PAGES PROLETARIENNES

jeudi 3 janvier 2019

QUAND LES "GAUCHES COMMUNISTES" SE PRECIPITENT POUR ENTERRER LES GILETS JAUNES


"Gauches communistes" cela ne vous dira rien à vous lecteur anonyme, j'avais titré ultra-gauche, pas bon non plus, même si on classait ces minorités naguère dans une soit disant ultra-gauche anti-syndicale et anti-parlementaire. Ce sont des résidus ou sectes issus du début du mouvement communiste en Italie en 1920 et des critiques de Lénine en Allemagne et en Hollande vers la même époque: PCI, CCI, etc. que je rassemble en général comme milieu marxiste sous le terme générique de maximalisme.


La lutte antifasciste contre le FN n'était que du théâtre ».Lionel Jospin (2009)

"Tout ce qui se passe ici est politique". Interpellé mercredi soir à Paris, le "gilet jaune" Eric Drouet est sorti de garde à vue, jeudi 3 janvier. Accompagné de son avocat, le chauffeur routier de Seine-et-Marne a estimé : "La façon dont c'est fait c'est politique, même eux n'ont pas l'habitude que ça se déroule comme ça". L'homme a précisé : "Que des hauts gradés assistent à l'audition, que ça soit eux-mêmes qui posent des questions c'est du jamais-vu, c'est complètement politique (..) on a été auditionnés au moins quatre ou cinq fois sur les mêmes sujets."

N'est-ce pas un paradoxe que l'extrême droite ait plus compris le mouvement des gilets jaunes qu'une gauche protestataire pourtant si attentive aux « petits », aux « invisibles », aux « ouvriers et employés ». Comment se fait-il que la plupart des syndicats et partis qui se réclamaient naguère de la classe ouvrière, voire des couches moyennes ou d'un « peuple de gauche » soient restés non seulement muets mais hostiles à la plus grande révolte de masse en France depuis mai 1968 ?
Certainement parce que ces mêmes syndicats et partis sont devenus invisibles lorsqu'il s'agit de défendre réellement les intérêts de la classe ouvrière ou en tout cas d'une classe, effacée des tableaux des sociologues et devenue « périphérique » pour ne pas dire accessoire. Il n'y aurait plus que de grandes villes gentrifiées où une seule « classe moyenne » cotôirait la minorité de privilégiés. Les partis de la gauche bourgeoise se sont effondrés dans l'opinion après leurs successifs gouvernements d'austérité et d'accompagnement de sujets sociétaux qui gomment toutes les différences de classe pour mieux perpétrer la paix sociale et la misère invisible.

L'extrême droite, fille décatie d'une droite bourgeoise elle aussi usée par tant d'années de dur labeur anti-ouvrier au profit des possédants, a su s'inscrire dans le mouvement de protestation contre les taxes, non que la question des taxes soit une spécificité petite bourgeoise, ni parce qu'elle serait sensible au revenu des prolétaires, mais parce qu'elle a saisi l'occasion de combattre contre « la pauvreté ». Combattre la pauvreté n'est pas subversif, les curés de toute obédience la combattent depuis des siècles. La pauvreté n'a pas de classe sociale même si elle est le lot des plus basses classes. Elle ne s'attaque pas au système capitaliste autrement que par la réclamation d'une meilleure répartition des richesses, c'est à dire un objetif purement utopique mais porteur électoralement, que ce soit par la dénonciation de l'Europe supranationale ou la dénonciation de la finance internationale. Dans ce créneau grenouillent de petits personnages, les Soral, Cousin, Chouard et même un « cercle Marx » qui boit l'apéro avec ces ci-devants ; lequel cercle a même trouvé une toute petite citation comme quoi Marx aurait été pour une interruption totale de l'immigration. Une fake new aurait dit Engels ! Les Soral, Cousin, Chouard assurent à l'occasion qu'ils ont une formation de base marxiste, marxiste-stalinienne plus sûrement. Les deux premiers sont des phraseurs hypocondriaques et le dernier un vague rejeton des communisateurs disparus puisqu'il ne parle ni de classes ni de couches mais "d'humains" qui, avec la « capsule » du chiméRIC pourraient servir de rustine au système démocratique bourgeois dégonflé, en présentant par exemple une liste minable de 8% 'd'intentions de vote aux prochaines et inutiles élections européennes.

