PAGES PROLETARIENNES

mardi 21 avril 2020

LE LUMPENPROLETARIAT UNE VIEILLE EPIDEMIE SOCIALE


Le virus de la discorde frappe tous les partis
(Rouge npa soutient tout ce qui bouge)

Suivi de la nouvelle rubrique: 
ANNEXE MEGALOMANIAQUE. 

« De la putain jusqu’au Pape, il y a toute masse de canailles de cette espèce. Mais le lumpenprolétariat honnête et « travailleur » entre aussi dans cette catégorie ; par exemple, il y a toute une bande de sbires (Schürg) et autres exécuteurs de basses œuvres qui offrent leurs services dans les ports, etc. »
Marx (Grundrisse)

On pensait que le confinement aurait « civilisé » la banlieue déshéritée, tel n'est plus le cas avec de nouvelles agressions de policiers mais aussi de possibles bavures de la part du « maintien de l'ordre ». Les quartiers pauvres, il faut le noter, sont en quelque sorte un thermomètre de la température sociale. La chaudière bout dans toutes les chaumières un peu partout. Il y en a marre de ce confinement qui n'est pas aussi justifié dans le temps qu'on nous l'a chanté, mais qui reste impératif tant qu'on aura pas trouvé mieux; il est injustifiable quand ministres et patrons veulent vite remettre au travail les ouvriers sans protections virales et vitales. Le flicage policier qui, au nom du sanitaire et de la discipline, consiste à rançonner le peuple, n'est plus accepté comme « normal » par la population. L'omniprésence policière finit même par remplacer la terreur d'attraper le virus. 

Les gens recommencent à sortir un peu partout, insensiblement, pour causer et fumer en groupes épars. Le gouvernement a trop lambiné. Le confinement levé seulement le 11 mai ! Il aurait pu être levé tout aussi bien maintenant, comme sont en train de le tenter d'autres pays. L'agacement de la population peut fort bien submerger tôt ou tard le petit nombre d'uniformes comparé à l'ensemble de la population. Notons que le confinement marchait jusqu'à présent non par la peur du gendarme mais parce que l'immense population le voulait bien.

D'ordinaire, dans le monde d'avant, le spectacle de l'ébullition de « racailles » en banlieue servait au pouvoir de faire-valoir de sa police, tout comme à tenter de faire oublier qu'elle reste armée pour crever les yeux des manifestants ; elle n'utilise les LBD que contre les gilets jaunes et les ouvriers en grève, mais étrangement pas contre les racailles, parce que, eux, c'est œil pour œil et dent pour dent ? Voici un nouveau spectacle de rodéo police/racailles ? Pourquoi à ce moment précis où il y en a marre des contrôles policiers et de leur ausweiss ?1
L'incident de Villeneuve-La-Garenne n'aurait-il pas été une provocation de bon aloi pour le pouvoir ? Faire passer les flics pour des victimes alors qu'ils « sont au front sanitaire » ? Ce qui faisait la gloire jadis du CRS maître nageur. Et faire honte aux voyous pour leur non respect du confinement ?
Rien ne change, avant comme après confinement, la même exhibition du rodéo des racailles, suscite l'indignation de la majorité de la population qui compatit au « labeur » policier contrarié. Personne ne s'interroge en revanche sur l'avis de la population des quartiers défavorisés. La plupart de leurs habitants en ont marre des exactions des racailles, ont peur pour leurs enfants, mais finissent par considérer ce spectacle comme un mal nécessaire. Les racailles expriment un besoin de reconnaissance parce qu'ils sont floués par le système et sans avenir, donc ils ne sont plus dans l'obligation de respecter ce qui est respectable puisqu'on ne les respecte plus. Cela c'est la mentalité créée par la déliquescence du capitalisme moderne, mais cela c'est l'irénisme qui suffit au petit bourgeois gauchiste. En revanche, des flics peuvent se comporter comme des voyous, cela a été le cas avec les tirs de LBD pour crever les yeux des gilets jaunes, plus grave donc que les tirs de fumigènes des excités de banlieue pauvre. La croissance des bavures n'est pas plus un mythe que l'augmentation du suicide chez les flics. Des flics sont d'anciens voyous comme de jeunes voyous sont appelés à se recycler flics... La formation naturelle du voyou, mépris des autres, cynisme dans l'action, insensibilité à la souffrance de la victime, n'est-elle pas une bonne formation au métier de flic moderne et obéissant ? Le représentant syndical des flics, sur CNews, Zemmour, qui doit avoir toujours le dernier mot pour consoler sa clientèle s'en prend aux populations qui ont succédé à sa communauté de pieds noirs, pas aux conditions lamentables et à la dépréciation dont elles ont été l'objet; et qui n'ont pas été celles de ces anciens colons dans les années prospères.

