PAGES PROLETARIENNES

samedi 30 décembre 2017

AU CARREFOUR DES ANTIRACISMES, le séparatisme est roi


« Surtout ne pas discuter de politique. Et ne pas aborder les problèmes de famille. C’est à la maîtresse de maison de savoir diriger la discussion en évitant de parler de la belle-sœur, du beau-frère ou des gens divorcés. Il faut faire passer le mot avant le dîner ». Nadine de Rothschild


La librairie du drugstore Publicis recèle toujours des ouvrages bizarres. C'est pourquoi j'aime me rendre parfois en haut des Champs, ancien lieu de ma feuille de paye1. On trouve aux côtés des ouvrages pipoles pour mondains, dans un coin tel livre hors norme non publié par les éditions officielles courantes. L'Artilleur fait partie d'un réseau de librairies Decitre existant pourtant depuis 1907. Je suis accroché par un titre bizarre, et dont le contenu sera encore plus bizarre et limité : « Autopsie d'un déni d'antisémitisme » par un collectif d'auteurs où je reconnais Michèle Tribalat et Boualem Sansal. Le quatrième de couverture explique faire référence à un procès contre un certain Georges Bensoussan en début d'année, dont ni moi ni la classe ouvrière ne se souvenaient avoir été marqués. Le type, spécialiste du Mémorial de la shoah, était accusé de (retenez votre souffle) : « délit de provocation à la discrimination, la haine, la violence à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée ». Ouf ! Ce type devait donc être un terroriste de première main à condamner à mort (au moins moralement). Son méfait, dans une polémique sur la radio de Finkielkraut (France Culture, sic!), avoir dit ceci : « l'antisémitisme on le tète avec le lait de sa mère »2.
L'auguste 17 e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris avait-elle besoin de renflouer les caisses de ses avocats pour gonfler aussi pompeusement un membre de phrase émis sur une radio peu écoutée voir pas du tout par les masses prolétariennes ? On se demandera plus loin qui compose cette chambre, politiquement ?
Le quatrième de couverture dramatise donc un procès picrocholin, quoique Bensoussan ait été relaxé une première fois : « A l'instar d'autres procès intentés par les acteurs de l'islam politique, le procès contre Bensoussan a illustré le mésusage de notre droit démocratique au nom d'un antiracisme dévoyé (hum ! Hum!). Il a montré comment des propos peuvent être déformés et tronqués, pour accuser de racisme celui qui dit le réel. Ce procès avait pour objet, ni plus ni moins, que d'entretenir le déni de réalité sur l'antisémitisme d'origine arabo-musulmane, un déni dont les conséquences dépassent le sujet juif et concernent désormais l'identité démocratique de la France ».
« Mésusage de notre droit démocratique » ? Moi pas être concerné d'abord comme prolétaire par ce soit disant droit. Ensuite peut-être que ce cartel d'intellos bourgeois peut dire des choses intéressantes sur cet « antiracisme dévoyé ». Voyons voir.
Quelques soutiens ou représentants de l'exclusivisme de la souffrance juive peuvent confirmer ce que je constate chaque jour de l'expansion de l'idéologie islamiste (et de son soutien irénique par la gauche néo-stalinienne et trotskienne), cela n'en fait pas des amis, surtout pour des proches de l'académicien de radio Finkielkraut souteneur ambigu de l'Etat colon d'Israël. Ce qui frappe dans cette défense collective de Bensoussan c'est qu'on sait fort bien que la meilleure défense c'est l'attaque, et qu'on va élargir le sujet au-delà de la simple provocation du « chercheur » (d'ennuis...), pour nous convaincre qu'il n'y aurait désormais QU'UN PROBLEME MAJEUR : l'antisémitisme d'origine arabo-musulmane ! Et pas le déni de focalisation sur les arabes en général!
