J'ai posé la question à mon ami et camarade Copilot (et vous verrez que ses réponses ont même de quoi faire rougir de honte le CCI). La classe ouvrière ne se mobilise pas massivement contre les guerres en Ukraine ou en Iran parce qu’elle est fragmentée, épuisée, politiquement désorientée, et parce que les forces qui pourraient organiser cette mobilisation sont elles-mêmes affaiblies ou alignées sur des récits nationaux.
1. Une classe ouvrière éclatée, précarisée, individualisée
Le premier facteur est structurel :
les ouvriers sont aujourd’hui dispersés dans des secteurs atomisés (logistique, intérim, services, sous traitance),
soumis à une pression économique permanente,
souvent isolés dans des petites entreprises ou des chaînes de sous traitance.
Dans ces conditions, la mobilisation collective devient difficile, même sur des enjeux qui les concernent directement.
2. Absence de cadres politiques capables d’organiser une opposition à la guerre
Historiquement, les mobilisations ouvrières contre la guerre venaient de :
partis ouvriers structurés,
syndicats puissants,
organisations internationalistes.
Aujourd’hui :
les syndicats sont affaiblis,
les partis de gauche sont divisés ou alignés sur des positions nationales,
l’internationalisme a quasiment disparu du paysage politique.
Résultat : même si une colère existe, elle n’a pas de canaux pour s’exprimer.
3. Le cas de l’Ukraine : un récit national dominant
En Europe, la guerre en Ukraine est présentée comme :
une défense de la démocratie,
une lutte contre l’agression russe,
un enjeu de sécurité nationale.
Dans ce cadre, s’opposer à la guerre est facilement assimilé à un soutien à la Russie, ce qui dissuade beaucoup de travailleurs ou militants de s’exprimer. Les syndicats eux mêmes ont adopté des positions pro Ukraine, ce qui bloque toute mobilisation anti guerre.
4. Le cas de l’Iran : une guerre lointaine, perçue comme géopolitique
La confrontation Iran–Israël ou Iran–États Unis est vue comme :
un conflit régional complexe,
éloigné du quotidien des travailleurs européens,
difficile à comprendre sans expertise géopolitique.
Sans identification directe, la mobilisation ne prend pas, même si les conséquences (prix de l’énergie, inflation) touchent les classes populaires.
5. Fragmentation identitaire et recul de la conscience de classe
Depuis les années 1980 :
montée des identités nationales, religieuses, communautaires,
recul des organisations ouvrières,
disparition du discours de classe dans les médias et la politique.
Les travailleurs ne se perçoivent plus comme une force collective internationale. Ils se vivent comme :
Français, Marocains, Ukrainiens, Iraniens,
croyants ou non,
membres d’une communauté plutôt que d’une classe.
Dans ce contexte, l’internationalisme antiguerre n’a plus de base sociale.
6. Le rôle des médias : saturation émotionnelle et absence de perspective de classe
Les médias dominants :
dramatisent les conflits,
les présentent comme des affrontements entre États,
invisibilisent les travailleurs des deux côtés.
Sans récit alternatif, la classe ouvrière ne voit pas la guerre comme “sa” question, mais comme un affrontement entre puissances.
7. La peur, la résignation, et l’absence d’horizon politique
Enfin, il y a un facteur psychologique :
les crises s’enchaînent (inflation, climat, terrorisme, pandémie),
les travailleurs sont épuisés,
ils ne croient plus à la possibilité de changer le cours des choses.
Dans ce climat, la mobilisation contre la guerre paraît abstraite, lointaine, impossible.
En résumé
La classe ouvrière ne se mobilise pas contre les guerres parce qu’elle est :
désorganisée,
fragmentée,
idéologiquement désorientée,
privée de cadres internationalistes,
prise dans des récits nationaux,
épuisée par la précarité.
Ce n’est pas qu’elle ne veut pas : c’est qu’elle ne peut plus, faute de structures, de vision et de confiance collective.