LUMPEN D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Le terme lumpenprolétariat suscite le haut-le-coeur chez les couches moyennes éduquées bc-bg et à tous leurs mandarins littéraires et universitaires, comme les termes « classes », « castes », « classe ouvrière », « prolétaires ». Les caméléons gauchistes, du même milieu des centres villes préfèrent user du terme « peuple » ou « des gens » dans l'espoir d'être admis à la table des grands politiciens. La définition de Wikipédia est en grande partie erronée et insuffisante : « Le lumpenprolétariat (de l'allemand Lumpenproletariat : « prolétariat en haillons ») est un terme marxiste, parfois traduit « sous-prolétariat », désignant les « éléments déclassés, voyous, mendiants, voleurs, etc.  du prolétariat ».
Or il n'est pas exact de dire « du prolétariat ». Ces éléments provenaient au XIX ème siècle de la paysannerie, étaient illettrés, et ce n'était qu'une masse de pauvres non encore « classables ». De nos jours, on peut autant dire qu'il existe un lumpen qui vient du peuple en général et des plus basses couches, et de couches sociales paupérisées qui ne se sentent pas plus ouvrières que bourgeoises ; on les qualifie de rien du tout, là d'immigrés, ailleurs de beaufs ou de racailles. S'il faut actualiser à tout prix, il faut apporter une nuance. Le capitalisme a quasiment réduit à rien la paysannerie en pays riches, par conséquent la majorité des gens à naître ont la plus grande chance (enfin pas vraiment) de naître futurs prolétaires, ou prolétaires au chômage. Sous la terreur de la faim, qui sait ce qu'il adviendra de celui qui refusera d'aller travailler comparé à celui qui se soumettra au salariat. Dans toutes les époques, des couches pauvres de la population ont produit ou servi à recruter mercenaires, truands ou voleurs, etc.
Le terme lumpenprolétariat apparaît ainsi plus actuel finalement. Il ne signifie toujours pas que le lumpen serait un produit du prolétariat, mais que des couches déshéritées ne sont pas encore venues au niveau du prolétariat, ni à capable de se reconnaître comme parties du prolétariat. Il ne signifie pas que la majorité des gens pauvres vont finir mercenaires, voleurs à la tire, membres des Yakuzas ou gibiers de prison. On peut même différencier avec le passé. Le lumpen agit dans un environnement de jeunes désoeuvrés de quartiers « périphériques », une masse de scolarisés en échec, qui ne sont tout de même pas primaires comme le paysan illettrés irlandais ou auvergnat. Ils n'ont pas vocation au crime organisé. Les émeutes sporadiques modernes sont aléatoires, et souvent sans lendemain. Elles sont la manifestation de la déliquescence de la société bourgeoise inégalitaire et gouvernée par impéritie et inconscience comme vient de le re-prouver la crise du covid-19. Depuis des décennies, la plupart ont vécu émeutes et courses poursuite avec les flics comme une étape d'initiation adolescente, même si un bon paquet dort encore derrière les barreaux. Peut-être qu'un certain nombre reste borné par les croyances religieuses ou l'esprit communautaire, mais ils sont intégrés à la production marchande capitaliste, dépendant d'elle et de la consommation, et des élections... plus que les « nationaux ». On a donc peu de chances, de par leur origine, et leur refus de l'identité nationale, de les retrouver dans de nouveaux bataillons de généraux versaillais ou hitlériens. C'est l'aspect décomposition sociale du capital décadent qui domine.