Tous ces gens-là ne sont pas très dangereux au fond, car à leur façon, dans le même créneau que les gauchistes, ils jouent le jeu du système pour y obtenir ce strapontin que mendie sans cesse l'épicier, le cordonnier et le pâtissier.

Le vrai drame de notre époque est bien plutôt la disparition de tout groupe révolutionnaire conséquent vraiment expression du proltariat et apte à en refléter les besoins et ambitions. Je ne parle pas ici des grands barnums électoraux de la gauche traditionnelle qui ne représente plus depuis un siècle qu'une des fractions de la bourgeoisie. Il n'y a plus que des sectes ou surtout quelques individus dispersés, l'un peut se désigner comme parti, quand deux autres prétendre se targuer d'être un regroupement d'organisations. C'est ridicule me direz-vous. Oui mais le ridicule ne tue toujours pas.
Prenons ce qu'il reste de l'ancien parti bordiguiste. Celui-là il s'est pincé le nez face à ces ploucs qui puent le gazole ; les petits bourgeois faisaient leur cirque :
« Les agitations des classes moyennes et les mouvements organisés ou dirigés par des éléments de la petite bourgeoisie se manifestent d’un bout à l’autre de la planète depuis quelques années. Dans les médias l’attention se porte sur les problèmes, les difficultés et les réactions des classes moyennes; elles sont tantôt présentées comme le nouvel acteur menaçant de troubler l’ordre politique et social à la place du prolétariat, tantôt comme un précieux facteur de la stabilité de ce même ordre, et il conviendrait donc de les choyer et de les soutenir ».
Le petit bourgeois se laisse bercer par l'idéologie ronflante de la « souveraineté populaire ». On évoque François Ruffin, devenu depuis député de LFI, qui prônait lors du mouvement bobo des « nuit debout »une «alliance» entre les «classes intermédiaires» (dont il estimait être le représentant) et les travailleurs contre «la toute-puissance des riches» et au nom de la démocratie qui serait «une responsabilité collective». Certes un démagogue de plus en piste, mais assimiler le mouvement des gilets jaunes aux « nuit debout », c'est un peu comparer le jour et la nuit, non ?