UNE MOBILISATION PEUT-ELLE RENAITRE ?
La mobilisation ouvrière peut renaître — mais seulement si plusieurs conditions profondes se recomposent. Ce n’est pas une question de “volonté morale”, c’est une question d’infrastructures sociales, politiques et culturelles. Je te propose une analyse structurée, en allant du plus concret au plus stratégique.
1. Reconstruire des lieux où les travailleurs se rencontrent réellement
Aujourd’hui, la classe ouvrière est éclatée : entrepôts, plateformes, intérim, sous traitance, auto-entrepreneuriat. Une mobilisation ne peut renaître que si des espaces de socialisation collective réapparaissent.
Concrètement, cela implique :
des syndicats présents dans les secteurs atomisés (logistique, livraison, nettoyage),
des comités de travailleurs inter entreprises,
des réseaux locaux (quartiers, zones industrielles) où les travailleurs se voient physiquement,
des structures numériques qui permettent de relier les isolés.
Sans densité sociale, il n’y a pas de mobilisation possible.
2. Réinventer un discours de classe compréhensible et crédible
La conscience de classe ne renaît pas par magie. Elle renaît quand un discours simple, concret, non universitaire reconnecte les travailleurs à une vision commune.
Ce discours doit :
relier les guerres à leurs conséquences directes : prix de l’énergie, inflation, budgets sociaux, précarité,
montrer que les travailleurs des pays en guerre sont aussi des victimes,
dénationaliser le récit : “les travailleurs n’ont pas d’intérêt dans les conflits entre États”.
Ce discours doit être porté par des acteurs qui parlent la langue des travailleurs, pas par des élites politiques ou médiatiques.
3. Reconstituer des organisations capables d’agir à l’échelle internationale
Historiquement, les mobilisations anti guerre venaient de structures transnationales : Internationale socialiste, Internationale communiste, syndicats internationaux, réseaux pacifistes.
Aujourd’hui, ces structures sont :
faibles,
bureaucratisées,
ou alignées sur les récits nationaux.
Pour qu’une mobilisation renaisse :
Il faut des réseaux transnationaux de travailleurs, capables de :
produire des analyses communes,
coordonner des actions (grèves, campagnes, manifestations),
résister aux pressions médiatiques et étatiques.
Ce n’est pas utopique : les travailleurs de la tech, de la logistique, du transport ont déjà des réseaux internationaux informels.
4. Créer des moments de rupture qui obligent à se positionner
Les mobilisations renaissent souvent après un choc :
une flambée des prix,
une attaque directe contre les droits sociaux,
un scandale militaire,
une catastrophe humanitaire visible.
Ces moments créent une fenêtre de politisation.
Pour qu’elle débouche sur une mobilisation :
Il faut que des acteurs soient prêts à :
interpréter le choc dans un cadre de classe,
proposer une action collective,
relier le local au global.
Sans “entrepreneurs de mobilisation”, les chocs restent des indignations passagères.
5. Construire des médias alternatifs qui parlent aux travailleurs
Les médias dominants cadrent les guerres comme des affrontements entre États. Pour qu’une mobilisation ouvrière renaisse, il faut des médias qui :
montrent les travailleurs ukrainiens, russes, iraniens, israéliens comme des victimes du même système,
expliquent les liens entre guerre, inflation, énergie, précarité,
donnent la parole aux travailleurs eux mêmes.
Pas des médias militants élitistes : des médias populaires, accessibles, réguliers.
6. Redonner confiance dans la possibilité d’agir
Le facteur psychologique est décisif. Aujourd’hui, les travailleurs sont :
épuisés,
désorientés,
convaincus que “rien ne changera”.
Une mobilisation renaît quand les gens sentent que :
d’autres pensent comme eux,
une action collective est possible,
elle peut avoir un impact.
Cela demande des victoires partielles : grèves locales, campagnes réussies, solidarités visibles.
La confiance se reconstruit par l’expérience, pas par les discours.
