"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 2 mai 2026

BOUFFONNERIE : LE PREMIER MAI N'EST PLUS CE QU'IL ETAIT



Depuis longtemps le premier mai ne passionne plus la foule ; celle-ci était en effet amaigrie depuis des lustres pour ne pas dire des années. Jadis et naguère, depuis 1945 en tout cas, on nous faisait défiler par paquets, corporations ou partis. Or depuis la fin des années 1980, il s'était produit un nouvel ordonnancement : les non organisables ou non organisés défilaient de plus en plus nombreux devant le cortège planifié et encadré des bureaucraties syndicales et de leurs suiveuses, les sectes gauchistes. Mais voilà que cette pré-manifestation prenait finalement une dimension plus imposante que sa queue organisée et ficelée. Fallait-il ré-imposer de force l'ancienne configuration ? Que nenni à une époque où les gros bras staliniens ont fondu avec leurs rides d'agonisants encore encartés. Impossible d'inverser la chose car les inorganisés sont habiles pour longer sur les trottoirs et les CRS peu soucieux des envies de leurs néanmoins collègues salariés.

De même que tous les partis politiques (bourgeois, faut-il le rappeler aux abstentionnistes?) se sont présentés aux dernières élections municipales sans étiquette ; avec la même pensée neuronale nos organisateurs syndicrates ont décidé qu'il valait mieux supprimer les barrières corporatives ou autres qui rythmaient le défilé plan-plan naguère au temps où les ouvriers votaient encore majoritairement pour la gauche social-démcrate et stalinienne.

Ainsi, nous voilà tous défilant comme un seul troupeau sans étiquette où les ballons syndicaux peuvent encore prétendre représenter toute la manifestation ; encore faut-il rappeler qu'ils sont gonflés à l'hélium, gaz plus léger que l'air et donc aussi volatile que les promesses syndicales. Les abribus servent de bureau de recrutement, de pétitionnement et de diffusion de tracts sur papier glacé, ne contenant que quelques phrases vides de toute réflexion, renvoyant au musée du rouet et de la hache nos vieilles Gestetner poussiéreuses.

Cette foule mollassonne est venue défiler pour des raisons diverses et incertaines. Disons, pour donner raison au lider Maximo, que ce pouvait être pour protester contre cette atteinte à ce jour de repos supplémentaire dont les origines sanglantes sont méconnues des jeunes voire oubliées. Un jour où ma boulangère et mon fleuriste donneront le mauvais exemple pour les patrons fiévreux et foireux . Mélenchon se gardera de toute solidarité avec les employés des commerces arabes ouverts jours et nuits, même le dimanche et qui se fichent des martyrs de 1890.

Cette foule est lâche et peu dynamique. A part crier que « tout le monde n'aime pas la police » ou que « le fascisme ne passera pas », elle attend, avec ce frisson du voyeur, que quelques encapuchonnés bombardent de cannettes ou de morceaux de béton les protecteurs casqués de l'Etat macronien pour ensuite s'enfuir comme des lapins à la moindre charge.


UN DISCOURS DE CLASSE POPULISTE


Le clou, j'allais dire le clown du spectacle, fût, pour les médias, surtout le discours « de classe » de Mélenchon. Sa tribune, au coin de la place dite de la République, plagiait allègrement le fonds de commerce d'un concurrent plus sérieux, la grande surface Leclerc : « Bloquer les prix, libérer nos vies ». Leclerc faisait plus militant ! « Lutter contre la vie chère ».

Entouré de ses groupies qui boivent les bons mots du lider Maximo et hochent de la tête comme mon chien gadget chinois sur la lunette arrière, il attaque par une saillie saluant la classe ouvrière. Il dénonce une prétendue fête du travail, crie sous des applaudissements nourris : « il faut travailler moins pour gagner plus ». Il faut un temps libre, le temps choisi...et aller faire le plein (de vie?) chez Leclerc. C'est tout à fait dans l'air du temps. Au milieu du parcours on assista à l'installation laborieuse par de vieux nanars d'une banderole moche, mal écrite, accrochée par une ficelle tendue entre deux réverbères : « Crève le travail » ? applaudie par les rangées successives. Et après, on fait comment ? Saluons néanmoins la révolution des fainéants avant l'heure post-révolution ?

Un couplet féministe nunuche s'impose ensuite : « sans l'aide gratuite des femmes au foyer, sans salaire, à l'entretien quotidien de la reproduction sociale, il n'y aurait pas d'accumulation capitaliste possible, car, il faut le rappeler, le capitalisme est l'appropriation de la propriété privée ». (applaudissements). Curieux raisonnement vaguement marxisant et racoleur qui oublie que les femmes servent surtout à l'accumulation capitaliste dans les usines et depuis les débuts. Et les hommes au chômage à la maison, ils contribuent à quoi ?