Je savais qu'un ancien de la secte CCIF, Marwan Muhammad, avait déclaré en 2011 : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? (…) De nous nier le droit d'espérer dans une société globale fidèle à l'islam »3. Ni nonplus le grand combattant de l'islamisme sur les plateaux TV gardés par les flics, Mohamed Sifaoui : « … Certaines chapelles, comme l'obscur Collectif contre l'islamophobie (CCIF)4, profitent du climat ambiant, de la naïveté ou de la lâcheté des responsables politiques et de la crédulité de quelques musulmans, pour entretenir un malaise dès qu'un débat légitime doit s'installer sur des thématiques liées à l'islam ». Cette secte pratique le chantage à l'islamophobie, terme creux inventé comme Hitler inventa la croix gammée.
Boualem Sansal, qui est traité comme un collabo de l'impérialisme par les fachos des sectes
islamistes, est plus culotté de Sifaoui : « Dire que l'islam est incompatible avec la démocratie, c'est simplement répéter ce que le dogme islamique lui-même dit et ce qu'enseignent les autorités religieuses. Au regard du musulman, la démocratie est une bida'a, une innovation impie, fortement condamnée. Il n'y a de pouvoir que celui d'Allah » (p.40). Je suis emmerdé à cet endroit car je suis plutôt d'accord avec le musulman anonyme et pas avec le bon élève Boualem : la démocratie bourgeoise est en effet une fumisterie, mais moi je n'ai pas besoin d'Allah mais d'un humain nommé Karl Marx.
Michèle Tribalat a aussi un côté fayote. La liberté d'expression n'a pas été mise en danger par le micro procès contre Bensoussan. La fumisterie de l'interprétation dominante de la liberté d'expression a été réaffirmée. Le système bourgeois ne défend pas, démocratiquement, la liberté de pensée (ou de penser) mais la liberté de croire ! Nuance : croyez ce que vous voulez bien chers frères en démocratie ! Vous avez le choix parmi le panel des nombreuses supercheries religieuses, mais continuez à tolérer l'intolérable mais à ne pas vous mêler de ce qui est intolérable chez votre voisin !
Alain Finkielkraut, pipole intello souvent crucifié à droite ou pire, fait pourtant souvent de forts subtiles remarques : « Nous avons vécu dans le mythe réconfortant selon lequel le raciste n'avait qu'un visage. Celui de Dupont la Joie. Les cibles étaient les juifs, les arabes, les roms, les noirs. Tout cela a explosé. Il existe toutes sortes de racisme et d'antisémitisme. D'où le secret. Quand l'antisémitisme est français, on ne fait pas les délicats. En revanche, dès qu'il s'agit d'un antisémitisme non prévu au programme, l'idéologie s'affole et montre les dents » (p.65). Et c'est vrai qu'il y a pléthore de Nacira Guénif pour nier tout racisme ou antisémitisme des pauvres de banlieue, mais qui, en même temps, sont capables de dériver et glisser vers la mise en accusation de tous les juifs à cause des méfaits de Tsahal. L'indépendance rêvée de la Palestine sert de bouillon de culture à tous les intégrismes islamistes. Mais là encore, je suis emmerdé. Lorsque Nacira Guénif définit un « ressentiment reposant sur un sentiment d'abandon », elle touche à l'ambiguïté de l'accusation à tout bout de champ d'antisémitisme. Il faudrait que tous ces juges gauchistes maîtres censeurs lisent Proust pour approcher les ressorts contradictoires de l'esprit humain (je ne parle pas d'âme). Condensé de chimie et d'électricité, notre cerveau n'est pas une nappe blanche, ni un dîner de gala comme aurait dit feu Mao. Il est habité parfois de pensées incohérentes, de ressentiment, parfois habité ou envahi par des fantasmes peu amènes voire mortifères. La raison n'a pas toujours raison de nos impulsions profondes. En réalité, cent ans après la justice bourgeoise n'a toujours pas revu sa