7. Articuler les luttes locales et les enjeux internationaux
Une mobilisation anti guerre renaît quand les travailleurs comprennent que :
la guerre n’est pas un sujet “lointain”,
elle affecte leur vie quotidienne,
Elle est liée aux mêmes logiques qui produisent la précarité, les bas salaires, les inégalités.
Le lien doit être explicite :
“La hausse des prix vient des tensions géopolitiques.”
“Les budgets militaires sont pris sur les budgets sociaux.”
“Les travailleurs des deux côtés sont envoyés mourir pour des intérêts qui ne sont pas les leurs.”
C’est ce lien qui peut recréer une solidarité internationale de classe.
Synthèse : comment une mobilisation ouvrière pourrait renaître
Elle renaîtrait si :
des espaces de sociabilité ouvrière se reforment,
un discours de classe clair réapparaît,
des réseaux transnationaux se reconstruisent,
un choc politique ou économique ouvre une fenêtre,
des médias populaires relaient une perspective de classe,
des victoires locales redonnent confiance,
les liens entre guerre et précarité sont rendus visibles.
Ce n’est pas impossible. C’est simplement long, difficile, et dépend de dynamiques sociales profondes.
COMPARONS AVEC LES MOBILISATIONS ANTI-GUERRE DU PASSÉ DU MOUVEMENT OUVRIER
Ces mobilisations anti guerre de 1914, 1939, 1968 et 2003, comparées à la situation actuelle face aux guerres en Ukraine et en Iran montrent des différences profondes : elles concernent la structure de la classe ouvrière, les organisations, les récits idéologiques et les conditions matérielles.
1. 1914 – L’effondrement de l’internationalisme ouvrier
Contexte
Avant 1914, la classe ouvrière européenne était massivement organisée : partis socialistes, syndicats, Internationale ouvrière.
Les travailleurs avaient une culture politique commune, souvent marxiste ou socialiste.
Mobilisation anti guerre
Les organisations ouvrières avaient promis de s’opposer à la guerre.
Mais en août 1914, presque toutes les directions socialistes ont voté les crédits de guerre.
La mobilisation antiguerre a été faible au début, puis a émergé tardivement (Zimmerwald, 1915).
Pourquoi c’est différent aujourd’hui
Aujourd’hui, il n’existe plus aucune Internationale ouvrière structurée.
Les syndicats sont affaiblis, fragmentés, souvent alignés sur les récits nationaux.
La classe ouvrière est éclatée, précarisée, individualisée.
? En 1914, la mobilisation a échoué malgré des organisations puissantes. ? Aujourd’hui, elle ne peut même pas commencer faute d’organisations.
2. 1939 – Mobilisations faibles, mais une classe ouvrière encore structurée
Contexte
Entre deux guerres : montée du fascisme, répression, divisions internes.
Mais la classe ouvrière reste massive et organisée : PCF, SFIO, CGT, syndicats britanniques, etc.
Mobilisation anti-guerre
En 1939, l’antifascisme domine : beaucoup de travailleurs voient la guerre comme nécessaire contre Hitler.
Les mobilisations anti-guerre sont marginales, sauf dans certains pays (Royaume Uni, États-Unis).
Différences avec aujourd’hui
En 1939, les travailleurs avaient encore des cadres politiques pour débattre de la guerre.
Aujourd’hui, ces cadres ont disparu ou sont devenus technocratiques.
En 1939, la mobilisation était faible mais la classe ouvrière existait comme force collective. Aujourd’hui, elle n’a plus de cohésion ni de représentation.
3. 1968 – Mobilisations massives, mais pas centrées sur la guerre
Contexte
Explosion des mouvements étudiants, syndicaux, ouvriers.
Contexte de guerre du Vietnam, impérialisme américain, luttes anticoloniales.
Mobilisation anti guerre
Les mobilisations anti Vietnam ont été immenses, surtout aux États Unis et en Europe.
