », on vous claque la porte au nez ou on raccroche dès qu’on entend les mots « institut de sondage ». Avec de telles méthodes à la Sarko’s amalgam easy, il est peu probable que la partie rouge se bleuise à son tour en 2012. L’action du prolétariat enfin décidé à « mettre fin aux négociations » (cf. La mère de Brecht), ces parodies des complices syndicalistes – si un rebond de la crise systémique le permet – pourrait fiche en l’air la méthode et ses instrumentalistes. Sinon, ça continuera comme avant et faudra pas venir se plaindre.

LE RETOURNEMENT DE L’ANGELIQUE LIBé

Le lendemain du sondage new look – Sarko’s amalgam easy – le porte-parole de la gauche caviar oppositionnelle conforte le Figaro en se démarquant de la charge de Rocard contre un discours sécuritaire « néo-nazi », reproduisant une contre déclaration d’un camarade « socialiste » (anonyme) de la « rue de Solférino » (siège du PS) : « Rocard c’est notre phare à éclipses. Un coup il tresse des couronnes à la droite, et l’autre il la cloue au pilori. Ces déclarations sont contre-productives. L’escalade verbale dans la condamnation est aussi stérile que l’escalade dans les propositions ». Le PS ne saurait plus à quel saint se vouer, ni Libé ? Du tout, union nationale sécuritaire oblige, Libé soutient le sondage de merde du Figaro en feignant de marginaliser la charge de l’iconoclaste Rocard, qui reste utile en coin à la gauche caméléon: « Les intentions (de Sarko) sont scandaleuses. Je dis qu’il le paiera et qu’il l’aura mérité ». La veille Libé disait à peu près la même chose en édito, mais se rétracte à travers les déclarations d’un « certain camarade socialiste », « dirigeant de la rue de Solférino » dont on va apprendre plus loin qu’il n’est autre que le monsieur flic du PS : « … une fois de plus, Michel Rocard est à contre-courant de l’opinion publique (mais c’est qui l’opinion publique, le bleu-rose-rouge du Figaro ? JLR). Un sondage Ifop publié par Le Figaro, vendredi matin, montre qu’une très forte majorité des Français approuve les mesures sécuritaires prônées par le gouvernement face à la grande délinquance. A 89% ils se prononcent pour le port du bracelet électronique… ». Et qui douterait après un tel soutien au trucage de l’Ifop-Figaro à la collusion de tous les médias sur les mêmes thèmes ? Le PS est appelé en renfort pour la « crédibilité du sondage » : « Même le PS le reconnaît. « Ce sondage est crédible. Je le lis comme une demande de protection des Français. En même temps c’est une formidable critique de la politique de Nicolas Sarkozy. Si l’opinion ne sentait pas que cela se détériore, elle ne demanderait pas de mesures plus fermes », poursuit Jean-Jacques Urvoas, le responsable des questions de sécurité du PS ». Enfin identifié. Finalement tout s’éclaire, PS = UMP, aussi nuls les uns que les autres, mais le PS encore plus nul en opposition à sa majesté policière Sarkozy.
Or, ce que chacun fait mine d’oublier c’est qu’il n’y a pas d’autre politique possible qu’une politique de répression policière approuvée fictivement par les sondages truqués, de la part de l’Etat aux abois dans la crise systémique, toujours plus inquiétante malgré la fausse sérénité affichée officiellement. L’Etat sait qu’il n’a rien à craindre pour l’instant d’une classe ouvrière désorientée et tétanisée dans un anti-sarkozysme primaire qui laisse à croire qu’il suffit d’attendre les bras croisés deux ans encore pour éventuellement le remplacer par n’importe qui, même par le diable en personne. Si cette politique répressive est pourtant un extraordinaire aveu de faiblesse, elle n’en demeure pas moins une violente attaque politique contre la classe ouvrière, supérieure même à l’attaque économique et sociale. Pourquoi ?
Parce qu’elle vise d’abord, non en soi les gens du voyage ni tous les immigrés, mais à diviser la classe ouvrière. La politique sécuritaire étatique – la même finalement sans nuances de droite à gauche et au FN – vise toujours à filtrer l’immigration suivant les besoins de l’industrie capitaliste. Par le truchement de l’interprétation simpliste et bruyante de quelques faits divers sanglants et odieux, les médias enfoncent le clou : le danger que vous confrontez, citoyens « français » n’est pas l’Etat de cette classe au pouvoir si étrangère au prolétariat mais une poignée de petits tueurs et de malfrats d’autres contrées. Quand le pouvoir montre une souris l’imbécile y voit un éléphant. Mais le classique « c’est pas moi c’est l’autre » est une pelisse bien usée.
Ensuite, après avoir prétendu se soucier de la sécurité des « français » autochtones, y inclus ouvriers et couches moyennes, la politique sécuritaire étatique vise à terroriser ces milliers et milliers de travailleurs émigrés et expatriés qui viennent enrichir, avec ou sans papiers, les malfrats de l’industrie hexagonale et les ministres obligés de l’exploitation sans frontières et sans remords, de l’exploitation sous contrôle policier féroce et juridique laxiste.
Cette menace pesante contre cette partie grandissante de la classe ouvrière est bien l’utile complément à l’attaque économique et politique sur les retraites pour les travailleurs « autochtones ». La politique bourgeoise est toujours, on l’oublie, double, triple langage.
Aux ouvriers autochtones l’Etat bourgeois, la main sur le cœur assure : bien sûr nous prolongeons vos années d’exploitation et d’humiliation au travail, mais nous nous engageons à vous apporter protection après l’assassinat de votre grand-mère par un chômeur de longue durée ou le viol de votre petite fille par un étranger dont la convenance médiatique nous interdit de préciser les origines.
Aux ouvriers étrangers attirés par le chaland de l’industrie occidentale avide de main d’œuvre taillable et corvéable à merci, l’Etat bourgeois, fameux bretteur, mais revolver au poing menace : vous travaillerez à la sueur de votre front, vous n’enfanterez plus de voyous sinon nous vous mettrons en prison, puis nous vous reconduirons brutalement dans vos cages à misère. L’Etat bourgeois feint de déclarer la guerre aux voyous « étrangers », comme si nous n’en comptions pas suffisamment parmi les autochtones du lumpen. L’Etat se fiche de déclarer une quelconque guerre aux voyous – ils ne font pas le poids et surtout sont totalement complice du système de l’argent roi. C’est la classe ouvrière tentée de plus en plus d’être violente, quoique pas avec les mêmes méthodes que les voyous, qui est menacée, par ce biais, mise en garde quant à ses réactions « iconoclastes ». C’est la classe ouvrière qui est fichée de plus en plus individuellement, ses manifestants filmés et archivés par les CRS, ses combattants obligés de fournir leurs empreintes politiques génétiques…
Aux intellectuels de tous bords, la politique bourgeoise offre les moulins à vent des idées générales, le sirocco de l’étranger à turban, la tramontane des droits de l’homme et le mistral du vieux Le Pen qui, lui, petit suppôt des PME, a oublié d’ajouter que les mots tuent.
Pendant que les idéologues bavassent sous l’œil narquois de l’Etat-mafia, les prolétaires regardent leurs pieds. Et nul ne sait encore quand ils vont les lui mettre au cul, leurs pieds, à cet Etat qui hérisse lâchement ses poils sécuritaires.

lundi 9 août 2010

LA POLITIQUE SECURITAIRE DE SARKOZY A LA CAMPAGNE : UN FLIC DERRIERE CHAQUE ARBRE

Ou comment les poulets protègent les grenouilles


PV d’infractions à la police de la pêche en eau douce
(26 mars 2010 à 21H58)
Type de milieu : zone humide
Catégorie piscolicole : première
Police administrative de la pêche (Les gardes pêches sont armés et ont les mêmes pouvoirs que la police nationale)
(La prose et les fautes d’orthographes des pandores ont été respectées)

« PREAMBULE

Durant la nuit du vendredi vingt six mars deux mille dix, nous réalisons un contrôle afin de lutter contre le braconnage de la grenouille rousse (Rana temporaria). En effet, les amphibiens de cette espèce sont actuellement en pleine période de reproduction et plusieurs milliers d’individus en train de pondre peuvent être rassemblés dans certaines zones humides. Leur capture à la main de jour comme de nuit à cette période ainsi que leur vente sont strictement prohibées mais restent pratiquées dans le département de la Lozère, résultant d’un fort intérêt culinaire et traditionnel mais parfois aussi pécuniaire. La douzaine de grenouilles rousses peut en effet être vendue à des tarifs oscillant entre cinq et quinze euros. Lors de journées ou de nuits favorables, plusieurs milliers d’individus peuvent être capturés illégalement.
Cette mission fait partie pour le mois de mars des priorités de contrôle Etat (DDT) – ONEMA – ONCFS approuvé par le Procureur de la République visant à cibler et coordonner les actions des services de l’Etat pour diverses problématiques environnementales.
Les faits suivants se déroulent dans une zones humides, située sur la commune de M., département de la Lozère. La police de la pêche relève de la Direction Départementale des Territoires et le droit de pêche appartient au propriétaire riverain.