législation arriérée et rigide à la lumière de Freud, pour juger des motivations impulsives ou réfléchies des réactions hominidées, des réflexes qui échappent à l'entendement du premier concerné . Croyez-vous que le plus vertueux des antiracistes n'est pas au cours d'un séjour prolongé dans le métro passé par vingt secondes d'impulsion raciste, qu'il a toutefois immédiatement combattue en pensant au calvaire de Nelson Mandela ou d'Anne Frank ? Cette grosse femme noire qui, à la queue chez Tati, s'en prend violemment à la « bougnoule » qui vient de la doubler à la caisse, ne mérite-t-elle pas d'être envoyée devant l'auguste 17 e Chambre correctionnelle pour « délit de provocation à la discrimination » et offense au civisme requis à la queue d'une caisse embouteillée de tout supermarché ?
Moi-même, je reconnais passer par des phases où je suis trop gentil, des fois totalement con, voire impulsivement un poil antisémite ou raciste (ce que je me charge de corriger moi-même), ou victime d'un réflexe conditionné. Je peux parfois « manquer d'intelligence », être bête comme mes pieds, jamais obtus (le doute est toujours présent), mais cela ne handicape pas ma faculté de me reprendre, raisonner avec du recul et de faire la part entre des idées débiles qui sont venues parasiter mon for intérieur et de me relever avec des conceptions respectables et qui me valent l'amour de mon prochain5.
Les inepties d'un cerveau déréglé peuvent se lire pourtant dans nombre d'articles de presse de nos jours ou dans des livres que la « justice » ne se soucie point de poursuivre, embouteillée qu'elle est paraît-il, mais soucieuse de faire avancer les dossiers qui sont plus porteurs pécuniairement. On empêche certaines librairies de vendre le Mein Kampf imbitable d'Hitler, par contre l'éditeur gauchiste de la Fabrique, peut étaler partout un brouet raciste et antisémite plus ou moins rédigé par une certaine Houria Bouteldja, égérie des indigents de la République.
Bensoussan pouvait postuler au rôle de lanceur d'alerte (cf. Ses banlieues perdues de la République) mais il eût fallu qu'il fût neutre. Or c'est un des responsables des études sur la dite shoah, exclusiviste, négatrice de la primauté du massacre impérialiste, une des théories américanophiles qui servent à faire oublier qu'une partie des capitalistes ricains ont financé le nazisme à ses débuts et continué à commercer avec lui. Les magistrats néo-staliniens et gauchistes ne sont pas dénués de tout subconscient politique au point de rater l'occasion de régler des comptes, à façade antiraciste, comme un clin d'oeil de l'Etat français aux anciens colonisés maghrébins toujours principaux clients obligés de la métropole. Le procès Bensoussan n'ébranla point la sérénité intérieure antiraciste française, ne fut pas un déni d'antisémitisme mais une opération politique de charme à l'international. Il ressortira d'ailleurs sous peu dans une programmation très politique.
Avec la contribution qui est titrée « les tartuffes de l'antiracisme », on pourrait croire que les amis de Bensoussan, viennent s'aligner sur nos dénonciations de marxistes maximalistes, jusqu'au concept faux d'islamophobie6. Du tout, on y cause de « manipulation sémantique », d'une « métaphore inculpée ». L'antisémitisme serait la perpétuelle épée de Damoclès qui expliquerait de nos jours toutes les dérives racistes, mortifères ou totalitaires ! Exit le monde décadent du capitalisme ! Exit les causes véritables des guerres. La faute à l'antisémitisme s'il faut faire garder l'entrée des églises chrétiennes par des soldats armés de mitrailleuses ? La faute à l'islam ou au racisme si des chrétiens sont régulièrement massacrés en Egypte ou des musulmans au Pakistan ? 7

