PAGES PROLETARIENNES

samedi 11 décembre 2010

BILAN CRITIQUE DU SOUTIEN PERVERS DE LA CGT AU GOUVERNEMENT (suite 2)


COMMENT LES TROUPES SYNDICALES SE SONT DONNEES BONNE CONSCIENCE ?
Voici un texte élaboré à partir de la synthèse des confrontations – je dis bien confrontations car on ne peut pas vraiment discuter sur les forums aveugles d’internet – entre des adversaires masqués des régiments de syndicalistes et gauchistes de clavier, et l’analyse que je continue à élaborer, grâce justement à ces critiques, parfois lourdingues et sans aucun sens critique, mais qui m’intéressent. J’ai gardé les tonalités plus directes et plus personnalisées, comme si je m’adressais à une assemblée sans craindre sifflets et déterminé à démontrer l’hypocrisie des groupes de manifestants. Flatter une assemblée est le meilleur moyen d’encourager l’opportunisme, le suivisme et la lâcheté. Il est surtout très imbécile de passer son temps à la dénonciation des seuls chefs, surtout quand ceux-ci expriment tout de même le niveau de conscience ras des pâquerettes des ouailles syndiquées ou non. J’ai conscience d’être hérétique et d’innover dans le mouvement ouvrier en me refusant à flatter « les masses », quoiqu’il me revienne que notre regrettée Rosa Luxemburg avait dû se résoudre à constater quel degré de lâcheté sont capables les masses… en 1914 par exemple ! A noter que notre vieil ami Henri Simon a produit dans sa feuille de chou « un monde en luttes » une intéressante analyse sur comment on fabrique une manifestation avec un usine de 1000 personnes avec 40 permanents syndicaux (nuance qui a échappé au CCI dégénéré comme on le verra).

UNE CONSCIENCE SYNDICALE AU RAS DU TROTTOIR

La "conscience syndicale" est la conscience zéro de chacun dans sa petite corpo, derrière son petit leader syndical (qui tonitrue sur la camionnette des conneries de cour d'école). Vous marchiez bien contents d'être dispersés en fin d'après-midi et d'attendre le soir à la télé la date de la prochaine manif... parce que vous n'alliez pas verser votre sang pour tous ceux qui attendront deux ans de plus ni ne bénéficient des « régimes spéciaux » (une cinquantaine).
Les milliers qui défilaient en majorité ne pensaient qu'à leur gueule, se déculpabilisaient à bon compte de suivre leurs bonzes, quitte à leur faire porter le chapeau de la clownerie du blocage des raffineries. Ils se dédouanaient ainsi de toute réelle solidarité ouvrière. Donc les vrais traîtres c'était vous les manifestants privilégiés! Ce n'est même pas du machiavélisme mais de la perversion. Tout ceci étant relatif parce qu'on n’a pas assez bouffé de vache enragée pour mener à bien une révolution. Résultat quand même, chute de 4 points de tous les syndicats aux élections professionnelles. ET puis il y a et il y aura les petits arrangements sous la table, déjà planifiés dès 2009 entre partenaires sociaux, pour certains secteurs tenus au calme ; c’est sans heurt qu’est annoncée en novembre la mise à la retraite de 3000 salariés de Renault à 58 ans (et non à 62) en raison de la pénibilité de leur travail… message subliminal qui n’échappe pas à l’oreille attentive de « l’opinion publique » surtout celle qui vote, et qui ne s’en laisse pas compter sur les faux intérêts communs de tous les salariés…

LES RETRAITéS DES REVOLUTIONNAIRES ?

