PAGES PROLETARIENNES

dimanche 14 décembre 2008



COMMENT ATTALI A PRIS LA PORTE

Désarmant : il n’y a plus seulement crise de l’économie et de la politique, mais crise du journalisme. Ils continuent tous à mentir bien que susceptibles d’être internés et humiliés comme De Philippis. Ils continuent à se taire sur le scandaleux maintien en détention de Julien Coupat et de sa compagne; passeront-ils Noël en prison en vertu du pouvoir régalien et anti-terroriste du blaireau et de la parvenue Dati dont la psychologie primaire et dictatoriale est si bien déshabillée dans l’article de l’Express? Pendant que ces bourgeois vont faire bombance les nombreux innocents en prison vont rester reclus, au pain sec et à l'eau.

Les articles des clercs repus de gouvernement ne sont plus que survolés sur le Web car l’on s’attache à éplucher surtout les commentaires saignants des internautes, lesquels parlent de plus en plus de prendre à nouveau les bastilles étatiques et sans fard d’occuper les lieux du pouvoir pour mettre fin à la plus hideuse des démocraties financières. Ce qui importe est l’avis de la population des travailleurs qui va se faire entendre sous peu dans l’avalanche des licenciements. Ce ne sont pas les gentilles manifs lycéennes que le blaireau essaie de gonfler avec ses sous-fifres de la presse écrite et parlée qui « menacent l’Etat » (Hi Hi Boutonneux en tête de manif avec son pavé comme représentant de la conscience de classe !) : c’est bien la conscience du prolétariat qui avance par bond en ce moment même sans se focaliser sur la Grèce sous-développée et marginale, même sans grévettes syndicales, même sans défilés République-Bastille et vice-versa.

Ah oui… de quoi j’étais parti ? De la crise de crédibilité du journalisme. Et celle-ci se manifeste jusque dans les débats, pourtant hyper codés et fliqués sur les plateaux de télé. Tiens, hier dans « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier sur la 2. Jacques Attali, sherpa au gouvernement et prophète en opposition, la gueule enfarinée est entré sur le plateau comme s’il allait à l’abattoir. Et il allait en effet à l’abattoir. Pour être crédibles désormais et concurrencer les commentaires saignants des blogueurs, les émissions pipoles doivent faire du rentre dedans, sauf pour les amis du Blaireau en chef. Les Naulleau et Zemmour eussent pris plus de gants si l’invité avait été Alain Minc, hyper suce-boule sarkozien. Donc voilà le savant homme, sherpa de gauche mitterrandienne et forclose, sur le banc de la dérision. Il pontifie, explique au bon peuple et aux bouseux journalistes pipoles qui le questionnent. On sent combien ce haut fonctionnaire archi-diplômé veut étaler son intelligence de la « crise marxiste » (comme l’a dit l’âne Zemmour). L’ancien sherpa de Mitterrand veut en mettre plein la vue aux illettrés en économie. Ne rappelle-t-il pas la fameuse « crise des tulipes » en Hollande au 17e siècle, que tout utilisateur d’internet peut fort bien connaître sans les lumières de l’ancien PDG véreux de la BERD, éclaboussé par le scandale de l’Angolagate, familier des pouvoirs au point d’avoir été consulté par le Blaireau en janvier 2008. Ce curieux personnage qui a un carnet d’adresses imposant, qui est chez lui dans les pires officines du pouvoir bourgeois, hyper franc-mac, est membre de la fameuse Trilatérale. Etonnez-vous qu’il réaffirme comme solution à la crise cette vieillerie d’Hilferding et Orwell, un gouvernement mondial de la bourgeoisie !
Ah Ah, imaginez les bourgeoisies financières de tous les pays qui, se tirant dans les pattes comme jamais et à l’origine de leur propre marasme catastrophique, s’uniraient pour faire un pot commun de leurs dettes et réprimer ensemble le prolétariat universel ! Attali ne perd jamais une occasion de se situer aux côtés de la police, comme dans les premiers tirs groupés contre les innocents de Tarnac (comme l’ultra-gauche bc bg du CCI).
Pauvre sherpa menteur, le voilà interrompu par ces vulgaires pipoles ignorantins. La commission Attali de janvier 2008 sur commande du Blaireau n’a servi à rien. Que nenni, j’avais prévu la crise financière, proteste le sherpa déboulonné.
- pas vrai, osent les deux autres sales pitres titrisés par Ruquier.