Depuis un siècle le dernier mohican du robuste « parti communiste international » ne bouge pas un pouce de la théorie prolétarienne du prolétariat missionnaire et pur, et reste sur le bord de la route sans que personne ne vérifie son pouls malgré son AVC. L'autre malade, en état de fibrillation cardiaque, se nomme Gilbert Gruc. Sur son blog qui hésite entre Révolution ou Guerre, comme il avait négligé de s'intéresser aux ploucs de la périphérie, se rabat sur la prise de position d'un lointain cercle espagnol Nuevo machin qui n'y comprend pas grand chose outre de n'être point sur place. Une chose est sûre (ouf) le mouvement est en recul, surtout parce que la classe ouvrière n'a pas pris le relais. Pourtant ces ploucs, qui auraient dû rester invisibles, ne nous préviennent-ils pas de la violence qui nous attaend ?
« L’autre leçon que nous devons tous retirer, surtout les révolutionnaires, est que les confrontations massives entre les classes dans lesquelles nous sommes ouvertement entrés maintenant, vont être extrêmement violentes du fait de la répression massive et brutale employée par les États, y compris dans les pays "à tradition démocratique ».
Que c'est virilement dit ! Comme si les bagarres de rue montraient le chemin et non pas une réflexion et une pause provisoire sur le sens à donner au mouvement.
Le groupe espagnol éloigné, avec sa paire de jumelles veut bien concevoir que ce sont au début des revendications propres à la classe ouvrière qui ont émergé avec le mouvement, contrairement à la secte CCI qui, comme on le verra plus bas, méprisant totalement le combat typiquement petit bourgeois contre les taxes... Par contre, avec une image sordide, Nuevo machin se bouche le nez :
« Du point de vue des prolétaires, le danger est de s’attacher au fœtus d’un mouvement qui a avorté, s’enfermant de nouveau dans la "citoyenneté" et sous les drapeaux populaires et patriotiques ». Ces braves citoyens espagnols imaginent eux aussi que les ouvriers périphériques et les petits entrepreneurs ruinés avaient envie de défiler avec le chiffon rouge de la CGT gouvernementale ou le chant russo-stalinien. Gilbert Gruc abonde dans leur étude sociologique de régions anciennement staliniennes récupérées par un électorat RN, racontar des médias qui cache l'expulsion à la périphérie des ouvriers classiques du type sans réserve et sans diplôme. Nuevo machin ne veut pas voir revenir un « prolétariat d'un autre âge », du type de celui de 1830 à la remorque de la jeune bourgeoisie révolutionnaire : « Alors qu’aujourd’hui, nous sommes dans un capitalisme décrépi dans lequel le révolutionnarisme petit-bourgeois est l’apogée de la réaction. Soixante-dix ans de stalinisme et vingt ans de campagnes sur la "disparition de la classe ouvrière" ont déformé et détruit la mémoire prolétarienne ».
Nuevo machin espère donc rencontrer plein de Gilbert Gruc : «  pour que nous devenions les dissolvants des citoyennetés et le ferment utile pour l’organisation en classe.Il est temps de dépasser le moment "gilets jaunes". Tout ce qui s’agite ne va pas nécessairement de l’avant. Il est temps de rencontrer de nouveaux camarades, de discuter avec eux, de retrouver les outils basiques et de nous organiser ».

Quand enfin Gilbert Gruc consent à s'exprimer c'est pour se moquer de revendications typiquement plouques et aucune expérience de cet outil formidable qu'est l'hydre de la grève syndicale, ce summum de la révolution à venir : « … une grande majorité d’ouvriers, de prolétaires, surtout en province, peu habitués, voire pas du tout, à se mobiliser soit par la grève, soit dans les manifestations, rejetés loin des villes et lieux de travail par les prix des loyers et de l’immobilier, sont obligés d’utiliser leur voiture pour aller au travail. C’est précisément sur ces revendications et caractéristiques petite-bourgeoises, au nom du "peuple français", regroupant toutes les couches de ’travailleurs’ salariés et prolétaires, mais aussi petit entrepreneurs, auto-entrepreneurs, artisans, commerçants, paysans parfois, que le parti de gauche France Insoumise de Mélenchon dispute à l’extrême-droite et au Rassemblement National de Marine Le Pen le privilège de la défense du peuple français, du drapeau national et du nationalisme le plus crasse ».

 "Et ils ont tout à perdre en se laissant entraîner à des méthodes et des objectifs de lutte qui ne peuvent que nuire à la défense de leurs intérêts et les amener dans l’impasse du nationalisme et de la xénophobie, voire du racisme ". En effet on l'a vérifié à l'Arc de triomphe où ils se sont tous agenouillés devant la tombe du soldat inconnu et quand ils ont fait acte de xénophobie en chargeant violemment nos CRS en particulier à Nantes, à Bordeaux et à Marseille.
Et ces petits bourgeois qui se disent anti-syndicalistes, tous ces petits entrepreneurs merdiques, les fonctionnaires flics de base qui ont pourtant tant de raisons de considérer aussi leurs syndicalistes professionnels comme des traîtres, "n'ont qu'une peur pathologique de la... lutte ouvrière" :  
« En l’absence de perspective ouvrière, ce sentiment ’anti-syndicaliste’ parmi ces secteurs les moins expérimentés du prolétariat en France s’est reconnu, à tort, dans "l’anti-syndicalisme" du petit-bourgeois qui n’est autre que l’expression de sa peur pathologique devant la lutte ouvrière et la perspective du communisme. Les syndicats s’en garderont d’autant plus... ».