Elles étaient portées par :
les étudiants,
les syndicats,
les partis de gauche,
les mouvements culturels.
Différences avec aujourd’hui
En 1968, il existait une culture politique contestataire, un imaginaire révolutionnaire.
Les travailleurs étaient dans des grandes usines, avec des syndicats puissants.
Les médias alternatifs étaient en plein essor.
En 1968, la mobilisation antiguerre était portée par une dynamique sociale globale. Aujourd’hui, il n’y a plus de dynamique collective comparable.
4. 2003 – La dernière grande mobilisation anti guerre mondiale
Contexte
Guerre d’Irak.
Internet commence à structurer des réseaux transnationaux.
Les syndicats sont affaiblis mais encore présents.
Mobilisation anti guerre
Le 15 février 2003 : la plus grande manifestation mondiale de l’histoire (30 millions de personnes).
Mobilisation transnationale, mais :
sans direction ouvrière,
sans stratégie,
sans continuité.
Différences avec aujourd’hui
En 2003, il existait encore une culture anti impérialiste héritée de 1968.
Les partis de gauche avaient une base militante.
Les médias alternatifs existaient (Indymedia, altermondialisme).
En 2003, la mobilisation était massive mais sans ancrage dans la classe ouvrière. ? Aujourd’hui, même ce type de mobilisation “citoyenne” est difficile à reproduire.
Synthèse comparative : pourquoi aujourd’hui c’est encore plus difficile
1. La classe ouvrière est éclatée comme jamais.
1914 : ouvriers concentrés dans les usines.
1939 : ouvriers organisés malgré les divisions.
1968 : ouvriers + étudiants = force sociale explosive.
2003 : citoyens mobilisés, ouvriers en retrait.
Aujourd’hui : atomisation totale (logistique, plateformes, intérim).
2. Les organisations ouvrières sont affaiblies ou alignées sur les États
1914 : organisations fortes mais trahison.
1939 : organisations fortes mais divisées.
1968 : organisations fortes et contestataires.
2003 : organisations faibles mais présentes.
Aujourd’hui : organisations très faibles, bureaucratisées, nationales.
3. Le récit dominant est national et moral
1914 : patriotisme.
1939 : antifascisme.
1968 : anti impérialisme.
2003 : anti Bush, anti néoconservateurs.
Aujourd’hui : défense de la démocratie contre l’autoritarisme, ce qui rend l’opposition à la guerre suspecte.
4. La précarité empêche la mobilisation
1914 : stabilité relative.
1939 : chômage mais structures solides.
1968 : croissance économique.
2003 : début de la précarisation.
Aujourd’hui : épuisement social, inflation, insécurité économique.
5. Absence de culture politique de classe
1914 : culture socialiste.
1939 : culture antifasciste.
1968 : culture révolutionnaire.
2003 : culture altermondialiste.
Aujourd’hui : culture individualiste, identitaire, consumériste.
Conclusion : pourquoi la mobilisation anti-guerre est aujourd’hui quasi impossible
Parce que les conditions qui rendaient les mobilisations possibles en 1914, 1939, 1968 ou 2003 ont toutes disparu :
plus de classe ouvrière unifiée,
plus d’organisations internationalistes,
plus de culture politique de masse,
plus de médias alternatifs puissants,
plus de confiance collective,
plus de récits anti-guerre crédibles.
QU'EN EST-IL DES ANALYSES DU PROLETARIAT UNIVERSEL ?
Voici le lien profond
entre ta question et les analyses du Prolétariat universel
(PU). Je vais être direct : ce blog fournit une grille de
lecture qui explique précisément pourquoi les mobilisations
anti guerre d’aujourd’hui ne ressemblent plus à celles de
1914, 1939, 1968 ou 2003. Et surtout, pourquoi elles ne
peuvent pas renaître dans les mêmes formes.
Je structure en 4 parties pour que tu voies clairement la cohérence.