CONSTATIONS

Vers vingt et une heures, alors que nous observons les nombreuses zones humides du secteur à l’aide d’un casque de vision nocturne, nous apercevons un véhicule qui arrive du village de X en direction de Mende, peu de temps après nous apercevons le véhicule qui s’arrête effectue un demi tour et repars vers le village. Lorsque le véhicule fut parti nous voyons un individu avec une lampe prospecter la zone humide.
Nous montons dans notre véhicule de service et effectuons un trajet par le lieu dit … en direction du Village.
Arrivés a environ 500 mètres du village nous abandonnons notre véhicule et nous nous approchons à pied, de la zone humide en contrebas de la route ou nous voyons un individu qui ramassent des grenouilles rousses à la main, à l’aide d’une lampe et les déposent dans récipient.
Nous suivons une petite piste qui descend jusque dans la zone humide alors que l’individu se rapproche de nous. Arrivé a une centaine de mètres de celui-ci nous voyons un véhicule arrivant du village qui emprunte la piste et se dirige vers l’individu qui ramasse les grenouilles. Arrivé au bout de la piste le véhicule s’arrête et attend l’individu qui monte dans la voiture effectue un demi tour et remonte vers le village. Pendant ces opérations nous nous sommes rapprochés du véhicule. Nous décidons d’intervenir a la sortie d’une épingle car pour négocier celle-ci le véhicule est obligé de pratiquement s’arrêter.
Lorsque le véhicule arrive à notre hauteur nous intervenons en allumant nos lampes tout en présentant haut et fort nos qualités.
Contre toute attente le véhicule essaye de repartir en accélérant mais dérape et finie par caler. Nous demandons au conducteur de couper le contact et de déposer les clefs sur le tableau de bord.
Nous leur demandons de mettre leurs mains en évidence et à plat sur le tableau de bord. Dans le véhicule, en plus du conducteur et du ramasseur de grenouilles, deux enfants en bas âge occupent la banquette arrière.
Après avoir procédé aux observations de sécurité de l’extérieur du véhicule pour nous assurer qu’aucune arme n’est présente dans celui-ci, nous demandons au conducteur de nous décliner son identité en tant que coauteur des infractions commises par Mr. …
Nous lui faisons remarquer que son attitude en présence des ses enfants est totalement déplacée et donne un très mauvais exemple pour eux. »

Suivent sept pages de codes de loi, truffées ou plutôt bardées d’articles numérotés, pour la protection de l’environnement naturel...bourgeois. La terre n’est à personne, rien qu’à la bourgeoisie comme seule classe spolieuse de la nature et des hommes.

En réalité, le rapport est mensonger, les super gardes-champêtres écolos s’étaient jetés sur le capot avant du véhicule de mes deux jeunes amis paysans, revolver au poing. Les deux enfants à l’arrière hurlaient de terreur. Les deux « bandits  ramasseurs de grenouilles » risquent 2000 euros d’amende chacun.
Comme vous avez pu le constater il n’y a pas que la police nationale qui en est réduite au chiffre pour des actes véniels, quoique celle-ci ait une excuse « écologienne ».
Dans le même ordre d’idée concernant la gabelle écologiste, il faut savoir que selon les produits vendus aux fermiers – plus ou moins polluants – une taxe est incluse dans chaque produit et reversée au principal syndicat gouvernemental, la FNSEA. Comme quoi il n’y a pas que les ouvriers qui ne payent plus des cotisations aux syndicats marrons.

mardi 3 août 2010

SARKOZY A-T-IL DERAPE CET ETE ?

DECRYPTAGE D’UNE PROPAGANDE PERVERSE


La bourgeoisie est apparemment très forte et dispose d’un président aux capacités de rebondissement foudroyantes. La presse dite d’opposition ou plutôt simplement contestataire lui sert admirablement les plats. Commentaires de Libération aux dernières déclarations « scandaleuses » du chef de l’Etat : « Le Président a établi un parallèle hasardeux entre délinquance et immigration, vendredi (31 juillet) à Grenoble, proposant de retirer la nationalité française aux « truands » d’origine étrangère. Titre intérieur de même organe de désinformation : « Sarkozy dégaine les clichés et cible les immigrés ».

Rien de choquant pourtant entre l’émotion feinte par les idéologues appointés de Libé, dans une figuration contestataire simpliste et un président dans son rôle de méchant gendarme. Pourquoi avons-nous ce sentiment d’indifférence, de lassitude face au vide politique des gouvernants et de leurs opposants en guimauve (« angéliques », comme disent si bien les dominants dans l’Etat bourgeois). Certainement parce que ce genre de remue-ménage autour d’une affirmation en apparence scandaleuse et provocatrice du chef de l’Etat, a le don de nous resservir la soupe de la fausse opposition gauche bourgeoise/droite bourgeoise. Résumons pour faire plus simple. Il suffit de prendre les ombres du passé et de les agiter pour accorder crédit à une faction bourgeoise contre une autre. La stigmatisation des gens du voyage et des Roms ne vous rappelle-t-elle pas la stigmatisation des juifs par Hitler, dit la gauche ? Mais oui bien sûr appuie aussitôt Libération ! Personne à gauche ni cet organe d’intox, n’aurait osé dire plutôt : tient le capitalisme n’a pas changé depuis Hitler, il se sert toujours de boucs émissaires pour détourner les responsabilités de la bourgeoisie !
M. Guaino, porte-plume du chef de l’Etat, qui n’en a pas, de plume ni de panache, a pu dans le même ordre d’idée, être invité à conférer récemment avec des marxologues dans le cadre de la revue intellocrate « Cités n°41 », et affirmer, en marxiste consommé, que le capitalisme actuel est complètement différent de celui des années 1930, sans que personne ne le qualifie de révisionniste anti-marxiste ni de menteur patenté. Pensez ! un penseur d’Etat qui estime que Marx a du bon, comment ne pas saluer un tel pas en avant ? Et les types de « Cités » tous bardés de diplômes ultra-universitaires de se mettre à genoux devant un aussi comique représentant de la pensée marxiste officiellement sarkozienne.

En second lieu, je reviendrai sur « l’amalgame odieux » du vendredi 31 juillet qui « assimile la délinquance à l’immigration », « discours xénophobe ou le président ratisse sur les terres de l’extrême droite ».
On est frappé tout de suite, par la même méthode répétitive de propaganda journalistoque que concernant la « dénonciation du comportement des gens du voyage ». Le plumitif, comme n’importe quel militant gauchiste, ne se livre à aucune démonstration, évite le questionnement lui-même. Et c’est là que les « nègres » intellectuels du gouvernement font passer haut la main la tactique gouvernementale d’évitement des scandales touchant directement le pouvoir, guère scandaleux au fond, autour de l’argent de la vieille milliardaire gaga.

Examinons chaque étape de la manip.
A la suite de plusieurs agressions violentes, meurtres ou tentatives de meurtres de policiers, à Grenoble en particulier – certaines agressions n’étant pas le fait simplement de racailles de banlieue mais aussi de gangs armés de « voyageurs sans terre et sans patrie » – Sarkozy fustige un « comportement » concernant des gitans (pas tous évidemment) gangstériste et violent, ce qui dans UN cas particulier ne peut être contesté. Et chacun de ses sous-fifres peut broder ensuite sur les « belles bagnoles » « qui tirent les caravanes de gens non assujettis à l’impôt ». Le vice est dans la généralisation du problème à une communauté traditionnellement inintégrable (et que l’on peut comprendre en tant que communistes ; quel intérêt de s’intégrer à cette société capitaliste odieuse et inégalitaire ?), mais sur la base des deux ou trois derniers faits divers, la stigmatisation présidentielle touche juste. Excepté les « anges » infantiles de la gauche et du gauchisme, chacun s’interroge toujours sur la fortune roulante de certains « gens du voyage », laquelle n’est pas spécialement due à des cambriolages, mais peut être aussi le fruit de la prostitution des femmes, des rétributions financières secrètes des officines comme l’ex SAC qui ont su très bien utiliser des hommes de main dans cette mouvance pour régler leurs comptes à certains ministres (Boulin, etc.) ou à des chefs du milieu récalcitrants ou déloyaux. Mais, de ce point de vue, la fortune de certains gitans est un bien aussi mal acquis que les tenants actuels de la bourgeoisie au pouvoir, laquelle est donc mal placée pour faire la leçon de morale. D’où notre ennui considérable quand la gauche « angélique » et Yves Coleman se récrient de la « criminalisation d’une communauté », et saute par-dessus les problèmes réellement existants – les paysans par exemple qui ont des raisons d’être en bagarre souvent contre des « voyageurs » sans ressources qui passent et ne se gênent pas pour piquer dans les récoltes – et hurlent au fascisme de Vichy.

Deuxième étape dans la manipulation gouvernementale : l’odieux « amalgame » entre délinquance et immigration (traduction de la gauche bourgeoise). Sarkozy déclara à Grenoble devant son parterre policier que : « cinquante ans d’immigration insuffisamment régulée (qui) ont abouti à mettre en échec l’intégration », et ajouta son « souhait » que la nationalité française soit retirée à certains délinquants d’origine étrangère (ce dont se fichent royalement les vrais truands). Et toute la presse de gauche de se montrer outrée, non pas de la finesse de la langue de vipère (bien pensée et très juste au fond), mais pour aussitôt généraliser de façon simpliste et pour rappeler les origines hongroises du président. La perversion de l’interprétation du principal journal de gauche caviar n’est pas visible à la lecture sur le web, il faut voir le tableau sur l’édition imprimée (que seuls achètent les enseignants et les intellectuels de gauche en vacances). Encadrant le gros titre cow-boy : « Sarkozy dégaine les clichés et cible les immigrés », on trouve les encarts propagandistes suivants. Sous le titre rouge « L’essentiel », manière de bourrer le mou aux nuls qui n’auraient fait que survoler l’article central et l’édito « angélique » - (cf. « il existe des solutions républicaines, mélange de prévention, d’éducation et de maintien de l’ordre et de la loi », bla-bla…) –

« LE CONTEXTE
Le président, dans un discours tenu vendredi à Grenoble, a annoncé un ensemble de mesures ciblant les étrangers et les Français enfants d’étrangers pour lutter contre la délinquance »
Une généralisation simpliste où tout est faux et que les complices politiques de Sarkozy peuvent ridiculiser sans difficulté.
« L’ENJEU
Ce plan est avant tout destiné à séduire l’électorat d’extrême droite ».
Ce n’est pas l’essentiel comme le précédent « essentiel » résumé pour les nuls, c’est glisser en même temps deux mensonges classiques de la gauche bourgeoise :
les élections depuis des années dépendraient de la séduction des idées dites d’extrême droite, et non, en réalité, le rejet de la gauche bourgeoise et de sa même politique que la droite une fois au pouvoir, la peur mêlée face aux exactions incendiaires aux causes multiples, l’inquiétude face aux dramatiques faits divers et aux bavures policières.
comme de bien entendu c’est une classe ouvrière « arriérée » qui est visée parce qu’on lui prête à elle seule (alors qu’elle s’abstient majoritairement) le vote protestataire d’extrême droite que Sarkozy aurait récupéré. Autrement dit, exit la lumière du scandale Bettancourt qui démontre avant tout que Sarkozy a été élu grâce au « pouvoir de l’argent » et pas à un choix délibéré de citoyens en pleine possession de leur vote.