C'est ce « les syndicats s'en garderont d'autant plus... » qui est sinistre : s'il y avait eu moins de petits commerçants ou de petits entrepreneurs ruinés on aurait eu la chance de voir les syndicats traîtres se pointer ?
A la fin présumée du mouvement des gilets jaunes, les « ouvriers les plus combatifs » (lesquels et où étaient-ils en décembre?) offriraient des « garanties » d'affrontement « politique » en montrant le « véritable terrain et chemin de l'affrontement au capital » (où ça ? Dans l'entreprise?) quand le mouvement des gilets jaunes n'a cessé d'affronter, à plusieurs reprises, et avec culot, l'Etat sur son véritable terrain... les Champs Elysées !

Mais il y a pire que cet individu-parti esseulé, le CCI sans parties. La sentence tombe lourdement sur les ploucs en gilets jaunes : « La révolte populaire des “gilets jaunes” n’appartient pas au combat de la classe ouvrière. Au contraire, ce mouvement interclassiste, n’a pu surgir et occuper tout le terrain social, pendant plusieurs semaines, que sur le vide laissé par les difficultés du prolétariat à engager massivement la lutte, sur son propre terrain de classe, avec ses propres méthodes de lutte, face aux attaques économiques du gouvernement et du patronat ».

Rien de choquant en soi pour ce titre de propriété dont l'attribution dépendait naguère des seuls partis staliniens. Tu es ceci, tu es cela, c'est moi seul qui en décide, disait le parti Jupiter à moustache. Les ploucs de province vont donc en prendre pour leur grade : « Le fait que de nombreux travailleurs salariés parmi les plus pauvres se soient embarqués dans ce mouvement interclassiste, initié sur les réseaux sociaux, les a rendus particulièrement vulnérables aux idéologies les plus réactionnaires et anti-prolétariennes : le nationalisme patriotard, le populisme de l’extrême droite (avec son programme politique “franchouillard” et anti-immigrés), et finalement la revendication du Referendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Ce n’est pas un pur hasard si le parti du Rassemblement National de Marine Le Pen (de même que toute la droite) a soutenu les “gilets jaunes” depuis le début ! »

Un observateur impartial pourrait se demander quel journaliste macronien ou militant du NPA a encore pu dégobiller autant de tartufferies... Non, non, c'est bien le Courant Communiste International en France et au nombre tout au plus de quinze zigotos.
La démarche est la même que celle de l'Etat bourgeois. Ils ont été tellement déstabilisés voire intrigués par ce mouvement non inscrit dans la « perspective communiste en boite de ronron » qu'il possèdent jalousement, qu'il est venu enfin le temps de se venger, de cracher sur un cadavre pourtant encore en bonne santé. Ils puaient tous le diesel ces petits bourgeois, c'est pour la bagnole qu'ils ont bougé pas pour le communisme intégral ! Il ont profité en plus ces caves du vide que le prolétariat avait laissé (pourquoi ne pas reconnaître qu'ils ont été la rançon prolétarienne à l'humiliation des cheminots?) dans les rails tout tracés du revendicationnisme pépère ! Ces ploucs ne se sont-ils pas laissé entraîner par cette minable « petite bourgeoisie paupérisée et révoltée » et contre quoi, je vous le donne en mille Mme la Marquise, les taxes, les taaaaxes, ahahahahaha ! Voilà bien quelque chose qui est typique de la claaasse intermééédiaireu !

En lisant le site du NPA avant les événements du mois de novembre dernier, ou même le retournement de la secte bourgeoise Lutte ouvrière, vous pouvez voir que le plumtif du CCI n'a eu qu'à recopier les même insanités dans son désir de vengeance effrénée contre un mouvement qu'il n'a pas plus pu encadrer que ses concurrents en gauchisme antiraciste et anti-peuple : « La révolte populaire des “gilets jaunes”, du fait qu’elle véhicule en son sein les stigmates nauséabonds de la décomposition de la société capitaliste (les préjugés xénophobes, la peur de l’invasion des migrants qui viennent “manger le pain des Français” et “profiter de nos impôts”…), constitue un appel à la responsabilité du prolétariat face à la gravité des enjeux de la situation historique actuelle ».