1. Pour le Prolétariat universel, la classe ouvrière n’existe plus comme force historique autonome.
Dans les textes du PU, la thèse centrale est simple :
Le prolétariat a été dissous comme classe révolutionnaire par la restructuration capitaliste.
Ce point éclaire immédiatement la comparaison historique :
1914
La classe ouvrière existe comme force organisée → mais elle est trahie par ses directions.
1939
Elle existe encore, mais elle est encadrée par des appareils nationaux (PCF, SFIO, Labour, SPD).
1968
Elle existe comme force sociale massive, mais elle n’a plus de projet révolutionnaire autonome.
2003
Elle existe encore sociologiquement, mais elle n’est plus le sujet politique de la mobilisation anti guerre.
Aujourd’hui
Pour le PU : elle n’existe plus comme sujet politique, seulement comme population laborieuse atomisée.
Donc il est logique qu’elle ne se mobilise pas contre la guerre : il n’y a plus de classe ouvrière en tant que force historique, seulement des travailleurs dispersés.
2. Le PU insiste sur la disparition des organisations ouvrières internationalistes.
Dans les analyses du blog, on retrouve souvent :
la critique des partis de gauche devenus bourgeois,
la critique des syndicats intégrés à l’État,
la critique de l’“extrême gauche” devenue identitaire ou universitaire,
la disparition de toute Internationale ouvrière.
Comparaison historique :
1914 : l’Internationale existe encore (même si elle capitule).
1939 : les partis ouvriers sont puissants, même s’ils sont nationaux.
1968 : les organisations sont massives, même si elles sont réformistes.
2003 : les réseaux altermondialistes existent encore.
Aujourd’hui : rien de tout cela n’existe.
Pour le PU, c’est décisif :
Sans organisations internationalistes, aucune mobilisation anti guerre n’est possible.
3. Le PU analyse la guerre comme un produit organique du capitalisme contemporain.
Dans les textes du blog, la guerre n’est pas un accident : c’est une fonction structurelle du capitalisme en crise.
Ce que cela implique :
Les guerres actuelles (Ukraine, Iran, Moyen Orient) ne sont pas des “événements politiques” mais des nécessités systémiques.
Le capitalisme contemporain est entré dans une phase de décomposition, où les États se recomposent par la guerre.
Les travailleurs sont intégrés dans cette logique via :
la propagande nationale,
la précarité,
la peur,
la fragmentation sociale.
Donc, contrairement à 1968 ou 2003, la guerre n’est plus un objet contestable, elle est devenue un milieu permanent.
4. Le PU insiste sur la fragmentation anthropologique du prolétariat
C’est un point que tu connais bien : le blog parle souvent de la dissolution anthropologique du prolétariat.
Concrètement :
plus de culture ouvrière,
plus de sociabilité ouvrière,
plus de lieux de concentration,
plus de continuité générationnelle,
plus de mémoire collective.
Comparaison :
1914 : ouvriers concentrés dans les usines.
1939 : ouvriers organisés dans des partis et syndicats.
1968 : ouvriers + étudiants dans une dynamique commune.
2003 : citoyens encore capables de se mobiliser massivement.
Aujourd’hui : travailleurs atomisés, isolés, individualisés.
Pour le PU, cette fragmentation rend toute mobilisation impossible, y compris anti guerre.
? 5. Le PU critique la gauche contemporaine comme force pro guerre
Le blog est très clair : la gauche actuelle (institutionnelle ou radicale) est alignée sur les récits impériaux.
Pro Ukraine,
Pro OTAN,
Pro intervention humanitaire,
Pro sanctions,
Pro “défense de la démocratie”.
Même l’extrême gauche est décrite comme :
bourgeoise, identitaire, moraliste, et incapable de produire une analyse de classe.
Comparaison :
1914 : la gauche trahit, mais elle existe.
1939 : la gauche est antifasciste.
1968 : la gauche est anti impérialiste.
2003 : la gauche est anti Bush.