Ce faux mouvement de protestation « d’ensemble », ce mouvement sans nom de promeneurs philanthropes, apporte au moins une réponse à ce que sont devenus les « jeunes retraités » gauchistes et syndicalistes. D’abord ils sont nombreux et en bonne santé, mais tout aussi suivistes et réactionnaires que leurs homologues sur chaises roulantes des maisons gériatriques où on place leur main qui secoue les fraises au-dessus de l’urne avec un bulletin droite caviar. Au timing électoral aliéné, la droite bourgeoise peut compter sur les retraités gagas, quand la gauche bourgeoise peut compter combler les trous derrière les banderoles syndicales dans la rue sur ses jeunes retraités des régimes spéciaux. Je n'ai jamais vu dans l'histoire des retraités se muer en révolutionnaires impavides! Braves retraités militants de cette bonne conscience, celle du type friqué qui donne un peu de sa monnaie à l’église ou achète un CD pour les restos du coeur.
Un blogueur ami, Novos soulignant que je négligeais un tantinet le niveau faible actuellement de la conscience de classe, je le saluai puis fit le commentaire suivant. Dans ce pauvre forum on n'assiste généralement qu'à de pauvres confrontations entre dits "umpistes" (des fois artisans neuneus ou flics envoyés spéciaux) et dits "gôche caviar"(nombre de braves syndicalistes de bases et autres déclassés en cours de rattrapage pour monter un peu dans cette société...). Tu n'as pas tout à fait raison de souligner le faible niveau de conscience de notre classe. Je pousse le bouchon plus loin en affirmant qu'elle ne s'est pas laissé entraîner dans ces défilés - pas moutonniers (ceux qui ont défilé n'étaient pas trahi contrairement à ce que disent certains gauchistes) mais en phase avec la bonne conscience affichée des bonzes syndicaux. Résumé: on manifeste pour tous, « tous ensemble » comme à la messe ‘dieu pour tous » (c'est à dire pour le maintien des inégalités existantes entre les "régimes spéciaux" et le reste des niqués par Sarko & co).
La majorité des centaines de milliers de manifestants étaient déjà des retraités + les habituels employés des cartels syndicaux et des municipalités gauche dépitée. Ceux qui défilaient, et j'y ai été voir, n'avaient donc pas envie de prendre le moindre risque ni de contester des chefs syndicaux qui représentaient EFFECTIVEMENT leurs intérêts corporatistes! Depuis janvier les dés étaient pipés. Manifester pour la retraite en général c'est comme pisser dans la mer. Les 5 manifs contre les ordonnances de la sécu en 68 étaient du même genre. Puis paf, sans lien avec ces défilés pépères, surgit un beau mois de mai! Je n'attends pas un nouveau mois magique, mais je dis que le fait que l'immense masse des prolétaires n'ait pas cru un instant à une "victoire" derrière les syndicats, mais ait fait savoir - via d'une certaine façon cette pute d'opinion publique - que cette attaque de l'Etat était dégoûtante, ne signifie pas résignation mais report de la confrontation. Enfin je n'ai pas bien compris la fin de ton argumentation sur les financements obscurs. En tant que parti électoraliste ayant fait leurs preuves depuis quelques années, LO et le NPA reçoivent des prébendes de l'Etat (cela peut suffire à les décrédibiliser comme prétendus organismes révolutionnaires) mais il n'y a pas besoin de payer les milliers de naïfs qui suivent ces micro-partis ou les manifestants en général, ceux-ci sont sous la coupe de la domination idéologique du "camp des salariés de la gauche", tous les termes de cette trilogie sont typiquement bourgeois et anti-marxiste: "camp" on est pas une armée, "salariés" et les chômeurs ils sont quoi?, "gauche" une corporation de l'élite bourgeoise au pouvoir au parlement et dans les municipalités. Cela fait beaucoup pour maintenir les masses sous la domination terroriste, mais nous devons parler et pousser aux discussions sur le "terrain de classe" afin que l'explosion ne parte pas dans tous les sens avec une violence débridée mais compréhensible. Fraternellement.