Ah la décomposition , le maître mot de la secte pour expliquer tous les complots de la bourgeoisie ou les atténuer... La secte CCI se prélasse comme toutes les sectes gauchistes dans le déni des flux migratoires anormaux et pas du tout pour aider à l'affirmation du prolétariat mais plutôt pour le déposséder de son projet universaliste en confiant la défense des « réfugiés » aux cadors gouvernementaux et à leurs agitateurs gauchistes. Mélenchon a été souvent moins cons que ces gardiens d'un temple vermoulu du marxisme pédagogue et saint, en voyant très justement les fachos et les fâchés comme il y a des cons et des gens intelligents partout. Leur mauvaise foi est aussi ridicule que leur appel à un prolétariat missionnaire qui n'existe que dans leur tête vide.
Le mot d'ordre de ralliement « solidarité avec les immigrés », à pouffer de rire ! C'est l'hôpital que se fout de la charité! C'est le mondialisme qui se moque de la périphérie « blanche et raciste » ! C'est la multiculturalité qui se moque de la ruralité ! Non pas qu'il ne faille pas soutenir tel ou tel immigré s'il est insulté ou menacé – et tous les immigrés ne sont pas des prolétaires - mais on n'a pas à contribuer aux appels démagogiques à gérer la catastrophe humaine imposée par les guerres du capitalisme. Le mouvement s'est moqué initiatlement du parti bourgeois écologique avec son écologie punitive, comme on peut également se gausser du CCI avec son immigration gauchiste punitive ! Le CCI comme son avorton Dutruc Gilbert imagine encore un « vivre ensemble éducatif » dans les entreprises surtout avec l'extension des salles de prières ». Il n'est qu'une des caisses de résonance de l'idéologie bourgeoise "réformatrice en déculturation" comme l'écrivait Wiewiorka : « ...aux yeux des classes dominantes, c'est le peuple qui est intrinsèquement raciste, c'est donc aux couches populaires qu'il convient en priorité d'imposer « un vivre ensemble éducatif ». L'excellent Guilluy, qui indispose tant l'intelligentsia universitaire que les penseurs gauchistes, qui a bien souligné le changement de nature de l'immigration, explique depuis plusieurs ouvrages que l'invisibilité des couches populaires (autrement dit d'une grande partie de la classe ouvrière sans statuts privilégiés ni CDI, contribue à l'occultation de la question sociale, et politique, par la prédominance de querelles catégoreilles ou sociétales (luttes partielles disait le bon RI naguère) : luttes des femmes, lutte antiraciste, droits des anciens colonisés à chier sur l'histoire en général, écologie bourgeoise, lutte des sexes et des ethnies, etc.
Et quand un mouvement social, par une échappée belle hors des promenades syndicales et des échéanciers politiques, vient réduire au niveau des faits divers ces amusements orchestrés par toute la bobogie bourgeoise et trotskiste, on se met à lui cracher dessus parce qu'il ne rentre pas dans les schémas et on lui trouve des poux dans la tête. Misérable secte !

Même les gauchistes et les éditorialistes bourgeois ne se sont pas enhardis à enterrer le mouvement « insaisissable », savonnette qui échappe aux paluches des pires politiciens et remise mai 68 à une campagne de promotion pour les ordures Goupil et Cohn Bendit. Le plumitif en chef du CCI, planqué en province lui ne s'est pas gêné depuis son clavier pour l'envoyer, ce « mouvement interclassiste, nationaliste et réformiste » dans l'impasse de « l'absence de perspective pour la société », emmené par une bande de ploucs « bougnat maître chez soi ». C'est lâche de reprendre le discours de Macron contre « la foule haineuse », et de s'agenouiller ainsi devant le despote. C'est hautain et méprisable d'oublier nos morts, nos yeux crevés, tant d'espoirs et de mobilisations qui resteront gravés dans l'histoire contrairement à cette râclure de bidet. Et ce n'est pas digne du tout de prétendus promoteurs du prolétariat pur et dur.