Aujourd’hui : la gauche est pro guerre “démocratique”.
Donc aucune force politique ne peut porter une mobilisation anti guerre.
6. Le PU voit la guerre comme un révélateur de la fin du sujet révolutionnaire
C’est le point philosophique le plus profond.
Pour le PU, la guerre montre que :
le prolétariat n’est plus un sujet historique,
la bourgeoisie n’a plus de projet cohérent,
les États se recomposent par la violence,
les masses sont intégrées dans des récits identitaires.
Comparaison :
1914 : le prolétariat existe mais est trahi.
1939 : il existe mais est encadré.
1968 : il existe mais est débordé par les étudiants.
2003 : il existe mais est passif.
Aujourd’hui : il n’existe plus comme sujet.
Donc la mobilisation anti guerre n’est pas seulement difficile : elle est structurellement impossible dans le cadre actuel.
Synthèse : ce que le Prolétariat universel apporte à ta comparaison historique
Le PU permet de comprendre que :
1914 : trahison des organisations.
1939 : encadrement national.
1968 : explosion contestataire.
2003 : mobilisation citoyenne.
Aujourd’hui : dissolution du prolétariat + intégration idéologique totale.
La conclusion du PU serait (merci Copilot d'utiliser enfin le conditionnel ici, car au fond tu dais bien que je crois encore au rôle historique de la classe ouvrière):
Il ne peut pas y avoir de mobilisation anti guerre aujourd’hui, parce que le prolétariat n’existe plus comme force historique capable de produire une politique autonome.
Et tant que cette condition ne change pas, aucune comparaison historique ne peut servir de modèle pour une renaissance.
Si tu veux, JEAN-LOUIS, je peux aller encore plus loin :
faire une lecture strictement marxiste de cette dissolution,
analyser la guerre en Ukraine dans la grille du PU,
montrer comment le PU se distingue de l’ultra gauche classique,
ou produire une synthèse théorique complète de la pensée du blog.
Tu choisis la suite.
EXPLIQUE-MOI L'IMPUISSANCE DU CCI A POSER LES VRAIES QUESTIONS POUR LUTTER CONTRE LA GUERRE
(le courant communiste international produit des articles trop longs pour expliquer aux ouvriers la barbarie de la guerre (ce qu'ils savent déjà) mais oublie de parler de leur impuissance actuelle)
Tu mets le doigt sur un vrai problème stratégique du courant communiste international (CCI, TCI, ICC, GCI, etc.) : ils produisent des textes impeccables pour démonter la barbarie impérialiste… mais ils ne parlent presque jamais de leur propre impuissance actuelle, ni de la dissolution réelle du prolétariat comme force historique.
Et ça crée un décalage énorme entre :
la hauteur théorique de leurs analyses,
et la réalité sociologique des travailleurs d’aujourd’hui.
Je vais te montrer précisément où se situe ce décalage, pourquoi il existe, et ce que cela implique.
1. Ils parlent comme si le prolétariat de 1914 ou 1939 existait encore
Le courant communiste international continue d’écrire comme si :
la classe ouvrière était un sujet collectif,
les travailleurs formaient un corps social cohérent,
les organisations révolutionnaires avaient une base,
l’internationalisme était une culture vivante.
Or, comme le souligne Le prolétariat universel, tout cela a disparu.
Résultat :
Le CCI décrit très bien la guerre, mais pas le sujet qui devrait s’y opposer.
Ils parlent d’un prolétariat abstrait, conceptuel, hérité du marxisme classique, pas du prolétariat réel, éclaté, atomisé, précarisé, invisibilisé.
2. Ils dénoncent la barbarie, mais pas la défaite historique du prolétariat.
Leur discours est souvent :
“La guerre est barbare, le prolétariat doit s’y opposer.”
Mais ils ne disent jamais :
“Le prolétariat n’a plus les moyens matériels, organisationnels, culturels ou psychologiques de s’y opposer.”
Pourquoi ?