Nulle part en effet le rapport Attali ne prévoit la gigantesque crise. On y trouve une série de propositions de facture benoitement libérale, et surtout une exaltation de l’accession à la propriété, celle-là même qui généra les premiers couacs de la crise, celle-là même qui ne suppose aucune concession des banques hideuses. Invoquer un droit à la propriété dans un monde qui sent la poudre, n’est-ce pas se ficher du monde ? Les deux pipoles n’oseront pas le lui rétorquer.
Zemmour, plus bête que méchant, s’avère être un idéologue de la cuisse sarkozienne (il est sponsorisé par l’Elysée au Figaro et dans de multiples émissions TV et radio) des plus dangereux. Sous un air contestataire et de bon sens paysan, il balance les pires insanités dignes du FN. La crise, dit-il, c’est l’immigration : les immigrés sont l’armée de réserve qui fait baisser les salaires et à qui l’on a collé les subprimes !
Attali, qui a un peu lu Marx et rédigé une bluette biographique à l’eau de rose de celui-ci (adéquate à la pensée sarkozienne du nain Minc), couche d’abord le vilain canard : l’armée de réserve selon Marx ce sont les chômeurs, pas les immigrés (il oublie d’actualiser Marx lui aussi : les immigrés font aussi partie de l’armée de réserve !). Il le couche une deuxième fois en disant que l’immigration n’a rien à voir avec la crise. Très bien, on ne peut accuser les prolétaires expatriés des malversations des truands des banques et des Etats bourgeois. Malheureusement, Attali, qui est mal placé pour prétendre « moraliser » le capitalisme, vu son itinéraire personnel, sa collaboration permanente avec les officines gestionnaires et policières de l’Etat. Il n’est pas bête, simplement limité politiquement à force de côtoyer rois et empereurs de l’hideuse démocratie hors des réalités sociales. Proposer de laver plus blanc le capitalisme avec une démocratie plus démocrate et un libre échange plus échangiste encore, rappelle le regretté Coluche vantant une lessive qui lave plus blanc que blanc ! Et chapeautée par un gouvernement unique mondial (hyper transparent à la Trilatérale ?) c’est fortiche, non ?
Nos deux pipoles vont alors faire mouche.
- première partie du livre d’Attali, ça va, on apprend sur la crise des tulipes et d’autres crises lointaines, mais la deuxième partie c’est faiblard comme solutions : la démocratie + le libre-échange (Naulleau).

Le sherpa désarmé invoque alors l’absence de démocratie réelle en Angleterre car « c’est ce pays qui a développé mondialement l’ultra-libéralisme ! » (il ne digère pas que la bourgeoisie anglaise avec son premier commis d’époque Major l’ait décrédibilisé au moment des truandages de la BERD ?).

- absence de démocratie en Angleterre et en Allemagne…rigole Zemmour.

Nos deux pipoles vont porter l’estocade :
- attendez, M’sieur Attali, à la veille de la crise vous faisiez l’apologie du libéralisme et après vous nous ressortez le besoin de plus d’Etat !!!

Attali (cramoisi et hautain) : bon… çà va… je commence à m’ennuyer ici. Je vais m’en aller… Je m’en vais….

Il part sous les huées du public et les rires carnassiers des pipoles à sens unique sarkozien.
Pourtant, comme ce taré d’Alain Minc, comme DSK, comme tout le PS en chandelle et le PCF en goguette, ce pauvre PDG de Planet Finance (sic) ne prédisit en rien l’immonde catastrophe et joua avec brio du violon du libre échange hideux de la démocratie bourgeoise tout au long des années qui suivirent la chute de la maison stalinienne !
Triste époque pour les hâbleurs professionnels interchangeables du pouvoir ! Ils ne peuvent pas mentir plus de deux fois.

Table des matières du navet attalinesque (pour vous éviter de l’acheter)
Introduction


Les leçons des crises passées I.

Comment tout a commencé II.
Insuffisance de la demande – Création de la demande par la dette – La baisse des taux, l'effet de levier et l'effet de richesse – Recherche effrénée de l'épargne : titrisation et dérivés – Devant la difficulté d'attirer des capitaux, les assureurs créent CDS et monolines – Aveuglement des notateurs – Explosion de la dette globalisée – Ceux qui avaient prévu la crise – Pourquoi ne les a-t-on pas écoutés ? – Le retournement du marché des subprimes. Économie de la panique – Chronologie

Le jour où le capitalisme a failli disparaître III.