DEUX PROFS MODERNISTES MONTRENT AUSSI LE BOUT DE LEUR NEANT

« Temps critiques » pourrait être le nom d'un parti gilet jaune. Nous entrons en effet dans une époque très critique pour la Capital sans s'affoler ni s'enthousiasmer pour une venue certaine de la révolution prolétarienne. Nous avons suffisamment ridiculisé le mouvement communisateur il y a quelques années sans avoir besoin de porter l'effort aujourd'hui pour en montrer l'inconsistance. Mais les profs associés s'ils me font toujours marrer, peuvent être ponctuellement moins stupides, quoique traînant toujours les séquelles de leur passé gauchiste, que les révolutionnaires amateurs et retraités de l'ultra gauche. Dupont et Dupond vont au moins à l'essentiel de ce que tout bon marxiste moyen peut s'être demandé sans cracher sur le mouvement des gilets jaunes.
Ni la question de la grève générale, ni la question du blocage de la production à partir des usines
n'ont été posés. Donc toute « convergence des luttes » aurait été une vue de l'esprit. Or nos profs observateurs sont mal renseignés. Ces questions ont été posées maintes fois, mais elles ne pouvaient déboucher sur une réponse immédiate. Pourquoi ? J'ai participé à une des premières assemblées dans le Pas de Calais à la veille du 17 novembre, et, par exemple, alors que la question du blocage de l'usine Valeo avait été posée, les ouvriers de cette usine intervinrent pour s'y opposer. Une telle occupation « de l'extérieur » aurait non seulement placé les prolétaires en chômage technique, mais aurait été vécue comme une agression dans une région où le travail est devenu denrée rare. Il eût mieux valu que cela parte « de l'intérieur », mais comment partir de l'intérieur vers un extérieur qui était encore flou et mobilisé par la seule lutte contre les taxes ? Quant à la grève générale, si on n'en parle guère c'est parec qu'elle a fini par apparaître comme une incantation syndicaliste et d'anarchistes arriérés et l'attente éternelle du retour du petit Jésus.
Nos deux profs observateurs sont pourtant très pervers pour tenter de son refourguer leur idéologie de disparition du prolétariat :
« Les révoltés des ronds-points sont certes pour beaucoup des salariés (ou assimilables à des salariés quand ils bénéficient d’emplois aidés ou d’aides au retour à l’emploi), mais il y a aussi bien d’autres occupants non salariés ou anciens salariés (notamment des auto-entrepreneurs pauvres et surtout des retraités qui sont loin de tous partir en avion low cost pour des destinations exotiques). Ce n’est pas à partir du rapport de travail qu’ils interviennent, mais à partir de leurs conditions de vie et de leur inexistence sociale. Une lutte, certes, mais une lutte sans classe plutôt qu’une lutte de classes. Il ne sert donc à rien d’y rechercher ce qui serait son aile prolétarienne pour lui donner une transcroissance qu’elle n’a manifestement pas l’intention de manifester ».