RAISONNEMENT DE BOEUF DE BASE

Ce qui est formidable avec les contradicteurs syndicaux qui défendent le foutage de gueule généralisée du syndicalisme dominant est qu’ils donnent immédiatement tous les arguments pour se faire fouetter. Vous avez tellement trahi les objectifs du prolétariat que vous, les divers militants syndicaux, êtes devenus des professionnels de la trahison, c'est à dire des traîtres professionnels. La première caractéristique d'un traître stalinien tu en es la parfaite illustration: le dénigrement systématique de ceux qui ne sont pas d'accord avec toi, l'attaque ad hominem. Aucune analyse objective, le but recherché du petit flic syndical de base est de faire taire le contradicteur, de le ridiculiser pour qu'il comprenne enfin que son chef de rayon syndical, et au-delà, détient la science. Un bon flic de base syndical fait régner la terreur subtile du pervers narcissique en faisant taire toute objection: lui prend des risques à parler au patron, lui sait argumenter en public, lui peut décider pour les autres, etc. Dès l'école règne la fabrique du petit caïd: en classe si vous participez trop au lycée, un clan ou une bande vous cible comme "collabo" des profs ou lèche-cul quand ce n'est pas la "grève de la parole" qui fait loi sous le meneur ou la meneuse de la classe. Jadis les curés formez les flics, aujourd'hui les profs forment les syndicalistes de base.
Depuis les bandes de la cour de l'école on nous apprend que les organisations pré-existantes on doit s'agenouiller devant, qu'elles sont indispensables: toutes les organisations de l'Etat. Sinon stigmatisation de l'individu ou destruction complète si possible de son « individualisme » indécrottablement collabo ou bourgeois. Aux défenseurs acharnés du syndicalisme qui m’accusaient d’insulter, je répondis brièvement. Le syndicalisme est mort depuis belle lurette et n'est plus créé par la classe ouvrière. Mes contradicteurs syndicalisés ne connaissent rien à l'histoire du mouvement ouvrier (Rosa, Pannekoek, Bordiga, Korsch, etc.), confondent trotskiens et maoïstes. Je sais que je dérange les fanatiques et les sergents recruteurs des syndicats, mais ce n'est pas par plaisir. Vieux bonimenteurs vous esquivez la seule remarque intéressante de Canto "les manifs qui ont servi à rien" - et sa proposition farfelue j'ai été le premier à m'en moquer sur Le Post - et surtout vos chefs jumeaux Chérèque-Thibault ont mené les troupes minoritaires (retraités des syndicats + affidés des municipalités, + quelques naïfs) dans le mur, en chantant que la lutte allait se diversifier... dans le ridicule des piques-niques et autres sornettes de baroud pour les pauvres types sans mémoire. Le petit intermède "cantonien" n'a pas fait oublier au prolétariat que vous vous êtes foutu de sa gueule, sans vous Sarko était KO en deux jours, mais sur la base d'une vraie paralysie générale (j'ai dix citations de vos chefs qui affirmèrent n'avoir jamais voulu entraver la réforme... pour le bien du pays...). Ne faites pas les innocents, la vraie lutte ce n'est pas obéir à une obscure intersyndicale auto-proclamée, des AG sabotées, des manifs sans but... Rira bien qui rira le dernier. Vous ne vous foutrez pas longtemps du prolétariat sans que cela ne vous retombe sur le nez... avec le krach qui s'annonce, et on vous dépouillera de vos "livrées" et "haillons syndicaux" de gauche caviar et de recruteurs serviles. A l’époque féodale, les soldats portent la livrée uniforme de leur régiment. La livrée consiste au minimum en des bandes d'étoffes de couleurs placées sur le pourtour des pièces du costume, des poches ou des boutonnières. Les couleurs des livrées sont celles du blason de la famille, du clan, de la mafia ou de l’entreprise. Il était interdit de prendre une combinaison de couleur syndicale déjà utilisée: les livrées faisaient l'objet de la même protection comme propriété que les badges, les insignes ou les marques. Le terme livrée ne s'utilise plus que pour les sociétés syndicales d'Ancien Régime. Voilà pourquoi mon prochain livre se nomme « L’aristocratie syndicale » (ed du pavé) où je sépare le bon grand de l'ivraie. Dors bien petit soldat du corporatisme étroit. La perversion des masses (relatives) des petits syndicalistes de base (venus des diplômés faillis des couches petites bourgeoises) est telle qu’elles se retournent en général contre « les chefs » pour faire oublier leur participation et complicité tout le long de la mascarade. Même si la prochaine fois « ils » repartent avec les mêmes chefs (travail de Sisyphe crétin, dixit Rosa et mon book).