Les menaces encore à venir  IV.
Les nouveaux enjeux du système financier – La récession – La dépression – L'inflation – La faillite des grands pays et l'avenir du couple « Chimérique » – Crise des changes – La crise sociale, idéologique et politique

Le socle théorique des crises et des réponses : les contradictions entre les exigences de la démocratie et des marchés V.
Marchés, démocratie et « initiés » – Déloyauté et primauté du financier – Disparition de l'état de droit – Le triomphe du capitalisme financier – Le déclenchement de la crise – La solution : le rééquilibrage du marché par un état de droit

Un programme d'urgence VI.
Remettre de l'ordre dans chaque économie nationale – Renforcer la régulation européenne– Mettre en place un système réglementaire global – Une gouvernance internationale – Des grands travaux planétaires

Ultime avertissement, promesses d'avenir VII.
Les crises financières à venir – Les autres dangers : l'avenir des systèmes complexes
Glossaire
Schémas
2001-2006 : Genèse de la crise 
2006-2007 : La machine se grippe 
2008-2010 : Extension de la crise 
Les divers instruments de crédits 


Extrait : « Le temps de mesurer que nous disposons des moyens humains, financiers et technologiques pour faire en sorte que cette crise ne soit qu'un accident de parcours ; qu'on n'en sortira que si l'information économique et financière est équitablement répartie et disponible pour tous et en même temps ; que si les marchés financiers, mondiaux par nature, sont équilibrés par un état de droit planétaire ; que si cesse cette finance-casino ; que si le métier de banquier redevient modeste et ennuyeux, ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être ; que si sont mis en place un meilleur contrôle des risques, des exigences de liquidité, une révision des systèmes de rémunération, une séparation entre activités de marchés et activités bancaires, une obligation pour celui qui fait courir un risque à d'autres d'en prendre sa propre part ; que si on sait mettre en place, à l'échelle planétaire, de grands travaux écologiquement durables, comme on l'a fait jusqu'ici à l'échelle de certains pays.
Il est hélas à craindre que presque rien de cela ne puisse être fait à temps.
Et pourtant, comme la « crise des tulipes » a pu, en 1637, ouvrir la voie à cent cinquante ans d'une formidable croissance des Provinces-Unies, la crise des subprimes, première véritable crise de la mondialisation, pourrait accélérer considérablement la prise de conscience de la nécessité de mettre en place, un jour, un égal accès au savoir, une demande mondiale stable, un salaire mondial minimal, une socialisation de l'essentiel des fonctions monétaires, instruments de la souveraineté, un état de droit mondial, prélude, à terme, à un gouvernement mondial.
Un siècle au plus nous sépare de cette évidence. Et, sans doute, encore nombre de crises et de guerres... » Et bla bla bla, et bla bla bla bla.
(La crise et après, déjà 35.000 exemplaires vendus).



Du micro-crédit aux prophéties, Jacques Attali a tout faux
( site de l’IFRAP)