Au-delà du constat sociologique et politique – il faut se garder de politiser ce qui est sociologique – ce qui est plus inadmissible que les exactions de quelques paumés c'est le comportement politique des NPA et LFI qui soutiennent ce qu'ils nomment « une révolte ». Ce qui n'est pas grave en soi puisqu'ils se ridiculisent eux-mêmes face au prolétariat du 93 comme de Marseille. Ce qui est grave est qu'ils déconsidèrent le vrai milieu révolutionnaire maximaliste, qui n'a rien à voir avec ce crétinisme banlieusard ! Ces deux sectes sont étrangères au marxisme.

Si Marx est si dur envers le lumpenprolétariat de son temps, ce n'est pas parce que celui-ci tanguerait entre prolétarisation et banditisme, c'est face à la disposition d'esprit propre à la misère, qui reste primaire, qui est incapable de conceptualiser l'oppression capitaliste – en termes de classes et de lutte sociale - ramenée à la haine du flic et à la volonté de tuer individuellement les riches. Condorcet déjà séparait le peuple révolté de la populace des tueurs acharnés de septembre 1792. Ils ne sont pas tous des massacreurs mais l'esprit lumpen, plus proche du cynisme et de l'individualisme bourgeois les incline à se faire passer pour rebelles « révolutionnaires », et même plus révolutionnaires que les révolutionnaires. Ils ont toujours pu compter sur le soutien anarchiste depuis Bakounine jusqu'aux admirateurs de la bande à Bonnot. Il faut le rappeler c'est contre ce révolutionnarisme de racailles que s'est développé le socialisme russe, pourtant pas très clair au début en pratiquant quelques expropriations. Etre ambigu sur le lumpenprolétariat c'est rendre service aux pires ennemis de la révolution du prolétariat. Marx se serait moqué en son temps du discours sociologique dominant désignant les populations incontrôlables comme « victimes » de la société, qui suppose une pose moraliste.

L'identification du lumpen prolétariat est contemporaine de la constitution du prolétariat en classe2. Au sens péjoratif le lumpen, comme la plèbe, est stigmatisé pour sa fainéantise, son cynisme, sa méchanceté gratuite, son apologie du vol, etc. Pour son comportement marginal, le lumpen est opposé aux vertus de la classe ouvrière : probité, sens du sacrifice et de l'honneur. La condamnation par le marxisme du lumpenprolétariat est avant tout politique. Au XIX ème siècle il a joué un rôle de supplétif militaire de la bourgeoisie dans les émeutes et les révolutions. Mais c'est avant tout comme matière idéologique de destruction de l'hégémonie du prolétariat que fonctionne le lumpen moderne, par exemple le NPA et la mouvance « ultra-gauche » des black blocs, avec leurs référents idéologiques Libération, Médiapart, Actuel Marx, etc. L'apologie des Sade, Pierre Rivière, Goldman, Mesrine, etc. a été produite depuis des décennies par les esthètes bourgeois de la gauche caviar et stalinienne, puis repris par leurs avortons anarchistes et trotsko-anarchistes en mode rebelle et antiraciste. L'utilisation de ces personnages dignes des faits divers dans les romans ou au cinéma servit à distraire ou à faire frissonner les masses ; c'est à cette veine que s'est rattaché le navet anti-flic « Les misérables », encensé par toute la mollasse presse française.

Or, si l'imaginaire du voleur de grand chemin, du rebelle « sans cause » peut distraire, voire compenser le sentiment de soumission et d'exploitation, il est nul et non avenu en politique. Dans la réalité tout ce « cinéma » est étranger à l'être du prolétariat, qui se fonde lui sur une éthique. Attention, contre son sens commun, l'éthique n'est pas une morale (vision du CCI). C'est une démarche de classe, non scientifique (la science reste partiale et ne détient pas la vérité), qui repose sur des impératifs catégoriques qui ont trait à la justice sociale. L'éthique est un matérialisme qui ne repose pas dans l'instant mais réfléchit sur le passé et le futur.