LE NPA A ETE AU COEUR DU COLLABORATIONNISME POLITIQUE ET SYNDICAL

Le NPA comme tous les petits partis gauchistes est une école de la trahison professionnels pour petits bourgeois déclassés. Dans la mise en pratique, sur le terrain, à chaque cortège le petit Besancenot et ses potes se dévoilèrent comme d'ardents soutiens des promeneurs syndicaux, avec leurs mégaphones "tonitruands" et les SUD qui hurlaient à la "grèèève générâââle reconductible", cette truie anarchiste dégonflée, cette vacuité apolitique. C'est la même tactique de "soutien critique" du trotskysme hérité de la LCR qui permet de conduire à chaque fois à l'abatoir les prolétaires qui acceptent de suivre les "traîtres syndicaux" qui, à force de trahir, sont devenus des traîtres professionnels dont les militants NPA veulent simplement prendre la place.
Aucun bilan n'a pu être tiré par les grands barnums syndicaux, les deux frères jumeaux du mystère Titi et Chéri (en photo sur ce blog, laquelle tendre image n'est que la sublimation des premières accordailles CFDT-CGT en 1966 qui émeut encore tant les plus vieux retraités syndiqués car elle évoque le grand boire syndical) qui se sont éclipsés sans bruit (pas de bilan ! Bilan qui est-ce ?); on avait pu lire pourtant ce curieux éditorial d'un journal national: "l'opinion publique était interloquée de voir les syndicats renoncer à pousser leur avantage" (extrait du Prolétaire n°497). De toute façon c'était parti sur de mauvais rails depuis janvier. Un seul a dit la vérité vers la fin, l'aristo chef le plus proche du gouvernement (Chérèque chez Ruquier, mon article le plus lu pendant deux mois et sur Le Post): "Vous savez il y a une cinquantaine de régimes de retraite en France, alors..." . C'est pourquoi ni le privé ni les chômeurs dans leur immense majorité n'ont suivi les menteurs syndicaux et leurs amis du NPA. Le jeu était faussé d'avance, et les moins de deux millions de manifestants étaient peuplé surtout de retraités et d'employés des syndicats qui voulaient se donner bonne conscience et surtout pas "aller au casse-pipe"!
Le NPA soutient tout ce qui bouge comme son ancêtre tiersmondiste (la LCR), et soutient tout défilé syndical... parce que vous êtes un réceptacle à ratés sociaux et déclassés de cette petite bourgeoisie qui "tombe dans le prolétariat"... pour tenter d'en prendre la tête! Le mouvement fabriqué dès janvier par l'intersyndicale obscure et autoproclamée des aristos syndicaux a été sévèrement encadré et délimité dans chaque corporatisme, et les défileurs (tranquilles retraités ou membres des mafias syndicales) n'ont pas fait un gros sacrifice ; ils se sont promenés sans prendre de risque en attendant le soir à la télé l'annonce de la prochaine promenade, et à la fin plus ridicule et symbolique de ce suivisme d'une petite partie des « salariés » (on est 28 millions sans compter les chômeurs) le lamentable tourisme syndical inoffensif: pique - nique (syndical) (à quand le "camping syndical"), et la danse du ventre d'une poignée de retraités CGT devant le Fouquet's. Ah vous vous êtes bien foutus de la gueule des prolétaires, syndicalistes de mes couilles, rira bien qui rira le dernier. Une bonne nouvelle, TOUS les syndicats ont perdu au moins 4 points aux récentes élections corporatives!

UN TYPE TENTAIT DE NOUS FAIRE GOBER L’ IMPUISSANCE DU SYNDICALISME

Bien au contraire, c’est de puissance de feu qu’il faut parler, pour saboter en grand. Le résultat est là, tout est parti en quenouille sans que personne ne conclue alors que les journalistes avaient joué les angoissés du genre: qui va gagner? La défaite ne sera-t-elle pas trop humiliante pour les syndicats? La presse bourgeoise a eu pour consigne d'écraser sur le sujet: imaginez le Figaro bête il y a quelques années, leur titre aurait été: "les syndicats ont mordu la poussière"... non tout doux, surtout taisez-vous leur a dit N.S. Quelle réussite du parti syndical au service de la paix sociale retrouvée en attendant le père Noël, entraîner des milliers de retraités des syndicats et des milliers de leurs employés de la fonction publique complice de ces manifs "bonne conscience" (d'où le privé et les chômeurs étaient absents) pour aller dans le mur, ce n'est pas maladresse mais sabotage de toute lutte sérieuse qui eût exigé, en effet, de prendre d'autres risques... par exemple aller à la confrontation face à l'Etat bourgeois avec un programme alternatif. Mais c'était rigoureusement impossible puisque l'Etat était parmi nous, et conduisait les défilés avec ses missi dominici syndicaux (tous ces petits bourgeois tombés dans le prolétariat pour faire carrière dans le syndicalisme "meneur d'hommes pour suppléer à l'inanité de leurs diplômes. Le NPA est truffé de déclassés de ce genre, comme tous les particules gauchistes.