L’ancien conseiller de François Mitterrand reconverti dans le micro-crédit est aussi un prophète estimé par les médias. Pourtant, en regardant de plus près les comptes de sa "banque au service des pauvres" et ses prophéties faites dans le passé, une seule conclusion s’impose : tromperie sur marchandise.
Ségolène Royal, c’est moi. Le téléphone et l’ordinateur portables, c’est moi. La microfinance, c’est moi. Action Contre la Faim, c’est moi. Le baladeur MP3, c’est moi. La bibliothèque numérique, c’est moi. Le décodage du génome humain, c’est moi. Après tout, pourquoi pas. Léonard de Vinci a bien peint la Joconde et dessiné l’hélicoptère. Et il est exact que Jacques Attali avait proposé que la France se dote d’une bibliothèque virtuelle au lieu de la Très Grande Bibliothèque, coûteuse à construire et ruineuse à gérer. Il n’est pas impossible non plus qu’il ait introduit Ségolène Royal à l’Elysée comme conseillère de François Mitterrand. Pour les autres domaines, sa contribution est très mineure. Si le programme de recherche EUREKA a bien accéléré la mise au point du codage MP3, il a complètement échoué dans son véritable objectif, celui de favoriser le développement d’une industrie européenne du baladeur numérique.
Personne ne peut nier que Jacques Attali soit un intellectuel extraordinaire (la liste de ses diplômes devrait figurer au livre des records), un bourreau de travail (il ne dort que 4 heures par nuit), prolifique à l’écrit (38 livres) et prolixe à l’oral. Jacques Attali aime se présenter comme un visionnaire capable de voir bien au-delà de l’horizon. Sur le nombre de ses oracles, certains se sont réalisés, mais pas les avions commerciaux volant à 5000 km/h, ni le déclin des Etats-Unis dans les années 1990-2000.
Sur ce qu’il a effectivement réalisé, la situation est moins claire. De son passage à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) créée à Londres, on a surtout retenu les dépenses somptuaires qui l’ont forcé à démissionner. Les résultats de ses investissements personnels dans les start-up high tech à travers A&A ventures et Hyper Company ne sont pas publiés. Interrogé, il parle de "petits" investissements plus motivés par la curiosité intellectuelle que par la volonté de réussite. Toujours ce détachement apparent des basses contingences matérielles. Après une levée de fonds de 10 M€, le livre électronique Cytale s’est soldé par un fiasco complet. CarBoulevard aussi. Keeboo ou Citations du monde sont actives. Reste maintenant son champ d’action dans le microcrédit.
Le micro-crédit à la sauce Attali : accorder un prêt coûte plus cher que le prêt
Au Pakistan où est né ce concept, prêter 50 € à un petit commerçant ou à un agriculteur peut lui permettre de créer une activité utile et durable. C’est étonnant mais cela fonctionne sans subvention à terme, à condition que le prêt soit accordé par des personnes très proches du terrain, capables d’évaluer instantanément le projet et la personne. Facile de comprendre que si le projet devait être évalué, le prêt accordé et le remboursement suivi par le ministère, les frais de gestion seraient très supérieurs au montant du prêt.
Transposer ce concept dans les pays développés n’est pas évident. Les sommes en question sont très différentes. Le contrôle social de proximité sur l’emprunteur, si important dans le projet initial, est quasi inexistant. Et les autres filets de protection sociale sont très développés. En France, des organismes de micro-crédit se sont créés mais vivent largement de subventions publiques et de contributions d’entreprises privées.
L’association Planet Finance créée par Jacques Attali en 1999 visait initialement à mettre en relation des donateurs avec des organismes de micro-crédit à travers le monde. Surfant sur la vague des start-up technologiques, le concept était très orienté "relations virtuelles" et "technologie Internet".
Planet Finance était censé évaluer la "qualité" des Institutions de Micro Finance (IMF) pour pouvoir les recommander à des donateurs, un service de "rating" comme il en existe pour noter la fiabilité des grandes entreprise et des pays. D’évaluateur à conseilleur, il n’y avait qu’un pas et, Planet Finance propose aussi ses conseils, “comment créer un organisme de micro-crédit” ou “comment améliorer le fonctionnement d’un organisme de micro-crédit par des formations à l’informatique ou à la collecte des dons”. Depuis la crise des banlieues, Planet Finance est subventionnée pour favoriser le développement du micro-crédit dans ces "Zones Urbaines Sensibles". A l’occasion du Tsunami, elle a lancé un appel aux dons pour la reconstruction des régions dévastées. Des rôles éloignés de ses objectifs mais sans doute une façon de ne pas rester à l’écart de ces vagues de financement. Encore plus récemment, Planet Finance s’est lancée dans la micro finance "rentable" à travers MicroCred. Soit en créant sur place des institutions commerciales de micro-finance, soit en s’associant avec ou en conseillant des institutions ou des banques locales qui souhaitent ouvrir des agences spécialisées dans le micro-crédit. Cette année, son activité de "rating" a été filialisée dans une Société indépendante.
Planet Finance : 3% seulement du budget arrivent dans la poche des demandeurs
En 2005, Planet Finance est devenue une nébuleuse complexe avec 120 membres permanents sur 4 continents. Elle intervient dans des domaines de plus en plus nombreux :
Assistance technique aux organismes de micro-crédit et formation (Planet Finance)
Evaluation de la qualité des organismes de micro-crédit (Planet Rating)
Financement de jeunes organismes de micro-crédit (MicroFund)
Création d’organismes de microcrédit commerciaux (MicroCred)
Nicolas Lecaussin et Philippe François (lire la suite sur le site de l’IFRAP)

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