La causerie en tribune souffre cependant d'un argumentaire familier, à tu et à toi, trumpiste et du même type de vantardise. Le lider Maximo s'y croit et ses ouailles du premier cercle en ont presque les larmes aux yeux . Mélenchon n'est qu'un néo-stalinien qui veut nous promettre des salaires garantis pour tous, idem pour chômeurs et étudiants et la remontée du capitall français grâce à de nouvelles nationalisations où les riches seront moins riches. On est au cœur de la mystification anti-capitaliste mélenchonnienne : c'est du Mitterrand bis, cuvée 81-83, avec un gros soutien aux inspecteurs du travail et aux juges islamo-gauchistes, que le noble parlement feançais a heureusement défendu. On s'attend presque à ce qu'il prétende comme le grand délirant Trump que les « français » vivent les plus beaux jours de leur vie. Le projet mélenchonien reste très nationaliste-trotskien. La révolution internationale n'a aucne compatibilité avec des nationalisations ou une échelle universelle des salaires !

Le clou du discours, certes brillant tant il ressemble à ceux du PN Trump, version populiste de gauche bourgeoise, est surtout la dénonciation in fine des milliardaires, ces salauds. Une affichette en nombreux exemplaires circulera dans le cortège, admirée voire photographiée : « mon problème c'est les milliardaires ». Mélenchon ne fait que plagier le sociologue américain Peter Turchin obsédé par les présidents américains milliardaires ; ce pitre de sociologue nous refile une définition du pouvoir des élites bourgeoises niveau gauche bobo, évoquant des « pouvoirs plus mous » (sans doute Mélenchon et sa clique, opposants éternels rouges comme les radis qui sont blancs à l'intérieur. ('cf. page 36 in Le chaos qui vient », ed Tempus, 10 euros).

Du Zola me direz-vous. Non mais une vision simpliste de la bourgeoisie, portée par tous ces petits bourgeois qui jalousent plus riches qu'eux. Et après un éventuel bouleversement émeutier, faudra-t-il les pendre cette minorité de très riches, de puissants et d'actionnaires ? Possible puisque le lider Maximo en réfère à Robespierre comme un défenseur de l'éligibilité contrôlée par le peuple (le prolétariat il s'en fiche le maximo sans barbe). Un mensonge de plus, c'est la Commune de Paris qui a posé la première la question de la révocabilité et le exécutions à la va vite sont étrangères à la théorie du prolétariat.

Pour ne prendre que le Lénine d'avant la révolution de 17, celui-ci a fourni des descriptions autrement plus complexes de l'Etat bourgeois et de son fonctionnement - il a prouvé par devers lui qu'il peut y avoir un Etat bourgeois sans bourgeoisie! - loin de ce simplisme mélenchonien qui focalise du doigt sur les très riches. Dénoncer les riches comme étant la bourgeoisie en tant que telle est aussi un wokisme qui exclut le terme de classe – laquelle n'est pas seulement composée des possédants, elle compte ses institutions, ses syndicats laquais qu'elle rétribue, ses serviteurs faussement radicaux comme la clique LFI, chargée d'encadrer les électeurs immigrés, la petite bourgeoise commerçante et agricole envieuses des plus riches... L'échelle mobile des salaires, vieilles lubie trotskienne il peut la vouloir et faire rigoler banquiers et patrons.

Enfin il faut (électoralement) bloquer le prix du carburant et zou : « vous savez ce que vous avez à faire » , « c'est pas la peine que je vous le dise », mais le guru sans barbe le leur dit : « moins d'un an mes petits amis, et zou, on fait le porte à porte, ON Y VA» (où?).



Voilà c'est un résumé de mémoire parce qu'Open Office m'a fait une vacherie, détruisant un texte bien plus long et argumenté contre les arguties minables de Mélenchon. Je n'étais pas présent lors de sa plastronnade devant leur tribune sinon il m'aurait entendu l'interrompre contre ses pires énormités. J'ai donc suivi sa causerie filméev sur son blog. A lire et surveiller car il est très bien fait ce blog, malgré une affabulation du personnage avec photos en vedette ; lui et ses secrétaires écrivent très bien sur l'actualité avec les prises de poisition réacs que nous connaissons, mais plus lisible que nos rudes sectateurs, mais honnêtes, du maximalisme.





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