...ET UN AUTRE LA MARTYROLOGIE DE LA CGT…

Tu me fais penser à Marchais qui invoquait son passé de prolétaire (collabo) pour justifier de son statut de menteur en chef. La CGT poursuivie par le gouvernement, tu fais rire tout le forum avec cette insulte à la vérité. Explique nous pourquoi (je te l'ai posée dix fois la question et tu as été incapable de répondre) ton chef Thibault a été félicité deux fois: en décembre 2009 et en octobre 2010 par son maître N.S.? Pour qu'on pense que Sarko se foutait de la CGT? Gros naze la CGT reste le principal allié du gouvernement, et principalement financée de façon occulte. Et non seulement je suis historien mais je suis un chercheur attentif à tout ce qui se publie: par exemple les licenciements en or des divers délégués d'ailleurs (pas que CGT) on aimerait bien que tu nous touches un mot là-dessus... La victimologie syndicale c'est pour les cons. Va donc faire un tour sur les sites des "radicaux" de la CGT: Jean emarre, Roger Sylvain de la CGT Renault, celui des Conti, et tu verras ce qu'ils disent de "l'appareil" CGT, même s'ils se font des illusions sur un possible redressement, ils portent des critiques plus dures que moi. Bonne lecture et ouvre les yeux.

UN AUTRE ME REPROCHAIT DE SALUER LES ETUDIANTS ANGLAIS

La classe ouvrière c'est la classe ouvrière. Les étudiants c'est les étudiants. Mais on ne peut en rester à ce simple constat. Je suis OK avec plusieurs participants de ce forum que les couches moyennes sont écrasées de plus en plus par la crise, et en particulier cette partie supérieure des enfants de la petite bourgeoisie qui voient leurs diplômes dévalorisés (que je ne plains pas). La petite bourgeoisie ne consent jamais à "tomber dans le prolétariat" sans tenter de conserver sa place privilégiée, et a ainsi d'abord recours aux cris d'orfraie et à la violence. Ceci dit faut pas qu'ils rêvent la crise systémique ne leur fera pas de cadeau. L'heure n'est plus au "refuge" dans le fascisme aussi ils n'ont qu'un choix: rejoindre la lutte du prolétariat, le suivre dans ses objectifs politiques et ne pas chercher à en prendre la tête (mais je suis sans doute utopiste là-dessus, la petite bourgeoisie a toujours été à la tête de toutes les révolutions). Cela suppose de s'intégrer dans de vraies grèves hors du sabotage syndical permanent... La « victoire » concernant le CPE n’a pas été une victoire mais une concession à la petite bourgeoisie estudiantine qui s’est traduit par rien pour les fils d’ouvriers au chômage ! Cela dit je pense que les prolétaires anglais ont vu avec plaisir un pot de peinture atterrir sur la rolls du symbole "royal" de leur oppression. Un intermède comique, pas plus.

LE SYNDICALISME POUPEE GIGOGNE

La classe ouvrière ne produit plus les syndicats puisqu'ils sont d'abord inféodés à l'Etat bourgeois, rémunérés par celui-ci et qu'ils le sont pour leur fonction de l'organisation des défaites systématiques des "conflits naturels du travail". La reproduction des appareils provient des rangs de la petite bourgeoisie en chute libre avce la crise, dont les enfants (étudiants ou immigrés arrivistes) ne se résolvent pas à ce qu'ils considèrent comme une "chute dans le prolétariat", c'est pourquoi ils se précipitent pour occuper la place de "directeurs de conscience" des ouvriers et des employés; il y a foule au portillon des nouvelles poupées russes, j'allais dire trotskistes! Pourtant la structure des appareils syndicats est extrêmement hiérarchisée comme leur modèle l'Etat bourgeois. Ironie de leur compromission historique, ces appareils fonctionnent avec des "patrons" et des "directeurs" persécuteurs comme leurs homologues de n'importe quelle entreprise dite libérale concurrentielle. A la suite de la nouvelle des salariés maltraités par leur employeur le syndicat CGT, éclatements de rire sur le forum et tirs de barrage. Je me fais plein d’amis. OK, dis-je à celui-là, « Sud » une fois dans la place fait le même boulot pourri, et la CNT ne vaut pas mieux, c'est un cloaque de magouilleurs. Je suis OK qu'il faut une organisation pour les prolétaires (dans un syndicat de gouvernement comme dans n'importe quelle boite de taille qui le permet) mais pas besoin d'un syndicat permanent. Ceux du centre de Montreuil pouvaient très bien constituer un organisme de défense face à leurs oppresseurs, pas besoin d'autres complices de... la direction CGT. Pour nous les maximalistes marxistes, à la suite de Rosa et Pannekoek nous continuons à affirmer: L'ORGANISATION EST LE PRODUIT DE LA LUTTE, L'INVERSE N'EST PAS POSSIBLE. Le syndicalisme c'est comme les poupées russes, pardon staliniennes, il tend à s'autoreproduire: pousse-toi de là que je m'y mette. Tous les ratés et fainéants des grands services publics espèrent y faire carrière, mais les temps sont durs même dans la niche des principaux syndicats gouvernementaux: y a toujours un chefaillon au-dessus comme dans la boite capitaliste. La mère CGT gigogne est entourée en permanence de plein de petits marmots gauchistes et anarchistes qui veulent bien téter le sein mais pour monter sur les épaules de la matrone.