EFFLUVES D'ANTISEMITISME et fausse rationalité judiciaire

Les défenseurs mordicus de Bensoussan se tirent une balle dans le pied par leur fixation sur un antisémitisme arabo-musulman. D'abord parce que la formule « tété au sein maternel » est parfaitement idiote. Nos chers cailleras des familles monoparentales ne tètent pas longtemps et sont plutôt abreuvés au crétinisme de rue par une fixette sur les rumeurs des « réseaux sociaux » ; comme tel simple harcelé sur face book, leurs délires ne proviennent pas du sein maternel ou de leur origine arabe mais de ce que le nec plus ultra de la technique informatique (US) leur vomit8. Ensuite l'antisémitisme moderne est surtout européen et reste un fantasme collant dans l'inconscient français (donc prégnant sur ses ex-colonisés), lequel, dans la durée, est certainement plus antisémite que celui qui végète entre arabes et juifs, qui, eux, savent que de toute manière ils sont tous de racine sémite.
L'idéologie de tradition antisémite est certainement l'idée la plus réactionnaire que radotent les défenseurs de Bensoussan, à la suite d'ailleurs des chauvins comme Sternhell qui avait inventé une tradition antisémite française. C'est bombarder le passé avec des concepts d'aujourd'hui. L'attitude dominatrice envers les colonisés au XIX e siècle ne peut pas recouvrir l'accusation de racisme comme aujourd'hui. Il n'y a pas un racisme ou un antisémitisme équivalent à toutes les époques. C'est même une duperie de parler du racisme du coran. A l'époque ils se combattent entre factions et sectes religieuses avec des arguments létaux et des métaux ; ce sont des arguments belliqueux qui ne sont pas du même ordre que ce racisme excluant et rabaissant de l'époque contemporaine, dont l'échantillonnage s'étend de la couleur noire nazie à d'étranges coloris antiracistes.
L'évocation des commémorations pour Charlie Hebdo, et du ridicule burkini juste après la tuerie de Nice veulent faire appel au civisme français. Mais on s'en fout du civisme français. J'ai affirmé dans ce blog ne pas me considérer Charlie. Les enterrements d'union nationale impuissance m'ennuient. Et les provocations comme l'invention du burkini aussi. Tarnero a raison de conclure cependant : « Au bal orchestré par le CCIF, les faux-culs de l'antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS racisme, seront sur la piste » (p.92). Il eût fallu aussi s'interroger sur les motivations financiaro-politiques du tribunal parisien, et sur le mystère renversant que toutes ces sectes humanitaires rétribuées par nos impôts se rangent en ordre derrière une autre toute petite secte, raciste et facho. Peut-être faudrait-il comparer avec la poignée de main à Montoire ? Ou à la guerre entre Trump/Poutine et le clan US Clinton/mafia financiaro-pétrolière ?

QUI SONT LES MAGISTRATS ANTIRACISTES ?