Pour quiconque réfléchit un peu, il n'est pas possible de confondre l'immense population des « premiers de corvée » du prolétariat du département de Seine-Saint-Denis avec tous ces petits trafiquants parasites, ni faire de tous les gamins impulsifs et immatures de futures racailles, même s'ils se seront laissés influencer un court moment d'adolescence par les « jeunes trentenaires » (sic). L'amalgame tue et tuera encore. Il est possible néanmoins que le lumpen moderne (réel et virtuel) soit moins nombreux et moins plouc que des milliers de soudards qui ont été employés par Thiers pour massacrer les Communards ou enrôlés dans les bandes armées de Hitler.
Examinons maintenant ce que nos sachants marxologues révisionnistes voient comme une contradiction entre le Marx du Manifeste et le Marx historien et sociologue. Marx « ne prend pas de distance avec le lexique administratif et policier », diable ! Il y aurait contradiction entre la description du Manifeste de 1848 - « la pourriture passive des couches inférieures de la vieille société » - et celle qu'on trouve ultérieurement dans Le Capital : « réservoir inépuisable de forces disponibles ». Or, il n'y a pas contradiction, les racailles du XIX ème siècle étaient issues de la paysannerie fuyant vers les villes, mais ce n'était qu'une minorité ; de même de nos jours, soit en partie de l'immigration non intégrée soit des familles des anciens colonisés que l'Eduque Naze n'a pas pris en charge, c'est aussi une minorité, dont la plus grande partie, sans diplômes, est indispensable à la reproduction du capital et donc vaste réserve pour les métiers de « premiers de corvées », qui mourront plus vite que les riches et dont les parents sont les majeures victimes du coronavirus, si l'on en croit les points de retraite de la CGT.

Comme le note Jean-Claude Bourdin (à ne pas confondre avec l'abruti de la télé) en se basant sur l'analyse de Marx, qu'il remet en cause pourtant : « ... le lumpenprolétariat ne peut se changer ni s’engager dans un changement de l’état actuel. Si le prolétariat ne peut « balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles » que par une révolution . On comprend que le lumpenprolétariat qui manque de l’énergie nécessaire pour la révolution ne balayera pas la pourriture du vieux système, car il est cette pourriture. Marx en tire la conséquence, douloureuse pour les belles âmes, que le lumpenprolétariat doit être abandonné à son sort, qu’il est vain de chercher à le réformer, qu’il faut surtout se préserver de sa contamination ». L'allusion à la contamination fait écho à nos malheurs actuels, l'auteur est un médisant de médiapart et surtout de « Actuel Marx », ce magma d'intellos bac+8, de la tendance freudo-marxiste qui alimente sur le web (via le portail Persée) la sphère de la bobologie du NPA à Libération ; on y trouve un tas de « néos » staliniens, trotskiens, libertariens (Balibar, Löwy, etc.). Marx n'aurait pas été un bon bobo-écolo antiraciste ni admirateur des « cailleras » (mot bobo, comme islamophobe, qui évite d'user de la vraie qualif). Marx ne peut aller, selon notre sachant marxologue moderniste, au-delà de « l'administration du paupérisme » : « Autrement dit, il n’y a rien à faire pour juguler le vagabondage et la mendicité, sinon les soumettre au contrôle social et à la répression en attendant des jours meilleurs et alerter le prolétariat organisé sur le danger politique qu’ils représentent »3.

Je reproduis par après ce que vous n'avez pas lu dans l'article précédent.