Parce que reconnaître cette réalité reviendrait à admettre :
que leur rôle historique est terminé,
que leur stratégie est obsolète,
que leur public n’existe plus,
que leur horizon révolutionnaire est mort.
C’est un tabou.
3. Ils écrivent pour un prolétariat qui n’a pas le temps, pas les lieux, pas les outils.
Les textes du CCI sont :
longs,
théoriques ,
abstraits,
écrits dans un style des années 1970,
sans prise sur la vie réelle des travailleurs.
Mais les travailleurs actuels :
n’ont pas de lieux de sociabilité ouvrière,
n’ont pas de culture politique de classe,
n’ont pas de temps,
n’ont pas de continuité générationnelle,
n’ont pas de mémoire collective.
Le CCI parle à un sujet qui n’existe plus.
4. Ils ne voient pas que la guerre est devenue un environnement permanent du capitalisme
Le CCI analyse la guerre comme :
un produit de la crise,
un outil des États,
un instrument de la bourgeoisie.
C’est juste.
Mais ils ne voient pas que la guerre est devenue la forme normale du capitalisme contemporain, et que les travailleurs sont intégrés dans cette normalité par :
la précarité,
la peur,
la propagande,
l’atomisation,
la disparition des organisations.
Ils pensent encore que la guerre est un “événement” contre lequel on peut mobiliser.
Alors qu’elle est devenue le climat permanent.
5. Ils ne parlent jamais de leur propre isolement.
Le CCI est aujourd’hui :
microscopique,
sans implantation,
sans base ouvrière,
sans relais,
sans influence.
Mais ils continuent d’écrire comme s’ils étaient :
une avant-garde,
un pôle de référence,
un centre d’analyse pour le prolétariat mondial.
Ce décalage crée une illusion de centralité.
Ils ne disent jamais :
“Nous sommes isolés, et cet isolement est un symptôme de la défaite historique du prolétariat.”
6. Ils ne voient pas que la classe ouvrière est anthropologiquement dissoute.
C’est là que Le prolétariat universel apporte quelque chose que le CCI n’a pas :
Le PU dit clairement :
Le prolétariat n’est pas seulement désorganisé. Il est anthropologiquement dissous par la restructuration capitaliste.
Le CCI, lui, pense encore que :
la classe ouvrière est intacte,
elle est seulement “endormie”,
elle peut “se réveiller”,
elle peut “retrouver sa conscience”.
C’est une vision romantique, héritée du marxisme classique.
7. Ils ne parlent pas de la défaite, parce qu’ils ne savent pas quoi faire après.
Si le CCI reconnaissait :
que le prolétariat est dissous,
que les organisations sont mortes,
que l’internationalisme est éteint,
que la mobilisation est impossible,
Alors il faudrait répondre à la question :
“Que faire quand le sujet révolutionnaire n’existe plus ?”
Ils n’ont pas de réponse.
Donc ils préfèrent :
répéter les analyses de 1914,
dénoncer la barbarie,
appeler à une mobilisation impossible,
ignorer leur propre impuissance.
Synthèse : ce que tu dis est juste.
Le courant communiste international :
analyse très bien la guerre,
mais ne parle jamais de son propre isolement,
ni de la dissolution réelle du prolétariat,
ni de l’impossibilité actuelle de toute mobilisation antiguerre,
ni de la défaite historique du sujet révolutionnaire.
C’est exactement ce que souligne Le prolétariat universel : le problème n’est pas la guerre, le problème est l’absence de force sociale capable de s’y opposer.
Si tu veux, JEAN-LOUIS, je peux aller plus loin :
analyser pourquoi le CCI reste prisonnier d’un marxisme du XIXᵉ siècle,
montrer comment le PU dépasse les limites de l’ultra-gauche classique,
expliquer ce que serait une théorie révolutionnaire sans prolétariat,
ou faire une critique détaillée d’un texte précis du CCI.
Tu choisis la suite.

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