L’article de tête se terminait par une dernière citation de l’horrible discours présidentiel : « Il faut impérativement maîtriser le flux migratoire ». Ce qui n’est pas nouveau, tous les « fondamentaux » des présidents et tous les partis politiques au pouvoir n’ont jamais prétendu autre chose depuis 50 ans. Et pour bien enfoncer le clou, Libé redonne espoir en la gauche impuissante en se servant comme la droite des sondages truqués : « les instituts (de sondage) désormais placent la première secrétaire du parti socialiste en position de l’emporter ».

Revenons à la déclaration liminaire du président après cet intense bourrage de crâne de Libé, « une intégration insuffisamment régulée » depuis 50 ans. Le propos (de Guaino ?) est subtil. 2010 – 50 = 1960. Ce déficit intégrationniste remonterait à la guerre d’Algérie et au temps de la décolonisation générale de l’Afrique. Ne sont pas concernés donc là ni les italiens, ni les portugais, ni les roumains, ni les gitans, insuffisamment « régulés » depuis des siècles, mais bien les maghrébins et les « renoirs ». Au cas où vous n’auriez pas compris le propos du président, le journal de gauche Libé en remet une couche en étalant, sur les deux pages, ses diverses déclarations sur le sujet depuis des lustres, en particulier celles où les français (sans préciser leur classe d’appartenance) se sentiraient menacés par l’immigration « pour leur sécurité, leur emploi, leur mode de vie, pour la préservation des valeurs nationales » (discours du 11 déc. 2006). Là encore, le vrai chevauche le faux avec une perversion caractérisée.
Le vrai est que l’immigration, dont les industriels ont un besoin faramineux et insatiable, apporte avec elle non seulement le curé ou l’imam du village, mais aussi les voyous. Classiquement les derniers arrivés sont inévitablement en butte à l’ostracisme national, au chômage, aux sales boulots. Classiquement ce sont eux qui peuplent les prisons de la République. Classiquement la masse de ces travailleurs « forcés » fait l’objet des rafles vénielles pour la fameuse garde à vue ; pour parodier Rousseau, disons que le prolétaire immigré est né libre mais partout il est dans les fers.
Avant-guerre les italiens émigrants en particulier détenaient la primeur du banditisme (cf. Al Capone aux Etats-Unis), des juifs polonais aussi (cf Joanovici), et, comme par hasard, dans tous les cas, les gangs avaient des accointances avec les Etats d’adoption ; la Sicile est « libérée » avec l’aide de la mafia, et Joanovici a pu se targuer d’avoir servi sous Pétain et De Gaulle. Depuis l’ère de la décolonisation qui a été une pourvoyeuse absolue d’une immense main d’œuvre pour la reconstruction du capital européen, on trouva donc de plus en plus dans les prisons une majorité croissante d’ex-colonisés de couleur ou pas.
Le développement du capitalisme moderne n’a pas changé depuis le XIXe siècle, il a toujours eu une faim vorace de main d’œuvre ultra-dépendante et renouvelée dans des droits limités permettant une surexploitation intensive, en même temps qu’elle détruisait toute l’idéologie d’une soi-disante classe ouvrière nationalement homogène. Les travailleurs autochtones, face à des concurrents obligés d’accepter de plus bas salaires ont toujours mal vécu cette situation, caractérisée faussement par les bourgeois éclairés comme une manifestation de « racisme ». Les femmes ouvrières, puis les travailleurs immigrés, populations plus faibles ont été, et sont toujours vu comme des concurrents, bien qu’en général ils continuent à souffrir des mêmes inégalités de salaires. Le sentiment de rejet des travailleurs autochtones dans tous les pays n’est pourtant nullement du racisme mais un des aspects de la concurrence séculaire inévitable entre prolétaires pour obtenir du travail sur « la place de grève » ou à la queue des pôles emploi, doublé d’une inquiétude sociale qui parfois conduit à ignorer que les fabricants de cette « division » sont toujours les négriers capitalistes avec leur politique néo-coloniale de dumping salarial. Quand en plus des criminels notoires sont de fait ces étrangers séduits par les « sirènes » bourgeoises des pays riches, comment ne pas être tenté d’oublier aussi les vrais commanditaires de la misère et du chômage ?

La troisième étape de la manipulation gouvernementale perverse est le recours à la « morale nationale », cette vieille mystification nationale encore obligatoire à la veille si redoutée de l’éclatement de la zone euro. Quand, toute honte bue, les successifs dirigeants de l’Etat bourgeois français ont compris tardivement (comparés à la blanche Amérique) qu’il fallait aider les religions des ex-colonisés à s’implanter localement avec les subsides de l’Etat national, encourager l’extension de modes de vie inconciliables (manger différent, cf. l’extension des Quick Hallal, la surface des supermarchés envahie depuis une dizaine d’années par des produits casher et hallal) et un port vestimentaire excluant (cf. la fausse opposition à la généralisation du port honteux du voile pour les femmes), ils oeuvraient complètement en faveur de l’intégration diversifiée et ghettoïsante des prolétaires dans le capitalisme décadent. On a vite oublié que la supériorité du christianisme sur toutes les autres croyances antiques avait été que tout le monde puisse manger ensemble à la même table. Avec le capitalisme décadent l’humanité ne peut plus manger à la même table ni opposer une solution politique révolutionnaire.

Stopper l’immigration prolétaire reviendrait à signer l’arrêt de mort du capitalisme, aussi il prétend « réguler » tout en ne régulant rien du tout. S’il régule c’est au plan politique avec un machiavélisme diablement consenti en complicité avec sa gauche oppositionnelle. Mieux encore, pour mieux justifier de sa fausse impuissance, l’Etat bourgeois a recours enfin – par ses tenants de gauche ou de droite – à l’idéologie éculée des « valeurs d’unité et de cohésion nationale », quand les prolétaires, comme des petites souris noires et blanches s’agitent désespérément dans le même bocal irrespirable, et que les expérimentateurs ministériels, as de la réforme d’un monde qui grouille de bestiaux dangereux, entrouvrent un peu le bouchon du bocal.

Aveu implicite du deuxième article de propagande – « Le président remet le képi de 2007 » - « la ficelle est tellement grosse que les opposants hésitent à argumenter sur le fond ». En effet, les opposants sont cois. L’éléphantineau du PS, Hamon, annone que Sarkozy veut « récupérer les voix du FN ». Tubiana de la LDH déplore de « vieux refrains des années 30 destinés à attiser la haine contre les étrangers », etc. Pas besoin de lire les déclarations à l’unisson de tous les gauchistes « angéliques ». Le meilleur et plus finaud de tous, malgré son déclin irréversible et sa prochaine disparition, reste Le Pen « Tout cela, c’est des mots » !
C’est des mots en effet. Les gangsters de l’Etat bourgeois ne vont pas éradiquer le « grand banditisme » puisque le grand banditisme, c’est eux. Ils sont incapables d’arrêter les assassins de la jeune policière municipale, ou complices de ses tueurs qu’ils ne souhaitent pas alpaguer.
La plupart des viols, dont celui de Toulouse, resteront impunis. Le prétendu recyclage de la garde à vue ne vise qu’en enrichir un peu plus les avocats, nullement opposés à la justice de classe dont ils vivent grassement déjà. La justice fournit les plus hauts salaires après l’industrie.
Par un miracle conjecturel le sport, dans sa branche athlétique à la compétition européenne de Barcelone, fournit au même moment une débauche de drapeaux tricolores gagnant-gagnant et abreuve nos sillons auditifs d’une Marseillaise quasi quotidienne.

Oui en effet nous voyons s’installer une république policière, avec la promotion de super flics à tous les étages supérieurs de l’Etat, mais justement c’est ce qui devrait causer sa perte car la politique sécuritaire est bien connue pour ne pas générer d’emploi. Plus de képis ne peut réduire l’accroissement des actes de barbarie, le déploiement du brigandage bcbg avec la mère Bettencourt car les licenciements massifs et l’assassinat de pauvres gens sans défense sont entièrement régulés par l’aggravation de la crise systémique. La bourgeoisie, toujours à la merci d’un véritable krach supérieur à tous les autres, prépare déjà les présidentielles de 2012. Nul doute que le remue-ménage de la pauvre gauche caviar ne soit pas suffisant pour inquiéter la réélection triomphale de Nicolas II

jeudi 29 juillet 2010

NI CHOMEUR INDEMNISE NI RETRAITE ! CREVEZ LA GUEULE OUVERTE !