Sur l'incident de Villeuve-la-Garenne, les racoleurs sous-politiques du NPA, après avoir soutenu la vente démocratique de la drogue, apportent un grossier soutien aux racailles (en capuches) qui doivent rester maîtres des quartiers pauvres, qu'ils renomment étrangement « de nombreux habitantEs de Villeneuve-la Garenne » (qui) se révoltaient contre les forces de police. Ces courageux confinés et cons finis saluent en plus les émeutes du dimanche soir : « révoltes (qui) éclataient dans plusieurs quartiers populaires d’Île-de-France (Saint-Denis, Fontenay-sous-Bois, Gennevilliers...) alors que le journaliste Taha Bouhafs était violemment interpellé par les forces de l’ordre ».  (NB: Taha Bouhafs est autant journaliste que ma grand-mère était CRS). 
     Pour aggraver son cas, la secte petite-bourgeoise d'une démagogie sans limite, mais dans la simple figuration, assimile quelques abrutis aux « habitants des quartiers populaires » et demande la dissolution de la police. On regrette qu'ils ne demandent pas aussi la dissolution du corps des pompiers, ce bras armé de lances d'incendie ! qui est régulièrement aussi la cible de leurs amis racistes islamistes et les trafiquants. En soutenant la voyoucratie barbare et écervelée la secte NPA a perdu toute dignité politique. Ce qui n'élimine pas le fait que des policiers peuvent se comporter comme des voyous, ni d'être d'anciens voyous. C'est en revanche anti-marxiste, et étranger à la conduite du mouvement ouvrier d'imaginer une solidarité entre prolétaires et lumpenprolétariat.
« Le NPA apporte son soutien à toutes les victimes des violences policières et aux habitantEs des quartiers populaires qui se révoltent contre la police, bras armé d’un État autoritaire. Nous réclamons immédiatement : L'arrêt des amendes, Le désarmement de la police et la dissolution de la brigade anti-criminalité. »On présume que le NPA espère ainsi épauler la LFI de Mélenchon comme « médiateur social » afin de garder la main sur décoloniaux et autres délirants, médiation radicale inversée dont l'Etat justement besoin pour entretenir ce genre de population dans le culte de la violence impuissante et l'anti-flic primaire. La fonction de ces trotskiens bien de chez nous, est donc de « réussir l'intégration » des inintégrables en leur vendant une indignation, certes outrancière et caricaturale, mais au moins pour les appâter à un esprit de justice électoraliste, jusqu'au moment où une partie des excités aura grandi dans sa tête et se sera aperçu que le NPA n'est qu'une bande de rigolos immatures qui appellent, en quelque sorte, au meurtre des policiers par la mafia minoritaire des "quartiers populaires". Le spectacle de la mafia des apaches sert en même temps l'Etat en renvoyant au "besoin de sécurité" … mais sous le contrôle des mercenaires bourgeois. Le NPA contestataire et odieux sert à introniser un tel spectacle. 

QUAND LES RACAILLES VIENNENT FAIRE LA MORALE...

Il est possible que les flics aient encore commis une bavure, en ouvrant brusquement la porte pour coincer le motard, mais ce n'est pas plus scandaleux que leurs coups de matraque inopinés sur tel manifestant pacifique lors des processions syndicales. C'est leur job, sans état d'âme, et le préfet de Paris qui porte bien son nom sait ce que c'est qu'être cynique. Mais le comportement du « jeune » (hi, un trentenaire) qui fait son rodéo, en plein confinement obligatoire pour toute la population, en faisant croire qu'il va faire son plein d'essence et qui accélère vu qu'il sait qu'il va se faire alpaguer par les flics, n'est-il pas scandaleux ? Puis ses potes baraqués et menaçants qui viennent « faire la morale », houspiller les flics et les traiter d'ivrognes, alors que l'autre « jeune » s'est viandé contre la porte ou un poteau, ce n'est pas scandaleux ? Ces gens ne respectent pas plus la loi bourgeoise (dans son aspect le moins contestable) qu'ils ne respecteraient une loi socialiste.

Raymond Huard cite à juste titre Engels : « Le lumpenproletariat, cette lie d'individus corrompus de toutes les classes, qui a son quartier général dans les grandes villes est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est absolument vénale et impudente [...] Tout chef ouvrier qui emploie ces vagabonds comme défenseurs ou qui s'appuie sur eux prouve qu'il n'est qu'un traître au mouvement ». Toujours aussi juste et actuel ! Il joute : « Cette remarque visait vraisemblablement Bakounine disposé à s'allier avec les déclassés originaires du peuple ou de la bourgeoisie. Plus tard, en 1886, Engels constatera une fois de plus, à l'occasion d'une manifestation londonienne de la Social Democratic Federation contre le rétablissement des droits de douane, la nocivité de l'action du lumpenproletariat et, à l'issue d'une grève des docks en 1889, il se félicitera que la domination du lumpenproletariat sur cette fraction du mouvement ouvrier soit enfin brisée ».