La classe ouvrière est pourtant bien présente, et en majorité comme ils le reconnaissent, mais non seulement ils sont incapables se savoir comment fonctionne cette classe ouvrière, car en tant que fonctionnaires comme la troupe du CCI, ils n'ont pas de problèmes de fin de mois et ils s'imaginent, avec leur génétique gauchiste, que les prolétaires comme tels ne peuvent lutter qu'enfermés sur leur lieu de travail ! Puis, comme ils n'imaginent pas que « les sans dents » et « sans diplômes » puissent voir plus loin que les ronds-points et penser à un autre avenir que la pérennité capitaliste, ils nous entraînent dans leur habituelle pensée hippie, leur adoration de la ZAD bobo et du cycliste Coupat. Le mouvement était bon et beau parce qu'ils couchaient sur des palettes sous la tente ! Où la solidarité « n'était pas un vain mot » ou « des personnes se relaient pour préparer la nourriture ».
Puis quand ils reviennent au plan politique, c'est le ton docte et pédagogique de l'éducateur qui s'élève au-dessus des contingences des gardiens un peu boyscouts des ronds-points : « défiance vis-à-vis de toute organisation politique ou syndicale, mais aussi au fait que les conditions présentes ont épuisé toutes les formes historiques que l'on a pu connaître ». Les gilets jaunes « ne peuvent pas faire des Conseils de Ronds-points » comme il y a eu des Conseils ouvriers. On ne les contredira pas sur ce point, moi-même je me suis senti quelque peu ridicule de proposer la formation d'un conseil ouvrier à Etaples dans une assemblée cornaquée par des petits bourgeois. Mais ce n'est pas le mouvement ni dans sa durée ni dans son expression actuelle qui importe, ni cette théorisation sur les chaussettes d'Attali de gilets jaunes « nomades », ce qu'ils ne sont pas du tout.
Les critiques qu'ils portent au chiméRIC sont par contre pleinement valables, mais insuffisantes dans l'explication du RIC comme « refuge » à un mouvement qui se cherche. Le mouvement comme tel est voué à s'éteindre, il sera relayé ultérieurement par des formes nouvelles de la lutte des classes et de la classe principale, le prolétariat, sur lesquelles nous ne pouvons pas anticiper qui seront impulsées par la violence répétée des attaques économiques et politiques du Capital ; sans oublier des attaques terroristes de la police à un niveau inégalé depuis la guerre d'Algérie ; arrestations massives préventives, persécutions de Coupat et d'Eric Drouet, contrôle renforcé de ce qui se dit sur les médias, indifférence cynique des médias pour les milliers de blessés. Le pullulement de pancartes pour ce chiméRIC m'a consterné et pas tellement pour la bêtise de cette « capsule » au démocratisme bourgeois (comme le définit ce pauvre petit prof Chouard, qui parle aussi des « humains » comme nos humanitaires de « Temps critiques ») - c'est à dire une rustine sur le système de foutage de gueule démocratique – mais parce que la classe ouvrière, celle au travail, est encore gavée par la société de consommation et qu'aucun groupe vraiment révolutionnaire n'est venu sur le terrain opposer un programme alternatif. Par contre nos petits profs modernistes et retraités des voitures en ont un de programme, celui du prince des bobos, Hamon, le revenu « garanti », le petit éléphantineau de la bobocratie parisienne qui traite Eric et Maxime de sales électeurs du RN quand lui a véritablement les mains sales pour sa participation au gouvernement bourgeois.

Enfin, ils n'ont rien compris au décryptage subversif de Christophe Guilluy qu'ils dénoncent comme « conseiller du prince », ce qu'il n'est pas ou moins qu'eux, vu la manière dont les médias l'ont écarté de leur spectacle depuis un mois au profit d'une armada de lèche-culs comme Boulouque. Guilluy en bon géographe démontre très bien l'exclusion de la classe ouvrière des grandes villes à dominante bobo et immigrée, mais chacun dans son ghetto.
Les frères siamois de Temps critiques, comme Robin Goodfellow, montrent leur appartenance de classe au quartier bobo avec cinémas et théâtres, terrasses de restos avec clochards couchés sous les hautes chaises. Ils causent entre gens cultivés des schémas du capital, de la baisse tendancielle du taux de profit et, accessoirement, de ces ploucs en gilets jaunes qui ne sont pas « descendus dans la rue en 2015 pour la défense du service public », même si les agents du service public soigneusement encadrés et encartés n'ont jamais rien fait ni fait grève pour ces ploucs des petites entreprises de province, trop occupés à aménager leur CDI et leur petite retraite, en chantant les refrains syndicaux. C'est sûr qu'il ne faut pas cherches des convergences « anticapitalistes » avec des ploucs pareils ni « communistes », vu que les « communistes » c'est tous ces profs admirateurs de Chavez et Lula, voire de Poutine quand Trump se permet de commettre un tweet un peu trop grossier.



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