RECULER LA RETRAITE = PROLONGER LA MENACE DU CHOMAGE

Le secret de la saloperie gouvernementale du recul de l’âge de la retraite est enfin dévoilé : c’est accroitre le nombre de chômeurs sans défense et dont les syndicats se battent les couilles !
On nous amuse cet été avec la surexposition des actes de violence et la focalisation sur les Roms boucs émissaires. On fait passer le temps avec le scandale Bettencourt qui n’est tout au plus qu’un feuilleton puant le fric pour éloigner de l’essentiel, la politique drastique d’attaque sans vergogne par le gouvernement d’une classe ouvrière impuissante, non représentée et en état de catatonie vacancière.
Le plus scandaleux reste toujours opaque : comment indemniser a minima et ne pas laisser crever de faim chômeurs plus nombreux et retraités encombrants ? Pour éviter le plus génial : l’attaque révolutionnaire des grands centres administratifs de l’Etat, de ses syndicats et partis politiques !
La presse d’Etat feint l’étonnement avec un cynisme sans nom : «La réforme des retraites va-t-elle augmenter la facture de l'indemnisation pour l'assurance chômage ? Certainement, si l'on en croit une étude de Pôle emploi sur l'impact financier pour l'Unedic du report de 65 à 67 ans de l'âge de départ avec une pension complète même si l'on n'a pas suffisamment cotisé.
Actuellement, tout demandeur d'emploi âgé de 61 ans peut, sous certaines conditions, demander le maintien de son allocation chômage jusqu'à ses 65 ans s'il n'a pas le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d'une pension complète. Environ 9500 personnes sont dans ce cas, cette année, et dépendent donc de l'assurance chômage et non pas de la caisse d'assurance vieillesse. Montant de la facture pour l'Unedic : 80 millions d'euros. Le report de la retraite à taux plein même avec une carrière incomplète de 65 à 67 ans entraînerait une hausse du nombre de bénéficiaires et générerait un surcoût annuel de 265 millions d'euros, selon l'Unedic. Ce n'est pas tout. Le report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans aurait également des conséquences financières pour l'assurance chômage dans un pays où les entreprises se débarrassent volontiers de leurs salariés les plus âgés et ne sont guère enclines à recruter des seniors. Un chiffrage doit être fourni aux partenaires sociaux en septembre ».
Voilà donc ce qui est dans l’escarcelle du gouvernement pour la « négo » avec les syndicats en septembre : le jeu des vases communiquants ! Outre que les syndicats n’ont rien à proposer ni à opposer, cette proposition d’alléger les caisses de retraite pour pomper celles de l’Unedic, se double d’un mensonge culotté des médias : « Avec le recul de l'âge de départ, des salariés âgés sans emploi partiront plus tard et seront donc indemnisés plus longtemps ». C’est se foutre carrément de la gueule du monde ! Malades, handicapés, leurs longs séjours au chômage les ayant complètement démoralisés, les nombreux travailleurs « malchanceux » vont en effet vivre jusqu’à 99 ans d’amour et d’eau fraîche sur une chaise roulante !
Le sous-fifre de Sarko, Laurent Wauquiez, le secrétaire d'État à l'Emploi ment encore et toujours sur le changement (impossible) de mentalité des patrons à l’égard des « vieux » travailleurs ; et une pouffiasse quelconque, méprisable bourgeoise planquée, Marie-Claire Carrère-Gee, la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi dit aux seniors de se démerder : z’ont qu’à imaginer un système de bonus-malus des cotisations chômage !
Ainsi face à la lâcheté de la gauche bourgeoisie et à la débandade des collabos syndicaux, le gouvernement continue son bourrage de crâne. En prétendant vouloir résorber les déficits par le recul de l’âge de la retraite, il se démasque en révélant que ce n’est qu’un jeu de chaises musicales :
1. Il reporte le problème d’une caisse d’Etat vers une autre plus apte à « économiser » au goutte à goutte contre des ouvriers sans défense !
2. Il fragilise encore plus les vieux travailleurs car « reculer la retraite » c’est prolonger l’inquiétude et la « névrose » du chômage !
3. Il terrorise les travailleurs plus âgés car, à la différence de la retraite, où la pension tombe tous les trois mois, sécurisante ; au chômage l’Unedic peut te rayer à tout moment des listes des « mendiants indemnisés » et te jeter à la rue sans ressources !
4. Il sait très bien qu’il est plus facile de radier un chômeur que de sucrer une retraite, et que l’Unedic peut équilibrer ses comptes en multipliant les provocations imparables : au bout de trois refus d’un emploi de merde, c’est un poids de moins pour la principale caisse radine de l’Etat !
5. Cette histoire de retraite partielle à 61 ou 62 ans et possiblement complète à 67 ans, signifie le refus d’accepter les chômeurs à la retraite, en espérant qu’ils seront crevés avant !

UNE STRATEGIE D’HUMILIATION DES PROLETAIRES

En réalité, globalement, « pôle emploi » n’a rien à proposer de sérieux aux travailleurs de 50 à 70 ans. Il faut au « mendiant assisté » passer devant une série de gugusses fonctionnaires impuissants, parfois désagréables, et souvent humiliants :
- justifie que tu cherches du boulot ! Reconnais qu’en attendant la société fait un effort pour toi ! Mais nos efforts ne sont pas éternels ! Toi, ancien technicien de maintenance, toi ex-ingénieur-conseil, tu t’es permis de refuser par trois fois un emploi de livreur de pizza, puis un emploi de laveur de carreau et enfin un emploi de service à la personne… comment veux-tu que la société puisse continuer sans déficit avec des gens comme toi ?
- tu viens te plaindre de ton isolement et de ton angoisse, mais qu’as-tu fait pour en sortir ? Tu t’es laissé aller à boire et à dormir, et tu imagines qu’on ne peut pas liquider ton dossier ! Tu rêves ou quoi ?

PREMIERE CONSEQUENCE DU RECUL DE LA RETRAITE : L’EXPLOSION DU CHOMAGE NON INDEMNISE

Les « vieux » travailleurs étaient déjà nombreux à être rejetés par l’industrie sarkozienne - pas besoin de se soucier des lois votées par les nobles parlementaires ni de supputer un coup d’arrêt par les promenades syndicales à la rentrée – le chômage va exploser dans l’individualisation des cas. La force de la bourgeoisie est d’isoler les travailleurs « malchanceux » comme elle a émietté les grandes concentrations industrielles depuis 30 ans.

Une véritable société humaine aurait fait cesser ce chantage perpétuel à la faim et à la misère pour tous ceux qui sont victimes de « la crise » ou des « patrons voyous », on partagerait, on ne laisserait pas dans l’isolement suicidaire… mais je m’égare, il faut d’abord une révolution sanglante pour déloger les pourritures bourgeoises et leurs gangsters armés, et le prolétariat n’a pas assez bouffé de vache enragée encore (bien qu’on soit en passe de lui resservir des farines animales). Il est reproché à cette masse de bestiaux modernes, par la féodalité bourgeoise, de persister à vivre plus longtemps et de prétendre tenir debout avec « des droits humains » au-delà de 70, 80 ans. Le plus suave des excrétions de l'oligarchie bourgeoise est que ces reproches proviennent des despotes gérontocrates gouvernants derrière les jeunes loups industriels de l’équipée Sarkozienne; dont Mme Bettencourt n'est que la généreuse "fleur".

Oui plus l'âge de la retraite est repoussé, plus il y aura de chômeurs à indemniser plus longtemps. Oui plus l'âge de la retraite sera repoussée plus il y aura d'arrêt-maladies et d'ALD à indemniser plus longtemps. Oui plus l'on partira tard à la retraite, moins l'on aura d'année en "bon état" à vivre sans retraite au final!
Sire, ce n’est pas de la retraite donc que nous avons besoin, mais bien d’une révolution, très sanglante !
Quand est-ce qu’on manifeste en masse après avoir commencé par casser la gueule aux militants syndicaux ?

mardi 27 juillet 2010

VOUS ETES EN DANGER ? APPUYEZ SUR LA TOUCHE ETOILE…


















(Il n’y a plus d’interlocuteur au numéro que vous avez demandé)



« Peut être est-ce encore l’innocence qui réussit le plus facilement en ce monde à travers le chaos des éléments... » . Kafka, La Métamorphose
«Quand j'appelle une entreprise, je voudrais parler à un être humain » Matthews – Gordon (inventeur de la messagerie vocale).