NUL DEBAT DE FOND DE SOCIETE

Le plus consternant des dix mois de « bonne conscience syndicale » où finalement des millions de prolétaires ont été mis en danger, est surtout l’absence de tout débat face à la crise systémique. Rien de rien. Aucun projet d’avenir. Aucune tentative pour poser les problèmes politiques généraux, tout est resté ficelé entre les dénigrements pathologiques concernant la personnalité du président de la république et dans l’attente du chiffre réel ou faussé des manifestants. Lamentable. Mais parce que dans le fond toutes les fractions politiques et syndicales restaient accrochées aux promesses de réformes « nationale ». A chaque fois que j’ai posé la question d’une lutte internationale des prolétaires on s’est moqué de moi ou j’ai été qualifié d’utopiste. Je suis le seul à avoir déploré sur ce blog que, indépendamment de la bonne conscience syndicale français – au fond aucun de nos gentils manifestants ne s’estime « défait » comme m’en ont témoigné tous mes contradicteurs non simplement embrigadés, mais ils se fichent et ne se rendent pas compte de la résonance internationale déprimante que cet échec représente pour les prolétariats des autres pays ! L'idéologie que vous allez nous refourguer vous Libération et les ânes de la gauche caviar, les Montebourg, Mélenchon, Arthaud, et les lèche-bottes trotskiens à la Besancenot, est de faire croire à des "solutions nationales" à la crise mondiale, en sus avec l'effondrement de l'euro... L'Europe n'aura été qu'une baudruche pour détourner le prolétariat le plus ancien du projet international de mise à bas des frontières. La focalisation sur les banques permet à M.Sarkozy et à ses amis francs-macs des syndicats et de la police de respirer, on éloigne le bon prolétariat de la stigmatisation des donneurs d'ordre politique. C'est la présidence de la république, gouffre financier de l'Etat, qui est à dissoudre en premier lieu comme le quémande ma pétition sur Le Post. Les banques elles tomberont toutes seules. Et leurs employés pourront se recycler dans l'élevage des chèvres ce qui est bien plus utile à l'humanité.