Encore un titre alléchant d'une certaine Barbara Lefebvre : «L'antiracisme » une vieille lune qui ne
Nadine de R. dévoilée mieux qu'un magistrat
sait plus à quel saint se vouer » . Et elle va nous révéler qui sont les accusateurs qui mettent en cause « l'identité démocratique de la France :
« Si l'on doit se féliciter que le CCIF existe, c'est pour une raison et une seule : faire apparaître publiquement les lâchetés de l'antiracisme à géométrie variable qui prévaut depuis l'institutionnalisation de cette noble cause. Avec la création de SOS racisme en 19849 signifiant la mise sous tutelle idéologique par la gauche caviar mitterrandienne de la lutte contre le racisme, l'antiracisme a suivi la pente fatale à toute doxa : il s'est fossilisé, ridiculisé par ses aveuglements sélectifs, il a fait le lit de ses ennemis (…) Est-il d'ailleurs si étonnant qu'on retrouve dans les rangs des idiots utiles de l'islam politique certains nostalgiques du totalitarisme communiste ? Ils partagent en effet les mêmes méthodes d'intimidation et de disqualification de leurs adversaires idéologiques, et pour certains gauchistes tout vaudra mieux que s'allier aux bourgeois laïcards. Au début de la guerre (mondiale), les communistes français préféraient déjà la neutralité stalinienne (qui n'en était pas une comme on le sait) en mettant dos à dos le nazisme et le capitalisme américain pour justifier de ne pas prendre parti ! C'est la même rengaine aujourd'hui où l'islamisme n'est condamné par les gauchistes qu'à condition d'y voir l'expression d'une souffrance due à l'impérialisme occidental (américano-sioniste de préférence) (p.94). Fort bien dit, mais cela fait des années que je dis que les gauchistes sont au pouvoir, mêlés à la bourgeoisie classique et ne laissant que quelques figurants sans importance en opposition de carnaval dans les sectes NPA, LO et lambertologues collabos. Le texte de cet auteure contient de nombreuses pépites sur la manière de gouverner (et de manipuler) en France grâce à tous les amis du pervers Tariq Ramadan et de la girouette Sifaoui, des indigents de la République, et la liste est longue, il ne faut pas oublier les assocs frauduleuses pour la déradicalisation. Oui il apparaît nettement que l'antiracisme bcbg a supplanté le vieil antifascisme. Oui il existe non pas un racisme d'Etat mais un antiracisme d'Etat, père de toutes les confusions et amalgames. La dame perd son temps à défendre Bensoussan et l'identité de la France. Elle fait l'impasse sur le fait que toute cette théorie antiraciste n'est qu'un vulgaire produit des identitaires américains, qui ont trouvé un meilleur et plus pervers concept que le fascisme (mort) pour dissoudre la lutte des classes.


UN ARRIERE-FOND POLITIQUE FRANCO-ALGERIEN ?

Un certain Olivier Geay veut digérer le lait de sa mère en abordant une autre hypothèse, plus machiavélique, mais pas idiote, concernant la mise en scène du procès Bensoussan. On y rencontre un autre mot à la mode chez les esthètes et les soldats gauchistes : « essentialisation » (= enfermer le quidam dans ses origines ou l'enfermer dans une case). Quel lien avec l'Algérie ?
Sifaoui ment, nous dit cet auteur, en laissant entendre que l'antisémitisme en Algérie « serait apparu avec l'émergence des mouvements islamistes dans les années 1980 », car i ne faut pas oublier « l'importance de l'antisémitisme au sein du mouvement national algérien (à l'exception de Messali Hadj) ». Ensuite, « pour comprendre d'où parle Sifaoui », l'auteur nous fait faire un détour par la « sale guerre » de 1997, « dans un contexte où nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le rôle exact des forces spéciales du régime ». On apprend que le général Khaled Nezzar, premier dirigeant de l'armée algérienne, a fait citer un certain journaliste nommé Mohamed Sifaoui... Curieux que celui qui se présente comme le premier opposant au régime des généraux « accepte de témoigner pour le premier d'entre eux » ! On passe ensuite au témoignage De Mohammed Samraoui10, ancien officiers des services de renseignements algériens, qui raconte comment le pouvoir a instrumentalisé la tendance salafiste la plus radicale et les détails de comment « la sécurité militaire algérienne mit sur pied de faux maquis islamistes lesquels accueillirent en revanche les plus fanatiques des militants islamistes » (p.127). L'Etat algérien recrute en parfaite connaissance de cause (si je puis dire) les pires brutes islamistes « dans le dessein de frapper et d'impliquer la France dans la guerre civile ». L'auteur ne développe pas sur le fait que nos « dirigeants » gouvernementaux le savaient et que tous le tairont toujours en complicité avec la mafia gouvernementale algérienne, because intérêts commerciaux mutuels et indéfectibles, au nez et à la barbe de nos gentils antiracistes tierspleureuses tiermondistes.
Du coup on a perdu Sifaoui en route.Et l'auteur n'en parle plus. Il faut donc croire que si Sifaoui a retourné sa veste de royal accusateur de l'islamisme pour se retourner contre le « raciste » Bensoussan, c'était pour changer de conversation, nous convaincre que l'Etat algérien était plus complice des terroristes alors que l'Etat « juif » qui, lui, est une blanche colombe.
On s'en tiendra ici en définitive à un des derniers textes, lettre au président de la LICRA où Muriel Pill met le doigt, sans vraiment s'en rendre compte, sur la fausseté de l'argument raciste et sur l'exagération de l'antisémitisme, promouvant le pauvre Bensoussan au rang de lanceur d'alerte :
« Quand ouvrirez-vous les yeux et reconnaîtrez-vous que les Arturo Ui dont Brecht a démontré la Résistible ascension sont à l'oeuvre ici même et répandent leurs idées séparatistes (souligné par moi), mortifères, dans des manifestations, des tribunes, des vidéos, des cassettes, des tweets, et autre camp d'été « décolonial » (sic) interdit aux non-racisés (resic). Qui stigmatise ? » (p.157).