UNE MISE EN DANGER DE LA VIE D’AUTRUI

Vous êtes souvent en colère lorsque vous appelez une administration, un des derniers services publics, une compagnie d’internet, une compagnie d’assurance, un dispensaire, la Poste, ERDF ou la compagnie Veolia. Vous êtes excédé parce qu’après avoir suivi les consignes de la machine stéréotypée elle vous répond froidement et invariablement: « nous n’avons toujours pas saisi votre message », puis « veuillez recommencer ». Ma dernière déconvenue montre l’irresponsabilité de cette automatisation généralisée dans le cas de ERDF, bâtard d’EDF dérèglementé. Je désirais joindre en urgence le service dépannage. J’avais bien suivi la première indication de la voix neutre de la machine inhumaine : « le numéro de dépannage se trouve sur votre facture ». Quelques minutes plus tard, après avoir tapé 1 ou 2, je ne me rappelle plus, puis étoile ou dièse, la conversation kafkaïenne avec la machine se terminait ainsi : « Veuillez contacter votre fournisseur ! ».
J’étais atterré ! Les « fournisseurs », ces requins du profit comme Poweo, Direct Energie (mafia qui facture illégalement les chèques à 2,99 euros), etc. n’ont pas de service dépannage ! La privatisation d’EDF comme de France Télécom c’est comme les chemins de fer britanniques y a plus personne pour gérer « l’après-vente », « l’entretien », « la sécurité », « l’usure », « l’accident ». Pas grave me direz-vous, tout le monde s’en bat l’œil ! Si c’est grave. Au 141 avenue de la division Leclerc à Gentilly, un coffret répartiteur est brisé et à ciel ouvert. Au ras du trottoir, à la hauteur d’un enfant de trois ans, des câbles de 380 volts sont à nu. Cela fait des mois que l’épicier d’un côté et le restaurateur de l’autre l’ont « signalé » à ERDF. Personne n’est jamais venu. On sait simplement qu’un clochard est mort à cet endroit il y a quelque temps, on ne sait pourquoi. En tant qu’ancien de l’EDF, fier à bras, j’avais assuré les deux commerçants que j’allais faire le nécessaire.
La phrase de la machine « veuillez contacter votre fournisseur » résonne encore dans ma tête. J’ai honte depuis, honte de ce à quoi aboutit la dérèglementation des mannequins de la finance, aussi criminels que les pilotes de chasseurs bombardiers qui ne voient jamais éclater le corps de leurs victimes.
J’ai confectionné avec un carton et du scotch fourni par le restaurateur un faible couvercle de protection et j’ai marqué « danger 380 volts » avec le feutre qu’il m’a fourni. Le vent et la pluie balaieront bientôt ma fragile parade. Un jour un enfant ou un adulte qui trébuchera sera électrocuté et on mettra cela sur le compte de la fatalité.
Puis, prenant du champ, je me suis dit que nous sommes de plus en plus dans une société totalement autiste, cloisonnée par des « machines à communication » hermétiques et bien inventées pour rendre fou en se débarrassant du client, de toute récrimination, de tout compte à rendre, enfin une société à sens unique qui vous met en danger quotidiennement, et qui vise au profit sans limites en se fichant des risques pour la population.

Un Claude Allègre, demi-fou scientifique et conseiller de Sarkozy, ne voit pas d’inconvénient à ce que la police soit privatisée (cf. son livre interview « Les audaces de la vérité ») ; imaginez le répondeur automatisé des polices privées : « Tapez 1 s’il s’agit d’un meurtre, tapez 2 s’il s’agit d’un viol, tapez 3 s’il s’agit d’un vol à l’arraché. Pour toute autre communication ou dénonciation anonyme veuillez contacter votre police de quartier Bouygues Cops ou Vivendi cowboys », et « Votre attente téléphonique peut se retourner contre vous ».

Des groupes de gens désemparés tentent de faire passer le message sans écho de l’Etat autarcique et autiste, avec ses milliers de robots fonctionnaires, impavides exploiteurs du prolétariat : « Nous nous adressons à vous car l’univers kafkaïen de Orange / France Télécom nous y oblige. Les services clients, consommation et recouvrement ne communiquent pas entre eux, chacun vit dans son service, en autarcie visiblement, sans se soucier de ce qui se passe ou se dit ailleurs. Et nous les clients, nous sommes baladés de l’un à l’autre sans jamais pouvoir joindre un vrai responsable avec un nom, un grade… Notre nom à nous ils nous l’ont demandé mille fois, avec notre n° de téléphone, notre n° de client, mille fois nous avons répété la même histoire en refaisant tout l’historique, à des interlocuteurs anonymes sur des plateformes où les responsables leur disaient de raccrocher quand nous devenions trop insistants (hé oui, on a parfois l’ouïe fine !!). Alors quand au bout de trois mois on nous met en service restreint sans nous prévenir et que l’on s’en rend compte au moment où on veut appeler le médecin parce que notre fille a 39° de fièvre et qu’elle tousse… » (lu sur le web).

LA FOLLE TECHNOCRATIE QUI SE FICHE DE LA MAINTENANCE

Dès que vous avez signé un contrat pour une société de téléphonie-internet ou pour une gamme de « chaînes » de télévision, vous ne vous appartenez plus (et en plus vous avez souvent eu la bêtise de vous faire prélever automatiquement par la société suceuse) : VOUS NE POUVEZ PAS RESILIER VOTRE APPARTENANCE AU CAPITALISME. Un exemple suit.
Le mot RESILIER n’existe pas sur le site France Telecom ni sur Orange (ex Wanadoo). Ils ne digèrent pas d’avoir été privatisés et veulent se croire encore indispensables, management technocratique obtus des grandes firmes privées qui fait presque regretter la lourde bureaucratie nationalisée . Sur Orange il est question de déménagement, mais les crétins d’ingénieurs maison ne doutent pas que si vous déménagez vous conserverez le cordon ombilical… Orange. Donc on vous livre la question suivante, que vous n’avez pas posée et que vous n’avez pas envie de poser :
- « Comment conserver ma connexion haut débit après mon déménagement ? »
- Mais je ne veux plus en entendre parler, je veux ré-si-lier !!!
- - contacter « Mon assistance » ; sur quoi on lit : « Comment contacter le service client internet Orange ? » Réponse : sur Orange.fr Rubrique « Mon compte », « bien utiliser l’assistance »
- Vous décidez d’essayer encore le 12 14, la voix suave de la corde vocale maison vous apprend que : « suite à un changement de réglementation le service est désormais accessible par un numéro à six chiffres que vous pouvez trouver en tapant www… bla bla…., donc vous êtes sensé retourner sur internet dans votre quête du Graal qui va vous délivrer de l’immonde chaîne du net Orange.
- Décidant de vous calmer, vous cliquez à nouveau sur « nous contacter », terme avenant et qui doit ouvrir sur une fenêtre sans nul doute conviviale. Cela va de mal en pis. Des crétins de commerciaux ont pensé à vous profondément :
- « Vos questions commerciales avant de contacter le service client Orange… »
- Mais je me fous des questions commerciales, je veux ré-si-lier !
- Qu’à cela ne tienne : « Vérifiez que votre question n’a pas sa réponse… »
- Mais je m’en fous, cela fait une demi-heure que je ne trouve pas ni la question ni la réponse !
- « Bien utiliser le moteur de recherche… »
- Mais le moteur de recherche ne comporte pas le terme ré-si-lier !!! Ah si il y a le terme
- « contact », mais c’est une boucle, il ne sert à établir aucun contact !
- « Utilisez les formulaires de contact… »
- Mais ils sont introuvables les dits formulaires.
- « Mes contacts » ? Ah non, ce sont mes contacts, rien à voir avec Halloween Orange !
- Ah que je suis content, je trouve une ligne : « réclamations par téléphone… nom de dieu ! dans un premier temps écrire au « service national de consommation » à Bordeaux !!!!??
Mon cerveau se rembrunit. Un déclic se produit lorsque je visualise « espace client ». Je pense tenir le bon bout. Hélas, on ne me demande que mes nouvelles coordonnées de déménagement, en parlant à ma place : « je déménage/communique mes nouvelles coordonnées ». Alors j’enrage, je les leur met mes nouvelles coordonnées
- M.Cochondepayant
68 rue de la résiliation75000 Trouduc

Longtemps les boites nationalisées furent considérées comme des parangons de bureaucratie épaisse et inhumaine quand cette bureaucratie existait déjà dans n’importe quelle boite privée. La « privatisation » n’a pas supprimé la bureaucratie, elle l’a aggravé considérablement. Avant vous aviez des agences « physiques », des interlocuteurs, souvent uniques, pas toujours aimables, mais des êtres humains. Avec cette mondialisation de la téléphonie rigide et uniforme la bureaucratie de lourde est devenue affligeante, insultante pour la personne qui quémande. Elle est devenue le symbole de la chosification des rapports non seulement marchands mais humains, devenus mécaniques comme les formulaires administratifs ou les questions des sondages, ou les livrets de garantie de machine à laver : en aucun cas votre question ne peut avoir été oubliée, la liste des questions et des réponses vous est fournie, par conséquent n’essayez pas d’inventer une question de votre cru, elle n’est pas plausible de toute façon et vous dérangeriez « l’institution commerciale » qui a fait l’effort de s’aligner sur le modèle de messagerie vocale du monde entier ou plutôt de toutes les entreprises capitalistes de la planète. Pensez : on est si nombreux, que pourrait bien gérer une entreprise sans messagerie vocale ? C’est comme si vous demandiez à ERDF de cesser de faire tourner les centrales nucléaires et de faire revenir les livreurs de charbon de Lozère à Paris !
Vous rêviez encore à cette secrétaire de direction qui se fadait incontinent des appels téléphoniques incessants jadis pour votre seule jouissance de petit client individuel ? Et bien dansez maintenant, il n’y a plus d’interlocuteur au numéro que vous avez demandé, réparez vous-même votre panne ou achetez une autre machine ; pour votre bien nous sommes plusieurs concurrents sur le marché, si vous êtes pas content, allez voir ailleurs !