La compassion de l'extrême gauche bourgeoise pour les « jeunes déshérités » du « colonialisme éternel » n'est qu'une forfanterie de fils de riches, comme jadis leurs propres aïeux plaignaient parfois leurs esclaves. Dans les beaux quartiers, les militants aiment aussi s'habiller "racailles", comme les lycéens. C'est une mode un peu déchirée, casquette à l'envers pour faire radical et plaire aux filles.  Malgré leurs courbettes les trotskiens dégénérés du NPA ne seront pas plus lus ni écoutés dans les quartiers déshérités. Le plus odieux dans leur soutien aux exactions des cobayes de la secte des « décoloniaux » et autres connos4 intellos déclassés, c'est que leur modèle politique de base pendant 50 ans, le stalinisme, tirait dans le tas, lui, et ne se répandait pas en leçons de morale. En Algérie il y a des rodéos plus modestes mais pas de journaliste de carnaval pour dénoncer la police. En Corée du Nord, on ne connaît ni rodéos d'ados attardés ni crachats sur les flics. On n'ose imaginer comment ils régleraient la question de l'émeute irresponsable s'ils étaient au pouvoir, déjà que Libération leur fait croire que la gauche bourgeoise a toutes ses chances de rafler la mise au moment des règlements de compte post-virus, même s'il dure. La gauche au pouvoir ce serait Grenoble puissance dix ! Ou Roubaix.
Dur, dur.

NOTES


1Le communiqué du NPA, parti de vieux qui pilote des jeunes bobos, commence par avancer un poncif destiné à émouvoir face au « complot répressif », gimmick que peut séduite la banlieue « opprimée », c'est du journalisme de bourrage de crâne « marxiste-léninisme », au lieu d'être factuel il commence par dézinguer : « Cet épisode fait suite à de nombreux autres cas de violences policières en Seine-Saint-Denis, mais aussi plus largement dans les quartiers populaires partout en France. Le confinement tel qu’instauré non seulement augmente les inégalités et est particulièrement invivable pour les plus pauvres, mais en plus il est accompagné d’un arsenal de mesures coercitives et d’une augmentation de la répression ». 
2Raymond Huard nous livre les clés avec son article « Marx et Engels devant la marginalité : la découverte du prolétariat ». https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1988_num_18_59_5472
4https://www.dictionnairedelazone.fr/dictionary/definition/conno



ANNEXE MEGALOMANIAQUE

Les individus que se font passer pour des groupes politiques

Grâce à la collaboration de mon ami Jonathan, parfaitement informé des publications, groupes et individus de l'aire anglo-américaine, je vais commencer, Sous cette nouvelle rubrique, un suivi attentif des délires d'un certain milieu qui se réclame de la « Gauche communiste » (que j'ai renommé avec l'appellation plus claire et moins stalinienne, de maximalisme). Je ne prétends pas remplacer Echanges et l'espère que, malgré ses 99 ans l'ami Henri Simon ne se fera pas choper par ce putain de Covid.
Le système des blogs permet à chacun de se donner de l'importance (j'en sais quelque chose) voire de se faire passer pour un groupe et satisfait ainsi une mégalomanie assez répandue chez pas mal d'anciens militants bordiguistes ou du CCI : « le parti c'est moi », pour parodier Louis le quatorzienne, qui ne mesurait pas 1M65 mais 1M84 comme moi. On laissera de côté le faux groupe « socialisme ou barbarie », cornaqué par le taré Eric Aucordier et sa groupie, dont le contenu restera surveillé. Idem pour le couple qui se la pète derrière Radio Vosstanie, voilant un gentil anarchisme mégalo sous les pages de couverture de ses lectures conseillistes préférées.