DES REVOLUTIONNAURES EN RETRAITE POLITIQUE : LA NOYADE POLITIQUE DU CCI

On peut désirer discuter, répondre amplement, sereinement sur comment lutter, comment s’organiser, etc. Le problème est que toute cette mascarade syndicale s’est déroulée sous le mutisme le plus complet, couverte par les cris idiots des mégaphones et les appels anarcho-réformistes à l’invisible et impossible grève générale. Avatar secondaire de la mascarade, le délitement politique d’une petite organisation maximaliste à vocation mondiale, le CCI qui publie Révolution Internationale (RI), est une nuisance supplémentaire très regrettable pour la vocation du prolétariat à faire ressurgir un parti politique pour l’insurrection. Ce mot même a toujours fait peur aux petits bourgeois conseillistes du CCI. RI se fend donc d’un supplément en date du 22 octobre, alors que tout observateur pouvait déjà conclure que les carottes étaient cuites, intitulé : « Comment lutter ». Vous imaginez ce qu’en avait à foutre des « leçons » du club CCI les défilants syndicaux et retraités spéciaux, persuadés de « lutter à leur niveau » en phase avec leurs « dirigeants » applaudis tout le long des parcours (une régression par rapport à 2003 et 2007) où ils avaient dû s’enfuir en courant ; mais les affidés syndicaux ont la mémoire courte ou plutôt sélective !Ce que ne dit pas le supplément est encore plus consternant, le CCI s'est aligné sur le contenu des tracts du groupe anarcho-syndicaliste le plus fumiste, la CNT (au nom du tournant démocratique vers les "anarchistes vierges"); formellement on s'en fout; politiquement c'est néant.
Le supplément accessible sur le web commence par cirer les pompes du « mouvement » syndical et nous raconte que toutes les catégories ouvrières sont en train de rejoindre « progressivement » le « mouvement » ! Lequel devient « nous », merveilleuse façon de se mettre à la tête des défilés par quatre révolutionnaires marginaux professionnels : « Nous sommes aujourd’hui plus de trois millions à descendre régulièrement dans la rue ». Faut le lire pour le rire. Suit un bla-bla radoteur sur les attaques en général du gouvernement et cet incroyable salut à la retraite « qui permet de tenir » ! Dans cette vision typiquement syndicaliste régressive, le CCI (porteur du projet d’émancipation de l’humanité enfin communiste) – dépêchez-vous dans mille ans la température sera à 300 degrés sur terre et espérons que les derniers humains auront déménagé sans le capitalisme sur mars et Saturne – imagine que les prolétaires tiennent 30, 40, 50 ans au turbin dans l’espoir de cet « eldorado » !
Même Bernstein ne se serait jamais permis de dire une insanité pareille ! La vérité est que les trois quart de nos 4 révolutionnaires professionnels y sont déjà dans l’Eldorado des cadres !
Puis suivent une série de constats aussi misérabilistes, généralistes que faux : « Les pensions sont devenues misérables depuis 20 ans ». Puis notre quarteron de bolcheviques de pacotille salue vaillamment cette « colère immense qui touche toute la population ». Seule ombre à cet idyllique tableau de l’hymen de la belle Chérèque et du beau Thibault, il y manque : « la prise en main des luttes par les travailleurs eux-mêmes » ! Sans blague ? Puis le quarteron du CCI bouscule impunément les jeunes mariés et tel le curé qui fait redouter le pire s’il y a infidélité, tonne : « Si nous ne faisons que suivre comme des moutons les consignes de l’intersyndicale, nous allons droit à la défaite ». Les bans sont malmenés paraît-il, dans la salle de danse du fond de la mairie une dizaine d’agités « interprofessionnels » seraient en train de perturber la bienséance du mariage !?
Au lieu d’analyser l’entourloupette depuis janvier, nos quatre larrons du CCI sont montés dans le wagon syndical et ont espéré remonter jusqu’à la locomotive pour virer Jean Gabin de la CGT et Fernandel de la CFDT. Ils se sont fait un film quoi. Comme le « mouvement » ne reposait sur aucune initiative de classe (ni n’était tenu par une grève épine dorsale par exemple) mais était fabriqué entièrement à partir des coulisses du gouvernement avec l’obscure intersyndicale qui ne devait des comptes qu’à Sarkozy ou intermédiaire patenté, il n’y avait RIEN à en tirer ni à en espérer. A l’écoute toute de même des quelques protestations qui s’élevaient contre la mascarade jusque dans les rangs des syndicats et les forums d’internet, au trois quart du truc, les veilleurs de nuit du syndicat et de la police ont bien entendu qu’il fallait donner un os à ronger aux cris des « paralyseurs » et autres « grèvegénéralistes ». Partout n’entendit-on pas clamer : « bon y a qu’à tout bloquer, les camions s’arrêtent de rouler, plus d’essence, etc. ». Les appareils opaques de l’Etat syndicaliste