Qui est l’imbécile qui a inventé la messagerie vocale ? (ou vmail)

Un certainWilly Müller a inventé le répondeur automatique vers 1935. Il faisait trois mètres de haut. Le répondeur Ansafone a été inventé en 1960 par Kazuo Hashimoto pour Phonetel, d'abord écoulé aux Etats-Unis. Le trust Casio a créé le dispositif de réponse téléphonique moderne de l’industrie (TAD), modèle 400. En 1971, ce modèle « phone mate » est commercialement viable, il peut recevoir 20 messages sur une bande-bobine et un écouteur permet de récupérer les messages privés. Kazuo Haschimoto refait parler de lui en 1983 avec sa mise au point du Digital TAD (Telephone Answering Devices)
Le « pionnier » de la Voicemail (le « père » de la messagerie vocale) est Gordon Matthews. La nécessité d'une messagerie vocale n’est apparue que vers la fin du XXe siècle. Dans les années 1970 et au début des années 1980, le coût d'un appel téléphonique avait diminué et les communications d'affaires par téléphone avaient explosé La rentabilité du travail aussi et le capital ne pouvait pas se permettre de démultiplier le nombre de téléphonistes comme nous gardons en mémoire ces vastes salles des années 1930 avec des centaines d’employées pendues au téléphone par rangées entières et entassées. La croissance vertigineuse des clients de la « société de consommation » ne permettait plus à une ou deux secrétaires de gérer des milliers d’appels en temps réel, des appels en plus qui étaient souvent perdus (pendant l’heure du déjeuner ou au moment des pauses des employés). L’invention de la messagerie vocale obéit alors tout simplement à l’adage capitaliste « time is money » et non pas au mensonger « nous sommes à votre service 24 heures sur 24 » ! Les premières solutions ne permettaient pas de satisfaire la demande, la messagerie e-mail et les téléphones cellulaires n’existaient pas encore ; ils ne se généralisèrent que dans les années 1970 et 80. La messagerie vocale n'a vraiment commencé à se développer qu’à partir du milieu des années 1990. La solution initiale au problème de la communication par téléphone pour les entreprises avait été le centre de messagerie, service de réponse manuelle composée de quelques standardistes répondant de façon harassante à tout le monde ; souvent, la ligne principale étant occupée, il était impossible de joindre l’entreprise une journée entière (cf. « Monsieur, EDF est nul, j’ai passé toute la journée à essayer de vous joindre au téléphone et personne ne m’a répondu, vous en avez de la chance de détenir le monopole, avec le privé on serait plus libre ! »). Les malheureux préposés au téléphone filiaire d’époque et au standard crapoteux ne disposaient que de peu de temps pour offrir des réponses satisfaisantes. Le Capital a réagi donc par l’intronisation généralisée de la messagerie vocale qui a, pour lui, le double avantage : de supprimer des emplois et de se passer de fournir des réponses longues (time is money) ; à ERDF et à France Télécom, les employés sont à la fois « écoutés » en permanence mais aussi « chronométrés » sur le temps de réponse.

La polémique n’est pas close sur qui a inventé la messagerie vocale, il reste impossible de prouver qui fût le premier, dans la mesure où l’idée germa en même temps chez plusieurs « développeurs ». Malgré une mise en application interne réussie, ces deux sociétés ne réussirent pas à commercialiser l’invention.
L’inventeur le plus probable, dans la mesure seulement où il a su faire décoller commercialement l’invention de « Voicemail » serait Scott A.Jones. Scott est âgé de 25 ans en 1986 lorsqu’il affirme avoir inventé la première messagerie vocale efficace et dont tout le monde va avoir besoin. La même année, ce découvreur avisé, fonde immédiatement son entreprise la Boston Technology Inc. Il tombe bien au cœur du démarrage de la dérèglementation universelle du capitalisme en crise, avec la cession de AT & T, Bell Atlantic et autres "Baby Bells" qui ont vu l’intérêt d’approcher les inventeurs potentiels d’une messagerie vocale vraiment efficiente et rentable Plusieurs petits inventeurs avaient déjà déposés des demandes de brevet pour une technologie vocale capable de gérer l'ensemble des régions métropolitaines ; Scott les a tous doublés Il a énergiquement promis à Bell Atlantic de livrer en trois mois ce qui aurait pris des années avec ses concurrents, et au moment où les concurrents de Bell Atlantic . Le groupe technologique de Boston avec Scott a emporté la mise avec un système plus évolutif, plus fiable, plus conviviable (qu’ils disaient…). Or, c’est une règle de la marche en avant débridée du capitalisme que Marx avait déjà identifiée au milieu du XIXe siècle, chaque nouvelle invention de la « civilisation capitaliste » finit par se retourner contre elle. Ainsi en est-il de cette abominable machinerie vocale qui finit par être contre-productive, génère stress et suicide, et participe de la déshumanisation accélérée des rapports sociaux.

Je vais terminer par une note d’humour car seul l’humour nous sauve toujours de la bureaucratie totalitaire des machineries capitalistes. Voici ce que j’ai trouvé sur un blog en anglais et dont j’ai refait la traduction.

ICI L’ENFER, TAPEZ SUR ETOILE POUR ENTRER

« Je ne nie aucunement l’utilité de la messagerie vocale. Je l’ai toujours détestée mais jamais autant que récemment. Je souhaite, pour l'inventeur de la messagerie vocale, un traitement spécial pour l'éternité. Il sera à jamais voué à entendre :
Je vous remercie de votre appel. Vous appel est important pour nous. Afin d'accélérer votre évasion de l'enfer, s'il vous plaît, écoutez attentivement les options suivantes :
- Pour sortir de l'enfer, s'il vous plaît appuyez sur le 1 maintenant.
Vous avez choisi de quitter l'enfer. Pour sortir de l'enfer en français, veuillez appuyer sur le 1 maintenant.
Désolé nous n'avons pas pu identifier votre réponse. Veuillez appuyer sur 1 pour continuer à quitter l'Enfer.
(musique de Jeux interdits)
Si vous souhaitez quitter l'enfer, veuillez appuyer sur 1 ou 2, sinon appuyez sur dièse pour d'autres options.
- Vous avez choisi de quitter l'enfer. Veuillez appuyer sur 1 pour obtenir la documentation avec laquelle vous devriez rester dans l'enfer de la douleur éternelle ou appuyez sur 2 pour continuer.
Êtes-vous sûr de vouloir quitter l'enfer? Appuyez sur 1 pour Oui et 2 pour non»
Vous avez choisi de quitter l'enfer. Veuillez rester en ligne pendant que nous vous vous connectons au démon disponible suivant.
Nous sommes désolés, tous les démons sont actuellement en train de tourmenter d'autres malades. S'il vous plaît appuyez sur 1 pour continuer votre agonie en enfer, ou restez indéfiniment sur la ligne pour le démon disponible suivant.
(musique du fameux solo de Santana)
Nous sommes désolés pour votre attente interminable. S'il vous plaît appuyez sur 1 pour rester en enfer, 2 pour continuer à attendre dans l'angoisse ou 9 pour raccrocher et écourter votre agonie.
(marche funèbre de Chopin)
Je vous remercie de votre appel. Vous appel est important pour nous. Afin d'accélérer votre évasion de l'enfer, s'il vous plaît, veuillez écouter attentivement les options suivantes…
Until Hell freezes over (Jusqu'à ce que l'enfer gèle)


PS : Le site du médiateur de la République est conçu de la même manière autiste et imbécile que n’importe quelle messagerie vocale et strictement encadré par les formulaires déjà cuits et recuits par les technocrates qui épaulent Jean-Paul Delevoye. Citation :

« Pour toute question ou remarque relative au fonctionnement du site internet (ATTENTION toute saisine du Médiateur envoyée à cette adresse ne sera pas prise en compte, merci d'utiliser le formulaire prévu à cet effet ci dessus ) »

lundi 26 juillet 2010

CORRESPONDANCE INSTRUCTIVE



Un nouveau parti communiste – le Paranoïaque Complet (en bloc de béton friable) – et les résidus décroissants de l’anarchisme herbivore

Lettre de province.
Camarade Jean-Louis,

Bien reçu ton dernier ouvrage « Le pervers narcissique ». J’ai apprécié ta critique fort lucide et objective du groupe bordiguiste lyonnais et de leur organe de presse « Le Prolétaire ». Malgré tous les ridicules de ces redites de secte groupusculaire d’adressant d’ores et déjà d’avance à un petit nombre de convaincus infimes et donc au rayonnement quasi nul, j’estime que ces derniers avec l’actuel CCI sont seuls dans le vrai actuellement. Notre but et objectif est de pouvoir reconstruire un parti communiste mondial de classe et de masse et de nous consacrer ainsi à la reconstruction d’une sixième internationale ouvrière (…) Que penses-tu de la revue marseillaise « Le programme de la révolution communiste » ; croire comme eux que le salut communiste mondial viendra des Etats-Unis, cœur de l’impérialisme et de l’argent-roi et cette prétention à vouloir régir l’ensemble des activités de la planète est une lourde erreur. Que penses-tu du journal « La décroissance », qui révèle une révolte anticonsumériste antiproductiviste et anticapitaliste ? Je me retrouve en harmonie avec leurs projets de société anticonsumériste et anticapitaliste, vu mon école de formation anarcho-syndicaliste (j’ai été à l’ORA dans les années 70, à la Gauche Prolétarienne et à l’UTCL). Hélas les « décroissants » ne seront jamais susceptibles que d’attirer des marginaux non-conformistes, quelque peu paumés, exclus des actuels circuits productifs (…) Je te joins comme d’habitude quelques numéros du « Monde libertaire », organe de la FA, conçu pour un lectorat séculier un peu vieillot et figé dans les concepts et les thèmes et les dogmes des grands ancêtres.
A te lire prochainement,
Jean-Pierre