Quelle insanité! L'islamisme n'est pas un remake du nazisme, mais bien plus son inspirateur amaigri. Le chef de la secte LICRA n'est certainement pas plus aveugle que nous sur les divers compétiteurs en lice, ni sur l'expansion islamique. On compte tant de sectes politiques de droite, de gauche, religieuses, athéistes, baptistes, gauchistes alternatifs et alternants, gauche identitaire, droite identitaire, qu'il est ridicule de se focaliser sur la seule secte à la folle Houria, et qui plus est pour dévier d'une certaine arrogance des animateurs du Mémorial de la shoah, enfin en espérant nous rallier pour demander justice dans un procès qui dépasse le simple accusé, masquant de tragiques visées prosaïquement politiques et impérialistes. Le fond de l'affaire est incompréhensible, même pas à l'aune de l'antisémitisme, sauf si l'on jette un œil en terre ibérique, vers ce séparatisme catalan qui manifeste si bien l'éclatement qui gagne des régions entières du monde capitaliste, comme un repli frileux d'escargot qui ne voit venir que la tempête et l'impossibilité d'inventer un nouveau monde.



NOTES INDISPENSABLES ET PENSEES


1Mon premier job était crêpier à la tour Eiffel. Je fus viré après le 14 juillet 1969, parce que, agrippé aux grilles du deuxième étage j'avais chanté l'internationale avec mon tablier de cuistot. A l'époque le drugstore Champs Elysées était couplé avec la tour Eiffel. Mon patron était Marcel Bleustein-Blanchet. Mon père avait été pistonné responsable à l'étage du magasin de confiserie par le député UDR Jean-Pierre Vigier, ancien résistant comme Bleustein-Blanchet, et comme mon père dont ils connaissaient le passé de fondateur d'un maquis auvergnat. On ignore que la droite bourgeoise est souvent pourvoyeuse d'emploi à discrétion, comme la gauche... ce qui explique la fidélité d'une partie des électeurs.
2Loin d'être spontanée cette petite provocation, qui peut laisser supposer que les arabes sont tous antisémites, était bien préparée puisque Bensoussan l'avait fait précéder d'une déclaration analogue d'un sociologue algérien, Smaïn Laacher, se protégeant ainsi de l'accusation crétine d'islamophobie puisque s'appuyant sur un avis... d'arabe. En vérité, Bensoussan ne faisait que produire ainsi ce qui est souvent tété dans certaines familles juives ou israéliennes, c'est que les arabes sont des crétins. Atavique et non biologique ou viscéral n'est-ce pas ? Atavique désigne le culturel, et viscéral, qui dépasse la raison, plaida Bensoussan.
3Sur ce point, le type avait pourtant raison... d'espérer. Rien ne m'empêche, moi, ni la justice de classe ni ce quidam ni Finkielkraut de penser que dans trente ou quarante ans les frontières nationales auront disparues et qu'on entamera la première phase de la société communiste.
4Mieux connus sur mon blog comme « indigents de la République ».