TRIKNI VALKA : j'avais oublié ce groupe (individu?) qui titre « Guerre de classe », bien
Il y a pire que le NPA
avant le mongolien Cousin. Ce type doit abuser de la Vodka puisqu'il assure que : « Le capitalisme est raciste par essence ».
Trikni Valka avait pris fait et cause pour le lumpenprolétariat majoritairement immigré de Suède lors des émeutes locales en 2013. Après avoir savouré la pensée de 'faire rôtir' des 'Flics racistes', ils essaient de nuancer leur propos en disant que faire brûler des voitures n'était pas le meilleur choix... surtout parce qu'elles appartenaient probablement à de nombreux prolétaires, réduits ainsi aux humiliants transports en commun (solution écolo néanmoins).

Le communiste international :
Celui-là, qui se réclame du bordiguisme, on ne sait pas s'ils sont un ou deux, on a presque envie d'en dire du bien. Il est destiné à l'Algérie, publie en bilingue des textes de qualité qui rappelent le bon temps du bordiguisme, notamment un long article : Les communistes et les nationalisations.

Lieux communs : On peut y lire parfois des analyses intéressantes par le collectif ( ? probablement un zigoto), mais c'est verbeux, longuet et professoral; le fond est celui d'un bon démocrate conseilliste qui n'a retenu de SouB que l'aspect sociologique, ignore le courant maximaliste et tente de vendre ses compils : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1006-Quatrieme-de-la-brochure-no25


Fil Rouge : autre individu loufoque, qui se présente comme un dérivé bordiguiste, puise ses infos sur RT la télé de Poutine. Le coronavirus annonce une « fascisation de la démocratie ». On a beaucoup ri à la lecture de : La question du Moyen Orient. Morceaux choisis. Le raisonnement tutélaire de Saint Bordiga qui nous avait habitué au soutien intermédiaire aux fallacieuses « libérations nationales » est là prolongé avec le « rôle progressiste » de Daesch qui a même inventé un code de la route.

« L’EI malgré sa rhétorique moyenâgeuse avait dans la réalité un fonctionnement tout à faitmoderne. C’est en ce sens qu’il était complètement diffèrent de ces mouvements comme Al-Qaïda, sans territoire défini, sans perspective nationale, ni même fonctionnement étatique.
L’internationalisme prolétarien défendra toujours l’unification qui est la solution la moins défavorable pour la lutte des classes en l’absence de tout mouvement révolutionnaire mondial du prolétariat. Affirmer cela n’est pas soutenir l’EI, dont toute l’idéologie, les moyens et les buts sont opposés aux nôtres (...), mais la défaite de l’impérialisme particulièrement américain est la solution la moins défavorable pour le prolétariat. S'il n’y avait pas eu l’EI, il y aurait eu de toute façon un mouvement de rébellion et d’opposition à l’agression américaine en Irak qui a créé une situation désastreuse et œuvré à accentuer les fractures entre les diverses composantes de la société. (...)
Comme l'ont admis plusieurs éminents spécialistes bourgeois eux-mêmes, ce caractère moderne est souligné dans plusieurs livres et études à l'exemple du sieur Caillot qui affirme clairement : « En dehors de la reconnaissance parle droit international [un principe juridique bourgeois qui s'est appliqué à bien d'autres États avant l'EI, dont la Révolution française pendant la Terreur et la Russie soviétique après Octobre] Daech a tous les attributs d'un État ...Daech a une administration qui est bien plus développée que beaucoup de pays africains, en dehors des pays arabes.Il a une police, des tribunaux, collecte l'impôt, a un état civil et enregistre les mariages, les divorces, les indemnités d'après-divorce. Les membres de Daech enregistrent les plaintes. Ils ont fait une vidéo récemment sur le code de la route et la pratique des feux rouges. Ils ont un diwan de la santé, un diwan de sûreté générale, un diwan du pétrole,un pour l'agriculture et la pêche, un de l'enseignement et ils vont même produire des programmes scolaires et des manuels. » Interview de Romain Caillet sur RT France du 1er septembre 2015 ». 







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