MA REPONSE
Cher camarade Jean-Pierre,

Tu m’envoies tant de choses et aussi beaucoup de questions. Je vais m’efforcer de répondre aux principales, plutôt brièvement. Merci encore vraiment pour toute cette documentation.
Concernant CCI et PCI je suis OK avec tes remarques, c’est à peu près, malgré les critiques qu’on peut leur porter, les seuls à ne pas être débiles.
Le GCM (groupe communiste marseillais) n’est qu’un cercle de gentils fous, à faire pleurer de rire avec leur programme khmer rouge, et ce n’est même pas une secte mais trois ou quatre idiots. Je livre ici pour les lecteurs du blog un mini bêtisier (mais chaque page contient des âneries khmers rouges ubuesques voire simplement hitléro-staliniennes) ponctué d’une phraséologie policière néo-sarkozienne :
- « Excitation de la haine de classe et exaltation de la passion de destruction » (p.11)
- Le parti dirige l’insurrection armée : « offensives fulgurantes de la garde rouge, des sections d’assaut du parti (SA ?), prise d’assaut du siège du pouvoir militaire (Pentagone)… Guerre civile, une guerre sans limites » (chapitre l’insurrection, où ces gros lycéens révèlent qu’ils ont trop joué à Star war à l’ordi).
- Sous la « déclaration de principes » on lit en pouffant : « La dictature du prolétariat c’est l’activité étatique totalitaire du parti communiste mondial pour la réalisation du programme communiste » (p.16)
- Le nouveau tout puissant PC (Paranoïaque Complet) sera plus invincible que les CIA et KGB : « Liquidation des conspiration réactionnaires au moyen d’une police secrète dotée des techniques les plus modernes » (p.19)
- Le Paranoïaque Complet officiera aussi dans les rizières de lozère avec des arguments convaincants : « Conversion des prisons en lieu de répression et de coercition (bis repetita) de toutes les oppositions à la révolution » ; « ouverture de camp de travail pour tous ceux qui ne représentent pas un danger immédiat mais hésitent à soutenir la dictature du prolétariat » ; « transformation de leur hésitation ou neutralité coupable en participation forcée aux travaux d’intérêts révolutionnaires » (p.19).
- En hommage à Koba Staline le Paranoïaque Complet édicte le principe d’acier suivant : « Sélection des cadres et formation des officiers communistes de l’armée rouge » ; « Développement de l’art de la guerre de classe » (les artistes ces petits bourgeois chevelus seront rasé et intégrés dans l’armée rouge)
- Pour écarter tout ouvrier fainéant ou petit bourgeois tire au flanc, militarisation du travail (en hommage au grand ministre Léon Trotsky) : « Conduite des opérations militaro-industrielles pour la poursuite de la production et la maintenance des moyens militaires » (p.23)
- Enfin pour liquider la loi de la valeur capitaliste plus question de copuler à tire larigot : « Planification des naissances et régulation de l’augmentation des membres de l’espèce, adaptation de la procréation aux capacités appréciées (par les dignitaires du parti ? JLR) et aux besoins régénérées d’une société féconde » (pasteurisée).
- Et enfin, presqu’enfin : « Ruine de la civilisation, destruction des villes et de leurs excroissances, les bidonvilles » (p.28) ; il faut vous dire que cette destruction revendiquée par ces trois fous et deux demeurés aurait été en partie faire par leur terrible guerre mondiale sous la direction des dignitaires du parti (l’état-major de l’armée rouge avec sa tchéka avec GPS et Ipad) avec les bombardements intensifs de l’armée rouge sur des pays entiers.

Dans la même mouvance marginale et sectaire, si les gamins du GCM ont abusé des jeux violents sur internet ou de la moquette, une poignée d’anarchistes herbivores honnit les jeux électroniques et préfère jouer à la toupie en bois (bio) et au yoyo même en plastique industriel. Ces ludiques anarchistes (en nombre) décroissants, ne suscitent même pas le quart de l’engouement passéiste des « Gueule ouverte » et autres « Hara-Kiri » du siècle passé. C’est du remplissage navrant à longueur de colonnes de leur benêt papyrus titré « La décroissance » et sous-titré « le journal de la joie de vivre ». Les "casseurs de pub" ne se cachent point être de petits vieux rigolos irresponsables, et sont fins prêts à être jetés dans les goulags de nos khmers rouges du GCM (Paranoïaque Complet). Pas franchement différent pourtant dans le fond, cette variété d’anars artisanaux réactionnaires est à ranger dans les élucubrations talibanesques soft (à la Bitot = portables, TV et ipod à la benne) ; ils se revendiquent des premiers écolos apolitiques et sont les morpions contestataires de l’écologie verte officielle, autant dire qu'ils ne cassent pas des briques. Ils peuvent à juste raison critiquer l’imbécillité des gadgets technologiques mais cela ne suffit pas à faire un programme – tout n’est pas à jeter dans le capitalisme et sans le nucléaire par exemple on serait dans une belle merde industrielle (le pétrole arabe ou vénézuelien ne suffirait pas à nous chauffer en hiver ni à faire avancer les trains). Ces pauvres zigotos comment feraient-ils pour alimenter leur guitare électrique (à bas les ipod mais vive les vieux gadgets…), car on en trouve un dans le dernier numéro d’été pour cracher sur les portables mais pour emporter sa guitare électrique (laquelle fonctionne pourtant avec de l’électricité nucléaire). Le ton n’est nullement audacieux mais sent le vieux hippie rance, marginal. Nos anticonsuméristes et antiproductivistes n’ont aucun projet de société alternative crédible, ce sont des péquenots marinant dans une resucée des vieilles théories herbivores anarchistes.

Le parti Paranoïaque Complet (bloc en béton friable) et les décroissants hippies ne sont pas bien dangereux pour l’ordre dominant. Il y a tant de sectes dans ce monde finissant qu’on n’a pas envie de perdre son temps à les dénombrer. Par cette réponse, cher camarade Jean-Pierre, je ne m’engageais pas à te faire la leçon car ton courrier révèle ton indifférence pour ces petits rigolos (et que tu possédais la réponse) mais je visais simplement à informer ponctuellement mes chers lecteurs de ce blog.

vendredi 23 juillet 2010

LA LITTERATURE ECULEE D’UNE SOCIETE FINISSANTE




AMOUR AMOUR

Par Octave Mirbeau (1925)