ont donc inventé le blocage des raffineries. Et avec quel culot, après avoir salement brisé la grève des ouvriers de ce secteur en février, la CGT les poussa à aller se sacrifier six mois plus tard, à la fois pour atténuer leur rancœur en leur montrant à nouveau la lune, et pour satisfaire les croyants dans « l’opinion publique » à un « bon blocage ». Le CCI tombe dans le panneau complètement : « …de nombreux travailleurs de tous les horizons ont eu pour réflexe de se rendre sur les lieux de blocage et d’occuper pour exprimer physiquement leur solidarité ». Du pipeau complet. J’ai pu vérifier et recouper des infos grâce à mes correspondants. Ni les manifestants les jours de manifs, ni de « nombreux travailleurs » ne se sont rendus aux piquets des raffineries ni aux carrefours bloqués la nuit avec des tas de pneus qui brûlaient sans personne autour (bravo encore à nos donneurs de leçons écologiques des syndicats), et pas très courageux !Les petits blocages en général, comme je le démontre dans "L'aristocratie..." ont favorisé la théorie du complot organisé par l'avant-garde à la base complémentaire des sommets syndicats rois des comploteurs coupés des masses mais pas de leurs sous-fifres de base anarchistes laissés tranquilles pour s'amuser "à emmerder les patrons des zones industrielles" dans leur petit pré carré local et corporatiste. Idem pour les quêtes lancées par des poignées d’anars excités, j’en ai contré quelques uns sur les forums en dénonçant un rackett syndical (chaque syndicat fait ce qu’il veut du pognon, et se fait de la pub). Plus discret dans les médias, le fait que les gars des raffineries ont ou été intégralement payés ou ont eu des récupérations RTT… Ce "blocage" relatif et limité réduisait un peu plus l'ensemble de sprolétaires au rôle de spectateurs semi-coupables, et la CGT n'eût qu'à siffler la fin de la mascarade en remettant tous "raffineurs" au boulot sans que ceux-ci puissent se retourner contre elle cette fois-ci puisqu'ils avaient été lâché... par l'ensemble des autres "salariés" et laissés à l'isolement et à la répression...
Le plus grave dans la décadence accélérée du CCI est à venir au paragraphe suivant, je rappelle qu’on est fin octobre et que les carottes ont carrément noirci dans la poële : « …de plus en plus de prolétaires (et même de petits commerçants, professions libérales et paysans) qui rejoignent le mouvement ». Si personne n’y avait pensé, et bien le CCI l’a inventé l’interclassisme. Un groupe maximaliste qui a défendu pendant presque un demi-siècle la théorie du prolétariat seule classe révolutionnaire nous balance que cette somme de corporatismes syndicaux brinquebalée de JA en JA aurait représenté « les prolétaires » dans une longue promenade rejointe par les catégories bourgeoises classiques. Vous imaginez vous : avocats, dentistes, pharmaciens et paysans, et commerçants défilant avec les prolétaires ? Moi j’en ai pas vu. A partir d’un tel mouvement « populaire ». Le CCI a succombé au charme vénéneux de l’opinion publique, ravissante pendant ces dix mois il faut le reconnaître. Trop ravissante pour être pure de toute vénalité. C’est à cette belle péripatéticienne qu’il s’adresse pourtant finalement, après un bref bla-bla sur le dépassement de l’économique par le politique, l’engageant à « recherche l’extension de la lutte… notre union massive et notre solidarité ». Avec de tels mamours où « c’est dans la rue qu’on peut se rassembler massivement », cela ressemble malheureusement à ce cauchemar annuel : les défilés du 14 juillet interclassistes ! Ce n’est pas drôle du tout, c’est une hérésie par rapport à la théorie marxiste dont il s’est longtemps prétendu le meilleur représentant, pire c’est une trahison des principes de classe.

1 commentaire:

  1. - Selon le concept historique de Marx, la "lutte des classes" prend fin en 1850 en France et en Europe, avec l'élection au suffrage universel de Louis-Napoléon Bonaparte (cf. "18-Brumaire de Louis-Napoléon B.").
    - La nostalgie du moyen âge et de ses corporations est une constante dans la pensée libérale ou réactionnaire, de Tocqueville à Benoît XVI. Les syndicats français en sont là aujourd'hui, à défendre des intérêts qui sont plus liés à ceux du patronat français qu'à ceux des vrais prolétaires chinois ou indiens.
    - Marx n'était pas dupe concernant le pouvoir corrupteur de l'argent, à quoi ramène nécessairement la défense d'intérêts privés. Reste la recherche de la vérité à laquelle Marx a consacré beaucoup de temps, plus que jamais d'actualité vu l'ampleur du mensonge libéral, si puissant qu'on voit les cas de menteurs libéraux de bonne foi se multiplier, qui mentent comme M. Jourdain fait de la prose.

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