PAGES PROLETARIENNES

vendredi 14 octobre 2016

LES PRIMATES DE LA DROITE BOURGEOISE


Ce fût un régal. Niveau « Questions pour un champion », le jeu pré-électoral fut captivant de bout en bout. Les journalistes furent excellents, pugnaces et serviles comme seule la chaîne des beaufs sait en produire : toutes les questions pipoles ayant trait aux ennuis judiciaires de ces mannequins en cravate Macron furent posées laissant croire à une totale liberté de la parole journalistique, sauf que l'envers du décor, les menées impérialistes de la bourgeoisie française – par exemple : est-ce que vous allez continuer à bombarder comme l'incorrigible Hollande – ne vint pas à la lumière des sunlights audiovisuels.
Je m'apprêtais cette nuit à user de la métaphore journalistique, hélas tout la presse s'est jetée dessus ce matin. Je peignais déjà un Hollande en Raymond Domenech lors de la malédiction de Knysna, ancienne EDF en voie de remplacement par l'entraîneur Deschamps-Juppé, l'avant-centre Benzéma-Sarkozy, l'ailier d'extrême droite Aurier-Poisson, la charnière centrale Pogba-Lemaire, l'arrière droit Koscieny-Fillon, l'arrière gauche Kurzawa-Copé, et une préraphaélite (jeu de mot imprévu) entrée par mégarde sur le terrain électoral pipé.
Il ne me restait que l'anaphore, trop usée, dont je décidai de me passer, sans doute par admiration pour les dérapages heureux du président François. J'aime finalement ce petit bonhomme rond qui se moque de la fonction présidentielle contrairement à son prédécesseur qui la ridiculisait ; sa sortie sur les magistrats, même liée à l'épisode de la défense clanique de Taubira, est un régal, oui les magistrats sont des lâches et des salauds1, pas seulement Mornet mais les actuels juges cyniques qui s'acharnent contre les faibles et les femmes ; sa sortie sur le cerveau d'huitres des footeux, excellent quoiqu'il ait oublié les fans. Et les sans dents, superbe image du mépris de l'élite rose. Ce président est exemplaire lorsqu' il faut montrer comment se tirer une balle dans le pied, il y a du Macron et du Sacher-Masoch chez lui, sans oublier les rebondissements de la Vénus à la fou-rire Trivamachine.

Reprenons depuis le début du jeu télévisé. D'emblée ils se tirent tous eux aussi une balle dans le pied. Alors que la presse nous jurait que cela allait être un carnage, les champions n'ayant guère de différence de programme (moins d'impôts, moins de fonctionnaires, moins de 35 heures, plus de réduction des salaires, recul éternel de la retraite, plus de flics, plus de menées impérialistes, plus de justice de classe, plus de prisons), patatras : la main sur le cœur ils ont aussitôt déclaré se désister les uns pour les autres. Complices toujours, pourris aussi.
Au fur et à mesure du questionnement précis et limité en thème franchouillard des fonctionnaires de TF1, on comprit aisément l'unité autour du programme futur des challengers de la droite Neuilly-Passif-Bygmalion :
vider les poches de la classe ouvrière pour diminuer le chômage en embauchant plus de flics, de militaires et de parasites des fonctions régaliennes de l'Etat bourgeois !

Le match fut nul dans l'ensemble. Dans ce « au théâtre ce soir », théâtre de marionnettes, ils avaient tous cette allure de cadres compassés dans séminaire d'entreprise ronronnant, où les tics de Paul Bismuth n'enrayèrent pas les rebuffades de Copé et de son meilleur ennemi Fillon. Libé a apprécié le multiculturalisme heureux de papy Juppé comme Le Figaro l'a crédité de meilleur homme de main,

pardon de demain. Lemaire s'est fait tâcler comme un gosse qui ne peut pas répondre aux questions qu'on lui pose, pourtant il n'y avait rien du voyou chez lui, les voilées devront faire gaffe à leurs fesses. Le Poisson joua sur son physique de rugbyman pour gagner la sympathie du public avec cet alliage de l'eau et du feu : l'opposition au mariage pour tous et la liberté de s'accoutrer en Belphégor dans nos rues (les centristes bourgeois sont des caméléons comiques). La préraphaélite NKM réussirait sans nul doute une meilleure carrière dans les films d'épouvante érotique que dans son imitation politique faiblasse et snob d'une femme politique qui se prendrait pour Ségolène ou Hillary.
Tous nous ont promis non pas moins de terrorisme mais plus de surveillance, plus de répression, plus de freinage à l'expansion musulmane, (plus de guerre in fine) et, fin du fin, les comptes d'Etat apurés en fin de mandat. Le Graal européen. L'ancien président des riches faisait pitié en reprenant un concept soixante-huitard gaulliste, se pavanant comme plus sûr porte-parole de la majorité silencieuse sans dents (des dentistes seront-ils promus ministres?). L'ancien repris de justesse n'eût pas de mots assez durs pour fustiger un paltoquet (qui déshonore la fonction suprême en haut de l'élite bourgeoise) en prenant la défense des corbeaux noirs de la république qu'il a où mes poules ont l'oeuf. Difficile pour son colistier Copé de faire plus décomplexé, quoique qu'il ne soit pas loin de proposer le coran comme papier pq. Je me suis dit que Hollande l'incorrigible gardait toutes ses chances, avec lui au moins on rigole bien.

Se sont-ils vraiment jeanmarisés ou déshollandisés ? L'avenir nous le dira.

Tout à fait Thierry.


PS: les notes de Pascal Praud: Lemaire: 3, Juppé: 6, NKM: 0, Sarkozy: 4, Copé: 3, Poisson: 2,
Fillon: 5.

1 Qui ne se souvient de la lâcheté de la justice dans le spectacle qu'elle a donné lors du procès de Pétain : le Procureur André Mornet avait prêté serment à Pétain et participé à l'élaboration du "statut des juifs" en France. C'est le même salaud qui est en poste à la Libération. Et son passif est exemplaire. Entre 1914 et 1918, il a envoyé devant le peloton d’exécution nombre de rebelles, de déserteurs, soldats fusillés pour l’exemple. En 1917, il est le substitut du procureur qui expédiera en trois jours l'espionne Mata-Hari vers le peloton d'exécution. Retraité, il est néanmoins président honoraire de la Cour de cassation en 1940. Il est nommé directeur de la Justice militaire en mai de la même année. En septembre 1940, il devient vice-président de la commission pour la révision des naturalisations, qui est chargée de priver en particulier les juifs de la nationalité française3 et élabore le statut des juifs4 « voté » le 3 octobre 1940. En novembre 1944, il est appelé comme procureur général près la Haute Cour de justice. À ce titre, il est partie prenante des procès de Philippe Pétain et Pierre Laval, pour lesquels il réclame et obtient la peine de mort. Pendant le procès de Pétain, durant lequel il sera pris à partie par l'un des avocats de l'accusé, Jacques Isorni, sur son attitude durant l'occupation, il déclare, afin de faire cesser la clameur de la foule, « J'invite la cinquième colonne à cesser ses manifestations ». Le procès Laval terminé, il insiste pour que le condamné soit réanimé après sa tentative de suicide, le matin de son exécution.
En janvier 1948, il est admis définitivement à la retraite et est nommé en 1952 procureur général honoraire près la Haute Cour de Justice et procureur général honoraire de la Cour de Cassation. Lors de l'insurrection de juillet 36 en Espagne on l'aurait fusillé avec plaisir.

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