A part quelques rares exceptions, peu encouragées d’ailleurs, la littérature ne s’élève guère dans la région supérieure des idées, des connaissances expérimentales et des hautes spéculations psychiques. Elle demeure, immuablement, à l’état de divertissement public. Son rôle social est d’amuser les oisifs et les passants, de faire rêver les femmes ; elle ne l’entend pas autrement. Si, parfois elle tente une incursion timide dans le domaine intellectuel, la critique, chargée de veiller au maintien du bon ordre littéraire, pousse des cris d’alarme. Il lui faut de l’amour. Et le public qui lit et qui achète, répète avec la critique : « Il me faut de l’amour ».
Alors que la science s’efforce de désembroussailler les sources de la vie de toutes les erreurs métaphysiques qui les cachent, mornes ronces, à notre raison ; alors qu’elle conquiert des mondes inexplorés, qu’elle interroge l’infini de l’espace et l’éternité de la matière ; alors qu’elle va, cherchant au fond des mers primitives, la matière primordiale d’où nous sortons et qu’elle suit son long développement à travers les millions d’années et les millions de formes, jusqu’à son évolution la plus parfaite, l’homme ; la littérature, elle, en est encore à vagir de pauvres chansons sur deux ou trois sentiments artificiels et conventionnels qui devraient cependant être bien épuisés, depuis le temps qu’ils servent à nous amuser, car il paraît qu’ils nous amusent.
Elle n’a tiré aucun profit, pour son rajeunissement, des modes magnifiques et nouveaux d’éducation que la science lui apporte, ni des beautés esthétiques nouvelles qui en peuvent surgir. Avec une obstination invincible, elle se refuse à entrer avec elle, ouvert à toutes les activités mentales et artistes de l’homme. Et elle s’acharne à l’amour, c'est-à-dire à l’unique et palpitante question des avoir si Jean épousera Jeanne, et si Pierrette trompera Pierre, et de quelle façon et vice versa. Il lui faut de l’amour.
Là-dessus tous les littérateurs sont d’accord, naturalistes, idéalistes, véristes, modernistes et psychologues. Des œuvres comme Germinal où Zola nous montre le terrible et étrange fantôme de la question sociale, sont rares. Elles sont rares aussi, celles qui, comme l’Anna Karénine, de Tolstoï et le Mal du siècle de Nordau, remuent les idées profondes et projettent de puissantes lumières sur l’avenir de l’humanité. Et l’on a bien vite faite de revenir aux alcôves adultères où l’amour bêle sa complainte éternelle.
Quand on y réfléchit une minute, il arrive une chose incroyable et folle. Dans le guignol littéraire, les personnages de roman n’expriment et ne possèdent qu’une préoccupation : aimer. Ils aiment depuis la première page jusqu’à la dernière, et lorsqu’ils ont fini d’aimer dans un livre, ils recommencent dans un autre. C’est à croire qu’ils ont une anatomie spéciale et inachevée, car, avec une facilité étonnante, ils suppriment tous les autres besoins de la vie physique, une particulière structure crânienne, car, d’un trait de plume, ils biffent toutes les manifestations de la vie intellectuelle, peu différents de ces crétins des Alpes, à l’occiput aplati, au cerveau dépourvu de circonvolutions et de matière grise, à qui, dans la nuit de leur animalité inférieure, il ne reste de vivant et de fonctionnant que l’instinct sexuel.
L’amour a du bon. On lui doit, dans la jeunesse, des heures d’illusion charmante, des croyances vite déçues, et des douleurs aussi, rarement fécondes. De plus il invite l’homme à des actes anormaux, les uns tragiques, les autres comiques, tous ou presque tous d’une démence significative, dont l’étude est intéressante mais trop encombrée. Enfin, il continue l’espèce, malgré lui. L’amour est à la fois délicieux, extravagant, déshonorant, abêtissant, criminel et reproducteur. Il est donc juste qu’il ait dans la littérature la place importante qu’il occupe dans la vie. Mais dans la vie, il n’y a pas que l’amour. Oserai-je dire qu’il y a beaucoup d’autres choses, sans qu’il y paraisse ?
M. Francis Magnard demandait, l’autre jour, que, après l’histoire éternelle, éternellement contée de notre cœur, quelqu’un voulût bien se décider à écrire enfin l’histoire de notre cerveau. Voilà un organe bien négligé. Pourtant ce serait un beau livre à faire, et les matériaux ne manquent pas. « Le monde est étroit, dit Schiller, le cerveau est vaste ». Et Huschke s’écrie : « Le cerveau est le temple de ce qui nous intéresse le plus au monde. Oui, la destinée du genre humain est étroitement liées aux 65 ou 70 pousses de la masse cérébrale, et l’histoire de l’humanité s’y trouve inscrite, comme dans un grand livre plein de hiéroglyphes ». Il y a peu de chances, pourtant, qu’un tel livre soit tenté, de longtemps, dans la littérature, du moins. Les raisons en sont nombreuses et excellentes, en dehors de l’incurable ignorance dont sont atteints les littérateurs modernes. D’abord le sujet manquerait de cette gaieté saine et de cette émotion cordiale, tant recommandées par les critiques qui tournent leurs pouces sur le nombril de M. Renan ; et le livre qui risquerait pareille aventure risquerait fort de ne pas se vendre. Or les livres ne sont faits que pour être vendus ; et l’amour seul se vend chez les éditeurs, aussi bien que sur les trottoirs. La littérature est un commerce comme un autre, plus exigeant qu’un autre, en ce sens qu’il se meut dans un cercle de production étroit et restreint aux choses de l’amour. Les littérateurs sont bien forcés d’en vendre. Ils en vendent en boîte, en sac, en flacon, en bouteille. Ils en vendent de frais, de conservé, de mariné, de fumé. L’étonnant est qu’après en avoir tant vendu, ils en aient encore à vendre, sous quelque forme que ce soit.
Stuart Mill, qui n’était pas un fantaisiste, en sa qualité de logicien, mais qui aimait la musique, comme la seule consolation aux angoisses morales qui l’assaillirent durant une période critique de sa vie, faillit devenir fou, à la pensée soudaine que les accords musicaux pouvaient s’épuiser. « L’octave, écrit-il dans ses Mémoires, se compose de tons et de demi-tons, qui ne peuvent former qu’un seul nombre de combinaisons dont quelques unes seulement sont belles. La plupart ont déjà été inventées ? Il pourrait donc arriver que l’humanité ne vît plus naître un second Mozart ». Cette crainte l’amena au seuil du suicide.
Nous n’avons pas à redouter une catastrophe semblable en ce qui concerne l’amour. Les tons et demi-tons de son octave ont depuis longtemps épuisé leurs combinaisons ; et l’humanité voit, tous les jours, naître des romanciers qui recommencent sans jamais nous fatiguer, les combinaisons littéraires de leurs aînés. D’ailleurs, il ferait beau voir qu’ils voulussent imposer au public une autre marchandise dont celui-ci n’aurait ni l’habitude, ni l’emploi. Nous avons déjà assisté à une révolution terrible et qui faillit mal tourner pour les littérateurs. Autrefois, l’amour était, dans les œuvres dites d’imagination, l’exclusif privilège des hautes classes. Il fallait être au moins baron ou vicomtesse pour avoir droit à l’amour des romanciers. Qu’une blanchisseuse par exemple, et un menuisier pussent s’aimer, cela ne se concevait pas. On savait bien qu’ils faisaient des enfants, mais c’était sans doute, un effet du hasard et non un résultat de l’amour.
Quelques écrivains hardis et brutaux, rompant tout à coup avec la tradition des amours élégantes et titrées, imaginèrent d’introduire dans leurs romans des blanchisseuses, des menuisiers et de les faire s’aimer comme s’ils étaient des marquises et des ducs. C’était une prétention insoutenable et malhonnête. Aussi le scandale fut-il énorme. On protesta au nom du bon goût, de la morale et de la vérité. Les critiques décidèrent que c’était la fin du monde. Mais les écrivains novateurs tinrent bon. Ils déclarèrent en de mémorables préfaces, où il était question de déterminisme, d’enquête sociale, de sciences naturelles, que non seulement ils continueraient à faire s’aimer menuisiers et blanchisseuses, mais qui on leur cherchait noise, ils les « feraient penser ». Devant cette menace, le scandale s’apaisa peu à peu, et l’on se dit, après tout, que si improbable que fut l’amour d’une blanchisseuse, c’était encore de l’amour, et que cela valait mieux que rien.
Aujourd’hui les critiques ont fini de lutter. Ils acceptent le mouvement, c’est-à-dire qu’ils s’en désintéressent d’une façon absolue, qu’ils ne s’occupent plus que de dîner en ville et de se pousser les uns les autres aux honneurs et aux succès. M. Jules Lemaître célèbre M. Anatole France ; M. Anatole France célèbre Jules Lemaître, et, dans la Revue des Deux-Mondes, le tendre M. Brunetière , parlant de Voltaire et de M. Faguet, nous montre un tout petit Voltaire et un très grand Faguet. Il va sans dire que M. Faguet rend à M. Brunetière sa politesse. Cela n’en finit plus et nous vaut des volumes presque aussi nombreux que le roman d’amour où l’on voit, non sans émotion, les critiques se tresser de réciproques couronnes et parler de leur génie, avec de touchantes piétés. Entre temps, ils renaissent. Il est vrai qu’ils tolèrent encore à côté d’eux trois écrivains non point à cause de leur talent indiscuté et de la beauté de leurs œuvres, mais parce que les deux premiers sont priés chaque jour, à des tables recherchées, et que le troisième est marin. Cela les étonne et ils admirent.
Tel est l’état actuel de la littérature. Il n’y a pas d’indice pour qu’il change de longtemps. Nous sommes encore condamnés à de longs adultères et à d’innombrables « Dis-moi que tu m’aimes ». Et la plume qui doit écrire le livre rêvé par M. Magnard, le livre qui contiendrait l’histoire contemporaine et toute neuve de nos idées, et non plus l’éternel recommencement de nos sentimentalités vieillottes, n’est pas près d’être forgée.
Pourtant le moment serait favorable à l’éclosion d’une telle œuvre. Nous sommes à une période historique, et probablement à la veille de grandes transformations. Il n’est pas besoin d’être un esprit profond pour comprendre que des événements se préparent, plus considérables qu’aucun de ceux qui se sont accomplis dans le passé. Les multiples découvertes de la science, le résultat des enquêtes biologique, anthropologique, astronomique, qui restituent à la matière les phénomènes que nous avons l’habitude d’attribuer à une force supra-naturelle, leur application au bien-être de l’humanité rendent l’heure que nous vivons particulièrement troublante. Les institutions politique, économique et sociale, toutes d’oppression et de mensonge, qui régissent les peuples ne correspondent plus à nos besoins ni aux idées qui éveillent en nous un rêve de justice, de liberté et de bonheur.
Nous oscillons entre un passé auquel nous ne croyons plus et un avenir encore incertain et mal défini qui nous effraie et nous attire en même temps ? Il en résulte un malaise général qui se traduit chez les uns par la résistance décuplée aux dépossessions fatales, chez les autres par l’impatience de précipiter le mouvement vers des formes de vie plus rationnelles, plus scientifiques.
En réalité nous ne sommes qu’au seuil de la civilisation. Si nous comparons la durée relativement courte du développement de la civilisation à celle des temps préhistoriques ; si, comme le remarque le grand Buchner, nous observons qu’une portion restreinte du globe se prépare à ce développement ; si nous songeons que la vitesse du progrès s’accroit au fur et à mesure de sa continuité ; si nous ne perdons pas de vue qu’au milieu de notre vie raffinée, subsistent encore, en nombre considérable, les impulsions et les instincts grossiers de notre passé barbare, et que le struggle for life, dont le caractère sauvage s’est transmis des animaux à nous, fait rage, toujours, parmi les hommes ; alors nous reconnaitrons que nous sommes à l’aurore de la civilisation et que nous n’avons parcouru qu’une petite partie du chemin de lumière ouvert devant nous. Nous nous croyons des décadents et nous ne sommes qu’une façon de sauvages. Un savant russe, le professeur W. Betz, je crois, en étudiant ce qu’il faut de fibres nerveuses et de cellules nerveuses pour l’élaboration d’une idée, a trouvé, dans le cerveau humain, une quantité prodigieuse de places vides, de steppes immenses peu utilisées, qui attendent pour se remplir et se fertiliser, l’ondée bienfaisante du Progrès et de l’Evolution.
Si la littérature est restée en arrière des sciences, dans la marche ascensionnelle vers la conquête de l’idée, c’est que, plus avide de succès immédiats et d’argent, elle a davantage incarné les préjugés, les routines, les vices, l’ignorance du public qui veut qu’on le berce avec des histoires de l’autre monde.

PS : Mirbeau est un écrivain considérable, toujours négligé en France. En Juin 1968, à Amsterdam, au milieu des fumées hallucinogènes de la faune hippie dans le vaste dancing Paradiso, un étonnant jeune hollandais me fît connaître cet auteur français, me confiant sa grande admiration et son projet de poursuivre son œuvre. Qu’est-il devenu ? En Hollande, Mirbeau est notoirement connu et apprécié. Il eût même pour lecteur un certain Pannekoek. Wikipédia fournit une très intéressante et complète biographie du grand Octave Mirebau. Ce grand démystificateur avait senti venir la révolution russe mais hélas est mort l’année de son surgissement.