5Simone Signoret a dit un jour que, concernant justement ces idées bizarres qui viennent en nous malgré nous dans nos petites têtes, comme des effluves racistes ou des relents d'antisémtisme, il faut être très rigoureux dans la vie privée familiale face aux enfants. Et donc se retenir de tout ce qui vous passe par la tête. A ce point de vue, j'ai tout maîtrisé face aux divers enfants que j'ai élevé, et contrôlé les inepties ; il faut dire que j'ai eu la chance de n'avoir que des enfants intelligents. Ma perception des inepties dans l'intimité commença très jeune. J'ai toujours éprouvé de la compassion pour l'étranger abandonné, quelle que soit la couleur de sa peau. Je méprisais autant les expressions « crouillas » (pendant la guerre d'Algérie) que « youpins ». Pourtant ancien résistant, défenseurs des juifs persécutés pendant la guerre, mon père voyait des « youpins » partout dès qu'il se produisait un scandale financier ; mai 68 était un coup monté des « youpins ». Cela me choquait de me sentir méprisant... à l'égard de mon propre père. Dans la famille au fin fond d'un bled lozérien a débarqué un jour un beau-frère libanais qui se mit à expliquer à mes petits neveux qu'un livre expliquait TOUT : les protocoles des sages de Sion. Ma fureur fut à la mesure du sentiment d'impuissance que l'on ressent à chaque fois que les vieux clichés reviennent faire les beaux et vous narguer : « va-y démystifie moi une fois encore ! ».
6Je ne suis pas islamophobe parce que je ne craint pas l'islam. L'islam m'emmerde, comme tant d'autres idéologies qui croupissent grâce au capitalisme, je suis donc islamo-hostile de fond, mais je ne place pas cette hostilité sur le plan du racisme ou de l'antiracisme, mais sur celui de croire ou ne pas croire, et surtout de ne pas emmerder systématiquement les autres avec ses propres croyances.
7La plupart des attentats, sous couvert de vengeance religieuse ou de folie islamique (avec des dérapages individualistes nihilistes) servent les politiques des Etats les plus puissants. Cela ne signifie pas que, comme par le passé, les exécutants ne soient pas habités par les pires arriérations, meurtriers de l'Irgoun ou du FLN. Tarnero rappelle justement ce qui ne fait pas honneur aux « libérateurs nationaux », et sur lesquels les trotskiens font silence : « La guerre d'Algérie a fait oublier les pogroms arabes, les liens du nationalisme algérien avec le nazisme, car la juste cause de l'indépendance primait sur les bavures racistes de FLN. Inscrit dans le giron progressiste du tiers-mondisme, le signifiant « arabe » éclipsait les parts d'ombre régressive de l'islamisme » (p.84)
8L'ignorance crasse de cette réalité se trouve en page 151, dans la contribution d'une Muriel Pill. L'IFOP a travaillé à partir de l'idiote question suivante : « Comment des français de culture musulmane construisent-ils leur perception des juifs ? ». Question ridicule et typique d'ânes académiques ! Menée avec les pires clichés, l'enquête obtient les réponses qu'elle voulait par ses questions ! Toujours les mêmes affabulations sondagières générées par le pouvoir de maintenir... dans l'ignorance et l'obscurantisme démocratique.
9Cf . L'immigré fataliste et sa religion policière (2012, ed du pavé). Je suis modeste en général, mais je trouve que certaines formules eussent pu être écrites par moi-même, à moins que ces auteurs ne me les aient repiquées, ce en quoi je leur sais plutôt gré.
10« Chronique des années de sang. Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes (ed Denoël 2003).

1 commentaire:

  1. je recherche cette reference précise :
    L'immigré fataliste et sa religion policière (2012, ed du pavé). Merci pour votre travail

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